Titre : Le Rappel / directeur gérant Albert Barbieux
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1918-07-27
Contributeur : Barbieux, Albert. Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328479063
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 27 juillet 1918 27 juillet 1918
Description : 1918/07/27 (N17418). 1918/07/27 (N17418).
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k75509070
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-43
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/02/2013
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REDACTION ET ADMINISTRATION
38, Boulevard de Strasbourg. - PARIS.
TRIBUNE LIBRE
Take Jonesco
La France a de sincères amis
à l'Etranger. Parmi les hom-
mes politiques dont les senti-
ments n'ont pas varié, il faut
ranger, dans les Balkans, le
grand roumain, Take Jonesco,
ancien vice-président du Conseil, - an-
cien directeur du journal- français de
Bucarest. La Roumanie, et chef du parti
tonservateur-démocrate, poursuivi ac-
tuellement, comme d'ailleurs la plupart
des anciens membres du cabinet Bra-
tiano, pour la participation de son pays
aux côtés des Alliés. M. Take Jonesco
fut, en effet, un des interventistes de la
première heure et s'en fait gloire.
Ausi sommes-nous doublement heu-
feux de pouvoir souhaiter une cordiale
bienvenue au vaillant lutteur qui ne dé-
sespère pas de l'issue finale de la lutte
lfUe soutiennent les Alliés, à l'homme
'dont l'ardent patriotisme et la parole
éloquente entraînèrent ses concitoyens.
M. Take Jonesco, depuis hier, est dans
aos murs. - *
Ce n'est pas un nouveau venu parmi
.-nous Ici, comme à Londres, il compte
ite nombreuses et précieuses amitiés.
Mme Jonesco était anglaise et Take,
comme l'appellent tout court ses com-
patriotes, est un ancien étudiant du
« Quartier M, il a fait son droit à Paris.
- Xi1 Aima mater parisienne dont il a porté
haut et loin la renommée, n'a pas eu
ii se repentir de lui avoir ouvert ses por-
tes. De retour à Bucarest, l'ancien étu-
diant parisien n'a pas tardé à devenir
-4ne des illustrations du barreau et du
Parlement roumains. Un jour, il a ga-
pïé son procès contre un des maîtres du
barreau parisien venu tout exprès plai-
der en Roumanie une cause des plus im-
portantes. Celui-ci, qui n'est personne
l'autre que l'actuel président de la Ré-
'-. publique, ne semble pas lui en avoir
gardé rancune. Une autre fois, toujours
m n'ayant d'autres armes à sa dispo-
sition que la puissance de son verbe, il
devait l'emporter sur ses anciens adver-
saires politiques Carp et Marghiloman :
te roi Ferdinand et le gouvernement que
présidait M. Bratiano, se résolurent,
,prè.c; bien des hésitations, à prendre
parti aans la crise européenne. Ce ré-
sultat, c'est à Take Jonesco et à Fili-
pesco qu'on le doit.
S'ils avaient été écoutés plus tôt, la
Roumanie n'aurait pas attendu aussi
longtemps pour se prononcer et il est
probable que la catastrophe actuelle eût
pu être évitée.
,- ., cæ
De cet esprit de décision, M. Take
Jonesco avait déjà fourni des preuves
uand, en juillet 1913, il intervînt dans
les destinées de sa patrie et arracha
alors au roi Carol l'ordre de mobilisa-
tion contre les Bulgares. -
Mais, en 1916, de sombres pressenti-
ments l'agitaient ; il regrettait que la
Roumanie eût laissé passer les moments
les plus favorables pour une interven-
lion et, dans un de ses plus magnifiques
mouvements oratoires, il ne pouvait
s'empêcher CIe s'écrier en évoquant la
yision de la réalisation de l'idéal rou-
main : « Je vois s'ouvrir les portes du
paradis et une crainte superstitieuse me
ait de. fermer les yeux : c'est trop
beau ! » -
Jleau:u
• Les événements passent, les hommes
restent. Cornue l'a déclaré ce grand
patriote, qui fut aussi un des premiers
.et un des plus infatigables artisans de
;îa fraternité franco-roumaine et qui
s'opposa également, jusqu'au dernier
moment, de toutes ses forces, à l'ou-
• verture de négociations avec l'ennemi,
;« ce sont les troupes alliées qui luttent
I présent pour le recouvrement de notre
territoire ».
Depuis juillet 1917, il ne se faisait
, d'ailleurs aucune illusion sur l'inutilité
'lIe- la Tésistance ; mais, ce qui impor-
tait à ses yeux, c'est que la Roumanie
succombât avec honneur et ne souscri-
fit pas à sa propre déchéance. L'His-
ioire jugera.
t""-- tIO---
M. Take Jonesco a déjà apporté sa
contribution à la recherche des origines
-1 guerre dans un mince opuscule,
publié, en 1915, chez Didier, sous ce ti-
re : Déposition d'un témoin, et où les
futurs enquêteurs trouveront à glaner.
"En relations personnelles avec Kiderlen-
IVaechter, avec les comtes d'Æhrenthal
bt BerchtoId, avec lord Grey et le prin-
ce Lichnovsky, avec Poincaré, il a noté
maints détails rétrospectifs qui, dans
sa bouche, la célèbre Bouche d'or, le
surnom flatteur qu'il doit à ses talents
oratoires, acquièrent une valeur parti-
culière.
L'illustre homme d'Etat roumain
:J'vient apporter, désormais, par sa pré-
sence parmi nous, l'appui à l'émigra-
tion roumaine de son nom et de sa per-
sonnalité, à cette émigration qui, com-
oie il le faisait ressortir, tient mainte-
cant, dans ses mains, les destinées du
peuple roumain sous le joug.
- LOUIS BRESSE,
LA RIPOSTE D E FOCH -.
« 5 f. ?
I nv. - -&*-—v ■■■ ■"» , -
Avancer française en Champagne
,p ,. --.- 'f
-„et: reprise de la Main de Massiges
-.:. - M M~~M* - ',-' -
Ncu ocêMpons ©nl€tay~!@~Cf!§teauû et Villemosiloirë*
L'ACTUALITÉ
,,.
•f ——
t Intermède comique.
- **
Les débats de la Haute-
Cour sont écœurants. Mais
comme tout mélodrame, plus
ou moins bien agencé, ils
comportent un intermède co-
mique. *
Entre les trémolos qui ac-
compagnent en sourdine les scènes pa-
thétiques. apparaît celui que gavro-
che appelle sans révérence « le rigolo ))"
Le rôle du « rigolo » est tenu aux Fo-
lies-Luxembourg par un M. Bruyant,
qui s'en acquitte d'ailleurs à merveille.
M. Bruyant, qu'on appelle le lieute-
nant Bruyant, sans doute pour le distin-
guer du bruyant Alexandre, exerce des
fonctions exactement dénommées mais
inexactement définies. Il est, ou se dit
- car le cardinal Zopf n'a pas été très
affirmatif « Directeur motal de l'ar-
mée » T: -- ¡.J
- Vous m'objecterez que le cran de nos
poilus se passe de sa direction. Bien
sur. M. Bruyant, d'ailleurs, n'a pas la
prétention de diriger l'offensive. Il se
contente de porter des dossiers de la
S. G. au G. Q. G., et entre temps, il ex-
pertise à la manière bertillonesque les
articles de journaux, voire les caractè-
res d'imprimerie..
Devant le troisième conseil de guerre,
il a démontré à l'aide d'un tas de « Ka-
méoth » empruntés àJa cabale, les atfi-
nité secrètes qui existent entre les ca-
ractères d'imprimerie et celui des jour-
nalistes.
Inspiré par Raziel, l'ange des mystè-
res. interprétant le « themurah », le
« notarikon » et le « gematria », M. le
lieutenant Bruyant a prouvé clair com-
me la nuit que l'emploi des « Egyptien-
nes » dans la composition dfun article
décelait des accointances avec l'ancien
Khédive. et l'usage des « capitales ro-
maines » - sans accent - des inspira-
tions de source boche.
Ce fut un grand succès, a la vérité,
et jamais le « directeur du Moral » ne
justifia plus heureusement son titre. Le
propre d'un bon moral étant d'engen-
drer le rire.
