Titre : Les Ailes : journal hebdomadaire de la locomotion aérienne / directeur, rédacteur en chef, Georges Houard
Éditeur : [s.n. ?] (Paris)
Date d'édition : 1939-08-03
Contributeur : Houard, Georges (1893-1964). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326846379
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 12981 Nombre total de vues : 12981
Description : 03 août 1939 03 août 1939
Description : 1939/08/03 (A19,N946). 1939/08/03 (A19,N946).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6554706x
Source : Musée Air France, 2013-273367
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 11/11/2013
LES AILES
LA TECHNIQUE
NI) 946 — 3-8-39 — PAGE 7
L'INFLUENCE DE L'ELECTRICITE ATMOSPHERIQUE
L'IONISATION DE LA TROPOSPHÈRE
Elle est une des bases de la formation des nuages et ceux-ci sont donc
soumis à toutes les influences électriques ou magnétiques extérieures
Poursuivant son étude sur les explications des phénomènes aérologiques que peut fournir l'électricité atmosphé-
rique:: (1), Raymond Sirretta apporte aux thèses qu'il nous expose l'appui de quelques autres expériences édi-
fiantes. Par leur action sur le temps, sur les formations nuageuses, les champs électriques intéressent directe-
ment la navigation aérienne qui se doit de développer leur étude.
L
'EXPERIENCE de Wilson, beaucoup
plus vieille que celle de Milikan,
dont nous avons parlé la semai-
ne dernière, puisqu'elle a près de
quarante ans, a permis d'expliquer
la formation des nuages par con-
densation de la vapeur d'eau autour d'un
ion, phénomène d'ailleurs bien connu. Je
me permettrai, puisque j'en suis là,
d'emprunter encore une fois, pour la des-
cription de cette expérience célèbre, la
plume de M. Druart, car on ne saurait
vraiment être plus clair et simple que
lui.
« Wilson a finalement établi un
appareil, la chambre à brouillard, qui
sert à matérialiser les rayons d'élec-
trons. Son appareil se compose d'un cy-
lindre en verre et d'un piston mobile
dans ce cylindre. Celui-ci est rempli d'un
gaz filtré, exempt de poussières, mais
saturé de vapeur d'eau. Par une brusque
détente du gaz dans le rapport de 1 à 1,3
environ, on met cette vapeur d'eau en
sursaturation. Si le gaz est parfaitement
propre et dépourvu d'ions et d'électrons,
aucune condensation se produit. Par
contre, si on provoque, sous l'action d'une
émission de rayons X par exemple,
l'ionisation du gaz du cylindre, on obser-
ve, grâce à un éclairage convenable, une
traînée de brouillard suivant la direction
du rayonnement émis. Si on soumet à
ce moment la chambre à brouillard à
l'action d'un champ électrique, on obser-
ve le déplacement de la traînée de brouil-
lard dans la direction de ce champ et
dans un sens correspondant à la charge
positive ou négative des noyaux. De
même, sous l'action d'un électro-aimant
puissant, tel que celui que possède l'Aca-
démie des Sciences à Bellevue, les rayons
de particules servant de centre au brouil-
lard s'infléchissent conformément aux
lois de l'électromagnétisme. »
Vous pourrez d'ailleurs voir cette
chambre à brouillard fonctionner au Pa-
lais de la Découverte, à la Section de
physique de l'atome.
L'ionisation est donc une des bases de
la formation des nuages et ceux-ci sont
donc, comme tels, soumis à toutes les in-
fluences électriques ou magnétiques exté-
rieures tant d'ailleurs pour leur forme
que pour leur direction.
Et cela nous amène à citer le météo-
rologiste suédois Angstrôm qui a déjà
précisé que, pour arriver à débrouiller la
météorologie, il importait d'étudier les
conditions dans lesquelles la radiation so-
laire intervenait dans la formation et la
suite des phénomènes amosphériques, ce
qui nous conduit maintenant, toujours
par l'intermédiaire de ce diable d'électron,
maître du monde, à considérer les rela-
tions de l'Astronomie avec la Météoro-
logie.
5 Nul n'ignore maintenant l'influence de
l'activité solaire sur le magnétisme ter-
restre. Déjà Bauer constatait le lien entre
l'électricité atmosphérique et les taches
solaires, et ceci ne devient-il pas sugges-
tif à la lumière des expériences de
Wilson ?
