Titre : Le Ménestrel : journal de musique
Éditeur : Heugel (Paris)
Date d'édition : 1875-10-24
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344939836
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 44462 Nombre total de vues : 44462
Description : 24 octobre 1875 24 octobre 1875
Description : 1875/10/24 (A41,N47)-1875/10/30. 1875/10/24 (A41,N47)-1875/10/30.
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5615234r
Source : Bibliothèque nationale de France, TOL Non conservé au département des périodiques
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 01/12/2010
2362. — 41fc ANNEE. — N° 47.
Dimanche 24 Octobre I87S.
PARAIT TOUS LES DIMANCHES
(Les Bureaux, 2 bis, rue Vivienne)
(Les manuscrits doivent être adressés, franco au journal, et, publiés ou non, ils ne sont pas rendus aux auteurs.)
MUSIQUE ET THÉÂTRES
J.-L. HEUGEL, Directeur
*$Ss&sgsss3SSS5zm**~*°f' COLLABORATEURS DU JOURNAL
MM. H. BARBEDETTE, GUSTAVE BERTRAND, PAUL BERNARD, FELIX CLEMENT, OSCAR COMETTANT
G. CHOUQUET, E. DAVID, A. DE FORGES, G. DUPREZ, ED. FOURNIER, L. GATAYES
E. GAUTIER, F. GEVAERT, HERZOG, B. JOUVIN, AD. JULLIEN,';P. LACOME, DE LAUZIÈRES, E. LEGOUVÉ
MARMONTEL, H. MORENO, CH. POISOT, A. DE^PONTMARTIN, ARTHUR POUGIN
DE RETZ, G. DE SAINT-VALRY, J.-B. WEKER LIN, VICTOR WILDER & XAVIER AUBRYET. .
Adresser FRANCO à M. J.-L. HEUGEL, directeur du MÉNESTREL, 2 Us, rue Vivienne, les Manuscrits, Lettres et Bons-poste d'abonnement.
Un an, Texte seul : 10 francs, Paris et Province. — Texte et Musique de Chant, 20 fr.; Texte et Musique de Piano, 20 fr., Paris et Province.
Abonnement complet d'un an, Texte, musique de Chant et de Piano, 30 fr., Paris et Province. — Pour l'Étranger, les frais de poste en sus.
SOMMAIRE-TEXTE
il.Les vrais créateurs de l'Opéra français (13° article), ARTHUR POUGIN.—IL Se
; théâtrale: Nouvelles et 1" représentation, aux Variétés, de la Boulangère a dei
1. Les vrais créateurs de 1 Opéra français (13° article], ARTHUR POUGIN.—IL Semaine
théâtrale: Nouvelles et 1" représentation, aux Variétés, de la Boulangère a des écus.
H. MORENO. — III. De l'état actuel de la musique en Italie (3e extrait). Le chevalier
TAK ELEWYCK.— IV. La démission de Mmo Pauline Viardot et sa lettre au directeur
du Conservatoire. H. MORENO, —V. Nouvelles et Nécrologie.
MUSIQUE DE PIANO
î Nos abonnés à la musique de PIANO recevront avec le numéro de ce jour :
POUR TOI
mélodie sans paroles de GUSTAVE LANGE.— Suivra immédiatement : le Retour
\h Printemps, polka de J. SCHINDLER, édition originale de PESTH.
CHANT
i Nous publierons dimanche prochain pour nos abonnés à la musique de CHANT :
) k Médecin et le Dieu d'amour, paroles de FRANÇOIS-CHARLES SIMONIN, musique
; de J.-B. WEKERLIN, chantée par A. 'DÈS ROSEAUX. — Suivra immédiatement la
J canzonetta vénitienne Pauvres amoureux, paroles et musique de D.TAGLIAFICO.
LES VRAIS CRÉATEURS DE L'OPÉRA FRANÇAIS
PERRiN ET CAMBERT
VU (SUITE)
Maigre le succès de Pomone les brocards et les critiques ne
manquèrent point à Perrin, qui subit le sort ordinaire de tous les
novateurs, et dont on prit la peine de discuter l'oeuvre par tous
les bouis. Mais si quelques esprits obstinés s'acharnèrent après
lui, avec raison quant aux détails de celle-ci, à tort quant à son
ensemble et à sa portée, on voit que le public se prononça tout
d'abord en sa faveur, et que Perrin avait bien fait de compter sur
•'appui du grand nombre. C'est encore lui, d'ailleurs, qui va nous
renseigner à ce sujet, et de la façon la plus complète. Voici comme
i's'exprime dans l'avant-propos mis en tète de l'édition du livret
de Pomone ; il va bien un peu loin en ce qui concerne sa défense, au
Point de vue purement littéraire, mais il a toujours incontestable-
ment raison quant au fond même de la question, c'est-à-dire pour
ce qui est de la valeur de la forme théâtrale créée par lui.
bez les premières représentations de cet opéra, mes amis m'averti-
rent que l'on en critiquoit les paroles, et comme ils estoient persuadez
que c'étoit injustement, ils me conseillèrent pour les justifier de les
faire imprimer : je m'en suis deffendu jusqu'icy, en leur représentant
que je n'estois point surpris des mauvais bruits que l'on en faisoit
courir; qu'outre que par une fraude de deux années j'estois tout
accoutumé et tout préparé aux caquets des envieux, des intéressez,
et des ignorans (1), dont le nombre estoit infiny, je ne doutois pas
que la nouveauté de cette poésie lyrique et dramatique tout ensemble
ne frapât d'abord les plus habiles, jusqu'à ce qu'ils en eussent pris
le goust, et qu'à force de réfléchir dessus ils fussent entrez dans
son esprit, d'autant plus qu'ils ne trouveraient pas icyce qu'ils alten-
doient, qui estoit des airs et des chansons de chambre sur des pa-
roles retournées et pleines de redites continuelles, telles que la mu-
sique françoise en a produit jusqu'icy, mais une manière de poësie
originale et sans modèle: que je devois estre content de voir que
contre l'opinion générale j'estois parvenu à ma fin, et que ces vers
si critiquez formoient non seulement un opéra françois, que les
maîtres de l'art soutenoient estre impossible par le deffaut de la lan-
gue et des acteurs; mais, de l'aveu public, le spectacle le plus sur-
prenant et le plus beau que des particuliers ayent donné de nos
jours à la France. Que les plus malintentionnez, après l'avoir veu et
censuré en toutes ses parties, estoient forcez de revenir, et d'avouer
qu'ils ne s'y estoient point ennuyez, et que tout leur chagrin, après
deux heures et demie de représentation, estoit de le voir si-tosl
finir : 'qu'au reste ce n'estoient que des bruits confus et mal articulez,
qui n'aboutissoient qu'à blâmer trois ou quatre vers, dont les expres-
sions, disoit-on, estoient trop basses et trop vulgaires, sans considé-
rer ny les personnes qui parlent, ny les choses auxquelles elles sont
appliquées, et lesquels mêmej'ay changez pour éviter procez, et pour
m'épargner des explications importunes. Que le reste n'estoient que
de fausses plaisanteries, que l'on y crioit, disoit-on, des pommes et
des artichauts, que l'on y parloit de bourriques, et de pareils quoli-
bets, qui ne méritoient pas une réflexion. Qu'enfin je devois estre
consolé d'apprendre que quatre ou cinq de nos plus babiles hommes
en poësie, qui connaissoient par expérience l'art et la difficulté de
composer des paroles pour la musique, ne disoient pas du mal de
celles-cy, et y reprenoient peu de choses, qu'ils çonfessoient encore
estre faciles à corriger.
Mes amis n'ont pas esté satisfaits de ces raisons, et m'ont repré-
(1) Le langage de Perrin indique nettement ici que depuis l'époque où son
projet était devenu aux yeux de tous d'une application certaine de sa part, c'est-
à-dire depuis que son privilège lui avait été octroyé et qu'il s'occupait d'en tirer
parti, il était en butte aux railleries et aux quolibets des uns, aux menées et
aux inimitiés des autres.
Dimanche 24 Octobre I87S.
PARAIT TOUS LES DIMANCHES
(Les Bureaux, 2 bis, rue Vivienne)
(Les manuscrits doivent être adressés, franco au journal, et, publiés ou non, ils ne sont pas rendus aux auteurs.)
MUSIQUE ET THÉÂTRES
J.-L. HEUGEL, Directeur
*$Ss&sgsss3SSS5zm**~*°f' COLLABORATEURS DU JOURNAL
MM. H. BARBEDETTE, GUSTAVE BERTRAND, PAUL BERNARD, FELIX CLEMENT, OSCAR COMETTANT
G. CHOUQUET, E. DAVID, A. DE FORGES, G. DUPREZ, ED. FOURNIER, L. GATAYES
E. GAUTIER, F. GEVAERT, HERZOG, B. JOUVIN, AD. JULLIEN,';P. LACOME, DE LAUZIÈRES, E. LEGOUVÉ
MARMONTEL, H. MORENO, CH. POISOT, A. DE^PONTMARTIN, ARTHUR POUGIN
DE RETZ, G. DE SAINT-VALRY, J.-B. WEKER LIN, VICTOR WILDER & XAVIER AUBRYET. .
Adresser FRANCO à M. J.-L. HEUGEL, directeur du MÉNESTREL, 2 Us, rue Vivienne, les Manuscrits, Lettres et Bons-poste d'abonnement.
Un an, Texte seul : 10 francs, Paris et Province. — Texte et Musique de Chant, 20 fr.; Texte et Musique de Piano, 20 fr., Paris et Province.
Abonnement complet d'un an, Texte, musique de Chant et de Piano, 30 fr., Paris et Province. — Pour l'Étranger, les frais de poste en sus.
SOMMAIRE-TEXTE
il.Les vrais créateurs de l'Opéra français (13° article), ARTHUR POUGIN.—IL Se
; théâtrale: Nouvelles et 1" représentation, aux Variétés, de la Boulangère a dei
1. Les vrais créateurs de 1 Opéra français (13° article], ARTHUR POUGIN.—IL Semaine
théâtrale: Nouvelles et 1" représentation, aux Variétés, de la Boulangère a des écus.
