Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1896-09-06
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Description : 06 septembre 1896 06 septembre 1896
Description : 1896/09/06 (Numéro 249). 1896/09/06 (Numéro 249).
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Source : Bibliothèque nationale de France
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Date de mise en ligne : 15/10/2007
JOURNAL DES DEBATS DU DIMANCHE 6 SEPTEMBRE i89C
par nos adversaires. Nous ne pouvons cepen-
dant accepter d'être mis, par la Compagnie du
Niger, en présence du fait accompli, dans une
région où nous avions de. bonne foi suspendu
notre activité penaanUesnegqciations.Mrecon- j
naître une valeur absolue, aux 404 traités que'
sir G. Taubman-GoIdie, président de la Com-!
pagnie, brandit sans se laisser le moins du
monde intimider par ce qu'il y a de risible dans
le nombre vraiment prodigieux de ces instru-
ments.
M. Thare! a grandement raison de demandera
des « accords directs,Joyaux. et clairs, de na-
tion à nation o, pour en finir avec ces irritan-
tes difficultés. Il y a dans cette partie de l'Afri-
que un règlement territorial qui s'impose entre
l'Allemagne, la France e-t l'Angleterre, et dont
le retard est aussi celui delà mise en valeur da
pays. Bien que les Allemands veuillent donner
une singulière extensionàleurcolonie du Togo,
nous sommes certains qu'ils négocieront avec
l'esprit conciliant et la bonne foi dont ils ont
fait preuve dans tous leurs litiges africains avec
nous-.Nous désirons vivement rencontrer -chez
les Anglais ce même esprit que, de notre côté,
nous ne manquerons pas d'apporter dans le
règlement de ces difficultés du bas Niger.
ALSACE-LORRAINE
Le grand-duc de Bade, accompagné de sa Maison
militaire, est; arrivé vendredi soir à Metz. 1-.
Les Allemands, pour fêter son arrivée, ont pavoisé
leurs maisons, et les édifices publics, ainsi que les
forts, ont conservé le grand pavois qui avait été ar-
boré à l'occasion de l'anniversaire de Sedan.
Le grand-duc est venu à Metz pour' assister aux
grandes manœuvres de cavalerie qui se font actuel-
lement aux environs de Herny et de Morhange. Il
rentra a Metz tous les soirs. Il quitterais Lorraine
le 7, pour rentrer a Carisruhe.
ALLEMAGNE
t.E MONUMENT DE QUILLAUME I" A BRESLAP
Bresiau, le 4 septembre.
L'empereur et l'impératrice d'Allemagne sont arri-
ves un peu après une heure et demie et ont été reçus
a la gars par les autorités civiles et militaires.
Les souverains se sont dirigés vers la place où
devait être inauguré le monument élevé à Guil-
laume I".
Aussitôt l'arrivée des souverains devant le monu-
ment, l'ex-président supérieur de la province, M. de
Seyde'witz, a prononcé un discours dans lequel il a
célébré l'empereur Guillaume I"
II a parlé de son amour de la paix et de ses suc-
cès dans la guerre; il a. loué sa foi et proposé en
exemple aux générations qui arrivent à l'âge
d'homme la crainte de Dieu et les sentiments reli-
gieux dont Guillaume 1°'' était anime.
Sur un ordre de l'empereur, le voile qui recouvrait
le' monument est alors tombe, aux. acclamations des
troupes et de la population en même temps, 101
coups de canon étaient tirés, et la musique jouait
cne Marche d'honneur.
M. de Scydewitz a repris ensuite la parole pour 1
remercier les souverains d'être venus et d'avoir
donné ainsi à cette fête la plus haute consécration;
il a terminé en poussant un hourrah en leur honneur.
La musique a joué alors l'Hymne national; puis les
troupes et les Associations de vétérans de Bresiau,
comptant environ 4,000 hommes, ont défilé devant
l'empereur et l'impératrice.
Après l'inauguration du monument, le cortège s'est
dirigé vers l'Hôtel de 'Ville. L'empereur avait revêtu
l'uniforme de garde du corps. Il était escorté de cui-
rassiers blancs avec la lance. L'impératrice, portant
une toilette bleu clair, avait pris place dans une voi-
ture attelée & la. daumont.
La place de l'Hôtel de Ville était pleine d'enfants
des écoles et de petites filles habillées en blanc.
A leur entrée dans l'Hôtel-de-Ville, les souverains
ont été reçus par le bourgmestre qui leur a souhaité
la bienvenue et qui leur a offert le vin d'honneur. 1
L'empereur, tenant, le hanap, a prononcé l'allocu-
tion suivante 1
« Conquise par Ï'épée de mon grand ancêtre,
choyée et protégée par ses successeurs comme une
<)e nos plus belles provinces, c'est ainsi que la Silésie
me fut léguée par mes prédécesseurs.
M Pénétré de la valeur de ces souvenirs historiques,
je continuerai d'apporter ma sollicitude à la prospé-
rité de la Silésie, afin de conserver un joyau aussi
brillant.
."Je bois &Bi'esIau,dont la municipalité nous a
préparé un si bou accueil pour lequel moi et l'impé-
ratrice la remercions.
<' Que Dieu bénisse cette ville! Qu'elle prospère
sous tous les rapports »
Ledineraa palais impérial a été très brillant et
rehaussé par la présence des princes étrangers et de
leur suite; il a été servi dans deux salles richement
décorées de ileurs. La cour; précédée du .maréchal
de Ia.cour, afaitson entrée après trois coups frappés
par celui-ci avec une canne à pommeau d'or.
L'empereur et l'impératrice venaient .d'abord, puis
le comte de Turin, la princesse Albert de Prusse, le
prince Léopold de Bavière, la princesse héritière de
Meiningen, le prince Henri, la princesse Frédéric-
Léopold, le prince Victor d'Italie, assis à la gauche
de l'impératrice.
L'empereur avait à sa droite la princesse~ Frëdéric-
Léopold. Parmi les convives se trouvaient le prince
Radolin, les généraux de Schweinitz et de Werder,
le prince de Hoheïtiohe, ainsi que les autorités supé-
rieures de la prince de Silésie et le comte de Lim-
bourg-Stirum.
Au cours de ce banquet, l'empereur a prononcé le
discours suivant:
« Messieurs, je vous souhaite la bienvenue. J'é-
prouve le besoin de vous remercier de la façon cor-
diaie dont vous avez célébré le souvenir de mon
aïeul, Guillaume le Grand. C'est un signe visible de
votre attachement qui s'élève maintenant dans les
murs de Breslau; c'est la garantie de la continuation
des sentiments de tous ceux qui ont contribué à éri-
ger ce monument. Je vous remercie, moi, son petit-
nis et son successeur, du fond du cœur et, en mémo
temps, je remercie la Ville de son accueil cordial et
des sentiments chaleureux qui m'ont été exprimés.
» Lorsqu~on traverse ces magninques campagnes,
ou est toujours rempli de joie et de fierté de voir que
ce beau pays appartient à la Couronne de Prusse.
Aujourd'hui, il m'est donné de saluer le fier vi-
sage de qualques-uns de ceux qui furent longtemps 1
au service de mon aïeul. Je suis heureux de vous
exprimer ma joie de pouvoir séjourner quelque
temps au milieu de vous.
» Je considère comme une insigne faveur de la
Providence que cette province soit le témoin d'un
grand acte historique.
a C'est justement àBreslauque naquit la tradition-
nelle amitié entre deux puissantes Maisons régnantes.
C'est ici que mon bisaïeul publia la proclamation à
la suite de laquelle le peuple prussien se souleva 1
tout entier, inaugurant ainsi le grand mouvement
patriotique dont le couronnement fut la restauration
dé l'empire.
» Qu'il soit donné à ce beau pays de prospérer
dans un avenir ûôrissant; je lui accorderai toujours
aiïection, sollicitude et protection.
a Je bois a la santé de la Silésie. Hoch: Hoch! 1
Hoch!K n
-Ce toasts été chaleureusement acclamé.
BELGIQUE
INGÉNIEUSE PHILANTHROPIE
Kotre correspondant nous écrit de Bruxelles
La ville de Bruxelles vient d'avoir une ingénieuse
initiative, en aùto~sant d'anciens agents de l'admi-
nistration à cultiver les terrains vagues situés dans
le quartier Nord-Est de la cité. Les exploitants n'ont
aucune redevance à payer ornais, dès qu'un acquéreur
se présente, ils doivent naturellement lui céder la
place. Ces terrains, jadis incultes, jonchés de tes-
sons de bouteilles et d'écaillés d'huîtres, sont trans-
formés en jardins dont les verdures reposent agréa-
Mement la vue et bien des misères y trouvent uu
soulagement, sans qu'il en coûte rien à personne.
Bruxelles, le 4 septembre.
Le roi des Be!ges a rendu visi-te cet après-midi au
duc d'Aoste, arrivé incognito à Bruxelles et descendu
au Gt'and-Hotol. L'entrevue a duré une demi-heure.
Leduc d'Aoste portait le grand, uniforme d'officier
d~artMterie italien.
Le comte de Montholon, ministre plénipotentiaire
de France, et !e baron de CourceJ, ambassadeur de
France à Londres, ont dîné à midi avec Léopold II,
at palais de Bruxelles. Le roi a fait un accueil des
plas gracieux aux deux ministres de la. République
française. Les ministres des aCt'aires étrangères, de
ja guerre-, des finances et des chemins de fer de Bel-
gtqua assistaient au dîner.
Le prince Albert de Belgique est parti aujourd'hui
pour Brosiau, où il va assister aux grandes jnanceu-
Yresdel'armée allemande.
ESPAGNE
LES PHILIPPINES ET CUBA
Madrid, le septembre.
Une dépêche de Manitle, adressée au ministère de
la marine, annonce que les insurgés qui s'étaient
retranchés àNovaletta~ sur l'histhme qui réunit la
petite péninsule de Cavite à Luçon, ont été attaqués
par une canonnière espagnole. Une colonne est prête
à les poursuivre sur terre.
On croit, au ministère de la marine, que les 4,000
hommes de renforts demandés par le gouverneur à
Mindanao n'arriveront à Manille que lundi. Par
suite, les opérations militaires contre les fortes ban-
des d'insurgés des provinces de I'i!e de Luçon ne
pourront commencer que la semaine prochaine.
Cor!'ëo apprend qu'a la suite d'une sentence du
Conseil de guerre 4 prisonniers ont été fusillés à
Manille et 20Q rebelles déportés aux Iles Mariannes
et aux Carolines.
Une dépêche officielle de Manille annonce que les
chefs de l'insurrection sont en grande partie des per-
sonnes notables et des membres des municipalités.
De son côté, M. CasteIIanos, ministre des colonies,
dans une conversation avec plusieurs journalistes, a
déclaré que des personnages très importants avaient
été arrêtés à Maniile, mais il a refusé de faire con-
naître leurs noms.
Le bruit, 'que, parmi les personnes compromises
dans la conspiration, se trouvent quelques négociants
allemands tend à se connrmer.
Saint-Sébastien, le 4 septembre.
Des troupes a destination de Cuba sont parties au-
jourd'hui; â'autres partiront demain. La reine ré-
gente a envoyé des aides de camp a la gare saluer,
en son nom, les partants. La foule a longuement ac-
clamé les soldats.
ITALIE
LES RELATIONS AVEC LE BRESIL
Rome, le 4 septembre.
Contrairement à ce qui a été dit, M. Demartino n'a
nullement été envoyé au Brésil pour exiger l'exécu-
tion du protocole contenant les réclamations de FI-
taliectreeourh-àun ultimatum.
La légation d'Italie au Brésil étant régie par un
secrétaire chargé d'affaires, et M. Pisani,'nommé mi-
nistre il y a quelque temps, nepouvant partir, M. De-
martino a èténomméministre en mission spéciale. Les
instructions qu'il a reçues ont été publiées au 7our-
HC~ o/ct'e<, et portent qu'il doit obtenir que le Bré-
sil prenne les mesures nécessitées par la dignité de
l'Itaiie et la sécurité des Italiens, et demander un
nouveau moyen de réglor les réclamations italiennes
qui faisaient l'objet du protocole rejeté dernièrement
parlesChambres.
Le gouvernement italien a eu soin d'expliquer au
g&uvernement brésilien que l'envoi de M. Demartino
no serait pas suivi de la présentation d'un ultimatum;
que, sa mission étant paeiûque, son départ a bord du
petit hayiro de guerre IeJP:emoH~e ne comportait au-
cune intention de démonstration militaire.
RUSSIE
LE SUCCESSEUR DU PRINCE LOBANOP
On mande de Bresiau, le 4 septembre, à l'agence
Havas, que le prince Radoiin, ambassadeur d'Alle-
magne a Saint-Pétersbourg, aurait déclaré que le
successeur du prince Lobanof ne serait pas nommé
avant le retour du tzar a Saint-Pétersbourg.
TURQUIE
LES ARMENIENS
Constantinople, le 3 septembre.
Le tribunal extraordinaire, institué pour l'instruc-
tion des procès des auteurs des derniers troubles, a
tenu aujourd'hui sa première séance. `
Les dossiers de 143 individus, tant musulmans
qu'Arméniens, impliqués dans les derniers désordres,
ont été remis au parquet. Seize des personnes arrê-
tées comme ayant pris part aux troubles ont été in-
terrogées et douze témoins ont été entendus.
On a arrêté des révolutionnaires arméniens dégui-
sés en mollahs et en soldats.
Grâce aux mesures, d'ordre prises, la situation con- I
tinue de s'améliorer. ,Nau
Constan'tinople, le. 3 septembre
(Arrivée le 4 septembre),-
La tranquillité générale a fait aujourd'hui de non- v
veaux progrès; les boutiques se sont rouvertes, à
l'exception de celles des Arméniens.
Dans la journée, des Arméniens ont été amenés
par des chalands et conduits sur des navires à vapeur
turcs, on ne sait pour quelle destination.
Les autorités turques s'occupent de renvoyer dans
leurs lieux d'origine les portefaix et les domestiques
arméniens.