Les orages, ou simples variations ma-
gnétiques, ne peuvent-ils avoir une in-
fluence sur la direction et l'intensité des
champs ionisants créateurs de nuages,
sur leur fréquence et leur densité ? Ne
serait-il pas imprudent de répondre par
la négative étant donné qu'aucunes me-
sures suivies n'ont été faites sur une
échelle de temps et un nombre de points
permettant de donner une réponse autre
que de sentiment ?
On a déjà constaté que la différence de
potentiel entre le sol et l'atmosphère va-
riait de façon importante avec l'altitude,
la luminosité, la saison, les circonstan-
ces locales ; que les charges positives
(1) Voir 4 Les A" », Ho 945.
maxima se rencontraient dans les anti-
cyclones d'hiver et les charges négatives
sous les couches nuageuses.
Ces variations de l'électricité atmos-
phérique ne seraient-elles point des cau-
ses dominantes et non des effets ?
Influence du sol
Si, après cette promenade, vers les
astres, nous redescendons sur la Terre,
nous trouverons toujours dans l'élec-
tricité, certaines explications climatolo-
giques, donc aérologiques.
Coyecque fait observer que la fou-
dre tombe plus fréquemment dans les ré-
gions de failles géologiques, ce qui pro-
viendrait d'une forte ionisation négative
de l'atmosphère en ces lieux. La faille
étant un changement brutal de la nature
des terrains, elle agit donc comme un
puissant couple électrique à double exci-
tation, d'abord thermique (coupe thermo-
électrique) à cause de la température in-
terne du sol, ensuite chimique du fait de
l'action des eaux pluviales ou de l'humi-
dité propre du sol.
On peut d'ailleurs voir cela sur une
grande échelle dans les pays hachés au
point de vue géologique, encore en pleine
formation quaternaire, recevant des pré-
cipitations atmosphériques puissantes,
tels, par exemple, que les Guyanes où
l'on constate une forte ionisation de
l'atmosphère et une certaine incohérence
magnétique. Le ciel y est couvert d'un
voile nuageux diurne permanent, diffé-
rant d'allure suivant les saisons (groupes
serrés de cumulus de beau temps en été,
et voile compact en hiver. Les précipita-
tions y sont énormes par grains succes-
sifs, l'instabilité aérologique permanente
est extrêmement pénible pour le voyage
sous le nuage. Mais il y a une régularité
climatologique et météorologique éton-
nantes.
Cela ne proviendrait-il pas d'un fais-
ceau d'ionisation assez puissant, par rap-
port aux voisins, pour créer une zone
d'instabilité électrique relative ?
Je préfère, d'ailleurs de beaucoup, pour
ces régions, l'explication des précipita-
tions par leur origine électrique, étant
donné justement la grande régularité de
température qui ne peut fournir d'expli-
cation thermique satisfaisante.
D'ailleurs, l'allure caractéristique, en
forme d'enclume renversée, d'un grain
guyanais vu de 2.000 mètres d'altitude
et traversant votre route au large par un
ciel assez pur ne suggère aucune expli-
cation thermique par ses abruptes parois
verticales tranchant de façon impression-
nantes sur l'horizon, (fig. 1).
Mais quittons cette marotte qui me fit
demander, il y a déjà huit à dix ans, la
création, dans notre Guyane, de postes
météorologiques tenus par des profession-
nels, postes doublés d'un espèce d'obser-
vatoire physique chargé d'étudier spé-
cialement l'ionisation dans cette région
et ses variations. Ce serait un trou énor-
me bouché sur la carte des stations mété-
orologiques mondiales et une mine d'en-
seignements.
La prévision du temps
par les « atmosphériques »
Et quand on parle de surfaces de dis-
continuité, ne devrait-on pas ajouter
« électriques » ? N'est-ce pas de ce fait
qu'elles sont génératrices de condensa-
tions et non point du fait seul d'une dif-
férence de température ? Mon hypothèse
n'est-elle pas au moins aussi logique ?
D'ailleurs, le Commandant Bureau,
dans son étude sur l'influence des para-
sites atmosphériques ou plus simplement
« atmosphériques » sur les radio-commu-
nications et de leurs relations avec la
météorologie, le Commandant Bureau si-
gnale l'influence de ces surfaces de dis-
continuité sur la propagation des ondes
radio-électriques, les surfaces frontales
formant de véritables écrans modifiant
l'allure des transmissions.
