Titre : Le Rappel / directeur gérant Albert Barbieux
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1918-08-04
Contributeur : Barbieux, Albert. Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328479063
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 04 août 1918 04 août 1918
Description : 1918/08/04 (N17426). 1918/08/04 (N17426).
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-43
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/02/2013
ft THERMIDOR, AN 126. — N° 17.426
Ce NUlSe« î DIX CENTIMES
DIMANCHE 4 AOUT .1918..-; Nd 17.426
AUGUSTE VACQUERIE
Fondateur (1869)
TELEPHONE
Nord : 24-90, 24-91
Afes lob. du soir : GUTENBERG 00-70
POCR LA PUBLICITE
S'adresser eu RAPPEL-PUBLICITE
*■ 38, M de Strasbourg. PARIS
Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus
è
EDMOND DU MESNIL
Directeur
ABONNEMENTS
Un an Six mois Telmoit
SEINS & S.-ET-OISE.. 18 » 9 » 6 »
FRANCE 20 » 11 a 6 »
ETRANGER 32 9 16 » 9 S
REDACTION ET ADMINISTRATION
38, Boulevard de Strasbourg. — PARIS.
TRIBUNE LIBRE
.La puissance industrielle
en Russie
Connaissez-vous les richesses
de la Russie, de la plus belle
Russie, que les Allemands tâ-
chent perfidement et tenace-
ment de convertir en colonie,
jn grande Allemagne de - de-
mait. La Russie, à la veille de la
guerre, était en plein essor industriel.
Il n'y a pas de peuple qui soit en meil-
leure situation pour les luttes industriel-
les prochaines. -
Eîr 1880, la Russie avait extrait de son
Bol 201 millions de pouds de houille (le
poud vaut 16 kilos 380), et elle en avait
importé 114 millions. En 1912, elle en
extrait 998 millions et importé 105 mil-
lions. Les bassins du Donetz et de la
Pologne sont les plus importants. Le
Donets, dont l'un des charbonnages ap-
partient à une société française, cou-
vre 25.000 verstes carrées (la verste
vaut 1 kilom. 067) sur le territoire du
« gouvernement d'Iékaterinoslaw et aus-
si de la province des cosaques du Don.
J'aurais beaucoup à dire sur tous ces
bassins, si fortunés, de Sibérie, de Tou-
la, de Riazan, de l'Oural.
- L'industrie sidérurgique possède ses
principaux centres dans l'Oural, dans
la région moscovite, en Pologne,. dans
la Russie méridionale, dans les provin-
ces baltiques. La production, depuis
1903, y avait plus que doublé en dix
ans : en 1903, celle de la fonte était de
421.055.143 pouds ; celle du fer. tifi
55.302.321 ; celle de l'acier, de
71.441.249. Les capitaux belges avaient
afflué dans la Russie méridionale
La Russie possède au Caucase d'abon-
clanls minerais de manganèse qui pro-
duisaient, en 1913,26.000.000 de pouds,
dont 12.600.000 étaient exportés. En
cuivre, elle produit 338.000 pouds et en
reçoit de l'étranger 850.000. Pour s'ar.
franchir de ce tribut, elle contient assez
(je pyrites et de minerais divers. Mémo
situation pour le plomb, le zinc et
rétain, que pour le cuivre. En revan-
che, elle renferme des trésors de; mercu-
re au nord du Donetz, ainsi qu'au Cau-
case et au Daghestan. Plus que l'argent,
l'or abonde, surtout dans l'Oural et en
Sibérie. La production de l'or classe la
Russie (2.300 pouds) après l'Australie
(3.384 pouds), les Etats-Unis (3.301),
l'Afrique du Sud (2.692).'
ræ
La Russie, qui possède d'importantes
inines de sels gemmes, des saumures,
ainsi que des marais salants, pourrait
facilement approvisionner de sel l'Eu-
rope entière. Mais, parce qu'elle n'ex-
ploite qu'assez mal ses rares ressources,
elle ne suffit même pas à sa propre con-
sommation. L'industrie du naphte est
en pleine prospérité. Il y a dix ans, un
de nos industriels écrivait ceci : « Main-
tenant, le pétrole russe, - maître chez
lui, lutte même à l'étranger contre le
pétrole américain. Tandis que les sour-
ces de Pensylvanie s'épuisent, celles de
la péninsule d'Apchéron conservent un
débit abondant. On découvre, en outre,
de nouvelles sources dans d'autres ré-
gions du Caucase et sur les bords de
la Caspienne. »
L'industrie des machines, depuis
vingt années, progressait constamment.
Le nombre des ateliers était de 509 en
1892 ; chaque année eu gagnait une cen-
taine. Le marché russe devait naturel-
lement s'adresser encore, pour les ma-
Chines-outils et pour les machines agri-
coles, à l'étranger, particulièrement
aux Etats-Unis.
, sr>
L'industrie cotonnière, très ancienne,
demeure l'une des plus considérables du
monde. En 1913, son outillage compre-
nait 5.300.000 broches et plus de 120.000
métiers ; ses ouvriers se comptaient au
nombre de 280.000 ; et sa production
atteignait une valeur de 400.000 mil-
lions de roubles.
L'industrie de la laine, commencée
ên Pologne, gagna Moscou et Pétrogra*
de. L'élevage du mouton se fait surtout
dan le Volga et en Pologne. « Lodz est
à la fois le Manchester et le Roubaix de
la Russie. On y compte environ 550 usi-
nes et fabriques, 50.000 ouvriers. Sa
population est de 350.000 habitants. »
L'industrie de la soie est récente en
Russie ; mais son usage, y est très an-
cien. Ce sont des Lyonnais qui ont éta
bli à Moscou la fabrication mécanique
des soieries.
J'aurais encore à montrer la filature
mécanique du lin, qu'installa en Russie
notre Philippe de Girard, et à parler du
jute. du chanvre, du sucre, etc. Les Al-
lemands connaissent l'immensité de ces
diverses richesses, et comme l'appétit
de l'argent donne de l'esprit, ils vou-
draient bien conclure la paix à l'Ouest,
pour s'emparer tranquillement à l'Est
des éléments inattendus d'une fortune
coin elle.
CEORCES BEAUME.
LA RIPOSTE DE FOCH
t i
L'ennemi se replie sur la Vesle
) <
tâo'us avons fait une avance d@ dix kilomètres :'.
et dcliwé pius de pEscftsanîe villages
* ■■ ■ - -»*
L'ACTUALITÉ
1
La guerre économique
Le débat engagé devant la
Chambre, vendredi dernier,
nous a rappelé - si toutefois
il nous avait été permis de
l'oublier - une autre phase
de la yuerre
Ce n'est pas seulement sur
le champ de bataille que VAllemand
doit être vaincu. Il doit être terrassé
sur le terrain même qu'il avait choisi
pour y accomplir ses exploits depuis
1870 La supériorité commerciale et
industrielle qui était siemie doit cesser
de lui appartenir.
Jalousie de notre part? Non point,
certes. Besoin de vivre: simplement, et
de vivre en respirant largement. Nous
aurons bien gagné de pouvoir nous don-
ner un peu d'air.
Les responsabilités de la guerre ont
été précisées. Des Allemands notoires
eux-mêmes ont jeté l'anathème, à ce
propos, contre leur malfaisante patrie.
Trop de sang a coulé pour que l'Alle-
magnepuisse être tenue quitte par une
défaite militaire. Il faut l'empêcher de
nuire désormais. ,
Car les peuples, qui déjà étaient las
de la guerre, en sont maintenant excé-
dés. Ils veulent connaître les longues
périodes de paix que nos vœux, à nous,
voudraient infinies.
Sera-t-il possible de les obtenir sans
éteindre complètement le brandon qui
se promenait, menaçant, depuis qua-
rante ans, sur tous les points inflamma-
bles de l'Europe, de l'Afrique et de
l'Asie ?
Guerre économique contre l'Allema-
gne, soit. Cependant, guerre loyale, hu-
maine, qui n'empêcheja pas le peuple
allemand de se développer et de prospé-
rer selon les lois du droit humain, mais
qui ôtera au gouvernement allemand
jusqu'à la moindre possibilité d'abus.
Il ne faut pas que la richesse populaire
d'Allemagne puisse être employée à fa-
briquer des pièges dans lesquels d'au-
tres peuples seraient appelés à tomber
pour y être immolés.
