Titre : L'Ouest-Éclair : journal quotidien d'informations, politique, littéraire, commercial
Éditeur : [s.n.] (Rennes)
Date d'édition : 1925-03-22
Contributeur : Desgrées du Lou, Emmanuel (1867-1933). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32830550k
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 135307 Nombre total de vues : 135307
Description : 22 mars 1925 22 mars 1925
Description : 1925/03/22 (Numéro 8556). 1925/03/22 (Numéro 8556).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG14 Collection numérique : BIPFPIG14
Description : Collection numérique : BIPFPIG29 Collection numérique : BIPFPIG29
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Description : Collection numérique : Fonds régional : Bretagne Collection numérique : Fonds régional : Bretagne
Description : Collection numérique : Yroise, bibliothèque... Collection numérique : Yroise, bibliothèque numérique de Brest
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k647952c
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 27/11/2008
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tarant! DESBRÉES Il LOI)
JOURNAL REPUBLICAIN QUOTIDIEN
SPÉCIAL
ANNONCES I ABONNEMENTS I
EIlM tont rafaei DIMANCHE g, 10 fj,
e lue «a Prt-lett* «as*. Ifr.U
A PARIS W»O«
et dans toatei Iw chèques pOttAUl
de Publicité 1 1«. (1*111181
Ste Lêa
jgfi» ANNEE I
TÉLÉPHONE Administration 1.07 RttKtlm 2.46, 2.6S, 8.BO
AJrtut TiU
Poisson d'avril,
deux mois qui évo-
quent à l'imagina-
tion des souvenirs
de niches, de farces,
de tromperies inof-
fensives, aussi de
vengeances sournoi-
ses dont la poste se
faisait l'involontaire
complice ces jeux
innocents ou coupa-
bles ont fait place A
un autre genre de poisson d'avril. à la carte
illustrée de fadeurs galantes, vaguement
niaises, qui n'ont, cela s'entend, aucun rap-
port avec la galanterie raffinée du xviii» siè-
cle. non plus qu'avec le poisson d'avril d'au-
trefois, celui qui fut importé de Lorraine il
y a quelque trois cents ans, et voici com-
nfcnt
Au début du xvii» siecle, en Lorraine, on
avait coutume, au jour du 1» avril, de faire
de petites tromperies aux persannes qui ne
s'en défiaient pas. Poisson d'avril était qui
s'y laissait prendre.. Ces tromperies étaient
à cette époque si peu connues des Français
que, pour éviter d'être trompés, ils se dé-
fiaient de tout ce qu'on leur disait ce jour-
là.. (Maréchal de Beauvau.)
Or le 1* avril 1634. Richelieu fut attrapé
«mme Poisson d'avril par le nouveau duc
François de Lorraine. Cette histoire, ce sem-
ble, vaut d'être racontée, elle eut un grand
retentissement et ne contribua pas peu a
propager, en Franoe, l'image du Poisson
d'avril.
Le duc de Lorraine, Charles III, impuissant
à résister à Richelieu, avait abdiqué en fa-
veur de son frère le Cardinal François. Mais
Charles, à son avènement, avait déclaré tenir
son duché de par sa femme Nicole, fille de
son prédécesseur. Qne valait, dès lors, le droit
du Cardinal ? le duché ne revenait-il pas à
Nirole, ou plutôt à sa sreur Claude T
Richelieu en jugea ainsi et une armée,
sous les ordres du Maréchal de la terté, vint
appuyer la thèse française ordre »vait été
donné au Maréchal d'amener, à la Cour de
Louis XIII, les deux princesses lorraines. Et
il s'en fallut de peu, de la longueur d'un
Poisson d'avril. que l'affaire ne réussit.
Nicole et Claude étaient A Lnnéville, le Màré-
chal Tint les v assiéger. Le nouveau duc. par
quelle voie découvrit les projets du ministre
français, et résolut de les déjouer.
Il vint s'enfermer, avec les deux soeurs,
dans la ville assiégée et leur persuada que,
pour garder à la Lorraine son indépendance,
il fallait allier son droit au leur. Mais com-
ment Voici comment ils s'y prirent
Le Cardinal François remontra à Claude
« les nécessités de l'Etat et lui proposa pour
y obvier de l'épouser, d'unir ainsi leurs
droits à la succession. Claude agréa la propo-
sition avec d'autant plus d'emnressement
qu'elle n'était pas sans éprouver déjà pour
lui une vive affection.
Alors, vu les besoins de l'Etat le Car-
dinal abandonna son titre de Prince romain
et, le même jour. le mariage fut décidé, célé-
bré, consommé. Poisson d'avril son Eminence
le Cardinal de Richelieu
Lunéville fut prise M. le Maréchal de la
Ferté tenait en ses mains les nouveaux ma-
riés, mais grand fut son désappointement,
son entrée dans la ville, quand il apprit le
mariage du duc. Il n'osa pas séparer ]es
époux, souverains étrangers il demanda de
nouvelles instructions an Ministère en at-
tendant, il les surveilla Ptroitement et les
emmena avec lui à Nancy. L'ordre d'amener
les princesses A la Cour lui fut immédiate-
ment expédié tron tard.
Le duc et la duchesse avaient été enfermés
un palais ducal résolus a s'enfuir, ils profi-
tèrent du l» avril pour exécuter leur projet.
Donc, dans la nuit du 31 mars au 1" avril
1KW. 1P duc se fit couper la chevelure qu'il
avait fort belle et sortit du palais, déguisé en
portefaix, aussi la durhpsse qui. travestie en
page. armée d'un flambeau, éclairait la mar-
rhe d'un gentilhomme qui lui était venu
faire visite et qui. pour mieux abuser les
cardes, mentait des étrivières le pauvre
petit page maladroit et apeuré Les deux
époux se retrouvèrent en ville chez un de
leurs domestiques nommé du Borne!. Restait
à sortir de la ville alors rigoureusement gar-
dée par des soldats français. A la pointe du
ionr, ils se dirigèrent vers la porte Notre-
name, lui, méconnaissable sous sa veste de
paysan elle, déguisé* en paysanne, une
hotte de fumier sur le dos.
En passant sous la porte, une femme les
reconnut. CpIIp-cI. amie d'un des soldats de
garde, n'eut rien de plus pressé que de l'en
avertir Le duc et la duchesse viennent
de sortir Le soldat la rpparda en souriant
on était au 1er avril et il savait bien. le soldat
français, que les lorrains le ,or avril. Bref,
un coup d'oeil aux deux passants. un autre
la femme. Celle-ri voulait-elle se gausser de
lui 7 Poisson d'avril 'lion. non. Les deux
inconnus s'éloignèrent, la femme aussi
Cependant, comme sévère avait été donnée
la consigne de veillpr aux portes de la ville,
le soldat fit un retour sur lui-même et fut
pris d'inquiétude. E' tout de même si la fem-
me avait dit vrai Tant pis rira qui voudra.
et pour s'arracher A ses perplexités. il alla
raconter le tout il son officier.
