Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1912-07-12
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 12 juillet 1912 12 juillet 1912
Description : 1912/07/12 (Numéro 194). 1912/07/12 (Numéro 194).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Description : Collection numérique : France-Brésil Collection numérique : France-Brésil
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
LE FIGARO VENDREDI 1« JUILLET 1912
vrent pendant dès-mois et des mois les
routes et les champs.
Il s'en fut donc dans je ne sais plus
quelle, cite du Nord, sur les confins blancs
,de la Suède et de la Norvège, et la,
poursuivit des essais qui l'ont peu à peu
conduit vers des solutions précieuses.
iï'expérimenta4'hélice à deux bran-
ches, fut conduite, lui préférer l'èéMce
àfquatre branches; et réalisa enfin un
traîneau automobile qui', sur ses patins
efcpar la seule action de l'hélice, réalisa,
sur des tapis, de neige fraîche et de plu-
sieurs mètres de hauteur, des- vitesses re-
marquables.
Mais il constata également qu'à une
certaine vitesse de rotation l'hélice dc-
-venait' impossible, trop fragile, insuffi-
samment active, au-dessus de 1,200 tours'
#ia minute. Et après avoir enregistré les
sqésuitats qu|jl obtenait selon la qualité
dma neige, ilchercha comment il pour-
rait améliorer son agent de mouve-
nient ».
Le hasard d'iïne expérience le mit en
rapport avec un autre chercheur, M. Ni-
vert, qui poursuivait le même problème,
et leurs recherches le conduisit'à expé-
rimenter un « propulseur » d'une con-
ception nouvelle, l'aile 'rotative due à
im inventeur de génie, M. Filippi, doht
les travaux remarquables, longtemps
aidés par un de ses admirateurs, le grand
collectionneur Georges,. Hœntschçl, ont
été exposés dans le Figaro, il y a deux
ans si ma mémoire est fidèle.
M. Filippi avait cherché le secret du
vol des oiseaux; et ses études sur l'aéro-
dynamique i'avaieft.t conduit à une théo-
rie qui perce, pour lui, ce secret, théo-
rie dont la conséquence fut enfin de l'a*
mener à la création d'un « propulseur »
qui réalise ce que produit dans l'air le
battement de l'aile.
V
L'hélice Filippi n'est pas une hélice,
et si par ses apparences extérieures elle
peuty faire songer, elle constitue par sa
l'orme et par son action une aile qui, au
battement, substitue le mouvement mé-
canique le plus facilement réalisable, la
rotation.
Pour M. Filippi, qui dans ses longs,
minutieux et difficiles travaux fut sou-
tenu- -par les encouragements d'un ami
de Georges Hœiitschel, et par M. L. Ste-
vens, peintre épris des beautés d'art que.
comporte la mécanique, la sustentation
aérienne n'est pas en effet due au point
d'appui que, l'aéroplane prend sur le
fluide, mais a une différence de pression
entre les faces supérieure et inférieure
de l'aéroplane, la dépression supérieure
entraînant une surpression inférieure
qui constitue l'action ascensionnelle..
Chez l'oiseau, la dépression supérieure,
dont la conséquence est la poussée as-
censionnelle, c'est le battement de l'aile
qui la provoque. Pour l'aéroplane, M.
Filippi a donc réalisé une aile rotative.
produisant le même effet.
Par des' essais comparatifs, sévères,
minutieux,' rigoureux, M. Filippi a pu,
contrôler, çt l'exactitude pratique de sa
théorie, et. la. supériorité de son « aile
rotative-», .dont. le, rendement de 70 0/0
est supérieur de 10. 0/0 au. moins à celui
de la meilleure hélice actuelle..
J$ me çauyieps vqu'un de,s ,|>rojets,de
lùïi%t;M"s^'à»ii^fitaiU^.coflstruc%^
a^ùnë-voWré q\ii,JpVî!pJpricàtipn ap-
propriée de son aile, à la fois ascension-
nelle, et propulsive, aurait pu être un
véhicule mérveillçux tantôt automobile,
tantôt aéroplane.
Il ne put réaliser cette voiture volante,
et j'ajoute tout de suite que la voiture
ailée de M. de Lesseps ne la réalise pas
4ayan'tage. Elle roule, et si elle s'allège
,quelque peu au travail de l'aile rotative,
elle ne quitte point le sol.
C'est alors que M. Bertrand, de Les-
jseps fut naturellement, conduit, après
.avoir constaté l'insuffisance des hélices
pour atteindre le but qu'il poursuivait, à
demander à M. Filippi ses ailes bapti-
sées «ailes Cyrnos ». •
Tout aussitôt, M. Bertrand dé Les-
..seps, par les résultats extraordinaires
.•qu'il obtint, vit qu'il touehait au défini-
tif succès, Afin d'être bientôt à même
de construire le parfait traîneau auto-
mobile par propulseur a.érien, il se hâta'
de multiplier ses essais et de contrôler'
les enseignements des précédents par
des expériences « d'ailes rotatives » me-
nées dans le secret, sur une voiture de
fSon imagination, aux environs de Paris,
sur tes rampes et les paliers des alen-
tours de Glamart.̃̃.
C'est cette voiture que j'ai vue hier; je-
vous la présente.
Pour l'extérieur imaginez, tout sim-
plement, une automobile ordinaire, un
torpédo classique, qui ne se différencie
de'ceux que nous connaissons que par
son arrière qui affecte la forme d'une
proue à l'extrémité de laquelle ainsi
que dans un bateau jaillit une sorte
d'arbre qui porte Taile.
L'aile est forte, épaisse, puissante
elle tourne dans un carter grillagé pour
la protéger. et protéger contre elle.
A l'avant, le moteur, un 40 chevaux,
relié à l'aile par un arbre à l'extrémité
duquel est fixé un pignon qui, par une
chaîne courant sur un autre pignon cla-
veté à l'arbre-porteur supérieur, trans-
met à l'aile le mouvement rotatif.
Aucun autre organe; les roues ne sont
pas motrices; elles sont libres, ainsi que
les roues avant d'une automobile.
A côté du conducteur, un. seul et uni-
que levier qui commande à la fois l'em-
brayage, la marche avant, et la marche
arrière en renversantla rotation de l'hé-
lice. Et une pédale pour freiner sur les
roues arrières avec, comme autre frein,
le renversement de l'hélice, qui agit
alors comme la vapeur renversée- sur
une locomotive.
La voiture pèse 660 lùlos. Hier matin,
avec ses trois voyageurs, M. Bertrand
de Lesseps, son collaborateur M. Roux,
son mécanicien M. Steiner, et avec un
nécessaire matériel de route, elle pesait
990 kilos environ.
Aux essais, rigoureusement chrono-
métrés, la voiture avait donné des vï-.
tesses en palier de 90 à 100 kilomètres,
l'ailè tournant à 2,100 tours à la minute.
Encore un détail: les changements de
̃vitesse sont simplement commandes
par l'accélération du moteur.
L'expérience d'hier comportait, je le
rappelle, l'étape Paris-Lyon, 500 kilo-
mètres- environ.
Le départ avait été fixe à 3 heures du
matin il devait être donné au croise-
ment dé la route de Châtillon et du che*
min qui surgit du bois de Clamart,
parmi des champs sabotés par des lotis-
sements.
A l'heure où déjà en n'est plus-la nuit,
et pas encore le jouir, dans le bleu mauve
qui précède l'aurore, nous étions» donc
hier matin réunis à Clamait, dans une
guinguette, charmante, à la « Paul de
Kock » qui, pour les essais de la «voiture
ailée», avait été tous ces temps derniers
le quartier général.
Et quand le coq «hanta, tout étant
prêt, et cependant qu'un phonographe,
comiquement matinal, nasillait le Pèïe
la Victoire,Vengin fut poussé sur la route,
de la place Hunebelle que bordent d'un
côté les premiers taillis du bois de Cla-
mart.
•Le soleil s'était enfui levé.-enflammant
un ciel sans nuages sans plus- tarder
nous allions voir a l'œuvre' l'étrange
véhicule qu'occupait seul pour l'instant
son conducteur Steiner.
Pour gagner le poiM de départ, il lui
fallait monter une .rude pente, de 10 à Èt
11 0/0. Dans le bourdonnement de son
hélice, lancée à plus de 2,000 tours, elle
l'escalada gaillardement, cependant que
dans des automobiles « vieux, style »
nous la suivions dans un, effroyable
tourbillon de poussière.
Au carrefour de Chatillon* -MM- Ber-
trand de Lesseps et Roux prirent place
dans la voiture moderne,qui pour notre
éducation nt quelques évolutions de
marcha avant et de marcfye arrière età
4 heures 35, après un joyeux au revoir et
les classiques souhaits de bonne route,
la «voiture ailée «fit son définitif Vdé-
marrage. Bien, vite elle fut en pleine ac-
tion, s'éloigna, diminua, devint un point
ne soulevant alors– phénomène curieux
mais, paraît-il, tout naturel aupune
poussière derrière elle, Et disparut dans
le lointain de la voie, ombragée.
De son premier voyage des nouvelles
suivantes me sont parvenues dans la
journée. Les voici
Joigny,
Tout va bien. Propulseur Cyrnos donne un
excellent rendement.
Charles Roux.
v Chalon-sur-Saône.
Le voyage se poursuit excellemment. Nous
quittons Chalon pour Lyon où nous espérons
être ce, soir. <
C'est décidément plus qu'un essai sportif
c'est l'inauguration d'un nouveau mode de
locomotion,
` Charles Roux.
C'est aussi mon avis. Et c'est, pour-
quoi avais tenu à être de la fête mémo-
rable.' '• ̃ -'̃
Frantz-Reichel. •.
D. H. Je reçois cette dépêche
Lyon, minuit 55.
Sommes arrivés Lyon à bon port.
Charles Roux.
Déclarations du chef albanais
Ismaïl Kémal bey
..aa.
J'ai eu la bonne fortune de m'entre-
tenir avec Ismaïl Kémal bey, le patriote
albanais dont on sait la compétence en
tout ce qui touche à la vie politique de
la Turquie et la grande influence en Aie
'bame« ;Les événements- graves qrai se
'p&sse.jike/j cjè^fljnent dap,s cette pariie:
•dÇ'J'^mptre ;ottomaa»et dont-lsîHaibrKe"ta
mal bey a bien voulu me parler, don-
nent une importance particulière1 à ses
déclarations.
La situation de la Turquie est mau-
vaise à tous points de vue, commença
Ismaïl Kémal. D'une façon générale, on
peut dire que la faute en est au gouver-
nement.;
» Aujourd'hui, de nouvelles difficultés
ont surgi en Albanie. C'est le soulève-
ment de ces dernières années avec, cette
'fois, l'appui d'une mutinerie militaire.
Qu'on ne s'y. trompe pas il ne s'agit
^nullement, en Albanie, d'un mouvement
;séparatiste qui donnerait un coup mortel
à la Turquie. Les Albanais ne demandent
qu'à conserver leur genre de vie, leurs
jtraditions, moyennant quoi l'Empire
peut compter sur eux, comme par le
passé. Le gouvernement constitutionnel
doit reconnaître l'existence des collecti-
vités et non pas seulement des indivi-
dualités mais plus qu'à' tout autre
peuple de l'Empire il fauk aux Albanais,
une Turquie forte, car l'effet du démem-
brement auquel aboutirait la prolonga-
tion de l'étal actuel de l'Empire, serait
évidemment le partage de leur petite
patrie.
» Ditçs bien que je a'ai rien-à dissimu-
ler, rien à ajouter; telle est franche-
ment la pensée albanaise. Je suis Alba-
nais et, par conséquent, je connais les
desiderata de mes concitoyens, Ils ne
déposeront pas les armes tant qtuls!
n'auront pas reçu satisfaction mais ils
me cherchent nullement à se séparer de
la Turquie. Ils sont servis à présent par
la mutinerie militaire avec laquelle in-
contestablement toute l'armée sympa-,
thise, 'mais ce mouvement viendrait-il
à se calmer, que les Albanais n'en coriti-
nueraient pas moins le leur.
On a parlé, fis-je de la date du 28
juillet jour anniversaire de la Constitu-
tion, comme point de départ du soulè-
vement de toute l'Albanie'.
En politique, me répond Ismaël
Kémal, ce que l'on prédit n'arrive ja-
mais, ce que je puis vous dire, c'est que
de très graves événements peuvent se
produire dans la quinzaine qui vient.
Que faut-il donc souhaiter? `-
D'abord que l'entourage du Sultan
et les dirigeants soient prbmptement
balayés.'H n'y a plus en Turquie nisou-
verameté du Sultan ni souveraineté na-
tionale. La Chambre, vous ne l'ignorez
pas, a été lors des élections composée
par les soins du Comité. Sa dissolution
s'impose. Il faut ensuite que l'armée ne
joue que le rôle pour lequel elle a été
créée; c'est-à-dire la défense du terri-
toire, et non pas la politique. Il faut
enfin que des ministres soient nommés
qui sachent réellement gouverner et qui
inspirent confiance à tout le pays.
Est-il vrai, demandai-je, que dans
ce cas Kiamil pàcha ait chance de reve-
nir au pouvoir?
i CertesKiamilpachaestleseùlhomme
politique apte à grouper autour de lui
les élements d'un gouvernement sérieux
et capable. Malgré son grand âge, son
activité est encore surprenante. Tandis
qu'en général, comme vous le savez, une
prestance un peu. pesante est consi-
dérée chez nous comme donnant de l'im-
portance aux gens qui doivent en avoir,
Kiamil pacha a toujours été vif et alerte.
Oui, je souhaite un tel homme-à mon
pays.
Sur cette parole je pris congé d'Ismaïl
'Kémal bey eUe remerciai en lui souhai-'
tant bon voyage, car il quitte Paris où il
compte beaucoup d'amis, pour aller loin
d'ici en rejoindre d'autres et s'entretenir
avec eux du sort de sa patrie.
André Duboscq.
IIS AFFAIRES MAROCAINES
tés négociations de'Madrtd `
̃ C|,A, OTÊfïTION \WÙ CHEMIN "PJ3 F SR «fiGLÉB
:•• MadrW, il juillet.
MM. Delure, Renduelles et Morales
ont terminé aujourd'hui l'étude' du prç|?-
jet de chemin de fer sur lequel ,l'«ic#r4
est désormais complet/; dans; les 'candi*
tions que j'ai déjà indiquée»; la conven'-
tion sera signée probablement demain,
Les. pourparlers sur le régime de! Tan4
ger restent ajournés jusqu'à nouvel
i ordre. L'Angleterre, qui avait proposé
'auparavant que lqs, 'délégués ne .discu^
tent jjuç les grandes .Ugoeg, de ce régime,
laissant au corps, consulaire de Tanger
le soin de rédiger uttpriéurenjent un
règlement détaillé, semble maintenant
d'avis de confier aux, négociateurs ac-
̃tuels l'élaboration complète de ce règle-
ment, sans doute afin d'éviter les in-
convénients que signalait .votre cotres-
poada,itt de Tanger d'una discussion sur
place,-
Les milieux espagnols s'étonnent que
le rapport de M- Baudin nie l'existence
du privilège des franciscains espagnols
au Maroc et l'utilité de négocier à Ma-
drid à ce sujet, car, dit-on, ce privilège
résulte -des traités hispano-marocains de
1799, de 1860 et de 1861, et de l'attribu-
tion par le Saint-Siège, au dix-septième
siècle, des missions marocaines à la
province franciscaine espagnole de San
Diego. Il est vrai que ce privilège n'a
pas de caractère exclusif, mais la France
devrait toujours négocier avec l'Espagne
pour s'assurer, sinon le droit strict d in-
troduire des missionnaires français au
Maroc, du moins la non-opposition de
l'Espagne au remplacement éventuel de
religieux espagnols par des religieux
français dans sa zone.
La question est d'ailleurs virtuelle-
ment résolue puisque l'Espagne a'ac-
cepté la formule française stipulant la
reconnaissance par la France des pro-,
P'riétés des missions espagnoles dans sa
zone et la non-opposition de l'Espagne
de l'envoi de religieux français au lieu
des siens sous réserve de remplacer le
mot franciscains dans là formule fran-
çaise par celui plus général de religieux.
M. (juiot et le marquis Cortina ont
continué'à traiter des compensations fi-
nancières. Guillen.
Les opérations militaires
.•"̃ Fez, 10 juillet.
Le général Gouraud et l'échelon léger
avec lequel il a remporté sur le Rogui
les succes du 6 et du 7 ont rejoint le 8
les unités et le convoi restés au bivouac
sur le Sebou, à Bou-Reis.
Une partie des populations Cheraga a
fait sa soumission. Le général continuera
ces jours-ci à régler les questions Che-
ragà, Ouled Aïssa et Hedjaoua. La dis-
lpcation des bandes Djebala du Rogui,
sa, la.;SU;itevdu .combat du 7, est çonfir-
̃méey; -V> ̃ • ̃ '̃ •'• '•' ̃'̃̃
Le générât Gtouraud sera' à Fez dans à.
quelques jours.
Une canonnade est, entendue dans la
direction de Sefrou. Un combat y serait
engagé depuis ce matin.
Les détails manquent.
Dans le Sud
;̃ Tanger, 11 juillet.
Suivant des renseignements de source
indigène transmis de Mazagan, un vio-
lent combat a eu lieu, hier, à Souk-
Tleta-de-Sidi-Benour, chez les Beni-
Amran..
On signale de nombreux morts. Le
marché a été pillé.
La région de Mazagan est agitée.
A l'Etranger
L'alliance franco-russe
Saint-Pétersbourg, 11 juillet.
Dans > son édition du soir, le Novoïé Vréf-
mia dit que M. Sasonoff, recevant après l'en-
tre.v.ue de Port-Baltique, M. Louis, ambassa-
deur de France, lui a déclaré que lu politique
russe ne subira aucun changement et qu'elle
restera basée sur l'alliance franco-russe et
Ventent&»anglo^Fttsse. ••
La Novçtié Vrémia croit savoir que les dé-
clarations de M. Sazonoff ont été si catégori-
ques qu'elles mettent un à tous les bruits
malveillants.
Le journal ajoute qu'un accueil brillant et
cordial attend M. Poincaré à Saint-Péters-
bourg.
Les monarchistes portugais
Madrid, il juillet,
Quoique les dépêches officielles annoncent
une tranquillité complète sur la frontière,
des nouvelles particulières d Orense, peu
vraisemblables pourtant, assurent que le ca-
pitaine Païva-Conceiro, malgré la perte de
53 morts dont 2 lieutenants, dans 1 attaque
de Ghaves, se maintient près de Villareal,
et que les royalistes auraient même incen-
dié Braga..
Dos automobiles continuent à passer la
frontière près de laquelle campent des grou-
pes monarchistes.
Le ministre de l'intérieur a conféré avec
les chefs oarlistes Llorens et Feliu pour leur
signifier la résolution du gouvernement de
réprimer toute aide aux conspirateurs.
'Le gouverneur d'Orense est destitué; celui
d'Avilla permute avec celui de Pontevedra.
Les familles d'émigrés portugais se plai-
gnent que les mesures répressives en Espa-
gne atteignent les réfugiés pacifiques dont
plusieurs prêtres.
La femme du capitaine Païva est arrivée
à Salanianquo, anxieuse du sort de son mari.
Les nouvelles d'Orense prétendent que le
capitaine Païva a repoussé les républicains
près de Soutclinho et que le gouverneur Va-
lanca est arrêté comme impliqué dans la
conspiration. Gùillen.
Lisbonne, 11 juillet.
Les révoltés de Cabeceiras-do-Basto sont
à Cavez et à Moimenta, munis d'armes de
guerre et aussi de piques, de faux et de
serpes; ils semblent disposés à aller renfor-
cer les restes des bandes de Païva Couceiro,
qui se sont réfugiées da^ns les montagnes de,
Larouco, élevées de près de 2,000 mètres au-
dessus du niveau de la mer.
Le curé de Gabeceiras-do-Basto a réussi à
armer et à entraîner avec lui environ -800
hommes, ne laissant dans la localité que les
femmes, les enfants et les vieillard3i.
̃•••̃̃̃-• Chavès, juillet.
Les républicains se sont emparés d'une
mitrailleuse et de munitions, ainsi que
d'une correspondance abandonnée par les
•royalistes.
Trois royalistes blessés., sont entrés à Tûô-
pital militaire. On a photographié, hier, le
prisonnier Almoida. La ville de Chavès est
calme.
La situation en Turquie
Çonstftntinople, 11 juillet.
Ojj. n'a toujours pas de ministre de la
guerre.
On avait songé ô, Izzet pacha, qui com-
-mande actuellement les troupes de l'Yêrai»,
mais on y a renoncé à eause des difficulté
que présente le voyage de l'Yémen à Gôns-
t&ntifiople, Y » •
On, reparle de Nftzim pacha qui a refusé
deux fois hier la succession de Mahmoud
Chëfket et on espère .son acceptation..
D'après des bruits mis en circulation dans.
les sphèr-33 de l'opposition, le mouvement'
qui semtfntfoste parmi les officiers Se pro
page aussi maintenant dans le corps d'armée
de Damas. t)eux officiers, qui avaient été
arrêtés parce qu'ils avaient fait des décla-
rations antigouverneixteptales, auraient été
remis en liberté.
On annonce officiellement que les déser-
teurs de Monastir ont offert de rentrer, à-
condition qu'on leur pardonne mais le gou-
vernement veut la reddition sans condition.
Des dépêches officielles do la Porte annon-
cent que lèrs communications avec Seutari et
Tirana sont rétablies. L'ordre est assuré.
Le vali de Kossovo annonce qu'un combat
a eu lieu le 6 juillet entré les troupes et les
Albanais, ces derniers commandés par Baï-
ram-Zour et Riza bey, prés de Hass.Les
Albanais ont été dispersés avec de grandes,
pertes. Les Turcs ont eu sept tués ou blessés.
Les indemnités cubaines
Washington, 11 juillet.
Le gouvernement américain a conseillé
officiellement.au gouvernement cubain d'ac-
cepter la proposition anglo-franco-allemande
qui consiste a faire trancher sans retard par
trois membres de la cour de La Haye la
question de savoir si Cuba est responsable
en droit des dommages commis par les ar-
mées de l'indépendance envers les neutres.
Le Canal de Panama
New-York, 11 juillet.
On mande de Washington à la Tribune que
la Grande-Bretagne a télégraphié au dépar-
tement d'Etat pour le prier d'ajourner la dis-
cussion du projet concernant le canal de
Panama jusqu'à ce qu'elle ait pu lui faire
parvenir la protestation dans laquelle elle
enumère les dispositions considérées comme
contraires aux intérêts et aux droits des su-
jets britanniques.
On croit qu'en raison des nombreux projets
dont le Sénat est saisi, la protestation arri-
vera avant que le Sénat puisse aborder la
prise en considération du projet.. :•
Une belle dent
Berlin, 11 juillet;
On a découvert dans une sablière près
d'Oberbillig, une dent de mammouth mesu-
rant 2 m. 70 de long et 60 centimètres de
contour. Son poids est de 33 kilogrammes.
_-»t.
COURTES DÉPÊCHES
Le Khédive est arrivé à Genève pour y
faire son séjour habituel.
Le ministre de la marine de Russie est
parti pour Revel, où il va poser la première
pierre du port militaire.
Le Parlement portugais clos sarsession
Mer matin.
M. Camille Barrère, ambassadeur de
France, est rentré à Rome pour les fêtes du
14 juillet.
̃ On annonce officiellement que le conseil-
ler d'ambassade russe à Paris, M. Demidoff,
est nommé ministre dër Russie, à Athènes..
Le congrès international d'éléôtrôlogie
et dé- r«dtoiogief>q«i-KieVaiferse4erfiîi à -Ptfague
à la fin du mois, est ajourné au-3 octobre..
Un tremblement de terre, qui n'a cause
ni accidents, ni dégâts, a été ressenti hier à
Huelva (Espagne).
Un orage de grêle d'une violence ex-
traordinaire a tué onze enfants et cinquante
chevaux à Piatigorsk (Russie).
Huit mineurs ont péri dans une explo^
sion dans la Virginie occidentale.
L'union ouvrière de Zurich a voté la
grève générale de vingt-quatre heures qui
commencera demain matin, pour protester
contre l'entrée en Suisse d'ouvriers de mora-
lité douteuse.
Figaro à Londres
LA GRÈVE
Londres, il juillet
La situation empire sur les bords de la
Tamise, On signale aujourd'hui de nouveaux
actes de violence et la vie des jaunes est pé-
rieusement en danger. A moins que les pa-
trons, satisfaits de leur victoire, n'aient un
geste généreux, le contlit menace de s'éterni-
ser. D'autre part, il est bien certain que si
les grévistes sont obligés de céder sans avoir
obtenu des autorités du port de Londres que
leur Fédération soit reconnue et sans le
moindre avantage moral sinon matériel, il
en résultera un état dangereux d'animosité
et de haine qui amènera d'autres troubles à
brève échéance. La situation est très grave
et la presse conservatrice elle-même com-
mence a prêcher aux patrons le pardon des
injures.
LA COUR ET Lft VIL-LE
Un temps superbe a favorisé la garden
party donnée cet après-midi par Mrs Asquith
et le premier ministre, dans le ravissant jar-
din de la résidence présidentielle de Dow-
ning St,teet. Le premier ministre et sa char-
mante femme recevaient leurs invités sur la
terrasse qui domine la pelouse bientôt trop
petite pour contenir la foule de leurs amis.
Reconnu
Les ambassadeurs de France, de Russie, d'Au-
triche-Hongrie, d'Allemagne, le ministre du Bré-
sil et Mme d'Oliveira, le ministre du Portugal,
le ministre de Liberia et Mme Crometyn, tous
les membres du cabinet, sir Louis Mallét, sir
Charles Murray, sir Charles Wyndham, M. Ar-
thur Bourchier, l'Hon. Mr Alfreds Lyttelton, M.
Le Sourd, sir Alfred et lady Mond, lady Henry et
lady Horner, miss Irène Yanbrugh, etc.
Cet après-midi a été célébré, à l'église
Saint-Martin's in the Field, le mariage de
miss Viola Tree, fille aînée de sir Herbert et
de lady Tree, avec M. Alan Parsons. L'évê-
que de Londres officiait. Parmi les per-
sonnalités présentes à' l'église le pre-
mier ministre et Mrs Asquith, duchesse
de Rutland, lady Desborough, comtesse
douairière de Leicester, comtesse douairière
de Chesterfleld, lady Marjorie Manners,
marquis d'Anglesey, marquis de Granby,
l'Hon.Mrs Alfred Lyttelton. Une foule énorme
avait envahi les alentours de l'église et pen-
dant près d'une heure intercepta presque
complètement la circulation, ce fut une des
plus brillantes cérémonie de mariages de la
saison. J. Coudurier
Amérique latine
AU MEXIQUE
Mexico, M juillet.
L'exevcke fiscal. Le ministre des finan-
ces a annoncé au Conseil des ministres que
l'exercice fiscal 1911-1912 s'est fermé par un
excédent des recettes sur les dépenses chiffré
par cinq millions de piastres. Le président de
la République et tous les ministres ont féli-
cité vivement M. Ernesto Madej» de cet
excellent résultat-
Voies de communication. Les travaux de-
transforiQation de la traction à vapeur des
tramways de Pachuca en traction électrique
ont commencé. Les' voitures électriques se-
ront mises en service, au mois d'août pro-
chain, v
Dans le but de pousser très activement
les travaux du chemin de fer panaméricain,
les chemins de fer du Guatemala efïa com-
pagnie principale des chemins de fer du Sal-
vador viennent de fusionner en une seule
compagnie sous, le nom de Fervocarriles in-
ternaçimales 4$ Centro Atmrica,
Cette compagnie vignt d'émettre à Londres
pour 25 millions de francs de bons de 5 0/0.
Elle a obtenu dans les deux Républiques
toutes les concessions nécessaires, et va en-
treprendre la jonction des lignes mexicaines,
guatémaltèques et salvadoriennes.
La ligne va jusqu'à Mariscal, sur la, fron-
tière du Guatemala.
La ligne guatémaltèque atteint Las Cruses,
à 68 kilomètres • &&' Màriscàl.; Las travaux
pour établir la ligne qui doit relier ces deux
chemins de fer sont déjà fort avancés.
De l'établissemont de communications par
voies ferrées entre le Mexique, Je Guatemala
et le Salvador, il .résultera de grands avan-
tages ces deux derniers pays constitueront
de bons débouchés pour les produits mexi-
oains. En outre, les chemins de fer du Mexi-
que verront augmenter leurs recettes, par
suite du transit des marchandises du Guate-
mala et du Salvador vers les. ports mexicains
qu vers les Etats-Unis.
•– Les réparations du chemin de fer de
Yéra-Cruz à l'isthme seront terminées inces-
samment. -••' ̃
.-̃; Atf BRESil.
Rio-de-J&neiro, 11 juillet,
Le Lloyd brésilien. Le gouvernement a
résolu d'administrer, en régie direçta, la com-
pagnie nationale de navigation du Lloyd
brésilien..
Colonisation. La Cour des comptes, d'ac-
cord avec le décret de février dernier et con-
formément au plan du ministre de l'agricul.
ture, a.enregistré le premier crédit affecté à
la valorisation du caoutchouc et des autres
produits des Etats du Nord du Brésil.
Un crédit de 8,000 centos servira à la cons-
truction de chemins de fer, de routes, de ca-
naux, à des travaux de mise en état de navi-
gabilité des rivières, à la création de champs
d'expériences dans les centres coloniauy et à
la réduction des impôts qui grèvent les di-
vers produits,
Les travaux commenceront incessamment.
AU CHILI
Santiago-du-Chili, 11 juillet..
Commission. Etant donnée l'importance
de la question des chemins de fer fiscaux
dont les frais annuels dépassent 80. millions
non couverts par. les recettes des services, la
Chambre des députés, d'accord avec le gou-
vernement, a nommé une commission char-
gée d'étudier les causes de cette situation et
do procéder à leur réorganisation.
Décision. Le gouvernement a décidé de
prendre part au congrès de la pêche qui
aura lieu à Bruxelles et de désigner un délé-
gué chilien.
Décès. A la suite du décès de l'amiral
Latorre, le Sénat décida qu'à titre d'honneur
des délégations des Chambres assisteront
aux obsèques.
Dreadnought. Un des dreadnoughts en
construction en Angleterre sera baptisé du
nom de Latorre.
DANS L'ARGENTINE
Buenos-Aires, 11 juillet.
Les paquebots Cap- Vilano et Cordoba sont
entrés en collision dans le canal du port.
Le Cordoba, gravement avarié, a été échoué
sur un banc.
Le Cap-Vilano qui est indemne a pour-
suivi Son voyage après inspection.
JOURNAUUT REVUES
Mélancolies républicaines
Je ne dis pas que la représentation
proportionnelle soit une bonne chose.
Mais. une bonne chose, très comique,
c'est le chagrin de ces vieux « arrondis-
sementiers » qui annoncent la fin du
monde parce qu'ils craignent leur avenir
un peu compromis.
La Lanterne est voilée de crêpe et le
Radical est en berne.
n faut voir ces radicaux attendris, na-
guère si ardents, mettre aujourd'hui
leur suprême confiance et leur ultime
espoir dans ce même Sénat que leur
flambante jeunesse détesta.
La Lanterne dit que la séance d'avant-
hier lui fut « particulièrement pénible »,
Pour, tâcher de se consoler, elle trouve
que 339 voix pour la réforme, c'est peu;
et que 217 voix contre la. réforme, c'est
beaucoup.
Ingénieuse dialectique; mais si exces-
sivement subtile que l'inventeur lui-
même ne s'y laisse pas séduire, Il est
mélancolique.
Deux cent dix-sept républicains re-
marque-t-il. Deux cent dix-sept républi-
cains adversaires d'une réforme qui est
votée et qui, désormais, réglera le sort
de nos élus, leur sort
Et, dit la Lanterne, voilà le parti ré-
publicain divisé. Elle s'en désole, comme e
si, depuis le temps que le parti républi-
cain n'a plus aucune cohésion, elle n'a-
vait pas eu le temps de se faire une rai-
son, de s'en faire mille.
Et elle dit que les « arrondîssemen-
tierst » furent maladroits. Comment cela?
Ils n'étaient pas d'accord, entre eux les
uns ne voulaient absolument pas lâcher
le bel et bon arrondissement les autres
acceptaient le « quotient » etc. Bref, si
les deux cent dix-sept ne sont pas d'ac-
cord, entre eux, qu'est-ce que c'est en
vérité que ce bataillon d'honneur du ra-
dicalisme ? Peu de chose!
La Lanterne s'attriste, alors, avec jus-
tesse. Elle plaint les 217. Les 217 sont à
plaindre le vieux scrutin leur avait
réussi; mais, le nouveau scrutin?.
Ils ont devant eux l'inconnu. Ils n'ai-
ment pas ça.
André Beaunier.
1-'1
La Presse de ce matin
Le Journal officiel publie ce matin
Une loi distrayant la- section du Pont-Chré-
tien-Chabenet de la commune de Saint-Marcel
(canton d'Argenton) arrondissement de Château-
roux (Indre), pour l'ériger en municipalité dis-
tincte.
Une loi attribuant à la marine un contingent
supplémentaire de décorations de la Légion
d'honneur.
Un décret érigeant en station hydrominérale,
la commune de Chatelguyon (Puy-de-Dôme) et
créant dans cette commune une chambre d'in-
dustrie thermale.
Un décret aux termes duquel M. Vezia est
nommé courtier d'assurances à Cordeaux, en rem-
placement de M. Cornu, démissionnaire,
UEcMr, de M. Judet
La .réforme électorale; >•
Si le gouvernement connaît sa force, utilise
l'appui du pays, parle haut et marche sur l'obs-
tacle, il risquera une partie sérieuse, mais une
partie qui ne se gagne qu'à condition de ris-
quer. A l'audace nerveuse dont Clemenceau
croit avoir le secret et le monopole, il suffira
d'opposer la fermeté tranquille d'une volonté
inébranlable. Il n'y a pas de doute que l'opi-
i'nîonserà derrière ïtf. Poincaré; quand il" forcera
le Sénat à choisir entre une concession aux
faits presque accomplis et une rébellion à se
casser le cou.
h& Gaulois
Ce n'est pas encore le cas; mais il faut re-
contfaîlre qu'avec la loi électorale nouvelle, si
le Sétiatne la modifie pas outre mesure, surtout
si elle est honnêtement appliquée, la France ne
sera plus pour les républicains un champ d'ex-,
ploitation aussi fructueux que par le passe.
La Petite République: >\
La réforme électorale est votée. C'en est fini
de cette discussion, qu'une obstruction mala-
droite a prolongée sans avantage pendant plu-
sieurs années et durant trois ministères. Les
proportionnalistes triomphent grâce a leur téna-
cité, à leur inlassable patience, griiçov aussi à la
nécessaire intervention du cabinet Poincaré.
Le Soleil;
Si le Sénat résistait,' le pays le briserait.; s'il
osait braver l'opinion, elle se soulèverait et se
chargerait de prouver aux sénateurs que, n'ayant
pas su remplir leur rôle quand il s'agissait des
intérêts généraux du pays, ils sont mal venus à
se révolter quand les intérêts électoraux des dé-
putés sont seuls engagés, et dans une question
ou seul le suffrage universel a le droit de se
prononcer..
VIENT DE PARAITRE
IdArH^pI'LaureiitEvr3rd.(Grasset)3f5o.)
UNE BELLE JOURNÉE D'AVIATION
1. A EN6HIEN-LES-BAINS
Mlle Hélène Dutrieu et Maurice Chevil-
liard exécutent au-dessus du lac des
vols remarquables.
II nous suffisait de savoir, en nous
rendant hier à Enghien-les-Bains, que: v
Mlle Hélène Dutrieu et Maurice Chevil-
liard évolueraient tour à tour au-dessus
du lac sur leur hydroaéroplane, pour
imaginer une après-midi fort attrayante.
Nous ne mettrons pas d'amour-propre à
reconnaître que cependant nous fumes
surpris tant il se trouva de gens qui
avaient jugé de la même'façori que nous.
Ils n'eurent pas à le regretter, d'abord
parce qu'ils ne furent pas déçus, puis à
cause de la fraîcheur qui les enveloppa
dès les abords du lac, fraîcheur déli-
cieuse par cette journée torride.
11 y avait donc foule sous les ombrages
qui avoisinent le Casino municipale!:
alentour du kiosque où se tenait là mu-
sique, quand vers trois heures, nûiis
prîmes au bout de la jetée le canot qui
mène à 1 île des Cygnes, l'île mystérieuse
où le grand oiseau blanc se'cache jusqu'à
son envolée. 1
Tout se fait du reste d'une façon
charmante dans ce pays heureux. Le
hangar traditionnel n'a du hangar ;qtfe,
l'appareil immobile, l'indispensable boîte
d'outils, et une escouade de bidons d'es-i
sence. Hors cela il a tout l'air d'un sa-
lon improvisé où l'on s'entretiendrait de
choses insignifiantes et gentilles. Sur un
étroit radeau amarré par une eprde au
plancher du hangar, deux dames assi-
ses sur des chaises de fer causent en dé
petites phrases coupées de longs silen-
ces. L'une de ces dames est Mlle Hé-
lèneDutrieu. Tout à côté dans un angle,
trois personnes échangent leurs impres-;
stons.: G'est Maurice CheviHiard que deux
arejï# stklt v«îïus; voir." ̃ ̃̃̃;̃̃ ̃•
l &,Mur'es: Lexotip:de;'cânon Habt-;
tu'ël. Cependant n'allez pas croire que.flg,4
terrible coup de canon qui sort d'un*
tout petit instrument, mais qui fait un
bruit effroyable, provoque parmiles ca-
notiers une fuite éperdue. L'hydroaéro-
plane est si souple, si docile entre les
mains de ses deux- maîtres qu'il ne' fait
point peur et c'est, nonchalamment,
comme à regret, que les promeneurs re-
gagnent les rives à petits battements de
rames. ̃
Maurice Chevilliard ôte son veston;
glisse les bras dans une matelassure et,
nue-tête, grimpe sur son siège. Second
coup de canon qui n'affolé que les ca-
nards et réponse du 50-chevaux' Gnome
qui se met a tourner, entraînant l'hélice
Normale dans sa course folle. Un geste
équivalent au « lâchez tout » des aéro-
nautes, un bruit, de moulin à café qui
nous fait apercevoir un opérateur de
cinématographe, une glissade qui laisse
derrière elle deux sillons d'écume' flo-
conneuse/un élégant demi-cercle vers
la jetée, enfin l'envolée irrésistible du
grand oiseau qui monte vers le soleil au
milieu d'acclamations que domine la
ronflement du moteur.
Quelques secondes et l'appareil est
déjà loin au-dessus des arbres qui- bor-
dent l'autre extrémité du lac. Il vire,,
revient, nous passe fièrement au-dessus
de la tête, dessine une courbe qui le ràrr
mène vers le casino et tout à coup s'in-,
clinesur la gauche, penche, penche a
faire peur. La minute est angoissante..
Mais,ce n'est là qu'un des mille et quel-
ques tours de force dont le merveilleux
pilote est coutumier. Cette manœuvre1
follement audacieuse, c'est un virage
qui place 'le docile appareil face à l'île
des Cygnes, et ce virage s'achève par
une descente très douce et un retour'
précis vers le hangar. ̃
6 heures. Nouvelle sortie. Nous
n'essaierons pas de la raconter. Nous
dirons simplement qu'il est impossible
de concevoir pire défi à l'équilibre que
celui auquel Maurice Chevilliard nous fit °
assister pendant quelques minutes. Un
petit incident le prouvera. Comme lHn-
fernal pilote exécute brusquement une
descente piquée à vertigineuse allure, la-
plupart des personnes présentes croient
qu'il tombe et le passeur, tout en pous-
sant des « Ah mon Dieu Ah mon
Dieu, le pauvre garçon! » saute sur sa
barque pour aller à son secours. Mais,
Chevilliard s'enlève de nouveau et c'est--
alors, en même temps que des rires
nerveux de gens qui ont eu bien peur,
une ovation monstre tout le long de la
rive.
L'honneur du dernier'voi revient à
Mlle Hélène Dutrieu. Drôle et mignonne
sous sa combinaison de toile cachou,
elle prend le'départ à. son tour, vers six
heures et demie, et la foule témoigne
sa satisfaction par une immédiate cla-
meur. Elle allait être récompensée de ce
geste aimable. Avec sa belle audace,
Mlle Hélène Dutrieu accomplit une re-
connaissance lointaine, vire, lorsqu'elle
n'est plus à l'horizon qu'un petit point
noir et redescend au lae à pleine vi-
tesse. De tous les pontons, c'est une.-
échappée de barques vers l'hydroàéro-
plane, et Mlle Dutrieu 'rejoint la rive
au milieu d'une escorte courtoise et en-
thousiaste.
Il est sept heures bientôt. Et l'heure
du dîner passera, pour beaucoup, sans
qu'ils y songent, tant il fait bon se re*
mémorer cette journée magnifique déns-
la fraîcheur qui monte du lac.
vrent pendant dès-mois et des mois les
routes et les champs.
Il s'en fut donc dans je ne sais plus
quelle, cite du Nord, sur les confins blancs
,de la Suède et de la Norvège, et la,
poursuivit des essais qui l'ont peu à peu
conduit vers des solutions précieuses.
iï'expérimenta4'hélice à deux bran-
ches, fut conduite, lui préférer l'èéMce
àfquatre branches; et réalisa enfin un
traîneau automobile qui', sur ses patins
efcpar la seule action de l'hélice, réalisa,
sur des tapis, de neige fraîche et de plu-
sieurs mètres de hauteur, des- vitesses re-
marquables.
Mais il constata également qu'à une
certaine vitesse de rotation l'hélice dc-
-venait' impossible, trop fragile, insuffi-
samment active, au-dessus de 1,200 tours'
#ia minute. Et après avoir enregistré les
sqésuitats qu|jl obtenait selon la qualité
dma neige, ilchercha comment il pour-
rait améliorer son agent de mouve-
nient ».
Le hasard d'iïne expérience le mit en
rapport avec un autre chercheur, M. Ni-
vert, qui poursuivait le même problème,
et leurs recherches le conduisit'à expé-
rimenter un « propulseur » d'une con-
ception nouvelle, l'aile 'rotative due à
im inventeur de génie, M. Filippi, doht
les travaux remarquables, longtemps
aidés par un de ses admirateurs, le grand
collectionneur Georges,. Hœntschçl, ont
été exposés dans le Figaro, il y a deux
ans si ma mémoire est fidèle.
M. Filippi avait cherché le secret du
vol des oiseaux; et ses études sur l'aéro-
dynamique i'avaieft.t conduit à une théo-
rie qui perce, pour lui, ce secret, théo-
rie dont la conséquence fut enfin de l'a*
mener à la création d'un « propulseur »
qui réalise ce que produit dans l'air le
battement de l'aile.
V
L'hélice Filippi n'est pas une hélice,
et si par ses apparences extérieures elle
peuty faire songer, elle constitue par sa
l'orme et par son action une aile qui, au
battement, substitue le mouvement mé-
canique le plus facilement réalisable, la
rotation.
Pour M. Filippi, qui dans ses longs,
minutieux et difficiles travaux fut sou-
tenu- -par les encouragements d'un ami
de Georges Hœiitschel, et par M. L. Ste-
vens, peintre épris des beautés d'art que.
comporte la mécanique, la sustentation
aérienne n'est pas en effet due au point
d'appui que, l'aéroplane prend sur le
fluide, mais a une différence de pression
entre les faces supérieure et inférieure
de l'aéroplane, la dépression supérieure
entraînant une surpression inférieure
qui constitue l'action ascensionnelle..
Chez l'oiseau, la dépression supérieure,
dont la conséquence est la poussée as-
censionnelle, c'est le battement de l'aile
qui la provoque. Pour l'aéroplane, M.
Filippi a donc réalisé une aile rotative.
produisant le même effet.
Par des' essais comparatifs, sévères,
minutieux,' rigoureux, M. Filippi a pu,
contrôler, çt l'exactitude pratique de sa
théorie, et. la. supériorité de son « aile
rotative-», .dont. le, rendement de 70 0/0
est supérieur de 10. 0/0 au. moins à celui
de la meilleure hélice actuelle..
J$ me çauyieps vqu'un de,s ,|>rojets,de
lùïi%t;M"s^'à»ii^fitaiU^.coflstruc%^
a^ùnë-voWré q\ii,JpVî!pJpricàtipn ap-
propriée de son aile, à la fois ascension-
nelle, et propulsive, aurait pu être un
véhicule mérveillçux tantôt automobile,
tantôt aéroplane.
Il ne put réaliser cette voiture volante,
et j'ajoute tout de suite que la voiture
ailée de M. de Lesseps ne la réalise pas
4ayan'tage. Elle roule, et si elle s'allège
,quelque peu au travail de l'aile rotative,
elle ne quitte point le sol.
C'est alors que M. Bertrand, de Les-
jseps fut naturellement, conduit, après
.avoir constaté l'insuffisance des hélices
pour atteindre le but qu'il poursuivait, à
demander à M. Filippi ses ailes bapti-
sées «ailes Cyrnos ». •
Tout aussitôt, M. Bertrand dé Les-
..seps, par les résultats extraordinaires
.•qu'il obtint, vit qu'il touehait au défini-
tif succès, Afin d'être bientôt à même
de construire le parfait traîneau auto-
mobile par propulseur a.érien, il se hâta'
de multiplier ses essais et de contrôler'
les enseignements des précédents par
des expériences « d'ailes rotatives » me-
nées dans le secret, sur une voiture de
fSon imagination, aux environs de Paris,
sur tes rampes et les paliers des alen-
tours de Glamart.̃̃.
C'est cette voiture que j'ai vue hier; je-
vous la présente.
Pour l'extérieur imaginez, tout sim-
plement, une automobile ordinaire, un
torpédo classique, qui ne se différencie
de'ceux que nous connaissons que par
son arrière qui affecte la forme d'une
proue à l'extrémité de laquelle ainsi
que dans un bateau jaillit une sorte
d'arbre qui porte Taile.
L'aile est forte, épaisse, puissante
elle tourne dans un carter grillagé pour
la protéger. et protéger contre elle.
A l'avant, le moteur, un 40 chevaux,
relié à l'aile par un arbre à l'extrémité
duquel est fixé un pignon qui, par une
chaîne courant sur un autre pignon cla-
veté à l'arbre-porteur supérieur, trans-
met à l'aile le mouvement rotatif.
Aucun autre organe; les roues ne sont
pas motrices; elles sont libres, ainsi que
les roues avant d'une automobile.
A côté du conducteur, un. seul et uni-
que levier qui commande à la fois l'em-
brayage, la marche avant, et la marche
arrière en renversantla rotation de l'hé-
lice. Et une pédale pour freiner sur les
roues arrières avec, comme autre frein,
le renversement de l'hélice, qui agit
alors comme la vapeur renversée- sur
une locomotive.
La voiture pèse 660 lùlos. Hier matin,
avec ses trois voyageurs, M. Bertrand
de Lesseps, son collaborateur M. Roux,
son mécanicien M. Steiner, et avec un
nécessaire matériel de route, elle pesait
990 kilos environ.
Aux essais, rigoureusement chrono-
métrés, la voiture avait donné des vï-.
tesses en palier de 90 à 100 kilomètres,
l'ailè tournant à 2,100 tours à la minute.
Encore un détail: les changements de
̃vitesse sont simplement commandes
par l'accélération du moteur.
L'expérience d'hier comportait, je le
rappelle, l'étape Paris-Lyon, 500 kilo-
mètres- environ.
Le départ avait été fixe à 3 heures du
matin il devait être donné au croise-
ment dé la route de Châtillon et du che*
min qui surgit du bois de Clamart,
parmi des champs sabotés par des lotis-
sements.
A l'heure où déjà en n'est plus-la nuit,
et pas encore le jouir, dans le bleu mauve
qui précède l'aurore, nous étions» donc
hier matin réunis à Clamait, dans une
guinguette, charmante, à la « Paul de
Kock » qui, pour les essais de la «voiture
ailée», avait été tous ces temps derniers
le quartier général.
Et quand le coq «hanta, tout étant
prêt, et cependant qu'un phonographe,
comiquement matinal, nasillait le Pèïe
la Victoire,Vengin fut poussé sur la route,
de la place Hunebelle que bordent d'un
côté les premiers taillis du bois de Cla-
mart.
•Le soleil s'était enfui levé.-enflammant
un ciel sans nuages sans plus- tarder
nous allions voir a l'œuvre' l'étrange
véhicule qu'occupait seul pour l'instant
son conducteur Steiner.
Pour gagner le poiM de départ, il lui
fallait monter une .rude pente, de 10 à Èt
11 0/0. Dans le bourdonnement de son
hélice, lancée à plus de 2,000 tours, elle
l'escalada gaillardement, cependant que
dans des automobiles « vieux, style »
nous la suivions dans un, effroyable
tourbillon de poussière.
Au carrefour de Chatillon* -MM- Ber-
trand de Lesseps et Roux prirent place
dans la voiture moderne,qui pour notre
éducation nt quelques évolutions de
marcha avant et de marcfye arrière età
4 heures 35, après un joyeux au revoir et
les classiques souhaits de bonne route,
la «voiture ailée «fit son définitif Vdé-
marrage. Bien, vite elle fut en pleine ac-
tion, s'éloigna, diminua, devint un point
ne soulevant alors– phénomène curieux
mais, paraît-il, tout naturel aupune
poussière derrière elle, Et disparut dans
le lointain de la voie, ombragée.
De son premier voyage des nouvelles
suivantes me sont parvenues dans la
journée. Les voici
Joigny,
Tout va bien. Propulseur Cyrnos donne un
excellent rendement.
Charles Roux.
v Chalon-sur-Saône.
Le voyage se poursuit excellemment. Nous
quittons Chalon pour Lyon où nous espérons
être ce, soir. <
C'est décidément plus qu'un essai sportif
c'est l'inauguration d'un nouveau mode de
locomotion,
` Charles Roux.
C'est aussi mon avis. Et c'est, pour-
quoi avais tenu à être de la fête mémo-
rable.' '• ̃ -'̃
Frantz-Reichel. •.
D. H. Je reçois cette dépêche
Lyon, minuit 55.
Sommes arrivés Lyon à bon port.
Charles Roux.
Déclarations du chef albanais
Ismaïl Kémal bey
..aa.
J'ai eu la bonne fortune de m'entre-
tenir avec Ismaïl Kémal bey, le patriote
albanais dont on sait la compétence en
tout ce qui touche à la vie politique de
la Turquie et la grande influence en Aie
'bame« ;Les événements- graves qrai se
'p&sse.jike/j cjè^fljnent dap,s cette pariie:
•dÇ'J'^mptre ;ottomaa»et dont-lsîHaibrKe"ta
mal bey a bien voulu me parler, don-
nent une importance particulière1 à ses
déclarations.
La situation de la Turquie est mau-
vaise à tous points de vue, commença
Ismaïl Kémal. D'une façon générale, on
peut dire que la faute en est au gouver-
nement.;
» Aujourd'hui, de nouvelles difficultés
ont surgi en Albanie. C'est le soulève-
ment de ces dernières années avec, cette
'fois, l'appui d'une mutinerie militaire.
Qu'on ne s'y. trompe pas il ne s'agit
^nullement, en Albanie, d'un mouvement
;séparatiste qui donnerait un coup mortel
à la Turquie. Les Albanais ne demandent
qu'à conserver leur genre de vie, leurs
jtraditions, moyennant quoi l'Empire
peut compter sur eux, comme par le
passé. Le gouvernement constitutionnel
doit reconnaître l'existence des collecti-
vités et non pas seulement des indivi-
dualités mais plus qu'à' tout autre
peuple de l'Empire il fauk aux Albanais,
une Turquie forte, car l'effet du démem-
brement auquel aboutirait la prolonga-
tion de l'étal actuel de l'Empire, serait
évidemment le partage de leur petite
patrie.
» Ditçs bien que je a'ai rien-à dissimu-
ler, rien à ajouter; telle est franche-
ment la pensée albanaise. Je suis Alba-
nais et, par conséquent, je connais les
desiderata de mes concitoyens, Ils ne
déposeront pas les armes tant qtuls!
n'auront pas reçu satisfaction mais ils
me cherchent nullement à se séparer de
la Turquie. Ils sont servis à présent par
la mutinerie militaire avec laquelle in-
contestablement toute l'armée sympa-,
thise, 'mais ce mouvement viendrait-il
à se calmer, que les Albanais n'en coriti-
nueraient pas moins le leur.
On a parlé, fis-je de la date du 28
juillet jour anniversaire de la Constitu-
tion, comme point de départ du soulè-
vement de toute l'Albanie'.
En politique, me répond Ismaël
Kémal, ce que l'on prédit n'arrive ja-
mais, ce que je puis vous dire, c'est que
de très graves événements peuvent se
produire dans la quinzaine qui vient.
Que faut-il donc souhaiter? `-
D'abord que l'entourage du Sultan
et les dirigeants soient prbmptement
balayés.'H n'y a plus en Turquie nisou-
verameté du Sultan ni souveraineté na-
tionale. La Chambre, vous ne l'ignorez
pas, a été lors des élections composée
par les soins du Comité. Sa dissolution
s'impose. Il faut ensuite que l'armée ne
joue que le rôle pour lequel elle a été
créée; c'est-à-dire la défense du terri-
toire, et non pas la politique. Il faut
enfin que des ministres soient nommés
qui sachent réellement gouverner et qui
inspirent confiance à tout le pays.
Est-il vrai, demandai-je, que dans
ce cas Kiamil pàcha ait chance de reve-
nir au pouvoir?
i CertesKiamilpachaestleseùlhomme
politique apte à grouper autour de lui
les élements d'un gouvernement sérieux
et capable. Malgré son grand âge, son
activité est encore surprenante. Tandis
qu'en général, comme vous le savez, une
prestance un peu. pesante est consi-
dérée chez nous comme donnant de l'im-
portance aux gens qui doivent en avoir,
Kiamil pacha a toujours été vif et alerte.
Oui, je souhaite un tel homme-à mon
pays.
Sur cette parole je pris congé d'Ismaïl
'Kémal bey eUe remerciai en lui souhai-'
tant bon voyage, car il quitte Paris où il
compte beaucoup d'amis, pour aller loin
d'ici en rejoindre d'autres et s'entretenir
avec eux du sort de sa patrie.
André Duboscq.
IIS AFFAIRES MAROCAINES
tés négociations de'Madrtd `
̃ C|,A, OTÊfïTION \WÙ CHEMIN "PJ3 F SR «fiGLÉB
:•• MadrW, il juillet.
MM. Delure, Renduelles et Morales
ont terminé aujourd'hui l'étude' du prç|?-
jet de chemin de fer sur lequel ,l'«ic#r4
est désormais complet/; dans; les 'candi*
tions que j'ai déjà indiquée»; la conven'-
tion sera signée probablement demain,
Les. pourparlers sur le régime de! Tan4
ger restent ajournés jusqu'à nouvel
i ordre. L'Angleterre, qui avait proposé
'auparavant que lqs, 'délégués ne .discu^
tent jjuç les grandes .Ugoeg, de ce régime,
laissant au corps, consulaire de Tanger
le soin de rédiger uttpriéurenjent un
règlement détaillé, semble maintenant
d'avis de confier aux, négociateurs ac-
̃tuels l'élaboration complète de ce règle-
ment, sans doute afin d'éviter les in-
convénients que signalait .votre cotres-
poada,itt de Tanger d'una discussion sur
place,-
Les milieux espagnols s'étonnent que
le rapport de M- Baudin nie l'existence
du privilège des franciscains espagnols
au Maroc et l'utilité de négocier à Ma-
drid à ce sujet, car, dit-on, ce privilège
résulte -des traités hispano-marocains de
1799, de 1860 et de 1861, et de l'attribu-
tion par le Saint-Siège, au dix-septième
siècle, des missions marocaines à la
province franciscaine espagnole de San
Diego. Il est vrai que ce privilège n'a
pas de caractère exclusif, mais la France
devrait toujours négocier avec l'Espagne
pour s'assurer, sinon le droit strict d in-
troduire des missionnaires français au
Maroc, du moins la non-opposition de
l'Espagne au remplacement éventuel de
religieux espagnols par des religieux
français dans sa zone.
La question est d'ailleurs virtuelle-
ment résolue puisque l'Espagne a'ac-
cepté la formule française stipulant la
reconnaissance par la France des pro-,
P'riétés des missions espagnoles dans sa
zone et la non-opposition de l'Espagne
de l'envoi de religieux français au lieu
des siens sous réserve de remplacer le
mot franciscains dans là formule fran-
çaise par celui plus général de religieux.
M. (juiot et le marquis Cortina ont
continué'à traiter des compensations fi-
nancières. Guillen.
Les opérations militaires
.•"̃ Fez, 10 juillet.
Le général Gouraud et l'échelon léger
avec lequel il a remporté sur le Rogui
les succes du 6 et du 7 ont rejoint le 8
les unités et le convoi restés au bivouac
sur le Sebou, à Bou-Reis.
Une partie des populations Cheraga a
fait sa soumission. Le général continuera
ces jours-ci à régler les questions Che-
ragà, Ouled Aïssa et Hedjaoua. La dis-
lpcation des bandes Djebala du Rogui,
sa, la.;SU;itevdu .combat du 7, est çonfir-
̃méey; -V> ̃ • ̃ '̃ •'• '•' ̃'̃̃
Le générât Gtouraud sera' à Fez dans à.
quelques jours.
Une canonnade est, entendue dans la
direction de Sefrou. Un combat y serait
engagé depuis ce matin.
Les détails manquent.
Dans le Sud
;̃ Tanger, 11 juillet.
Suivant des renseignements de source
indigène transmis de Mazagan, un vio-
lent combat a eu lieu, hier, à Souk-
Tleta-de-Sidi-Benour, chez les Beni-
Amran..
On signale de nombreux morts. Le
marché a été pillé.
La région de Mazagan est agitée.
A l'Etranger
L'alliance franco-russe
Saint-Pétersbourg, 11 juillet.
Dans > son édition du soir, le Novoïé Vréf-
mia dit que M. Sasonoff, recevant après l'en-
tre.v.ue de Port-Baltique, M. Louis, ambassa-
deur de France, lui a déclaré que lu politique
russe ne subira aucun changement et qu'elle
restera basée sur l'alliance franco-russe et
Ventent&»anglo^Fttsse. ••
La Novçtié Vrémia croit savoir que les dé-
clarations de M. Sazonoff ont été si catégori-
ques qu'elles mettent un à tous les bruits
malveillants.
Le journal ajoute qu'un accueil brillant et
cordial attend M. Poincaré à Saint-Péters-
bourg.
Les monarchistes portugais
Madrid, il juillet,
Quoique les dépêches officielles annoncent
une tranquillité complète sur la frontière,
des nouvelles particulières d Orense, peu
vraisemblables pourtant, assurent que le ca-
pitaine Païva-Conceiro, malgré la perte de
53 morts dont 2 lieutenants, dans 1 attaque
de Ghaves, se maintient près de Villareal,
et que les royalistes auraient même incen-
dié Braga..
Dos automobiles continuent à passer la
frontière près de laquelle campent des grou-
pes monarchistes.
Le ministre de l'intérieur a conféré avec
les chefs oarlistes Llorens et Feliu pour leur
signifier la résolution du gouvernement de
réprimer toute aide aux conspirateurs.
'Le gouverneur d'Orense est destitué; celui
d'Avilla permute avec celui de Pontevedra.
Les familles d'émigrés portugais se plai-
gnent que les mesures répressives en Espa-
gne atteignent les réfugiés pacifiques dont
plusieurs prêtres.
La femme du capitaine Païva est arrivée
à Salanianquo, anxieuse du sort de son mari.
Les nouvelles d'Orense prétendent que le
capitaine Païva a repoussé les républicains
près de Soutclinho et que le gouverneur Va-
lanca est arrêté comme impliqué dans la
conspiration. Gùillen.
Lisbonne, 11 juillet.
Les révoltés de Cabeceiras-do-Basto sont
à Cavez et à Moimenta, munis d'armes de
guerre et aussi de piques, de faux et de
serpes; ils semblent disposés à aller renfor-
cer les restes des bandes de Païva Couceiro,
qui se sont réfugiées da^ns les montagnes de,
Larouco, élevées de près de 2,000 mètres au-
dessus du niveau de la mer.
Le curé de Gabeceiras-do-Basto a réussi à
armer et à entraîner avec lui environ -800
hommes, ne laissant dans la localité que les
femmes, les enfants et les vieillard3i.
̃•••̃̃̃-• Chavès, juillet.
Les républicains se sont emparés d'une
mitrailleuse et de munitions, ainsi que
d'une correspondance abandonnée par les
•royalistes.
Trois royalistes blessés., sont entrés à Tûô-
pital militaire. On a photographié, hier, le
prisonnier Almoida. La ville de Chavès est
calme.
La situation en Turquie
Çonstftntinople, 11 juillet.
Ojj. n'a toujours pas de ministre de la
guerre.
On avait songé ô, Izzet pacha, qui com-
-mande actuellement les troupes de l'Yêrai»,
mais on y a renoncé à eause des difficulté
que présente le voyage de l'Yémen à Gôns-
t&ntifiople, Y » •
On, reparle de Nftzim pacha qui a refusé
deux fois hier la succession de Mahmoud
Chëfket et on espère .son acceptation..
D'après des bruits mis en circulation dans.
les sphèr-33 de l'opposition, le mouvement'
qui semtfntfoste parmi les officiers Se pro
page aussi maintenant dans le corps d'armée
de Damas. t)eux officiers, qui avaient été
arrêtés parce qu'ils avaient fait des décla-
rations antigouverneixteptales, auraient été
remis en liberté.
On annonce officiellement que les déser-
teurs de Monastir ont offert de rentrer, à-
condition qu'on leur pardonne mais le gou-
vernement veut la reddition sans condition.
Des dépêches officielles do la Porte annon-
cent que lèrs communications avec Seutari et
Tirana sont rétablies. L'ordre est assuré.
Le vali de Kossovo annonce qu'un combat
a eu lieu le 6 juillet entré les troupes et les
Albanais, ces derniers commandés par Baï-
ram-Zour et Riza bey, prés de Hass.Les
Albanais ont été dispersés avec de grandes,
pertes. Les Turcs ont eu sept tués ou blessés.
Les indemnités cubaines
Washington, 11 juillet.
Le gouvernement américain a conseillé
officiellement.au gouvernement cubain d'ac-
cepter la proposition anglo-franco-allemande
qui consiste a faire trancher sans retard par
trois membres de la cour de La Haye la
question de savoir si Cuba est responsable
en droit des dommages commis par les ar-
mées de l'indépendance envers les neutres.
Le Canal de Panama
New-York, 11 juillet.
On mande de Washington à la Tribune que
la Grande-Bretagne a télégraphié au dépar-
tement d'Etat pour le prier d'ajourner la dis-
cussion du projet concernant le canal de
Panama jusqu'à ce qu'elle ait pu lui faire
parvenir la protestation dans laquelle elle
enumère les dispositions considérées comme
contraires aux intérêts et aux droits des su-
jets britanniques.
On croit qu'en raison des nombreux projets
dont le Sénat est saisi, la protestation arri-
vera avant que le Sénat puisse aborder la
prise en considération du projet.. :•
Une belle dent
Berlin, 11 juillet;
On a découvert dans une sablière près
d'Oberbillig, une dent de mammouth mesu-
rant 2 m. 70 de long et 60 centimètres de
contour. Son poids est de 33 kilogrammes.
_-»t.
COURTES DÉPÊCHES
Le Khédive est arrivé à Genève pour y
faire son séjour habituel.
Le ministre de la marine de Russie est
parti pour Revel, où il va poser la première
pierre du port militaire.
Le Parlement portugais clos sarsession
Mer matin.
M. Camille Barrère, ambassadeur de
France, est rentré à Rome pour les fêtes du
14 juillet.
̃ On annonce officiellement que le conseil-
ler d'ambassade russe à Paris, M. Demidoff,
est nommé ministre dër Russie, à Athènes..
Le congrès international d'éléôtrôlogie
et dé- r«dtoiogief>q«i-KieVaiferse4erfiîi à -Ptfague
à la fin du mois, est ajourné au-3 octobre..
Un tremblement de terre, qui n'a cause
ni accidents, ni dégâts, a été ressenti hier à
Huelva (Espagne).
Un orage de grêle d'une violence ex-
traordinaire a tué onze enfants et cinquante
chevaux à Piatigorsk (Russie).
Huit mineurs ont péri dans une explo^
sion dans la Virginie occidentale.
L'union ouvrière de Zurich a voté la
grève générale de vingt-quatre heures qui
commencera demain matin, pour protester
contre l'entrée en Suisse d'ouvriers de mora-
lité douteuse.
Figaro à Londres
LA GRÈVE
Londres, il juillet
La situation empire sur les bords de la
Tamise, On signale aujourd'hui de nouveaux
actes de violence et la vie des jaunes est pé-
rieusement en danger. A moins que les pa-
trons, satisfaits de leur victoire, n'aient un
geste généreux, le contlit menace de s'éterni-
ser. D'autre part, il est bien certain que si
les grévistes sont obligés de céder sans avoir
obtenu des autorités du port de Londres que
leur Fédération soit reconnue et sans le
moindre avantage moral sinon matériel, il
en résultera un état dangereux d'animosité
et de haine qui amènera d'autres troubles à
brève échéance. La situation est très grave
et la presse conservatrice elle-même com-
mence a prêcher aux patrons le pardon des
injures.
LA COUR ET Lft VIL-LE
Un temps superbe a favorisé la garden
party donnée cet après-midi par Mrs Asquith
et le premier ministre, dans le ravissant jar-
din de la résidence présidentielle de Dow-
ning St,teet. Le premier ministre et sa char-
mante femme recevaient leurs invités sur la
terrasse qui domine la pelouse bientôt trop
petite pour contenir la foule de leurs amis.
Reconnu
Les ambassadeurs de France, de Russie, d'Au-
triche-Hongrie, d'Allemagne, le ministre du Bré-
sil et Mme d'Oliveira, le ministre du Portugal,
le ministre de Liberia et Mme Crometyn, tous
les membres du cabinet, sir Louis Mallét, sir
Charles Murray, sir Charles Wyndham, M. Ar-
thur Bourchier, l'Hon. Mr Alfreds Lyttelton, M.
Le Sourd, sir Alfred et lady Mond, lady Henry et
lady Horner, miss Irène Yanbrugh, etc.
Cet après-midi a été célébré, à l'église
Saint-Martin's in the Field, le mariage de
miss Viola Tree, fille aînée de sir Herbert et
de lady Tree, avec M. Alan Parsons. L'évê-
que de Londres officiait. Parmi les per-
sonnalités présentes à' l'église le pre-
mier ministre et Mrs Asquith, duchesse
de Rutland, lady Desborough, comtesse
douairière de Leicester, comtesse douairière
de Chesterfleld, lady Marjorie Manners,
marquis d'Anglesey, marquis de Granby,
l'Hon.Mrs Alfred Lyttelton. Une foule énorme
avait envahi les alentours de l'église et pen-
dant près d'une heure intercepta presque
complètement la circulation, ce fut une des
plus brillantes cérémonie de mariages de la
saison. J. Coudurier
Amérique latine
AU MEXIQUE
Mexico, M juillet.
L'exevcke fiscal. Le ministre des finan-
ces a annoncé au Conseil des ministres que
l'exercice fiscal 1911-1912 s'est fermé par un
excédent des recettes sur les dépenses chiffré
par cinq millions de piastres. Le président de
la République et tous les ministres ont féli-
cité vivement M. Ernesto Madej» de cet
excellent résultat-
Voies de communication. Les travaux de-
transforiQation de la traction à vapeur des
tramways de Pachuca en traction électrique
ont commencé. Les' voitures électriques se-
ront mises en service, au mois d'août pro-
chain, v
Dans le but de pousser très activement
les travaux du chemin de fer panaméricain,
les chemins de fer du Guatemala efïa com-
pagnie principale des chemins de fer du Sal-
vador viennent de fusionner en une seule
compagnie sous, le nom de Fervocarriles in-
ternaçimales 4$ Centro Atmrica,
Cette compagnie vignt d'émettre à Londres
pour 25 millions de francs de bons de 5 0/0.
Elle a obtenu dans les deux Républiques
toutes les concessions nécessaires, et va en-
treprendre la jonction des lignes mexicaines,
guatémaltèques et salvadoriennes.
La ligne va jusqu'à Mariscal, sur la, fron-
tière du Guatemala.
La ligne guatémaltèque atteint Las Cruses,
à 68 kilomètres • &&' Màriscàl.; Las travaux
pour établir la ligne qui doit relier ces deux
chemins de fer sont déjà fort avancés.
De l'établissemont de communications par
voies ferrées entre le Mexique, Je Guatemala
et le Salvador, il .résultera de grands avan-
tages ces deux derniers pays constitueront
de bons débouchés pour les produits mexi-
oains. En outre, les chemins de fer du Mexi-
que verront augmenter leurs recettes, par
suite du transit des marchandises du Guate-
mala et du Salvador vers les. ports mexicains
qu vers les Etats-Unis.
•– Les réparations du chemin de fer de
Yéra-Cruz à l'isthme seront terminées inces-
samment. -••' ̃
.-̃; Atf BRESil.
Rio-de-J&neiro, 11 juillet,
Le Lloyd brésilien. Le gouvernement a
résolu d'administrer, en régie direçta, la com-
pagnie nationale de navigation du Lloyd
brésilien..
Colonisation. La Cour des comptes, d'ac-
cord avec le décret de février dernier et con-
formément au plan du ministre de l'agricul.
ture, a.enregistré le premier crédit affecté à
la valorisation du caoutchouc et des autres
produits des Etats du Nord du Brésil.
Un crédit de 8,000 centos servira à la cons-
truction de chemins de fer, de routes, de ca-
naux, à des travaux de mise en état de navi-
gabilité des rivières, à la création de champs
d'expériences dans les centres coloniauy et à
la réduction des impôts qui grèvent les di-
vers produits,
Les travaux commenceront incessamment.
AU CHILI
Santiago-du-Chili, 11 juillet..
Commission. Etant donnée l'importance
de la question des chemins de fer fiscaux
dont les frais annuels dépassent 80. millions
non couverts par. les recettes des services, la
Chambre des députés, d'accord avec le gou-
vernement, a nommé une commission char-
gée d'étudier les causes de cette situation et
do procéder à leur réorganisation.
Décision. Le gouvernement a décidé de
prendre part au congrès de la pêche qui
aura lieu à Bruxelles et de désigner un délé-
gué chilien.
Décès. A la suite du décès de l'amiral
Latorre, le Sénat décida qu'à titre d'honneur
des délégations des Chambres assisteront
aux obsèques.
Dreadnought. Un des dreadnoughts en
construction en Angleterre sera baptisé du
nom de Latorre.
DANS L'ARGENTINE
Buenos-Aires, 11 juillet.
Les paquebots Cap- Vilano et Cordoba sont
entrés en collision dans le canal du port.
Le Cordoba, gravement avarié, a été échoué
sur un banc.
Le Cap-Vilano qui est indemne a pour-
suivi Son voyage après inspection.
JOURNAUUT REVUES
Mélancolies républicaines
Je ne dis pas que la représentation
proportionnelle soit une bonne chose.
Mais. une bonne chose, très comique,
c'est le chagrin de ces vieux « arrondis-
sementiers » qui annoncent la fin du
monde parce qu'ils craignent leur avenir
un peu compromis.
La Lanterne est voilée de crêpe et le
Radical est en berne.
n faut voir ces radicaux attendris, na-
guère si ardents, mettre aujourd'hui
leur suprême confiance et leur ultime
espoir dans ce même Sénat que leur
flambante jeunesse détesta.
La Lanterne dit que la séance d'avant-
hier lui fut « particulièrement pénible »,
Pour, tâcher de se consoler, elle trouve
que 339 voix pour la réforme, c'est peu;
et que 217 voix contre la. réforme, c'est
beaucoup.
Ingénieuse dialectique; mais si exces-
sivement subtile que l'inventeur lui-
même ne s'y laisse pas séduire, Il est
mélancolique.
Deux cent dix-sept républicains re-
marque-t-il. Deux cent dix-sept républi-
cains adversaires d'une réforme qui est
votée et qui, désormais, réglera le sort
de nos élus, leur sort
Et, dit la Lanterne, voilà le parti ré-
publicain divisé. Elle s'en désole, comme e
si, depuis le temps que le parti républi-
cain n'a plus aucune cohésion, elle n'a-
vait pas eu le temps de se faire une rai-
son, de s'en faire mille.
Et elle dit que les « arrondîssemen-
tierst » furent maladroits. Comment cela?
Ils n'étaient pas d'accord, entre eux les
uns ne voulaient absolument pas lâcher
le bel et bon arrondissement les autres
acceptaient le « quotient » etc. Bref, si
les deux cent dix-sept ne sont pas d'ac-
cord, entre eux, qu'est-ce que c'est en
vérité que ce bataillon d'honneur du ra-
dicalisme ? Peu de chose!
La Lanterne s'attriste, alors, avec jus-
tesse. Elle plaint les 217. Les 217 sont à
plaindre le vieux scrutin leur avait
réussi; mais, le nouveau scrutin?.
Ils ont devant eux l'inconnu. Ils n'ai-
ment pas ça.
André Beaunier.
1-'1
La Presse de ce matin
Le Journal officiel publie ce matin
Une loi distrayant la- section du Pont-Chré-
tien-Chabenet de la commune de Saint-Marcel
(canton d'Argenton) arrondissement de Château-
roux (Indre), pour l'ériger en municipalité dis-
tincte.
Une loi attribuant à la marine un contingent
supplémentaire de décorations de la Légion
d'honneur.
Un décret érigeant en station hydrominérale,
la commune de Chatelguyon (Puy-de-Dôme) et
créant dans cette commune une chambre d'in-
dustrie thermale.
Un décret aux termes duquel M. Vezia est
nommé courtier d'assurances à Cordeaux, en rem-
placement de M. Cornu, démissionnaire,
UEcMr, de M. Judet
La .réforme électorale; >•
Si le gouvernement connaît sa force, utilise
l'appui du pays, parle haut et marche sur l'obs-
tacle, il risquera une partie sérieuse, mais une
partie qui ne se gagne qu'à condition de ris-
quer. A l'audace nerveuse dont Clemenceau
croit avoir le secret et le monopole, il suffira
d'opposer la fermeté tranquille d'une volonté
inébranlable. Il n'y a pas de doute que l'opi-
i'nîonserà derrière ïtf. Poincaré; quand il" forcera
le Sénat à choisir entre une concession aux
faits presque accomplis et une rébellion à se
casser le cou.
h& Gaulois
Ce n'est pas encore le cas; mais il faut re-
contfaîlre qu'avec la loi électorale nouvelle, si
le Sétiatne la modifie pas outre mesure, surtout
si elle est honnêtement appliquée, la France ne
sera plus pour les républicains un champ d'ex-,
ploitation aussi fructueux que par le passe.
La Petite République: >\
La réforme électorale est votée. C'en est fini
de cette discussion, qu'une obstruction mala-
droite a prolongée sans avantage pendant plu-
sieurs années et durant trois ministères. Les
proportionnalistes triomphent grâce a leur téna-
cité, à leur inlassable patience, griiçov aussi à la
nécessaire intervention du cabinet Poincaré.
Le Soleil;
Si le Sénat résistait,' le pays le briserait.; s'il
osait braver l'opinion, elle se soulèverait et se
chargerait de prouver aux sénateurs que, n'ayant
pas su remplir leur rôle quand il s'agissait des
intérêts généraux du pays, ils sont mal venus à
se révolter quand les intérêts électoraux des dé-
putés sont seuls engagés, et dans une question
ou seul le suffrage universel a le droit de se
prononcer..
VIENT DE PARAITRE
IdArH^pI'LaureiitEvr3rd.(Grasset)3f5o.)
UNE BELLE JOURNÉE D'AVIATION
1. A EN6HIEN-LES-BAINS
Mlle Hélène Dutrieu et Maurice Chevil-
liard exécutent au-dessus du lac des
vols remarquables.
II nous suffisait de savoir, en nous
rendant hier à Enghien-les-Bains, que: v
Mlle Hélène Dutrieu et Maurice Chevil-
liard évolueraient tour à tour au-dessus
du lac sur leur hydroaéroplane, pour
imaginer une après-midi fort attrayante.
Nous ne mettrons pas d'amour-propre à
reconnaître que cependant nous fumes
surpris tant il se trouva de gens qui
avaient jugé de la même'façori que nous.
Ils n'eurent pas à le regretter, d'abord
parce qu'ils ne furent pas déçus, puis à
cause de la fraîcheur qui les enveloppa
dès les abords du lac, fraîcheur déli-
cieuse par cette journée torride.
11 y avait donc foule sous les ombrages
qui avoisinent le Casino municipale!:
alentour du kiosque où se tenait là mu-
sique, quand vers trois heures, nûiis
prîmes au bout de la jetée le canot qui
mène à 1 île des Cygnes, l'île mystérieuse
où le grand oiseau blanc se'cache jusqu'à
son envolée. 1
Tout se fait du reste d'une façon
charmante dans ce pays heureux. Le
hangar traditionnel n'a du hangar ;qtfe,
l'appareil immobile, l'indispensable boîte
d'outils, et une escouade de bidons d'es-i
sence. Hors cela il a tout l'air d'un sa-
lon improvisé où l'on s'entretiendrait de
choses insignifiantes et gentilles. Sur un
étroit radeau amarré par une eprde au
plancher du hangar, deux dames assi-
ses sur des chaises de fer causent en dé
petites phrases coupées de longs silen-
ces. L'une de ces dames est Mlle Hé-
lèneDutrieu. Tout à côté dans un angle,
trois personnes échangent leurs impres-;
stons.: G'est Maurice CheviHiard que deux
arejï# stklt v«îïus; voir." ̃ ̃̃̃;̃̃ ̃•
l &,Mur'es: Lexotip:de;'cânon Habt-;
tu'ël. Cependant n'allez pas croire que.flg,4
terrible coup de canon qui sort d'un*
tout petit instrument, mais qui fait un
bruit effroyable, provoque parmiles ca-
notiers une fuite éperdue. L'hydroaéro-
plane est si souple, si docile entre les
mains de ses deux- maîtres qu'il ne' fait
point peur et c'est, nonchalamment,
comme à regret, que les promeneurs re-
gagnent les rives à petits battements de
rames. ̃
Maurice Chevilliard ôte son veston;
glisse les bras dans une matelassure et,
nue-tête, grimpe sur son siège. Second
coup de canon qui n'affolé que les ca-
nards et réponse du 50-chevaux' Gnome
qui se met a tourner, entraînant l'hélice
Normale dans sa course folle. Un geste
équivalent au « lâchez tout » des aéro-
nautes, un bruit, de moulin à café qui
nous fait apercevoir un opérateur de
cinématographe, une glissade qui laisse
derrière elle deux sillons d'écume' flo-
conneuse/un élégant demi-cercle vers
la jetée, enfin l'envolée irrésistible du
grand oiseau qui monte vers le soleil au
milieu d'acclamations que domine la
ronflement du moteur.
Quelques secondes et l'appareil est
déjà loin au-dessus des arbres qui- bor-
dent l'autre extrémité du lac. Il vire,,
revient, nous passe fièrement au-dessus
de la tête, dessine une courbe qui le ràrr
mène vers le casino et tout à coup s'in-,
clinesur la gauche, penche, penche a
faire peur. La minute est angoissante..
Mais,ce n'est là qu'un des mille et quel-
ques tours de force dont le merveilleux
pilote est coutumier. Cette manœuvre1
follement audacieuse, c'est un virage
qui place 'le docile appareil face à l'île
des Cygnes, et ce virage s'achève par
une descente très douce et un retour'
précis vers le hangar. ̃
6 heures. Nouvelle sortie. Nous
n'essaierons pas de la raconter. Nous
dirons simplement qu'il est impossible
de concevoir pire défi à l'équilibre que
celui auquel Maurice Chevilliard nous fit °
assister pendant quelques minutes. Un
petit incident le prouvera. Comme lHn-
fernal pilote exécute brusquement une
descente piquée à vertigineuse allure, la-
plupart des personnes présentes croient
qu'il tombe et le passeur, tout en pous-
sant des « Ah mon Dieu Ah mon
Dieu, le pauvre garçon! » saute sur sa
barque pour aller à son secours. Mais,
Chevilliard s'enlève de nouveau et c'est--
alors, en même temps que des rires
nerveux de gens qui ont eu bien peur,
une ovation monstre tout le long de la
rive.
L'honneur du dernier'voi revient à
Mlle Hélène Dutrieu. Drôle et mignonne
sous sa combinaison de toile cachou,
elle prend le'départ à. son tour, vers six
heures et demie, et la foule témoigne
sa satisfaction par une immédiate cla-
meur. Elle allait être récompensée de ce
geste aimable. Avec sa belle audace,
Mlle Hélène Dutrieu accomplit une re-
connaissance lointaine, vire, lorsqu'elle
n'est plus à l'horizon qu'un petit point
noir et redescend au lae à pleine vi-
tesse. De tous les pontons, c'est une.-
échappée de barques vers l'hydroàéro-
plane, et Mlle Dutrieu 'rejoint la rive
au milieu d'une escorte courtoise et en-
thousiaste.
Il est sept heures bientôt. Et l'heure
du dîner passera, pour beaucoup, sans
qu'ils y songent, tant il fait bon se re*
mémorer cette journée magnifique déns-
la fraîcheur qui monte du lac.
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