Titre : Dictionnaire de la langue française.... Tome 1 / par É. Littré,...
Auteur : Littré, Émile (1801-1881). Auteur du texte
Éditeur : L. Hachette (Paris)
Date d'édition : 1873-1874
Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30824717s
Notice d'oeuvre : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb12250808s
Type : monographie imprimée monographie imprimée
Langue : français
Format : 4 vol. ; gr. in-4 4 vol. ; gr. in-4
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Description : [Dictionnaire de la langue française (français)] [Dictionnaire de la langue française (français)]
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Avec mode texte Avec mode texte
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5406710m
Source : Bibliothèque nationale de France, département Collections numérisées, 2008-49508
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2008
BAR
bargagnare; angl. to bargain. On trouve dans le
gaél. bàragan, un marché; mais, commele remar-
que Diez, le c dans un texte aussi reculé qu'un ca-
pitulaire de Charles le Chauve prouve que le g est
dérivé ; en conséquence il propose pour étymologie
barca, harque, qui, d'après Isidore, sert à porter
les marchandises deçà et delà, de sorte que bar-
caniare, serait : porter en harque, et en général,
porter ses marchandises çà et là (barguigner dans
l'ancien français veut dire marchander). Cela de-
meure jusqu'à présent une hypothèse; mais on voit,
par les anciens textes, que le mot gain (ce qu'avait
cru Génin) n'entre pas dans la composition du mot.
De marchander, barguigner a passé, par une dériva-
tion que l'on conçoit, au sens de hésiter, tergiverser.
BARGUIGNEUR, EUSE (ba'r-ghi-gneur, gneû-z'),
s. m. et f. Celui, celle qui barguigne. [| Familier.
— ÉTYM. Barguigner.
f BARGUILLE (bar-ghi-11', Il mouillées), s. f.
Un des noms locaux de la chènevotte.
t BABJE (ba-rie), s. f. Terme de grammaire
grecque. L'accent grave.
— ÉTYM. Bapsïa, grave, féminin de papûç (sous-
entendu TtponcoSîa).
BARIGEL ('ba-ri-jêl) ou BARISEL (ba-ri-zèl),
s. m. Nom du chef des sbires dans plusieurs villes
d'Italie. Je ne peux vous mener qu'en Basse-Nor-
mandie, dit le barigel, VOLT. Cand. 22. On n'avait
point de peur.... Qu'un barisel vous mit dedans la
tour de Nonne [nom d'une prison de Rome], RÉ-
GNIER, Sat. VI.
— HIST. xvi* s. Je ne craignois d'aller sans ma
patente;'Car j'estois franche et de tribut exempte;
Je n'avois peur d'un gouverneur fascheux, D'un ba-
risel ny d'un sbire outrageux, DU BELLAY, VU, G2,
verso.
— ÉTYM. Espagn. et portug. barrachel; ital. bar-
- gello; bas-lat. barigildus; mot que sa finale indique
être d'origine germanique, mais qu'on ne sait à
quoi rattacher dans les idiomes allemands.
-f BARIGOULE (ba-ri-ghôu-1'), s. f. || 1° Sorte d'a-
garic bon à manger. |] 2° Sorte de préparation de l'ar-
tichaut, qu'on a d'abord fait frire dans l'huile d'olive.
BARIL (ba-ri; l'Z ne se prononce pas : un baril
empli d'eaoi, dites : un ba-ri empli; au pluriel Y s se
lie : des ba-ri-z emplis; dans le XVIIe siècle aussi,
Chifflet recommande de ne pas prononcer l'Z), s. m.
Il 1° Petite barrique. Un baril d'huile, d'anchois.
Il 2" Dans la serrurerie, petit appareil dit aussi tam-
bour, qui fait qu'une porte se ferme. || 3° Baril à
feu, machine de guerre, qu'on remplit de grenades
et de toutes sortes de matières combustibles, pour la
faire rouler dans un siège sur les travaux des assié-
geants. H 4e Réunion de 450 feuilles de fer-blanc.
— REM. L'Académie devrait écrire barril par deux
r, comme elle écrit barrique, ou n'en mettre
qu'une à ce dernier mot, afin de conserver les
analogies, qui facilitent toujours l'orthographe.