Celui-ci n'ignorait pas que c'était le 1»
avril ses soldats, sans doute, voulaient lui
jouer un tour de leur façon car ni l'air, ni
les paroles du soldat ne lui paraissaient ni
affirmatifs, ni convaincants. Il ne veut pas
être pris pour un Poisson d'avril, poisson
d'avril il ne sera pas. M. l'Officier -le garde.
A la réflexion toutefois, la chose lui parut
d'importance si par hasard ce n'était pas
une tromperie, si c'était vrai que le duc et
ls et hanté par l'idée .le S1 res-
ponsabilité, oublieux du poisson d'avril, il
/COMMENT le cardinal de Ri-
cbelieu, après en avoir été
victime dans une affaire d'Etat,
l'introduisit en France à son
corps défendant.
alla trouver le gou-
verneur de la ville
et lui répéta sur le
ton de la plaisante-
rie ce que le soldat
lui avait rapporté.
Le gouverneur, M.
de Brassac, était d'es-
prit timoré et fort
soupçonneux. Pas de
poisson d'avril qui
tienne, vite, il en-
voyé à l'officier pré-
sse a m garae au palais 1 ordre a-avoir
il s'assurer personuellement que le duc et la
duchesse n'avaient pas quitté le château.
Celui-ci vint frapper aux appartements du
duc, un valet bien stylé lui fit signe de la
main de ne pas faire de bruit. Mer Son Al-
tesse et Mme la Duchesse étaient au lit et
dormaient. Et l'officier, confiant, s'en alla.
Afal lui en advint. Poisson d'avril. M. l'Offi-
cier, poisson d'avril plein d'arêtes et de
piquants.
En effet, quelque temps après. M. de Bras-
sac inquiet vint lui-même au palais il se fit
ouvrir la chambre elle était vide, les oi-
seaux s*étaient envelés. Poisson d'avril Mon-
sieur le Gouverneur M. de Brassac jura,
tempêta, il eut beau briser la carrière du trop
confiant officier, mettre sous clef M, du Bor-
net et quelques autres gentilshommes, faire
battre la campagne pnr ses cavalier?, les fu-
gitifs furent introuvahlps.
A la porte de la ville. un gentilhomme à
eux. NI. de Beaulien. les attendait avec des
chevaux. En selle Ils firent 23 lieues sans
désemparer. Sauvés, ils se reposèrent il Be-
sançon, puis allèrent. cacher leur amours
sous le bean ciel de la Toscane, et de là se
rendirpnt fi la Cour impériale auprès de leur
tante l'impératrice Eléonore.
Quatre enfants naquirent de ce mariage
deux garçons et deux filles. Mais l'exil, le
chagrin avaient ruiné la frêle santé de Mme
Claudp. Flle mourut, en 1649. sans avoir revu
la Lorraine et sans avoir été duchesse, pas
plus d'ailleurs que son mari ne fut duc. Heu.
reuse si elle avait pu prévoir, princesse at-
tristée, les brillantes destinées de la race sor.
tie d'elle. Son fils sera Charles IV, duc de
Lorralnr, 11 éponsera la sœur de l'Empereur
Léortold, il fut 1P vainqueur de Motinta son
arrlèr» petit-flls. François de Lorraine. épou.
sera Mnrle-Thérèse d'Autriche et fut Fran-
çois 1er. F.mjip.-pur d'AllemasDp 1747.
La fuite du duc et de la duchesse fit; «Jtn-
mp l'on pense, grand hrnlt il la Cour et à la
ville et de là se répandit jusqu'au tréfond des
n'ns lointaines provinces l'usage du Poisson
d'avril.
F. LE LAY,
Docteur ès-Lettret.
CHOSES GENS
Les Jeunes
L'autre jour, 111. de Selves, président du
Sénaf. rencontre il. Méline dans la salle des
conférences.
Vous savez, lui dit-il, notre collègue
d'Elrn esf mort.
Paurre d'Elva, fit M. JUéline. C'était un
jevne.
Dlon Dieu t te comte d'Elva n'avait guère
que 75 ans tandis que df. Méline en a 87.
A ce propos, on me signale un brave eulti-
leur de la Moyenne, figé de 95 ans et en-
core alerte, qui dit de son fils, âgé de 70 ans,
avec lequel il habite.
Ce sacré qamin-ià ne veut jamais en
faire qu'à Sa trie.
Lnrs de mea débuts dans la presse, je fus
chargé d'interviewer vne centenaire, Mme
L. laquelle avait trois files figées respecti-
veinent de 78, 71, et 67 ans. Et la. vénérable
ménagrrr me dit en parlant de sa derniAre
fille, d'ailleurs grand'mlre, et dont la santé
n'était vas tris brillante J
Celle-là, je ne gais pas si je l'élérerai.
S. Lkp.
Le Code soviétique et le mariage
Riga, 21 mars, Le Gouvernement des So-
viets a promulgué en 1923 le Code Civil et le
Code de La Famille.
Le nouveau Code de la Famille est le
triomphe du féminisme; il comblera d'es-
poirs nor suffragettes. Les droits de la fem-
me y sont égaux à ceux de l'homme. Les
conjoints sont unis de corps et d'âme (affir-
mation bien aventurée), mais non de biens.
L'autorité de chacun des époux est égale
sur Ips enfants mineurs. A la puissance pa-
teniPilp sont substitués les droits de père
Pt de mère ».
Ponr se marier, il suffit d'une déclaration
signée de chacun des deux candidats. Le
divorce par conspiitPmpnt mutupl est pro-
nonce sur simple déclaration devant l'em-
plové d'état-civil qualifié ponr en dresser
acte.
L'enfant nature) possède sur sa famille
des droit.s égaux à ceux de l'enfant légi-
tirne.
Au Pôle Nord
par' les airs
L'EXPLORATEUR AMUNDSEN
SE PROPOSE DE GAGNER LE POLE
EN SEPT HEURES DE VOL
Paris, 21 mars. Le capitaine Amundsen
ayant trouvé lors de son voyage aux Etats-
Unis les fonds nécessaires (on parle de 150 000
dollars) pour entreprendre son expédition
aérienne au Pôle Nord, s'est aussitôt assuré
la possession de deux hydravions spéciaux
qui étaient en construction à Pise à son in-
tention.