Il convient simplement 'de regretter
que MM. les juges de la Haute-Cour
de Justice aient cru devoir déranger à
deux reprises M. Chiappe, un des fonc-
tionnaires les plus probes, les plus
loyaux, les plus courageux du Minis-
tère de l'Intérieur, qui est enveloppé
d'une sympathie et d'une estime unani-
mes, pour le faire participer au sketch
de M. Bruyant. Ceci, entre nous, a gâté
un peu l'intermède comique.
Le genre de M. Bruyant exclut le dia-
logue. Le « Directeur du Moral » ne dit
juste qu'à la condition de dire seul.
C'est un type clans le genre de Jehan
Rictus. Il excelle dans les « soliloques ».
Quand les pépères conscrits voudront
réellement s'amuser, qu'ils l'invitent
donc tout seul. Et ceux qui vivront en-
core aux ides d'août sous le règne du
bienheureux Antonin, en mourront de
rire;
EDMOND DU MESNIL.
♦
M. Joost van Vollenhoven
------
Nous avons brièvement annoncé, hier,
la mort du caipitaine Joost van Vollenho-
ven, ancien gouverneur des colonies, tom-
bé au champ d'honneur.
L'officier qui vient de donner sa vie pour
la France, mérite mieux que les lignes ra-
pides d'une dépêche hâtive.
Hollandais d'origine, naturalisé Fran-
çais assez longtemps avant la guerre, en-
tré jeune dans notre administration colo-
niale, M. Joost van Vollenhoven a joué un
fô!e fort important dans la politique appli-
quée par la métropole à ses colonies. *-
Plusieurs ministres ont affirmé avoir re-
connu en ce fonctionnaire, qui n'avait que
trente-six ans lors de la déclaration de
guerre et qui détenait déjà le plus important
de nos gouvernements généraux, l'étoffe
d'un administrateur incomparable.
Erreur limitée ou vérité - excessive, tout
disparaît en présence d'une tombe ouverte
sur un champ de bataille.
Le gouverneur van Vollenhoven ne fut
peut-être pas impartialement apprécié. Par
contre, la physionomie de l'officier mort
pour la Patrie, prend place, sans aucune
ombre, dans le martyrologe glorieux de la
grande guerre. C'est cette image, seule,
qui peut désormais sittr.
c.. D.
Communiqués Français
ê - --.# f r t, HEURES.
Hier, en fin de journée, nos troupes ont enlevé Villemontoire, après une lutte
acharnée, fait 200 prisonniers et pris 20 mitrailleuses.
Plus au sud, Oulchy-le-Château est tombé entre »os mains. Nous avons progres-
sé à l'est de la ville et capturé 4 canons.
Au cours des combats enqagés hier dans la région au sud de l'Ourcq, nous
avons fait plusieurs centaines de prisonniers.
23 HEURES.
Au sud de l'Ourcq, journée marquée par une açtivité des deux artilleries sans
action d'infanterie.
Sur la rive nord de la Marne nous avons enlevé, )'ier.,. en fin de journée, Reuil
et la ferme des Savarts et rejeté 1 ennemi aux lisières sud de Binson-Orquigny et de
Villers-sous-uhâtillon
Le total des prisonniers faits dans la journée du 25 tant à Villemontoire que
dans la région d'Oulchy-le-Château, s'élève à 709.
Sur le frent de Champagne, nos troupes après avoir brisé l'offensive allemande
les 15 et 16 juillet, ont entrepris, les jours suivants, une série d'attaques locales. En
dépit de la résistance de l'ennemi, nous avons réalisé à lest de la Suippe une avance
de 1.500 mètres environ sur un front de 20 kilomètres, au nord de la iigne générale
Saint, Kilatre-le-Grand-Souain-Mesnil-les-Rurlus. ¡
Nous avons reconquis toute la Main-de-Massiges et réoccupé dans cotte région
nos anciennes premières lignes. *
Au cours de ces opérations, nous avons fait ph. de 1.100 prisonniers capturé
200 mitrailleuses et 7 canons.
Autour de la Bataille
t
-0ldle 4l -
Le Président de la République ost ail*'
féliciter les armees qui combattent entre
l'Aisne la Marne. Il s'est rendu'nu
de commandement du général Fayo-Hc et,
en présence du général Pétain, il lui a re-
mis le grand cordon de la Légion d'hon-
neur qui vient de lui être conféré par le
gouvernement dte la République.
Le Président a, sur la proposition du gé-
néral Pétain, distribué un certain nombre
de croix et de médailles militaires à des
officiers et à des soldats qui se sont parti-
culièrement signalés dans les dern'cres ba-
tailles ; parmi euix se trouvait un neveu
de M. Clemenceau, président du Conseil.
Une de ces remises a eu lieu dans la
ville de Château-Thierry où le président a
été reçu par le général Desgoutte, le géné-
ral de Mondésir le préfet et le sous-préfet.
Le Président a parcouru toute la ville, par-
ticulièrement les quartiers les plus endom-
magés.
Les habitants ont montré au Président
l'église où les Allemands avaient entreposé
les mobiliers qu'ils avaient systématique-
ment pillés et qu'ils étaient en train d'éva-
cuer en Allemagne.
De Oh à t ea u-T;h ierry, le Président est allé
par Neuilly-Saint-Front, visiter les régions
libérées et les trouipes qui y opèrent. sous
les ordres des généraux Mangin et Des-
goutte. Il a notamment félicité les divisions
qui. le matin même, venaient d'entrer à
Oulchy-la-Ville et à Villemontoire.
Parmi les prisonniers faits par nos trou-
pes dans -cette dernière localité se trouvait
un commandiant de bataillon, un propre
neveu du .prince de Bulow, (flui a été stupé-
fait en apprenant qu'il y avait une grande
armée américaine en France. Il était con-
vaincu, comme tout le monde, a-t-il dit, en
Allemagne, que les Américains n'étaient
n n on 1 r, n RA AAA
j/iia jjiuj» uc t,n," VUV.
N L'effort qui a été fourni par
certaines divisions allemandes
Au cours de l'année drnière, les Alle-
mands avaient sur le front occidental entre
160 et 170 divisions. La plupart furent en-
gagées deux, parfois trois fois, en douze
mois, et reconstituées dans l'intervalle. Ver-
dun 20 divisions, la Somme 25, l'Aisne et
le. Chemin-des-Dames S0; les Flandres 130,
Cambrai 25 et des opérations de moindre
importance 90, soit en tout 370 engage-
ments.
Cette année, à la suite de la défection
russe, l'ennemi a environ 210 divisions sur
le front occidental. De janvier au 20 juillet,
soit en six mois, elles ont été engagées au
moins 420 fois, de sorte que chaque divi-
sions a été jetée dans la bataili'e au moins
deux fois en ce laps de temps. Celte propor-
tion s'accroit rapidement, aveic l'augmenta-
tion des opérations.
Quand la bataille actuelle commença, les
Allemands avaient 28 divisions sur une
partie du champ die bataille, de l'ouest de
Reims à Château-Thierry. Le front, par l'at-
taque alliée. s'elargissant jusqu'à l'Aisne,
les Allemands jetèrent de nouvelles forces
en ligne, jusqu'à atteindre un total de plus
de 40 divisions. Cela signifie que l'ennomi
a largement entamé ses réserves.
Une avance de 16 kilomètres
Mercredi fut une grande journée pour
l'armée du général Desgoutte dans le secteur
entre Armentières et Dormans. A l'aile gau-
che et au centre, entre l'Ourcq et Jaul-
gonne, l'avance fut de 3 à 5 kilomètres sur
une largeur de 8 à 9 kilomètres.
L'avance totale sur ce point est de 16 ki-
lomètres.