— HIST. XII" s. Dous [deux] barilz de vin, Rois,
137. Il xine s. Avoec lui un baril de vin (il) Aporta,
qui crut sur le Rin, Bl. et Jeh. 3838. Nus barillier
ne puet ovrer de nul fust se il n'est ses [sec] ; c'est
à savoir après ce que h baris ait esté parés un mois
avant que on meste la ferreure de sus, Liv. des met.
103. Vins en pot ou en barix, BEAUM. 33. || xve s.
Vins en tonneaux et en barils.... EROISS. 1, 1, 278.
j| xvi" s. Pour ceste cause les magistrats leur en-
joignirent [aux ladres] ne boire qu'en leur baril
[écuelle], PARÉ, XXU, 8. Il fist renouveler l'as-
sault de huict enseignes d'Allemans, avec foi-ce
petits barils de poudre, lances, et autre artifice de
feu, M. DU BELL. 684. Des barrilsbien cerclés, o. DE
SERRES, 237. Lors le chou est mis dans une grande
barille ou tonneau défoncé d'un bout, m. 84C.
— ÉTYM. Provenç. barril; espagn. et portug.
barril; ital. barile; bas-lat. barillus; du celtique :
kymri, baril; gaél. baraille ; irland. bairile, baril;
bas-breton, baras, baquet; du celtique : kymri, bar,
branche d'arbre (voy. BARRE). On a dit aussi barrot :
ayant beu le vin qu'ilz avoient porté dedans des
barrots, AMYOT, les Gracques, 26; et barrau : six
barraux de vin, RONS. t. i, p. 616.
jBARILLAGE (ba-ri-lla-j', Il mouillées), s. m.
|| i°Tout ce qui concerne la construction des barils.
Il 2° Réunion des barils d'un vaisseau.
f BARILLARD (ba-ri-llar, Il mouillées), s. m.
Ancien terme de marine. Celui qui avait soin du vin
et de l'eau à bord des galères.
— ÉTYM. Baril.
t BARILLE (ba-ri-11'), s. f. TJn des noms de la
. plante dont les cendres fournissent la soude (salsola
soda, L.).
i- ÉTYM. Espagn, banUla, soude.
BAR
fBARILLERIE (ba-ri-lle-rie, Il mouillées), s.f.
Art de faire des barils. Rue de la Barillerie, rue, à
Paris, où l'on faisait des tonneaux.
BARILLET (ba-ri-llè, Il mouillées, et non ba-ri-
yé), s. m. || 1° Petit baril. || 2° Petit bijou en forme
de baril'. || 3° Terme d'horlogerie. Boite qui renferme
le grand ressort d'une montre ou d'une pendule.
|| 4° Etui de bois renfermant la jauge du cordier.
|| 5° Partie de tuyau en cuivre dans laquelle monte
et descend le piston d'une pompe.
— HIST. xme s. Ileucques les a fet moult netes,
Si les bat entre deus tuiletes, Puis en empli un ba-
rillet, Ren. 19279. || xve s. Item à Thibault de la
garde, .... Que luy donray-je que ne perde? .... Le
barillet? par m'ame, voyre; Genevoys est plus an-
cien Et a plus grand nez pour y boire, YILLON,
G. testam.
— ÉTYM. Diminutif de baril.
t BARILLON (ba-ri-llon, U mouillées), s. m.
|| 1° Petit baril. || 2° Réservoir placé derrière la chaus-
sée d'un étang et destiné à recevoir le poisson.
— ÉTYM. Diminutif de baril.
BARIOLAGE (ba-ri-o-la-j'), s. m. Assemblage de
diverses couleurs. Le bariolage des plumes de cet
oiseau.
— HIST. xrv" s. Mais faictes comme font gens sai-
ges, Pour veoir aultres bariolaiges, Au fray des dra-
gons et serpens, En hayneuses amours grouppans,
Traité d'alchim. m.
— ÉTYM. Barioler; génev. baricolage.
BARIOLÉ, ÉE.(ba-ri-o-lé, lée), part, passé. Un
vêtement bariolé. L'Egypte! elle étalait.... Ses
champs bariolés comme un riche tapis, v. HUGO,
Orient. 1.1| Fig. Un style bariolé.
BARIOLER (ba-ri-o-lé), v. a. || Ie Teindre ou pein-
dre de diverses couleurs bizarrement assorties. Que
le comité consente à ne plus barioler nos assignats
à la façon de cette caisse d'escompte, qui n'a mis
de bon sens à rien, pas même à sa cupidité, MIRA-
BEAU, Collection, t. rv, p. 233. || 2° Fig. Barioler
son style, y mettre des couleurs différentes qui ne
s'accordent pas.
— ÉTYM. Génev. baricolé; wallon, gàbrioler;
bourguig. barôllai. On trouve, dans l'ancienne lan-
gue, riolé : Ayant des taches séparées les unes des
autres, riolées, piolées, c'est à dire de diverses cou-
leurs, comme un tapis velu, PARÉ, XXIII, 25. Riolé
vient de l'ancien français riole ou riule, raie (voy.
RÈGLE) ; bariolé est composé de riolé et de la parti-
cule péjorative ba (voy. BA....). La difficulté, dans
la langue française, du changement du v latin en
b, et la forme des patois ne permettent guère d'y
voir un diminutif de varius.
BARISEL (ba-ri-zèi), s. m. Voy. BARIGEL.
t BARIUM (ba-ri-om'), s. m. Voy. BARYUM.
f BARLE (bar-1'), s. f. Dans les exploitations de
mine, synonyme de faille.
•j- BARLIN (bar-lin), s. m. Noeud au bout d'une
pièce de soie, destiné à la tordre.
BARLONG, ONGUE (bar-Ion, lon-gh'), ad;.
|| i° Qui a la figure d'un carré long, mais irrégulier.
Le géomètre n'y avait vu qu'un bosquet barlong
de dix arpents, MONTESQ. Lett. pers. 128. || 2° Plus
long d'un côté que de l'autre, en parlant de vête-
ments. Châle barlong.
—HIST. xnr s. Autre [miroirs] font diverses yma-
ges Aparoir eh divers estages, Droites; belongues et
enverses, la Rose, -18375. || xvi" s. Pareille facilité
treuvera-on au mesurer de la pièce barlongue, c'est
à dire plus longue que large, ou en quarré-long,
o. DE SERRES, 12. Suffit de rendre en quarré par-
faict ou barlong toutes aires et places, ID. 14.
— ÉTYM. Bar (voy. BAR....), préfixe indiquant
obliquité, et long. Berry, bilong; picard, berlong.
L'ancien français belong est pour beslong (voy. BES....
qui a le même sens que bar).
t BARLOTIËRE (bar-lo-tiê-r'), s. f. Terme de mé-
tier. Traverse de fer dans un châssis de vitraux.
BARNABITE (bar-na-bi-tf), s. m. Religieux d'un
ordre institué à Milan dans le xvr 8 siècle, sous le ti-
tre de clercs réguliers de la congrégation de Saint-
Paul, et dont les fondateurs s'assemblèrent dans
l'église de St-Barnabê. Cet ordre avait pour but de
confesser, prêcher et faire des missions.
— ÉTYM. Barnabe.
BARNACHE (bar-na-ch') ou BARNACLE (bar-na-
cl'), s. f. Oiseau de passage qui est une espèce d'oie
sauvage. Les sifflements du courlis et le cri de la
barnacle perchée sur les framboisiers de la grotte,
m'annoncèrent le retour du matin, CHAIEAUB. Natch.
VIII, 333.
— ÉTYM. Bas-lat. bernaca, barnaces, bernicla;
angl. barnacle; d'un mot irlandais, Oie barnacle,
BAR
299
ainsi dite parce qu'une opinion populaire la faisait
naître des barnacles ou bernicles, coquillages atta-
chés aux végétaux du bord de la mer, où cet oiseau
place son nid. Voy. BERNACLE.
t BARNE (bar-n'), s. f. Le lieu d'une saline où se
fait le sel.
t BARNICLE (bar-ni-kl'), s. f. Le même que har-
nache.
t BAROCO (ba-ro-co). Terme mnémonique indi-
quant, dans la scolastique, une forme du syllo-
gisme.
— ÉTYM. Mot dont les lettres ont chacune un
sens convenu.
t BAROLOGIE (ba-ro-lo-jie), s. f. Terme de phy-
sique. Théorie de la pesanteur.
— ÉTYM. Bâpoc, pesanteur, et XÔÏO;, doctrine.
BAROMÈTRE (ba-ro-mè-tr'), s. m. \\ i° Instru-
ment qui mesure la pression de l'atmosphère. Torri-
celli inventeur du baromètre. Laplace a donné une
formule pour calculer les hauteurs au moyen du
baromètre. )| 2° Le même instrument, indiquant les
variations atmosphériques que l'observation a mon-
tré dépendre presque toujours de la pression de
l'air. Le baromètre est à la pluie, au beau fixe.
|| Fig. Ensemble de signes indiquant une situa-
tion politique ou l'état de l'esprit de quelqu'un. 11
parait que le baromètre a changé, se dit d'un
homme qui était fort gai et qui est devenu sombre,
et réciproquement.
— ÉTYM. Bdtpoç, pesanteur, et nitpov, mesure
(voy. MÈTRE).
BAROMETRIQUE (ba-ro-mé-tri-k'), adj. Qui a
rapport au baromètre. Observations barométriques,
celles qui sont faites avec le baromètre. Vide baro-
métrique, celui qui se trouve dans les baromètres
au-dessus de la colonne de mercure. Tables baro-
métriques, tables calculées d'avance pour trouver
les hauteurs par le baromètre, sans avoir besoin de
recourir à la formule de Laplace.
— ÉTYM. Baromètre.
f BAROMÉTROGRAPHE (ba-ro-mê-tro-gra-f),
s. m. Instrument inscrivant de lui-même sur un pa-
pier les variations du baromètre.
— ÉTYM. Baromètre, et YP°»?5'V, écrire.
BARON (ba-ron), s. m. || 1° Originairement, tout
grand seigneur du royaume. Les hauts barons, les
principaux d'entre les seigneurs. || Fig. Les hauts
barons de la finance, de l'industrie, les financiers,
les industriels les plus riches et les plus puissants.
|| 2° Tout gentilhomme possédant Une'terre avec ti-
tre de baronnie. || 3° Aujourd'hui simple titre de no-
blesse conféré par le-souverain; || 4° Anciennement,
mari. Il fallait qu'une femme fût autorisée par son
baron,c'est-à-dire sonmarijMONTESQ.Esp.xxviu,259.
— HIST. xie s. Seigneur baron, à Charlemagne irez,
Ch. de Roi. v. Il nen i a chevalier ne barun.... ib.
CLXXIV. Deus! quel baron, s'eûst [s'il avait] chres-
tienté ! ib. cxxiv. || xne s. Uns bers fu ja en l'antif
pople Deu, e out num Helcana, Rois, p. 1. De Ro-
land le baron [brave], En Roncivaus, quant.nos le
troveron.... Ronc. p. 29. [Il] N'i a baron qui tant
soit redoutanz [redoutable], ib. p. 34. Seignor ba-
ron, de vous ait Dex mercis, ib. p. 86. Nostre sires
est ja vengés Des haus barons qui or lui ont failli,
QUESNES, Romancero, p. 98. Se [je] ne Toi à baron
[mari], de deuil serai estainte, AUDEFR. LE BAST.
i b. p. 17. Cil dedans se défendent corn nobile baron,
Sax. vin. A la riche abaïe du baron Saint Maart
[Médard], Sax. vin. || xnie s. Li rois tous ses ba-
rons y eut fait assembler, Eerte, m. Maint haut ba-
ron l'adestrent moût debonnairement, ib. rx. X
Dieu [elle] s'est commandée et au baron saint Pierre,
ib. XL. Et puis que elle aura douze ans passéfi, le
seignor la peut semondre de prendre baron [mari],
Ass. de Jér. 1, 264. Feme sans le congé de son ba-
ron ne se pot mètre en tel cas en cort por apeler,
BEAUM. jurai, 1. Uns chevaliers espousa une dame
la quele avoitenfans d'autre baron, m. xn, 10. [Elle]
Cest an pleure et cest an prie, Et cest an [elle] panra
fprendra] baron, RUTEB. 187. || xv« s. Cette nuit
avoient fait le guet deux grands barons de France,
le sire de Montmorency et le sire de Saint Sauf- .
lieu.... FROISS. 1, 1, 139.
— ÉTYM. Wallon, baron, mari; anc. français,
ber ou Sers,aunominatif, et baron, au régime; pro-
venç. bar, au nominatif, et baron, au régime; es-
pagn. iiaron ; ital. barone. Le sens de ce mot dans
les langues romanes est homme fort, mari, guer-
rier vaillant, noble, seigneur. Baro se trouve dans
la latinité, avec le sens : 1° de homme stupide ; 2°de
goujat d'armée (et on lui attribue une origine gau,
loise) ; Isidore lui attribue le sens de mercenaire,
dur au travail, Il y a dans le celtique: ancien kyrun,
bargagnare; angl. to bargain. On trouve dans le
gaél. bàragan, un marché; mais, commele remar-
que Diez, le c dans un texte aussi reculé qu'un ca-
pitulaire de Charles le Chauve prouve que le g est
dérivé ; en conséquence il propose pour étymologie
barca, harque, qui, d'après Isidore, sert à porter
les marchandises deçà et delà, de sorte que bar-
caniare, serait : porter en harque, et en général,
porter ses marchandises çà et là (barguigner dans
l'ancien français veut dire marchander). Cela de-
meure jusqu'à présent une hypothèse; mais on voit,
par les anciens textes, que le mot gain (ce qu'avait
cru Génin) n'entre pas dans la composition du mot.
De marchander, barguigner a passé, par une dériva-
tion que l'on conçoit, au sens de hésiter, tergiverser.
BARGUIGNEUR, EUSE (ba'r-ghi-gneur, gneû-z'),
s. m. et f. Celui, celle qui barguigne. [| Familier.
— ÉTYM. Barguigner.
f BARGUILLE (bar-ghi-11', Il mouillées), s. f.
Un des noms locaux de la chènevotte.
t BABJE (ba-rie), s. f. Terme de grammaire
grecque. L'accent grave.
— ÉTYM. Bapsïa, grave, féminin de papûç (sous-
entendu TtponcoSîa).
BARIGEL ('ba-ri-jêl) ou BARISEL (ba-ri-zèl),
s. m. Nom du chef des sbires dans plusieurs villes
d'Italie. Je ne peux vous mener qu'en Basse-Nor-
mandie, dit le barigel, VOLT. Cand. 22. On n'avait
point de peur.... Qu'un barisel vous mit dedans la
tour de Nonne [nom d'une prison de Rome], RÉ-
GNIER, Sat. VI.
— HIST. xvi* s. Je ne craignois d'aller sans ma
patente;'Car j'estois franche et de tribut exempte;
Je n'avois peur d'un gouverneur fascheux, D'un ba-
risel ny d'un sbire outrageux, DU BELLAY, VU, G2,
verso.
— ÉTYM. Espagn. et portug. barrachel; ital. bar-
- gello; bas-lat. barigildus; mot que sa finale indique
être d'origine germanique, mais qu'on ne sait à
quoi rattacher dans les idiomes allemands.
-f BARIGOULE (ba-ri-ghôu-1'), s. f. || 1° Sorte d'a-
garic bon à manger. |] 2° Sorte de préparation de l'ar-
tichaut, qu'on a d'abord fait frire dans l'huile d'olive.
BARIL (ba-ri; l'Z ne se prononce pas : un baril
empli d'eaoi, dites : un ba-ri empli; au pluriel Y s se
lie : des ba-ri-z emplis; dans le XVIIe siècle aussi,
Chifflet recommande de ne pas prononcer l'Z), s. m.
Il 1° Petite barrique. Un baril d'huile, d'anchois.
Il 2" Dans la serrurerie, petit appareil dit aussi tam-
bour, qui fait qu'une porte se ferme. || 3° Baril à
feu, machine de guerre, qu'on remplit de grenades
et de toutes sortes de matières combustibles, pour la
faire rouler dans un siège sur les travaux des assié-
geants. H 4e Réunion de 450 feuilles de fer-blanc.
— REM. L'Académie devrait écrire barril par deux
r, comme elle écrit barrique, ou n'en mettre
qu'une à ce dernier mot, afin de conserver les
analogies, qui facilitent toujours l'orthographe.
— HIST. XII" s. Dous [deux] barilz de vin, Rois,
137. Il xine s. Avoec lui un baril de vin (il) Aporta,
qui crut sur le Rin, Bl. et Jeh. 3838. Nus barillier
ne puet ovrer de nul fust se il n'est ses [sec] ; c'est
à savoir après ce que h baris ait esté parés un mois
avant que on meste la ferreure de sus, Liv. des met.
103. Vins en pot ou en barix, BEAUM. 33. || xve s.
Vins en tonneaux et en barils.... EROISS. 1, 1, 278.
j| xvi" s. Pour ceste cause les magistrats leur en-
joignirent [aux ladres] ne boire qu'en leur baril
[écuelle], PARÉ, XXU, 8. Il fist renouveler l'as-
sault de huict enseignes d'Allemans, avec foi-ce
petits barils de poudre, lances, et autre artifice de
feu, M. DU BELL. 684. Des barrilsbien cerclés, o. DE
SERRES, 237. Lors le chou est mis dans une grande
barille ou tonneau défoncé d'un bout, m. 84C.
— ÉTYM. Provenç. barril; espagn. et portug.
barril; ital. barile; bas-lat. barillus; du celtique :
kymri, baril; gaél. baraille ; irland. bairile, baril;
bas-breton, baras, baquet; du celtique : kymri, bar,
branche d'arbre (voy. BARRE). On a dit aussi barrot :
ayant beu le vin qu'ilz avoient porté dedans des
barrots, AMYOT, les Gracques, 26; et barrau : six
barraux de vin, RONS. t. i, p. 616.
jBARILLAGE (ba-ri-lla-j', Il mouillées), s. m.
|| i°Tout ce qui concerne la construction des barils.
Il 2° Réunion des barils d'un vaisseau.
f BARILLARD (ba-ri-llar, Il mouillées), s. m.
Ancien terme de marine. Celui qui avait soin du vin
et de l'eau à bord des galères.
— ÉTYM. Baril.
t BARILLE (ba-ri-11'), s. f. TJn des noms de la
. plante dont les cendres fournissent la soude (salsola
soda, L.).
i- ÉTYM. Espagn, banUla, soude.
BAR
fBARILLERIE (ba-ri-lle-rie, Il mouillées), s.f.
Art de faire des barils. Rue de la Barillerie, rue, à
Paris, où l'on faisait des tonneaux.
BARILLET (ba-ri-llè, Il mouillées, et non ba-ri-
yé), s. m. || 1° Petit baril. || 2° Petit bijou en forme
de baril'. || 3° Terme d'horlogerie. Boite qui renferme
le grand ressort d'une montre ou d'une pendule.
|| 4° Etui de bois renfermant la jauge du cordier.
|| 5° Partie de tuyau en cuivre dans laquelle monte
et descend le piston d'une pompe.
— HIST. xme s. Ileucques les a fet moult netes,
Si les bat entre deus tuiletes, Puis en empli un ba-
rillet, Ren. 19279. || xve s. Item à Thibault de la
garde, .... Que luy donray-je que ne perde? .... Le
barillet? par m'ame, voyre; Genevoys est plus an-
cien Et a plus grand nez pour y boire, YILLON,
G. testam.
— ÉTYM. Diminutif de baril.
t BARILLON (ba-ri-llon, U mouillées), s. m.
|| 1° Petit baril. || 2° Réservoir placé derrière la chaus-
sée d'un étang et destiné à recevoir le poisson.
— ÉTYM. Diminutif de baril.
BARIOLAGE (ba-ri-o-la-j'), s. m. Assemblage de
diverses couleurs. Le bariolage des plumes de cet
oiseau.
— HIST. xrv" s. Mais faictes comme font gens sai-
ges, Pour veoir aultres bariolaiges, Au fray des dra-
gons et serpens, En hayneuses amours grouppans,
Traité d'alchim. m.
— ÉTYM. Barioler; génev. baricolage.
BARIOLÉ, ÉE.(ba-ri-o-lé, lée), part, passé. Un
vêtement bariolé. L'Egypte! elle étalait.... Ses
champs bariolés comme un riche tapis, v. HUGO,
Orient. 1.1| Fig. Un style bariolé.
BARIOLER (ba-ri-o-lé), v. a. || Ie Teindre ou pein-
dre de diverses couleurs bizarrement assorties. Que
le comité consente à ne plus barioler nos assignats
à la façon de cette caisse d'escompte, qui n'a mis
de bon sens à rien, pas même à sa cupidité, MIRA-
BEAU, Collection, t. rv, p. 233. || 2° Fig. Barioler
son style, y mettre des couleurs différentes qui ne
s'accordent pas.
— ÉTYM. Génev. baricolé; wallon, gàbrioler;
bourguig. barôllai. On trouve, dans l'ancienne lan-
gue, riolé : Ayant des taches séparées les unes des
autres, riolées, piolées, c'est à dire de diverses cou-
leurs, comme un tapis velu, PARÉ, XXIII, 25. Riolé
vient de l'ancien français riole ou riule, raie (voy.
RÈGLE) ; bariolé est composé de riolé et de la parti-
cule péjorative ba (voy. BA....). La difficulté, dans
la langue française, du changement du v latin en
b, et la forme des patois ne permettent guère d'y
voir un diminutif de varius.
BARISEL (ba-ri-zèi), s. m. Voy. BARIGEL.
t BARIUM (ba-ri-om'), s. m. Voy. BARYUM.
f BARLE (bar-1'), s. f. Dans les exploitations de
mine, synonyme de faille.
•j- BARLIN (bar-lin), s. m. Noeud au bout d'une
pièce de soie, destiné à la tordre.
BARLONG, ONGUE (bar-Ion, lon-gh'), ad;.
|| i° Qui a la figure d'un carré long, mais irrégulier.
Le géomètre n'y avait vu qu'un bosquet barlong
de dix arpents, MONTESQ. Lett. pers. 128. || 2° Plus
long d'un côté que de l'autre, en parlant de vête-
ments. Châle barlong.
—HIST. xnr s. Autre [miroirs] font diverses yma-
ges Aparoir eh divers estages, Droites; belongues et
enverses, la Rose, -18375. || xvi" s. Pareille facilité
treuvera-on au mesurer de la pièce barlongue, c'est
à dire plus longue que large, ou en quarré-long,
o. DE SERRES, 12. Suffit de rendre en quarré par-
faict ou barlong toutes aires et places, ID. 14.
— ÉTYM. Bar (voy. BAR....), préfixe indiquant
obliquité, et long. Berry, bilong; picard, berlong.
L'ancien français belong est pour beslong (voy. BES....
qui a le même sens que bar).
t BARLOTIËRE (bar-lo-tiê-r'), s. f. Terme de mé-
tier. Traverse de fer dans un châssis de vitraux.
BARNABITE (bar-na-bi-tf), s. m. Religieux d'un
ordre institué à Milan dans le xvr 8 siècle, sous le ti-
tre de clercs réguliers de la congrégation de Saint-
Paul, et dont les fondateurs s'assemblèrent dans
l'église de St-Barnabê. Cet ordre avait pour but de
confesser, prêcher et faire des missions.
— ÉTYM. Barnabe.
BARNACHE (bar-na-ch') ou BARNACLE (bar-na-
cl'), s. f. Oiseau de passage qui est une espèce d'oie
sauvage. Les sifflements du courlis et le cri de la
barnacle perchée sur les framboisiers de la grotte,
m'annoncèrent le retour du matin, CHAIEAUB. Natch.
VIII, 333.
— ÉTYM. Bas-lat. bernaca, barnaces, bernicla;
angl. barnacle; d'un mot irlandais, Oie barnacle,
BAR
299
ainsi dite parce qu'une opinion populaire la faisait
naître des barnacles ou bernicles, coquillages atta-
chés aux végétaux du bord de la mer, où cet oiseau
place son nid. Voy. BERNACLE.
t BARNE (bar-n'), s. f. Le lieu d'une saline où se
fait le sel.
t BARNICLE (bar-ni-kl'), s. f. Le même que har-
nache.
t BAROCO (ba-ro-co). Terme mnémonique indi-
quant, dans la scolastique, une forme du syllo-
gisme.
— ÉTYM. Mot dont les lettres ont chacune un
sens convenu.
t BAROLOGIE (ba-ro-lo-jie), s. f. Terme de phy-
sique. Théorie de la pesanteur.
— ÉTYM. Bâpoc, pesanteur, et XÔÏO;, doctrine.
BAROMÈTRE (ba-ro-mè-tr'), s. m. \\ i° Instru-
ment qui mesure la pression de l'atmosphère. Torri-
celli inventeur du baromètre. Laplace a donné une
formule pour calculer les hauteurs au moyen du
baromètre. )| 2° Le même instrument, indiquant les
variations atmosphériques que l'observation a mon-
tré dépendre presque toujours de la pression de
l'air. Le baromètre est à la pluie, au beau fixe.
|| Fig. Ensemble de signes indiquant une situa-
tion politique ou l'état de l'esprit de quelqu'un. 11
parait que le baromètre a changé, se dit d'un
homme qui était fort gai et qui est devenu sombre,
et réciproquement.
— ÉTYM. Bdtpoç, pesanteur, et nitpov, mesure
(voy. MÈTRE).
BAROMETRIQUE (ba-ro-mé-tri-k'), adj. Qui a
rapport au baromètre. Observations barométriques,
celles qui sont faites avec le baromètre. Vide baro-
métrique, celui qui se trouve dans les baromètres
au-dessus de la colonne de mercure. Tables baro-
métriques, tables calculées d'avance pour trouver
les hauteurs par le baromètre, sans avoir besoin de
recourir à la formule de Laplace.
— ÉTYM. Baromètre.
f BAROMÉTROGRAPHE (ba-ro-mê-tro-gra-f),
s. m. Instrument inscrivant de lui-même sur un pa-
pier les variations du baromètre.
— ÉTYM. Baromètre, et YP°»?5'V, écrire.
BARON (ba-ron), s. m. || 1° Originairement, tout
grand seigneur du royaume. Les hauts barons, les
principaux d'entre les seigneurs. || Fig. Les hauts
barons de la finance, de l'industrie, les financiers,
les industriels les plus riches et les plus puissants.
|| 2° Tout gentilhomme possédant Une'terre avec ti-
tre de baronnie. || 3° Aujourd'hui simple titre de no-
blesse conféré par le-souverain; || 4° Anciennement,
mari. Il fallait qu'une femme fût autorisée par son
baron,c'est-à-dire sonmarijMONTESQ.Esp.xxviu,259.
— HIST. xie s. Seigneur baron, à Charlemagne irez,
Ch. de Roi. v. Il nen i a chevalier ne barun.... ib.
CLXXIV. Deus! quel baron, s'eûst [s'il avait] chres-
tienté ! ib. cxxiv. || xne s. Uns bers fu ja en l'antif
pople Deu, e out num Helcana, Rois, p. 1. De Ro-
land le baron [brave], En Roncivaus, quant.nos le
troveron.... Ronc. p. 29. [Il] N'i a baron qui tant
soit redoutanz [redoutable], ib. p. 34. Seignor ba-
ron, de vous ait Dex mercis, ib. p. 86. Nostre sires
est ja vengés Des haus barons qui or lui ont failli,
QUESNES, Romancero, p. 98. Se [je] ne Toi à baron
[mari], de deuil serai estainte, AUDEFR. LE BAST.
i b. p. 17. Cil dedans se défendent corn nobile baron,
Sax. vin. A la riche abaïe du baron Saint Maart
[Médard], Sax. vin. || xnie s. Li rois tous ses ba-
rons y eut fait assembler, Eerte, m. Maint haut ba-
ron l'adestrent moût debonnairement, ib. rx. X
Dieu [elle] s'est commandée et au baron saint Pierre,
ib. XL. Et puis que elle aura douze ans passéfi, le
seignor la peut semondre de prendre baron [mari],
Ass. de Jér. 1, 264. Feme sans le congé de son ba-
ron ne se pot mètre en tel cas en cort por apeler,
BEAUM. jurai, 1. Uns chevaliers espousa une dame
la quele avoitenfans d'autre baron, m. xn, 10. [Elle]
Cest an pleure et cest an prie, Et cest an [elle] panra
fprendra] baron, RUTEB. 187. || xv« s. Cette nuit
avoient fait le guet deux grands barons de France,
le sire de Montmorency et le sire de Saint Sauf- .
lieu.... FROISS. 1, 1, 139.
— ÉTYM. Wallon, baron, mari; anc. français,
ber ou Sers,aunominatif, et baron, au régime; pro-
venç. bar, au nominatif, et baron, au régime; es-
pagn. iiaron ; ital. barone. Le sens de ce mot dans
les langues romanes est homme fort, mari, guer-
rier vaillant, noble, seigneur. Baro se trouve dans
la latinité, avec le sens : 1° de homme stupide ; 2°de
goujat d'armée (et on lui attribue une origine gau,
loise) ; Isidore lui attribue le sens de mercenaire,
dur au travail, Il y a dans le celtique: ancien kyrun,
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