Ces hydravions qui sont actionnés par des
moteurs anglais, ont été embarqués à Li-
vourne à destination de Tromsoé où ils sont
attendus vers le commencement d'avril.
Lps appareils sont construits de telle façon
qu'ils peuvent se poser aussi bien sur la
mer que sur la/ neige et la glace.
En dehors des six personnels qui formeront
les équipages de ces appareils. l'expéditinn
comprendra en outre le président de la So-
cfêté qui a construit les hydravions, deux
météorologistes, un docteur et des mécani-
ciens anglais.
L'expédition partira de King's Bay, au
Spitzberg. Les hydravions seront pilotés par
le capitaine Amundsen et un Américain.
NI. F.lmsvvortli. La distance dn Spitzberg au
Pôle est de 1.100 kilomètres Le voyage de-
mandera sept heures au maximum. L'expé-
dition restera une douzaine de jours au
Pôle, le temps nécessaire aux observations.
Il est intéressant de rappeler qno deux ait-
tres expéditions sont en ce moment en pré-
paration. La première est celle du capitaine
Grettir-Algerson, de la Colombie britannique,
qui compte partir au mois de mai prochain
de R«!.vkyavl]i (Islande) pour gagner le Pôle
en un seul vol. Grettir Algprson sera ac-
compagné du commi-idant F. \orsley, an-
cien compagnon de Shaclileton.
L'autre expédition est ,celle du professeur
norvégien Nansen qui se propose de gagner
le POle en Zeppelin. L:aéronef partirait de'
Mourmansk, survolerait les Iles François-
Joseph, le Polé Nord et aboutirait en Aliska.'
Mais Nansen estime que ses préparatifs ne
seront pas t'erminés avant. 1927.
Tout-9 ces explorations ont moine popn-
but de etirvoleuri point déjà conhifet d'alP
leurs inutilisable que de rapporter d'utiles
observations pour les savants.
Ces conquêtes sont d'autant plus glorieu-
ses qu'elles ne visent pas à atteindre un but
Intéressé.
LA SITUATION
La confiance nécessaire
Bien que beaucoup de mesures imposées
au gouvernement par le sectarisme et
le socialisme ne soient pas de nature à
raffermir la confiance, il est évident que l'at-
titude de la commission sénatoriale,* rédui-
sant les dépenses du budget et débroussail-
lant la loi de finances, influence favorable-
ment l'industrie, le mmmerce et l'épargne.
Les mouvements de la Bourse en ces der-
niers jours démontrent que. dans notre pays
d'activité, il suffirait qu'un gouvernement de
concorde sociale s'efforçât de rassurer le ca-
pital, le travail et l'épargne pour que s'ou-
vrit l'ère de prospérité indispensable au re-
lèvement du pays et au payement de ses
dettes.
Les improvisations démagogiques de la
Chambre avaient éhranlé la confiance les
décisions loyales et réflérliiea de la commis-
sion du Sénat la rétablissent peu peu.
En opérant, 1.658 millions dp réductions, la
commission a ramené le toral dos dépenses ait
chiffre annoncé par M. Clémentel an mois
d'octobre dernier. En <|iiplqnes jours ont dis-
paru les monstrneuses enflures que 1p gou-
vernement trop faible avait tolérées. M. Bé-
renger s'est souvenu de la loi de 1922 qui a
réorganisé le contrôle des dépenses engagées;
dans chaque ministère, hahitnp à défendre
ânrement ses crédits, il a demandé nui con-
trôleurs ceux qui n'avaient pas été utilisés
en 19*34. La commission n généralement ré-
duit d'autant les crédits correspondants pour
le budget de cette année, et elle opéré ainsi
une réduction d'un milliard.
Tant que Ips Ministres ne serreront pas de
près les chiffres que leur ininosent des bu-
reaux inaccessibles à toute idée de réforme
et d'économie, lps dépenses de l'Etat seront
gonflées artificiellement par la routino et
l'intérêt privé. Il était temps qu'une com-
mission décidée à ne tenir compte que de la
situation dn pays et de l'intérêt général don-
nât cotte leçon à la majorité de la Chambre
et à l'administration.
En ce qui concerne la loi de finances,
celle-ci va être allégée de toutes les invem-
tioas hasardeuses et de toutes les innovations
̃ malfaisantes. La commission dn Sénat, com-
posée de juristes expérimentés, n'admet pas
qu'on boulcverse, à cause des fraudeurs pré-
̃T.3' le droit civil nui est !a gar»"tie des
On peut esDérer déjà que l'œuvre du Sénat
donnera-au dehors et au dedans l'impression
que le budget de la France sera garanti con-
tre le% expériences aventureuses des démago-
gues et des révolutionnaires.
P.-O. DOLBERT.
La Reine d'I's, Mlle Ma-
rie LE GOVILL, entourée de
ses demoiselles d'honneîtr,
Mlles Marie SCUILLER (à
gauche) et Suzanne KER-
VEVAN droite).
La gracieuse Majesté pré-
sidera aujourd'hui à Audier-
ne les fêtes de la Mi-Ca-
rême,
LES BANDITS DE CORMEILLES
INTROUVABLES
Versailles. 21 mars. Les recherches
qu'ont faites toute la nuit et ce matin les
mspectuers de la première brigade mobile de
concert avec la gendarmerie pour retrouver
la trace des bandits de Cormeilles-en-Parisis
n'ont donné aucun résultat.
L'enquête a établi qu'un quatrième Individu
se tenait allongé dans la camionnette pendant
que les trois bandits faisaient irruption dans
le hureau de poste. Une habitante de Cor-
meilles a vu, en effet, un corps gisant au fond
du véhicule; l'on se demande si cet homme
ne serait pas le chauffeur ou le propriétaire
de la voiture, déjà assassiné ou mis hors d'é-
tat de se défenare par les bandits.
Jusqu'à présent cependant, aucune disparition
n'a été signalée et aucune déclaration de vol
de camionnette n'a été faite.
L'autopsie du cadavre du facteur Porche-
loau a été pratiquée cet après-midi par le
docteur Paul au dépôt mortuaire de Cor-
Tieilles-en-Parisis.
Le praticien a constaté que le facteur avait
été tué d'une balle de revolver calibre
6 millimètres 35. qui était entrée derrière la
tête et était ressortie près de l'œil droit après
avoir traversé la cervelle. La mort fut fou-
droyante.
LES LOUPS EN RUSSIE
Rica, 21 mars. On annonce quo le com-
missaire de l'Agriculture des Soviets yient
d'obtenir le concours de l'armée rougp pour
la destruction des loups qui, au cours de
l'année 19?4, ont dévoré 130.000 tètes de bé-
tail sur le territoire russe.
