Titre : Le Journal des transports : revue internationale des chemins de fer et de la navigation
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1886-05-22
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328005112
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 22 mai 1886 22 mai 1886
Description : 1886/05/22 (A9,SER3,N21). 1886/05/22 (A9,SER3,N21).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k54728090
Source : Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 4-V-2922
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 23/12/2008
- I
9< ANNEE. - 3« Série— Nu 21 Paraissant le Samedi 22 Mai 1886
SOMMAIRE
I,o ltégimc des Chemins de 1er en Amérique.
Les Tissus des Vosges.
I.e Commerce français dans l'Amérique du Sud.
Les Traverses de Chemins de 1er.
Un nouveau Canal des deux Mers.
Les Chemins de 1er à l'Ktrangcr.
Chronique des Chamhres syndicales : Syndicat maritime de France.
Correspondance : Les quatrièmes Classes.
Informations commerciales.
Revue financière et industrielle.
Supplément :
Iléperlolrc do Jurisprudence : Cas de force majeure.
Tarifs homologués.
Propositions de Tarifs.
LE RÉGIME DES CHEMINS DE FER EN AMÉRIQUE.
M. Arlliur-T. Hadley, commissaire des travaux statis-
tiques de l'Etat de Connecticut, professeur d'économie
politique au Yale-College, et auteur de différents ou-
vrages fort appréciés, vient de publier à New-York, dans
la revue : « The Popular Science Monthly », livraison
de mai 1886, une étude très intéressante sur le régime
des chemins de 1er en général, et particulièrement en
Amérique.
L'élude a pour objet de démontrer combien il est dif-
ficile de réglementer celte matière délicate et de rencon-
trer quelque part un système absolument parfait.
Bien que l'Amérique, pays d'initiative et de liberté,
n'ait point, à l'origine, cru nécessaire d'organiser, d'une
manière quelconque, la construction et l'exploitation de
ses voies ferrées — dont l'immense réseau dépasse ac-
tuellement 480,000 kilomètres — et ait laissé complète-
ment libre celte industrie de civilisation et de progrès,
la concurrence effrénée, résultat d'une railomanie incon-
sidérée, entraîna à sa suite de tels inconvénients qu'il
devint indispensable, pour l'avenir et la sécurité des
Etals, d'y porter promptement remède.
La guerre de tarifs que se livrèrent, en 1882 et 1883.
les puissantes lignes des Etals-l nis — guerre funeste à
tous les intérêts, puisque, d'un côté, un grand nombre
de Compagnies furent ruinées cl tombèrent en faillite,
et que, d'autre part, les tarifs furent relevés, au moyen
de « pools » (sorte d'arrangements entre Compagnies),*une
fois la lutte terminée — cette guerre do tarifs, disons-
nous, commença à faire apprécier les dangers de la con-
currence sans limites, et provoqua, dans le pays, une
émotion salutaire, en ce sens qui; la législature comprit
qu'il était de son devoir d'intervenir dans les agisse-
ments des transporteurs ordinaires — common car-
riers, comme disent les Américains.
Des pétitions furent adressées aux pouvoirs publics,
des bills de réglementation furent étudiés. Mais il n'v
eul pas encore, à ce moment, de résultat appréciable,
sinon la création d'un certain nombre de Commissions
de chemins de 1er, qui fonctionnent présentement dans
les deux tiers environ des Etats de l'Union. Nous on
avons, du reste, donné le détail dans notre numéro du
24 avril dernier.
Malheureusement, si pleines debonne volonté qu'elles
fussent, ces Commissions se troiivèrent impuissantes à
empêcher le retour des faits graves qui avaient amené
leur création. Les guerres de tarifs furent renouvelées
en 1884 et 1885, et dernièrement nous enregistrions les
termes généraux d'un nouveau compromis (pool) formé
entre diverses Compagnies de l'Etal de New-York et
chargé de relever les tarifs à un taux raisonnable et de
les maintenir d'un commun accord à ce niveau constant.
Le pacte n'eut pas une longue durée, une des
plus puissantes lignes arrivant à New-York, celle du
« Baltimore and Ohio Railroad » ayant refusé formellement
d'adhérer à l'association, et continuant, par des abaisse-
ments considérables de tarifs, à attirer le trafic sur son
réseau au détriment des autres.
