PRtX DE L'ABONHEMEMT
France et coLoniM 130 fr. B50 fr.
Etranger (Affr. réduit) 190 fr. 360 fr.
franger (autre p:ty9.)M5
MDACTiOM et ADMtHtSTRATtOM
PROVISOIREMENT
13. Rue Mteph. RédMt. et AdmiMStf. OT.Ot
AdrMsc «M~)'aphi
DEBATS A VEXtnC)LERMOHTP<)
C. C. f. Ciermont~Perr~ad 2S.495
1 FRANC
N* 1M& 156* ANNEE
MERCREDI 31 MAI M44
JOmAL DES DEBATS
POLITIQUES ET LITTÉRAIRES
Clermont-Ferrand, le 30 mai
Les cMMres tragiques
Quelle affreuse éloquence que
celle de ces chiffras qui dénom-
brent, par milliers, dans tant
de nos belles villes de France,
les longues théories de tués, de
blessés graves, de maisons
anéanties Quel rythme de
mort Quelques semaines encore
d~ cette application à l'assassi-
nat en masse, et à la destruc-
tion de nos cités, et ~lotre mal~-
heureux pays sera devenu un
champ de désolation, en atten-
dant que se réalise le r&ve des
hommes de la dissidence qui
aspirent à le voir transformé
définitivement en un plus com-
plet champ de carnages encore,
en attendant qu'il figure un
vaste cimetière.
Les témoins de ces terribles
assauts aériens gardent la vision
terrifiante de ces massacres.
Toutes ces maisons écroulées sur
des malheureux surpris par des
attaques brusquées, qui vivaient
paisiblement, sans se douter
des coups terribles qui allaient
les frapper ces familles réu-
'nies pour un anniversaire, pour
une première communion ces
enfants groupés dans une cha-
pelle de catéchisme ou un pa-
tronage ces tout-petits rassem-
blés dans une pouponnière.
.Quelle victoire barbare rem-
portée sur tous ces Innocents,
dont le cas cruel, s'est repro-
duit ces jours-ci à des centai-
nes d'exemplaires'! < Nous som-
mes en guerre s'écrient en
guise de consolation, les hom-
m-es prudemment retranchés à
Alger et qui se contentent d'ap-
prouver, dans l'espoir qu'au
milieu des carnages ils arrive-
ront à régner.
Est-ce que toutes ces familles,
tous ces pauvres enfants sont
en guerre ?. Quel pourrait être
leur refuge, alors que partout
sur notre territoire, au nord, à
l'est. & l'ouest, au sud, les Fran-
çais sont exposés pareillement
à ces terribles massacres. Plus
de 700 morts à Saint-Etienne
et 1.200 blessés 300 morts à
Avignon et 400 blessés plus de
100 morts a Amiens 185 morts
dans la banlieue parisienne
316 morts à Nice et 133 dispa-
rus, etc. sans compter Nlmes,
Avignon, et nos deux plus gran-
des villes, Marseille et Lyon où
le chiffre des victimes fut vrai-
ment terrifiant. Autrefois, quand
une catastrophe de chemin de
fer se produisait avec une di-
zaine de victimes, toute la pitié
nationale s'exprimait de façon
touchante.
Comment, aujourd'hui, un
cœur français pourrait-il de-
meurer Insensible en face d'une
sauvagerie" ~Fganisée, dont les
buts militaires, par l'imprécision
des tirs, semblent constituer
l'accessoire ? Hier à Lyon le
cardinal Gerlier devant les qua-
tre cents cercueils rangés à la
cathédrale Saint-Jean, évoquait
les scènes atroces auxquelles il
avait assisté les larmes aux yeux
dans les lieux du désastre, les
dépôts mortuaires, les hôpitaux
où gisent tant d'innocentes vic-
times. Quelle fière victoire que
cette somme de douleurs et de
souffrances offligées à des vieil-
lards. des, femmes, des en-
fants
Douloureuse hécatombe à MarseiMe
ON Y COMPTE PRES DE !.200 MORTS
M)H%eUtc. 29 m&t. L* prttectUM a ftft conotttre ttcmhre << tMr!*noe~ aytnt treHtt <« m*rt zu ceur* « hemt<*r M«rM) Le! tr**tajt ttt dOttaitmeot ttttt)auent. -1
255 MORTS, 153 DISPARUS NICE
Nice. 29 mai. Lt traei0"e bjtaa du bembftrdement dtrité e t<«' t'Wtm~t
tMe< 95S mtftt. <63~Mtr tx tttttttttt. en ne t*nM< y )mr
ABRËS SON ÉMOUVANTE VIÔITE AUX VILLES MARTYRES DE L'EST
f~ c~f ~€ ~JE~t s~f orr~ c D~on
« II n'y a pas de prétexte qui puisse justifier
devant la conscience humaine d'aussi sanglantes hécatombes ))
MT LE MARJ~mL RV MR~r DES BOM~D~Mr5
Dans la capitjtle 4e !t Bourgogne.
l'annoMo ~'est répandue r&p*demt'nt, commo
veille a Nancy. H est M H. 45 quand J[9
train opec!~ entM dans 1~ pare tMt-
vtUsée MM. Ceorces MernMtt. ))tMe<
r~gionat Maurice BernMft. mfure de
b YiUe (th~. commissiira g~nÈrat à. l'A~ricui-
ture, saluent lo MarÉctal à sa descente
de ytnfure.
