DÉ '
petit poids dans leur intérieur, tombent de préfé-
rence sur un côté déterminé. Je dis que l'on doit
faire ainsi qu'au jeu de dés, Où, s'il ne vous vient
pas ce que vous demandez, Il faut jouer d'adresse
et d'une âme réduite Corriger le hasard par la bonne
conduite, MOL. ÉC. des f. iv, 8. Un fatal jeu de dés
dont la fureur les possédait, noircissait leur esprit
et absorbait leur âme, MARMONT. Mém. liv. vu, t. il,
p. 206, dans.PODGENS. Chacun après le dé vous mon-
tre comment il fallait jouer, p. L. COUR. Lelt. i, 429.
Voyons si la vertu n'est qu'une sainte erreur, L'es-
pérance un dé faux qui trompe la douleur, LAMART.
Harm. iv, il. || Coup de dé qu coup de dés, le nom-
bre de points qu'on amène en jetant une fois les
dés; et, figurément, coup de hasard. Ma fille, il ne
s'en faut qu'une tête qu'elle [une terre] soit à vous;
ce serait un beau coup de dé, SËV. 349. EUe peut
vous valoir beaucoup, elle peut vous valoir très-peu ;
tout est coup de dé dans ce monde, VOLT. Lelt. Thi-
riot, 4 mars, 1769. || Avoir le dé, être le premier à
jouer, i vousledé, c'est à vous de jouer; et, figuré-
ment, à vous le dé, c'est à vous de parler, d'agir. X
vous le dé, monsieur [c'est de vous qu'il s'agit], MOL.
Mis. v, 4. Fauteuil vacant à la deuxième classe, On
meurt souvent parmi ces immortels, À vous le dé....
MILLEV. Épigr. Fauteuil acad. || Tenir le dé, avoir
les dés en main pour jouer; et, figurément, tenir
le dé dans la conversation, s'en rendre maître, la di-
riger L'on est chez vous contrainte de se taire:
■ Car madame, à jaser, tient le dé tout le jour, MOL.
Tari, i, l. Silly tenait le dé du raisonnement et de
la politique, ST-SIM. 136, 262. || Quitter le dé, aban-
donner les dés qu'on tientàlamain; et, figurément,
ne vouloir pas tenir ce qu'un autre veut jouer.
|| Faire quitter le dé, faire abandonner les dés par
le joueur qui les tient pour qu'ils passent à un autre,
et, figurément, faire quitter le dé à quelqu'un, obli-
ger quelqu'un à renoncer à une entreprise. || Rompre
le dé, c'est brouiller le dé avant qu'on ait vu ce
qu'il porte; et, figurément, rompre le dé à quel-
qu'un, faire avorter ses desseins, ses entreprises.
|| Flatter le dé, jeter doucement les dés dans l'espoir
de n'amener qu'un petit nombre de points; et, fi-
gurément, ne pas parler franchement et librement
de quelque chose, adoucir quelque chose de fâcheux.
|| Le dé en est jeté, la résolution en est prise. \\ Fig.
et familièrement. Je jetterais cela à trois dés, je
jouerais cela à trois dés, c'est-à-dire le choix entre
; ceci ou cela m'est tout à fait indifférent, et je m'enre-
! mettrais volontiers au hasard pour choisir. || Auplur.
Dés, jeu de dé. Pierre le bon enfant aux dés a tout
perdu, RÉGNIER, Sat. xn. || 2° Synonyme de domino,
au jeu qui porte ce nom ; synonymie qui vient de
ce qu'il y a une grande analogie entre les dés et les
dominos qui sont en quelque sorte des dés éten-
dus. Je n'ai plus que deux dés. Couvrir, boucher,
fermer un dé, mettre, par exemple, du six contre du
six. Ouvrir un dé, le faire paraître pour la première
fois. Jouer à dé forcé. Rendre le dé, remettre à son
partner du six, par exemple, s'il a déjà ouvert le
six. || 3° Terme d'architecture. La partie cubique d'un
piédestal. || Petits cubes de pierre qu'on place sous
des poteaux, des colonnes, des vases pour les iso-
ler de terre. || 4° Dé de drapeau, garniture en métal
à l'extrémité inférieure de la hampe d'une enseigne.