L'œuvre des mitrailleuses
L'ermemi se défend par des- mitrailleu-
ses, généralement des unités de 30 sans les
ordres d'un sous-officier. Les Améri-
cains les enveloppent, réduisent les piè-
ces a;u silence, puis s'élancent à la baïon-
nette. Alors les Allemands s'empressent die
crier « Kamarad ». Une fois, sur 30 hom-
mes, l'on en cueillit ainsi 2S. Quelquefois
tes Allemands placent des mitrailleuses
dans les arbres. Des distances assez im-
portantes séparent un nid de ces engins
d'un autre. Dans les villages, ce sont des
feux concentrés ; mais les Américains pro-
cèdent toujours par des débordements de
flancs pour finir à îa baïonnette De nuit
et souvent de jour, les aviateurs ennemis
attaquent à la mitrailleuse et souvent à l'ai-
de de bombes les transports des arrières
du front. Dans la nuit de mercredi, des fu-
sées et des bombes ne cessèrent d'arroser
le terrain, mais les Américains s'en sou-
cièrent peu et poursuivirent leur route.
Mercredi. les Américains et les Français
sauvèrent un certain nombre d'Américains
blessés c.l lails prisonniers. On les avait
conduits,7de villages en villages, pour les
abandonner ensuite.
L'armée von Eben
•L'ennemi a renforcé son flanc droit en
engageant une nouvelle armée, l'armé von
Eben, entre von Hutier et von Bælm, en
faee l'armée Mangin, de sorte que mainte-
m\llt! y* a dans -la poche, entre 40 et 50
divisions, '; fi lo,rsavait qu'entre 25 et 30.
Plus de 25.000 prisonniers
Du correspondant de l'Associated Press :
l.e nombre des prisonniers s'élève -à
plus de 25.000 et celui des mitrailleuses à
plusieurs milliers.
14 des prisonniers appartiennent à LI
classe 1919 La classe 1920, qui no devait
être incorporée qu'en octobre, le sera en-
septembre. Beaucoup de ces nouvelles re-
crues n'ràit raan-te pas 18 ans.
Des projets contrariés
par l'arrivée des Américains
Nous savons aujourd'hui, de façon -cer-
taine, qu'une importante attaque devait
être eXI:"({u t.t en juin dans la région de
l'Ourcq, mais qu'elle fut décommandée
(C parce que des engagements précédents
« avec les troupes américaines, dans ce
« secteur, avaient montré qu'elles avaient
« une valeur combattive extrêmement éle-
« vée et qu'elles étaient d'urne ténacité ex-
« traordinaire. »
Quant feux officiers allemands prisonniers
dont les groupes ont eu affaire aux Améri-
mains. ils déclarent ouvertement .q':.lIe :
et Si toute l'armée américaine a le même
cc mordant, la cause de l'Allemagne est pér-
-
C'est de que nous savions dfj-à depuis
longtemps.
La classe 20 allemande
On signale que fes Allemands de la classe
1920, résidant en Suisse, ont été appelés au
cours du mois de juin. On sait qur le re-
censement de la classe 1920 a eu lieu en AI-
lemagne en mars et en avril 1918. Son in-
'corporatibn, commencée en mai, s'est pour-
suivie ori jnin. L'instruction des conscrits
de cette classe est poussée activement.
Un farf assm de 4a classe 1920 écrit Que
son instruction doit être achevée dans un
délai de !! lit semaines. Un artilleur de hi.
même classe rapporte un brait, d'après le-
quel les hommes de cette classe seraient
envoyés aux tranchées dans le mois de-sep-
tembre.
Sur le front français, d'ailleurs, on a dé-
ja identifié de nombreux engagés volontai-
res de la classe 1920.
L'ennemi va-t-il se replier
Le gébéral Frédéric Maurice écrit dans
le Daily Chronicle :
« Il eit fort possible que les Allemands
décident Ide. céder du terrain comme ils le
firent au début de 1917, lorsque, à la suite
de la bataille de la Somme, ils reculèrent
d'une cinquantaine de kilomètres jusqu'à
leur ligne Hindenburg. afin d'éviter d'être
a t laqués» «dans des conditions défavorables.
Mais la: situation était très différente en
1917 : lès Allemands cherchaient Alors à
gagner du temps à l'ouest pendant que
dans l'est ils achevaient la défaite de la
Russie. Aujourd'hui, comme ils l'ont fré-
quemment déclaré leur but est de finir
la guerre par une victoire décisive dans
l'ouest, et. par conséquent, l'abandon par
eux d'une grande partie du terrain occupé
au cours de l'offensive du kronprinz, aux
mois dTrônai et juin produirait en Allema-
gne un effet moral très profond.
« Je persiste à croire <¡-ne les Allemands
songent à arrêter leur recul sur la ligne qui
va des hauteurs à l'est d'Oulchv, par la
forêt de Fère H la forêt de Ris, jusqu'à la
Marne, au nord de Dormans. »»
Un. commentaire allemand
Dans le Vonvacrft, le colonel Gaeflkè
qui, pour diminuer les derniers succès des
Français en expose' longue-
ment qu'ils n'en: chent pas cependant
la possibilité d'une nouvelle attaque alle-
mande contre le front anglais, constate ce-
pendant :
« L'attaque de Foch, que sas troupes me-
nèrent »vec une grande énergie, n'est pa'^
restée dV^ord s an 3 succès. L'ennemi v ga-
gna du terrain, des prisonniers ei des ça-
DûQS* M
LA SITUATION
Maintenant ou Jamais
« Maintenant ou Jamais x. telle fut la for-
mule impérieuse et impérative par laquelle
te général Alexcieff détermina rentrée en
guerre de la Roumanie. Qu'on nous permet-
te de raccorder à cet événement passé la
gronde bataille actuellement en co.urs sur
notre front.
Au moment où toute la France attendait
la décision roumaine, la situation était dif-
ficile, presque, critique pour nous ; elle ne
s'écartait pas sensiblement, comme gravi-
té, de ee que .iioaw -$itf fait comuithe les
quatre mois qui viennent de s'écouler. Mais
on dit que te Français oublie vite. Il est de
son droit de ne pas s'attarder stir ses
épreuves passées ; il est de son dévoir de
ne pas méconnaître les services qui lui ont
été rendus ; il ne lui est pas permis d'être,
ingrat envers ceux qui les ont consentis au
péril de leur vie.
Quand le télégramme d'Alexeieff parvint
à Bucarest, la Roumanie n'était pas prête
à la (fur/Te. Aucun plan n'était concerté en..-
tre iétat-major roumain, H Sarrail, qui
commandait alors l'armée d'Orient. La tac-
tique la plus élémentaire voulait que fin-
tervention roumaine se fit sentir contre les
Bulgares et quœ l'on interceptât au béné-
fice de l'Entente, la ligne Berlin-Constanti-
nople. Mais, au contraire, la Russie exi-
geait d'être soulagée elle-même ; elle impo-
sait une campagne en Transylvanie. C'était
fou. Soucieuse de son honneur, et plutôt
que de laisser douter de son propre désin-
téressement, la Roumanie s'inclina. Les
Celtes des Balkans ne professent pas à de-
mi les nobles vertus de notre race.
On sait ce qu'est devenue la Roumanie
douloureuse, victime de notre ignorance,
d'abord, puis 'ens'ttlte de la trahison russe.
Il n'en est pas moins que son in.
tervention arracha immédiatement de notre
front les fameux généraux Mackensen et
Falkenhayn cf, avec ces deux hommes de
guerre, mi certain nombre ae divisions
dont le départ eut sur nos opérations un ef-
fet identique à celui produit dans les pré-
sentes batailles du Tardenois par l'afflux
américain,
Avons-nous Is droit d'oublier ?
Livrés à leurs ennemis, les Roumains ne
se résigncent pas. Plusieurs milliers de bra-
ves réclament vainement, depuis des mois,
l'honneur de combattre sous l'uniforme
roumain contre les ennemis de l'Entente.
Les uns ont le mérite de vouloir, pOMr ce
faire, renoncer à une existence de bien-
être ; il en est d'autres qui se sont évadés
du joug allemand, traversant, au milieu des
fatigues ci des dangers, des contrées hos-
tiles ; il en est, enfin, de tout disposés à
quitter nos usines de guerre pour prendre
le fusil.
Nos soldats ill- formulent qu'un t'ccu : et-
lui d'être aidés le plus largement possible
dans les terribles batailles qu'ils livrent.
Les bureaux semblent penser d'une ma-
nière différente.
