Titre : Le Petit Parisien : journal quotidien du soir
Éditeur : Le Petit Parisien (Paris)
Date d'édition : 1900-06-15
Contributeur : Roujon, Jacques (1884-1971). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 15 juin 1900 15 juin 1900
Description : 1900/06/15 (Numéro 8631). 1900/06/15 (Numéro 8631).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Source : Bibliothèque nationale de France, Gr Fol-Lc2-3850
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 02/04/2008
ViKOT-CINQUIÈME ANNÉE. N» 8631.
Le numéro centimes
VENDREDI 15 JUIN i900
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Dernière Edition
LUXE ET JNDDSTRIE
Le luxe est devenu un des plus grands
agents de l'industrie et du commerce. Puis-
;qu'il nous est donné, à l'heure actuelle,
d'embrasser d'une vue d'ensemble le su-
blime développement de l'activité univer-
selle, nous pouvons nous rendre compte de
la place que tiennent, à côté des industries
qui répondent aux besoins nécessaires de
la vie, celles qui ont pour but de satisfaire
la coquetterie, le goût du joli et du beau.
Le luxe et le confort, son frère positif, s'éten-
dent, s'implantent, se changent en besoins,
exigent de plus en plus d'efforts, dévorent de
plus en plus de travail, et on demeure surpris,
lorsqu'on approche de près quelqu'une de
ces branches de l'activité laborieuse, de
constater tout ce que chacune des moitiés
du genre humain dépense d'ingéniosité, de
soins et d'argent pour se plaire à elle-même
et plaire à l'autre moitié, pour embellir son
entourage et s'embellir.
C'est un peu une révélation de ce genre
qu'on éprouve lorsqu'on étudie de près
1 une de ces industries, celle des cheveux.
Vraiment, il ne s'agit plus là, tellement
d'intérêts, de métiers, d'existences sont
mis en jeu, d'un sujet badin et léger, bon,
tout au plus, il défrayer la conversation et
la chronique. Pie est trop immense, trop
complexé, cette question d'apparence fri-
vole elle a trop d'attaches trop de gens en
vivent pour qu'elle n'ait pas l'envergure
d'une question économique de tout premier
ordre.
D'abord, elle s'alimente d'une grande
,moisson vivante celle que des marchands
spéciaux pratiquent à époques fixes de l'an-
née dans de nombreuses régions de ta cam-
pagne. Car ce sont les paysannes qui donnent
leurs cheveux pour l'enjolivement des da-
,mes riches. C'est parmi les classes pauvres,
ignorantes souvent de leurs magnifiques
parures naturelles, qu'on doit aller chercher
ces trésors soyeux aux quatre coins de la
France. La cérémonie se passe les jours de
grandes fêtes, alors que beaucoup de fem-
mes sont amenées par la curiosité dans les
places des villes, des bourgs et des villages.
Chose curieuse, c'est par la coquetterie
que le marchand de cheveux attire tes pas-
santes et les convainc de lui vendre leurs
cheveux. Ce n'est jamais une somme d'ar-
gent qu'il leur otlre en échange, mais quel-
que menu ornement de toilette un fichu
en toile ornée d'un arc-en-ciel de dessms,
un bonnet neuf et léger comme un grand
papillon blanc. Les paysannes hésitent, ten-
tées, incertaines, timides. Le marchand est
tellement engageant; il parle si bien et sur-
tout il parle sihaut, que une desécouteuses
s'avance, se décide. Elfe choisit parmi les
colifichets qui l'attirent et l'émerveillent,
puis défait sa ooüfe, laisse ses cheveux
se dérouler sur $es épaules. Les paquets
de cheveux s'entassent dans la caisse
de l'acheteur de chevelures le leude-
main il fera une autre localité proche, et
ainsi de suite, tant que durera la saison
de cette moisson d'un nouveau genre; Et elle
se fait de mai à juin et de septembre it no-
vembre six mois avec un mois d'mter-
ruption pour la vraie moisson en Vendée,
en Bretagne, en Normandie, en Limousin,
en Auvergne el dans les Pyrénées.
Ce n'est toutefois pas sans de multiples
apprêtes, on le devine, que les cheveux pas-
sent de la léte de leurs propriétaires à
celle des poupées de cire des perruquiers.
•%
C'est à ce travail de transformation, qui
intéresse à tant de degrés le monde féminin,
que je voudrais à présent consacrer quel-
ques lignes.
Chaque vendeur va trouver, après son
expédition faite, le courtier pour le compte
duquel il travaille, lui présente les vingt-
cinq ou trente kilos de cheveux, fruit de ses
pérégrinations et de ses boniments enjô-
leurs, les lui vend. Chaque courtier entre
ainsi en possession d'une masse respectable
de chevelures blondes, noires ou rousses,
et se rend, à la saint Jean d'été, à Limoges,
où se tient le grand marché aux cheveux,
fréquenté par les marchands en gros de
Paris et de l'étranger. Il présente sa mar-
chandise, la fait valoir, non sans parfois
avoir verni légèrement les cheveux pour;
leur donner bel air, ou les avoir alourdis
par un enduit subreptice de cire et de
Ne 9. Feuilleton du PETIT PxRtsrg*.
Main Gauche
GRAND ROMAN INÉDIT
raBMrènE partis
SERMENT D'AMOUR
VU (suite)
Us en contournaient la rive, s'étant rencon-
trés non loin d'une petite porte, par laquelle
Raymond de Terrique rentrait après une
course pied dans la campagne, au moment
au Solange qui avait dans le parc, aux arbre»
tentenaires», et aux points de vue splendides
•ur la vallée, ses allées farorites, retournait
vers le château.
C'est vous, Solange. Attendez-moi donc,
petite cousine.
Et. arrivé près d'elle. lui prenant le bras
çu'il passait sous le sien
Si nous faisions un crochet, vers la pièce
d'eau, là-bas. Elle eat si jolie, au coucher
du soleil.
Comme vous voudrez, Raymond.
C'était la première fois que tous deux, ils
arrivaient ainsi au bord de l'étang.
Le jeune homme venait régulièrement à
Métrique deux fois l'an; l'époque de la
thuse, en octobre, et fin avril ou commen-
cement de mai, pour un court séjour auprès
«•l'aïeule.
Et »ctol»re, Solange avait regagné le cou-
vent. et ïtm ncaacee de Piques étant écou-
graisse. C'est environ de 50 il 80 francs le
kilo que s'écoulent les cheveux ainsi vendus
en gros, par vastes sacs d'un demi-quintal.
Il y a une autre source d'alimentation
pour le marché des cheveux. Elle est bien
banale et prosaïque ce sont les démêlures
de cheveux restés aux dents des peignes,
que les chiffonniers trouvent, au cours de
leurs rondes professionnelles, et qu'en gens
sachant le prix de tout ils trient soigneuse-
ment. On aura une idée de l'extension for-
midable du commerce des vrais cheveux,
ou, si l'on préfère, des faux cheveux, quand
on saura que 14,000 kilos de cheveux pro-
venant de démêlures jetées rentrent triom-
phalement dans les maisons de coiffure.
Mais, ces cheveux entassés dans des sacs,
il s'agit d'en faire des crêpés, des nattes,
d'en refaire des chevelures. Un innombra-
ble personnel va s'y employer; quand je
vous disais qu'il s'agissait d'une vaste in-
dustrie Il faut d'abord trier les cheveux un
par un, selon leur nuance et selon leur lon-
gueur. Car les chevelures naturelles ont des
nuancements divers, mais il est admis je
ne sais trep pourquoi que les cheveux
postiches ne doivent pas présenter ce carac-
tère, et qu'ils doivent avoir la même cou-
leur.
Des mèches, on fait des nattes, qu'on en-
roule sur des moules, et qu'on passe à
l'étuve pour les friser. Un procédé un peu
différent donne les crêpés. Il y a la tein-
ture. Les détails infinis de ces manipula-
tions n'ont pas leur place ici.
Mais voici le posticheur. C'estle véritable
créateur de la chevelure artiticielle; les
autres ouvriers et ouvrières lui ont préparé
la besogne. A lui de réunir les mèches, de
tordre les nattes, de disposer les crêpés
selon les ordres de la cliente mondaine ou
de l'artiste.
Il n'emploie que des ouvrières choisies,
les implan teuses. Ce métier délicat convient
fort bien aux femmes, c'est un de ceux où
l'attention, la patience et le goût qui carac-
térisent le travail féminin sont lo plus à
contribution, en même temps qu'il ne ré-
clame pas des femmes un effort matériel
supérieur à celui qu'elles peuvent fournir.
A ce titre autant qu'à lout autre, il est fort
intéressant et mérite mention. Les implan-
teuses peuvent gagner jusqu'à 7 fr. 50 par
jour, à planter, au poinçon, un à un, des
cheveux sur la forme de toile qui remplace
le cuir chevelu
Ce sont ces mêmes implanteuses qui con-
fectionnent les bandeaux postiches, si pré-
cieux pour donner aux physionomies fémi-
nines un air jeune, mystérieux et « artiste ».
Ces bandeaux s'expédient en grande quan-
tité en Pologne une seule maison pari-
sienne en envoie tous les mois 500 kilos
dans ce pays, où les dames juives s'en
servent pour dissimuler aux yeux leurs vé-
ritables cheveux, que leurs maris seuls ont
le droit de voir.
En général, d'ailleurs, et indépendam-
ment de ce cas tout particulier, le travail
de nos ouvriers et ouvrières capillaires
jouit à l'étranger de la plus grande faveur.
On y paye parfois une natte blonde de fa-
brication française, pesant de 80 à 100 gram-
mes, jusqu'à 6,000 francs. Les cheveux
blancs ondulés naturellement et longs coû-
tent encore plus cher il n'est pas rare,
même en France, de ne les obtenir qu'à
10,000 francs le kilo.
Eh bien, malgré la quantité considérable
de cheveux qui passent tous les jours par
les fabriques et les ateliers, la demande est
si considérable que l'industrie s'en élargit
sans cesse, et qu'elle est obligée de deman-
der ailleurs qu en France des chevelures à
changer en perruques. L'Italie nous adresse
du cheveu noir, mais il n'est que peu ap-
pré,cié, à cause de ses reflets rouges; il n'est
bon que pour le décolorage et la teinture.
S'il faut en croire les données d'une ré-
eente statistique, la Belgique expédie an-
nuellement en France 8,000 kilos de che-
veux naturels et la Bohême 3.000 kilos.
Mais la consommation et la manufacture
française en exigent des quantités beaucoup
plus considérables encore, si bien que la
vieille Europe n'y suffit plus et qu'il nous
faut nous adresser à la Chine
Les fameuses nattes des habitants du
Céleste-Empire fournissent un contingent
énorme aux fabricants parisiens, et Mar-
seille ne leur en fournit pas moins de
100,000 kilos chaque année. A vrai dire, le
cbeve» chinois est rude et gros, et. ne peut,
pour la qualité, soutenir la comparaison
lées, Il ne la trouvait point non plus, à sa
visite printanière.
Il y avait donc plusieurs années que le pe
tit-flls et la filleule de la douairière, ne s'é-
taient rencontrés.
Raymond n'avait connu Solange qu'enfant,
c'était alors un personnage qui attirait fort
peu son attention.
Il la retrouvait jeune fille, charmante dans
l'aristocratique finesse de toute sa personne.
Seuls, au milieu de ce parc immense, où
tombait le soir, un bras qui tremblait sur son
bras, une jolie tête qui ne s'écarta point de la
sienne, lorsqu'il la pencha jusqu'à ce que les
cheveux lui frôlassent les lèvres, dans l'effort
énergique qu'il lui fallut faire pour ne point
se laisser aller vis-à-vis de cette créature, que
son innocence même lui livrait, un empor-
tement doublement indigne. il lui échappa
des paroles qu'il pourrait oublier, lui, qn'elle,
elle retiendrait, parce qu'elles mettaient dans
son âme, cet émoi qu apporte dans tout àrne
de jeune fille, t'éclosion de l'amour.
11 n'eut conscience de la vérité, que six mois
plus tard, lorsqu'il revint a Terrique.
Là, encore, pourtant, il subit le charme, et
il ne se rétracta point.
Ce fut, par la suite, quand, sentant le dan-
ger de laisser subsister chez Solange, l'espoir
d'une union qu'il ne désirait poiat, qu'il prit
le parti de lui dire, ce qu'il disait plus tard &
Lisette Gendriu. qu'il ne se marierait jamais.
La jeune dlle ne laissa rien paraître de sa
déception.
Elle souffrit et se tut
Il n'en fut pas de même de madame de Ter-
rique, qui, espérant, elle, cette union, après
avoir arraché un aveu sa filleule, essaya
d'iiifki«B«r son petit-fils.
Raymond ne Tint phta daot le Dauphiae.
avec le cheveu européen. Mais la science t
vite fait de corriger cet inconvénient. La
chimie amincit et colore les cheveux selon
tous les goûts, et les cheveux chinois ne
résistent pas plus à la magie de ses formules
que tous les autres. De quelques nattes
rugueuses, l'oxygène et le détrempage tirent
comme par enchantement de superbes per-
ruques blondes que les spectateurs de nos
théâtres admirent, sur les têtes des artistes,
dans telle pièce bien parisienne.
Qui se serait douté de l'extension d'une
industrie exigeant la mise en branle d'une
armée de racoleurs, de courtiers, de pré
parateurs, d'artistes ? Comme je le disais
en commençant, la satisfaction des be-
soins immédiats cesse d'être l'unique res-
sort de l'activité industrielle et commer-
çante, et il faut compter de plus en plus,
pour donner de l'occupation aux travail-
leurs, ce besoin grandissant de raffine-
ments que la mode et le désir de briller
imposent à tous. La coquetterie est, pour-
rait-on dire, le sourire de la civilisation
c'est un sourire de beauté, c'est aussi un
sourire de bienfaisance.
JEAN FROLLO
LES ÉVÉNEMENTS DE CHINE
Ainsi que les dépêches reçues hier permet-
taient de le prévoir, l'assassinat du chancelier
de la légation japonaise a décidé le Japon à
prendre des mesures énergiques pour coopérer
à l'action des puissances.
Le Japon a déjà à Takou une escadre compo-
sée de six navires de guerre. Un régiment japo-
nais débarquera bientôt dans ce port, destina-
tion de Pékin.
Par suite du mauvais état de la voie ferrée,
on ne croit pas que les troupes européennes ac-
tuellement stationnées à mi-chemin de la capi-
tale de l'empire, puissent arriver à Pékin avant
dimanche.
Disons ce sujet qu'une dépêche dont on lira
plus loin le teste, annonce la présence aux
abords de Pékin d'une grande armée chinoise
dont l'objectif serait d'en interdire l'accès aux
troupes européennes.
Mais l'on n'accorde que peu de créance à cette
nouvello.
Les Célestes n'ignorent pas, en effet, que s'il
surgissait un conflit entre leurs troupes et les
détachements étrangers, l'événement serait des
plus graves et pourrait compromettre l'exis-
tence même de l'empire.
L'Armée chinoise
Londres, 14 juin.
Les journaux publient la dépêche suivante
Shanghaï, 14 juin.
Les généraux chinois Tung-Fu-Sang et Sung-
Chiang, à la tête de 30,000 hommes, avec un grand
nombre de canons, se trouvent il l'extérieur de*
portes de Pékin. Ils construisent des retranche-
ments pour s'opposer il la marche des troupes in-
ternationales.
Des canons sont braqués sur les légations amé-
ricaine, anglaise et japonaise.
Les ministres japonais, américain et russe ont
expédié des courriers à Tien-Tsin, demandant
l'envoi de deux mille hommes de chaque nationa-
lité.
(Cette dépêche se trouve contredite par la dé-
pêche de Pékin que nous avons publiée, et d'après
laquelle l'impératrice aurait donné l'ordre de ne
pas s'opposer à l'entrée des troupes étrangères
Pékin).
Agressions contre Ies Etrangers
New-York, 14 juin.
On apprend l'assassinat du missionnaire amé-
ricain qui dirigeait la station de la Société mé-
thodiste à Tsung-Hua.
Washington, 14 juin.
Un télégramme du ministre américain à Pékin
dit que la sécurité des étrangers sera assurée
lorsque le détachement international qui vient à
Pékin sera arrivé.
D'autres avis portent que deux élèves inter-
prètes de la légation anglaise ayant été attaqués
lundi par la populace, tinrent leurs agresseur
en respect, et, le revolver au poing, parvinrent à
se dégager.
Shanghai. 14 juin.
Le Daity News publie un télégramme de Chun-
King, 13 juin, annonçant que des émeutes ont
éclaté à Yun-Nan-Fou.
Les bâtiments de la mission chinoise ont été
en partie détruits, et ceux des missions catholi-
ques ont été complètement démolis.
La dépêche ajoute que les missions sont en
sûreté dans le Yamen.
Bruxelles, 14 juin.
La Réforme dit que la Société d éludes des
chemins de fer de Chine, dont le siège est t
Bruxelles, a reçu de son ingénieur en chef en
Chine, la confirmation du massacre par les
Boxers de M. Ossent, sujet suisse, et de MM.
Cadeï et Vesaro, sujets italiens, attachés à la
construction du chemin de fer. La sœur de
M. Ossent a été également massacrée. Les cada-
vres ont été retrouvés dans un canal près de
Paarting.
Les autres agents, belges et français, sont ren-
trés à Pékin et à Tien-Tsin, à l'exception de MM.
Baillan et Dillon, dont on n'a pas de nouvelles.
Trois cents hommes, armes par la Société
franco-belge, défendent le tronçon de chemin de
fer où la circulation n'est pas interrompue, sur
une distance de cent milles.
Sa fortune personnelle était dissipée il eut
des dettes.
Il plusieurs reprises, l'aïeule désintéressa
les créanciers intraitables.
Puis elle fit la sourde oreille et ferma sa
bourse.
Sans être absolument brouillés, la douai-
rière et son h4ritier se trouvaient Pn froid,
quand ce dernier annonça ses liancailles avec
Mlle Odette Dtihalier.
La présence de Raymond de Terrique con-
tre ce lit au pied duquel Solange de Boffront
se tenait si triste et si blanche, marquait
l'épilogue de ce drame tout intime, d'une ré-
sistance systématique à l'implacable volonté
que la mort seule allait briser.
Et les minutes fuyaient, les heures.
On alluma les lampes.
Le visage de pierre de la douairière se con-
tracta, ses paupières se soulevérent et ses
yeux apparurent très beaux comme ils étaient
restés, avec cette clarté des derniers instants
de la vie, qui est comme un reflet de l'in-
connu où l'on va entrer.
Ses lèvres remuèrent, pendant que son re-
gard Il attachait à son petit-fils, penché en
même temps que mademoiselle de Boffront,
sur son lit.
Lui, articula
Me reconnaisse! -tous, grand'mère
Les paupière: battirent ce fut Solange qui
répondit
Cela veut dire oui.
Il demaada
Me pardonnet-vous?
Même affirmation muette,
Et Solaoge, exprimant pour la seconde fois
U psnsée de la paralytique
Elle Vous pardonne, elle veut que vous
•oyez heureux. coaua* c'#*i moi mon
plus cher désir.
Sheng, fonctionnaire chinois, qui fut toujours
favorable a l'influence industrielle franco-beige,
0. promis aux familles des victimes qu'elles se-
raient largement indemnisées.
Sur la Route de Pékin
Tien-Tsin, juin.
La voie ferrée est très endommagée. On craint
que texpédition internationale ne puisse arriver
à Pékin avant dimanche.
Des trains amenant des troupes étrangères
arrivent ici toutes les heures.
Le navire de guerre japonais Sutna est arrivé
hier à Takou.
L'expédition internationale commandée par
l'amiral Seymour, qui est arrivée à Lang-Fang, y
séjourne peur le moment.
Tien-Tsin, Juin.
Le corps de troupes russes qui s'était embar-
qué le Il juin à Port-Arthur pour Takon, a dé-
barqué dans ce dernier port et a atteint Tien-
Tsin dans la nuit du 12 juin.
Ce corps de troupes comprend de l'infanterie,
de tR cavalerie, de l'artillerie et du génie. Son
effectif total est de hommes.
Il est oarti ce matin pour Pékin, par terre.
Saint-Pétersbourg, 14 juin.
Indépendamment des soldats russes déjà
partis de Port-ArUiur pour Tien-Tsin, d'autres
troupes complémentaires vont être envoyées
pour les renforcer considérablement.
Hong-Kong, 14 juiu.
Le contingent de la ville de Hong-Kong a reçu
l'ordre de s embarquer demain après-midi pour
Tien-Tsin..
Berlin, 14 juin.
Le grand croiseur le Kaiserin-Augusla eat ar-
rivé aujourd'hui à Tchéfou et partira demain
pour Takou.
L'Attitude du Japon
Yokohama, 14 jaio.
Le Japon envoie en Chine un régiment mixte.
La presse gouvernementale déclare que le
Japon aurait pu, à lui seul, réprimer la révolte
des Boxers, mais qu'il doit d'abord gagner la
confiance des autres puissances et éviter tout
acte de nature à éveiller les soupçons.
Les Projets des Boxers
Vienne, Juin.
La tfeue Presse a interviewé Mgr Anzer, évêque
du Sud-Schan-Toung, en Chine, qui séjourne
actuellement près de Vienne,
Mgr Anzer a dit entre autres choaes
Je connais bien les Boxers. Les journaux
publient de nombreuse* inexactitudes à leur
sujet. Je connais le chef de la secte. U s'appelle
Chan et est lettré.
Il prêche que la dynastie actuelle mandchou
est une dynastie étrangère et doit être rempla-
cée. Le mouvement des Boxers est donc dirigé
surtout contre la dynastie. Chan veut devenir
empereur. Lui-même n'en fait pas de mystère.
La cour de Pékin est aveuglée si elle soutient
secrètement les Boxers dans la pensée qu'ils
sont seulement contre les étrangers.
La secte grandit toujours. Elle s'étend déjà à
de nombreuses parties de la Chine
Il est désirable que les puissances ne se lais-
sent pas abuser par les manœuvres de la cour
de Pékin qui a ses sympathises pour ta cauee des
Boxers.
La Défense des Colonies
Le Sénat et la Chambre des députés ont
travaillé simultanément hier à l'oeuvre de
la défense coloniale, puisque, par une pa-
triotique coïncidence, on votait au Luxem-
bourg la constitution de notre armée d'ou-
tre-mer et, au Palais-Bourbon, la création
de pointa d'appui farlifiés pour notre flotte.
Cette communauté d'efforts des deux As-
semblées montre bien que la question est
beaucoup plus haute qu'une rivalité entre
des départements ministériels. Ce n'est ni
la Guerre, ni la Marine, qui portent la res-
ponsabilité de sauvegarder nos possessions
lointaines, mais bien la France elle-même,
représentée par les pouvoirs publics, qui
doit veiller sur l'intégrité des territoires où
flottent, ses drapeaux.
Dans cette tâche, l'union des forces de
terre et de mer est indispensable. Sans ses
soldats, notre pays ne pourrait exercer sa
souveraineté dans les immenses territoires
du Soudan et de llndo-Chine, et, sans ses
marins, il se verrait, en cas de guerre, im-
puissant à venir au secours de ses colonies.
L'armée coloniale, puisant ses effectifs
dans le grand réservoir humain que fournit
le recrutement, pourra prendre un accrois-
sement nécessaire en s'augmentant de corps
indigènes, à mesure que les populations se
seront davantage assimilées à nous.
La flotte, de son côté, grâce à la fortiflca-
tion de rades où elle pourra se ravitailler
en sécurité, verra son champ d'action s'é-
largir et pourra examiner, en toute liberté,
les meilleurs moyens d'affronter une guerre
maritime.
Avec la vapeur, en effet, tout effort naval
est impossibie à une escadre, à un croiseur,
si un lieu d'abri ne renferme pas du com-
bustible permettant de continuer à naviguer.
Le Partement compte des hommes qui
peuvent différer d'avis sur beaucoup de
choses, qui sont divisés trop souvent mais
on est certain de son concours quand il
Le jeune homme prit les mains de made-
moiselle de Boffront.
Vous êtes un angft. Pourquoi n'ai-je
éprouvé envers vous qu une amitié de frère?
Je l'ai reconnu assez tôt pour ne pas vous ren-
dre à jamais malheureuse, j'aurais fait à vo-
tre égard, le plus mauvais des maris. Merci
de me dire ici que vous me pardonnez.
La mourante maintenant les enveloppait
d'un même regard. dont la tristesse fit place
à une exproestnn si intense et si bizarre, que
les deux jeunes gens se _aU.1 plus trou-
blés.
Une volante désespérée, semblait se eoncen-
trer dans ces prunelles, à la clarté toujours
Immatérielle.
Il y avait en ce cerveau figé par le mal, nue
idée qui essayait en vain de s'exprimer.
Raymond eut l'intuition de ce qu'elle pou-
vait être, en remarquant que les yeux tournés
vers lui avec une sorte de supplication, s'atta-
chaient ensuite obstinément sur mademoi-
selle de Boffront.
Vous êtes inquiète au sujet de Solange*
interrogea-t-il doucement.
Oui.
A quel propos?. ITaveï-votts pas assuré
son avenir
les paupières ne s'abaissèrent plus; la
douloureuse expression s'accentuait.
Vous n'avez pas eu le temps de faire
votre testament
Même immobilité.
ajouta
C'est bien cela que Toua vonle» me dire
le projet que vous aviez formé de l'instituer
votre lé6ataire, n'a pas été exécuta. Est-ce
bien cela?
Oui.
Voua désiret que but et {M voua pos-
sédez, lui revienne 7
s'agit des intérêts nationaux. Il y a de
l'écho, en France, a-t-on dit, lorsqu on pro-
nonce le mot d'honneur, et ce n'est pas en
'vain que le gouvernement s'adresse aux
Chambres, lorsqu'il faut assurer la fortune
des armes de la France.
Le Roi de Suède à, Paris
Le roi de Suède quittera Paris samedi soir
par train spécial, se rendant dans le grand-
duché de Luxembourg, où. il va faire un court
séjour.
Notre hôte doit assiste aujourd'hui à un grand
déjeuner donné en son honneur par M.Delcassé,
au ministère des Affaires étrangères.
Le soir, au Théâtre-Français,- il y aura repré-
sentation de gala; M. Loubet et Oscar Il y
assisteront dans une loge centrale.
Le souverain, empêché par le mauvais temps,
n'est point sorti dans la matinée d'hier.
Après avoir déjeuné au palais, Oscar II a fait
une courte visite, rue de la Faisanderie, chez M.
Akerman, mmistre de Suède, puis il est rentré
avenue Malakoff.
Il a de nouveau quitté le palais vers sept heures
du soir, se rendant à l'Exposition.
Après un dîner offert par le roi dans un éta-
blissement du Clump-de-Mars en l'honneur de
l'infante Eulalie et en compagnie de l'ambdssa-
deur d Espagne, M. Léon y Castillo, et du prince
de Wagram, Oscar Il a fait une courte prome-
nade dans les jardins du Champ-de-Mars.
Puis il s'est rendu à la salle du tètes, illumi-
née en son honneur et où l'attendaient M. Al-
fred Picard) et les membrues du commissariat
général. Une séance de rinématographie a eu
lieu. Le signal des applaudissements a été donné
par Oscar Il après une scène représentant l'as-
saut d'un mur par des chasseurs alpins.
Allons, messieurs, a crié le roi, applaudis-
sons les soldats français t
Au cinématographe a succédé un ballet lumi-
neux donné spécialement pour le suuverain au
palais de l'Electricité.
Après avoir félicité les danseuses de leur grâce
et de leur habileté chorégraphique, Oscar Il a
été conduit par M. Alfred Picard devant la Chd-
teau-d'Eau, dont les fontaines, les cascat elles et
les jets d'eau ont merveilleusement fonctionné
durant une demi-heure,
Enchanté de sa soirée, la roi a vivement re-
mercié le commissaire générai de oes attentions
délicates à son égard. A onze heures et demie
seulement, après une longue et cordiale convër-
traliou avec les personnes présentes, il regagnait
son landau pour rentrer au palais des Souve
rai as.
LE DRAME DEJA RUE WCOLET
Le quartier de Clignancourt a été mis en émoi.
hier après-midi, par un drame sanglant qui n'est
déroulé dans la maison portant te numéro 3 de
la rue Nicolet.
Un mari, récemment séparé de sa femme, a
tenté de tuer cette deruière, puis il s'est 8uieidé
dans les circonstances suivantes.
Union maI assorti»
*ne couturière, Louise Peneyrol, âgéede trente
sept ans. avait fait, il a a quelquoe années, ta
connaissance d'un ouvrier menuisier nommé
Léon Gilbert, àrçc de i)uaraute-cin<] aus, et elle
n'avait pas tarde à unir sa destinée à la sienne.
Cette union était cependant bien mal assortie,
car autant la couturière était travailleuse et
sympathique à tous ceux qui la connaissaient,
autant l'ouvrier menuisier 6tait paresseux, ivro-
gne et brutal.
Dans le courant du mois dernier, Léon Gil-
bert se montra plus insupportable encore que
par le passé, et un soir qu'il avait bu il pénétra
furieux dans le petit logement que le ménage
occupait au numéro 45 de la rue Marcadet.
La couturière, qui avait été retenue a son ate-
lier par un travail presse, préparait très active-
ment le repas de la famille, car il y avait à la
maison deux enfants en bas âge.
Certes, la pauvre femme ne s'attendait pas à
quelque témoignage d'affection, à quelque sen-
timent de commisération, mais elle ne prévoyait
pas non plus 1a scène affreuso qui devait,ee pro-
duire ce soir-là.
Léon Gilbert, en eA'et, se répandit tout d'abord
en injure*; puis, à bout d'arguments, il donna
libre carrière à-ses instincts brutaux; il saisit
un balai et du manche frappa à coups redoublés
sur l'infortunée, qui, habituée, hélas! iL tout
supporter, ne Ut pas entendre la moiadre
plainte.
Mais soudain, le père s'étant approché des
enfants avec la menace à la bouche, elle se ré-
volta.
Les enfants, s'ccria-t-el!o, il ne faut pas y
toucher, tu entends
Et, de son corps, elle protégea les petite, que
la pour affolait dans un coin.
Léon Gilbert si brute qu'il soit, fut désarmé
devant cette défense de la mère, mais, à coups
de pied et de poing il jeta à la porte la pauvre
femme.
Une voisine charitable, Mme Delabarre, s'em-
pressa de recueillir les victimes de l'odieux per-
sonnage, et cette fois, ce fut bien ttni, Louise
Feneyrol ne voulut plus se trouver en présence
du père coupable.
Um Sein» sanglante
Depuis, Léon Gilbert essaya à maintens repri-
ses de dérider la couturière à reprendre la vie
commune, et, pour arriver à ses ftns il usa de
moyens hypocrites qui ne produisirent aucun
effet auprès de son ancienne compagne.
Les choses en étaient là quand hier, vers qua-
tre heures, l'ouvrier menuisier vint frapper a la
porte da l'atelier où travaille la couturière. Cet
atelier, qui appartient à Mme R. est situé au
quatrième étage de la maison portant le n* 3 de
la rue Nicolet
Ce fut Mme Delabarre, la voisine charitable
dont nous parlons plus haut, qui vint ouvrir et
Mme de Tonique ne répondit plus.
Ma marraine ne peut désirer cela, dit la
jeune 511e. elle sait que je ne l'accepterais
pas. EIIe vous a pardonné et etle emporte-
rait un remords si elle vous déshéritait. C'est
bien votre pensée, marraine?
Oui.
Le comte recommença ses interrogations
Cependant, le sort de Solange vous préoc-
eupe eile est sans tortune tous voudriez y
parer!
Oui.
rar uu paiid^c*
Oui.
En lui donnant moitid de ee que vous
possédez?
Oui.
Elle l'aura.
Le battement avait été énergique encore il
n'y en eut pas d'autre.
La clarté étrangement lumineuse s'éteignit
entre les paupières, la prunelle m vitrifia.
La dernière lueur d'lutelligence, la dernière
manifestation vitale qu avait pu exprimer la
comtesse douairière de Terrique, lui permet-
tait d'emporter dans la tombe, la tranquillité
au sujet de cette enfant qu'elle eût voulu voir
devenir sa petite-fille, alors qu'elle l'avait
toujoura aimée avec une tendre»se d*aïeule.
Sans spasme, sans ràle, un souffle faible
glissant entre les lèvres, eüe s'endormit
dans L'éternité.
vm
L'après-midi était écoulée.
Le luneh terminé, tandis que le* maîtres-
d'hôtel débarrassaient le grand salon et la
salle à manger, les Duhalter se retiraient dans
une petite pièce Louis XVI, déttcietuoaicnt
garnie en meubles et étoffes de l'Ofoqae, ins-
tallée pour Odette «4 w eUe. à s* sorti* du
qui, tout de suite, en apercevant Léon i'Jillxirt,
eut un triste pressentiment. il vient pou." faire
un mauvais coup, ponsa-t-elle et etlti lui i^*rr»
résolument le chemin.
Léon Gilbert la repoussa violemmout et, Il?'
tant un revolver de la poche de son veston, il
s'écria.
Si vous persi«tex à m'ioterdire t'entra de
l'alelipr, r'rst vous qui aller y p.ippw
M" '"t. plus ni SI' tenait
blo :̃« un*} feu-
.<̃ >̃.•&̃( à se dé-
vouer puur son amie et. arc-boutée contre la
porte, elle s'opposait de toutes ses forces à l'en-
trée titi réaergumène
Soudain, deux détonations retentirent suivies
d'an cri douloureux.
Mme Delabarre avait été atteinte il. ta joue gau*
che par l'un des projectiles.
Léon Gilbert crut sans doute avoir atteint sa
femme, celle.-ci ayant brusquement qultté sa ca-
chette au moment où il s apprètiut tirer, car
il proféra ce* parolt-s
Je me suis vengé. A mon tour mainténantl
Et, d'appliquant le canon «le son revolver sur la
tempe droite, il appuya sur la gâchette.
Le malheureux tomba comme une masse sur
le plancher, râla quelques instants et rendit la
dernier soupir.
Le bruit des détonations avait mis tous les lo-
cataires en émoi et la foula ne tarda paa à s'a-
masser tnis nombreuse devint la maison du
drame.
M. Garpin, commissaire de police du quartier,
ayant été informe, accourut accompagné de soa
secrétaire, M. Lardaticher, et d'un "nédecin.
Après avoir procddé aux
le magistrat a fait transporter le cadavre au do-
micile du défunt.
Ajoutons qua l'état de Mme Delabarre n'offre
heuruusement aucune inquiétude.
A L'EXPOSITION
L'abaissement de la température a ramena
hier matin à l'Exposition (le prome-
neurs que la chaleur orageuse de cela jours der-
niers avait éloignés.
Bien que le temps fut fort menaçant et que
le» nuages présageassent une pluie prochaine,
les curieux se pressaient en nombre considéra-
hie dans la rue des Nations pour vcir passer le
Préaidsat de la, Hépubliquo dont noua rolatoa*
p ua l»m la visite.
Quant aux critiques que nous formulions ü y
a deux jour», iiouk avons eu te plaisir do cons-
tater qu'elles avaient été prise» en considéra-
lion.
En effet, on s'est décidé à prendre !es mesures
dont nous réclamions l 'application depuis Inor,
les cantonniers du Champ-de-Mars sont occupés'
à sabler convenablement les avenues et à com-
bler les fondrières, cela pour la plus grande sa-
tixftction du public.
Tout est bien qui finit bien ?
Le Président de la République
Suivant le plan tracé à l'avance pour ses pro-
menades officielles à travars l'Exposition, le
Président de la République a visité, hier matin.
plusieurs des palais étrangers de la rue des Na-
tions.
M. Lonbet est arrivé h neuf heures devant la
porte du pont de l'Aima. Dans le landau prési-
dentiel se trouvaient égaiement le général Bail-
loud, secrétaire de U présidence, MM. Combt-
neu, directeur du cabinet civil et le lieutenant-
colonel Nicolas, de la maison militaire de l'Elysée.
Le chef de i'Klat a étA reçu son entrée dans
la rue dea Nations par MM, Millerand, miniatra
du Commerce; Alfred Picard. François Arago,
et par les principales notabilités françaises et
étrangères des sections officielles.
Le cortège a gagné immédiatement le terre-
plein pavois* des pavillon», et la visite a com-
mencé par le palais d<3 la Serbie.
Une Fanfare serbe a saluée l'arrivé du Pré-
sident da la République par l'exécution de la
Marseillaise et de l'hymne national de Serbie.
M. de Camondo, commissaire général, n'ont fuit,
à travers les galeries de aa section, le guide da
Ni. Loubet.
Un service d'honneur, formé de gardien» ser-
bes en coslumc d'apparat, a ensuite conduit la
cortège jusqu'au pavillon de Grèce, dont la cé-
lèbre iorie des fonillcs et les vitrine» de bi-
joux anciens, trouvés dans les tombeaux aiiti»-
ques, ont retenu longtemps l'attention du Prési-
dent et du ministre dn Commerce.
Passant devant la fonte déjà nombreuse des
curieux qui saluaientde leurs acclamations l'ap-
parilian de M. Loubet. le cortège s'est dirigé
vers le palais de la Suède entièrement décoré da
guirlandea fleuries et pavoisé d'oriflammes fran-
çaises et Scandinaves.
Le commiaaaire général, M. 'l'hiel et ses colla-
borateurs ont, tout d'abord, conduit la Prési-
dent de la République et M. Miilerand dans la
salon réserva au roi Oscar. Sur lu registre des-
tiné à marquer tes fastes du pavillon, la signa-
ture de M. Loubet et celle du ministre du Com-
merce se mont ajoutées, sur un feuillet armorié.
Il celle du roi Oscar.
Les diornmas de Stockholm, des nuits boréa-
les, les ateliers des brodeuses d'Ostergolland et
de Maintenus, le salon de tenture des visiteurs
Scandinaves, le local des orfèvres laponais, ont
été ensuite parcourus.
Au milieu de la foule sans cesse grandissant»
et des applaudissements, le Président a prie,
sur le peiistyie du palairi Hcandinavc, congé de
M. Thici pour joiDdre le prince Albert de Mo-
naco et les délégués moneganquefi qui ont guid6
la principauté.
Le prince Aibert est, on lésait, un explorateur
infatigable. A bord de son navire, la Prlneessc-
Aliee, il a sillonné les mer» pour aider aux dé-
couvertes de la science moderne dans le dumaiaa
mystérieux de la faune maritime. C'est expli-
quer pourquoi, sous le charme de ses explica-
tions, la visite du pavillon mon qui ren-
ferme toutes les collections scientifiques du
prince, a été pour M. Loubet et ceux qui l'ac-
couvent et avaient atten du d'abord patiemment
le retour de Raymond de Terrique.
Puis, une géne entre les parents, de l'éner-
veuent chez leur fils.
Leur fille seule, en apparence du moins,
conservait son calme.
C'est absurde cette histoire exclama
Gaston en entendant sept heures sonner, le
dUble m'emporte, si je pensais que tu dîne-
rais entre nous ce soir, en robe de mariée i
Moi non plus, je ne le pensais pas.
Mais j'en prends très bien mon parti.
Odette rrui, dorant une fenêtre, te rideau
soulevé, comme elle l'avait fait dix fois peu-
dant cette trop longue attente, regardait dans
la rue, s'était retournée en prononçant cet
mots.
Elle vint à ses parents, les embrassa l'ua
après l'autre.
Papa ni maman ne s'en plaignent pas.
-*̃ Non certainement, fit le premier; pour-
tant c'est ennuyeux.
J'aipeur, murmura Mme Duhalier, en
retenant dans ses matna la jolie tbta brune.
Odette se dégagea.
Peur de quoi
Que tu sois malheureuse en ménage,
Et la pauvre femme éclata en sanglot».
Gaston poussa un éclat de rire qui sonnait
faux. moins aceptique au fond qu'il ne voulait
en général le paralire, et ayant du reste pour
sa mère, t'adoration d'un ea/ant gixé dont le
coeur est excellent.
voilà maman eë larmes! oh c'est le
comble. parce qu'elle a peur que sa fille soit
malheureuse. Et pourquoi donc serait-elle
malheureuse 7
C'est un mauvais présage, aette mort.
Car saremeat madame de Terri.- ne s'en
Le sais-tu t. Le mariage {aaftd mémo.
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LUXE ET JNDDSTRIE
Le luxe est devenu un des plus grands
agents de l'industrie et du commerce. Puis-
;qu'il nous est donné, à l'heure actuelle,
d'embrasser d'une vue d'ensemble le su-
blime développement de l'activité univer-
selle, nous pouvons nous rendre compte de
la place que tiennent, à côté des industries
qui répondent aux besoins nécessaires de
la vie, celles qui ont pour but de satisfaire
la coquetterie, le goût du joli et du beau.
Le luxe et le confort, son frère positif, s'éten-
dent, s'implantent, se changent en besoins,
exigent de plus en plus d'efforts, dévorent de
plus en plus de travail, et on demeure surpris,
lorsqu'on approche de près quelqu'une de
ces branches de l'activité laborieuse, de
constater tout ce que chacune des moitiés
du genre humain dépense d'ingéniosité, de
soins et d'argent pour se plaire à elle-même
et plaire à l'autre moitié, pour embellir son
entourage et s'embellir.
C'est un peu une révélation de ce genre
qu'on éprouve lorsqu'on étudie de près
1 une de ces industries, celle des cheveux.
Vraiment, il ne s'agit plus là, tellement
d'intérêts, de métiers, d'existences sont
mis en jeu, d'un sujet badin et léger, bon,
tout au plus, il défrayer la conversation et
la chronique. Pie est trop immense, trop
complexé, cette question d'apparence fri-
vole elle a trop d'attaches trop de gens en
vivent pour qu'elle n'ait pas l'envergure
d'une question économique de tout premier
ordre.
D'abord, elle s'alimente d'une grande
,moisson vivante celle que des marchands
spéciaux pratiquent à époques fixes de l'an-
née dans de nombreuses régions de ta cam-
pagne. Car ce sont les paysannes qui donnent
leurs cheveux pour l'enjolivement des da-
,mes riches. C'est parmi les classes pauvres,
ignorantes souvent de leurs magnifiques
parures naturelles, qu'on doit aller chercher
ces trésors soyeux aux quatre coins de la
France. La cérémonie se passe les jours de
grandes fêtes, alors que beaucoup de fem-
mes sont amenées par la curiosité dans les
places des villes, des bourgs et des villages.
Chose curieuse, c'est par la coquetterie
que le marchand de cheveux attire tes pas-
santes et les convainc de lui vendre leurs
cheveux. Ce n'est jamais une somme d'ar-
gent qu'il leur otlre en échange, mais quel-
que menu ornement de toilette un fichu
en toile ornée d'un arc-en-ciel de dessms,
un bonnet neuf et léger comme un grand
papillon blanc. Les paysannes hésitent, ten-
tées, incertaines, timides. Le marchand est
tellement engageant; il parle si bien et sur-
tout il parle sihaut, que une desécouteuses
s'avance, se décide. Elfe choisit parmi les
colifichets qui l'attirent et l'émerveillent,
puis défait sa ooüfe, laisse ses cheveux
se dérouler sur $es épaules. Les paquets
de cheveux s'entassent dans la caisse
de l'acheteur de chevelures le leude-
main il fera une autre localité proche, et
ainsi de suite, tant que durera la saison
de cette moisson d'un nouveau genre; Et elle
se fait de mai à juin et de septembre it no-
vembre six mois avec un mois d'mter-
ruption pour la vraie moisson en Vendée,
en Bretagne, en Normandie, en Limousin,
en Auvergne el dans les Pyrénées.
Ce n'est toutefois pas sans de multiples
apprêtes, on le devine, que les cheveux pas-
sent de la léte de leurs propriétaires à
celle des poupées de cire des perruquiers.
•%
C'est à ce travail de transformation, qui
intéresse à tant de degrés le monde féminin,
que je voudrais à présent consacrer quel-
ques lignes.
Chaque vendeur va trouver, après son
expédition faite, le courtier pour le compte
duquel il travaille, lui présente les vingt-
cinq ou trente kilos de cheveux, fruit de ses
pérégrinations et de ses boniments enjô-
leurs, les lui vend. Chaque courtier entre
ainsi en possession d'une masse respectable
de chevelures blondes, noires ou rousses,
et se rend, à la saint Jean d'été, à Limoges,
où se tient le grand marché aux cheveux,
fréquenté par les marchands en gros de
Paris et de l'étranger. Il présente sa mar-
chandise, la fait valoir, non sans parfois
avoir verni légèrement les cheveux pour;
leur donner bel air, ou les avoir alourdis
par un enduit subreptice de cire et de
Ne 9. Feuilleton du PETIT PxRtsrg*.
Main Gauche
GRAND ROMAN INÉDIT
raBMrènE partis
SERMENT D'AMOUR
VU (suite)
Us en contournaient la rive, s'étant rencon-
trés non loin d'une petite porte, par laquelle
Raymond de Terrique rentrait après une
course pied dans la campagne, au moment
au Solange qui avait dans le parc, aux arbre»
tentenaires», et aux points de vue splendides
•ur la vallée, ses allées farorites, retournait
vers le château.
C'est vous, Solange. Attendez-moi donc,
petite cousine.
Et. arrivé près d'elle. lui prenant le bras
çu'il passait sous le sien
Si nous faisions un crochet, vers la pièce
d'eau, là-bas. Elle eat si jolie, au coucher
du soleil.
Comme vous voudrez, Raymond.
C'était la première fois que tous deux, ils
arrivaient ainsi au bord de l'étang.
Le jeune homme venait régulièrement à
Métrique deux fois l'an; l'époque de la
thuse, en octobre, et fin avril ou commen-
cement de mai, pour un court séjour auprès
«•l'aïeule.
Et »ctol»re, Solange avait regagné le cou-
vent. et ïtm ncaacee de Piques étant écou-
graisse. C'est environ de 50 il 80 francs le
kilo que s'écoulent les cheveux ainsi vendus
en gros, par vastes sacs d'un demi-quintal.
Il y a une autre source d'alimentation
pour le marché des cheveux. Elle est bien
banale et prosaïque ce sont les démêlures
de cheveux restés aux dents des peignes,
que les chiffonniers trouvent, au cours de
leurs rondes professionnelles, et qu'en gens
sachant le prix de tout ils trient soigneuse-
ment. On aura une idée de l'extension for-
midable du commerce des vrais cheveux,
ou, si l'on préfère, des faux cheveux, quand
on saura que 14,000 kilos de cheveux pro-
venant de démêlures jetées rentrent triom-
phalement dans les maisons de coiffure.
Mais, ces cheveux entassés dans des sacs,
il s'agit d'en faire des crêpés, des nattes,
d'en refaire des chevelures. Un innombra-
ble personnel va s'y employer; quand je
vous disais qu'il s'agissait d'une vaste in-
dustrie Il faut d'abord trier les cheveux un
par un, selon leur nuance et selon leur lon-
gueur. Car les chevelures naturelles ont des
nuancements divers, mais il est admis je
ne sais trep pourquoi que les cheveux
postiches ne doivent pas présenter ce carac-
tère, et qu'ils doivent avoir la même cou-
leur.
Des mèches, on fait des nattes, qu'on en-
roule sur des moules, et qu'on passe à
l'étuve pour les friser. Un procédé un peu
différent donne les crêpés. Il y a la tein-
ture. Les détails infinis de ces manipula-
tions n'ont pas leur place ici.
Mais voici le posticheur. C'estle véritable
créateur de la chevelure artiticielle; les
autres ouvriers et ouvrières lui ont préparé
la besogne. A lui de réunir les mèches, de
tordre les nattes, de disposer les crêpés
selon les ordres de la cliente mondaine ou
de l'artiste.
Il n'emploie que des ouvrières choisies,
les implan teuses. Ce métier délicat convient
fort bien aux femmes, c'est un de ceux où
l'attention, la patience et le goût qui carac-
térisent le travail féminin sont lo plus à
contribution, en même temps qu'il ne ré-
clame pas des femmes un effort matériel
supérieur à celui qu'elles peuvent fournir.
A ce titre autant qu'à lout autre, il est fort
intéressant et mérite mention. Les implan-
teuses peuvent gagner jusqu'à 7 fr. 50 par
jour, à planter, au poinçon, un à un, des
cheveux sur la forme de toile qui remplace
le cuir chevelu
Ce sont ces mêmes implanteuses qui con-
fectionnent les bandeaux postiches, si pré-
cieux pour donner aux physionomies fémi-
nines un air jeune, mystérieux et « artiste ».
Ces bandeaux s'expédient en grande quan-
tité en Pologne une seule maison pari-
sienne en envoie tous les mois 500 kilos
dans ce pays, où les dames juives s'en
servent pour dissimuler aux yeux leurs vé-
ritables cheveux, que leurs maris seuls ont
le droit de voir.
En général, d'ailleurs, et indépendam-
ment de ce cas tout particulier, le travail
de nos ouvriers et ouvrières capillaires
jouit à l'étranger de la plus grande faveur.
On y paye parfois une natte blonde de fa-
brication française, pesant de 80 à 100 gram-
mes, jusqu'à 6,000 francs. Les cheveux
blancs ondulés naturellement et longs coû-
tent encore plus cher il n'est pas rare,
même en France, de ne les obtenir qu'à
10,000 francs le kilo.
Eh bien, malgré la quantité considérable
de cheveux qui passent tous les jours par
les fabriques et les ateliers, la demande est
si considérable que l'industrie s'en élargit
sans cesse, et qu'elle est obligée de deman-
der ailleurs qu en France des chevelures à
changer en perruques. L'Italie nous adresse
du cheveu noir, mais il n'est que peu ap-
pré,cié, à cause de ses reflets rouges; il n'est
bon que pour le décolorage et la teinture.
S'il faut en croire les données d'une ré-
eente statistique, la Belgique expédie an-
nuellement en France 8,000 kilos de che-
veux naturels et la Bohême 3.000 kilos.