Il 5° Plaque de cuivre percée d'un trou circulaire,
qu'on adapte aux rouets des bois des poulies pour re-
cevoir l'axe. || Morceau de bois percé de trous dans
lesquels l'orfèvre enfonce au marteau les pièces d'ar-
gent qu'il veut rétreindre. || Terme de vitrier. Espèce
de compartiment de panneau. || Terme de marine.
Plaque percée pour exécuter les coutures des voiles.
|| Diverses chevilles ou tampons. || Terme de typo-
graphie. Morceau d'acier qui se place dans la gre-
nouille d'une presse et reçoit le pivot de la vis.
— REM. Delille a écrit deg, comme on faisait dans
le XVII 0 siècle : Dans le cornet fatal le dez a retenti,
DELILLE, Imag. n.
— HIST. xnc s. Quant cil denier serunt despendu
e aie, E en malvaises genz et en guerre guasté, Mal-
vaisement conquis, malement alué, Li dé serunt
nïult tost sur ambes as.turné, Qui unt esté sovent
sur sines [le six] ruelé, Th. le mart. 157. ]| xmc s. Je
cuit et croi vos dites voir; Jà por ce n'ert li dez
changiez, Ren. 3229. Bien me seront iidéchangié,
Quant por ce que j'aurai mangié, M'aura Diex issi
estrangié De sa meson, Fab.mss. n° 7218, f° 299,
dans LACURNE. ||xiv° s. Etdientles expositeurs que
tetragone estun corpsquarré comme un dey, ORESME,
Eth. 24. Sire, ceditBertran, qu'avez-vous empensé?
Visez-vous à l'avoir? je n'y acompte un dé, Guescl.
4 6930. J'ai dez du plus, j'ai dez du mains [moins],
De Ptais, de Chartres, deRains; Si en ai deuz, ce
DÉB
n'est pas gas [plaisanterie], Qui au hocher chieent
[tombent]soras, Dict. du mercier, dans DE LABORDE,
Emaux, p. 247. || XY'S. [Le prudhomme] s'en vint à
la porte de Gand, où les gardes veilloient, et là les
trouva jouant aux dés, FROISS. ir, n, 213. Fortune
fait souvent tourner Les dez contre moi malement,
en. D'ORL. Bail. 45. || xvi" s. Que n'entreprendroit-il
[l'homme], puis que la bref veté qui luy coupe le che-
min etluy rompt le dé, comme l'on dict, et l'incer-
titude d'icelle [la vie] qui oste tout courage, ne le
peust arrester, vivant comme s'il avoit tousjours à
vivre? CHARBON, Sagesse, i, 36.
— ÉTYM. Provenç. dat, dats; catal. dau; espagn.
portug. et ital. dado ; d'après Ménage, du latin dure,
dans le sens de jeter: datum, ce qui est jeté sur la
table; d'après Goiius, de l'arabe dadd, jeu. De ces
deux étymologies, la première est de beaucoup la
plus vraisemblable.
2. DÉ (dé), s. m. || 1" Petit cylindre de métal ou d'i-
voire , qu'on met au bout du troisième doigt pour
pousser l'aiguille. Un dé d'argent. || 2° Terme de bo-
tanique. Dé à coudre, agaric campanule.
— HIST. xiv°s. Dans un lexique : theca, gallice
deis et deaul, id quod mulier habet in digito, DD
CANGE, digitarium. Sa ceinture et sa tasse en la
quelle avoit un del à cueuldre, ID. ib. Deel à mettre
ou doi pour queudre, ID. digitabulum. || xves. Plus
becquetez d'oyseaulx que dez à couldre, VILLON,
ÉpitapKe en bail.
— ÉTYM. Berry, diau;espagn.dedal; ital.ditale;
romagnole, didel;du latin digitale, de digitus (voy.
DOIGT). L'ancienne forme française est deel, con-
tracté en del, et confondu par assimilation avec dé
à jouer. Quand on rapproche les formes romanes de
dé à coudre et de à jouer, d'une part dat, dado, et
d'autre part dedal, ditale, deel, on voit tout de
suite combien elles divergent.
f 3. DÉ.... préfixe qui signifie l'action d'ôter, de
défaire, de sortir, de descendre, etc. comme Man-
der, dé-bander, faire, dê-faire, et qui est le repré-
sentant de la préposition de.' Et l'on me désosie enfin
Comme on vous désamphitryonne, MOL. Amph. ni, 8.