H. MORENO. — III. De l'état actuel de la musique en Italie (3e extrait). Le chevalier
TAK ELEWYCK.— IV. La démission de Mmo Pauline Viardot et sa lettre au directeur
du Conservatoire. H. MORENO, —V. Nouvelles et Nécrologie.
MUSIQUE DE PIANO
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POUR TOI
mélodie sans paroles de GUSTAVE LANGE.— Suivra immédiatement : le Retour
\h Printemps, polka de J. SCHINDLER, édition originale de PESTH.
CHANT
i Nous publierons dimanche prochain pour nos abonnés à la musique de CHANT :
) k Médecin et le Dieu d'amour, paroles de FRANÇOIS-CHARLES SIMONIN, musique
; de J.-B. WEKERLIN, chantée par A. 'DÈS ROSEAUX. — Suivra immédiatement la
J canzonetta vénitienne Pauvres amoureux, paroles et musique de D.TAGLIAFICO.
LES VRAIS CRÉATEURS DE L'OPÉRA FRANÇAIS
PERRiN ET CAMBERT
VU (SUITE)
Maigre le succès de Pomone les brocards et les critiques ne
manquèrent point à Perrin, qui subit le sort ordinaire de tous les
novateurs, et dont on prit la peine de discuter l'oeuvre par tous
les bouis. Mais si quelques esprits obstinés s'acharnèrent après
lui, avec raison quant aux détails de celle-ci, à tort quant à son
ensemble et à sa portée, on voit que le public se prononça tout
d'abord en sa faveur, et que Perrin avait bien fait de compter sur
•'appui du grand nombre. C'est encore lui, d'ailleurs, qui va nous
renseigner à ce sujet, et de la façon la plus complète. Voici comme
i's'exprime dans l'avant-propos mis en tète de l'édition du livret
de Pomone ; il va bien un peu loin en ce qui concerne sa défense, au
Point de vue purement littéraire, mais il a toujours incontestable-
ment raison quant au fond même de la question, c'est-à-dire pour
ce qui est de la valeur de la forme théâtrale créée par lui.
bez les premières représentations de cet opéra, mes amis m'averti-
rent que l'on en critiquoit les paroles, et comme ils estoient persuadez
que c'étoit injustement, ils me conseillèrent pour les justifier de les
faire imprimer : je m'en suis deffendu jusqu'icy, en leur représentant
que je n'estois point surpris des mauvais bruits que l'on en faisoit
courir; qu'outre que par une fraude de deux années j'estois tout
accoutumé et tout préparé aux caquets des envieux, des intéressez,
et des ignorans (1), dont le nombre estoit infiny, je ne doutois pas
que la nouveauté de cette poésie lyrique et dramatique tout ensemble
ne frapât d'abord les plus habiles, jusqu'à ce qu'ils en eussent pris
le goust, et qu'à force de réfléchir dessus ils fussent entrez dans
son esprit, d'autant plus qu'ils ne trouveraient pas icyce qu'ils alten-
doient, qui estoit des airs et des chansons de chambre sur des pa-
roles retournées et pleines de redites continuelles, telles que la mu-
sique françoise en a produit jusqu'icy, mais une manière de poësie
originale et sans modèle: que je devois estre content de voir que
contre l'opinion générale j'estois parvenu à ma fin, et que ces vers
si critiquez formoient non seulement un opéra françois, que les
maîtres de l'art soutenoient estre impossible par le deffaut de la lan-
gue et des acteurs; mais, de l'aveu public, le spectacle le plus sur-
prenant et le plus beau que des particuliers ayent donné de nos
jours à la France. Que les plus malintentionnez, après l'avoir veu et
censuré en toutes ses parties, estoient forcez de revenir, et d'avouer
qu'ils ne s'y estoient point ennuyez, et que tout leur chagrin, après
deux heures et demie de représentation, estoit de le voir si-tosl
finir : 'qu'au reste ce n'estoient que des bruits confus et mal articulez,
qui n'aboutissoient qu'à blâmer trois ou quatre vers, dont les expres-
sions, disoit-on, estoient trop basses et trop vulgaires, sans considé-
rer ny les personnes qui parlent, ny les choses auxquelles elles sont
appliquées, et lesquels mêmej'ay changez pour éviter procez, et pour
m'épargner des explications importunes. Que le reste n'estoient que
de fausses plaisanteries, que l'on y crioit, disoit-on, des pommes et
des artichauts, que l'on y parloit de bourriques, et de pareils quoli-
bets, qui ne méritoient pas une réflexion. Qu'enfin je devois estre
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en poësie, qui connaissoient par expérience l'art et la difficulté de
composer des paroles pour la musique, ne disoient pas du mal de
celles-cy, et y reprenoient peu de choses, qu'ils çonfessoient encore
estre faciles à corriger.
Mes amis n'ont pas esté satisfaits de ces raisons, et m'ont repré-
(1) Le langage de Perrin indique nettement ici que depuis l'époque où son
projet était devenu aux yeux de tous d'une application certaine de sa part, c'est-
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