Il faut que ce soient les soldats qui, dans
cette affaire^ aient gain de cause, sans tar-
der davantage. Nnu$leur devons tant que
rmus n'ayons à refuser rien de ce qui
peut abréger la longue et dure épreuve.
)oy- "'
—— : -. -
L'affaire du Chemin des Dames
«
Une décision du président du conseil
ministre de la gaerre, vient de charger
M. Eoudenot, président de ta commis-
sion sénatoriale de l'armée ; M. René Re-
noult, président de la commission de l'ar-
mée de la Chambre, et le général Guillau-
mat gouverneur militaire de Paris, de lui
fournir un avis motivé sur les résultats déjà
acquis, ou incomplets encore, de l'enquête
ouverte sur l'affaire du Chemin des Dames.
POLITIQUE ÉTRANGÈRE
i wvv*
['islsroiimsIbllÉtaih
L'intervention des Alliés est un,. affaire
décidée au moins en principe, si l'on S'eys
rapporte à une nouvelle qui nous pardcnt,
à ce sujet, de Londres :
« L'Agence Reuter est officiellement in*
formés que le Japop a accepté les propo-
sitions américaines tendant à assister tes
Tchéco-Slovaques en Sibérie, D
- A Paris, on n'a pas encore CGnnaiganN.
du moins officiellement, de la réponse af-
firmative du Japon. Néanmoins, la chosa
est non seulement des plus vraisemblables,
mais elle était attendue sous peu.
Le gouvernement maximaliste lui-méms
n'espère plus l'empêcher et tous ses efforts
paraissent dirigés en vue de retarder FM.
tion interalliée..
C'est sans doute pour soulever l'opinion
des masses en Russie contre les Alliés quo
Lénine et Trotsky agitent à leurs yeux lei
péril contre-révolutionnaire.
Le fait est que les progrès des Tchéco-
slovaques, et en particulier la prise de
Simbirsk, inquiètent au plus haut point
les chefs bolcheviks. De là toute une série
de manœuvres ponr tromper les Russes
sur les réelles intentions des Alliés. La plus
flagrante semble être celle, télégraphiée A
Paris, annonçant la nomination de Gourko
au commandement des forces alliées et)
Mourmanie, * alors que l'on sait pertinem-
ment que ce commandement est exercé par
un amiral anglais. L'ancien commandant
du front russe de l'ouest a été arrêté et ex-
pulsé sous le gouvernement de Kerensky
pour avoir trempé dans un complot ert fa-
veur de la restauration de l'ancien régime.
Annoncer que les-gouvernements alliés ont
fait choix de ce général, qui se trouve pré-
sentement en France, ne peut que produire
le plus déplorable effet sur tous les parti-
sans de la démocratie en Russie. Soyez sflr
que la nouvelle va être répandue irmioh.
nant en Russie Comme puisée dans !a pres-
se parisienne. Elle est à rapprocher de celle
raprésentant le leader cadet Milioukof com.
ime pactisant avec les Allemands, ou de
certains articles à propos de la mort de Ni-
colas II qui sont exploités auprès des mo-
narchistes.
Le plus curieux, c'est que nous manquons
à peu près d'informations directes, le So-
viet ne laissant plus rien passer, ej que les
nouvelles venant de Russie en ce moment
sont des nouvelles de Berlim -ifI »
L. B.
--
Les Alliés et la Serbie
Ce Dai/u Clironicle écrit î
« M. Balfour a fait à Mansion House
un utile exposé des buts de guerre de 4a
Serbie. Il ne saurait y avoir d'alternat ve
pour l'Europe, entre la domination de Berlin
sur la sellée, du Danube et l'affranchisse-
ment des Yougo-Slaves. Nous devons nous
convaincre de la communion d'intérêts qui
existe entre les races d'An triche-Hongrie et
le peuple anglais Nous nous félicitons à cet
égard de la-netteté avec laquelle s'est expri-
mé hier le secrétaire d'Etat aux affaires
étrangères. »
»..
o n Dit.
un
En passant
LE POILU DIT.
On a dit au terrassier : vous creuserez (f(\
tranciîêes, des beyaux, -des abris ; vous scre?
lo £ é chez l'habitant et confortablement couché
dans un bon lit - vous travaillerez loin de 1*
~zone bombardée par les canons lourds du Bo-
che : vous pourrez appeler auprès de vous vo-
tre femme et vos enfants ; et la cuisine roulante
vous préparera des repas substantiels et variés
Que vous paierez deux francs vingt-cinq.
On a dit au poilu vous creuserez des tran-
chées. des boyaux, des abris ; vous y couche-
rez ; vous y séjournerez ; l'ennemi vous boat-
bardera, il faudra continuer de travailler ; vous
aurez tous les quatre mois - en principe - une
rermission de dix jours pour aller embrassée
votre femme -et vos enfants ; vous toucherez,
cLaque jour. a !a cuisine roulante, deux repas,
à dix heures, soupe et bœuf bouilli, à cinq
heures. bœuf bouilli et légnmes.
.Mais le terrassier est payé vingt francs pan.
pur.
.Mais le poilu ne touche que cinq sous.
a. E.
M. Malvy devant la Haute-Cour
¡::s.c.
Le défilé des témoins continue.
M. Leymarie dépose.
La douzième audience est ouverte à neuf
heures dix. Elle débute par une confronta-
tion entre MM. Moreau et Richard.
La question est de savoir si M. Malvy a
été avisé de la surveillance exercée sur Al-
mereyda, Duval et Marion. Les deux té-
moins n'arrivent pas à se mettre d'accord
sur ce point. Pourpas été mis au courant de cette surveillan-
ce avant, l'envoi des instructions, tandis
que M. Richard affirme le contraire.
M, Richard. - Je tiens maintenant à dé-
clarer que je ne suis pas, comme le dit M®
Guillain, un témoin favorable à la défen-
se ; je ne cède ici ni à l'amitié, ni à la re-
connaissance. M. Malvy n'a pas toujours
reconnu mon labeur et mon dévouement.
Mais quand je vois étayer contre lui une
accusation aussi grave que celle de trahi-
son, j'oublie amertume et déceptions, et me
dégage de toute haine et de toute crainte
pour apportor à la Cour le témoignage d'un
honnête homme. J'ai rappelé tous mes sou-
venirs, même ceux de mes désaccords avec
M. Malvy, et je répète, en mou âme et
conscience : « Je ne connais aucun fait qui
jusiifie l'accusation de trahison contre M.
Malvy. » -
Déposition de M. Célier
Directeur général du mouvement '(JI\!J
fonds au Ministère des Finances, le té-
moin déposa §ur lA grève û§s auxiliaire^
de ce ministère. Il mef en cause lé Journal
l'Eveil, subventionné, dit-il, par M. Leyma-
rie qui lui aurait déclaré : CI Une cel'tain
agitation gréviste est assez dans notre po.
litique n.
Le h;rHoin expose à la Cour, dans to~
ses détails, la marche des pourparlers avec
les auxiliaires qui semblaient avoir abouti
quand, subitement, l'agitation grandit par-
mi ce personnel et dégénéra en violentes
manifestation.
Le ministre reçut les délégués du persorf-
nel, et l'entente paraissait faite quand. le
lendemain, l'agitation reprit. L'Eveil pçulr";
suivait, en effet, sa campagne.
M. Célier apprit que deux des délégués
du personnel avaient été reçus la veille par
M. Leymarie, qui .fe avait présentés à M
Malvy.
Les deux délégués en question l'ont
avoué eux-mêmes à M. Célier.
Sur une question de M. Mérillon, le té-
moin affirme que son impression était que
dans ces circonstances, il n'avait pas à
compter sur le concours ni de la Sûreté ni
de la Préfecture.
Le témùin, répondant à une question po-
sée par !\J. Gniliain, déclare qu'un fonction-
naire de t lutoricur, M. Ogier, lui avait un
jour avoué que les grèves -entrai<"ntdans
le programme d'une politique adroite, sou*
pie et intelligente.
M. Malvy. - Je ne peux laisser passy*
- : eœ -,. -
23 OTLLEX ilil. -* U* iîUlI
AUGUSTE VACQUERIE 1
FVfltfttiaf itues)
— TELEPHONE .
