CHE
déliés. 115° S. m. Le chevelu, l'ensemble des divisions
les plus ténues des racines, par lesquelles l'arbre
pompe les sucs nourriciers. On nous a montré, en
Angleterre, une espèce de cresson fort curieux; il
porte plusieurs chevelus dans ses cimes ; lorsque
ceux qui se trouvent à l'une des extrémités de la
masse sont assez longs .pour atteindre au fond de
l'eau, ils y prennent racine, CHATEAUB. Génie, i,
v, M.
— HIST. xne s. Il n'i fist joie ne cheveluz ne chauz
[chauve], Ronc. p. 149. || XIII" s. Se vous sviés passé
le flum Jbrdain, vous n'i atenderiés ne cauf ne ke-
velu, Chr. des Rains, 203. Il n'i remest ne bons ne
maux Fors eulx, ne - chevelox ne eaux [chauve],
Ren/ 12672. || xvi* s. Par l'espaisseur des forets che-
velues , DHBELL. H , 1 s, recto. Allez, fille? de la Nuict,
De longs serpens chevelues, ID. n, 43, recto En
d'aucuns endroits, la vigne donne des chevelues et
des mârgoutes dont on tire de l'argent par chacun
an, o. DE SEHRES, 145. On attend à y mettre la cro-
cete ou la chevelue, après en avoir universellement
desrompu le fonds, ID. 159. Autant se fasche le
chevelu comme le chauve qu'on luy arrache le poil,
MONT. I, 346.
— ËTYM. Cheveu; espagn. cabelludo; ital. capelluto.
CHEVELURE (cheu-ve-lu-r'; voyez à CHEVELU , la
remarque sur la prononciation ; Richelet écrit che-
velure), s.f. |l 1° L'ensemble des cheveux. Avoir
une belle, une longue chevelure. Il n'y avait autre-
fois que ies rois de France qui eussent droit de
chevelure, THIERS, Hist. des perruques, ch. n, dans
RICHELET. Moi aussi, j'aî eu la physionomie dévas-
tée et une chevelure renouvelée.des rois mérovin-
giens, REYBAUD, Jêr. Paturot, i, 1. Grands mâts
rompus, traînant leurs cordages épars, Comme des
chevelures, v. HUGO, Orient. 2. || Enlever la cheve-
lure, .se dit des sauvages de l'Amérique du Nord, qui
enlèvent une portion du cuir chevelu d'un ennemi
vaincu et en font un trophée. Ontalissi et Miscou
qui ont enlevé plus de cent chevelures aux héros
Muscogulges, CHATEAUB.Âtala, 214. || 2" Par ana-
logie et' poétiquement, le feuillage des arbres. La
verte chevelure du pin. Les arbres ont perdu leur
chevelure verte, GODEAU, dans RICHELET. f| 3° Terme
d'astronomie. La chevelure d'une comète, traînée
de matière lumineuse et diffuse qu'elle emporte avec
elle. Une comète dont la chevelure menace la terre,
BALZ. Socr. chrétien, dise. 10. || La Chevelure de Bé-
rénice, constellation de l'hémisphère septentrional.
|| 4" Terme de botanique. Espèce d'aigrette formée
par un faisceau de poils longs et mous qui couron-
nent certaines graines, et qui est inhérent à la tu-
nique propre. ]| Touffe de feuilles qui couronne l'a-
nanas.
— HIST. xie s. [Il] "tranche la coife et la cheve-
leûre, Ch. de Roi. eu. || xiie s. Sa cheveleure bloie,
Ses blansdois Ions et traitis, Coud, p. 120. ||xme s.
C'est une chose moult plaisant Que biauté de cheve-
leure, la Rose, 13785. || xvi° s. Hérissant sa cheve-
lure, DUBELL. in, 78, recto. La vigne sera tous-jours
propre à planter, pourveu qu'elle aie belle cheve-
lure [racines], o. DE SERRES, 189.
— ÉTYM. Picard, carelure; Berry, cheverlure;
provenç. cabelladura; ital. capellatura; du latin
capillatura, de capillus, cheveu (voy. CHEVEU).
f CHEVER (che-vé), o. a. Il 1° Creuser une pierre
précieuse par-dessous, pour affaiblir la couleur lors-
qu'elle est trop forte. j| 2° Rendre concave une pièce
de métal. || 3°Faire subir au verre le chevage. Verr
res chevés, verres pour montres et pendules.