Beaucoup de marchands et de particuliers donnent
également congé aux Arméniens qu'ils emploient,
anndesesauvegardei'.
Ladétresseestgrande.
Los consuls ont tenu une conférence aËn de s'en-
tendre sur une action commune en cas d'uue inter-
vention consulaire.
D'après des données officielles, les troupes ont eu,
au cours des derniers troubles, trois morts et trente-
huit blessés. ZfatXM.
Gonstantinople, le 3 septembre
1 (Arrivée le 4).
On dit dans les cercles officieux, que dans une
conversation qui eut lieu à Vienne-et laquelle
assistait Mahmoud-Neclim Bey ambassadeur de
Turquie, le tzar et l'empereur d'Autriche auraient
prié l'ambassadeur de féliciter le Sultan et son gou-
vernement de la façon énergique dont ils avaient ré-
primé le mouvement anarchiste. Le tzar aurait
ajouta que lui-même spun'rait de ces Arméniens au
Caucase et qu'il savait combien peu ils, méritaient les
J sympathies de l'Europe. Il était convaincu que le
mouvement n'aboutirait à rien.
L'empereur d'Autriche aurait dit que le Sultan avait
montré une grande générosité en terminant la ques-
tion crétoise à la satisfaction des puissances.
Pour extirper le mal de l'anarchie, le grand-vizir a
pris des mesures de haute sagesse et d'énergie qui
donnent satisfaction à tous les éléments du pays,
musulmans, chrétiens et autres, et ont augmenté la
confiance déjà très grande que le Sultan a en lui.
1 Mgr Bartholome, ~ocMMt ~f?MM du patriarche armé-
nien, fait les efforts les plus louables et avec un
grand courage pour réconcilier l'élément arménien
ildelo au gouvernement avec ses compatriotes musul-
mans. Des télégrammes d'approbation lui arrivent
de tous les points de l'empire.
Le tribunal extraordinaire nommé pour juger les
prévenus dans l'affaire des Arméniens a déjà fonc-
tionné deux fois et a examiné plusieurs dossiers. Les
noms des prévenus seront communiqués aux ambas-
sades. -Hauas.
LES AFFAIRES DE CRKTE
l, Athènes, le 4 septembre.
Les nouvelles de Crète sont généralement rassu-
rantes. La population exprime sa gratitude à l'Eu-
rope pour avoir obtenu la solution de la question
Cretoise.
A Candie, seulement, le mécontentement "des mu-
sulmans a soulevé de nouvelles difficultés. En eû'et,
ces derniers menacent de quitter le pays et ils ont
l'intention de demander au Sultan une indemnité
pour leurs biens abandonnés.
Jusqu'à ce moment, l'ordre n'a pas été troublé.–
BaMM.
D'autre part, d'après une dépêche d'Athènes au
Centrât .A'e~M, l'Assemblée Cretoise aurait accepté dé-
i finitivement les concessions de la Porte comme base
du règlement de la question Cretoise.
L'escadre anglaise est arrivée dans les eaux grec-
ques. La presse d'Athènes salue sa présence avec sa-
tisfaction.
De son côté, le gouvernement français a décidé
d'envoyer deux cuirassés de premier rang devant la
Canée.
Le ~arccaM, qui avait été désigné hier, serait rem-
placé dans cette mission par la D~a~cfh'OR, sur la-
quelle flotte le pavillon d'un contre-amiral. La .D~ueM-
~aMe.
Le eroiseur'américain fn~Ma~o~M, qui se trouve
a Queenstown, a reçu aussi l'ordre de partir pour les
eaux turques.
EGYPTE
On a constaté mardi, mercredi et jeudi, dans la
Haute-Egypte, 301 nouveaux cas de choléra et 260
morts; dans la Basse-Egypte, 124 nouveaux cas et
114 morts.
ÈRYTHRËE
Romé, le 4 septembre.
La M&tœa publie là dépêche suivante i
« Massaouah, !e 4 septembre.
"L'inventaire précis des armes et des munitions
trouvées à bord du .Dœ!M'( comporte 30,000 fusils 1
russes, 15.S16 fusils français, 6,300 sabres cosaques,
5,585,833 cartouches et 10 caisses d'accessoires.
On mande d'Aden, à la date d'aujourd'hui
« Les nouvelles de Zeïiah annoncent que la pre-
mière caravane portant du matériel de secours pour-
les prisonniers italiens est partie hier.
)) Une deuxième caravane part. aujourd'hui et une
troisième sera envoyée très prochainement.
» Le major Nernzzihi a été rencontré, à Somada,
par des .voyageurs venant du Harrar.
» Le major faisait route dans d'excellentes condi-
tions. a
Rome, le 4 septembre.
Contrairement a ce qui avait été affirmé, le géné-
ral Valés n'a_pas encore été reçu par le roi. Il partira
pour l'Afrique d'ici quelques jours, probablement le
9 courant. 11 a été impossible de rien savoir sur les
instructions que le gouvernement lui a confiées.
Selon les uns, il a pour mission do négocier la
paix selon les autres, il devrait obtenir seulement
la libération des prisonniers. Il semble probable que
cette dernière supposition est la. vraies. .Agence
HaMoMa!e.
AFRIQUE AUSTRALE
LES MATABËLËS
Buluwayo, le 5 septembre.
Les rebelles ont attaqué une patrouille de fourra-
geurs composée de blancs et d'indigènes des tribus
amies; 70 de ces derniers ont été faits prisonniers.
Ou annonce que 2,000 Matabélés se trouvent à
Crowa's farm,àdix milles au nord-Ouest de Bulu-
wayo.
LacapitameDrury.à. latête de 150 hommes, est
parti ce matin en reconnaissance de ce côté.
ÉTAT DU CONGO
Le correspondant du ?'tMM à Bruxelles annonce,
d'après une dépêche privée de source très autorisée,
que le baron Dhanis a été nommé au poste de gou-
verneur général de l'Etat du Congo et de comman-
dant de la zone arabe.
L7H(&~end d'une lettre privée qui vient d'arriver du Congo, con-
tenant le premier récit circonstancié qui soit par-
venu en Europe de la sanglante bataille livrée par
le commandant Chaltin au chef arabe N'Doruma.
D'Jabbir, 15 juin 1896.
Mon cher D.
Pendant les mois de mars et d'avril, nous avons fait
une expédition contre les Sultans M'Bili et N'Doruma,
qui, dans le cours des deux dernières années, ont fait
massacrer quatre de nos agents et une certaine de sol-
dats MM. Bonvalet et Janssens, capitaines van Hols-
beke et Devos, sergents.
A la. tête d'une colonne de 500 hommes, le commandant
Chaitin a quitté Nyangara,. le 1" mars, et, cinq jours
après, il pénétrait dans les Etats de M'Bili.
Deux combats d'avant-garde et une bataille auxquels
tontes nos troupes prirent part ont eu raison de sa
résistance.
Obligé do fuir, H abandonne ses Etats, et, suivi''de ses
femmes et de quelques ud'èles, il cherche un refuge chez
un voisin.
N'Doruma. était un adversaire autrement redoutable.
Par la ruse ou par la violence, 'il s'est débarrassé suc-
cessivement des troupes égyptiennes et des derviches. Il
les a vaincus dans plusieurs combats et leur a pris beau-
coup. de fusils, notammentdes remingtons. 11 disposait de
plusieurs milliers de guerriers (10,COO, assure-t-on), dont
500 au moins armés de fusils. Nous avons d'abord eu af-
faire à son frère, N'Bima, qui commandait son avant-
garde.
Un combat décisif lui 8t perdre énormément de monde
et provoqua parmi ses troupes une retraite désordonnée.
Nous ne pouvions nous empêcher d'admirer sincère-
ment le courage de ces Azandès, qui se précipitaient à
la charge sur nos lignes jusqu'à une distance de 50 mè-
tres. N'Doruma lui-même nous attendait aux environs de
sa résidence. Ses forces étaient disposées en ordre de
bataille da.ns une plaine s'étendant à perte de vue. Sa
tactique ressemble à celle des anciens Romains.
Vers neuf heures et demie du matin, le 5 avril, jour de
Pâques, ies premiers coups de feu se firent entendre.
Les dispositions de combat du commandant Chaltin
furent bien vite prises, et chacun rejoignit son poste.
Des masses de lanciers, sur six rangs, fondaient sur
nous, pendant que les fusiliers nous envoyaient une grê!e
de balles. Ces attaques auxquelles ripostait un feu meur-
trier étaient repoussées, mais bien vite suivies de nou-
veaux assauts plus audacieux que- les-premiers.
Nos 500 albinis faisaient rage~et je t'assure qu'ils n'é-
taient pas de trop. Après quarante-cinq minutes d'un
combat terrible où N'Doruma laissa sur le terrain plus
de 600 cadavres s'empilant et formant de ci. de là de fu-
nèbres monticules, il donna, grièvement blessé lui-même,
le signal de la retraite.
Ce fut une fuite où ses guerriers, se bousculant, se
renversant, se blessaient avec leurs propres armes. Et t
nos albinis continuaient à semer la mort dans cette
plaine devenue, pour beaucoup, un. champ de repos.
Victoire complète, presque sans précédent. Malheureu-
sement, tout à la Un de l'action, au moment où commen-
çait la charge à la baïonnette, notre brave commandant
Chaltin fut frappé d'une, balle qui lui fracassa la main
gauche, brisant le revolver qu'il tenait dans cette main.
Il a horriblement souSert. Dix jours de marches forcées
nous séparaient de l'Ûuellé.où lecommandant dut être
transporté, durement cahoté, dans un hamac.
Le médecin lui a fait subir une opération mais il per-
dit l'usage d'une partie de la main.
Dupont a eu le corps traversé par une balle, mais il est
heureusement rétabli aujourd'hui. Les lieutenants Kinet
et Dubreucq, les sergents Debacker. et Dupont' étaient
&veonons.
Tous ont été admirables de courage, de même que
leurs soldats.
Cette guerre contre N'Doruma était une guerre juste
nous vengions des frères d'armes lâchement assassinés.
–<
Le voyage des souverains russes
En Allemagne
Berlin, le 4 septembre.
On lit dans le ~oMttSMr de !'Entp:re
« Demain, le tzar et la tzarine fouleront pour la
première fo~s le sol allemand depuis leur avènement
aùtrôhe.
n Le cœur joyeux, le peuple allemand salue, dans
le couple impérial qu'ornent tant de vertus, le digne
fils d'Alexandre III et l'auguste princesse, d'origine
allemande, qui, a ses côtés, orne le trône d'un em-
pire voisin etami.
» Durant les jours qui vont venir, les liens de cor-
dial attachement qui existent entre nos augustes
hôtes et notre empereur et notre impératrice vont se
resserrer encore. Puisse cette amitié confiante entre
les deux Maisons souveraines présager à jamais pour
l'Allemagne et la Russie une action pacifique, souvent
commune, dans l'accomplissement de leur mission
civilisatrice ) »
Berlin, le 5 septembre.
La Gazette de t'~Hema~ne du Nord voit dans la
visite des souverains russes le témoignage, riche de
promesses, des cordiales relations personnelles qui
unissent les chefs des deux puissants empires. '< De
même que, lors de sa rencontre avec le chef vé-
nérable de la monarchie austro-hongroise, dit-elle,
le tzar, dans ses entretiens avec l'empereur allemand,
pourra recueillir l'assurance que ses efforts pour
assurer la stabilité de la paix trouvent un appui
énergique dans les dispositions do notre auguste
souverain.
)) La vue des troupes allemandes sera pour notre
hôte l'expression vivante de notre puissance, sans
provocation, mais sûre d'elle-même, de cette puis-
sance, qui, à dinérentes reprises, a pu sembler utile
a la coopération amicale de la politique allemande
pour la mission du grand empire chrétien de l'Europe
orientale.
M Rien ne sépare l'Allemagne et la Russie dans le
respect réciproque, des intérêts paciHques c'est le
respect du fort pour le fort, joint aux sentiments
d'amicalvoisinage.
M Le fils d'Alexandre III a été appelé à recueillir,
bien jeune, la couronne de ses ancêtres; mais déjà le
nom de Nicolas brille de l'éclat de ses succès pacr-
fiques. Puisse une longue et heureuse vie conduire le
monarque au but civilisateur auquel il tend pour !e
bien de son peuple Puisse-t-il, aux côtés de son au-
guste êpouao, voir prospérer son impériale Maison
pour le bien de la Russie et la paix du monde 1
M C'est le vœu que, voisins fidèles, nous formons
pour l'auguste ami de notre empereur, et de la noble
princesse, son alliée par le sang. o
A Paris
Commaon l'a lu hier, à notre Dernière Heure, le
Conseil municipal, réuni en comité du budget, a
donné pleins pouvoirs à son bureau pour la réception
du tzar. Voici la note ofRcielIe communiquée à la
presse:
Conformément à ta résolution prise dans soji avant-
dernière séance par le bureau du Conseil municipa. la
réunion du Conseil en comité a en lieu aujourd'hui à trois
heures et demie.
Le mandat généra! dema.ndé par les membres du bu-
reau à leurs colfèg'ucs leur a été accordé sans débat.
On se rappelle que ~e comité des fêtes parisiennes
X.
organisait âne série de réjouissances qui auraient été
données au proût des pauvres, du 5 au 11 octobre.
En raison de la visite des souverains russes, ces fêtes
sont renvoyées a- une date ultérieure.
Les délégués des diverses Sociétés départemen-
tales existant à Paris ont, on le sait, élu récemment
une commission executive, qui/chargée d'étudier les
moyens d'offrir, au nom des provinces françaises, un
souvenir au tzar, a constitué son bureau de la façon
suivante:
Président, M. Gazave (Haute-Garonne); vice-président,
M. le commandant Chevalier (Nord); secrétaire, M.Dan-
dre (Pas-de-Calais); trésorier, M. le capitaine de Colomb
(Lot).