: WxéO 10 h. du soir : GUTENBERG 00-70
t POUR LA PUBLICITE 1
.'*» - S'adresser ou RAPPEL-PUBLICITE #'
38, M de Strasbourg. - PARIS
t'es manuscrits non insérés ne sont pas rendus
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"ap ",.,.
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SEINE & S.-ET-OISE.. 18 1
FRANCE & COLONTES.. 20 » 11 N 0 B
ETRANGER 32 D 18 h 9 »
REDACTION ET ADMINISTRATION
38, Boulevard de Strasbourg. - PARIS.
TRIBUNE LIBRE
Take Jonesco
La France a de sincères amis
à l'Etranger. Parmi les hom-
mes politiques dont les senti-
ments n'ont pas varié, il faut
ranger, dans les Balkans, le
grand roumain, Take Jonesco,
ancien vice-président du Conseil, - an-
cien directeur du journal- français de
Bucarest. La Roumanie, et chef du parti
tonservateur-démocrate, poursuivi ac-
tuellement, comme d'ailleurs la plupart
des anciens membres du cabinet Bra-
tiano, pour la participation de son pays
aux côtés des Alliés. M. Take Jonesco
fut, en effet, un des interventistes de la
première heure et s'en fait gloire.
Ausi sommes-nous doublement heu-
feux de pouvoir souhaiter une cordiale
bienvenue au vaillant lutteur qui ne dé-
sespère pas de l'issue finale de la lutte
lfUe soutiennent les Alliés, à l'homme
'dont l'ardent patriotisme et la parole
éloquente entraînèrent ses concitoyens.
M. Take Jonesco, depuis hier, est dans
aos murs. - *
Ce n'est pas un nouveau venu parmi
.-nous Ici, comme à Londres, il compte
ite nombreuses et précieuses amitiés.
Mme Jonesco était anglaise et Take,
comme l'appellent tout court ses com-
patriotes, est un ancien étudiant du
« Quartier M, il a fait son droit à Paris.
- Xi1 Aima mater parisienne dont il a porté
haut et loin la renommée, n'a pas eu
ii se repentir de lui avoir ouvert ses por-
tes. De retour à Bucarest, l'ancien étu-
diant parisien n'a pas tardé à devenir
-4ne des illustrations du barreau et du
Parlement roumains. Un jour, il a ga-
pïé son procès contre un des maîtres du
barreau parisien venu tout exprès plai-
der en Roumanie une cause des plus im-
portantes. Celui-ci, qui n'est personne
l'autre que l'actuel président de la Ré-
'-. publique, ne semble pas lui en avoir
gardé rancune. Une autre fois, toujours
m n'ayant d'autres armes à sa dispo-
sition que la puissance de son verbe, il
devait l'emporter sur ses anciens adver-
saires politiques Carp et Marghiloman :
te roi Ferdinand et le gouvernement que
présidait M. Bratiano, se résolurent,
,prè.c; bien des hésitations, à prendre
parti aans la crise européenne. Ce ré-
sultat, c'est à Take Jonesco et à Fili-
pesco qu'on le doit.
S'ils avaient été écoutés plus tôt, la
Roumanie n'aurait pas attendu aussi
longtemps pour se prononcer et il est
probable que la catastrophe actuelle eût
pu être évitée.
,- ., cæ
De cet esprit de décision, M. Take
Jonesco avait déjà fourni des preuves
uand, en juillet 1913, il intervînt dans
les destinées de sa patrie et arracha
alors au roi Carol l'ordre de mobilisa-
tion contre les Bulgares. -
Mais, en 1916, de sombres pressenti-
ments l'agitaient ; il regrettait que la
Roumanie eût laissé passer les moments
les plus favorables pour une interven-
lion et, dans un de ses plus magnifiques
mouvements oratoires, il ne pouvait
s'empêcher CIe s'écrier en évoquant la
yision de la réalisation de l'idéal rou-
main : « Je vois s'ouvrir les portes du
paradis et une crainte superstitieuse me
ait de. fermer les yeux : c'est trop
beau ! » -
Jleau:u
• Les événements passent, les hommes
restent. Cornue l'a déclaré ce grand
patriote, qui fut aussi un des premiers
.et un des plus infatigables artisans de
;îa fraternité franco-roumaine et qui
s'opposa également, jusqu'au dernier
moment, de toutes ses forces, à l'ou-
• verture de négociations avec l'ennemi,
;« ce sont les troupes alliées qui luttent
I présent pour le recouvrement de notre
territoire ».
Depuis juillet 1917, il ne se faisait
, d'ailleurs aucune illusion sur l'inutilité
'lIe- la Tésistance ; mais, ce qui impor-
tait à ses yeux, c'est que la Roumanie
succombât avec honneur et ne souscri-
fit pas à sa propre déchéance. L'His-
ioire jugera.
t""-- tIO---
M. Take Jonesco a déjà apporté sa
contribution à la recherche des origines
-1 guerre dans un mince opuscule,
publié, en 1915, chez Didier, sous ce ti-
re : Déposition d'un témoin, et où les
futurs enquêteurs trouveront à glaner.
"En relations personnelles avec Kiderlen-
IVaechter, avec les comtes d'Æhrenthal
bt BerchtoId, avec lord Grey et le prin-
ce Lichnovsky, avec Poincaré, il a noté
maints détails rétrospectifs qui, dans
sa bouche, la célèbre Bouche d'or, le
surnom flatteur qu'il doit à ses talents
oratoires, acquièrent une valeur parti-
culière.
L'illustre homme d'Etat roumain
:J'vient apporter, désormais, par sa pré-
sence parmi nous, l'appui à l'émigra-
tion roumaine de son nom et de sa per-
sonnalité, à cette émigration qui, com-
oie il le faisait ressortir, tient mainte-
cant, dans ses mains, les destinées du
peuple roumain sous le joug.
- LOUIS BRESSE,
LA RIPOSTE D E FOCH -.
« 5 f. ?
I nv. - -&*-—v ■■■ ■"» , -
Avancer française en Champagne
,p ,. --.- 'f
-„et: reprise de la Main de Massiges
-.:. - M M~~M* - ',-' -
Ncu ocêMpons ©nl€tay~!@~Cf!§teauû et Villemosiloirë*
L'ACTUALITÉ
,,.
•f ——
t Intermède comique.
- **
Les débats de la Haute-
Cour sont écœurants. Mais
comme tout mélodrame, plus
ou moins bien agencé, ils
comportent un intermède co-
mique. *
Entre les trémolos qui ac-
compagnent en sourdine les scènes pa-
thétiques. apparaît celui que gavro-
che appelle sans révérence « le rigolo ))"
Le rôle du « rigolo » est tenu aux Fo-
lies-Luxembourg par un M. Bruyant,
qui s'en acquitte d'ailleurs à merveille.
M. Bruyant, qu'on appelle le lieute-
nant Bruyant, sans doute pour le distin-
guer du bruyant Alexandre, exerce des
fonctions exactement dénommées mais
inexactement définies. Il est, ou se dit
- car le cardinal Zopf n'a pas été très
affirmatif « Directeur motal de l'ar-
mée » T: -- ¡.J
- Vous m'objecterez que le cran de nos
poilus se passe de sa direction. Bien
sur. M. Bruyant, d'ailleurs, n'a pas la
prétention de diriger l'offensive. Il se
contente de porter des dossiers de la
S. G. au G. Q. G., et entre temps, il ex-
pertise à la manière bertillonesque les
articles de journaux, voire les caractè-
res d'imprimerie..
Devant le troisième conseil de guerre,
il a démontré à l'aide d'un tas de « Ka-
méoth » empruntés àJa cabale, les atfi-
nité secrètes qui existent entre les ca-
ractères d'imprimerie et celui des jour-
nalistes.
Inspiré par Raziel, l'ange des mystè-
res. interprétant le « themurah », le
« notarikon » et le « gematria », M. le
lieutenant Bruyant a prouvé clair com-
me la nuit que l'emploi des « Egyptien-
nes » dans la composition dfun article
décelait des accointances avec l'ancien
Khédive. et l'usage des « capitales ro-
maines » - sans accent - des inspira-
tions de source boche.