Lentement. !te cortège s'achemine .vera
ta aMtia de ta. care. où Ja. mushtua.
xinsi qu'un peloton da la garda per-
sonneUe du chef de t'Kt~t est massée.
La. ~ta~e est noire de monde. Fendant
quelques instants, le Maréchal, tret
drott. demeure tj'tntoble et f.ontentpte
t~ foule. Puis il monte en voiture. M-
lué par une tempête d'acclamations.
Le cortège M met en route et .eagne
l'Hôtel de Ville.
Place de l'Hôtel fle-VKle. l'ancienne
'pface ~Royale, je palais de& ducs f!a
Bourg<)gne dresse sa mas~e imposante.
Au moment où le chef verse la cour. mille drapeaux s'agitent
dans des mains d'enfants. H er-~vit
l'escalfer monumental et ~asne le sa-
lon de l'Horloge, où le maire lui Dro-
sente IM adjoints et le conseil mnni-
ctpat. f~ Maréchal appose son paraphe
sur le livra d'or.
J.6 f-hef de l'Etat, accédant au désir
populaire, apparatt bteatôt. Devant le
microphone, le premier magistrat de
la cite y)roconee une allocution.
FavMea an~amMcaMe s'ac~ae
sw tes ~Mes îfan~ses déjà Mem~es
JV~y~y M NOUVEAU BOMMRME
M M~r~ Pi~ DE jfM ~Lf~~
Nantes, 2!) mat.–Aueeurtd*)*
nuit de samedi ttimanette, dea «iens
ansto ~mértctttHS «nt de n*"xeat' semé
famertcte~rue<<<< Mante!).
En deh*rt d'fo 'HtxrMertrespepuXux q«t*))artft!U)ieren)ent
souffert, de~ bombes exptesfves entUB< fejt de ptMS )e«M au hasard.
Dtmanch&totr,~nemhredBsmerft
était ewa~ué a 54
ANGERS SUBÎT UN RAÏD DE TERREUR
1M MORTS, PLUS DE ZOO BLESSÉS
Angers. 29 ma).– Plusieurs vagues
d'avtOtM angtoaméricaine ont tance,
peu après tninutt. sur )a viHe d'An-
gers. des <)~ianï)~ écrase <ne présentant aucun caractère strate-
S")U!
t-ea Meeurs raptttement ersanitét eat
été rexttus eittr6tnemext ditftcttes et
dangereux par !a< bembes à retarde-
ment. D'ares et déjà, on compta p]Ut
de 100 morts, tandis que btesset, efatues t 900 au début d< tt
mattnee, s'accreit (t'heure en haure.
t-c nombre dss maison atteintes est
très important, tant dans tes «uartiers
centraux que dans ta périphérie.
Les vitraux de ta cathédrate ont era-
wement souffert te château du rot
Hene. véritable joyaux feodat. a été
endommagé par plusieurs bombes.
Une etinioue abritant de nombreux
matades a été tot<)<)éa en pteit). Un
pensionnat s'est tittératement effondré
385 morts, 4M Messes
enJMgnon
Avignon. 2*) ma). –D'aprèsseisTMment~ officiett donnas pprttectura de Vanetu~e. )e t)t) *i<:ttme9 du dernier bombardement d&
< a~tittittn angte-amerieaine Mir A)fi-
tfnen a'ttahtit atn:) MS morts. <9)t Met-
9é<. H y
he im're. prtsMntor de s~arre Mpa-
tH& É70tjU9 left mathetirs <)M temp*
preSBnt~ et associe te souvenir cam~Maea t cette matittinue cerémo-
aLe.
JMjSCOCRS DO MANECKAL
Mes am!s. dit M MarechaJ. j'at vécu
une laoubti~!e ~arnÈe. H y a, ~oag-
tenipsEt &uf un tou {amil'~1 Je M&t'ëchat
raconte son voyage.'
U exprima la douleur des hAbitants.
JLiE ~JETTOa7it ~JTCiVy
Vichy. M mat. Dès < heures, une
toute énorme M rassemblait devant l'hô-
tel du Parc. La nouvelle de l'arrivée du
Marcchal a Vichy, pour lu relève de la
garde s'était répandue c6 la population
s'était portée en maMe défont ie tie:e
du gouvernement. Sous utt sotell spïendi-
de eUe est étonnamment sitencieuse, du
sih'nee des Rrandes attentes.
Catu le hat) de ihôte!. Madame ta
Maréchal Pettt'n et ~e président Lavai,
eutoures des membres du gouvernement
présenta & Vichy, se disposent t accueil-
tir ie Chef de l'Etat.
,A 9 h. tt. la mustaue de la Mrde, en
grande tenue, suivie du détachement qui
vient assurer ta re)eve arriM et se range
fM& a l'hôtel du Pare.
Les membres du gouvernement, descen-
dent alors le pcristyic de l'hatel et sont
ea!uë! dts cris de < Vive Lavai Puis
une centaine de bte~tta. ~.30 netMntobf) enttttttfe hebef~et
p!Roppefeni <)ue Haotas, qui vi<))t de
tt<)tifitptembre, aM oembre dt< ~))te< les
p)ut ëpreuvée* de France, «Me 1 463
merta, 1.MO fmmeMbte* r«<<<, 2.000
partieHement détruits et un < 42.000 stni5
tur M< eocuptat* WM< etMOmntotot
d'eofxnts.MnedtttjMtdejtr~tretttdf)
re))S~usetttex"ttet<)U'toeSager. ~O.F.t.tf.tYas.)