Tontes les commumcaticms et adhésions dès-diverses
Sociétés, départementales devront 'être adressées à M. le
capitaine de Colomb, trésorier, 12, cité Trévise.
NOUVELLES POL!T!QUES
M. Cochery, ministre des .finances, est reparti pour
'Deauvitle, où il terminera les très courtes vacances
qu'il a prises cette année.
Le ministre des ûnances sera de retour à Paris dés
le milieu de la semaine prochaine, afin de mettre la
dernière main aux modifications budgétaires qu'il
compte être en mesure de présenter a la commission
du budget le jour même de sa première réunion. v
M. Samsère, conseiller d'Etat, qui était en congé
depuis vingt jours, est rentré Lier à Paris et a repris
la direction du cabinet et du personnel au ministère
de l'intérieur.
M. Léon Barthou, chef du cabinet, qui l'avait rem-
placé pendant cet intervalle, a quitté Paris a son
tour, se rendant en vacances a Saint-Jean-de-Luz.
GUERRE ET MARINE
Par décret en date du 4 septembre 189C, sont pro-
mus dans le corps des officiers de manne
Au grade de capitaine de vaisseau MM. Duroch,
Campion, Noël, d'AbovilIe.
Au grade de capitaine de frégate MM. Pugibet,
Aubin, Oria, Cros.
Au grade de lieutenant de vaisseau MM. Catuhe-
Junia, Fossey, Lagrenée, Ribes, Mac-GucIdn de
Slane, de Kerros, Rabat, Goybet, Scias, Maurin, Le
Guen, DubreiL
Sont portés à la 1" classe de leur grade MM. les
lieutenants de vaisseau: Cavelier de Cuverville, Ferré
de Peroux, Pellicot et MortenoL
Par décision présidentielle en date du 4 septembre,
M. le capitaine de frégate Seurat a été nommé au
commandement de la station locale de l'Annam et
du Tonkin et du stationnaire l'doM!
Par décision présidentielle en date du 4 septembre,
M. l'enseigne de vaisseau Autric a été nommé au
commandement d'un torpilleur dans la défense mo-
bile de Lorient.
Le général russe Majewski a visité hier, en com-
pagnie d'un officier de l'état-major du 6° corps,
d'abord, et de M. le général Hervé, ensuite, les ca-
sernes de Châlons.
Partout, le général russe a été accueilli de la plus
cordiale façon et les musiques régimentaires ont joué
l'Hymne russe et !a ~fa~et~aMe.
UNE EXPLOSION A TOULON
Toulon, le 5 septembre.
L'Ecole de pyrotechnie de la marine, où se produi-
sit une catastrophe il y s quelques mois, vient encore
d'être le théâtre d'un grave accident.
Une explosion a eu lieu hier à deux heures de
l'après-midi. Deux hommes ont été brûlés, les nom-
més Auguste-Joseph FontvieiUe, âgé de vingt-quatre
ans, né à Sieurac (Tarn), et Jean-François LaUemand,
né à Saint-Affrique. Transportés à. l'hôpital, ils ont
succombé quelques heures après.
Les deux malheureux, qu'on avait placés dans
des baignoires pour les soulager, ont eu une agonie
terrible.
L'enquête semble démontrer que les causes de
l'explosion sont imputables à l'imprudence des vic-
times.
L'explosion a été causée par l'éclatement d'étoiles
pour fusées elle a eu lieu dans une maisonnette si-
tuée dans le champ d'expériences de l'Ecole. Immé-
diatement la maisonnette fut la proie des flammes.
Les artificiers avaient pu sortir; mais on ies trouva
étendus sur le sol couverts de brûlures sur tout le
corps.
D.euxsous-of.uciers ont aussi été brûlés, mais légè-
rement-
CHANGEMENTS.DE GARNISONS
Le 3" bataillon du 152° régiment d'infanterie régio-
nale', détaché à Gérardmer, rentrera à Epinal, à par-
tir du 1" octobre prochain. A compter de cette date,
ce régiment n'aura plus qu'un seul bataillon détaché
à Gérardmer.
Les 1* 17° et 18° régiments de chasseurs à cheval
doivent permuter, a l'issue des manœuvres, avec les
20°, 4° et 5° régiments.
Les 17°et 18° chasseurs rentreront dans .leurs an-
ciennes garnisons après les manoeuvres. Le 17° .quit-
tera Neufchâteau le 18 septembre pour se rendre à
Rambouilllet; le 18*' sera mis en route Je 23 septem-
bre d'Epinal à Saint-Germain. Ces deux régiments ]i-
béreront les hommes de la classe 1892 après leur re-
tour des manœuvres, quelle que soit la date ûxée
pour le renvoi général de cette classe..
Loi" chasseurs quittera. Rourny (Seine-et-Oise),
point de dislocation des manœuvres, le 6 septembre,
pour arriver à Châteaudun, le 9 du même mois. '1
Le 20° chasseurs, qui prend part au~ manœuvres
de division d'infanterie du 4" corps, partira des en-
virons de Chartres, le 19 septembre, pour rejoindre
Sampigny.
Les 4° et 5* chasseurs partiront d'Etampes, le 6
septembre, à l'issue des manœuvres, pour arriver
respectivement à Epinal et à Neufchâteau, les. 23 et
18 septembre.
REVUE DE LA PRESSE
Au moment où la municipalité de Tréguier vient
de décider la pose, sur la maison où est né Renan,
d'une plaque commémorative, les journaux religieux,
assez mécontents, rééditent quelques légendes d'une
exactitude plus que douteuse sur le célèbre écrivain.
Dans le Siècle, M. Yves Guyot démolit deux ou
trois de ces historiettes celle-ci, notamment, qui a
trait à une excursion que Renan Et avec M. Yves
Guyot visitant, comme ministre des travaux publics,
les phares de la côte
Le matin où Renan devait s'embarquer avec moi, il
faisait un temps épouvantable. On ne pouvait aborder le
baliseur que dans la rade. Renan me fit prévenir qu'il re-
nonçait au plaisir de la promenade en mer, mais qu'il se
rendait à Tréguier en voiture. Quand je le trouvai à rhô-
tel de France, il frappa sur sa poche d'un air joyeux en
me disant
J'ai la clé.
Quelle clé?
La clé du cloitre.
Or, quelques années auparavant,quand ses admirateurs
avaient fait une fête en son honneuràTréguier, on avait
commencé par fermer le beau cloître qui est un merveii-
leux monument du quinzième siècle. La clé remise entre
les mains de Renan montrait qu'il y avait eu un certain
changement dans l'opinion depuis cette époque.
Le maire et les adjoints de Tréguier, réactionnaires,
m'avaient fait demander quand je pourrais.les recevoir.
Je les reçus dans un petit salon de l'hôtel après dé-
jeuner.
M. Eugène Veuillot dit:
c On se trouvait-nez à nez dans un salon et devant pas
mal de témoins auxquels la rencontre paraissait piquante.
Recan s'avança vers le maire la main tendue et dit, avec
accompagnement d'un sourire gêne qui voulait être ai-
mabte –Je suis heureux de renouveler connaissance
avec le comte de La Tour. Et celui-ci, fixant de son œil
clair et ferme i'auteur de i' dans sa poche sans lui répondre un mot. Tableau 1
Renan, terriblement embarrassé de sa main tendue
et de son sourire, fut ridicule le ministre Guyot laissa
voir que la scène le gênait; La Tour prit congé le plus
tranquillement du monde. Et le bon poupte de Tréguier,
instruit de l'aventure, fut enchanté de son maire, franc
Breton et Her chrétien. u
Le récit de M. Eugène Veuillot ne contient pas un mot
de vrai. Le salon était tout petit. Son '< par pas mal de
témoins n se réduit à deux ou trois personnes.
Quand le maire et les adjoints entrèrent, ils regar-
dèrent Renan du coin de i'ceil avec un peu de gène je
m'empressai de le leur présenter en disant
Vous ne connaissez sans doute pas le plus illustre
enfant de Tréguier, votre compatriote, M. Renan.
Alors it y eut un échange de poignées de mains. Ils
paraissaient, à ce premier moment, avoir peur de tou-
cher ta. griffe du diable mais ils la touchèrent tous les
trois.
Puis on parla de diverses choses la conversation fut
générale et très cordiale et, quand, au bout d'une demi-
heure, ils quittèrent Renan, leur appréhension semblait
avoir complètement disparu. Ils lui donnèrent de pleines
et cordiales poignées de mains, et je ne suppose pas qu'ils
vcuitlent les retirer cinq ans après cette entrevue, trois
ans après la mort de Renan. Ce serait un peu tard.
En tous cas; si M. le comte de L& Tour a fait le récit
que lui prête M. Eugène Veuittot, « le bon peuple de
Tréguier n'a pas montré « qu'il fut enchanté de son
maire a, puisqu'il l'a remplacé par une municipalité qui j
se préoccupe de rendre hommage au savant, à l'exégète,
à l'écrivain de premier ordre qui est une des gloires de
la France, et, chronologiquement après saint Yves, la
plus grande gloire de Tréguier.
La note laconique comumniquée hier aux agences
par !o ministère-de la guerran'auM. nullement eu pour
effet, de faire cesser immédiatement les polémiques
engagées autour des faits avances par M. Sautu-
mier. ·
Voici la note que publie la Libre Parole, après
une interview avec le député de Nè'uHly
Nous nous sommes rendus chez M. Sautumier pour
avoir des explications sur le démenti donné par le mi-
nistère de la guerre.
Le député de Neuilly, que nous trouvons dans la soi-
rée, nous fait remarquer qu'il était inutile d'attendre qua-
tre jours pour fournir une note si laconique sur les
accidents arrives au camp de Châions.
M. Sautumier a reçu aujourd'hui même une dépêche
confirmant, dans une certaine mesure, les premiers ren-
seignements.
Cependant, dans l'accident occasionné par l'explosion
du mortier, il n'y aurait eu que trois blessés.
Il nous fait remarquer, en outre, que desagences et plu-
sieurs confrères de l'Est sembleraient ne pas contester
la réalité des accidents il y a bien eu tamponnement et
éclatement du mortier.
Pourquoi, nous dit M. Sautumier, ne pas donner
loyalement et franchement des détails qui affirmeraient
la vérité et mettraient un à l'incident ?
Le député de Neuitty reste déterminé à interpeller !o
ministre de la guerre.
L'incident Dodds: le Radical publie la lettre sui-
vante, qui répond a un article ~aru dans ses co-
lonnes
La Baule (Loire-Inférieure), le 3 septembre.
Mon .cher confrère,
Je prends ici connaissance de votre article concernant
le rappel de l'Indo-Chine du généra' Dodds et je vous
demande la permission de répondre aux questions que
vous posez. Après avoir dit que le général doit rentrer
en France le 10 novembre, vous vous demandez si le
ministère a reconnu sa- faute en !e maintenant à son
poste, ou si ']o général se moque du gouvernement en
s'accordant, de son autorité privée, une prolongation de
commandement de plusieurs mois.
Non, le ministère n'a pas reconnu sa faute il y persé-
vère plus que jamais. D'autre part, le générai Dodds ne
commet point un refus d'obéissance. La prolongation
provisoire do son maintien en Indo-Chine est un mauvais
procédé de p!us. On l'a rappelé au bout de trois mois de
commandement, alors qu'il avait fait des préparatifs et
pris des mesures pour un séjour de deux ans; mais, en-
voyé dans la colonie au début de la mauvaise saison, on
trouve convenable de l'y faire rester tant 'qu'elle durera.
Son successeur (qui ne peut être rendu responsable de
cette mesure) irais relever juste quand commencerontles
beaux temps. Je vous laisse le scinde juger cette manière
de faire.
Et maintenant, après avoir écrit avec raison que le g-é-
néral Dodds doit rester le serviteur soumis du gouverne-
ment, vous vous éleyez non moins justement contre les
généraux qui ne savent pas obéir. Je vous en félicite de
toute mon énergie, car je n'ai jamais professé ni ne pro-
fesse aucune tendresse pour les soldats indiscip)inés.
J'ai l'honneur de connaître personnellement le générât
Dodds et je puis vous affirmer que c'est un sotdat mo-
deste, respectueux de la loi et qui ne songe qu'à son de-
voir. On le calomnierait indignement en le supposant
capable de vouloir jouer au politicien. Mais la légitime
horreur que nous inspirent ies soldats politiciens no doit
pas nous empêcher de défendre les droits et les intérêts
des citoyens qui servent la France sous les drapeaux.
Ceux du général Dodds sont ontrageusemet méconnus.
Croyez,, mon cher confrère, à mon parfait dévoue-
ment. -1 ~r,
G. GERVILLE-RÉACHE.
Le ~adtcs! fait suivre cette lettre de la note que
voici
Cette lettre ne comporte aucun commentaire.
Son auteur, on ne l'a pas oublié, a été l'un des pre-
miers à protester contre l'inexplicable mesure qui a
frappé le général Dodds. Il l'a fait avec toute l'autorité
et l'énergie que lui donnent, à la fois sa compétence en
matière ooioniate et sa connaissance parfaite des des-
sous de l'intrigue dirigée contre un soldat irrépro-
chabie.
Nous regrettons seulement qu'il garde trop discrète-
ment le secret de ces dessous mystérieux, au lieu de les
soumettre au jugement de l'opinion publique.
Du Matin:
Un annonce comme officielle la candidature, aux élec-
tions législatives de 1838, de M. Caron, conseiUer muni-
cipal républicain modéré du quartier 'Vivicnne, qui se
présentera dans le 9' arrondissement, contre M. Georges
Berry, rallié.
On annonce également la candidature de M. Edouard
Lockroy dans l'arrondissement d'Orange (Vaucluse) con-
tre M. le commandant Ducos, rallié.
M. Lockroy quitterait le 11* arrondissement, où les
Compétitions socialistes sont déjà nombreuses.
Nous avons pourtant tout loisir d'y penser 1
NOUVELLES UNIVERSITAIRES
M. Adam, professeur de physique au lycée de
Nantes, est agréé en qualité de professeur de physi-
que au collège Stanislas.