DES BOMBES AIMANTÉES
CONTRE AVIONS
Londres,\21 mars. Selon la Westminster
Gazette, des expériences se font en ce mo-
ment dans le secret le plus rigoureux avec
une arme de défense contre avion la plus
extraordinaire qui ait Jamais été conclue
Il s'agit d'une bombe lancée du sol qui,
parvenue dans un certain rayon de l'avion
visé, est Irrésistiblement attirée par les par-
ties métalliques de la machine.
Les détails de l'invention sont gardés se-
crets, mais les experts estiment qu'il s'agit
là d'une invention, dont l'effet peut être plus
considérable que celui de la torpille ou du
sous-marin dans la guerre navale.
AU TYROL,
ON N'AIME PAS LES IVROGNES
INNsBRUCK, 21 mars. Le Gouvernement
provincial du Tyrol a soumis au Landtag
d'Innsbruck un projet de loi contre l'ivro-
gnerie.
Aux ternies de ce projet, l'accès l'es caba-
rets et débits de boissons est interdit pendant
un an aux individus qui auront été conrlam-
nés pour deux faits successifs d'ivresse mani-
feste et aucune boisson ne leur sera fournie.
Les noms de ces individus seront affichés
it lu porte d'entrée des etiihlls-cnients en
qreslion. De plus des peines d'amende et
u'emprisoniM'ment pourront être prononcées
centre eux.
Messieurs les législateurs français, prenez
note 1
La course à pied Dinard-Rennes (80 kilom.)
Organisée par l'Ouest-Eclair, sous le contrôle de la L.B.A., aura lieu
DIMANCHE PROCHAIN 29 MARS
La curieuse affaire
d'espionnage
de Tlemcen
Comment un ex-officier allemand,
sons-officier de la Légion étrangère,
parvint à démasquer on officiers
français traître à sa patrie
Nous avons signalé en son temps l'arres-
tation de René Coez, négociant à Tlemcen,
sous l'inculpation d'espionnage pour le
compte de l'Allemagne.
C'est une histoire triste, mais elle a ses
rôtés amusants. Il est toujours amusant,
n'est-ce pas, de voir le méchant pris dans
les filets qu'il a tendus et le traître démas-
qué ?
Notre confrère l'Algérie, d'Alger, nous l'a
contée tout au long de ses colonnes. Nous lui
empruntons son récit, en le résumant forte-
ment, et sans lui conserver, hélas, son pit-
toresque.
Depuis 190', René Coez, ancien officier de
l'armée française était l'agent de l'Allema-
gne, et pendant dix mois deux hommes ont
surveillé les manœuvres de l'espion.
Ces deux hommes, deux soldats, furent la
capitaine Frichet du Fallois et le sergent
Heyd, tous deux de la compagnie de pion-
niers du l"r régiment de la Légion Etrangère
il Tlemcen.
Ce fnt, pendant dix mois, une œuvre de
patience, longue, difficile, délicate, une œu-
vre où la moindre maladresse pouvait tout
compromettre. Pendant dix mois, ces deux
hommes durent taire un secret qu'ils eussent
voulu jeter la face de l'officier félon
« Vous êtes un traître
Et durant ces lonrs mois, rien ne trans-
pira de ce travail occulte, si bien caché que
les mailles dont l'espion était entouré purent
se refermer sur li sans qu'un instant 11 ait
pu se douter de quelque chose.
Un jour. le sergent Heyd était allé trouver
son capitaine
« Je suis dégoûté, mon capitaine, de ce
qui se passe:
Ces paroles ne furent pas sans surprendre
,NI le capitaine Frichet.
« Qu'y a-t-il, sergent ?
Je suis dégoûté de la manière dont un
officier français comprend son devoir envers
sa patrie.
Et le sergent HeyJ rapportait alors les
propositttms- indignes que-René Coez, lieutê-"
nant de complément, lui avait faites le jour
même
« Si vous voulez gagner de l'argent, me^
tez-moi en rapport avec le consul d'Allema-
gne à Aller. J'ai de la marchandise à lui
vendre qui l'intéressera peut-être.
La première étincelle venait de jaillit
Le piège est tendu
Le capitaine se garda de l'étouffer. Il mti
se yeux dans les yeux de son subordonné
C'est bien, Heyd, lui dit-il, vous servez la
France vous ne l'avez pas trahie 1
Et il lui donna ses instructions Vous ré-
pondrez à Coez que vous acceptez, votre de-
voir est là I
Sur l'ordre de son chef, le sergent Heyd
retrouvait bientôt l'espion.
Vous m'avez demandé de vous mettre en
rapport avec le consul d'Allemagne à Alger;
c'est bien facile, j'accepte.
Coez serrait la main de son pseudo-com-
plice. Le pacte était conclu.
Mais l'officier félon ignorait seulement que
le consulat d'Allemagne n'nvait pas été ré-
tabli depuis la guerre. Seul Heyd le savait.
Une troisième personne fut mise dans la
confidence, M. Diainville, un policier. M.
Diainville sait l'allemand. Il fut chargé de
tenir le rôle du consul d'Allemagne à Alger
et devint, pour la circonstance, NI. von Roth.
Le sergent Heyd s'empressa de présenter
l'un à l'autre les deux hommes.
On soupa à l'Hôtel Transatlantique, puis
on parla d'affaires. Coez, mis en verve, re-
nouvela il von Roth les confidences faites au
sergent Heyd.
Il déclara, en outre, être ~rêt à accomplir
dans l'armée une période pendant laquelle Il
pourrait voler, des documents concernant la
mobilisation en cas de guerre,
Très bien I répondit von Roth, appor-
tez-mei ces documents et l'on convint du
salaire 5.000 francs à l'entrée au corps
5.000 francs pour les documents, et une auto-
mobile pour promener les officiers et obtenir
leurs confidences.
La pièce avait été magistralement jouée,
si bien que René Coez, sans attendre davan-
tage, se mit à envoyer à von Roth quelqu»»
renseignements concernant les règlement»
intérieurs de différents corps et ayant trait
aux gaz asphyxiants. Pour accomplir sa si-
nistre besogne, Coez dissimulait entre les
lignes de ses missives volontairement inno-
centes, écrits à l'encre sympathique, le»
renseignements dont dépendait la défense
nationale.
Par deux fois l'officier félon toucha, par
l'intermédiaire du sergent Heyd, le prix de
ses trahisons deux fois 300 francs, puis
500 francs. Mais bientôt von Roth ne donna
plus signe de vie il nous abandonne, dt-
sait Coez au sergent Heyd, il nous lâche I ».
