Folio 1


Plan


Livre à mettre dans toutes les mains
Pureté parfaite, dans la forme élancée.
Psychologie, lutte du milieu et de l'éducation contre l'hérédité
L'envolée, l'au delà, l'inconnu, le rêve.
La vie telle qu'elle n'est pas, tous bons, honnêtes, heureux.


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L'hiver décembre 60 I - Angélique enfant trouvé, abandonnée de tous, n'ayant rien. La
montrer dans l'extrême misère opposition , ramassée dehors (?). l'enfant de Dieu, sur la
marche de l'église, le dehors de l'église. Les Hubert, leur histoire. Et tout le milieu posé le quartier . A la fin adoption
Sidonie. Passion et orgueil. Les Hubert inquiet (sic).


Huit ans s'écoulent. 68
II. - La jeunesse d'Angélique. Chez les Hubert leur histoire qui s'aiment. L'igno-
rance la pureté, devoir, respect la Vie des saints. Le mysticisme où elle vit.
La éducation et milieu, Hubertine combattant passion et orgueil femme s'éveillant en elle, et le vitrail éclaire toute la nuit.
Décrire sa chambre, important. Façade de derrière, treillage.
Charité jusqu'à l'extravagance.



fin d'hiver. Printemps
III. - La scène de travail, Angélique grande artiste, détail des broderies disant son rêve,
approuvé par Hubert, calmée par Hubertine. [illisible] Lecture de la vie
des Saints. Tout le rêve posé triomphe de beauté et de richesse . Les deux époux. Monseigneur a un fils.
La passion et l'orgueil faisant jour avec Hubert. Corrigée déjà Dans le rêve fait, la mort indiquée, acceptée au seuil.



mai
.
IV. - Angélique dans sa chambre Attente du prince , avec l'église, les voix,
l'inconnu autour d'elle [illisible] L'attente du prince char-
mant que tout annonce. Puis sa venue lente, par tous les
sens, il semble se dégager d'un vitrail et apparaît.



maiV. - L'idylle dans le terrain vague. Il lui parle,
[illisible] et il finit par le mot : Je t'aime. Gai. Enfance.
Des niaiseries adorables. L'épisode du vêtement donné, et
le : Je t'aime, alors. Complicité de charité.



juinVI. - L'idylle chez les Hubert, mêlée au travail.
Félicien venant elle inquiète, troublée, et lui venant sous un déguisement mêlés. Bouderie,
Les pauvres mêlés inquiétude, lui ne se croyant plus aimé. Pivot
peut-être. La broderie, un cadeau pour son père.



juillet
VII. - L'[illisible] idylle dans la chambre d'Angélique. Féli-
cien y grimpant parce qu'il ne se croit plus aimé . La passion chaste. Jusqu'au : Je
t'aime d'Angélique Il lui baise les mains et les cheveux et au baiser. La passion se
réveillant chez dans de l'innocence avant le mariage. Angélique, jusqu'à la crainte de la chute.


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août
.
VIII. - Angélique apercevant en dehors de l'église Félicien dans l'église et description de l'église intérieure au à coté ils se rassemblent. Il porte la broderie commandée de l'évêque et
et comprenant qu'il est Son ravisse-
ment. Hubertine aussi le voit. L'orgueil se réveillant Toutes deux admirées, désirées. La beauté .



août IX. - Félicien et Angélique dans le jardin,
lorsque celle-ci l'orgueil et la passion sait qui il est. Leur transports. Puis
.
Hubertine apparaissant le combat par le devoir, par le respect et l'humilité, , accablant Angélique de la réalité le milieu aussi



sept. oct. Novembre
X. - Angélique d'abord attendant le miracle.
Puis révolte et pensée de lutte elle se calme, mais tout grondant au fond . Sa scène quand elle
se jette à genoux devant monseigneur que Félicien
a prié en vain.



décembre à janvier mars 69
XI. - Angélique luttant et peu à peu terrassée par
la maladie, toute Elle a vu Félicien et Blanche, elle n'est pas aimée, douleur affreuse. Blanche au bras de Félicien la psychologie du cœur et de la jeunesse contre le devoir et le respect. Broderie revient. Débat psy-
chologique pour amener le triomphe du devoir et du
respect sur la passion et l'orgueil. Retour chez les pauvres.



mars avril
XII - Angélique clouée par le mal dans sa chambre.
Félicien venant pour l'enleve [sic]. Elle lutte et se domine.
Grande scène. C'est là que le respect et le devoir l'emporte
l'emporte [sic] définitivement.



avril
XIII. - Angélique mourante. L'extrême onction.

Monseigneur apportant le bonheur vaincu par la vue . Le miracle l'extrême onction qui
emporte les défauts d'Ang. - orgueil, passion. Le f Féli-
cien, malade, en danger, a tout dit à son père.



juinXIV. -
Le mariage, la gloire du rêve Elle sait qu'elle va mourir . Les
Hubert pardonnés Angélique humble, soumise dans le triomphe . Angélique et Félicien, [illisible] devant
Monseigneur fêtés par toute l'église resplendissante.
Et la mort triomphant, le baiser, lors de l'entrée dans le monde. A la fin Hubert
avec ses scrupules d'éducation. Angélique a aimé, n'est-ce pas le bonheur de mourir
ravie.


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Chapitre I.


Il fait nuit, le jour va naître


Un coup de neige sur Bennecourt. Depuis
la veille un coup de vent du nord-est
ensevelit la ville haute. Il s'engouffre dans
la rue des Orfevres et vient battre la porte
Saint [sic] Agnès, de la façade date : 1150 porte septentrionale
de l'église cathédrale de Sainte-Marie. La
façade et la porte. - La ville silencieuse et endormie où elle est, distance de
Paris ? encore, noire. - Et tout de suite, dans
l'ombre, l'enfant serrée contre le pidastre de
Saint [sic] Agnès.


Le jour nait Non, je garde la nuit quelque temps , portrait de l'enfant, qui ressemblait
à Saint [sic] Agnès, vierge et martyr [sic] enfant.
Extrême misère, loques. Il faut qu'elle soit bleue
de froid et de faim, qu'elle ait passé la nuit
là. Insister.


Et alors, à mesure date de la façade : 1150 que la neige tombe
et que le jour se lève, se servir de l'enfant
qui change de place devant l'envahissement
de la neige, pour décrire la porte


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J'ai d'abord eu la statue avec l'enfant
appuyée contre. J'aurai ensuite le [illisible] lintau [sic]
et le tympan, en un morceau. Puis avec [illisible]
la neige [illisible], en séparant chaque
morceau pour Angélique souffrante, la statue
[illisible] des vierges, à droite et à gauches [sic]. Et
enfin les voussure [sic] en élancement. Il faut
que tout soit blanc à la fin, que la cour
céleste en cour, seule, monte. Et revenir
à Agnès et à Angélique. - La façade [illisible]
septentrionale du transsept [sic], la face lisse.
seule la rose en haut, et la porte toute
vêtue de neige. Cela me donne la description.


Dans ce jour, j'ai alors la première apparition
d'Hubertine ouvrant sa fenêtre. Cela
me redonne un mot sur la rue des Orfèvres,.
[illisible] Hubertine est la plus matinale. Son portrait,
superbe, statue, en déshabillé, brune à
peau blanche. Un regard appi apitoyé sur
l'enfant. Puis elle disparait.


Et alors la maison scellée entre Angélique regard deux
contre forts de l'église, murant ce côté,
tandis que la rue soleil, de l'autre côté, mène

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à la façade de l'église. Il ne faut pas que ce soit
seulement Angélique qui me donne la maison.
Je la donnerai moi, pour avoir les modifications,
et Angélique la regardera. D'abord l'ensemble l'enseigne Hubert brodeur
total d'un coup d'oeil. Puis je reviendrai au [sic]
modifications de la baie du rez de chaussée, en
y faisant apparaître Hubert. Et je donnerai alors
toutes les autres modification [sic] sans doute. -
Portrait d'Hubert. Il appelle sa femme.
Tous les deux, côte à côte derrière les vi petites
vitres de la baie du bas. [illisible] Ils regardent
Angélique, et alors toute leur lignée de brodeurs histoire. Hubertine

petite bourgeoisie a 17 ans enlevée, [illisible] malgré la mère, mariée desheritée [sic] depuis 20 ans, elle en
a donc 37 sa mère morte sans lui avoir pardonné . Hubert en a alors 44, huit ans [illisible]
de plus que sa femme. Il en avait 25 quand il l'a
enlevée - L'enfant qu'ils ont eu tout de suite,
et qui est mort. Ils n'en ont plus eu ils se croient punis (?) . Éternel
Regret et désir. Malédiction de la mère. - Ils disparaisse [sic]


La rue s'anime un peu . La neige tombe toujours.
Hubertine sort pour all par la porte, sous la tourelle,
pour aller chercher son pain. Pas de bonne,
patriarcale. Le regard qu'elle jette de nouveau
à Angélique. Quand elle revient, Hubert

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est sur la porte. Regard qu'ils échangent, et elle
va alors prendre la petite morte de froid,
presque évanouie contre la Saint [sic] Agnès où
la neige l'ensevelit. [illisible] Si glacée qu'elle ne
peut répondre les dents serrées, les mains sans
chaleur, [illisible] se laissant emmener sans le
vouloir.


Me voilà dans la maison. On traverse le
salon. Et je suis dans la salle commune.
D'abord tentative discret d'interrogatoire. Comment
t'appelles-tu ? s'appelle ton père. N'est-ce pas un tel ? d'où es-tu ? Ils[illisible] ne la connaissent
pas. Mais elle garde un silence obstiné air farouche . Peut-
être ne peut-elle parler, il faut la faire manger elle ne mange que d'une main
d'abord. Elle mange [illisible] - près du fourneau en silence, avec des regards
furtifs autour d'elle. Ce qui me donne la
salle commune, puis le dehors, le jardin,
l'église, les arbres du jardin de l'évêché au
loin. - Et j'en arrive au livret qu'Angélique contre sa petite peau, très grand pour elle
serre de son petit bras engourdi encore. - Enfin elle l'emporte comme un trésor, comme tout ce qui la rattache au
monde faire que les Hubert aient le livret, qui
leur explique tout: nom, date du dépot numéro pas d'acte de naissance, pas de nom

matricule, père et mère inconnus sans doute envoi chez la nourrice certificat , chez l'enfant apporté le lendemain
seulement de sa naissance. Déclaration de naissance faite les fleuristes ensuite, etc. Et là je voudrais

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Angélique comme un petit serpent réchauffé second portrait, méchant. , dans sa misère, orgueilleuse et passionnée,
sensuelle (gourmande ?), telle enfin qu'il
faudra la corriger, une Rougon-Macquart.
Elle répond orgueilleusement à Hubertine, quand
celle-ci s'écrie : Une enfant trouvée ! [illisible] Enfin
montrer les Hubert presque inquiets. Toute
m'est donné par l'inspection
du livret, puis par les questions à Angélique
[interligne] le livret est le dernier degré de l'abandon et de la misère. Pas de famille, pas de papiers, rien que ce livret administratif, la froideur de ce document administratif
et par ses réponses qui donnent ce que le
livre réponses ne donnent pas. Elle ignore son
père et sa mère, ne se souvient que de
maman Nini et de ce qu'elle faisait au village
dans la Mièvre la nourrice lui a remis le livret . Puis, les fleuristes, elle y a
été assez heureuse Le livret pivot , sauf que, etc. Puis, la
femme vient chez son frère les Rabiers [sic],
y meurt, elle s'est sauvée, en volant et emportant le livret et là les mauvais traitements.
- Mais, à la fin, je veux une brusque
effusion de l'ar larmes, qui montre [illisible]
l'Angélique qu'elle sera plus tard. Elle
supplie qu'on ne la reconduise pas chez
les Rabier. Et alors sa misère profonde,
son abandon. - Des larmes. Les Hubert

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pleurent aussi, l'enfant de Dieu, à la porte de l'église et décident qu'il [sic] la garderont
comme apprentie, elle qui a déjà commencé
l'état de fleuriste, mais si peu.


Peut-être un nouveau regard au dehors,
sur la neige, pour finir.


Comment ils gardent Angélique pour elle conclura en haut
apprentie. Ils vont consulter leur voisin
et ami, Me Grandsire, juge de paix du
canton Nord de Beaumont, de la ville
haute. Et celui-ci se [illisible] charge de tout,
écrit à l'Administration, qui reconnait
l'enfant, grâce au livret, et qui
consent à la placer chez les Hubert, [illisible]
pour lesquels les renseignements sont excellents.
Le contrat qui intervient entre le patron
et l'administration. Les Hubert renoncent-
ils ou acceptent-ils le paiement. Leurs
devoirs envers [illisible] l'enfant. (voir les
notes.) Enfin Angélique reste apprentie
chez eux.



Où l'on met le livret.
[illisible] petite fin, huit jours plus tard, après

le dégel, Angélique sombre regardant la porte, noire par le dégel, comme
on la mène à l'église

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décembre

Chapitre I


[Première version]

Un soir jour d'hiver. Angélique (9 ans),
par la neige, réfugiée sous la porte de la chapelle,
au bout de la rue des Orfèvres, près de la
maison des Hubert. Cela doit me donner
le quartier. Le poser simplement. Mais
bien indiquer la chapelle, le château, et
surtout la maison des Hubert, époque,
architecture, distribution intérieure, chambre
d'Angélique, et coup d'oeil jeté déjà sur
le chateau derrière. Il faut dire d'Angélique
l'Hospice, les boucles d'oreille, ou elle
a été en nourrice et toute l'histoire de
son abandon, le ménage de fleuriste [sic] qui
l'avait prise, le mari mort, la femme
venue chez son frère morte à son tour ;
et ceux-ci des ouvriers tanneurs la battant
la jetant dehors. L'enfant trouvée, abandonnée
de tous, n'ayant rien. Dans l'extrème

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misère, ramassée dehors, pour l'opposition
plus tard. Son portrait enfant, ses
guenilles. L'enfant de Dieu. Déjà passion
et orgueil un mouvement.


Pourquoi les Hubert la ramassent.
Les poser physiquement, leur portrait physique
et moral. Hu Brodeurs depuis le 15e
siècle. Leur honnêteté leur situation dans
le quartier. L'enfant qu'ils ont perdu et
qu'ils pleurent toujours. Je crois qu'on
pourrait compter conter toute l'histoire.
Hubert enlevant Hubertine, l'épousant malgré
sa mère, et perdant leur enfant, n'en
ayant plus ensuite ; mariés depuis vingt
ans (?) C'est Ils se croient punis. Plus tard
je tirerai les conséquences de l'histoire -


Dire à la fin qu'ils gardent Angélique
comme apprentie. Ils font une déclaration
au maire (?) ils On prévient l'hospice

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à Paris. Enfin ils gardent Angélique,
autorisés.


La ville posée. La distance de Paris.


Hubertine très belle, forte, brune, à
peau blanche. Une statue. Petite bourgeoise.
Enlevée, déshéritée. Sa mère morte sans
lui avoir pardonné.


C'est là évidemment que je mettrai tout
la passé d'Angélique. Son dépot à l'hospice (dont
elle ne se souvient pas). En nourrice dans le Nivernais page du mari de la fleuriste
jusqu'à sept ans et son histoire complète un frère de la nourrice (pas d'enfant le ménage) le mari souffrant
enfin. Les boucles d'oreilles sont inutiles. Le
livret suffit.Elle l'aura g C'est bien plus administratif.
Elle l'aura gardé sur elle, contre sa petite peau.
Dedans peut-être un extrait de naissance.
Il faudrait que ce livret fut [sic] pitoyable ajouta [sic]
à la misère. Hubert y aurait le nom de la
sage-femme, et irait directement chez elle, la
cherchant partout. (Voir les notes Thyébaut)

S'adresser au juge de paix, un voisin pour quand les Hubert se
substituent aux fleuristes morts.


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Portrait d'Angélique enfant (personnages)


Portrait d'Hubert et d'Hubertine


(Personnages) Lignée de brodeurs.


Dans la description, du quartier ne mettre
que la porte du croisillon nord, la rue
des Orfèvres, la façade sur rue de la
maison, et ne dire qu'un mot du
derrière, le jardin, le champ, l'évéché.
- Poser tout Hautecoeur-le-château,
et Hautecoeur-la-ville, brièvement, les
deux parties, la seigneuriale épiscopale,
et la commerçante. Nombre d'habitants,
distance, enfin tout.


Maison des Hubert, face sur rue, description
2, 3, 4,8, et par la une fenêtre un mot du jardin, de l'église salle [illisible], description ; [illisible].
et de l'évéché Escalier.


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Porte septentrionale du transsept [sic]. La
porte Sainte-Agnès. (Eglise 1 - 5) Donner
seulement la date de la façade du transsept [sic],
sans historique.


Livret d'élève. Description. Ce qu'il contient,
et les renseignements qu'il donne. Angélique. Marie
La nourrice. Commune Certificat de baptème et de vaccine (2) de la Nièvre. arrond. Les
deux changements de placement.[illisible](2) Devoirs des
patrons - Payements aux nourrices et aux patrons,
les Hubert refusent (5). L'acte pour stipulé
pour la condition de placement (5) - Visites
du Sous-Inspecteur et du médecin, journal
pour Angélique, une maladie, le collier rompu,
et. (6) - Notes Thyébaut. L'enfant ne peut
être apporté que le lendemain, quand la sage-
femme peut apporter un acte de naissance -
Il est impossible que le nom de la sage-
femme soit sur le livret.


Relire les notes de Thyébaut, pour sur les
Enfants assistés.

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Ce qu'elle a fait en nourrice, dindons


Tout le quartier dans le plan. Rue des Orfèvres, bout de descript.
etc. Nommer Beaumont, mais l'histoire
au 11.


Folio 16


Visites du [sic]
son inspecteur et
du médecin, journal
pour Angélique : une maladie,
le collier rompu (esclavage.)

II


Poser d'abord Beaumont - nombre d'habitants l'église et Beaumont-
la-Ville, la distance de Paris, le recul, [illisible] l'histoire
des deux parties, mais sans l'histoire des abbés et
des Hautecoeur. Seulement pour donner l'impression
de la vieille ville close, abandonnée pendant que
la ville nouvelle seule est vivante. Et arriver à
l'église, mais sans détail, la montrer seulement
faisant ombre sur la maison des Hubert. A
certaines heures l'ombre des tours, qu'on ne les cloches
voit pas dans le jardin. L'abside qui [illisible]
barre le ciel avec ses chapelles, le mur mitoyen la nef, le comble,
et qu'on entend toujours bourdonner de
chants. Tout cela bref, pour pour indiquer le
milieu dans lequel grandit l'enfant. Le milieu
de derrière, le jardin surtout.


Et revenir à Angélique. Elle a neuf ans, aller
jusqu'à quatorze, cinq ans donc, toute sa jeunesse.
Elle est donc enfermée là, dans cette ombre de
la cathédrale. Elle ne sort que pour aller à la messe,
et la maison revient. Indiquer comment les

Folio 17


pièces s'y distribuent : un rappel du salon et de sa chambre à elle et de la
salle commune ; un mot seulement de l'atelier ;
une description de la chambre des Hubert. aussi le salon arrangé. escalier. Puis, le
dehors sur le devant, qu'elle voit seulement du salon,
où elle ne va guère : la rue soleil, tout le quartier autour (plan) la rue des Orfèvres
où il ne passe guère que les gens allant à l'église,
l'orfèvre en face, et la librairie pieuse. A côté
le cirier, [illisible], etc. - Si elle ne sort pas, c'est
qu'on ne l'envoie pas à l'école, Hubertine a
obtenu du Sous-Inspecteur de la garder, de
lui apprendre. Elle sait lire et écrire, compter un
peu. Hubertine [illisible] continue. Orthographe parfaite
(non) pour plus tard,. Choix de dictées, grammaire,
arithmétique. Mais pas d'autre science,
ignorance sur le reste. Inutile. Jolie petite écriture
personnelle, vieille écriture, longue et fine,
élancée (?) Puis le cathecsis catéchisme plus
tard pour la 1ère communion. En somme
rien, l'ignorance. - Ne sort donc jamais, ignore
tout du monde. La vie patriarcale, réglée, grave
et tra occupée par le travail.


Alors, les premières années, là dedans, terribles.
Tous ses mauvais instincts se font jour, tout

Folio 18

son inconnu éclate. Orgueil, sensualité. Des fuites,
des scènes. Refus de travail, mauvaises réponses,
trouver. Les Hubert désolés, Qui est-elle donc ? de quel inconnu vient-elle ? épouvantés, regrettant
parfois leur charité. Qu D'où vient-elle donc. Ces
enfants trouvés viennent le plus souvent du
vice et du crime. Qui sont le père et la mère.
Et la lutte qui s'établit entre elle et Hubertine.
Dire tout de suite Les travaux bas qu'elle lui
impose pour courber son orgueil ; contre l'orgueil
l'humilité, contre la chair le renoncement. Devoirs, respect, opposés à passion ? orgueil.
Le respect de ce qu'elle lui enseigne pou Orgueilleuse dominatrice. L'orgueil qui porte à l'irrespect.
tout ce qui est respectable : la religion, l'autorité
des parents, la hiérarchie sociale. Le devoir, ce
qui est à faire et ce qui n'est pas à faire.
L'obéissance surtout, la faute expiée avec
des larmes. Bonne, chaste, douce. Je ne voudrais
pas qu'Hubertine prêchât : des exemples.
- Et dire là combien Hubertine est la
femme pour cette éducation. Cela au portrait d'Hubertine me donne
l'histoire des Hubert ménage adorable avec un coin de mélancolie . Un fond de tristesse, de
remords. Hubert passe son existence à lui faire

Folio 19

oublier l'injure qu'il lui a faite en l'enlevant
et en l'épousant malgré sa mère. A la mort
de l'enfant, il a bien senti qu'elle l'accusait de
ce chatiment. Il veut son pardon. Elle lui a pardonné,
elle l'adore, mais il en doute par instant
et c'est son tourment. C'est un enfant qu'il voudrait
pour bien lui prouver que la mère a pardonné.
Il est à ses pieds, Hubertine règne. Devant
Angélique, grande chasteté. Jamais un baiser peut-être
Mais une tendresse enveloppante, un milieu sentimental.
Il font tout pour avoir un enfant.
Maison sentimentale d'amour, conjugal, honnête.
Hubertine a toujours repoussé les galants.
- Donc montrer ce m cette maison d'amour
influant sur Angélique, ainsi que le milieu
dû à l'église, le travail, la vie régulière et
cloîtrée, l'ignorance du monde, tout enfin
ce qui devrait agir sur le rejet des Rougon
Macquart. J'en suis à la 1ère communion,
et pas de résultats encore, dans une révolte dernière le livret très sensible, pas
de correction véritable. Les révoltes continuent. chaque fois qu'elle le voit, le [illisible]. Quand l'inspecteur vient [illisible]


Folio 20


J'en arrive Citations en vieux langage ainsi à la Légende dorée. En
dehors de ses quelques livres classiques étroits et secs,
la Légende. Dès son arrivée, elle l'a trouvée sur une
planche de l'atelier, couverte de poussière, parmi de
vieux outils de brodeur hors d'usage. Il est là depuis
sa publication, il a du servir aux anciens
brodeurs, pour les images de Saints, chasubles.
- Date de l'édition, description du volume. D'abord
elle n'a que regardé les images. Puis elle a
voulu savoir, a tâché de lire le texte, s'est accoutumée
aux lettres gothiques, aux quelques vieux
mots hors d'usage, aux tournures vieillies,
abréviations, contractions de certaines consonnes,
article joint. au mon substantif sans apostrophe. Et elle
lit couramment, elle se passionne. Sa seule lecture.


Alors les grandes divisions faites par moi
de la légende : - Les Saints - Les diables -
Et la bataille entre eux, dans les supplices
des martyrs et les miracles qui en résultent.
- Les bêtes et le comique - Spécialement
pour l'amuser comme des romans, la légende

Folio 21


des Sept dormants et de Saint Clément.


III et IV

Là, j'interromps la légende pour la 1ère
Communion. Dans quel état d'exaltation
elle l'a la fait. Et cela doit me donner aussi
toute la religion pour elle et pour les
Hubert (Relire attentivement ma note
Religion pour y prendre ce qu'il faudra.)
Hubert beaucoup plus près d'elle qu'Hubertine. Dans la question de l'éducation par le milieu, important
de montrer le mécanisme de la grâce (?) La grâce : - Et le morceau sur la
charité. Elle donne tout ce qu'elle a, pille
la maison, comble des indignes. Hubertine
doit la gronder, elle raisonnable. - En somme,
en voie d'amélioration, mais très exaltée.


Et la voici pubère, indiquer qu'elle
est femme. Et les vierges alors : Sainte Elisabeth
pour l'humilité, Saint [sic] Agnès pour
la chasteté - Citations en vieux langage -
Et Sainte - [illisible] Catherine, la sage, et toutes
les autres vierges en un morceau. Excellence
de la virginité.


Folio 22


Elle a quatorze ans, indiquer [illisible] dans quel
monde la Légende l'a mise (se méfier, à cause
du IV.) Mais dire qu'elle tient à la vie (pour
expliquer son rêve au III) Elle veut se marier,
elle est gaie. Ce sont là de vieilles histoires,
aujourd'hui l'église est triomphante. Plus
dans la vie, bien qu'envolée dans le rêve.
La soif de la mort, le mépris de la chair
moins ressentis par elle que le merveilleux
(Relire absolument Lég.dor.4) - Résumer
enfin ce que le milieu a fait de ce rejet des
Rougon-Macquart, transplanté dans un certain
milieu, cultivé par une certaine éducation. Le
travail, la vie régulière et cloîtrée. Garder
pour le IV le monde merveilleux dans lequel
elle vit - Et un portrait d'elle à 14 ans.
L'adorable fille qu'elle devient. Pas une ange,
encore des révoltes, mais si humaine, si vivante,
si pure au fond. Elle est femme, le
bien dire. - Les Hubert l'adorent et songent à
l'adopter.


Folio 23

Finir par la tutelle officieuse. (Voir les
notes de Thyébaut.) Hubert va trouver M.Grandsire
mais il apprend que l'enfant doit adopté doit
être majeur. La tutelle officieuse suggéré [sic], le juge de paix fait tout
l'adoption par testament. - Hubert, pris d'un
scrupule, veut aller aller [sic] à Paris. Le livret
emporté. Il veut savoir si la mère n'existe voir si l'enfant n'a pas de parent
pas.L Le faire courir. Il faut qu'on le sache bien décidé Ses démarches à l'administration

à la tutelle qui refuse tout renseignement. L'extrait l'extr.nécessaire pour constater que l'enfant a moins de 15 ans
de naissance nécessaire pour l'adopt[ion] lui il aurait toutes les peines du monde à l'obtenir
livre Il faut qu'on le sache bien décidé à la tutelle. le nom de la sage-femme. A la
recherche de celle-ci. Récit de l'abandon de l'enfant par la sage-femme Il la trouve. Fachée
[illisible] avec Sidonie, ce qu'elle dit. Notes sur
Sidonie. Et quand il revient : Mon enfant
ta mère est morte.


Le livret la vue l'en ramène à l'humilité encore sans doute. La tutelle
officieuse.


(L'administration tache que jamais l'enfant,
avant sa majorité ne puisse être renseignée sur
son origine.)


Folio 24


Chapitre II


Là, sept ou six années se passent, jusqu'à
l'adopt la tutelle officieuse. C'est toute la
jeunesse d'Angélique.


Tout de suite, poser les mauvais instincts
chez Angélique. L'orgueil, la passion.
Des faits. Et l'éducation par Hubertine,
par le milieu. Hubertine pliant Angélique
à des travaux bas, pour l'humilier, et
celle-ci révoltée. [illisible] Leçons
d'humilité, de respect. Quant
à la passion
qui gronde chez Angélique, la combattre la charité jusqu'à l'extravagance. Hubertine veut
par le renoncement l'en corriger, comme d'une chose mauvaise. . Bien poser déjà
Hubertine bonne pour ce travail, tandis
qu'Hubert serait plus avec Angélique,
capable d'envolement ; mais ne poser
seulement, car la scène que je veux

Folio 25

entre Hubert et Hubertine, résumant
leur passé ne se trouvera qu'au chapitre
suivant.


En outre influence du travail des broderies.
La Vie des Saints. Le mysticisme, la légende,
l'audelà [sic]. Mais surtout l'influence du
milieu, travail, régularité, claustration, etc.
Et toute la tendresse des Hubert au milieu
desquelle [sic] elle vit. Indiquer délicatement
qu'ils se croiraient pardonnés s'ils avaient
un autre enfant, et qu'il font tout
pour cela. C'est donc une maison d'amour.
Conjugal, honnête. Hubert en adoration
devant Hubertine. Celle-ci repoussant
les galants.


au IV

Enfin, tout le derrière de la maison,
le château, le champ, les Voincourt, le
couvent. Mais surtout le chate jardin à
l'ombre du château, la légende dans

Folio 26

laquelle on vit là. Les châtelaines mortes
jeunes, dans le bonheur. L'his Les fantômes
qu'on voit. L'histoire du Hautecoeur actuel,
son fils loin de lui. Le travail aucun
auquel il se livre. La chambre où il travail [sic].
Le vitrail. Toute cette influence mystique
et légendaire de ce milieu [illisible] qu'elle
voit de sa chambre (décrite, avec les charpentes
et le treillage.) Ajouter la Vie des
Saints qu'elle lit, dire surtout l'artiste
qu'elle devient. Et faire ainsi peu
à peu éclore la femme en elle, les
instincts d'orgueil et de passion, combattus
par Hubertine et le milieu, détournés
presque en qualité ; et dire l'adorable
fille qu'elle devient à quatorze ans.
Pas un ange, certes ; encore des révoltes,
mais si humaine, si pure
au fond. La mener à la puberté,

Folio 27

femme de bonne heure.


Les Hubert ont d'abord été inquiets
de ses colères d'orgueil, de ses emportements
de passion. Qui est-elle donc,
de quel inconnu vient-elle. [illisible] Ces enfants
trouvés, ça vient du crime et de la débauche
souvent. Puis, ils l'adorent, et leur
désir de l'adopter. Mais le juge de paix leur
expliquant qu'elle soit majeure ; alors, puisqu'ils
veulent se l'attacher par un lien légal,
ch il leur indique la tutelle officieuse.
[illisible] L'enfant doit avoir moins de quinze
ans, le tuteur plus de cinquante. Hubert
pourra l'adopter par voie testamentaire, etc.
- Mais il a un scrupule, il veut aller
à l'hospice av à Paris avant tout, pour
voir si vraiment l'enfant n'a pas
de Parent. Les boucles d'oreille emportée [sic].
On lui donne le nom de la sage-femme.

Folio 28

Il a les détails sur Sidonie, et il revient,
il embrasse Angélique : " Ta mère est morte. "
Il sera son tuteur légal. Finir par
une scène, avec l'au dela du milieu (?)


Devoir, respect, opposés à passion
et orgueil.


Tout le chapitre est en récit, coupé
de quelques scènes épisodiques, avec des mots
de conversation. Il s'étend sur une
longue période d'années. Un portrait
à la fin d' Angélique à quinze ans.


Le vitrail éclairé par derrière.


Détails d'architecture du Château.


L'instruction d'Angélique, presque rien.


L'ignorance. Lire, écrire, compter. Le catéchisme,
l'histoire Sainte, la Vie des saints. Ne pas
oublier sa première communion, et la

Folio 29

question de la religion chez les Hubert.
Religieux, pas dévot [sic]. Le monde n'existe
pas pour Angélique. Le travail. Le respect
de tout ce qu'on lui enseigne comme respectable,
la religion, l'autorité des parents
la hiérarchie sociale. Et le devoir, ce qui
est à faire et ce qui n'est pas à faire.
On exige une grande obéissance, la faute
expiée avec des larmes. Bonne, chaste, douce.
IV
De l'ignorance naît le rêve, c'est mon
sujet (au chapitre suivant)


IV

Bien poser déjà l'audela [sic], dans le
milieu, l'inconnu ; l'insaisissable. Tout
s'anime, les forces de la matière, ce qui
frissonne. Mais ne faire que poser, car
cela s'élargit et prend son importance
au IV, lors de la venue du prince charmant


Folio 30


III

Tout ce qu'on dit du marquis de Hautecoeur
Orgueil nobiliaire, de orgueil de fortune, haine
de la passion, dureté pour son fils, sévérité
terribles [sic]. Jamais elle ne l'aperçoit, ou à
l'échappée.


Hubertine a un fond de tristesse, de
remords. Mêler ça à ses amours. Hubert passe
son existence entière à lui faire oublier l'injure
qu'il lui a faite de l'enlever et de
l'épouser malgré sa mère. A la mort
de l'enfant, il a bien senti qu'elle l'accusait
d'être la faute de ce chatiment. Il
veut son pardon. Elle lui a pardonné :
elle l'adore, mais il en doute par
instant et c'est son tourment. C'est
un enfant qu'il voudrait pour bien lui

Folio 31

prouver que la mère a pardonné ! C'est
Hubertine qui règne, il est à ses pieds,
il ne sait quoi faire pour lui être
agréable. Ils ont fait des neuvaines
des pèlerinages pour avoir un enfant.