Les cartes qu'il publie sont éminem-
ment suggestives. (Leçons sur la météo-
rologie — Wehrlé et Bureau).
Qu'il me soit permis de citer sa conclu-
sion :
« Dans leur ensemble, les atmosphé-
riques sont un signe de l'instabilité ver-
ticale des masses d'air dans lesquelles ils
se produisent. Quand l'instabilité aug-
mente, les atmosphériques deviennent
plus actifs ; quand elle diminue, ils se
calment. Une masse d'air instable dé-
chaîne, par exemple, une grande quantité
d'atmosphériques à faible distance, même
aux heures des minima habituels, et en
particulier dans la matinée.
« L'analyse des courbes atmosphé-
riques peut également être considérée
comme une « aérologie indirecte >, car
elle donne des renseignements sur l'ori-
gion et la nature des masses d'air en al-
titude. Si, à elle seule l'analyse des
courbes atmosphériques n'est pas un
moyen de prévision, elle peut apporter
une aide précieuse aux méthodes habi-
tutoie* ô'aaslyse et de prévision ».
Ce qui nous fait entrevoir la possi-
bilité de détecter à distance les colonnes
d'ascendances. Mais cela est une autre
histoire que j'espère vous conter un jour.
Les formations tourbillonnaires
au Palais de la Découverte
Il est tout de même étonnant qu'il ait
fallu attendre 1936 pour qu'Avsec et
Luntz imaginent d'étudier l'action des-
courants de convection électrique sur les
formations tourbillonnaires dans les flui-
des et apparenter les graphiques fournis
par cette étude aux formations nuageu-
ses. _A
Encore, d'ailleurs, des expériences qué
vous pourrez voir au Palais de la Décou-
verte, Section Météorologie.
Dans le champ électrique créé entre
une pointe et une plaque métallique (fig.
2) une lame d'huile, sur cette plaque, est
le siège de mouvements intenses. La pho-
tographie de ces mouvements et de leur
ensemble présente des analogies certai-
nes avec les photographies de quelques
formations nuageuses.
Il y a donc évidence : tant en météoro-
logie qu'en aérologie, il faut compter avec
les champs électriques et il se démontre
de plus en plus que les mouvements dus
à la convection électrique sont aussi im-
portants, sinon davantage, que ceux dus
à la convection thermique.
Raymond SIRRETTA.
HOMOLOGATION
Un nouveau moteur:
le Train4E-01 «fe 50/55 CV.
Il a subi avec succès les
épreuves d'homologation de la
C. 1. N. A. catégorie normale.
L
ES Etabissements Tram qui, on le sait, sont
spécialisés dans la construction des mo-
teurs pour l'Aviation Légère, viennent de
sortir un nouveau quatre-cylindres en ligne.
le type 4E-01, de 50-55 CV. Oc moteur vient
de terminer avec succès les épreuves officielles
d'homologation suivant les règlements internatio-
naux de la C.INA., catégorie normale.
La vérification et le calibrage de toutes les
pièces du moteur qui a surmonté les épreuves
ont montré que ces organes étaient en parfait état
et en présentaient aucune trace d'usure.
Le Train 4.E 01 vient heureusement compléter
la gamme des moteurs réalisés par cette firme,
gamme qui comprend le deux-cylindres 2.H-0I, de
20-25 CV.; les quatre-cylindres 4.A-C1, de 40-45
CV., et 4.E-01 de 50-55 CV., les zix-cybddres
6.C-01, de 60-70 CV. et, 6XMJ1, de 15-M CV.
Notons, au sujet de ces deux derniers moteurs,
qu'ils viennent de subir victorieusement les essais
d'admission imposés aux moteurs destinés à équi-
per les appareils de lAvWàon PrémibUiàre et,
notamment les épreuves d'endurance de 100 heu-
res. !
i
CHINES ET OUTIL L AGESE
P O U R
E m T t 3 5
iH MATÉRIEL ET MACHINES A^HARp H B
RH DÉPARTEMENT MÉCANIQUE DE LA S* Gï METALLUÏGIQUE
WM j 1 At6. Rue des Petits-Hôteh - PARIS TéL PRO- 31
r AIR
EQUIPEMENT
29, Rue Faidherbe — 76, Rue des Minimes
BOIS-COLOMBES
«««■i »-10 œemet
Pl'lBIl II m ■
Compresseurs d'air
Groupes auxiliaires de servitude
mettes d'entruneMtni d'aeeessolrea.
