1078
DÉP
dépréderai, je dêpréderais), v. a. Piller avec dégât.
|| Très-pëu usité.
— ÉTYM. Lat. deprxdari, de la préposition de,
et prmda, proie (voy. ce mot).
REPRENDRE (dé-pran-dr'), je déprends, ta dé-
prends, il déprend, nous déprenons, vous déprenez,
ils déprennent; je déprenais; je dépris; je dépren-
drai; je déprendrais; déprends, qu'il déprenne; dé-
prenons, qu'ils déprennent; que je déprenne, que
nous déprenions; que je déprisse; déprenant; dé-
pris, v. a. || 1" Séparer deux choses prises ensem-
ble. On déprit de part et d'autre les crampons de
fer, SCAHR. Rom.com. n, 49. || 2° Fig. Détacher,
faire qu'on ne' soit pas attaché. Ils y tiennent et s'y
attachent si fort qu'il n'y a point de moyen de les
en déprendre, BALZ. 4" dise, sur la cour. Jésus-Christ
nous a dépris du commerce des choses de la terre,
Traduction des lettres de St Augustin, dans RICHE-
LET. Les années, bien loin de déprendre leur coeur
de ce qu'ils ont aimé jusqu'à ne pouvoir se résou-
dre d'y renoncer pour Dieu, ne servent au contraire
qu'aies y attacher davantage, BODRDAL. Purifie, de
la Vierge, Myst. t. n, p. 283. || 3° Se déprendre,
v. rêfl. Se débarrasser, rompre ses liens. Cet oiseau
s'était pris & la glu et ne pouvait s'en déprendre. La
double serre [l'ancre] ne s'est pas plutôt déprise de
la chevelure de l'abîme, qu'un mouvement se fait
sentir dans le corps entier du vaisseau, CHATEAUB.
Natch. vil, 3)8. || Fig. Les mélancoliques ne se dé-
prennent pas aisément de leurs passions, BALZ. liv.
vil, lett. 6. Des biens dont nos coeurs ne se peuvent
déprendre, BOSS. Fr. d'Ass. 2. Elle ne se peut dé-
prendre de ces pensées sensuelles, ID. I'urif. 4.
Fortifiez-moi par la douleur pour achever de me dé-
prendre de toutj FÉH. t. XVIII, p. 465. Plus vous pa-
raissez né d'un caractère facile, léger, inconstant,
plus il vous sera aisé de vous déprendre de vos at-
tachements criminels et de revenir à votre Dieu,
MASS. Car. Pécher. Si vous ne pouvez vous dépren-
dre de rien, vous retrancher sur rien.... ID. ib. Des
liens indissolubles dont on ne peut plus se dépren-
dre, n>. Prof. rel. Serm. 2. Un secours qui lui aidât
[à l'âme] à se déprendre des filets où le monde et
le démon l'avaient enlacée, m. Confér. Excell. du
sacerd. Nous ne pouvons nous déprendre de nous-
mêmes; nous n'osons rompre des liens qui nous ac-
cablent, ID. Panég. St Benoit. Ma mère dont, mal-
gré la mort, son coeur n'avait pu se déprendre,
j. J. RODSS. Conf. V.
— HIST. un* s. Povres et esgarés, essiliés et des-
pris, Berte, zzz. Quand ma fille en est si de cuer
triste et desprise.... ib. LXXVI. || XVI* S. L'ame semble
se desprendre [par les larmes], se desmesler.... MONT,
I, 8. Faire bouillir un corps pour desprendre la chair
d'avecques les os, ID. i, 5. Se desprendre [détacher]
de la vie, ID. i, 79. Se desprendre-des opinions et
moeurs receues, ID. i, 4 45. Vous ne les desprenez
pas à votre poste [les chevaux fougueux], quand ils
se sont une fois harpez, ID. I, 369. Pythagoras faict
Dieu un esprit universel, d'où nos âmes sont des-
prinses, ID. n, 248. X quoi ils s'opiniastrerent tel-
lement, que la dame eut toutes les peines du monde
à les deprendre [séparer], YVEB, p. 698. Ars et Rion
se mettent à les desprendre, ce qu'ils ne pouvoient
faire sans le secours d'un seau d'eau ; ce duel estant
séparé.... D'ÀUB. Foen. m, 23. il est nécessaire que
peu à peu les tendons et les membranes soient des-
jointes, ou deprisescontre la cicatrice, PARÉ, XIII, 29.