—BIST, xni* s. Prestre Martin se porpensa, Qu'une
grant fosse chevera, Ren. 7408. || xvie s. Nul ne peut
chever ne faire entreprinse sur la chausseure [chaus-
sée] d'icelle ville, Coustumier gén. t. i, p. 528.
— ÉTYM. Chever, ancienne forme de caver (voy.
ce mot).
CHEVET (che-vè ; le t ne se lie pas dans le par-
ler ordinaire; au pluriel l's se lie : les che-vè-zet...;
chevets rime avec traits, succès, jamais), s. m.
|| i° Partie du lit où l'on met la tête. Pecquet était
au chevet de mon lit [me soignait] pour un épouvan-
table, rhume, SÉV. 28. Mme de Mouchi est à son
chevet, ID. 389. || Poétiquement. Dans mon réduit
où l'on voit l'indigence Sans m'éveiller assise à mon
chevet, BÉRANG. Dieu des bonnes' gens. || 2° Sorte d'o-
reiller .allongé qui se met à la tête du lit, autrement
dit traversin. || Fig. Il a trouvé cela sous son chevet,
il l'a rêvé, imaginé ou inventé. Allons sur le chevet
rêver quelque moyen, CORN, le Ment, m, 6. || Être
brouille avec le chevet, ne pouvoir s'endormir, avoir
des insomnies. Je croyais qu'il n'y eût-que les amants
qui fussent brouillés avec le chevet, Femme poussée
à bout, comédie, dans LE ROUX, Dict.com. || Droit
CHE
de chevet, certaine somme qu'un officier des com-
pagnies supérieures payait à ses confrères quand il
se mariait. |j 3° Épée. de- chevet, poignard que l'on
tenait, la nuit, à sa portée. || Fig. Toujours de l'ar-
gent! Voilà leur épée de chevet, de l'argent! MOL.
l'Av. in, 5. || Livre de prédilection, celui qu'on lit
avant de s'endormir. L'Iliade d'Homère était l'épée
de chevet d'Alexandre. || 4° Tout ce qui sert à ap-
puyer la tête pendant le sommeil. Un sac de blé
lui servait de chevet. || Fig. L'insouciance est, en
quelques circonstances, le meilleur des chevets.
||. 5° Partie qui termine le choeur d'une église où
est l'autel, où se célèbrent les mystères, et qui est
souvent plus élevée que ie reste. || 6° Rebord de
plomb, qu'on met aux chéneaux d'un toit, près de
la gouttière, pour empêcher que l'eau ne s'échappe.
|| Lit ou mur d'un filon. || 7° Terme de marine. Gar-
niture pour garantir du frottement. || Terme d'artil-
lerie. Coin de bois propre à faire varier l'inclinaison
du mortier. Gros billot de bois qui, placé sous le der-
rière de l'affût d'un canon, en soutient la culasse.
— HIST. xiii" s. Et soit li caves du lit haus et bien
couvers de dras, ALEBRANT, f° 7. Lors se torna Mer-
lins' lez le chevez, et li consoille moult bas en l'o-
roille, MERLIN, f° 70, verso. Desos le'chevès à l'en-
fant, Grégoire le Grand, p. 22. Monte au chevais à
destre main, Où gist le corps de St. Romain, nu
CANGB, capitium. Que Herodefist martirer, Le chevet
[tête] a glaive trancher, ID. ib. lit se il ne se pueent
concorder, h vallés puet aler en la place au chevet
Saint-Gervais, devant la meson la con rerce, Livre des
met. 132. Frère Yves trouva un livre au chevès du lit
au vieil, JOINV. 260. ||xiv' s. Vostreymage richement
parée et mise haut du chevet de mon lit, MACHAULT,
p. <44. || xvi* s. Le triumvirat, estant de retour au
camp, haussa le chevet à leurs demandes [les ren-
dit plus exigeants], D'AUB. Hist.i, 142. Il les mettoit
la nuict dessous son chevet de lict avec quelques
autres armes, ID. ib. i, 337. Point qui, depuis Phi-
lippe de Commines, n'a esté gueres bien connu par
ceux qui ont écrit, pour n'avoir pas fait leur chevet
au pied des rois, comme lui et moi, ID. ib. H, 345.
