Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1903-11-27
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 27 novembre 1903 27 novembre 1903
Description : 1903/11/27 (Numéro 331). 1903/11/27 (Numéro 331).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Description : Collection numérique : France-Brésil Collection numérique : France-Brésil
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k286436h
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
Vendredi 27 Novembre 1903
te Numéro *=SE!NË &SEINE-ET-OISE 15 cenpmos^ DEPARTEMENTS 20 centimes
49e Année = 3e Série = N° 331
H. DE VILLEMESSANT
Fondateur
Gaston CALMETTE
Directeur-Gérant
RÉDACTION -i ADMINISTRATION
26, rue Drouot, Paris (9« an?')
ftÉDACTION ADMINISTRATION
$&, rue Drouot, Paria (9« Arr»)
POUR LA PUBLICITÉ
S'ADRESSER, 26, RUE DROUOT
1 L'HOTEL DU • FIGARO >
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Départements. 18 75 37 50 75 •
Union postale 2150 43 » 88 «
On s'abonne dans tous les Bureaux de Poste
de France et d'Algérie.
s Looô par cetts-d, blâmé parceas-lâ, me moquant des. sots, bravant les méchants, je me bâte
de rire de tcrnU. de pesa- d'être obligé d'en pleurer. » (Beaxtmarghais.)
SOMMAIRE
Tableau de Paris Pour un mort Jules Clk-
RETIE.
te .docteur Proust: Horace Bianchon.
La Vie de Paris Magdeleine chez Rodin
̃Emile BERR.
A l'Etranger En Turquie Les Affaires de
Macédoine Ignotus.
Figaro à Londres.
Les Parlementaires anglais à Paris Maurice
Leudet.
A l'Académie française Littérature et Vertu
ANDRÉ Beaunier.
La Chambre Le budget des postes Pas-
Perdus.
Le. Sénat Les Conseils des prud'hommes A.
Wampse.
Pour tes Hellènes La réunion d'hier EM, B.
Gazette des Tribunaux Tribunal civil de la
Seine La musique de la mer Henri VA-
̃RENNES.
Les Théâtres Porte-Saint-Martin « Gil Blas
de Santillane » Emmanuel Arène.
TABLEAU DE PARIS
Pour un Mort
II y a aujourd'hui huit ans, jour pour
jour, qu'Alexandre Dumas fils est mort.
Huit ans! La Comédie-Française donnait,
ce'27 novembre 1895, la première repré-
sentation du Fils de TAretin, d'Henri de
Bornier. Le Président de la République
M. Félix Faure, assistait à la représenta-
tion dans son avant-scène. La nouvelle
de la mort du maître dont j'étais l'ami
me parvint pendant le premier acte du
drame. Le Présidentaverti par moi quitta
aussitôt sa place, fit demander sa voiture
et rentra à l'Elysée. Depuis cette soirée
le pauvre Bornier est mort, M. Félix
Faure est mort.Au cimetière Montmartre,
l'admirable statue de René deSaint-Mar-
ceàux nous rend les traits de Dumas en-
dormi du dernier sommeil, en attendant
que l'image du dramaturge glorieux se
dresse debout sur la place Malesherbes,
en face de celle de son père.
En attendant aussi, on vient de porter
à la tombe du disparu, comme pour cé-
lébrer le douloureux anniversaire, au
lieu d'une touffe de chrysanthèmes et de
roses, une" poignée tTÔfties. On vient de
découvrir^– scandale l que Dumas
fils achetait des pièces à des courtiers
interlopes, et que d'ailleurs il les signait
par bonté d'âme et faisait, sous son nom,
applaudir des inconnus, par charité. Je
n'aurais rien dit de ce roman de Francillon
si je n'en étais prié par celle qui porte
.ce grand nom de Dumas et qui, ne vou-
lant point répondre, me prie de parler.
C'est moi qui eus l'honneur de réprér
senter Francillon, qui fut .le dernier
succès d'Alexandre Dumas 'fils. C'est
pour moi qu'il écrivit la pièce, au prix
d& nombreux. efforts, pendant l'été de
de l'an 1886. Il m'avait promis de m'ap-
porter, pour le début de la saison, une
pièce en cinq actes laquelle il travaillait
depuis plusieurs années et qui s'appelait
les Nouvelles Couches,' satire violente et
courageuse, pièce hardie, prise en pleine
contemporariéité et dont je ne connais
que le sujet, qui est superbe, et le pre-
mier acte, qui est éclatant.
Mais Dumas, artiste consciencieux et
d'une rare probité littéraire, Dumas en
pleine gloire et ne cherchant plus ni le
bruit ni l'argent, ne voulait donner au
,'public qu'une œuvre dont il fût complè-
tement satisfait et les Nouvelles Couches
ne venaient pas, comme on dit, à son
gré. Cependant, ne voulant pas manquer
à la promesse qu'il m'avait donnée, lais-
sant là tout à coup la satire en cinq actes,
il se ressouvint qu'il avait écrit jadis le
premier acte d'une pièce qui était le dé-
but, repris et récrit par lui, d'une comé-
die qu'avaient soumise à son jugement
deux jeunes gens, maintenant « arrivés »,
M. Louis Ganderax et M. Emile Krantz.
Il relut ce premier acte, déjà publié par
lui dans un journal hebdomadaire, et, le
trouvant agréable, il le compléta par
deux autres et acheva ainsi une pièce
dont il m'envoya le manuscrit^ après
m'avoir dit
Il y avait une telle difficulté à sortir
du dénouement, qu'une fois, oui, un
soir en me promenant, je me suis de-
mandé si je n'allais pas me jeter la tête
la première dans le réservoir des eaux
de Marly. Enfin, c'est fini! Si vous êtes
content, je serai content puisque je vous
aurai apporté votre joujou!
Cette pièce, ce « joujou », comme il
disait gaiem,ent, c'était Francillon, cette
Francillon achetée on ne sait comment
à un intermédiaire danois du nom de
Jacobsen ou à.un auteur pauvre, du nom
de Crawford peut-être. C'est la pièce que
la Comédie-Française a été fière de re-
présenter et qui est à la fois une des plus
subtiles, des plus paradoxales*et des plus
fortes du théâtre d'Alexandre Dumas
fils.
Comment croire qu'un maître en pleine
possession de son talent le même
homme'qui, par excès de scrupules, ne
voulait pas donner la Route de Thèbes,
un chef-d'œuvre, je l'ai écrit et je le ré-
pète, comment admettre qu'un tel
écrivain ait pu, lui qui aimait à créer,
'astreindre à recopier, en les corrigeant
peine, les répliques d'un manuscrit
au'il aurait eu sous les yeux, comme un
^colier? Dumas a souvent travaillé pour
^es autres, avec les autres. Il y a dans
\e Marquis de Villemer de George Sand
^out un acte au moins qui est de lui et la
̃ *bonne et grande dame de Nohant lui di-
sait-même, en souriant:
N'y mettez pas tant d'esprit, mon
cher fils, on verrait trop vite que ce n'est
pas de moi
Mais dans les pièces de Dumas je ne
crois, pas que personne ait mis la main. Il
avait eu beau jeu, étant jeune, à signer la
comédie toute faite qu'Antony Béraud
avait tirée du roman la Dame aux camélias
et que le vieil auteur dramatique expert
lui apportait. Ilprit la comédie de Béraud
et laissa là le manuscrit pour écrire la
Dame aux camélias lui-même. Et, vieux,
n'ayant pas à chercher des sujets dont
son merveilleux cerveau était plein, il
aurait apporté au premier théâtre du
monde, comme couronnement à une
carrière sans tache, un manuscrit de se-
conde main, l'oeuvre d'un autre, il au-
rait, comme un vulgaire marchand, mis
son étiquette sur le produit fabriqué par
autrui Toute sa vie proteste contre cette
accusation, et j'ai été stupéfait de lire
chez un rédacteur du Journal des Débats
que presque toutes les pièces d'Alexan-
dre Dumas fils ont donné.lieu à de tels
incidents, sauf la Route de Thèbes « qui
n'a pas été jouée ».
Et quand je pense qu'en dépit de l'évi-
dence il restera tant le soupçon de-
vient un des virus infiltrés dans les cer-
velles françaises il restera toujours
un vague brouillard de légende autour
de l'œuvre contestée et incontestable!
On est si content de croire, même lors-
que la statue est de marbre tout entière,
que les pieds pourraient bien être mêlés 's
d'argile. Et tout naturellement on va à
qui se plaint et à qui souffre, à qui dé-
clare, du fond de son ombre, qu'on lui a
pris une part de soleil.
#
Certes je plains de toute mon âme les
vaincus de la vie et les maltraités du sort.
Il est dans la marche d'une génération
des attardés qui. les pieds meurtris, s'ar-
rêtent au bord de la route et s'attristent à
voir passer devant eux les victorieux et
les athlètes. Je sais (et c'est une des amer-
tumes de mes fonctions) tout ce qui peut
tenir d'amertume dans l'auteur rebuté,
refusé et qui croit tout naturellement
avoir fait un chef-d'œuvre. Il est surtout
des écrivains dont l'espèce de génie sem-
ble se débattre contre lui-même et qui
ne se débarrasseront jamais de leur gan-
gue. Ceux-là, commentvoulez-vous qu'ils
comprennent que le succès va à autrui,
au bon sens, à la vérité, à l'esprit, au
goût, à la clarté, à la lumière, et com-
ment leur faire entendre que ce bon sens'
sublimé est la force même de l'âme la-
tine, de l'âme française et qu'au total
tout dépend de l'exéc2ction ?