T-ÉTÏM. Dé.... préfixe, et prendre; bourguig.
deprorre, depàrre.
t DÉPRÊPTJCË (dé-pré-pu-cé), ad), m. X qui le
prépuce a été coupé, circoncis. || Substantivement.
Superstitieux que tu es, tu trembles au sabbat des
déprépucés, VOLT. Phil. v, 322. Ces déprépucés
d'IsraSl, n>. Lett. de Lisle, 45 déc. 4773.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et prépuce.
f DÉPRESSER (dé-prè-sé), v. a. Oter de la presse
un livre fraîchement relié. j| Enlever aux draps le
lustre qu'ils avaient acquis à la presse.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et presse. Despresser si-
gnifiait anciennement tirer de la foule, écarter la
foule: Il rompit la presse, et, quant les archers se
virent despressés, ils chargèrent hardiment, Mém.
cVOl. de la Marche, liv. i, p. 383, dans LACURNE.
t DÉPRESSICACDE (dé-prè-ssi-kô-d'), àdj. Terme
de zoologie. Qui a la queue aplatie.
— ÉTYM. Lat depressus, comprimé, et cauda,
queue.
t DÉPRESSICOLLE (dé-prè-ssi-ko-1'), adj. Terme
de zoologie. Qui a le cou ou le corselet aplati.
— ÉTYM. Lat. depressus, comprimé, et collum,
cou.
tDÉPRESSICORNE (dé-pre-ssi-kor-n"), adj. Terme
DÉP
de zoologie. Qui a des cornes ou des antennes apla-
ties.
— ÉTYM. Lat. depressus, aplati, et corne.
t DÉPRESSIF, IVE (dé-prè-ssif, ssi-v'), adj. Terme
didactique. Qui déprime, qui cause un enfoncement.
Les actions dépressives qui ont formé les bassins des
fleuves. || Fig. Qui abat. Passions dépressives.
— ÉTYM. Lat. depressum, supin de deprimere,
déprimer.
t DÉPRESSIOMÈTRE (dé-prè-ssio-mè-tr'), s. m.
Terme de marine. Petit appareil pour apprécier la
dépression de l'horizon.
— REM. Ce mot est aussi mal fait que possible; on
ne peut abréger dépression en dépressio. Le mot
formé avec ces éléments devrait être dépressimètre,
mot hybride sans doute, mais du moins qui ne se-
rait point barbare et contraire à tous les usages
étymologiques.
— ÉTYM. Dépression, et mètre, mesure.
DÉPRESSION (dé-prè-sion; en poésie, de quatre
syllabes), s. f. || 1° Abaissement, mise en bas, en-
foncement. On sait depuis longtemps que certaines
cultures n'ont pas lieu dans des dépressions de ter-
rain et réussissent sur des collines; des végétaux
sont atteints par la gelée dans des fonds et ne le
sont pas sur des hauteurs peu élevées, BECQUEREL ,
Acad. des se. Comptes rendus, t. LTV, p. 342.|| Terme
d'astronomie. Dépression de l'horizon, abaissement
de l'horizon visuel au-dessous de l'horizon vrai.
|| Terme de physique. Abaissement qu'éprouvent
certains liquides dans des tubes capillaires. Consi-
dérons le principal de ces phénomènes, celui de
l'ascension et de la dépression des liquides dans des
tubes étroits, LAPLACE, Exp. rv, 47. || Terme d'a-
natomie. Aplatissement naturel. On remarque une
légère dépression dans cette partie. || Terme de chi-
rurgie. Abaissement accidentel dans certaines par-
ties du corps. Dépression des os du crâne. || 2° Fig.
Action de rabaisser. Des hommes qui n'ont pas bonne
grâce à chercher, dans la ruine et la dépression les
uns des autres, de coupables succès, des trophées
d'un jour, nuisibles à tout, même à la gloire, MIRA-
BEAU, CoîJectt'on, t. m, p. 379. || 3° Diminution, en
parlant des cours des marchés. La dépression d'une
valeur, du cours d'une marchandise.