Portant quelques chevets de licts sur les murailles,
où ils sejournoient jour et nuict, m. ib. n, 441. Elle
prend son arc turquois, Recoiffe sa tresse blonde,
Met pour chevet son carquois, Puis 's'endort au bruit
de l'onde, RONS. 433.
^- ËTYM. Picard, eavet. La forme régulière est
l'ancienne forme chavais ou chavès, de capitium si-
gnifiant dans le bas-latin chevet d'église, et dans le
latin classique vêtement couvrant la tête, et qui,
ayant l'accent sur pit, donne régulièrement chevais ;
la finale atium, itium donnant d'ordinaire as, ais,
es. Chevet, diminutif de chef, signifie proprement
tête, et a été assimilé par confusion à chevais.
f CHÈVETEAU (chè-ve-tô), s. m. \\ i° Dans un
moulin, grosse pièce de bois, sur laquelle tourne le
tourillon de l'arbre. || 2" Terme de charpenteriè. So-
live d'enchevêtrure.
— ËTYM. Chevet.
CHEYËTRE (che-vê-tr'), s. m. || i° Licou. Chevêtre
de cuir. || 2° Terme de chirurgie. Bandage que l'on
emploie pour maintenir réduites les fractures et les
luxations de l'os maxillaire inférieur. || 3° Terme de
charpenteriè. Pièce de bois dans laquelle on em-
boîte les soliveaux du plancher. || Terme de serrure-
rie. Barre de fer servant de soutien.
— HIST. xi° s. Les altres quatre [chevaux] cha-
ceùrs e palefreiz à freins et à chevestres, Lois do
Guill. 22. || xii" s. En chevestre et en frain lur mai-
xeles [des chevaux] cunstrain [contrains, à l'impé-
ratif] , Liber psalm. p. 39. || XIII" s. Cordier de Paris
si sont quite pour les chavestres que il doivent aus
soumiers lou Roy, Liv. des met. 291. Ne pues-tu pas
trover à vendre Ou hars, ou cordes, ou chevestres?
la Rose, 8779. Li mondes nous assaut à destre et à
senestre ; Et deables chevauchent sans frein et sans
chevestre, J. DE MEUNG. Test. 1428. || xv" s. Lors se
leva la roine et fit lever les six bourgeois [de Calais]
et leur oster les chevestres d'entour leur cou....
PROISS. i, i, 321. Un suaire sur son braz, le che-
vestre au coul et le coustel au poing, AL. CHART.
l'Espérance. Ma chère dame, j'a/un maistre, Un
grand bourgois sy mal chevestre, Que je ne puys à
lui durer, Mir. de Ste Gene.v. ||xvies L'enferme
et clost : et du rude chevestre Lye son col, qui n'a
mérité d'estre Ainsi traicté, MAROT, IV, 4e. Il va
prendre le chevestre de son mulet, qui estait de
cordes, lequel il vint approprier au col de sa femme,
YVER, p. 647.
— ËTYM. Provenç. cabesire; espagn. cabestro;
ital. capestro ; du latin capislrum, de capere,
prendre (voy. CAPABLE).
CHE
597
fCEEVÊTRIER (che-vê-tri-é), s.-m. Pièce qui
sert de support à un tourillon. || Solive d'encheyê-? „
trure.
— ÉTYM. Chevêtre.
CHEVEU (che-veu; le pluriel cheveux se pro-
nonce che-veû, c'est-à-dire le singulier comme feu,
et le pluriel comme feux), s. m. |] i° Poil particulier
à la partie de la peau qui recouvre le crâne dans l'es-
pèce humaine. De beaux cheveux. Des cheveux bou-
clés. Touffe, poignée, boucles, tresses de cheveux.
Cheveux d'ébène. Fin comme un cheveu. Les che-
veux comme les ongles n'acquièrent dé l'accroisse-
ment que du côté de la racine. Les Gaulois portaient
de grands cheveux; mais quand la monarchie fran-
çaise fut bien établie, les. Français les portaient
courts, et il n'y avait que les rois et les princes du
sang qui les portassent longs, THIERS, Hist. des per-
ruques, ch. n, dans RICHELET. Les ridicules aven-
tures D'un amoureux en cheveux gris, MALH. m, 3.
Je sais que les uns lui mettront, Comme à toi, les
rides au front, Et feront à sa tresse blonde Même
outrage qu'à tes cheveux, ID. iv, 10. Ils récitent
force prières, ils portent les cheveux courts, DESC.