Fompes à vide
Dégivrage de plana et d'hélice
Trains fUicnrivsgc complets
Bancs d'esais de moteurs
LA TECHNIQUE
NI) 946 — 3-8-39 — PAGE 7
L'INFLUENCE DE L'ELECTRICITE ATMOSPHERIQUE
L'IONISATION DE LA TROPOSPHÈRE
Elle est une des bases de la formation des nuages et ceux-ci sont donc
soumis à toutes les influences électriques ou magnétiques extérieures
Poursuivant son étude sur les explications des phénomènes aérologiques que peut fournir l'électricité atmosphé-
rique:: (1), Raymond Sirretta apporte aux thèses qu'il nous expose l'appui de quelques autres expériences édi-
fiantes. Par leur action sur le temps, sur les formations nuageuses, les champs électriques intéressent directe-
ment la navigation aérienne qui se doit de développer leur étude.
L
'EXPERIENCE de Wilson, beaucoup
plus vieille que celle de Milikan,
dont nous avons parlé la semai-
ne dernière, puisqu'elle a près de
quarante ans, a permis d'expliquer
la formation des nuages par con-
densation de la vapeur d'eau autour d'un
ion, phénomène d'ailleurs bien connu. Je
me permettrai, puisque j'en suis là,
d'emprunter encore une fois, pour la des-
cription de cette expérience célèbre, la
plume de M. Druart, car on ne saurait
vraiment être plus clair et simple que
lui.
« Wilson a finalement établi un
appareil, la chambre à brouillard, qui
sert à matérialiser les rayons d'élec-
trons. Son appareil se compose d'un cy-
lindre en verre et d'un piston mobile
dans ce cylindre. Celui-ci est rempli d'un
gaz filtré, exempt de poussières, mais
saturé de vapeur d'eau. Par une brusque
détente du gaz dans le rapport de 1 à 1,3
environ, on met cette vapeur d'eau en
sursaturation. Si le gaz est parfaitement
propre et dépourvu d'ions et d'électrons,
aucune condensation se produit. Par
contre, si on provoque, sous l'action d'une
émission de rayons X par exemple,
l'ionisation du gaz du cylindre, on obser-
ve, grâce à un éclairage convenable, une
traînée de brouillard suivant la direction
du rayonnement émis. Si on soumet à
ce moment la chambre à brouillard à
l'action d'un champ électrique, on obser-
ve le déplacement de la traînée de brouil-
lard dans la direction de ce champ et
dans un sens correspondant à la charge
positive ou négative des noyaux. De
même, sous l'action d'un électro-aimant
puissant, tel que celui que possède l'Aca-
démie des Sciences à Bellevue, les rayons
de particules servant de centre au brouil-
lard s'infléchissent conformément aux
lois de l'électromagnétisme. »
Vous pourrez d'ailleurs voir cette
chambre à brouillard fonctionner au Pa-
lais de la Découverte, à la Section de
physique de l'atome.
L'ionisation est donc une des bases de
la formation des nuages et ceux-ci sont
donc, comme tels, soumis à toutes les in-
fluences électriques ou magnétiques exté-
rieures tant d'ailleurs pour leur forme
que pour leur direction.
Et cela nous amène à citer le météo-
rologiste suédois Angstrôm qui a déjà
précisé que, pour arriver à débrouiller la
météorologie, il importait d'étudier les
conditions dans lesquelles la radiation so-
laire intervenait dans la formation et la
suite des phénomènes amosphériques, ce
qui nous conduit maintenant, toujours
par l'intermédiaire de ce diable d'électron,
maître du monde, à considérer les rela-
tions de l'Astronomie avec la Météoro-
logie.
5 Nul n'ignore maintenant l'influence de
l'activité solaire sur le magnétisme ter-
restre. Déjà Bauer constatait le lien entre
l'électricité atmosphérique et les taches
solaires, et ceci ne devient-il pas sugges-
tif à la lumière des expériences de
Wilson ?