Alors l'officier de complément prit une éner-
gique résolution, écrivit une longue lettre,
qu'il destina, cette fois à Heyd.
En voici le texte
« Von Roth nous ldche. Il ne nous ^rend
pas au sérieux. Mais j'irai vendre ma mer-
chandtse ailleurs, d des personnes qui *a»«-
ront en faire «n meilleur cas.
« Si je ne deviens pas un 6on Allemand,
je deviendrai un bon communiste.
.le connais ici de hautes personnalités
qui font de la propagande bolchevittt dans
le monde indigène. le travaillerai avec elles
puisque von Roth ne parait plus marcher. ai
Xe sergent Heyd, après avoir lu cette la.-
tarant! DESBRÉES Il LOI)
JOURNAL REPUBLICAIN QUOTIDIEN
SPÉCIAL
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quent à l'imagina-
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de niches, de farces,
de tromperies inof-
fensives, aussi de
vengeances sournoi-
ses dont la poste se
faisait l'involontaire
complice ces jeux
innocents ou coupa-
bles ont fait place A
un autre genre de poisson d'avril. à la carte
illustrée de fadeurs galantes, vaguement
niaises, qui n'ont, cela s'entend, aucun rap-
port avec la galanterie raffinée du xviii» siè-
cle. non plus qu'avec le poisson d'avril d'au-
trefois, celui qui fut importé de Lorraine il
y a quelque trois cents ans, et voici com-
nfcnt
Au début du xvii» siecle, en Lorraine, on
avait coutume, au jour du 1» avril, de faire
de petites tromperies aux persannes qui ne
s'en défiaient pas. Poisson d'avril était qui
s'y laissait prendre.. Ces tromperies étaient
à cette époque si peu connues des Français
que, pour éviter d'être trompés, ils se dé-
fiaient de tout ce qu'on leur disait ce jour-
là.. (Maréchal de Beauvau.)
Or le 1* avril 1634. Richelieu fut attrapé
«mme Poisson d'avril par le nouveau duc
François de Lorraine. Cette histoire, ce sem-
ble, vaut d'être racontée, elle eut un grand
retentissement et ne contribua pas peu a
propager, en Franoe, l'image du Poisson
d'avril.
Le duc de Lorraine, Charles III, impuissant
à résister à Richelieu, avait abdiqué en fa-
veur de son frère le Cardinal François. Mais
Charles, à son avènement, avait déclaré tenir
son duché de par sa femme Nicole, fille de
son prédécesseur. Qne valait, dès lors, le droit
du Cardinal ? le duché ne revenait-il pas à
Nirole, ou plutôt à sa sreur Claude T
Richelieu en jugea ainsi et une armée,
sous les ordres du Maréchal de la terté, vint
appuyer la thèse française ordre »vait été
donné au Maréchal d'amener, à la Cour de
Louis XIII, les deux princesses lorraines. Et
il s'en fallut de peu, de la longueur d'un
Poisson d'avril. que l'affaire ne réussit.
Nicole et Claude étaient A Lnnéville, le Màré-
chal Tint les v assiéger. Le nouveau duc. par
quelle voie découvrit les projets du ministre
français, et résolut de les déjouer.
Il vint s'enfermer, avec les deux soeurs,
dans la ville assiégée et leur persuada que,
pour garder à la Lorraine son indépendance,
il fallait allier son droit au leur. Mais com-
ment Voici comment ils s'y prirent
Le Cardinal François remontra à Claude
« les nécessités de l'Etat et lui proposa pour
y obvier de l'épouser, d'unir ainsi leurs
droits à la succession. Claude agréa la propo-
sition avec d'autant plus d'emnressement
qu'elle n'était pas sans éprouver déjà pour
lui une vive affection.
Alors, vu les besoins de l'Etat le Car-
dinal abandonna son titre de Prince romain
et, le même jour. le mariage fut décidé, célé-
bré, consommé. Poisson d'avril son Eminence
le Cardinal de Richelieu
Lunéville fut prise M. le Maréchal de la
Ferté tenait en ses mains les nouveaux ma-
riés, mais grand fut son désappointement,
son entrée dans la ville, quand il apprit le
mariage du duc. Il n'osa pas séparer ]es
époux, souverains étrangers il demanda de
nouvelles instructions an Ministère en at-
tendant, il les surveilla Ptroitement et les
emmena avec lui à Nancy. L'ordre d'amener
les princesses A la Cour lui fut immédiate-
ment expédié tron tard.
Le duc et la duchesse avaient été enfermés
un palais ducal résolus a s'enfuir, ils profi-
tèrent du l» avril pour exécuter leur projet.
Donc, dans la nuit du 31 mars au 1" avril
1KW. 1P duc se fit couper la chevelure qu'il
avait fort belle et sortit du palais, déguisé en
portefaix, aussi la durhpsse qui. travestie en
page. armée d'un flambeau, éclairait la mar-
rhe d'un gentilhomme qui lui était venu
faire visite et qui. pour mieux abuser les
cardes, mentait des étrivières le pauvre
petit page maladroit et apeuré Les deux
époux se retrouvèrent en ville chez un de
leurs domestiques nommé du Borne!. Restait
à sortir de la ville alors rigoureusement gar-
dée par des soldats français. A la pointe du
ionr, ils se dirigèrent vers la porte Notre-
name, lui, méconnaissable sous sa veste de
paysan elle, déguisé* en paysanne, une
hotte de fumier sur le dos.
En passant sous la porte, une femme les
reconnut. CpIIp-cI. amie d'un des soldats de
garde, n'eut rien de plus pressé que de l'en
avertir Le duc et la duchesse viennent
de sortir Le soldat la rpparda en souriant
on était au 1er avril et il savait bien. le soldat
français, que les lorrains le ,or avril. Bref,
un coup d'oeil aux deux passants. un autre
la femme. Celle-ri voulait-elle se gausser de
lui 7 Poisson d'avril 'lion. non. Les deux
inconnus s'éloignèrent, la femme aussi
Cependant, comme sévère avait été donnée
la consigne de veillpr aux portes de la ville,
le soldat fit un retour sur lui-même et fut
pris d'inquiétude. E' tout de même si la fem-
me avait dit vrai Tant pis rira qui voudra.
et pour s'arracher A ses perplexités. il alla
raconter le tout il son officier.
Celui-ci n'ignorait pas que c'était le 1»
avril ses soldats, sans doute, voulaient lui
jouer un tour de leur façon car ni l'air, ni
les paroles du soldat ne lui paraissaient ni
affirmatifs, ni convaincants. Il ne veut pas
être pris pour un Poisson d'avril, poisson
d'avril il ne sera pas. M. l'Officier -le garde.