Devant Angélique, grande chasteté
des Hubert. Jamais un baiser peut-être.
Mais une tendresse enveloppante, un milieu
sentimental.


Elle donne ce qu'elle a, elle pille la maison,
elle fait la charité à des indignes. Re Dans
III
son rêve, reine avec des millions, faisant
tomber une pluie d'or.


III

Poser là ou au suivant, la légende des
Hautecoeur guérissant ceux de leur [sic] sujets
au p près desquels ils se rendent pour s'agenouiller
devant eux et les baiser. Une peste,
plusieurs, les mourants que les Hautecoeurs ont sauvés.


Folio 32

L'orgueil qui porte à l'irrespect. Orgueilleuse,
dominatrice. C'est l'orgueil qui
III
lui fait faire son rêve - La passion - Les
Hubert vont jusqu'au regret de l'avoir prise (?)
jusqu'au désir de la corriger. Un rejet du
Rougon transplanté dans un milieu
particulier, et amélioré par l'éducation.
Toute une étude à faire, pour ma série.
La passion, entraînemant [sic] vers l'amour,
l'amour libre même, de chair faite
pour l'homme, capable de chute.


La tutelle officieuse (.Notes Thiébaut)
Le juge de paix fait tout. Hubert, qui a
le nom de la sage-femme, va pourtant
d'abord à l'Assistance publique (?) Puis chez la
sage-femme. Le faire beaucoup courir. Et il
retourne à l'Assistance, pour avoir le consentement
du Directeur à sa tutelle officieuse.
Si je fais un récit de l'abandon de l'enfant,
Il ne peut venir qu'avec la sage-femme. Thiébaut.


Folio 33


C'est là que je mets la légende dorée,
intimement liée à l'instruction et l'éducation
d'Angélique. Elle sait lire et écrire,
compter. Hubertine continue son éducation,
orthographe parfaite (pour plus tard) Donc
grammaire, [illisible] choix de dictées. Arithmétique,
histoire sainte où on la fait lire, puis qu'on
lui [illisible] ; mais pas d'autres sciences, l'ignorance
sur le reste. Inutile. Jolie petite écriture
personnelle, vieille écriture, longue et fine,
élancée. Puis le cathé catéchisme pour la
première communion (cette cérémonie importante,
un paragraphe), et rien de plus -
Mais en dehors de ses quelques livres classiques,
étroits et secs, elle a la Légende dorée -
Sa seule lecture. Il traine dans l'atelier [illisible] sur [illisible] Description du volume
comment il est là ; [illisible] sans doute il a une planche avec de vieux outils de brodeur, hors
d'usage servi pour les images de Saints, aux anciens
brodeurs. D'abord, enfant, elle n'a
fait que regarder des images. Puis elle a
voulu savoir, a tâché de lire du [illisible],
s'est accoutumée aux lettres gothiques,

Folio 34


aux quelques vieux mots hors d'usage, aux
tournures vieillies, [illisible] aux abréviations,
à la contraction de certaines consonnes redoublés [sic],
à l'article joint au mot sans apostrophe. Et
elle lit couramment, elle se passionne, elle
III
ne voit le monde que par ce livre. Bien
insister que le reste de son éducation
instruction est purement de grammaire.


Alors la Légende dorée en général, le
monde qu'elle lui montre : - Les
Saints - Les diables - et la bataille entre
eux, dans les supplices du martyre et
des miracles qui en proviennent - Les
bêtes et le comique. - Spécialement
pour l'amuser comme des romans, la
légende des Sept dormants et celle de
Saint Clément. - et deux Sainte [sic] surtout,
d'abord Sainte Elisabeth [illisible], contre
son orgueil, et Sainte Agnès contre sa
passion - Je garderai celle-ci pour
un peu plus tard dans le chapitre, lorsque

Folio 35

Angélique deviendra pubère. Ce sera Saint-[sic]
Agnès contre ses mouvements sexuels, et
toute la partie que j'ai appelé [sic] les Vierges.
- Saintes Catherine sera là aussi, elle
qui représente la sagesse.


Pour ne pas avoir de paquet, je tâcherai
de mettre, entre chaque masse de la
Légende dorée, du récit, même des conversations
s'il est possible, d'autres choses enfin.


Mêler l'hérédité à cela et l'inquiétude
chez les Hubert. D'où peut-elle venir : mère
et père inconnus.


La charité, quand elle donne à tort
et à travers, vient aussi de la Légende.


[illisible] Un alinéa des Saints charitables.


Les citations en vieux langages


G Angélique tient à la vie, veut se
marier. Elle est gaie. Vieilles histoires, église
triomphante. Plus dans la vie, bien que qu'envoler
dans le rêve. La soif de la mort, le mépris
de la chair, moins ressentis par elle, que le merveilleux.

Folio 36

Bien dire cela et lire absolument
mes notes (Lég. dorée 4).


III

Hubert est pour la grâce, [illisible] là ou
plutôt au chapitre suivant (Lég. dorée 5).


Je crois qu'il faudra mettre là un mot
III
du duc de Hautecoeur et du château, mais en réservant les détails pour le IV. -
Le château et le duc arrive [sic] comme
milieu, dans le [illisible] jardin où Angélique
grandit. Pourtant je réserverai Description
sommaire du château, un mot du seigneur
qui l'habite, et impression surtout
de l'ombre qu'il jette sur le jardin.
On va à la chapelle par la porterne [sic].
Dire que le seigneur s'est enfermé, et garder
son hist. pour le IV


Les Hubert ménage adorable avec
un coin de mélancolie.


L'Histoire des Hubert (au portrait d'Hubertine.)


Détails sur Sidonie (aux personnages)


Folio 37

La maison des Hubert en général, reprendre
la salle commune 11 , et surtout donner le
salon arrangé, ainsi que la chambre des
Hubert. Rien qu'un mot de l'atelier et
de la chambre où couche [illisible] Angélique.
Il faut, en somme, poser toute la maison,
même le [illisible] jardin, et ne s'ar dire comment
tout s'y distribue, et ne s'arrêter

un peu que sur le salon 10 et la chambre 12
des Hubert.


Là, je ne voudrais pas encore av la
description de l'église. Mais il faut que j'en
aie la masse, pour faire ombre sur la maison.
L'ombre du clocher ou des tours à une certaine
heures [sic]. Les cloches (Egl. 10) , et les bourdonnements de
IV
l'église. Mais sans détail. Cela ne viendra
qu'au IV. Le r Alors seulement le roman
plus le gothique.


Folio 38

Le livret d'élève ne contient pas le nom de
la sage femme ni l'extrait de naissance
qui le contient. L'administration fai tâche
que l'enfant ne puisse jamais, avant sa
majorité, être renseigné sur son origine.
Hubert aura donc toutes les peines du monde C'est par l'extr. de naissance nécessaire pour
à obtenir le nom de la sage femme et il constater que l'enfant à [sic] moins de 15 ans, que
[illisible] qu'on le sache bien décidé à la tutelle Hubert apprend le nom de la sage femme -
Puisque là on lui refuserait tout (Thyébaut 10) (Note complémentaire de Thyébaut)


Relire toutes les notes de Thyébaut pour
la tutelle officieuse. -


L'histoire de Beaumont l'église doit être
là, pour poser le milieu cloîtré. Mais sans
détails sur les Hautecoeur et les abbés. Rien
sur la vieille ville close, et la ville nouvelle
en-bas. (Voir toutes les notes sur Beaumont)


Rappeler le livret, qui est la marque de
l'abandon, de la bassesse ? d'Angélique. Cela La vue
peut l'en ramener à l'humilité. Chaque fois
qu'elle le voit, le coup. Hubertine l'a mis dans une
armoire de la chambre. Mais il en sort pour être signé par l'inspecteur


Folio 39

Faire attention qu'on en oblige les parents
à envoyer les enfants à l'école et à
l'église (Voir le livret).


Relire en entier la note Religions l'éducation religieuse .
Angélique, chrétienne primitive, a vu dans les
légendes qu'on ne peut rien sans la le secours
de Dieu, Sa Grâce. L'angoisse dès que la
grâce, le milieu l'abandonne. garder
cela je crois pour plus tard.


Dans la question d'éducation par le milieu,
par la légende dorée, très important de
montrer le mécanisme de la grâce (Religion)


Folio 40


Chapitre III


C'est là que je pose d'abord l'atelier,
complètement. plan de Jourdan. Puis le meubles [sic]
au [sic] vieux outils. Cela a lieu le mardi de la Pentecôte,
milieu de mai. Une jeu de soleil sur l'église.
L'odeur des [illisible]. Un mot de l'évéché lointain.


Et dire d'abord que les Hubert sont allés
faire avec Angélique leur grande promenade
du lundi de la pentecôte, la veille. Ils sont
allés déjeuner aux ruines du château d'Hautecoeur,
à six deux lieues de la ville.


Je les fais donc mettre au travail dans
l'atelier décrit. Et je dis ce que c'est que
ce travail. Hubert tendra un métier.
Hubertine fera autre chose. Mais surtout
insister sur Angélique qui est devenue un
artiste de premier ordre en broderie. Sans
doute elle est à une chasuble, où il y aura
plusieurs sortes de broderies. Et il faut que
le travail me donne des détails pour
tout le chapitre, coupant. Mais réserver

Folio 41

le travail le plus intéressant pour le moment
où elle fait son rêve, en tirant son aiguille.
C'est là où je veux la prendre comme
artiste


Donc les détails du travail des trois
coupent à chaque instant les morceaux.


D'abord la conversation sur la promenade
de la veille, sur les ruines du château.
A deux lieues, sur le bord du Ligneul. Description
des ruines, ils y [illisible] déjeuné avec des
provisions emportées. Puis toute l'histoire
du château, celui qui l'a fondé. Un mot des
rapports avec les abbés, les deux cent mille livres.
(Ne réserver que la description de l'église, le
roman et le gothique superposé [sic].) Alors toute
la lutte avec les abbés. La Lig lignée des Hautecoeur
leur histoire avec celle du château et
de l'église. Et en Un mot de la chapelle, où sont
enterrées les châtelaine [sic] (par les légendes) - L'histoire
de la peste, les Hautecoeur (marqués [illisible]) allant
chez les malades, s'agenouillant, les baisant, les guérissant.
Si Dieu veut je veux, la légende devise de
l'armoirie. - Et l'histoire de l'évèque, son f sa

Folio 42

femme morte, son fils éloigné. On dit qu'il
revient. Orgueil nobiliaire, haine de la passion
dureté pour son fils (indiquer à peine)


Là un changement dans le travail. Donner
à Angélique le travail pour accompagner son
rêve. Influence du travail des broderies tout [illisible] ce fil d'or, ces perles, ces soies, ces velours qu'elle manie en ont fait une artiste .


Donc elle brode et, elle excitée par l'histoire
des Hautecoeur, elle dit ce qu'elle voudrait, elle. Corrigée,
mais son rêve n'est pourtant que de la
sensualité et de l'orgueil épurés. Hubertine
le lui dira en riant : tu es incorrigible. Le
rêve vient de l'ignorance et de l'orgueil -
Mais très naïf chez Angélique, son rêve d'une
jeune fille pauvre. Elle rêve le monde qu'elle Ce qu'elle s'imagine : Alors le mal ? [illisible] le bien
au dehors la méchanceté, le [illisible] c'est comme en un [illisible] on lutte et on triomphe. Toute ne connaît pas (rêve mot d'Hubertine) Le mal tel
qu'elle se l'imagine au dehors certitude la théorie optimiste dans sa bouche, la prendre aux
d'en triompher, et là il me faut donc reprendre idéalistes. Et sourires, hochement d'Hubertine
le diable toujours battu (lég. dorée 4), ce qui donne
le dédain du mal, la certitude du bien. Elle
se voit donc reine, veut un prince charmant,
beau, absolu noble, très riche. Etre aujourd'hui
comme dans les temps anciens. Quelque

Folio 43


chose de naïf et de déréglé, une pluie d'or ce qu'elle veut, ce qu'elle ambitionne : l'amour pur
noble, devoir pour ses aumônes extravagantes. Cela gaiement
pas pour le lucre, pour l'amour du beau, de la richesse pour la réalisation. Il faut
en somme qu'elle rêve tout ce qui lui arrivera
plus tard
, mais follement ; bien marquer que
c'est de la folie, du rêve, et sa confiance, sa
certitude souriante, cela se réalisera -
Elle serait très riche, elle enrichirait les
Hubert. - Mais le fleuve d'or qu'elle ferait couler tu es pauvre toi ! Eh bien ?

puisqu'il n'est serait riche, je n'ai n'aurais pas besoin de

l'être d'argent . Je lui devrai tout elle monte toujours, s'envole, s'extasie , je l'aimerai davantage.
Sa tranquillité, sa façon de trouver naturelle
cette question d'argent - Et là je la mets
gaie, bien portante, aimant la vie, voulant
se marier. Elle est plus touchée par le merveilleux
que par l'abstinence [illisible] de la chair et la soif de la
mort. Cela se passait dans des temps anciens.
Aujourd'hui, l'église triomphante. On lui
objecte Agnès, qui refusait le fils du gouverneur.
Eh bien ! est-ce qu'elle n'a pas épousé
Jésus. C'est Jésus que je veux (à la fin peut-
être, comme mot final, à garder.)


Folio 44



Hubert, mystique fond de passion qui le rapproche d'Angélique, s'emballe avec elle lui qui a enlevé sa femme. Il comprend Ang. mieux qu'Hubertine .
Hubertine au contraire, raisonnable, inquiète,
les gronde tous les deux.


Avec son mari, le mot dur sur leur
propre drame, qui lui met les larmes dans
les yeux. Le cimetière rappelé peut-être.
Il courbe la tête, tu as raison elle l'embrasse . Fond de
tristesse et de remords.


Avec Angélique, elle s'inquiète de ce manque
de réalité, elle craint les rudesses de l'existence,
elle veut ramener à terre la jeune fille qui s'envole.
Regret de la tenir enfermer [sic], elle voudrait
la mettre plus en contact avec la
vie. C'est la Légende qui t'emporte. Et
toutes les objections. Ah ! tu [illisible] verras plus
tard, tu connaîtras la vie. L'obéissance,
l'humilité prêchée [sic]. Et malgré tout l'obstination
souriante, la certitude que ça se
fera, d'Angélique. Même finir par cela.
Et voulez-vous savoir, eh bien, je suis
certaine que cela arrivera (une [sic] doute
[illisible] pour laisser de l'intérêt.


Folio 45


Finir ainsi sur une envolée La mort indiquée, souriante (?). La certitude
du rêve chez Angélique, le doute chez Hubertine,
silence chagrin d'Hubert. Reprendre le
travail, la croisée ouverte, la belle matinée
[illisible]. C'est Jésus que je veux.


Folio 46


premiers jours
de mai

Chapitre III


La scène de travail et le rêve de [sic]
Angélique posé [sic].


Angélique grande artiste. La montrer
à l'œuvre, un travail fait par elle ;
ce qu à quoi elle rêve en brodant, avec
son éducation et le milieu par derrière.
C'est l'ignorance qui conduit au rêve.
Ignorante de tout, enfermée dans sa vie des
Saints, (c'est ici que je ferai le morceau
sur le volume) elle rêve donc le monde
qu'elle ne connaît pas. L'idée de la
méchanceté au dehors, du péché, du mal ;
ce qu'elle s'imagine, et la certitude
d'en triompher. Elle dira en travail
ce qu'elle voudrait, ce qu'elle ambitionnerait :
un prince charmant, l'amour

Folio 47

pur noble, absolu ; l'amant beau, noble
immensément riche (l'idée de la richesse :
mais tu es pauvre ! - eh bien ! puisqu'il
serait riche, je n'aurais pas besoin d'argent.
Tout avec cette naïveté. L'argent
pour ses aumônes extravagantes, le
fleuve d'or qu'elle ferait couler : elle enrichirait
les Hubert. Et ce rêve, il faut
que ce soit celui qui se réalisera pour elle
plus tard, après des combats. - Une soirée
d'été, la fenêtre ouverte, le milieu là.
La vie des Saints. Le travail mêlé. Elle
se voit reine, et cela gaiement, non
par lucre, mais par amour du beau, de
la richesse. Toutes ces étoffes d'or, ces soies,
ces perles qu'elle manie en ont fait une
artiste. Ses broderies sont des chefs d'oeuvres.
Le rêve d'une jeune fille pauvre.


Mais je mêle les Hubert. Hubertine

Folio 48

représente la sagesse, l'équilibre. Elle
s'inquiète de ce manque de réalité, elle
craint les rudesses de l'expérience, et
elle veut ramener à terre la jeune
fille qui s'élève toujours qui s'envole ;
mais celle-ci monte toujours, s'extasie ;
et Hubert part avec elle. De là la petite
dispute avec sa femme Celle-ci chaque
fois qu'elle va au cimetière, demande
son pardon ; mais elle ne se sent pas
pardonnée. Le dire là, [illisible] aura en une
visite. Pas d'enfant. Hubertine a donc
un fond de tristesse, de remords, dans sa
douceur et sa tendresse pour son mari.
Aussi Hubert n'a eu d'autre roman
que l'enlèvement de sa femme. Il -
Le fond de passion d'Hubert qui le
rapproche d'Angélique. Il la comprend mieux

Folio 49

qu'Hubertine ne la comprend.


reporter
plus loin

Donc dans la scène, Hubert craint
d'avoir blessé sa femme, s'humiliant, et
celle-ci disant ses raisons. Je ne sais si
je dois pousser cette scène à fond ou plutôt
la garder pour le milieu du livre, afin
d'avoir les Hubert de nouveau, avec
leur drame. Je crois qu'il faudrait la
garder Et, et n'avoir là que l'entente
instinctive d'Hubert et d'Angélique,
avec une simple observation d'Hubertine
qui mettrait des larmes dans les yeux
d'Hubert. Il a senti qu'elle l'accusait
d'être la cause du chatiment, de la
mort de l'enfant. Il ne se croit plus
aimé, et il pleure, elle l'embrasse. Ne
pas mettre la visite à la tombe, ou
l'indiquer à peine, pour la garder et la
mettre vers le milieu.


Folio 50

Une lecture de la vie des Saints (?)


Angélique doit être corrigée déjà. Sa
passion et son orgueil ne se font jour
dans son rêve qu'épurés. Dans le rêve
fait, la mort indiquée, acceptée au
seuil du bonheur.


Finir sans doute par l'hosannah
du rêve.


Angélique bien portante et gaie.


Si elle veut la richesse, c'est aussi dans
le désir d'être charitable (Je lui devrai tout,
je l'en aimerai davantage) Les mains ouvertes,
donnant tout jusqu'au défaut


Garder beaucoup de détails sur la
broderie, pour le VII VI où angélique
fait son chef d'oeuvre.


Portrait d'Angélique jeune fille, absolument
(Personnages) Les mains pas déformées.


Folio 51

Relire les portraits des deux Hubert.


J'aimerai [sic] bien là mettre tout [sic] l'histoire
de l'évêque, les Hautecoeur. Les légendes
exposées, le fils de l'évêque qui est
revenu, etc. De sorte que, au chapitre
suivant, je n'aurais qu'à parler des
ruines qu'on voit par dessus l'évêché,
et des [illisible] blancheurs que Angélique croit
y apercevoir sous la lune. Dans la
conversation, pendant le travail,
avant le rêve d'Angélique. Le rêve
même devrait en naître. - Mettre
là les Hautecoeur a l'avantage de ne
pas trop commencer Félicien.


Folio 52


Si je Voir le contre coup de ses deux pages
à l'autre chapitre
reprends l'église, certaines modifications
importantes en résultent. D'abord
mon Hautecoeur redevient évêque. Mais je
voudrais lui conserver le blason et son histoire.
Peut-être le pourrai-je en lui donnant une
chapelle dans la cathédrale. Les Hautecoeur seraient
une vieille famille du pays. Un château
ruiné dans les environs, et toutes les
légendes que je voudrais, les mortes jeunes, dans
le bonheur. (Leur corps est là dans la chapelle
Cette chapelle dédiée à Saint George [sic] aurait donc
le vitrail du saint, une montée en haut
de l'ogive, dans la rose, des armes des
Hautecoeur. Angélique y verrait donc continuellement
cette ce vitrail de Saint George [sic]
et les armoiries des Hautecoeur. De plus,
on lui aurait raconté l'histoire de
la famille. Et tout ça prendrait place
au chapitre IV, avant l'arrivée du prince

Folio 53

charmant, grâce à la fenêtre éclairée.
Le Saint George [sic], les armes, et à ce propos
l'évêque, son histoire à lui, son passé,
ses titres, la palestine [sic], la lignée, les légendes
des mortes heureuses, sa femme morte
aussi et enterrée dans l'église. Un tombeau
d'un Hautecoeur dans l'église, des [illisible] pierre [sic]
tumulaires, mais surtout les deux mortes
heureuses (ce pourrait être le tombeau). Cela
me parait arranger tout, je ne perds pas
le blason, ni les légendes des mortes, ni
rien de l'histoire des Hautecoeur. Même
si je fais mourir Angélique, je pourrais
indiquer qu'elle ira rejoindre les mortes
dans la chapelle. Cette chapelle devient
importante. C'est dedans que je puis
faire passer la scène d' Angélique et de
l'évêque, lorsque celle-ci le supplie. Même là
je rappelle les les [sic] légendes des mortes jeunes [illisible], heureuses je voudrais même ne les voir que là.


Folio 54


Les Hubert prendre tous les Hautecoeur, les titres
l'histoire et les légendes - Dire
sont allés avec Angélique,
un dimanche, aux ruines d'Hautecoeur (une
de leurs sorties très rares) Et, le lendemain,
lundi, ils ne parlent que de ça. Tous les
Hautecoeur, leur [sic] histoires, les légendes,
les mortes jeunes et heureuses, le comment
Jean XII est devenu évêque de Beaumont,
et son fils. Les Hautecoeur et Beaumont,
toute l'histoire enfin - Quand le château
a été bati, les chapelle 200 000 livres.
La chapelle. La peste : Si Dieu veut,
je veux. (Reprendre ensuite au chapitre suivant)


Description complète de l'atelier (
maison 13.)


J'ai posé Beaumont - l'Eglise, au
II. Reprendre donc et compléter. - Réserver
l'histoire des armes Chalo [illisible] de St Mars
pour le chapitre suivant.


Folio 55


Un mot de la Grâce pour Hubert (relire
la note sur la Religion)


Donc la question du milieu [illisible].


Folio 56


Chapitre IV


Angélique aimant à se retirer dans sa
chambre, à s'y reprendre. Le matin, le soir qu'elles sont dans la chapelle .
Quelques fois, elle monte s'y enfermer en mai dans la
journée. La solitude qu'elle y goûte.


Et alors description de la chambre (J. 15)
Ancien état. les [sic] meubles qu'on y a monté [sic]. Elle
s'y plaît. La façade sur le jardin, le balcon
tel qu'il est, (comment on peut y monter jambes de force ).
Un mot du (J.17).jardin en bas - Mais surtout
ce qu'on voit de là : l'évêché si touffu
l'été, le Clos-Marie avec ses détails, les Voincourt,
l'église rapproché [sic]. Une description, pour
poser simplement.


Comment elle a vu tout cela, jusqu'à
la puberté. Récréation, ça l'amusait -
Puis la puberté 16 ans qui arrive avec ses seize
ans (femme, très femme, toucher ce point
délicatement.) Les troubles, les émois, l'angoisse,

Folio 57

les chaleurs. Elle se passionne pour un animal,
elle se jette dans les bras d'Hubertine elle rêve la nuit . Enfin
des faits. Mais surtout l'intérêt le sens que
prend alors le pay dehors, ce qu'elle voit,
surtout quand le printemps revient, en mai.
Le matin et le soir à sa fenêtre. Elle se
lève la nuit, à la lune. Un mot de
tout ce que j'ai posé plus haut, et [illisible]
tout (Eglise 6 à 10) sur l'église. Le gothique au dessus
du roman, l'élancement qu'elle sent, qui
la ravie [sic]. Lierre, moineaux, arcboutant et contrefort corbeaux et [illisible] L'église revient avec tous ses
bruits, les cloches, les offices, les orgues, l'encens,
l'ombre de l'abside. Et en arriver
ainsi à la fenêtre, éclairée le soir par
une lampe.


Donc la fenêtre de la chapelle Hautecoeur. Toujours ses yeux y vont
La [illisible] décrire le vitrail voir la note pour date et lég. dorée 6 , la nuit. Son amour
pour le composition Saint qui délivre la fille du roi les jours grandissent .
Et les armes (Egl. 12) . Si Dieu veut, je veux. Chalo
de Saint Mars - Puis, de là, retour de

Folio 58

souvenir au château, la peste qui a donné
la devise, et surtout les légendes
des mortes aimées jeunes, dans le bonheur.
Tombeaux à l'intérieur d'un Hautecoeur.
Jean V. Pierres tumulaires (Je garde la
description de la chapelle pour plus loin.)


après

J'en arrive ainsi à la faire éclater
un soir en larmes, le soir de mai, après
le chapitre [illisible] précédent. En face de la
fenêtre (garder les échafaudages, pour plus
loin.) lit C'est le miracle qui est l'ordre, la règle de la nature alors, je pense, le fragment
sur les miracles miracle facile, pour rien . Dire dans quel monde
miraculeux la Légende la fait vivre.
Elle ne voit le monde que par la Légende.
(Cela après le morceau) Tout le f Rappeler
les miracles des supplices, et donner tout
ceux que j'ai réservé [sic].


Elle ne voit le monde que par la Légende.
Le diable, c'est la matière. Tout le morceau
sur la religion (sans doute.) Le mécanisme

Folio 59

de la grâce. Le milieu. L'au-
delà, l'inconnu, l'invisible, l'insaisissable -
Et dès lors les voix, l'invisible
qui parle, tout ce qui l'entoure (le rêve
nait de l'orgueil et de l'ignorance.)


Donc l'attente, elle est vibrante au moindre
bruit, se retourne avec un frisson les voix des choses . Les voix
tout ce qui l'entoure, tout ce qui est animé les saintes, tout ce qui trotte dans son imaginaire
autour d'elle, l'inconnu, l'au-delà, les
forces inconnues
, qui vont décider de sa
vie, agir pour produire les événements (cela
suit naturellement le mécanisme de la grâce,
je crois.


L'enveloppement avant que le rêve se montre.
Émoi, préoccupation, tristesse, quand rien ne se
montre. Non, rien encore. Puis quelque chose. Cela
grandit avec des arrêts. Le prince sort de l'invisible

Alors, la création de l'amant, par tous
les sens. Elle est prête, elle l'attend, tout
l'annonce à sa puberté. Il semblera se
dégager du vitrail. - Tout ce désir d'amour
développé détail à détail. Création de l'être
attendu, qui sort du néant, de l'ombre,

Folio 60

de l'inconnu (que j'ai posé), pièce à pièce,
à l'aide des sens. L'apparition commence,
se développe dans le Clos-Marie. Une ombre
qui glisse dans la lune. La lune éteint
le vitrail, elle ne voit plus le personnage.
- Dans la nuit noire d'abord des pas (l'ouïe)
Voir l'odorat aussi. Elle se sent enveloppée entourée
de quelqu'un qui nait, qui l'enveloppe,
qui la guette. (Les arbres de l'évéché très
touffus, le Clos-Marie, noir). Puis, elle
voit (la vue) une ombre à la lune (le
goût et le toucher pour plus tard, naturellement.) -
Son émotion, là ou plus
haut. Elle n'en parle à personne, elle a un
secret, elle qui disait tout à Hubertine
- Mais bien dire que ce quelqu'un qui caressée par l'idée d'être aimée d'un
lui vient de l'inconnu ange (Ste Cécile) voir Lég. dorée 4. , c'est la continuation
de tout ce qui frissonne autour

Folio 61

d'elle. C'est le rêve qui sort de l'invisible.
Elle [illisible] entend les voix depuis longtemps
Les saintes, tout ce qui trotte dans
Son imagination d'enfant) ; et ce n'est
Qu'à sa puberté que tout cela se matérialise
En un amant, dans le prince attendu.


Tout le peuple de la Légende, le miracle, remuant
dans l'ombre, la félicitant de la venue de l'amant,
lui faisant cortège.

Enfin le prince sort de l'invisible. Je
le montre dans le soleil, pour finir. Là
le portrait de Félicien, matérialisé non, au chap. suivant . Ressemble-t-il
au Saint-Georges ( ?) Il a levé la tête, il
la regarde. C'est lui, elle le reconnaît.


Folio 62


au IV

reprendre les cloches, les bruits
des offices, le chant, l'encens, l'ombre
de l'église ; et développer.


Mettre toute la cathédrale,
les abbés, le gothique sur le roman et un mot des Hautecoeur
pour la chapelle les légendes des châtelaines [illisible], pour l'évêque actuel


De l'ignorance et de l'orgueil naît le rêve

Toute la religion, [illisible] elle. Voir
les notes. La grâce. Hubert pour la grâce [illisible] de la grâce


Tous les miracles sur le miracle . Le monde merveilleux
dans lequel elle vit elle ne voit le monde que par la Légende .


Tout le derrière de la maison. L'église,
le terrain, l'évêché, les Voincourt.
Voir le plan. La façade sur le cha jardin décrite,
avec les charpentes pour monter.
Le vitrail éclairé par derrière.



L'audelà [sic], l'inconnu, l'insaisissable. Tout
s'anime les forces de la matière, ce qui frissonne.


Le diable, c'est la matière. Confiance d'Ang.
à se vaincre. Dédain du mal, certitude du bien puisque le diable est battu


Folio 63


Tout mai

Chapitre IV


L'attente du prince Charmant. Tout le
chapitre doit se passer dans la chambre d'Angélique.
Il faut que Félicien reste inconnu du
lecteur lui-même jusqu'à ce qu'on le voie dans
la procession. Dans le présent chapitre, il n'est
pas même nommé : c'est le prince.


Angélique est donc dans sa chambre, avec par
le beau mois de mai, avec le château, l'église,
les jardins, tout le milieu. Les voix qui lui
parlent, tout l'inconnu, l'au delà, l'invisible,
l'insaisissable. Tout annonce le prince
charmant, à cette enfant de seize ans,
pubère (toucher délicatement le point physiologique. Puis la venue lente du Prince,
par tous les sens, et qui semble se dégager ,
descendre d'un vitrail. Il apparaît.


Angélique gaie et bien portante. Le sexe

Folio 64

qui s'éveille, des troubles, des [illisible], des chaleurs
le tout traité très chaste. Elle se jette dans les
bras d'Hubertine, elle se passionne pour un
animal, elle rêve la nuit. et alors épanouir
tout le mysticisme qui est en elle par ses
lectures, son isolement, son voisinage avec le
château et l'église, son ignorance. Le vitrail
qu'elle voit dans le château le soir, quand
la lumière du marquis est allumée. Le
personnage ressemble à f à Félicien. Trouver
le vitrail. Troublée, femme sans le savoir,
attendant le prince. Vibra Elle peut éclater
en larme [sic] un soir, en regardant le vitrail.
Dans l'attente, vibrante au moindre bruit,
se retournant avec un frisson. Les voix,
tout ce qui est animé autour d'elle, l'inconnu,
l'au delà, les forces inconnues, qui
vont décider de sa vie, agir pour produire

Folio 65


les éléments événements. Lorsque Félicien
paraît, il faut qu'elle se doute que c'est le prince.
Toute cette partie du désir d'amour doit
être développée détail à détail. C'est la
création par la jeune fille de l'être attendu,
qui sort du néant, de l'ombre, de l'inconnu,
pièce à pièce, à l'aide des sens. L'apparition
commence, se développe dans le champ.
Une ombre qui glisse dans la lune. La lune
éteint le vitrail, elle ne voit plus le personnage.
Dans la nuit noire d'abord des
pas. Elle se sent entourée de quelqu'un qui
naît, qui l'enveloppe, qui la guette. (Les
arbres de l'évêché sont si épais, l'été, qu'on
ne voit rien absolument). Puis, l'ombre
à la lune. Son émotion, elle n'en parle
pas, elle a son secret, elle qui disait tout
à Hubertine. Ce quelqu'un qui lui vient de

Folio 66

l'inconnu, c'est la continuation de tout
ce qui frissonne autour d'elle. C'est le
rêve qui vient de l'invisible. Les voix,
tout ce qui lui vient du milieu, elle
l'entend depuis longtemps ; et ce n'est
qu'à sa puberté, que tout cela se matérialise
en un amant, dans le prince attendu.
Donc, tout un enveloppement avant que
le rêve se montre. Son émoi, sa préoccupation,
sa tristesse, quand rien ne paraît.
Non, rien encore. Puis quelque chose. Et ça
grandit, avec des arrêts. Le prince sort
vraiment de l'invisible. Jusqu'à ce que je
le montre dans le soleil. Là, le portrait
de Félicien, matérialisé. Sa ressemblance
avec le vitrail. Elle peut avoir une grande
confusion, en voyant qu'il a levé la
tête, qu'il la regarde. Elle [illisible] fuit.