LES OBSEQUES SOLENNELLES DES VtCHMES A LYON
Le cardinal Gercer souhaite !a reconstruction
fervente de l'unité nationa)e
~yon, 99 mai. Lyon en deuil a
fait à se.; uMrtt d'e't'ouvantef. fun&-
raiiies.
Dentnt la cathédrale Saint Jean.
43'2 ce)'cuei!s, recouverts do longttes dra-
peries tricolores, sont raftRes.
A l'intérieur -< autorites officielles ont pris pince ie chœur et à t'extf&mité de ))t gratuie
nef le sentira) BtMeIIp. représentant
te Marchât de France, fhct de t'Etat
te tioctcm' Crasset.d'Etat à i~ Santé puiXxjUf, rettréscn-
tant )9 chef du guuverne'nent M. Paul
RivM. rertré"et)t!int 5t. Mafcct Déat,
ministre secrétaire d'Etat au Travait
et a la Soii()arit6 nattonaie et toutes
tes notnbHites totales.
ALLOCUTtON DU CARONAt GERUEH
Au couM de )A cérémonie. Je cardi-
nal Gertier & ëvoqué, dans una poi-
Fuante aUocution. les s<'6Bes atroces
de vendredi et .des jours qui suivirent
et dont le souvenir unissait la nom-
breuse assistance dans Utt m6tne '.en-
tin)6nt d'horreur, de c".n))jassion affce.
tueuse et dat)~ ua tn prière traternelie.
L'cmincnt prêtât a retrace ie tragi-
qua bilan uet: ptus récents bombarde-
ments df l'aviation angto-américaixe
dout i) a t~Bstatë ies ravages en par-
courant, !es tarmes aux j&ux. les IiL'x
du désastre, les dépots mortuaires et
les 'hôpitaux où Kisent tent tt'innocen-~
tes victintes. e J'ai yu les foyers détes-
tes. t t-i) dit. lesasiies de charité anéantis. J'étais Mer
à Givors. Demnjn. u~e eeremcnie ',em-
hiable ttO fntpres de 70& cercueils. Je sais que
l.OM cadavres jonchaient hier !e sot
LIRE AUJOURD'HUt
C~S MM'S ~y E~5 MŒPN~. Ss-
~EMc Tt{t!l'tnstitut.
Ptt comjM~nott de J«!fMe d'être !e
etM, B~s Roicmer.
puis son destr truira !ef tMmb~t'dements. )t m'y a pt~. dit-il.
de prétexte qui [ t:)t eon~e.euce humaiRO d'aussi SMctan-
tes McatombM.
Un peu pius t&rd. d~cs nnSi~on du
patins municipal, te chef ~e l'Hta.t
prentt contact avec Ic~ autorités et iou
1M les not~baités de la. Yitte.
Puis c'est le départ, au mKieu dM
tMfaoi.itioBS. yeM it préfecture.
te tilence M rétablit. mats pour p-u de
temps. Quctques minutes avant 10 h..
tt est soudain brisé par une ovation
assourdissante. Lit tarde présente h*s
armes, la musique sonne a Aux Champs
La voiture découverte du Maréchal ap-
naralt <*t s'arrête ~ooeement devant
l'hôte) du Parc.
Dans son uniforme kaM, où !a me
daiile mi)itat.e se détache. le Maréchal
se dresse, répond aux inépuisables o'.a-
tions de la toute, puis après être des-
cendu, se dirige vers la m)tr président Lava), a main des autres personnatites présentes.
Ii ENVOt DES COULEURS
Mais. de nouveau, un grand siience se
fait, l'assistance s'immobuise, un bref
commandement, et tandis que retentit
)a sonnerie < Aa drapeau t. le pavillon
tricolore monte lentement au mM.
Le refrain ce la < MarseiDalse x écla-
tc. A peine est-il achevé que ]aH)issent
de nouveau les cris de < Vive le Maré-
chal < Vive la France t.
Aiors te Chef de ''Etat. robuste et
droit, nettement détache df3 personna-
lités qui le suivent, passe d'un pas fer-
me et rapide le ion: de I<* foule, qui
entonne l'hymne du Maréchal, ou qui,
pour mie'it libérer on émotion, ec!ate
en vioranh": ovano~ au tur et t me-
sue que le chef d< Ë:at arrive a sa
hftuteur. ·
Aprts avoir salué' une délégation de
ta Légion francise tes combattants. le
Maréchal revient devant Ihotei du Parc.
O'ttM jp:ste large Jt t'emarcte encore une
fois le pubUc qui, depuis que les cou-
leurs ont été hissées n'a pas un instant
cessé de manifester &t ferveur et sa joie.
Puis 11 pénétTe dens l'hôtel du Parc,
suivi du président I.aval et des mem-
bres du gouvernement.
Mais la multitude estime qu'cHe ne
l'a pas encore ssese lasse!* sa présence. Une nouvelle et
vibrante clameur monte vers le Chef de
l'Etat, qui revient alors saluer, d'un bal-
con de- l'hôtel du Parc, la mer des visa-
ges qui se tendent vers lut.
Longtemps aprts M disparition la fou-
ie qui, dans l'espoir de revoir encore
le Maréchal, ne veut pas se disperser
chante encore 1 hymne national. (O.F.I.).
df Marseille. et contbien d'aafo t
Avignon, à Mmes, ;Mttt«ut. i
Le primat des Sautes a rappe!e q)M,
pourtant. ii y a moin!! d'un 'uoi-i. les
cardinaux et archevêques de France
adressaient a leurs coUeeues tes )ta
fions athées un message « ies sup-
pliant d'obtenir quf fussent épargnées,
avec un soin p!us Attentif. )es popuia.
tions« Il m'est {toutoureux, a t n ajoute~
de constater que cet appet, écho de
cetut qu'avait tait entendre )x voix
~ttgaste du Sout'cr~in t'ontife f't duot
Mus ne pouvof&Ktutcr qu'atMn étA
émus qui te Tecevaient. n'a pas été
entendu jus()U'.t prient pouvaient tui dooaer Ttne eJfi';asue
hienf~isaote.
Le cardin~ a <'onc!u par cet appel
<' fuissent, au-nessus de nos diseorttcs
et travers nos tarmes. les yeux tous les Frantats apercevotr i'itnage
louroujicment. de tenr n)uonr fitia). Ce
rejet de: divisions impies et !a ffr.nns-
truttiun tervpnte de i'unit6 natto-
na)o O.F.t.-Hayas).
7~ morts, !.MO b~ssM
à SaM-Eitenne
Saint-Etienne, Sjdu t)ea)bttrEOenna t'Ottfe ««iateaant « ptus 700 morts et t 1.200 bteMtt.
M. Boutcmy. préfet dB la Lotre. qui
était accomjMgne du président du con-
seil departcmentai. du maire de Saint-
Etienne et de j'eveque. Mfn' Bornât, a
visité ce matin tes centres d'atcueU
et prodigue des paroles de reconfort
aux victimes.
De nombreuses équipes de sauveteurs
s'emp!oleut activement tiu d6bttMem<:nt
d'innombrables nmison écroulées ou
i~~cend~ées et parviennent à dcgaser.
ici où !a. quoique~ emmures vivants.
Les obsèques des victimes auront lieu
ma.rdi matin. (O.F.t.-HavM.)
ecMpETmoMS
Un journal anglais, le jD<ïHy
Te~ra~/t publiait ces jours-ci
un article de son correspondant
Wareing qui vient de séjourner
à Alger. < La population, écrit-
il, reproche au comité d'Alger.
les déplorables conditions de vie
où elle se trouve. Les denrées
les plus élémentaires font défaut
pour le citoyen moyen qui TM
reçoit ni lait, ni beurre, ni Iro-
mage, très peu de café, aucun
légume frais, pas de thé, extrê-
mement peu de vitnde. D'ail-
leurs les boucheries sont fermées
pendant de longues semaines.
Et le journaliste anglais Insiste
sur la déception de certains
Français qui avaient quitté 1~
métropole, et étalent passés en
Afrique, avec le ferme espoir
d'un régime agréable et facile.
En France, pas mal de nos
compatriotes reprochent au gou-
vernement les restrictions ac-
tuelles. et lis attendent le retour
de l'abondance, du fait de la
dissidence et des Anglo-Améri-
cains. On volt ce qui se passe en
Algérie. Celle-ci est loin du
régime de prospérité et d'abon-
dance qu'escomptent bien des
naïfs.
Dans le même article. le
reporter anglais observe que 1*!
comité d'Alger lui semble dé-
pourvu du sens des réalités et
qu'il est tout à fait incapable de
représenter le peuple français.
De son côté, le TttKes commen-
tant le discours Churchill, cons-
tatait qu'il était difficile de
reconnaître à ce fameux comité
un caractère gouvernemental.
'Et il souligne que le fait d'avoir
fui la France, et d'avoir émigré
depuis plusieurs années a sé-
paté les dissdents de la
masse de leurs compatriotes. En
somNM. ils s'en sont quelque peu
retranchés aux-mêmes. L'agence
américaine United Press estime
de son côté que M. Churchill.
a eu raison de manifester vis-
à-vis du comité, les memea
réserves que celles dont s'Ins-
pire la politique américaine.
Si les Anglo-Américains trai-
tent les dissidents avec aussi
peu de ménagement, c'est qu'ils
veulent. pendre eux-mêmes en mains la
gestion des affaires publiques
des nations occidentales et no-
tamment de la France. L'ancien
ministre de la Guerre Hore
Beiisha déclarait qui! serait
nécessaire que < dans certainct
parties de l'Europe et particu-
lièrement dans les zones les pro-
ches de l'Angleterre, 11 se pro-
duise un abandon de la souve-
raineté des Etats au profit d'un
pouvoir central.
Les Angio Américains sont
préoccupés avant tout, de dis-
puter le cas échéant, à l'U.R.S.S.
les leviers de commande dans
certains territoires devenus sim-
ple butin de guerre. La radio
britannique marquait nettement
ces jours-ci que dans les milieux
politiques on craignait précisé-
ment que l'Union soviétique prit
les devants comme elle l'a fal!.
pour le gouvernement Badoglio.
