Titre : Le Ménestrel : journal de musique
Éditeur : Heugel (Paris)
Date d'édition : 1863-11-15
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344939836
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 44462 Nombre total de vues : 44462
Description : 15 novembre 1863 15 novembre 1863
Description : 1863/11/15 (A30,N50)-1863/11/21. 1863/11/15 (A30,N50)-1863/11/21.
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k56157406
Source : Bibliothèque nationale de France, TOL Non conservé au département des périodiques
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 01/12/2010
398
i,R MÉNESTREL
rien ne put sauver un ouvrage qui n'était pas né viable, et qui ne
put se maintenir longtemps au répertoire.
Pendant les répétitions de Macbeth, M1Ie Cinti paraissait tantôt
dans Moïse, tantôt dans le Siège de Corinthe, tantôt dans le Ros-
signol, qu'elle avait le tort, dit M. Fétis, de faire valoir par la
perfection de son chant. Elle n'avait pas une heure de relâche, et,
selon sa coutume, elle ne manquait pas une représentation, une
rentrée, un début de quelque importance; on la voyait assidue à
tous les spectacles, suivant partout les grands artistes avec le plus
vif intérêt, les admirant, les étudiant avec plaisir et profit. Elle as-
siste au premier début de Mme Pisaroni, qui émerveillait Paris par
l'étendue prodigieuse d'une voix puissante et vibrante dans toutes
ses cordes, par sa méthode incomparable et par son grand style ;
elle y retourne, à la seconde représentation, dans une loge sur le
théâtre pour la voir de plus près. Au troisième début de la célèbre
cantatrice, M" 0 Cinti était toujours à son poste, bien que très-ma-
lade, et faisait prévenir la direction de l'Opéra qu'elle ne jouerait
point le lendemain ; mais on eut grand'peine à l'arracher de sa pe-
tite loge des Italiens d'où elle contemplait et dévorait la Pisaroni,
répétant tout bas ses traits et ses accents profonds, qui lui allaient
droit à l'âme.
Elle avait deux mois de congé pendant lesquels elle donnait des
représentations en province el qui lui rapportaient, tous frais payés,
de 25 à 30,000 fr. C'est pendant l'une de ces tournées qu'elle ren-
contra Dàmoreau, artiste de mérite, qui, après avoir débuté à
l'Opéra-Comique de Paris, s'était fixé à Bruxelles. Mlle Cinti était
partie pour Lille le mardi 10 juillet; elle était montée en voiture à
trois heures du matin, avec sa mère qui l'accompagnait dans tous
ses voyages, elle était à Lille à huit heures du soir; le lendemain,
elle répétait le Rossignol et le Nouveau Seigneur; le jeudi suivant,
elle jouait ces deux ouvrages, et chantait, pendant l'entr'acte, un
air de Meyerbeer. Le vendredi 20 juillet, elle quitte Lille et arrive
à Bruxelles. Là, elle joue plusieurs rôles de son double répertoire
italien et français avec un succès d'enthousiasme. Dàmoreau lui
rend des soins qu'elle agrée, et bientôt il demande sa main.
MmeMontalant, qui adorait sa fille, et qui voyait, non sans de vives
inquiétudes, approcher le moment où elle ne pourrait plus la sui-
vre et la protéger dans ses excursions, à cause de sa santé toujours
mauvaise et très-ébranlée depuis quelque temps, se montra fort
bien disposée pour un parti qui lui paraissait de tout point conve-
nable. Elle engagea et décida sa fille à ne point refuser une offre
qui délivrait ses parents d'un grand souci et lui assurait un guide
et un soutien pour l'avenir. Les paroles furent données. Mlle Cinti,
de retour à Paris vers les premiers jours d'août, reprit son service à
l'Opéra; dans le courant de septembre, elle donna encore quelques
représentations à Rouen, d'où elle revint très-fatiguée, et se trouva
prise tôt. 1j coup d'une indisposition assez grave.Les médecins or-
donnèrent du repos. Enfin, le 15 octobre au soir, comme elle était
fort abattue et fort languissante (elle avait été saignée le matin), on
lui annonça la visite de M. Dàmoreau.