Folio 67

Lui sourit. L'amant est créé.


Elle l'a vu, elle ne sait pas qui il
est.


Je reviens là à la légende dorée. D'abord,
pour le vitrail. Un Saint-George [sic] délivrant
la fille du roi, avec d'autres scènes prises à la
légende, autour. (XIIe siècle) - Ensuite,
je mets ce que j'ai appelé les miracles,
pour montrer dans quel rêve vit Angélique.
C'est le miracle qui est l'ordre, la règle de
la nature. Rappeler d'un mot les miracles
des supplices, et énumérer les autres, ceux
que j'ai gardés. Tout ce peuple de la
légende dorée, remuant d'en dans l'ombre,
félicitant la venue du prince charmant.
- Donner ainsi les trois légendes des
châtelaines de Hautecoeur, mortes jeunes
et heureuses.


Gaie, malgré la Légende dorée. Elle n'en a pris
que le merveilleux, pas le dédain la haine de la
chair et la soif de la mort. Caressée par l'idée

Folio 68


d'être aimée d'un ange (Ste Cécile) Voir
absolument mes notes (Lég. Dorée 4)


Saint George [sic] ne va pas bien pour Fél
Félicien (Lég. dorée 6)


Reparler de la peste, à propos
des armes

C'est là que je reprends la description
du château, pour dire avec détails ce qu'Angélique
voit de sa fenêtre, le donjon, la
courtine, l'autre tour. Et sur le duc
son histoire, pourquoi il s'est enfermé
là, ce qu'il y fait, les Bollandistes (documents
divers) Son fils, mort de sa femme,
à propos de la légende des chat châtelaines
mortes jeunes. Les armoiries des Hautecoeur,
leur (il faut que Hubert les ait brodées dans
l'ancien temps) Leur histoire, époque du
château démantelé, l'histoire du père du
duc, et du duc actuel. Tout cela m'est
donné par Angélique à la fenêtre, sans
doute au commencement du chapitre.
Ce que fait le duc (le vitrail [illisible] éclairé)


Folio 69

Ne pas dire que le duc a fait revenir son
fils. Laisser le lecteur dans l'ignorance comme
Angélique.


Pas de portrait encore de Félicien. Une ombre.
Le portrait au chap. suivant.


Un portrait du duc. (Voir aux personnages)
Un jour Angélique l'a vu à une fenêtre,
et elle voit continuellement passer sa
silhouette. - Prendre toute son histoire,
aux personnages, et la résumer là, [illisible] à
l'aide d'Angélique, à qui on l'a dite.
Si elle ne peut [illisible] peut pas tout en
savoir, user d'un moyen


Description complète de la chambre
d'Angélique (maison 15) jardin 17. Décrire
aussi la façade sur le jardin 5


Toute l'histoire de l'église, et toute la
description détaillée de l'extérieur depuis
la porte Sainte Agnès jusqu'à l'abside.

Folio 70

La porte Sainte-Agnès peut revenir, par
dessus la maison. Histoire de l'église.
Mais surtout le roman d'en bas et l'élancement
du gothique en haut. Un mot
des différentes époques de construction. Mais
voir à réserver la façade : un mot seulement.
Peut-être pourrai-je garder la façade pour
l'élancement de la fin. (Voir Église 6 à 10)


Lièvre, oiseau dans les arcs-boutants et
les contreforts, animer tout. Corbeaux, ramiers.


Les armoiries dans la chapelle St Georges
(Église 12) Prendre la légende de Saint
Georges, dans la Légende dorée, vieux français.)


très important la note Religion

Voir ce qu'il y a à reprendre, dans l'histoire
des Hautecoeur et de Bennemont, à propos
de l'Eg église. En tout cas, garder pour
là l'histoire des princes, Chalo de St Mars


Un mot de la Grâce, avec Hubert (relire
la note religion.) L'angoisse, quand le milieu l'abandonne


Folio 71


V

Si Félicien répare le vitrail, il faut
un échafaudage. Voir la note sur les Vitraux
pour les couleurs, etc., l'époque, etc.
Le vitrail, date, composition.


Le château revient, souvenir de la promenade


La chapelle donnée où l'on ensevelit, et
la légende des mortes jeune [sic] leur corps est là dans le [illisible]. - La fenêtre, les armes
où ? Le Saint Georges, les armes - Un tombeau
des Hautecoeur, des pierres tumulaires. Mettre
là l'hist. des armes Chalo de St Mars


La religion, la grâce ( ?) pour Hubert.


Folio 72


En conversation,
le plus possible

Chapitre V


[Une seule version de ce chapitre est conservée]

L'idylle dans le champ. Angélique
et Félicien.


(Commencer par les jours de lessive chez
les Hubert. La femme louée. Malade. Angélique
s'en mêle. - Compléter le Clos-Marie

D'abord description du champ. La
chevrotte où les maisons voisines viennent
rincer le linge de la lessive.


Champ pas très grand, où l'herbe a
poussé. Vieilles pierres, apportées pour une
réparation et laissées là. Des arbres. Le
ruisseau, qui sort du jardin du château,
traverse le champ, disparaît sous le couvent
(une grille) pour reparaître dans la Grand' Rue.
Autrefois il y avait là un moulin, dont
il ne reste que des ruines. Dans ce qu'il
reste, trois ou quatre moulins hangars à demi
écroulés, des pauvres se sont réfugiés enfants, noms des pauvres, hist. . Porte dans
le mur de Hubert, et porte dans celui du Château,
Félicien vient par la ruelle des Guerdachers


Folio 73


Lui-même la
mise en [illisible]
(vitraux)
Les échafaudages sur [illisible] pour la réparation du St George
Félicien en blouse blanche, avec un petit béret. Un homme
avec lui

Les épisodes de l'idylle dans le terrain,
sont le [illisible] lavé, Félicien sauvant une
pièce de linge délicate, entraînée ; le linge étendu,
il l'aide causerie ; l'épisode de la charité.


Le linge lavé. C'est lui. Elle le reconnaît. Et son émotion. en attendant. C'est pourquoi elle reste et continue de laver Les Hubert font la lessive.
Ils louent une femme. Mais Angélique
a voulu aider, la femme est partie, déjeu[ner]
Et elle est encore là. Quelque Les bras nus,
très gaie dans le soleil. Mouillée. Je voudrais
de l'enfance de la gaieté dans les deux épisodes. très gaie, très malicieuse, bien portante. Et la belle mouillée, aux bras nus. Tape-t-elle son linge ?
Angélique très émue au fond, joue l'ironie.
Elle plaisante presque Cette aventure qu'elle rêvait, etc. Félicien de lui sauver
son fichu. Lui, puceau, sa physiologie par les actes, on ne le connaîtra qu'au IX très ému aussi,
très jeune, rougissant, se croyant plaisanté.
Cela avec le ruisseau qui court et qui
saute. Félicien pouvait être sous les
arbres à lire, à dessiner plutôt le moulin il sauve le fichu qui va disparaître Il se trempe
Angélique simple, mais reine, très belle,
Exquise. Bonne ménagère. Ce jour-là, ils

Folio 74


[interligne] Son portrait à elle, bras nu [sic]. Son portrait à lui. en étouffant un rire. Elle a une émotion qu'elle raille.
ne causent pas, il n'y a qu'un : Merci
monsieur. Lui ne trouve rien.


Dans le second épisode (à quelques
jours de distance), le linge est étendu.
Et l Des linges très blanc [sic] le vent souffle, l'emporte , sur l'herbe
verte, dans un pré. Et là, il l'aide
à retourner les pièces, et je veux qu'ils
causent. (Comment se fait-il que les
Hubert ne les voient pas.) Ils causent d'eux. Dans l'atelier le mur trop haut. Effet de la voix d'Angélique
sur Félicien Qui elle est, son travail de brodeuse, les Hubert,
la maison etc. - Lui, qui il est. Décri J'aimerai [sic]
mieux qu'il ne dise rien sur lui. Il est le
prince charmant. Il se nomme Félicien,
et c'est tout. Elle ne doit absolument pas
soupçonner qui il est, il élude, il reste l'inconnu ni le lecteur non
plus. Un jeune homme qui dessine pour
s'amuser sans doute : on vient beaucoup
dessiner là le château, le moulin, etc.
- Il faut qu'il soit séduit par le

Folio 75

grand air charmant d'Angélique étendant
son linge. Le montrer se prenant autant
qu'elle, plus qu'elle, pour amener le
je vous aime. Qui elle est, quels sont
ses goûts - Cette fois, moins de rire, l'émotion
à la fin de l'épisode doit tuer le
rire. Si leurs mains se rencontrent en
maniant les linges (emportés par le vent ?)
elle retire vivement la sienne. C'est
parce que le vent souffle qu'il l'aide.
Quoique Gaie toujour [sic].


Puis, avant l'épisode de la charité,
j'ai un morceau, où je le montre rodant,
voulant l'aborder, et n'osant pas.
Pour la voir, il la suit dans ses aumônes Donc toutes les aumônes posées avec les noms ,
il apprend par elle à donner. Il il ne donnait pas lui-même, il va pour la rencontrer
va où elle va, donne tellement qu'elle écho plus loin
s'irrite, n'ayant plus de plaisir à donner.
Ce frôlement dans la charité, avec sa colère

Folio 76


à elle, qui croit le détester. Pourquoi
la suit-il ? pourquoi donne-t-il tant
qu'elle n'ose plus donner et arrive partout
trop tard c'est pour cela qu'elle croit le haïr . Au fond, l'amour grandissant.
Dans sa colère une sensation délicieuse.


J'arrive au dernier épisode, dans
le terrain vague, où lui continue à
rôder. Et le un jour encore où le linge
sèche. Elle s'ai s'est échappée pour aller voir
la famille pauvre, et c'est là où elle s'enlève
quelque chose du corps pour le donner. Voir
les souliers et ses bas. Ou un foulard. Enfin
quelque chose de sa nudité, mais très chaste
doit paraître . au moment où Félicien
est entré et regarde. Elle en reste confuse,
elle se sauve, et là le : Je vous aime
de Félicien, à l'oreille, murmuré. Très
délicat, dans la charité complice. Plus

Folio 77


de rire, un grand frisson. Mais de la
peur chez Angélique. Ces mots : Je vous aime,
l'éclairent. A-t-elle fait mal, elle
devrait parler, et elle ne dit rien. Non
cela, à l'autre chapitre. Là rien que la
fuite dans une peur véritable la peur de
l'amour, de l'amant. Elle se sauve,
elle se barricade.


Elle n'a pas répondu, elle ne répondra :
Je vous aime, elle même qu'au VII. [illisible]


Effet de la voix d'Angélique sur Félicien.


Portrait de Félicien (personnages)


Comme je garde Félicien mystérieux, je
ne puis raconter son histoire que lorsqu'il est
connu au IX. Jusque là sa psychologie (la
voir aux personnages) n'apparaît que dans son
air et dans ses actes.)[sic]


L'extérieur de l'église revient un peu (Egl. 6)


Folio 78


Il faudrait que je fisse réparer par
Félicien le vitrail de St George [sic], ou un
autre. J'en fais un ouvrier primitif. Cela
lui donne une occupation, malgré son immense
fortune. Un artiste, [illisible] voilà son sa présence dans
le champ expliquée. [illisible] La seule [illisible] invraisemblance
est qu'on doit savoir que le fils de
l'évêque s'amuse à cela. Le [illisible] Le
sait-on ? à voir. On peut le prendre pour
un ouvrier du fils de l'évêque. A arranger
enfin. Cela explique comment
il pourra venir commander la [illisible] broderie
pour la procession. Je l'ai déguisé avec
une blouse. Un peu étrange et original.
Il répare le Saint George [sic] dont des
vitraux sont cassés, et avec un tel sens
artistique qu'on ne distingue pas la réparation
(Voir le mot Vitraux)


Folio 79


Chapitre VI


Commencer par Angélique très troublée,
effrayée par le : Je vous aime. Elle se cloître, ne
va plus dans les champs. Elle a pris peur, en se
demandant si elle n'a pas péché avec ce jeune
homme. Les scrupules de l'innocence, de
l'ignorance. Surtout elle se reproche de n'en
avoir pas parlé à Hubertine. Elle a un secret
qui lui pèse, dont elle n'ose plus parler :
trop tard, et il est devenu trop gros. Donc
combat, inquiétude, mais tout cela délicieux.
Aime-t-elle ? Elle ne doute pas de savoir ce
que c'est. Elle s'interroge, ne peut se répondre
sur le trouble délicieux qu'elle éprouve. Est-elle
malade de penser toujours à lui, de ne plus dormir
etc. (Tout le chapitre avec ce trouble, cette question
qui revient : Qu'a t-elle donc ?) Mais serment
de ne plus le revoir. Ses luttes pour ne pas regarder
dans le champ, et sa tristesse quand il n'y est pas.


Folio 80


Le travail posé, Hubert détendant un métier. Il s'y remet

Puis, un jour brusquement, son saisissement,
en voyant Hubert, qui est descendu recevoir
[interligne] S'il l'amène, c'est qu'elle seule peut exécuter le travail exceptionnel, causer avec elle, s'entendre. L'artiste, la fée
quelqu'un dans le salon, remonter avec
Félicien. Celui-ci se donne comme un dessinateur
apportant une commande. L'air simple
et pauvre, dessinateur et maître verrier avec les références nécessaires. C'est
une mitre que le chapitre ( ?) l'a chargé de dessiner
(Non une personne qui veut en faire
cadeau à l'évêque, et on est pressé, on
veut arriver pour la procession (les dates ?)
Hubertine aidera. Discussion des dates.
Jamais on n'aura le temps dit Hubertine.
Si, affirme Angélique. Et la mitre,
son dessin en or nué, ce qu'elle
doit être. Le prix fixé. - Angélique allant
chercher les dessins dans la cheminée. -
Je peux dire un mot de toutes les belles
Elle sait bien qu'il ment. Il n'est pas

Folio 81

pauvre, elle le sait par les aumônes. Il
est le prince, elle se cache. Et son rêve
qu'elle sait certain, opposé à l'histoire
très simple que le jeune homme conte
sur lui. - Cette scène doit être [illisible] conduite
avec un saisissement de l'un et de
l'autre, une timide, et un grand trouble
après. - Si lui est venu, c'est poussé
à bout, malade de ne plus la rencontrer
ni dans le champ, ni chez les pauvre [sic].
Il croit qu'elle ne l'aime pas, il
veut en avoir le cœur net. Et il
s'en va, doutant davantage, tâchant
de se rappeler les moindres faits. Elle,
très remuée, se pose sa question : l'aime-
t-elle ? - Tout l'atelier revient. Employer
Hubert et Hubertine. - Ne sachant
pas.


Folio 82

Puis alors une série de scène pendant
le travail de la mitre. Angélique a demandé
un mois par exemple, espacer et expliquer
le travail de l'or nué. Le chef
d'œuvre fait par la Angélique, Félicien
revenant presque tous les jours, pour des détails.
Leurs amours grandissant dans cette collaboration.
Ce morceau chapitre a surtout pour
but d'apaiser leurs amours, de les asseoir, de
tranquilliser Angélique, effarée par le : Je
vous aime. - Pas un mot d'amour, pas un
geste, pas un rapprochement. L'originalité
est dans cet amour grandissant par la
seule fréquentation.- Et de temps à autre,
tout de même, un coin de malice, Angélique
avec son conte bleu, riant d'être
seule dans le secret. Toujours la
question : est-ce que je l'aime, Non, l'amour est [illisible] [illisible] et cela
lorsqu'elle meure [sic] d'amour pour lui.


Folio 83

Les Hubert y sont mêlés. Ce qu'ils
font, détails de travail. Leurs amours eu à
eux aussi, ils servent de [illisible]. Et il faut
qu'Hubertine se doute de quelque chose, à
moins d'être une sotte. Son inquiétude,
sa surveillance, mais mal dirigée. Il
Elle devra comprendre brusquement, au
moment de la procession.


Bien montrer Félicien se désespérant
de plus en plus, en voyant Angélique
éviter de causer, de rester seule. Il
n'en obtient pas un mot, pas un
signe. Son tourment de ne pas se
croire aimé, cela pour l'amener à
la tentative désespérer [sic] de l'autre chapitre


Les épisodes du travail Effet de la voix d'Angélique [illisible] au fur
et à mesure qu'il avance, peuvent
être, d'abord : un morceau sur toutes

Folio 84

les belles broderies qui se trouvent dans
[Lefeuvre], ils en causent ensemble, où ell il
lui en cause. - Tout ce qu'ils se disent,
eux qui s'aiment, par dessus les Hubert,
qui s'aiment aussi - Combien elle gagne
à être vu [sic] au travail, belle, pure, en admirable artiste,
au milieu de la soie et de l'or.


Pour Angélique, Félicien entre davantage
dans la réalité. Ses nuits après qu'elle l'a
vu. Cela la calme donc ( ?) - Lui, artiste
aussi, très touché, envahi de plus en plus
par la passion. Son tourment grandit.


Et je voudrais arriver à une scène
finale (la mitre est finie, le jour où elle
la livre, à voir.) Ou elle la lâche - Elle sait
qu'elle l'aime, un élan superbe - décidée à le fuir mais jamais elle ne le
lui comparaison avec les saintes de la Légende dira. Lui désespéré, craignant
qu'elle ne l'aime pas, prêt à une folie pour [illisible]
la [illisible] trouver seule et savoir.


Folio 85


Chapitre VI


Continuation de l'idylle, chez les
Hubert.


Donc Angélique très troublée, effrayée
par le : Je t'aime, se cloîtrant chez elle,
n'allant plus dans le champ. Elle a pris
peur, elle se demande si elle n'a pas péché,
avec ce jeune homme. Les scrupule [sic] de l'innocence,
de l'ignorance. Ce qu'elle se reproche
surtout, c'est de ne pas en avoir parlé
à Hubertine, et elle ne peut se décider
à le faire. Combat [illisible], inquiétude,
mais tout cela délicieux. Avec le serment
qu'elle ne reverra plus le prince. Ses
luttes pour ne pas regarder par la
fenêtre, et quand elle regarde sa
tristesse s'il n'est pas là. Toute cette
analyse au commencement du chapitre.


Folio 86

Puis, un jour, son saisissement, en
voyant Hubert qui est descendu recevoir
quelqu'un dans le salon, remonter avec
Félicien. Celui-ci se donne comme un
dessinateur qui a une commande à
donner. Un Des [illisible] pour un dais,
et tout le travail expliqué, quelque chose
merveilleux, qui coûtera très cher.
(c'est pour l'église du château, un cadeau
à l'abbé Glorian, ou plutôt à son père)
Félicien doit être très simple, l'air
pauvre, avec les références nécessaires.
On convient d'un prix [illisible] deux ou
trois mille francs. Un dais serait une
pièce trop forte, il faudra sans doute
choisir autre chose. Mais Angélique sent
bien que Félicien ment. Il n'est pas
pauvre, elle le sait bien, à cause des
aumônes. Il est le prince, il se

Folio 87

se [sic] cache. Et son rêve qu'elle sait certain,
opposé à l'histoire très simple
que le jeune homme conte sur lui.


Si Hubert l'a fait monter, c'est
que le travail est exceptionnel, et
qu'il faut causer avec Angélique, la
fée, l'artiste. Elle seule peut exécuter
le travail. Elle s'entend donc avec
Félicien. Et celui-ci dès lors revient
presque tous les jours pendant un mois
pour surveiller le travail. Le chef
d'œuvre fait par la jeune fille. Les
détails complets sur la broderie. Leurs
amours grandissant par cette collaboration.


Ce chapitre a surtout pour but d'apaiser
leurs amours, de les asseoir, de tranquilliser
Angélique effarée par le Je vous aime,

Folio 88

de l'accoutumer à Félicien. Laisser un
coin de malice, un peu de rire à être seule
dans le secret, à cette chose en dehors des
Hubert. Félicien du reste ne dit pas un
mot d'amour, n'a pas un geste, pas un
rapprochement ; et c'est ce qui doit faire le
[illisible] l'originalité du chapitre, ce chapitr cet amour
grandissant par la seule fréquentation.
- Après le Je vous aime de lui, tout ce
chapitre est un repos, pour arriver au
chapitre suivant au Je vous aime d'elle.


Sait-elle qu'elle l'aime ? Cela est à examiner.
Quand elle s'est enfuie, terrifiée [illisible] ignorance
par le Je vous aime, [illisible] il faudrait qu'elle
ne sût pas elle même qu'elle aime. Elle
ne peut pas savoir ce que c'est. Le présent
chapitre doit expliquer cela, son trouble
où elle ne voit rien clairement. L'amour

Folio 89


est coupable. Enfin, je voudrais arriver
que son aveu à elle, au VII, s'échappât
de lui-même comme une fleur qui
s'épanouit, naturellement.


Les Hubert ne sont pas beaucoup
employés l'[illisible] là dedans. Hubertine
surtout. Si elle n'est pas une sotte,
elle doit s'apercevoir de quelque chose.
Elle s'inquiète donc, comprend ou
ne comprend pas, à régler. Hubert [sic] a
dû donner l'adresse d'un de ses
amis. Ne pas insister trop, car le point
faible est l'invraisemblance de l'incognito
qu'il peut garder : les Hubert
devraient savoir qui il est. Enfin
qu'Hubertine se doute de quelque
chose, pour qu'elle comprenne tout

Folio 90

à fait à la procession. - Donc chercher
à employer le plus possible les
Hubert dans ce chapitre.


Pour Angélique, Félicien entre davantage
dans la réalité. Ses nuits après qu'elle
l'a vu. Toujours la question : sait-elle
qu'elle l'aime ? A régler. - Tout ce
qu'ils se désir disent, eux qui s'aiment,
par dessus les Hubert, qui s'aiment
aussi. C'est là le [illisible]. Je puis faire que
les Hubert sont dans une grande adoration.
L'enfant qui doit naître.( ?)


Lui, là ne se croit pas aimé. Les
C'est son combat, sa souffrance à lui. Pourquoi
Angélique le fuit-elle, ne veut pas
revenir dans le terrain vague. Il n'est
venu que pour chercher une explication,
et elle évite de rester seule avec lui, elle

Folio 91

refuse de causer. Lettre aussi refusée ( ?)
Alors t Alors tourment de Félicien.
Les pauvres mêlés, il tâche de la voir
chez les pauvres. Se méfier, garder les
pauvres pour plus loin, car ils sont
encore bien près. Et si au chapitre
suivant, il monte dans sa chambre,
c'est fou d'inquiétude, voulant savoir.
Montrer l'amour de ce garçon arrivant
à l'extrême, à mesure qu'il la
voit ; et combien elle gagne à être vue
au travail, belle, pure, en artiste admirable,
au milieu de la soie et de
l'or. Lui, artiste aussi, très touché.
Puis l'envahissement de tout son
être par la passion.


Là au moins, à la fin, elle doit savoir
qu'elle aime, pour que le réveil de son instinct
se réveille dans le chapitre suivant.


Folio 92


Félicien, peintre verrier, ouvrier
primitif. Voir s'il y a des détails à donner,
je crois que non. Les détails ne peuvent
venir que lorsqu'il est connu, après la procession.


Psychologie de Félicien (aux personnages)
rien que dans son air et dans ses actes.


Reprendre la description de l'atelier ([illisible])


L'églantier qu'elle a planté, là ou plus loin.



Les dessins dans l'armoire la cheminée [illisible] (armoire


Elle refend la soie. Le ligneul, le fil de
Bretagne


Folio 93


26 juillet

Chapitre VII


Le soir du même jour. Angélique, trop
secouée, a été souffrante. Son effort l'a brisée.
Elle rit [illisible] se coucher de bonne heure.
Hubertine a pu l'entendre pleurer. Et la
nuit, déjà couchée elle monte pieds nus écouter à la
porte. Angélique l'entend, étouffe ses larmes,
car elle pleurait encore ; et elle l'écoute à
son tour redescendre, retourner s'enfermer
dans sa chambre. Un murmure de voix
monte, ce qui est rare. Tout cela est pour
donner à entendre que les Hubert s'aiment
en bas. Très chaste, très discret. Une
maison d'amour.


Ardente nuit de juillet
très chaud, [illisible]

Voilà Angélique seule dans la maison
soupirante. Elle couchée, la bougie éteinte,
elle ne peut dormir. Elle sait
qu'elle aime Félicien et que lui souffre. la grande pitié pour la douleur qu'elle a faite : c'est le pivot
Ses yeux ouvert [sic] sur le noir, se demandant
si elle a eu raison de se désespérer,
si les saintes demandaient cela. elle avait dit Il viendra et il me prendra pourquoi donc a-t-elle lutté. Son manège de froideur
pourquoi l'aimer sans le dire ?

Folio 94


Agnès était-elle fâchée. Le doute. Poser
la question seulement pour la résoudre
plus loin, à l'arrivée de Félicien (non,
les saintes ne sont pas fâchées. -
Les bouquets de violettes qu'elle trouve dans
sa chambre, jetés du clos. Elle vient
encore d'en trouver un, elle s'est
couchée avec, cela la calme (toutes les
autres fleurs lui donnent des maux de
tête) Félicien seul peut les jeter.
Tout cela, dans le lit, en pleine de doute [sic]


Mais la chambre s'éclaire. La lune
se lève. Et Angélique voit la chambre.
Reprise de la description, le lit surtout.
La sensation qu'il va venir,
que quelque chose va se produire et
qu'il faut qu'elle se lève. Elle s'habille
très chastement (à voir). Donc, elle
l'attend presque. Des voix, les saintes,
les vierges qui sont là, le dehors aussi

Folio 95

qui revient, la cathédrale, le clos, etc.


[interligne] Minuit [illisible] sonne. Une [illisible] fou de passion, mais tout de suite saisi par cette chambre de jeune fille, le parfum, la virginité et ses désirs tombent et il s'agenouille. Très chaste tout de suite

Félicien paraît. Comment il
monte, les jambes de force. Et, à son
arrivée, le morceau de son tourment.
La torture qu'il endure depuis le matin
en se croyant pas aimé. Il veut savoir, fou d'amour
il est [illisible] prêt à une folie.


Et tout de suite, dès qu'il paraît, très chaud ; beau ciel
bien montrer ce doute d'Angélique
finissant Elle lui dirait presque comme dans le cantique. Mon Jésus, je vous attendait [sic]. La [illisible], la certitude que l'amour
n'est pas coupable, que les saintes ne le
défendent pas, que cela ne fait pas de
peine à Agnès. Et pour cela il faut qu'elle
sente là les saintes [illisible] l'entourer
l'approuver. Tout le dehors complice. Et
son sourire, en songeant qu'elle a
lutté d'abord pour ne plus le revoir,
ensuite pour ne pas lui dire qu'elle l'aime.
Etait-elle sotte ? les saintes sont contentes.
Elle [illisible] Elles veulent bien qu'on

Folio 96

aime, quand on aime ainsi. Et cela
tout de suite, dès que Félicien est
entré est et qu'il s'est mis à genoux
devant elle, sans parler d'abord. Un
long silence, pendant lequel je donne
toutes ces explication [sic]. Elle, est assise.
Dans l'ombre, pas dans la lune : je
crois.


Puis c'est Félicien Il n'est venu que pour savoir s'il est aimé qui parle le
premier. Il lui dit longuement comment
il l'aime, depuis quand (la création,
le vitrail, le linge, les pauvres), et
ce qu'il souffre depuis qu'il ne se croit
pas aimé. Ses tourments décrits.
Cela en style envolé, pur, chaste, mystique.
Faire revenir le dehors et
la chambre pendant les [illisible]


Dés qu'Angélique répond, effet de
la voix sur Félicien, cette musique humaine
[interligne] sonorité de sa voix qu'elle a d'un charme extrême.

Folio 97


qui le fait pleurer. - Elle
répond à ses doutes : ah ! oui, l'argent
[illisible], elle qui ne tien n'a jamais
[illisible] compté - et son indifférence
aussi. Expliquer pourquoi tout ça Angélique tout son manège de froideur
parce qu'elle croyait que c'était
mal Elle pourrait dire Il viendra et il me . Elle répond à chaque phrase, dit
aussi ce qu'elle a senti : la création de
l'amant, le vitrail, le linge, les pauvres,
et la mitre en bas. Tout celaLes
violettes
, un mot aussi. Tout cela
pour arriver à son aveu, au Je
vous aime, qui répond à celui de Félicien.


Brusquement, il offre de partir, de
dire qui il est (le peintre verrier) J'ai
menti à vos parents. Oui. Je sais. Non,
vous ne savez pas. - Je ne veux pas
savoir. Et c'est Vous êtes Je vous attendais,
vous êtes venu, mon prince, et cela
suffit. Plus tard, je saurai bien -


[interligne] Tout cela dans un élancement blanc

Folio 98


[interligne] Tout s'y fond, l'attente, la création de l'amant, le vitrail, la Légende

Et arriver à son Je vous aime.
le préparer donc, en faire un résultat, un cri [illisible] Pas de [illisible] baiser. Mais je voudrais
que son instinct de Rougon-Macquart, force naturel [sic] qui s'échappe. Y associer tout le dehors
que sa passion et son orgueil se réveillent
un instant, qu afin de la mener
jusqu'à la crainte de la chute avant
le matin mariage. Elle se donnerait
s'il la prenait. Indiquer cela très chastement.
C'est lui qui la respecte, dans
la passion qui la soulève, jusqu'au Je
vous aime.


le lendemain, la procession très beau, très chaud

Des heures se sont passée [sic]. Deux
heu ou trois heures, le grand jour se
lève. Ce n'est plus la lune, c'est l'aurore.
Le dehors revient. Et Félicien
n'a que le temps de s'échapper. Il s'en va sans vouloir autre chose que la certitude d'être aimé Reprendre
les Hubert (nuit blanche, nuit d'amour
aussi.) Hubertine dans le jardin
peut-être après le départ de Félicien,
et Angélique la voit en regardant se
lever le soleil.


Folio 99


juillet

Chapitre VII


Continuation et fin de l'idylle
dans la chambre d'Angélique.


Le soir où Félicien y monte, en
s'aidant des charpentes et du treillage,
s'il y va, c'est fou d'amour, pour
savoir. Mais la scène très chaste,
tout de suite saisie par cette chambre
de jeune fille, dont la description
revient. Pur, mystique et tendre.


Une seule entrevue. Le Je [illisible] vous aime d'Angélique
s'épanouit naturellement comme
une fleur, lui échappe dans une extase
ou si elle sait qu'elle aime, et si ce n'est

Folio 100

que sa pudeur vaincue, l'aveu secret
qu'elle refusait de se faire à elle-même.
Cela vaudrait mieux. Tout l'audela [sic] des
voix, de l'idéal, du vitrail se fondant
dans son Je vous aime. Associer tout le
dehors, et ne pas oublier que je suis
dans le rêve. Et les Hubert s'aimant
pendant ce temps. Le coucher des Hubert
ce soir-là, dépeint. Hubertine est montée
inquiète, puis descend. tout cela es immatériel,
dans un élancement blanc.
Et Félicien s'en allant sans vouloir
autre chose que la certitude d'être aimé.


Même je ne voudrais pas de lutte
là. Le prince attendu, Angélique rassurée,
habituée à l'idée d'être aimée, n'ayant
plus de peur. Aussi l'attend-elle presque,
à sa fenêtre, avec le dehors? Et quand

Folio 101

elle est rentrée, qu'elle a éteint sa bougie,
qu'elle reste là assise un instant, vêtue,
n'est-elle pas surprise, de le voir entrer
par la fenêtre. Elle lui dirait presque
comme dans les cantiques : Mon Jésus,
je vous attendais. Une conversation
[illisible], simple. A voir Il se mettra à
genoux, il l'adorera. C'est lui qui ouvrira
son coeur, qui dira comment
il l'aime. Savoir si elle le questionnera
sur sa véritable identité, ou si lui
voudra parler. J'aimerais qu'elle l'arrêtât
alors, qu'elle ne voulût rien
savoir. Il est le prince, elle en est certaine.
Plus tard, elle saura. " J'ai menti
à vos parents ". Je le sais. N'en dites
pas davantage. Le " vous " tout le temps.


Voir s'il faut en arriver jusqu'à un

Folio 102

baiser, la main, le front, les cheveux.
Je veux garder le baiser sur la bouche
pour le dénouement. J'aimerais mieux
pas de baiser du tout, une étreinte peut-être.


Ne pas oublier que je ne puis faire
Angélique absolument ignorante. En tous [sic]
cas, elle a ses instincts des Rougon Macquart.
Je voudrais donc réveiller là la
passion jusqu'à la crainte de la chute
avant le mariage (dans de l'ignorance innocence
pourtant.) De l'orgueil aussi - Cela
donc empêche qu'elle ignore qu'elle
aime. Elle doit au moins savoir qu'elle
aime à partir du [illisible] de la fin de l'autre
chapitre.