La leçon de la grande guerre est sé-
vère. Elle implique la mise en œuvre
complète d'une formule de salut : Aux
grands maux, les grands remèdes..
Le papier timbré
--
Hier, comme au renouvellement de cha-
que année, j'ai salué un mourant et un nou-
veau-né : Le papier timbré. Je le connais-
sais bien !e disparu d'hier, pour l'avoir
gratté consciencieusement durant un demi-
siècle, sans l'avoir jamais senti s'attendrir.
Le papier timbré vient de subir une modi-
fication profonde qui paraîtra fort sensible
à beaucoup de gens, non point dans sa for-
me vieillotte et son -aspect rugueux, mais
dans son prix augmenté des 2/3 à partir du
1°1 août. Ainsi, la feuille de 12 sous en coûte
20 maintenant, celle de 24 sous : 40 ; celle
de 36 : 60 ; le reste, en usage chez les seuls
officiers ministériels est à l'avenant.
Cette augmentation pèsera lourdement sur
le pauvre monde, pour bcaucouD trop par
les tristes exploits des huissiers qu'il fau-
dra plus que jamais avoir à l'œil. Cette aug-
mentation, comme celle de nombreux droits
d'enregistrement, est, paralt-il, nécessitée
par les conséquences de la guerre, ce que
l'on constate seulement après quatre an-
nées. Etrange politique financière que celle
qui croit pouvoir recourir plutôt à l'emprunt
à jet continu qu'à une légère et raisonnable
mais immédiate surélévatioin des impôts, à
une forte compression des dépenses publi-
ques, à une énergique répression du gaspil.
lage effréné qui continue à sévir. ailleurs
qu'à l'Administration du Timbre.
Celle-ci ne s'est vraiment point fendue
pour faire modifier la vignette noire qui in-
dique les nouveaux prix de ses papiers. Vi-
lainement, donc sans aucune esthétique, le
graveur a placé au-dessus du chiffre repré-
sentant la valeur, là lettre F tenant lieu
du mot Franc qui eût pu être gentiment
placé au-dessous du chiffre.
Mais, vraiment, peut-on demander au fisc
de se soucier de l'Art, lui qui à n'en point
douter, est aussi timbré que son papier ?
t Un vieux petit Clerc. -
Le nouveau chef d'état-major
de la marine es Allemagne
On mande de Berlin, à la date du 3
août :
Le Kaiser a nommé l'ancien chef d'état-
major général de la marine, amiral de Holt.
zendorff, grand amiral ; il lui a adressé
une lettre dans laquelle il dit notamment
qu'il fut un sage et fidèle conseiller, tenant
froidement compte des forces adverses il
aussi du point de vue politique et que le
succès n'a pas manqué à ses efforts.
Son succeseur a été désigné en la person-
ne du chef des forces navales de haute mer
amiral Scheer.
L'amiral Scheer est né au mois de juîl.-t
1866. Il est entré comme cadet au corps Où
marine en 1879 ;'il a été nommé lieuten =.-'1
en 1882. En 1916, à la mort de l'amiral vvi
Pohl, il fut nommé commandant en chef
de toutes les forces navales de haute mer.
Communiqués Français
14 HEURES.
Au cours de la nuit, nos troupes ont poursuivi leur avance vers la Vesle. SIM
notre gauche, elles débordent l'Aisne entre Soissons et VenizeL
23 HEURES.
-, Au cours de la journée, nos troupes refoulant les arrière-gardes ennemies ont
continué leur marche victorieuse sur un front de cinquante kilomètres environ en
direction de la Vesle.
Sur notre gauche, nous bordons les rives sud de l'Aisne et de la Vesle, depuis
Soissons jusqu'à Fismes, dont les Américains tiennent les lisières.
A l'est de Fismes, nous avons atteint la ligne générale nord de Courville, Brans-1*
court, Courcelles, Champigny. Nos reconnaissances de cavalerie opèrent le long de
la voie ferrée de Soissons à Reims.
Sur certains points, notre progression a dépassé, depuis hier, dix kilomètres.
Plus de cinquante villages ont été délivrés dans cette seule journée,
Autour de la Bataille <
- .-
Les Allemands sont .en retraite sur tout
le saiilant, entre l'Aisne et la Marne.
A l'ouest, les Français et les Anglais, con-
tinuant leur poussée, ont atteint la vallée
de la Crise, une. petite rivière qui se jette
dans l'Aisne à .^oissous.
Aussi les Allemands ont-ils bLanc"
plateau de Chaudjuai tout entier, entre Cœu-
vrc et la vallée de la Crisé. Ce terrain a
été pendant des semaines le théâtre de
combats désespérés, et fut balayé par les
canons lourds du Boche, placés au nord de
l'Aisne et à l'est. Ce fut là sans doute le
secteur le plus chaud de tout le champ de
halaille..
Au centre, la cavalerie française est dans
la forêt de Nesles, à 1.000 mètres au nord-
est de Fère-en-Tardenois.
A notre g,anche, nos troupes sont. au con-
tact des forêts de l'Ardre, à 8 kilomètres
au nord de Villers-Agron.
Les Allemands faisant fi de toutes consi-
dérations militaires, qui leur conseillaient
la franche acceptation de la défaite, et une
retraite rapide il y a de nombreux jours,
afin de garder leurs hommes pour une ten-
tative nouvelle, ont é'te obligés d'accepter
l'inévitable et se replient su>r la Veste.
L'offensive du kronprinz sur la Marne a
subi une défaite aussi complète que celle
de von Kluiclc, et le dernier mot reste aux
alliés.
Les Français à Soissons
C'est à 6 heures du soir, vendredi, que
les chasseurs du général Vuillemot, appar-
tenant à l'armée Mangûn, sont entrés à
Soissons, abandonné par l'ennemi en re-
traite vers la Vesle d'abord, vers l'Aisne
ensuite el peut-être au delà de l'Aisne.
Soissons avait été, occupé par les Alle-
mands le 29 mai, à la suite de leur offen-
sive commencée le 27 contre le Chemin-des-
Dames. Ils avaient pria Fismes Ip 27 au
soir, après avoir, dans la journée, passé
l'Aisne et la Vesle.
La rentrée des Français dans Soissons
donne une saveur toute particulière à la
note suivante que le service de propagan-
de allemand a répandue pour démontrer
l'échec de la manœuvre du général Fooh.
Ce document est ainsi conçu :
Foch comptait surprendre non seulement les
trouves, mais aussi - et c'est là le point 'm-
portant — le haut commandement allemand,
auquel Il voulait arracher l'initiative. Entre
temps, celui-ci, par son attaque à l'est tii eu
sud de Reims, a prévenu le dommandement en-
nemi et l'a forcé à une attaque précipitée. On ne
peut s'empêcher .ça penser que Foch a marché
trop tôt sous la pression do considérations po-
litiques. Le généralissime voulait asséner un
coup définitif sur la tête des Allemands en opé-
rant une percée de grand style, qui avait pour
but de séparer l'armée allemande en deux, m
séparant en même temps les troupes allemandes
qui se trouvent entre fOlJ;fcq et la Marne. Lo
plan de Foch a échoué. 1
Que serait-ce si le plan de Foch avait
réussi ?
Ils détruisent tout
avant de se retirer
Tous les villages abandonnés par les Al-
lemands sont presque totalement détruits.
Les troupes françaises et américaines pour-
suivent l'ennemi de près, sans être en
contact immédiat, sauf avec des groupes
dispersés qui ne firent pas de résistance.
Les Français et les Américains sont en-
tres dans une forêt, où on sait que les
Allemands avaient massé des troupes et
accumulé de grandies quantités ùe muni-
tions. Les Allemands avaient enlevé les
munitions, en laissant d'ailleurs une quan-
tité appréciable, et les troupes avaient pris
une direction nord
Les patrouilles françaises opèrent loin au
nord de Ville-en-Tardenois.
C'est la pression exercée par les Alliés
aux deux extrémités du suillant, qui décide
les Allemands à reculer sur une ligne, rçue
sans aucun doute ils ont soigneusement
préparée.
Ils détruisent tout sur leur passage, indi-
quant ainsi qu'ils ont abandonné l'espoir
de revenir dans la région de la Marne.
Les Allemands battant en retraite sur la
Vesle, auront reperdu la moitié du terri-
toire gagné dans leur offensive du Chemin-
des-Dames. dus 27 mai.