Mais la consommation et la manufacture
française en exigent des quantités beaucoup
plus considérables encore, si bien que la
vieille Europe n'y suffit plus et qu'il nous
faut nous adresser à la Chine
Les fameuses nattes des habitants du
Céleste-Empire fournissent un contingent
énorme aux fabricants parisiens, et Mar-
seille ne leur en fournit pas moins de
100,000 kilos chaque année. A vrai dire, le
cbeve» chinois est rude et gros, et. ne peut,
pour la qualité, soutenir la comparaison
lées, Il ne la trouvait point non plus, à sa
visite printanière.
Il y avait donc plusieurs années que le pe
tit-flls et la filleule de la douairière, ne s'é-
taient rencontrés.
Raymond n'avait connu Solange qu'enfant,
c'était alors un personnage qui attirait fort
peu son attention.
Il la retrouvait jeune fille, charmante dans
l'aristocratique finesse de toute sa personne.
Seuls, au milieu de ce parc immense, où
tombait le soir, un bras qui tremblait sur son
bras, une jolie tête qui ne s'écarta point de la
sienne, lorsqu'il la pencha jusqu'à ce que les
cheveux lui frôlassent les lèvres, dans l'effort
énergique qu'il lui fallut faire pour ne point
se laisser aller vis-à-vis de cette créature, que
son innocence même lui livrait, un empor-
tement doublement indigne. il lui échappa
des paroles qu'il pourrait oublier, lui, qn'elle,
elle retiendrait, parce qu'elles mettaient dans
son âme, cet émoi qu apporte dans tout àrne
de jeune fille, t'éclosion de l'amour.
11 n'eut conscience de la vérité, que six mois
plus tard, lorsqu'il revint a Terrique.
Là, encore, pourtant, il subit le charme, et
il ne se rétracta point.
Ce fut, par la suite, quand, sentant le dan-
ger de laisser subsister chez Solange, l'espoir
d'une union qu'il ne désirait poiat, qu'il prit
le parti de lui dire, ce qu'il disait plus tard &
Lisette Gendriu. qu'il ne se marierait jamais.
La jeune dlle ne laissa rien paraître de sa
déception.
Elle souffrit et se tut
Il n'en fut pas de même de madame de Ter-
rique, qui, espérant, elle, cette union, après
avoir arraché un aveu sa filleule, essaya
d'iiifki«B«r son petit-fils.
Raymond ne Tint phta daot le Dauphiae.
avec le cheveu européen. Mais la science t
vite fait de corriger cet inconvénient. La
chimie amincit et colore les cheveux selon
tous les goûts, et les cheveux chinois ne
résistent pas plus à la magie de ses formules
que tous les autres. De quelques nattes
rugueuses, l'oxygène et le détrempage tirent
comme par enchantement de superbes per-
ruques blondes que les spectateurs de nos
théâtres admirent, sur les têtes des artistes,
dans telle pièce bien parisienne.
Qui se serait douté de l'extension d'une
industrie exigeant la mise en branle d'une
armée de racoleurs, de courtiers, de pré
parateurs, d'artistes ? Comme je le disais
en commençant, la satisfaction des be-
soins immédiats cesse d'être l'unique res-
sort de l'activité industrielle et commer-
çante, et il faut compter de plus en plus,
pour donner de l'occupation aux travail-
leurs, ce besoin grandissant de raffine-
ments que la mode et le désir de briller
imposent à tous. La coquetterie est, pour-
rait-on dire, le sourire de la civilisation
c'est un sourire de beauté, c'est aussi un
sourire de bienfaisance.
JEAN FROLLO
LES ÉVÉNEMENTS DE CHINE
Ainsi que les dépêches reçues hier permet-
taient de le prévoir, l'assassinat du chancelier
de la légation japonaise a décidé le Japon à
prendre des mesures énergiques pour coopérer
à l'action des puissances.
Le Japon a déjà à Takou une escadre compo-
sée de six navires de guerre. Un régiment japo-
nais débarquera bientôt dans ce port, destina-
tion de Pékin.
Par suite du mauvais état de la voie ferrée,
on ne croit pas que les troupes européennes ac-
tuellement stationnées à mi-chemin de la capi-
tale de l'empire, puissent arriver à Pékin avant
dimanche.
Disons ce sujet qu'une dépêche dont on lira
plus loin le teste, annonce la présence aux
abords de Pékin d'une grande armée chinoise
dont l'objectif serait d'en interdire l'accès aux
troupes européennes.
Mais l'on n'accorde que peu de créance à cette
nouvello.
Les Célestes n'ignorent pas, en effet, que s'il
surgissait un conflit entre leurs troupes et les
détachements étrangers, l'événement serait des
plus graves et pourrait compromettre l'exis-
tence même de l'empire.
L'Armée chinoise
Londres, 14 juin.
Les journaux publient la dépêche suivante
Shanghaï, 14 juin.
Les généraux chinois Tung-Fu-Sang et Sung-
Chiang, à la tête de 30,000 hommes, avec un grand
nombre de canons, se trouvent il l'extérieur de*
portes de Pékin. Ils construisent des retranche-
ments pour s'opposer il la marche des troupes in-
ternationales.
Des canons sont braqués sur les légations amé-
ricaine, anglaise et japonaise.
Les ministres japonais, américain et russe ont
expédié des courriers à Tien-Tsin, demandant
l'envoi de deux mille hommes de chaque nationa-
lité.
(Cette dépêche se trouve contredite par la dé-
pêche de Pékin que nous avons publiée, et d'après
laquelle l'impératrice aurait donné l'ordre de ne
pas s'opposer à l'entrée des troupes étrangères
Pékin).
Agressions contre Ies Etrangers
New-York, 14 juin.
On apprend l'assassinat du missionnaire amé-
ricain qui dirigeait la station de la Société mé-
thodiste à Tsung-Hua.
Washington, 14 juin.
Un télégramme du ministre américain à Pékin
dit que la sécurité des étrangers sera assurée
lorsque le détachement international qui vient à
Pékin sera arrivé.
D'autres avis portent que deux élèves inter-
prètes de la légation anglaise ayant été attaqués
lundi par la populace, tinrent leurs agresseur
en respect, et, le revolver au poing, parvinrent à
se dégager.
Shanghai. 14 juin.
Le Daity News publie un télégramme de Chun-
King, 13 juin, annonçant que des émeutes ont
éclaté à Yun-Nan-Fou.
Les bâtiments de la mission chinoise ont été
en partie détruits, et ceux des missions catholi-
ques ont été complètement démolis.
La dépêche ajoute que les missions sont en
sûreté dans le Yamen.
Bruxelles, 14 juin.
La Réforme dit que la Société d éludes des
chemins de fer de Chine, dont le siège est t
Bruxelles, a reçu de son ingénieur en chef en
Chine, la confirmation du massacre par les
Boxers de M. Ossent, sujet suisse, et de MM.
Cadeï et Vesaro, sujets italiens, attachés à la
construction du chemin de fer. La sœur de
M. Ossent a été également massacrée. Les cada-
vres ont été retrouvés dans un canal près de
Paarting.
Les autres agents, belges et français, sont ren-
trés à Pékin et à Tien-Tsin, à l'exception de MM.
Baillan et Dillon, dont on n'a pas de nouvelles.
Trois cents hommes, armes par la Société
franco-belge, défendent le tronçon de chemin de
fer où la circulation n'est pas interrompue, sur
une distance de cent milles.
Sa fortune personnelle était dissipée il eut
des dettes.
Il plusieurs reprises, l'aïeule désintéressa
les créanciers intraitables.
Puis elle fit la sourde oreille et ferma sa
bourse.
Sans être absolument brouillés, la douai-
rière et son h4ritier se trouvaient Pn froid,
quand ce dernier annonça ses liancailles avec
Mlle Odette Dtihalier.
La présence de Raymond de Terrique con-
tre ce lit au pied duquel Solange de Boffront
se tenait si triste et si blanche, marquait
l'épilogue de ce drame tout intime, d'une ré-
sistance systématique à l'implacable volonté
que la mort seule allait briser.
Et les minutes fuyaient, les heures.
On alluma les lampes.
Le visage de pierre de la douairière se con-
tracta, ses paupières se soulevérent et ses
yeux apparurent très beaux comme ils étaient
restés, avec cette clarté des derniers instants
de la vie, qui est comme un reflet de l'in-
connu où l'on va entrer.
Ses lèvres remuèrent, pendant que son re-
gard Il attachait à son petit-fils, penché en
même temps que mademoiselle de Boffront,
sur son lit.
Lui, articula
Me reconnaisse! -tous, grand'mère
Les paupière: battirent ce fut Solange qui
répondit
Cela veut dire oui.
Il demaada
Me pardonnet-vous?
Même affirmation muette,
Et Solaoge, exprimant pour la seconde fois
U psnsée de la paralytique
Elle Vous pardonne, elle veut que vous
•oyez heureux. coaua* c'#*i moi mon
plus cher désir.
Sheng, fonctionnaire chinois, qui fut toujours
favorable a l'influence industrielle franco-beige,
0. promis aux familles des victimes qu'elles se-
raient largement indemnisées.
Sur la Route de Pékin
Tien-Tsin, juin.
La voie ferrée est très endommagée. On craint
que texpédition internationale ne puisse arriver
à Pékin avant dimanche.
Des trains amenant des troupes étrangères
arrivent ici toutes les heures.
Le navire de guerre japonais Sutna est arrivé
hier à Takou.
L'expédition internationale commandée par
l'amiral Seymour, qui est arrivée à Lang-Fang, y
séjourne peur le moment.
Tien-Tsin, Juin.
Le corps de troupes russes qui s'était embar-
qué le Il juin à Port-Arthur pour Takon, a dé-
barqué dans ce dernier port et a atteint Tien-
Tsin dans la nuit du 12 juin.
Ce corps de troupes comprend de l'infanterie,
de tR cavalerie, de l'artillerie et du génie. Son
effectif total est de hommes.
Il est oarti ce matin pour Pékin, par terre.
Saint-Pétersbourg, 14 juin.
Indépendamment des soldats russes déjà
partis de Port-ArUiur pour Tien-Tsin, d'autres
troupes complémentaires vont être envoyées
pour les renforcer considérablement.
Hong-Kong, 14 juiu.