Dans cette situation, qui pouvait indéfiniment se pro-
longer et se renouveler de mille sortes, il devenait
urgent d'aviser. In bill fut de nouveau présenté au Sénat
des Elats-I'nis et adopté en première lecture. L'immi-
nence d'une seconde délibération de ce bill, dit bill Cul-
lom, justifie l'étude que vient de faire paraître M. Hadley
dans le Popular Science Monthly, étude qui se recom-
mande autant par l'autorité de l'économiste qui l'a faite .
que par la largeur des idées qui y sont émises.
Tout d'abord, M. Hadley pose en principe que, s'il
est vrai qu'un réseau de chemin de fer doive rendre à la
communauté les services qu'elle en réclame, il est utile
aussi ([lie ce chemin de fer soit rémunérateur, c'est-à-
dire paie ses frais fixes (établissement, etc.) et d'exploi-
tation. Il admet cependant que, dans un certain cas,
c'est-à-dire lorsqu'il s'agit de s'assurer un trafic qui ne
pourrait s'obtenir autrement, le réseau établisse des
tarifs qui couvrent un peu plus que ses dépenses d'ex-
ploitation. Mais la plus grande discrétion doit être
apportée dans la jouissance de ces tarifs, « qui amène-
raient la banqueroute s'ils étaient appliqués à la totalité
du trafic ».
Tel est l'esprit qui guide nos Compagnies françaises
dans l'établissement de certains prix de gare à gare,
dont la base ne dépasse souvent pas 2 centimes par
tonne et par kilomètre, c'est-à-dire juste le prix de re-
vient. Il est clair, ainsi que nous l'avons dit maintes
fois et que M. Hadley le fait justement remarquer, que,
si nos Compagnies n'appliquaient, sur leurs réseaux,
que des tarifs à 2 centimes, ce serait la ruine à bref
délai : or la ruine des Compagnies est loin d'èlre la so-
lution désirée de la question des transports à bon
marché.
Aussi bien M. Hadley ne conteste point l'avantage des
tarifs réduits : il nie pourtant que tel soit l'unique voeu
du commerce américain. Ce qu'il demande avant tout,
c'est la régularité et la publicité des tarifs. Le passage
est des plus saillants ; nous le traduisons en entier :
« Pour la généralité du commerce {business co?nmu-
nity), la régularité et la publicité des tarifs sont d'une
importance plus grande que le bon marché pur. Le trafic
peut s'accommoder plus facilement de tarifs élevés que
de tarifs instables; et la concurrence des chemins de fer
rend nécessairement les tarifs instables. Elle lend à les
abaisser au niveau des dépenses d'exploitation, sans
aucun souci des frais fixes. Si elle agit partout —
comme dans le cas du New-York Central et du West
Shore — elle laisse peu ou rien pour payer les frais fixes,
9< ANNEE. - 3« Série— Nu 21 Paraissant le Samedi 22 Mai 1886
SOMMAIRE
I,o ltégimc des Chemins de 1er en Amérique.
Les Tissus des Vosges.
I.e Commerce français dans l'Amérique du Sud.
Les Traverses de Chemins de 1er.
Un nouveau Canal des deux Mers.
Les Chemins de 1er à l'Ktrangcr.
Chronique des Chamhres syndicales : Syndicat maritime de France.
Correspondance : Les quatrièmes Classes.
Informations commerciales.
Revue financière et industrielle.
Supplément :
Iléperlolrc do Jurisprudence : Cas de force majeure.
Tarifs homologués.
Propositions de Tarifs.
LE RÉGIME DES CHEMINS DE FER EN AMÉRIQUE.
M. Arlliur-T. Hadley, commissaire des travaux statis-
tiques de l'Etat de Connecticut, professeur d'économie
politique au Yale-College, et auteur de différents ou-
vrages fort appréciés, vient de publier à New-York, dans
la revue : « The Popular Science Monthly », livraison
de mai 1886, une étude très intéressante sur le régime
des chemins de 1er en général, et particulièrement en
Amérique.
L'élude a pour objet de démontrer combien il est dif-
ficile de réglementer celte matière délicate et de rencon-
trer quelque part un système absolument parfait.
Bien que l'Amérique, pays d'initiative et de liberté,
n'ait point, à l'origine, cru nécessaire d'organiser, d'une
manière quelconque, la construction et l'exploitation de
ses voies ferrées — dont l'immense réseau dépasse ac-
tuellement 480,000 kilomètres — et ait laissé complète-
ment libre celte industrie de civilisation et de progrès,
la concurrence effrénée, résultat d'une railomanie incon-
sidérée, entraîna à sa suite de tels inconvénients qu'il
devint indispensable, pour l'avenir et la sécurité des
Etals, d'y porter promptement remède.