Il arrivait de Belgique et pressait vivement sa fiancée de tenir sa
promesse. Cette union, qui ne devait pas être heureuse, fut con-
tractée sous d'assez tristes auspices. M"° Cinti était très-souffrante ;
elle fut encore très-émue et très-contrariée du peu de succès de
Dàmoreau, qui débuta le vendredi 26 octobre, à l'Opéra, dans Fer-
nand Cortez. Le jugement du public sur le nouveau ténor est assez
bien résumé dans ces lignes de la Revue musicale : « Dàmoreau
est doué d'un physique avantageux, propre à l'emploi qu'il a adopté.
Il s'est fait entendre dans quelques rôles de l'ancien répertoire, et
notamment dans ceux de Cortez, de Lucinius dans la Vestale et de
Polynice dans OEdipe. Il a du feu, de l'énergie et de l'intelligence,
mais il nous paraît manquer des qualités d'un chanteur destiné à
dire delà musique moderne. Dès qu'il veut chanter avec douceur,
sa voix baisse au dessous du ton, et il ne reprend la justesse que
lorsqu'il crie. Quoique Dàmoreau soit jeune, un pareil défaut
semble indiquer une voix usée. L'habitude de chanter en province
et d'obtenir des succès par des éclats de voix lui a vraisembla-
blement forcé le timbre. Il y a du remède à cela, mais il faut du
temps, du repos et un régime de vocalisation tout particulier. Si
Dàmoreau continue à chanter comme il l'a fait jusqu'ici, il n'y aura
bientôt plus de ressource. »
L'amour-propre de la femme dut souffrir d'un pareil échec sur
le théâtre même où elle obtenait de si grands triomphes ; mais son
affection n'en fut pas altérée. Je trouve dans le petit agenda que
j'ai souvent cité, au'mois de novembre 1827, ces deux lignes et ces
deux dates, qui auraient semblé d'un bien sinistre augure à tout
esprit superstitieux : « Vendredi 9, signature du contrat, —
mardi 13, jour de mon mariage. »
Un vendredi et un 13! c'est un rapprochement bien fâcheux-
mais la jeune artiste, qui n'avait point de ces faiblesses, n'y fit
aucune attention, ni alors ni dans la suite.
Cependant, Dàmoreau, médiocrement satisfait de ses débuts
trouvant d'ailleurs que la position de Mlie Cinti n'était pas. digne
d'elle et que ses appointements ne répondaient point aux services
qu'elle rendait, quitta brusquement l'Opéra et emmena sa femme
en Belgique; ce fut presque un enlèvement. La pauvre mère
éprouva un tel chagrin de ce départ précipité qu'elle ne put y sur-
vivre. Sa santé déclina rapidement ; les adieux avaient été cruels,
et Mme Dàmoreau avait emporté de bien douloureux pressenti-
ments. Elle écrivait de Bruxelles par tous les courriers et ne rece-
vait point de réponse; on peut juger de son anxiété et de son'déses-
poir. « Point de lettres! point de lettres!-point de lettres! » écrit-elle
à chaque page de son agenda. Mm° Montalanl s'éteignit le mardi
27 novembre, et la fatale nouvelle n'arriva à sa fille que le vendredi
suivant. « Le plus malheureux jour de ma vie, écrit-elle à cette
date; j'apprends que ma tendre mère n'existe plus : el je n'étais
pas là pour lui fermer les yeux et pour lui demander sa bénédic-
tion ! » On entend le cri du coeur ; on voit encore sur la page frois-
sée la trace d'une larme.
Peu de temps après, et dans tout l'excès de sa douleur, elle dut
se séparer de son mari. Il avait été question d'un engagement au
théâtre de Bruxelles, mais l'affaire n'ayant pu se terminer, elle
partit pour la Hollande, où elle devait donner des représentations
et des concerts. Pour que la pauvre jeune femme ne voyageât pas
seule, en l'état de tristesse et d'accablement où elle était, sa soeur
vint lui tenir compagnie et lui fut d'un grand secours et d'une
grande consolation dans ces tristes circonstances. Ainsi s'écoula
l'année 1827. Mme Dàmoreau eut de très-grands succès à Amster-
dam ; elle donna anssi des concerts à Gand et à Liège, et, la veille
du 1" janvier 1828, elle était à Bruxelles auprès de son mari, qui
écrit de sa main dans ce petit livre où toutes les dates heureuses ou
malheureuses sont religieusement conservées : « Il est minuit; je
souhaite une bonne année à ma chère Laure et je l'embrasse de
tout mon coeur. Dàmoreau. »
La disparition de M"° Cinti avait jeté l'Opéra dans un embarras
extrême; les recettes baissaient, la salle était déserte et les journaux
s'en prenaient à la direction qui n'avait ni prévu ni empêché le
départ de sa première, on disait plus, de sa seule cantatrice. Un
moment, le succès de la Somnambule ramena le public. Ce char-
mant ballet fit une révolution dans la chorégraphie presque égale à
celle qui s'était accomplie dans le chant. On raillait ces pauvres
dieux en déroute et ces héros infortunés de la mythologie et de
l'histoire, qui, ne pouvant plus chanter depuis quelque temps, se
consolaient au moins en dansant. Cette jeune fille, vêtue d'un
simple peignoir, se promenant sur les toits son bougeoir à la main,
portait le coup de grâce à Tithon et à l'Aurore, à Thétis et à Pelée,
à Atys et à Cybèle, chassés du domaine de la danse comme ils
l'avaient été de l'opéra. Le plan de la Somnambule était, comme
on sait, de Scribe, la musique d'Hérold ; les divertissements avaient
été réglés par Aumer, et Cicéri s'était surpassé dans les décorations.
