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- .......... Page(s) .......... 16
- Les Saints du diocèse de Contances et Avranches, par M. le Chanoine PIGEON.
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- .......... Page(s) .......... 40
- .......... Page(s) .......... 61
- Les Vendéens dans le département de la Manche, par M. le Chanoine MENARD.
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avec lequel il n'était point tout à fait d'accord. Bref, à chaque géné-
ration, il y avait eu du sang dans la famille. Il s'agit ici des Ravalet
de Tourlaville, qui, comme les Atrides, semblaient voués à la fata-
lité du crime. « Quand le diable passe dans la contrée, il descend
au château de Tourlaville », disait le proverbe.
L'enfant dont nous parlons, Jean Ier de Ravalet, abbé de Hambye,
grand-chantre et vicaire général de Coutances, valut mieux que ses
ancêtres. Il n'eut pas été homme à recevoir le diable chez lui, car
il paraît qu'il le chassait de chez les autres. En effet, il exorcisa à
l'abbaye une femme du pays, Thérèse Lesueur, qu'on disait possé-
dée. Quand à l'église, debout devant la démoniaque agenouillée,
il lui eut posé sur la tête le reliquaire et l'étole ; quand il lui eut
tracé le signe de la croix sur les mains, la poitrine et les lèvres ;
quand il lui eut adressé les paroles du rituel qui mettent en fuite
les démons, il l'aspergea largement d'eau bénite, et alors alors
la femme tomba en syncope et on dut la transporter dans une
chambre voisine. L'histoire ne nous en apprend pas davantage. Le
jeune abbé mourut vers l'âge de trente ans (1580). L'abbaye passa
à son neveu, Jean II de Ravalet, et devint une sorte de fief dans
sa famille.
Jean II de Ravalet fut comme son oncle grand-chantre et vicaire
général de Coutances, comme lui prêtre digne, plus que lui seigneur
magnifique (22). Ami des lettres, il dota le collège de Coutances
d'une rente de six vingt écus pour rétribuer cinq nouveaux pro-
fesseurs « bons et diligents, » et, dans ces temps heureux, le col-
lège put trouver cinq bons professeurs pour six vingt écus (23).
Ami des arts, il fit rebâtir, dans le style capricieux de l'époque, le
château de Tourlaville, dont Théophile Gautier a vanté les pein-
tures, d'une inspiration étrangère à la liturgie diocésaine (24).
Quand il édifiait cette demeure, songeait-il à ses héritiers, à son
neveu Julien, le brillant cavalier, à sa nièce la belle Marguerite ?
Ces deux enfants de son frère avaient le sang des Ravalet dans les
veines. Par sentence du Châtelet, ils furent décapités ensemble en
place de Grève, à Paris, dans l'appareil dramatique du temps, à la
suite d'une aventure qui passionna la cour et la ville, à la suite
d'un roman d'amour dans le goût de ceux de notre compatriote
Barbey d'Aurevilly, un roman où l'inceste s'ajoutait à l'adultère
(2 décembre 1603). Marguerite avait vingt ans, Julien n'en avait
avec lequel il n'était point tout à fait d'accord. Bref, à chaque géné-
ration, il y avait eu du sang dans la famille. Il s'agit ici des Ravalet
de Tourlaville, qui, comme les Atrides, semblaient voués à la fata-
lité du crime. « Quand le diable passe dans la contrée, il descend
au château de Tourlaville », disait le proverbe.
L'enfant dont nous parlons, Jean Ier de Ravalet, abbé de Hambye,
grand-chantre et vicaire général de Coutances, valut mieux que ses
ancêtres. Il n'eut pas été homme à recevoir le diable chez lui, car
il paraît qu'il le chassait de chez les autres. En effet, il exorcisa à
l'abbaye une femme du pays, Thérèse Lesueur, qu'on disait possé-
dée. Quand à l'église, debout devant la démoniaque agenouillée,
il lui eut posé sur la tête le reliquaire et l'étole ; quand il lui eut
tracé le signe de la croix sur les mains, la poitrine et les lèvres ;
quand il lui eut adressé les paroles du rituel qui mettent en fuite
les démons, il l'aspergea largement d'eau bénite, et alors alors
la femme tomba en syncope et on dut la transporter dans une
chambre voisine. L'histoire ne nous en apprend pas davantage. Le
jeune abbé mourut vers l'âge de trente ans (1580). L'abbaye passa
à son neveu, Jean II de Ravalet, et devint une sorte de fief dans
sa famille.
Jean II de Ravalet fut comme son oncle grand-chantre et vicaire
général de Coutances, comme lui prêtre digne, plus que lui seigneur
magnifique (22). Ami des lettres, il dota le collège de Coutances
d'une rente de six vingt écus pour rétribuer cinq nouveaux pro-
fesseurs « bons et diligents, » et, dans ces temps heureux, le col-
lège put trouver cinq bons professeurs pour six vingt écus (23).
Ami des arts, il fit rebâtir, dans le style capricieux de l'époque, le
château de Tourlaville, dont Théophile Gautier a vanté les pein-
tures, d'une inspiration étrangère à la liturgie diocésaine (24).
Quand il édifiait cette demeure, songeait-il à ses héritiers, à son
neveu Julien, le brillant cavalier, à sa nièce la belle Marguerite ?
Ces deux enfants de son frère avaient le sang des Ravalet dans les
veines. Par sentence du Châtelet, ils furent décapités ensemble en
place de Grève, à Paris, dans l'appareil dramatique du temps, à la
suite d'une aventure qui passionna la cour et la ville, à la suite
d'un roman d'amour dans le goût de ceux de notre compatriote
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(2 décembre 1603). Marguerite avait vingt ans, Julien n'en avait
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