Leurs réserves sous nos feux
La nouvelle position imposée à l'armée
allemande est la suivante ; « les Alle-
mands, faisant face à l'ouest, sont atta-
qués sur leurs derrières et !eurs réserves
sent h présent. sous le feu des Français. »
On regarde comme certain que les posi-
tions dominantes tenues par les Alliés obli-
geront toute ta ligne demande 4 se replier.
Il est probable qu'on, apprendra sous peu
une nouvelle retraite.
Le kronprinz est bien battu
Il se peut que l'ennemi oppose de la ré-
sistance en arrière de la Crise, cc Mais tout
indique qu'il se repliera en arrière de la
Veslel et peut-être derrière l'Aisne. » Un
et
mouvement de cette nature est très difficile
à éviter et il entraînerait l'effondrement de
l'pffcnsivc préparée par le Kronprinz. Le
haut commandement allemand ne pourrait
pas de très longtemps déclencher une iioll,
velle attaque de grande-envergure, en tout
cas pas avant septembre ou octobre, épo-
que à laquelle sa classe 1920 sera disponi-
ble. Toute opération importante de l'enne-
mi contre notre ligne est très improbable
avant cette époque.
La ligne passe maintenant à un mille au
nord de l'Ardre, par Yille-eu-Tardenois, à
l'ct de Romigny, de là vers Aou.gny, Vé-
zilly, sud de Coulanges, par Cliàteau-la-
Fère, Arcy, Droizy, ipuis Taux.
De plus en plus, nos réserves s'affirment
plus importantes que celles die l'ennemi,
dont les meilleures troupes ont été grande-
ment affaiblies. Il sait d'ailleurs que cha-
que jour voit croltre le nombre des troupes
américaines en camptigne et qu'il sera, par
suite des nouveaux développements du
front oriental, dana l'impossibilité d'en re-
tirer de3 troupes p le front occidental.
LE GENERAL PERSHING
GRAND-OFFICIER 1
DE LA LHQiON D'HONNEUR
Le général Pershing, commandant des
forces expéditionnaires américaines a été
élevé à la dignité de Grand Croix de l'ordre
de la Légion d'honneur. M. Clemenceau,
président du Conseil, ministre de la guerre,
a adressé au général Pershing le télegrum..
me suivant :
« J'ai le plaisir de vous annoncer, mon
cher général, que le Gouvernement de la
,République a décidé de vous élever à la di-
gnité de Grand Croix de la Légion d'hon-
neur.
« Il veut reconnaître par cette distinction
les éminentes qualités dont voua avez fait
preuve et les remarquables services que
vous avez rendus en organisant si puissam-
ment les forces américaines.,
« La France n'oubliera jamais que c'est
au moment où la lutte était la plus dure
que vos vaillantes troupes sont venues join-
dre leurs efforts aux siens.
« Cette croix sera le symbole de notre re-
connaissance. -
« Veuillez agréer mes plus vives félicita-
tions el l'assurance de ma haute estime.
« CLEMENCEAU. »
—-——————— —————————.
Les aviateurs britanniques
1 Ils descendent 324 avions
en un mois -
Le compte rendu donné des combats aé-
riens de la semaine dernière montre que,
sur le seul front occidental, les aviateurs
britanniques ont détruit 70 aéroplanes en-
nemis et en ont désemparé 11
Au cours die la même période, 27 aéro-
planes britanniques ont été portés man-
quants. Ce qui fait cre, ipour chaque avion
britannique manquant, on compte ptus de
deux appareils allemands mis de façon.
certaine hors de cause, non compris les
appareils endommages et contraints d'at-
terrir désemparés.
Ces chiffres n'ont rien d'exceptionnel,
attendu :l!{/tlC' ces* quatre diernières semaines
324 appareils allemands ont pâli de la mê-
me manière tandis que du côté britanni-
que il n'y a eu que 11G appareils man-
quants.
Sur les fronts d'Italie, de Palestine et
des Balkans, on abserve des résultats ana-
logues) Sur l'ensemble des champs dio ba-
taille européens et méditerranéens, les
aviateurs britanniques ont fait perdre à
l'ennemi beaucoup plus de 100 appareils,
alors que les Britanniques n'en ont perdu
Ils ont bombardé
Ostende et Zeebrugge
Londres, 2 août. — Les aviateurs navals
britanniques ont jeté plus de 15 tonnes de
projectiles dans nos eaux territoriales sur
des objectifs d'importance militaire, Zee-
brugge, les docks de Bruges et Ostende.
Le trafic maritime de l'ennemi a égale-
ment été bombardé. Un coup direct a été
obtenu contre le navire tenant la tête d'une
file de quatre contre-torpilleurs. eBll:Mnis.
On a- vu s'élever des colonnes de fumée,
mais le brouillard a ensuite gèné les obser-
vations.
Nos formations de bombardement, de
patrouille et d'escorte ont été attaquées par
des avions ennemis. Quinze appareils en-
nemis ont été abaitus et dou?e contraints
d'atterrir désemparés. Cinq des nôtres man-
aueni.
#•
LA SITUATION
La retraite allemande
La bataille de la Marne et la bataille de
l'Ourcq inscrivent l'une et l'autre, une fois
de plus, des fastes héroïques dans notre
histoire. Gagnées en 1918, comme elles
avaient été gagnées en 1914, elles libèrent
à nouveau la France de la menace Qui pe-
sait sur elle. > V11
Les opérations de ces deux derniers iours
prennent un caractère décisif. Harcelé, com-
battu sans répit depuis le 15 juillet sur le
terrain qu'il avait lui-même ÇllOis.i, l'ennemi
précipite sa retraite ; il se replie nettement
sur l'Aisne, puis, -
Ses positions noMvcmrr sont-elles entre
VAisne et lè Chemin des Dames ? C'est pos-
sible, car le terrain s'u prête fort bien à la
défensive. Toutefois, la chute du point d'ap-
pui que les Allemands avaient établi à Sois-
sons, le passage immédiat de l'Aisne par
nos troupes peuvent déconcerter une fois en-
core le plan allemandLe Kronprinz avait
nettement cru, tout d'abord, pouvoir nous
attendre sur les hauteurs au nord, de Fère-
en-Tardenois Il n'a pas vu u tenir, et l'on
sent déjà que l'insistance de notre feu et la
persistance de notre poursuito étonnent le
commandement ennemi.
La brusque et heureuse attaque déclen-
chée contre Soissons n'a pas. clé lancée dans
le seul but de nous rendre une ville de plus.
Elle est venue, à son heure précise, coor-
donner VilC nouvelle manœuvre de flanc,
avec la double manœuvre en cours d'exé-
cution face à Braisne et à Fismes. Il est
permis d'en augurer les meilleurs résul-
tats.
Noire avance en profondeur, depuis le
sud de III Marne, dépasse déjà 30 kilomè-
tres, et la batailla continue.
Ne manquons pas de comparer la durée
de celle opération d ce qu'ont été les offensi-
ves allemandes depuis le printemps. Celles-
ci, en huit ou dix iours, ont été stabili-
sées.
Les armées, de l'Entente libérant le Tar-
denois, se bqilent sans interruption depuis
vingt fours ; elles ne.paraissent nullement
disposées à laisser à l'ennemi te moindre
répit. :
Tirons.-en cet argument que nos pertes
sont peu élevées et que les relèves s'accom-
plissent méthodiquement, sous le jeu
de l'ennemi, très éprouvé, lui, en raison
même du caractère lent et tenace de la pour-
suite. j i * , t * -
Camille DEVILAR.
1 ——nin—
LES OPÉRATIONS
--+.--
Le 3 juillet. — Sur tout le front Soissons-
Reims, nos troupes, animées d'un superbe
élan, poursuivent leur avance victorieuse,
bousculant partout les forces allemandes.
Etn raison de la résistance que l'ennemi
met à céder du terrain sous la poussée de
nos armées, il ne pourra même pas essayer
de dire, cette fois, qu'il se replie volontai-
rement, conformément au plan établi par
lui.