Mais un malheur ne vient jamais seul, dit le proverbe. On fut
obligé d'interrompre les représentations du ballet par un accident
dont personne ne s'était avisé. Mme Montessu, qui mimait admira-
blement la somnambule, se trouva, un beau jour, dans un état si
intéressant qu'elle ne pouvait plus monter sur les toits (1). l
(1) Cependant, MM Dàmoreau poursuivait ses triomphes en province. Elle était P*"*»
choyée, fêtée, applaudie, accablée de bouquets et de couronnts. Je lis dans ses.oar?„|Sl,âi
la date du 31 août 1829. « Voyage à Lyon.» U septembre, Lyon, voir l'entrée du g°nB
Lafayette. — 28 septembre : Femand Cortez, avec Dàmoreau, à Lyon. — 29 septenw
Dîner qui m'a été donné par les artistes du théâtre.
i,R MÉNESTREL
rien ne put sauver un ouvrage qui n'était pas né viable, et qui ne
put se maintenir longtemps au répertoire.
Pendant les répétitions de Macbeth, M1Ie Cinti paraissait tantôt
dans Moïse, tantôt dans le Siège de Corinthe, tantôt dans le Ros-
signol, qu'elle avait le tort, dit M. Fétis, de faire valoir par la
perfection de son chant. Elle n'avait pas une heure de relâche, et,
selon sa coutume, elle ne manquait pas une représentation, une
rentrée, un début de quelque importance; on la voyait assidue à
tous les spectacles, suivant partout les grands artistes avec le plus
vif intérêt, les admirant, les étudiant avec plaisir et profit. Elle as-
siste au premier début de Mme Pisaroni, qui émerveillait Paris par
l'étendue prodigieuse d'une voix puissante et vibrante dans toutes
ses cordes, par sa méthode incomparable et par son grand style ;
elle y retourne, à la seconde représentation, dans une loge sur le
théâtre pour la voir de plus près. Au troisième début de la célèbre
cantatrice, M" 0 Cinti était toujours à son poste, bien que très-ma-
lade, et faisait prévenir la direction de l'Opéra qu'elle ne jouerait
point le lendemain ; mais on eut grand'peine à l'arracher de sa pe-
tite loge des Italiens d'où elle contemplait et dévorait la Pisaroni,
répétant tout bas ses traits et ses accents profonds, qui lui allaient
droit à l'âme.
Elle avait deux mois de congé pendant lesquels elle donnait des
représentations en province el qui lui rapportaient, tous frais payés,
de 25 à 30,000 fr. C'est pendant l'une de ces tournées qu'elle ren-
contra Dàmoreau, artiste de mérite, qui, après avoir débuté à
l'Opéra-Comique de Paris, s'était fixé à Bruxelles. Mlle Cinti était
partie pour Lille le mardi 10 juillet; elle était montée en voiture à
trois heures du matin, avec sa mère qui l'accompagnait dans tous
ses voyages, elle était à Lille à huit heures du soir; le lendemain,
elle répétait le Rossignol et le Nouveau Seigneur; le jeudi suivant,
elle jouait ces deux ouvrages, et chantait, pendant l'entr'acte, un
air de Meyerbeer. Le vendredi 20 juillet, elle quitte Lille et arrive
à Bruxelles. Là, elle joue plusieurs rôles de son double répertoire
italien et français avec un succès d'enthousiasme. Dàmoreau lui
rend des soins qu'elle agrée, et bientôt il demande sa main.