Ainsi se révèle le véritable
aspect de la dissidence, qui. pla-
cée en marge du peuple fran-
çais, ne trouve d'autre solution
pour sortir de l'impasse où elle
se trouve, que de livrer la nation
à une des hégémonies, soviéti-
que ou anglo-américaine, qui se
disputent la domination de
notre pays.
En attendant, et alors que les
bombardements de l'aviation
anglo-américaine font rage sur
la malheureuse terre de France,
les chefs de la dissidence mon-
trent leur indifférence en face
des milliers de morts françaises,
qui sont l'œuvre quotidienne des
alliés. Le silence le plus absolu
à ce sujet, règne dans les rangs
de la dissidence, et l'ex-général
de Gaulle n'a pas changé un
mot à la déclaration par laquelle
il approuvait les premiers car-
nages. Qui ne dit rien consent
c'est dans l'ordre. Et c'est sans
doute sur ce champ de ruines
de massacres et de désolations
que les gens du comité d'Alger
aspirent eux aussi à poser les
fondements de leur compétition.
France et coLoniM 130 fr. B50 fr.
Etranger (Affr. réduit) 190 fr. 360 fr.
franger (autre p:ty9.)M5
MDACTiOM et ADMtHtSTRATtOM
PROVISOIREMENT
13. Rue
AdrMsc «M~)'aphi
DEBATS A VEXtnC)LERMOHTP<)
C. C. f. Ciermont~Perr~ad 2S.495
1 FRANC
N* 1M& 156* ANNEE
MERCREDI 31 MAI M44
JOmAL DES DEBATS
POLITIQUES ET LITTÉRAIRES
Clermont-Ferrand, le 30 mai
Les cMMres tragiques
Quelle affreuse éloquence que
celle de ces chiffras qui dénom-
brent, par milliers, dans tant
de nos belles villes de France,
les longues théories de tués, de
blessés graves, de maisons
anéanties Quel rythme de
mort Quelques semaines encore
d~ cette application à l'assassi-
nat en masse, et à la destruc-
tion de nos cités, et ~lotre mal~-
heureux pays sera devenu un
champ de désolation, en atten-
dant que se réalise le r&ve des
hommes de la dissidence qui
aspirent à le voir transformé
définitivement en un plus com-
plet champ de carnages encore,
en attendant qu'il figure un
vaste cimetière.
Les témoins de ces terribles
assauts aériens gardent la vision
terrifiante de ces massacres.
Toutes ces maisons écroulées sur
des malheureux surpris par des
attaques brusquées, qui vivaient
paisiblement, sans se douter
des coups terribles qui allaient
les frapper ces familles réu-
'nies pour un anniversaire, pour
une première communion ces
enfants groupés dans une cha-
pelle de catéchisme ou un pa-
tronage ces tout-petits rassem-
blés dans une pouponnière.
.Quelle victoire barbare rem-
portée sur tous ces Innocents,
dont le cas cruel, s'est repro-
duit ces jours-ci à des centai-
nes d'exemplaires'! < Nous som-
mes en guerre s'écrient en
guise de consolation, les hom-
m-es prudemment retranchés à
Alger et qui se contentent d'ap-
prouver, dans l'espoir qu'au
milieu des carnages ils arrive-
ront à régner.
Est-ce que toutes ces familles,
tous ces pauvres enfants sont
en guerre ?. Quel pourrait être
leur refuge, alors que partout
sur notre territoire, au nord, à
l'est. & l'ouest, au sud, les Fran-
çais sont exposés pareillement
à ces terribles massacres. Plus
de 700 morts à Saint-Etienne
et 1.200 blessés 300 morts à
Avignon et 400 blessés plus de
100 morts a Amiens 185 morts
dans la banlieue parisienne
316 morts à Nice et 133 dispa-
rus, etc. sans compter Nlmes,
Avignon, et nos deux plus gran-
des villes, Marseille et Lyon où
le chiffre des victimes fut vrai-
ment terrifiant. Autrefois, quand
une catastrophe de chemin de
fer se produisait avec une di-
zaine de victimes, toute la pitié
nationale s'exprimait de façon
touchante.
Comment, aujourd'hui, un
cœur français pourrait-il de-
meurer Insensible en face d'une
sauvagerie" ~Fganisée, dont les
buts militaires, par l'imprécision
des tirs, semblent constituer
l'accessoire ? Hier à Lyon le
cardinal Gerlier devant les qua-
tre cents cercueils rangés à la
cathédrale Saint-Jean, évoquait
les scènes atroces auxquelles il
avait assisté les larmes aux yeux
dans les lieux du désastre, les
dépôts mortuaires, les hôpitaux
où gisent tant d'innocentes vic-
times. Quelle fière victoire que
cette somme de douleurs et de
souffrances offligées à des vieil-
lards. des, femmes, des en-
fants
Douloureuse hécatombe à MarseiMe
ON Y COMPTE PRES DE !.200 MORTS
M)H%eUtc. 29 m&t. L* prttectUM a ftft conotttre
255 MORTS, 153 DISPARUS NICE
Nice. 29 mai. Lt traei0"e bjtaa du bembftrdement dtrité e
tMe< 95S mtftt. <63
ABRËS SON ÉMOUVANTE VIÔITE AUX VILLES MARTYRES DE L'EST
f~ c~f ~€ ~JE~t s~f orr~ c D~on
« II n'y a pas de prétexte qui puisse justifier
devant la conscience humaine d'aussi sanglantes hécatombes ))
MT LE MARJ~mL RV MR~r DES BOM~D~Mr5
Dans la capitjtle 4e !t Bourgogne.
l'annoMo
veille a Nancy. H est M H. 45 quand J[9
train opec!~ entM dans 1~ pare tMt-
vtUsée MM. Ceorces MernMtt. ))tMe<
r~gionat Maurice BernMft. mfure de
b YiUe (
ture, saluent lo MarÉctal à sa descente
de ytnfure.