Ayant dépassé Soissons, nous tenons ce
matin le cours de l'Aisne, de Pommiers a
Vcnizel. Notre infanterie progresse à l'est
de Soissons vers Serches, Couvrelies, Cer-
seuil. -
A l'ouest de Reims notre progression s'ac-
centue vers Tinqueux, Thillois, Rosnay,
Scrzy. Notre cavalerie atteint la rive de la
Veste dans la région de Champigny-Mui-
son. Partout les Allemands so replient sur
la Vesle. f * „ -
L'armée du Kronprinz, en pleine retraite
incendie les régions de la Vesle. Toute la
nuit l'horizon a été jalonné pqr les lueurs
d immenses incendies. 1
Le fait que nous avons eu peu à subir le
ur de 1 artillerie lourde prouve que les Al-
lemands, prévoyant qu'ils lM pourraient ré-
sister à notre poussée, avaient déjà évacué
leur gros matériel.
Les pertes ennemies sont très Cievécs,
POLITIQUE ETRANGERE
Le Remplaçant
»
Malgré les difficultés de la situation pré-
sente, malgré la guerre et tous les maux
qui en résultent, la vie continue son cours.
à Vienne pour le inonde politique et parle-
mentaire.
Sitôt le cabinet Hussarek constitué et les
douzièmes provisoires votés, chacun a quit-
té la capitale autrichienne pour prendre des
vacances. L'empereur Charles s'est rendu
avec l'impératrice Zita et leur progéniture à
la villa Wartbolz, pires Reichenau, qu'il a
liéritéa de son père, Varchiduc Ofhon ; les
députés sont retournés, la plupart, dans
leurs provinces lointaines, les uns jusqu'à
la mi-septembre, les autres jusqu'au com-
mencement d'octobre. On sait qu'il est que- ; -
lion d'une session des délégations fin selJ
tembre et que le Reichsrat ne doit de nou-
veau se réunir qu'en octobre.
Le cabinet Ilussarek fonctionnera bien
toujours jusque-là. Après,' c'est le secret de
polichinelle, on prétend que M. de Seidler,
forcé de s'effacer un certain temps, repren-
drait le gouvernail. M. de I-Iusarek ne se-
rait qu'un prête-nom. Son choix, impost
beaucoup par les circonstances, est ainsi
expliqué.
Le chevalier de Seidler, ayant trop pré-
sumé de ses forces, s'était trouvé accujo
devant cette cruelle alternative : eû avoir.
recours au fameux paragraphe H qui lui -
permettait de résoudre toutes les questions
en suspens à l'aide de simples décrets, on
faire voter le budget par une majorité quel-
conque. On pencha en faveur de cette se-
conde solution, mais il fallait trouver un
remplaçant pour Seidler, dont la personne
faisait voir rouge aux Polonais. Le Kaiser,
inspiré par Tisza, n'aurait pas été entière-
ment étranger à la désignation de Hussa- ;
rek. Celui-ci est si bien un intérimaire, qui
Czernin, qui ne peut se consoler du pion
geon qu'il dût executer sans même avoir les ;
rieurs de son côté, travaille à. présent de
toutes ses forces pour revenir aux affaires.
Il a lié .partie avec Tisza et tous deux se
sont coalisés avec Weckerlé. Czernin, d'au-
tre part, aurait trouvé un appui auprès du t
parti allemand libéral et de certaines per-
sonnalités, telles que le prince Max Egon
FurstenCerg, alias grand ami de Guillau-
me .11, et fort mêlé aux choses les plus se-
crètes de- la polilique intérieure austro-alle-
mande. On lui attribue nn toixt premier rôle-
dans le voyage accompli par Charles 1er ai*
G. Q. G. allemand pour faire amende ho-
norable au Kaiser.
Quant au comte Czernin, sa dernière in-
tervention, où il ménageait si peu Kuhlmann,
était moins pour disculper l'empereur Char-
les dans l'nffnire foumaine, que pour plaire »
à la cour de Berlin.
Quoi qu'il en soit, les jours de M. de Hus-
sarek paraissent comptés et la trêve accor-
dée. par les partis parlementaires ne serai
que de courte, de très courte durée, }é
temps de passer les vacances.
Louis BRESSE.,
1 ■ » ■
On Dit..
En passant
LE POILU DIT.
ft,..p.
M. Abranii, sous-secrétaire d'Etat, vCent de
préciser officiellement la situation des briga-
diers et des caporaux-fourriers. Ils sont des
sous-officiers. Il était nécessaire qu'un ministre
k"ur dopnùt une place définitive parmi les gra-
dés.
Jusqu'ici, les caporaux-fourriers étaient con- -
srdé.rÉ3 comme des parents pauvres.
Pour l'alimentation, ils étaient des sous-offi-
ciers puisqu'ils étaient obligés de prendre leurs
reT>as à la popote.
ils étaient aussi des sous-officiers les iours en
revue, en occupant leur place de serre-files à M.
première section de leur compagnie.
Au combat, ils assuraient la liaison ou com-
mandaient une demi-section, ou une section en
remplacement d'un sergent ou d'un adjudant.
Etaient-ils punis ? Ils étaient encore assimilés
aux sous-officicrs. Pour eux, pas de consigne, ni
de salle de police, ni de prison. Des arrêts sim-
ples, des amHs de rigueur.
'Mais. maks. pour la solde, ils ne bénéfl-
cinient pas des avantages accordés à leurs ca-
marades serments, la même table réunissait dv-s
adiudants à 2GO francs, des - sergents à ÏO
francs par mois et des caporaux-fourriers a
72 centimes par jour. Pour remédier à cette f»i-: -
tuation pénible, MM. Palé, Denais, Rognon ci-
Veber, députés, avaient demandé que l'indem-
niM de cherté de vie IlccordÚe., jusqu'en 191H.
aux caporaux-fourriers, fut rétablie. Ils &c heur-
tèrent à l'opposition des' bureaux de la Guerre.
La décision de M. Ab: ami vésoud heureuse
ment la question de principe : les caporaux
{ollfri£rs sont des sous-ofliciers
Mais que feront les Chambres ? - R. E.
- M. Malvy devant la Haute-Cour
On entend la fin du réquisitoire
et le commencement de la plaidoirie
La dix-septième audiencre est ouverte à
9 h. 10. M. le procureur général Mérillon
continue son réquisitoire.
Sébastien Faure
Arrivant aux tracts, aux réunions, aiuix
manœuvres anarchistes « qui ,constÏl:llcnt
le crime où s'engage la responsabilité de
M. Maivy », le procureur général insiste
sur les complaisances de l'ancien ministre
en faveur de Sébastien Faure. Sur le tlo.
sier détruit il dit : » Ainsi, le ministre n'hé-
site pas : il commet cette singulière ma-
ladresse de détruifè les-preuves de la cul-
pabilité de Sébastien Faure, et celle, bien
singulière encore, de l'en aviser ! Un arti-
de du Code prévoit, en pareil cas, les tra-
vaux forcés à temps. »
Rappelant enfin l'affaire des Buttes-Chau-
mont, classée par M. Laurent, le procu-
reur général conclut : « Ce fait indique à
quel point on persistait à donner une aide,
lin concours, un appui à cet homme dont
l'action était si funeste. Et j'engage nette-
ment ici la responsabilité du ministre de
l'intérieur, »
Les saisies et perquisitions
Puis c'est la question des saisies et per-
quisitions qui est examinée. Il est.entendu
w que M. Malvy a donné à çe sujet d'excel-
lentes instructions ; qu'il a même fait fai-
re des perquisitions. Mais des qu'il s'agis-
sait d'organisations ouvrières, plus rien.
Entre toucher au local seulement d'une d&
ces orgnisations et laisser se commettre un
crime, le ministre n'hésitait pas. »
Le 2e bureau
Les affaires Mauricius et Lipscher sont
a!ors évoquées ; le procureur général y
voit la volonté du ministre de couvrir des
actes qu'il avait le devoir de poursuivre.
La complicité de M. Malvy est donc évi-
dente.
M. Mérillon n'insiste pas sur l'affaire des
révolutionnaires russes et celle des permis
de séjour. Il qualifie d'ordre secondaire leti
faits concernant Cochon et Bolo, et passe
à la suppression du i)a bureau. Pourquoi
cette décision, se demande le procureur
général. « On sait J'ardeur avec laquelle le
2* bureau faisait son devoir. Alors pour-
quoi l'avoir supprimé ? Il l'a été unique.
ment pur les plaintes de M. Ceccaldi, sui-
vant qui le 2. bureau passait son temps
à faire de la politique contre les amis du
ministre.
« Raison polilique ; c'est la seule en l'es-
pèce.
« M. Malvy lui-même n'en a pas donné
d'autre qaiand il a eu à s'en expliquer de-
vant la commission du Ibudge, Pour sa
défense il s'est ultérieurement retranché*
derrière l'autorité du président du conseil
et du ministre de la guerre.
ïi En réalité, M. Malyy obéissait ici aux -
>
'V
Ce NUlSe« î DIX CENTIMES
DIMANCHE 4 AOUT .1918..-; Nd 17.426
AUGUSTE VACQUERIE
Fondateur (1869)
TELEPHONE
Nord : 24-90, 24-91
Afes lob. du soir : GUTENBERG 00-70
POCR LA PUBLICITE
S'adresser eu RAPPEL-PUBLICITE
*■ 38, M de Strasbourg. PARIS
Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus
è
EDMOND DU MESNIL
Directeur
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Un an Six mois Telmoit
SEINS & S.-ET-OISE.. 18 » 9 » 6 »
FRANCE 20 » 11 a 6 »
ETRANGER 32 9 16 » 9 S
REDACTION ET ADMINISTRATION
38, Boulevard de Strasbourg. — PARIS.
TRIBUNE LIBRE
.La puissance industrielle
en Russie
Connaissez-vous les richesses
de la Russie, de la plus belle
Russie, que les Allemands tâ-
chent perfidement et tenace-
ment de convertir en colonie,
jn grande Allemagne de - de-
mait. La Russie, à la veille de la
guerre, était en plein essor industriel.
Il n'y a pas de peuple qui soit en meil-
leure situation pour les luttes industriel-
les prochaines. -
Eîr 1880, la Russie avait extrait de son
Bol 201 millions de pouds de houille (le
poud vaut 16 kilos 380), et elle en avait
importé 114 millions. En 1912, elle en
extrait 998 millions et importé 105 mil-
lions. Les bassins du Donetz et de la
Pologne sont les plus importants. Le
Donets, dont l'un des charbonnages ap-
partient à une société française, cou-
vre 25.000 verstes carrées (la verste
vaut 1 kilom. 067) sur le territoire du
« gouvernement d'Iékaterinoslaw et aus-
si de la province des cosaques du Don.
J'aurais beaucoup à dire sur tous ces
bassins, si fortunés, de Sibérie, de Tou-
la, de Riazan, de l'Oural.
- L'industrie sidérurgique possède ses
principaux centres dans l'Oural, dans
la région moscovite, en Pologne,. dans
la Russie méridionale, dans les provin-
ces baltiques. La production, depuis
1903, y avait plus que doublé en dix
ans : en 1903, celle de la fonte était de
421.055.143 pouds ; celle du fer. tifi
55.302.321 ; celle de l'acier, de
71.441.249. Les capitaux belges avaient
afflué dans la Russie méridionale
La Russie possède au Caucase d'abon-
clanls minerais de manganèse qui pro-
duisaient, en 1913,26.000.000 de pouds,
dont 12.600.000 étaient exportés. En
cuivre, elle produit 338.000 pouds et en
reçoit de l'étranger 850.000. Pour s'ar.
franchir de ce tribut, elle contient assez
(je pyrites et de minerais divers. Mémo
situation pour le plomb, le zinc et
rétain, que pour le cuivre. En revan-
che, elle renferme des trésors de; mercu-
re au nord du Donetz, ainsi qu'au Cau-
case et au Daghestan. Plus que l'argent,
l'or abonde, surtout dans l'Oural et en
Sibérie. La production de l'or classe la
Russie (2.300 pouds) après l'Australie
(3.384 pouds), les Etats-Unis (3.301),
l'Afrique du Sud (2.692).'
ræ
La Russie, qui possède d'importantes
inines de sels gemmes, des saumures,
ainsi que des marais salants, pourrait
facilement approvisionner de sel l'Eu-
rope entière. Mais, parce qu'elle n'ex-
ploite qu'assez mal ses rares ressources,
elle ne suffit même pas à sa propre con-
sommation. L'industrie du naphte est
en pleine prospérité. Il y a dix ans, un
de nos industriels écrivait ceci : « Main-
tenant, le pétrole russe, - maître chez
lui, lutte même à l'étranger contre le
pétrole américain. Tandis que les sour-
ces de Pensylvanie s'épuisent, celles de
la péninsule d'Apchéron conservent un
débit abondant. On découvre, en outre,
de nouvelles sources dans d'autres ré-
gions du Caucase et sur les bords de
la Caspienne. »
L'industrie des machines, depuis
vingt années, progressait constamment.
Le nombre des ateliers était de 509 en
1892 ; chaque année eu gagnait une cen-
taine. Le marché russe devait naturel-
lement s'adresser encore, pour les ma-
Chines-outils et pour les machines agri-
coles, à l'étranger, particulièrement
aux Etats-Unis.
, sr>
L'industrie cotonnière, très ancienne,
demeure l'une des plus considérables du
monde. En 1913, son outillage compre-
nait 5.300.000 broches et plus de 120.000
métiers ; ses ouvriers se comptaient au
nombre de 280.000 ; et sa production
atteignait une valeur de 400.000 mil-
lions de roubles.
L'industrie de la laine, commencée
ên Pologne, gagna Moscou et Pétrogra*
de. L'élevage du mouton se fait surtout
dan le Volga et en Pologne. « Lodz est
à la fois le Manchester et le Roubaix de
la Russie. On y compte environ 550 usi-
nes et fabriques, 50.000 ouvriers. Sa
population est de 350.000 habitants. »
L'industrie de la soie est récente en
Russie ; mais son usage, y est très an-
cien. Ce sont des Lyonnais qui ont éta
bli à Moscou la fabrication mécanique
des soieries.
J'aurais encore à montrer la filature
mécanique du lin, qu'installa en Russie
notre Philippe de Girard, et à parler du
jute. du chanvre, du sucre, etc. Les Al-
lemands connaissent l'immensité de ces
diverses richesses, et comme l'appétit
de l'argent donne de l'esprit, ils vou-
draient bien conclure la paix à l'Ouest,
pour s'emparer tranquillement à l'Est
des éléments inattendus d'une fortune
coin elle.
CEORCES BEAUME.
LA RIPOSTE DE FOCH
t i
L'ennemi se replie sur la Vesle
) <
tâo'us avons fait une avance d@ dix kilomètres :'.
et dcliwé pius de pEscftsanîe villages
* ■■ ■ - -»*
L'ACTUALITÉ
1
La guerre économique
Le débat engagé devant la
Chambre, vendredi dernier,
nous a rappelé - si toutefois
il nous avait été permis de
l'oublier - une autre phase
de la yuerre
Ce n'est pas seulement sur
le champ de bataille que VAllemand
doit être vaincu. Il doit être terrassé
sur le terrain même qu'il avait choisi
pour y accomplir ses exploits depuis
1870 La supériorité commerciale et
industrielle qui était siemie doit cesser
de lui appartenir.
Jalousie de notre part? Non point,
certes. Besoin de vivre: simplement, et
de vivre en respirant largement. Nous
aurons bien gagné de pouvoir nous don-
ner un peu d'air.
Les responsabilités de la guerre ont
été précisées. Des Allemands notoires
eux-mêmes ont jeté l'anathème, à ce
propos, contre leur malfaisante patrie.
Trop de sang a coulé pour que l'Alle-
magnepuisse être tenue quitte par une
défaite militaire. Il faut l'empêcher de
nuire désormais. ,
Car les peuples, qui déjà étaient las
de la guerre, en sont maintenant excé-
dés. Ils veulent connaître les longues
périodes de paix que nos vœux, à nous,
voudraient infinies.
Sera-t-il possible de les obtenir sans
éteindre complètement le brandon qui
se promenait, menaçant, depuis qua-
rante ans, sur tous les points inflamma-
bles de l'Europe, de l'Afrique et de
l'Asie ?
Guerre économique contre l'Allema-
gne, soit. Cependant, guerre loyale, hu-
maine, qui n'empêcheja pas le peuple
allemand de se développer et de prospé-
rer selon les lois du droit humain, mais
qui ôtera au gouvernement allemand
jusqu'à la moindre possibilité d'abus.
Il ne faut pas que la richesse populaire
d'Allemagne puisse être employée à fa-
briquer des pièges dans lesquels d'au-
tres peuples seraient appelés à tomber
pour y être immolés.
La leçon de la grande guerre est sé-
vère. Elle implique la mise en œuvre
complète d'une formule de salut : Aux
grands maux, les grands remèdes..