A la réflexion toutefois, la chose lui parut
d'importance si par hasard ce n'était pas
une tromperie, si c'était vrai que le duc et
ls et hanté par l'idée .le S1 res-
ponsabilité, oublieux du poisson d'avril, il
/COMMENT le cardinal de Ri-
cbelieu, après en avoir été
victime dans une affaire d'Etat,
l'introduisit en France à son
corps défendant.
alla trouver le gou-
verneur de la ville
et lui répéta sur le
ton de la plaisante-
rie ce que le soldat
lui avait rapporté.
Le gouverneur, M.
de Brassac, était d'es-
prit timoré et fort
soupçonneux. Pas de
poisson d'avril qui
tienne, vite, il en-
voyé à l'officier pré-
sse a m garae au palais 1 ordre a-avoir
il s'assurer personuellement que le duc et la
duchesse n'avaient pas quitté le château.
Celui-ci vint frapper aux appartements du
duc, un valet bien stylé lui fit signe de la
main de ne pas faire de bruit. Mer Son Al-
tesse et Mme la Duchesse étaient au lit et
dormaient. Et l'officier, confiant, s'en alla.
Afal lui en advint. Poisson d'avril. M. l'Offi-
cier, poisson d'avril plein d'arêtes et de
piquants.
En effet, quelque temps après. M. de Bras-
sac inquiet vint lui-même au palais il se fit
ouvrir la chambre elle était vide, les oi-
seaux s*étaient envelés. Poisson d'avril Mon-
sieur le Gouverneur M. de Brassac jura,
tempêta, il eut beau briser la carrière du trop
confiant officier, mettre sous clef M, du Bor-
net et quelques autres gentilshommes, faire
battre la campagne pnr ses cavalier?, les fu-
gitifs furent introuvahlps.
A la porte de la ville. un gentilhomme à
eux. NI. de Beaulien. les attendait avec des
chevaux. En selle Ils firent 23 lieues sans
désemparer. Sauvés, ils se reposèrent il Be-
sançon, puis allèrent. cacher leur amours
sous le bean ciel de la Toscane, et de là se
rendirpnt fi la Cour impériale auprès de leur
tante l'impératrice Eléonore.
Quatre enfants naquirent de ce mariage
deux garçons et deux filles. Mais l'exil, le
chagrin avaient ruiné la frêle santé de Mme
Claudp. Flle mourut, en 1649. sans avoir revu
la Lorraine et sans avoir été duchesse, pas
plus d'ailleurs que son mari ne fut duc. Heu.
reuse si elle avait pu prévoir, princesse at-
tristée, les brillantes destinées de la race sor.
tie d'elle. Son fils sera Charles IV, duc de
Lorralnr, 11 éponsera la sœur de l'Empereur
Léortold, il fut 1P vainqueur de Motinta son
arrlèr» petit-flls. François de Lorraine. épou.
sera Mnrle-Thérèse d'Autriche et fut Fran-
çois 1er. F.mjip.-pur d'AllemasDp 1747.
La fuite du duc et de la duchesse fit; «Jtn-
mp l'on pense, grand hrnlt il la Cour et à la
ville et de là se répandit jusqu'au tréfond des
n'ns lointaines provinces l'usage du Poisson
d'avril.
F. LE LAY,
Docteur ès-Lettret.
CHOSES GENS
Les Jeunes
L'autre jour, 111. de Selves, président du
Sénaf. rencontre il. Méline dans la salle des
conférences.
Vous savez, lui dit-il, notre collègue
d'Elrn esf mort.
Paurre d'Elva, fit M. JUéline. C'était un
jevne.
Dlon Dieu t te comte d'Elva n'avait guère
que 75 ans tandis que df. Méline en a 87.
A ce propos, on me signale un brave eulti-
leur de la Moyenne, figé de 95 ans et en-
core alerte, qui dit de son fils, âgé de 70 ans,
avec lequel il habite.
Ce sacré qamin-ià ne veut jamais en
faire qu'à Sa trie.
Lnrs de mea débuts dans la presse, je fus
chargé d'interviewer vne centenaire, Mme
L. laquelle avait trois files figées respecti-
veinent de 78, 71, et 67 ans. Et la. vénérable
ménagrrr me dit en parlant de sa derniAre
fille, d'ailleurs grand'mlre, et dont la santé
n'était vas tris brillante J
Celle-là, je ne gais pas si je l'élérerai.
S. Lkp.
Le Code soviétique et le mariage
Riga, 21 mars, Le Gouvernement des So-
viets a promulgué en 1923 le Code Civil et le
Code de La Famille.
Le nouveau Code de la Famille est le
triomphe du féminisme; il comblera d'es-
poirs nor suffragettes. Les droits de la fem-
me y sont égaux à ceux de l'homme. Les
conjoints sont unis de corps et d'âme (affir-
mation bien aventurée), mais non de biens.
L'autorité de chacun des époux est égale
sur Ips enfants mineurs. A la puissance pa-
teniPilp sont substitués les droits de père
Pt de mère ».
Ponr se marier, il suffit d'une déclaration
signée de chacun des deux candidats. Le
divorce par conspiitPmpnt mutupl est pro-
nonce sur simple déclaration devant l'em-
plové d'état-civil qualifié ponr en dresser
acte.
L'enfant nature) possède sur sa famille
des droit.s égaux à ceux de l'enfant légi-
tirne.
Au Pôle Nord
par' les airs
L'EXPLORATEUR AMUNDSEN
SE PROPOSE DE GAGNER LE POLE
EN SEPT HEURES DE VOL
Paris, 21 mars. Le capitaine Amundsen
ayant trouvé lors de son voyage aux Etats-
Unis les fonds nécessaires (on parle de 150 000
dollars) pour entreprendre son expédition
aérienne au Pôle Nord, s'est aussitôt assuré
la possession de deux hydravions spéciaux
qui étaient en construction à Pise à son in-
tention.
Ces hydravions qui sont actionnés par des
moteurs anglais, ont été embarqués à Li-
vourne à destination de Tromsoé où ils sont
attendus vers le commencement d'avril.
Lps appareils sont construits de telle façon
qu'ils peuvent se poser aussi bien sur la
mer que sur la/ neige et la glace.
En dehors des six personnels qui formeront
les équipages de ces appareils. l'expéditinn
comprendra en outre le président de la So-
cfêté qui a construit les hydravions, deux
météorologistes, un docteur et des mécani-
ciens anglais.
L'expédition partira de King's Bay, au
Spitzberg. Les hydravions seront pilotés par
le capitaine Amundsen et un Américain.