Dé préfixe a aussi un sens d'extension, d'augmenta-
tion, comme dans défaillir.
f DÉALBATION (dé-al-ba-sion), s. f. Terme di-
dactique. Action de blanchir, surtout en parlant des
os préparés pour les besoins de l'anatomie.
— ÉTYM. Lat. dealbatio, de la préposition de, et
albus, blanc (voy. AUBE).
f DÉAMBULATION (dé-an-bu-la-sion), s. f. Terme
didactique. Action de marcher, de prendre de l'exer-
cice. Ce mot est quelquefois employé dans les livres
médicaux.
— HIST. xvr 3 s. Après la sueur diligemment net-
toyée, faut faire ou frictions légères ou deambula-
tions, PARÉ, xxv, 42.
— ÉTYM. Lat. deambulatio, de la préposition de,
et ainbulare, se promener (voy. AMBLE).
f DÉAMBULATOIRE (dé-an-bu-la-toi-r'), adj.
Qui a rapport à la déambulation.
— HIST. xvr* s. Quand la colique ou iliaque pas-
sion est cause de ventosité, le mal est déambula-
toire, ne s'arrestant en un seul endroit, ains vague
par le ventre, o. DE SERRES , 924.
— ÉTYM. Voy. DÉAMBULATION.
f DÉAURATION (dé-ô-ra-sion), s. f. Terme di-
dactique. Action de dorer, de donner la couleur de
l'or, surtout à des métaux que l'on associe à d'autres.
— ÉTYM. Dé, et le latin aurum, or.
f DÉBÂCHER ( dé-bâ-ché), v. a. Ôter la bâche.
Débâcher une voiture.
— ÉTYM. Dé, et bâche.
DËBÂCLAGE (dé-bâ-kla-j'), s. m. Action de dé-
bâclér, de débarrasser un port, une rivière.
— ÉTYM. Débâcler.
DÉBÂCLE (dé-bâ-kl'), s. f. || 1" Débâclage. Peu
usité en ce sens. Faire la débâcle, rendre un port
ou une rivière libres. || 2° Rupture subite des glaces
qui, couvrant une rivière, en interrompaient le
cours. La débâcle de la Seine. Les premiers qui
s'éloignent du bord avertissent que la glace plie
sous eux, qu'elle s'enfonce , qu'ils marchent dans
l'eau jusqu'aux genoux; et bientôt on entend ce frêle
appui se fendre avec des craquements effroyables
qui se prolongent au loin comme dans une débâcle,
SÉGUR, Hist. de Napol. x, 9. || Fig. et familière-
ment, changement fâcheux qui emporte la fortune
d'un particulier, la prospérité d'un gouvernement,
les opinions,les moeurs, comme la débâcle emporte
les glaces de la rivière. Cet accident commença
la débâcle de sa fortune. Quel que fût l'intérieur du
roi, il est certain que sa décence contenait quelque
peu la débâcle des moeurs, à la cour, dans l'église,
Dtifi 963
MICHELET, louis XIV et le duc de Bourgogne,
p. 151.
.— ÉTYM. Voy. DËBÂCLER.
DÉBÂCLE, ÉE (dé-bâ-klé, klée), part, passé. L-
port étant débâclé.
DÉBÂCLEMENT (dé-bâ-kle-man), s. m. \\ 1" L'ac-
tion de débâcler un port, des navires, des bateaux.
|| 2° Le moment de la débâcle des glaces.
— ÉTYM. Débâcler.
DÉBÂCLER (dé-bâ-klé), v. a. || i" Faire retirer
d'un port les navires vides, pour que l'accès soit libre
aux navires chargés qui arrivent. || 2° Ouvrir ce qui
était bâclé. Débâcler une porte. || 3° Y. n. Il se dit
d'une rivière dont les glaces se rompent. La rivière
a débâcle. || 4° Ôter et déménager les marchandises,
en parlant des marchands qui sont venus à une
foire. La foire est finie aujourd'hui, tous les mar-
chands débâclent.
— REM. Débàcler, v. n. se conjugue avec l'auxi-
liaire avoir, quand il s'agit de l'action : la rivière a
débâclé aujourd'hui ; et avec l'auxiliaire être quand
il s'agit de l'état : la rivière est débâclée, depuis ce
matin.