Le papier timbré
--
Hier, comme au renouvellement de cha-
que année, j'ai salué un mourant et un nou-
veau-né : Le papier timbré. Je le connais-
sais bien !e disparu d'hier, pour l'avoir
gratté consciencieusement durant un demi-
siècle, sans l'avoir jamais senti s'attendrir.
Le papier timbré vient de subir une modi-
fication profonde qui paraîtra fort sensible
à beaucoup de gens, non point dans sa for-
me vieillotte et son -aspect rugueux, mais
dans son prix augmenté des 2/3 à partir du
1°1 août. Ainsi, la feuille de 12 sous en coûte
20 maintenant, celle de 24 sous : 40 ; celle
de 36 : 60 ; le reste, en usage chez les seuls
officiers ministériels est à l'avenant.
Cette augmentation pèsera lourdement sur
le pauvre monde, pour bcaucouD trop par
les tristes exploits des huissiers qu'il fau-
dra plus que jamais avoir à l'œil. Cette aug-
mentation, comme celle de nombreux droits
d'enregistrement, est, paralt-il, nécessitée
par les conséquences de la guerre, ce que
l'on constate seulement après quatre an-
nées. Etrange politique financière que celle
qui croit pouvoir recourir plutôt à l'emprunt
à jet continu qu'à une légère et raisonnable
mais immédiate surélévatioin des impôts, à
une forte compression des dépenses publi-
ques, à une énergique répression du gaspil.
lage effréné qui continue à sévir. ailleurs
qu'à l'Administration du Timbre.
Celle-ci ne s'est vraiment point fendue
pour faire modifier la vignette noire qui in-
dique les nouveaux prix de ses papiers. Vi-
lainement, donc sans aucune esthétique, le
graveur a placé au-dessus du chiffre repré-
sentant la valeur, là lettre F tenant lieu
du mot Franc qui eût pu être gentiment
placé au-dessous du chiffre.
Mais, vraiment, peut-on demander au fisc
de se soucier de l'Art, lui qui à n'en point
douter, est aussi timbré que son papier ?
t Un vieux petit Clerc. -
Le nouveau chef d'état-major
de la marine es Allemagne
On mande de Berlin, à la date du 3
août :
Le Kaiser a nommé l'ancien chef d'état-
major général de la marine, amiral de Holt.
zendorff, grand amiral ; il lui a adressé
une lettre dans laquelle il dit notamment
qu'il fut un sage et fidèle conseiller, tenant
froidement compte des forces adverses il
aussi du point de vue politique et que le
succès n'a pas manqué à ses efforts.
Son succeseur a été désigné en la person-
ne du chef des forces navales de haute mer
amiral Scheer.
L'amiral Scheer est né au mois de juîl.-t
1866. Il est entré comme cadet au corps Où
marine en 1879 ;'il a été nommé lieuten =.-'1
en 1882. En 1916, à la mort de l'amiral vvi
Pohl, il fut nommé commandant en chef
de toutes les forces navales de haute mer.
Communiqués Français
14 HEURES.
Au cours de la nuit, nos troupes ont poursuivi leur avance vers la Vesle. SIM
notre gauche, elles débordent l'Aisne entre Soissons et VenizeL
23 HEURES.
-, Au cours de la journée, nos troupes refoulant les arrière-gardes ennemies ont
continué leur marche victorieuse sur un front de cinquante kilomètres environ en
direction de la Vesle.
Sur notre gauche, nous bordons les rives sud de l'Aisne et de la Vesle, depuis
Soissons jusqu'à Fismes, dont les Américains tiennent les lisières.
A l'est de Fismes, nous avons atteint la ligne générale nord de Courville, Brans-1*
court, Courcelles, Champigny. Nos reconnaissances de cavalerie opèrent le long de
la voie ferrée de Soissons à Reims.
Sur certains points, notre progression a dépassé, depuis hier, dix kilomètres.
Plus de cinquante villages ont été délivrés dans cette seule journée,
Autour de la Bataille <
- .-
Les Allemands sont .en retraite sur tout
le saiilant, entre l'Aisne et la Marne.
A l'ouest, les Français et les Anglais, con-
tinuant leur poussée, ont atteint la vallée
de la Crise, une. petite rivière qui se jette
dans l'Aisne à .^oissous.
Aussi les Allemands ont-ils bLanc"
plateau de Chaudjuai tout entier, entre Cœu-
vrc et la vallée de la Crisé. Ce terrain a
été pendant des semaines le théâtre de
combats désespérés, et fut balayé par les
canons lourds du Boche, placés au nord de
l'Aisne et à l'est. Ce fut là sans doute le
secteur le plus chaud de tout le champ de
halaille..
Au centre, la cavalerie française est dans
la forêt de Nesles, à 1.000 mètres au nord-
est de Fère-en-Tardenois.
A notre g,anche, nos troupes sont. au con-
tact des forêts de l'Ardre, à 8 kilomètres
au nord de Villers-Agron.
Les Allemands faisant fi de toutes consi-
dérations militaires, qui leur conseillaient
la franche acceptation de la défaite, et une
retraite rapide il y a de nombreux jours,
afin de garder leurs hommes pour une ten-
tative nouvelle, ont é'te obligés d'accepter
l'inévitable et se replient su>r la Veste.
L'offensive du kronprinz sur la Marne a
subi une défaite aussi complète que celle
de von Kluiclc, et le dernier mot reste aux
alliés.
Les Français à Soissons
C'est à 6 heures du soir, vendredi, que
les chasseurs du général Vuillemot, appar-
tenant à l'armée Mangûn, sont entrés à
Soissons, abandonné par l'ennemi en re-
traite vers la Vesle d'abord, vers l'Aisne
ensuite el peut-être au delà de l'Aisne.
Soissons avait été, occupé par les Alle-
mands le 29 mai, à la suite de leur offen-
sive commencée le 27 contre le Chemin-des-
Dames. Ils avaient pria Fismes Ip 27 au
soir, après avoir, dans la journée, passé
l'Aisne et la Vesle.
La rentrée des Français dans Soissons
donne une saveur toute particulière à la
note suivante que le service de propagan-
de allemand a répandue pour démontrer
l'échec de la manœuvre du général Fooh.
Ce document est ainsi conçu :
Foch comptait surprendre non seulement les
trouves, mais aussi - et c'est là le point 'm-
portant — le haut commandement allemand,
auquel Il voulait arracher l'initiative. Entre
temps, celui-ci, par son attaque à l'est tii eu
sud de Reims, a prévenu le dommandement en-
nemi et l'a forcé à une attaque précipitée. On ne
peut s'empêcher .ça penser que Foch a marché
trop tôt sous la pression do considérations po-
litiques. Le généralissime voulait asséner un
coup définitif sur la tête des Allemands en opé-
rant une percée de grand style, qui avait pour
but de séparer l'armée allemande en deux, m
séparant en même temps les troupes allemandes
qui se trouvent entre fOlJ;fcq et la Marne. Lo
plan de Foch a échoué. 1
Que serait-ce si le plan de Foch avait
réussi ?
Ils détruisent tout
avant de se retirer
Tous les villages abandonnés par les Al-
lemands sont presque totalement détruits.
Les troupes françaises et américaines pour-
suivent l'ennemi de près, sans être en
contact immédiat, sauf avec des groupes
dispersés qui ne firent pas de résistance.
Les Français et les Américains sont en-
tres dans une forêt, où on sait que les
Allemands avaient massé des troupes et
accumulé de grandies quantités ùe muni-
tions. Les Allemands avaient enlevé les
munitions, en laissant d'ailleurs une quan-
tité appréciable, et les troupes avaient pris
une direction nord
Les patrouilles françaises opèrent loin au
nord de Ville-en-Tardenois.
C'est la pression exercée par les Alliés
aux deux extrémités du suillant, qui décide
les Allemands à reculer sur une ligne, rçue
sans aucun doute ils ont soigneusement
préparée.
Ils détruisent tout sur leur passage, indi-
quant ainsi qu'ils ont abandonné l'espoir
de revenir dans la région de la Marne.
Les Allemands battant en retraite sur la
Vesle, auront reperdu la moitié du terri-
toire gagné dans leur offensive du Chemin-
des-Dames. dus 27 mai.
Leurs réserves sous nos feux
La nouvelle position imposée à l'armée
allemande est la suivante ; « les Alle-
mands, faisant face à l'ouest, sont atta-
qués sur leurs derrières et !eurs réserves
sent h présent. sous le feu des Français. »
On regarde comme certain que les posi-
tions dominantes tenues par les Alliés obli-
geront toute ta ligne demande 4 se replier.