Ce fut un grand succès, a la vérité,
et jamais le « directeur du Moral » ne
justifia plus heureusement son titre. Le
propre d'un bon moral étant d'engen-
drer le rire.
Il convient simplement 'de regretter
que MM. les juges de la Haute-Cour
de Justice aient cru devoir déranger à
deux reprises M. Chiappe, un des fonc-
tionnaires les plus probes, les plus
loyaux, les plus courageux du Minis-
tère de l'Intérieur, qui est enveloppé
d'une sympathie et d'une estime unani-
mes, pour le faire participer au sketch
de M. Bruyant. Ceci, entre nous, a gâté
un peu l'intermède comique.
Le genre de M. Bruyant exclut le dia-
logue. Le « Directeur du Moral » ne dit
juste qu'à la condition de dire seul.
C'est un type clans le genre de Jehan
Rictus. Il excelle dans les « soliloques ».
Quand les pépères conscrits voudront
réellement s'amuser, qu'ils l'invitent
donc tout seul. Et ceux qui vivront en-
core aux ides d'août sous le règne du
bienheureux Antonin, en mourront de
rire;
EDMOND DU MESNIL.
♦
M. Joost van Vollenhoven
------
Nous avons brièvement annoncé, hier,
la mort du caipitaine Joost van Vollenho-
ven, ancien gouverneur des colonies, tom-
bé au champ d'honneur.
L'officier qui vient de donner sa vie pour
la France, mérite mieux que les lignes ra-
pides d'une dépêche hâtive.
Hollandais d'origine, naturalisé Fran-
çais assez longtemps avant la guerre, en-
tré jeune dans notre administration colo-
niale, M. Joost van Vollenhoven a joué un
fô!e fort important dans la politique appli-
quée par la métropole à ses colonies. *-
Plusieurs ministres ont affirmé avoir re-
connu en ce fonctionnaire, qui n'avait que
trente-six ans lors de la déclaration de
guerre et qui détenait déjà le plus important
de nos gouvernements généraux, l'étoffe
d'un administrateur incomparable.
Erreur limitée ou vérité - excessive, tout
disparaît en présence d'une tombe ouverte
sur un champ de bataille.
Le gouverneur van Vollenhoven ne fut
peut-être pas impartialement apprécié. Par
contre, la physionomie de l'officier mort
pour la Patrie, prend place, sans aucune
ombre, dans le martyrologe glorieux de la
grande guerre. C'est cette image, seule,
qui peut désormais sittr.
c.. D.
Communiqués Français
ê - --.# f r t, HEURES.
Hier, en fin de journée, nos troupes ont enlevé Villemontoire, après une lutte
acharnée, fait 200 prisonniers et pris 20 mitrailleuses.
Plus au sud, Oulchy-le-Château est tombé entre »os mains. Nous avons progres-
sé à l'est de la ville et capturé 4 canons.
Au cours des combats enqagés hier dans la région au sud de l'Ourcq, nous
avons fait plusieurs centaines de prisonniers.
23 HEURES.
Au sud de l'Ourcq, journée marquée par une açtivité des deux artilleries sans
action d'infanterie.
Sur la rive nord de la Marne nous avons enlevé, )'ier.,. en fin de journée, Reuil
et la ferme des Savarts et rejeté 1 ennemi aux lisières sud de Binson-Orquigny et de
Villers-sous-uhâtillon
Le total des prisonniers faits dans la journée du 25 tant à Villemontoire que
dans la région d'Oulchy-le-Château, s'élève à 709.
Sur le frent de Champagne, nos troupes après avoir brisé l'offensive allemande
les 15 et 16 juillet, ont entrepris, les jours suivants, une série d'attaques locales. En
dépit de la résistance de l'ennemi, nous avons réalisé à lest de la Suippe une avance
de 1.500 mètres environ sur un front de 20 kilomètres, au nord de la iigne générale
Saint, Kilatre-le-Grand-Souain-Mesnil-les-Rurlus. ¡
Nous avons reconquis toute la Main-de-Massiges et réoccupé dans cotte région
nos anciennes premières lignes. *
Au cours de ces opérations, nous avons fait ph. de 1.100 prisonniers capturé
200 mitrailleuses et 7 canons.
Autour de la Bataille
t
-0ldle 4l -
Le Président de la République ost ail*'
féliciter les armees qui combattent entre
l'Aisne la Marne. Il s'est rendu'nu
de commandement du général Fayo-Hc et,
en présence du général Pétain, il lui a re-
mis le grand cordon de la Légion d'hon-
neur qui vient de lui être conféré par le
gouvernement dte la République.
Le Président a, sur la proposition du gé-
néral Pétain, distribué un certain nombre
de croix et de médailles militaires à des
officiers et à des soldats qui se sont parti-
culièrement signalés dans les dern'cres ba-
tailles ; parmi euix se trouvait un neveu
de M. Clemenceau, président du Conseil.
Une de ces remises a eu lieu dans la
ville de Château-Thierry où le président a
été reçu par le général Desgoutte, le géné-
ral de Mondésir le préfet et le sous-préfet.
Le Président a parcouru toute la ville, par-
ticulièrement les quartiers les plus endom-
magés.
Les habitants ont montré au Président
l'église où les Allemands avaient entreposé
les mobiliers qu'ils avaient systématique-
ment pillés et qu'ils étaient en train d'éva-
cuer en Allemagne.
De Oh à t ea u-T;h ierry, le Président est allé
par Neuilly-Saint-Front, visiter les régions
libérées et les trouipes qui y opèrent. sous
les ordres des généraux Mangin et Des-
goutte. Il a notamment félicité les divisions
qui. le matin même, venaient d'entrer à
Oulchy-la-Ville et à Villemontoire.
Parmi les prisonniers faits par nos trou-
pes dans -cette dernière localité se trouvait
un commandiant de bataillon, un propre
neveu du .prince de Bulow, (flui a été stupé-
fait en apprenant qu'il y avait une grande
armée américaine en France. Il était con-
vaincu, comme tout le monde, a-t-il dit, en
Allemagne, que les Américains n'étaient
n n on 1 r, n RA AAA
j/iia jjiuj» uc t,n," VUV.
N L'effort qui a été fourni par
certaines divisions allemandes
Au cours de l'année drnière, les Alle-
mands avaient sur le front occidental entre
160 et 170 divisions. La plupart furent en-
gagées deux, parfois trois fois, en douze
mois, et reconstituées dans l'intervalle. Ver-
dun 20 divisions, la Somme 25, l'Aisne et
le. Chemin-des-Dames S0; les Flandres 130,
Cambrai 25 et des opérations de moindre
importance 90, soit en tout 370 engage-
ments.
Cette année, à la suite de la défection
russe, l'ennemi a environ 210 divisions sur
le front occidental. De janvier au 20 juillet,
soit en six mois, elles ont été engagées au
moins 420 fois, de sorte que chaque divi-
sions a été jetée dans la bataili'e au moins
deux fois en ce laps de temps. Celte propor-
tion s'accroit rapidement, aveic l'augmenta-
tion des opérations.
Quand la bataille actuelle commença, les
Allemands avaient 28 divisions sur une
partie du champ die bataille, de l'ouest de
Reims à Château-Thierry. Le front, par l'at-
taque alliée. s'elargissant jusqu'à l'Aisne,
les Allemands jetèrent de nouvelles forces
en ligne, jusqu'à atteindre un total de plus
de 40 divisions. Cela signifie que l'ennomi
a largement entamé ses réserves.
Une avance de 16 kilomètres
Mercredi fut une grande journée pour
l'armée du général Desgoutte dans le secteur
entre Armentières et Dormans. A l'aile gau-
che et au centre, entre l'Ourcq et Jaul-
gonne, l'avance fut de 3 à 5 kilomètres sur
une largeur de 8 à 9 kilomètres.
L'avance totale sur ce point est de 16 ki-
lomètres.
