Titre : Revue municipale : recueil hebdomadaire d'études édilitaires pour la France et l'étranger
Auteur : Association communale de France. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1899-05-13
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32860840q
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 27309 Nombre total de vues : 27309
Description : 13 mai 1899 13 mai 1899
Description : 1899/05/13 (T2,SER1,N81). 1899/05/13 (T2,SER1,N81).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k61156329
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, 4-F-1062
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 27/12/2010
REVUE MUNICIPA
Recueil d'Études sur les Questions édilitâires
HSé«Bsi«acBaa- eu Clucf : ABDuoei-ê
(©Rf'ffEflBSBJf B^
NUMÉRO 81
T SÉRIE. — TOME II
SAMEDI 13 MAI 1899
QUESTION D'AVENIR! ]
■ i
- En ce moment, cela n'est un secret pour per '
• • t
sonne, des négociations sont poursuivies entre
l'Etat, les Compagnies de chemins de fer, peut-
être d'autres- sociétés et des particuliers d'une
part, et, d'autre part, entre l'Etat et la Ville Paris. Il s'agit, on l'a deviné, de l'aliénation '
des terrains occupés actuellement par le mur (
d'enceinte dans sa portion comprise entre le !
Point-du-Jour et la porte de Pantin. C'est une '
opération immobilière allant, suivant les appré- (
■dations contradictoires de la Ville et de l'Etat, '.
de 130 millions à 192 millions. i
Je ne viens pas ici certainement divulguer
ni discuter les projets plus ou moins précis qui
voient le jour dans les commissions munici-
pales, dans Jes conseils de l'administration pré-
fectorale, dans les bureaux des grandes Com-
pagnies ou de l'Etat. A moi, moins qu'à_tout <
autre de mes collègues, ce rôle peut appartenir.
Mais, j'ai un droit dont je veux user ; je prétends
même que de ce droit découle un devoir, en
présence des renseignements inexacts donnés
dans certains journaux. Il consiste à poser pu-
bliquement le problème dans ses grandes lignes,
en m'aidant uniquement de documents publiés
et de chiffres officiels. Aussi bien, en ces ma- '
tières, la publicité est une garantie pour l'opi-
nion, les gens personnellement intéressés en ces
affaires étant toujours assez adroits pour être
fixés alors que la grande masse des contri-
buables, insuffisamment éclairée, flotte, s'égare,
s'engage à l'aveuglette à la suite des fauteurs de
fausses nouvelles. Quand l'opération qui se mi-
jote sera connue dans sa réalité, chacun pourra
s'en former une opinion et choisir sa voie.
Voyons, de quoi s'agit-il?.
De ceci : Une loi promulguée le 19 février
1898 a décidé, en principe, la désaffectation par-
tielle du mur d'enceinte de Paris. Ceci était
une réforme vivement et depuis longtemps ré-
clamée par l'opinion publique. Le mur murant
Paris était un obstacle sérieux à la circulation
entre Paris etsa banlieue; tandis qu'il était une
principale cause de l'entassement de la popula-
tion dans la métropole, il cérait autour de Paris
une zone dangereuse pour la sécurité publique,
des espaces inhabités : la zone militaire.
Si la loi de 1898 s'était bornée à la désaffecta-
tion militaire de l'enceinte, à l'affranchissement
de la zone, il serait resté autour de Paris une
sorte de promenade historique ; les familles
nombreuses et peu fortunées auraient continué
de venir le dimanche y déjeuner sur l'herbe ou
y respirer de l'air frais pendant les soirées des
jours de grandes chaleurs. Les caprices d'une
végétation livrée à elle-même, recouvrant les
vieilles pierres meulières de vertes frondaisons,
auraient fait de cette ceinture parisienne un en-
droit qui n'aurait pas été sans charmes. Le
vieux a mur d'enceinte » du siège, avec ses
glacis, son terre-plein, son chemin de ronde,
son fossé, ses bennes, devenait, à l'avantage
des limitrophes, un petit bois circulaire et paci-
fique, bientôt vivant de bruits d'oiseaux et
bientôt, comme les bois plus éloignés de Cha
ville et de Meudon, ayant ses couples et ses
mystères. C'eut été la campagne du pauvre.
Je ne puis résister au plaisir'de donner ici
quelques lignes de Paul Adam y mettant en
cause les gens « qui autorisent d'absurdes mu-
« nicipalités à détruire partout les fortifications
«.de Vauban, les remparts des villes illustres,
« afin d'y substituer des terrains vagues rem-
« plis de tessons ou des files de mesquines
« paillettes à rentiers.
« J'ai passé, écrit-il, à Arras, mon adolescence
« sur la promenade circulaire des remparts.
« Des arbres séculaires ombrageaient les che-
« mins de ronde et les banquettes d'infanterie.