Les orages, ou simples variations ma-
gnétiques, ne peuvent-ils avoir une in-
fluence sur la direction et l'intensité des
champs ionisants créateurs de nuages,
sur leur fréquence et leur densité ? Ne
serait-il pas imprudent de répondre par
la négative étant donné qu'aucunes me-
sures suivies n'ont été faites sur une
échelle de temps et un nombre de points
permettant de donner une réponse autre
que de sentiment ?
On a déjà constaté que la différence de
potentiel entre le sol et l'atmosphère va-
riait de façon importante avec l'altitude,
la luminosité, la saison, les circonstan-
ces locales ; que les charges positives
(1) Voir 4 Les A" », Ho 945.
maxima se rencontraient dans les anti-
cyclones d'hiver et les charges négatives
sous les couches nuageuses.
Ces variations de l'électricité atmos-
phérique ne seraient-elles point des cau-
ses dominantes et non des effets ?
Influence du sol
Si, après cette promenade, vers les
astres, nous redescendons sur la Terre,
nous trouverons toujours dans l'élec-
tricité, certaines explications climatolo-
giques, donc aérologiques.
Coyecque fait observer que la fou-
dre tombe plus fréquemment dans les ré-
gions de failles géologiques, ce qui pro-
viendrait d'une forte ionisation négative
de l'atmosphère en ces lieux. La faille
étant un changement brutal de la nature
des terrains, elle agit donc comme un
puissant couple électrique à double exci-
tation, d'abord thermique (coupe thermo-
électrique) à cause de la température in-
terne du sol, ensuite chimique du fait de
l'action des eaux pluviales ou de l'humi-
dité propre du sol.
On peut d'ailleurs voir cela sur une
grande échelle dans les pays hachés au
point de vue géologique, encore en pleine
formation quaternaire, recevant des pré-
cipitations atmosphériques puissantes,
tels, par exemple, que les Guyanes où
l'on constate une forte ionisation de
l'atmosphère et une certaine incohérence
magnétique. Le ciel y est couvert d'un
voile nuageux diurne permanent, diffé-
rant d'allure suivant les saisons (groupes
serrés de cumulus de beau temps en été,
et voile compact en hiver. Les précipita-
tions y sont énormes par grains succes-
sifs, l'instabilité aérologique permanente
est extrêmement pénible pour le voyage
sous le nuage. Mais il y a une régularité
climatologique et météorologique éton-
nantes.
Cela ne proviendrait-il pas d'un fais-
ceau d'ionisation assez puissant, par rap-
port aux voisins, pour créer une zone
d'instabilité électrique relative ?
Je préfère, d'ailleurs de beaucoup, pour
ces régions, l'explication des précipita-
tions par leur origine électrique, étant
donné justement la grande régularité de
température qui ne peut fournir d'expli-
cation thermique satisfaisante.
D'ailleurs, l'allure caractéristique, en
forme d'enclume renversée, d'un grain
guyanais vu de 2.000 mètres d'altitude
et traversant votre route au large par un
ciel assez pur ne suggère aucune expli-
cation thermique par ses abruptes parois
verticales tranchant de façon impression-
nantes sur l'horizon, (fig. 1).
Mais quittons cette marotte qui me fit
demander, il y a déjà huit à dix ans, la
création, dans notre Guyane, de postes
météorologiques tenus par des profession-
nels, postes doublés d'un espèce d'obser-
vatoire physique chargé d'étudier spé-
cialement l'ionisation dans cette région
et ses variations. Ce serait un trou énor-
me bouché sur la carte des stations mété-
orologiques mondiales et une mine d'en-
seignements.
La prévision du temps
par les « atmosphériques »
Et quand on parle de surfaces de dis-
continuité, ne devrait-on pas ajouter
« électriques » ? N'est-ce pas de ce fait
qu'elles sont génératrices de condensa-
tions et non point du fait seul d'une dif-
férence de température ? Mon hypothèse
n'est-elle pas au moins aussi logique ?
D'ailleurs, le Commandant Bureau,
dans son étude sur l'influence des para-
sites atmosphériques ou plus simplement
« atmosphériques » sur les radio-commu-
nications et de leurs relations avec la
météorologie, le Commandant Bureau si-
gnale l'influence de ces surfaces de dis-
continuité sur la propagation des ondes
radio-électriques, les surfaces frontales
formant de véritables écrans modifiant
l'allure des transmissions.
Les cartes qu'il publie sont éminem-
ment suggestives. (Leçons sur la météo-
rologie — Wehrlé et Bureau).
