Titre : Les Temps nouveaux
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1895-05-18
Contributeur : Grave, Jean (1854-1939). Rédacteur
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34359892b
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 18 mai 1895 18 mai 1895
Description : 1895/05/18 (A1,N3)-1895/05/25. 1895/05/18 (A1,N3)-1895/05/25.
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6489049d
Source : CODHOS / Centre d'Histoire Sociale du XXème siècle, 2012-83447
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 29/04/2013
I
PREMIÈRE ANNÉE, N° 3 DIX CENTIMES DU 18 AU 25 MAI 1895
POUR LA FRANCE
Un An Fr. 6 »
Six mois — 3 >>
Trois Mois. — 1 50
Les abonnements pris dans les bureaux de
poste paient une surtaxe.
Paraissant tous les Samedis
AVEC UN SUPPLEMENT LITTERAIRE
POUR L'EXTÉRIEUR
Un An Fr. 8 »
Six Mois. — 4 »
Trois Mois. — 2 »
Les abonnements peuvent être payés en
timbres-poste de tous pays.
ADMINISTRATION : 140, Rue Mouffetard, 140, PARIS
L'ANARCHIE (t)
L'anarchie n'est point une théorie nouvelle.
Le mot lui-même, pris dans l'acception d' « ab-
sence de gouvernement », de « société sans
chefs », est d'origine ancienne et fut employé
bien avant Proudhon.
D'ailleurs qu'importent les mots? Il y eut des
« acrates » avant les anarchistes, et les acrates
n'avaient pas encore imaginé leur nom de for-
mation savante que d'innombrables générations
s'étaient succédé. De tous temps, il y eut des
hommes libres, des contempteurs de la loi, des
gens vivant sans maîtres, de par le droit pri-
mordial de leur existence et de leur pensée.
Même aux premiers âges nous retrouvons par-
tout des tribus composées d'hommes se gérant
à leur guise, sans lois imposées, n'ayant d'au-
tre règle de conduite que leur « vouloir et franc
arbitre » pour parler avec Rabelais, et poussés
même par leur désir de fonder la « foi pro-
fonde » comme les « chevaliers tant preux » et
les « dames » tant mignonnes qui s'étaient réu-
nis dans l'abbaye de Thélème.
Mais si l'anarchie est aussi ancienne que l'hu-
manité, ceux qui la représentent apportent du
moins quelque chose de nouveau dans le monde.
ils ont la conscience précise du but poursuivi
et, d'une extrémité de la terre à l'autre, s'accor-
dent dans leur idéal pour repousser toute forme
de gouvernement. Le rêve de liberté mondiale
a cessé d'être une pure utopie philosophique et
littéraire, comme il l'était pour les anciens fon-
dateurs de cités du Soleil ou de Jérusalem nou-
velle ; il est devenu la recherche active d'une
réalité vivante pour des multitudes d'hommes
unis qui collaborent résolument à la naissance
d'une société, dans laquelle il n'y aura plus de
maîtres, plus de conservateurs officiels de la
morale publique, plus de geôliers ni de bour-
reaux, plus de riches ni de pauvres, mais des
égaux en droits, des frères ayant tous leur part
quotidienne de pain, et se maintenant en paix et
en cordiale union, non par la fameuse obéis-
sance à des lois, accompagnées de punitions
redoutables, mais par le respect mutuel des
intérêts et 1 observation scientifique des lois
naturelles.
Sans doute, cet idéal semble chimérique à
plusieurs d'entre vous, mais je suis sûr aussi
qu'il paraît désirable à la plupart et que vous
apercevez au loin l'image éthérée d'une société
pacifique où les hommes désormais réconciliés,
laisseront rouiller leurs épées, refondront leurs
canons et désarmeront leurs canonnières. D'ail-
leurs, n'êtes-vous pas de ceux qui depuis long-
temps, depuis des milliers d'années, dites-vous,
travaillent à construire le temple de l'égalité ?
1. Le travail que nous publions devait former le sujet
d'une conférence qui devait être faite, l'année dernière,
dans une loge maçonnique.
Vous êtes « maçons », à seule fin de « ma-
çonner » un édifice de proportions parfaites où
n'entrent que des hommes libres, égaux et
frères, travaillant sans cesse à leur perfection-
nement et renaissant par la force de l'amour à
une vie nouvelle de justice et de bonté. C'est
bien cela, n'est-ce pas, et vous n'êtes pas seuls!
Vous ne prétendez point au monopole d'un es-
prit de progrès et de renouvellement. Vous ne
commettez pas même l'injustice d'oublier vos
adversaires spéciaux, ceux qui vous maudis-
sent et vous excomunient, les catholiques ar-
dents qui vouent à l'enfer les ennemis de la
Sainte-Eglise, mais qui n'en prophétisent pas
moins la venue d'un âge de paix définitive.