C'est lui qui la respecte à la fin, [illisible]
dans la passion qui la soulève, jusqu'au Je vous aime.


Psychologie de Félicien (aux personnages) [illisible] rien que dans son air et
dans ses actes


Folio 103

C'est dans l'autre chapitre qu'Angélique
et que le public va [sic] savoir qui est Félicien.
Pour que cela ne soit pas trop brutal, il [illisible] est
nécessaire de le faire prévoir. Ainsi, on
apprend que le duc a fait revenir son
fils, qu'il tenait éloigné de lui, depuis
la mort en couche [sic] de sa mère. Et
Angélique doit déjà frémir d'un pressentiment.


Reprendre la description de la chambre
(13) et surtout de la façade, pour la
montée de Félicien (5).


Reprendre la chambre du IV, avec les meubles.


Il lui jette chaque jour un bouquet
dans sa chambre. Un jour elle en trouve un
sur la table. On l'a donc apporté. Préparer
ainsi la montée par les jambes de force.


Folio 104


Chapitre VIII


Elles s'occupent, elle s'habilleront après

Le lendemain, la procession. 28 juillet,
par un temps superbe. C'est à trois cinq heures
que la procession doit sortir. Et l'usage est
qu'elle sorte par la porte Ste Agnès. Rappeler
la procession du miracle, les seigneurs
d'Hautecoeur, etc.


Beaumont-l'Eglise, (reprendre) pas
Beaumont-la-Ville

Et tout de suite, montrer Angélique
en joie, très active pour la procession.
Ce jour-là, on ne travaille pas.
La maison faite belle (rappeler la description
de la vieille façade). On lave,
on brosse, on tend surtout de vieille [sic]
broderie [sic], gardée [sic] par les Hubert (à décrire)
Hubert et Hubertine mêlés. Hubert
sera très effacé, gardera la maison.
Lui donner une attitude sombre peut-
être - Et le quartier, l'orfèvre, le
cirier en face. Le cérémoniaire, l'abbé
Cornille a indiqué l'itinéraire qu'on

Folio 105

connait bien d'ailleurs, immorial [sic],
la rue des orfèvres, la Grand'Rue, la
rue Basse, le tour pour regagner la
rue Magloire et la place du Cloître -
On pavoisera, on jettera des fleurs. -
Un reposer[sic] à l'angle de la rue des
orfèvres et de la Grand'Rue, dont
Angélique peut s'occuper un peu. On
le voit de leur maison.


Le quartier attend. Le beau ciel, l'air
de fête, l'odeur. Puis sonnerie des cloches.
La procession va sortir.


Angélique et Hubertine à la grande
fenêtre du rez-de-chaussée. Hubert
derrière elle [sic]. Comment elles sont
mises, elles ont fait toilette après le
déjeuner.


Et la procession sort les fleurs jetées . Description
après mes notes. Il faut seulement
que je place et que je décrive
l'antique statue de Ste Agnès. C'est

Folio 106


là seulement que je re rappelle la légende
des Hautecoeur, tous ceux qui ont fait
leurs dévotions à ses [sic] saints. - Puis
l'évêque avec le saint sacrement et la mitre surtout derrière
[illisible] (expliquer pourquoi et comment l'on
sort le saint sacrement.) C'est la première
fois qu'on voit monseigneur.
Son portrait. Le faire ressemblant à
Félicien, mais ne pas le dire encore.
Pour Angélique, il ressemble à quelqu'un
qu'elle connaît. - Et Félicien
aperçu alors. Il porte le dais ou
marche derrière, en habit, avec des
magistrat [sic] et des administrateurs.
- Il faut sans doute qu'Angélique
le reconnaisse du coup - Lui se tourne
[illisible]. Quel est-il ? Laisser encore
un doute. Un monsieur, plus
qu'il n'a dit assurément. Mais
rien encore de précis. Et c'est avec
Hubertine et Hubert que je puis

Folio 107


avoir l'incertitude. la mitre ? Hubertine croit
bien le reconnaître (elle le reconnaît
même) mais Hubert, toujours en l'air,
dit que non. Silence d'Angélique, extase
ce qui inquiète davantage Hubertine,
commencement d'inquiétude.


Se servir du reposer [sic] qui est au
coin de la rue pour arrêter la procession.
C'est Pendant que l'évêque pose
le saint sacrement, je puis analyser
ce dont il est question plus haut. Toute
la cérémonie.


Et pendant que la procession disparaît
au milieu des rues, que je la fais
sentir s'en allant par la vieille ville
(Beaumont-l'Eglise), je fais demander
par Angélique à aller attendre la procession
dans la cathédrale, pour assister à la
bénédiction. Hubertine hésitant, puis
consentant pour savoir. Hubert restera
à garder la maison, (pourquoi ?)


Folio 108


Voilà donc Angélique et Hubertine
dans l'église. Elles y attendent,
le jour tombe. Donner la sensation, au
dehors, de la procession qui parcourt la
ville et qui va rentrer. - Donner
peut-être auparavant la façade de
l'église, en faisant rentrer les deux
femmes par la place du Cloître (elles
ont suivi la rue Soleil). L'élancement
(à moins que je ne le garde
pour la fin.) Elles sont près de la
chapelle Hautecoeur, le vitrail le vitrail réparé, on ne voit rien au
jour tombant. Description de l'église,
dans l'attente. Je la reprendrai
avec les cierges. Hubertine et Angélique,
très belles, très admirées, les
deux soeurs. Leur toilette.



Enfin la rentrée de la procession, (Église 11)
les cierges qui rentrent, l'église braisillante.
Et là enfin la certitude sur

Folio 109


Félicien. L'évêque et lui, leur
ressemblance. C'est le fils de monseigneur.
Il faudrait que tout
d'un coup. Angélique le dise elle-
même à Hubertine, c'est son secret qui lui échappe dans un élan
de son cœur. Aussitôt, dans la foule,
je le ferai répéter par une conversation.
Tout ce qu'il sera nécessaire
de l'histoire, la beauté, la noblesse,
les 50 millions 5 qui en ont fait 50 . La peur d'Hubertine et
la joie élancée d'Angélique. Une partie
de son rêve réalisé, pas de stupeur, de la joie satisfaite elle savait bien qu'il
devait être plus qu'il ne disait, et sa
joie parfaite, sans souci des obstacles certains.
Elle ne les voit pas, c'est Hubertine
qui les lui montrera au chapitre
suivant. Elle n'est que joie. Tout ce
qu'il y a de plus beau, de plus noble,
de plus riche. La ressemblance avec
le vitrail. Le Prince Charmant, le

Folio 110


Jésus se révélant dans sa gloire
près de son père. La femme se faisant
connaître, (se donnant) l'homme se
réservant dans l'inconnu ; et sa joie
quand elle le connaît, il se donne
enfin. Les 50 millions, la pluie d'or,
et dans une gloire légendaire le
fils des seigneurs, le descendant de tant
de nobles, le maître futur, le roi.
(Félicien VII). Passion et orgueil
réveillés.


Le sourire, l'attitude de Félicien,
quand il se voit reconnu. Pas triomphant,
inquiet et humble plutôt,
pour qu'elle lui pardonne sa fortune
(?) et heureux de la voir rayonner.


Une simple attitude chagrine
et effrayée d'Hubertine.


Je finis dans la bénédiction
de l'évêque, l'hosanna, Angélique élancée débordant
de joie.


Folio 111


Août (?)

Chapitre VIII


C'est là qu'Angélique aperçoit Félicien
à côté de son père et le reconnaît.


Je prendrais le cadre d'une procession.
Une procession telle que j'en ai vu dans le
midi. C'est une cérémonie légendaire, un voeu,
quel une procession instituée par un ancien
seigneur d'Hautecoeur, et continuée. Elle
me donne l'église, le petit bijou de la
renaissance. L'intérieur. C'est le seul
jour où l'on ouvre la porte sur la
rue des Orfèvres, et c'est par là qu'on
voit qu'Angele [sic] verra, de la porte des Hubert,
sortir le com marquis et Félicien marchant
derrière le saint sacrement. La
broderie joue un rôle. L'abbé Glorian.
Toute la rue est pavoisée, les fleurs jetées.
La cérémonie entière.


Folio 112

Pour bâtir le chapitre, il faudrait
que ce fût à la fin seulement qu'Angélique
reconnût Félicien, car c'est le coup
du chapitre. A la fin, tout en laissant l'hosanna
final. Je pourrai avoir d'abord la
peinture du quartier qui attend ; puis
la sortie de la procession ; et là Angélique
ne reconnaissant pas nettement Félicien
(Hubertine oui ou non). Dès lors son émotion :
est-ce bien lui, ne s'est-elle pas
trompée ? La procession défile pendant ce
temps, les cloches sonnent. Et comme Huberti
la procession rentre par la grande porte sur
la place d'Armes, Angélique détermine Hubertine
à aller attendre dans le 'église. On L'église
est petite, assez grande. On Je puis dire d'ailleurs
qu'on les y tolère. Non ! j'aimerais mieux que
ce fut une fois par hasard qu'elles s'y trouvent.
Et cela me donne la description de l'église.

Folio 113

Les deux femmes attendent, le jour tombe,
et la procession qui revient dans le crépuscule
(Voir si le contraire ne faudrait [sic] pas mieux,
la sortie par la petit grande porte, l'[illisible] la
rentrée par la petite. Enfin, la bénédiction
dans la nuit, tous cierges allumés. Mais
cette fois Angélique a bien reconnu Félicien
et son débordement de joie. Cela au
milieu de la bénédiction, de la pompe
catholique, tout un élancement. L'église
est posée pour le mariage.


Le rôle d'Hubertine est à arranger.
Elle aussi reconnaît le dessinateur, le faux
petit jeune homme ; et elle comprend au soupir étouffé, à l'extase d'Angélique .
Mais voir où et comment. Hubert
effacé pendant ce chapitre.


Le public lui aussi ne doit apprendre
que là qui est Félicien. Il
[illisible] doit hésiter comme Angélique au début
du chapitre et n'avoir une certitude qu'à la fin.


Folio 114

C'est une partie du rêve d'Angélique
de réalisée, elle savait bien qu'il
devait être plus qu'il ne disait, et
sa joie parfaite, sans souci des obstacles
certains. Elle ne les voit pas, c'est
Hubertine qui les lui montrera au
chapitre suivant. Là, elle n'est que
joie. Tout ce qu'il y a de plus beau, de
plus noble, de plus riche, lui semble
enviable. La ressemblance avec le vitrail.
Elle se berce dans son conte bleu, son
rêve. Le prince Charmant se révélant
dans sa gloire, près de son père. La réalité
dépasse encore l'espoir d'Angélique. Félicien
beau, superbe, riche à million [sic] ! Il faut que
dans la foule on dise sa fortune, comment
les deux millions de sa mère sont devenus
cinquante millions. Cette pluie
d'or. Et encore dans une gloire mystique

Folio 115

et légendaire, le fils du seigneur, le
descendant de tant de seigneur [sic], le fils
des légendes, le maître futur du château,
le roi.


Je crois qu'il faut ici réveiller la passion
et l'orgueil chez Angélique, que l'éducation
et le milieu ont cru étouffer sous le
devoir, le renoncement, et l'humilité.
Elle se lance dans sa passion et son orgueil,
Hubertine le voit, et c'est ce qu'elle
combattra au chapitre suivant.


Angélique et Hubertine, toutes les
deux admirées, désirées. Très belles le
jour de la procession, dans leur toilette.


Le sourire, l'attitude que Félicien a
en se voyant reconnu.


Angélique, qui se doutait de son prince
déguisé, n'a pas de stupeur, mais un
élancement de joie bonheur satisfait;


Folio 116

Voir s'il faut mettre là l'intérieur de
l'église, à la rentrée de la procession. En
tout cas, une rentrée au crépuscule, et l'intérieur
seulement braisillant. (Egl.11) -
Si je ne réservais pas la grande façade pour
la fin, je pourrais la mettre là, à la
rentrée de la procession.


Tout le quartier, posé au 11, revient avec
la procession. Voir le Plan.


La femme se donnant (se faisant connaitre),
l'homme se réservant dans l'inconnu (phrase
du V) Et sa joie quand elle le connait. Il se
donne enfin.


Folio 117


Août

Chapitre [illisible] IX


[Une seule version de chapitre est conservée]

Je voudrais que ce chapitre se passât
dans la soirée même du jour de la procession,
par une soirée superbe, lune
admirable.


Le soir, [illisible] lorsque les Hubert se
retirent dans leur chambre, Angélique ne
peut dormir, descend au jardin, passe
dans le terrain vague ; et elle sait
qu'elle va y retrouver Félicien. c'est
comme un rendez-vous tacite que
[interligne] tout de suite faire prévoir l'inquiétude d'Hubertine, son arrivée. Dire qu'elle a causé avec l'abbé Cornille
leurs yeux se sont donnés Elle ne
peut pas ne pas y aller, dans l'ent
l'exaltation où elle est. Une force
l'y mène. Et tout de suite je la voudrais
franche ; gaie : O ! mon cher seigneur !
Elle elle est ravie qu'il soit

Folio 118

beau, jeune, riche. Elle le lui dit,
sans gêne. Et lui heureux de tant de
simplicité et de charme. Il se sait
aimé , il est tout à l'amour, voir
son portrait, l'artiste qui est en lui.
Son histoire peut arriver là. Il a coûté
la vie à sa mère ; passion si vive que
son père a renoncé à le faire entrer
dans les ordres et qu'il veut le marier tout
de suite. Il est jeune, beau, brave, loyal,
passionné, se jetant à la passion sans
rien calculer, préférant la petite brodeuse
à la riche héritière, parce qu'il l'aime Une hésitation et il cache son mariage .
Puceau, en de extase devant la vie,
gourmand à y mordre. Ne songeant qu'à
l'amour. Très riche, et n'ayant que le goût
de l'art. Pourquoi pas militaire, savant, haine de [illisible]diplomate.
Passionné pour tout ce qui est beau, répugnant
à un enregimentement.


Folio 119

Sa grande fortune l'empêche de s'intéresser
à un métier libéral. Tous les arts lui
mettent des larmes aux yeux. Profondément
sensible à la musique, certaines voix le
touchent, celle d'Angélique
. Elle le conquiert aussi
par les yeux, très sensible à la beauté, à

une certaine beauté au dessin (Il lui dit tout cela lui parle de sa voix
dans l'entretien. Pas du tout littéraire,
n'aimant n'ayant jamais écrit ni lu. Il
restera simplement un homme très riche,
aimant le beau. (Voir si j'en fais un
ouvrier primitif, un peintre verrier : alors
il faudrait montrer son four, le côté métier
qui l'amuse. Angélique entrera donc
dans cette vie oisive de princesse : elle continuera
à broder pour son plaisir; -


Donc la causerie entre les deux, rien
que sur eux, à l'infini. Un besoin de se
répéter les mêmes détails, comment ils

Folio 120

se sont aimés, comment ils s'aiment;
Et surtout elle l'interroge sur lui
veut le connaitre maintenant C'est lui qui donne toute son histoire (la prendre aux personnages) ; et le
faire ainsi connaitre tout à fait. Elle lui
répète : Parlons de vous, rien que de vous, elle l'adore, l'admire, une sainte fille
et aux pieds de Jésus le charme extasié dans lequel elle
l'écoute. Moi je ne suis qu'un ouvrier.
Et le peintre verrier. Tout cela dans le
grand jardin du château, sous les arbres,
au bord de la Chevrotte, qui est là une
autre rivière, élyséenne, ombreuse. La lune.
Quelque chose de baigné de lune, d'élyséen.
[interligne] ne rien préciser qu'à la fin, par l'idée du mariage, qui fait frissonner Angélique, quand Hubertine paraît
Peut-être peut-il la mener à son
four qui brûle dans le pavillon.
Enfin, c'est le bonheur.


Mais Hubertine s'est inquiétée
d'Angélique, elle ne l'a pas trouvée dans
sa chambre, elle a suivi les portes ouvertes,
et d'ailleurs, elle s'[illisible] sait bien où elle
est. Aussi va-t-elle jusque dans le jardin

Folio 121


du ja château. Voir si elle entre, si
elle attend, elle attend sur le banc comment elle ramène Angélique,
celle-ci est dans le réveil complet de
l'orgueil et de la passion, et Hubertine
est bien placée pour lui faire de la
morale, avec son passé, son enlèvement
par Hubert, la mariage malgré sa
mère qui n'a pas pardonner [sic], la punition
de l'enfant mort. Voilà ce qui
arrive lorsqu'on sort du respect, de
l'obéissance, de l'humilité, pour s'abandonner
à l'orgueil et à la passion.
- Elle ramène Angélique dans leur
jardinsur son banc un banc de granit sous un maigre [illisible] bouquet de lilas. Poser l'églantier et elle lui dit
tout ça sous le noir d'un arbre.


[interligne] tu as donc eu un secret pour moi. Et Angélique très émue, disant combien son secret lui a pesé Oui. J'ai eu tort. - Je ne veux plus le voir - C'est bon, tu ne le verras plus.

Qu'espères-tu ? - Mais nous marier ! Il me
l'a dit. - Vous marier, c'est impossible.
Désolation d'Hubertine devant cette
ignorance du monde, cette croyance à l'amour.

Folio 122

Reprise de sa peur du rêve, [illisible] quand
Angélique triomphante lui dit : Vous voyez bien que le
rêve se réalise , Elle re que j'avais raison.
- Mais, malheureuse, attends la fin. Et
elle lui parle des leçons dures de la vérité,
elle s'inquiète de l'avoir laissé [sic] si
ignorante, si vu innocente; Aurait-elle
fait son malheur, ne devait-elle pas
davantage combattre ses son mysticisme,
son envolée, la tirer davantage du
rêve pour en lui disant les [illisible] cruautés
les saletés de la vie. Ces scrupules peuvent
être très intéressant [sic], un combat sur l'éducation.
Et elle lui explique que jamais
le comte ne laissera se marier Félicien épouser
une brodeuse, avec son caractère hautain, dur,
ennemi de la tendresse l'orgueil du père, la fortune immense la rigidité - elle une enfant trouvée, pauvre. . Et comme Angélique
doute, rit, croit toujours, elle lui
apprend le mariage projeté avec [illisible] la Claire
la demi hallucination des Sainte [sic]. - Élisabeth soumission, Catherine sagesse, Agnès pudeur - Ne pas en abuser

Folio 123


de Voincourt (aux personnages, voir) . Le mariage presque fait,
les raisons qui le déterminent. Et là
peu à peu Angélique précipitée du rêve, pâle,
frissonnante. Du moins, il faut qu'elle
reste croyante en sa chimère. Si elle
veut, tout se fera. Mais veut-elle ?
S'il faut que Félicien désobéisse à son
père, etc. En un mot, Elle a près d'elle l'églantier qu'elle a planté je voudrais que
son orgueil et sa passion fa cédassent
à l'éducation, au milieu, - à l'idée
de devoir, de respect, de renoncement. Cela
n'empêche pas que qu'elle doit avoir aussi
conscience de ce qui s'écroule : le déchirement,
le monde de la réalité qu'elle ne
connait pas et dont elle sent le souffle
froid. A la fin, il faud [sic] qu'elle soit
calmée, qu'elle promette à Hubertine de
ne jamais revoir Félicien, puisque le
rêve est impossible. Elle se rend au devoir,

Folio 124


à l'humilité, mais sans être vaincue
au fond. " J'essayerai, je vous jure de
tout faire pour l'oublier, et je ne le
verrai plus. " Il faut pourtant qu'on
sente que rien n'est fini. Ce qui
a été le coup de grâce pour Angélique,
c'est Claire. Et c'est là le lien avec le
chapitre suivant.


Voir si je ne dois pas finir
par le livret. Elle monterait
le prendre, et pleurerait (Non)

Félicien la trompait donc, qu'il ne
lui a pas parlé de son mariage projeté
avec Claire ? Cela entre eux. Le mensonge,
la tromperie possible.


La Légende dorée revient. Sainte Elisabeth
qui lui conseille l'humilité, Sainte Agnès
et les autres vierges qui la ramène [sic] à la
chasteté. Et Sainte Catherine aussi, la
sagesse. Pendant que Hubertine lui parle,
il lui faudrait qu'Angélique eût une demi
hallucination, les saintes, le milieu.


Folio 125


Là enfin l'histoire complète de Félicien
(La prendre aux personnages) Eloigné
de son père, pourquoi rappeler (ce détail
ne sera sans doute donné que par
Hubertine Claire de Voincourt . Mais le reste est donné par
le jeune homme lui-même. - Sa fortune. Hubertine


Détail sur le peintre verrier, toute
la psychologie enfin ouverte de Félicien.


à l'autre

Je voudrais là, au X ou au XI,
me reservir [sic] du livret. Angélique le réclame
pour voir sa bassesse, son origine inconnue,
et s'abîmer dans l'humilité. Elle n'a
que ça comme papier de noblesse, elle, et
elle rêve d'épouser un Hautecoeur, le fils
d'un évêque. Les souvenirs qu'éveille
en elle le livret, la Mièvre, Maman
Nin, les dindons qu'elle a gardé [sic], le
collier d'argent qu' qu'on a brisé à son
cou, etc. Les Ce journal est donné par les
visites du Sous-Inspecteur.


Au X pour s'exciter
à l'humilité.

Folio 126


Félicien, peintre verrier, mène Angélique
au petit atelier qu'il s'est fait bâtir dans
le jardin de l'évêché. Prendre les détails
dans la note sur les vitraux.


Angélique ne mettant pas l'orthographe. Son
écriture personnelle, son ignorance (là ou plus loin)


L'églantier qu'elle a planté, là ou plus
loin


Félicien, parle de réparer le château (ici ou
au XII.


Là, il lui raconte l'effet que lui a produit
sa voix, la première fois, lors du linge.


Folio 127


Une scène de travail

X


D'abord, dans l'atelier, Angélique tenant
la parole qu'elle a donnée : ne rien faire pour
le revoir et se faire épouser. Elle ne l'oublie
pas, mais elle reste sans agir. Comme toujours
travaillant. Mais son espoir invincible, la
certitude en son rêve. Elle attend, sure que
son rêve se réalisera malgré tout, et c'est
cela qui lui donne son air si droit et si
calme. Elle n'a pas l'air de souffrir, parfaitement
à son aise; ce qu'elle peut répondre
à ses parents qui l'interrogent.


Au fond, elle attend un miracle, quelque
chose d'en haut, de providentiel qui
la donnera à Félicien - Et elle est aux
aguets, écoutant les voix, ce qui frissonne
autour d'elle, l'inconnu, l'au delà,
le milieu dont elle attend le secour [sic]-
Quelque chose forcément va se produire,

Folio 128

un miracle, s'il le faut. Rien ne la surprendra,
dans son élan au dessus du
réel. Il n'y a qu'illusion, elle croit à
une illusion heureuse. La nuit, à son
balcon, guettant l'ombre comme autrefois.
Et rien ne se produit, rien
encore. Les jours s'écoulent.


Elle peut voir Félicien passer,
navré; Pourquoi Félicien n'a-t-il pas
donné signe de vie. Elle se le demande
parfois, sans être ébranlée. Et il faut
qu'un jour Hubertine lui dise tout
(pas dans l'atelier. En bas dans la
salle commune.) Hubertine a vu Félicien
et s'est expliquée avec lui, ou mieux
mettre l'abbé Cornille dans l'affaire.
Enfin, on lui a fait comprendre
qu'il ne pouvait revoir Angélique,
cette fille ig innocente, ignorante,

Folio 129

qu'il perdait ; il ne pouvait la revoir
que pour l'épouser, et comme le
mariage était impossible, il devait
s'abstenir. Il comprend qu'il l'a compromise,
qu'il agirait mal, et il ne vient
plus. Mais il a eu une explication
avec son père qui a dit non ; et
c'est ce qu'Hubertine sait par l'abbé
Cornille, et ce qu'elle répète à Angélique.


Là, grand morceau développé,
me donnant tout l'évêque. Félicien
est encore implorant. La lutte du
père et du fils est plus loin. Il n'a
donc que prié, malgré sa passion.
Et tout l'évêque, cet homme qui
a aimé, qui a souffert de la passion,
qui la hait, et qui veut la réprimer
chez les autres. Répéter son histoire,
ce qu'il a souffert après la mort
de sa femme. Il [illisible] a cru oublier

Folio 130


chap. IV
l'âge, la prière ont dû apaiser ce grand chagrin. Mais non !
par le temps et dans la prière, et
tous ses combats depuis que son fils
est là, son fils qui ressemble à sa
mère, son fils en qui revit toute sa
passion. On devrait interdire le sacerdoce
à seul [sic] qui ont goûté à la femme,
qui ont gardé d'elle des liens du
sang. Ses nuits de combats, ce qu'on
entend à l'évéché, des larmes, des
sanglots, les bruits mystérieux que
répète le bon abbé Cornille. Tout cela
est pour bien poser la situation
de mon évêque, que je mets en
scène dans la seconde partie du
chapitre. - Félicien dit donc a donc tout
dit à son père, qui a répondu : Jamais !
Sa parole engagée aux Voincourt. Il ne
veut pas de cette aventure, de cette passion
par [illisible] haine. Félicien a plaidé sa
cause et celle d'Angélique, suppliant, et

Folio 131

n'a rien obtenu.


Donc voilà ce qu'Angélique apprend
dans son attente d'un miracle. elle a une révolte dans son attente impatiente du miracle
La nuit qu'elle passe, et sa résolution
prise. Elle sait que chaque samedi soir,
Monseigneur va faire ses dévotions à la
chapelle Hautecoeur, et elle s'échappe à peine
avec sa petite toilette modeste, comme
l'o lorsqu'elle va voir la mère Gabet et
ses pauvres. Elle attend Monseigneur
contre la grille de la chapelle, décidée à
lui parler elle-même dans son ignorance
brave.


(Église 12) - romane, en [illisible] très écrasée crypte

Là, la description de la chapelle,
que je n'ai pas encore eu [sic]; Une après-
midi grise dehors, très peu de jour.
Le vitrail du, l'autel, un confessionnal (elle
peut s'y La lampe de sanctuaire, qui lui
permet de lire l'inscription du grand
père de Félicien. Tous les titres. Et c'est
le petit fils de cet homme qu'elle
veut épouser - Puis les mortes heureuses,

Folio 132

les légendes qu'elle sait et dont elle se
souvient, en lisant les noms de Laurette
et de Balbine. Toutes ces blanches qui
reviennent. Elle les a vues dans la lune, elle consent à mourir comme elles dans le bonheur Tout cela pendant qu'elle
attend Monseigneur, [illisible]


Enfin, son portrait revient Monseigneur arrive. Bien
dire que l'église est vide, l'heure.
Et une scène grande. Angélique charmante
et simple, fraîche dans sa petite robe.
Monseigneur la [sic] vue à la fenêtre, puis
sur une chaise, le jour de la procession.
La reconnaît-il ? Oui, je crois. - C'est
Esther aux pieds d'Assuérus. " O mon
souverain roi.... [illisible] Vous avez refusé,
vous ne m'aviez pas vue, et il
faut que vous me voyiez. C'est
moi... Une grande naïveté, une
grande pureté, une grande passion.
Mais surtout très brave, une grande
naïveté dans la bravoure. L'amour

Folio 133

qui avoue. très chaste, c'est pourquoi elle ose -
- Et brave même sur la question d'argent.
Si vous croyez que c'est pour l'argent. J'aurais
un remords si je ne tentais pas cette
démarches [sic]. Sur Félicien aussi, comment
elle l'aime, et elle est certaine qui l' qu'il
l'adore, que sans elle il mourra. - Quelque
chose de légendaire et de mystique, de frêle,
de primitif, d'élancé dans la passion, de
passionnément chaste.


Et l'évêque que j'ai posé plus haut,
avec ses luttes la nuit à cause de son
fils, écoutant cela. Cette fille à ses pieds
lui rappelle la femme adorée ; elle a
sa délicatesse, ses cheveux blonds sur la
nuque (elle s'est agenouillé [sic]) et il
émane d'elle toute la passion de
pure dont il a souffert. L'effort
qu'il fait pour rester rigide. Je
ne veux pas qu'il dist discute

Folio 133


Folio 134

avec ce elle. Rien que des refus par
geste [sic]. Peut-être un mot, à la fin.
Jamais ! Pourtant, une émotion à
un mot moment, quand elle il voit
sa nuque peut-être. Tout le drame derrière
son impassibilité ! Et là Il est
pâle, et là, le flot de sang de la famille,
qu'elle a déjà remarqué le jour de la
procession.


Après le jamais de l'évêque, il
s'en va. Et Angélique reste seule,
tombée sur les dalles.


Folio 135


sept. [illisible] oct.
nov.

Chapitre X


La scène où Angélique se jette aux pieds
du marquis de Hautecoeur.


Angélique a promis de ne pas revoir
Félicien et de tâcher de l'oublier, et elle
tient sa parole. Mais si elle ne le revoit pas,
elle ne peut pas l'oublier ; et l'espoir invincible,
le rêve persiste en elle. Donc,
il faut donc la montrer d'abord [illisible]
tenant la promesse faite à Hubertine
mais espérant encore un miracle, quelque
chose d'en haut, de providentiel qui
la donnera à Félicien. Elle a repris son
travail, elle est comme toujours ; et, dans
son immobilité, attendant, sure que son
rêve se réalisera malgré tout. Elle attend,
c'est ce qui lui donne son air si droit,
si calme. et aux aguets, écoutant les voix

Folio 136

ce qui frissonne autour d'elle, l'inconnu,
l'au delà, la vieille le château, tout
le milieu. Que Revenir aux trois châtelaines
mortes jeunes, elle les voit dans la lune,
elles ont été heureuses, elle consent elle-même
à mourir dans son bonheur. - Quelque
chose va se produire, un miracle s'il le
faut. Rien ne la surprendrait, dans son
élan au dessus des choses. Il n'y a qu'illusion
elle croit à l'illusion heureuse. Elle guette,
et elle ne voit que passer Félicien avec
son air navré. Lui a pu comprendre
qu'il a mal fait, qu'il ne doit pas continuer
s'il ne l'épouse pas : les Hubert
ont pu lui ouvrir les yeux. Et j'en arrive
à ceci, Félicien pour l'épouser, a tout
dit à son père, qui a refusé d'un geste :
Jamais ! Sa parole engagée aux Voincourt.
Il ne veut pas de cette aventure, de cette
passion, par haine. [illisible] Félicien a dit

Folio 137

cela à Hubertine, qui le répète
à Angélique. (Si Félicien vient chez les Hubert,
je puis faire sortir Angélique d'elle-
même, ce qui serait grand.) Lui a donc
plaidé sa cause, et lorsqu'elle apprend
le refus du père, elle se révolte peu à
peu, elle décide de parler elle-même
au marquis, dans son ignorance brave.
Elle a une révolte, dans son attente impatiente
du miracle. Elle veut lutter,
forcer le bonheur. Et elle s'échappe, elle
va se jeter aux pieds du marquis. Une
scène grande, le milieu à choisir, un endroit
dans le château du Seigneur, et tout
ce que l'amour peut dire. Charmante, et
simple, et fraîche dans sa petite robe.
Les cheveux se dénouent. Une grande pureté,
une grande passion. Vous avez refusé, vous ne
m'aviez pas vue. Il faut que vous me
voyez [sic]. Et brave même sur la question d'argent

Folio 138


par la grande passion position. Il me
resterait un remords, si je ne tentais cette
démarche. Sur Félicien, aussi, comment elle
l'aime ; et elle certaine qu'il l'adore, que
sans elle, il mourra. Une grande naïveté
dans la bravoure. L'amour qui avoue.
Très chaste, c'est pourquoi elle ose. - Je
voudrais qu'elle d quelque chose
de mystique et de légendaire, de frêle,
de fr primitif, d'élancé dans la passion,
de passionnément chaste. - Le marquis
l'écoute, et refuse du geste. L'homme qui
a gardé sa pas haine de la passion, qui la
croit mauvaise. Une émotion pourtant, un
frémissement faisant prévoir le dénouement
possible. Tout le drame derrière son impassibilité.
Rappeler la femme qu'il a perdue, et

Folio 139

elle aussi était jeune et aimante.


J'ai indiqué qu'Hubertine suivait
Angélique et arri assistait, cachée,
à la scène, puis emmenait la jeune
fille. Mais je crois que cela sera inutile.
Angélique seule, ce serait sans
doute mieux.


Hubert est pour la grâce (Lég. dorée 5)
Là ou au suivant. Pas de libre arbitre, toute
puissance du péché originel, de l'hérédité
que le milieu seul modifie.


Là le portrait du duc de Hautecoeur
revient (aux personnages) Le reprendre,
voir à faire revenir quelques faits de
son histoire que j'aurai contée au IV.


J'ai ici la description intérieure du
château.


Non la scène se passe dans la chapelle
[illisible] des Hautecoeur dédié [sic], à Saint Georges.