Pass. 190. Jusqu'ici la fortune et la victoire mêmes •
Cachaient mes cheveux blancs sous trente diadèmes,
RAC. ilithrid. ni, 5. Quelle importune main, en for-
mant tous ces noeuds, A pris soin sur mon front
d'assembler mes cheveux? ID. Phèdre, i, 3. Et qu'une
main savante avec tant d'artifice Bâtit de ses.che-
veux l'élégant édifice, BOIL. Sat. x. J'aime en lui ces
cheveux tout couverts de lauriers, CORN. Sertor.
n, 1. Touche ces cheveux blancs à qui tu rends
l'honneur, m. Cid, ni, 6. || Familièrement. Il ne
lui a pas touché un cheveu,, se dit pour exprimer
qu'il n'a pas porté sa main sur lui ou sur elle, soit
pour battre, soit pour faire quelque tentative trop libre.
|| C'est la sagesse qui lui a fait tomber les cheveux,
se dit par antiphrase de quelqu'un qui a perdu ses
cheveux pour n'avoir pas été suffisamment sage,
réglé dans sa conduite, à cause qu'une opinion vul-
gaire attribue aux excès une calvitie prématurée.
C'est mon avis, moi de qui la sagesse A fait tomber
tous les cheveux, BÉRANG. If es cheveux. || Être coiffé
en cheveux, n'avoir pour coiffure que ses cheveux
arrangés dételle ou telle façon. Dans ie même sens,
être en cheveux. On dit- aussi, sans le verbe être :
Cette femme ne se tient pas bien, elle sort en che-
veux. || Faux cheveux, ceux qui ne tiennent pas à la
tête, mais qui y sont appliqués en tresses, tours ou
perruques. || Tour de cheveux, bandeaux de faux che-
veux que les femmes portaient, par devant en place
des leurs. || Se prendre aux cheveux', se dit de
gens qui, dans une rixe, se saisissent par les che-
veux, lisse prennent, ils se tiennent aux cheveux.
|| Fig. Se prendre aux cheveux,- discuter avec une
grande animosité. Les mères, les maris me pren-
dront aux cheveux, Pour dix ou douze contes bleus,
LA FONT. Oies. || Prendre une occasion aux cheveux,
ne pas la manquer. C'est une occasion qu'il faut
prendre vite aux cheveux, MOL. l'Av. i, 1- Locution
qui vient de ce que les anciens représentaient l'oc-
casion chevelue par devant et chauve derrière;
lorsqu'on l'avait laissée passer, on ne pouvait plus
la saisir par les cheveux. || S'arracher les cheveux,
arracher ses cheveux ; et fig. être en proie à un vio<
lent désespoir. Livré au désespoir, il s'arrache les
cheveux, TÊN. Tél. xiv. || Faire dresser les cheveux
à la tête, ou, simplement, faire dresser les che-
veux, faire horreur. Les cheveux me dressent à la
tête, je suis saisi d'horreur; Chaque mot sur mon
front fait dresser mes cheveux, RAC. Phèd. iv, 6.
Des passages qui font dresser les cheveux à la tête
des simples, PASC. Prov. 15. Une terreur qui me fit
dresser les cheveux, J. J. EOUSS. Ém. H. Dans le
songe d'Énée, le silence d'Hector, son soupir suivi
du: fuge, eripe flammis, font dresser les cheveux
sur la tête, CHATEAUB. Génie, n, v, 11. || Fa-
milièrement. Il ne s'en faut pas da l'épaisseur d'un
cheveu, il s'en faut très-peu. Vendôme, après avoir
mis le roi d'Espagne à un cheveu de sa perte, man-
qua encore de finir la guerre d'un seul coup, en dé-
truisant l'armée de Staremberg, ST-SIM. 283, 100,
|| Fendre, couper un cheveu en quatre, subtiliser.
Je l'ai dit du duc de Chevreuse, je le répète ici da
ce chancelier [d'Aguesseau], il coupait un cheveu
en quatre, ST-SIM. 463, 123. || Raisonnement tiré
par les cheveux, raisonnement forcé, péniblement
déduit. Il y a d'autres figures qui semblent un peu
tirées par les cheveux, PASC. Fig. 10. C'eût été trop
tirer les choses par les cheveux, BOSS. Lett._ quiét.