Qu'il me soit permis de citer sa conclu-
sion :
« Dans leur ensemble, les atmosphé-
riques sont un signe de l'instabilité ver-
ticale des masses d'air dans lesquelles ils
se produisent. Quand l'instabilité aug-
mente, les atmosphériques deviennent
plus actifs ; quand elle diminue, ils se
calment. Une masse d'air instable dé-
chaîne, par exemple, une grande quantité
d'atmosphériques à faible distance, même
aux heures des minima habituels, et en
particulier dans la matinée.
« L'analyse des courbes atmosphé-
riques peut également être considérée
comme une « aérologie indirecte >, car
elle donne des renseignements sur l'ori-
gion et la nature des masses d'air en al-
titude. Si, à elle seule l'analyse des
courbes atmosphériques n'est pas un
moyen de prévision, elle peut apporter
une aide précieuse aux méthodes habi-
tutoie* ô'aaslyse et de prévision ».
Ce qui nous fait entrevoir la possi-
bilité de détecter à distance les colonnes
d'ascendances. Mais cela est une autre
histoire que j'espère vous conter un jour.
Les formations tourbillonnaires
au Palais de la Découverte
Il est tout de même étonnant qu'il ait
fallu attendre 1936 pour qu'Avsec et
Luntz imaginent d'étudier l'action des-
courants de convection électrique sur les
formations tourbillonnaires dans les flui-
des et apparenter les graphiques fournis
par cette étude aux formations nuageu-
ses. _A
Encore, d'ailleurs, des expériences qué
vous pourrez voir au Palais de la Décou-
verte, Section Météorologie.
Dans le champ électrique créé entre
une pointe et une plaque métallique (fig.
2) une lame d'huile, sur cette plaque, est
le siège de mouvements intenses. La pho-
tographie de ces mouvements et de leur
ensemble présente des analogies certai-
nes avec les photographies de quelques
formations nuageuses.
Il y a donc évidence : tant en météoro-
logie qu'en aérologie, il faut compter avec
les champs électriques et il se démontre
de plus en plus que les mouvements dus
à la convection électrique sont aussi im-
portants, sinon davantage, que ceux dus
à la convection thermique.
Raymond SIRRETTA.
HOMOLOGATION
Un nouveau moteur:
le Train4E-01 «fe 50/55 CV.
Il a subi avec succès les
épreuves d'homologation de la
C. 1. N. A. catégorie normale.
L
ES Etabissements Tram qui, on le sait, sont
spécialisés dans la construction des mo-
teurs pour l'Aviation Légère, viennent de
sortir un nouveau quatre-cylindres en ligne.
le type 4E-01, de 50-55 CV. Oc moteur vient
de terminer avec succès les épreuves officielles
d'homologation suivant les règlements internatio-
naux de la C.INA., catégorie normale.
La vérification et le calibrage de toutes les
pièces du moteur qui a surmonté les épreuves
ont montré que ces organes étaient en parfait état
et en présentaient aucune trace d'usure.
Le Train 4.E 01 vient heureusement compléter
la gamme des moteurs réalisés par cette firme,
gamme qui comprend le deux-cylindres 2.H-0I, de
20-25 CV.; les quatre-cylindres 4.A-C1, de 40-45
CV., et 4.E-01 de 50-55 CV., les zix-cybddres
6.C-01, de 60-70 CV. et, 6XMJ1, de 15-M CV.
Notons, au sujet de ces deux derniers moteurs,
qu'ils viennent de subir victorieusement les essais
d'admission imposés aux moteurs destinés à équi-
per les appareils de lAvWàon PrémibUiàre et,
notamment les épreuves d'endurance de 100 heu-
res. !
i
CHINES ET OUTIL L AGESE
P O U R
E m T t 3 5
iH MATÉRIEL ET MACHINES A^HARp H B
RH DÉPARTEMENT MÉCANIQUE DE LA S* Gï METALLUÏGIQUE
WM j 1 At6. Rue des Petits-Hôteh - PARIS TéL PRO- 31
r AIR
EQUIPEMENT
29, Rue Faidherbe — 76, Rue des Minimes
BOIS-COLOMBES
«««■i »-10 œemet
Pl'lBIl II m ■
Compresseurs d'air
Groupes auxiliaires de servitude
mettes d'entruneMtni d'aeeessolrea.
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