Folio 140

La description, car elle n'a été que posée
à l'extérieur. Les tombeaux des jeunes
mortes heureuses, les épitaphes. L'autel.
Si je dois faire mourir Angélique,
laisser entendre que c'est là qu'elle viendra.


La description de l'atelier revient là et
au suivant.


Si La scène d'Angélique et de l'évêque
se passe dans la chapelle Saint-Georges,
description de cette chapelle. (Eglise 12)


Reprendre les Légendes des châtelaines
de Hautecoeur. - J'ai gardé pour ce chapitre
la liste des titres du père de l'évêque,
du grand père de Félicien, enterré dans
la chapelle, et dont Angélique lit l'épitaphe.
C'est le petit fils de ce puissant qu'Angélique
[illisible]


Folio 141


non ! suivant

C'est dans ce chapitre ou dans le suivant
que je voudrais mettre la scène de
l'angoisse qui s'empare d'Angélique
quand le milieu, la grâce l'abandonne.
Relire avec soin la note Religion ;
car il est très important de traiter le
co côté hérédité dans le sens que j'ai
indiqué.


Pour le vitrail de la chapelle, consulter
la note sur les Vitraux


Mettre la scène du livret au suivant,
avec des souvenirs, la scène du collier brisé.


Folio 142


Chapitre XI


D'abord, la vie reprend, dans l'atelier.
L'évêque a refusé, tout semble fini. Angélique
a tout raconté à Hubertine, et elle
se remet au travail. - Tu n'espères plus
rien, tu es guérie. Un baiser d'Hubertine.
Mais, à la vérité, Angélique, qui malgré
tout, attend encore le miracle. Elle espère,
sans rien faire pour hâter les choses.
Sa vie tranquille, son air détaché. Elle
ne regarde pas par la fenêtre. Elle attend,
et rien n'indique un combat
en elle. Les Hubert peuvent s'y tromper,
croient qu'elle oublie Félicien. Attitude
d'Hubert mis au courant. Tous deux
écartent Félicien, très important.
Lettre interceptée, Félicien renvoyé.
On lui dit : elle ne vous aime plus, ne

Folio 143

la troublez pas. - Les Hubert agissent par
tendresse.


Un travail de broderie [illisible] pendant tout
cela. Un panneau en bas relief pour le siège épiscopal.
Les armes des Hautecoeur. Il y faut de
la force. Sombre, violente (Non, à voir,
énergique simplement.) La commande, cette
fois, est venue par le tapissier de l'église.
Les Hubert voulaient refuser (?) Pourquoi
donc.


Jusque là, elle s'est cru aimée.
Elle s'étonne bien de ne pas revoir Félicien
mais l'approuve. Tous deux doivent attendre
le miracle. - Et c'est alors que
sa révolte éclate, en apprenant que
Félicien va épouser Claire. Le bruit en
court, quelqu'un le lui dit, l'abbé Cornille,
la mère Gabet, un jour de lessive.
Oui, je dois mettre cela un jour de
lessive. Et, sans croire encore qu'elle n'est

Folio 144


pas aimée, elle peut se [illisible] s'irriter
contre Félicien, il l'aime toujours mais il laisse faire en le trouvant trop
faible s'il obéit. c'est donc une révolte.
Elle voudrait courir à Félicien, dans
ce champs [sic] où elle l'a vu. Elle regarde
la porte du parc, fermée. Rappeler
tout. Son agitation, son besoin de
sortir de l'attente surtout appuyer
sur cette idée qu'elle veut se j
courir à Félicien, car c'est là que
sera le débat.


Après la révolte, l'idée qu'elle
n'est pas aimée. Un jour en allant
voir ses pauvres, elle aperçoit Claire
au bras de Félicien, avec la madame
de Voincourt. Dès lors, elle croit que
Félicien obéit à son père, elle l'accuse
de ne plus l'aimer. Cela la chasse de
chez ses pauvres. Sa torture à son tour,

Folio 145

le grand tourment. Jusque là elle se résignait,
elle attendait le miracle. Mais,
maintenant, c'est la mort.


Et j'établis en elle la lutte effrayante;
D'abord, elle s'est dit : s'il ne m'aime
plus, tant mieux : je ne l'aimerai plus.
Mais son amour persiste, et le combat
s'établit en elle entre : la jeunesse, la santé,
l'orgueil, la passion, d'un côté ; et de
l'autre le respect devoir, le respect, l'obéissance,
le renoncement, l'humilité. Lutte
de l'éducation, du milieu, contre l'hérédité.
Toujours elle veut courir à Félicien,
la c'est la [illisible] le matérialisation du
débat, et elle en est empêchée par l'éducation.
Chaque fois victorieuse, mais
affaiblie. Les nuit [sic] de sanglots qu'elle
passe. Les [illisible] sauts brusques, pieds nus.
Les prières à genoux la sueur au front au milieu de

Folio 146


son grand lit. Je ne l'aime plus,
elle l'aime, et combat pour aller
à lui, pour le reconquérir, pour fuir
avec lui - C'est que je mets les deux
épisodes, tout le morceau sur la
grâce. (Voir les notes Religion) Quand
ce milieu l'abandonne et qu'elle
se sent toute à son hérédité. C'est
alors qu'elle veut aller retrouver
Félicien. Mon Dieu, pourquoi m'avez-
vous abandonnée C'est ainsi le
morceau où revient naturellement
la Légende. Elle la lit comme dans son
enfance, mais ne comprend plus.
Tout le milieu est vide, plus de voix,
plus de frôlement, silence de la
cathédrale, du Clos-Marie, de arbr la
Chevrotte, des arbres, des herbes.

Folio 147


Et c'est alors qu'elle veut rejoindre
Félicien. Puis la grâce revient. Enfin,
tout le mécanisme de la grâce -


Ensuite l'épisode du livret pour
redevenir humble. Elle le prend, le lit.
Les visites du Sous-inspecteur et du
médecin qui y sont consignées : journal
pour Angélique, lui rappelant des faits.
L'histoire du collier rompu (esclavage)
Elle veut voir sa bassesse d'origine
et s'abîme dans l'humilité. Cela
la guérit, combat son orgueil ;
ou non. Elle n'a que ça comme
papier de noblesse, elle. La Mièvre,
Maman Nini, les bêtes.


C'est à partir de la lutte que
je la fais décliner peu à peu, affaiblie
de plus en plus par la torture

Folio 148


de ne se croire pas aimée. Elle rapp se
souvient de ce mot qu'il a dit. La
lente agonie, peu à peu pâle, se forçant
pour manger, des faiblesses brusques.
Elle ne peut plus se trainer,
des une langueur l'envahit; - Je
l'amène à ne plus quitter sa chambre,
à la suite d'un de ce fait. Un
soir, comme Hubertine est sortie,
Hubert la trouve par terre, tombée,
sanglotante, et elle se réveille comme
d'un songe. Alors, il l'aide à monter
dans sa chambre, et il a une explication,
dans l'atelier, avec sa
femme, lorsque celle-ci rentre. Lui,
le passionné, est bouleversé par
cette passion. Ils se sont donc
trompés, et il a le remords d'avoir

Folio 149


[interligne] Il la voudrait heureuse, même par la désobéisse [sic]. L'enlever comme il a enlevé Hubertine
menti au sujet de Félicien. Il voudrait
consoler Angélique, en
disant la vérité. Mais Hubertine
revient justement du cimetière, et
son silence : la morte n'a pas pardonné.
Elle parle du malheur leur désobéissance à eux de
la passion. Elle l'accuse de leur vie triste Lui pleure, se soumet.
Quelque chose de poignant et de
grand, au bout de quoi est la
mort consentie d'Angélique.


Et finir par Angélique
dans sa chambre. Elle ne peut plus
descendre. De son lit à son fauteuil.
Émaciée, travaillant encore
à des une broderie, un bouquet
de fleurs, qu'elle copie, en soie
nuancée. (Les fleurs lui font du
mal.) Elle n'est plus qu'une

Folio 150

ombre, fluette, fondue par le chagrin.
Très belle. Elle a tout fait pour chasser
Félicien. Sa lutte est contre son
coeur, sa jeunesse, sa santé qui la
pousse à courir à lui. - Et Enfin
Elle croit s'être vaincue, puisqu'elle
est clouée là. Le dernier mot, le
sourire, quand elle ne peut plus
marcher : " Maintenant, je suis
bien certaine que je n'irai pas. "
Elle dit ça sans explication, cela
répond à toute sa lutte du chapitre.
Hubert en pleure.


Il faut que le chapitre finisse
sur sa croyance qu'elle n'est pas
aimée, de façon à avoir un réveil
terribles [sic] ; quand elle se saura aimée
à l'autre chapitre.


Folio 151


Chapitre XI


La lutte d'Angélique jusqu'au moment
où la maladie la cloue dans sa
chambre.


La vie reprend donc avec les Hubert.
Le marquis a refusé ; Angélique n'attend plus
que le miracle qui ne [illisible] s'est pas produit.
Elle est donc au travail, la broderie reprend.
Et les Hubert reparaissent avec leur drame
personnel. Je voudrais une visite d'Hubertine
à la tombe de sa mère, et elle
ne s'est pas encore sentie pardonnée.
Discret. Faire revenir Hubert avec de
la tristesse.


Mais le ravage chapitre est surtout pour
montrer le ravage chez Angélique. Elle
semble être comme autrefois, travaille,
s'occupe du ménage, lave (une scène de
lavage irait bien dans le terrain), lit la

Folio 152


Vie des Saints. Même elle affecte de ne plus
songer à Félicien , Et elle décline ne regarde
jamais par la fenêtre. Mais elle décline
chaque jour. La lente agonie, peu à peu
pâle, se forçant pour manger, des faiblesses
brusques. Un jour, on la trouve tombée
à terre, sanglotant, et elle en sort comme
d'un songe. Bientôt, elle ne peut plus se
traîner, une langueur l'envahit. Des débats
affreux la nuit quand elle est seule,
la sueur au front, en prière au milieu
de son lit, et dont elle sort victorieuse,
mais plus faible. Lutte psychologique :
la jeunesse ; la santé, l' orgueil, la passion
d'un côté ; le devoir, le respect, l'obéissance,
le renoncement, l' hu humilité de l'autre.


Mais le plus grand tourment est de croire
qu'on n'est pas aimé. Angélique finit par
croire qu'elle n'est plus aimée de Félicien.

Folio 153


portrait de Claire de Voincourt (personnages)
Elle s'imagine que Félicien obéissant à
son père va épouser Claire. Le bruit en
court. Elle même voit Claire passer au bras
de Félicien. Enfin, elle est certaine qu'elle
n'est plus aimée, et sa douleur affreuse.
Elle se résignait, elle attendait le miracle,
tant qu'elle se croyait aimée. Mais maintenant,
c'est la mort. Cela dans son
combat d'orgueil et de passion. Elle en
est ramenée à se tenir dans son humilité
et sa chasteté. Aussi, lorsque Félicien
vient lui dire qu'il l'aime toujours, son
réveil effrayant de passion et d'orgueil,
elle qui croyait avoir dompté ses deux
vices, lorsque ce n'était que de l'accablement,
celui de n'être plus aimée, d'être
dédaignée.


Je l'amène donc à ne plus quitter
sa chambre. De son lit à son fauteuil.

Folio 154

Emaciée, travaillant encore à sa broderie.
Elle n'est plus qu'une ombre, fluette, la
chair fondue par le chagrin. Très belle.
Et elle a tout fait pour chasser [illisible] Félicien.
Sa lutte est contre son coeur, sa jeunesse,
sa santé, qui la poussent à
lui. C'est contre le besoin de le revoir
que la lutte se fait. Très poignante.
Et le sourire quand elle ne peut plus
marcher : " Maintenant, je n'irai pas !
Tout est fini, elle est clouée dans sa
chambre, elle va mourir. Finir par le mot.


J'avais mis un chant de Félicien
qui l'appelait au dehors. Mais c'était
coco, et cela allait contre la jalousie
d'Angélique. A voir. Décider aussi ce que
Félicien fait dans ce chapitre. Pourquoi
ce malentendu, pourquoi ne vient-il

Folio 155

pas la trouver. - Les Hubert aussi
sont à trouver. Ils assistent à cela,
navrés, mais fermes. Lui, plus passionné,
s'indigne, voudrait que l'enfant
fut heureuse, quitte à ce qu'elle désobéisse.
Mais lui rappelle [sic] le passé, leur désobéissance,
à eux, et combien ils en ont
souffert. C'est là que je mettrais volontiers
la grande scène entre eux,
elle revenait du cimetière où la
mère n'a pas pardonné, et lui violent
res presque, devant la a l'agonie
d' Angélique, s'emportant, voulant
la passion. Elle alors lui rappelle
leur enfant mort, l'accuse de leur
vie triste. Et il pleure, et elle doit
le consoler. Cela dans le malheur de la
jeune fille. Une scène dans la salle de travail.


Folio 156


Enfin, je voudrais revenir aux
pauvres, aux aumônes. Les pauvres
qui habitent les ruines du moulin.
Angélique faisant des aumônes là et
ailleurs, décourager [sic]. Elle peut là rencontrer
justement Claire et Félicien, le jour où
elle les voit ; et rappeler le passé,
dire qu'elle n'ose plus aller chez ses
pauvres la [illisible]. Enfin un épisode pour
revenir au à la charité, et la finir.


Dire le motif qui mènera Félicien
à l'autre chapitre. Il apprend qu'elle est
malade, elle lui renvoie quelque chose qu'il
lui a donné, pour en lui faisant dire que rien
n'existe plus entre eux, puisqu'il ne l'aime
plus. A trouver.


Voir si la Légende dorée peut revenir,
avec tout le train des Saints, le milieu.


Folio 157

Les vitraux réparés par Félicien reviennent.
Le travail a pu être abandonné. Finir
le vitrail. (Notes sur les Vitraux.


Rappel du livret. Les visites du Sous-inspecteur et
du médecin, qui y sont consignées, sont un journal
pour Angélique. [illisible] Une maladie que ça lui rappelle.
L'histoire du collier rompu (esclavage.) Angélique
le réclame pour voir sa bassesse d'origine, et
s'abîmer dans l'humilité. Elle n'a que ça comme
papier de noblesse, elle, et elle rêve d'épouser un
d'Hautecoeur, le fils d'un évêque. Les souvenirs
éveillés, la Mièvre, Maman Nini, le collier brisé
à son cou.


Angélique ne mettant pas l'orthographe.
Son ignorance, son écriture personnelle.


Folio 158


pousser à une
extrême passion, à
l'extrême drame. Une
envolée.

Chapitre XII


Angélique endormie sur le fauteuil, dans sa
chambre. La fenêtre est ouverte, nuit noire. Tricher
avec le temps, pour que l'hiver ne soit passé : un
mot, après l'hiver. Ou plutôt une tiède soirée d'hiver,
à arranger. La maison est couchée, elle
s'est donc relevée pour travailler, le bouquet qu'elle copie, hortensia et roses trémières ne pouvant
dormir, et relevant la lampe. Puis, elle s'est
endormie. - La chambre, reprendre la description la Légende est là .


Et introduire Félicien. Il vient parce
qu'il a appris par les pauvres qu'elle
meurt. Il a eu conscience de ce qui se passe.
Par les charpentes, son entrée par le balcon.
Debout, la regardant. Son émoi, sa pitié.
Faire là son portrait de malade, fluette, émaciée, mangée par la maladie en détail,
[interligne] elle a souffert, sa résignation dans son sommeil, ses souffrances qui se voient
en reprenant son portrait de jeune
fille. Comme elle est changée, belle toujours.


Elle s'éveille, le cri qu'elle pousse.
Lui aussi, est [illisible] changé, a bien souffert.

Folio 159

mais tout est à refaire. Mais surtout
le coup qu'elle reçoit en comprenant
qu'on l'a trompée, qu'on s'est servi
du mensonge pour la détacher de Félicien,
qu'on a écarté celle celui-ci. Son
mépris, sa colère de cette manœuvre.
Par répliques brèves. C'est Félicien
qui lui dit tout, qui éclaircit tout.
Et alors elle se croit déliée de son
serment de tout. La colère lui a fait
retrouver des forces. Elle va, vient. Lorsque
Félicien lui dit qu'une qu'une voiture
est en bas, qu'ils peuvent partir, elle
consent, fait s'habille; Très droite, émaciée.
Viens, partons. (Il faudra dire où en
est Félicien avec son père. Il n'a pas
osé lutter encore avec lui, il préférerait
enlever Angélique, se sauver avec lui [sic] -
C'est là aussi qu'il doit expliquer pourquoi
on elle la [sic] vu avec Claire chez les pauvres.
pourquoi il a laissé les choses aller jusque là.
Toute son attitude, désir d'attendre, peur de son père.) pourquoi il a laissé les choses aller jusque là.

Folio 160

Tout de suite, une scène toujours. Ils oublient
tout, pour mêler leurs larmes. Au
moins, elle le reverra une fois avant de
mourir. Mais il ne veut pas lui sanglote qu'elle
meurt [sic]. Il la serre dans ses bras (?) Elle est
immatérielle, cela rend la scène très chaste.
Et tous les deux : Je t'aime toujours.
Enfin le délire de se voir, le premier
moment d'allégresse absolue. - Elle ne
peut remuer encore, chancelante, radieuse,
à demi soulevée, les bras tendus.


Puis, à la réflexion, le réveil effrayant.
de passion et d'orgueil Elle ne se croyait plus aimée,
avait tout fait pour le chasser , de
sa mémoire, croy pensait y être parvenue,
lorsque ce n'était que de l'accablement,
du dépit. Et voilà qu'il l'aime
toujours, qu' elle il l'aime toujours,
qu'elle se retrouve avec sa passion
grandie, fouettée. Rien n'est fait

Folio 161

Donc, elle va jusqu'à la porte. Mais
là le grand combat recommence. Lui
voyant une hésitation, la presse, lui
[interligne] la chauffe d'amour, très ardent. Elle fuit il la poursuit. Il parle de réparer le château, d'y vivre dans un train royal d'autrefois
dit où ils vont, dans le printemps
éternel. Très tentateur. Et
bien expliquer tout le mécanisme en
elle. Le combat qu'elle soutient contre elle-
même. Elle se croyait s'être domptée sur
ses deux vices, lorsqu'il n'y avait là que
l'accablement de n'être plus aimée, d'être
dédaignée. Le réveil a eu lieu, et
c'est le dernier combat, analysé, étendu
entre son hérédité et le milieu et l'éducation.
Si elle triomphe, c'est grâce au
milieu et à l'éducation. Peu à peu le
devoir et l'humilité se sont amassés
en elle, à son insu. Les secousses du
mal héréditaire ont été de moins en
moins violente [sic], et elle peut se vaincre
enfin une dernière fois. La dernière

Folio 162


crise, elle le sent. - Mais pour que la
scène ait toute sa signification et
soit complète, il faut bien montrer
la lutte entre son hérédité qui est le
besoin de s'en aller avec Félicien en somme combat de la conscience contre les instincts, la passion , et
le milieu et l'éducation qui la retiennent.
Donc faire revenir l'éducation avec
la pudeur qui s'éveille sans doute, la
broderie qui est là, etc. et surtout
[interligne] l'illusion créée par Angélique qui fait retour et la sauve. (lég. dorée 4) La grâce qui vient de Dieu, vient d'elle
montrer le milieu qui la retient,
la Légende, une dernière apparition des
Vierges, Agnès, Catherine, [illisible] toutes, les
reprendre avec leurs attributs. Un
morceau, l'idée de virginité. Mon [illisible] vierge l'anneau d'Agnès, la tour
de Barbe, les couronnes de rose [sic] de Cécile,
le lait qui coule des blessures, etc. La
grâce revient. Elle reste, elle refuse
[interligne] Alors, il faut que j'épouse Claire Oui épousez-la. Elle consent en agonisant. Qu'il
de le suivre; Non rien contre le devoir.
[interligne] obéisse, qu'il renonce comme elle. La torture jusqu'au
Elle ne l'épousera que si Monseigneur consent.
[interligne] bout, les tableaux qu'il évoque. Elle mourra, c'est à moitié fait.


Folio 163


Mais sa douleur. Elle était résignée,
pourquoi est-il venu ? Maintenant qu'elle
se sait aimée, elle va souffrir bien plus.
Donc, un véritable héroïsme, se savoir
aimée, et refuser, et mourir.


Lui part comme un fou. Ne pas
dire, laisser entendre pourtant qu'il va
voir son père. Elle [illisible], ayant consommé
le sacrifice, mourante sur le lit,
reprise par son mal, ne pouvant
plus bouger de nouveau. Elle s'est trainée,
les jambes brisées, est tombée au bord
du lit, on la trouvera mourante.
Mais elle a vaincu. Toute la chambre
revient dans cette fin.


Folio 164


avril

Chapitre XII


Dans la chambre, Angélique clouée par
la maladie


Je l'ai montrée émaciée, [illisible] fluette, la
chair mangée par le chagrin, ayant tout fait
pour chasser Félicien de sa mémoire. Elle ne
peut plus courir à lui, elle est là brodant
encore, ayant fait monter son métier. Le
travail seul la soulage.


Il est entendu qu'elle ne se croit plus
aimée. Un soir, elle peut travailler à la
lampe, sa fenêtre ouverte, les Hubert couchés,
lorsque Félicien vient l monte par le
treillage et les charpentes. Il est dans
la chambre, il vient lui dire qu'il l'aime
toujours. Mais cette venue ne peut avoir
lieu que sur un motif ; il faut qu'il ap

Folio 165

et le voilà à ses pieds. Grande scène
de lune et de passion, mais chaste. Sa
joie débordante, quand elle se sait aimée
encore. Au moins, elle le reverra avant de
mourir. Lui, sanglotte [sic], ne veut pas qu'elle
meure. A ses pieds. La faire si immatérielle,
que la scène reste très pur [sic] (?) Comme
elle est changée ! belle toujours. Lui aussi
très changé. Un commencement de scène
où ils oublient tout, pour mêler leurs
larmes et se dirent qu'ils s'aiment toujours.
Mais Félicien ne veut pas la
perdre, il est venu pour l'enlever. Elle résiste
alors, a peur de lui, d'elle. Tout est prêt :
à telle heure, à tel endroit, demain. Elle
aura bien la force de descendre. Non,
non ! elle ne veut pas. Il lui fait le
tableau de leur bonheur, ils iront loin,
où ils iront, dans un printemps éternel,

Folio 166

et comme ils s'aimeront. Elle va céder,
lorsque le devoir, le respect se réveillent
et elle se raidit, elle est victorieuse. Jamais
elle ne le fera désobéir à son père, il faut
qu'il obéisse, qu'il épouse Claire. Elle mourra,
c'est à moitié fait, et ses larmes de ce
qu'il soit venu, car elle était résignée, tandis
que maintenant, elle va souffrir encore.
Elle reste seule, com le renvoie, elle reste
seule, comme morte, ayant consommé
le sacrifice, le coeur écrasé, la chair meurtrie -
Lorsque Félicien arrive, je voudrais
qu'il la trouvât endormie, sur
son métier. Elle a songé, elle a souffert,
et sa résignation, elle croit avoir dompté l'orgueil et la passion en elle. Le sacrifice accompli son sommeil. Lui
debout devant elle. Elle s'éveille, son cri, etc.


Ajouter ceci, le combat psychologique,
l'hérédité des Rougon-Macquart en lutte avec
l'éducation et le milieu. Quand Félicien

Folio 167

vient lui annoncer qu'il l'aime toujours,
il y a en elle un réveil effrayant de
la passion et de l'orgueil, elle qui croyait
s'être domptée sur ses deux vices, lorsque
il y avait surtout là l'accablement de
n'être plus aimée, d'être dédaignée. Et la
lutte en scène alors, avec tout le développement
voulu. Le combat qu'elle soutient
contre elle-même. Et bien dire
que si elle triomphe de ses instincts, de son
hérédité, c'est au milieu, à l'éducation
qu'elle le doit : peu à peu le devoir et le
respect qui se sont amassés en elle, à
son insu. Les secousses du mal originaire
ont été de moins en moins violentes, et
elle s'étonne elle-même de se vaincre, de se
trouver changée, bonifiée. Cette fois, c'est la
dernière crise, elle le sent. Donc l'éducation

Folio 168

et le milieu interviennent là. Montrer
surtout une dernière fois le milieu,
les voix, etc.


C'est en somme tout un combat de la
conscience contre les instincts, les passions, et elle se
domine, au moment où elle va céder.


Félicien, peintre verrier, ouvrier primitif.
Voir si l'on peut faire un rappel là. C'est le
seul endroit possible.


Je voudrais, là, ou au chapitre suivant, le
rappel des Vierges de la Légende dorée. Elles
repasseraient Ste Agnès, [illisible] avec son anneau,
Ste Cécile avec son ange, et les autres, avec leurs
blessures qui, au lieu de sang, laissent couler
du lait. Faire ainsi revenir l'idée de
virginité. Elle aussi mourra vierge. Voir
absolument Lég. dorée 4. - Le livre lui-
même peut revenir. Elle l'a monté. Elle [sic] en
lit. C'est pour faire équilibre.


Folio 169


Portrait d'Angélique malade, - émaciée -
Un Memling. Reprendre son portrait de jeune
fille (personnage), et le pâlir.


La description de la chambre revient, là
et au suivant. (15 Maison)


Relire la note Religion. C'est dans la
victoire d'Angélique sur elle même, qu'il
serait beau peut-être de mettre la théorie du
[illisible] de l'illusion créée par Angélique qui
réagit ensuite sur elle et l'améliore.
La prétendue grâce [illisible] qu'on prétend qui v venir de
dieu viendrait d'elle, pour l'améliorer
([illisible] Religion 9.)


L'églantier qu'elle a planté


Reprendre la chambre avec les meubles (chap. IV)


Félicien parle de réparer le château
où ils vivraient tous les deux.


La lutte du père et du fils, là ou
à l'autre.


Folio 170


XIII


Angélique va mourir. Quelques jours après
la scène précédente, une belle matinée de la
fin de l'hiver. Froid dehors, mais clair soleil.
Et Angélique qui s'est confessée la veille à l'abbé
Cornille et qui a communié, [illisible] s'est
senti [sic] si faible dans la nuit, qu'elle a demandé
l'absolution. Puis elle s'est évanouie depuis
deux minuit, il y a dix heures qu'elle n'a
pas repris connaissance. Le médecin qui
est venu le matin, a dit qu'elle ne passerait
pas la journée, qu'elle ne representer reprendrait
sans doute pas connaissance. Donc,
depuis le matin on est allé demandé l'extrême
onction, à côté, et on l'abbé attend . C'est l'abbé
Cornille qui doit venir. Il est dix heures.


- La chambre préparée. La chambre toute
blanche, et simple. Du feu dans le poêle -
Deux bouquets de roses blanches, à grand
[illisible]. - Mais, surtout,

Folio 171


Angélique dans son grand lit, sur le
dos, les mains jointes sur la poitrine,
mince et diaphane, les yeux fermés. On
ne sait qu'elle existe que par le petit
souffle de ses lèvres. - On attend. Hubert
et Hubertine graves et désolés; Il faut que cela soit malgré
leurs larmes. Leur fille va mourir.


Là, je crois que je mettrai l'entrée
de Monseigneur. On attend l'abbé Cornille
et c'est Monseigneur qui entre. Il est
avec l'abbé Cornille, et un clerc. Voir si
les détails de l'entrée doivent être donnés
là ou plus loin. Non, plus loin, je crois.


Mais il faut que je revienne en
arrière. Félicien a revu son père, pour
une explication suprême. Le heurt entre
ces deux hommes du même sang. Le flot
de sang à la face, l'explication violente.
Félicien dit tout à son père dans une
révolte longtemps étouffée. Il a voulu
enlever Angéliqe, et elle a refusé de le
suivre, elle est chaste, soumise, humble et ell

Folio 172

et elle en meurt. N'est-ce pas cruel de la
laisser mourir. La violence avec laquelle il
plaide leur cause, la rébellion d'autant plus
rude de ce respectueux jusque là. Il vide
son coeur, longtemps comprimé. Lui-même
en mourra et il menace de partir, de
ne plus voir son père. Enfin il parle
de sa mère, il reproche à son père de
ne pas l'avoir aimée, etc. - Je voudrais que
l'attitude de monseigneur reste rigide,
muette devant ce flot de violence. Mais
je voudrais aussi laisser entendre à
quel point il est bouleversé -Son fils a famme [sic]
adorée, son f son fils aussi, qui lui
ressemble, et aussi Angélique, qui l'a
si profondément touché dans l'église
sans qu'il se l'avoue à lui-même. Depuis
ce temps, ses crises la nuit ont redoublé.
Il ne sait plus où trouver le calme.
Donc à mesure que son fils parle,
son angoisse. Mais il reste debout,
inébranlable. Jamais ! Pourtant

Folio 173


Et alors, après cette scène, pendant
plusieurs jours Félicien a rodé comme
un fou. C'est alors qu'un matin il
apprend qu'Angélique est mourante et
qu'on va lui porter l'extrême onction.
Il court chez son père, et lui dit qu'il
mourra si elle meurt. Monseigneur, alors,
très pâle, dit qu'il n'y peut rien,
que Dieu seul est le maître. Et c'est
alors qu'il se substitue à l'abbé Cornille,
s'en remettant à dieu. - Félicien
a pu suivre l'extrême onction, il
est resté en bas dans l'atelier. Ou bien, il
monte et s'agenouille au dernier [illisible]


Dès lors la cérémonie - Le grand lit où ça se passe avec tous
les détails. Hubert et Hubertine à genoux.
Angélique toujours les yeux fermés avec
son petit souffle, évanouie. Et la cérémonie
se déroule. Elle On saute ce qu'il
faut, puisqu'elle n'entend pas. Elle
n'ouvre les yeux qu'au [illisible] baiser .

Folio 174

Et là je voudrais bien marquer le
renversement chez monseigneur. Reprendre tout
ce que j'ai marqué en lui, la lutte des sentiments,
et l'épanouir ici. Puis, bien
[illisible] placer le miracle, après les onctions
évidemment ; lorsque tout est fini, et
qu'Angélique reste inerte, au moment
où il doit lui faire baiser le crucifix.
C'est lui qui s'agenouille d'abord, qui
la regarde ; deux grosses larmes lui coulent
des yeux, le revirement se fait, et comme
autrefois ses aïeux Sainte Agnès qui b priaient de
dev près des pestiférés et qui les baisaient
au visage, les guérissant, il prie et la
baise, [illisible] avec une émotion profonde.
Si Dieu veut, je veux. C'est alors
que Félicien entre et s'agenouille,
ainsi qu'Hubert et Hubertine.
Et le réveil d'Angélique le grand lit où ça se passe . Elle reconnait
ressuscite, elle qui n'a pas remué depuis dix heures elle parait sauvée. Elle reconnaît
Monseigneur et Félicien, elle savait

Folio 175


bien que le miracle s'accomplirait. Monseigneur consent
Le miracle attendu, venu enfin. Joie
des Hubert, finir sur un mot d'Angélique
disant que cela devait être.
Brusquer cette fin sans doute, pour
se débarrasser de Monseigneur. J'aimerais
à laisser entendre qu'elle s'en
ira dans un baiser.


Folio 176


Chapitre XIII


Angélique mourante. L'extre-onction [sic].
Le miracle attendu.


Angélique est mourante, dans son
lit blanc. La maladie, l'approche de la
mort, l'extrême-onction aussi peut-être,
font qu'elle est humble toute pure et
parfaite, et qu'elle sera, au XIV, humble
et calmée dans le triomphe.


Elle a désiré recevoir l'extrême onction
par l'abbé Glorian. Rendre cela possible.
Arranger la chambre pour la cérémonie.
Beaucoup de simplicité, rien que deux
bouquets de roses blanches. Mais une grande
pureté, une grande blancheur. La petite
table, les cierges, etc., toute la cérémonie
exacte - Les Hubert graves et désolés,

Folio 177

c'est comme s'ils perdaient leur fille. Mais
la [illisible] résignation : il faut que cela soit,
malgré leurs larmes. C'est Hubertine
qui est allé chercher l'abbé Glorian.
Il viendra.


Mais là dire que Félicien a parlé
à son père. Lui respectueux, [illisible] sans
force devant le marquis, a eu une révolte,
un éclat de violence, dans sa passion
déchirée. Il a vidé son coeur, elle se meurt a rappelé
sa mère, a [illisible] demandé celle qu'il
aime ; et le marquis bouleversé, retourné.
Je veux donc que le marquis vienne ;
mais je crois qu'il ne doit arriver qu'au
mom qu'après la cérémonie, ou du
moins pendant que Angélique ne le
voit [sic] qu'après, qu'au moment nécessaire
pour l'effet. A régler [illisible] le drame sur
la cérémonie. - J'aimerais mieux l'évêque,

Folio 178

parce que lui-même faisait le miracle ;
et je voudrais bien que le marquis le
fit [sic] aussi. Voir si une légende ne pourrait
pas expliquer que les marquis de
Hautecoeur guérissent les maladies, lorsque
[illisible] ils viennent en personne prier
au à genoux devant le lit des malades
et embrasser les morts. Pendant une
peste, un Hautecoeur a ainsi sauvé
la ville en allant embrasser baiser tous
les malades, après l'extrême onction.
A arranger. Mêler la légende à l'extrême
onction, s'il est possible.