— ÉTYM. Dé, et bâcler.
DÉBÂCLEUR (dé-bâ-kleur), s. m. Officier préposé
au débàclage d'un port. Ordonne que les dits me-
sureurs.... boueurs, debâcleurs, gardes de nuit....
seront tenus.... de représenter leurs lettres de pro-
visions, Arrêt du conseil, 21 mars 1674.
— ÉTYM. Débâcler.
t DÉBADINER (dé-ba-di-né), v. n. Terme du jeu
de l'impériale et de quelques autres jeux. Démarquer
les points que l'on a déjà gagnés quaad l'adversaire
obtient certains avantages.
DÉBAGOULER (dé-ba-gou-lé). H i° V. n. Terme
bas. Vomir. S peine sorti de table, il a débagoulé.
|| 2° Y. a. Fig. Débàgoulerun torrent d'injures. En-
suite de cela, il dit tant de tripes de latin, que je
pense qu'il débagoulatout ce qui était dedans le pot
pourri de ses lieux communs sous le titre de de
a-mare, Froncion, liv. iv, p. 148. N'ai-je pas ouï
Homère là-bas débagouler ses rapsodies? D'ABLAN-
COURT, Lucien, Dial. Caron, Mercure. Quand ils
seront retournés chez eux, comme ils débagouleront
tout ça dans leur voisinage, DANCOURT, Cur. de
Comp. se. 6.
— HIST. XVIe s. Elle vient à débagouler mille in-
jures contre le roy, BRANTÔME, Dames galantes.
Nos. modernes, qui, pour le moindre axiome qui se
présente, debagoulent dix ou douze authoritez, DES
ACCORDS, Préface.
— ÉTYM. Dans ce mot se trouve sans doute goule
ou gueule; mais le préfixe déba n'est pas expliqué;
à moins qu'on n'y voie ba, ba-goule, comme dans
ba-lèvre, et la préposition de qui indique sortie,
émission, c'est-à-dire émettre hors de. la ba-goule.
DÉBAGOULEUR (dé-ba-gou-leur), s. m. Terme
bas. Celui qui vomit tous les mauvais propos qui lui
viennent à la bouche.
— ÉTYM. Débagouler.
f DÉBAIGNÉE (dé-bè-gnée), s. f. Nom, à Barèges,
du deuxième degré des bains.
fDÉBAIL (dé-ball, Il mouillées), s. m. Terme
d'anciennes coutumes. Cessation de bail.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et bail.
f DÉBÂILLONNER (dé-bâ-llo-né, Il mouillées),
v. a. Ôter un bâillon. || Fig. Débâillonner la presse.
— ÉTYM. Dé, et bâillonner.
DÉBALLAGE (dé-ba -la-j'), s. m. Action de dé-
baller. || La marchandise déballée par des mar-
chands de passage dans une ville.
— ÉTYM. Déballer.
DÉBALLÉ, ÉE (dé-ba-Ié, lée), part, passé. Mar-
chandises déballées.
DÉBALLER (dé-ba-lé), v. a. Défaire une balle,
tirer des marchandises de l'emballage. Déballer des
marchandises. Mon petit équipage dont j'eus le plai-
sir de ne rien déballer, J. i. Rouss. Prora. v. || Ab-
solument. [Le lion redemandant son paquet dit :]
"Rendez-moi mon argent, j'en puis avoir affaire ; On
déballe.... LA FONT. Fabl. IV, 12, || Absolument.
Étaler des marchandises.
— ÉTYM. Dé, et balle, paquet.
DÉBANDADE (dé-ban-da-d'), s. f. 1° Action de
se débander, de rompre les rangs. Le huit, la dé-
bandade fut générale, quelque Chose qu'on pût faire;
tout courut fourrager cette plaine, ST-SIM. 47, 48.
|| À la débandade, loc. adv. Sans ordre, confusé-
ment. || Familièrement. Mettre tout à la débandade,
mettre tout en désordre, en confusion. Laisser tout
à la débandade, abandonner tout au hasard. Tout
va à la débandade, tout va mal et en confusion. |l Â
la débandade, sans réflexion, tête baissée. Et je vas
petit poids dans leur intérieur, tombent de préfé-
rence sur un côté déterminé. Je dis que l'on doit
faire ainsi qu'au jeu de dés, Où, s'il ne vous vient
pas ce que vous demandez, Il faut jouer d'adresse
et d'une âme réduite Corriger le hasard par la bonne
conduite, MOL. ÉC. des f. iv, 8. Un fatal jeu de dés
dont la fureur les possédait, noircissait leur esprit
et absorbait leur âme, MARMONT. Mém. liv. vu, t. il,
p. 206, dans.PODGENS. Chacun après le dé vous mon-
tre comment il fallait jouer, p. L. COUR. Lelt. i, 429.
Voyons si la vertu n'est qu'une sainte erreur, L'es-
pérance un dé faux qui trompe la douleur, LAMART.
Harm. iv, il. || Coup de dé qu coup de dés, le nom-
bre de points qu'on amène en jetant une fois les
dés; et, figurément, coup de hasard. Ma fille, il ne
s'en faut qu'une tête qu'elle [une terre] soit à vous;
ce serait un beau coup de dé, SËV. 349. EUe peut
vous valoir beaucoup, elle peut vous valoir très-peu ;
tout est coup de dé dans ce monde, VOLT. Lelt. Thi-
riot, 4 mars, 1769. || Avoir le dé, être le premier à
jouer, i vousledé, c'est à vous de jouer; et, figuré-
ment, à vous le dé, c'est à vous de parler, d'agir. X
vous le dé, monsieur [c'est de vous qu'il s'agit], MOL.
Mis. v, 4. Fauteuil vacant à la deuxième classe, On
meurt souvent parmi ces immortels, À vous le dé....
MILLEV. Épigr. Fauteuil acad. || Tenir le dé, avoir
les dés en main pour jouer; et, figurément, tenir
le dé dans la conversation, s'en rendre maître, la di-
riger L'on est chez vous contrainte de se taire:
■ Car madame, à jaser, tient le dé tout le jour, MOL.
Tari, i, l. Silly tenait le dé du raisonnement et de
la politique, ST-SIM. 136, 262. || Quitter le dé, aban-
donner les dés qu'on tientàlamain; et, figurément,
ne vouloir pas tenir ce qu'un autre veut jouer.
|| Faire quitter le dé, faire abandonner les dés par
le joueur qui les tient pour qu'ils passent à un autre,
et, figurément, faire quitter le dé à quelqu'un, obli-
ger quelqu'un à renoncer à une entreprise. || Rompre
le dé, c'est brouiller le dé avant qu'on ait vu ce
qu'il porte; et, figurément, rompre le dé à quel-
qu'un, faire avorter ses desseins, ses entreprises.
|| Flatter le dé, jeter doucement les dés dans l'espoir
de n'amener qu'un petit nombre de points; et, fi-
gurément, ne pas parler franchement et librement
de quelque chose, adoucir quelque chose de fâcheux.
|| Le dé en est jeté, la résolution en est prise. \\ Fig.
et familièrement. Je jetterais cela à trois dés, je
jouerais cela à trois dés, c'est-à-dire le choix entre
; ceci ou cela m'est tout à fait indifférent, et je m'enre-
! mettrais volontiers au hasard pour choisir. || Auplur.
Dés, jeu de dé. Pierre le bon enfant aux dés a tout
perdu, RÉGNIER, Sat. xn. || 2° Synonyme de domino,
au jeu qui porte ce nom ; synonymie qui vient de
ce qu'il y a une grande analogie entre les dés et les
dominos qui sont en quelque sorte des dés éten-
dus. Je n'ai plus que deux dés. Couvrir, boucher,
fermer un dé, mettre, par exemple, du six contre du
six. Ouvrir un dé, le faire paraître pour la première
fois. Jouer à dé forcé. Rendre le dé, remettre à son
partner du six, par exemple, s'il a déjà ouvert le
six. || 3° Terme d'architecture. La partie cubique d'un
piédestal. || Petits cubes de pierre qu'on place sous
des poteaux, des colonnes, des vases pour les iso-
ler de terre. || 4° Dé de drapeau, garniture en métal
à l'extrémité inférieure de la hampe d'une enseigne.
Il 5° Plaque de cuivre percée d'un trou circulaire,
qu'on adapte aux rouets des bois des poulies pour re-
cevoir l'axe. || Morceau de bois percé de trous dans
lesquels l'orfèvre enfonce au marteau les pièces d'ar-
gent qu'il veut rétreindre. || Terme de vitrier. Espèce
de compartiment de panneau. || Terme de marine.
Plaque percée pour exécuter les coutures des voiles.
|| Diverses chevilles ou tampons. || Terme de typo-
graphie. Morceau d'acier qui se place dans la gre-
nouille d'une presse et reçoit le pivot de la vis.
— REM. Delille a écrit deg, comme on faisait dans
le XVII 0 siècle : Dans le cornet fatal le dez a retenti,
DELILLE, Imag. n.
— HIST. xnc s. Quant cil denier serunt despendu
e aie, E en malvaises genz et en guerre guasté, Mal-
vaisement conquis, malement alué, Li dé serunt
nïult tost sur ambes as.turné, Qui unt esté sovent
sur sines [le six] ruelé, Th. le mart. 157. ]| xmc s. Je
cuit et croi vos dites voir; Jà por ce n'ert li dez
changiez, Ren. 3229. Bien me seront iidéchangié,
Quant por ce que j'aurai mangié, M'aura Diex issi
estrangié De sa meson, Fab.mss. n° 7218, f° 299,
dans LACURNE. ||xiv° s. Etdientles expositeurs que
tetragone estun corpsquarré comme un dey, ORESME,
Eth. 24. Sire, ceditBertran, qu'avez-vous empensé?
Visez-vous à l'avoir? je n'y acompte un dé, Guescl.
4 6930. J'ai dez du plus, j'ai dez du mains [moins],
De Ptais, de Chartres, deRains; Si en ai deuz, ce
DÉB
n'est pas gas [plaisanterie], Qui au hocher chieent
[tombent]soras, Dict. du mercier, dans DE LABORDE,
Emaux, p. 247. || XY'S. [Le prudhomme] s'en vint à
la porte de Gand, où les gardes veilloient, et là les
trouva jouant aux dés, FROISS. ir, n, 213. Fortune
fait souvent tourner Les dez contre moi malement,
en. D'ORL. Bail. 45. || xvi" s. Que n'entreprendroit-il
[l'homme], puis que la bref veté qui luy coupe le che-
min etluy rompt le dé, comme l'on dict, et l'incer-
titude d'icelle [la vie] qui oste tout courage, ne le
peust arrester, vivant comme s'il avoit tousjours à
vivre? CHARBON, Sagesse, i, 36.
— ÉTYM. Provenç. dat, dats; catal. dau; espagn.
portug. et ital. dado ; d'après Ménage, du latin dure,
dans le sens de jeter: datum, ce qui est jeté sur la
table; d'après Goiius, de l'arabe dadd, jeu. De ces
deux étymologies, la première est de beaucoup la
plus vraisemblable.
2. DÉ (dé), s. m. || 1" Petit cylindre de métal ou d'i-
voire , qu'on met au bout du troisième doigt pour
pousser l'aiguille. Un dé d'argent. || 2° Terme de bo-
tanique. Dé à coudre, agaric campanule.
— HIST. xiv°s. Dans un lexique : theca, gallice
deis et deaul, id quod mulier habet in digito, DD
CANGE, digitarium. Sa ceinture et sa tasse en la
quelle avoit un del à cueuldre, ID. ib. Deel à mettre
ou doi pour queudre, ID. digitabulum. || xves. Plus
becquetez d'oyseaulx que dez à couldre, VILLON,
ÉpitapKe en bail.
— ÉTYM. Berry, diau;espagn.dedal; ital.ditale;
romagnole, didel;du latin digitale, de digitus (voy.
DOIGT). L'ancienne forme française est deel, con-
tracté en del, et confondu par assimilation avec dé
à jouer. Quand on rapproche les formes romanes de
dé à coudre et de à jouer, d'une part dat, dado, et
d'autre part dedal, ditale, deel, on voit tout de
suite combien elles divergent.
f 3. DÉ.... préfixe qui signifie l'action d'ôter, de
défaire, de sortir, de descendre, etc. comme Man-
der, dé-bander, faire, dê-faire, et qui est le repré-
sentant de la préposition de.' Et l'on me désosie enfin
Comme on vous désamphitryonne, MOL. Amph. ni, 8.
Dé préfixe a aussi un sens d'extension, d'augmenta-
tion, comme dans défaillir.
f DÉALBATION (dé-al-ba-sion), s. f. Terme di-
dactique. Action de blanchir, surtout en parlant des
os préparés pour les besoins de l'anatomie.
— ÉTYM. Lat. dealbatio, de la préposition de, et
albus, blanc (voy. AUBE).
f DÉAMBULATION (dé-an-bu-la-sion), s. f. Terme
didactique. Action de marcher, de prendre de l'exer-
cice. Ce mot est quelquefois employé dans les livres
médicaux.
— HIST. xvr 3 s. Après la sueur diligemment net-
toyée, faut faire ou frictions légères ou deambula-
tions, PARÉ, xxv, 42.
— ÉTYM. Lat. deambulatio, de la préposition de,
et ainbulare, se promener (voy. AMBLE).
f DÉAMBULATOIRE (dé-an-bu-la-toi-r'), adj.
Qui a rapport à la déambulation.
— HIST. xvr* s. Quand la colique ou iliaque pas-
sion est cause de ventosité, le mal est déambula-
toire, ne s'arrestant en un seul endroit, ains vague
par le ventre, o. DE SERRES , 924.
— ÉTYM. Voy. DÉAMBULATION.
f DÉAURATION (dé-ô-ra-sion), s. f. Terme di-
dactique. Action de dorer, de donner la couleur de
l'or, surtout à des métaux que l'on associe à d'autres.
— ÉTYM. Dé, et le latin aurum, or.
f DÉBÂCHER ( dé-bâ-ché), v. a. Ôter la bâche.
Débâcher une voiture.
— ÉTYM. Dé, et bâche.
DËBÂCLAGE (dé-bâ-kla-j'), s. m. Action de dé-
bâclér, de débarrasser un port, une rivière.
— ÉTYM. Débâcler.
DÉBÂCLE (dé-bâ-kl'), s. f. || 1" Débâclage. Peu
usité en ce sens. Faire la débâcle, rendre un port
ou une rivière libres. || 2° Rupture subite des glaces
qui, couvrant une rivière, en interrompaient le
cours. La débâcle de la Seine. Les premiers qui
s'éloignent du bord avertissent que la glace plie
sous eux, qu'elle s'enfonce , qu'ils marchent dans
l'eau jusqu'aux genoux; et bientôt on entend ce frêle
appui se fendre avec des craquements effroyables
qui se prolongent au loin comme dans une débâcle,
SÉGUR, Hist. de Napol. x, 9. || Fig. et familière-
ment, changement fâcheux qui emporte la fortune
d'un particulier, la prospérité d'un gouvernement,
les opinions,les moeurs, comme la débâcle emporte
les glaces de la rivière. Cet accident commença
la débâcle de sa fortune. Quel que fût l'intérieur du
roi, il est certain que sa décence contenait quelque
peu la débâcle des moeurs, à la cour, dans l'église,
Dtifi 963
MICHELET, louis XIV et le duc de Bourgogne,
p. 151.
.— ÉTYM. Voy. DËBÂCLER.
DÉBÂCLE, ÉE (dé-bâ-klé, klée), part, passé. L-
port étant débâclé.
DÉBÂCLEMENT (dé-bâ-kle-man), s. m. \\ 1" L'ac-
tion de débâcler un port, des navires, des bateaux.
|| 2° Le moment de la débâcle des glaces.
— ÉTYM. Débâcler.
DÉBÂCLER (dé-bâ-klé), v. a. || i" Faire retirer
d'un port les navires vides, pour que l'accès soit libre
aux navires chargés qui arrivent. || 2° Ouvrir ce qui
était bâclé. Débâcler une porte. || 3° Y. n. Il se dit
d'une rivière dont les glaces se rompent. La rivière
a débâcle. || 4° Ôter et déménager les marchandises,
en parlant des marchands qui sont venus à une
foire. La foire est finie aujourd'hui, tous les mar-
chands débâclent.
— REM. Débàcler, v. n. se conjugue avec l'auxi-
liaire avoir, quand il s'agit de l'action : la rivière a
débâclé aujourd'hui ; et avec l'auxiliaire être quand
il s'agit de l'état : la rivière est débâclée, depuis ce
matin.
— ÉTYM. Dé, et bâcler.
DÉBÂCLEUR (dé-bâ-kleur), s. m. Officier préposé
au débàclage d'un port. Ordonne que les dits me-
sureurs.... boueurs, debâcleurs, gardes de nuit....
seront tenus.... de représenter leurs lettres de pro-
visions, Arrêt du conseil, 21 mars 1674.
— ÉTYM. Débâcler.
t DÉBADINER (dé-ba-di-né), v. n. Terme du jeu
de l'impériale et de quelques autres jeux. Démarquer
les points que l'on a déjà gagnés quaad l'adversaire
obtient certains avantages.
DÉBAGOULER (dé-ba-gou-lé). H i° V. n. Terme
bas. Vomir. S peine sorti de table, il a débagoulé.
|| 2° Y. a. Fig. Débàgoulerun torrent d'injures. En-
suite de cela, il dit tant de tripes de latin, que je
pense qu'il débagoulatout ce qui était dedans le pot
pourri de ses lieux communs sous le titre de de
a-mare, Froncion, liv. iv, p. 148. N'ai-je pas ouï
Homère là-bas débagouler ses rapsodies? D'ABLAN-
COURT, Lucien, Dial. Caron, Mercure. Quand ils
seront retournés chez eux, comme ils débagouleront
tout ça dans leur voisinage, DANCOURT, Cur. de
Comp. se. 6.
— HIST. XVIe s. Elle vient à débagouler mille in-
jures contre le roy, BRANTÔME, Dames galantes.
Nos. modernes, qui, pour le moindre axiome qui se
présente, debagoulent dix ou douze authoritez, DES
ACCORDS, Préface.
— ÉTYM. Dans ce mot se trouve sans doute goule
ou gueule; mais le préfixe déba n'est pas expliqué;
à moins qu'on n'y voie ba, ba-goule, comme dans
ba-lèvre, et la préposition de qui indique sortie,
émission, c'est-à-dire émettre hors de. la ba-goule.
DÉBAGOULEUR (dé-ba-gou-leur), s. m. Terme
bas. Celui qui vomit tous les mauvais propos qui lui
viennent à la bouche.
— ÉTYM. Débagouler.
f DÉBAIGNÉE (dé-bè-gnée), s. f. Nom, à Barèges,
du deuxième degré des bains.
fDÉBAIL (dé-ball, Il mouillées), s. m. Terme
d'anciennes coutumes. Cessation de bail.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et bail.
f DÉBÂILLONNER (dé-bâ-llo-né, Il mouillées),
v. a. Ôter un bâillon. || Fig. Débâillonner la presse.
— ÉTYM. Dé, et bâillonner.
DÉBALLAGE (dé-ba -la-j'), s. m. Action de dé-
baller. || La marchandise déballée par des mar-
chands de passage dans une ville.
— ÉTYM. Déballer.
DÉBALLÉ, ÉE (dé-ba-Ié, lée), part, passé. Mar-
chandises déballées.
DÉBALLER (dé-ba-lé), v. a. Défaire une balle,
tirer des marchandises de l'emballage. Déballer des
marchandises. Mon petit équipage dont j'eus le plai-
sir de ne rien déballer, J. i. Rouss. Prora. v. || Ab-
solument. [Le lion redemandant son paquet dit :]
"Rendez-moi mon argent, j'en puis avoir affaire ; On
déballe.... LA FONT. Fabl. IV, 12, || Absolument.
Étaler des marchandises.
— ÉTYM. Dé, et balle, paquet.
DÉBANDADE (dé-ban-da-d'), s. f. 1° Action de
se débander, de rompre les rangs. Le huit, la dé-
bandade fut générale, quelque Chose qu'on pût faire;
tout courut fourrager cette plaine, ST-SIM. 47, 48.
|| À la débandade, loc. adv. Sans ordre, confusé-
ment. || Familièrement. Mettre tout à la débandade,
mettre tout en désordre, en confusion. Laisser tout
à la débandade, abandonner tout au hasard. Tout
va à la débandade, tout va mal et en confusion. |l Â
la débandade, sans réflexion, tête baissée. Et je vas
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