97. || Populairement, avoir de beaux cheveux sa
dit ironiquement pour être dans une position ou un
état misérable, même en parlant des choses.
déliés. 115° S. m. Le chevelu, l'ensemble des divisions
les plus ténues des racines, par lesquelles l'arbre
pompe les sucs nourriciers. On nous a montré, en
Angleterre, une espèce de cresson fort curieux; il
porte plusieurs chevelus dans ses cimes ; lorsque
ceux qui se trouvent à l'une des extrémités de la
masse sont assez longs .pour atteindre au fond de
l'eau, ils y prennent racine, CHATEAUB. Génie, i,
v, M.
— HIST. xne s. Il n'i fist joie ne cheveluz ne chauz
[chauve], Ronc. p. 149. || XIII" s. Se vous sviés passé
le flum Jbrdain, vous n'i atenderiés ne cauf ne ke-
velu, Chr. des Rains, 203. Il n'i remest ne bons ne
maux Fors eulx, ne - chevelox ne eaux [chauve],
Ren/ 12672. || xvi* s. Par l'espaisseur des forets che-
velues , DHBELL. H , 1 s, recto. Allez, fille? de la Nuict,
De longs serpens chevelues, ID. n, 43, recto En
d'aucuns endroits, la vigne donne des chevelues et
des mârgoutes dont on tire de l'argent par chacun
an, o. DE SEHRES, 145. On attend à y mettre la cro-
cete ou la chevelue, après en avoir universellement
desrompu le fonds, ID. 159. Autant se fasche le
chevelu comme le chauve qu'on luy arrache le poil,
MONT. I, 346.
— ËTYM. Cheveu; espagn. cabelludo; ital. capelluto.
CHEVELURE (cheu-ve-lu-r'; voyez à CHEVELU , la
remarque sur la prononciation ; Richelet écrit che-
velure), s.f. |l 1° L'ensemble des cheveux. Avoir
une belle, une longue chevelure. Il n'y avait autre-
fois que ies rois de France qui eussent droit de
chevelure, THIERS, Hist. des perruques, ch. n, dans
RICHELET. Moi aussi, j'aî eu la physionomie dévas-
tée et une chevelure renouvelée.des rois mérovin-
giens, REYBAUD, Jêr. Paturot, i, 1. Grands mâts
rompus, traînant leurs cordages épars, Comme des
chevelures, v. HUGO, Orient. 2. || Enlever la cheve-
lure, .se dit des sauvages de l'Amérique du Nord, qui
enlèvent une portion du cuir chevelu d'un ennemi
vaincu et en font un trophée. Ontalissi et Miscou
qui ont enlevé plus de cent chevelures aux héros
Muscogulges, CHATEAUB.Âtala, 214. || 2" Par ana-
logie et' poétiquement, le feuillage des arbres. La
verte chevelure du pin. Les arbres ont perdu leur
chevelure verte, GODEAU, dans RICHELET. f| 3° Terme
d'astronomie. La chevelure d'une comète, traînée
de matière lumineuse et diffuse qu'elle emporte avec
elle. Une comète dont la chevelure menace la terre,
BALZ. Socr. chrétien, dise. 10. || La Chevelure de Bé-
rénice, constellation de l'hémisphère septentrional.
|| 4" Terme de botanique. Espèce d'aigrette formée
par un faisceau de poils longs et mous qui couron-
nent certaines graines, et qui est inhérent à la tu-
nique propre. ]| Touffe de feuilles qui couronne l'a-
nanas.
— HIST. xie s. [Il] "tranche la coife et la cheve-
leûre, Ch. de Roi. eu. || xiie s. Sa cheveleure bloie,
Ses blansdois Ions et traitis, Coud, p. 120. ||xme s.
C'est une chose moult plaisant Que biauté de cheve-
leure, la Rose, 13785. || xvi° s. Hérissant sa cheve-
lure, DUBELL. in, 78, recto. La vigne sera tous-jours
propre à planter, pourveu qu'elle aie belle cheve-
lure [racines], o. DE SERRES, 189.
— ÉTYM. Picard, carelure; Berry, cheverlure;
provenç. cabelladura; ital. capellatura; du latin
capillatura, de capillus, cheveu (voy. CHEVEU).
f CHEVER (che-vé), o. a. Il 1° Creuser une pierre
précieuse par-dessous, pour affaiblir la couleur lors-
qu'elle est trop forte. j| 2° Rendre concave une pièce
de métal. || 3°Faire subir au verre le chevage. Verr
res chevés, verres pour montres et pendules.
