Titre : Les Ailes : journal hebdomadaire de la locomotion aérienne / directeur, rédacteur en chef, Georges Houard
Éditeur : [s.n. ?] (Paris)
Date d'édition : 1934-12-13
Contributeur : Houard, Georges (1893-1964). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326846379
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 12981 Nombre total de vues : 12981
Description : 13 décembre 1934 13 décembre 1934
Description : 1934/12/13 (A14,N704). 1934/12/13 (A14,N704).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6576072p
Source : Musée Air France, 2013-273367
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 28/01/2014
L'AVIATION PRIVEE
N° 704 — 13-12-34 — PAGE 6
LES AIR..ES
De gauche à droite : le « Pou-du-Ciel » en vol - Le * Pou-du-Ciel » au sol, avant de prendre le départ, piloté par Henri Mignet. A droite : le motcplaneur
P.A.M.A.-Botali, en vol, piloté par Cressaty.
L'INITIATIVE DES « AILES » A ABOUTI A DE BRILLANTS RESULTATS
La présentation d'Orly, par son éclatant succès,
a consacré les thèses de l'Aviation Nouvelle
Henri Mignet et le «Pou-du-Ciel» ont été les triomphateurs de la réunion
On a vu voler les appareils P.A,M.A., Brochet, Leyat-Jaçquemin, et « H.M.-8 » Lambert
D
ES nuages lourds passaient sur les
hangars d'Orly, assez haut pour un
jour de décembre. Par moments la
pluie tombait en rafales. Par moments, elle
descendait, très douce, installée dans un
ciel à transparence mauve. Comment des
appareils faits pour le beau temps allaient-
ils voler? Sortiraient-ils seulement du
hangar ?
Certains souriaient, très fiers d'avoir
douté de JIignet et des Ailes qui l'avaient
toujours encouragé. Ce n'était pas la peine
de faire d'une part, tant d'efforts, d'autre
part, tant de bruit pour en arriver à
l'Aviatioiz de 1910.
D'autres pensaient que c'était folie de
laisser sortir, par ce temps, un homme qui
n'avait pas son brevet de pilote, sur une
machine qui n'était pas homologuée, et
qui, si elle présentait quelques astuces heu-
reuses, faisait éclater aux yeux techniciens
des fautes graves contre l'aérodynamique.
— Rien de nouveau, disait l'un. C'est le
retour à la barbarie.
0, Henri Farman héros, à Issy, de la
première ligne droite, vous entendez? La
barariel
— Le truc de la fente l'olante, c'est assez
neuf. disait un autre. Mais regarde-moi ce
bord d'attaque aigu.
e
Cependant, sous la pluie, dans la boue,
plusieurs milliers de Parisiens attendaient.
Ils attendaient le miracle. Car c'était bien,
pour eux, comme un miracle. Le peuple
de Paris étant — il l'a prouvé — d'une
grande finesse, sait bien que l'Aviation,
jusqu'ici, n'est que le fait du Prince ou le
fait du Soldat. Et le Prince est souvent
soldat. Jusqu'ici, ce peuple ardent qui ai-
merait le ciel comme il aima jadis la mer,
était invité en contribuable à payer une
Aviation qui était pour lui, mais qu'il ne
pouvait décemment songer à manier. A
peine si, de temps en temps, par quelque
vol de baptême, il avait droit à une miette
de cette table aérienne où vivent les gens
de l'Air. Le miracle qu'il attendait, c'était
la petite machine volante que chacun pour-
rait construire ou acheter à peu de frais
et qui, comme la petite voiture, remplirait
son dimanche de minutes autrement plus
belles que le bistrot ou le cinéma.
Mignet n'eût pas volé dans ce temps de
cochon, que ce Peuple ne lui en eût pas
voulu et qu'il ne lui en eût pas retiré sa
confiance.
Mignet colla sur ses yeux d'inspiré ses
lunettes et, très simplement, il partit. Cela,
on ne l'eût pas fait par un temps pareil en
1910 ; on ne l'eût même pas fait en 1915
avec certains appareils que mes amis
Schneider, Chalambel — d'entre les rares
survivants de la « 15 » — connaissent bien.
Il partit. Il s'enleva si bien, il parut si
stable, si sûr, avec une rectitude de vol si
parfaite, il atterrit si doucement que les
applaudissements qui avaient salué son
départ reprirent de plus belle à sonarri-
vée et qu'il fut porté en triomphe. Porté
en triomphe pour quelques tours de ter-
rain -
Les critiques continuaient à voix basse.