Et là tout le marquis. Ce muet,
cet autoritaire, ce travailleur, cloîtré après
la mort de sa femme, ayant tenu rancune
à son fils qu'il a tenu loin de lui. La
débâcle qui se produit dans son coeur, combien

Folio 179

il a été touché au fond par la vue
d'Angélique, sans le dire, ses combats depuis
ce jour-là, et tout emporté maintenant,
son fils adoré, Angélique aussi, la volonté
de faire du bonheur ; avec le réveil de l'amour
de sa femme, au fond de son coeur. Tout
cela très discret, en bref, dans une larme
et dans un sourire. Il est venu pour
guérir Angélique , et pour donner son consentement.
L'opposition ou le rapprochement entre
cette extrême onction et le salut qu'il apporte,
l'amour, le bonheur. Je vou Le seul mot
du marquis est : Je le veux, si Dieu le
veut - Je crois qu'il faudra amener Félicien
à la fin ; peut-être serait-il plus distingué
de ne pas le montrer. Ne pas oublier non plus les Hubert, agenouillés,
en prière tous les deux, émus, suivant le

Folio 180

drame. Finir par Angélique rayonnante
et sauvée.


Il est entendu que je ne sauve plus
Angélique. Je ne fais que le demi miracle,
la mettre debout pour qu'elle touche
à la réalisation de son rêve, et meurt [sic].
A mon avis, il faut qu'elle sache bien
qu'elle n'est pas sauvée, qu'elle mourra,
mais dans la gloire, dans le bonheur.
Je crois que tout cela va d'ailleurs à
l'autre chapitre. Ici rien que la scène
de l'extrême-onction, et du marquis.


Félicien lui-même est malade, en
danger. Il a tout dit à son père, qu'il voulait enlever
Angélique, qu'elle n'a pas voulu, qu'elle
est chaste, sainte, soumise, et qu'elle en
meurt. Cela dans un débordement de douleur.
Le père a résisté encore, il n'est venu que

Folio 181

pour l'extrême onction, en assistant (?).
Et c'est en la voyant, en l'entendant qu'il
est vaincu. C'est p Cela est pour mettre
le revirement du marquis en scène. Il
s'agenouille, demande un miracle. Il
est vaincu par la passion, mais la passion
vaincue elle-même par le devoir, humble
et chaste. Et le retentissement que cela a en
lui, l'homme d'autrefois.


La maladie la brisant, achevant la cure.
Elle en sort humble et chaste. Étude à faire.


Au chapitre suivant (et non ici sans
doute) l'autorisation qu'Hubert doit solliciter
du Directeur de l'Assistance publique, pour
le mariage d'Angélique. Mais lui seul s'en
occupe, en dehors des Hautecoeur et même
d'Angélique (Notes de Thyébaut.)


Mariage d'un enfant assisté (Enfants assistés
5) - Mariage (Thyébaut 11)
Le livret revient, les souvenirs du livret la marque d'humilité.
Tous les parchemins ces papiers d'Angélique contre les parchemins de Félicien


Folio 182


Chapitre XIV


Deux mois s'écoulent, le printemps
venu, avril très doux. Lenteur de la convalescence.
Elle Angélique ne quitte guère sa chambre, elle
ne s'est pas remise au travail. Et indiquer tout de suite qu'Angélique se sent frappée
à mort. Fausse convalescence. Elle sent bien
que ce n'est qu'un répit : la blessure est
toujours au fond, elle en mourra.
Mais elle veut aller jusqu'au bout de
son rêve, elle a la force de se lever, d'aller
mieux, certaine de se bien porter jusqu'au
bout. Elle fait illusion à tous,
sans se reprendre elle-même à l'espoir.
Pourtant ne pas dire ces choses, ne
les laisser que soupçonner. - Par exemple
il faut que Monseigneur comprenne.
Quand Angélique presse les préparatifs,
il sait pourquoi. Donner

Folio 183

aussi un doute à Hubertine, mais rien
à Hubert ni à Félicien. - Donc
Angélique presse les préparatifs, bien qu'elle
n'aille pas mieux. Je la montre abattue
en secret, souffrant quand elle est seule,
dans son lit. On veut qu'elle attende,
mais elle presse, c'est ce qui me fai donne
le soupçon, pour la fin. D'ailleurs, elle est
certaine d'aller jusqu'au bout. Donc
une scène pour la date du mariage
fixée. En avril, le 14.


Alors, les préparatifs. - L'autorisation
demandée par Hubert au directeur
de l'assistance publique. M. Grandsire
s'en occupe. Hubert seul à s'en occuper
avec lui. (Notes de Thyébaud 11, Enfants
assistés 5. - Et le livret comme marque
d'humilité dernière. Le livret contre
les parchemins de Félicien. Elle n'a
que ça à apporter en dot.


Folio 184

Ensuite, tout l'argent dépensé. La richesse,
la corbeille surt : une merveille pour une
reine. - L'hôtel loué dans la ville, en
somptueusement, en attendant le château
d'Hautecoeur qu'on fera réparer. Poser
l'hôtel où ils reviendront après la
cérémonie. - Et enfin la pluie d'or
sur Bennencourt, des largesses, les pauvres reviennent tous. un million
donné sur les 50. Toute la ville en
liesse pour le mariage de la petite
brodeuse.


Enfin le grand jour est arrivé.
Un tem Elle a lutté pour y arriver.
Le matin une faiblesse. Forte devant le
monde. - Et mettre là, au matin
la fin des Hubert. Hubertine est allé [sic]
au cimetière et a senti tressaillir l'enfant.
La mère a pardonné Ils sont pardonnés du fond de la
terre. Cet enfant attendu depuis si longtemps
et qui va remplacer celle qu'ils perdent qui s'en va .

Folio 185


Ils sont aux au comble du bonheur.


Pour éviter la petite porte, je les
mets tous dans l'église, sans dire comment
ils y sont entrés. Mais d'abord
je pose la place du Cloître pleine de
foule qui stationne. Un temps superbe,
un soleil triomphale [sic]. Et la façade (Église 6 à 10) de
l'église là, l'envolée gothique flamboyant hosanna élancement final
au dessus du roman, comme un hosanna.
Toute la ville en l'air pour le mariage de la petite brodeuse. Rien que des bénédictions romanesques.


Et j'ai la description de l'église
qui m'est donné [sic] par la cérémonie.
L'intérieur, le grand soleil du dehors
fait flamboyer les vitraux la légende de St Georges. dans les ténèbres
romanes. Toute la splendeur, la richesse,
la joie, faire de l'église une expansion
de bonheur. Constellée de cierges, des
chants, une richesse inouïe. C'est la
fin du rêve, l'hosanna, le bouquet
mystique. La réalisation triomphale du
rêve d'une jeune fille pauvre. Elle épouse

Folio 186


le prince Charmant, la beauté, la fortune,
au delà de tout espoir. C'est pourquoi tout
doit chanter. Elle en blanc, délicieuse ; lui,
adorable. Le couple de l'amour dans
Sainte [illisible] Agnès
l'église mystique.


Mais tout de suite, je veux poser
qu'elle va mourir et qu'elle le sait.
Avoir l'opposition. Balbine et Laurette
les mortes aimées. La montrer avec la
mort en elle, mariée au milieu de tout
ce luxe princier, avec la pluie d'or sur
les pauvres. Et elle le sait, elle est
résignée, corrigée de la passion et de
l'orgueil, absolument soumise, pure,
et parfaite, calmée par la maladie même
l'extrême onction. Un grand alinéa de pureté, envolé, la maladie l'ayant brisée, renouvelée Triomphe définitif
de l'éducation et du milieu sur
l'hérédité. Elle est gaie même, ravie par
la réalisation de son rêve.


La scène de l'anneau. Description
de l'anneau.


Folio 187


des chants, une richesse inouïe

Toute la cérémonie avec les détails.
Monseigneur, son rôle. Hu Angélique et Félicien,
portraits. - Hubert et Hubertine agenouillé [sic]
côte à côte, ravis, reconnaissants de la
grâce qui leur est faite. Les donataires. Quelque
chose d'hiératique.
[interligne] un cierge allumé Ils entendent la messe, l'offrande après, le voile et la paix (9 et suivants)


Enfin le dénouement la mort. Angélique
meurt dans son triomphe. Grand, pur, élancé.
Et pas une mort triste, une disparition triomphale -
A la sortie, au moment où elle va entrer dans la réalité, devant la
[interligne] les cloches. la grande porte ouverte à deux battants, ce porche de lumière sur le monde de la réalité la foule l'attend, regarde, heureuse, souriant au couple
place ensoleillée pleine de monde, la mort
qui la prend. Elle ne peut que se hausser
jusqu'aux lèvres de Félicien, et elle lui met
long baiser sur la bouche. Et elle meurt,
satisfaite, ravie, emportée dans la réalisation
de son rêve, au moment où elle
entrait dans la réalité. - Pas de douleur
autour d'elle. L'évêque s'y attendait,

Folio 188

avait compris - Félicien la voit lui
échapper comme une vision qui remonte
au ciel. Lui-même a senti qu'il ne
tenait qu'une ombre, depuis longtemps -
Les Hubert, pardonnés par la mère, rentrant
dans l'existence, heureux, doivent
aussi avoir la sensation qu'un rêve vient
de finir. C'est une montée au ciel, et non
une mort. Les Mortes heureuses, dans la joie.
- Les orgues jouant, la foule acclame. Cela
reste triomphant. Et c'est la fin logique
du rêve.


Tout est un rêve. L'homme n'est qu'une
apparence qui disparait après avoir créé une
illusion. (Religion 9.) Tout part de nous
pour revenir à nous.


Folio 189


Chapitre XIV


Le mariage. Toute la splendeur,
la richesse, la joie. Faire de l'église une
expansion de bonheur. Le marquis y assiste,
avec un évêque son frère, et d'autres personnages.
Et l'église constellée de cierges, avec
un soleil superbe au dehors, allumant
les vitraux. Des chants, une richesse inouïe.
C'est la fin du rêve, l'hosanna, le bouquet
mystique. Nous ne sommes pas encore
dans le monde de la réalité, ceci n'est que
la réalisation triomphante du rêve d'une
jeune fille pauvre. Elle épouse le prince Charmant,
la beauté, la fortune. Au delà de
tout espoir. C'est pourquoi tout doit chanter.
Elle en blanc, délicieuse ; lui, adorable.
Le couple de l'amour, dans l'église mystique.


Folio 190


A côté, je mets les Hubert. Hubertine
est allée sur la tombe de sa mère,
et a senti un enfant tressaillir dans
son flanc. Elle est pardonnée, la joie
débordante d'Hubert à se voir pardonné.
Le rêve de toute sa vie accompli. L'enfant
qu'il a tant voulu faire. Ils ont un
enfant pour remplacer celle qui s'en
va. Les montrer côte à côte, à genoux,
ravis, en extase, dans le mariage.


Et enfin, après la cérémonie, la sortie
de l'église, au son des orgues. La grande
porte ouverte sur la place d'armes, à
deux battants. Angélique jamais n'entrait
ni ne sortait par là. La place ensoleillée,
pleine de foule. C'est le monde de la
réalité, dans lequel elle va entrer. Les
cloches, les bruits de la ville. La foule l'attend,

Folio 191

regarde, heureuse, souriant au couple.


Seulement, j'ai décidé qu'Angélique
mourrait. Il [sic] meurt dans son triomphe.
Grand, pur, éthéré. Et pas une mort triste,
une disparition triomphale. Je ne fais donc
le miracle que pour la conclusion du rêve
seulement. Fausse convalescence, Angélique
sent bien que ce n'est qu'un répit : la
blessure est toujours au fond, elle en
mourra (je ne donne aucune explication
médicale.) Elle veut aller jusqu'au bout
de son rêve, la richesse, l'amour, la beauté elle a la force de se lever, d'aller
mieux, certaine de se bien porter jusqu'au
bout. Elle fait illusion à tous, sans se reprendre
à l'espoir. Ne pas le dire, le laisser
soupçonner : sa mort aura lieu en plein
bonheur, comme celles de Laurette, etc.
Aussi presse-t-elle les prépa formalités, les
préparatifs. La - La richesse sera donnée

Folio 192

par la pompe de la cérémonie, sa
robe de mariée magnifique, un luxe écrasant,
la corbeille, et surtout des aumônes
considérables, la ville en liesse, pour
ce mariage de la petite brodeuse. - L'amour
par la nuit de noce, que je remplace
par un baiser sur la bouche -
Alors, la montrer avec la mort en
elle mariée au milieu de ce luxe princier,
avec une pluie d'or sur les pauvres.
La poésie de cette fiancée sous le
coup de la mort ; et elle le sait, est résignée,
humble et douce, corrigée de l'orgueil
et de la passion (?), gaie même, ravie par
la réalisation de son rêve. Indiquer peut-
être qu'elle espérait la nuit de noce :
elle va au somptueux hôtel qu'on
a préparé : le décrire pl brièvement cet
hôtel, il fait partie de la grande richesse.

Folio 193

Mais à la sortie, au moment où elle
va entrer dans la réalité, devant la place
ensoleillée, pleine de monde, la mort qui la
prend. Elle ne peut que se hausser jusqu'aux
lèvres de Félicien, et elle lui met un long
baiser sur la bouche. Et elle meurt,
satisfaite, ravie, emportée dans la réalisation
de son rêve, où [sic] moment où elle
entrait dans la réalité. - Pas de douleur
autour d'elle. Le marquis s'y attendait ;
l'avait compris (?) Arranger cela. Félicien
la voit lui échapper comme une vision
qui remonte au ciel. Lui-même a senti
qu'il ne tenait qu'une ombre, depuis la
maladie. Les Hubert, pardonnés par la
mère, rentrent dans l'existence, heureux,
doivent aussi avoir la sensation qu'un
rêve vient de finir. C'est une montée

Folio 194

au ciel, et non une mort. Les légendes
des châtelaines de Hautecoeur mortes jeunes,
dans la joie. - Les orgues jouent, la
foule acclame. Cela reste triomphal. Et c'est
la fin logique du rêve.


Les grandes aumônes, au
moment du mariage. Une
pluie d'or sur Beaumont, féerique
Tous les pauvres reviennent.

La chapelle des Hautecoeur, dédiée à Saint-George [sic] doit revenir. Les tombeaux,
le vitrail, etc.


Ai-je réservé la grande (Egl. 6 à10) façade pour
être mise là comme un hosanna, un
élancement final ? J'ai en tout cas, tout
l'intérieur de l'église, flambant, rayonnant,
glorieux : roman en bas, gothique ogival
en haut. (Egl. 11).


Tout est un rêve. L'homme n'est
qu'une apparence qui disparaît après avoir
créé une illusion. Très important (Religion
9.) Pour finir, si elle meurt.


Folio 196


Personnages


Folio 197


Non saisi


Folio 198


Foi, charme, toute la délicatesse
du coeur. Sensibilité profonde.

Angélique, 16 ans. Une passionnée chaste - Blonde dorée,
avec des yeux couleur de violette. Le visage
un peu allongé, très délicat et très pur.
Les yeux grands avec des sourcils et des
cils plus foncés que les cheveux. Très
petites dents que les lèvres roses pâles
découvrent. Un air de vierge de
vitrail, mais vivante, gaie et saine.
Elle aime à rire. Pas maigre, quoique
fine et élancée. Taille moyenne, plutôt
grande. Femme, formée, très femme,
avec toutes les coquetteries et les complications
de la femme. Une gorge ronde,
bien faite, assez forte déjà ; mais la
beauté est surtout dans l'attache du
col, un peu longue, sur des épaules
tombantes, fines et sans maigreur.
Les mains et les pieds, les mains

Folio 199

surtout charmantes. Le travail ne la déforme
pas, tout en laissant des traces. Comme
toilette très simple, claire, unie, et très
chaste. Il faut que la chasteté, la pureté,
l'innocence, sortent de toute la personne.


Elle est une Rougon Macquart. En instinct,
chez elle, l'orgueil et la volupté, la passion.
L'éducation des Hubert, et le milieu
qu'elle habite, la transforme [sic], et dès
lors la lutte du respect et du devoir,
contre l'orgueil et sa passion. Tout
le mouvement de la figure est là,
ne pas l'oublier. Toute l'hérédité, un
rejet des R.M. transplanté et cultivé, et
dès lors sauvé. [illisible] Tout l'effet du
milieu.


Folio 200


Félicien, vingt un [sic] ans. - Blond
comme Angélique. Grand et mince -
Très distingué. Un peu l'air d'un
Jésus, mais viril quoique blond. Des
yeux noirs. Très beau garçon. Les
yeux surtout superbes. De la race,
des extrémités petites. L'air altier,
terrible, lorsqu'il se fâche ; et très bon,
très doux d'habitude. Intelle Le nez
un peu fort.Il Des cheveux lon long
longs, bouclés. Une barbe un peu plus
foncés [sic] que les cheveux, très légère, très
soyeuse, en pointe. Rayonnant de
santé, coloré illisible très blanc et subitement
coloré dans l'émotion.


Folio 201

J'ai tous les personnages, sauf
Félicien, comme psychologie. Il a donc
été élevé loin de son père, jusqu'à
l'âge de vingt ans. Dans un établissement
rigide, où sa passion toujours
près à débordé [sic] a inquiété ses maîtres.
L'évêque aurait voulu le destiner
au culte, mais sur les notes qu'on
lui donne, il s'inquiète (Toute sa
mère, et tout lui, hélas ! Et il
songe à le marier de bonne heure.
[interligne] bien dire qu'il ne peut rien faire, ni diplomate, ni ingénieur, pas d'intrigue
Grande fortune, pas rallié à l'empire
répugnance pour raisons qui l'écartent de l'état militaire, trop jeune pour être grand propriétaire
entraîné po vers un art,
la peinture, puis la peinture sur
verre ; la musique aussi, la voix le charme très
jolie voix.[illisible] Il sera très riche
par sa mère, des millions. Eh bien,

Folio 202


il vivra à sa guise, dès qu'il sera
marié. Et la hâte de le marier, pour
qu'il ne fasse pas de folies, avec son
coeur enflammé. Jusque là, il a vécu
dans un séminaire, puis avec des g un
précepteur ou une famille grave. Les
soupirs du l'évêque duc quand il songe
à lui : marqué pour la passion. Donc
il est la passion, la jeunesse qui déborde.
Prêt pour le premier amour romanesque
qui se présentera ; et toutes les qualités
nobles de la jeunesse, croyant, loyal,
délicat, etc. C'est un peu la jeu
figure de la jeunesse passionnée que
je veux. Ignorant lui aussi, se
jetant à l'aventure, avec la seule
envie d'aimer.


Il a coûté la vie à sa mère, enfant de
la passion. Puceau, en extase devant la

Folio 203


vie, gourmand d'y mordre. L'histoire
de sa fortune, deux millions, laissés par
sa mère, qui en sont devenu [sic] cinquante.
Terrains à Paris peut-être, ou autre chose.
Pas du tout littéraire, n'a jamais écrit.
Le côté métier dans la peinture sur verre,
ouvrier primitif.


A été élevé loin de son père,
qui ne veut pas le voir, parce qu'il
a coûté la vie à sa mère.


Passionné, puceau, n'ayant aimant que
l'amour. En extase devant la vie, gourmand à y
mordre. L'extase de la musique, des voix sur
lui. Le goût du dessin, de la beauté, une [illisible]
certaine beauté mystique. Peintre verrier,
ouvrier primitif, [illisible] s'intéressant au métier,
au four, etc.


Folio 204


Jean XII

Monseigneur de Sommereux. Le marquis de Hautecoeur - 60 ans.
- Un grand vieillard, très noble, belle
figure, avec de [illisible] cheveux blancs.
Dieu le père, un Père Eternel.Le Son
fils lui ressemble, même [sic] traits, le
nez un peu fort, les yeux superbes
et jeune encor [sic]. Il faut qu'Angélique
soit frappée de la ressemblance, quand
elle les aperçoit ensemble. Grandes
manières, très distingués [sic] et très
solennel.


Ancien général, à quarante ans, sous
Louis-Philippe
. Homme du monde. Riche.
Brisé par la mort de sa femme, la
plaie au coeur, et jeté dans les ordres se cloîtrant [illisible]. La
haine de la mo l'amour, dur à la

Folio 205


passion, qui l'a brisé. Et plus tard,
vaincu par la passion jeune et
brave. Son fils lui a tout dit mais
il est resté superbe, et il ne cède que
devant la vue d'Angélique. Une silhouette
très grande seulement. Quand il est
vaincu, l'homme d'autrefois, l'homme
qui a aimé. Il pleure.


A quarante ans, a épousé une fille merveilleuse
de 18 ans. Elle meurt, son désespoir.
Il était g général, il a donné sa démission,
et s'est enfermé dans son château, ou après
des années d'oisiveté, il s'est mis à quelque
travail de bénédictin, qui doit être en même
temps une protestation contre la passion.
Une annotation des Bollandistes.


Folio 206

Né en 1806 de Félicien VIII, au retour
de l'émigration, dans le château de Hautecoeur, où
un appartement était possible, réparé par son
père avant la révolution. Il a servi Charles [illisible]
jusqu'en 1830, jusqu'à l'âge de 24 ans. Puis
il donne sa démission. Une vie de passion,
très mondaine, très agitée. Des voyages. Puis
la reconstruction d'une partie du château :
le donjon, la courtine, la chapelle , la tour de Charlemagne
et l'autre aile sur la campagne. Des millions
enfouis. Tout cela pour protester contre la
monarchie p bourgeoise, et répondant au
mouvement littéraire de l'époque. Et alors
en pleine reconstruction, le mariage avec
une jeune fille de vingt ans, lorsqu'il en
a 39. De sa passion. La mère s'appelle
Paule de Souvigny, grande noblesse, très riche.
Et la mort en après les couches au bout des neuf
mois. Alors, les réparations qui continuaient
arrêtées brusquement, des échafaudages qui

Folio 207

pourrissent dans un coin, la vie suspendue.
Lui s'enfermant dans son château, avec
le dégoût de tout, s'enfonçant dans le un
travail. Bien marquer cet homme moderne
dans lequel repousse l'homme d'un autre
âge. Le calme, après l'existence agitée


Le père de Jean XII est rentré apr de
l'émigration, où il a perdu une fille morte et
deux fils, tués à Quiberon. L'amnistie
est du 26 avril 1802. Lui aura attendu
jusqu'en 1806, et il ne rentrera
que pour s'enfermer à Hauteur [sic] ; où il
enverra seulement sa femme faire ses
couches à Hautecoeur, pour que son fils,
Jean XII naisse. C'est aussi le sentiment
qui pousse cet ce dernier à faire
accoucher sa femme à Hautecoeur.


Folio 208


Hubert -48 51 ans. - Fils de
toute une lignée de brodeurs, depuis le
quinzième siècle, dans la même maison
de la rue des Orfèvres - Traits
un peu tourmenté [sic], mais d'une beauté
[interligne] l'homme sec, maigre
front bossu, couronné de cheveux épais et tout blancs
de caractère ; Le nez un peu en bec
d'aigle, le ne front très haut avec
des cheveux grisonnants tout blancs tout frisés.
Les [illisible] yeux, clairs et verdâtres ;
des yeux d'illuminés. La tête large
et ferme. Rasé complètement, avec
une bouche un peu tourmenté [sic].


Il adore sa femme, à genoux devant
elle, passe sa vie à lui faire oublier
l'injure qu'il lui a faite en

Folio 209

l'enlevant et en l'épousant malgré
sa mère. A la mort de l'enfant, il
a bien senti que sa femme lui en voulait,
l'accusait d'être la cause de cette
punition. Et sa vie se passe à vouloir
obtenir son pardon. Elle lui a pardonné,
elle l'adore aussi. Mais il en doute
par instant. C'est un enfant qu'il
voudrait. Leurs amours chastes mais
ardentes. Ménage adorable, avec un coin
de mélancolie. Riche par le travail.
Modeste - Religieux élevés et restés dans la croyance tous les deux, mais pas cagots.


Un fond de passion qui le rapproche
d'Angélique. Artiste, toujours prêt à s'emballer.
Il comprend mieux Angélique q, s'entend
en mysticisme. Et là le mécontentement
d'Hubertine, ce qu'elle lui rappelle
jusqu'à mettre des larmes dans ses yeux.
Tu ne m'as donc pas pardonné


Folio 210


Hubertine. - 45 ans - Grande et
forte, brune à peau blanche, très belle,
d'une correction admirable de statue.
Les membres, la gorge, les hanches, pas
rien de trop, et moulé. Très conservée,
admirable, désirable encore. Un automne
superbe. Le front bas, le nez droit, les
lèvres [illisible] correctes, les yeux noirs et
très grand [sic], un cou de Cerès. - Sage,
lente, raisonnable. Elle est la raison,
avec le continuel regret d'amo avoir
désobéi.


A été enlevée et épousée par amour
après les sommations. De bourgeoisie

Folio 211


riche. Sa mère l'a déshéritée et
ne lui a pas pardonné à son lit de
mort (Mettre la scène du lit de
mort. Hubertine est enceinte). L'enfant
meurt et elle comprend que
c'est une punition de sa désobéissance sage, belle, avec un fond de remords et de tristesse . Elle po voudrait que sa mère pardonnât
M, elle va sur sa tombe ;
mais la tombe est muette. L'épisode, le
pardon à la fin.


Angélique et elle passant
adorable, regardée, une
scène dans l'église

Plus sage, plus équilibrée que son
[interligne] elle est faite pour l'éducation d'Angélique : le devoir, le respect
mari, qui lui est la passion. Elle l'adore pourtant, a repoussé
[interligne] des jeunes qui la flatte [sic]. On veut pour elle autant que pour Angélique.
tous les soupirants, des ga cadeaux,
etc. Une lutte aussi en elle et victoire
contre la vanité, la coquetterie et le plaisir.


Folio 212


Claire de Voincourt. - 20 ans -
Une belle demoiselle brune, grande et
distinguée, belle, un peu froide et correcte,
mais bonne. Elle est plus grande,
plus faite, plus posée, plus belle qu'Angélique,
près de laquelle elle passe
en souveraine. Faire passer sa
silhouette à p diverses reprises.


Les Voincourt. - Le père et la
mère quarante-deux et [illisible] cinquante
ans. Très riches, très nobles, de la
haute société de la ville et de la
province. Pas ralliés. Vivant dans
leur hôtel et dans leurs terre [sic]. Grande
fortune.


Folio 213


Sidonie Rougon, née en 1818. Élection du
père, ressemblance de la mère. Donc en 1858, lors
du commencement de la Curée, 35 ans.
Mariée à un clerc d'avoué de Plassans, qui est venu
tenter avec elle le commerce des fruits du midi,
rue Saint-Honoré. En 53, magasin mangé, mari
disparu. Habite Faub. Poissonnière, 3 pièces en haut,
boutique en bas, mystérieuse, où elle prétend vendre
des dentelles. Tous les métiers essayés. [illisible]. Son
mari s'appelle madame Touche, donc Madame
Touche. - Très peu femme, pas d'âge. Robe noire
élimée. Courtier et huissier. Petite, maigre, blafarde
D'allure timide et discrète d'ailleurs vague
senteur de confessionnal et de cabinet de
sage-femme. Une seule chose qu'elle ne vendrait pas,
elle. Sèche comme une facture, froide comme
un protêt, indifférente et brutale comme un [illisible].
L'affaire des trois milliards. - Angèle meurt en 55.


Il faudrait donc imaginer que le mari

Folio 214


de Sidonie, M. Touche, est mort et non
disparu. C'est un mot à changer dans
la Curée. Alors elle a eu une enfant, sans
le [illisible] vouloir, sans trop savoir comment,
et pour s'en débarrasser, l'a mis [sic] aux
Enfants assistés, à Paris. Ce seront des
gens de Paris qui ont pris la petite
Angélique, une dame des très bonne ; mais
elle est venu mourir à [illisible],
chez son fils marié, et c'est ce ménage
qui la bat et qui l'a jetée à la rue.
Elle raconte tout ça aux Hubert qui
la recueille [sic]. Plus tard, lorsqu'ils veulent
l'adopter, Hubert va à Paris questionner,
d'abord à la maison des Enfants-Assistés
puis autour de Sidonie. Il apprend qui
est celle-là, et il revient décidé à
l'adoption. Voir le point de droit.
L'enfant a été fait tout de suite après la mort du mère [sic], mort en 49. [illisible]. la petite [illisible] 15 mois après la mort. Le roman va de [illisible] née en 50 - [illisible] 60 à 68


Folio 216


Ebauche


Folio 217


Je voudrais faire un livre qu'on n'attende
pas de moi. Il faudrait, pour première
condition, qu'il pût être mis
entre toutes les mains, même les mains
des jeunes filles. Donc pas de passion
violente, rien qu'une idylle. On
a dit que le succès, le livre attendu
veux-je dire, serait " Paul et Virginie "
refait. Refaisons donc Paul et
Virginie. - D'autre part, puisqu'on
m'accuse de ne pas faire
de psychologie, je voudrais forcer
les gens à confesser que je suis
un psychologue. De la psychologie
donc, ou ce qu'on appelle

Folio 218


ainsi (!), c'est à dire une lutte
d'âme, la lutte éternelle de la passion
et du devoir ou une autre lutte :
amour maternel le et ou passion,
amour filial et autre sentiment.


- Enfin, je voudrais du mettre
dans le livre de l'au delà, du rêve, l'inconnu, l'inconnaissable.


Je me résume, les trois conditions
que je tiens à remplir
sont :


Paul et Virginie, pureté, partie parfaite ,
livre entre toutes les mains.


De la psychologie, lutte d'âme.


Un coin de rêve fantaisie,
de rêve, l'inconnu.


Folio 219


Il me faut une jeune fille et un
amour, mais combien pur. Le sujet
fatalement sera banal, je le préfère
même tel. Ce que j'avais trouvé n'était
pas mauvais, mais cela n'est pas
très pur et m'inquiète pour les
développements. Maintenant, je sais
que la pureté est dan surtout dans
la façon de traiter les épisode [sic].


J'avais donc trouvé ceci. Un
homme de quarante ans qui se
n'ayant pas aimé, jusque là dans
la science et qui se prend d'une
passion pour une enfant de seize
ans. Celle-ci l'aimant, ou croyant
l'aimer, tout l'éveil ; et puis, prise
pour [sic] un jeune homme, parent

Folio 220


du quadragénaire, et la jeunesse
avec la jeunesse. Les souffrances du quadragénaire,
et le mari à la fin il
cède, il donne la jeune fille au jeune
homme. - Je verrais assez volontiers
le sujet en trois : l'enfance, la jeune
fille et le jeune homme, le quadragénaire
alors n'aimant pas, perdant son
temps, enfoncé dans quelque travail -


Puis le jeune homme disparaît, la
jeune fille et le quadragénaire. ensemble,
l'effet de la passion chez celui-ci
pour cette enfant. - Puis le jeune homme
revient et l'idylle reprise avec lui,
les luttes, et la jeunesse l'emportant.


- Tout cela est très banal, il faudrait
que ce fut exquis, pour valoir
quelque chose.


Folio 221


Si j'ai à la rigueur la pureté (en
me méfiant) et la psychologie, en
mettant un combat chez le quadragénaire
et la jeune fille, je n'ai pas la fantaisie,
le rêve, ce qui m'ennuie. Il
faudrait le trouver peut-être dans ce
que fait le quadragénaire. Il lui faudrait
le faire enfoncer dans une recherche de
l'au delà, spirite ou alchimiste moderne,
ou s'occupant de suggestion, d'une
science enfin commençante, avec tout
le frémissement qu'il y a dans l'inconnu
des ténèbre [sic]. C'est à choisir.
Cela serait bon, symbolique, le montrerait
d'abord acharné à l'inconnu,
laissant passer la jeunesse, n'aimant
pas, à la [illisible] recherche d'une chimère.
(Moi, le travail, la littérature qui a mangé
ma vie, et le bouleversement, la crise,

Folio 222


le besoin d'être aimé, tout cela à étudier
psychologiquement.) J'y mettrais aussi [illisible]
le moment, la réaction contre le naturalisme,
l'impatience de l'au delà,
le besoin d'idéal, la convulsion de la
croyance. Tout cela avec des rêves,
toute une partie fantaisiste, [illisible] idéaliste,
très poussée - Et la [illisible] vie tombant là
dedans avec la jeune fille. Une très
pure figure : [illisible] Cette enfant bouleversant
tout, l'inconnu étant la revanche
de la réalité, de l'amour. Après toutes
les recherches, il n'y a que la femme.
C'est l'aveu - Des sanglots, une vie
manquée. La vieillesse qui arrive, plus
d'amour possible, le corps qui s'en
va. - Ces choses ne seront pures que
si je les fais purement. Tourner à
l'amour, à la tendresse toute la partie charnelle.