NI. F.lmsvvortli. La distance dn Spitzberg au
Pôle est de 1.100 kilomètres Le voyage de-
mandera sept heures au maximum. L'expé-
dition restera une douzaine de jours au
Pôle, le temps nécessaire aux observations.
Il est intéressant de rappeler qno deux ait-
tres expéditions sont en ce moment en pré-
paration. La première est celle du capitaine
Grettir-Algerson, de la Colombie britannique,
qui compte partir au mois de mai prochain
de R«!.vkyavl]i (Islande) pour gagner le Pôle
en un seul vol. Grettir Algprson sera ac-
compagné du commi-idant F. \orsley, an-
cien compagnon de Shaclileton.
L'autre expédition est ,celle du professeur
norvégien Nansen qui se propose de gagner
le POle en Zeppelin. L:aéronef partirait de'
Mourmansk, survolerait les Iles François-
Joseph, le Polé Nord et aboutirait en Aliska.'
Mais Nansen estime que ses préparatifs ne
seront pas t'erminés avant. 1927.
Tout-9 ces explorations ont moine popn-
but de etirvoleuri point déjà conhifet d'alP
leurs inutilisable que de rapporter d'utiles
observations pour les savants.
Ces conquêtes sont d'autant plus glorieu-
ses qu'elles ne visent pas à atteindre un but
Intéressé.
LA SITUATION
La confiance nécessaire
Bien que beaucoup de mesures imposées
au gouvernement par le sectarisme et
le socialisme ne soient pas de nature à
raffermir la confiance, il est évident que l'at-
titude de la commission sénatoriale,* rédui-
sant les dépenses du budget et débroussail-
lant la loi de finances, influence favorable-
ment l'industrie, le mmmerce et l'épargne.
Les mouvements de la Bourse en ces der-
niers jours démontrent que. dans notre pays
d'activité, il suffirait qu'un gouvernement de
concorde sociale s'efforçât de rassurer le ca-
pital, le travail et l'épargne pour que s'ou-
vrit l'ère de prospérité indispensable au re-
lèvement du pays et au payement de ses
dettes.
Les improvisations démagogiques de la
Chambre avaient éhranlé la confiance les
décisions loyales et réflérliiea de la commis-
sion du Sénat la rétablissent peu peu.
En opérant, 1.658 millions dp réductions, la
commission a ramené le toral dos dépenses ait
chiffre annoncé par M. Clémentel an mois
d'octobre dernier. En <|iiplqnes jours ont dis-
paru les monstrneuses enflures que 1p gou-
vernement trop faible avait tolérées. M. Bé-
renger s'est souvenu de la loi de 1922 qui a
réorganisé le contrôle des dépenses engagées;
dans chaque ministère, hahitnp à défendre
ânrement ses crédits, il a demandé nui con-
trôleurs ceux qui n'avaient pas été utilisés
en 19*34. La commission n généralement ré-
duit d'autant les crédits correspondants pour
le budget de cette année, et elle opéré ainsi
une réduction d'un milliard.
Tant que Ips Ministres ne serreront pas de
près les chiffres que leur ininosent des bu-
reaux inaccessibles à toute idée de réforme
et d'économie, lps dépenses de l'Etat seront
gonflées artificiellement par la routino et
l'intérêt privé. Il était temps qu'une com-
mission décidée à ne tenir compte que de la
situation dn pays et de l'intérêt général don-
nât cotte leçon à la majorité de la Chambre
et à l'administration.
En ce qui concerne la loi de finances,
celle-ci va être allégée de toutes les invem-
tioas hasardeuses et de toutes les innovations
̃ malfaisantes. La commission dn Sénat, com-
posée de juristes expérimentés, n'admet pas
qu'on boulcverse, à cause des fraudeurs pré-
̃T.3' le droit civil nui est !a gar»"tie des
On peut esDérer déjà que l'œuvre du Sénat
donnera-au dehors et au dedans l'impression
que le budget de la France sera garanti con-
tre le% expériences aventureuses des démago-
gues et des révolutionnaires.
P.-O. DOLBERT.
La Reine d'I's, Mlle Ma-
rie LE GOVILL, entourée de
ses demoiselles d'honneîtr,
Mlles Marie SCUILLER (à
gauche) et Suzanne KER-
VEVAN droite).
La gracieuse Majesté pré-
sidera aujourd'hui à Audier-
ne les fêtes de la Mi-Ca-
rême,
LES BANDITS DE CORMEILLES
INTROUVABLES
Versailles. 21 mars. Les recherches
qu'ont faites toute la nuit et ce matin les
mspectuers de la première brigade mobile de
concert avec la gendarmerie pour retrouver
la trace des bandits de Cormeilles-en-Parisis
n'ont donné aucun résultat.
L'enquête a établi qu'un quatrième Individu
se tenait allongé dans la camionnette pendant
que les trois bandits faisaient irruption dans
le hureau de poste. Une habitante de Cor-
meilles a vu, en effet, un corps gisant au fond
du véhicule; l'on se demande si cet homme
ne serait pas le chauffeur ou le propriétaire
de la voiture, déjà assassiné ou mis hors d'é-
tat de se défenare par les bandits.
Jusqu'à présent cependant, aucune disparition
n'a été signalée et aucune déclaration de vol
de camionnette n'a été faite.
L'autopsie du cadavre du facteur Porche-
loau a été pratiquée cet après-midi par le
docteur Paul au dépôt mortuaire de Cor-
Tieilles-en-Parisis.
Le praticien a constaté que le facteur avait
été tué d'une balle de revolver calibre
6 millimètres 35. qui était entrée derrière la
tête et était ressortie près de l'œil droit après
avoir traversé la cervelle. La mort fut fou-
droyante.
LES LOUPS EN RUSSIE
Rica, 21 mars. On annonce quo le com-
missaire de l'Agriculture des Soviets yient
d'obtenir le concours de l'armée rougp pour
la destruction des loups qui, au cours de
l'année 19?4, ont dévoré 130.000 tètes de bé-
tail sur le territoire russe.
DES BOMBES AIMANTÉES
CONTRE AVIONS
Londres,\21 mars. Selon la Westminster
Gazette, des expériences se font en ce mo-
ment dans le secret le plus rigoureux avec
une arme de défense contre avion la plus
extraordinaire qui ait Jamais été conclue
Il s'agit d'une bombe lancée du sol qui,
parvenue dans un certain rayon de l'avion
visé, est Irrésistiblement attirée par les par-
ties métalliques de la machine.
Les détails de l'invention sont gardés se-
crets, mais les experts estiment qu'il s'agit
là d'une invention, dont l'effet peut être plus
considérable que celui de la torpille ou du
sous-marin dans la guerre navale.