En dépit du mauvais temps, la réunion organisée par « Les Ailes »
a remporté, dimanche, un succès considérable. La cause de l'Aviation
Nouvelle est désormais entendue. Henri Mignet, dont la brillante
présentation a soulevé l'enthousiasme général, a fait triompher, avec
le « Pou-du-Ciel », sa formule si originale et si intéressante qu'elle
semble bien marquer l'ère d'une « Autre Aviation ». Le succès de
cette journée justifie les thèses soutenues par « Les Ailes » et
constiue un encouragement précieux à poursuivre nos efforts.
— Pas mal, évidemment, aujourd'hui.
Mais vous allez voir demain combien de
pauvres types vont se casser la gueule, là-
dessus.
Un mot circulait, on ne sait d'où, ni de
qui venu, que Mignet c'était de la déma-
gogie. Or, il se trouve que ce Peuple qui
l'applaudissait est précisément celui qui
hait les démagogues. Il applaudissait, inté-
ressé, une réussite qui pouvait être heu-
reuse pour lui, et, désintéressé, le travail
têtu d'un solitaire envers et contre tous.
N'y eÛt-il eu que cela et, demain, le Pou-
du-Ciel fût-il abandonné pour une machine
encore meilleure, cette après-midi garde-
rait encore son caractère unique, d'avoir
été la première au monde où, chez tous
les spectateurs profanes, de tout âge et de
toute classe, ait été suscité au paroxysme,
non plus un vague désir d'être en l'air, de
voir voler ou de voler en passager, mais
la soif de conduire. C'est là qu'est le nou-
veau.
Jean ROMEYER.
L
A présentation de dimanche, à Orly.
provoquée et organisée par Les Ailes,
a connu, malgré le mauvais temps, un
succès éclatant : succès dans l'affluence
du public, succès dans les résultats, plus
beaux, plus probants que n'osaient l'espé-
rer les promoteurs de la réunion. Ce fut,
pour l'Aviation à petite puissance, en gé-
néral, pour la formule d'Henri Mignet en
particulier, une démonstration magnifique.
Les buis de la présentation ont été atteints
à 100 pour 100.
Nos buts ont été atteints
Quels étaient nos buts en provoquant
cette réunion? Ils étaient, d'abord, de mon-
trer que les petits avions que nous soute-
nons volaient, qu'ils appartiennent au
domaine des réalités présentes, et non à
celui des spéculations hypothétiques. Nous
désirions qu'on vit en vol, publiquement,
les machines hors-la-loi qui, jusque-là
pour essayer leurs ailes, étaient obligées
de se cacher, d'évoluer clandestinement,
comme si l'Aviation économique, l'Avia-
tion de plaisance était un crime. Nous vou-
lions, ensuite, mettre ces avions-là au
contact des Services officiels, les faire ad-
mettre, ne fut-ce que temporairement, sur
les terrains d'Etat, les faire connaître
— et reconnaître — des personnalités dont
dépendent le démarrage et l'essor de
l'Aviation Nouvelle. Il est impossible de
s'apprécier si l'on s'ignore. Il ne fallait pas
que les Services officiels ignorent plus
longtemps les petits avions de 20 CV.
Soyons satisfaits, ils ne les ignorent plus.
Dimanche, à Orly, aérodrome d'Etat, ce
fut la grande et belle journée de l'Aviation
Nouvelle, de l'Aviation libre!.
Nous n'avons pas pour habitude d'épar-
gner les Services officiels. L'hommage que
nous tenons à leur rendre ici n'en sera que
plus sincère. C'es' grâce aux. Services offi-
ciels, en l'espèce à la Direction de l'Avia-
tion civile, que nous avons pu mener à
bien notre démonstration. Nous avons
trouvé une collaboration empressée, très
large, très intelligente auprès de M. Louis
Couhé, Directeur de la D.A.C., de M. Jac-
ques Vivent, sous-directeur, des ingénieurs
L'appareil à « aile 'vivante » Leyat-Jacquemin après son atterrissage.
Volpert et Joseph qu'on ne saurait nt
remercier du concours qu'ils nous ode
prêté. A Orly même, le commandant ra-
l'aérodrome, M. Florentin, et ses colaho ie
teurs, ont facilité la démonstration le
l'Aviation Nouvelle avec une extI ees
bonne volonté, dont il convient de les
louer sans réserve. Partout, dans le publ
parmi nos confrères, notre initiative i
rencontré que sympathie et appui- >° *s
y avons été très sensibles. cet
Nous n'aurons garde d'oublier dans cet
hommage, le général Denain, Ministre
l'Air qui a autorisé cette manifestati nn t
nous apportant ainsi un encouragenie
précieux.
