"Quand le célèbre prévôt de Paris, Etienne Boileau, fit enregistrer au Châtelet les statuts des communautés ouvrières au XIIIe siècle, sa seule intention était de leur assurer la vie et l'indépendance en protégeant leur bon fonctionnement. Il confiait également aux prévôts de Paris, ses successeurs, pour la continuation de son œuvre, le soin de corriger ou d'augmenter les
statuts, à la demande des maîtres et des jurés.
C'est en exécution de ce projet que les divers manuscrits originaux du Livre des métiers, transcrits aux XIIIe et XIVe siècles, furent surchargés de ratures et d'additions par les officiers du Châtelet pendant les trois siècles suivants. De plus un certain nombre de métiers, non compris dans le livre d'Etienne Boileau ou formés successivement par les circonstances commerciales, s'érigèrent en communauté et requirent l'homologation de leurs nouveaux statuts.

Les actes de cette période du XIIIe au XVIe siècle démontrent l'initiative des ouvriers et le désintéressement de l'administration, qui paraît toujours rester dans son rôle purement conciliateur. Louis XI seul fait exception, en rangeant les communautés par bannières, mais cette organisation militaire cesse avec les sièges de Paris."

Les métiers et corporations de la ville de Paris : XIVe-XVIIIe siècles. Ordonnances générales, métiers de l'alimentation / par René de Lespinasse,...