Folio 223


Reste ma Sidonie, dont c'est la
fille. Je puis faire qu'elle a abandonné
cette enfant de hasard, chez des paysans
ou de petits bourgeois.. Elle est à prendre.
Mon quadragénaire, ,a la prend,
et quand il l'aime il s'entend
avec la mère, il l'achète presque.
Elle est a lui vit chez lui, elle est
à lui ; et il peut ainsi la donner
au jeune homme plus tard. De
cette façon, je montrerai Sidonie
à peine deux ou trois fois, et en
silhouette seulement. Mauvaise
mère, supprimée. La petite est
comme une orpheline.


Folio 224


Mais je crois que je préférerai
quelque chose de beaucoup plus
simple. Rien qu'un amour, rien
qu'une idylle. La jeune fille,
chez des paysans, un garde chasse
par exemple, aimant un garçon
Tout l'amour avec des épisodes -
Le garçon part et meurt. Et elle
meurt aussi. Au milieu, un débat
pour me donner la psychologie.
Soit qu'on la contrarie dans son
amour, soit qu'elle lutte avec
elle-même pour ne pas aimer. Je
pourrais étudier en elle le rêve
de la vie, ce qu'elle rêve de la vie,
soit d'après des lectures, soit d'après

Folio 225


ce qu'elle voit. Et elle ne veut pas
aimer, parce qu'elle sait qu'on
est malheureux. Les images collés [sic]
contre le mur, Pyrame et Thisbé.
Cela me donnerait donc une certaine
lutte, une certaine psychologie - Mais
surtout de la fantaisie, ce qui se passe
dans une tête de seize ans. Les rêves
qu'elle fait, et mettre aussi l'au delà
qui foisonne en elle, l'inconnu.
Quand elle est dans la
forêt, ce qui tremble en elle, ce qu'elle
entend autour d'elle. Une instruction
particulière, élevée d'abord
en pension puis mise chez ce
garde chasse et oubliée. Il lui faut
une éducation rudimentaire, le

Folio 226


l'histoire sainte, le catéchisme, etc.
dans une passion de province. Elle
tombe malade et, après sa première
communion et on la met chez
le garde chasse - Alors l'idylle avec
le garçon, la lutte contre elle-même,
ce qu'elle rêve, l'amour enfin, la
séparation, la mort du garçon,
et sa mort à elle.


" Le Rêve " serait le titre du volume,
et c'est surtout ce qui me plaît. Je
voudrais que le volume fut la partie
de rêve dans la série, la fantaisie,
l'envolée, l'au-delà. Et cela serait franc,
puisque le titre avertirait le lecteur :
" Voilà du rêve, je le dis, prenez-le
comme tel ". Et alors, sans ironie

Folio 227


trop, il faudrait y mettre la vie
telle qu'elle n'est pas, telle qu'on
la rêve : tous bons, tous honnêtes,
tous heureux. Une vie idéale, telle
qu'on la désire. Mais l'écueil de
ça est de faire petit, plat et bête.
On ne peut guère s'en sauver que
par l'envolée, sans sortir toutefois
de la simplicité. - Les éléments
du problème à résoudre, restent d'ailleurs
toujours les mêmes : pureté,
psychologie, au delà.


Je prends donc une jeune fille
et je raconte ses amours et son
mariage. Comme je veux que l'histoire
finisse bien, par le s l'accomplissement
de tous ses désirs, je dois

Folio 228


mettre le drame au milieu. Et le
sujet [illisible] peut être dès lors celui-ci.
Une jeune fille pauvre qui adore
aime un garçon riche et qui en
est aimée. Au milieu, elle croit qu'elle
va le perdre, elle le perd même. On
les fâche et elle est triomphe à la fin,
elle l'épouse. Je finis en la montrant
heureuse, comblée de tendresse et de
richesse, entrant dans le paradis ; et
je ferme le livre sur ce " rêve " accompli.
Cela divise le roman en trois
grandes parties, la jeunesse et l'amour
de la jeune fille, ses combats pendant
la brouille, enfin son triomphe. - Ce
que je voudrais aussi, ce serait un
combat de la jeune fille avec elle-même,
et pour cela il faudrait que la

Folio 229


rupture vînt d'elle. Par exemple
la femme chez qui elle vit la surprend
embrassée, et lui dit qu'elle fait mal,
que jamais on ne lui donnera ce garçon,
et alors d'elle-même bravement,
elle rompt. Je ne fais qu'indiquer
là ce que je veux, il faudra raffiner
et compliquer. - Je mets ma jeune
fille dans un vieux ménage, l'opposition
avec mes amoureux ; mais
un vieux ménage modèle, tout de
bonté et de bonheur. La femme belle
encore et adorée de son mari. A
trouver les épisodes et l'intérêt -


J'ai donc la pureté et la pos Ce
ménage n'a pas d'enfant, son seul
chagrin, et c'est pourquoi il a adopté
ma jeune fille, empêche qu'on croit

Folio 230


orpheline, Sidonie l'aurait mise aux
enfants trouvés, puis abandonnée - Mais
je n'ai pas l'au delà, qui pourrait
peut-être m'être donné par le mari.
Il faudrait lui donner un métier d'art,
comme peintre verrier, ou plutôt brodeur,
pour église, pa des vierges, des saints sur
des vêtements sacrés, et il f vit à l'ombre
d'une cathédrale dans un petit
jardin. Une âme d'une autre époque,
un peu halluciné, faisant l'éducation
de la petite, la peuplant de légende [sic] ;
et alors l'au delà, tout s'animant,
les forces de la nature inconnue,
tout ce qui frissonne. C'est l'homme
qui devient dès lors l'éducateur, et
la femme n'est que la bonté passive,
le devoir, etc. en Des gens excellents -


Peut-être aurai-je un sujet très chic,

Folio 231


avec cette idée. Tout se passe autour
d'une église, mystique, l'inconnu (roman
douzième siècle) L'évêque est un homme
qui est entré dans les ordres après la
mort de sa femme, morte en couches,
en lui laissant un garçon. Et c'est
ce garçon qui l'amoureux [sic]. De là une
figure hiératique de l'évêque, très
noble, grande famille dur et inaccessible
en apparence Il a fiancé son fils
à une noble héritière, très belle, très
riche ; et il faut que le mariage se
fasse. La vieille brodeuse est de cet
avis, le respect, le devoir : chez la jeune
fille, c'est ce qui fait le combat, la
psychologie. Le fils de l'évêque est donc
comme le fils de Dieu le père, comme
un Jésus pour la jeune fille, c'est ce

Folio 232


qu'il y a de plus haut : l'évêque aporaît [sic]
dans la pompe épiscopale, et
dans la richesse de son évêché, et
le fils là dedans. C'est le ciel, c'est
le plus h rêve le plus haut, pour
la jeune fille : épouser Jésus. Mystique.
De là ses combats, et à la fin
Le mariage bénit [sic] par l'évêque.
La po grand Je finis quand les
époux ressortent de l'église, la
grand' porte de l'église large ouverte,
et donnant sur le monde.
Là, je m'arrête. La fin du rêve,
l'entrée dans la réalité.


Je n'ai que cinq personnages,
et il ne faut pas en admettre
un de plus. Le ménage, la jeune

Folio 233


fille, le jeune homme, l'évêque -
Bien entendu, je nommerai Sidonie.
Il y aura aussi à nommer la jeune
personne fiancée au jeune homme : la
faire passer peut-être. Mais pas de
bonne chez dans le ménage.


Le cadre est très important. Je crois
une ville de province dévote. Tout se
passera autour d'une église romane.
La rue où est le brodeur, la maison
du brodeur à lui, derrière une cour
ou un jardin, très petit, collé contre
l'église. La fenêtre de la jeune fille
donnant sans doute sur l'église
et sur le jardin. Puis, à côté,
l'évêché, un jardin assez grand, avec
de grands arbres. On entre dans l'église
par une petite porte qui donne dans

Folio 234


la rue du brodeur, et c'est toujours
par là que la jeune fille entre. La
grande porte uniquement pour
son mariage - Avec cela, j'ai tout
le cadre. Les quartiers de province à
l'ombre d'une église. Quelque chose
de mor tiède, de voilé, de cloîtré.


Ne pas oublier que le jeune homme
doit arriver en prince charmant.
Donc il ne sera pas chez son père
au début. Il ne viendra avec so
un précepteur, à voir ( ?) que pour
son mariage. Ne pas le faire
trop bête. Puceau pourtant.
A voir le personnage. - La jeune
fille l'attend ; mettre là toutes les
aspiration [sic] de la jeune fille qui
attend l'oiseau bleu. Pour que
le rêve se réalise, il faut que

Folio 235


le rêve soit posé.


Voici donc le premier jet du
plan.


Comment Marguerite est chez les
Morin. Le milieu posé. Les Morins
posés, brodeurs. Et elle même grandissant
là dedans. Elle brodeuse aussi.
L'au delà de Morin, l'éducation
qu'il lui donne. Ce à quoi elle
songe en brodant. Le rêve posé,
l'amour s'éveillant à seize
ans. Et tout autou ce qui se passe
autour.


Apparition du prince charmant.
L'évêque et son fils. Leur histoire.
Les premiers épisodes de l'amour.
Elle ne doit pas savoir qui il est.
Mystère. Lui-même ment. Toute

Folio 236


une idylle à l'ombre de l'église. Et
sans doute la jeune fille appe apercevant
l'évêque dans sa gloire épiscopale
Et le fils aussi mêlé. Le trait de
lumière. Elle aime Jean. Un rendez-vous
où elle le voit et tombé [sic] dans
ses bras. Le baiser surpris par
madame Morin.


Alors la séparation. Madame Morin
et Morin la raisonnant. C'est impossible
l'évêque a fiancé son fils
Elle ne peut l'épouser, jamais on
ne le lui donnera. Puis au dessus
de sa classe, le respect, le devoir.
Elle frappée au cœur. Elle cr Pourquoi
ne lui a-t-il pas dit qu'il était
fiancé ? Il la trompait donc, et
elle rompt, par devoir et respect

Folio 237


aussi. Un rêve trop haut. Le rêve
toujours en l'air.


M Là toute la lutte, toute la
psychologie de Marguerite. Je veux
que peu à peu elle en meurt. Très
forte d'abord, travaillant, puis déclinant
peu à peu. Pas une plainte devant
le monde, mais les nuits qu'elle
passe et mêler l'au delà là dedans.
Les rêves qu'elle fait. Les saintes qui
l'abandonnent et ne la soulagent
pas. - Mais le jeune homme tâche
de la revoir et la revoit. Il
jure qu'il rompra son mariage.
Il lui prouve qu'il ne la trompait
pas. Il n'aime qu'elle et la veut.
[illisible] Le coup qu'elle en reçoit, l'amour

Folio 238


qui l'inonde. Mais non, elle résiste
encore. Elle veut qu'il obéisse à son
père, qu'il épouse la fille [illisible] choisie
par lui. Et là Le devoir, effet de
l'éducation ; et le renoncement,
mysticisme. Toute une psychologie
particulière. Peu à peu, elle en meurt.
Sa chair moins forte qu'elle. Les
Morin la laissant mourir, sans
faire une démarche. Aplatis de
respect devant l'évêque. [illisible] Il faut
que je pousse les choses jusqu'à
la mort presque.


Et là il faut que ce soit
l'évêque en personne qui vienne
lui donner son fils, la demander

Folio 239


en mariage. C'est le rêve le plus haut
accompli. Cela me donnerait une
figure d'évêque très à l'arrière-plan,
ce que je préférerais. Un vrai bon
Dieu que je montrerai deux ou
trois fois terrible dans sa majesté
(tout ce qu'on dit de lui, orgueil
nobiliaire, orgueil de fortune, sévérité
terrible) et d'une bonté exquise
lorsqu'enfin je le ferai entrer
en scène. Il ne viendra en bon
père, que pour demander la jeune
fille et la sauver. Montrer en lui
l'humanité saignante, la plaie
encore vivace de la mort de sa

Folio 240


femme, le désir que son fils soit
heureux par t l'amour.


Et alors la jeune fille sauvée.
L'hosanna. La cérémonie du
mariage avec le chant d'allégresse
des orgues. Tout l'amour triomphant.
Beaucoup de beauté, d'argent
et de santé. Et la porte, à
la sortie, grande ouverte sur
le monde, ouverte sur une
place ensoleillée.


Folio 241


surtout charmante. Le travail ne les
déforme pas, tout en laissant des traces.
Comme toilette très simple ; toujours
la même robe simple, claire, unie,
et très chaste. Il faut que la chasteté,
la pureté, l'innocence sorte de toute
sa personne.


J'en arrive ainsi à l'éducation d'Angélique .
Comme instruction, presque rien, l'ignorance
Ecrire, lire, compter. Elle aura lu
l'histoire sainte, le catéchisme, la
vie des saints, quelque voyage. C'est
surtout avec la vie des saints que
je puis la faire toute. Sa mère
Sidonie aura donc accouché à Lourmes,
par une circonstance à régler,
et elle aura mis la petite aux
Enfants-Assistés de cette ville. Plus

Folio 242


tard, les Hubert qui souffrent de
n'avoir pas eu d'enfants, cherchent
une apprentie et la prennent. Ils s'y
intéressent en la voyant grandir en
beauté et en sagesse, et ils veulent
l'adopter. Alors au à l'établissement,
on leur apprend qu'on connaît la
mère, Hubert fait le voyage à
Paris, voit Sidonie, comprend, obtient
le consentement (à régler) et
ret revient adopter Angélique.
Sidonie dès lors enterrée. Les
Hubert élève [sic] donc [illisible] Angélique à
partir de dix ans. Et c'est ici le
caractère de la jeune fille à établir.
Je l'ai dit instruction très rudimentaire,
très simple ; rien au delà
de la vie des Saints, le monde n'existe
pas. Il n'y a que le travail. D'autre

Folio 243


part un grand sentiment du devoir et
du respect. J'insiste le respect de tout
ce qu'on lui enseigne comme respectable,
l'aut la religion d'abord, l'autorité
des parents, l'hiérarchie [sic] sociale. Et
le devoir de ce du bien, ce qui est à
faire et ce qui n'est pas à faire.
De là une grande obéissance, la
faute expiée avec des larmes. Peu de
lutte d'ailleurs avant la tem l'arrivée
de l'amour,[illisible] la faire naturellement
bonne, chaste, douce : toutes ces fleurs
poussent naturellement en elle, sans
qu'elle s'y contraigne. - De l'ignorance
naît naturellement le rêve,
C'est là mon sujet. Il me faut
un épisode où ignorante de tout,
enfermé [sic] dans sa vie des Saints et, elle

Folio 244


rêve le monde qu'elle ne connaît
pas. L'idée de la méchanceté au dehors,
du péché, du mal ; ce qu'elle s'imagine
la certitude d'en triompher.
Le recueil des voyages doit apporter
aussi son effet, ces hors pays lointains
qu'elle rêve. Enfin le rêve du monde
tel qu'elle se l'imagine, et le
dénouement lui donnant raison,
jusqu'à la sortie triomphale de
l'église. Donc pour justifier le
titre très important : le Rêve posé
au début, tel qu'il se réalisera à la
fin, après le combat du milieu. Cela
pourrait avoir lieu pendant le travail
de broderie. Une soirée d'été, avec l'église
voisine et tout le milieu. Angélique
questionne, on lisant la Vie des Saints,

Folio 244


Folio 245


ou les voyage [sic], et disant le roman
qu'elle rêve, le prince bleu, charmant :
très beau, très riche, Elle se
voit reine. Et cela gaiement, non
par lucre, mais par amour du beau,
de la richesse. Toutes ces étoffes d'or,
ces soies et ces perles qu'elle manie
en ont fait une artiste. Il faut
qu'elle soit une artiste, que ses broderies
soient des chefs d'œuvre.
Enfin poser son rêve de jeune
fille pauvre. C'est ici que je voudrais
bien que les Hubert fussent
un peu plus mouventé [sic]. En faire
un ménage modèle, toujours d'accord,
toujours brave [sic] gens. C'est bien fade.
Je désirerais donc entre eux un

Folio 246


petit drame. Elle a quarante ans, grande
et forte, brune à peau blanche, très belle,
d'une correction admirable de statue.
Des bras et des membres de statue. Et
ne pourrais-je imaginer qu'elle a [illisible]
épousé son mari contre la volonté de
sa mère. Elle était de la petite bourgeoisie,
elle s'est fait enlever et a été deshéritée.
Aussi leur prem enfant est-il mort et
il [sic] n'en ont plus jamais eu. Elle regarde
ça comme une punition. Le seul nuage
dans leur bonheur. Elle quand. Sa mère
est morte elle aussi, sans lui avoir
pardonné. Aussi chaque fois qu'elle
va au cimetière, sur la tombe de
sa mère, elle demande son pardon ;
mais ne se sent point pardonnée.
Enfin, au dénouement, je l'y ferais

Folio 247


aller une dernière fois, et elle sentira
un enfant remuer dans son sein. C'est
le pardon de sa mère. Angélique s'en
va, un enfant vient. Cela me donne
tout à fait Hubertine, sage, belle,
repoussant les amours ; mais avec un
fond de tristesse, de remords. Aussi
quand Angélique fait son rêve sur
le prince charmant, sur son triomphe
de beauté et de richesse, hoche-t-elle
la tête et la modère-t-elle. Cela me
la donne aussi la rep pour l'éducation
d'Angélique, la rappelant toujours
au devoir, au respect. Et
quand elle la trouve avec Félicien
elle est toute faite pour la détourner
de ce mariage auquel le

Folio 248


père ne consentira jamais. Enfin
la scène du cimetière et sa joie
débordante à la fin. Mêler cela au
triomphe d'Angélique, dans l'église.
Les deux époux inclinés et remerciant
la mère ou Dieu de l'enfant qui
va naître. Pardonnée parce qu'elle
a été bonne avec Angélique. J'ai
Hubertine suffisamment, mais je
n'ai pas Hubert. Je le voudrais
beau lui aussi, fils de toute une lignée
de brodeur de son remontant au quinzième
siècle, dans la maison même.
Je lui donnerai des traits un peu
tourmentés, pour ne pas avoir que
des figures correctes, mais d'une beauté
de caractère. Le nez en bec d'aigle, le

Folio 249


les yeux superbes, la tête large et ferme, avec
des cheveux frisés qui grisonnent déjà.
Rasé. M son m L'enlèvement d'Hubertine
et son mariage avec elle a été l'unique
roman de sa vie. Il adore sa femme,
il est à genoux devant elle, son existence
entière se passe à lui faire oublier
l'injure qu'il lui a faite de l'enlever
et de l'épouser malgré sa mère. A
la mort de l'enfant, il a bien senti
qu'Hubertine lui en voulait, l'accusait
d'être la cause de cette punition. Et
la vi sa vie se passe à vouloir obtenir
son pardon. Elle lui a pardonné,
elle l'adore aussi, mais il ne le croit
pas par instant. C'est une enfant
qu'il voudrait lui faire, pour lui
prouver que Dieu la mère les a leur
a bien pardonné. De cet [sic] enfant

Folio 250


à faire tout l'amour. Mais il
faudra toucher à cela avec beaucoup
de délicatesse, pour rester pur. De
chastes amours conjugales, mais comme
les amours d'amant à cause de
cet [sic] enfant à faire. Mettre donc
Hubert en adoration devant Hubertine.
C'est elle qui règne, il est
à ses pieds, il ne sait quoi faire
pour lui plaire. Dire qu'ils ont
fait des neuvaines pour avoir
un enfant, des pèlerinages. Mettre
une vierge dans l'église où les
jeunes mères stériles viennent.
- Et à ce propos, je voudrais
bien que la mère de Hubertine
fût enterrée par là, pour avoir
la tombe. Dans l'église, ce serait

Folio 251


difficile, mais ça m'irait joliment.
Une vieille bourgeoise qui aurait le
droit de s'y faire ensevelir. - Enfin
ne pas donner à Hubert d'autre
mouvement que cette passion pour
sa femme. Et en somme un ménage
adorable, malgré le fond de tristesse
par moment. Je n'ai pas besoin
qu'Hubert jette Angélique dans le
mysticisme, j'aime même mieux
qu'elle y entre d'elle-même.
Seulement, je lui donnerai à Hubert
un fond de passion qui le rapproche
d'Angélique, qui lui fait la
mieux qu comprendre que ne la
comprend Hubertine, femme plus
posée et raisonnable, dont je ferai
l'image de l'équilibre bourgeois.

Folio 252


de la placidité heureuse. Même c'est
dans ce rapprochement d'Hubert et
d'Angélique que je mettrai dans
une envolée, que je mettrai une explication
entre les deux époux : Hubert
craignant d'avoir blessé sa femme
et s'humiliant, et celle-ci disant
ses raison [sic]. Bref, Hubert toujours
prêt à approuver Angélique, à s'envoler
avec lui elle, tandis qu'Hubertine
le rappelle à la froide rais
raison. Mais une tendresse débordante
pénétrante dans le ménage, et cette
tendresse où elle vit am ayant
une influence sentimentale sur
Angélique. Je laisserai bien entendu
de côté tout l'amour physique,
les bruits, etc. qui pourraient agir

Folio 253


sur Angélique. Mais je la montrerai
enveloppée de cette tendresse continue,
et attendrie elle aussi, aimant, troublée
devant l'inconnu. Devant elle,
grande chasteté des Hubert, jamais
un baiser, ou un seul peut-être.
Mais ce qui se dégage quand même
du ménage acharné à vouloir faire
un enfant. Le difficile, je le répète,
sera de faire cela absolument pur


Je reprends Angélique ignorante,
rêvant la vie à travers la vie
des Saints, pliée au devoir, au respect,
obéissante, chaste, travailleuse, mais
bien portante et gaie. Et je dès
quinze ans j'éveille la la femme
chez elle, dans le milieu d'amour

Folio 254


tendresse où elle vit. Donc, le sexe qui
s'éveille, des troubles, des élans, des chaleurs,
le tout traité très chaste. Elle se jette
dans les bras d'Hubertine, elle se passionne
pour un animal ( ?), elle rêve la
nuit, et alors épanouir tout le
mysticisme qui est en elle par ses
lectures, son isolement, son voisinage
avec l'église, son ignorance. Le
vitrail qu'elle voit de chez elle dans
l'abside, lorsque le chœur est éclairé
le soir. Une veilleuse qui peut être
allumée toute la nuit, et qu'elle
le Jésus qu'elle voit (Il ressemblera
à Félicien.) J'aimerais
peut-être mieux un Saint-Georges,
un beau jeune homme. (A voir.)
Enfin la montrer troublée, femme
sans le savoir, attendant le prince

Folio 255


charmant. C'est un chapitre cela
qu'il faut finir par la vue du
vitrail tous les soirs, et par une
scène où elle éclate en larme [sic] en le
regardant. Ce chapitre doit précéder
celui où elle travaillera avec les Hubert
et dira son rêve. -Mais Dès
lors elle est dans la l'attente, et la
montrer vibrante au moindre bruit,
se retournant avec un frisson.
Les voix, tout ce qui est animé autour
d'elle, l'inconnu, l'au delà,
les forces inconnues qui vont décider
de sa vie, agir pour produire
les événement [sic]. C'est un autre chapitre
encor [sic]. - Si bien que lorsque Félicien
paraît, il faut qu'elle sache que c'est
lui. C'est Cette première apparition est

Folio 256


à régler. Mais je voudrais que toute
cette partie de l'amour fut développée,
notée détail à détail. Il faut éviter la
porte, le petit mur. Ce qui serait bon,
ce serait de faire parler du fils de l'arch
évêque qui vient d'arriver par Hubertine non, on ne dira pas qu'il vient d'arriver, on en parlera seulement à propos de Voincourt..
Et l'étonnement d'Angélique : comment
Monseigneur a un fils. Dire le mariage arrêté Et Hubertine contant
l'histoire. Angélique en restant secouée,
songeant à ce fils, à ce Jésus de Dieu le
Père. Cela préparerait l'effet, lorsqu'elle
apprendrait qui est Félicien. Mais il ne
faudrait pas qu'elle pût s'en douter
jusque là. Et je voudrais au moins
trois ch ou quatre chapitre[sic]deten d'amour
idyllique, avant la cérémonie où elle
voit Félicien. Il faut absolument que la
première apparition se fasse dans le jardin,
dans du soleil, ou dans un terrain
vague à côté. Cela supprime la porte et

Folio 257


les murs. Elle le voit, il lui parle, et elle
le revoit le soir qui la regarde, ou qui
chante ou autre chose. Peut-être même
il ne [sic] lui a parlé. Tout cela est à régler,
ainsi que le terrain vague. - Il faut
en arriver à des échanges de serment et
à un baiser, ou
à plusieurs. Pour aller
moins vite en besogne, peut-être d'abord
pas de passion. Mais pourtant, si le prince
charmant est attendu, il est bon qu'il soit
tout de suite le prince Charmant.
C'est à régler. D'abord une ombre qui
glisse à la lune dans le terrain vague.
La lune éteint le vitrail, elle ne voit
plus le Jésus et s'étonne D'abord dans
la nuit noire des pas. Et il faut qu'elle
se sente entourée de de quelqu'un
qui la guette (les arbres de l'évêché
sont si épais l'été qu'on ne voit
rien absolument.) Puis après la nuit

Folio 258


noire, la lune et elle distingue
une o ombre. Et Son émotion, elle
n'en parle pas. Ce quelqu'un qui lui
vient de l'inconnu, c'est la continuation
de tout ce qui frissonne
autour d'elle. C'est le rêve qui sort
de l'invisible pour entrer dans la
réalité. Donc, tout un enveloppement
avant le rêve ne se montre
Indiquer son émoi, sa préoccupation,
sa tristesse quand rien ne paraît. Et
faire vraiment sortir le garçon de
l'invisible. Jusqu'à ce que je le montre
dans le soleil. - Puis autre chapitre,
elle l'a vu. Elle ne sait pas il ne lui a pas encore parlé qui il
est, elle ne cherche pas à le savoir.
Pour varier, je puis amener Félicien
ou qui ment, qui se donne comme
un dessinateur, ou autre chose, et qui commande
des broderies. Il ne lui parle

Folio 259


pas. Il cause seulement avec les Hubert.
Cela a le défaut de le matérialiser, de
dire qui il est, et il faudrait mieux
le laisser dans l'inconnu, pendant toute
l'idylle jusqu'à ce qu'il se révèle -
Après le chapitre de sa venue lente jusqu'à
son apparition, j'aurai bien un chapitre
où il lui parle, deux ou trois épisodes
et qui ira jusqu'à l'aveu : Je vous
aime. Tout cela dans le terrain vague,
avec des détails vivants. - Mais le mot
je vous aime l'a effarouchée elle n'a pas répondu, ne répondra qu'au chapitre 4. Elle sait
qu'elle l'aime et son émoi, sa terreur
de son cet envahissement. Le saut en
arrière, étudier ça psychologiquement,
son bonheur et sa terreur. Et là
peut-être, je pourrais l'amener chez
les Hubert, mentant, disant qu'il est
un dessinateur, qu'il veut commander

Folio 260


des broderies. Il ne lui adresse pas la
parole, il ne parle qu'aux Hubert, Et
elle sent qu'il ment sans doute, mais
elle laisse aller. Il revient souvent pour
sa commande, se trouve mêlé à elle.
Peut-être serait-ce distingué ne pas
leur faire échanger un mot. Mais cela
la calme, il entre davantage dans la
vérité réalité. Le mêler au travail
à la broderie. Enfin, le matérialiser,
avec des détails qui font revenir les
Hubert. Ce chapitre est pour asseoir
l'amour chez Angélique, l'y accoutumer,
lui faire dire : Je l'aime, sans trembler.
Ses nuits à elle après qu'elle a vu.
Tout ce qui va de l'un à l'autre,
par dessus les Hubert, qui s'aiment aussi,
eux. - Et alors le derniers [sic] chapitre de
l'idylle serait pour amener la jeune

Folio 261


fille, au mot Je t'aime. Le premier
s'est passé dans la chambre de 'Angélique,
le second dans le terrain vague, le troisième
chez les Hubert, et le quatrième devrait
se passer encore dans la chambre
d'Angélique. Félicien y monterait par les
charpentes, les terrasses, un gri treillage ;
mais il faudrait que ce fut d'une
pureté absolue, mystique et tendre.
Quelques visites qu'il faudrait occuper -
Puis l'aveu final. Le je t'aime [illisible]
d'Angélique, l'envahissement de l'amour.
Tout l'au delà des voix du mysticisme
du vitrail, se fondant dans ce mot.
Associer tout le dehors, toute l'église.
Ne pas oublier que nous sommes dans
le rêve. Et les Hubert s'aimant pendant
ce temps là. Mais tout cela
immatériel, dans un élancement

Folio 262


blanc. Et Félicien, s'en allant.
Un seul baiser échangé, les fiançailles
sur la bouche, mais rendu chaste.


Après, j'ai tout de suite la scène
dans l'église, ou ailleurs, dans laquelle
Félicien apparaît à coté de son père
l'évêque, dans [illisible] sa gloire de fils
de Dieu. Le prince charmant se révélant.
Jusque là, Angélique ignorait
qui il était, tout en sentant bien
qu'il était plus qu'il ne disait.
Insister sur le prince déguisé, elle
y songe avec un sourire. Le conte
bleu, elle s'y berce. Et il faut que
la réalité dépasse encore l'espoir.
Pour cela, Félicien doit apparaître
beau, superbe, riche à million [sic],

Folio 263


et encore dans une gloire mystique
le fils de l'évêque. Angélique
foudroyée d'admiration. - Hubertine
le voit aussi, reconnaît le
faux dessinateur, comprend au
soupir étouffé, à l'extase d'Angélique,
et se promet de les surveiller -
Je voudrais faire un chapitre
de cela : il sera court voilà tout,
à moins que je ne trouve à
le corser.


Autre chapitre. Angélique, sachant
qui est Félicien, le voit dans le jardin
de l'évêché. Comment ils y
rentrent. Et là l'amour, l'effusion
d'Angélique, la fill jeune amoureuse
devant le fiancé, une sainte fille

Folio 264


aux pieds de Jésus. Elle l'adore, l'admire,
le vénère presque. Lui la relève, veut
la hausser à lui. Rien encore de net,
c'est de l'adoration pure, l'union
mystique, le rêve encore vague, que
je veux préciser à la fin de la
scène dans l'idée de mariage. En
arriver donc à cette réalité, qui fait
frissonner Angélique et lorsque Hubertine
apparaît et les sépare. Et là [illisible],
dans le petit jardin, Hubertine en arrivant
à la prudence, à la froide
raison, elle la sage, plus à terre. Elle
dit toute la situation : l'orgueil nobiliaire
de l'évêque, la rigidité ; puis la
fortune immense ; enfin Félicien
fiancé, marié presque à Blanche de Voincourt.
Et Angélique précipitée du rêve,

Folio 265


pâle, frissonnante, voyant tout crouler.
Le déchirement, le monde de la réalité
qu'elle ne connaît pas et dont elle
sent le souffle froid. Mais Hubertine
lui parle du respect, du devoir,
et elle dit : c'est bien, c'est fini,
c'est un rêve. Et elle s'enferme dans
une immobile [sic] de glace.


Je voudrais encore cinq chapitre [sic],
ce qui est possible. Le dernier, le triomphe.
L'avant dernier la venue de l'évêque
avec l'extrême onction. Ce qui me
fait trois pour la lutte


D'abord, il faut montre [sic] qu'Angélique,
bien que se courbant sous
les paroles de Hubertine espère
toujours - Tout est rompu, Félicien
comprenant qu'il a mal fait, part
se tenir à l'écart et se désespérer.