Mais si on peut plaindre ces demi-ta-
lents, ces demi-génies qu'on ne peut pas
consoler (car .le _p.ubliç,. lui, n'a pas de
pitié et n'accepte que ce qui lui plaît),
n'est-on pas en droit de défendre contre
des accusations de déloyauté et de mer-
cantilisme la mémoire de ceux qui furent
la gloire de leur temps et l'exemple de
leur art? Pitié pour les dédaignés, mais
respect auxillustreslDumas, que l'étran-
ger imita, présenté à l'étranger comme
un imitateur, un acheteur de scénarios
au rabais, faisant du théâtre, ce Temple,
la boutique, la Rotonde du Temple
Pourquoi discuter.? Les faits, les dates
sont là. On nous dit que c'est en juillet
/S 54 que le « courtier interlope » com-
manda une pièce, le Talion la future
Francillon à « un auteur dramatique
placé par des revers de fortune sous sa
dépendance absolue », et que c'est le
9 octobre 1885 qu'il reçut livraison du
manuscrit en le payant 1,500 francs.
Le 1er janvier 1884– l"1 janvier 1884!
le Monde illustré publiait le premier
acte d'une comédie en trois actes, en
prose, intitulée ITnconnu, et que Dumas
fils envoyait à M. Paul Dalloz avec cette
lettre
Mon cher Dalloz,
Je n'ai pas le temps d'écrire le petit conte
que vous m'avez demandé, m'étant sauvé la
campagne pour travailler exclusivement à
ma pièce. Voulez-vous, en placé du conte, les
deux premières scènes de cette pièce ? Elles
ne sont connues de personne, pas même du
copiste. Je vous envoie mon manuscrit. Qu'on
ne le coupe pas à l'imprimerie. Si cette pri-
meur réussit dans votre numéro cela m'enhar-
dira à continuer; si elle ne réussit pas, je
jetterai le tout au feu comme il m'est arrivé
pour bien d'autres essais. En tout cas, cette
primeur aura toujours servi à vous prouver
le désir que j'ai de vous être agréable, ce qui
est bien naturel entre vieux amis comme
nous.
A. DUMAS.
Or, ce premier acte de l'Inconnu, pu-
blié le 1er janvier 1884, c'est, moi pour
mot (même avec la fameuse salade japo-
naise), le premier acte de Francillon
dont deux ans plus-tard Dumas écrira
les deux autres, -ce sont les mêmes
personnages, c'est Francine de Rive-
rolles,que jouera si admirablement Mlle
Bartet, c'est l'acte inédit que Dumas
fils aura écrit comme en marge, de la
pièce de ses jeunes amis M. Louis Gan-
derax et M. Krantz, Miss Fan fare, repré-
sentée au Gymnase en mars 1881.
Janvier, février ou mars 1881,-Dumas
écrit ce premier acte.
ler janvier 1884, il le publie dans le
Monde illustré.
Et c'est en juillet de cette même an-
née 1884 que le courtier commande le
Talion à l'auteur pauvre et en octobre
1885 que l'auteur le livre
Mais il y avait en octobre 1885 vingt-
deux mois tout juste que Dumas avait
donné donné son premier acte de
l Inconnu.
Je n'ai pas à insister. Mon ami Ludovic
Halévy possède un exemplaire de choix
de Francillon à lui offert par Dumas et
portant cette dédicace
A mon cher confrère et ami Ludovic Halévy.
Mon cher ami,
Acceptez pour votre bibliothèque intime
cet exemplaire unique. Il contient l'apprécia-
tion de Claretie après la première -lecture de
la pièce et le changement manuscrit que j'ai
fait après la répétition.
Bien à vous,
A. Dumas flls.
Je citerais volontiers l'appréciation
,dbnt parleJQumaSiekque je luLenvoyais^
par un petit bleu après avoir achevé la
lecture de l'étincelant ouvrage. Une let-
tre de moi, jointe à l'exemplaire d'Ha-
lévy, est peut-être plus intéressante pour
les amateurs de petits détails d'histoire
littéraire •
12 mai 1887;
Mon cher Halévy,
Dumas se trompe dans la petite noie-dédi-
cace mise en tête de votre précieux exem-
plaire de Francillon. Ce n'est pas après la ré-
pétition générale de la pièce, qu'il a fait les
changements et écrit la scène dont vous avez
le manuscrit. A la suite de la répétition gé-
nérale, il n'y a eu d'autre modification qu'un
détail de mise en scène fort peu important en
apparence et décisif en réalité! Primitive-
ment, nous avions fait asseoir Pinguet, et
le spectacle de ce clerc de notaire installé
chez le mari et contant devant M. de Rive-
rolles l'aventure de l'Opéra avait quelque
chose d'un peu choquant. Il y avait eu un
petit mouvement chez le public restreint de
fa répétition. C'est alors que, dans la salle
du Comité* pas mêjne sur le théâtre,
Dumas fit jouer la scène par Prud'hon de-
bout, et l'aspect général devint subitement
tout autre. L'amant supposé n'avait plus
l'air d'être chez lui chez le mari et il pouvait
tout dire.
La scène refaite l'a été par Alex. Dumas à
la suite d'une répétition où nous sentîmes
que cette hardie, curieuse, supérieure scène
de l'apparition de Pinguet pouvait être un
danger. Dumas prit son manuscrit, vint avec
moi dans mon cabinet, coupa et récrivit quel-
ques passages, puis me dit
Non, emporte le troisième acte, je ferai
cela chez moi et je vous le rapporterai de-
main.
Le lendemain il me rapportait la scène
que vous avez et que l'on collationnait sur-le-
champ. C'est, dans toute la pièce, le seul
changement radical qu'ait apporté l'auteur à
une œuvre dont ma petite dépêche bleue
avait deviné l'effet.
Ce qui a été particulier, c'est la chasse aux
titres. Francillon a dû, tour à tour, s'appeller
Francine,Fransquillon,Francenillon, et même
Une Bonne Fortune, en souvenir de Musset et
de ce Fortunio en veston qui se nomme
Pinguet. Il y eut même un M. Pinguet et un
M..PYancillan pour protester contre ces deux
noms choisis.
A vous de tout cœur et puissent ces menus,
xlétails vous sembler curieux!
Jules Claretie.
En relisant la distribution de l'Inconnu
publié dans le numéro de Noël du Monde
illustré je vois parmi les personnages
des actes futurs-un M. « Huber, avoué,
cinquante ans ». C'est cet Huber, devenu
Pinguet, qui dut donner à Dumas tant
de soucis pour trouver son dénouement.
Primitivement sans doute Francine de
"Riverolles devait avoir soupé avec un
homme de cinquante ans, ce qui devait
rassurer légèrement le mari B.umas
préféra à l'avoué quinquagénaire un clerc
de notaire plus redoutable. Mais je vais
bien étonner ceux qui veulent éternelle-
ment contester aux écrivains, aux au-
teurs dramatiques en particulier, l'inven-
tion de leurs œuvres.
Lorsque Francillon fut représentée,
Aurélien Scholl s'écria ̃
C'est le vaudeville de Labiche Si
jamais j'te pince « OEil pour œil, dent
pour dent.-» ̃'̃̃
Dumas souriait
Du diable si j'ai songé à Labiche!
Savez-vous, me dit-il un jour, qui m'a
donné l'idée de la pièce ? C'est mon père.
Oui. Une des nouvelles des « Souvenirs
d'Antony o qui a pour titre Un Bal mas-
qué. L'avez-vous lue?
J'ai beaucoup lu. Je connaissais l'aven-
ture de bal. masqué contée par Dumas
père. Elle est tragique. Et si Dumas fils a
emprunté quelque chose à quelqu'un,
c'est à celui qui lui eût dit, au contraire
de George Sand
Mets-y ton esprit. On verra bien
vite que c'est de toi même quand ca-
serait de nous 1
Allons, nous pouvons laisser, parmi
tant d'autres œuvres illustres, le titre
glorieux de Francillon sur le socle im-
maculé de la statue de mon grand ami, et
il me semble le voir, sous .sa robe de
chambre de feutre gris, hausser les épau-
les en lisant dans les journaux l'éton-
nante histoire de ce manuscrit acheté par
lui à un passant.
Je m'explique le sourire qu'il avait sur
son lit mortuaire étendu sous le por-
trait de son père dans la petite cham-
bre de Marly. Ce sourire de bonté et
d'ironie, la lèvre du mort avait raison de
le garder.
Jules Claretie.
Echos
La Température
Le baromètre reste bas dans le nord de
l'Europe et de nouveaux minima apparaissent
sur la mer du Nord et la Baltique. Une faible
dépression existe sur l'Italie. Fortes pressions
de l'Ouest aux Açores.
Le vent est fort du nord-ouest sur nos côtes
de la Manche et de la Méditerranée. Il est
faible en Bretagne. Mer grosse sur la Manche
et vers Toulon, agitée en Bretagne, belle sur
l'Océan.
La température a baissé généralement. A
Paris, hier matin, 50 à quatre heures, 805.
Journée belle le matin, pluvieuse à partir de
deux heures..
Départements, le matin, à sept heures
Au-dessous de \èro 20 à Briançon, 30 au
puy de Dôme et à Gap.
Au-dessus de %cro 10 à Belfort, 2° à Be-
sançon, 3° à Lyon, à Nancy et à Limoges, 40
à Clermont, à "Charleville et à Sicié, 50 à Bor-
deaux, à Nantes, à Toulouse, à Cette et à
Marseille, 60 à Dunkerque, à Lorient et à Au-
male, 70 à Boulogne et à Rochefort, 8° à
Brest, à Perpignan et à Nice, 90 à Cher-
bourg, à Biarritz et à Nemours, 100 à Oues-
sant et à Tunis, 130 à Oran et à Sfax, 150 à
Alger, 160 à Biskra..
Etranger, le matin:
Au-dessous de \èro 1° à Saint-Pétersbourg
et à Copenhague, 20 à Münster et à Herman-
stadt,3<> à Arkhangel, 40 à Moscou, 60 à Stock-
holm, 140 à Uleaborg.
Au-dessus.de %èro 1° à Varsovie, à Berlin
et à Hambourg, 2» à Utrecht, 30 à Breslau,
à Vienne, à Prague et Bruxelles, 40 à Niço-
laïew, 6° à Florence, 8<> à Cagliari et à Pesaro,
ï^o ààErieste^joavàjBilbao^t à Livourne, -ïifcà
Lisbonne et à Naples, 12° à Palerme, 140 à
ïéfalte, 19° à Funchal.
En France, le temps va rester nuageux et
frais. Des averses sont probables dans le
Nord et l'Est.
Du New York Herald
A New-York Très beau temps. Tempéra-
ture minimum,- 6» maximum, 150. Vent
Ouest-Nord-Ouest-, assez fort. Baromètre sta-
tionnaire.
À Londres Temps gris. Température mi-
nimum, 105 maximum, 8°. Vent Ouest-;
Nord-Ouest, faible. Baromètre 765mm,
"A Berlin Temps variable. Température 40.
PARADE TARDIVE
Oy Les principaux journaux du Bloc
jK nous donnent,, depuis deux jours,
un spectacle instructif c'est à qui dé-
savouera M. de Pressensé et la phrase
malheureuse qui, lundi dernier, a mis le
feu aux 'poudres. Evidemment, ils sen-
tent le dommage qu'elle leur a causé et
ils s'efforcent d'en amortir l'effet. Le
Rappel, Aurore, l'Action elle-même, par
la voix de leurs principaux rédacteurs, se
séparent de l'imprudent qui a joué au
parti socialiste un si mauvais tour.
Cette répudiation presque unanime
pas tout à fait unanime cependant-rentre
bien dans leur tactique habituelle. Si le
coup avait réussi, ils eussent applaudi des
deux mains et ils auraient célébré le vote
des motions de désarmement comme la
plus éclatante des victoires. On les voit
d'ici glorifier ce prétendu triomphe de
l'humanité moderne sur l'antique bar-
barie.
Malheueeûsement, le coup a échoué
dans les conditions les plus lamentables,
et c'est à qui maintenant retirera son
épingle du jeu. Il fallait s'y attendre.
Ils excellent à rentrer la griffe et à faire
patte de velours quand ils ont manqué
leur proie. L'occasion reviendra.
Et qu'ils ne nous accusent pas de mé-
connaître leurs intentions et de calom-
nier leur tactique! D'abord le désaveu
arrive 'un peu tard ils ont attendu qua-
rante-huit heures pour crier haro un
tout petit haro sur le frère et ami qui
n'a eu, en somme, d'autre tort que d'ex-
primer, mal à propos,, leur vraie pensée.
Ils ont pris le temps de. la réflexion avant
de se décider à rompre en parant.
Voulez-vous que M. de Pressensé ait
été étourdi ? Il a certainement été sin-
cère et son étourderie même est un gage
de sa sincérité. Vous le sentez fort bien
puisque vous spécifiez qu'il a pris son
.opinion sous son seul bonnet, qu'il a
parlé uniquement en son nom person-
-'nel et n'a ainsi engagé que lui-même.
Il a si bien parlé au nom du parti que,
loin de le récuser ou de se récuser, M..
Jaurès, un chef apparemment, s'est pré-
cipité à la rescousse (on sait avec quelle
ardeur!) pour le seconder et le soutenir.
Avez-vous oublié ce furieux colloque
dans lequel M. Jaurès a traité M. Ley-
gues d' « impie » ? Avez-vous oublié, le len-
demain, l'article de la Petite République
et le dédaigneux anathème aux revan?
chards ? î
Vous avez beau faire l'explication
n'explique rien ;ce qui est écrit est écrit.
A Travers Paris
Le Président de la République a reçu
hier matin les délégués du Conseil supé-
rieur de la mutualité qui lui ont été pré-
sentés par M. Lourties, sénateur, vice-
président de ce Conseil.
M. Loubet, qui s'intéresse au plus haut
point, on le sait, aux œuvres mutualistes,
a vivement félicité ses visiteurs des ef-
forts qu'ils font pour les développer,
préparant ainsi la paix sociale, et il les a
assurés de la sollicitude avec laquelle il
suit tous leurs travaux.
Il a semblé puéril au Figaro, on l'a vu
plus haut, d'ajouter la moindre créance
a la réclamation qui se produisait seize
ans après l'apparition triomphante de
Francillon au Théâtre-Français et huit
ans après la mort d'Alexandre Dumas
fils la lettre suivante que nous rece-
vons du docteur Matza, au nom de la fa-
mille Dumas, nous: donne pleinement
raison
Paris, le 26 novembre 1903.
Monsieur le Directeur,
La famille d'Alexandre Dumas fils n'admet
pas un seul instant je n'ai pas besoin de
vous le dire -4- que l'auteur de Francillon ait
emprunté quoi .que ce soit. à la pièce dite le
Talion, que publie en- ce moment la Bévue
d'art dramatique..
Les déclarations de M. Auguste Chirac sont,
en vérité, bien singulières, et le silence qu'il
a garde depuis le 17 janvier ±887, c'est-à-dire
depuis la première ieprésfin.tatian de Fran-
cillon, est bien: peu explicable. Quoiqu!il en.
soit, nous attendrons qme la. pièce le Talion
alt été intégralement publiée, gt nous nous
réservons de prendre alors, telles, résolutions.
qu'il conviendra..
Veuillez agréer, monsieur le Directeur,
l'expression, de. ma. haute considération.
Docteur A. Matza.
Le dîner des amis d'Alexandre Dumas
fils, fondé par son filleul, M. de La Char-
lotrie, en l'honneur de l'auteur de Fran-
-cillon, a eu lieu hier chez Marguery.
Etaientprésents
Docteur Landolt, MM. Ghéramy, Ziéger,
docteur Ménière, J. Dupré, docteur Pozzi, L.
Ganderax,J. Normand, H. Lavedan, H. Har-
risse, docteur d'Arsonval, marquis du Lau
d'Allemans, H. Roujon, H. Cain, de Traz, A.
Moncel, G. Cain, O. Bouwens, Janvier de La
Motte, Pierre Baudin.
Au dessert, le docteur d'Arsonval a
fort intéressé tous les convives par de
curieuses expériences avec le radium.
On posait l'autre jour, à propos de
Mlle Myriam Manuel la question de sa-
voir si le mariage était un cas de force
majeure en matière d'engagement théà-
JEaj. Ofl. mctisçiiter le. mois .-prochain cet
autre point de droit le divorce est-il un
cas de force majeure ?
Sur la demande de M* R. Poincaré a
été indiqué hier, en effet, pour être plaidé
à huitaine devant la im Chambre du tri-
bunal de la" Seine le procès intenté par
MM. Decourcelle et de Coulvin à M. Po-
rel.
Les auteurs de la Meilleure part se
plaignent, de ne pas voir mettre en
répétition leur pièce reçue et qui de-
vait passer cet hiver. M. Porel leur ré-
pond que ce n'est pointsa faute, mais celle
de la principale interprète de la pièce
qui se sépare de lui. A quoi les auteurs
répliquent qu'ils ont traité avec le direc-
teur et non avec l'étoile et qu'ils doivent
être jouésou indemnisés. Ils réclament
10,000 francs de dommages-intérêts, et
ne pouvant remporter cette année la vic-
toire devant.le..public, ils espèrent avoir
au moins tin succès devant le Tribunal.
Le Figaro n'a cessé de manifester l'in-
térêt qu'il portait à la science et au sport
aérostatiques, et il a suivi avec une atten-
tion particulière les différents et magni-
fiques efforts heureux ou tragiques
tentés ces dernières années pour faire ta
conquête de l'air.
Pour stimuler davantage encore le gé-
nie des uns, le courage des autres, le
Figaro a décidé de doter l'aérostation
d'une épreuve nouvelle, « la Coupe du
Figaro ».
Notre directeur, M. Gaston Calmette, a
ces jours-ci informé le Comité de l'Aéro-
Club que le Figaro mettait à sa disposi-
tion, pour récompenser les vainqueurs,
deux objets d'art, l'un d'une valeur de
i,500 francs, l'autre d'une valeur de 500
francs..