—BIST, xni* s. Prestre Martin se porpensa, Qu'une
grant fosse chevera, Ren. 7408. || xvie s. Nul ne peut
chever ne faire entreprinse sur la chausseure [chaus-
sée] d'icelle ville, Coustumier gén. t. i, p. 528.
— ÉTYM. Chever, ancienne forme de caver (voy.
ce mot).
CHEVET (che-vè ; le t ne se lie pas dans le par-
ler ordinaire; au pluriel l's se lie : les che-vè-zet...;
chevets rime avec traits, succès, jamais), s. m.
|| i° Partie du lit où l'on met la tête. Pecquet était
au chevet de mon lit [me soignait] pour un épouvan-
table, rhume, SÉV. 28. Mme de Mouchi est à son
chevet, ID. 389. || Poétiquement. Dans mon réduit
où l'on voit l'indigence Sans m'éveiller assise à mon
chevet, BÉRANG. Dieu des bonnes' gens. || 2° Sorte d'o-
reiller .allongé qui se met à la tête du lit, autrement
dit traversin. || Fig. Il a trouvé cela sous son chevet,
il l'a rêvé, imaginé ou inventé. Allons sur le chevet
rêver quelque moyen, CORN, le Ment, m, 6. || Être
brouille avec le chevet, ne pouvoir s'endormir, avoir
des insomnies. Je croyais qu'il n'y eût-que les amants
qui fussent brouillés avec le chevet, Femme poussée
à bout, comédie, dans LE ROUX, Dict.com. || Droit
CHE
de chevet, certaine somme qu'un officier des com-
pagnies supérieures payait à ses confrères quand il
se mariait. |j 3° Épée. de- chevet, poignard que l'on
tenait, la nuit, à sa portée. || Fig. Toujours de l'ar-
gent! Voilà leur épée de chevet, de l'argent! MOL.
l'Av. in, 5. || Livre de prédilection, celui qu'on lit
avant de s'endormir. L'Iliade d'Homère était l'épée
de chevet d'Alexandre. || 4° Tout ce qui sert à ap-
puyer la tête pendant le sommeil. Un sac de blé
lui servait de chevet. || Fig. L'insouciance est, en
quelques circonstances, le meilleur des chevets.
||. 5° Partie qui termine le choeur d'une église où
est l'autel, où se célèbrent les mystères, et qui est
souvent plus élevée que ie reste. || 6° Rebord de
plomb, qu'on met aux chéneaux d'un toit, près de
la gouttière, pour empêcher que l'eau ne s'échappe.
|| Lit ou mur d'un filon. || 7° Terme de marine. Gar-
niture pour garantir du frottement. || Terme d'artil-
lerie. Coin de bois propre à faire varier l'inclinaison
du mortier. Gros billot de bois qui, placé sous le der-
rière de l'affût d'un canon, en soutient la culasse.
— HIST. xiii" s. Et soit li caves du lit haus et bien
couvers de dras, ALEBRANT, f° 7. Lors se torna Mer-
lins' lez le chevez, et li consoille moult bas en l'o-
roille, MERLIN, f° 70, verso. Desos le'chevès à l'en-
fant, Grégoire le Grand, p. 22. Monte au chevais à
destre main, Où gist le corps de St. Romain, nu
CANGB, capitium. Que Herodefist martirer, Le chevet
[tête] a glaive trancher, ID. ib. lit se il ne se pueent
concorder, h vallés puet aler en la place au chevet
Saint-Gervais, devant la meson la con rerce, Livre des
met. 132. Frère Yves trouva un livre au chevès du lit
au vieil, JOINV. 260. ||xiv' s. Vostreymage richement
parée et mise haut du chevet de mon lit, MACHAULT,
p. <44. || xvi* s. Le triumvirat, estant de retour au
camp, haussa le chevet à leurs demandes [les ren-
dit plus exigeants], D'AUB. Hist.i, 142. Il les mettoit
la nuict dessous son chevet de lict avec quelques
autres armes, ID. ib. i, 337. Point qui, depuis Phi-
lippe de Commines, n'a esté gueres bien connu par
ceux qui ont écrit, pour n'avoir pas fait leur chevet
au pied des rois, comme lui et moi, ID. ib. H, 345.