Folio 266


Et alors, dans son immobilité, montrer
Angélique entêtée à l'espoir,
croyant à son rêve, sûre qu'il se
réalisera. Elle attend donc, c'est ce
qui lui donne son air si droit, si
calme. Et aux aguets, écoutant les
voix, ce qui frissonne autour d'elle,
l'inconnu, l'au delà, la vieille
église qui l'abrite, enfin tout ce
qui l'entoure. Quelque chose va se
produire, un miracle s'il le faut.
Rien ne la surprendre [sic], dans son élan
au dessus des choses. Le n Il n'y a qu'illusion,
elle croit à l'illusion heureuse.
Donc, elle guette, et elle ne voit que
passer Félicien avec son air navré,
qui lui jette un regard. Je voudrais
en arriver à ceci : Félicien a tout

Folio 267


tout dit à son père, qui l'a écouté,
et qui a refusé. Sa parole engagée
aux Voincourt. Il ne veut pas de
cette amourette, de cette aventure. Et
il refuse jamais. Il faut que Félicien
dise cela à Angélique, ou du moins
à Hubertine qui le répétera à
Angélique (j'aime mieux, car je ne
voudrais remettre les amoureux
en présence que pour une grande scène.)
Donc lui a plaidé sa cause, et j'en
voudrais arriver à ce que Angélique
elle-même alla plaider sa cause
près de l'évêque. Elle est se révolte
peu à peu, veut lutter, forcer le
bonheur, puisqu'elle attend en vain
le miracle depuis des mois. Et elle
s'échappe, elle va je se jeter auprès

Folio 268


aux pieds de Monseigneur. Je voudrais
une scène grande. Choisir l'endroit,
la sari sacristie peut-être, un coin
de l'église. L'évêque traverse seul, et
elle se jette à ses pieds : Mon père,
et tout ce que l'amour peut dire.
Comme elle est charmante, et simple,
et fraîche dans sa petite robe. Ses
cheveux se dénouent. Je Une grande
pureté, une grande passion. Vous avez
refusé, vous ne m'aviez pas vue.
Il faut que vous me voyez. [illisible]
Et brave même sur l'argent, sur
la grande position. Au moins, c'est
moi que vous allez refuser. Il me
resterait un remords si je ne tentais
pas cette démarche. Sur Félicien aussi,
comment elle l'aime ; et elle est

Folio 269


certaine qu'il l'adore, que sans
elle il mourra. Une grande naïveté
dans la bravoure. L'amour qui avoue.
Très chaste, c'est pourquoi elle ose -
L'évêque l'écoutera, comme Dieu
le père, et passera sans répondre.
Alors, Angélique s'affaissant sur
les dalles. Hubertine qui l'a suivie,
qui la guette d'un pilier, accourt
et l'emporte. Maintenant tout
est bien fini. Elle re Angélique
rentrant dans son immobilité.


Là je voudrais un chapitre où
la vie reprend avec les Hubert. Une
scène de travail sans doute. La broderie
revient. Hubert reparaît avec son drame
personnel. Une visite à la tombe de la
mère qui ne pardonne toujours pas.

Folio 270


Mais il le chapitre est surtout pour
montrer le ravage chez Angélique. Elle
affecte de l d'être revenue comme
autrefois. Elle travaille, elle s'occupe du
ménage, elle rit et, lit la vie des
saints. Même elle paraît avoir oublié
le Félicien. Peut-être pourrai-je
me servir là des p broderies que
le jeune homme a commandé [sic]. Elle
les termine, mais s'échappe quand il
vient prendre livraison, ou autre
chose. Elle semble ne plus vouloir
le voir. Jamais plus elle ne regarde
par le jardin la fenêtre, elle ne
descend plus au jardin. Et elle semblerait
indifférente, si elle ne déclinait
pas chaque jour. Le chapitre
doit être pour peindre cette lente

Folio 271


agonie. Il faudrait des faits. Peu à
peu pâle, se forçant pour manger,
et des faiblesses brusques. Un jour,
on la trouve san tombée à terre
sanglotant, et elle elle reste sort comme
d'un rêve. Bientôt elle ne peut
plus se traîner, une langueur l'envahit.
Des débats [illisible] affreux la nuit quand
elle est seule. Une De véritables agonies,
la sueur au front, en prière au milieu
de son lit, et dont elle sort pl victorieuse,
mais plus faible. Je voulais une lutte
psychologique, et c'est ici qu'il faudrait
la mettre ; la jeunesse, la santé
l'amour d'un côté, et de l'autre
le devoir, le respect. Y mêler le milieu
toujours. Enfin je voudrais l'amour,
à la fin du chapitre, à ne plus
pouvoir quitter sa chambre. Elle y va

Folio 272


de son lit à un fauteuil, émaciée,
travaillant encore à ses broderies, car
le travail seul la soulage. Elle n'est
plus qu'une ombre, [illisible] fluette, la chair
mangée par le chagrin. Et elle a tout
fait pour chasser Félicien. Sa lutte est
contre son cœur, sa jeunesse, sa santé
qui la poussent à courir à lui. C'est
contre le besoin de le revoir que la
lutte se fait. La faire très poignante.
Et le sourire, quand elle ne peut plus
marcher : Maintenant, je n'irai pas.
[illisible] Pour matérialiser la lutte, mettre
un chant de Félicien au dehors. Il
l'appelle et elle n'y va pas. Le chant
pourra se rapprocher peu à peu. Les
Hubert assistant à cela, navrés, mais
fermes. Lui plus passionné s'indigne
voudrait [illisible] que l'enfant soit au heureuse

Folio 273


quitte à ce qu'elle désobéisse ;
mais Hubertine lui rappelle le passé
leur désobéissance à eux, et combien
ils en souffrent encore, en sentant que
la mère n'a pas pardonné. - J'en
suis donc arrivé à la fin du chapitre,
lorsque Angélique, [illisible] murée dans
sa chambre se meurt.


Là, [illisible] autre chapitre. Le chant
de Félicien s'est peu à peu rapproché.
Et un soir qu'elle a laissé la fenêtre
ouverte, il grimpe, il entre dans la
chambre. Grande scène de lutte et de
passion, mais chaste. D'abord, elle
peut aller à lui, heureuse. Au moins
elle le reverra avant de mourir. Mais
lui sanglotte [sic], ne veut pas qu'elle meurt.
A ses pieds. La faire si imatérielle [sic].

Folio 274


que la scène reste très pure. Félicien
la regardant et pleurant de la voir
si immatérielle. Comme elle est changée,
belle toujours. Lui aussi très changé.
Je voudrais un commencement de
scène où ils oublient tout pour mêler
leur [sic] larmes, et se dire qu'ils s'aiment
toujours. Mais Félicien ne
veut pas la perdre, il est venu pour
la chercher, il l'emmènera. Elle résiste,
a peur de lui, d'elle. Tout [illisible] prêt,
l'enlèvement indique : à telle heure
demain, à tel endroit. Elle aura
bien la force de descendre. Z Non,
non ! elle ne veut pas. Alors, il
lui fait le tableau de leur bonheur
ils iront loin. Où ils iront dans
un printemps éternel, et comme

Folio 275


ils s'aimeront. Elle va céder, lorsque
le devoir, le respect se réveillent
et elle se raidit, elle est victorieuse.
Jamais elle ne le fera désobéir à son
père, il faut qu'il obéisse, qu'il
épouse Blanche. Elle mourra, c'est
à moitié fait, et ses larmes de ce
qu'il soit venu, car elle était résignée,
tandis que maintenant elle va
souffrir encore. Enfin, il faut qu'elle
le renvoie. Elle reste seule, un comme
morte, ayant consommé le sacrifice,
mo le cœur écrasé, la chair vaincue.


L'avant-dernier chapitre. Angélique
est mourante, dans son lit
blanc. Et l'extrême-onction. La
gravité désolée des Hubert. Il faut
que cela soi [sic], malgré leur larmes [sic]. C'est

Folio 276


Hubertine est allée à l'église demander
l'extrême-onction. Elle apprête
la chambre, toute pleine de fleur blanche [sic]
avec l'autel improvisé et les cierge [sic].
Puis, l'etonnem le saisissement,
lorsque c'est Monseigneur qui apparaît
avec les saintes huiles. Et le regard
d'Angélique, qui comprend ( ?) et qui
se ranime à mesure que la cérémonie
avance. Voir à régler ça, comment
procédera l'évêque, ce qu'il dira
et à quel moment. Enfin, il a
voulu venir lui-même. Son fils
l'a encore supplié, il sait que la
jeune fille se meurt. Dire Et l'expliquer
là tout entier, ce muet, cet
homme entré dans les ordres après

Folio 277


la mort de sa femme, en ayant
tenu rancune à son fils qu'il a
fait élevé [sic] loin de lui (il ne l'a
revu qu'à vingt ans et pour le
marier) Bien dire la débâcle qui
se produit dans son cœur, combien
il a été touché par la vue d'Angélique
sans le dire, ses combats depuis
ce jour-là, et tout emporté maintenant,
son fils adoré, Angélique
aussi, le la volonté de faire du
bonheur ; avec le réveil de la l'amour
pour sa femme, au fond de son cœur.
Il faudra que tout cela y soit,
mais très discret, en peu de mots,
dans une larme et dans un sourire.
Enfin, il est venu pour l'extrême
onction et pour donner son consentement :

Folio 278


voir s'il ne peut à marquer
l'opposition ou le rapprochement entre
cette extrême onction et le salut qu'il
apporte, l'amour, le bonheur. Vu Les
Hubert seront là. Je crois qu'il
faudra mener à la fin Félicien.
Finir par Angélique rayonnante
et sauvée.


Chapitre final. Le mariage. Toute
la splendeur, la richesse, la joie. Faire
de l'église une expansion de bonheur.
C'est L'évêque y assiste, avec tout
le clergé. Et l'église noire intérieurement,
avec un soleil splendide au
dehors, qui allument [sic] les vitraux.
Des milliers de cierges. Des chants,
une richesse inouïe. C'est la fin
du rêve, l'hosanna, le bouquet

Folio 279


mystique. Nous ne sommes pas encore
dans le monde de la réalité, ceci n'est
que la réalisation triomphante du rêve
d'une jeune [sic]. Elle épouse le prince Charmant,
le Jésus, la beauté et la fortune
au delà de tout espoir. C'est pourquoi
tout doit chanter. Elle en
blanc, délicieuse ; lui adorable. Le
couple de l'amour, dans la vieille
église noire et religieuse. Mettre là
les Hubert, avec l'épisode de la
mère qui a pardonné, heureux,
ravis, ayant un enfant pour remplacer
celle qui s'en va. Les
finir selon la logique. Puis,
enfin, après la cérémonie, la
sortie de l'église, au son des

Folio 280


orgues, la grande porte (par [illisible]
laquelle Angélique n'entrait jamais)
ouverte à deux battants sur la
place ensoleillée, sur le monde. Les
cloches, les bruits de la ville. Et toute
une foule qui [illisible] attend, qui regarde,
foule sympathique, heureuse, souriant
au couple est-ce un accueil, une promesse pour l'avenir. C'est la fin du rêve,
l'entrée dans la vie. Le rêve
de la jeune fille pauvre a été
réalisé.


Folio 281


Beaucoup de détails me restent à fixer.
Je voudrais surtout une lutte chez
Angélique, car la vertu qui ne combat
pas n'est pas la vertu. Il me Je
voudrais donc mettre en elle des
instincts [illisible] pas bons, que je combattrais
par le milieu et par les
leçons de Hubertine [sic]. Ces instincts
me sont d'autant moins difficile
à lui donner qu'elle est une
Rougon Macquart. Donc deux
mauvais instinct [sic] : l'orgueil d'abord,
qui porte à l'irrespect. Elle
est très va orgueilleuse, très dominatrice ;
et Hubertine agit contre cela,
la plie à des travaux bas exprès.

Folio 282


Elle les fait en frémissant. C'est
cet orgueil qui lui fait faire
son rêve, et Hubert est avec elle
pour son rêve, tandis qu'Hubertine
jusqu'à la fin tremble ; et c'est
même Hubertine qui me donnera
la crainte de la fin sur l'entrée
dans la réalité, crainte que j'exprimerai
timidement, et qui sera
emportée dans la joie du triomphe.
Du reste à la fin, dans la maladie,
(effet à étudier) je briserai
les défauts d'Angélique, si bien
qu'à la fin je la montrerai
le respect triomphant
modeste et humble dans le triomphe
- Mais l'orgueil ne suffit pas
je veux opposer au devoir, la

Folio 283


passion. Donc Jacque Angélique sera
une passionnée, il y aura en elle
la Rougon Macquart (ce que les
Hubert diront après le voyage du
mari à Paris, leur inquiétude
d'avoir à élever ce rejeton, ce qu'ils
craignent de l'orgueilleuse et de
la passionnée, jusqu'au regret presque
et jusqu'au désir de la corriger).
C'est encore de l'hérédité, c'est
très bon pour ma série, car ça
montrer [sic] un rejet des Rougon
Macquart, attaqué, transplanté dans
un milieu particulier, et amélioré,
sauvé par ce milieu ; toujours l'influence
du milieu, ici combattant l'hérédité.
C'est beaucoup moins coco
que mon Angélique toute pure

Folio 284


et sans lutte. La psychologie est là
dans cette lutte. L'éducation et
le milieu. Et par passionnée,
j'entends entraînée vers l'amour,
l'amour libre même, de chair
faite pour l'homme, capable des
chutes. Mais encore un coup tout
cela traité très chastement, car
je veux que la pureté soit absolue
dans la forme, dans la façon
de traiter le roman. - Voici la
distribution de cet orgueil et de
cette passion. Les poser dans le chapitre
I - Au II et au III, l'éducation et le
milieu, corrigeant Angélique. - Puis la
passion qui croît pendant le IV, le V et le VI,
éclate dans le VII, jusqu'à la crainte de la
chute avant le mariage. Au VIII et au IX , c'est l'orgueil
qui éclate, un fils d'évêque, et la leçon d'Hubertine
porte sur l'orgueil et sur la passion. Le milieu.

Folio 285


Au di X elle paraît calmée, mais tout
gronde encore en elle ; et dans tout le
XI, le début psychologique qui lui permettra
au XII de l'emporter, de se vaincre
de ne pas céder à l'orgueil et à la
passion qui gronde en elle. Puis
la maladie la brisant, elle en sort
humble et soumise et se montre
tel [sic] au XIV dans le triomphe.
C'est en somme tout un combat
de la conscience contre les instincts
les passions, et il faut qu'elle se
domine au moment où elle
va céder. La scène est belle à faire,
elle a beaucoup de mouvement.


Mais je trouve que les amours
d'Angélique et de Félicien ne sont
pas trop unis. Ils ne souffrent

Folio 286


pas assez de leur amour lui même
car le plus grand tourment pour
est de croire qu'on n'est plus aimé
(à dire cela). Donc, à un moment
des traverses. Dans l'idylle je
du IV au VIII, je puis mettre quelques
bouderies, quelque angoisse. Ainsi au
VI, chez Hubert, quand il vient, c'est
qu'il ne se croit plus aimé, et c'est
à qui le fera monter dans la chambre ;
et alors Angélique, retenue jusque là, se
laisse emporter presque jusqu'à la chute dans de l'innocence .
C'est lui qui la respecte [illisible] - Mais le g le
grand doute, c'est après le refus de l'évêque,
au X. Angélique, au XI doit finir
par croire qu'elle n'est plus aimée :
des raisons qui lui font dire cela,
elle peut s'imaginer que Félicien obéissant
à son père va épouser Blanche
le bruit en court. Angélique en voit

Folio 287


quelque chose, voit Blanche passer
au bras de Félicien. Enfin, elle est
certaine qu'elle n'est plus aimée,
et sa douleur affreuse. Cela dans son
combat, la passion et l'orgueil contre
le devoir et le respect. Mais Elle se en
croit re est ramenée à se tenir dans
son humilité et sa chasteté. Mais
l'effet en est qu'au VII, quand Félicien
vient lui expliquer qu'elle il l'aime
toujours il y a chez elle un réveil
effrayant de la passion et de l'orgueil,
elle qui se croyait s'être domptée
uniquement par sur ses deux vices,
uniquement par lorsqu'il y avait
surtout là l'accablement de n'être
plus aimée, d'être dédaignée. Et
la lutte en scène alors, avec tout le
développement voulu. Montrer le combat

Folio 288


qu'elle soutient contre elle. Et bien
dire que si elle triomphe, c'est
au milieu, c'est à l'éducation
qu'elle le doit : peu à peu le devoir
et le respect qui s'est se sont amassés
en elle, à son insu. Les secousses du
mal originaire ont été de moins
violentes [sic], et elle s'étonne elle-même
de se vaincre, de se trouvée [sic] changée
bonifiée. De Cette fois, c'est la
dernière crise, elle le sent. Donc
le milieu, l'éducation interviennent
là. Et la maladie, l'approche de la
mort, l'extrême onction peut-être
achèvent la cris cure, font qu'au
XIV elle est humble et calmée dans
le triomphe, - toujours en réservant
l'entrée dans le monde. Nous sommes
dans un rêve.


Folio 289


Enfin, je voudrais bien pour faire
Angélique complète la faire charitable.
Dans son désir de la richesse avoué, proclamé. (Il est
riche, mais tant mieux. Pourquoi ne
l'épouserai-je pas. Je lui devrais [sic][davantage] tout ,
je l'aimerai davantage !) dans ce
désir, mettre le besoin d'être charitable,
de faire du p bonheur [illisible] autour d'elle.
Les mains ouvertes donnant tout,
même jusqu'au défaut. Grondée pour
ça [illisible] aussi par Hubertine. Et des
faits qui vont en effet jusqu'à
l'extravange [sic] elle donne ce qu'elle a, elle pille dans la maison, elle fait la charité à des indignes . Dans son rêve, elle
a toujours des millions, elle est reine,
elle laisse tomber une pluie d'or.
Et j'ai je veux que cette charité
me donne des épisodes, au moins dans
l'idylle. Félicien la rencontrant chez
des pauvres, en et elle enlève jusqu'à

Folio 290


sa robe, ou son châle seulement. Mais
il faut qu'un peu de ses épaules apparaissent
et qu'elle en reste confuse. Le
Je t'aime de Félicien peut venir alors.
Il faut que la charité mette entre eux
une complicité. Félicien très riche peut
donner beaucoup. Il ne donnait pas
lui-même. C'est pour la rencontrer elle,
qu'il se met à donner. Voir si cela
ne peut pas avoir un écho plus loin.
N'en pas abuser pourtant.


Ce que je n'ai toujours pas, c'est
l'idylle dans le terrain vague. Ce terrain
est trop vague, je voudrais
bien le fixer. J'ai la lente venue du
Prince Charmant. Mais c'est l'idylle
que je voudrais, dans ce que j'ai appelé
le terrain vague. Mettons que je finisse
par l'épisode de la charité, le vêtement
donné, et la jeune fille confuse, et Félicien
en arrivant au : Je t'aime murmuré.
Mais auparavant je voudrais quelque

Folio 291


chose. Il faudrait que ce terrain vague
se trouva comme un bout de champ désert,
par grand, où l'herbe a poussé, dans lequel
sont restées de vieilles pierres, apportées
là pour une réparation à l'église, et
oubliée [sic]. Quelques arbrisseaux, nécessaires, et
un ruisseau qui après avoir traversé
le jardin de l'évêché traverse le terrain,
disparaît couvert dans la rue, pour
aller reparaître plus loin dans la ville,
à la rue des Lavandières - Autrefois,
il y avait là un moulin, dont il ne
reste que des ruines. Dans les anciens
bâtiments du moulin, des pauvres
cinq ou six hangars, collés derrière
l'église, des pauvres se sont installés.
Deux ou trois familles et une surtout
que je nommerai. C'est là que l'épisode
de la charité aura lieu. Une porte

Folio 292


de la maison des Hubert donne sur
ce terrain, et une petite grille de l'évêché
y ouvre aussi. Mais le terrain ouvre
sur la rue par une ruelle, et Angélique
peut croire que Félicien vient de
la rue. Ce n'est que plus tard qu'elle
comprend et que Félicien l'emmène dans
le jardin de l'évêché le long du ruisseau - En outre, le
ruisseau peut me donner un épisode
de linge lavé, ou de linge blanc étendu.
Félicien est là, elle le voit en plein
jour et il peu [sic] l'aider à étendre son
linge, ou à rattraper un fichu que
le courant emporte. Cinq Enfin quelque
chose de blanc et de frais, quelque
chose qui la montre bonne ménagère simple mais reine
Je voudrais un autre épisode. Où ils
causeraient. Par exemple, le premier

Folio 293


épisode : le sauvetage d'un linge
qui va disparaître dans le canal couvert.
Lui se trempant son portrait à elle, bras nus . Tout cela un
peu ridicule, gai, jeune, elle se moquant
presque, le remerciant mais
en étouffant un rire. C'est lui, pourtant.
Au fond, elle a une émotion qu'elle
raille. Il reparaît, rôde autour d'elle
sans oser approcher. Puis l'épisode
du linge étalé. Il l'aide Elle toujours
les bras nus. Il l'aide et il cause :
[interligne] son travail de broderie il faut qu'il soit séduit
qui est elle est quels sont ses goûts.
[interligne] par son grand air - Lui ne se fait pas connaître.
Un frémissement plus grand. Mo De
[interligne] Il élude, il doit rester l'inconnu
l'émotion, moins de rire, quoique
gai toujours. Et la charité arrivant
il la suit dans les rues, va où elle
va, donne tellement qu'elle se fâche, n'ayant
plus plaisir à donner. Puis le retour
dans le terrain vague. Un jour encore

Folio 294


qu'elle a étendu du linge, le don et
lui arrivant, et le je t'aime qui
la fait s'enfuir à demi vêtue confuse.
- Au chapitre suivant, inquiète, troublée,
elle ne se montre plus, et c'est pourquoi
il s'introduit chez les Hubert sous un
prétexte. Le chapitre est à chercher.


Je

Je crois qu'il faut donner à
l'œuvre une base réelle. Si je la faisais
trop dans la fantaisie, dans le songe,
elle serait beaucoup moins efficace
Donc asseoir le plus possible mes personnages,
leur donner surtout un
acte civil très solide. Qu'ils tiennent
à la terre. C'est en les circonstanciant,
qu'ils prendront de la réalité.
Les épisodes aussi , de ne doivent pas
être romantiques, mais terre à

Folio 295


terre relevés par la grâce. Ajouter
simplement l'au delà, où il conviendra
de le faire, et donner une
grande place possible à la lutte psychologique
de la conscience contre les
instincts. - Mon Angélique est maintenant
d'aplomb, très humaine avec
sa lutte, et très sympathique avec
sont son triomphe sur elle-même.
Mes Hubert aussi sont l très suffisants.
Je ne ferai de l'évêque qu'une
silhouette. Ho Militaire, homme du
monde, brisé par une affliction, une
plaie du cœur, jeté dans les [illisible] ordres
dur à la passion sa haine de l'amour dont il a tant souffert , et vaincu par
la passion jeune et brave. Il ne faudrait
pas qu'il apportât le pardon
et le bonheur à Angélique. Il faudrait

Folio 296


qu'il vînt seulement pour le
viatique ou pour l'extrême onction,
et que ce fût la vue d'Angélique,
ce qu'elle lui dit surtout,
sa soumission à la mort, sa victoire
sur elle-même, le devoir et le respect
l'ayant emporté en elle. Et pour
la ça il faudrait que son fils
lui ait tout dit, qu'il a voulu
l'enlever et qu'elle a refusé, qu'elle
est une sainte, qu'elle est chaste
et soumise, L'évêque a vo et qu'elle en meurt.
Cela en un débordement de douleur,
malade lui même, en danger.
Il a voulu résisté encore,
Superbe ; mais il a voulu apporter
l'extrême onction. Et c'est
en la voyant, c'est l'a [sic] qu'elle lui

Folio 297


dit, qu'il est vaincu. Il s'agenouille,
demande un miracle à
Dieu, dit à la mourante : Ma fille,
si Dieu le veut, je le veux. Et
le miracle sera fait. Donc l'évêque
vaincu par la passion, mais
la passion vaincue par le devoir,
humble et chaste. Et le retentissement
que cela à [sic] en lui, l'homme
d'autrefois, la femme qu'il
a tant aimée.


Seulement, Félicien m'inquiète
davantage comme solidité
psychologique. J'en fais bien un
enfant qui a coûté la vie à sa
mère, qui a des passions si vives que
son père renonce à le faire entrer dans
les ordres et qu'il veut le marier

Folio 298


tout de suite. Il est donc la jeunesse,
beau, brave, loyal, passionné, se jetant à
la passion sans rien calculer, préférant
la petite brodeuse à la riche héritière,
parce qu'il l'aime. Respectueux pour son
père, puis s'emportant contre lui dans
une dernière scène. Puceau, sort en
extase devant la vie, ce gourmand d'y
mordre. Ne songeant encore [illisible] qu'à
l'amour. Très riche, n'ayant du goût
pour aucun métier... Mais je m'arrête,
c'est là je crois qu'est la faiblesse.
Ce Félicien reste en l'air, n'a pas de
réalité parce qu'il ne tient pas à la
vie. S'il était ingénieur ou lieutenant,
ce serait de très bien. Il faudrait qu'il
eût un métier. C'est ennuyeux et pas
général d'en faire un artiste. Il faut
que je lui trouve une situation, une
fonction dans la vie. Je recule devant

Folio 299


le militaire, l'ingénieur. Le militaire
n'entrerait pas dans ma fable, il ne
me servirait pas, il y détonnerait. Que
peut donc être un jeune homme
que riche à dix millions (sa mère
lui a laissé quelque chose qui profite
depuis vingt [sic] ; elle n'avait qu'un
ou deux millions, il en a cinquante.
Pendant que j'y suis, pourquoi ne
pas me payer une fortune colossale.)
Il faut qu'il fasse quelque chose par
passion. De la science, il ne serait pas
si amoureux. Dans la diplomatie peut-être,
mais ça le diminue, son mariage avec
la petite brodeuse devient une faute.
Si je ne trouve rien à lui faire faire
de classé, le mieux est de le montrer
au sortir de ses études, passionné
pour tout ce qui est beau, mais

Folio 300


répugnant à un enrégimentement.
C'est sous l'empire, et bien dire
pourquoi il ne veut pas être soldat.
Il refuse aussi la diplomatie, pour
l'intrigue. Soldat ou diplomate, ou
grand propriétaire trop jeune , c'est tout ce qu'il
pourrait être, car sa grande fortune
l'empêche de s'intéresser à un métier
libéral qui lui rapporterait, avocat,
médecin, ingénieur ; d'ailleurs, l'horreur
de la science. Au contraire, tous
les arts lui mettent les larmes aux
yeux. Profondément sensible aux à
la musique, certaines voix l'enveloppent
tout entier et le font défaillir.
Angélique le conquiert surtout par
la voix. Elle le conquiert aussi par
les yeux car très sensible également
à la beauté, au dessin. Pas du tout

Folio 301


littéraire, n'a jamais eu l'idée d'écrire,
écrit même très mal. Mais
musicien et dessinateur. N'en pas
faire un artiste, un simple amateur.
Bien expliquer pourquoi il n'est
rien, pourquoi il restera un homme
très riche, aimant le beau. En musique
il ne pratique pas, il n'est
qu'auditeur très sensible. En dessin,
il dessine, il peint : mais surtout
le faire prendre par la peinture sur
verre, le côté métier l'amuse,
il a son four, son atelier. Un
ouvrier primitif
. Je puis lui faire
réparer par amusement un vitrail
de l'église. Seulement, on saurait qui
il est, c'est difficile. Si je garde le
garçon riche, qui n'est rien, qui ne

Folio 302


peut rien être, mont cela fait qu'Angélique
entre dans cette vie oisive de
princesse. A voir, mais j'aimerais mieux
autre chose. - Mon Dieu ! je suis décidé
à lui en faire un oisif, un amateur,
un demi artiste. Cela le rapprochera d'Angélique,
et d'autre part, toute profession
le rapetisserait, gênerait pour la
logique de l'œuvre : car il faut qu'il
soit libre pour épouser Angélique.


Mais un scrupule m'est
venu, dont l'examen est plus grave.
Faire Angélique triomphante à la
fin, et vivant, c'est répéter Denise.
Des deux côtés, c'est une jeune
fille triomphant par sa vertu, arrivant
à la fortune ; et il n'y a

Folio 303


entre elle [sic] que des différences de Tempéraments
et de faits. L'idée est la
même. Il faudrait donc qu'Angélique
ne triomphât pas ou mourût.
Ne pas triompher atteint tout le
livre. J'aimerais mieux qu'elle mourût
dans son triomphe. Cela est plus
grand, plus pur, plus éthéré. Et pas une
mort triste, une disparition angélique.
Elle reste Angélique. Voici l'arrangement.
Si Dieu veut, je veux bien, a dit
l'évêque. Et dès lors je fais toujours
le miracle, mais pour la conclusion
du rêve seulement. Il faut qu'il y
ait une fausse convalescence et que
qu'Angélique sente bien que ce n'est qu'un
répit, que la blessure est toujours au
fond et qu'elle moura. Mais elle veut
aller jusqu'au bout de son rêve. Elle

Folio 304


feint la santé, elle a la force de se
lever, d'aller mieux ; elle fait illusion
à tout le monde sans se reprendre
elle-même à l'espoir. Alors, en presse
Elle veut aller au fond bout de son rêve,
la richesse, l'amour. Elle La richesse
sera donnée par la pompe de la
cérémonie, sa robe de mariée magnifique,
un luxe écrasant et des aumônes considérables . L'amour
par la nuit de noce qu'elle
espère, une seule nuit de passion.
Alors, la montrer avec la mort
en elle mariée au milieu de cet
éclat princier, avec une pluie d'or
sur les pauvres. La poésie de cette
fiancée sous le coup de la mort ;
et elle le sait, et elle est résignée,
humble et douce gaie même, ravie
par la réalisation de son rêve.

Folio 305


Indiquer qu'elle espérait la nuit
de noce : elle va au somptueux
hôtel qu'on a préparé. Mais à la
sortie, au moment où elle va
entrer dans la réalité, devant la
place ensoleillée, pleine de monde,
la mort qu'a qui la prend. Elle
ne peut que se hausser jusqu'au [sic]
lèvres de Félicien, et elle lui
met un long baiser sur la
bouche (ce baiser représente le mariage
consommé) et elle meurt, satisfaite,
ravie, emportée dans la réalisation
de son rêve, au moment où elle
entrait dans la réalité. Cela me
paraît beaucoup plus grand et beaucoup
plus touchant. C'est Le triomphe
complet était plus platement bourgeois

Folio 306


Je ne voudrais pas même autour
d'elle beaucoup de douleur. L'évêque
s'y attendait, l'avait compris ;
arranger cela avec Dieu. Félicien
la voit lui échapper comme une
vision qui remonte au ciel. Lui
même a senti qu'il ne tenait
qu'une ombre, depuis la maladie.
Bien indiquer cela. Les Hubert
pardonnés par la mère, rentrant
dans la vie, heureux doivent avoir
aussi la sensation qu'un rêve
est fini. C'est une montée au
ciel et non une mort. Ca vaut
mieux.
Les orgues jouent. et La
foule acclame. Cela doit rester triomphal.
Et c'est la fin logique du rêve.


Folio 307


L'idée de l'église et de l'évêque me
gêne définitivement décidément, car je
crains que tout cela ne rappelle trop l'Abbé
Mouret, et je voudrais autre chose que [illisible]
la religion, la pompe et religieuse, l'au-delà
religieux. Je voudrais donc remplacer l'église
par un château et l'évêque par
un seigneur, un noble très haut. Le
no rôle reste le même : j'ai toujours la
femme adorée, morte en couches, et le père
foudroyé, pris d'une rancune contre l'enfant,
le faisant élever loin de lui, ne
le rappelant que pour le marier ; mariage
imposé par un fait. Il refuse toujours
son consentement à un mariage
d'amour, par haine de la passion ; et il en
arrive à l'autoriser dans une débâcle

Folio 308


dernière de son cœur. Cela ne change rien,
en somme, et enlève le côté un peu louche
de l'évêque. Le seigneur viendra pendant
l'extrême onction, il tombera là et
accordera sera vaincu la même chose [sic].
Je n'y perds que la broderie commandée,
qui faisait [illisible] connaître le vrai nom
de Félicien. Il faudra trouver autre chose
pour cette broderie. Si je mets une chapelle
dans le château, je ce sera une broderie
pour cette chapelle. Je peux imaginer que
ce sera un dais par exemple, pour une
procession ; et j'aurai la procession, le
père et le fils tiendront un des glands du
dais : ce qui amène la découverte. Oui
une chapelle dans le château, et un
vieux curé, qui sera pour la procession
et, pour l'extrême onction et pour le mariage


Folio 309


Mais l'a le château à régler est chose
plus complexe. Je le mets toujours dans une
ville religieuse, Lourmes. Il me faut un
vieux château très ancien avec des parties
reconstruites. Je pourrais peut-être
prendre le château de Châteaudun, avec
une rivière ; peut-être serait-il préférable
de l'avoir à plat. L'architecture,
l'époque de ce château est à régler.
Ce sera à la porte que Hubertine recueillera
Angélique, et ce sera au seuil
de la chapelle que, le rêve fini, cett
la jeune fille mourra. Il faut donc
une chapelle. Mais je la mettrais sans
doute dans la cour du château, je
n'en ferai [sic] pas un point central,
pour éviter la religion. La maison
des Hubert doit être collée au château

Folio 310


au lieu d'être collée à l'église.
La même petite rue ancienne aboutissant
à une la porte du château ( ?)
La maison est dans l'ombre des tours
et le vitrail que voit Angélique est
celle celui d'une salle basse, d'une
salle des gardes par exemple ; et il représentera
un jeune dieu avec unedeess
déesse - ou encore une scène mythologique
Angélique le verra comme elle
voyait l'autre ; je trouverai un moyen
pour l'éclairer à l'intérieur. Il
pourrait être au premier étage, et
dans la salle de travail du vieux seigneur. -
Quant au quartier, il est
complètement à régler de nouveau,
pour se prêter à tous les épisodes.