— HIST. xvi* s. Il restera tousjours quelque de-
pression en la partie, avec dépravation de la jambe,
PARÉ, vni, 37. Quelquesfois il n'y a*qu'une dépres-
sion et enfonceure [du sternum] au dedans sans
fracture, ID. XIII, 40.
— ÉTYM. Provenç. dépressio; espagn. depresion;
ital. depresiione; du latin depressionem, de depres-
sum, supin de deprimere, déprimer.
f DËPRESSODX (dé-prè-soir), s. m. Instrument
dont on se sert, après l'opération du trépan, pour
abaisser la dure-mère et placer le sindon.
— ÉTYM. Un verbe inusité dépresser (voy. DÉ-
PRESSION), et la finale oir, qui indique en général
l'instrument.
f DÉPRËTRER (dé-prê-tré) ou DÉPRÊTRISER
(dé-prê-tri-zé), v. a. Dépouiller de la qualité de prê-
tre. || Se déprêtriser, v. réfl. Rejeter la qualité de
prêtre. || Mot qui ne se dit que dans le langage
familier et par une sorte de dénigrement.
HIST. xvi" s. Il s'estoit desprestré et fait impri-
meur, PALISSY, 40*.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et prêtre. Déprêtriser, qui
est moins bien fait que déprêtrer, vient de prêtrise.
f DÊPRÉVENIR (dé-pré-ve-nir), ». a. Ôter les
préventions. Deprévenu enfin sur le compte de cette
personne. || Se déprévenir, v. réfl. Perdre ses pré-
ventions,
— ÉTYM. Dé..., préfixe, et prévenir.
\ DÉPRI (dé-pri), s. m. Terme dont on se servait,
en parlant de la remise demandée au seigneur de
fief, pour les lods et ventes d'une terre qu'on vou-
lait acquérir. || Déclaration que l'on faisait au bureau
des aides de l'intention où l'on était de transporter
des marchandises" pour les vendre.
— ÉTYM. Voy. DÉPRIER.
DÉPRIÉ, ÉE (dé-pri-é, ée), part, passé. Prié à
dîner, puis déprié.
DÉPRIER (dé-pri-ê), je dépriais, nousdêpriions,
vous dépriiez; que je déprie, que nous dépriions,
que vous dépriiez, v. a. || 1° Retirer une invitation
qu'on avait faite. La partie étant rompue, il a fallu
déprier tous les invités. Je vais contremander le
souper et déprier nos gens, BOISSY , Français à Lon-
dres, se. 6. || 2° Terme de droit féodal. Demander
une remise au seigneur. || Faire le dépri au bu-
reau des aides.
— HIST. xvi* s. [La prière de Midas fut exaucée]
mais il lui fallut desprier ses prières, MONT, II, 340.
DÉP
—ÉTYM. Dé.... préfixe, et prier. Dans le français
le plus ancien, deprier répond au latin depreeari,
prier pour détourner un mal : HF S. Puis joint ses
mains, si va Deu depriant, Ronc. p. 92. Sire, li
reis Henris, fait li li messagier, Vus requier e de-
prie, cum sun père très chier, Que dous [deux] tels
chardenals li faciez enveier, Th. le mort. 66;xm's.
Moult [il] deproia l'empereor Que Renart [il] H
doinst par amor, Ben. 4 5(45. C'est à ce sens que sa
rapportent les termes de droit féodal dépri et dé-
prier.
j DËPRIMAGE (dé-pri-ma-j'), s. m. Terme d'a-
griculture. Action de déprimer les prairies.
— ÉTYM. Déprimer.
DÉPRIMÉ, ÉE (dé-pri-mé, mée), port, passé.
| 1° Mis plus bas. Le sol déprimé en cet endroit.
j Terme didactique. Il se dit des parties du corps
dont la forme est aplatie. Une tumeur déprimée a
le centre peu saillant. Cet oiseau a le bec déprimé.