Portant quelques chevets de licts sur les murailles,
où ils sejournoient jour et nuict, m. ib. n, 441. Elle
prend son arc turquois, Recoiffe sa tresse blonde,
Met pour chevet son carquois, Puis 's'endort au bruit
de l'onde, RONS. 433.
^- ËTYM. Picard, eavet. La forme régulière est
l'ancienne forme chavais ou chavès, de capitium si-
gnifiant dans le bas-latin chevet d'église, et dans le
latin classique vêtement couvrant la tête, et qui,
ayant l'accent sur pit, donne régulièrement chevais ;
la finale atium, itium donnant d'ordinaire as, ais,
es. Chevet, diminutif de chef, signifie proprement
tête, et a été assimilé par confusion à chevais.
f CHÈVETEAU (chè-ve-tô), s. m. \\ i° Dans un
moulin, grosse pièce de bois, sur laquelle tourne le
tourillon de l'arbre. || 2" Terme de charpenteriè. So-
live d'enchevêtrure.
— ËTYM. Chevet.
CHEYËTRE (che-vê-tr'), s. m. || i° Licou. Chevêtre
de cuir. || 2° Terme de chirurgie. Bandage que l'on
emploie pour maintenir réduites les fractures et les
luxations de l'os maxillaire inférieur. || 3° Terme de
charpenteriè. Pièce de bois dans laquelle on em-
boîte les soliveaux du plancher. || Terme de serrure-
rie. Barre de fer servant de soutien.
— HIST. xi° s. Les altres quatre [chevaux] cha-
ceùrs e palefreiz à freins et à chevestres, Lois do
Guill. 22. || xii" s. En chevestre et en frain lur mai-
xeles [des chevaux] cunstrain [contrains, à l'impé-
ratif] , Liber psalm. p. 39. || XIII" s. Cordier de Paris
si sont quite pour les chavestres que il doivent aus
soumiers lou Roy, Liv. des met. 291. Ne pues-tu pas
trover à vendre Ou hars, ou cordes, ou chevestres?
la Rose, 8779. Li mondes nous assaut à destre et à
senestre ; Et deables chevauchent sans frein et sans
chevestre, J. DE MEUNG. Test. 1428. || xv" s. Lors se
leva la roine et fit lever les six bourgeois [de Calais]
et leur oster les chevestres d'entour leur cou....
PROISS. i, i, 321. Un suaire sur son braz, le che-
vestre au coul et le coustel au poing, AL. CHART.
l'Espérance. Ma chère dame, j'a/un maistre, Un
grand bourgois sy mal chevestre, Que je ne puys à
lui durer, Mir. de Ste Gene.v. ||xvies L'enferme
et clost : et du rude chevestre Lye son col, qui n'a
mérité d'estre Ainsi traicté, MAROT, IV, 4e. Il va
prendre le chevestre de son mulet, qui estait de
cordes, lequel il vint approprier au col de sa femme,
YVER, p. 647.
— ËTYM. Provenç. cabesire; espagn. cabestro;
ital. capestro ; du latin capislrum, de capere,
prendre (voy. CAPABLE).
CHE
597
fCEEVÊTRIER (che-vê-tri-é), s.-m. Pièce qui
sert de support à un tourillon. || Solive d'encheyê-? „
trure.
— ÉTYM. Chevêtre.
CHEVEU (che-veu; le pluriel cheveux se pro-
nonce che-veû, c'est-à-dire le singulier comme feu,
et le pluriel comme feux), s. m. |] i° Poil particulier
à la partie de la peau qui recouvre le crâne dans l'es-
pèce humaine. De beaux cheveux. Des cheveux bou-
clés. Touffe, poignée, boucles, tresses de cheveux.
Cheveux d'ébène. Fin comme un cheveu. Les che-
veux comme les ongles n'acquièrent dé l'accroisse-
ment que du côté de la racine. Les Gaulois portaient
de grands cheveux; mais quand la monarchie fran-
çaise fut bien établie, les. Français les portaient
courts, et il n'y avait que les rois et les princes du
sang qui les portassent longs, THIERS, Hist. des per-
ruques, ch. n, dans RICHELET. Les ridicules aven-
tures D'un amoureux en cheveux gris, MALH. m, 3.
Je sais que les uns lui mettront, Comme à toi, les
rides au front, Et feront à sa tresse blonde Même
outrage qu'à tes cheveux, ID. iv, 10. Ils récitent
force prières, ils portent les cheveux courts, DESC.