La guerre de tarifs que se livrèrent, en 1882 et 1883.
les puissantes lignes des Etals-l nis — guerre funeste à
tous les intérêts, puisque, d'un côté, un grand nombre
de Compagnies furent ruinées cl tombèrent en faillite,
et que, d'autre part, les tarifs furent relevés, au moyen
de « pools » (sorte d'arrangements entre Compagnies),*une
fois la lutte terminée — cette guerre do tarifs, disons-
nous, commença à faire apprécier les dangers de la con-
currence sans limites, et provoqua, dans le pays, une
émotion salutaire, en ce sens qui; la législature comprit
qu'il était de son devoir d'intervenir dans les agisse-
ments des transporteurs ordinaires — common car-
riers, comme disent les Américains.
Des pétitions furent adressées aux pouvoirs publics,
des bills de réglementation furent étudiés. Mais il n'v
eul pas encore, à ce moment, de résultat appréciable,
sinon la création d'un certain nombre de Commissions
de chemins de 1er, qui fonctionnent présentement dans
les deux tiers environ des Etats de l'Union. Nous on
avons, du reste, donné le détail dans notre numéro du
24 avril dernier.
Malheureusement, si pleines debonne volonté qu'elles
fussent, ces Commissions se troiivèrent impuissantes à
empêcher le retour des faits graves qui avaient amené
leur création. Les guerres de tarifs furent renouvelées
en 1884 et 1885, et dernièrement nous enregistrions les
termes généraux d'un nouveau compromis (pool) formé
entre diverses Compagnies de l'Etal de New-York et
chargé de relever les tarifs à un taux raisonnable et de
les maintenir d'un commun accord à ce niveau constant.
Le pacte n'eut pas une longue durée, une des
plus puissantes lignes arrivant à New-York, celle du
« Baltimore and Ohio Railroad » ayant refusé formellement
d'adhérer à l'association, et continuant, par des abaisse-
ments considérables de tarifs, à attirer le trafic sur son
réseau au détriment des autres.
Dans cette situation, qui pouvait indéfiniment se pro-
longer et se renouveler de mille sortes, il devenait
urgent d'aviser. In bill fut de nouveau présenté au Sénat
des Elats-I'nis et adopté en première lecture. L'immi-
nence d'une seconde délibération de ce bill, dit bill Cul-
lom, justifie l'étude que vient de faire paraître M. Hadley
dans le Popular Science Monthly, étude qui se recom-
mande autant par l'autorité de l'économiste qui l'a faite .
que par la largeur des idées qui y sont émises.
Tout d'abord, M. Hadley pose en principe que, s'il
est vrai qu'un réseau de chemin de fer doive rendre à la
communauté les services qu'elle en réclame, il est utile
aussi ([lie ce chemin de fer soit rémunérateur, c'est-à-
dire paie ses frais fixes (établissement, etc.) et d'exploi-
tation. Il admet cependant que, dans un certain cas,
c'est-à-dire lorsqu'il s'agit de s'assurer un trafic qui ne
pourrait s'obtenir autrement, le réseau établisse des
tarifs qui couvrent un peu plus que ses dépenses d'ex-
ploitation. Mais la plus grande discrétion doit être
apportée dans la jouissance de ces tarifs, « qui amène-
raient la banqueroute s'ils étaient appliqués à la totalité
du trafic ».
Tel est l'esprit qui guide nos Compagnies françaises
dans l'établissement de certains prix de gare à gare,
dont la base ne dépasse souvent pas 2 centimes par
tonne et par kilomètre, c'est-à-dire juste le prix de re-
vient. Il est clair, ainsi que nous l'avons dit maintes
fois et que M. Hadley le fait justement remarquer, que,
si nos Compagnies n'appliquaient, sur leurs réseaux,
que des tarifs à 2 centimes, ce serait la ruine à bref
délai : or la ruine des Compagnies est loin d'èlre la so-
lution désirée de la question des transports à bon
marché.
Aussi bien M. Hadley ne conteste point l'avantage des
tarifs réduits : il nie pourtant que tel soit l'unique voeu
du commerce américain. Ce qu'il demande avant tout,
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importance plus grande que le bon marché pur. Le trafic
peut s'accommoder plus facilement de tarifs élevés que
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