Le contingent de la ville de Hong-Kong a reçu
l'ordre de s embarquer demain après-midi pour
Tien-Tsin..
Berlin, 14 juin.
Le grand croiseur le Kaiserin-Augusla eat ar-
rivé aujourd'hui à Tchéfou et partira demain
pour Takou.
L'Attitude du Japon
Yokohama, 14 jaio.
Le Japon envoie en Chine un régiment mixte.
La presse gouvernementale déclare que le
Japon aurait pu, à lui seul, réprimer la révolte
des Boxers, mais qu'il doit d'abord gagner la
confiance des autres puissances et éviter tout
acte de nature à éveiller les soupçons.
Les Projets des Boxers
Vienne, Juin.
La tfeue Presse a interviewé Mgr Anzer, évêque
du Sud-Schan-Toung, en Chine, qui séjourne
actuellement près de Vienne,
Mgr Anzer a dit entre autres choaes
Je connais bien les Boxers. Les journaux
publient de nombreuse* inexactitudes à leur
sujet. Je connais le chef de la secte. U s'appelle
Chan et est lettré.
Il prêche que la dynastie actuelle mandchou
est une dynastie étrangère et doit être rempla-
cée. Le mouvement des Boxers est donc dirigé
surtout contre la dynastie. Chan veut devenir
empereur. Lui-même n'en fait pas de mystère.
La cour de Pékin est aveuglée si elle soutient
secrètement les Boxers dans la pensée qu'ils
sont seulement contre les étrangers.
La secte grandit toujours. Elle s'étend déjà à
de nombreuses parties de la Chine
Il est désirable que les puissances ne se lais-
sent pas abuser par les manœuvres de la cour
de Pékin qui a ses sympathises pour ta cauee des
Boxers.
La Défense des Colonies
Le Sénat et la Chambre des députés ont
travaillé simultanément hier à l'oeuvre de
la défense coloniale, puisque, par une pa-
triotique coïncidence, on votait au Luxem-
bourg la constitution de notre armée d'ou-
tre-mer et, au Palais-Bourbon, la création
de pointa d'appui farlifiés pour notre flotte.
Cette communauté d'efforts des deux As-
semblées montre bien que la question est
beaucoup plus haute qu'une rivalité entre
des départements ministériels. Ce n'est ni
la Guerre, ni la Marine, qui portent la res-
ponsabilité de sauvegarder nos possessions
lointaines, mais bien la France elle-même,
représentée par les pouvoirs publics, qui
doit veiller sur l'intégrité des territoires où
flottent, ses drapeaux.
Dans cette tâche, l'union des forces de
terre et de mer est indispensable. Sans ses
soldats, notre pays ne pourrait exercer sa
souveraineté dans les immenses territoires
du Soudan et de llndo-Chine, et, sans ses
marins, il se verrait, en cas de guerre, im-
puissant à venir au secours de ses colonies.
L'armée coloniale, puisant ses effectifs
dans le grand réservoir humain que fournit
le recrutement, pourra prendre un accrois-
sement nécessaire en s'augmentant de corps
indigènes, à mesure que les populations se
seront davantage assimilées à nous.
La flotte, de son côté, grâce à la fortiflca-
tion de rades où elle pourra se ravitailler
en sécurité, verra son champ d'action s'é-
largir et pourra examiner, en toute liberté,
les meilleurs moyens d'affronter une guerre
maritime.
Avec la vapeur, en effet, tout effort naval
est impossibie à une escadre, à un croiseur,
si un lieu d'abri ne renferme pas du com-
bustible permettant de continuer à naviguer.
Le Partement compte des hommes qui
peuvent différer d'avis sur beaucoup de
choses, qui sont divisés trop souvent mais
on est certain de son concours quand il
Le jeune homme prit les mains de made-
moiselle de Boffront.
Vous êtes un angft. Pourquoi n'ai-je
éprouvé envers vous qu une amitié de frère?
Je l'ai reconnu assez tôt pour ne pas vous ren-
dre à jamais malheureuse, j'aurais fait à vo-
tre égard, le plus mauvais des maris. Merci
de me dire ici que vous me pardonnez.
La mourante maintenant les enveloppait
d'un même regard. dont la tristesse fit place
à une exproestnn si intense et si bizarre, que
les deux jeunes gens se _aU.1 plus trou-
blés.
Une volante désespérée, semblait se eoncen-
trer dans ces prunelles, à la clarté toujours
Immatérielle.
Il y avait en ce cerveau figé par le mal, nue
idée qui essayait en vain de s'exprimer.
Raymond eut l'intuition de ce qu'elle pou-
vait être, en remarquant que les yeux tournés
vers lui avec une sorte de supplication, s'atta-
chaient ensuite obstinément sur mademoi-
selle de Boffront.
Vous êtes inquiète au sujet de Solange*
interrogea-t-il doucement.
Oui.
A quel propos?. ITaveï-votts pas assuré
son avenir
les paupières ne s'abaissèrent plus; la
douloureuse expression s'accentuait.
Vous n'avez pas eu le temps de faire
votre testament
Même immobilité.
ajouta
C'est bien cela que Toua vonle» me dire
le projet que vous aviez formé de l'instituer
votre lé6ataire, n'a pas été exécuta. Est-ce
bien cela?
Oui.
Voua désiret que but et {M voua pos-
sédez, lui revienne 7
s'agit des intérêts nationaux. Il y a de
l'écho, en France, a-t-on dit, lorsqu on pro-
nonce le mot d'honneur, et ce n'est pas en
'vain que le gouvernement s'adresse aux
Chambres, lorsqu'il faut assurer la fortune
des armes de la France.
Le Roi de Suède à, Paris
Le roi de Suède quittera Paris samedi soir
par train spécial, se rendant dans le grand-
duché de Luxembourg, où. il va faire un court
séjour.
Notre hôte doit assiste aujourd'hui à un grand
déjeuner donné en son honneur par M.Delcassé,
au ministère des Affaires étrangères.
Le soir, au Théâtre-Français,- il y aura repré-
sentation de gala; M. Loubet et Oscar Il y
assisteront dans une loge centrale.
Le souverain, empêché par le mauvais temps,
n'est point sorti dans la matinée d'hier.
Après avoir déjeuné au palais, Oscar II a fait
une courte visite, rue de la Faisanderie, chez M.
Akerman, mmistre de Suède, puis il est rentré
avenue Malakoff.
Il a de nouveau quitté le palais vers sept heures
du soir, se rendant à l'Exposition.
Après un dîner offert par le roi dans un éta-
blissement du Clump-de-Mars en l'honneur de
l'infante Eulalie et en compagnie de l'ambdssa-
deur d Espagne, M. Léon y Castillo, et du prince
de Wagram, Oscar Il a fait une courte prome-
nade dans les jardins du Champ-de-Mars.
Puis il s'est rendu à la salle du tètes, illumi-
née en son honneur et où l'attendaient M. Al-
fred Picard) et les membrues du commissariat
général. Une séance de rinématographie a eu
lieu. Le signal des applaudissements a été donné
par Oscar Il après une scène représentant l'as-
saut d'un mur par des chasseurs alpins.
Allons, messieurs, a crié le roi, applaudis-
sons les soldats français t
Au cinématographe a succédé un ballet lumi-
neux donné spécialement pour le suuverain au
palais de l'Electricité.
Après avoir félicité les danseuses de leur grâce
et de leur habileté chorégraphique, Oscar Il a
été conduit par M. Alfred Picard devant la Chd-
teau-d'Eau, dont les fontaines, les cascat elles et
les jets d'eau ont merveilleusement fonctionné
durant une demi-heure,
Enchanté de sa soirée, la roi a vivement re-
mercié le commissaire générai de oes attentions
délicates à son égard. A onze heures et demie
seulement, après une longue et cordiale convër-
traliou avec les personnes présentes, il regagnait
son landau pour rentrer au palais des Souve
rai as.
LE DRAME DEJA RUE WCOLET
Le quartier de Clignancourt a été mis en émoi.
hier après-midi, par un drame sanglant qui n'est
déroulé dans la maison portant te numéro 3 de
la rue Nicolet.
Un mari, récemment séparé de sa femme, a
tenté de tuer cette deruière, puis il s'est 8uieidé
dans les circonstances suivantes.
Union maI assorti»
*ne couturière, Louise Peneyrol, âgéede trente
sept ans. avait fait, il a a quelquoe années, ta
connaissance d'un ouvrier menuisier nommé
Léon Gilbert, àrçc de i)uaraute-cin<] aus, et elle
n'avait pas tarde à unir sa destinée à la sienne.
Cette union était cependant bien mal assortie,
car autant la couturière était travailleuse et
sympathique à tous ceux qui la connaissaient,
autant l'ouvrier menuisier 6tait paresseux, ivro-
gne et brutal.
Dans le courant du mois dernier, Léon Gil-
bert se montra plus insupportable encore que
par le passé, et un soir qu'il avait bu il pénétra
furieux dans le petit logement que le ménage
occupait au numéro 45 de la rue Marcadet.
La couturière, qui avait été retenue a son ate-
lier par un travail presse, préparait très active-
ment le repas de la famille, car il y avait à la
maison deux enfants en bas âge.
Certes, la pauvre femme ne s'attendait pas à
quelque témoignage d'affection, à quelque sen-
timent de commisération, mais elle ne prévoyait
pas non plus 1a scène affreuso qui devait,ee pro-
duire ce soir-là.
Léon Gilbert, en eA'et, se répandit tout d'abord
en injure*; puis, à bout d'arguments, il donna
libre carrière à-ses instincts brutaux; il saisit
un balai et du manche frappa à coups redoublés
sur l'infortunée, qui, habituée, hélas! iL tout
supporter, ne Ut pas entendre la moiadre
plainte.
Mais soudain, le père s'étant approché des
enfants avec la menace à la bouche, elle se ré-
volta.
Les enfants, s'ccria-t-el!o, il ne faut pas y
toucher, tu entends
Et, de son corps, elle protégea les petite, que
la pour affolait dans un coin.
Léon Gilbert si brute qu'il soit, fut désarmé
devant cette défense de la mère, mais, à coups
de pied et de poing il jeta à la porte la pauvre
femme.