MmeMontalant, qui adorait sa fille, et qui voyait, non sans de vives
inquiétudes, approcher le moment où elle ne pourrait plus la sui-
vre et la protéger dans ses excursions, à cause de sa santé toujours
mauvaise et très-ébranlée depuis quelque temps, se montra fort
bien disposée pour un parti qui lui paraissait de tout point conve-
nable. Elle engagea et décida sa fille à ne point refuser une offre
qui délivrait ses parents d'un grand souci et lui assurait un guide
et un soutien pour l'avenir. Les paroles furent données. Mlle Cinti,
de retour à Paris vers les premiers jours d'août, reprit son service à
l'Opéra; dans le courant de septembre, elle donna encore quelques
représentations à Rouen, d'où elle revint très-fatiguée, et se trouva
prise tôt. 1j coup d'une indisposition assez grave.Les médecins or-
donnèrent du repos. Enfin, le 15 octobre au soir, comme elle était
fort abattue et fort languissante (elle avait été saignée le matin), on
lui annonça la visite de M. Dàmoreau.
Il arrivait de Belgique et pressait vivement sa fiancée de tenir sa
promesse. Cette union, qui ne devait pas être heureuse, fut con-
tractée sous d'assez tristes auspices. M"° Cinti était très-souffrante ;
elle fut encore très-émue et très-contrariée du peu de succès de
Dàmoreau, qui débuta le vendredi 26 octobre, à l'Opéra, dans Fer-
nand Cortez. Le jugement du public sur le nouveau ténor est assez
bien résumé dans ces lignes de la Revue musicale : « Dàmoreau
est doué d'un physique avantageux, propre à l'emploi qu'il a adopté.
Il s'est fait entendre dans quelques rôles de l'ancien répertoire, et
notamment dans ceux de Cortez, de Lucinius dans la Vestale et de
Polynice dans OEdipe. Il a du feu, de l'énergie et de l'intelligence,
mais il nous paraît manquer des qualités d'un chanteur destiné à
dire delà musique moderne. Dès qu'il veut chanter avec douceur,
sa voix baisse au dessous du ton, et il ne reprend la justesse que
lorsqu'il crie. Quoique Dàmoreau soit jeune, un pareil défaut
semble indiquer une voix usée. L'habitude de chanter en province
et d'obtenir des succès par des éclats de voix lui a vraisembla-
blement forcé le timbre. Il y a du remède à cela, mais il faut du
temps, du repos et un régime de vocalisation tout particulier. Si
Dàmoreau continue à chanter comme il l'a fait jusqu'ici, il n'y aura
bientôt plus de ressource. »
L'amour-propre de la femme dut souffrir d'un pareil échec sur
le théâtre même où elle obtenait de si grands triomphes ; mais son
affection n'en fut pas altérée. Je trouve dans le petit agenda que
j'ai souvent cité, au'mois de novembre 1827, ces deux lignes et ces
deux dates, qui auraient semblé d'un bien sinistre augure à tout
esprit superstitieux : « Vendredi 9, signature du contrat, —
mardi 13, jour de mon mariage. »
Un vendredi et un 13! c'est un rapprochement bien fâcheux-
mais la jeune artiste, qui n'avait point de ces faiblesses, n'y fit
aucune attention, ni alors ni dans la suite.
Cependant, Dàmoreau, médiocrement satisfait de ses débuts
trouvant d'ailleurs que la position de Mlie Cinti n'était pas. digne
d'elle et que ses appointements ne répondaient point aux services
qu'elle rendait, quitta brusquement l'Opéra et emmena sa femme
en Belgique; ce fut presque un enlèvement. La pauvre mère
éprouva un tel chagrin de ce départ précipité qu'elle ne put y sur-
vivre. Sa santé déclina rapidement ; les adieux avaient été cruels,
et Mme Dàmoreau avait emporté de bien douloureux pressenti-
ments. Elle écrivait de Bruxelles par tous les courriers et ne rece-
vait point de réponse; on peut juger de son anxiété et de son'déses-
poir. « Point de lettres! point de lettres!-point de lettres! » écrit-elle
à chaque page de son agenda. Mm° Montalanl s'éteignit le mardi
27 novembre, et la fatale nouvelle n'arriva à sa fille que le vendredi
suivant. « Le plus malheureux jour de ma vie, écrit-elle à cette
date; j'apprends que ma tendre mère n'existe plus : el je n'étais
pas là pour lui fermer les yeux et pour lui demander sa bénédic-
tion ! » On entend le cri du coeur ; on voit encore sur la page frois-
sée la trace d'une larme.