Le mauvais temps
Le succès de la réunion faillit, cepe-
dant, être bien compromis par le tCl11tn'
On ne pouvait guère avoir pire. Le ma let
dès 10 heures, la pluie se mit à tomber et
ne cessa pas de la journée. e
Ail heures, Orly n'abritait encore quo
deux appareils .: le Pou-du-Ciel et l'aile V!;
vante Leyat-Jacquemin. On savait, depu5
la veille, qu'il manquerait un participant i
le biplace Leopoldotr, dont le vieil Anza?"
avait été remplacé par un Salmson 40 L
et qui n'était pas prêt. On comprend) »
devant la violence des grains, comblé
était improbable la venue des motop a-
neurs P.A.M.A. et Brochet.
A plusieurs équipages devant partir pour
de petites randonnées à 30 ou 40 »nl;
d'Orly, M. Florentin avait fait donne
l'avis de danger. Quelques appareils (!U!i
néanmoins, étaient partis, avaient fa).
demi-tour; des pilotes qui avaient « tatc *
l'air réintégraient le hangar.
Les prévisions météorologiques ne laIs-
saient aucun espoir d'amélioration; J'UI
des derniers bulletins était ainsi conçu'
« Vent au sol Sud de 27 à 35 km.-h., :l,.ec
rafales de 55 à 65 km.-h. par moments- *
1.000 m., Sud, de 70 à 80 km.-h., 90 à 1 f)
km.-h. Ciel nuages élevés ou moyens avec
3 à 7/10 à base 600-800 jusque vers 11 heu
res. Ensuite nuages assez bas épais 0 à 9/10
à base 200-400. Pas de précipitations JUs-
que vers 11 heures. Pluie continue pres partout. Visibilité 4 à 10 et 2 à 4 pendant
les précipitations. »
De Toussus à Orly
Dans ces conditions, il convenait (le
remettre la présentation à un jour meillel1'
Contre l'avis de Mignet, resté très opy
miste, on allait s'y décider quand, dans ,é
ciel, apparut le motoplaneur P.A.J.-
Etait-ce possible ? Le motoplaneur tic
Botali, à moteur Poinsard 25 CV, piiO C
par Cressaty, un des as de l'école fi'Hia"'*
pes, acheva son voyage Toussus-Orly, par
un atterrissage impeccable. Tand ¡.. 011 1111
félicitait le pilote d'avoir mené à bien sa
mission par un temps pareil, on \,1 arr"
ver une seconde machine : le motoplnnell
Brochet, à moteur Poinsard 25 ev, pilote
par d'Héricourt. Belle prise de terrain et
bel atterrissage. Comme Cressaty. d'Ht'rl
court a dû se battre sérieusement avec les
éléments.
L'heureuse arrivée de ces deux appa-
N° 704 — 13-12-34 — PAGE 6
LES AIR..ES
De gauche à droite : le « Pou-du-Ciel » en vol - Le * Pou-du-Ciel » au sol, avant de prendre le départ, piloté par Henri Mignet. A droite : le motcplaneur
P.A.M.A.-Botali, en vol, piloté par Cressaty.
L'INITIATIVE DES « AILES » A ABOUTI A DE BRILLANTS RESULTATS
La présentation d'Orly, par son éclatant succès,
a consacré les thèses de l'Aviation Nouvelle
Henri Mignet et le «Pou-du-Ciel» ont été les triomphateurs de la réunion
On a vu voler les appareils P.A,M.A., Brochet, Leyat-Jaçquemin, et « H.M.-8 » Lambert
D
ES nuages lourds passaient sur les
hangars d'Orly, assez haut pour un
jour de décembre. Par moments la
pluie tombait en rafales. Par moments, elle
descendait, très douce, installée dans un
ciel à transparence mauve. Comment des
appareils faits pour le beau temps allaient-
ils voler? Sortiraient-ils seulement du
hangar ?
Certains souriaient, très fiers d'avoir
douté de JIignet et des Ailes qui l'avaient
toujours encouragé. Ce n'était pas la peine
de faire d'une part, tant d'efforts, d'autre
part, tant de bruit pour en arriver à
l'Aviatioiz de 1910.
D'autres pensaient que c'était folie de
laisser sortir, par ce temps, un homme qui
n'avait pas son brevet de pilote, sur une
machine qui n'était pas homologuée, et
qui, si elle présentait quelques astuces heu-
reuses, faisait éclater aux yeux techniciens
des fautes graves contre l'aérodynamique.
— Rien de nouveau, disait l'un. C'est le
retour à la barbarie.
0, Henri Farman héros, à Issy, de la
première ligne droite, vous entendez? La
barariel
— Le truc de la fente l'olante, c'est assez
neuf. disait un autre. Mais regarde-moi ce
bord d'attaque aigu.
e
Cependant, sous la pluie, dans la boue,
plusieurs milliers de Parisiens attendaient.
Ils attendaient le miracle. Car c'était bien,
pour eux, comme un miracle. Le peuple
de Paris étant — il l'a prouvé — d'une
grande finesse, sait bien que l'Aviation,
jusqu'ici, n'est que le fait du Prince ou le
fait du Soldat. Et le Prince est souvent
soldat. Jusqu'ici, ce peuple ardent qui ai-
merait le ciel comme il aima jadis la mer,
était invité en contribuable à payer une
Aviation qui était pour lui, mais qu'il ne
pouvait décemment songer à manier. A
peine si, de temps en temps, par quelque
vol de baptême, il avait droit à une miette
de cette table aérienne où vivent les gens
de l'Air. Le miracle qu'il attendait, c'était
la petite machine volante que chacun pour-
rait construire ou acheter à peu de frais
et qui, comme la petite voiture, remplirait
son dimanche de minutes autrement plus
belles que le bistrot ou le cinéma.
Mignet n'eût pas volé dans ce temps de
cochon, que ce Peuple ne lui en eût pas
voulu et qu'il ne lui en eût pas retiré sa
confiance.
Mignet colla sur ses yeux d'inspiré ses
lunettes et, très simplement, il partit. Cela,
on ne l'eût pas fait par un temps pareil en
1910 ; on ne l'eût même pas fait en 1915
avec certains appareils que mes amis
Schneider, Chalambel — d'entre les rares
survivants de la « 15 » — connaissent bien.
Il partit. Il s'enleva si bien, il parut si
stable, si sûr, avec une rectitude de vol si
parfaite, il atterrit si doucement que les
applaudissements qui avaient salué son
départ reprirent de plus belle à sonarri-
vée et qu'il fut porté en triomphe. Porté
en triomphe pour quelques tours de ter-
rain -
Les critiques continuaient à voix basse.
En dépit du mauvais temps, la réunion organisée par « Les Ailes »
a remporté, dimanche, un succès considérable. La cause de l'Aviation
Nouvelle est désormais entendue. Henri Mignet, dont la brillante
présentation a soulevé l'enthousiasme général, a fait triompher, avec
le « Pou-du-Ciel », sa formule si originale et si intéressante qu'elle
semble bien marquer l'ère d'une « Autre Aviation ». Le succès de
cette journée justifie les thèses soutenues par « Les Ailes » et
constiue un encouragement précieux à poursuivre nos efforts.
— Pas mal, évidemment, aujourd'hui.
Mais vous allez voir demain combien de
pauvres types vont se casser la gueule, là-
dessus.
Un mot circulait, on ne sait d'où, ni de
qui venu, que Mignet c'était de la déma-
gogie. Or, il se trouve que ce Peuple qui
l'applaudissait est précisément celui qui
hait les démagogues. Il applaudissait, inté-
ressé, une réussite qui pouvait être heu-
reuse pour lui, et, désintéressé, le travail
têtu d'un solitaire envers et contre tous.
N'y eÛt-il eu que cela et, demain, le Pou-
du-Ciel fût-il abandonné pour une machine
encore meilleure, cette après-midi garde-
rait encore son caractère unique, d'avoir
été la première au monde où, chez tous
les spectateurs profanes, de tout âge et de
toute classe, ait été suscité au paroxysme,
non plus un vague désir d'être en l'air, de
voir voler ou de voler en passager, mais
la soif de conduire. C'est là qu'est le nou-
veau.
Jean ROMEYER.
L
A présentation de dimanche, à Orly.
provoquée et organisée par Les Ailes,
a connu, malgré le mauvais temps, un
succès éclatant : succès dans l'affluence
du public, succès dans les résultats, plus
beaux, plus probants que n'osaient l'espé-
rer les promoteurs de la réunion. Ce fut,
pour l'Aviation à petite puissance, en gé-
néral, pour la formule d'Henri Mignet en
particulier, une démonstration magnifique.
Les buis de la présentation ont été atteints
à 100 pour 100.