Il est probable qu'on, apprendra sous peu
une nouvelle retraite.
Le kronprinz est bien battu
Il se peut que l'ennemi oppose de la ré-
sistance en arrière de la Crise, cc Mais tout
indique qu'il se repliera en arrière de la
Veslel et peut-être derrière l'Aisne. » Un
et
mouvement de cette nature est très difficile
à éviter et il entraînerait l'effondrement de
l'pffcnsivc préparée par le Kronprinz. Le
haut commandement allemand ne pourrait
pas de très longtemps déclencher une iioll,
velle attaque de grande-envergure, en tout
cas pas avant septembre ou octobre, épo-
que à laquelle sa classe 1920 sera disponi-
ble. Toute opération importante de l'enne-
mi contre notre ligne est très improbable
avant cette époque.
La ligne passe maintenant à un mille au
nord de l'Ardre, par Yille-eu-Tardenois, à
l'ct de Romigny, de là vers Aou.gny, Vé-
zilly, sud de Coulanges, par Cliàteau-la-
Fère, Arcy, Droizy, ipuis Taux.
De plus en plus, nos réserves s'affirment
plus importantes que celles die l'ennemi,
dont les meilleures troupes ont été grande-
ment affaiblies. Il sait d'ailleurs que cha-
que jour voit croltre le nombre des troupes
américaines en camptigne et qu'il sera, par
suite des nouveaux développements du
front oriental, dana l'impossibilité d'en re-
tirer de3 troupes p
LE GENERAL PERSHING
GRAND-OFFICIER 1
DE LA LHQiON D'HONNEUR
Le général Pershing, commandant des
forces expéditionnaires américaines a été
élevé à la dignité de Grand Croix de l'ordre
de la Légion d'honneur. M. Clemenceau,
président du Conseil, ministre de la guerre,
a adressé au général Pershing le télegrum..
me suivant :
« J'ai le plaisir de vous annoncer, mon
cher général, que le Gouvernement de la
,République a décidé de vous élever à la di-
gnité de Grand Croix de la Légion d'hon-
neur.
« Il veut reconnaître par cette distinction
les éminentes qualités dont voua avez fait
preuve et les remarquables services que
vous avez rendus en organisant si puissam-
ment les forces américaines.,
« La France n'oubliera jamais que c'est
au moment où la lutte était la plus dure
que vos vaillantes troupes sont venues join-
dre leurs efforts aux siens.
« Cette croix sera le symbole de notre re-
connaissance. -
« Veuillez agréer mes plus vives félicita-
tions el l'assurance de ma haute estime.
« CLEMENCEAU. »
—-——————— —————————.
Les aviateurs britanniques
1 Ils descendent 324 avions
en un mois -
Le compte rendu donné des combats aé-
riens de la semaine dernière montre que,
sur le seul front occidental, les aviateurs
britanniques ont détruit 70 aéroplanes en-
nemis et en ont désemparé 11
Au cours die la même période, 27 aéro-
planes britanniques ont été portés man-
quants. Ce qui fait cre, ipour chaque avion
britannique manquant, on compte ptus de
deux appareils allemands mis de façon.
certaine hors de cause, non compris les
appareils endommages et contraints d'at-
terrir désemparés.
Ces chiffres n'ont rien d'exceptionnel,
attendu :l!{/tlC' ces* quatre diernières semaines
324 appareils allemands ont pâli de la mê-
me manière tandis que du côté britanni-
que il n'y a eu que 11G appareils man-
quants.
Sur les fronts d'Italie, de Palestine et
des Balkans, on abserve des résultats ana-
logues) Sur l'ensemble des champs dio ba-
taille européens et méditerranéens, les
aviateurs britanniques ont fait perdre à
l'ennemi beaucoup plus de 100 appareils,
alors que les Britanniques n'en ont perdu
Ils ont bombardé
Ostende et Zeebrugge
Londres, 2 août. — Les aviateurs navals
britanniques ont jeté plus de 15 tonnes de
projectiles dans nos eaux territoriales sur
des objectifs d'importance militaire, Zee-
brugge, les docks de Bruges et Ostende.
Le trafic maritime de l'ennemi a égale-
ment été bombardé. Un coup direct a été
obtenu contre le navire tenant la tête d'une
file de quatre contre-torpilleurs. eBll:Mnis.
On a- vu s'élever des colonnes de fumée,
mais le brouillard a ensuite gèné les obser-
vations.
Nos formations de bombardement, de
patrouille et d'escorte ont été attaquées par
des avions ennemis. Quinze appareils en-
nemis ont été abaitus et dou?e contraints
d'atterrir désemparés. Cinq des nôtres man-
aueni.
#•
LA SITUATION
La retraite allemande
La bataille de la Marne et la bataille de
l'Ourcq inscrivent l'une et l'autre, une fois
de plus, des fastes héroïques dans notre
histoire. Gagnées en 1918, comme elles
avaient été gagnées en 1914, elles libèrent
à nouveau la France de la menace Qui pe-
sait sur elle. > V11
Les opérations de ces deux derniers iours
prennent un caractère décisif. Harcelé, com-
battu sans répit depuis le 15 juillet sur le
terrain qu'il avait lui-même ÇllOis.i, l'ennemi
précipite sa retraite ; il se replie nettement
sur l'Aisne, puis, -
Ses positions noMvcmrr sont-elles entre
VAisne et lè Chemin des Dames ? C'est pos-
sible, car le terrain s'u prête fort bien à la
défensive. Toutefois, la chute du point d'ap-
pui que les Allemands avaient établi à Sois-
sons, le passage immédiat de l'Aisne par
nos troupes peuvent déconcerter une fois en-
core le plan allemandLe Kronprinz avait
nettement cru, tout d'abord, pouvoir nous
attendre sur les hauteurs au nord, de Fère-
en-Tardenois Il n'a pas vu u tenir, et l'on
sent déjà que l'insistance de notre feu et la
persistance de notre poursuito étonnent le
commandement ennemi.
La brusque et heureuse attaque déclen-
chée contre Soissons n'a pas. clé lancée dans
le seul but de nous rendre une ville de plus.
Elle est venue, à son heure précise, coor-
donner VilC nouvelle manœuvre de flanc,
avec la double manœuvre en cours d'exé-
cution face à Braisne et à Fismes. Il est
permis d'en augurer les meilleurs résul-
tats.
Noire avance en profondeur, depuis le
sud de III Marne, dépasse déjà 30 kilomè-
tres, et la batailla continue.
Ne manquons pas de comparer la durée
de celle opération d ce qu'ont été les offensi-
ves allemandes depuis le printemps. Celles-
ci, en huit ou dix iours, ont été stabili-
sées.
Les armées, de l'Entente libérant le Tar-
denois, se bqilent sans interruption depuis
vingt fours ; elles ne.paraissent nullement
disposées à laisser à l'ennemi te moindre
répit. :
Tirons.-en cet argument que nos pertes
sont peu élevées et que les relèves s'accom-
plissent méthodiquement, sous le jeu
de l'ennemi, très éprouvé, lui, en raison
même du caractère lent et tenace de la pour-
suite. j i * , t * -
Camille DEVILAR.
1 ——nin—
LES OPÉRATIONS
--+.--
Le 3 juillet. — Sur tout le front Soissons-
Reims, nos troupes, animées d'un superbe
élan, poursuivent leur avance victorieuse,
bousculant partout les forces allemandes.
Etn raison de la résistance que l'ennemi
met à céder du terrain sous la poussée de
nos armées, il ne pourra même pas essayer
de dire, cette fois, qu'il se replie volontai-
rement, conformément au plan établi par
lui.
Ayant dépassé Soissons, nous tenons ce
matin le cours de l'Aisne, de Pommiers a
Vcnizel. Notre infanterie progresse à l'est
de Soissons vers Serches, Couvrelies, Cer-
seuil. -
A l'ouest de Reims notre progression s'ac-
centue vers Tinqueux, Thillois, Rosnay,
Scrzy. Notre cavalerie atteint la rive de la
Veste dans la région de Champigny-Mui-
son. Partout les Allemands so replient sur
la Vesle. f * „ -
L'armée du Kronprinz, en pleine retraite
incendie les régions de la Vesle. Toute la
nuit l'horizon a été jalonné pqr les lueurs
d immenses incendies. 1
Le fait que nous avons eu peu à subir le
ur de 1 artillerie lourde prouve que les Al-
lemands, prévoyant qu'ils lM pourraient ré-
sister à notre poussée, avaient déjà évacué
leur gros matériel.