L'œuvre des mitrailleuses
L'ermemi se défend par des- mitrailleu-
ses, généralement des unités de 30 sans les
ordres d'un sous-officier. Les Améri-
cains les enveloppent, réduisent les piè-
ces a;u silence, puis s'élancent à la baïon-
nette. Alors les Allemands s'empressent die
crier « Kamarad ». Une fois, sur 30 hom-
mes, l'on en cueillit ainsi 2S. Quelquefois
tes Allemands placent des mitrailleuses
dans les arbres. Des distances assez im-
portantes séparent un nid de ces engins
d'un autre. Dans les villages, ce sont des
feux concentrés ; mais les Américains pro-
cèdent toujours par des débordements de
flancs pour finir à îa baïonnette De nuit
et souvent de jour, les aviateurs ennemis
attaquent à la mitrailleuse et souvent à l'ai-
de de bombes les transports des arrières
du front. Dans la nuit de mercredi, des fu-
sées et des bombes ne cessèrent d'arroser
le terrain, mais les Américains s'en sou-
cièrent peu et poursuivirent leur route.
Mercredi. les Américains et les Français
sauvèrent un certain nombre d'Américains
blessés c.l lails prisonniers. On les avait
conduits,7de villages en villages, pour les
abandonner ensuite.
L'armée von Eben
•L'ennemi a renforcé son flanc droit en
engageant une nouvelle armée, l'armé von
Eben, entre von Hutier et von Bælm, en
faee l'armée Mangin, de sorte que mainte-
m\llt! y* a dans -la poche, entre 40 et 50
divisions, '; fi lo,rs
Plus de 25.000 prisonniers
Du correspondant de l'Associated Press :
l.e nombre des prisonniers s'élève -à
plus de 25.000 et celui des mitrailleuses à
plusieurs milliers.
14 des prisonniers appartiennent à LI
classe 1919 La classe 1920, qui no devait
être incorporée qu'en octobre, le sera en-
septembre. Beaucoup de ces nouvelles re-
crues n'ràit raan-te pas 18 ans.
Des projets contrariés
par l'arrivée des Américains
Nous savons aujourd'hui, de façon -cer-
taine, qu'une importante attaque devait
être eXI:"({u t.t en juin dans la région de
l'Ourcq, mais qu'elle fut décommandée
(C parce que des engagements précédents
« avec les troupes américaines, dans ce
« secteur, avaient montré qu'elles avaient
« une valeur combattive extrêmement éle-
« vée et qu'elles étaient d'urne ténacité ex-
« traordinaire. »
Quant feux officiers allemands prisonniers
dont les groupes ont eu affaire aux Améri-
mains. ils déclarent ouvertement .q':.lIe :
et Si toute l'armée américaine a le même
cc mordant, la cause de l'Allemagne est pér-
-
C'est de que nous savions dfj-à depuis
longtemps.
La classe 20 allemande
On signale que fes Allemands de la classe
1920, résidant en Suisse, ont été appelés au
cours du mois de juin. On sait qur le re-
censement de la classe 1920 a eu lieu en AI-
lemagne en mars et en avril 1918. Son in-
'corporatibn, commencée en mai, s'est pour-
suivie ori jnin. L'instruction des conscrits
de cette classe est poussée activement.
Un farf assm de 4a classe 1920 écrit Que
son instruction doit être achevée dans un
délai de !! lit semaines. Un artilleur de hi.
même classe rapporte un brait, d'après le-
quel les hommes de cette classe seraient
envoyés aux tranchées dans le mois de-sep-
tembre.
Sur le front français, d'ailleurs, on a dé-
ja identifié de nombreux engagés volontai-
res de la classe 1920.
L'ennemi va-t-il se replier
Le gébéral Frédéric Maurice écrit dans
le Daily Chronicle :
« Il eit fort possible que les Allemands
décident Ide. céder du terrain comme ils le
firent au début de 1917, lorsque, à la suite
de la bataille de la Somme, ils reculèrent
d'une cinquantaine de kilomètres jusqu'à
leur ligne Hindenburg. afin d'éviter d'être
a t laqués» «dans des conditions défavorables.
Mais la: situation était très différente en
1917 : lès Allemands cherchaient Alors à
gagner du temps à l'ouest pendant que
dans l'est ils achevaient la défaite de la
Russie. Aujourd'hui, comme ils l'ont fré-
quemment déclaré leur but est de finir
la guerre par une victoire décisive dans
l'ouest, et. par conséquent, l'abandon par
eux d'une grande partie du terrain occupé
au cours de l'offensive du kronprinz, aux
mois dTrônai et juin produirait en Allema-
gne un effet moral très profond.
« Je persiste à croire <¡-ne les Allemands
songent à arrêter leur recul sur la ligne qui
va des hauteurs à l'est d'Oulchv, par la
forêt de Fère H la forêt de Ris, jusqu'à la
Marne, au nord de Dormans. »»
Un. commentaire allemand
Dans le Vonvacrft, le colonel Gaeflkè
qui, pour diminuer les derniers succès des
Français en expose' longue-
ment qu'ils n'en: chent pas cependant
la possibilité d'une nouvelle attaque alle-
mande contre le front anglais, constate ce-
pendant :
« L'attaque de Foch, que sas troupes me-
nèrent »vec une grande énergie, n'est pa'^
restée dV^ord s an 3 succès. L'ennemi v ga-
gna du terrain, des prisonniers ei des ça-
DûQS* M
LA SITUATION
Maintenant ou Jamais
« Maintenant ou Jamais x. telle fut la for-
mule impérieuse et impérative par laquelle
te général Alexcieff détermina rentrée en
guerre de la Roumanie. Qu'on nous permet-
te de raccorder à cet événement passé la
gronde bataille actuellement en co.urs sur
notre front.
Au moment où toute la France attendait
la décision roumaine, la situation était dif-
ficile, presque, critique pour nous ; elle ne
s'écartait pas sensiblement, comme gravi-
té, de ee que .iioaw -$itf fait comuithe les
quatre mois qui viennent de s'écouler. Mais
on dit que te Français oublie vite. Il est de
son droit de ne pas s'attarder stir ses
épreuves passées ; il est de son dévoir de
ne pas méconnaître les services qui lui ont
été rendus ; il ne lui est pas permis d'être,
ingrat envers ceux qui les ont consentis au
péril de leur vie.
Quand le télégramme d'Alexeieff parvint
à Bucarest, la Roumanie n'était pas prête
à la (fur/Te. Aucun plan n'était concerté en..-
tre iétat-major roumain, H Sarrail, qui
commandait alors l'armée d'Orient. La tac-
tique la plus élémentaire voulait que fin-
tervention roumaine se fit sentir contre les
Bulgares et quœ l'on interceptât au béné-
fice de l'Entente, la ligne Berlin-Constanti-
nople. Mais, au contraire, la Russie exi-
geait d'être soulagée elle-même ; elle impo-
sait une campagne en Transylvanie. C'était
fou. Soucieuse de son honneur, et plutôt
que de laisser douter de son propre désin-
téressement, la Roumanie s'inclina. Les
Celtes des Balkans ne professent pas à de-
mi les nobles vertus de notre race.
On sait ce qu'est devenue la Roumanie
douloureuse, victime de notre ignorance,
d'abord, puis 'ens'ttlte de la trahison russe.
Il n'en est pas moins que son in.
tervention arracha immédiatement de notre
front les fameux généraux Mackensen et
Falkenhayn cf, avec ces deux hommes de
guerre, mi certain nombre ae divisions
dont le départ eut sur nos opérations un ef-
fet identique à celui produit dans les pré-
sentes batailles du Tardenois par l'afflux
américain,
Avons-nous Is droit d'oublier ?
Livrés à leurs ennemis, les Roumains ne
se résigncent pas. Plusieurs milliers de bra-
ves réclament vainement, depuis des mois,
l'honneur de combattre sous l'uniforme
roumain contre les ennemis de l'Entente.
Les uns ont le mérite de vouloir, pOMr ce
faire, renoncer à une existence de bien-
être ; il en est d'autres qui se sont évadés
du joug allemand, traversant, au milieu des
fatigues ci des dangers, des contrées hos-
tiles ; il en est, enfin, de tout disposés à
quitter nos usines de guerre pour prendre
le fusil.
Nos soldats ill- formulent qu'un t'ccu : et-
lui d'être aidés le plus largement possible
dans les terribles batailles qu'ils livrent.
Les bureaux semblent penser d'une ma-
nière différente.
Il faut que ce soient les soldats qui, dans
cette affaire^ aient gain de cause, sans tar-
der davantage. Nnu$leur devons tant que
rmus n'ayons à refuser rien de ce qui
peut abréger la longue et dure épreuve.
)oy- "'
—— : -. -
L'affaire du Chemin des Dames
«
Une décision du président du conseil
ministre de la gaerre, vient de charger
M. Eoudenot, président de ta commis-
sion sénatoriale de l'armée ; M. René Re-
noult, président de la commission de l'ar-
mée de la Chambre, et le général Guillau-
mat gouverneur militaire de Paris, de lui
fournir un avis motivé sur les résultats déjà
acquis, ou incomplets encore, de l'enquête
ouverte sur l'affaire du Chemin des Dames.
POLITIQUE ÉTRANGÈRE
i wvv*
['islsroiimsIbllÉtaih
L'intervention des Alliés est un,. affaire
décidée au moins en principe, si l'on S'eys
rapporte à une nouvelle qui nous pardcnt,
à ce sujet, de Londres :
« L'Agence Reuter est officiellement in*
formés que le Japop a accepté les propo-
sitions américaines tendant à assister tes
Tchéco-Slovaques en Sibérie, D
- A Paris, on n'a pas encore CGnnaiganN.
du moins officiellement, de la réponse af-
firmative du Japon. Néanmoins, la chosa
est non seulement des plus vraisemblables,
mais elle était attendue sous peu.
Le gouvernement maximaliste lui-méms
n'espère plus l'empêcher et tous ses efforts
paraissent dirigés en vue de retarder FM.
tion interalliée..
C'est sans doute pour soulever l'opinion
des masses en Russie contre les Alliés quo
Lénine et Trotsky agitent à leurs yeux lei
péril contre-révolutionnaire.
Le fait est que les progrès des Tchéco-
slovaques, et en particulier la prise de
Simbirsk, inquiètent au plus haut point
les chefs bolcheviks. De là toute une série
de manœuvres ponr tromper les Russes
sur les réelles intentions des Alliés. La plus
flagrante semble être celle, télégraphiée A
Paris, annonçant la nomination de Gourko
au commandement des forces alliées et)
Mourmanie, * alors que l'on sait pertinem-
ment que ce commandement est exercé par
un amiral anglais. L'ancien commandant
du front russe de l'ouest a été arrêté et ex-
pulsé sous le gouvernement de Kerensky
pour avoir trempé dans un complot ert fa-
veur de la restauration de l'ancien régime.
Annoncer que les-gouvernements alliés ont
fait choix de ce général, qui se trouve pré-
sentement en France, ne peut que produire
le plus déplorable effet sur tous les parti-
sans de la démocratie en Russie. Soyez sflr
que la nouvelle va être répandue irmioh.
nant en Russie Comme puisée dans !a pres-
se parisienne. Elle est à rapprocher de celle
raprésentant le leader cadet Milioukof com.
ime pactisant avec les Allemands, ou de
certains articles à propos de la mort de Ni-
colas II qui sont exploités auprès des mo-
narchistes.
Le plus curieux, c'est que nous manquons
à peu près d'informations directes, le So-
viet ne laissant plus rien passer, ej que les
nouvelles venant de Russie en ce moment
sont des nouvelles de Berlim -ifI »
L. B.
--
Les Alliés et la Serbie
Ce Dai/u Clironicle écrit î
« M. Balfour a fait à Mansion House
un utile exposé des buts de guerre de 4a
Serbie. Il ne saurait y avoir d'alternat ve
pour l'Europe, entre la domination de Berlin
sur la sellée, du Danube et l'affranchisse-
ment des Yougo-Slaves. Nous devons nous
convaincre de la communion d'intérêts qui
existe entre les races d'An triche-Hongrie et
le peuple anglais Nous nous félicitons à cet
égard de la-netteté avec laquelle s'est expri-
mé hier le secrétaire d'Etat aux affaires
étrangères. »
»..
o n Dit.
un
En passant
LE POILU DIT.
On a dit au terrassier : vous creuserez (f(\
tranciîêes, des beyaux, -des abris ; vous scre?
lo £ é chez l'habitant et confortablement couché
dans un bon lit - vous travaillerez loin de 1*
~zone bombardée par les canons lourds du Bo-
che : vous pourrez appeler auprès de vous vo-
tre femme et vos enfants ; et la cuisine roulante
vous préparera des repas substantiels et variés
Que vous paierez deux francs vingt-cinq.
On a dit au poilu vous creuserez des tran-
chées. des boyaux, des abris ; vous y couche-
rez ; vous y séjournerez ; l'ennemi vous boat-
bardera, il faudra continuer de travailler ; vous
aurez tous les quatre mois - en principe - une
rermission de dix jours pour aller embrassée
votre femme -et vos enfants ; vous toucherez,
cLaque jour. a !a cuisine roulante, deux repas,
à dix heures, soupe et bœuf bouilli, à cinq
heures. bœuf bouilli et légnmes.
.Mais le terrassier est payé vingt francs pan.
pur.
.Mais le poilu ne touche que cinq sous.
a. E.
M. Malvy devant la Haute-Cour
¡::s.c.
Le défilé des témoins continue.
M. Leymarie dépose.
La douzième audience est ouverte à neuf
heures dix. Elle débute par une confronta-
tion entre MM. Moreau et Richard.
La question est de savoir si M. Malvy a
été avisé de la surveillance exercée sur Al-
mereyda, Duval et Marion. Les deux té-
moins n'arrivent pas à se mettre d'accord
sur ce point. Pour
ce avant, l'envoi des instructions, tandis
que M. Richard affirme le contraire.
M, Richard. - Je tiens maintenant à dé-
clarer que je ne suis pas, comme le dit M®
Guillain, un témoin favorable à la défen-
se ; je ne cède ici ni à l'amitié, ni à la re-
connaissance. M. Malvy n'a pas toujours
reconnu mon labeur et mon dévouement.
Mais quand je vois étayer contre lui une
accusation aussi grave que celle de trahi-
son, j'oublie amertume et déceptions, et me
dégage de toute haine et de toute crainte
pour apportor à la Cour le témoignage d'un
honnête homme. J'ai rappelé tous mes sou-
venirs, même ceux de mes désaccords avec
M. Malvy, et je répète, en mou âme et
conscience : « Je ne connais aucun fait qui
jusiifie l'accusation de trahison contre M.
Malvy. » -
Déposition de M. Célier
Directeur général du mouvement '(JI\!J
fonds au Ministère des Finances, le té-
moin déposa §ur lA grève û§s auxiliaire^
de ce ministère. Il mef en cause lé Journal
l'Eveil, subventionné, dit-il, par M. Leyma-
rie qui lui aurait déclaré : CI Une cel'tain
agitation gréviste est assez dans notre po.
litique n.
Le h;rHoin expose à la Cour, dans to~
ses détails, la marche des pourparlers avec
les auxiliaires qui semblaient avoir abouti
quand, subitement, l'agitation grandit par-
mi ce personnel et dégénéra en violentes
manifestation.
Le ministre reçut les délégués du persorf-
nel, et l'entente paraissait faite quand. le
lendemain, l'agitation reprit. L'Eveil pçulr";
suivait, en effet, sa campagne.
M. Célier apprit que deux des délégués
du personnel avaient été reçus la veille par
M. Leymarie, qui .fe avait présentés à M
Malvy.
Les deux délégués en question l'ont
avoué eux-mêmes à M. Célier.
Sur une question de M. Mérillon, le té-
moin affirme que son impression était que
dans ces circonstances, il n'avait pas à
compter sur le concours ni de la Sûreté ni
de la Préfecture.
Le témùin, répondant à une question po-
sée par !\J. Gniliain, déclare qu'un fonction-
naire de t lutoricur, M. Ogier, lui avait un
jour avoué que les grèves -entrai<"ntdans
le programme d'une politique adroite, sou*
pie et intelligente.
M. Malvy. - Je ne peux laisser passy*
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