Nos buts ont été atteints
Quels étaient nos buts en provoquant
cette réunion? Ils étaient, d'abord, de mon-
trer que les petits avions que nous soute-
nons volaient, qu'ils appartiennent au
domaine des réalités présentes, et non à
celui des spéculations hypothétiques. Nous
désirions qu'on vit en vol, publiquement,
les machines hors-la-loi qui, jusque-là
pour essayer leurs ailes, étaient obligées
de se cacher, d'évoluer clandestinement,
comme si l'Aviation économique, l'Avia-
tion de plaisance était un crime. Nous vou-
lions, ensuite, mettre ces avions-là au
contact des Services officiels, les faire ad-
mettre, ne fut-ce que temporairement, sur
les terrains d'Etat, les faire connaître
— et reconnaître — des personnalités dont
dépendent le démarrage et l'essor de
l'Aviation Nouvelle. Il est impossible de
s'apprécier si l'on s'ignore. Il ne fallait pas
que les Services officiels ignorent plus
longtemps les petits avions de 20 CV.
Soyons satisfaits, ils ne les ignorent plus.
Dimanche, à Orly, aérodrome d'Etat, ce
fut la grande et belle journée de l'Aviation
Nouvelle, de l'Aviation libre!.
Nous n'avons pas pour habitude d'épar-
gner les Services officiels. L'hommage que
nous tenons à leur rendre ici n'en sera que
plus sincère. C'es' grâce aux. Services offi-
ciels, en l'espèce à la Direction de l'Avia-
tion civile, que nous avons pu mener à
bien notre démonstration. Nous avons
trouvé une collaboration empressée, très
large, très intelligente auprès de M. Louis
Couhé, Directeur de la D.A.C., de M. Jac-
ques Vivent, sous-directeur, des ingénieurs
L'appareil à « aile 'vivante » Leyat-Jacquemin après son atterrissage.
Volpert et Joseph qu'on ne saurait nt
remercier du concours qu'ils nous ode
prêté. A Orly même, le commandant ra-
l'aérodrome, M. Florentin, et ses colaho ie
teurs, ont facilité la démonstration le
l'Aviation Nouvelle avec une extI ees
bonne volonté, dont il convient de les
louer sans réserve. Partout, dans le publ
parmi nos confrères, notre initiative i
rencontré que sympathie et appui- >° *s
y avons été très sensibles. cet
Nous n'aurons garde d'oublier dans cet
hommage, le général Denain, Ministre
l'Air qui a autorisé cette manifestati nn t
nous apportant ainsi un encouragenie
précieux.
Le mauvais temps
Le succès de la réunion faillit, cepe-
dant, être bien compromis par le tCl11tn'
On ne pouvait guère avoir pire. Le ma let
dès 10 heures, la pluie se mit à tomber et
ne cessa pas de la journée. e
Ail heures, Orly n'abritait encore quo
deux appareils .: le Pou-du-Ciel et l'aile V!;
vante Leyat-Jacquemin. On savait, depu5
la veille, qu'il manquerait un participant i
le biplace Leopoldotr, dont le vieil Anza?"
avait été remplacé par un Salmson 40 L
et qui n'était pas prêt. On comprend) »
devant la violence des grains, comblé
était improbable la venue des motop a-
neurs P.A.M.A. et Brochet.
A plusieurs équipages devant partir pour
de petites randonnées à 30 ou 40 »nl;
d'Orly, M. Florentin avait fait donne
l'avis de danger. Quelques appareils (!U!i
néanmoins, étaient partis, avaient fa).
demi-tour; des pilotes qui avaient « tatc *
l'air réintégraient le hangar.
Les prévisions météorologiques ne laIs-
saient aucun espoir d'amélioration; J'UI
des derniers bulletins était ainsi conçu'
« Vent au sol Sud de 27 à 35 km.-h., :l,.ec
rafales de 55 à 65 km.-h. par moments- *
1.000 m., Sud, de 70 à 80 km.-h., 90 à 1 f)
km.-h. Ciel nuages élevés ou moyens avec
3 à 7/10 à base 600-800 jusque vers 11 heu
res. Ensuite nuages assez bas épais 0 à 9/10
à base 200-400. Pas de précipitations JUs-
que vers 11 heures. Pluie continue pres
les précipitations. »
De Toussus à Orly
Dans ces conditions, il convenait (le
remettre la présentation à un jour meillel1'
Contre l'avis de Mignet, resté très opy
miste, on allait s'y décider quand, dans ,é
ciel, apparut le motoplaneur P.A.J.-
Etait-ce possible ? Le motoplaneur tic
Botali, à moteur Poinsard 25 CV, piiO C
par Cressaty, un des as de l'école fi'Hia"'*
pes, acheva son voyage Toussus-Orly, par
un atterrissage impeccable. Tand ¡.. 011 1111
félicitait le pilote d'avoir mené à bien sa
mission par un temps pareil, on \,1 arr"
ver une seconde machine : le motoplnnell
Brochet, à moteur Poinsard 25 ev, pilote
par d'Héricourt. Belle prise de terrain et
bel atterrissage. Comme Cressaty. d'Ht'rl
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