La Coupe du Figaro devra être disputée
pour la première fois dans le courant du
mois de mai 1904.
M. Chaumié ayant décidé, pour abré-
ger les souffrances des postulants atteints
de la fièvre violette, de publier dès le
mois de janvier la liste des officiers
d'académie et d'instruction publique, on,
a clos hier rue de Grenelle le registre sùV
lequel sont inscrits les noms des candi-
dats aux palmes «
11 y a cette année plus de vingt mille
demandes.
11 1"
La Société; des grandes auditions mu-
sicales de France va donner prochaine-
ment chez Ccjlonne les quatre grands ora-
torios de Berlioz.
Cette belle .manifestation d'art est or-
ganisée par là Société des grandesaudi-
tions à l'occasion du centenaire de Ber-
lioz.
L'Association des étudiants tiendra le
mois prochain son assemblée générale
et procédera en janvier, au renouvelle-
mont de son bureau.
Son banqueta été fixé hier au 11 jan-
vier et c'est M. Liard. vice-recteur de
l'Université de Paris qui le présidera,
«L'Electra» c'est de cet abréviatif,
créé par la vogue du public, qu'est bap-
tisée désormais la Compagnie française
de voitures électromobiles, dont les élé-
gants et rapides véhicules les prati-
ques landaus surtout, si remarqués aux
dernières expositions, sont de plus en
plus adoptés par le monde des cercles et
de la fashion.
On va inaugurer prochainement les
agrandissements de la Bourse, aujour-
d'hui presque terminés,. Parmi les invi-
tés à la fête intime qui sera donnée à
cette occasion, on n'oubliera pas certaine
brunette à la toque verte, égayée de
pourpre, à qui la reconnaissance des uns
et la prévision des autres devraient ré-
server une place d'honneur. C'est elle,
en effet, qui, chaque jour, équilibre heu-
reusement la conception des spécula-
teurs audacieux; c'est elle qui confère-
la vigueur et la résistance aux cordes
vocales des ténors dont les clameurs
éperdues emplissent, durant de longues
heures, le vaste temple de la Fortune.
-Elle? Qui donc? La divine bouteille
de Vin Mariani, sauveur du larynx, qui,
non seulement conserve la puissance de
la voix, mais triomphe des enrouements
et des bronchites guettant, sous la co-
lonnade, les banquiers et remisiers au
milieu des intempéries dont ni l'or ni
lagrandeur ne défendent les rois. delà
spéculation.
La Maison des Fourrures Max, place
de la Bourse, exposé aujourd'hui dans.
une de ses vitrines, un petit musée.d.e la
fourrure des plus- curieux et tel qu'il ne
peut en exister nul autre. Cette, exposi-
tion se compose des: pelleteries les plus
rares et les plus recherchées. On y verra
des peaux de renards noirs et argentés,
de zibelines et de loutres du Kamtchatka
qui représentent la. fourrure dans ce
qu'elle a de plus riche et de plus seyant.
Nous. recommandons notamment à
nos lectrices d'aller examiner les "peaux
de. zibelines foncées qui se trouvent aux
deux côtés de la tête de Fours blanc et
qui sont marquées douze et quinze cents
francs.
Hors Paris
De Nice
« L'Hôtellmpérial fera sa. réouverture
mardi prochain, 1er décembre. A cette
date," l'hôtel devient le point terminus
d'une ligne de tramways électriques des-
servant toutes les principales artères de
Nice (gare P. L. M., avenue de la Gare,
place Masséna, promenade des Anglais),
en correspondant directement avec tou-
tes les lignes du Littoral. Départ toutes
les dix minutes en chaque sens, jusqu'à
la sortie des théâtres.
» L'eau des sources du Parc Impérial
est seule utilisée dans tous les services
de l'hôtel; Dans l'hôtel même un garage
pour cinquante automobiles, succursale
du garage de l'Automobile-Club de Nice.
Dans le parc de dix hectares d'orangers,
qui s'étend en plein soleil devant l'hôtel,
quatre magnifiques tennis .avec pavillon
sportif spécial, tout cela à cinq minutes
du centre de la ville, tels sont les avan-
tages que l'Hôtel Impérial réserve à sa
nombreuse et élégante clientèle. »
De Tunis: <
« L'ouverture du « Tunisia Palace »,
qui a eu lieu samedi dernier, a été l'oc-
casion d'un grand succès pour cet hôtel.
» Plus de cent dîneurs ont pris part
au premier repas servi dans le restau-
rant du « Tunisia Palace », dont l'ins-
tallation, le service, la cuisine et les ca-
ves ont rallié tous les suffrages. ».
Nouvelles â la Main
Quelle différence y a-t-il entre l'aven-
ture de Frédéric Humbert et celle de la
Rente viagère?
Aucune: l'un et l'autre sont. aléa-
thouars.
-ao.v.
Vous êtes-vous amusée, au bal de
la Libre Pensée ?
Ah ma chère, c'était charmant.
J'ai dansé une scottish avec le grand
Ecossais de la loge de Levallois.
Lo Masque de Feu
LE DOCTEUR PROUST
Le docteur Proust vient de mourir
d'une attaque d'apoplexie foudroyante.
Lundi matin, il avait, avec sa lucidité
coutumière, pris une part active aux tra-
vaux d'une, des sous-commissions de la
Commission permanente de la tuber-
culose- II àvait, dans l?après-midi, vu ses
malades et donné sa consultation. Mardi,
:à une heure, il se rendait à la Faculté de
médecine pour y-présider un examen.C'est
lâjqu'il âété foudroyé. En hâte, ses collè-
gues ramenèrent à son appartement de
la rue de Courcelles son corps inanimé.
Hier, dans la matinée, il expirait sans
avoir repris .connaissance.
Professeur d'hygiène à la Faculté, ins-
pecteur général des services sanitaires,
médecin honoraire de l'Hôtel-Dieu, mem-
bre de l'Académie de médecine, c'était
un homme considérable, un des maîtres
de l'hygiène, un aimable homme, un es-
prit fin.
Il avait près de soixante-dix ans. Avec
sa barbe grise, ses traits réguliers et dé-
licats encore, malgré l'empâtement de
l'âge, le lorgnon posé bas à cheval sur
le nez et qui le contraignait à tenir la
tête un peu haute, avec sa -voix grave
un tout petit peu nasonnée, et son sourire
en même temps perspicace et indulgent
de philosophe, le professeur Proust don-
nàit l'impression d'une intelligence ex-
ceptionnellement vive dans un corps un
peu indolent.' ̃ <
II semble d'abord que sa carrière dût
s'orienter vers la science du système
nerveux et vers la psychologie médir
cale. Ses premiers travaux sur le ramol-
lissemerit du cerveau (1866), sur la para-
lysie labio-laryngée (1870), sur l'aphasie
(1872) sont demeurées parmi les œuvres
à consulter.
Mais, d'autre part, le docteur Proust
était l'élève de Fauvel, du grand Fauvel,
l'hygiéniste. Dès 1869, le jeune agrégé
était chargé d'une importante mission
sanitaire en Russie et en Perse. Puis, sa
vocation se précisant, il devenait succes-
sivement secrétaire du Comité consultatif
d'hygiène de France et secrétaire de là
Commission pour la revision de nos rè-
glements sanitaires. De jour en jour il
prenait goût à cette science de l'hy-
giène naguère encore dans l'enfance, et
qui tout à coup se fécondait et s'ampli-
fiait sous la toute-puissante influence des
travaux de Pasteur et des pastoriens.
Inspecteur général adjoint des ser-
vices sanitaires, titulaire l'année sui-
vante à la mort de Fauvel, puis profes-
seur d'hygiène à la mort de Bouchardat,
il ne cessa, dès lors, de jouer un rôle
continu; toujours plus important et plus
officiel.
On peut dire de lui qu'il a été, avec
son collaborateur constant, M. Henri
Monod, directeur de l'assistance et de
l'hygiène au ministère de l'intéryeurj le
créateur de l'hygiène internationale,
science fort indécise et éparse, naguère,
et qui rend de si grands services.
Sa. conception si heureuse:, si moderne,
sr libérale et si efficace" des quarantaines,
ses "publications, sur le choléra, sur la
route que suivent les. grandes, épidémies,
sur le pèlerinage de La. Mecque, sur la
peute, son traité d'hygiène publique et
privée, soir cours à: la Faculté, ses con-
seils dans les innombrables. Commis-
sions dont il a fait partie furent d'un es-
prit vif, lucide, ingénieux, actif sans
efforts apparents..
Mais le docteur Proust n'était pas de
ceux: qui se contentent d'être des théori-
ciens avertis quand il le fallait; il payait
de sa personne,et, malgré les dangers de
la contagion, lorsqu'il avait à réglemen-
ter les précautions à prendre contre les
épidémies, il se transportait en personne
sur le lieu du fléau. C'est ainsi qu'on le
vit à Marseille combattra le choléra, se
prodiguant, soignant lui-même les ma-
làdes, n'épargnant aucune peine et n'es-
quivant aucun péril. C'est de cette façon
qu'il fut fait, il y a quelques, années,
commandeur de la Légion d'honneur,
pour ainsi dire sur le champ de bataille.
En ces années dernières, estimant
que l'hygiène peut être envisagée comme
une partie de la morale, il avait posé sa
candidature à l'Académie des sciences
morales et politiques ;elle y comptait
nombre de partisans.
Il laisse deux enfants l'un qui est un
charmant écrivain et un charmant poète,
l'autre qui compte parmi les meilleurs
te Numéro *=SE!NË &SEINE-ET-OISE 15 cenpmos^ DEPARTEMENTS 20 centimes
49e Année = 3e Série = N° 331
H. DE VILLEMESSANT
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Gaston CALMETTE
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1 L'HOTEL DU • FIGARO >
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Départements. 18 75 37 50 75 •
Union postale 2150 43 » 88 «
On s'abonne dans tous les Bureaux de Poste
de France et d'Algérie.
s Looô par cetts-d, blâmé parceas-lâ, me moquant des. sots, bravant les méchants, je me bâte
de rire de tcrnU. de pesa- d'être obligé d'en pleurer. » (Beaxtmarghais.)
SOMMAIRE
Tableau de Paris Pour un mort Jules Clk-
RETIE.
te .docteur Proust: Horace Bianchon.
La Vie de Paris Magdeleine chez Rodin
̃Emile BERR.
A l'Etranger En Turquie Les Affaires de
Macédoine Ignotus.
Figaro à Londres.
Les Parlementaires anglais à Paris Maurice
Leudet.
A l'Académie française Littérature et Vertu
ANDRÉ Beaunier.
La Chambre Le budget des postes Pas-
Perdus.
Le. Sénat Les Conseils des prud'hommes A.
Wampse.
Pour tes Hellènes La réunion d'hier EM, B.
Gazette des Tribunaux Tribunal civil de la
Seine La musique de la mer Henri VA-
̃RENNES.
Les Théâtres Porte-Saint-Martin « Gil Blas
de Santillane » Emmanuel Arène.
TABLEAU DE PARIS
Pour un Mort
II y a aujourd'hui huit ans, jour pour
jour, qu'Alexandre Dumas fils est mort.
Huit ans! La Comédie-Française donnait,
ce'27 novembre 1895, la première repré-
sentation du Fils de TAretin, d'Henri de
Bornier. Le Président de la République
M. Félix Faure, assistait à la représenta-
tion dans son avant-scène. La nouvelle
de la mort du maître dont j'étais l'ami
me parvint pendant le premier acte du
drame. Le Présidentaverti par moi quitta
aussitôt sa place, fit demander sa voiture
et rentra à l'Elysée. Depuis cette soirée
le pauvre Bornier est mort, M. Félix
Faure est mort.Au cimetière Montmartre,
l'admirable statue de René deSaint-Mar-
ceàux nous rend les traits de Dumas en-
dormi du dernier sommeil, en attendant
que l'image du dramaturge glorieux se
dresse debout sur la place Malesherbes,
en face de celle de son père.
En attendant aussi, on vient de porter
à la tombe du disparu, comme pour cé-
lébrer le douloureux anniversaire, au
lieu d'une touffe de chrysanthèmes et de
roses, une" poignée tTÔfties. On vient de
découvrir^– scandale l que Dumas
fils achetait des pièces à des courtiers
interlopes, et que d'ailleurs il les signait
par bonté d'âme et faisait, sous son nom,
applaudir des inconnus, par charité. Je
n'aurais rien dit de ce roman de Francillon
si je n'en étais prié par celle qui porte
.ce grand nom de Dumas et qui, ne vou-
lant point répondre, me prie de parler.
C'est moi qui eus l'honneur de réprér
senter Francillon, qui fut .le dernier
succès d'Alexandre Dumas 'fils. C'est
pour moi qu'il écrivit la pièce, au prix
d& nombreux. efforts, pendant l'été de
de l'an 1886. Il m'avait promis de m'ap-
porter, pour le début de la saison, une
pièce en cinq actes laquelle il travaillait
depuis plusieurs années et qui s'appelait
les Nouvelles Couches,' satire violente et
courageuse, pièce hardie, prise en pleine
contemporariéité et dont je ne connais
que le sujet, qui est superbe, et le pre-
mier acte, qui est éclatant.
Mais Dumas, artiste consciencieux et
d'une rare probité littéraire, Dumas en
pleine gloire et ne cherchant plus ni le
bruit ni l'argent, ne voulait donner au
,'public qu'une œuvre dont il fût complè-
tement satisfait et les Nouvelles Couches
ne venaient pas, comme on dit, à son
gré. Cependant, ne voulant pas manquer
à la promesse qu'il m'avait donnée, lais-
sant là tout à coup la satire en cinq actes,
il se ressouvint qu'il avait écrit jadis le
premier acte d'une pièce qui était le dé-
but, repris et récrit par lui, d'une comé-
die qu'avaient soumise à son jugement
deux jeunes gens, maintenant « arrivés »,
M. Louis Ganderax et M. Emile Krantz.
Il relut ce premier acte, déjà publié par
lui dans un journal hebdomadaire, et, le
trouvant agréable, il le compléta par
deux autres et acheva ainsi une pièce
dont il m'envoya le manuscrit^ après
m'avoir dit
Il y avait une telle difficulté à sortir
du dénouement, qu'une fois, oui, un
soir en me promenant, je me suis de-
mandé si je n'allais pas me jeter la tête
la première dans le réservoir des eaux
de Marly. Enfin, c'est fini! Si vous êtes
content, je serai content puisque je vous
aurai apporté votre joujou!
Cette pièce, ce « joujou », comme il
disait gaiem,ent, c'était Francillon, cette
Francillon achetée on ne sait comment
à un intermédiaire danois du nom de
Jacobsen ou à.un auteur pauvre, du nom
de Crawford peut-être. C'est la pièce que
la Comédie-Française a été fière de re-
présenter et qui est à la fois une des plus
subtiles, des plus paradoxales*et des plus
fortes du théâtre d'Alexandre Dumas
fils.
Comment croire qu'un maître en pleine
possession de son talent le même
homme'qui, par excès de scrupules, ne
voulait pas donner la Route de Thèbes,
un chef-d'œuvre, je l'ai écrit et je le ré-
pète, comment admettre qu'un tel
écrivain ait pu, lui qui aimait à créer,
'astreindre à recopier, en les corrigeant
peine, les répliques d'un manuscrit
au'il aurait eu sous les yeux, comme un
^colier? Dumas a souvent travaillé pour
^es autres, avec les autres. Il y a dans
\e Marquis de Villemer de George Sand
^out un acte au moins qui est de lui et la
̃ *bonne et grande dame de Nohant lui di-
sait-même, en souriant:
N'y mettez pas tant d'esprit, mon
cher fils, on verrait trop vite que ce n'est
pas de moi
Mais dans les pièces de Dumas je ne
crois, pas que personne ait mis la main. Il
avait eu beau jeu, étant jeune, à signer la
comédie toute faite qu'Antony Béraud
avait tirée du roman la Dame aux camélias
et que le vieil auteur dramatique expert
lui apportait. Ilprit la comédie de Béraud
et laissa là le manuscrit pour écrire la
Dame aux camélias lui-même. Et, vieux,
n'ayant pas à chercher des sujets dont
son merveilleux cerveau était plein, il
aurait apporté au premier théâtre du
monde, comme couronnement à une
carrière sans tache, un manuscrit de se-
conde main, l'oeuvre d'un autre, il au-
rait, comme un vulgaire marchand, mis
son étiquette sur le produit fabriqué par
autrui Toute sa vie proteste contre cette
accusation, et j'ai été stupéfait de lire
chez un rédacteur du Journal des Débats
que presque toutes les pièces d'Alexan-
dre Dumas fils ont donné.lieu à de tels
incidents, sauf la Route de Thèbes « qui
n'a pas été jouée ».
Et quand je pense qu'en dépit de l'évi-
dence il restera tant le soupçon de-
vient un des virus infiltrés dans les cer-
velles françaises il restera toujours
un vague brouillard de légende autour
de l'œuvre contestée et incontestable!
On est si content de croire, même lors-
que la statue est de marbre tout entière,
que les pieds pourraient bien être mêlés 's
d'argile. Et tout naturellement on va à
qui se plaint et à qui souffre, à qui dé-
clare, du fond de son ombre, qu'on lui a
pris une part de soleil.
#
Certes je plains de toute mon âme les
vaincus de la vie et les maltraités du sort.
Il est dans la marche d'une génération
des attardés qui. les pieds meurtris, s'ar-
rêtent au bord de la route et s'attristent à
voir passer devant eux les victorieux et
les athlètes. Je sais (et c'est une des amer-
tumes de mes fonctions) tout ce qui peut
tenir d'amertume dans l'auteur rebuté,
refusé et qui croit tout naturellement
avoir fait un chef-d'œuvre. Il est surtout
des écrivains dont l'espèce de génie sem-
ble se débattre contre lui-même et qui
ne se débarrasseront jamais de leur gan-
gue. Ceux-là, commentvoulez-vous qu'ils
comprennent que le succès va à autrui,
au bon sens, à la vérité, à l'esprit, au
goût, à la clarté, à la lumière, et com-
ment leur faire entendre que ce bon sens'
sublimé est la force même de l'âme la-
tine, de l'âme française et qu'au total
tout dépend de l'exéc2ction ?
Mais si on peut plaindre ces demi-ta-
lents, ces demi-génies qu'on ne peut pas
consoler (car .le _p.ubliç,. lui, n'a pas de
pitié et n'accepte que ce qui lui plaît),
n'est-on pas en droit de défendre contre
des accusations de déloyauté et de mer-
cantilisme la mémoire de ceux qui furent
la gloire de leur temps et l'exemple de
leur art? Pitié pour les dédaignés, mais
respect auxillustreslDumas, que l'étran-
ger imita, présenté à l'étranger comme
un imitateur, un acheteur de scénarios
au rabais, faisant du théâtre, ce Temple,
la boutique, la Rotonde du Temple
Pourquoi discuter.? Les faits, les dates
sont là. On nous dit que c'est en juillet
/S 54 que le « courtier interlope » com-
manda une pièce, le Talion la future
Francillon à « un auteur dramatique
placé par des revers de fortune sous sa
dépendance absolue », et que c'est le
9 octobre 1885 qu'il reçut livraison du
manuscrit en le payant 1,500 francs.
Le 1er janvier 1884– l"1 janvier 1884!
le Monde illustré publiait le premier
acte d'une comédie en trois actes, en
prose, intitulée ITnconnu, et que Dumas
fils envoyait à M. Paul Dalloz avec cette
lettre
Mon cher Dalloz,
Je n'ai pas le temps d'écrire le petit conte
que vous m'avez demandé, m'étant sauvé la
campagne pour travailler exclusivement à
ma pièce. Voulez-vous, en placé du conte, les
deux premières scènes de cette pièce ? Elles
ne sont connues de personne, pas même du
copiste. Je vous envoie mon manuscrit. Qu'on
ne le coupe pas à l'imprimerie. Si cette pri-
meur réussit dans votre numéro cela m'enhar-
dira à continuer; si elle ne réussit pas, je
jetterai le tout au feu comme il m'est arrivé
pour bien d'autres essais. En tout cas, cette
primeur aura toujours servi à vous prouver
le désir que j'ai de vous être agréable, ce qui
est bien naturel entre vieux amis comme
nous.
A. DUMAS.
Or, ce premier acte de l'Inconnu, pu-
blié le 1er janvier 1884, c'est, moi pour
mot (même avec la fameuse salade japo-
naise), le premier acte de Francillon
dont deux ans plus-tard Dumas écrira
les deux autres, -ce sont les mêmes
personnages, c'est Francine de Rive-
rolles,que jouera si admirablement Mlle
Bartet, c'est l'acte inédit que Dumas
fils aura écrit comme en marge, de la
pièce de ses jeunes amis M. Louis Gan-
derax et M. Krantz, Miss Fan fare, repré-
sentée au Gymnase en mars 1881.
Janvier, février ou mars 1881,-Dumas
écrit ce premier acte.
ler janvier 1884, il le publie dans le
Monde illustré.
Et c'est en juillet de cette même an-
née 1884 que le courtier commande le
Talion à l'auteur pauvre et en octobre
1885 que l'auteur le livre
Mais il y avait en octobre 1885 vingt-
deux mois tout juste que Dumas avait
donné donné son premier acte de
l Inconnu.
Je n'ai pas à insister. Mon ami Ludovic
Halévy possède un exemplaire de choix
de Francillon à lui offert par Dumas et
portant cette dédicace
A mon cher confrère et ami Ludovic Halévy.
Mon cher ami,
Acceptez pour votre bibliothèque intime
cet exemplaire unique. Il contient l'apprécia-
tion de Claretie après la première -lecture de
la pièce et le changement manuscrit que j'ai
fait après la répétition.
Bien à vous,
A. Dumas flls.
Je citerais volontiers l'appréciation
,dbnt parleJQumaSiekque je luLenvoyais^
par un petit bleu après avoir achevé la
lecture de l'étincelant ouvrage. Une let-
tre de moi, jointe à l'exemplaire d'Ha-
lévy, est peut-être plus intéressante pour
les amateurs de petits détails d'histoire
littéraire •
12 mai 1887;
Mon cher Halévy,
Dumas se trompe dans la petite noie-dédi-
cace mise en tête de votre précieux exem-
plaire de Francillon. Ce n'est pas après la ré-
pétition générale de la pièce, qu'il a fait les
changements et écrit la scène dont vous avez
le manuscrit. A la suite de la répétition gé-
nérale, il n'y a eu d'autre modification qu'un
détail de mise en scène fort peu important en
apparence et décisif en réalité! Primitive-
ment, nous avions fait asseoir Pinguet, et
le spectacle de ce clerc de notaire installé
chez le mari et contant devant M. de Rive-
rolles l'aventure de l'Opéra avait quelque
chose d'un peu choquant. Il y avait eu un
petit mouvement chez le public restreint de
fa répétition. C'est alors que, dans la salle
du Comité* pas mêjne sur le théâtre,
Dumas fit jouer la scène par Prud'hon de-
bout, et l'aspect général devint subitement
tout autre. L'amant supposé n'avait plus
l'air d'être chez lui chez le mari et il pouvait
tout dire.
La scène refaite l'a été par Alex. Dumas à
la suite d'une répétition où nous sentîmes
que cette hardie, curieuse, supérieure scène
de l'apparition de Pinguet pouvait être un
danger. Dumas prit son manuscrit, vint avec
moi dans mon cabinet, coupa et récrivit quel-
ques passages, puis me dit
Non, emporte le troisième acte, je ferai
cela chez moi et je vous le rapporterai de-
main.
Le lendemain il me rapportait la scène
que vous avez et que l'on collationnait sur-le-
champ. C'est, dans toute la pièce, le seul
changement radical qu'ait apporté l'auteur à
une œuvre dont ma petite dépêche bleue
avait deviné l'effet.
Ce qui a été particulier, c'est la chasse aux
titres. Francillon a dû, tour à tour, s'appeller
Francine,Fransquillon,Francenillon, et même
Une Bonne Fortune, en souvenir de Musset et
de ce Fortunio en veston qui se nomme
Pinguet. Il y eut même un M. Pinguet et un
M..PYancillan pour protester contre ces deux
noms choisis.
A vous de tout cœur et puissent ces menus,
xlétails vous sembler curieux!
Jules Claretie.
En relisant la distribution de l'Inconnu
publié dans le numéro de Noël du Monde
illustré je vois parmi les personnages
des actes futurs-un M. « Huber, avoué,
cinquante ans ». C'est cet Huber, devenu
Pinguet, qui dut donner à Dumas tant
de soucis pour trouver son dénouement.
Primitivement sans doute Francine de
"Riverolles devait avoir soupé avec un
homme de cinquante ans, ce qui devait
rassurer légèrement le mari B.umas
préféra à l'avoué quinquagénaire un clerc
de notaire plus redoutable. Mais je vais
bien étonner ceux qui veulent éternelle-
ment contester aux écrivains, aux au-
teurs dramatiques en particulier, l'inven-
tion de leurs œuvres.
Lorsque Francillon fut représentée,
Aurélien Scholl s'écria ̃
C'est le vaudeville de Labiche Si
jamais j'te pince « OEil pour œil, dent
pour dent.-» ̃'̃̃
Dumas souriait
Du diable si j'ai songé à Labiche!
Savez-vous, me dit-il un jour, qui m'a
donné l'idée de la pièce ? C'est mon père.
Oui. Une des nouvelles des « Souvenirs
d'Antony o qui a pour titre Un Bal mas-
qué. L'avez-vous lue?
J'ai beaucoup lu. Je connaissais l'aven-
ture de bal. masqué contée par Dumas
père. Elle est tragique. Et si Dumas fils a
emprunté quelque chose à quelqu'un,
c'est à celui qui lui eût dit, au contraire
de George Sand
Mets-y ton esprit. On verra bien
vite que c'est de toi même quand ca-
serait de nous 1
Allons, nous pouvons laisser, parmi
tant d'autres œuvres illustres, le titre
glorieux de Francillon sur le socle im-
maculé de la statue de mon grand ami, et
il me semble le voir, sous .sa robe de
chambre de feutre gris, hausser les épau-
les en lisant dans les journaux l'éton-
nante histoire de ce manuscrit acheté par
lui à un passant.
Je m'explique le sourire qu'il avait sur
son lit mortuaire étendu sous le por-
trait de son père dans la petite cham-
bre de Marly. Ce sourire de bonté et
d'ironie, la lèvre du mort avait raison de
le garder.
Jules Claretie.
Echos
La Température
Le baromètre reste bas dans le nord de
l'Europe et de nouveaux minima apparaissent
sur la mer du Nord et la Baltique. Une faible
dépression existe sur l'Italie. Fortes pressions
de l'Ouest aux Açores.
Le vent est fort du nord-ouest sur nos côtes
de la Manche et de la Méditerranée. Il est
faible en Bretagne. Mer grosse sur la Manche
et vers Toulon, agitée en Bretagne, belle sur
l'Océan.
La température a baissé généralement. A
Paris, hier matin, 50 à quatre heures, 805.
Journée belle le matin, pluvieuse à partir de
deux heures..
Départements, le matin, à sept heures
Au-dessous de \èro 20 à Briançon, 30 au
puy de Dôme et à Gap.
Au-dessus de %cro 10 à Belfort, 2° à Be-
sançon, 3° à Lyon, à Nancy et à Limoges, 40
à Clermont, à "Charleville et à Sicié, 50 à Bor-
deaux, à Nantes, à Toulouse, à Cette et à
Marseille, 60 à Dunkerque, à Lorient et à Au-
male, 70 à Boulogne et à Rochefort, 8° à
Brest, à Perpignan et à Nice, 90 à Cher-
bourg, à Biarritz et à Nemours, 100 à Oues-
sant et à Tunis, 130 à Oran et à Sfax, 150 à
Alger, 160 à Biskra..
Etranger, le matin:
Au-dessous de \èro 1° à Saint-Pétersbourg
et à Copenhague, 20 à Münster et à Herman-
stadt,3<> à Arkhangel, 40 à Moscou, 60 à Stock-
holm, 140 à Uleaborg.
Au-dessus.de %èro 1° à Varsovie, à Berlin
et à Hambourg, 2» à Utrecht, 30 à Breslau,
à Vienne, à Prague et Bruxelles, 40 à Niço-
laïew, 6° à Florence, 8<> à Cagliari et à Pesaro,
ï^o ààErieste^joavàjBilbao^t à Livourne, -ïifcà
Lisbonne et à Naples, 12° à Palerme, 140 à
ïéfalte, 19° à Funchal.
En France, le temps va rester nuageux et
frais. Des averses sont probables dans le
Nord et l'Est.
Du New York Herald
A New-York Très beau temps. Tempéra-
ture minimum,- 6» maximum, 150. Vent
Ouest-Nord-Ouest-, assez fort. Baromètre sta-
tionnaire.
À Londres Temps gris. Température mi-
nimum, 105 maximum, 8°. Vent Ouest-;
Nord-Ouest, faible. Baromètre 765mm,
"A Berlin Temps variable. Température 40.
PARADE TARDIVE
Oy Les principaux journaux du Bloc
jK nous donnent,, depuis deux jours,
un spectacle instructif c'est à qui dé-
savouera M. de Pressensé et la phrase
malheureuse qui, lundi dernier, a mis le
feu aux 'poudres. Evidemment, ils sen-
tent le dommage qu'elle leur a causé et
ils s'efforcent d'en amortir l'effet. Le
Rappel, Aurore, l'Action elle-même, par
la voix de leurs principaux rédacteurs, se
séparent de l'imprudent qui a joué au
parti socialiste un si mauvais tour.
Cette répudiation presque unanime
pas tout à fait unanime cependant-rentre
bien dans leur tactique habituelle. Si le
coup avait réussi, ils eussent applaudi des
deux mains et ils auraient célébré le vote
des motions de désarmement comme la
plus éclatante des victoires. On les voit
d'ici glorifier ce prétendu triomphe de
l'humanité moderne sur l'antique bar-
barie.
Malheueeûsement, le coup a échoué
dans les conditions les plus lamentables,
et c'est à qui maintenant retirera son
épingle du jeu. Il fallait s'y attendre.
Ils excellent à rentrer la griffe et à faire
patte de velours quand ils ont manqué
leur proie. L'occasion reviendra.
Et qu'ils ne nous accusent pas de mé-
connaître leurs intentions et de calom-
nier leur tactique! D'abord le désaveu
arrive 'un peu tard ils ont attendu qua-
rante-huit heures pour crier haro un
tout petit haro sur le frère et ami qui
n'a eu, en somme, d'autre tort que d'ex-
primer, mal à propos,, leur vraie pensée.
Ils ont pris le temps de. la réflexion avant
de se décider à rompre en parant.
Voulez-vous que M. de Pressensé ait
été étourdi ? Il a certainement été sin-
cère et son étourderie même est un gage
de sa sincérité. Vous le sentez fort bien
puisque vous spécifiez qu'il a pris son
.opinion sous son seul bonnet, qu'il a
parlé uniquement en son nom person-
-'nel et n'a ainsi engagé que lui-même.
Il a si bien parlé au nom du parti que,
loin de le récuser ou de se récuser, M..
Jaurès, un chef apparemment, s'est pré-
cipité à la rescousse (on sait avec quelle
ardeur!) pour le seconder et le soutenir.
Avez-vous oublié ce furieux colloque
dans lequel M. Jaurès a traité M. Ley-
gues d' « impie » ? Avez-vous oublié, le len-
demain, l'article de la Petite République
et le dédaigneux anathème aux revan?
chards ? î
Vous avez beau faire l'explication
n'explique rien ;ce qui est écrit est écrit.
A Travers Paris
Le Président de la République a reçu
hier matin les délégués du Conseil supé-
rieur de la mutualité qui lui ont été pré-
sentés par M. Lourties, sénateur, vice-
président de ce Conseil.
M. Loubet, qui s'intéresse au plus haut
point, on le sait, aux œuvres mutualistes,
a vivement félicité ses visiteurs des ef-
forts qu'ils font pour les développer,
préparant ainsi la paix sociale, et il les a
assurés de la sollicitude avec laquelle il
suit tous leurs travaux.
Il a semblé puéril au Figaro, on l'a vu
plus haut, d'ajouter la moindre créance
a la réclamation qui se produisait seize
ans après l'apparition triomphante de
Francillon au Théâtre-Français et huit
ans après la mort d'Alexandre Dumas
fils la lettre suivante que nous rece-
vons du docteur Matza, au nom de la fa-
mille Dumas, nous: donne pleinement
raison
Paris, le 26 novembre 1903.
Monsieur le Directeur,
La famille d'Alexandre Dumas fils n'admet
pas un seul instant je n'ai pas besoin de
vous le dire -4- que l'auteur de Francillon ait
emprunté quoi .que ce soit. à la pièce dite le
Talion, que publie en- ce moment la Bévue
d'art dramatique..
Les déclarations de M. Auguste Chirac sont,
en vérité, bien singulières, et le silence qu'il
a garde depuis le 17 janvier ±887, c'est-à-dire
depuis la première ieprésfin.tatian de Fran-
cillon, est bien: peu explicable. Quoiqu!il en.
soit, nous attendrons qme la. pièce le Talion
alt été intégralement publiée, gt nous nous
réservons de prendre alors, telles, résolutions.
qu'il conviendra..
Veuillez agréer, monsieur le Directeur,
l'expression, de. ma. haute considération.
Docteur A. Matza.
Le dîner des amis d'Alexandre Dumas
fils, fondé par son filleul, M. de La Char-
lotrie, en l'honneur de l'auteur de Fran-
-cillon, a eu lieu hier chez Marguery.
Etaientprésents
Docteur Landolt, MM. Ghéramy, Ziéger,
docteur Ménière, J. Dupré, docteur Pozzi, L.
Ganderax,J. Normand, H. Lavedan, H. Har-
risse, docteur d'Arsonval, marquis du Lau
d'Allemans, H. Roujon, H. Cain, de Traz, A.
Moncel, G. Cain, O. Bouwens, Janvier de La
Motte, Pierre Baudin.
Au dessert, le docteur d'Arsonval a
fort intéressé tous les convives par de
curieuses expériences avec le radium.
On posait l'autre jour, à propos de
Mlle Myriam Manuel la question de sa-
voir si le mariage était un cas de force
majeure en matière d'engagement théà-
JEaj. Ofl. mctisçiiter le. mois .-prochain cet
autre point de droit le divorce est-il un
cas de force majeure ?
Sur la demande de M* R. Poincaré a
été indiqué hier, en effet, pour être plaidé
à huitaine devant la im Chambre du tri-
bunal de la" Seine le procès intenté par
MM. Decourcelle et de Coulvin à M. Po-
rel.
Les auteurs de la Meilleure part se
plaignent, de ne pas voir mettre en
répétition leur pièce reçue et qui de-
vait passer cet hiver. M. Porel leur ré-
pond que ce n'est pointsa faute, mais celle
de la principale interprète de la pièce
qui se sépare de lui. A quoi les auteurs
répliquent qu'ils ont traité avec le direc-
teur et non avec l'étoile et qu'ils doivent
être jouésou indemnisés. Ils réclament
10,000 francs de dommages-intérêts, et
ne pouvant remporter cette année la vic-
toire devant.le..public, ils espèrent avoir
au moins tin succès devant le Tribunal.
Le Figaro n'a cessé de manifester l'in-
térêt qu'il portait à la science et au sport
aérostatiques, et il a suivi avec une atten-
tion particulière les différents et magni-
fiques efforts heureux ou tragiques
tentés ces dernières années pour faire ta
conquête de l'air.
Pour stimuler davantage encore le gé-
nie des uns, le courage des autres, le
Figaro a décidé de doter l'aérostation
d'une épreuve nouvelle, « la Coupe du
Figaro ».
Notre directeur, M. Gaston Calmette, a
ces jours-ci informé le Comité de l'Aéro-
Club que le Figaro mettait à sa disposi-
tion, pour récompenser les vainqueurs,
deux objets d'art, l'un d'une valeur de
i,500 francs, l'autre d'une valeur de 500
francs..
La Coupe du Figaro devra être disputée
pour la première fois dans le courant du
mois de mai 1904.
M. Chaumié ayant décidé, pour abré-
ger les souffrances des postulants atteints
de la fièvre violette, de publier dès le
mois de janvier la liste des officiers
d'académie et d'instruction publique, on,
a clos hier rue de Grenelle le registre sùV
lequel sont inscrits les noms des candi-
dats aux palmes «
11 y a cette année plus de vingt mille
demandes.
11 1"
La Société; des grandes auditions mu-
sicales de France va donner prochaine-
ment chez Ccjlonne les quatre grands ora-
torios de Berlioz.
Cette belle .manifestation d'art est or-
ganisée par là Société des grandesaudi-
tions à l'occasion du centenaire de Ber-
lioz.
L'Association des étudiants tiendra le
mois prochain son assemblée générale
et procédera en janvier, au renouvelle-
mont de son bureau.
Son banqueta été fixé hier au 11 jan-
vier et c'est M. Liard. vice-recteur de
l'Université de Paris qui le présidera,
«L'Electra» c'est de cet abréviatif,
créé par la vogue du public, qu'est bap-
tisée désormais la Compagnie française
de voitures électromobiles, dont les élé-
gants et rapides véhicules les prati-
ques landaus surtout, si remarqués aux
dernières expositions, sont de plus en
plus adoptés par le monde des cercles et
de la fashion.
On va inaugurer prochainement les
agrandissements de la Bourse, aujour-
d'hui presque terminés,. Parmi les invi-
tés à la fête intime qui sera donnée à
cette occasion, on n'oubliera pas certaine
brunette à la toque verte, égayée de
pourpre, à qui la reconnaissance des uns
et la prévision des autres devraient ré-
server une place d'honneur. C'est elle,
en effet, qui, chaque jour, équilibre heu-
reusement la conception des spécula-
teurs audacieux; c'est elle qui confère-
la vigueur et la résistance aux cordes
vocales des ténors dont les clameurs
éperdues emplissent, durant de longues
heures, le vaste temple de la Fortune.
-Elle? Qui donc? La divine bouteille
de Vin Mariani, sauveur du larynx, qui,
non seulement conserve la puissance de
la voix, mais triomphe des enrouements
et des bronchites guettant, sous la co-
lonnade, les banquiers et remisiers au
milieu des intempéries dont ni l'or ni
lagrandeur ne défendent les rois. delà
spéculation.
La Maison des Fourrures Max, place
de la Bourse, exposé aujourd'hui dans.
une de ses vitrines, un petit musée.d.e la
fourrure des plus- curieux et tel qu'il ne
peut en exister nul autre. Cette, exposi-
tion se compose des: pelleteries les plus
rares et les plus recherchées. On y verra
des peaux de renards noirs et argentés,
de zibelines et de loutres du Kamtchatka
qui représentent la. fourrure dans ce
qu'elle a de plus riche et de plus seyant.
Nous. recommandons notamment à
nos lectrices d'aller examiner les "peaux
de. zibelines foncées qui se trouvent aux
deux côtés de la tête de Fours blanc et
qui sont marquées douze et quinze cents
francs.
Hors Paris
De Nice
« L'Hôtellmpérial fera sa. réouverture
mardi prochain, 1er décembre. A cette
date," l'hôtel devient le point terminus
d'une ligne de tramways électriques des-
servant toutes les principales artères de
Nice (gare P. L. M., avenue de la Gare,
place Masséna, promenade des Anglais),
en correspondant directement avec tou-
tes les lignes du Littoral. Départ toutes
les dix minutes en chaque sens, jusqu'à
la sortie des théâtres.
» L'eau des sources du Parc Impérial
est seule utilisée dans tous les services
de l'hôtel; Dans l'hôtel même un garage
pour cinquante automobiles, succursale
du garage de l'Automobile-Club de Nice.
Dans le parc de dix hectares d'orangers,
qui s'étend en plein soleil devant l'hôtel,
quatre magnifiques tennis .avec pavillon
sportif spécial, tout cela à cinq minutes
du centre de la ville, tels sont les avan-
tages que l'Hôtel Impérial réserve à sa
nombreuse et élégante clientèle. »
De Tunis: <
« L'ouverture du « Tunisia Palace »,
qui a eu lieu samedi dernier, a été l'oc-
casion d'un grand succès pour cet hôtel.
» Plus de cent dîneurs ont pris part
au premier repas servi dans le restau-
rant du « Tunisia Palace », dont l'ins-
tallation, le service, la cuisine et les ca-
ves ont rallié tous les suffrages. ».
Nouvelles â la Main
Quelle différence y a-t-il entre l'aven-
ture de Frédéric Humbert et celle de la
Rente viagère?
Aucune: l'un et l'autre sont. aléa-
thouars.
-ao.v.
Vous êtes-vous amusée, au bal de
la Libre Pensée ?
Ah ma chère, c'était charmant.
J'ai dansé une scottish avec le grand
Ecossais de la loge de Levallois.
Lo Masque de Feu
LE DOCTEUR PROUST
Le docteur Proust vient de mourir
d'une attaque d'apoplexie foudroyante.
Lundi matin, il avait, avec sa lucidité
coutumière, pris une part active aux tra-
vaux d'une, des sous-commissions de la
Commission permanente de la tuber-
culose- II àvait, dans l?après-midi, vu ses
malades et donné sa consultation. Mardi,
:à une heure, il se rendait à la Faculté de
médecine pour y-présider un examen.C'est
lâjqu'il âété foudroyé. En hâte, ses collè-
gues ramenèrent à son appartement de
la rue de Courcelles son corps inanimé.
Hier, dans la matinée, il expirait sans
avoir repris .connaissance.
Professeur d'hygiène à la Faculté, ins-
pecteur général des services sanitaires,
médecin honoraire de l'Hôtel-Dieu, mem-
bre de l'Académie de médecine, c'était
un homme considérable, un des maîtres
de l'hygiène, un aimable homme, un es-
prit fin.
Il avait près de soixante-dix ans. Avec
sa barbe grise, ses traits réguliers et dé-
licats encore, malgré l'empâtement de
l'âge, le lorgnon posé bas à cheval sur
le nez et qui le contraignait à tenir la
tête un peu haute, avec sa -voix grave
un tout petit peu nasonnée, et son sourire
en même temps perspicace et indulgent
de philosophe, le professeur Proust don-
nàit l'impression d'une intelligence ex-
ceptionnellement vive dans un corps un
peu indolent.' ̃ <
II semble d'abord que sa carrière dût
s'orienter vers la science du système
nerveux et vers la psychologie médir
cale. Ses premiers travaux sur le ramol-
lissemerit du cerveau (1866), sur la para-
lysie labio-laryngée (1870), sur l'aphasie
(1872) sont demeurées parmi les œuvres
à consulter.
Mais, d'autre part, le docteur Proust
était l'élève de Fauvel, du grand Fauvel,
l'hygiéniste. Dès 1869, le jeune agrégé
était chargé d'une importante mission
sanitaire en Russie et en Perse. Puis, sa
vocation se précisant, il devenait succes-
sivement secrétaire du Comité consultatif
d'hygiène de France et secrétaire de là
Commission pour la revision de nos rè-
glements sanitaires. De jour en jour il
prenait goût à cette science de l'hy-
giène naguère encore dans l'enfance, et
qui tout à coup se fécondait et s'ampli-
fiait sous la toute-puissante influence des
travaux de Pasteur et des pastoriens.
Inspecteur général adjoint des ser-
vices sanitaires, titulaire l'année sui-
vante à la mort de Fauvel, puis profes-
seur d'hygiène à la mort de Bouchardat,
il ne cessa, dès lors, de jouer un rôle
continu; toujours plus important et plus
officiel.
On peut dire de lui qu'il a été, avec
son collaborateur constant, M. Henri
Monod, directeur de l'assistance et de
l'hygiène au ministère de l'intéryeurj le
créateur de l'hygiène internationale,
science fort indécise et éparse, naguère,
et qui rend de si grands services.
Sa. conception si heureuse:, si moderne,
sr libérale et si efficace" des quarantaines,
ses "publications, sur le choléra, sur la
route que suivent les. grandes, épidémies,
sur le pèlerinage de La. Mecque, sur la
peute, son traité d'hygiène publique et
privée, soir cours à: la Faculté, ses con-
seils dans les innombrables. Commis-
sions dont il a fait partie furent d'un es-
prit vif, lucide, ingénieux, actif sans
efforts apparents..
Mais le docteur Proust n'était pas de
ceux: qui se contentent d'être des théori-
ciens avertis quand il le fallait; il payait
de sa personne,et, malgré les dangers de
la contagion, lorsqu'il avait à réglemen-
ter les précautions à prendre contre les
épidémies, il se transportait en personne
sur le lieu du fléau. C'est ainsi qu'on le
vit à Marseille combattra le choléra, se
prodiguant, soignant lui-même les ma-
làdes, n'épargnant aucune peine et n'es-
quivant aucun péril. C'est de cette façon
qu'il fut fait, il y a quelques, années,
commandeur de la Légion d'honneur,
pour ainsi dire sur le champ de bataille.
En ces années dernières, estimant
que l'hygiène peut être envisagée comme
une partie de la morale, il avait posé sa
candidature à l'Académie des sciences
morales et politiques ;elle y comptait
nombre de partisans.
Il laisse deux enfants l'un qui est un
charmant écrivain et un charmant poète,
l'autre qui compte parmi les meilleurs
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