AU TYROL,
ON N'AIME PAS LES IVROGNES
INNsBRUCK, 21 mars. Le Gouvernement
provincial du Tyrol a soumis au Landtag
d'Innsbruck un projet de loi contre l'ivro-
gnerie.
Aux ternies de ce projet, l'accès l'es caba-
rets et débits de boissons est interdit pendant
un an aux individus qui auront été conrlam-
nés pour deux faits successifs d'ivresse mani-
feste et aucune boisson ne leur sera fournie.
Les noms de ces individus seront affichés
it lu porte d'entrée des etiihlls-cnients en
qreslion. De plus des peines d'amende et
u'emprisoniM'ment pourront être prononcées
centre eux.
Messieurs les législateurs français, prenez
note 1
La course à pied Dinard-Rennes (80 kilom.)
Organisée par l'Ouest-Eclair, sous le contrôle de la L.B.A., aura lieu
DIMANCHE PROCHAIN 29 MARS
La curieuse affaire
d'espionnage
de Tlemcen
Comment un ex-officier allemand,
sons-officier de la Légion étrangère,
parvint à démasquer on officiers
français traître à sa patrie
Nous avons signalé en son temps l'arres-
tation de René Coez, négociant à Tlemcen,
sous l'inculpation d'espionnage pour le
compte de l'Allemagne.
C'est une histoire triste, mais elle a ses
rôtés amusants. Il est toujours amusant,
n'est-ce pas, de voir le méchant pris dans
les filets qu'il a tendus et le traître démas-
qué ?
Notre confrère l'Algérie, d'Alger, nous l'a
contée tout au long de ses colonnes. Nous lui
empruntons son récit, en le résumant forte-
ment, et sans lui conserver, hélas, son pit-
toresque.
Depuis 190', René Coez, ancien officier de
l'armée française était l'agent de l'Allema-
gne, et pendant dix mois deux hommes ont
surveillé les manœuvres de l'espion.
Ces deux hommes, deux soldats, furent la
capitaine Frichet du Fallois et le sergent
Heyd, tous deux de la compagnie de pion-
niers du l"r régiment de la Légion Etrangère
il Tlemcen.
Ce fnt, pendant dix mois, une œuvre de
patience, longue, difficile, délicate, une œu-
vre où la moindre maladresse pouvait tout
compromettre. Pendant dix mois, ces deux
hommes durent taire un secret qu'ils eussent
voulu jeter la face de l'officier félon
« Vous êtes un traître
Et durant ces lonrs mois, rien ne trans-
pira de ce travail occulte, si bien caché que
les mailles dont l'espion était entouré purent
se refermer sur li sans qu'un instant 11 ait
pu se douter de quelque chose.
Un jour. le sergent Heyd était allé trouver
son capitaine
« Je suis dégoûté, mon capitaine, de ce
qui se passe:
Ces paroles ne furent pas sans surprendre
,NI le capitaine Frichet.
« Qu'y a-t-il, sergent ?
Je suis dégoûté de la manière dont un
officier français comprend son devoir envers
sa patrie.
Et le sergent HeyJ rapportait alors les
propositttms- indignes que-René Coez, lieutê-"
nant de complément, lui avait faites le jour
même
« Si vous voulez gagner de l'argent, me^
tez-moi en rapport avec le consul d'Allema-
gne à Aller. J'ai de la marchandise à lui
vendre qui l'intéressera peut-être.
La première étincelle venait de jaillit
Le piège est tendu
Le capitaine se garda de l'étouffer. Il mti
se yeux dans les yeux de son subordonné
C'est bien, Heyd, lui dit-il, vous servez la
France vous ne l'avez pas trahie 1
Et il lui donna ses instructions Vous ré-
pondrez à Coez que vous acceptez, votre de-
voir est là I
Sur l'ordre de son chef, le sergent Heyd
retrouvait bientôt l'espion.
Vous m'avez demandé de vous mettre en
rapport avec le consul d'Allemagne à Alger;
c'est bien facile, j'accepte.
Coez serrait la main de son pseudo-com-
plice. Le pacte était conclu.
Mais l'officier félon ignorait seulement que
le consulat d'Allemagne n'nvait pas été ré-
tabli depuis la guerre. Seul Heyd le savait.
Une troisième personne fut mise dans la
confidence, M. Diainville, un policier. M.
Diainville sait l'allemand. Il fut chargé de
tenir le rôle du consul d'Allemagne à Alger
et devint, pour la circonstance, NI. von Roth.
Le sergent Heyd s'empressa de présenter
l'un à l'autre les deux hommes.
On soupa à l'Hôtel Transatlantique, puis
on parla d'affaires. Coez, mis en verve, re-
nouvela il von Roth les confidences faites au
sergent Heyd.
Il déclara, en outre, être ~rêt à accomplir
dans l'armée une période pendant laquelle Il
pourrait voler, des documents concernant la
mobilisation en cas de guerre,
Très bien I répondit von Roth, appor-
tez-mei ces documents et l'on convint du
salaire 5.000 francs à l'entrée au corps
5.000 francs pour les documents, et une auto-
mobile pour promener les officiers et obtenir
leurs confidences.
La pièce avait été magistralement jouée,
si bien que René Coez, sans attendre davan-
tage, se mit à envoyer à von Roth quelqu»»
renseignements concernant les règlement»
intérieurs de différents corps et ayant trait
aux gaz asphyxiants. Pour accomplir sa si-
nistre besogne, Coez dissimulait entre les
lignes de ses missives volontairement inno-
centes, écrits à l'encre sympathique, le»
renseignements dont dépendait la défense
nationale.
Par deux fois l'officier félon toucha, par
l'intermédiaire du sergent Heyd, le prix de
ses trahisons deux fois 300 francs, puis
500 francs. Mais bientôt von Roth ne donna
plus signe de vie il nous abandonne, dt-
sait Coez au sergent Heyd, il nous lâche I ».
Alors l'officier de complément prit une éner-
gique résolution, écrivit une longue lettre,
qu'il destina, cette fois à Heyd.
En voici le texte
« Von Roth nous ldche. Il ne nous ^rend
pas au sérieux. Mais j'irai vendre ma mer-
chandtse ailleurs, d des personnes qui *a»«-
ront en faire «n meilleur cas.
« Si je ne deviens pas un 6on Allemand,
je deviendrai un bon communiste.
.le connais ici de hautes personnalités
qui font de la propagande bolchevittt dans
le monde indigène. le travaillerai avec elles
puisque von Roth ne parait plus marcher. ai
Xe sergent Heyd, après avoir lu cette la.-
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