Un front déprimé. || 2° Terme de botanique. Tige
déprimée, tige qui est couchée. Rameaux dépri-
més, rameaux abaissés vers la terre. || Déprimé in-
dique aussi un corps globuleux qui semblé avoir
été aplati par pression de haut en bas. Graine dé-
primée. || 3° Terme de médecine. Pouls déprimé,
pouls faible qui disparaît sous la moindre pression
du doigt. || 4° Fig. Mis au-dessous du mérite réel,
de la valeur réelle. Cet auteur déprimé par les cri-
tiques. || Dans un sens analogue, en parlant des
choses. Les vertus déprimées et les vices honorés.
|| 5° S. m. piur. Terme de zoologie. Les déprimés,
tribu de la famille des coléoptères, & courts élytres,
comprenant ceux qui ont le corps aplati de haut
en Bas.
DÉPRIMER (dé-pri-mé), v. a. || i" Produire un
enfoncement, une dépression dans une surface. Le
coup a déprimé les os du crâne. || 2° Fig. En par-
lant des personnes, mettre au-dessous de la valeur
réelle. On^aimait à le louer pour déprimer son frère,
MAINTENON, Lettre à Mme de Caylus, 46 avril 4748.
On m'accusera peut-être de vouloir déprimer Ra-
cine ; ma réponse sera courte, D'ALEMB. YI, 46. Moi-
même ami des grands, parfois je les déprime, GILB.
Mon apol. || Dans un sens analogue, en parlant des
choses. Si vous ne sentiez pas en lui [le prochain]
quelque excellence, par laquelle vous voulez croire
que vous êtes déprimé, vous auriez pour lui des dis-
positions plus équitables, BOSS. Pensées chrét. XII.
[Les panégyristes] Dans une autre occasion ils dé-
primeront les vertus qu'ils ont élevées, en faveur
de quelque autre sujet qu'ils voudront flatter, J?ÉN.
t. xxi, p. 26. Et souvent des étrangers, qui n'avaient
pas le même intérêt de déprimer sa réputation,
ont été frappés de Ufcontradiction qu'ils observaient
entre l'opinion des sociétés de Paris et le juge-
ment de l'Europe, CONDORCET, WAlembert. Les
uns faisaient valoir le pouvoir des États, d'autres le
déprimaient, ANQUET. Ligue, m, p. 264. || Humilier.
Si l'homme s'estime trop, tu sais déprimer son or-
gueil, BOSS. Mort, 4. Le gouvernement turc a dé-
primé les Grecs et abruti les Égyptiens, VOLT.
Moeurs, a. || 8° Terme d'agriculture. Faire paître,
au printemps, les premières pousses des prairies ou
des champs de céréales. || 4° Se déprimer, t). réfl.
Se rabaisser. Les envieux se dépriment les uns les
autres. ||Être déprimé, enfoncé. Il arrive, dans un
coup violent sur la tète, que les os se dépriment.
— HIST. xn" s. Li sires fait povre.e fait riche, or-
gueil depriemt, li humble eslieve, Bois, 7. || xrv's.
La cité estoit grevée et déprimée par guerres et par
chierté de vivres, BERCHEDRE, f» 4e, recto. ||xvr» s.
Mais par défaut d'esprit celestiel, En t'aymant trop,
tu me hays et déprimes, MAROT,HI, 284. Il ne faut
pas entendre qu'il ait tellement receu nostre maie-
diction, qu'il en ait esté couvert et accablé ; mais
au contraire, en la recevant, il l'a déprimée, rom-
pue et dissipée, CALV. Instit. 392. Et pourtant ne
fault-il pas du tout ravaller ny déprimer si fort la
nature humaine, AMYOT, de la tranq. d'âme, 36. Et
où il adviendrait que l'os serait rompu et déprimé
d'un costè seulement, sans que toute la pièce fust
enfoncée.... PARE, vni, 6. Il n'y a aulcun de nous
qui s'offense tant de se veoir apparier à Dieu, comme
il faict de se veoir déprimer au reng des aultres ani-
maux : tant nous sommes plus jaloux de nostre in-
terest que de celuy de nostre Créateur, MONT, n,
24 4. Je sçais bien, quand j'ois quelqu'un qui s'ar-
reste au langage des Essais, que j'aimerois mieulx
qu'il s'en teust; ce n'est pas tant eslever les mots,
comme desprimer le sens, d'autant plus picquam-
ment que plus obliquement, m. I, 290.
— ÉTYM. Provenç. depremer ; ' espagn. depri-
mir; ital. deprimere; du latin deprimere, delà
DÉP
dépréderai, je dêpréderais), v. a. Piller avec dégât.
|| Très-pëu usité.
— ÉTYM. Lat. deprxdari, de la préposition de,
et prmda, proie (voy. ce mot).
REPRENDRE (dé-pran-dr'), je déprends, ta dé-
prends, il déprend, nous déprenons, vous déprenez,
ils déprennent; je déprenais; je dépris; je dépren-
drai; je déprendrais; déprends, qu'il déprenne; dé-
prenons, qu'ils déprennent; que je déprenne, que
nous déprenions; que je déprisse; déprenant; dé-
pris, v. a. || 1" Séparer deux choses prises ensem-
ble. On déprit de part et d'autre les crampons de
fer, SCAHR. Rom.com. n, 49. || 2° Fig. Détacher,
faire qu'on ne' soit pas attaché. Ils y tiennent et s'y
attachent si fort qu'il n'y a point de moyen de les
en déprendre, BALZ. 4" dise, sur la cour. Jésus-Christ
nous a dépris du commerce des choses de la terre,
Traduction des lettres de St Augustin, dans RICHE-
LET. Les années, bien loin de déprendre leur coeur
de ce qu'ils ont aimé jusqu'à ne pouvoir se résou-
dre d'y renoncer pour Dieu, ne servent au contraire
qu'aies y attacher davantage, BODRDAL. Purifie, de
la Vierge, Myst. t. n, p. 283. || 3° Se déprendre,
v. rêfl. Se débarrasser, rompre ses liens. Cet oiseau
s'était pris & la glu et ne pouvait s'en déprendre. La
double serre [l'ancre] ne s'est pas plutôt déprise de
la chevelure de l'abîme, qu'un mouvement se fait
sentir dans le corps entier du vaisseau, CHATEAUB.
Natch. vil, 3)8. || Fig. Les mélancoliques ne se dé-
prennent pas aisément de leurs passions, BALZ. liv.
vil, lett. 6. Des biens dont nos coeurs ne se peuvent
déprendre, BOSS. Fr. d'Ass. 2. Elle ne se peut dé-
prendre de ces pensées sensuelles, ID. I'urif. 4.
Fortifiez-moi par la douleur pour achever de me dé-
prendre de toutj FÉH. t. XVIII, p. 465. Plus vous pa-
raissez né d'un caractère facile, léger, inconstant,
plus il vous sera aisé de vous déprendre de vos at-
tachements criminels et de revenir à votre Dieu,
MASS. Car. Pécher. Si vous ne pouvez vous dépren-
dre de rien, vous retrancher sur rien.... ID. ib. Des
liens indissolubles dont on ne peut plus se dépren-
dre, n>. Prof. rel. Serm. 2. Un secours qui lui aidât
[à l'âme] à se déprendre des filets où le monde et
le démon l'avaient enlacée, m. Confér. Excell. du
sacerd. Nous ne pouvons nous déprendre de nous-
mêmes; nous n'osons rompre des liens qui nous ac-
cablent, ID. Panég. St Benoit. Ma mère dont, mal-
gré la mort, son coeur n'avait pu se déprendre,
j. J. RODSS. Conf. V.
— HIST. un* s. Povres et esgarés, essiliés et des-
pris, Berte, zzz. Quand ma fille en est si de cuer
triste et desprise.... ib. LXXVI. || XVI* S. L'ame semble
se desprendre [par les larmes], se desmesler.... MONT,
I, 8. Faire bouillir un corps pour desprendre la chair
d'avecques les os, ID. i, 5. Se desprendre [détacher]
de la vie, ID. i, 79. Se desprendre-des opinions et
moeurs receues, ID. i, 4 45. Vous ne les desprenez
pas à votre poste [les chevaux fougueux], quand ils
se sont une fois harpez, ID. I, 369. Pythagoras faict
Dieu un esprit universel, d'où nos âmes sont des-
prinses, ID. n, 248. X quoi ils s'opiniastrerent tel-
lement, que la dame eut toutes les peines du monde
à les deprendre [séparer], YVEB, p. 698. Ars et Rion
se mettent à les desprendre, ce qu'ils ne pouvoient
faire sans le secours d'un seau d'eau ; ce duel estant
séparé.... D'ÀUB. Foen. m, 23. il est nécessaire que
peu à peu les tendons et les membranes soient des-
jointes, ou deprisescontre la cicatrice, PARÉ, XIII, 29.
T-ÉTÏM. Dé.... préfixe, et prendre; bourguig.
deprorre, depàrre.
t DÉPRÊPTJCË (dé-pré-pu-cé), ad), m. X qui le
prépuce a été coupé, circoncis. || Substantivement.
Superstitieux que tu es, tu trembles au sabbat des
déprépucés, VOLT. Phil. v, 322. Ces déprépucés
d'IsraSl, n>. Lett. de Lisle, 45 déc. 4773.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et prépuce.
f DÉPRESSER (dé-prè-sé), v. a. Oter de la presse
un livre fraîchement relié. j| Enlever aux draps le
lustre qu'ils avaient acquis à la presse.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et presse. Despresser si-
gnifiait anciennement tirer de la foule, écarter la
foule: Il rompit la presse, et, quant les archers se
virent despressés, ils chargèrent hardiment, Mém.
cVOl. de la Marche, liv. i, p. 383, dans LACURNE.
t DÉPRESSICACDE (dé-prè-ssi-kô-d'), àdj. Terme
de zoologie. Qui a la queue aplatie.
— ÉTYM. Lat depressus, comprimé, et cauda,
queue.
t DÉPRESSICOLLE (dé-prè-ssi-ko-1'), adj. Terme
de zoologie. Qui a le cou ou le corselet aplati.
— ÉTYM. Lat. depressus, comprimé, et collum,
cou.
tDÉPRESSICORNE (dé-pre-ssi-kor-n"), adj. Terme
DÉP
de zoologie. Qui a des cornes ou des antennes apla-
ties.
— ÉTYM. Lat. depressus, aplati, et corne.
t DÉPRESSIF, IVE (dé-prè-ssif, ssi-v'), adj. Terme
didactique. Qui déprime, qui cause un enfoncement.
Les actions dépressives qui ont formé les bassins des
fleuves. || Fig. Qui abat. Passions dépressives.
— ÉTYM. Lat. depressum, supin de deprimere,
déprimer.
t DÉPRESSIOMÈTRE (dé-prè-ssio-mè-tr'), s. m.
Terme de marine. Petit appareil pour apprécier la
dépression de l'horizon.
— REM. Ce mot est aussi mal fait que possible; on
ne peut abréger dépression en dépressio. Le mot
formé avec ces éléments devrait être dépressimètre,
mot hybride sans doute, mais du moins qui ne se-
rait point barbare et contraire à tous les usages
étymologiques.
— ÉTYM. Dépression, et mètre, mesure.
DÉPRESSION (dé-prè-sion; en poésie, de quatre
syllabes), s. f. || 1° Abaissement, mise en bas, en-
foncement. On sait depuis longtemps que certaines
cultures n'ont pas lieu dans des dépressions de ter-
rain et réussissent sur des collines; des végétaux
sont atteints par la gelée dans des fonds et ne le
sont pas sur des hauteurs peu élevées, BECQUEREL ,
Acad. des se. Comptes rendus, t. LTV, p. 342.|| Terme
d'astronomie. Dépression de l'horizon, abaissement
de l'horizon visuel au-dessous de l'horizon vrai.
|| Terme de physique. Abaissement qu'éprouvent
certains liquides dans des tubes capillaires. Consi-
dérons le principal de ces phénomènes, celui de
l'ascension et de la dépression des liquides dans des
tubes étroits, LAPLACE, Exp. rv, 47. || Terme d'a-
natomie. Aplatissement naturel. On remarque une
légère dépression dans cette partie. || Terme de chi-
rurgie. Abaissement accidentel dans certaines par-
ties du corps. Dépression des os du crâne. || 2° Fig.
Action de rabaisser. Des hommes qui n'ont pas bonne
grâce à chercher, dans la ruine et la dépression les
uns des autres, de coupables succès, des trophées
d'un jour, nuisibles à tout, même à la gloire, MIRA-
BEAU, CoîJectt'on, t. m, p. 379. || 3° Diminution, en
parlant des cours des marchés. La dépression d'une
valeur, du cours d'une marchandise.
— HIST. xvi* s. Il restera tousjours quelque de-
pression en la partie, avec dépravation de la jambe,
PARÉ, vni, 37. Quelquesfois il n'y a*qu'une dépres-
sion et enfonceure [du sternum] au dedans sans
fracture, ID. XIII, 40.
— ÉTYM. Provenç. dépressio; espagn. depresion;
ital. depresiione; du latin depressionem, de depres-
sum, supin de deprimere, déprimer.
f DËPRESSODX (dé-prè-soir), s. m. Instrument
dont on se sert, après l'opération du trépan, pour
abaisser la dure-mère et placer le sindon.
— ÉTYM. Un verbe inusité dépresser (voy. DÉ-
PRESSION), et la finale oir, qui indique en général
l'instrument.
f DÉPRËTRER (dé-prê-tré) ou DÉPRÊTRISER
(dé-prê-tri-zé), v. a. Dépouiller de la qualité de prê-
tre. || Se déprêtriser, v. réfl. Rejeter la qualité de
prêtre. || Mot qui ne se dit que dans le langage
familier et par une sorte de dénigrement.
HIST. xvi" s. Il s'estoit desprestré et fait impri-
meur, PALISSY, 40*.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et prêtre. Déprêtriser, qui
est moins bien fait que déprêtrer, vient de prêtrise.
f DÊPRÉVENIR (dé-pré-ve-nir), ». a. Ôter les
préventions. Deprévenu enfin sur le compte de cette
personne. || Se déprévenir, v. réfl. Perdre ses pré-
ventions,
— ÉTYM. Dé..., préfixe, et prévenir.
\ DÉPRI (dé-pri), s. m. Terme dont on se servait,
en parlant de la remise demandée au seigneur de
fief, pour les lods et ventes d'une terre qu'on vou-
lait acquérir. || Déclaration que l'on faisait au bureau
des aides de l'intention où l'on était de transporter
des marchandises" pour les vendre.
— ÉTYM. Voy. DÉPRIER.
DÉPRIÉ, ÉE (dé-pri-é, ée), part, passé. Prié à
dîner, puis déprié.
DÉPRIER (dé-pri-ê), je dépriais, nousdêpriions,
vous dépriiez; que je déprie, que nous dépriions,
que vous dépriiez, v. a. || 1° Retirer une invitation
qu'on avait faite. La partie étant rompue, il a fallu
déprier tous les invités. Je vais contremander le
souper et déprier nos gens, BOISSY , Français à Lon-
dres, se. 6. || 2° Terme de droit féodal. Demander
une remise au seigneur. || Faire le dépri au bu-
reau des aides.
— HIST. xvi* s. [La prière de Midas fut exaucée]
mais il lui fallut desprier ses prières, MONT, II, 340.
DÉP
—ÉTYM. Dé.... préfixe, et prier. Dans le français
le plus ancien, deprier répond au latin depreeari,
prier pour détourner un mal : HF S. Puis joint ses
mains, si va Deu depriant, Ronc. p. 92. Sire, li
reis Henris, fait li li messagier, Vus requier e de-
prie, cum sun père très chier, Que dous [deux] tels
chardenals li faciez enveier, Th. le mort. 66;xm's.
Moult [il] deproia l'empereor Que Renart [il] H
doinst par amor, Ben. 4 5(45. C'est à ce sens que sa
rapportent les termes de droit féodal dépri et dé-
prier.
j DËPRIMAGE (dé-pri-ma-j'), s. m. Terme d'a-
griculture. Action de déprimer les prairies.
— ÉTYM. Déprimer.
DÉPRIMÉ, ÉE (dé-pri-mé, mée), port, passé.
| 1° Mis plus bas. Le sol déprimé en cet endroit.
j Terme didactique. Il se dit des parties du corps
dont la forme est aplatie. Une tumeur déprimée a
le centre peu saillant. Cet oiseau a le bec déprimé.
Un front déprimé. || 2° Terme de botanique. Tige
déprimée, tige qui est couchée. Rameaux dépri-
més, rameaux abaissés vers la terre. || Déprimé in-
dique aussi un corps globuleux qui semblé avoir
été aplati par pression de haut en bas. Graine dé-
primée. || 3° Terme de médecine. Pouls déprimé,
pouls faible qui disparaît sous la moindre pression
du doigt. || 4° Fig. Mis au-dessous du mérite réel,
de la valeur réelle. Cet auteur déprimé par les cri-
tiques. || Dans un sens analogue, en parlant des
choses. Les vertus déprimées et les vices honorés.
|| 5° S. m. piur. Terme de zoologie. Les déprimés,
tribu de la famille des coléoptères, & courts élytres,
comprenant ceux qui ont le corps aplati de haut
en Bas.
DÉPRIMER (dé-pri-mé), v. a. || i" Produire un
enfoncement, une dépression dans une surface. Le
coup a déprimé les os du crâne. || 2° Fig. En par-
lant des personnes, mettre au-dessous de la valeur
réelle. On^aimait à le louer pour déprimer son frère,
MAINTENON, Lettre à Mme de Caylus, 46 avril 4748.
On m'accusera peut-être de vouloir déprimer Ra-
cine ; ma réponse sera courte, D'ALEMB. YI, 46. Moi-
même ami des grands, parfois je les déprime, GILB.
Mon apol. || Dans un sens analogue, en parlant des
choses. Si vous ne sentiez pas en lui [le prochain]
quelque excellence, par laquelle vous voulez croire
que vous êtes déprimé, vous auriez pour lui des dis-
positions plus équitables, BOSS. Pensées chrét. XII.
[Les panégyristes] Dans une autre occasion ils dé-
primeront les vertus qu'ils ont élevées, en faveur
de quelque autre sujet qu'ils voudront flatter, J?ÉN.
t. xxi, p. 26. Et souvent des étrangers, qui n'avaient
pas le même intérêt de déprimer sa réputation,
ont été frappés de Ufcontradiction qu'ils observaient
entre l'opinion des sociétés de Paris et le juge-
ment de l'Europe, CONDORCET, WAlembert. Les
uns faisaient valoir le pouvoir des États, d'autres le
déprimaient, ANQUET. Ligue, m, p. 264. || Humilier.
Si l'homme s'estime trop, tu sais déprimer son or-
gueil, BOSS. Mort, 4. Le gouvernement turc a dé-
primé les Grecs et abruti les Égyptiens, VOLT.
Moeurs, a. || 8° Terme d'agriculture. Faire paître,
au printemps, les premières pousses des prairies ou
des champs de céréales. || 4° Se déprimer, t). réfl.
Se rabaisser. Les envieux se dépriment les uns les
autres. ||Être déprimé, enfoncé. Il arrive, dans un
coup violent sur la tète, que les os se dépriment.
— HIST. xn" s. Li sires fait povre.e fait riche, or-
gueil depriemt, li humble eslieve, Bois, 7. || xrv's.
La cité estoit grevée et déprimée par guerres et par
chierté de vivres, BERCHEDRE, f» 4e, recto. ||xvr» s.
Mais par défaut d'esprit celestiel, En t'aymant trop,
tu me hays et déprimes, MAROT,HI, 284. Il ne faut
pas entendre qu'il ait tellement receu nostre maie-
diction, qu'il en ait esté couvert et accablé ; mais
au contraire, en la recevant, il l'a déprimée, rom-
pue et dissipée, CALV. Instit. 392. Et pourtant ne
fault-il pas du tout ravaller ny déprimer si fort la
nature humaine, AMYOT, de la tranq. d'âme, 36. Et
où il adviendrait que l'os serait rompu et déprimé
d'un costè seulement, sans que toute la pièce fust
enfoncée.... PARE, vni, 6. Il n'y a aulcun de nous
qui s'offense tant de se veoir apparier à Dieu, comme
il faict de se veoir déprimer au reng des aultres ani-
maux : tant nous sommes plus jaloux de nostre in-
terest que de celuy de nostre Créateur, MONT, n,
24 4. Je sçais bien, quand j'ois quelqu'un qui s'ar-
reste au langage des Essais, que j'aimerois mieulx
qu'il s'en teust; ce n'est pas tant eslever les mots,
comme desprimer le sens, d'autant plus picquam-
ment que plus obliquement, m. I, 290.
— ÉTYM. Provenç. depremer ; ' espagn. depri-
mir; ital. deprimere; du latin deprimere, delà
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