« L'herbe poussait jusqu'aux gueules des vieux
« canons qui avaient peut-être soutenu les
« charges de la maison du roy, défendu la for-
te mation des troupes prêtes à triompher vers
Recueil d'Études sur les Questions édilitâires
HSé«Bsi«acBaa- eu Clucf : ABDuoei-ê
(©Rf'ffEflBSBJf B^
NUMÉRO 81
T SÉRIE. — TOME II
SAMEDI 13 MAI 1899
QUESTION D'AVENIR! ]
■ i
- En ce moment, cela n'est un secret pour per '
• • t
sonne, des négociations sont poursuivies entre
l'Etat, les Compagnies de chemins de fer, peut-
être d'autres- sociétés et des particuliers d'une
part, et, d'autre part, entre l'Etat et la Ville Paris. Il s'agit, on l'a deviné, de l'aliénation '
des terrains occupés actuellement par le mur (
d'enceinte dans sa portion comprise entre le !
Point-du-Jour et la porte de Pantin. C'est une '
opération immobilière allant, suivant les appré- (
■dations contradictoires de la Ville et de l'Etat, '.
de 130 millions à 192 millions. i
Je ne viens pas ici certainement divulguer
ni discuter les projets plus ou moins précis qui
voient le jour dans les commissions munici-
pales, dans Jes conseils de l'administration pré-
fectorale, dans les bureaux des grandes Com-
pagnies ou de l'Etat. A moi, moins qu'à_tout <
autre de mes collègues, ce rôle peut appartenir.
Mais, j'ai un droit dont je veux user ; je prétends
même que de ce droit découle un devoir, en
présence des renseignements inexacts donnés
dans certains journaux. Il consiste à poser pu-
bliquement le problème dans ses grandes lignes,
en m'aidant uniquement de documents publiés
et de chiffres officiels. Aussi bien, en ces ma- '
tières, la publicité est une garantie pour l'opi-
nion, les gens personnellement intéressés en ces
affaires étant toujours assez adroits pour être
fixés alors que la grande masse des contri-
buables, insuffisamment éclairée, flotte, s'égare,
s'engage à l'aveuglette à la suite des fauteurs de
fausses nouvelles. Quand l'opération qui se mi-
jote sera connue dans sa réalité, chacun pourra
s'en former une opinion et choisir sa voie.
Voyons, de quoi s'agit-il?.
De ceci : Une loi promulguée le 19 février
1898 a décidé, en principe, la désaffectation par-
tielle du mur d'enceinte de Paris. Ceci était
une réforme vivement et depuis longtemps ré-
clamée par l'opinion publique. Le mur murant
Paris était un obstacle sérieux à la circulation
entre Paris etsa banlieue; tandis qu'il était une
principale cause de l'entassement de la popula-
tion dans la métropole, il cérait autour de Paris
une zone dangereuse pour la sécurité publique,
des espaces inhabités : la zone militaire.
Si la loi de 1898 s'était bornée à la désaffecta-
tion militaire de l'enceinte, à l'affranchissement
de la zone, il serait resté autour de Paris une
sorte de promenade historique ; les familles
nombreuses et peu fortunées auraient continué
de venir le dimanche y déjeuner sur l'herbe ou
y respirer de l'air frais pendant les soirées des
jours de grandes chaleurs. Les caprices d'une
végétation livrée à elle-même, recouvrant les
vieilles pierres meulières de vertes frondaisons,
auraient fait de cette ceinture parisienne un en-
droit qui n'aurait pas été sans charmes. Le
vieux a mur d'enceinte » du siège, avec ses
glacis, son terre-plein, son chemin de ronde,
son fossé, ses bennes, devenait, à l'avantage
des limitrophes, un petit bois circulaire et paci-
fique, bientôt vivant de bruits d'oiseaux et
bientôt, comme les bois plus éloignés de Cha
ville et de Meudon, ayant ses couples et ses
mystères. C'eut été la campagne du pauvre.
Je ne puis résister au plaisir'de donner ici
quelques lignes de Paul Adam y mettant en
cause les gens « qui autorisent d'absurdes mu-
« nicipalités à détruire partout les fortifications
«.de Vauban, les remparts des villes illustres,
« afin d'y substituer des terrains vagues rem-
« plis de tessons ou des files de mesquines
« paillettes à rentiers.
« J'ai passé, écrit-il, à Arras, mon adolescence
« sur la promenade circulaire des remparts.
« Des arbres séculaires ombrageaient les che-
« mins de ronde et les banquettes d'infanterie.
« L'herbe poussait jusqu'aux gueules des vieux
« canons qui avaient peut-être soutenu les
« charges de la maison du roy, défendu la for-
te mation des troupes prêtes à triompher vers
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 96.02%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 96.02%.
- Auteurs similaires Fonds régional : Poitou-Charentes Fonds régional : Poitou-Charentes /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "PoitouCh1"Ordonnance du Roi, pour le dépôt de recrues des troupes des colonies à l'isle-de-Ré . Du 26 décembre 1774. /ark:/12148/bd6t54205046t.highres Réglement concernant le service de la garde-côte dans les provinces de Poitou, Aunis, Saintonge & isles adjacentes . Du 14 avril 1758 /ark:/12148/bd6t54203968w.highres
-
-
Page
chiffre de pagination vue 1/16
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k61156329/f1.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k61156329/f1.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k61156329/f1.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k61156329/f1.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k61156329
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k61156329
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k61156329/f1.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest