2006
SOU
demande pas d'en savoir davantage, m. Elév. sur
myst. xvm, 44. Votre prière n'était pas assez sou-
mise et assez pure, MASS. Car. Prière 2. Une con-
duite à la fois si réservée, si soumise et en même
temps remplie de soins si recherchés et si délicats,
GENLIS, freux témér. t. 1, p. 95, dans POÏÏGENS.
SOUMISSION (sou-mi-sion ; en vers, de quatre
syllabes), s. f. || i° Disposition à ohéir. Il a tou-
jours eu une grande soumission pour ses supé-
rieurs. Soumission et usage de la raison, en quoi
consisté le vrai christianisme, PASC. Pens. xm,
2 bis, édit. HAVET. Soumission totale à Jésus-
Christ et à mon directeur, ID. Amulette. La sou-
mission est la source des lumières ; plus on veut
raisonner, plus on s'égare ; plus on doute, plus Dieu
permet que les doutes augmentent, MASS. Pet. ca-
rême, Obstacles. Pompée, prenant la parole, dit
qu'il ne s'était chargé de ces emplois que par sou-
mission pour les ordres du sénat, YERTOT, Révol.
rom. xm, p. 257. Pascal.... fut un homme de gé-
nie dans ses ouvrages de mathématiques et de
physique, dont il avait la honte de faire peu de
cas, par soumission pour les jansénistes, qui
n'étaient pas en état de les entendre, VOLT. Rem.
Pens. Pascal, avert. Les hommes veulent obstiné-
ment ce qu'ils demandent; leur soumission est
tyrannique, RICCOBONI, OEuvr. t. iv, p. 4 33, dans
POUGENS. On voit par cet exemple que la cour de
Suse voulait retenir les Grecs ses sujets dans la
soumission plutôt que dans la servitude, BARTHÉL.
Anach. ch. 72. || 2° Action d'obéir. J'ai été très-
content de sa soumission dans cette affaire. Il
faut obéir, et croire que ce que l'on nous com-
mande est la meilleur ; on me doit savoir gré
pourtant de cette soumission, laquelle, ce me
semble, est tout à la fois obéissance et sacrifice,
voit. Lett. 28. Il Terme de procédure. Faire sa sou-
mission, déclarer qu'on s'oblige à l'exécution de ce
qui est demandé ou de ce qui est jugé. || 3° Action
par laquelle on déclare se soumettre, se ranger à
l'obéissance. Cette ville a fait sa soumission. Les
soumissions arrivèrent de tous côtés au nouveau
gouvernement. 11 4° Démonstrations respectueuses,
hommage à une autorité pour .laquelle on a du,
respect ; il se dit le plus souvent en ce sens au
pluriel. Je souffris ces défiances et ces reproches
avec le respect et la soumission que je lui devais,
RETZ, Mém. t. 11, liv. m, p. 390, dans POUGENS. Con-
stantin Pogonat, imitateur du grand Constantin et
de Marcien, entra au concile à leur exemple; et,
comme il y rendit les mêmes soumissions, il y fut
honoré des mêmes titres d'orthodoxe, de religieux,
-de pacifique empereur, BOSS. Hist. 1, 44. Ces airs
de domination que nous nous donnons, ces soumis-
sions que nous exigeons, BOURDAL. Carêm. des Cen-
dres, «9. Surtout qu'il ne paraisse jamais que vous
demandiez de l'enfant d'autres soumissions que
celles qui sont raisonnables et nécessaires, ROLLTN,
Traité des Et. vi, 4" part. 1, 6. || Satisfactions, ex-
cuses dont on use pour apaiser l'indignation,
la colère de quelqu'un. Nous n'oubliâmes ni sou-
missions, ni prières, pour faire passer les choses
par accommodement, SCARR. Rom. com. 1, 45. Il
n'en sortirait pas qu'il n'eût fait toutes les sou-
missions qu'il fallait au duc, HAMILT. Gramm. 9.
Ses soumissions furent aussi inutiles que sa ré-
sistance, VOLT. Louis XIV, 4 3. Il 5" Terme d'admi-
nistration. Acte ou écrit par lequel on déclare se
charger d'un ouvrage, d'une fourniture, à telles
conditions. Adjudication sur soumissions cachetées.
Il a fait, il a donné sa soumission. Retirer sa sou-
mission. Les Ephésiens ont sur la construction
des édifices publics wafi loi très-sage : l'archi-
tecte dont le plan est choisi fait ses soumissions,
et engage tous ses biens, BARTHÉL. Anach. ch. 72.
Il 6° Action par laquelle on offre de payer, pour
sa part, une certaine somme. Il fit sa soumission
pour mille francs dans le payement de la contri-
bution. Celles [les villes taillables] qui l'ont pu ob-
tenir [de se rédimer] par des soumissions excé-
dant de beaucoup leur taille.... BOISGUILLEBERT, le
Détail de la France, 3° part. ch. vin. Le père sera
seulement tenu de souscrire une soumission de
payer tous.les frais, et de fournir les aliments con-
venables , Code civ. art. 378.
— HIST. xvi" s, Soubmission, COTGRAVE.
— ÉTYM. Prov. submisswn ;esp. sumision; ital.
sommessione ; du lat. submissionem, qui vient de
subim'ssum, supin de submittere, soumettre.
SOUMISSIONNAIRE (sou-mi-sio-nê-r'), s. m. et f.
Terme d'administration. Celui ou celle qui fait
sa soumission pour une entreprise, des travaux, etc.
— ÉTYM. Soumission.
SOU
SOUMISSIONNE, ÉE (sou-nii-soi-né, née), part,
passé de soumissionner. Une fourniture soumis-
sionnée.
SOUMISSIONNER (sou-mi-sio-né), v. a. Terme
d'administration. Faire sa soumission pour une
entreprise, pour des travaux, pour un payement.
Soumissionner un emprunt. Soumissionner pour
tel prix.
— ÉTYM. Soumission.
SOUPAPE (sou-pa-p'), s. f. || i° Terme de méca-
nique. Espèce de couvercle placé sur une ouverture,
de telle manière qu'il s'ouvre d'un côté, et que de
l'autre, plus il est pressé, plus il bouche exactement
l'ouverture. || Particulièrement. Languette qui se
lève dans une pompe pour donner passage à l'eau,
et qui se referme pour empêcher que l'eau ne re-
tourne au réservoir d'où elle était sortie. Les vais-
seaux [du corps humain] ont leurs soupapes ou
valvules, tournées en tous sens, BOSS. Connaiss.
iv, 2. L'homme en buvant offrait le principe de la
théorie des pompes; la découverte des valvules
dans les veines enseignait l'usage des soupapes,
SENNEBIER, Ess. art d'observ. t. m, p. 248. || Sou-
pape de sûreté d'une machine à vapeur, celle qui
est destinée à laisser échapper la vapeur, en se
levant d'elle-même, lorsque le degré de dilatation
est tel. que la chaudière éclaterait, si une issue
n'était pas procurée. )| Fig. Il se dit de ce qui agit
comme une soupape de sûreté et prévient les ex-
plosions politiques. La liberté de la presse est une,
soupape. || 2" Les ballons et les soufflets ont leurs
soupapes qui sont de petites languettes pour ouvrir
ou fermer le passage au vent. || 3° Ce qui dans
l'orgue et d'autres instruments donne passage
•auvent et l'empêche de rentrer. || 4° Tampon de
forme conique qui sert à boucher le trou d'un
réservoir par lequel l'eau peut aller dans les ca-
naux. Lever la soupape pour faire aller les jets
d'eau. H 5° Rond de tôle mouvant dans l'intérieur
d'un tuyau de poêle, empêchant l'air chaud de
s'échapper. |) 6' Terme de serrurerie. Pièce de fer
montée à bascule, servant à fermer une ouverture
quelconque. . .
— HIST. xriie s. Si me tint, mais je li escape, Si
li rendi tele sourpape (var. souspape), Que tout
enviers l'ai abatu; Jà l'eusse trop bien batu, BAU-
DOUIN DE CONDÉ, t. 1, p. 172. H xvi" s. Cela ne se
peut faire que la souspape de la gorge de l'homme
(que les chirurgiens appellent la luette) ne joue
comme celle des pompes, PALISSY, 137. Aucuns se
servent de seringues, soupapes, bassecules, etc....
pour ramonter l'eau des puits, 0. DE SERRES, 774.
— ÉTYM. Espagn. sopapo, soupape et coup sous
le menton, de so, sous, et papo, partie charnue sous
le menton. De même que sous-barbe, qui signifie
coup sous le menton, a pris le nom de divers en-
gins, de même soupape a servi figuréinent à dé-
signer ce qui s'ouvre et se ferme; on aperçoit
même comment l'idée est venue de prendre le coup
sous le menton, qui fait fermer la bouche, pour
désigner le coup que reçoit la valvule, et la val-
vule elle-même.
SOUPÇON (sou-pson), s. m. || 1° Au sens actif, ac-
tion de soupçonner. Un coeur exempt de soupçon.
Le soupçon, ce monstre sans pitié, Loge bientôt la
haine où logeait l'amitié, MAIRET, Soliman, 11, 7. Ne
m'assassinez point, je vous prie, par les sensibles
coups d'un soupçon outrageux, MOL. l'Avare, 1, 4.
Ce n'est pas d'aujourd'hui, Nicole, que j'ai conçu
des soupçons de mon mari, m. Bourg, gent. m, 7.
Quelle cause fit arrêter les princes [Condé et Conti] ?
si ce fut ou des soupçons, ou des vérités, ou de
vaines terreurs, qui le pourra dire à la postérité?
BOSS. le Tellier. Il n'est rien où d'abord son soup-
çon attaché Ne présume du crime et ne trouve un
péché, B'OIL. Sat. x. Le soupçon d'un crime est,
chez le vulgaire, la première explication qui se
présente pour suppléer à l'ignorance des causes
naturelles, CONDORCET, Duhamel. Les soupçons,
dans le monde, valent des certitudes, MARMONTEL,
Cont. mor. Alcib. Le comte : Mais ce médecin
peut prendre un soupçon. — Figaro : Il faut mar-
cher si vite que le soupçon n'ait pas le temps de
naître, BEAUMARCH. Barb. de Sév. 1, 4. De mon
amour peignez, s'il est possible, L'ardeur, l'i-
vresse, et même les soupçons, BÉRANG. Bonne
vieille. || Sans risque ni soupçon, sans risque ni
soupçon de fraude. Mais un [avis] qui tous les ans,
à si peu qu'on le monte, En peut donner au roi
quatre cents [millions] de bon compte, Avec faci-
lité, sans risque, ni soupçon, MOL. les Fdch. m, 3.
Il 2° Au sens passif, état d'une personne soupçon-
née. Une conduite exempte de soupçon. De nos faux
SOU
monnoyeurs l'insupportable audace Pullule en cet
Jîltat d'une telle façon, Qu'on ne reçoit plus rien ,
qui soit hors de soupçon, MOL. VÉt. 11, 6. Il n'y a
pas le moindre soupçon d'erreur dans ceux que
vous en avez accusés, PASG. Prov. xvm. Le cou-
rage du chevalier de Lorraine est hors de tout
soupçon, SÉV. 28 juill. 4 682. Je parle à des âmes
pures et sincères qui ont horreur du soupçon
même de la vanité et du mensonge, FLÉCH. Duch.
de ilontaus. Ceux qui ont écrit leurs propres ac-
tions sont tombés ordinairement dans; le soupçon
ou de les avoir relevées par orgueil, ou d'en avoir
diminué la gloire par modestie, ro. Vie de Com-
mendon, préf. Les jésuites restent sous le soup-
çon d'avoir dirigé sa main [de Ravaillac], DIDER
Opin. des anc. phil. (Jésuites). \\ 3° Simple con-
j ecture, simple opinion. Ce n'est pas une certitude,
c'est un soupçon. Pour moi je n'en ai qu'un léger
soupçon, BOSS. Lett. Corn. 86. Mme la duchesse de '
Berri est en soupçon de grossesse, MAINTENON, Lett.
au duc deNoail. 49 juin 4740. U y a des soupçons
sur une grossesse [de la reine d'Espagne], M"'" DE
VILL. Lett. 27 déc. 4 679. Moi : J'ai peur que vous
ne deveniez jamais riche. — Lui : Moi, j'en ai le
soupçon, DIDER. Neveu de Rameau. \\ 4° Apparence
légère. Il y a quelque soupçon de petite vérole
dans ce canton. Cela ne vous offense point ; il ne
tombe entre lui [votre père] et vous aucun soup-
çon de ressemblance, MOL. Scapin, n, 7. De ce pou-
voir prétendu du peuple et de cette souveraineté
qu'on veut lui attribuer naturellement, il n'y en a
aucun acte ni aucun vestige, et pas même le moin-
dre soupçon dans toute l'histoire sainte, BOSS,
5e avert. 43. Certaines vues d'honneur qui lui fai-
saient craindre [à M. de Montausier] jusqu'aux moin-
dres soupçons de changement et d'inconstance...
étaient autant d'engagements qui le liaient à sa com-
munion, FLÉCH, Duc de Mont. J'ai eu, il y a quelque
temps, un petit soupçon d'apoplexie, VOLT. Lett.
la-Vallière, 21 févr. 1767. Un malade ou un mé-
decin du bel air se sera avisé de dire qu'il a eu
un soupçon de fièvre, pour signifier qu'il a eu
une légère atteinte; voilà bientôt toute la nation
qui a des soupçons de haine, d'amour, de ridicule,
ID. Dict. phil. Langues. || 5° Familièrement. Quan-
tité si minime qu'on se demande si elle existe.
Donnez-moi un soupçon de cette liqueur. Un excès
d'aigreur ou d'amertume, dans les liqueurs, nous
les rend" odieuses ; une pointe, ou ce qu'on ap-
pelle un soupçon de l'une ou de l'autre, pique,
éveille et flatte le goût, MARMONTEL, OEuvr. t. xvm,
p. 223. Rien que de l'eau chaude avec un sou-
pçon de thé et un nuage de lait, A. DE MUSS. Un
caprice, 6. -
— SYN. SOUPÇON, SUSPICION. Soupçon est le terme
vulgaire; suspicion est un- terme de palais. Le
soupçon roule sur toutes sortes d'objets; la sus-
picion tombe proprement sur les délits. Le soup-
çon fait qu'on est soupçonné ; la suspicion sup-
pose qu'on est suspect.
— HIST. xiie s. Et cil qui plus les ament, sont
plus en sopeçon, Sax. xxn. || xme s. Et dist ces pa-
roles pour çou [ce] que il savoit bien que li rois
l'avoit en souspechon, por mauvaises paroles,
Chron. de Rains, 4 47 Dont j'ai mauvese soupe- •
çon, la Rose, 3548. Il se met en souspechon qu'il
ne demande fausseté, BEAÛMAN. VI, 34.||xve s.
Vous estes tous temps mal pensant, Et plain de
faulse soupeçon, CH. D'ORL. Bail. 43. ||xvi" s. Les
sénateurs entroient en soupeçon les uns des autres,
AMYOT, Numa, 4. Ce mystère [de gens armés qui
arrivaient les uns après les autres dans la maison
de Montaigne] commenceoit à taster ma souspe -
çon, MONT, iv, "227. Tel en qui il ne pouvoit cheoir
souspeçon aulcune de foiblesse, m. 1, 94.
— ÉTYM. Prov. sospeisso; it. sospezione; du lat.,
suspicionem, qui vient de suspicere, regarder, con-
sidérer, et de là soupçonner, de susum, en haut, et
spicere, voir (voy. SPECTACLE) : soupeçon ou soupçon
est la forme française; il était correctement fémi-
nin ; suspicion a été refait sur le latin.
f SOUFÇONNABLE (sou-psù-na-bl'), adj. Que on
peut soupçonner. U paraît que les Chinois sont
trop soupçonneux et trop soupçonnables, pour
qu'on entame avec eux un grand commerce qui
demande de la générosité et de la franchise, VOLT.
Lett. à Catherine II, 6 mai 4 774.
— HIST. xvie s. Soupçonnable, OUDIN, Dict.
SOUPÇONNÉ, ÉE (sou-pso-né, née), part, passé
de soupçonner. Mais je laissais gémir la vertu soup-
çonnée, RAC. Phèdre, v, 7.
SOUPÇONNER (sou-pso-né), v. a. || 1° Avoir, sur
quelqu'un ou quelque chose, une opinion désa-
SOU
demande pas d'en savoir davantage, m. Elév. sur
myst. xvm, 44. Votre prière n'était pas assez sou-
mise et assez pure, MASS. Car. Prière 2. Une con-
duite à la fois si réservée, si soumise et en même
temps remplie de soins si recherchés et si délicats,
GENLIS, freux témér. t. 1, p. 95, dans POÏÏGENS.
SOUMISSION (sou-mi-sion ; en vers, de quatre
syllabes), s. f. || i° Disposition à ohéir. Il a tou-
jours eu une grande soumission pour ses supé-
rieurs. Soumission et usage de la raison, en quoi
consisté le vrai christianisme, PASC. Pens. xm,
2 bis, édit. HAVET. Soumission totale à Jésus-
Christ et à mon directeur, ID. Amulette. La sou-
mission est la source des lumières ; plus on veut
raisonner, plus on s'égare ; plus on doute, plus Dieu
permet que les doutes augmentent, MASS. Pet. ca-
rême, Obstacles. Pompée, prenant la parole, dit
qu'il ne s'était chargé de ces emplois que par sou-
mission pour les ordres du sénat, YERTOT, Révol.
rom. xm, p. 257. Pascal.... fut un homme de gé-
nie dans ses ouvrages de mathématiques et de
physique, dont il avait la honte de faire peu de
cas, par soumission pour les jansénistes, qui
n'étaient pas en état de les entendre, VOLT. Rem.
Pens. Pascal, avert. Les hommes veulent obstiné-
ment ce qu'ils demandent; leur soumission est
tyrannique, RICCOBONI, OEuvr. t. iv, p. 4 33, dans
POUGENS. On voit par cet exemple que la cour de
Suse voulait retenir les Grecs ses sujets dans la
soumission plutôt que dans la servitude, BARTHÉL.
Anach. ch. 72. || 2° Action d'obéir. J'ai été très-
content de sa soumission dans cette affaire. Il
faut obéir, et croire que ce que l'on nous com-
mande est la meilleur ; on me doit savoir gré
pourtant de cette soumission, laquelle, ce me
semble, est tout à la fois obéissance et sacrifice,
voit. Lett. 28. Il Terme de procédure. Faire sa sou-
mission, déclarer qu'on s'oblige à l'exécution de ce
qui est demandé ou de ce qui est jugé. || 3° Action
par laquelle on déclare se soumettre, se ranger à
l'obéissance. Cette ville a fait sa soumission. Les
soumissions arrivèrent de tous côtés au nouveau
gouvernement. 11 4° Démonstrations respectueuses,
hommage à une autorité pour .laquelle on a du,
respect ; il se dit le plus souvent en ce sens au
pluriel. Je souffris ces défiances et ces reproches
avec le respect et la soumission que je lui devais,
RETZ, Mém. t. 11, liv. m, p. 390, dans POUGENS. Con-
stantin Pogonat, imitateur du grand Constantin et
de Marcien, entra au concile à leur exemple; et,
comme il y rendit les mêmes soumissions, il y fut
honoré des mêmes titres d'orthodoxe, de religieux,
-de pacifique empereur, BOSS. Hist. 1, 44. Ces airs
de domination que nous nous donnons, ces soumis-
sions que nous exigeons, BOURDAL. Carêm. des Cen-
dres, «9. Surtout qu'il ne paraisse jamais que vous
demandiez de l'enfant d'autres soumissions que
celles qui sont raisonnables et nécessaires, ROLLTN,
Traité des Et. vi, 4" part. 1, 6. || Satisfactions, ex-
cuses dont on use pour apaiser l'indignation,
la colère de quelqu'un. Nous n'oubliâmes ni sou-
missions, ni prières, pour faire passer les choses
par accommodement, SCARR. Rom. com. 1, 45. Il
n'en sortirait pas qu'il n'eût fait toutes les sou-
missions qu'il fallait au duc, HAMILT. Gramm. 9.
Ses soumissions furent aussi inutiles que sa ré-
sistance, VOLT. Louis XIV, 4 3. Il 5" Terme d'admi-
nistration. Acte ou écrit par lequel on déclare se
charger d'un ouvrage, d'une fourniture, à telles
conditions. Adjudication sur soumissions cachetées.
Il a fait, il a donné sa soumission. Retirer sa sou-
mission. Les Ephésiens ont sur la construction
des édifices publics wafi loi très-sage : l'archi-
tecte dont le plan est choisi fait ses soumissions,
et engage tous ses biens, BARTHÉL. Anach. ch. 72.
Il 6° Action par laquelle on offre de payer, pour
sa part, une certaine somme. Il fit sa soumission
pour mille francs dans le payement de la contri-
bution. Celles [les villes taillables] qui l'ont pu ob-
tenir [de se rédimer] par des soumissions excé-
dant de beaucoup leur taille.... BOISGUILLEBERT, le
Détail de la France, 3° part. ch. vin. Le père sera
seulement tenu de souscrire une soumission de
payer tous.les frais, et de fournir les aliments con-
venables , Code civ. art. 378.
— HIST. xvi" s, Soubmission, COTGRAVE.
— ÉTYM. Prov. submisswn ;esp. sumision; ital.
sommessione ; du lat. submissionem, qui vient de
subim'ssum, supin de submittere, soumettre.
SOUMISSIONNAIRE (sou-mi-sio-nê-r'), s. m. et f.
Terme d'administration. Celui ou celle qui fait
sa soumission pour une entreprise, des travaux, etc.
— ÉTYM. Soumission.
SOU
SOUMISSIONNE, ÉE (sou-nii-soi-né, née), part,
passé de soumissionner. Une fourniture soumis-
sionnée.
SOUMISSIONNER (sou-mi-sio-né), v. a. Terme
d'administration. Faire sa soumission pour une
entreprise, pour des travaux, pour un payement.
Soumissionner un emprunt. Soumissionner pour
tel prix.
— ÉTYM. Soumission.
SOUPAPE (sou-pa-p'), s. f. || i° Terme de méca-
nique. Espèce de couvercle placé sur une ouverture,
de telle manière qu'il s'ouvre d'un côté, et que de
l'autre, plus il est pressé, plus il bouche exactement
l'ouverture. || Particulièrement. Languette qui se
lève dans une pompe pour donner passage à l'eau,
et qui se referme pour empêcher que l'eau ne re-
tourne au réservoir d'où elle était sortie. Les vais-
seaux [du corps humain] ont leurs soupapes ou
valvules, tournées en tous sens, BOSS. Connaiss.
iv, 2. L'homme en buvant offrait le principe de la
théorie des pompes; la découverte des valvules
dans les veines enseignait l'usage des soupapes,
SENNEBIER, Ess. art d'observ. t. m, p. 248. || Sou-
pape de sûreté d'une machine à vapeur, celle qui
est destinée à laisser échapper la vapeur, en se
levant d'elle-même, lorsque le degré de dilatation
est tel. que la chaudière éclaterait, si une issue
n'était pas procurée. )| Fig. Il se dit de ce qui agit
comme une soupape de sûreté et prévient les ex-
plosions politiques. La liberté de la presse est une,
soupape. || 2" Les ballons et les soufflets ont leurs
soupapes qui sont de petites languettes pour ouvrir
ou fermer le passage au vent. || 3° Ce qui dans
l'orgue et d'autres instruments donne passage
•auvent et l'empêche de rentrer. || 4° Tampon de
forme conique qui sert à boucher le trou d'un
réservoir par lequel l'eau peut aller dans les ca-
naux. Lever la soupape pour faire aller les jets
d'eau. H 5° Rond de tôle mouvant dans l'intérieur
d'un tuyau de poêle, empêchant l'air chaud de
s'échapper. |) 6' Terme de serrurerie. Pièce de fer
montée à bascule, servant à fermer une ouverture
quelconque. . .
— HIST. xriie s. Si me tint, mais je li escape, Si
li rendi tele sourpape (var. souspape), Que tout
enviers l'ai abatu; Jà l'eusse trop bien batu, BAU-
DOUIN DE CONDÉ, t. 1, p. 172. H xvi" s. Cela ne se
peut faire que la souspape de la gorge de l'homme
(que les chirurgiens appellent la luette) ne joue
comme celle des pompes, PALISSY, 137. Aucuns se
servent de seringues, soupapes, bassecules, etc....
pour ramonter l'eau des puits, 0. DE SERRES, 774.
— ÉTYM. Espagn. sopapo, soupape et coup sous
le menton, de so, sous, et papo, partie charnue sous
le menton. De même que sous-barbe, qui signifie
coup sous le menton, a pris le nom de divers en-
gins, de même soupape a servi figuréinent à dé-
signer ce qui s'ouvre et se ferme; on aperçoit
même comment l'idée est venue de prendre le coup
sous le menton, qui fait fermer la bouche, pour
désigner le coup que reçoit la valvule, et la val-
vule elle-même.
SOUPÇON (sou-pson), s. m. || 1° Au sens actif, ac-
tion de soupçonner. Un coeur exempt de soupçon.
Le soupçon, ce monstre sans pitié, Loge bientôt la
haine où logeait l'amitié, MAIRET, Soliman, 11, 7. Ne
m'assassinez point, je vous prie, par les sensibles
coups d'un soupçon outrageux, MOL. l'Avare, 1, 4.
Ce n'est pas d'aujourd'hui, Nicole, que j'ai conçu
des soupçons de mon mari, m. Bourg, gent. m, 7.
Quelle cause fit arrêter les princes [Condé et Conti] ?
si ce fut ou des soupçons, ou des vérités, ou de
vaines terreurs, qui le pourra dire à la postérité?
BOSS. le Tellier. Il n'est rien où d'abord son soup-
çon attaché Ne présume du crime et ne trouve un
péché, B'OIL. Sat. x. Le soupçon d'un crime est,
chez le vulgaire, la première explication qui se
présente pour suppléer à l'ignorance des causes
naturelles, CONDORCET, Duhamel. Les soupçons,
dans le monde, valent des certitudes, MARMONTEL,
Cont. mor. Alcib. Le comte : Mais ce médecin
peut prendre un soupçon. — Figaro : Il faut mar-
cher si vite que le soupçon n'ait pas le temps de
naître, BEAUMARCH. Barb. de Sév. 1, 4. De mon
amour peignez, s'il est possible, L'ardeur, l'i-
vresse, et même les soupçons, BÉRANG. Bonne
vieille. || Sans risque ni soupçon, sans risque ni
soupçon de fraude. Mais un [avis] qui tous les ans,
à si peu qu'on le monte, En peut donner au roi
quatre cents [millions] de bon compte, Avec faci-
lité, sans risque, ni soupçon, MOL. les Fdch. m, 3.
Il 2° Au sens passif, état d'une personne soupçon-
née. Une conduite exempte de soupçon. De nos faux
SOU
monnoyeurs l'insupportable audace Pullule en cet
Jîltat d'une telle façon, Qu'on ne reçoit plus rien ,
qui soit hors de soupçon, MOL. VÉt. 11, 6. Il n'y a
pas le moindre soupçon d'erreur dans ceux que
vous en avez accusés, PASG. Prov. xvm. Le cou-
rage du chevalier de Lorraine est hors de tout
soupçon, SÉV. 28 juill. 4 682. Je parle à des âmes
pures et sincères qui ont horreur du soupçon
même de la vanité et du mensonge, FLÉCH. Duch.
de ilontaus. Ceux qui ont écrit leurs propres ac-
tions sont tombés ordinairement dans; le soupçon
ou de les avoir relevées par orgueil, ou d'en avoir
diminué la gloire par modestie, ro. Vie de Com-
mendon, préf. Les jésuites restent sous le soup-
çon d'avoir dirigé sa main [de Ravaillac], DIDER
Opin. des anc. phil. (Jésuites). \\ 3° Simple con-
j ecture, simple opinion. Ce n'est pas une certitude,
c'est un soupçon. Pour moi je n'en ai qu'un léger
soupçon, BOSS. Lett. Corn. 86. Mme la duchesse de '
Berri est en soupçon de grossesse, MAINTENON, Lett.
au duc deNoail. 49 juin 4740. U y a des soupçons
sur une grossesse [de la reine d'Espagne], M"'" DE
VILL. Lett. 27 déc. 4 679. Moi : J'ai peur que vous
ne deveniez jamais riche. — Lui : Moi, j'en ai le
soupçon, DIDER. Neveu de Rameau. \\ 4° Apparence
légère. Il y a quelque soupçon de petite vérole
dans ce canton. Cela ne vous offense point ; il ne
tombe entre lui [votre père] et vous aucun soup-
çon de ressemblance, MOL. Scapin, n, 7. De ce pou-
voir prétendu du peuple et de cette souveraineté
qu'on veut lui attribuer naturellement, il n'y en a
aucun acte ni aucun vestige, et pas même le moin-
dre soupçon dans toute l'histoire sainte, BOSS,
5e avert. 43. Certaines vues d'honneur qui lui fai-
saient craindre [à M. de Montausier] jusqu'aux moin-
dres soupçons de changement et d'inconstance...
étaient autant d'engagements qui le liaient à sa com-
munion, FLÉCH, Duc de Mont. J'ai eu, il y a quelque
temps, un petit soupçon d'apoplexie, VOLT. Lett.
la-Vallière, 21 févr. 1767. Un malade ou un mé-
decin du bel air se sera avisé de dire qu'il a eu
un soupçon de fièvre, pour signifier qu'il a eu
une légère atteinte; voilà bientôt toute la nation
qui a des soupçons de haine, d'amour, de ridicule,
ID. Dict. phil. Langues. || 5° Familièrement. Quan-
tité si minime qu'on se demande si elle existe.
Donnez-moi un soupçon de cette liqueur. Un excès
d'aigreur ou d'amertume, dans les liqueurs, nous
les rend" odieuses ; une pointe, ou ce qu'on ap-
pelle un soupçon de l'une ou de l'autre, pique,
éveille et flatte le goût, MARMONTEL, OEuvr. t. xvm,
p. 223. Rien que de l'eau chaude avec un sou-
pçon de thé et un nuage de lait, A. DE MUSS. Un
caprice, 6. -
— SYN. SOUPÇON, SUSPICION. Soupçon est le terme
vulgaire; suspicion est un- terme de palais. Le
soupçon roule sur toutes sortes d'objets; la sus-
picion tombe proprement sur les délits. Le soup-
çon fait qu'on est soupçonné ; la suspicion sup-
pose qu'on est suspect.
— HIST. xiie s. Et cil qui plus les ament, sont
plus en sopeçon, Sax. xxn. || xme s. Et dist ces pa-
roles pour çou [ce] que il savoit bien que li rois
l'avoit en souspechon, por mauvaises paroles,
Chron. de Rains, 4 47 Dont j'ai mauvese soupe- •
çon, la Rose, 3548. Il se met en souspechon qu'il
ne demande fausseté, BEAÛMAN. VI, 34.||xve s.
Vous estes tous temps mal pensant, Et plain de
faulse soupeçon, CH. D'ORL. Bail. 43. ||xvi" s. Les
sénateurs entroient en soupeçon les uns des autres,
AMYOT, Numa, 4. Ce mystère [de gens armés qui
arrivaient les uns après les autres dans la maison
de Montaigne] commenceoit à taster ma souspe -
çon, MONT, iv, "227. Tel en qui il ne pouvoit cheoir
souspeçon aulcune de foiblesse, m. 1, 94.
— ÉTYM. Prov. sospeisso; it. sospezione; du lat.,
suspicionem, qui vient de suspicere, regarder, con-
sidérer, et de là soupçonner, de susum, en haut, et
spicere, voir (voy. SPECTACLE) : soupeçon ou soupçon
est la forme française; il était correctement fémi-
nin ; suspicion a été refait sur le latin.
f SOUFÇONNABLE (sou-psù-na-bl'), adj. Que on
peut soupçonner. U paraît que les Chinois sont
trop soupçonneux et trop soupçonnables, pour
qu'on entame avec eux un grand commerce qui
demande de la générosité et de la franchise, VOLT.
Lett. à Catherine II, 6 mai 4 774.
— HIST. xvie s. Soupçonnable, OUDIN, Dict.
SOUPÇONNÉ, ÉE (sou-pso-né, née), part, passé
de soupçonner. Mais je laissais gémir la vertu soup-
çonnée, RAC. Phèdre, v, 7.
SOUPÇONNER (sou-pso-né), v. a. || 1° Avoir, sur
quelqu'un ou quelque chose, une opinion désa-
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