M. Dupont-Ferrier, ancien professeur d'histoire au
lycée de Lons'-le-Saunier, en congé, est agréé, a titre
de suppléant, en qualité de professeur d'histoire, au
collège Stanislas, pendant la durée de la suppléance
confiée à M. Raveneau à:I'EcoIe normale supérieure.
M. Malet, professeur d'histoire au lycée de Reims,
est nommé professeur d'bistoir&au lycée Voltaire.
M. Dausset, professeur de rhétorique au lycée
d'Angoulëme, est agréé, en quaiitê de professeur de
cinquième, au collège Stanfstas.
M. Potel, professeur d'allemand au lycée de Nantes,
est nommé professeur de lettres,et d'allemand au
lycée Hoche.
M. Hentgen, nommé professeur d'histoire au lycée
Voltaire, est nommé professeur de lettres au Jycée
Lakanal.
M.Pécaat, inspecteur général de l'enseignement
primaire, membre du Conseil supérieur de l'instruc-
tion pubtique, est déchargé, sur sa demande, de la
direction des études a l'école deFontenay-aux-.Roses,
et nommé inspecteur général hors cadre.
M. Steeg, inspecteur général de l'enseignement
primaire, hors cadre, est nommé inspecteur général
et chargé de la direction des études a l'école normale i
supérieure de Fontenay-aux-Roses, en remplacement
de M. Pécaut, nommé inspecteur général hors cadre.
M. Jean, inspecteur de l'enseignement primaire à
Baume-Ies-Dames, est nommé inspecteur de l'ensei-
gnement primaire à Chalon-sur-Saône.
A L'INSTITUT
Académie des Inscriptions et Belles-Lettres
Séance a'M-p<6m&)'e.
PRESIDENCE DE M. HKRON DE VILLEFOSSK,
VICE-PrjSSIDENT
La feuille de présence, que lit ~V. DeHx~e, l'habituel
suppléant du secrétaire perpétuel Âf. ~VaHon, con-
tient un peu plus de noms que lors des séances pré-
cédentes.
La correspondance ne contient que deux pièces, re- ¡
latives au legs, dont nous avons déjà parlé,
d'une somme de 1,300 fr. de rente a l'Académie par 1
feu Gabriel-Auguste Prost. L'aS'aire n'en est qu'à la
seconde phase des formalités d'administration nous
apprenons du moins aujourd'hui que le legs a pour
objet de récompenser annuellement le travail d'un 1
historien français sur Metz et les pays voisins,
j)/ann/ expose le résultat de ses recherches sur le
célèbre alchimiste Basile Va)entin, auteur d'un grand
nombre d'ouvrages qui, dans leur temps, ont eu beau-
coup de retentissement. Les derniers historiens de l'al-
chimie ont montré qu'il fallait rajeunir considérable-
ment l'âga de ces travaux et que, loin d'avoir vécu
au commencement du quinzième Siècle, leur auteur,
né sur le cours supérieur du Rhin et moine bénédic-
tin, appartient à une époque bien plus récente.
M. Hamy a, en en'et, trouvé dans les écrits de Wil-
liam Davisson, qui fut intendant du Jardin du Roi
de 1647 a. 1651, un passage décisif. H y est question
de Basile Valentin que Davisson déclare avoir eonuu
et entendu. Or, ce dernier, né en 1593, aux environs
d'Aberdeen, venu en France en 1613 ou 1614, débu-
tait dans la pratique de la médecine et l'étude de la
chimie chez Claude Dormy, ëvêque de Boulogne, a
Beauehamps,présBourbon-Lancy, do 1619 a 162~.
C'est donc vers cette date seulement qu'il a pu con-
naître Basite Vaientin, dont les plus anciennes édi-
tions ne remontent pas, d'ailleurs, au delà des pre-
mières années du dix-septième siècle.
j~omo~e commente des inscriptions relatives a
Gélon et a. Hieron de Syracuse puis U met sous les
yeux de l'Académie les photographies de fort beaux
monuments figurés, notamment un groupe de dan-
seuses, provenantde Delphes.
C~erntOM~-Ganneau fnit une communication sur
la topographie ancienne de Gadara, ville importante
de la Décapote, d'après des documents arabes rec-
rues.
JM'. J~tcA~ ~)'ca! se fait l'interprète de M. Jules
Vars, professeur au collège RoUin, pourl'expHcation
nouvelle d'un vers d'Ovide (~e~amo~~o~e~, XI, 516),
qui a préoccupé les commentateurs. Il s'agit d'une
tempête et voici le vers
JaM~Me ta&oMt cunei, ~oHafafj'MeJïttMa,pa
On a voulu voir dans cune! une fausse. quiUe desti-
née a protéger la quille véritable. Mais c'metM dési-
gne les tenons qui retiennent entreeux les cordages.
Ces tenons sont nxés à demeure par des chevilles..
Un bateau antique, de construction romaine, trouvé
dans la vase du vieux port de: Marseille et actuelle-
ment exposé au musée Borély, offre précisément ces
tenons. On comprend aisément ce qu'un tel procédé
devait donner de solidité à la coque du Mtiment et
de rapidité à. la construction navale. Les joints étaient,
en outre, remplis d'étoupes et calfatés. On peut donc
ainsi traduire le vers d'Ovide
Déjà !es tenons des bordag'es prennent du jeu, et,
privés de leur calfatage, les joints s'entr'ouvrent.
NOUVELLES DIVERSES
Les agents ont surpris hier, en ilagrant délit de vol
à l'étalage d'un magasin de chaussures, rue de'
Rennes, un ancien garçon boucher, Gaston Solsaiis~
qui, depuis longtemps déjà, ne travaille pas.
M. de Bùschére, commissaire de police, en procé-
dant à une perquisition au domicile de cet individu,
vivant maritalement avec une ouvrière dont il ex-
ploitait indignement le courage eti'afîection, a trouvé
la malheureuse femme endormie devant sa machine
à coudre.
Cette femme a. raconté au commissaire de poHcer
que depuis une semaine elle travaillait jour et nuit
pour procurer a son ami une somme de 50 fr. dont il
avait besoin, disait-U, pour servir de cautionnement
dans nne maison où il devait rentrer comme cais.
sier.
La pauvre femme, déjà accablée par le travail ef
le manque de sommet), a eu une crise de nerfs en
apprenant l'inculpation dont son amant est l'objet.
Le bureau de l'Union syndicale des cochers de Ga'
cre avait, on s'en souvient, fait plusieurs démar-~
-ches auprès du ministre de la justice pour obtenir la
remise ou l'atténuation de peines prononcées contre
un grand nombro'de cochers. Il s'est hier soir, dans
une réunion tenue à son siège social, rue Marcadet,
déclaré enchante de la bienveiDance gouvernemen-
tale et a décidé dé porter à la connaissance de la
corporation le succès obtenu, par. la voie d'un ordre
du jour qui sera afEche dans les dépôts.
Ce document annonce que 398 cochers condamnés
à la prison.en simple police pour contravention ont
eu remise pleine et entière. L'Union syndicale
ajoute
Les cochers se souviendront que les faveurs que nous
obtenons sont dues à nos idées justes et généreuses; et
surtout a. l'obstination' que nous mettons a. vouloir faire
prouter notre corporation des sympathies que les pou-
voirs publics ont toujours prodiguées aux travailleurs
dignes d'intérêt.
Nous les informons, en outre, que- nous préparons un
rapport très documenté sur les desiderata que nous sou-
mettrons sur sa demande à la commission cha.rgee de la,
revision des règlements et ordonnances de police appelés
à nous régir.
Nouvelle réunion socialiste, hier soir, dans la salle
des Mille-Colonnes, rue de. ta Gaitû- Il s'agissait en-
core du compte rendu de la délégation française au
Congrès de Londres. Cette fois, les orateurs, tou-
jours les mêmes MM. Allemane, Guérard, Keuf-
fer, etc., ne se sont pas écartés du programme fixé.
L'assemblée, calme et peu nombreuse, a adopté an
ordre du jour qui « félicite ceux qui préconisent le
groupement syndical tout en laissant libre l'action
politique H et qui « croient que ces mouvements
coordonnés hâteront ta grève générale pour arriver
à la révolution sociale, tout en n'ayant rien de com-
mun avec les politiciens H.
Aucun incident.
Nous avons parlé du meurtre commis dimanche
dernier, rue Curial, où, à la sortie d'un débit de vin,
un ouvrier, nommé Gaillard, avait été frappé à mort
par un individu qui s'était enfui aussitôt.
Sur la déposition d'un voisin, on avait arrêté deux,
Ita!iens, nommés Bussi, inculpés de meurtre et da
complicité. Ces deux Italiens ont été remis en liberté
hier soir, l'enquête poursuivie par les agents de ia.
Sûreté ayant établi que le coupable est un ouvrier-
couvreur, nommé Pierre-Léon Lavergne, qui s'était
pris de querelle dans le débit avec Gaillard.
Lavergne a été appréhendé hier soir, et il n'a fait
aucune difficulté pour reconnaître le meurtre dont il
s'est rendu coupable, Il prétend cependant n'avoir
frappé Gaillard que se trouvant en état de légitima
défense, parce que celui-ci venait de le menacer de
lui plonger son couteau dans le ventre.
Jules Macquard, chiffonnier, âgé de trente-daux
ans, demeurait impasse du Mont-Viso, dans le quar-
tier Clignancourt, avec sa maîtresse, qui est, à tort
ou à raison, fort jalousé. Cette nuit, à la suite d'une
violente querelle, la femme X. a frappé son amant
de deux coups de couteau dans le dos. Ce matin, elle
a été envoyée au Dépôt. Macquard est soigne, a. rh4-
pital Lariboisiére.
Ce matin, à deux heures, un employé de la ligna
du Nord, M. Benoît Force, âgé de cinquante-quatre
ans, a été heurté par une machine auprès du pont da
la rue Doudeauville. Ses blessures ne mettent pas s~
vie en danger.
Une en'quête s'ouvrira lundi prochain, pour durer
jusqu'au 14 septembre, sur un avant-projet do la
Compagniedes chemins de fer de l'Octest en vue da
l'établissement d'une gare.dite.«desVaHéesa, à
Bois-Colombes et a Colombes, sur le raccordement
établi entre les lignes de Versailles et de Saint-Gër-
,main. Le public pourra, durant le délai indiqué ci-
dessus, prendre connaissance du projet et consigner-
ses observations aux. mairies des deux communes
intéressées, de onze heures à quatre heures.
I.. Il Bonnevine,ie5septembra.
Avant-hier soir, p es de Saint-Gervais-Ies-Bams, k
!a. suite d'une discussion, M. Dufournet, instituteur a
Saint-Nieofas-dc-Veroce. a reou d'un braconnier,
nommé Soequet, très redouté dans le pays, un coup
de crosse de fusil en pleine figure il est tombe ina-
nimésurlesol.
Socquetaprisia fuite.
M. Dufput'nct a pu n grand'peine rentrer a Saint-
Gervais, où le docteur Guérideau lui a prodigué ses
soins.
~t« JoM)';M! o/îcie!. Par décret en date du 2 septem-
bre 1896, rendu sur le rapport du ministre du commerce,
de l'industrie, des postes et des télégraphes, M. Al-
phonse Bclla.ng'er, ancien ag'ent de chang-e à Orléans
(Loiret), est nommément de change honoraire.
~Est pubtié es-aiemant a l'0/)Ctet Fêtât des comptes, à
]a. Caisse des acpôts et consignations, antérieurs au 31
décembre 1837 et qui, tombant, par conséquent, sous lu
coup de la loi dn 16 avril 1895, font retour à l'Etat.
j A MADAGASCAR~
l La 111 Maclagaséar
La colonisaHon de Madagascar
Nous avons signale les points défectueux da c
la réglementation adoptée à Madagascar, au
début même de notre occupation, en ce qui con-
cerne les concessions de terres, mais en ne ca-
chant pas notre espoir de la voir bientôt mo-
dinéc de manière à permettre à la grande colo-
nisation de se développer librement. Nous sup-
.pcscronsaujourd'hui que ces modifications sont
déjà intervenues, et nous verrons ce qu'il faut
penser deTavenir de notre nouvelle colonie
quant aux exploitations agricoles, aux planta-
tions et à l'élevage; nous n'oublierons pas les
concessions forestières qui méritent d'être en-
couragées.
Le sol de Madagascar est-il fertile?
A cette première question, on a déjà souvent
repondu, mais généralement avec un pessi-
misme très exagéré. Madagascar est un grand
pays, plus grand que la France; la végétation
n'est pas la même dans toutes ses régions.
Luxuriante sur le littoral, sur la côte Est sur-
tout, où le climat est humide et chaud, elle pa-
raît très maigre sur les hauts plateaux, en
Emyrne notamment, où le climat est sec. Sauf
dans l'extrême sud de l'île, oùlaterrcn'estrevô-
tue q.ue de plantes épineuses, de plantes grasses
aqueuses et ne suffit pas à nourrir les peupla-
des (Mahafaly) qui se maintiennent, dans cette
zone déshéritée par esprit d'indépendance fa-
rouche, on ne rencontre pas a Madagascar des
déserts comme on en trouve en Australie. La
population est peu nombreuse, mais le sol de
l'île poumait nourrir trois fois plus d'habitants.
La terre est naturellement très fertile sur la
côte où l'air est chargé d'humidité, où d'abon-
dantes rosées se déposent chaque nuit sur les
versants des montagnes pendant la meilleure
saison de l'année, d'avril en octobre; la saison
chaude, qui comprend les autres .mois de l'an-
née, se distingue par des pluies diluviennes et
.des chaleurs excessives. La température
MïoyeMMe observée à Tamatave, au mois de
juillet, où elle atteint son minimum, est de i6°;
celle du mois de janvier, où elle atteint son.
maximum, est de 33°. La hauteur de l'eau tom-
bée au ïhême. point en 1892, année moyenne en
p!uies,aét6de3'"583.
Dans ces conditions, les cultures tropicales,
vanille, cacao, café, orangers, bananiers, riz,
manioc, actuellement entreprises dans tes ré-
gions du littoral, ne peuvent être que ftorissan-
(t) Voir Je .TbMnta: des .De&a~ des 28,29 août, 2 et 4'sep-
tembre.
par nos adversaires. Nous ne pouvons cepen-
dant accepter d'être mis, par la Compagnie du
Niger, en présence du fait accompli, dans une
région où nous avions de. bonne foi suspendu
notre activité penaanUesnegqciations.Mrecon- j
naître une valeur absolue, aux 404 traités que'
sir G. Taubman-GoIdie, président de la Com-!
pagnie, brandit sans se laisser le moins du
monde intimider par ce qu'il y a de risible dans
le nombre vraiment prodigieux de ces instru-
ments.
M. Thare! a grandement raison de demandera
des « accords directs,Joyaux. et clairs, de na-
tion à nation o, pour en finir avec ces irritan-
tes difficultés. Il y a dans cette partie de l'Afri-
que un règlement territorial qui s'impose entre
l'Allemagne, la France e-t l'Angleterre, et dont
le retard est aussi celui delà mise en valeur da
pays. Bien que les Allemands veuillent donner
une singulière extensionàleurcolonie du Togo,
nous sommes certains qu'ils négocieront avec
l'esprit conciliant et la bonne foi dont ils ont
fait preuve dans tous leurs litiges africains avec
nous-.Nous désirons vivement rencontrer -chez
les Anglais ce même esprit que, de notre côté,
nous ne manquerons pas d'apporter dans le
règlement de ces difficultés du bas Niger.
ALSACE-LORRAINE
Le grand-duc de Bade, accompagné de sa Maison
militaire, est; arrivé vendredi soir à Metz. 1-.
Les Allemands, pour fêter son arrivée, ont pavoisé
leurs maisons, et les édifices publics, ainsi que les
forts, ont conservé le grand pavois qui avait été ar-
boré à l'occasion de l'anniversaire de Sedan.
Le grand-duc est venu à Metz pour' assister aux
grandes manœuvres de cavalerie qui se font actuel-
lement aux environs de Herny et de Morhange. Il
rentra a Metz tous les soirs. Il quitterais Lorraine
le 7, pour rentrer a Carisruhe.
ALLEMAGNE
t.E MONUMENT DE QUILLAUME I" A BRESLAP
Bresiau, le 4 septembre.
L'empereur et l'impératrice d'Allemagne sont arri-
ves un peu après une heure et demie et ont été reçus
a la gars par les autorités civiles et militaires.
Les souverains se sont dirigés vers la place où
devait être inauguré le monument élevé à Guil-
laume I".
Aussitôt l'arrivée des souverains devant le monu-
ment, l'ex-président supérieur de la province, M. de
Seyde'witz, a prononcé un discours dans lequel il a
célébré l'empereur Guillaume I"
II a parlé de son amour de la paix et de ses suc-
cès dans la guerre; il a. loué sa foi et proposé en
exemple aux générations qui arrivent à l'âge
d'homme la crainte de Dieu et les sentiments reli-
gieux dont Guillaume 1°'' était anime.
Sur un ordre de l'empereur, le voile qui recouvrait
le' monument est alors tombe, aux. acclamations des
troupes et de la population en même temps, 101
coups de canon étaient tirés, et la musique jouait
cne Marche d'honneur.
M. de Scydewitz a repris ensuite la parole pour 1
remercier les souverains d'être venus et d'avoir
donné ainsi à cette fête la plus haute consécration;
il a terminé en poussant un hourrah en leur honneur.
La musique a joué alors l'Hymne national; puis les
troupes et les Associations de vétérans de Bresiau,
comptant environ 4,000 hommes, ont défilé devant
l'empereur et l'impératrice.
Après l'inauguration du monument, le cortège s'est
dirigé vers l'Hôtel de 'Ville. L'empereur avait revêtu
l'uniforme de garde du corps. Il était escorté de cui-
rassiers blancs avec la lance. L'impératrice, portant
une toilette bleu clair, avait pris place dans une voi-
ture attelée & la. daumont.
La place de l'Hôtel de Ville était pleine d'enfants
des écoles et de petites filles habillées en blanc.
A leur entrée dans l'Hôtel-de-Ville, les souverains
ont été reçus par le bourgmestre qui leur a souhaité
la bienvenue et qui leur a offert le vin d'honneur. 1
L'empereur, tenant, le hanap, a prononcé l'allocu-
tion suivante 1
« Conquise par Ï'épée de mon grand ancêtre,
choyée et protégée par ses successeurs comme une
<)e nos plus belles provinces, c'est ainsi que la Silésie
me fut léguée par mes prédécesseurs.
M Pénétré de la valeur de ces souvenirs historiques,
je continuerai d'apporter ma sollicitude à la prospé-
rité de la Silésie, afin de conserver un joyau aussi
brillant.
."Je bois &Bi'esIau,dont la municipalité nous a
préparé un si bou accueil pour lequel moi et l'impé-
ratrice la remercions.
<' Que Dieu bénisse cette ville! Qu'elle prospère
sous tous les rapports »
Ledineraa palais impérial a été très brillant et
rehaussé par la présence des princes étrangers et de
leur suite; il a été servi dans deux salles richement
décorées de ileurs. La cour; précédée du .maréchal
de Ia.cour, afaitson entrée après trois coups frappés
par celui-ci avec une canne à pommeau d'or.
L'empereur et l'impératrice venaient .d'abord, puis
le comte de Turin, la princesse Albert de Prusse, le
prince Léopold de Bavière, la princesse héritière de
Meiningen, le prince Henri, la princesse Frédéric-
Léopold, le prince Victor d'Italie, assis à la gauche
de l'impératrice.
L'empereur avait à sa droite la princesse~ Frëdéric-
Léopold. Parmi les convives se trouvaient le prince
Radolin, les généraux de Schweinitz et de Werder,
le prince de Hoheïtiohe, ainsi que les autorités supé-
rieures de la prince de Silésie et le comte de Lim-
bourg-Stirum.
Au cours de ce banquet, l'empereur a prononcé le
discours suivant:
« Messieurs, je vous souhaite la bienvenue. J'é-
prouve le besoin de vous remercier de la façon cor-
diaie dont vous avez célébré le souvenir de mon
aïeul, Guillaume le Grand. C'est un signe visible de
votre attachement qui s'élève maintenant dans les
murs de Breslau; c'est la garantie de la continuation
des sentiments de tous ceux qui ont contribué à éri-
ger ce monument. Je vous remercie, moi, son petit-
nis et son successeur, du fond du cœur et, en mémo
temps, je remercie la Ville de son accueil cordial et
des sentiments chaleureux qui m'ont été exprimés.
» Lorsqu~on traverse ces magninques campagnes,
ou est toujours rempli de joie et de fierté de voir que
ce beau pays appartient à la Couronne de Prusse.
Aujourd'hui, il m'est donné de saluer le fier vi-
sage de qualques-uns de ceux qui furent longtemps 1
au service de mon aïeul. Je suis heureux de vous
exprimer ma joie de pouvoir séjourner quelque
temps au milieu de vous.
» Je considère comme une insigne faveur de la
Providence que cette province soit le témoin d'un
grand acte historique.
a C'est justement àBreslauque naquit la tradition-
nelle amitié entre deux puissantes Maisons régnantes.
C'est ici que mon bisaïeul publia la proclamation à
la suite de laquelle le peuple prussien se souleva 1
tout entier, inaugurant ainsi le grand mouvement
patriotique dont le couronnement fut la restauration
dé l'empire.
» Qu'il soit donné à ce beau pays de prospérer
dans un avenir ûôrissant; je lui accorderai toujours
aiïection, sollicitude et protection.
a Je bois a la santé de la Silésie. Hoch: Hoch! 1
Hoch!K n
-Ce toasts été chaleureusement acclamé.
BELGIQUE
INGÉNIEUSE PHILANTHROPIE
Kotre correspondant nous écrit de Bruxelles
La ville de Bruxelles vient d'avoir une ingénieuse
initiative, en aùto~sant d'anciens agents de l'admi-
nistration à cultiver les terrains vagues situés dans
le quartier Nord-Est de la cité. Les exploitants n'ont
aucune redevance à payer ornais, dès qu'un acquéreur
se présente, ils doivent naturellement lui céder la
place. Ces terrains, jadis incultes, jonchés de tes-
sons de bouteilles et d'écaillés d'huîtres, sont trans-
formés en jardins dont les verdures reposent agréa-
Mement la vue et bien des misères y trouvent uu
soulagement, sans qu'il en coûte rien à personne.
Bruxelles, le 4 septembre.
Le roi des Be!ges a rendu visi-te cet après-midi au
duc d'Aoste, arrivé incognito à Bruxelles et descendu
au Gt'and-Hotol. L'entrevue a duré une demi-heure.
Leduc d'Aoste portait le grand, uniforme d'officier
d~artMterie italien.
Le comte de Montholon, ministre plénipotentiaire
de France, et !e baron de CourceJ, ambassadeur de
France à Londres, ont dîné à midi avec Léopold II,
at palais de Bruxelles. Le roi a fait un accueil des
plas gracieux aux deux ministres de la. République
française. Les ministres des aCt'aires étrangères, de
ja guerre-, des finances et des chemins de fer de Bel-
gtqua assistaient au dîner.
Le prince Albert de Belgique est parti aujourd'hui
pour Brosiau, où il va assister aux grandes jnanceu-
Yresdel'armée allemande.
ESPAGNE
LES PHILIPPINES ET CUBA
Madrid, le septembre.
Une dépêche de Manitle, adressée au ministère de
la marine, annonce que les insurgés qui s'étaient
retranchés àNovaletta~ sur l'histhme qui réunit la
petite péninsule de Cavite à Luçon, ont été attaqués
par une canonnière espagnole. Une colonne est prête
à les poursuivre sur terre.
On croit, au ministère de la marine, que les 4,000
hommes de renforts demandés par le gouverneur à
Mindanao n'arriveront à Manille que lundi. Par
suite, les opérations militaires contre les fortes ban-
des d'insurgés des provinces de I'i!e de Luçon ne
pourront commencer que la semaine prochaine.
Cor!'ëo apprend qu'a la suite d'une sentence du
Conseil de guerre 4 prisonniers ont été fusillés à
Manille et 20Q rebelles déportés aux Iles Mariannes
et aux Carolines.
Une dépêche officielle de Manille annonce que les
chefs de l'insurrection sont en grande partie des per-
sonnes notables et des membres des municipalités.
De son côté, M. CasteIIanos, ministre des colonies,
dans une conversation avec plusieurs journalistes, a
déclaré que des personnages très importants avaient
été arrêtés à Maniile, mais il a refusé de faire con-
naître leurs noms.
Le bruit, 'que, parmi les personnes compromises
dans la conspiration, se trouvent quelques négociants
allemands tend à se connrmer.
Saint-Sébastien, le 4 septembre.
Des troupes a destination de Cuba sont parties au-
jourd'hui; â'autres partiront demain. La reine ré-
gente a envoyé des aides de camp a la gare saluer,
en son nom, les partants. La foule a longuement ac-
clamé les soldats.
ITALIE
LES RELATIONS AVEC LE BRESIL
Rome, le 4 septembre.
Contrairement à ce qui a été dit, M. Demartino n'a
nullement été envoyé au Brésil pour exiger l'exécu-
tion du protocole contenant les réclamations de FI-
taliectreeourh-àun ultimatum.
La légation d'Italie au Brésil étant régie par un
secrétaire chargé d'affaires, et M. Pisani,'nommé mi-
nistre il y a quelque temps, nepouvant partir, M. De-
martino a èténomméministre en mission spéciale. Les
instructions qu'il a reçues ont été publiées au 7our-
HC~ o/ct'e<, et portent qu'il doit obtenir que le Bré-
sil prenne les mesures nécessitées par la dignité de
l'Itaiie et la sécurité des Italiens, et demander un
nouveau moyen de réglor les réclamations italiennes
qui faisaient l'objet du protocole rejeté dernièrement
parlesChambres.
Le gouvernement italien a eu soin d'expliquer au
g&uvernement brésilien que l'envoi de M. Demartino
no serait pas suivi de la présentation d'un ultimatum;
que, sa mission étant paeiûque, son départ a bord du
petit hayiro de guerre IeJP:emoH~e ne comportait au-
cune intention de démonstration militaire.
RUSSIE
LE SUCCESSEUR DU PRINCE LOBANOP
On mande de Bresiau, le 4 septembre, à l'agence
Havas, que le prince Radoiin, ambassadeur d'Alle-
magne a Saint-Pétersbourg, aurait déclaré que le
successeur du prince Lobanof ne serait pas nommé
avant le retour du tzar a Saint-Pétersbourg.
TURQUIE
LES ARMENIENS
Constantinople, le 3 septembre.
Le tribunal extraordinaire, institué pour l'instruc-
tion des procès des auteurs des derniers troubles, a
tenu aujourd'hui sa première séance. `
Les dossiers de 143 individus, tant musulmans
qu'Arméniens, impliqués dans les derniers désordres,
ont été remis au parquet. Seize des personnes arrê-
tées comme ayant pris part aux troubles ont été in-
terrogées et douze témoins ont été entendus.
On a arrêté des révolutionnaires arméniens dégui-
sés en mollahs et en soldats.
Grâce aux mesures, d'ordre prises, la situation con- I
tinue de s'améliorer. ,Nau
Constan'tinople, le. 3 septembre
(Arrivée le 4 septembre),-
La tranquillité générale a fait aujourd'hui de non- v
veaux progrès; les boutiques se sont rouvertes, à
l'exception de celles des Arméniens.
Dans la journée, des Arméniens ont été amenés
par des chalands et conduits sur des navires à vapeur
turcs, on ne sait pour quelle destination.
Les autorités turques s'occupent de renvoyer dans
leurs lieux d'origine les portefaix et les domestiques
arméniens.
Beaucoup de marchands et de particuliers donnent
également congé aux Arméniens qu'ils emploient,
anndesesauvegardei'.
Ladétresseestgrande.
Los consuls ont tenu une conférence aËn de s'en-
tendre sur une action commune en cas d'uue inter-
vention consulaire.
D'après des données officielles, les troupes ont eu,
au cours des derniers troubles, trois morts et trente-
huit blessés. ZfatXM.
Gonstantinople, le 3 septembre
1 (Arrivée le 4).
On dit dans les cercles officieux, que dans une
conversation qui eut lieu à Vienne-et laquelle
assistait Mahmoud-Neclim Bey ambassadeur de
Turquie, le tzar et l'empereur d'Autriche auraient
prié l'ambassadeur de féliciter le Sultan et son gou-
vernement de la façon énergique dont ils avaient ré-
primé le mouvement anarchiste. Le tzar aurait
ajouta que lui-même spun'rait de ces Arméniens au
Caucase et qu'il savait combien peu ils, méritaient les
J sympathies de l'Europe. Il était convaincu que le
mouvement n'aboutirait à rien.
L'empereur d'Autriche aurait dit que le Sultan avait
montré une grande générosité en terminant la ques-
tion crétoise à la satisfaction des puissances.
Pour extirper le mal de l'anarchie, le grand-vizir a
pris des mesures de haute sagesse et d'énergie qui
donnent satisfaction à tous les éléments du pays,
musulmans, chrétiens et autres, et ont augmenté la
confiance déjà très grande que le Sultan a en lui.
1 Mgr Bartholome, ~ocMMt ~f?MM du patriarche armé-
nien, fait les efforts les plus louables et avec un
grand courage pour réconcilier l'élément arménien
ildelo au gouvernement avec ses compatriotes musul-
mans. Des télégrammes d'approbation lui arrivent
de tous les points de l'empire.
Le tribunal extraordinaire nommé pour juger les
prévenus dans l'affaire des Arméniens a déjà fonc-
tionné deux fois et a examiné plusieurs dossiers. Les
noms des prévenus seront communiqués aux ambas-
sades. -Hauas.
LES AFFAIRES DE CRKTE
l, Athènes, le 4 septembre.
Les nouvelles de Crète sont généralement rassu-
rantes. La population exprime sa gratitude à l'Eu-
rope pour avoir obtenu la solution de la question
Cretoise.
A Candie, seulement, le mécontentement "des mu-
sulmans a soulevé de nouvelles difficultés. En eû'et,
ces derniers menacent de quitter le pays et ils ont
l'intention de demander au Sultan une indemnité
pour leurs biens abandonnés.
Jusqu'à ce moment, l'ordre n'a pas été troublé.–
BaMM.
D'autre part, d'après une dépêche d'Athènes au
Centrât .A'e~M, l'Assemblée Cretoise aurait accepté dé-
i finitivement les concessions de la Porte comme base
du règlement de la question Cretoise.
L'escadre anglaise est arrivée dans les eaux grec-
ques. La presse d'Athènes salue sa présence avec sa-
tisfaction.
De son côté, le gouvernement français a décidé
d'envoyer deux cuirassés de premier rang devant la
Canée.
Le ~arccaM, qui avait été désigné hier, serait rem-
placé dans cette mission par la D~a~cfh'OR, sur la-
quelle flotte le pavillon d'un contre-amiral. La .D~ueM-
~aMe.
Le eroiseur'américain fn~Ma~o~M, qui se trouve
a Queenstown, a reçu aussi l'ordre de partir pour les
eaux turques.
EGYPTE
On a constaté mardi, mercredi et jeudi, dans la
Haute-Egypte, 301 nouveaux cas de choléra et 260
morts; dans la Basse-Egypte, 124 nouveaux cas et
114 morts.
ÈRYTHRËE
Romé, le 4 septembre.
La M&tœa publie là dépêche suivante i
« Massaouah, !e 4 septembre.
"L'inventaire précis des armes et des munitions
trouvées à bord du .Dœ!M'( comporte 30,000 fusils 1
russes, 15.S16 fusils français, 6,300 sabres cosaques,
5,585,833 cartouches et 10 caisses d'accessoires.
On mande d'Aden, à la date d'aujourd'hui
« Les nouvelles de Zeïiah annoncent que la pre-
mière caravane portant du matériel de secours pour-
les prisonniers italiens est partie hier.
)) Une deuxième caravane part. aujourd'hui et une
troisième sera envoyée très prochainement.
» Le major Nernzzihi a été rencontré, à Somada,
par des .voyageurs venant du Harrar.
» Le major faisait route dans d'excellentes condi-
tions. a
Rome, le 4 septembre.
Contrairement a ce qui avait été affirmé, le géné-
ral Valés n'a_pas encore été reçu par le roi. Il partira
pour l'Afrique d'ici quelques jours, probablement le
9 courant. 11 a été impossible de rien savoir sur les
instructions que le gouvernement lui a confiées.
Selon les uns, il a pour mission do négocier la
paix selon les autres, il devrait obtenir seulement
la libération des prisonniers. Il semble probable que
cette dernière supposition est la. vraies. .Agence
HaMoMa!e.
AFRIQUE AUSTRALE
LES MATABËLËS
Buluwayo, le 5 septembre.
Les rebelles ont attaqué une patrouille de fourra-
geurs composée de blancs et d'indigènes des tribus
amies; 70 de ces derniers ont été faits prisonniers.
Ou annonce que 2,000 Matabélés se trouvent à
Crowa's farm,àdix milles au nord-Ouest de Bulu-
wayo.
LacapitameDrury.à. latête de 150 hommes, est
parti ce matin en reconnaissance de ce côté.
ÉTAT DU CONGO
Le correspondant du ?'tMM à Bruxelles annonce,
d'après une dépêche privée de source très autorisée,
que le baron Dhanis a été nommé au poste de gou-
verneur général de l'Etat du Congo et de comman-
dant de la zone arabe.
L7H(&~end
tenant le premier récit circonstancié qui soit par-
venu en Europe de la sanglante bataille livrée par
le commandant Chaltin au chef arabe N'Doruma.
D'Jabbir, 15 juin 1896.
Mon cher D.
Pendant les mois de mars et d'avril, nous avons fait
une expédition contre les Sultans M'Bili et N'Doruma,
qui, dans le cours des deux dernières années, ont fait
massacrer quatre de nos agents et une certaine de sol-
dats MM. Bonvalet et Janssens, capitaines van Hols-
beke et Devos, sergents.
A la. tête d'une colonne de 500 hommes, le commandant
Chaitin a quitté Nyangara,. le 1" mars, et, cinq jours
après, il pénétrait dans les Etats de M'Bili.
Deux combats d'avant-garde et une bataille auxquels
tontes nos troupes prirent part ont eu raison de sa
résistance.
Obligé do fuir, H abandonne ses Etats, et, suivi''de ses
femmes et de quelques ud'èles, il cherche un refuge chez
un voisin.
N'Doruma. était un adversaire autrement redoutable.
Par la ruse ou par la violence, 'il s'est débarrassé suc-
cessivement des troupes égyptiennes et des derviches. Il
les a vaincus dans plusieurs combats et leur a pris beau-
coup. de fusils, notammentdes remingtons. 11 disposait de
plusieurs milliers de guerriers (10,COO, assure-t-on), dont
500 au moins armés de fusils. Nous avons d'abord eu af-
faire à son frère, N'Bima, qui commandait son avant-
garde.
Un combat décisif lui 8t perdre énormément de monde
et provoqua parmi ses troupes une retraite désordonnée.
Nous ne pouvions nous empêcher d'admirer sincère-
ment le courage de ces Azandès, qui se précipitaient à
la charge sur nos lignes jusqu'à une distance de 50 mè-
tres. N'Doruma lui-même nous attendait aux environs de
sa résidence. Ses forces étaient disposées en ordre de
bataille da.ns une plaine s'étendant à perte de vue. Sa
tactique ressemble à celle des anciens Romains.
Vers neuf heures et demie du matin, le 5 avril, jour de
Pâques, ies premiers coups de feu se firent entendre.
Les dispositions de combat du commandant Chaltin
furent bien vite prises, et chacun rejoignit son poste.
Des masses de lanciers, sur six rangs, fondaient sur
nous, pendant que les fusiliers nous envoyaient une grê!e
de balles. Ces attaques auxquelles ripostait un feu meur-
trier étaient repoussées, mais bien vite suivies de nou-
veaux assauts plus audacieux que- les-premiers.
Nos 500 albinis faisaient rage~et je t'assure qu'ils n'é-
taient pas de trop. Après quarante-cinq minutes d'un
combat terrible où N'Doruma laissa sur le terrain plus
de 600 cadavres s'empilant et formant de ci. de là de fu-
nèbres monticules, il donna, grièvement blessé lui-même,
le signal de la retraite.
Ce fut une fuite où ses guerriers, se bousculant, se
renversant, se blessaient avec leurs propres armes. Et t
nos albinis continuaient à semer la mort dans cette
plaine devenue, pour beaucoup, un. champ de repos.
Victoire complète, presque sans précédent. Malheureu-
sement, tout à la Un de l'action, au moment où commen-
çait la charge à la baïonnette, notre brave commandant
Chaltin fut frappé d'une, balle qui lui fracassa la main
gauche, brisant le revolver qu'il tenait dans cette main.
Il a horriblement souSert. Dix jours de marches forcées
nous séparaient de l'Ûuellé.où lecommandant dut être
transporté, durement cahoté, dans un hamac.
Le médecin lui a fait subir une opération mais il per-
dit l'usage d'une partie de la main.
Dupont a eu le corps traversé par une balle, mais il est
heureusement rétabli aujourd'hui. Les lieutenants Kinet
et Dubreucq, les sergents Debacker. et Dupont' étaient
&veonons.
Tous ont été admirables de courage, de même que
leurs soldats.
Cette guerre contre N'Doruma était une guerre juste
nous vengions des frères d'armes lâchement assassinés.
–<
Le voyage des souverains russes
En Allemagne
Berlin, le 4 septembre.
On lit dans le ~oMttSMr de !'Entp:re
« Demain, le tzar et la tzarine fouleront pour la
première fo~s le sol allemand depuis leur avènement
aùtrôhe.
n Le cœur joyeux, le peuple allemand salue, dans
le couple impérial qu'ornent tant de vertus, le digne
fils d'Alexandre III et l'auguste princesse, d'origine
allemande, qui, a ses côtés, orne le trône d'un em-
pire voisin etami.
» Durant les jours qui vont venir, les liens de cor-
dial attachement qui existent entre nos augustes
hôtes et notre empereur et notre impératrice vont se
resserrer encore. Puisse cette amitié confiante entre
les deux Maisons souveraines présager à jamais pour
l'Allemagne et la Russie une action pacifique, souvent
commune, dans l'accomplissement de leur mission
civilisatrice ) »
Berlin, le 5 septembre.
La Gazette de t'~Hema~ne du Nord voit dans la
visite des souverains russes le témoignage, riche de
promesses, des cordiales relations personnelles qui
unissent les chefs des deux puissants empires. '< De
même que, lors de sa rencontre avec le chef vé-
nérable de la monarchie austro-hongroise, dit-elle,
le tzar, dans ses entretiens avec l'empereur allemand,
pourra recueillir l'assurance que ses efforts pour
assurer la stabilité de la paix trouvent un appui
énergique dans les dispositions do notre auguste
souverain.
)) La vue des troupes allemandes sera pour notre
hôte l'expression vivante de notre puissance, sans
provocation, mais sûre d'elle-même, de cette puis-
sance, qui, à dinérentes reprises, a pu sembler utile
a la coopération amicale de la politique allemande
pour la mission du grand empire chrétien de l'Europe
orientale.
M Rien ne sépare l'Allemagne et la Russie dans le
respect réciproque, des intérêts paciHques c'est le
respect du fort pour le fort, joint aux sentiments
d'amicalvoisinage.
M Le fils d'Alexandre III a été appelé à recueillir,
bien jeune, la couronne de ses ancêtres; mais déjà le
nom de Nicolas brille de l'éclat de ses succès pacr-
fiques. Puisse une longue et heureuse vie conduire le
monarque au but civilisateur auquel il tend pour !e
bien de son peuple Puisse-t-il, aux côtés de son au-
guste êpouao, voir prospérer son impériale Maison
pour le bien de la Russie et la paix du monde 1
M C'est le vœu que, voisins fidèles, nous formons
pour l'auguste ami de notre empereur, et de la noble
princesse, son alliée par le sang. o
A Paris
Commaon l'a lu hier, à notre Dernière Heure, le
Conseil municipal, réuni en comité du budget, a
donné pleins pouvoirs à son bureau pour la réception
du tzar. Voici la note ofRcielIe communiquée à la
presse:
Conformément à ta résolution prise dans soji avant-
dernière séance par le bureau du Conseil municipa. la
réunion du Conseil en comité a en lieu aujourd'hui à trois
heures et demie.
Le mandat généra! dema.ndé par les membres du bu-
reau à leurs colfèg'ucs leur a été accordé sans débat.
On se rappelle que ~e comité des fêtes parisiennes
X.
organisait âne série de réjouissances qui auraient été
données au proût des pauvres, du 5 au 11 octobre.
En raison de la visite des souverains russes, ces fêtes
sont renvoyées a- une date ultérieure.
Les délégués des diverses Sociétés départemen-
tales existant à Paris ont, on le sait, élu récemment
une commission executive, qui/chargée d'étudier les
moyens d'offrir, au nom des provinces françaises, un
souvenir au tzar, a constitué son bureau de la façon
suivante:
Président, M. Gazave (Haute-Garonne); vice-président,
M. le commandant Chevalier (Nord); secrétaire, M.Dan-
dre (Pas-de-Calais); trésorier, M. le capitaine de Colomb
(Lot).
Tontes les commumcaticms et adhésions dès-diverses
Sociétés, départementales devront 'être adressées à M. le
capitaine de Colomb, trésorier, 12, cité Trévise.
NOUVELLES POL!T!QUES
M. Cochery, ministre des .finances, est reparti pour
'Deauvitle, où il terminera les très courtes vacances
qu'il a prises cette année.
Le ministre des ûnances sera de retour à Paris dés
le milieu de la semaine prochaine, afin de mettre la
dernière main aux modifications budgétaires qu'il
compte être en mesure de présenter a la commission
du budget le jour même de sa première réunion. v
M. Samsère, conseiller d'Etat, qui était en congé
depuis vingt jours, est rentré Lier à Paris et a repris
la direction du cabinet et du personnel au ministère
de l'intérieur.
M. Léon Barthou, chef du cabinet, qui l'avait rem-
placé pendant cet intervalle, a quitté Paris a son
tour, se rendant en vacances a Saint-Jean-de-Luz.
GUERRE ET MARINE
Par décret en date du 4 septembre 189C, sont pro-
mus dans le corps des officiers de manne
Au grade de capitaine de vaisseau MM. Duroch,
Campion, Noël, d'AbovilIe.
Au grade de capitaine de frégate MM. Pugibet,
Aubin, Oria, Cros.
Au grade de lieutenant de vaisseau MM. Catuhe-
Junia, Fossey, Lagrenée, Ribes, Mac-GucIdn de
Slane, de Kerros, Rabat, Goybet, Scias, Maurin, Le
Guen, DubreiL
Sont portés à la 1" classe de leur grade MM. les
lieutenants de vaisseau: Cavelier de Cuverville, Ferré
de Peroux, Pellicot et MortenoL
Par décision présidentielle en date du 4 septembre,
M. le capitaine de frégate Seurat a été nommé au
commandement de la station locale de l'Annam et
du Tonkin et du stationnaire l'doM!
Par décision présidentielle en date du 4 septembre,
M. l'enseigne de vaisseau Autric a été nommé au
commandement d'un torpilleur dans la défense mo-
bile de Lorient.
Le général russe Majewski a visité hier, en com-
pagnie d'un officier de l'état-major du 6° corps,
d'abord, et de M. le général Hervé, ensuite, les ca-
sernes de Châlons.
Partout, le général russe a été accueilli de la plus
cordiale façon et les musiques régimentaires ont joué
l'Hymne russe et !a ~fa~et~aMe.
UNE EXPLOSION A TOULON
Toulon, le 5 septembre.
L'Ecole de pyrotechnie de la marine, où se produi-
sit une catastrophe il y s quelques mois, vient encore
d'être le théâtre d'un grave accident.
Une explosion a eu lieu hier à deux heures de
l'après-midi. Deux hommes ont été brûlés, les nom-
més Auguste-Joseph FontvieiUe, âgé de vingt-quatre
ans, né à Sieurac (Tarn), et Jean-François LaUemand,
né à Saint-Affrique. Transportés à. l'hôpital, ils ont
succombé quelques heures après.
Les deux malheureux, qu'on avait placés dans
des baignoires pour les soulager, ont eu une agonie
terrible.
L'enquête semble démontrer que les causes de
l'explosion sont imputables à l'imprudence des vic-
times.
L'explosion a été causée par l'éclatement d'étoiles
pour fusées elle a eu lieu dans une maisonnette si-
tuée dans le champ d'expériences de l'Ecole. Immé-
diatement la maisonnette fut la proie des flammes.
Les artificiers avaient pu sortir; mais on ies trouva
étendus sur le sol couverts de brûlures sur tout le
corps.
D.euxsous-of.uciers ont aussi été brûlés, mais légè-
rement-
CHANGEMENTS.DE GARNISONS
Le 3" bataillon du 152° régiment d'infanterie régio-
nale', détaché à Gérardmer, rentrera à Epinal, à par-
tir du 1" octobre prochain. A compter de cette date,
ce régiment n'aura plus qu'un seul bataillon détaché
à Gérardmer.
Les 1* 17° et 18° régiments de chasseurs à cheval
doivent permuter, a l'issue des manœuvres, avec les
20°, 4° et 5° régiments.
Les 17°et 18° chasseurs rentreront dans .leurs an-
ciennes garnisons après les manoeuvres. Le 17° .quit-
tera Neufchâteau le 18 septembre pour se rendre à
Rambouilllet; le 18*' sera mis en route Je 23 septem-
bre d'Epinal à Saint-Germain. Ces deux régiments ]i-
béreront les hommes de la classe 1892 après leur re-
tour des manœuvres, quelle que soit la date ûxée
pour le renvoi général de cette classe..
Loi" chasseurs quittera. Rourny (Seine-et-Oise),
point de dislocation des manœuvres, le 6 septembre,
pour arriver à Châteaudun, le 9 du même mois. '1
Le 20° chasseurs, qui prend part au~ manœuvres
de division d'infanterie du 4" corps, partira des en-
virons de Chartres, le 19 septembre, pour rejoindre
Sampigny.
Les 4° et 5* chasseurs partiront d'Etampes, le 6
septembre, à l'issue des manœuvres, pour arriver
respectivement à Epinal et à Neufchâteau, les. 23 et
18 septembre.
REVUE DE LA PRESSE
Au moment où la municipalité de Tréguier vient
de décider la pose, sur la maison où est né Renan,
d'une plaque commémorative, les journaux religieux,
assez mécontents, rééditent quelques légendes d'une
exactitude plus que douteuse sur le célèbre écrivain.
Dans le Siècle, M. Yves Guyot démolit deux ou
trois de ces historiettes celle-ci, notamment, qui a
trait à une excursion que Renan Et avec M. Yves
Guyot visitant, comme ministre des travaux publics,
les phares de la côte
Le matin où Renan devait s'embarquer avec moi, il
faisait un temps épouvantable. On ne pouvait aborder le
baliseur que dans la rade. Renan me fit prévenir qu'il re-
nonçait au plaisir de la promenade en mer, mais qu'il se
rendait à Tréguier en voiture. Quand je le trouvai à rhô-
tel de France, il frappa sur sa poche d'un air joyeux en
me disant
J'ai la clé.
Quelle clé?
La clé du cloitre.
Or, quelques années auparavant,quand ses admirateurs
avaient fait une fête en son honneuràTréguier, on avait
commencé par fermer le beau cloître qui est un merveii-
leux monument du quinzième siècle. La clé remise entre
les mains de Renan montrait qu'il y avait eu un certain
changement dans l'opinion depuis cette époque.
Le maire et les adjoints de Tréguier, réactionnaires,
m'avaient fait demander quand je pourrais.les recevoir.
Je les reçus dans un petit salon de l'hôtel après dé-
jeuner.
M. Eugène Veuillot dit:
c On se trouvait-nez à nez dans un salon et devant pas
mal de témoins auxquels la rencontre paraissait piquante.
Recan s'avança vers le maire la main tendue et dit, avec
accompagnement d'un sourire gêne qui voulait être ai-
mabte –Je suis heureux de renouveler connaissance
avec le comte de La Tour. Et celui-ci, fixant de son œil
clair et ferme i'auteur de i'
Renan, terriblement embarrassé de sa main tendue
et de son sourire, fut ridicule le ministre Guyot laissa
voir que la scène le gênait; La Tour prit congé le plus
tranquillement du monde. Et le bon poupte de Tréguier,
instruit de l'aventure, fut enchanté de son maire, franc
Breton et Her chrétien. u
Le récit de M. Eugène Veuillot ne contient pas un mot
de vrai. Le salon était tout petit. Son '< par pas mal de
témoins n se réduit à deux ou trois personnes.
Quand le maire et les adjoints entrèrent, ils regar-
dèrent Renan du coin de i'ceil avec un peu de gène je
m'empressai de le leur présenter en disant
Vous ne connaissez sans doute pas le plus illustre
enfant de Tréguier, votre compatriote, M. Renan.
Alors it y eut un échange de poignées de mains. Ils
paraissaient, à ce premier moment, avoir peur de tou-
cher ta. griffe du diable mais ils la touchèrent tous les
trois.
Puis on parla de diverses choses la conversation fut
générale et très cordiale et, quand, au bout d'une demi-
heure, ils quittèrent Renan, leur appréhension semblait
avoir complètement disparu. Ils lui donnèrent de pleines
et cordiales poignées de mains, et je ne suppose pas qu'ils
vcuitlent les retirer cinq ans après cette entrevue, trois
ans après la mort de Renan. Ce serait un peu tard.
En tous cas; si M. le comte de L& Tour a fait le récit
que lui prête M. Eugène Veuittot, « le bon peuple de
Tréguier n'a pas montré « qu'il fut enchanté de son
maire a, puisqu'il l'a remplacé par une municipalité qui j
se préoccupe de rendre hommage au savant, à l'exégète,
à l'écrivain de premier ordre qui est une des gloires de
la France, et, chronologiquement après saint Yves, la
plus grande gloire de Tréguier.
La note laconique comumniquée hier aux agences
par !o ministère-de la guerran'auM. nullement eu pour
effet, de faire cesser immédiatement les polémiques
engagées autour des faits avances par M. Sautu-
mier. ·
Voici la note que publie la Libre Parole, après
une interview avec le député de Nè'uHly
Nous nous sommes rendus chez M. Sautumier pour
avoir des explications sur le démenti donné par le mi-
nistère de la guerre.
Le député de Neuilly, que nous trouvons dans la soi-
rée, nous fait remarquer qu'il était inutile d'attendre qua-
tre jours pour fournir une note si laconique sur les
accidents arrives au camp de Châions.
M. Sautumier a reçu aujourd'hui même une dépêche
confirmant, dans une certaine mesure, les premiers ren-
seignements.
Cependant, dans l'accident occasionné par l'explosion
du mortier, il n'y aurait eu que trois blessés.
Il nous fait remarquer, en outre, que desagences et plu-
sieurs confrères de l'Est sembleraient ne pas contester
la réalité des accidents il y a bien eu tamponnement et
éclatement du mortier.
Pourquoi, nous dit M. Sautumier, ne pas donner
loyalement et franchement des détails qui affirmeraient
la vérité et mettraient un à l'incident ?
Le député de Neuitty reste déterminé à interpeller !o
ministre de la guerre.
L'incident Dodds: le Radical publie la lettre sui-
vante, qui répond a un article ~aru dans ses co-
lonnes
La Baule (Loire-Inférieure), le 3 septembre.
Mon .cher confrère,
Je prends ici connaissance de votre article concernant
le rappel de l'Indo-Chine du généra' Dodds et je vous
demande la permission de répondre aux questions que
vous posez. Après avoir dit que le général doit rentrer
en France le 10 novembre, vous vous demandez si le
ministère a reconnu sa- faute en !e maintenant à son
poste, ou si ']o général se moque du gouvernement en
s'accordant, de son autorité privée, une prolongation de
commandement de plusieurs mois.
Non, le ministère n'a pas reconnu sa faute il y persé-
vère plus que jamais. D'autre part, le générai Dodds ne
commet point un refus d'obéissance. La prolongation
provisoire do son maintien en Indo-Chine est un mauvais
procédé de p!us. On l'a rappelé au bout de trois mois de
commandement, alors qu'il avait fait des préparatifs et
pris des mesures pour un séjour de deux ans; mais, en-
voyé dans la colonie au début de la mauvaise saison, on
trouve convenable de l'y faire rester tant 'qu'elle durera.
Son successeur (qui ne peut être rendu responsable de
cette mesure) irais relever juste quand commencerontles
beaux temps. Je vous laisse le scinde juger cette manière
de faire.
Et maintenant, après avoir écrit avec raison que le g-é-
néral Dodds doit rester le serviteur soumis du gouverne-
ment, vous vous éleyez non moins justement contre les
généraux qui ne savent pas obéir. Je vous en félicite de
toute mon énergie, car je n'ai jamais professé ni ne pro-
fesse aucune tendresse pour les soldats indiscip)inés.
J'ai l'honneur de connaître personnellement le générât
Dodds et je puis vous affirmer que c'est un sotdat mo-
deste, respectueux de la loi et qui ne songe qu'à son de-
voir. On le calomnierait indignement en le supposant
capable de vouloir jouer au politicien. Mais la légitime
horreur que nous inspirent ies soldats politiciens no doit
pas nous empêcher de défendre les droits et les intérêts
des citoyens qui servent la France sous les drapeaux.
Ceux du général Dodds sont ontrageusemet méconnus.
Croyez,, mon cher confrère, à mon parfait dévoue-
ment. -1 ~r,
G. GERVILLE-RÉACHE.
Le ~adtcs! fait suivre cette lettre de la note que
voici
Cette lettre ne comporte aucun commentaire.
Son auteur, on ne l'a pas oublié, a été l'un des pre-
miers à protester contre l'inexplicable mesure qui a
frappé le général Dodds. Il l'a fait avec toute l'autorité
et l'énergie que lui donnent, à la fois sa compétence en
matière ooioniate et sa connaissance parfaite des des-
sous de l'intrigue dirigée contre un soldat irrépro-
chabie.
Nous regrettons seulement qu'il garde trop discrète-
ment le secret de ces dessous mystérieux, au lieu de les
soumettre au jugement de l'opinion publique.
Du Matin:
Un annonce comme officielle la candidature, aux élec-
tions législatives de 1838, de M. Caron, conseiUer muni-
cipal républicain modéré du quartier 'Vivicnne, qui se
présentera dans le 9' arrondissement, contre M. Georges
Berry, rallié.
On annonce également la candidature de M. Edouard
Lockroy dans l'arrondissement d'Orange (Vaucluse) con-
tre M. le commandant Ducos, rallié.
M. Lockroy quitterait le 11* arrondissement, où les
Compétitions socialistes sont déjà nombreuses.
Nous avons pourtant tout loisir d'y penser 1
NOUVELLES UNIVERSITAIRES
M. Adam, professeur de physique au lycée de
Nantes, est agréé en qualité de professeur de physi-
que au collège Stanislas.
M. Dupont-Ferrier, ancien professeur d'histoire au
lycée de Lons'-le-Saunier, en congé, est agréé, a titre
de suppléant, en qualité de professeur d'histoire, au
collège Stanislas, pendant la durée de la suppléance
confiée à M. Raveneau à:I'EcoIe normale supérieure.
M. Malet, professeur d'histoire au lycée de Reims,
est nommé professeur d'bistoir&au lycée Voltaire.
M. Dausset, professeur de rhétorique au lycée
d'Angoulëme, est agréé, en quaiitê de professeur de
cinquième, au collège Stanfstas.
M. Potel, professeur d'allemand au lycée de Nantes,
est nommé professeur de lettres,et d'allemand au
lycée Hoche.
M. Hentgen, nommé professeur d'histoire au lycée
Voltaire, est nommé professeur de lettres au Jycée
Lakanal.
M.Pécaat, inspecteur général de l'enseignement
primaire, membre du Conseil supérieur de l'instruc-
tion pubtique, est déchargé, sur sa demande, de la
direction des études a l'école deFontenay-aux-.Roses,
et nommé inspecteur général hors cadre.
M. Steeg, inspecteur général de l'enseignement
primaire, hors cadre, est nommé inspecteur général
et chargé de la direction des études a l'école normale i
supérieure de Fontenay-aux-Roses, en remplacement
de M. Pécaut, nommé inspecteur général hors cadre.
M. Jean, inspecteur de l'enseignement primaire à
Baume-Ies-Dames, est nommé inspecteur de l'ensei-
gnement primaire à Chalon-sur-Saône.
A L'INSTITUT
Académie des Inscriptions et Belles-Lettres
Séance a'M-p<6m&)'e.
PRESIDENCE DE M. HKRON DE VILLEFOSSK,
VICE-PrjSSIDENT
La feuille de présence, que lit ~V. DeHx~e, l'habituel
suppléant du secrétaire perpétuel Âf. ~VaHon, con-
tient un peu plus de noms que lors des séances pré-
cédentes.
La correspondance ne contient que deux pièces, re- ¡
latives au legs, dont nous avons déjà parlé,
d'une somme de 1,300 fr. de rente a l'Académie par 1
feu Gabriel-Auguste Prost. L'aS'aire n'en est qu'à la
seconde phase des formalités d'administration nous
apprenons du moins aujourd'hui que le legs a pour
objet de récompenser annuellement le travail d'un 1
historien français sur Metz et les pays voisins,
j)/ann/ expose le résultat de ses recherches sur le
célèbre alchimiste Basile Va)entin, auteur d'un grand
nombre d'ouvrages qui, dans leur temps, ont eu beau-
coup de retentissement. Les derniers historiens de l'al-
chimie ont montré qu'il fallait rajeunir considérable-
ment l'âga de ces travaux et que, loin d'avoir vécu
au commencement du quinzième Siècle, leur auteur,
né sur le cours supérieur du Rhin et moine bénédic-
tin, appartient à une époque bien plus récente.
M. Hamy a, en en'et, trouvé dans les écrits de Wil-
liam Davisson, qui fut intendant du Jardin du Roi
de 1647 a. 1651, un passage décisif. H y est question
de Basile Valentin que Davisson déclare avoir eonuu
et entendu. Or, ce dernier, né en 1593, aux environs
d'Aberdeen, venu en France en 1613 ou 1614, débu-
tait dans la pratique de la médecine et l'étude de la
chimie chez Claude Dormy, ëvêque de Boulogne, a
Beauehamps,présBourbon-Lancy, do 1619 a 162~.
C'est donc vers cette date seulement qu'il a pu con-
naître Basite Vaientin, dont les plus anciennes édi-
tions ne remontent pas, d'ailleurs, au delà des pre-
mières années du dix-septième siècle.
j~omo~e commente des inscriptions relatives a
Gélon et a. Hieron de Syracuse puis U met sous les
yeux de l'Académie les photographies de fort beaux
monuments figurés, notamment un groupe de dan-
seuses, provenantde Delphes.
C~erntOM~-Ganneau fnit une communication sur
la topographie ancienne de Gadara, ville importante
de la Décapote, d'après des documents arabes rec-
rues.
JM'. J~tcA~ ~)'ca! se fait l'interprète de M. Jules
Vars, professeur au collège RoUin, pourl'expHcation
nouvelle d'un vers d'Ovide (~e~amo~~o~e~, XI, 516),
qui a préoccupé les commentateurs. Il s'agit d'une
tempête et voici le vers
JaM~Me ta&oMt cunei, ~oHafafj'Me
On a voulu voir dans cune! une fausse. quiUe desti-
née a protéger la quille véritable. Mais c'metM dési-
gne les tenons qui retiennent entreeux les cordages.
Ces tenons sont nxés à demeure par des chevilles..
Un bateau antique, de construction romaine, trouvé
dans la vase du vieux port de: Marseille et actuelle-
ment exposé au musée Borély, offre précisément ces
tenons. On comprend aisément ce qu'un tel procédé
devait donner de solidité à la coque du Mtiment et
de rapidité à. la construction navale. Les joints étaient,
en outre, remplis d'étoupes et calfatés. On peut donc
ainsi traduire le vers d'Ovide
Déjà !es tenons des bordag'es prennent du jeu, et,
privés de leur calfatage, les joints s'entr'ouvrent.
NOUVELLES DIVERSES
Les agents ont surpris hier, en ilagrant délit de vol
à l'étalage d'un magasin de chaussures, rue de'
Rennes, un ancien garçon boucher, Gaston Solsaiis~
qui, depuis longtemps déjà, ne travaille pas.
M. de Bùschére, commissaire de police, en procé-
dant à une perquisition au domicile de cet individu,
vivant maritalement avec une ouvrière dont il ex-
ploitait indignement le courage eti'afîection, a trouvé
la malheureuse femme endormie devant sa machine
à coudre.
Cette femme a. raconté au commissaire de poHcer
que depuis une semaine elle travaillait jour et nuit
pour procurer a son ami une somme de 50 fr. dont il
avait besoin, disait-U, pour servir de cautionnement
dans nne maison où il devait rentrer comme cais.
sier.
La pauvre femme, déjà accablée par le travail ef
le manque de sommet), a eu une crise de nerfs en
apprenant l'inculpation dont son amant est l'objet.
Le bureau de l'Union syndicale des cochers de Ga'
cre avait, on s'en souvient, fait plusieurs démar-~
-ches auprès du ministre de la justice pour obtenir la
remise ou l'atténuation de peines prononcées contre
un grand nombro'de cochers. Il s'est hier soir, dans
une réunion tenue à son siège social, rue Marcadet,
déclaré enchante de la bienveiDance gouvernemen-
tale et a décidé dé porter à la connaissance de la
corporation le succès obtenu, par. la voie d'un ordre
du jour qui sera afEche dans les dépôts.
Ce document annonce que 398 cochers condamnés
à la prison.en simple police pour contravention ont
eu remise pleine et entière. L'Union syndicale
ajoute
Les cochers se souviendront que les faveurs que nous
obtenons sont dues à nos idées justes et généreuses; et
surtout a. l'obstination' que nous mettons a. vouloir faire
prouter notre corporation des sympathies que les pou-
voirs publics ont toujours prodiguées aux travailleurs
dignes d'intérêt.
Nous les informons, en outre, que- nous préparons un
rapport très documenté sur les desiderata que nous sou-
mettrons sur sa demande à la commission cha.rgee de la,
revision des règlements et ordonnances de police appelés
à nous régir.
Nouvelle réunion socialiste, hier soir, dans la salle
des Mille-Colonnes, rue de. ta Gaitû- Il s'agissait en-
core du compte rendu de la délégation française au
Congrès de Londres. Cette fois, les orateurs, tou-
jours les mêmes MM. Allemane, Guérard, Keuf-
fer, etc., ne se sont pas écartés du programme fixé.
L'assemblée, calme et peu nombreuse, a adopté an
ordre du jour qui « félicite ceux qui préconisent le
groupement syndical tout en laissant libre l'action
politique H et qui « croient que ces mouvements
coordonnés hâteront ta grève générale pour arriver
à la révolution sociale, tout en n'ayant rien de com-
mun avec les politiciens H.
Aucun incident.
Nous avons parlé du meurtre commis dimanche
dernier, rue Curial, où, à la sortie d'un débit de vin,
un ouvrier, nommé Gaillard, avait été frappé à mort
par un individu qui s'était enfui aussitôt.
Sur la déposition d'un voisin, on avait arrêté deux,
Ita!iens, nommés Bussi, inculpés de meurtre et da
complicité. Ces deux Italiens ont été remis en liberté
hier soir, l'enquête poursuivie par les agents de ia.
Sûreté ayant établi que le coupable est un ouvrier-
couvreur, nommé Pierre-Léon Lavergne, qui s'était
pris de querelle dans le débit avec Gaillard.
Lavergne a été appréhendé hier soir, et il n'a fait
aucune difficulté pour reconnaître le meurtre dont il
s'est rendu coupable, Il prétend cependant n'avoir
frappé Gaillard que se trouvant en état de légitima
défense, parce que celui-ci venait de le menacer de
lui plonger son couteau dans le ventre.
Jules Macquard, chiffonnier, âgé de trente-daux
ans, demeurait impasse du Mont-Viso, dans le quar-
tier Clignancourt, avec sa maîtresse, qui est, à tort
ou à raison, fort jalousé. Cette nuit, à la suite d'une
violente querelle, la femme X. a frappé son amant
de deux coups de couteau dans le dos. Ce matin, elle
a été envoyée au Dépôt. Macquard est soigne, a. rh4-
pital Lariboisiére.
Ce matin, à deux heures, un employé de la ligna
du Nord, M. Benoît Force, âgé de cinquante-quatre
ans, a été heurté par une machine auprès du pont da
la rue Doudeauville. Ses blessures ne mettent pas s~
vie en danger.
Une en'quête s'ouvrira lundi prochain, pour durer
jusqu'au 14 septembre, sur un avant-projet do la
Compagniedes chemins de fer de l'Octest en vue da
l'établissement d'une gare.dite.«desVaHéesa, à
Bois-Colombes et a Colombes, sur le raccordement
établi entre les lignes de Versailles et de Saint-Gër-
,main. Le public pourra, durant le délai indiqué ci-
dessus, prendre connaissance du projet et consigner-
ses observations aux. mairies des deux communes
intéressées, de onze heures à quatre heures.
I.. Il Bonnevine,ie5septembra.
Avant-hier soir, p es de Saint-Gervais-Ies-Bams, k
!a. suite d'une discussion, M. Dufournet, instituteur a
Saint-Nieofas-dc-Veroce. a reou d'un braconnier,
nommé Soequet, très redouté dans le pays, un coup
de crosse de fusil en pleine figure il est tombe ina-
nimésurlesol.
Socquetaprisia fuite.
M. Dufput'nct a pu n grand'peine rentrer a Saint-
Gervais, où le docteur Guérideau lui a prodigué ses
soins.
~t« JoM)';M! o/îcie!. Par décret en date du 2 septem-
bre 1896, rendu sur le rapport du ministre du commerce,
de l'industrie, des postes et des télégraphes, M. Al-
phonse Bclla.ng'er, ancien ag'ent de chang-e à Orléans
(Loiret), est nommément de change honoraire.
~Est pubtié es-aiemant a l'0/)Ctet Fêtât des comptes, à
]a. Caisse des acpôts et consignations, antérieurs au 31
décembre 1837 et qui, tombant, par conséquent, sous lu
coup de la loi dn 16 avril 1895, font retour à l'Etat.
j A MADAGASCAR~
l La 111 Maclagaséar
La colonisaHon de Madagascar
Nous avons signale les points défectueux da c
la réglementation adoptée à Madagascar, au
début même de notre occupation, en ce qui con-
cerne les concessions de terres, mais en ne ca-
chant pas notre espoir de la voir bientôt mo-
dinéc de manière à permettre à la grande colo-
nisation de se développer librement. Nous sup-
.pcscronsaujourd'hui que ces modifications sont
déjà intervenues, et nous verrons ce qu'il faut
penser deTavenir de notre nouvelle colonie
quant aux exploitations agricoles, aux planta-
tions et à l'élevage; nous n'oublierons pas les
concessions forestières qui méritent d'être en-
couragées.
Le sol de Madagascar est-il fertile?
A cette première question, on a déjà souvent
repondu, mais généralement avec un pessi-
misme très exagéré. Madagascar est un grand
pays, plus grand que la France; la végétation
n'est pas la même dans toutes ses régions.
Luxuriante sur le littoral, sur la côte Est sur-
tout, où le climat est humide et chaud, elle pa-
raît très maigre sur les hauts plateaux, en
Emyrne notamment, où le climat est sec. Sauf
dans l'extrême sud de l'île, oùlaterrcn'estrevô-
tue q.ue de plantes épineuses, de plantes grasses
aqueuses et ne suffit pas à nourrir les peupla-
des (Mahafaly) qui se maintiennent, dans cette
zone déshéritée par esprit d'indépendance fa-
rouche, on ne rencontre pas a Madagascar des
déserts comme on en trouve en Australie. La
population est peu nombreuse, mais le sol de
l'île poumait nourrir trois fois plus d'habitants.
La terre est naturellement très fertile sur la
côte où l'air est chargé d'humidité, où d'abon-
dantes rosées se déposent chaque nuit sur les
versants des montagnes pendant la meilleure
saison de l'année, d'avril en octobre; la saison
chaude, qui comprend les autres .mois de l'an-
née, se distingue par des pluies diluviennes et
.des chaleurs excessives. La température
MïoyeMMe observée à Tamatave, au mois de
juillet, où elle atteint son minimum, est de i6°;
celle du mois de janvier, où elle atteint son.
maximum, est de 33°. La hauteur de l'eau tom-
bée au ïhême. point en 1892, année moyenne en
p!uies,aét6de3'"583.
Dans ces conditions, les cultures tropicales,
vanille, cacao, café, orangers, bananiers, riz,
manioc, actuellement entreprises dans tes ré-
gions du littoral, ne peuvent être que ftorissan-
(t) Voir Je .TbMnta: des .De&a~ des 28,29 août, 2 et 4'sep-
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