Pass. 190. Jusqu'ici la fortune et la victoire mêmes •
Cachaient mes cheveux blancs sous trente diadèmes,
RAC. ilithrid. ni, 5. Quelle importune main, en for-
mant tous ces noeuds, A pris soin sur mon front
d'assembler mes cheveux? ID. Phèdre, i, 3. Et qu'une
main savante avec tant d'artifice Bâtit de ses.che-
veux l'élégant édifice, BOIL. Sat. x. J'aime en lui ces
cheveux tout couverts de lauriers, CORN. Sertor.
n, 1. Touche ces cheveux blancs à qui tu rends
l'honneur, m. Cid, ni, 6. || Familièrement. Il ne
lui a pas touché un cheveu,, se dit pour exprimer
qu'il n'a pas porté sa main sur lui ou sur elle, soit
pour battre, soit pour faire quelque tentative trop libre.
|| C'est la sagesse qui lui a fait tomber les cheveux,
se dit par antiphrase de quelqu'un qui a perdu ses
cheveux pour n'avoir pas été suffisamment sage,
réglé dans sa conduite, à cause qu'une opinion vul-
gaire attribue aux excès une calvitie prématurée.
C'est mon avis, moi de qui la sagesse A fait tomber
tous les cheveux, BÉRANG. If es cheveux. || Être coiffé
en cheveux, n'avoir pour coiffure que ses cheveux
arrangés dételle ou telle façon. Dans ie même sens,
être en cheveux. On dit- aussi, sans le verbe être :
Cette femme ne se tient pas bien, elle sort en che-
veux. || Faux cheveux, ceux qui ne tiennent pas à la
tête, mais qui y sont appliqués en tresses, tours ou
perruques. || Tour de cheveux, bandeaux de faux che-
veux que les femmes portaient, par devant en place
des leurs. || Se prendre aux cheveux', se dit de
gens qui, dans une rixe, se saisissent par les che-
veux, lisse prennent, ils se tiennent aux cheveux.
|| Fig. Se prendre aux cheveux,- discuter avec une
grande animosité. Les mères, les maris me pren-
dront aux cheveux, Pour dix ou douze contes bleus,
LA FONT. Oies. || Prendre une occasion aux cheveux,
ne pas la manquer. C'est une occasion qu'il faut
prendre vite aux cheveux, MOL. l'Av. i, 1- Locution
qui vient de ce que les anciens représentaient l'oc-
casion chevelue par devant et chauve derrière;
lorsqu'on l'avait laissée passer, on ne pouvait plus
la saisir par les cheveux. || S'arracher les cheveux,
arracher ses cheveux ; et fig. être en proie à un vio<
lent désespoir. Livré au désespoir, il s'arrache les
cheveux, TÊN. Tél. xiv. || Faire dresser les cheveux
à la tête, ou, simplement, faire dresser les che-
veux, faire horreur. Les cheveux me dressent à la
tête, je suis saisi d'horreur; Chaque mot sur mon
front fait dresser mes cheveux, RAC. Phèd. iv, 6.
Des passages qui font dresser les cheveux à la tête
des simples, PASC. Prov. 15. Une terreur qui me fit
dresser les cheveux, J. J. EOUSS. Ém. H. Dans le
songe d'Énée, le silence d'Hector, son soupir suivi
du: fuge, eripe flammis, font dresser les cheveux
sur la tête, CHATEAUB. Génie, n, v, 11. || Fa-
milièrement. Il ne s'en faut pas da l'épaisseur d'un
cheveu, il s'en faut très-peu. Vendôme, après avoir
mis le roi d'Espagne à un cheveu de sa perte, man-
qua encore de finir la guerre d'un seul coup, en dé-
truisant l'armée de Staremberg, ST-SIM. 283, 100,
|| Fendre, couper un cheveu en quatre, subtiliser.
Je l'ai dit du duc de Chevreuse, je le répète ici da
ce chancelier [d'Aguesseau], il coupait un cheveu
en quatre, ST-SIM. 463, 123. || Raisonnement tiré
par les cheveux, raisonnement forcé, péniblement
déduit. Il y a d'autres figures qui semblent un peu
tirées par les cheveux, PASC. Fig. 10. C'eût été trop
tirer les choses par les cheveux, BOSS. Lett._ quiét.
97. || Populairement, avoir de beaux cheveux sa
dit ironiquement pour être dans une position ou un
état misérable, même en parlant des choses.
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