François d'Assise, Catherine de Sienne, Thé-
rèse d'Avila et tant d'autres encore parmi les
fidèles d'une foi qui n'est point la nôtre, aimè-
rent certainement l'humanité de l'amour le plus
sincère et nous devons les compter au nombre
de ceux qui vivaient pour un idéal de bonheur
universel Et maintenant les millions et les
millions de socialistes, à quelque école qu'ils
appartiennent luttent aussi pour un avenir où
la puissance du capital sera brisée et où les
hommes pourront enfin se dire « égaux » sans
ironie !
*
* *
Ainsi le but des anarchistes leur est commun
avec beaucoup d'hommes généreux, apparte-
nant aux religions, aux sectes, aux partis les
plus divers, mais ils se distinguent nettement
par les moyens, ainsi que leur nom l'indique de
la manière la moins douteuse. La conquête du
pouvoir fut presque toujours la grande préoc-
cupation des révolutionnaires, même des mieux
intentionnés. L'éducation reçue ne leur per-
mettait pas de s'imaginer une société libre fonc-
tionnant sansun gouvernement régulier, et, dès
qu'ils avaient renversé des maîtres haïs, ils
s'empressaient de les remplacer par d'autres
maîtres, destinés, suivant la formule consacrée,
à « faire le bonheur de leurs peuples. » D'ordi-
naire, on ne se permettait même pas de pré-
parer un changement de prince ou de dynastie
sans avoir fait hommage de son obéissance à
quelque souverain futur : « Le roi est tué ! Vive
le roi ! » s'écriaient les sujets toujours fidèles
même dans leur révolte. Pendant des siècles et
des siècles, tel fut immanquablement le cours
de l'histoire. « Comment pourrait-on vivre
sans maîtres?» disaientles esclaves, les épouses,
les enfants, les travailleurs des villes et des
campagnes, et, de propos délibéré, ils se pla-
çaient la tête sous le joug comme le bœuf qui
traîne la charrue. On se rappelle les insurgés
de 1830 réclamant la « meilleure des Républi-
ques » dans la personne d'un nouveau roi, et les
républicains de 1848 se retirant discrètement
dans leurs taudis après avoir mis « trois mois
de misère au service du gouvernement provi-
soire. » A la même époque une révolution écla-
tait en Allemagne et un parlement populaire se
réunissait à Francfort : « L'ancienne autorité
est un cadavre » clamait un des représentants.
« Oui, répliquait le président, mais nous allons
le ressusciter. Nous appellerons des hommes
nouveaux qui sauront reconquérir pour le pou-
voir la confiance de la nation. » N'est-ce pas
ici le cas de répéter le vers de Victor Hugo :
Un vieil instinct humain mène à la turpitudel
A ce point de vue l'anarchie représente vrai-
ment un esprit nouveau. On ne peut point re-
procher aux libertaires qu'ils cherchent à se dé-
barrasser d'un gouvernement pour se substi-
tuer à lui : « Ote-toi de là pour que je m'y
mette ! » est une parole qu'ils auraient horreur
de prononcer, et d'avance ils vouentà la honte et
au mépris, ou du moins à la pitié, celui d'entre
eux qui, piqué de la tarentule du pouvoir, se
laisserait aller à briguer quelque place sous
prétexte de faire, lui aussi, le bonheur de ses
concitoyens ». Les anarchistes professent, en
s'appuyant sur l'observation, que l'État et tout
ce qui s'y rattache n'est pas une pure entité ou
bien quelque formule philosophique, mais un
ensemble d'individus placés dans un milieu spé-
cial et en subissant l'influence. Ceux-ci, élevés
en dignité, en pouvoir, en traitement au-dessus
de leurs concitoyens, sont par cela même for-
cés, pour ainsi dire, de se croire supérieurs aux
gens du commun, et cependant les tentations
de toute sorte qui les assiègent, les font choir
presque fatalement au-dessous du niveau géné-
ral. C'est là ce que nous répétons sans cesse à
nos frères, — parfois des frères ennemis, — les
socialistes d'Etat : « Prenez garde à vos chefs et
mandataires! Comme vous certainement ils sont
animés des plus pures intentions ; ils veulent
ardemment la suppression de la propriété pri-
vée et de l'Etat tyrannique; mais les relations,
les occasions nouvelles les modifient peu àpeu;
leur morale change avec leurs intérêts, et, se
croyant toujours fidèles à la cause de leurs
mandants, ils lui deviennent forcément infi-
dèles. Eux aussi, détenteurs du pouvoir, devront
se servir des instruments du pouvoir, armée,
moralistes, magistrats, gendarmes, policiers et
mouchards. » Depuis plus de trois mille ans, le
poète hindou du Maha Bhârata a formulé sur ce
sujet l'expérience des siècles : « L'homme qui
roule dans un char ne sera jamais l'ami de
l'homme qui marche à pied ! »
*
* *
Ainsi les anarchistes ont à cet égard les prin-
cipes les plus arrêtés : d'après eux, la conquête
du pouvoir ne peut servir qu'à en prolonger la
durée avec celle de l'esclavage correspondant.