Peu de temps après, et dans tout l'excès de sa douleur, elle dut
se séparer de son mari. Il avait été question d'un engagement au
théâtre de Bruxelles, mais l'affaire n'ayant pu se terminer, elle
partit pour la Hollande, où elle devait donner des représentations
et des concerts. Pour que la pauvre jeune femme ne voyageât pas
seule, en l'état de tristesse et d'accablement où elle était, sa soeur
vint lui tenir compagnie et lui fut d'un grand secours et d'une
grande consolation dans ces tristes circonstances. Ainsi s'écoula
l'année 1827. Mme Dàmoreau eut de très-grands succès à Amster-
dam ; elle donna anssi des concerts à Gand et à Liège, et, la veille
du 1" janvier 1828, elle était à Bruxelles auprès de son mari, qui
écrit de sa main dans ce petit livre où toutes les dates heureuses ou
malheureuses sont religieusement conservées : « Il est minuit; je
souhaite une bonne année à ma chère Laure et je l'embrasse de
tout mon coeur. Dàmoreau. »
La disparition de M"° Cinti avait jeté l'Opéra dans un embarras
extrême; les recettes baissaient, la salle était déserte et les journaux
s'en prenaient à la direction qui n'avait ni prévu ni empêché le
départ de sa première, on disait plus, de sa seule cantatrice. Un
moment, le succès de la Somnambule ramena le public. Ce char-
mant ballet fit une révolution dans la chorégraphie presque égale à
celle qui s'était accomplie dans le chant. On raillait ces pauvres
dieux en déroute et ces héros infortunés de la mythologie et de
l'histoire, qui, ne pouvant plus chanter depuis quelque temps, se
consolaient au moins en dansant. Cette jeune fille, vêtue d'un
simple peignoir, se promenant sur les toits son bougeoir à la main,
portait le coup de grâce à Tithon et à l'Aurore, à Thétis et à Pelée,
à Atys et à Cybèle, chassés du domaine de la danse comme ils
l'avaient été de l'opéra. Le plan de la Somnambule était, comme
on sait, de Scribe, la musique d'Hérold ; les divertissements avaient
été réglés par Aumer, et Cicéri s'était surpassé dans les décorations.
Mais un malheur ne vient jamais seul, dit le proverbe. On fut
obligé d'interrompre les représentations du ballet par un accident
dont personne ne s'était avisé. Mme Montessu, qui mimait admira-
blement la somnambule, se trouva, un beau jour, dans un état si
intéressant qu'elle ne pouvait plus monter sur les toits (1). l
(1) Cependant, MM Dàmoreau poursuivait ses triomphes en province. Elle était P*"*»
choyée, fêtée, applaudie, accablée de bouquets et de couronnts. Je lis dans ses.oar?„|Sl,âi
la date du 31 août 1829. « Voyage à Lyon.» U septembre, Lyon, voir l'entrée du g°nB
Lafayette. — 28 septembre : Femand Cortez, avec Dàmoreau, à Lyon. — 29 septenw
Dîner qui m'a été donné par les artistes du théâtre.
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 96.69%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 96.69%.
- Collections numériques similaires Alhoy Maurice Alhoy Maurice /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Alhoy Maurice" or dc.contributor adj "Alhoy Maurice")Répertoire dramatique des auteurs contemporains. I, 7, La belle limonadière, ou Un café en 1720 : comédie-vaudeville en 3 actes / de MM. Valory et Maurice Alhoy... /ark:/12148/bpt6k4226058w.highres Collection d'autographes, de dessins et de portraits de personnages célèbres, français et étrangers, du XVIe au XIXe siècle, formée par Alexandre Bixio. XVIe-XIXe siècle. III. D - F /ark:/12148/btv1b10027296v.highresArago Étienne Arago Étienne /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Arago Étienne" or dc.contributor adj "Arago Étienne") Lepoitevin de L'Égreville Auguste Lepoitevin de L'Égreville Auguste /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Lepoitevin de L'Égreville Auguste" or dc.contributor adj "Lepoitevin de L'Égreville Auguste") Bohain Victor Bohain Victor /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Bohain Victor" or dc.contributor adj "Bohain Victor")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 2/8
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k56157406/f2.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k56157406/f2.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k56157406/f2.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k56157406/f2.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k56157406
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k56157406
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k56157406/f2.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest