Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1910-05-26
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 26 mai 1910 26 mai 1910
Description : 1910/05/26 (Numéro 146). 1910/05/26 (Numéro 146).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Description : Collection numérique : France-Brésil Collection numérique : France-Brésil
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k288846n
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
56* Année 3* Série N0 146
̃ •̃̃.̃ 1. V
le Numéro quotidien == SEINE &SEINE-ET-OISE 15 centimes = DEPARTEMENTS 20 centimes
'Jeudi 26 Mai 1910
Gaston. CALMETTE
Directeur-Gérant
H. DE VILLEMESSANT `
1 Fondateur
RÉDACTION ADMINISTRATION
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RÉDACTION- ADMINISTRATION;
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« Loué par ceux-ci, blâmé par ceux-là, me moquant des sots, bravant les méchants, ja me hâta
de rire de tout. de peur d'être obligé d'en pleurer. » (Beaumarchais.)
SOMMAIBE
L'utile et l'inutile Fœmina. y
La Vie de Paris Une causerie d'Edmond Ros-
itand; GEORGES Bourdon.
Le roi de Portugal à Paris Ch. Da.uza.ts.
La .lission chinoise Frantz-Reighel.
A l'Etranger.: La nouvelle. situation en Angle-
terre RAYMOND RECOULY.
Dessin te prix du ténor ABEL Faivre.
Aux £co/es A .la Faculté de médecine Jac-
ques-Pierre.
Le Monde religieux: Pour la liberté de Vensei-
gnement Julien de Narfon.
LesUeurs .• Gh. Dauzats.
La grève de Méry-sur-Oise André Nède.
Journaux et Revues André Beaunier.
La Vie artistique Arsène ALEXANDRÉ.
Gazette des tribunaux Les assassins de Mme
Goùin .Georges CLARETIE.
Courrier de la Bourse Armand YVEL.
Feuilleton Une passion JACQUES MORIAN.
L'Utile et l'Inutile I
Lundi, j'ai passé l'après-midi a écrire
un article sur la charité– on devine à quel
propos. Dans cet article se rencontraient:
un. parallèle entre sainte Elisabeth de
Hongrie et la Sœur Candide; mon sen-
timent, particulier sur la bienfaisance,
telle que la pratiquaient les guildes du
moyen âge d'abondantes- descriptions
de ces/antiques maisons de retraite, vê-
tues de lierres et de roses; qu'on voit en
Angleterre; quelques hypothèses d'une
grande audace sur les sentiments se-
crets de Nicolas Rollin, chancelier de
Bourgogne et fondateur du merveilleux
hôpital de Beaune, cent choses, enfin,
assez hétéroclites. Je m'étais appliquée!
Et puismardi matin, en ouvrant le Figaro,
j'y ai trouvé l'article que j'aurais bien
vqùIu et n'aurais hélas! pas su faire, sur
ce difficile sujet. En le lisant, je me suis
rappelé ce conte suédois, où un certain
génie subtil vient visiter un petit gar-
çon sage mais un peu niais, auquel il en-
seigne mainte chose. Entre autres servi-
ces, le génie, savant calligraphe, rend à
son élève celui de remettre en une
forme parfaite les lettres tortues, dislo-
qnjée^s.qu.e Jgs, doigts malhabiles du petit
ijoTnbommê tracent sur ses cahiers parmi
(les tâches d'enere, et à ces gribouillages
illisibles substitue de beaux caractères
précis. J'ai jeté au panier Elisabeth de
Hongrie, la Sœur Candide, Nicolas Rol-
lin, les guildes et le reste, après quoi j'ai
soudain éprouvé une immense fatigue.
D'où venait-elle? De la conscience
d'avoir travaillé pour rien ?. On ne sau-
rait travailler pour rien Car le résultat
n'importe pas, mais le travail lui-même,
qui inévitablement règle la sensibilité et
tonifie l'esprit.Cependant,-comme nous
cherchons toujours des prétextes à nos
besoins, -il est généralement convenu
que si l'on écrit c'est afin qu'on vous
lise. On ne lira jamais l'article du pa-
nier, donc, malgré mon plaisir à l'ou-
'vràge, j'ai quand même produit une
chose inutile. De là cette lassitude, dont,
au reste,l'extrême illogisme ne m'échappe
pas. Je sais avec certitude que la seule
utilité de mes écritures consiste dans la
joie que je trouve à écrire. Et cette joie,
je l'aie eue. Tout de même, je suis fa-
tiguée 1
#~
Ce ne sont pas les grandes détresses
qui rendent la vie intolérable, c'est le
sentiment de l'inutile, tragique dans
certains cas, et d'ordinaire fade à écœu-
rer. On endure les plus atroces douleurs,
on porte les plus lourds sacrifices,
pourvu qu'il ne s'y mêle pas. Non seu-
lement il inhibe les forces accumulées
sur un point et pour un but particuliers,
̃mais il atteint la source de toute force.
Or, il ne repose sur aucune réalité. C'est
purement une impression morbide. Les
enfants ne le connaissent pas, et les
gens robustes le limitent à cela seul qui
entrave leur développement.
Certes, les faits ne prennent pas tou-
jours'la.forme qu'on prétend leur impo-
ser, les résultats sont souvent contraires à
ceux qu'on attendait et bien du temps pa-
;raît perdu. Songeant aux luttes, à la pa-
tience, au courage aboutis en déceptions,
on dit: « C'était inutile »,et, pendant une
heure, ou toute une existence on
reste affaibli, l'énergie brisée. Comme
on'atqrt! Excepté l'assassinat et le sui-
cide, rien en soi n'est inutile. Ou pres-
que rien. Seulement il faudrait un pro-
digieux effort de l'esprit pour accepter
une pareille notion. On recule devant
cet effort-là, et on continue de déclarer
« utiles » ou « inutiles » des actes qui, la
plupart du temps, n'étaient ni ceci ni
cela, car notre connaissance de l'un et
de 'l'autre demeure également incer-
taine.
..• ̃#
Tout ce qui assure notre durée, tout
ce que nos responsabilités nous impo-
sent est utile. Evidemment. Mais dis-
tinguons-nous sans erreur quelles dé-
marches, quelles opérations, quelles
habitudes s'adaptent véritablement à
ces fins? Il semble que non Quand,
à l'automne de la vie, on examine les
efforts qui vous ont bien servi, mené
quelque part, perfectionné, agrandi, pro-
curé du bonheur, on en trouve un très
petit nombre, parmi une multitude
d'autres, qui, accomplis avec la convic-
lion que tout dépendait d'eux, n'ont ce-
pendant donné aucun résultat. On dé-
couvre même parfois que les minutes
où, détaché, inerte, on laissait les évé-
nements agir et suivre leur pente, vous
ont préparé des succès qu une inter-
vention ardente, ou raisonnée et d'ap-
parence logique eût compromis. Per-
sonne n'est capable de discerner sûre-
ment et à tout coup ce qui lui est néces-
saire, puisque personne ne sait ni l'a-
venir, ni le passé, ni l'âme des autres ni
.la sienne, et alors utile et inutile, ce sont t
des classifications arbitraires. Du reste,
elles ne résultent pas de la fantaisie in-
dividuelle.et libre, mais d'une manifes-
tation, de la défense vitale.
Nous appelons « utile » tout ce qui fa-
vorise l'automatisme, inutile tout ce qui
le perturbe.
Si nous exécutons par milliers des
gestes qui ne. s'appliquent ni à notre
plaisir, ni à notre intérêt, si nous les
tenons pour indispensables, c'est que,
les ayant répétés plusieurs fois, il nous
devient possible de les recommencer en-
core, sans que notre attention y parti-
cipe.
La vie en société donne aux nerfs et
aux cerveaux une maladie chronique
la fatigue.. Elle est si générale, si inévi-
table, qu'à moins de crise aiguë on ne
cherche pas à la guérir, mais seulement
à en atténuer les effets. Dès la jeunesse,
tout en nous tend vers le repos. Non le
repos du lit, du bon fauteuil, du silence
et de la solitude. Un repos précaire et
fréquent, pris au milieu de la foule, dans
l'activité du travail, pendant une conver-
sation. Le repos que procurent l'engour-
dissement de la distraction, la mollesse
des habitudes, et d'autres méthodes en-
core. Comme par exemple les formules
depolitesse,pendantl'échangedesquelles
on cesse de penser, les lieux communs,
redites et plaisanteries classiques, d'un
résultat pareil et la rencontre des
mêmes personnes aux mêmes endroits;
et l'agitation tout extérieure qui em-
pêche les impressions d'arriver' jus-
qu'aux centres profonds, et l'encombre-
ment des heures qui ôte toute impor-
tance aux images brèves et nombreuses..
Tout cela qui évite la surprise, le choc
rendu plus vif par la présence d'êtres
dont les manières et les âmes diffèrent
des nôtres; tout cela qui supprime la
pénible nécessité de penser et de sentir
ce que la veille on ne sentait et ne pen-
sait pas, nous le recherchons comme
une sauvegarde de ce sommeil partiel,
grâce à quoi sans le savoir! nous
espérons résister à l'usure.
Les rapports mondains sont organisés
dans le but inconscient de protéger
ce sommeil équivoque. Et aussi'tant
d'occupations intellectuelles, qui laissent
l'esprit en une torpeur complète expo-
sitions où on regarde sans voir; concerts
où chacun perçoit ce qui lui est familier
et refuse le reste, tout en feignant de
l'accepter avec un enthousiasme em-
prunté au voisin qui l'a pris d'un autre;
conventions subies, non qu'elles pa-
raissent parfaites ou plaisantes, on
n'a pas songé à en faire la critique,
mais parce qu'elles sont là.
Mis à part l'alimentation, l'instinct de
continuer sa race, les soins de sa for-
tune, les volontés transitoires de la pas-
sion la passion est le suprême état
de veille nous décrétons utile ce qui
ne fait pas appel à notre attention, et
inutile ce qui brise la continuité du cher
sommeil.
**#
Je voudrais donner un exemple du ma-
laise que nous occasionne la moindre
nécessité de sortir du prévu où nous
nous reposons. Parfois on décide d'aller
voir une personne ennuyeuse. On croit,
que c'est nécessaire D'ailleurs si on
s'interroge, on ne découvre aucun motif
qui justifie cette opinion. On va voir
la dame assommante parce qu'on 'y est
allé déjà, parce qu'on trouve ça plus
facile que de réfléchir aux motifs qu'on
aurait d'éviter cette épreuve on y va
par automatisme. L'ennuyeuse personne
n'est pas chez elle. La carte laissée à sa
porte suffit à vous libérer de toute autre
démarche. On est ravi ? Quelquefois.
Pas toujours Il arrive, chose à peine
croyable et que bien des gens se rap-
pelleront avoir éprouvée, il arrive
qu'on reste déçu, désemparé, en face
d'une si heureuse fortune. On, ne sait
que faire des platitudes amassées en
vue de la rencontre. Le temps que
vous laisse cette visite manquée, on
n'en trouve pas l'emploi. Il semble pour
un moment que tout l'objet de la vie
c'était de voir et d'entendre la fastidieuse
dame. Où aller? Un découragement sou-
dain vous détourne des courses aux-
quelles on songe avec un dégoût singu-
lier. On a fait un gest^ inutile En quoi
l'eût-il été moins, si on avait joint une
personne à qui l'on ne trouve ni charme
ni intérêt?. Cette visite sans profit, sans
plaisir, devait être, vous le devinez bien,
une période de sommeil. On a le sens de
l'inutile, parce que, jeté hors de l'at-
tendu, on doit choisir un nouvel em-
ploi de l'heure, réveiller son attention.
Ce qui nous paraît utile ressemble
souvent à cette visite, et nous y consen-
tons par besoin d'immobilité intérieure.
Ainsi, pour l'amour du moindre effort,
subit-on du bien, du mal, des besognes
et des ennuis qui n'étaient pas pour nous,
plutôt que de prendre la peine de se
maintenir dans le constant état de veille
où, voyant avec clarté ce qui nous con-
vient, prêt aux rapides déplacements de
l'esprit et de la sensibilité, on peut aller
ailleurs et se renouveler lorsque l'im-
prévu détruit le familier et coupe les
habitudes. On est las, on préfère le re-
pos, on cherche à effacer des aspects la
nouveauté qui les rend agressifs, on veut
continuer n'importe quoi, même l'ennui,
pourvu que ce puisse être distraitement.
Le but où nous tendons, c'est de vivre
sans trop nous apercevoir que nous vi-
vons. Tout ce qui mène à cela nous pa-
raît utile, et'le reste, au contraire.
#*#
C'est là le premier degré de la fatigue.
Dans le deuxième le plus profond
le sens de l'utile se restreint, disparaît
presque complètement et la vanité de
tout se découvre avec évidence. Je ne
parle pas, cela s'entend, des gens loca-
lisés dans un sentiment, une idée exclu-
sive, passionnée, et qui de là méprisent
le reste, mais des esprits dédaigneux qui
savent pertinemment que « ce n'est pas
la peine » et que « rien n'est la peine »;
de ceux qui connaissent toutes les valeurs
de la vie pour fallacieuses, qui savent
combien il faut être sot pour s'enthou-
siasmer, se tuer de travail, croire à l'a-
mour, à la gloire, aux hommes, espérer
le bonheur pour soi et pour les autres,
se démener pour l'atteindre et pour
qu'ils l'atteignent. Ces misanthropes,
qui s'ennuient et ne tiennent pas à se
divertir, qui ont le dégoût des joies, et
non par un ascétisme illuminé, ne les
tenons pas pour sages Ce sont des
épuisés les grands malades de la fa-
tigue. Du fond de la neurasthénie, on
découvre facilement que « tout n'est que
vanité».
#*#
Ah! quel bon médecin serait le guéris-
seur de cette fatigue qui empêche de
choisir chaque instant de la vie pour le
goûter comme on goûte des fruits de sa-
veurs diverses, douces ou âpres Qui nous
délivrera de cette fatigue à cause de quoi
nous manquons de courage pour cher-
cher notre sentier au lieu de suivre la
route où tout le monde passe, cette dé-
testable fatigue qui nous détourne de
nos vraies peines et de nos vraies joies? 2
Qui nous donnera le tonique assez puis-
sant pour que totalement réveillés nous
soyons prêts sans cesse à de nouveaux
départs?.
Fœmina.
LA VIE DE PARIS
Une Causerie
d'Edmond Rostand
Devant le public le plus gracieux, le plus
brillant, le plus enthousiaste qui soit, M.
Edmond Rostand a connu, dans l'après-midi
d'hier, un magnifique triomphe. Ce fut à
l'Université des Annales, dans une séance
privée et par invitations.
M. Adolphe Brisson venait de prononcer,
pour la troisième fois, la substantielle et élo-
quénte conférence sur le Symbolisme au théâ-
tre dont nous avons précédemment marqué
le succès, et M. Albert Lambert, en compa-
gnie -de Mlle Pïérat, avait joué, avec toute la"
foi qu'il y met, la belle scène du deuxième
acte de Chantecler, lorsque M. Edmond Ros-
tand parut. Il tenait à la main la brochure de
son œuvre et il s'assit à la table du conféren-
cier. Les acclamations jaillirent de toutes
parts.. Jamais si furieuse allégresse n'avait
battu les murailles de la salle des Annales.
M. Edmond Rostand souriait. Il se levait,
saluait, se levait encore. Mais chaque fois
qu'il faisait mine de commencer, les applau-
dissements éclataient de plus belle. Et on le
voyait se tourner, avec des sourires, vers la
gauche où, dans la loge de Mme Adolphe
Brisson, autour de Mme Edmond Rostand, se
pressaient M. Gabriele d'Annunzio, M. et
Mme Louis Barthou et quelques amis.
Enfin on se tut, et M. Edmond Rostand
débuta. « Je ne vais pas, dit-il, chez les pin-
tades, mais je viens chez les oiseaux. »
De grands rires jeunes accueillirent cet
exorde, et M. Rostand continua. Cette cau-
serie fut un éblouissement. Sous prétexte
"de relier par un commentaire les parties
du quatrième acte dont M. Rostand avait
accepté de donner lecture, le poète répandit,
de sa voix chaleureuse qui martèle, qui cisèle,
qui aiguise, qui peint et qui berce, les pensées
les plus profondes, les plus suaves ou les
plus tendres. Chemin faisant, d'une bouche
souriante, mais entraînée à la riposte, il
laissa entendre, plus qu'il ne formula, ce
qu'il pensait de certaines critiqués adres-
sées naguère à son œuvre. N'avons-nous pas
connu des gens pour tourner contre l'auteur
les persiflages et les calembours du merle? Ces
gens feignaient. Peut-être eussent-ils pu sans
effort s'apercevoir que c'est le poète qui parle
lorsque Chantecler lance au Merle l'apostrophe
du moineau. Et M. Rostand lit cette fameuse ti-
rade du moineau.
M. Edmond Rostand est un lecteur admira-
ble. Il a l'esprit, le mordant, la force, une
puissance d'expression et d'évocation extraor-
dinaires et cette tirade du moineau trans-
porta les auditeurs comme s'ils l'entendaient
pour la première fois.
Il y a dans Chantecler une scène qui eut
la fortune d'être, avec d'autres, âprement
discutée. C'est, au quatrième acte, la scène
des crapauds, et cette scène est, comme il
convient, une des plus nécessaires, une des
plus incontestables de l'œuvre. C'est celle-
là que M.. Rostand a eu la coquetterie de
choisir pour la lire aux invités des Annales.
« C'est vous, fit-il en souriant, c'est vous,
mesdemoiselles, qui me direz si elle est obs-
cure, comme on l'a dit; et nulle part mieux
qu'en cette maison on ne pourra me dire si
j'ai fait « la scène à ne pas faire ».
Dans la bouche de l'auteur, la scène' des
crapauds et du rossignol prend une ampjeuy,,
une intensité d'expression, un charme parfois
douloureux, une force symbolique dont les
auditeurs furent transportés, et leurs applau-
dissements attestèrent leur admiration.
Je ne sais pas, conclut l'orateur, si cette scène
vous a paru obscure;, mais je crains bien que,
pour d'autres, elle n'ait été trop claire.
Cependant la causerie continuait. Pour finir,
le poète, s'adressant aux jeunes filles, les ad-
jurait de ne point imiter, plus tard, à l'heure
de lier leur vie, l'exemple pernicieux de la
faisane, del'égoïste faisane, jalouse de l'au-
rore, de la lumière, de la pensée.
Un enthousiasme extraordinaire salua la fin
de cette délicieuse, de cette émouvante et forte
causerie. Il fallut que M. Rostand reparût
pour saluer six, sept, huit fois. Comme Mme
Edmond Rostand se tenait dans la coulisse,
Mme Brisson la poussa aussi en scène, où
l'appelaient mille voix amies, et quand, un
peu plus tard, ils regagnèrent leur automo-
bile. ce furent encore, à travers la rue Saint-
Georges, de nouvelles acclamations, puis des I
fleurs, une pluie de fleurs qui vint recouvrir 1
les genoux du poète et de sa femme. Enfin la
voiture partit, et il fallut du temps avant que
la rue reprît son calme ordinaire. C'est une
belle journée pour Edmond Rostand et pour
Chantecler.
Georges Bourdon.
Échos
La Température
Le vent du nord-est que nous signalions la
veille, s'est accentué hier et a beaucoup re-
froidi la température. Le thermomètre mar-
quait, dans la matinée, 10° au-dessus de zéro,
et i8° à cinq heures du soir. La pression ba-
rométrique, en hausse lente, accusait à midi
766" elle reste élevée sur le nord-ouest de
l'Europe et atteint 76o.mm à Cherbourg.
Des pluies sont tombées dans le sud de
l'Europe. En France, il a plu à Toulouse, à
Bordeaux, à Toulon et à Biarritz, et des
orages ont éclaté dans la moitié sud. La mer
est très houleuse au pas de Calais.
La température a aussi baissé dans nos ré-
gions du Nord et de l'Ouest.
Départements, le matin, au-dessus de \iro
.9° Cherbourg, io° à Dunkerque, à Boulogne,
à Nantes et au Mans, n° à Brest, à Oues-
sant, à Lorient, à Charleville, 120 à Limoges,
à Toulouse et à Belfort, 130 à File d'Aix, à
Bordeaux et à Nancy, 140 à Rochefort, à Be-
sançon et à Lyon, 15° à Perpignan, à Cette et
à Marseille, 170 à Oran, 2Q°à Alger.
En France, la température, en baisse, va
se tenir dans le voisinage de la normale, avec
temps généralement beau.
(La température du 25 mai 1909 était, à
Paris 140 au-dessus de zéro le matin et
270 l'après-midi; baromètre, 770™ grande
chaleur.)
Du Neto York Herald
A New-York Temps couvert. Tempé-
rature màxima, 2i°7; minima, 17°8. Vent va-
riable.
A Londres Temps couvert. Température
maxima, 140 minima, 90. Baromètre 768™
Vent nord-nord-est.
A Berlin Temps beau. Température (à
midi), 240.
Les Courses
Aujourd'hui, à deux heures, Courses au
Bois de Boulogne.- Gagnants du Figaro:
Prix de Ville-d'Avray Béatitude; Lolium.
Prix Fould: Pennsylvania Rose de Flandre.
̃ Prix. Reiset Secours; Rasibus.
Prix' du Point-du-Jour Ronde de Nuit
Alexis.
Prix de Garches: Padoue II; Bat's Delight.
Prix dit Bois-Rouaud Val d'Amour; Goloss.
MIEUX VAUT DOUCEUR.
Oy II n'est pas niable que les ouvriers
VK carriers de Méry-sur-Oise ne soient
de fort mauvaises têtes. Mais c'est ici,
peut-être, le cas de faire remarquer (une
fois de plus) qu'on n'a jamais que les
grèves qu'on mérite. En essayant d'im-
poser aux maîtres carriers de Méry-sur-
Oise, il y a deux mois, des conditions de
travail inacceptables, les meneurs de la
rue Grange-aux-Belles et les syndiqués
de Méry ne-sortaient point de leur rôle
ordinaire. Il semble bien que l'adminis-
tration, contre qui s'organisait la bataille,
n'ait pas très bien compris le sien.
Les grévistes étaient laissés libres de
courir le pays, drapeau rouge déployé.
Sur toutes les routes on chantait, en
procession, V Internationale on trouvait
plaisant d'arrêter les automobiles qui
passaient; des voyageurs même furent
rançonnés, c'est-à-dire requis de verser
à la caisse de la grève un peu d'argent,
s'ils voulaient continuer leur chemin.
Les patrons avaient fermé leurs car-
rières, et attendaient d'être protégés,
pour les rouvrir. Les «autorités» firent
entendre à ces bourgeois que le meilleur
parti à prendre était, pour eux, de quit-
ter le pays, car les moyens d'assurer
leur sécurité manquaient.
Et quelques-uns, en effet, s'en étaient
allés.
On en était là, il y a trois jours. Las
d'un chômage que leur avait seule im-
posé la toute-puissance des meneurs,
beaucoup d'ouvriers exprimaient (tout
bas!) le désir de revenir au travail. On
rouvrit donc les chantiers; et ce fut le
recommencement de la bataille. Les
« faux frères » étaient guettés. On en
assomma quelques-uns. Pas une arres-
tation ne fut opérée. M. le maire se
tenait à l'écart. Cet homme, assurément,
n'aime pas la musique.
Au moins M. le sous-préfet allait-il
donner l'exemple de la fermeté ? Pas
davantage. Les choses, a ce qu'il paraît,
n'ont pas changé depuis Daudet, et tant
qu'il y a du muguet et de la violette,
MM. les âous- préfets, aiment mieux
s'attarder aux champs que monter la
garde autour des syndicats. Il y a bien
eu quelques gendarmes envoyés de Pon-
toise à Méry, quelques arrestations faites:
elles n'ont point été maintenues.
Depuis hier, la population gréviste
obstrue les voies du chemin de fer. Les
trains chargés de "pierres ne circulent
plus. Des chantiers sont saccagés. On
nous rassure en nous promettant que
« si les ouvriers s'obstinent dans leur
attitude », il y aura « demain » de la ca-
valerie à Méry-sur-Oise.
Demain ? Et la sédition dure depuis
deux mois
A Travers Paris
Si M. Combes, pourtant distingué po-
lygiqtte eût dans sa jeunesse étudié
l'italien, les destinées de la France peut-
être, celle du Bloc à coup sûr, auraient
été changées.
Car, vers l'an 1864, M. Combes aspi-
rait à une position indépendante. Sans
prévoir le moins du monde qu'il fût
marqué pour guider un jour les incer-
taines évolutions du radicalisme, il eût
aimé devenir fonctionnaire. Simplement.
A un député influent il fit part de cette
ambition modeste. Le législateur prêta
une oreille bienveillante au discours de
ce jeune homme studieux et appliqué. Il
étaitobligeant.Ilfit diligence. Et M. Com-
bes, sur-le-champ, eût été placé par ses
soins au bureau de la presse du minis-
tère de l'intérieur. si la langue italienne
lui eût été plus- familière. Mais voilà. Le
jeune M. Combes savait mal l'italien.
Disons mieux il ne le savait pas du
tout. Et l'occasion perdue ne se retrouva
plus.
Sans sa fâcheuse ignorance de l'idiome
de Machiavel, M. Combes devenait donc
fonctionnaire impérial. C'eût été, sans
doute, un employé modèle. Il aurait fait
une belle carrière' administrative. Et le
souci de la politique n'eût point troublé
vraisemblablement sa quiétude labo-
rieuse.
Mais le Petit Père ne savait pas l'ita-
lien. C'est pourquoi, sans doute, il n'en-
tra au ministère de l'intérieur' qu'en
1902.
C'est. cet après-midi que l'Académie
française doit élire les successeurs du
cardinal Mathieu et du marquis Costa
de Beauregard.
La séance se prolongera vraisembla-
blement assez avant dans la soirée, car
on prévoit un grand nombre de tours de
scrutin pour chacune de ces deux élec-
tions.
On commencera par celle du succes-
seur du cardinal Mathieu, qui, à la suite
de six tours de scrutin sans résultat le 27
mai 1909, avait été ajournée, et qui a lieu
ainsi un an presque jour pour jour après
la première tentative. Les candidats sont,
on le sait, Mgr Baudrillart remplaçant
Mgr de Cabrières, Mgr Duchesne et
l'exquis poète M. Stéphen Liégeard.
Pour le fauteuil du marquis Costa de
Beauregard nous rappelons également
que les candidats sont, par ordre alpha-
bétique, MM. le général Langlois, Mau-
rice Maindron, Pierre de Nolhac et le
vicomte de Saint-Geniès.
Les élections des successeurs du vi-
comte Em. de Vogué et de M. Henri Bar^
boux, la vacance du fauteuil de ce
dernier n'est même pas encore déclarée,
n'auront lieu qu'à la fin de l'année.
Une touchante attention.
La Commission argentine d'organisa-
tion des fêtes de Boulogne-sur-Mer a
envoyé une somme de 2,500 francs aux
pauvres de Boulogne à l'occasion des
fêtes
Nous avons raconté hier la mésaven-
ture survenue à un de nos amis, qui,
ayant pris un taxi-auto pour aller à
Saint-Cloud, dut supporter que le chauf-
feur marquât immédiatement le tarif
n° 2. A sa protestation, le chauffeur ré-
pondit en montrant le règlement de la
préfecture de police, aux termes duquel
« le tarif de l'extérieur est dû à partir de
la location ».
Nous demandions que M. Lépine re-
médiât à cette extravagance. Or, c'est
fait depuis longtemps. Le règlement que
le chauffeur a montré à notre ami est un
règlement ancien qui fut édicté avant
l'apparition du taximètre. Il est mainte-
nant périmé. Mais, par mesure d'écono-
mie, les cochers et les chauffeurs n'ont
pas encore été munis du nouveau règle-
ment.
Le chauffeur qui conduisait notre ami
à Saint-Cloud l'a donc trompé, en invo-
quant les termes d'un règlement qu'il
savait tombé en désuétude. C'est ce qu'on
nous a déclaré à la préfecture de police,
et nos lecteurs sauront désormais que le
tarif n° 2 n'est applicable pendant le
jour, et si la voiture ne transporte pas
plus de deux voyageurs qu'en dehors
des fortifications.
Les travaux, place de l'Opéra, seront
bientôt terminés. Le chantier qu'on a,
depuis longtemps, établi sur le terre-
plein qui fait face à l'avenue de l'Opéra
va disparaître.
Ah 1 la bonne nouvelle
Seulement, ce chantier qu'on supprime
sera remplacé par deux autres chan-
tiers voilà le fait.
Il s'agit de dévier des égouts et de
construire un passage souterrain qui
fera le tour de la place. On devra passer
sur les souterrains du Métro et, par
conséquent, travailler à ciel ouvert.
Ces travaux commenceront le 1er juin,
au plus tôt et peut-être, aussi bien,
ne commenceront-ils que le 15.
Mais, quand finiront-ils? Cela encore
est important! Eh! bien, l'on espère
s'en tirer dans l'espace de douze bons
mois, pas plus, ou guère plus;
De sorte que, dans un an, nous comp-
tons bien pouvoir annoncer à nos lec-
teurs la libération de la place de l'Opéra.
A moins, pourtant, que d'ici là on
n'aperçoive la nécessité de quelques ter-
i-assements nouveaux, qui sait?.
Aujourd'hui, à l'hôtel Drouot, Me Lair-
Dubreuil, assisté des experts Chaine et
Simonson, vendra, à quatre heures, les
tableaux modernes composant la collec-
tion de feu Auguste Gaillard, d'Alger. Il
y aura exposition publique jusqu'au mo-
ment dès enchères.
-4.0-
Les Renault et les Panhard-Levassor,
les deux grandes marques en vogue,
sont vendues par l'Auto-Palace, avenue
de la Grande-Armée, qui, par l'impor-
tance de ses contrats avec les construc-
teurs et les carrossiers, est toujours à
même de satisfaire à toutes les deman-
des et à tous les desiderata de la clien-
tèle.
L'Auto-Palace est également agent.
direct des DelaunayrBeHeville, des More
et des Unit.
Samedi, l'Hôtel Drouot ouvrira son
escalier de la rue de' là Grange-Bate-
lière, pour l'exposition particulière de la
collection de feu Franz Goerg, de Reims.
Cette collection est composée, de fort
belles oeuvres, tableaux, aquarelles,
pastels, dessins, des maîtres d'hier et
d'aujourd'hui, de ceux que les vrais
amateurs recherchent avec une admira-
tion fer.vente. Le catalogue compte cent
trente et un numéros triés sur le volet.
La vente aura lieu lundi sous la direc-
tion de M0 Henri Baudoin, assisté do
MM. J. et G. Bernheim Jeune, experts
près la cour d'appel: Dimanche, l'expo-
sition sera publique.
Otello aux « Italiens ».
L'histoire du théâtre lyrique peut en-
registrer dans ses annales une distribu-
tion telle qu'on n'en a sans doute jamais
vu, et qui ne pourra se renouveler que
deux fois encore, le 30 mai et le 10 juin
c'est celle d'Otello, que l'on a acclamée
hier au Châtelet. ̃
II faudrait évoquer le temps où la
'Grassini, la Catalani, Crivelli et Bassi
figuraient ensemble dans le « Parnasse
musical » de l'Italie pour retrouver'pareil
souvenir Slezak, Amato, Francès Alda
et l'illustre Toscanini. Ces quatre noms
ont restitué hier à Otello sa splendeur'
lyrique. Slezak chantait le personnage
d'Otello, avec quelle voix puissante, àyée
quelle admirable puissance dramatique,
avec quel impressionnant sentiment
plastique du rôle! Iago, c'était Amàto,
dont la voix sans égale possède les plus
fulgurants éclats et les plus adorables
douceurs; Desdémone, c'était Francès
Alda, figure mélancolique et délicate,
dont la voix est un ravissement
Et Toscanini conduisait l'orchestre,
soulevant dans Otello comme dans Aïda
un'enthousiasme indescriptible.
La soirée d'hier comptera parmi les
plus belles de la saison italienne.
-o-<:>c>-<>-
Quelques journaux ont publié, jl y
a quelques jours la nouvelle de la
concession accordée par la préfecture
de Rio à la Compagnie brésilienne
d'Energie électrique, pour la production
et la distribution de l'énergie électrique.
Cette nouvelle a provoqué d'abord' un1
démenti formel, mais, comme il s'agis-
sait d'un « fait », ce démenti à provoqué
la nécessité d'un complément d'expl.it;a.-
tions.
fin a articulé que la conçessi(ip,e4n'
effet accordée, ne pouvait pas ètre va-
lable parce qu'elle touchait à des droits'
acquis par la Compagnie qui assure déjà
un service semblable et qui a le mono-
pole. D'après le dernier courrier, voici,
comment, paraît-il, les choses se sont
passées.
En effet, la Compagnie qui fait déjàle
service a un monopole qui doit prendre
fin en 1915, mais exclusivement pour
l'énergie électrique produite par force
« hydraulique »; en ce qui concerne la
nouvelle concession, il est déclaré d'une
façon très précise que le concession-
naire ne pourra fournir jusqu'à -la fin
du monopole actuel que de l'énergie
électrique produite par force « à va-
peur ». Donc les droits acquis par le
monopole sont respectés intégralement.
Quant au public, il ne résultera qu'a-
vantage pour lui de ce nouvel état de
choses, d'abord parce que la nouvelle
concession n'a pas le caractère de privi-
lège ou monopole et toute concurrence.
est possible, y compris même celle de la
Compagnie qui fait déjà le service, en-
suite parce que les prix établis dans la
nouvelle concession, malgré la produc-
tion « par la vapeur » sont bien infé-
rieurs à ceux que l'on paye maintenant,
malgré la production « hydraulique ».
Les chiffres publiés à Rio dans ce ta-
bleau comparatif donnent bien la preuve
de ce côté de l'affaire s
PRIX NOUVELLE
ACTUELS CONCESSION
Reis Reis
Jusqu'à 1.500 kw-h 200 ̃ 125 •
De 1.500 à 3,000 kw-li.. 175 100 r
De 3.000 à 7.500 150 90
De 7.500 à 15.000 125 80
De 15.000 à 30.000 80, 60
De 30,000 à 75.000 60 45
Plus de 75.000 kw-h 45 35
La Compagnie actuelle, cela se com-
prend, a obtenu d'un des juges de Rio
un mandat prohibitif des nouveaux tra-
vaux même la Cour suprême n'a pas
accepté le premier recours présenté
contre cette décision par la nouvelle
concessionnaire, en déclarant toutefois
que c'était le cas d'un appel, où l'on peut
discuter, non seulement le mandat pro-
hibitif, mais la question du monopole en
lui-même. Quant à la concessionnaire,
la Compagnie brésilienne, elle a fait
appel. L'affaire en est là.
Nouvelles a la Main
A la Faculté de médecine
Tous les médecins assistant à la
séance ont été plus ou moins meurtris
ou blessés. ̃
Et personne pour les soigner!
-•̃•
Un des juges du concours d'agréga-
tion entre au restaurant pour déjeuner.
Le garçon lui propose
OEufs tomates? •
Encore
Le chef de la mission chinoise est
monté hier dans une voiture de Dibn-
Bouton.
.De corail?
-o+:
Dans un salon d'artiste.
Qu'y a-t-il entre le rire et les
larmes?
Le nez
Le Masque de i?er.
̃ •̃̃.̃ 1. V
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« Loué par ceux-ci, blâmé par ceux-là, me moquant des sots, bravant les méchants, ja me hâta
de rire de tout. de peur d'être obligé d'en pleurer. » (Beaumarchais.)
SOMMAIBE
L'utile et l'inutile Fœmina. y
La Vie de Paris Une causerie d'Edmond Ros-
itand; GEORGES Bourdon.
Le roi de Portugal à Paris Ch. Da.uza.ts.
La .lission chinoise Frantz-Reighel.
A l'Etranger.: La nouvelle. situation en Angle-
terre RAYMOND RECOULY.
Dessin te prix du ténor ABEL Faivre.
Aux £co/es A .la Faculté de médecine Jac-
ques-Pierre.
Le Monde religieux: Pour la liberté de Vensei-
gnement Julien de Narfon.
LesUeurs .• Gh. Dauzats.
La grève de Méry-sur-Oise André Nède.
Journaux et Revues André Beaunier.
La Vie artistique Arsène ALEXANDRÉ.
Gazette des tribunaux Les assassins de Mme
Goùin .Georges CLARETIE.
Courrier de la Bourse Armand YVEL.
Feuilleton Une passion JACQUES MORIAN.
L'Utile et l'Inutile I
Lundi, j'ai passé l'après-midi a écrire
un article sur la charité– on devine à quel
propos. Dans cet article se rencontraient:
un. parallèle entre sainte Elisabeth de
Hongrie et la Sœur Candide; mon sen-
timent, particulier sur la bienfaisance,
telle que la pratiquaient les guildes du
moyen âge d'abondantes- descriptions
de ces/antiques maisons de retraite, vê-
tues de lierres et de roses; qu'on voit en
Angleterre; quelques hypothèses d'une
grande audace sur les sentiments se-
crets de Nicolas Rollin, chancelier de
Bourgogne et fondateur du merveilleux
hôpital de Beaune, cent choses, enfin,
assez hétéroclites. Je m'étais appliquée!
Et puismardi matin, en ouvrant le Figaro,
j'y ai trouvé l'article que j'aurais bien
vqùIu et n'aurais hélas! pas su faire, sur
ce difficile sujet. En le lisant, je me suis
rappelé ce conte suédois, où un certain
génie subtil vient visiter un petit gar-
çon sage mais un peu niais, auquel il en-
seigne mainte chose. Entre autres servi-
ces, le génie, savant calligraphe, rend à
son élève celui de remettre en une
forme parfaite les lettres tortues, dislo-
qnjée^s.qu.e Jgs, doigts malhabiles du petit
ijoTnbommê tracent sur ses cahiers parmi
(les tâches d'enere, et à ces gribouillages
illisibles substitue de beaux caractères
précis. J'ai jeté au panier Elisabeth de
Hongrie, la Sœur Candide, Nicolas Rol-
lin, les guildes et le reste, après quoi j'ai
soudain éprouvé une immense fatigue.
D'où venait-elle? De la conscience
d'avoir travaillé pour rien ?. On ne sau-
rait travailler pour rien Car le résultat
n'importe pas, mais le travail lui-même,
qui inévitablement règle la sensibilité et
tonifie l'esprit.Cependant,-comme nous
cherchons toujours des prétextes à nos
besoins, -il est généralement convenu
que si l'on écrit c'est afin qu'on vous
lise. On ne lira jamais l'article du pa-
nier, donc, malgré mon plaisir à l'ou-
'vràge, j'ai quand même produit une
chose inutile. De là cette lassitude, dont,
au reste,l'extrême illogisme ne m'échappe
pas. Je sais avec certitude que la seule
utilité de mes écritures consiste dans la
joie que je trouve à écrire. Et cette joie,
je l'aie eue. Tout de même, je suis fa-
tiguée 1
#~
Ce ne sont pas les grandes détresses
qui rendent la vie intolérable, c'est le
sentiment de l'inutile, tragique dans
certains cas, et d'ordinaire fade à écœu-
rer. On endure les plus atroces douleurs,
on porte les plus lourds sacrifices,
pourvu qu'il ne s'y mêle pas. Non seu-
lement il inhibe les forces accumulées
sur un point et pour un but particuliers,
̃mais il atteint la source de toute force.
Or, il ne repose sur aucune réalité. C'est
purement une impression morbide. Les
enfants ne le connaissent pas, et les
gens robustes le limitent à cela seul qui
entrave leur développement.
Certes, les faits ne prennent pas tou-
jours'la.forme qu'on prétend leur impo-
ser, les résultats sont souvent contraires à
ceux qu'on attendait et bien du temps pa-
;raît perdu. Songeant aux luttes, à la pa-
tience, au courage aboutis en déceptions,
on dit: « C'était inutile »,et, pendant une
heure, ou toute une existence on
reste affaibli, l'énergie brisée. Comme
on'atqrt! Excepté l'assassinat et le sui-
cide, rien en soi n'est inutile. Ou pres-
que rien. Seulement il faudrait un pro-
digieux effort de l'esprit pour accepter
une pareille notion. On recule devant
cet effort-là, et on continue de déclarer
« utiles » ou « inutiles » des actes qui, la
plupart du temps, n'étaient ni ceci ni
cela, car notre connaissance de l'un et
de 'l'autre demeure également incer-
taine.
..• ̃#
Tout ce qui assure notre durée, tout
ce que nos responsabilités nous impo-
sent est utile. Evidemment. Mais dis-
tinguons-nous sans erreur quelles dé-
marches, quelles opérations, quelles
habitudes s'adaptent véritablement à
ces fins? Il semble que non Quand,
à l'automne de la vie, on examine les
efforts qui vous ont bien servi, mené
quelque part, perfectionné, agrandi, pro-
curé du bonheur, on en trouve un très
petit nombre, parmi une multitude
d'autres, qui, accomplis avec la convic-
lion que tout dépendait d'eux, n'ont ce-
pendant donné aucun résultat. On dé-
couvre même parfois que les minutes
où, détaché, inerte, on laissait les évé-
nements agir et suivre leur pente, vous
ont préparé des succès qu une inter-
vention ardente, ou raisonnée et d'ap-
parence logique eût compromis. Per-
sonne n'est capable de discerner sûre-
ment et à tout coup ce qui lui est néces-
saire, puisque personne ne sait ni l'a-
venir, ni le passé, ni l'âme des autres ni
.la sienne, et alors utile et inutile, ce sont t
des classifications arbitraires. Du reste,
elles ne résultent pas de la fantaisie in-
dividuelle.et libre, mais d'une manifes-
tation, de la défense vitale.
Nous appelons « utile » tout ce qui fa-
vorise l'automatisme, inutile tout ce qui
le perturbe.
Si nous exécutons par milliers des
gestes qui ne. s'appliquent ni à notre
plaisir, ni à notre intérêt, si nous les
tenons pour indispensables, c'est que,
les ayant répétés plusieurs fois, il nous
devient possible de les recommencer en-
core, sans que notre attention y parti-
cipe.
La vie en société donne aux nerfs et
aux cerveaux une maladie chronique
la fatigue.. Elle est si générale, si inévi-
table, qu'à moins de crise aiguë on ne
cherche pas à la guérir, mais seulement
à en atténuer les effets. Dès la jeunesse,
tout en nous tend vers le repos. Non le
repos du lit, du bon fauteuil, du silence
et de la solitude. Un repos précaire et
fréquent, pris au milieu de la foule, dans
l'activité du travail, pendant une conver-
sation. Le repos que procurent l'engour-
dissement de la distraction, la mollesse
des habitudes, et d'autres méthodes en-
core. Comme par exemple les formules
depolitesse,pendantl'échangedesquelles
on cesse de penser, les lieux communs,
redites et plaisanteries classiques, d'un
résultat pareil et la rencontre des
mêmes personnes aux mêmes endroits;
et l'agitation tout extérieure qui em-
pêche les impressions d'arriver' jus-
qu'aux centres profonds, et l'encombre-
ment des heures qui ôte toute impor-
tance aux images brèves et nombreuses..
Tout cela qui évite la surprise, le choc
rendu plus vif par la présence d'êtres
dont les manières et les âmes diffèrent
des nôtres; tout cela qui supprime la
pénible nécessité de penser et de sentir
ce que la veille on ne sentait et ne pen-
sait pas, nous le recherchons comme
une sauvegarde de ce sommeil partiel,
grâce à quoi sans le savoir! nous
espérons résister à l'usure.
Les rapports mondains sont organisés
dans le but inconscient de protéger
ce sommeil équivoque. Et aussi'tant
d'occupations intellectuelles, qui laissent
l'esprit en une torpeur complète expo-
sitions où on regarde sans voir; concerts
où chacun perçoit ce qui lui est familier
et refuse le reste, tout en feignant de
l'accepter avec un enthousiasme em-
prunté au voisin qui l'a pris d'un autre;
conventions subies, non qu'elles pa-
raissent parfaites ou plaisantes, on
n'a pas songé à en faire la critique,
mais parce qu'elles sont là.
Mis à part l'alimentation, l'instinct de
continuer sa race, les soins de sa for-
tune, les volontés transitoires de la pas-
sion la passion est le suprême état
de veille nous décrétons utile ce qui
ne fait pas appel à notre attention, et
inutile ce qui brise la continuité du cher
sommeil.
**#
Je voudrais donner un exemple du ma-
laise que nous occasionne la moindre
nécessité de sortir du prévu où nous
nous reposons. Parfois on décide d'aller
voir une personne ennuyeuse. On croit,
que c'est nécessaire D'ailleurs si on
s'interroge, on ne découvre aucun motif
qui justifie cette opinion. On va voir
la dame assommante parce qu'on 'y est
allé déjà, parce qu'on trouve ça plus
facile que de réfléchir aux motifs qu'on
aurait d'éviter cette épreuve on y va
par automatisme. L'ennuyeuse personne
n'est pas chez elle. La carte laissée à sa
porte suffit à vous libérer de toute autre
démarche. On est ravi ? Quelquefois.
Pas toujours Il arrive, chose à peine
croyable et que bien des gens se rap-
pelleront avoir éprouvée, il arrive
qu'on reste déçu, désemparé, en face
d'une si heureuse fortune. On, ne sait
que faire des platitudes amassées en
vue de la rencontre. Le temps que
vous laisse cette visite manquée, on
n'en trouve pas l'emploi. Il semble pour
un moment que tout l'objet de la vie
c'était de voir et d'entendre la fastidieuse
dame. Où aller? Un découragement sou-
dain vous détourne des courses aux-
quelles on songe avec un dégoût singu-
lier. On a fait un gest^ inutile En quoi
l'eût-il été moins, si on avait joint une
personne à qui l'on ne trouve ni charme
ni intérêt?. Cette visite sans profit, sans
plaisir, devait être, vous le devinez bien,
une période de sommeil. On a le sens de
l'inutile, parce que, jeté hors de l'at-
tendu, on doit choisir un nouvel em-
ploi de l'heure, réveiller son attention.
Ce qui nous paraît utile ressemble
souvent à cette visite, et nous y consen-
tons par besoin d'immobilité intérieure.
Ainsi, pour l'amour du moindre effort,
subit-on du bien, du mal, des besognes
et des ennuis qui n'étaient pas pour nous,
plutôt que de prendre la peine de se
maintenir dans le constant état de veille
où, voyant avec clarté ce qui nous con-
vient, prêt aux rapides déplacements de
l'esprit et de la sensibilité, on peut aller
ailleurs et se renouveler lorsque l'im-
prévu détruit le familier et coupe les
habitudes. On est las, on préfère le re-
pos, on cherche à effacer des aspects la
nouveauté qui les rend agressifs, on veut
continuer n'importe quoi, même l'ennui,
pourvu que ce puisse être distraitement.
Le but où nous tendons, c'est de vivre
sans trop nous apercevoir que nous vi-
vons. Tout ce qui mène à cela nous pa-
raît utile, et'le reste, au contraire.
#*#
C'est là le premier degré de la fatigue.
Dans le deuxième le plus profond
le sens de l'utile se restreint, disparaît
presque complètement et la vanité de
tout se découvre avec évidence. Je ne
parle pas, cela s'entend, des gens loca-
lisés dans un sentiment, une idée exclu-
sive, passionnée, et qui de là méprisent
le reste, mais des esprits dédaigneux qui
savent pertinemment que « ce n'est pas
la peine » et que « rien n'est la peine »;
de ceux qui connaissent toutes les valeurs
de la vie pour fallacieuses, qui savent
combien il faut être sot pour s'enthou-
siasmer, se tuer de travail, croire à l'a-
mour, à la gloire, aux hommes, espérer
le bonheur pour soi et pour les autres,
se démener pour l'atteindre et pour
qu'ils l'atteignent. Ces misanthropes,
qui s'ennuient et ne tiennent pas à se
divertir, qui ont le dégoût des joies, et
non par un ascétisme illuminé, ne les
tenons pas pour sages Ce sont des
épuisés les grands malades de la fa-
tigue. Du fond de la neurasthénie, on
découvre facilement que « tout n'est que
vanité».
#*#
Ah! quel bon médecin serait le guéris-
seur de cette fatigue qui empêche de
choisir chaque instant de la vie pour le
goûter comme on goûte des fruits de sa-
veurs diverses, douces ou âpres Qui nous
délivrera de cette fatigue à cause de quoi
nous manquons de courage pour cher-
cher notre sentier au lieu de suivre la
route où tout le monde passe, cette dé-
testable fatigue qui nous détourne de
nos vraies peines et de nos vraies joies? 2
Qui nous donnera le tonique assez puis-
sant pour que totalement réveillés nous
soyons prêts sans cesse à de nouveaux
départs?.
Fœmina.
LA VIE DE PARIS
Une Causerie
d'Edmond Rostand
Devant le public le plus gracieux, le plus
brillant, le plus enthousiaste qui soit, M.
Edmond Rostand a connu, dans l'après-midi
d'hier, un magnifique triomphe. Ce fut à
l'Université des Annales, dans une séance
privée et par invitations.
M. Adolphe Brisson venait de prononcer,
pour la troisième fois, la substantielle et élo-
quénte conférence sur le Symbolisme au théâ-
tre dont nous avons précédemment marqué
le succès, et M. Albert Lambert, en compa-
gnie -de Mlle Pïérat, avait joué, avec toute la"
foi qu'il y met, la belle scène du deuxième
acte de Chantecler, lorsque M. Edmond Ros-
tand parut. Il tenait à la main la brochure de
son œuvre et il s'assit à la table du conféren-
cier. Les acclamations jaillirent de toutes
parts.. Jamais si furieuse allégresse n'avait
battu les murailles de la salle des Annales.
M. Edmond Rostand souriait. Il se levait,
saluait, se levait encore. Mais chaque fois
qu'il faisait mine de commencer, les applau-
dissements éclataient de plus belle. Et on le
voyait se tourner, avec des sourires, vers la
gauche où, dans la loge de Mme Adolphe
Brisson, autour de Mme Edmond Rostand, se
pressaient M. Gabriele d'Annunzio, M. et
Mme Louis Barthou et quelques amis.
Enfin on se tut, et M. Edmond Rostand
débuta. « Je ne vais pas, dit-il, chez les pin-
tades, mais je viens chez les oiseaux. »
De grands rires jeunes accueillirent cet
exorde, et M. Rostand continua. Cette cau-
serie fut un éblouissement. Sous prétexte
"de relier par un commentaire les parties
du quatrième acte dont M. Rostand avait
accepté de donner lecture, le poète répandit,
de sa voix chaleureuse qui martèle, qui cisèle,
qui aiguise, qui peint et qui berce, les pensées
les plus profondes, les plus suaves ou les
plus tendres. Chemin faisant, d'une bouche
souriante, mais entraînée à la riposte, il
laissa entendre, plus qu'il ne formula, ce
qu'il pensait de certaines critiqués adres-
sées naguère à son œuvre. N'avons-nous pas
connu des gens pour tourner contre l'auteur
les persiflages et les calembours du merle? Ces
gens feignaient. Peut-être eussent-ils pu sans
effort s'apercevoir que c'est le poète qui parle
lorsque Chantecler lance au Merle l'apostrophe
du moineau. Et M. Rostand lit cette fameuse ti-
rade du moineau.
M. Edmond Rostand est un lecteur admira-
ble. Il a l'esprit, le mordant, la force, une
puissance d'expression et d'évocation extraor-
dinaires et cette tirade du moineau trans-
porta les auditeurs comme s'ils l'entendaient
pour la première fois.
Il y a dans Chantecler une scène qui eut
la fortune d'être, avec d'autres, âprement
discutée. C'est, au quatrième acte, la scène
des crapauds, et cette scène est, comme il
convient, une des plus nécessaires, une des
plus incontestables de l'œuvre. C'est celle-
là que M.. Rostand a eu la coquetterie de
choisir pour la lire aux invités des Annales.
« C'est vous, fit-il en souriant, c'est vous,
mesdemoiselles, qui me direz si elle est obs-
cure, comme on l'a dit; et nulle part mieux
qu'en cette maison on ne pourra me dire si
j'ai fait « la scène à ne pas faire ».
Dans la bouche de l'auteur, la scène' des
crapauds et du rossignol prend une ampjeuy,,
une intensité d'expression, un charme parfois
douloureux, une force symbolique dont les
auditeurs furent transportés, et leurs applau-
dissements attestèrent leur admiration.
Je ne sais pas, conclut l'orateur, si cette scène
vous a paru obscure;, mais je crains bien que,
pour d'autres, elle n'ait été trop claire.
Cependant la causerie continuait. Pour finir,
le poète, s'adressant aux jeunes filles, les ad-
jurait de ne point imiter, plus tard, à l'heure
de lier leur vie, l'exemple pernicieux de la
faisane, del'égoïste faisane, jalouse de l'au-
rore, de la lumière, de la pensée.
Un enthousiasme extraordinaire salua la fin
de cette délicieuse, de cette émouvante et forte
causerie. Il fallut que M. Rostand reparût
pour saluer six, sept, huit fois. Comme Mme
Edmond Rostand se tenait dans la coulisse,
Mme Brisson la poussa aussi en scène, où
l'appelaient mille voix amies, et quand, un
peu plus tard, ils regagnèrent leur automo-
bile. ce furent encore, à travers la rue Saint-
Georges, de nouvelles acclamations, puis des I
fleurs, une pluie de fleurs qui vint recouvrir 1
les genoux du poète et de sa femme. Enfin la
voiture partit, et il fallut du temps avant que
la rue reprît son calme ordinaire. C'est une
belle journée pour Edmond Rostand et pour
Chantecler.
Georges Bourdon.
Échos
La Température
Le vent du nord-est que nous signalions la
veille, s'est accentué hier et a beaucoup re-
froidi la température. Le thermomètre mar-
quait, dans la matinée, 10° au-dessus de zéro,
et i8° à cinq heures du soir. La pression ba-
rométrique, en hausse lente, accusait à midi
766" elle reste élevée sur le nord-ouest de
l'Europe et atteint 76o.mm à Cherbourg.
Des pluies sont tombées dans le sud de
l'Europe. En France, il a plu à Toulouse, à
Bordeaux, à Toulon et à Biarritz, et des
orages ont éclaté dans la moitié sud. La mer
est très houleuse au pas de Calais.
La température a aussi baissé dans nos ré-
gions du Nord et de l'Ouest.
Départements, le matin, au-dessus de \iro
.9° Cherbourg, io° à Dunkerque, à Boulogne,
à Nantes et au Mans, n° à Brest, à Oues-
sant, à Lorient, à Charleville, 120 à Limoges,
à Toulouse et à Belfort, 130 à File d'Aix, à
Bordeaux et à Nancy, 140 à Rochefort, à Be-
sançon et à Lyon, 15° à Perpignan, à Cette et
à Marseille, 170 à Oran, 2Q°à Alger.
En France, la température, en baisse, va
se tenir dans le voisinage de la normale, avec
temps généralement beau.
(La température du 25 mai 1909 était, à
Paris 140 au-dessus de zéro le matin et
270 l'après-midi; baromètre, 770™ grande
chaleur.)
Du Neto York Herald
A New-York Temps couvert. Tempé-
rature màxima, 2i°7; minima, 17°8. Vent va-
riable.
A Londres Temps couvert. Température
maxima, 140 minima, 90. Baromètre 768™
Vent nord-nord-est.
A Berlin Temps beau. Température (à
midi), 240.
Les Courses
Aujourd'hui, à deux heures, Courses au
Bois de Boulogne.- Gagnants du Figaro:
Prix de Ville-d'Avray Béatitude; Lolium.
Prix Fould: Pennsylvania Rose de Flandre.
̃ Prix. Reiset Secours; Rasibus.
Prix' du Point-du-Jour Ronde de Nuit
Alexis.
Prix de Garches: Padoue II; Bat's Delight.
Prix dit Bois-Rouaud Val d'Amour; Goloss.
MIEUX VAUT DOUCEUR.
Oy II n'est pas niable que les ouvriers
VK carriers de Méry-sur-Oise ne soient
de fort mauvaises têtes. Mais c'est ici,
peut-être, le cas de faire remarquer (une
fois de plus) qu'on n'a jamais que les
grèves qu'on mérite. En essayant d'im-
poser aux maîtres carriers de Méry-sur-
Oise, il y a deux mois, des conditions de
travail inacceptables, les meneurs de la
rue Grange-aux-Belles et les syndiqués
de Méry ne-sortaient point de leur rôle
ordinaire. Il semble bien que l'adminis-
tration, contre qui s'organisait la bataille,
n'ait pas très bien compris le sien.
Les grévistes étaient laissés libres de
courir le pays, drapeau rouge déployé.
Sur toutes les routes on chantait, en
procession, V Internationale on trouvait
plaisant d'arrêter les automobiles qui
passaient; des voyageurs même furent
rançonnés, c'est-à-dire requis de verser
à la caisse de la grève un peu d'argent,
s'ils voulaient continuer leur chemin.
Les patrons avaient fermé leurs car-
rières, et attendaient d'être protégés,
pour les rouvrir. Les «autorités» firent
entendre à ces bourgeois que le meilleur
parti à prendre était, pour eux, de quit-
ter le pays, car les moyens d'assurer
leur sécurité manquaient.
Et quelques-uns, en effet, s'en étaient
allés.
On en était là, il y a trois jours. Las
d'un chômage que leur avait seule im-
posé la toute-puissance des meneurs,
beaucoup d'ouvriers exprimaient (tout
bas!) le désir de revenir au travail. On
rouvrit donc les chantiers; et ce fut le
recommencement de la bataille. Les
« faux frères » étaient guettés. On en
assomma quelques-uns. Pas une arres-
tation ne fut opérée. M. le maire se
tenait à l'écart. Cet homme, assurément,
n'aime pas la musique.
Au moins M. le sous-préfet allait-il
donner l'exemple de la fermeté ? Pas
davantage. Les choses, a ce qu'il paraît,
n'ont pas changé depuis Daudet, et tant
qu'il y a du muguet et de la violette,
MM. les âous- préfets, aiment mieux
s'attarder aux champs que monter la
garde autour des syndicats. Il y a bien
eu quelques gendarmes envoyés de Pon-
toise à Méry, quelques arrestations faites:
elles n'ont point été maintenues.
Depuis hier, la population gréviste
obstrue les voies du chemin de fer. Les
trains chargés de "pierres ne circulent
plus. Des chantiers sont saccagés. On
nous rassure en nous promettant que
« si les ouvriers s'obstinent dans leur
attitude », il y aura « demain » de la ca-
valerie à Méry-sur-Oise.
Demain ? Et la sédition dure depuis
deux mois
A Travers Paris
Si M. Combes, pourtant distingué po-
lygiqtte eût dans sa jeunesse étudié
l'italien, les destinées de la France peut-
être, celle du Bloc à coup sûr, auraient
été changées.
Car, vers l'an 1864, M. Combes aspi-
rait à une position indépendante. Sans
prévoir le moins du monde qu'il fût
marqué pour guider un jour les incer-
taines évolutions du radicalisme, il eût
aimé devenir fonctionnaire. Simplement.
A un député influent il fit part de cette
ambition modeste. Le législateur prêta
une oreille bienveillante au discours de
ce jeune homme studieux et appliqué. Il
étaitobligeant.Ilfit diligence. Et M. Com-
bes, sur-le-champ, eût été placé par ses
soins au bureau de la presse du minis-
tère de l'intérieur. si la langue italienne
lui eût été plus- familière. Mais voilà. Le
jeune M. Combes savait mal l'italien.
Disons mieux il ne le savait pas du
tout. Et l'occasion perdue ne se retrouva
plus.
Sans sa fâcheuse ignorance de l'idiome
de Machiavel, M. Combes devenait donc
fonctionnaire impérial. C'eût été, sans
doute, un employé modèle. Il aurait fait
une belle carrière' administrative. Et le
souci de la politique n'eût point troublé
vraisemblablement sa quiétude labo-
rieuse.
Mais le Petit Père ne savait pas l'ita-
lien. C'est pourquoi, sans doute, il n'en-
tra au ministère de l'intérieur' qu'en
1902.
C'est. cet après-midi que l'Académie
française doit élire les successeurs du
cardinal Mathieu et du marquis Costa
de Beauregard.
La séance se prolongera vraisembla-
blement assez avant dans la soirée, car
on prévoit un grand nombre de tours de
scrutin pour chacune de ces deux élec-
tions.
On commencera par celle du succes-
seur du cardinal Mathieu, qui, à la suite
de six tours de scrutin sans résultat le 27
mai 1909, avait été ajournée, et qui a lieu
ainsi un an presque jour pour jour après
la première tentative. Les candidats sont,
on le sait, Mgr Baudrillart remplaçant
Mgr de Cabrières, Mgr Duchesne et
l'exquis poète M. Stéphen Liégeard.
Pour le fauteuil du marquis Costa de
Beauregard nous rappelons également
que les candidats sont, par ordre alpha-
bétique, MM. le général Langlois, Mau-
rice Maindron, Pierre de Nolhac et le
vicomte de Saint-Geniès.
Les élections des successeurs du vi-
comte Em. de Vogué et de M. Henri Bar^
boux, la vacance du fauteuil de ce
dernier n'est même pas encore déclarée,
n'auront lieu qu'à la fin de l'année.
Une touchante attention.
La Commission argentine d'organisa-
tion des fêtes de Boulogne-sur-Mer a
envoyé une somme de 2,500 francs aux
pauvres de Boulogne à l'occasion des
fêtes
Nous avons raconté hier la mésaven-
ture survenue à un de nos amis, qui,
ayant pris un taxi-auto pour aller à
Saint-Cloud, dut supporter que le chauf-
feur marquât immédiatement le tarif
n° 2. A sa protestation, le chauffeur ré-
pondit en montrant le règlement de la
préfecture de police, aux termes duquel
« le tarif de l'extérieur est dû à partir de
la location ».
Nous demandions que M. Lépine re-
médiât à cette extravagance. Or, c'est
fait depuis longtemps. Le règlement que
le chauffeur a montré à notre ami est un
règlement ancien qui fut édicté avant
l'apparition du taximètre. Il est mainte-
nant périmé. Mais, par mesure d'écono-
mie, les cochers et les chauffeurs n'ont
pas encore été munis du nouveau règle-
ment.
Le chauffeur qui conduisait notre ami
à Saint-Cloud l'a donc trompé, en invo-
quant les termes d'un règlement qu'il
savait tombé en désuétude. C'est ce qu'on
nous a déclaré à la préfecture de police,
et nos lecteurs sauront désormais que le
tarif n° 2 n'est applicable pendant le
jour, et si la voiture ne transporte pas
plus de deux voyageurs qu'en dehors
des fortifications.
Les travaux, place de l'Opéra, seront
bientôt terminés. Le chantier qu'on a,
depuis longtemps, établi sur le terre-
plein qui fait face à l'avenue de l'Opéra
va disparaître.
Ah 1 la bonne nouvelle
Seulement, ce chantier qu'on supprime
sera remplacé par deux autres chan-
tiers voilà le fait.
Il s'agit de dévier des égouts et de
construire un passage souterrain qui
fera le tour de la place. On devra passer
sur les souterrains du Métro et, par
conséquent, travailler à ciel ouvert.
Ces travaux commenceront le 1er juin,
au plus tôt et peut-être, aussi bien,
ne commenceront-ils que le 15.
Mais, quand finiront-ils? Cela encore
est important! Eh! bien, l'on espère
s'en tirer dans l'espace de douze bons
mois, pas plus, ou guère plus;
De sorte que, dans un an, nous comp-
tons bien pouvoir annoncer à nos lec-
teurs la libération de la place de l'Opéra.
A moins, pourtant, que d'ici là on
n'aperçoive la nécessité de quelques ter-
i-assements nouveaux, qui sait?.
Aujourd'hui, à l'hôtel Drouot, Me Lair-
Dubreuil, assisté des experts Chaine et
Simonson, vendra, à quatre heures, les
tableaux modernes composant la collec-
tion de feu Auguste Gaillard, d'Alger. Il
y aura exposition publique jusqu'au mo-
ment dès enchères.
-4.0-
Les Renault et les Panhard-Levassor,
les deux grandes marques en vogue,
sont vendues par l'Auto-Palace, avenue
de la Grande-Armée, qui, par l'impor-
tance de ses contrats avec les construc-
teurs et les carrossiers, est toujours à
même de satisfaire à toutes les deman-
des et à tous les desiderata de la clien-
tèle.
L'Auto-Palace est également agent.
direct des DelaunayrBeHeville, des More
et des Unit.
Samedi, l'Hôtel Drouot ouvrira son
escalier de la rue de' là Grange-Bate-
lière, pour l'exposition particulière de la
collection de feu Franz Goerg, de Reims.
Cette collection est composée, de fort
belles oeuvres, tableaux, aquarelles,
pastels, dessins, des maîtres d'hier et
d'aujourd'hui, de ceux que les vrais
amateurs recherchent avec une admira-
tion fer.vente. Le catalogue compte cent
trente et un numéros triés sur le volet.
La vente aura lieu lundi sous la direc-
tion de M0 Henri Baudoin, assisté do
MM. J. et G. Bernheim Jeune, experts
près la cour d'appel: Dimanche, l'expo-
sition sera publique.
Otello aux « Italiens ».
L'histoire du théâtre lyrique peut en-
registrer dans ses annales une distribu-
tion telle qu'on n'en a sans doute jamais
vu, et qui ne pourra se renouveler que
deux fois encore, le 30 mai et le 10 juin
c'est celle d'Otello, que l'on a acclamée
hier au Châtelet. ̃
II faudrait évoquer le temps où la
'Grassini, la Catalani, Crivelli et Bassi
figuraient ensemble dans le « Parnasse
musical » de l'Italie pour retrouver'pareil
souvenir Slezak, Amato, Francès Alda
et l'illustre Toscanini. Ces quatre noms
ont restitué hier à Otello sa splendeur'
lyrique. Slezak chantait le personnage
d'Otello, avec quelle voix puissante, àyée
quelle admirable puissance dramatique,
avec quel impressionnant sentiment
plastique du rôle! Iago, c'était Amàto,
dont la voix sans égale possède les plus
fulgurants éclats et les plus adorables
douceurs; Desdémone, c'était Francès
Alda, figure mélancolique et délicate,
dont la voix est un ravissement
Et Toscanini conduisait l'orchestre,
soulevant dans Otello comme dans Aïda
un'enthousiasme indescriptible.
La soirée d'hier comptera parmi les
plus belles de la saison italienne.
-o-<:>c>-<>-
Quelques journaux ont publié, jl y
a quelques jours la nouvelle de la
concession accordée par la préfecture
de Rio à la Compagnie brésilienne
d'Energie électrique, pour la production
et la distribution de l'énergie électrique.
Cette nouvelle a provoqué d'abord' un1
démenti formel, mais, comme il s'agis-
sait d'un « fait », ce démenti à provoqué
la nécessité d'un complément d'expl.it;a.-
tions.
fin a articulé que la conçessi(ip,e4n'
effet accordée, ne pouvait pas ètre va-
lable parce qu'elle touchait à des droits'
acquis par la Compagnie qui assure déjà
un service semblable et qui a le mono-
pole. D'après le dernier courrier, voici,
comment, paraît-il, les choses se sont
passées.
En effet, la Compagnie qui fait déjàle
service a un monopole qui doit prendre
fin en 1915, mais exclusivement pour
l'énergie électrique produite par force
« hydraulique »; en ce qui concerne la
nouvelle concession, il est déclaré d'une
façon très précise que le concession-
naire ne pourra fournir jusqu'à -la fin
du monopole actuel que de l'énergie
électrique produite par force « à va-
peur ». Donc les droits acquis par le
monopole sont respectés intégralement.
Quant au public, il ne résultera qu'a-
vantage pour lui de ce nouvel état de
choses, d'abord parce que la nouvelle
concession n'a pas le caractère de privi-
lège ou monopole et toute concurrence.
est possible, y compris même celle de la
Compagnie qui fait déjà le service, en-
suite parce que les prix établis dans la
nouvelle concession, malgré la produc-
tion « par la vapeur » sont bien infé-
rieurs à ceux que l'on paye maintenant,
malgré la production « hydraulique ».
Les chiffres publiés à Rio dans ce ta-
bleau comparatif donnent bien la preuve
de ce côté de l'affaire s
PRIX NOUVELLE
ACTUELS CONCESSION
Reis Reis
Jusqu'à 1.500 kw-h 200 ̃ 125 •
De 1.500 à 3,000 kw-li.. 175 100 r
De 3.000 à 7.500 150 90
De 7.500 à 15.000 125 80
De 15.000 à 30.000 80, 60
De 30,000 à 75.000 60 45
Plus de 75.000 kw-h 45 35
La Compagnie actuelle, cela se com-
prend, a obtenu d'un des juges de Rio
un mandat prohibitif des nouveaux tra-
vaux même la Cour suprême n'a pas
accepté le premier recours présenté
contre cette décision par la nouvelle
concessionnaire, en déclarant toutefois
que c'était le cas d'un appel, où l'on peut
discuter, non seulement le mandat pro-
hibitif, mais la question du monopole en
lui-même. Quant à la concessionnaire,
la Compagnie brésilienne, elle a fait
appel. L'affaire en est là.
Nouvelles a la Main
A la Faculté de médecine
Tous les médecins assistant à la
séance ont été plus ou moins meurtris
ou blessés. ̃
Et personne pour les soigner!
-•̃•
Un des juges du concours d'agréga-
tion entre au restaurant pour déjeuner.
Le garçon lui propose
OEufs tomates? •
Encore
Le chef de la mission chinoise est
monté hier dans une voiture de Dibn-
Bouton.
.De corail?
-o+:
Dans un salon d'artiste.
Qu'y a-t-il entre le rire et les
larmes?
Le nez
Le Masque de i?er.
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