Lentement. !te cortège s'achemine .vera
ta aMtia de ta. care. où Ja. mushtua.
xinsi qu'un peloton da la garda per-
sonneUe du chef de t'Kt~t est massée.
La. ~ta~e est noire de monde. Fendant
quelques instants, le Maréchal, tret
drott. demeure tj'tntoble et f.ontentpte
t~ foule. Puis il monte en voiture. M-
lué par une tempête d'acclamations.
Le cortège M met en route et .eagne
l'Hôtel de Ville.
Place de l'Hôtel fle-VKle. l'ancienne
'pface ~Royale, je palais de& ducs f!a
Bourg<)gne dresse sa mas~e imposante.
Au moment où le chef verse la cour. mille drapeaux s'agitent
dans des mains d'enfants. H er-~vit
l'escalfer monumental et ~asne le sa-
lon de l'Horloge, où le maire lui Dro-
sente IM adjoints et le conseil mnni-
ctpat. f~ Maréchal appose son paraphe
sur le livra d'or.
J.6 f-hef de l'Etat, accédant au désir
populaire, apparatt bteatôt. Devant le
microphone, le premier magistrat de
la cite y)roconee une allocution.
FavMea an~amMcaMe s'ac~ae
sw tes ~Mes îfan~ses déjà Mem~es
JV~y~y M NOUVEAU BOMMRME
M M~r~ Pi~ DE jfM ~Lf~~
Nantes, 2!) mat.–Aueeurtd*)*
nuit de samedi ttimanette, dea «iens
ansto ~mértctttHS «nt de n*"xeat' semé
famertc
En deh*rt d'fo 'HtxrMer
souffert, de~ bombes exptesfves ent
Dtmanch&totr,~nemhredBsmerft
était ewa~ué a 54
ANGERS SUBÎT UN RAÏD DE TERREUR
1M MORTS, PLUS DE ZOO BLESSÉS
Angers. 29 ma).– Plusieurs vagues
d'avtOtM angtoaméricaine ont tance,
peu après tninutt. sur )a viHe d'An-
gers. des <)~ianï)~
S")U!
t-ea Meeurs raptttement ersanitét eat
été rexttus eittr6tnemext ditftcttes et
dangereux par !a< bembes à retarde-
ment. D'ares et déjà, on compta p]Ut
de 100 morts, tandis que
mattnee, s'accreit (t'heure en haure.
t-c nombre dss maison atteintes est
très important, tant dans tes «uartiers
centraux que dans ta périphérie.
Les vitraux de ta cathédrate ont era-
wement souffert te château du rot
Hene. véritable joyaux feodat. a été
endommagé par plusieurs bombes.
Une etinioue abritant de nombreux
matades a été tot<)<)éa en pteit). Un
pensionnat s'est tittératement effondré
385 morts, 4M Messes
enJMgnon
Avignon. 2*) ma). –D'après
< a~tittittn angte-amerieaine Mir A)fi-
tfnen a'ttahtit atn:) MS morts. <9)t Met-
9é<. H y
he im're. prtsMntor de s~arre Mpa-
tH& É70tjU9 left mathetirs <)M temp*
preSBnt~ et associe te souvenir cam~Maea t cette matittinue cerémo-
aLe.
JMjSCOCRS DO MANECKAL
Mes am!s. dit M MarechaJ. j'at vécu
une laoubti~!e ~arnÈe. H y a, ~oag-
tenips
raconte son voyage.'
U exprima la douleur des hAbitants.
JLiE ~JETTOa7it ~JTCiVy
Vichy. M mat. Dès < heures, une
toute énorme M rassemblait devant l'hô-
tel du Parc. La nouvelle de l'arrivée du
Marcchal a Vichy, pour lu relève de la
garde s'était répandue c6 la population
s'était portée en maMe défont ie tie:e
du gouvernement. Sous utt sotell spïendi-
de eUe est étonnamment sitencieuse, du
sih'nee des Rrandes attentes.
Catu le hat) de ihôte!. Madame ta
Maréchal Pettt'n et ~e président Lavai,
eutoures des membres du gouvernement
présenta & Vichy, se disposent t accueil-
tir ie Chef de l'Etat.
,A 9 h. tt. la mustaue de la Mrde, en
grande tenue, suivie du détachement qui
vient assurer ta re)eve arriM et se range
fM& a l'hôtel du Pare.
