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Le croup : une maladie foudroyante

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Au XVIIIe siècle apparaît une nouvelle maladie appelée croup. Décimant les jeunes générations et leur entourage immédiat, elle génère une véritable psychose chez les parents et devient un thème récurrent dans la littérature contemporaine.

Le croup en 1904. Gravure de Georges Chicotot. Coll. de la BIU Santé
Dès 1771 il est fait mention d'une  maladie appelée croup – parfois croups – dans l’ouvrage d’un médecin anglais. Il s’agit d’un mal extrêmement contagieux qui, au  milieu du XIXe siècle, connaît un pic comme en témoigne ce mémoire : Histoire de l’épidémie de croup qui a régné en 1840 et au commencement de 1841 à l’Hôpital des enfants de Paris.
Ce nom bizarre provient du verbe anglais to croup qui signifie hennir ou crier comme un cheval, sans doute par référence à un des symptômes : une toux aboyante. Les symptômes du croup sont impressionnants puisqu’on peut voir apparaître dans le larynx des fausses membranes qui sont susceptibles d’étouffer le malade en obstruant sa respiration. C’est pourquoi on multiplie les conférences et les ouvrages prodiguant des conseils aux mères sur la conduite à tenir.
De fait, l’extrême contagiosité du mal crée un effet de panique et le corps médical se voit contraint de calmer la population en distinguant le vrai du faux croup  d'origine virale et plus bénin. Dès 1826 le docteur Pierre Bretonneau (1778-1862), professeur et médecin en chef de l’hôpital de Tours introduit le terme d’angine diphtérique (diphtera, la membrane en grec) et préconise la trachéotomie en dernier recours : on pratique une ouverture de manière chirurgicale dans la trachée haute sous le larynx.
 

Bretonneau. Photographie de l'Atelier Nadar, 1900

 
La littérature contemporaine est le reflet de la peur qu’inspire cette maladie. Au XIXe siècle, le croup devient un sujet de prédilection pour les poètes qui y voient le thème mélodramatique par excellence : Plaintes  de C. Courtin ou bien Sonnets de Achille Millien, Joies et misères de Jules Rouquette ou le Parnasse jusqu’à leur illustre confrère Victor Hugo dans les Contemplations :
 
Un jour - nous avons tous de ces dates funèbres ! -
Le croup, monstre hideux, épervier des ténèbres,
Sur la blanche maison brusquement s’abattit,
Horrible, et,  se ruant sur le pauvre petit,
Le saisit à la gorge ; ô noire maladie !
De l’air par qui l’on vit sinistre perfidie !
Qui n’a vu se débattre, hélas, ces doux enfants
Qu’étreint le croup féroce en ses doigts étouffants !
 
Concurremment, dans les romans populaires contemporains paraissant sous forme de feuilletons dans les journaux, les écrivains mettent en scène, sans lésiner sur les effets dramatiques, la détresse qui étreint la mère ou le père lorsqu’il se rend compte que son enfant a contracté le croup : L’Enfant du fantôme ou comme Madame Lambelle de Gustave Toudouze :
Pleine de pressentiments sinistres, elle conservait dans son esprit, dans son cœur, dans ses oreilles l’épouvantement de cette voix criant à son mari : « On croit que c’est le croup ! » Elle revoyait l’air soudainement glacé du docteur…
 

Le Docteur Roux.[photographie de presse] Agence Meurisse, 1913

C’est donc un soulagement général qui accueille en 1894 un traitement préventif : la découverte par le sous-directeur de l’Institut Pasteur, le docteur Emile Roux (1853-1933) d’un sérum qui immunise désormais la population.  
 

Le vaccin du croup par A. Brouillet. Extr. de l'Oeuvre d'art, 5 mai 1895

Commentaires

Soumis par ALAIN GILLON le 22/08/2020

Quand on pense que le vaccin est intervenu en 1895 pour une épidémie des années 1841,alors soyons patients pour le covid19. C'est une des principales raisons qu'il faut observer les gestes barrières

Soumis par JF Millet le 30/09/2020

C'est effectivement le <sérum> antidiphtérique qui a été mis au point par le Dr Roux en 1895. La sérothérapie consiste à injecter des anticorps "tout faits" (ici par un cheval...) dirigés contre la toxine diphtérique. C'est un traitement de l'infection confirmée.Le <vaccin> préventif n'est apparu que plus tard vers 1925. Le titre du tableau est donc erroné.
Que ce pinaillage ne nous distraie pas des gestes barrières actuels !

Soumis par Françoise DEHERLY le 13/10/2020

Je vous remercie pour ces précisions qui complètent le billet. Mais nous sommes obligés de respecter la légende qui accompagne une illustration même si elle est erronée.
Bien cordialement

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