Ce n'est donc pas sans raison que le nom
d' « anarchistes » qui, après tout, n'a qu'une
signification négative, reste celui par lequel
nous sommes universellement désignés. On
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L'ANARCHIE (t)
L'anarchie n'est point une théorie nouvelle.
Le mot lui-même, pris dans l'acception d' « ab-
sence de gouvernement », de « société sans
chefs », est d'origine ancienne et fut employé
bien avant Proudhon.
D'ailleurs qu'importent les mots? Il y eut des
« acrates » avant les anarchistes, et les acrates
n'avaient pas encore imaginé leur nom de for-
mation savante que d'innombrables générations
s'étaient succédé. De tous temps, il y eut des
hommes libres, des contempteurs de la loi, des
gens vivant sans maîtres, de par le droit pri-
mordial de leur existence et de leur pensée.
Même aux premiers âges nous retrouvons par-
tout des tribus composées d'hommes se gérant
à leur guise, sans lois imposées, n'ayant d'au-
tre règle de conduite que leur « vouloir et franc
arbitre » pour parler avec Rabelais, et poussés
même par leur désir de fonder la « foi pro-
fonde » comme les « chevaliers tant preux » et
les « dames » tant mignonnes qui s'étaient réu-
nis dans l'abbaye de Thélème.
Mais si l'anarchie est aussi ancienne que l'hu-
manité, ceux qui la représentent apportent du
moins quelque chose de nouveau dans le monde.
ils ont la conscience précise du but poursuivi
et, d'une extrémité de la terre à l'autre, s'accor-
dent dans leur idéal pour repousser toute forme
de gouvernement. Le rêve de liberté mondiale
a cessé d'être une pure utopie philosophique et
littéraire, comme il l'était pour les anciens fon-
dateurs de cités du Soleil ou de Jérusalem nou-
velle ; il est devenu la recherche active d'une
réalité vivante pour des multitudes d'hommes
unis qui collaborent résolument à la naissance
d'une société, dans laquelle il n'y aura plus de
maîtres, plus de conservateurs officiels de la
morale publique, plus de geôliers ni de bour-
reaux, plus de riches ni de pauvres, mais des
égaux en droits, des frères ayant tous leur part
quotidienne de pain, et se maintenant en paix et
en cordiale union, non par la fameuse obéis-
sance à des lois, accompagnées de punitions
redoutables, mais par le respect mutuel des
intérêts et 1 observation scientifique des lois
naturelles.
Sans doute, cet idéal semble chimérique à
plusieurs d'entre vous, mais je suis sûr aussi
qu'il paraît désirable à la plupart et que vous
apercevez au loin l'image éthérée d'une société
pacifique où les hommes désormais réconciliés,
laisseront rouiller leurs épées, refondront leurs
canons et désarmeront leurs canonnières. D'ail-
leurs, n'êtes-vous pas de ceux qui depuis long-
temps, depuis des milliers d'années, dites-vous,
travaillent à construire le temple de l'égalité ?
1. Le travail que nous publions devait former le sujet
d'une conférence qui devait être faite, l'année dernière,
dans une loge maçonnique.
Vous êtes « maçons », à seule fin de « ma-
çonner » un édifice de proportions parfaites où
n'entrent que des hommes libres, égaux et
frères, travaillant sans cesse à leur perfection-
nement et renaissant par la force de l'amour à
une vie nouvelle de justice et de bonté. C'est
bien cela, n'est-ce pas, et vous n'êtes pas seuls!
Vous ne prétendez point au monopole d'un es-
prit de progrès et de renouvellement. Vous ne
commettez pas même l'injustice d'oublier vos
adversaires spéciaux, ceux qui vous maudis-
sent et vous excomunient, les catholiques ar-
dents qui vouent à l'enfer les ennemis de la
Sainte-Eglise, mais qui n'en prophétisent pas
moins la venue d'un âge de paix définitive.
François d'Assise, Catherine de Sienne, Thé-
rèse d'Avila et tant d'autres encore parmi les
fidèles d'une foi qui n'est point la nôtre, aimè-
rent certainement l'humanité de l'amour le plus
sincère et nous devons les compter au nombre
de ceux qui vivaient pour un idéal de bonheur
universel Et maintenant les millions et les
millions de socialistes, à quelque école qu'ils
appartiennent luttent aussi pour un avenir où
la puissance du capital sera brisée et où les
hommes pourront enfin se dire « égaux » sans
ironie !