Les membres du gouvernement, descen-
dent alors le pcristyic de l'hatel et sont
ea!uë! dts cris de < Vive Lavai Puis
une centaine de bte~tta. ~.30
p!
tt<)tif
p)ut ëpreuvée* de France, «Me 1 463
merta, 1.MO fmmeMbte* r«<<<, 2.000
partieHement détruits et un <
tur M< eocuptat* WM< etMOmntotot
d'eofxnts.MnedtttjMtdejtr~tretttdf)
re))S~use
LES OBSEQUES SOLENNELLES DES VtCHMES A LYON
Le cardinal Gercer souhaite !a reconstruction
fervente de l'unité nationa)e
~yon, 99 mai. Lyon en deuil a
fait à se.; uMrtt d'e't'ouvantef. fun&-
raiiies.
Dentnt la cathédrale Saint Jean.
43'2 ce)'cuei!s, recouverts do longttes dra-
peries tricolores, sont raftRes.
A l'intérieur -<
nef le sentira) BtMeIIp. représentant
te Marchât de France, fhct de t'Etat
te tioctcm' Crasset.
tant )9 chef du guuverne'nent M. Paul
RivM. rertré"et)t!int 5t. Mafcct Déat,
ministre secrétaire d'Etat au Travait
et a la Soii()arit6 nattonaie et toutes
tes notnbHites totales.
ALLOCUTtON DU CARONAt GERUEH
Au couM de )A cérémonie. Je cardi-
nal Gertier & ëvoqué, dans una poi-
Fuante aUocution. les s<'6Bes atroces
de vendredi et .des jours qui suivirent
et dont le souvenir unissait la nom-
breuse assistance dans Utt m6tne '.en-
tin)6nt d'horreur, de c".n))jassion affce.
tueuse et dat)~ ua tn
L'cmincnt prêtât a retrace ie tragi-
qua bilan uet: ptus récents bombarde-
ments df l'aviation angto-américaixe
dout i) a t~Bstatë ies ravages en par-
courant, !es tarmes aux j&ux. les IiL'x
du désastre, les dépots mortuaires et
les 'hôpitaux où Kisent tent tt'innocen-~
tes victintes. e J'ai yu les foyers détes-
tes. t t-i) dit. les
à Givors. Demnjn. u~e eeremcnie ',em-
hiable ttO
l.OM cadavres jonchaient hier !e sot
LIRE AUJOURD'HUt
C~S MM'S ~y E~5 MŒPN~. Ss-
~EMc Tt{t!
Ptt comjM~nott de J«!fMe d'être !e
e
puis son destr truira !ef
de prétexte qui [
tes McatombM.
Un peu pius t&rd. d~cs nnSi~on du
patins municipal, te chef ~e l'Hta.t
prentt contact avec Ic~ autorités et iou
1M les not~baités de la. Yitte.
Puis c'est le départ, au mKieu dM
tMfaoi.itioBS. yeM it préfecture.
te tilence M rétablit. mats pour p-u de
temps. Quctques minutes avant 10 h..
tt est soudain brisé par une ovation
assourdissante. Lit tarde présente h*s
armes, la musique sonne a Aux Champs
La voiture découverte du Maréchal ap-
naralt <*t s'arrête ~ooeement devant
l'hôte) du Parc.
Dans son uniforme kaM, où !a me
daiile mi)itat.e se détache. le Maréchal
se dresse, répond aux inépuisables o'.a-
tions de la toute, puis après être des-
cendu, se dirige vers la m)tr
Ii ENVOt DES COULEURS
Mais. de nouveau, un grand siience se
fait, l'assistance s'immobuise, un bref
commandement, et tandis que retentit
)a sonnerie < Aa drapeau t. le pavillon
tricolore monte lentement au mM.
Le refrain ce la < MarseiDalse x écla-
tc. A peine est-il achevé que ]aH)issent
de nouveau les cris de < Vive le Maré-
chal < Vive la France t.
Aiors te Chef de ''Etat. robuste et
droit, nettement détache df3 personna-
lités qui le suivent, passe d'un pas fer-
me et rapide le ion: de I<* foule, qui
entonne l'hymne du Maréchal, ou qui,
pour mie'it libérer on émotion, ec!ate
en vioranh": ovano~ au tur et t me-
sue que le chef d< Ë:at arrive a sa
hftuteur. ·
Aprts avoir salué' une délégation de
ta Légion francise tes combattants. le
Maréchal revient devant Ihotei du Parc.
O'ttM jp:ste large Jt t'emarcte encore une
fois le pubUc qui, depuis que les cou-
leurs ont été hissées n'a pas un instant
cessé de manifester &t ferveur et sa joie.
Puis 11 pénétTe dens l'hôtel du Parc,
suivi du président I.aval et des mem-
bres du gouvernement.
Mais la multitude estime qu'cHe ne
l'a pas encore ssese lasse!* sa présence. Une nouvelle et
vibrante clameur monte vers le Chef de
l'Etat, qui revient alors saluer, d'un bal-
con de- l'hôtel du Parc, la mer des visa-
ges qui se tendent vers lut.
Longtemps aprts M disparition la fou-
ie qui, dans l'espoir de revoir encore
le Maréchal, ne veut pas se disperser
chante encore 1 hymne national. (O.F.I.).
df Marseille. et contbien d'aafo t
Avignon, à Mmes, ;Mttt«ut. i
Le primat des Sautes a rappe!e q)M,
pourtant. ii y a moin!! d'un 'uoi-i. les
cardinaux et archevêques de France
adressaient a leurs coUeeues tes )ta
fions athées un message « ies sup-
pliant d'obtenir quf fussent épargnées,
avec un soin p!us Attentif. )es popuia.
tions
de constater que cet appet, écho de
cetut qu'avait tait entendre )x voix
~ttgaste du Sout'cr~in t'ontife f't duot
Mus ne pouvof&Ktutcr qu'atMn étA
émus qui te Tecevaient. n'a pas été
entendu jus()U'.t prient
hienf~isaote.
Le cardin~ a <'onc!u par cet appel
<' fuissent, au-nessus de nos diseorttcs
et travers nos tarmes. les yeux tous les Frantats apercevotr i'itnage
rejet de: divisions impies et !a ffr.nns-
truttiun tervpnte de i'unit6 natto-
na)o O.F.t.-Hayas).
7~ morts, !.MO b~ssM
à SaM-Eitenne
Saint-Etienne, Sj
M. Boutcmy. préfet dB la Lotre. qui
était accomjMgne du président du con-
seil departcmentai. du maire de Saint-
Etienne et de j'eveque. Mfn' Bornât, a
visité ce matin tes centres d'atcueU
et prodigue des paroles de reconfort
aux victimes.
De nombreuses équipes de sauveteurs
s'emp!oleut activement tiu d6bttMem<:nt
d'innombrables nmison écroulées ou
i~~cend~ées et parviennent à dcgaser.
ici où !a. quoique~ emmures vivants.
Les obsèques des victimes auront lieu
ma.rdi matin. (O.F.t.-HavM.)
ecMpETmoMS
Un journal anglais, le jD<ïHy
Te~ra~/t publiait ces jours-ci
un article de son correspondant
Wareing qui vient de séjourner
à Alger. < La population, écrit-
il, reproche au comité d'Alger.
les déplorables conditions de vie
où elle se trouve. Les denrées
les plus élémentaires font défaut
pour le citoyen moyen qui TM
reçoit ni lait, ni beurre, ni Iro-
mage, très peu de café, aucun
légume frais, pas de thé, extrê-
mement peu de vitnde. D'ail-
leurs les boucheries sont fermées
pendant de longues semaines.
Et le journaliste anglais Insiste
sur la déception de certains
Français qui avaient quitté 1~
métropole, et étalent passés en
Afrique, avec le ferme espoir
d'un régime agréable et facile.
En France, pas mal de nos
compatriotes reprochent au gou-
vernement les restrictions ac-
tuelles. et lis attendent le retour
de l'abondance, du fait de la
dissidence et des Anglo-Améri-
cains. On volt ce qui se passe en
Algérie. Celle-ci est loin du
régime de prospérité et d'abon-
dance qu'escomptent bien des
naïfs.
Dans le même article. le
reporter anglais observe que 1*!
comité d'Alger lui semble dé-
pourvu du sens des réalités et
qu'il est tout à fait incapable de
représenter le peuple français.
De son côté, le TttKes commen-
tant le discours Churchill, cons-
tatait qu'il était difficile de
reconnaître à ce fameux comité
un caractère gouvernemental.
'Et il souligne que le fait d'avoir
fui la France, et d'avoir émigré
depuis plusieurs années a sé-
paté les dissdents de la
masse de leurs compatriotes. En
somNM. ils s'en sont quelque peu
retranchés aux-mêmes. L'agence
américaine United Press estime
de son côté que M. Churchill.
a eu raison de manifester vis-
à-vis du comité, les memea
réserves que celles dont s'Ins-
pire la politique américaine.
Si les Anglo-Américains trai-
tent les dissidents avec aussi
peu de ménagement, c'est qu'ils
veulent.
gestion des affaires publiques
des nations occidentales et no-
tamment de la France. L'ancien
ministre de la Guerre Hore
Beiisha déclarait qui! serait
nécessaire que < dans certainct
parties de l'Europe et particu-
lièrement dans les zones les pro-
ches de l'Angleterre, 11 se pro-
duise un abandon de la souve-
raineté des Etats au profit d'un
pouvoir central.
Les Angio Américains sont
préoccupés avant tout, de dis-
puter le cas échéant, à l'U.R.S.S.
les leviers de commande dans
certains territoires devenus sim-
ple butin de guerre. La radio
britannique marquait nettement
ces jours-ci que dans les milieux
politiques on craignait précisé-
ment que l'Union soviétique prit
les devants comme elle l'a fal!.
pour le gouvernement Badoglio.
Ainsi se révèle le véritable
aspect de la dissidence, qui. pla-
cée en marge du peuple fran-
çais, ne trouve d'autre solution
pour sortir de l'impasse où elle
se trouve, que de livrer la nation
à une des hégémonies, soviéti-
que ou anglo-américaine, qui se
disputent la domination de
notre pays.
En attendant, et alors que les
bombardements de l'aviation
anglo-américaine font rage sur
la malheureuse terre de France,
les chefs de la dissidence mon-
trent leur indifférence en face
des milliers de morts françaises,
qui sont l'œuvre quotidienne des
alliés. Le silence le plus absolu
à ce sujet, règne dans les rangs
de la dissidence, et l'ex-général
de Gaulle n'a pas changé un
mot à la déclaration par laquelle
il approuvait les premiers car-
nages. Qui ne dit rien consent
c'est dans l'ordre. Et c'est sans
doute sur ce champ de ruines
de massacres et de désolations
que les gens du comité d'Alger
aspirent eux aussi à poser les
fondements de leur compétition.
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