Une voisine charitable, Mme Delabarre, s'em-
pressa de recueillir les victimes de l'odieux per-
sonnage, et cette fois, ce fut bien ttni, Louise
Feneyrol ne voulut plus se trouver en présence
du père coupable.
Um Sein» sanglante
Depuis, Léon Gilbert essaya à maintens repri-
ses de dérider la couturière à reprendre la vie
commune, et, pour arriver à ses ftns il usa de
moyens hypocrites qui ne produisirent aucun
effet auprès de son ancienne compagne.
Les choses en étaient là quand hier, vers qua-
tre heures, l'ouvrier menuisier vint frapper a la
porte da l'atelier où travaille la couturière. Cet
atelier, qui appartient à Mme R. est situé au
quatrième étage de la maison portant le n* 3 de
la rue Nicolet
Ce fut Mme Delabarre, la voisine charitable
dont nous parlons plus haut, qui vint ouvrir et
Mme de Tonique ne répondit plus.
Ma marraine ne peut désirer cela, dit la
jeune 511e. elle sait que je ne l'accepterais
pas. EIIe vous a pardonné et etle emporte-
rait un remords si elle vous déshéritait. C'est
bien votre pensée, marraine?
Oui.
Le comte recommença ses interrogations
Cependant, le sort de Solange vous préoc-
eupe eile est sans tortune tous voudriez y
parer!
Oui.
rar uu paiid^c*
Oui.
En lui donnant moitid de ee que vous
possédez?
Oui.
Elle l'aura.
Le battement avait été énergique encore il
n'y en eut pas d'autre.
La clarté étrangement lumineuse s'éteignit
entre les paupières, la prunelle m vitrifia.
La dernière lueur d'lutelligence, la dernière
manifestation vitale qu avait pu exprimer la
comtesse douairière de Terrique, lui permet-
tait d'emporter dans la tombe, la tranquillité
au sujet de cette enfant qu'elle eût voulu voir
devenir sa petite-fille, alors qu'elle l'avait
toujoura aimée avec une tendre»se d*aïeule.
Sans spasme, sans ràle, un souffle faible
glissant entre les lèvres, eüe s'endormit
dans L'éternité.
vm
L'après-midi était écoulée.
Le luneh terminé, tandis que le* maîtres-
d'hôtel débarrassaient le grand salon et la
salle à manger, les Duhalter se retiraient dans
une petite pièce Louis XVI, déttcietuoaicnt
garnie en meubles et étoffes de l'Ofoqae, ins-
tallée pour Odette «4 w eUe. à s* sorti* du
qui, tout de suite, en apercevant Léon i'Jillxirt,
eut un triste pressentiment. il vient pou." faire
un mauvais coup, ponsa-t-elle et etlti lui i^*rr»
résolument le chemin.
Léon Gilbert la repoussa violemmout et, Il?'
tant un revolver de la poche de son veston, il
s'écria.
Si vous persi«tex à m'ioterdire t'entra de
l'alelipr, r'rst vous qui aller y p.ippw
M" '"t. plus ni SI' tenait
blo :̃« un*} feu-
.<̃ >̃.•&̃( à se dé-
vouer puur son amie et. arc-boutée contre la
porte, elle s'opposait de toutes ses forces à l'en-
trée titi réaergumène
Soudain, deux détonations retentirent suivies
d'an cri douloureux.
Mme Delabarre avait été atteinte il. ta joue gau*
che par l'un des projectiles.
Léon Gilbert crut sans doute avoir atteint sa
femme, celle.-ci ayant brusquement qultté sa ca-
chette au moment où il s apprètiut tirer, car
il proféra ce* parolt-s
Je me suis vengé. A mon tour mainténantl
Et, d'appliquant le canon «le son revolver sur la
tempe droite, il appuya sur la gâchette.
Le malheureux tomba comme une masse sur
le plancher, râla quelques instants et rendit la
dernier soupir.
Le bruit des détonations avait mis tous les lo-
cataires en émoi et la foula ne tarda paa à s'a-
masser tnis nombreuse devint la maison du
drame.
M. Garpin, commissaire de police du quartier,
ayant été informe, accourut accompagné de soa
secrétaire, M. Lardaticher, et d'un "nédecin.
Après avoir procddé aux
le magistrat a fait transporter le cadavre au do-
micile du défunt.
Ajoutons qua l'état de Mme Delabarre n'offre
heuruusement aucune inquiétude.
A L'EXPOSITION
L'abaissement de la température a ramena
hier matin à l'Exposition (le prome-
neurs que la chaleur orageuse de cela jours der-
niers avait éloignés.
Bien que le temps fut fort menaçant et que
le» nuages présageassent une pluie prochaine,
les curieux se pressaient en nombre considéra-
hie dans la rue des Nations pour vcir passer le
Préaidsat de la, Hépubliquo dont noua rolatoa*
p ua l»m la visite.
Quant aux critiques que nous formulions ü y
a deux jour», iiouk avons eu te plaisir do cons-
tater qu'elles avaient été prise» en considéra-
lion.
En effet, on s'est décidé à prendre !es mesures
dont nous réclamions l 'application depuis Inor,
les cantonniers du Champ-de-Mars sont occupés'
à sabler convenablement les avenues et à com-
bler les fondrières, cela pour la plus grande sa-
tixftction du public.
Tout est bien qui finit bien ?
Le Président de la République
Suivant le plan tracé à l'avance pour ses pro-
menades officielles à travars l'Exposition, le
Président de la République a visité, hier matin.
plusieurs des palais étrangers de la rue des Na-
tions.
M. Lonbet est arrivé h neuf heures devant la
porte du pont de l'Aima. Dans le landau prési-
dentiel se trouvaient égaiement le général Bail-
loud, secrétaire de U présidence, MM. Combt-
neu, directeur du cabinet civil et le lieutenant-
colonel Nicolas, de la maison militaire de l'Elysée.
Le chef de i'Klat a étA reçu son entrée dans
la rue dea Nations par MM, Millerand, miniatra
du Commerce; Alfred Picard. François Arago,
et par les principales notabilités françaises et
étrangères des sections officielles.
Le cortège a gagné immédiatement le terre-
plein pavois* des pavillon», et la visite a com-
mencé par le palais d<3 la Serbie.
Une Fanfare serbe a saluée l'arrivé du Pré-
sident da la République par l'exécution de la
Marseillaise et de l'hymne national de Serbie.
M. de Camondo, commissaire général, n'ont fuit,
à travers les galeries de aa section, le guide da
Ni. Loubet.
Un service d'honneur, formé de gardien» ser-
bes en coslumc d'apparat, a ensuite conduit la
cortège jusqu'au pavillon de Grèce, dont la cé-
lèbre iorie des fonillcs et les vitrine» de bi-
joux anciens, trouvés dans les tombeaux aiiti»-
ques, ont retenu longtemps l'attention du Prési-
dent et du ministre dn Commerce.
Passant devant la fonte déjà nombreuse des
curieux qui saluaientde leurs acclamations l'ap-
parilian de M. Loubet. le cortège s'est dirigé
vers le palais de la Suède entièrement décoré da
guirlandea fleuries et pavoisé d'oriflammes fran-
çaises et Scandinaves.
Le commiaaaire général, M. 'l'hiel et ses colla-
borateurs ont, tout d'abord, conduit la Prési-
dent de la République et M. Miilerand dans la
salon réserva au roi Oscar. Sur lu registre des-
tiné à marquer tes fastes du pavillon, la signa-
ture de M. Loubet et celle du ministre du Com-
merce se mont ajoutées, sur un feuillet armorié.
Il celle du roi Oscar.
Les diornmas de Stockholm, des nuits boréa-
les, les ateliers des brodeuses d'Ostergolland et
de Maintenus, le salon de tenture des visiteurs
Scandinaves, le local des orfèvres laponais, ont
été ensuite parcourus.
Au milieu de la foule sans cesse grandissant»
et des applaudissements, le Président a prie,
sur le peiistyie du palairi Hcandinavc, congé de
M. Thici pour joiDdre le prince Albert de Mo-
naco et les délégués moneganquefi qui ont guid6
la principauté.
Le prince Aibert est, on lésait, un explorateur
infatigable. A bord de son navire, la Prlneessc-
Aliee, il a sillonné les mer» pour aider aux dé-
couvertes de la science moderne dans le dumaiaa
mystérieux de la faune maritime. C'est expli-
quer pourquoi, sous le charme de ses explica-
tions, la visite du pavillon mon qui ren-
ferme toutes les collections scientifiques du
prince, a été pour M. Loubet et ceux qui l'ac-
couvent et avaient atten du d'abord patiemment
le retour de Raymond de Terrique.
Puis, une géne entre les parents, de l'éner-
veuent chez leur fils.
Leur fille seule, en apparence du moins,
conservait son calme.
C'est absurde cette histoire exclama
Gaston en entendant sept heures sonner, le
dUble m'emporte, si je pensais que tu dîne-
rais entre nous ce soir, en robe de mariée i
Moi non plus, je ne le pensais pas.
Mais j'en prends très bien mon parti.
Odette rrui, dorant une fenêtre, te rideau
soulevé, comme elle l'avait fait dix fois peu-
dant cette trop longue attente, regardait dans
la rue, s'était retournée en prononçant cet
mots.
Elle vint à ses parents, les embrassa l'ua
après l'autre.
Papa ni maman ne s'en plaignent pas.
-*̃ Non certainement, fit le premier; pour-
tant c'est ennuyeux.
J'aipeur, murmura Mme Duhalier, en
retenant dans ses matna la jolie tbta brune.
Odette se dégagea.
Peur de quoi
Que tu sois malheureuse en ménage,
Et la pauvre femme éclata en sanglot».
Gaston poussa un éclat de rire qui sonnait
faux. moins aceptique au fond qu'il ne voulait
en général le paralire, et ayant du reste pour
sa mère, t'adoration d'un ea/ant gixé dont le
coeur est excellent.
voilà maman eë larmes! oh c'est le
comble. parce qu'elle a peur que sa fille soit
malheureuse. Et pourquoi donc serait-elle
malheureuse 7
C'est un mauvais présage, aette mort.
Car saremeat madame de Terri.- ne s'en
Le sais-tu t. Le mariage {aaftd mémo.
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