*
* *
Ainsi le but des anarchistes leur est commun
avec beaucoup d'hommes généreux, apparte-
nant aux religions, aux sectes, aux partis les
plus divers, mais ils se distinguent nettement
par les moyens, ainsi que leur nom l'indique de
la manière la moins douteuse. La conquête du
pouvoir fut presque toujours la grande préoc-
cupation des révolutionnaires, même des mieux
intentionnés. L'éducation reçue ne leur per-
mettait pas de s'imaginer une société libre fonc-
tionnant sansun gouvernement régulier, et, dès
qu'ils avaient renversé des maîtres haïs, ils
s'empressaient de les remplacer par d'autres
maîtres, destinés, suivant la formule consacrée,
à « faire le bonheur de leurs peuples. » D'ordi-
naire, on ne se permettait même pas de pré-
parer un changement de prince ou de dynastie
sans avoir fait hommage de son obéissance à
quelque souverain futur : « Le roi est tué ! Vive
le roi ! » s'écriaient les sujets toujours fidèles
même dans leur révolte. Pendant des siècles et
des siècles, tel fut immanquablement le cours
de l'histoire. « Comment pourrait-on vivre
sans maîtres?» disaientles esclaves, les épouses,
les enfants, les travailleurs des villes et des
campagnes, et, de propos délibéré, ils se pla-
çaient la tête sous le joug comme le bœuf qui
traîne la charrue. On se rappelle les insurgés
de 1830 réclamant la « meilleure des Républi-
ques » dans la personne d'un nouveau roi, et les
républicains de 1848 se retirant discrètement
dans leurs taudis après avoir mis « trois mois
de misère au service du gouvernement provi-
soire. » A la même époque une révolution écla-
tait en Allemagne et un parlement populaire se
réunissait à Francfort : « L'ancienne autorité
est un cadavre » clamait un des représentants.
« Oui, répliquait le président, mais nous allons
le ressusciter. Nous appellerons des hommes
nouveaux qui sauront reconquérir pour le pou-
voir la confiance de la nation. » N'est-ce pas
ici le cas de répéter le vers de Victor Hugo :
Un vieil instinct humain mène à la turpitudel
A ce point de vue l'anarchie représente vrai-
ment un esprit nouveau. On ne peut point re-
procher aux libertaires qu'ils cherchent à se dé-
barrasser d'un gouvernement pour se substi-
tuer à lui : « Ote-toi de là pour que je m'y
mette ! » est une parole qu'ils auraient horreur
de prononcer, et d'avance ils vouentà la honte et
au mépris, ou du moins à la pitié, celui d'entre
eux qui, piqué de la tarentule du pouvoir, se
laisserait aller à briguer quelque place sous
prétexte de faire, lui aussi, le bonheur de ses
concitoyens ». Les anarchistes professent, en
s'appuyant sur l'observation, que l'État et tout
ce qui s'y rattache n'est pas une pure entité ou
bien quelque formule philosophique, mais un
ensemble d'individus placés dans un milieu spé-
cial et en subissant l'influence. Ceux-ci, élevés
en dignité, en pouvoir, en traitement au-dessus
de leurs concitoyens, sont par cela même for-
cés, pour ainsi dire, de se croire supérieurs aux
gens du commun, et cependant les tentations
de toute sorte qui les assiègent, les font choir
presque fatalement au-dessous du niveau géné-
ral. C'est là ce que nous répétons sans cesse à
nos frères, — parfois des frères ennemis, — les
socialistes d'Etat : « Prenez garde à vos chefs et
mandataires! Comme vous certainement ils sont
animés des plus pures intentions ; ils veulent
ardemment la suppression de la propriété pri-
vée et de l'Etat tyrannique; mais les relations,
les occasions nouvelles les modifient peu àpeu;
leur morale change avec leurs intérêts, et, se
croyant toujours fidèles à la cause de leurs
mandants, ils lui deviennent forcément infi-
dèles. Eux aussi, détenteurs du pouvoir, devront
se servir des instruments du pouvoir, armée,
moralistes, magistrats, gendarmes, policiers et
mouchards. » Depuis plus de trois mille ans, le
poète hindou du Maha Bhârata a formulé sur ce
sujet l'expérience des siècles : « L'homme qui
roule dans un char ne sera jamais l'ami de
l'homme qui marche à pied ! »
*
* *
Ainsi les anarchistes ont à cet égard les prin-
cipes les plus arrêtés : d'après eux, la conquête
du pouvoir ne peut servir qu'à en prolonger la
durée avec celle de l'esclavage correspondant.
Ce n'est donc pas sans raison que le nom
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