Les pertes ennemies sont très Cievécs,
POLITIQUE ETRANGERE
Le Remplaçant
»
Malgré les difficultés de la situation pré-
sente, malgré la guerre et tous les maux
qui en résultent, la vie continue son cours.
à Vienne pour le inonde politique et parle-
mentaire.
Sitôt le cabinet Hussarek constitué et les
douzièmes provisoires votés, chacun a quit-
té la capitale autrichienne pour prendre des
vacances. L'empereur Charles s'est rendu
avec l'impératrice Zita et leur progéniture à
la villa Wartbolz, pires Reichenau, qu'il a
liéritéa de son père, Varchiduc Ofhon ; les
députés sont retournés, la plupart, dans
leurs provinces lointaines, les uns jusqu'à
la mi-septembre, les autres jusqu'au com-
mencement d'octobre. On sait qu'il est que- ; -
lion d'une session des délégations fin selJ
tembre et que le Reichsrat ne doit de nou-
veau se réunir qu'en octobre.
Le cabinet Ilussarek fonctionnera bien
toujours jusque-là. Après,' c'est le secret de
polichinelle, on prétend que M. de Seidler,
forcé de s'effacer un certain temps, repren-
drait le gouvernail. M. de I-Iusarek ne se-
rait qu'un prête-nom. Son choix, impost
beaucoup par les circonstances, est ainsi
expliqué.
Le chevalier de Seidler, ayant trop pré-
sumé de ses forces, s'était trouvé accujo
devant cette cruelle alternative : eû avoir.
recours au fameux paragraphe H qui lui -
permettait de résoudre toutes les questions
en suspens à l'aide de simples décrets, on
faire voter le budget par une majorité quel-
conque. On pencha en faveur de cette se-
conde solution, mais il fallait trouver un
remplaçant pour Seidler, dont la personne
faisait voir rouge aux Polonais. Le Kaiser,
inspiré par Tisza, n'aurait pas été entière-
ment étranger à la désignation de Hussa- ;
rek. Celui-ci est si bien un intérimaire, qui
Czernin, qui ne peut se consoler du pion
geon qu'il dût executer sans même avoir les ;
rieurs de son côté, travaille à. présent de
toutes ses forces pour revenir aux affaires.
Il a lié .partie avec Tisza et tous deux se
sont coalisés avec Weckerlé. Czernin, d'au-
tre part, aurait trouvé un appui auprès du t
parti allemand libéral et de certaines per-
sonnalités, telles que le prince Max Egon
FurstenCerg, alias grand ami de Guillau-
me .11, et fort mêlé aux choses les plus se-
crètes de- la polilique intérieure austro-alle-
mande. On lui attribue nn toixt premier rôle-
dans le voyage accompli par Charles 1er ai*
G. Q. G. allemand pour faire amende ho-
norable au Kaiser.
Quant au comte Czernin, sa dernière in-
tervention, où il ménageait si peu Kuhlmann,
était moins pour disculper l'empereur Char-
les dans l'nffnire foumaine, que pour plaire »
à la cour de Berlin.
Quoi qu'il en soit, les jours de M. de Hus-
sarek paraissent comptés et la trêve accor-
dée. par les partis parlementaires ne serai
que de courte, de très courte durée, }é
temps de passer les vacances.
Louis BRESSE.,
1 ■ » ■
On Dit..
En passant
LE POILU DIT.
ft,..p.
M. Abranii, sous-secrétaire d'Etat, vCent de
préciser officiellement la situation des briga-
diers et des caporaux-fourriers. Ils sont des
sous-officiers. Il était nécessaire qu'un ministre
k"ur dopnùt une place définitive parmi les gra-
dés.
Jusqu'ici, les caporaux-fourriers étaient con- -
srdé.rÉ3 comme des parents pauvres.
Pour l'alimentation, ils étaient des sous-offi-
ciers puisqu'ils étaient obligés de prendre leurs
reT>as à la popote.
ils étaient aussi des sous-officiers les iours en
revue, en occupant leur place de serre-files à M.
première section de leur compagnie.
Au combat, ils assuraient la liaison ou com-
mandaient une demi-section, ou une section en
remplacement d'un sergent ou d'un adjudant.
Etaient-ils punis ? Ils étaient encore assimilés
aux sous-officicrs. Pour eux, pas de consigne, ni
de salle de police, ni de prison. Des arrêts sim-
ples, des amHs de rigueur.
'Mais. maks. pour la solde, ils ne bénéfl-
cinient pas des avantages accordés à leurs ca-
marades serments, la même table réunissait dv-s
adiudants à 2GO francs, des - sergents à ÏO
francs par mois et des caporaux-fourriers a
72 centimes par jour. Pour remédier à cette f»i-: -
tuation pénible, MM. Palé, Denais, Rognon ci-
Veber, députés, avaient demandé que l'indem-
niM de cherté de vie IlccordÚe., jusqu'en 191H.
aux caporaux-fourriers, fut rétablie. Ils &c heur-
tèrent à l'opposition des' bureaux de la Guerre.
La décision de M. Ab: ami vésoud heureuse
ment la question de principe : les caporaux
{ollfri£rs sont des sous-ofliciers
Mais que feront les Chambres ? - R. E.
- M. Malvy devant la Haute-Cour
On entend la fin du réquisitoire
et le commencement de la plaidoirie
La dix-septième audiencre est ouverte à
9 h. 10. M. le procureur général Mérillon
continue son réquisitoire.
Sébastien Faure
Arrivant aux tracts, aux réunions, aiuix
manœuvres anarchistes « qui ,constÏl:llcnt
le crime où s'engage la responsabilité de
M. Maivy », le procureur général insiste
sur les complaisances de l'ancien ministre
en faveur de Sébastien Faure. Sur le tlo.
sier détruit il dit : » Ainsi, le ministre n'hé-
site pas : il commet cette singulière ma-
ladresse de détruifè les-preuves de la cul-
pabilité de Sébastien Faure, et celle, bien
singulière encore, de l'en aviser ! Un arti-
de du Code prévoit, en pareil cas, les tra-
vaux forcés à temps. »
Rappelant enfin l'affaire des Buttes-Chau-
mont, classée par M. Laurent, le procu-
reur général conclut : « Ce fait indique à
quel point on persistait à donner une aide,
lin concours, un appui à cet homme dont
l'action était si funeste. Et j'engage nette-
ment ici la responsabilité du ministre de
l'intérieur, »
Les saisies et perquisitions
Puis c'est la question des saisies et per-
quisitions qui est examinée. Il est.entendu
w que M. Malvy a donné à çe sujet d'excel-
lentes instructions ; qu'il a même fait fai-
re des perquisitions. Mais des qu'il s'agis-
sait d'organisations ouvrières, plus rien.
Entre toucher au local seulement d'une d&
ces orgnisations et laisser se commettre un
crime, le ministre n'hésitait pas. »
Le 2e bureau
Les affaires Mauricius et Lipscher sont
a!ors évoquées ; le procureur général y
voit la volonté du ministre de couvrir des
actes qu'il avait le devoir de poursuivre.
La complicité de M. Malvy est donc évi-
dente.
M. Mérillon n'insiste pas sur l'affaire des
révolutionnaires russes et celle des permis
de séjour. Il qualifie d'ordre secondaire leti
faits concernant Cochon et Bolo, et passe
à la suppression du i)a bureau. Pourquoi
cette décision, se demande le procureur
général. « On sait J'ardeur avec laquelle le
2* bureau faisait son devoir. Alors pour-
quoi l'avoir supprimé ? Il l'a été unique.
ment pur les plaintes de M. Ceccaldi, sui-
vant qui le 2. bureau passait son temps
à faire de la politique contre les amis du
ministre.
« Raison polilique ; c'est la seule en l'es-
pèce.
« M. Malvy lui-même n'en a pas donné
d'autre qaiand il a eu à s'en expliquer de-
vant la commission du Ibudge, Pour sa
défense il s'est ultérieurement retranché*
derrière l'autorité du président du conseil
et du ministre de la guerre.
ïi En réalité, M. Malyy obéissait ici aux -
>
'V
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