Titre : Excelsior : journal illustré quotidien : informations, littérature, sciences, arts, sports, théâtre, élégances
Éditeur : [s. n.] (Paris)
Date d'édition : 1925-10-19
Contributeur : Lafitte, Pierre (1872-1938). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32771891w
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 19 octobre 1925 19 octobre 1925
Description : 1925/10/19 (A16,N5425). 1925/10/19 (A16,N5425).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k46037937
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-228
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 04/07/2016
EXCELSIOR
Pour bien connaître le prix
de ce que vous possédez, ûgu-
rez-vous que vous l'avez perdu.
DELILLE.
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111 ¡ 1111111111111' 11111111' 11111
16me Année. — N° 5,425. — Pierre Lafitte, fondateur
AAC. Paris, Seine, S.-et-Oise 1
Z U et Seine-et-Marne.
~ PARIS, 20, RUE D'ENGHIEN (Xme) '
Départements OPc.
et Colonies 25
En page 4 :
LES SPOR TS
..................................
En page 6 :
.......... NOS
ILLUSTRATIONS
Il III llllllltt lia ■■■ i>a mi
LUNDI
19
OCTOBRE 1925
......................
Saint Savinien
Adr. tèlêgr. : Excel.-Paris. — Tél. : Gut. 02-73, 02-75, 15-00.
CAUSES
DE LA CRISE
FINANCIÈRE
La hausse soudaine des devises
étrangères — depuis une se-
maine environ — a des causes
d'ordre économique, monétaire
et psychologique.
Le redressement de la situation
dépend du plan d'ensemble que
le gouvernement croit devoir
adopter pour assurer l'équilibre
budgétaire et pour consolider
la dette flottante.
Peut-être n'est-il pas inutile de
résumer, d'un point de vue purement
objectif, les éléments de la crise aux
aspects divers que le ministre des
Finances, dès les débuts de la ses-
sion parlementaire, est appelé à
. .. résoudre. -
Les changes
La hausse soudaine des devises
étrangères a des causes d'ordre éco-
nomique, monétaire et psychologi-
que. Elle provient, en grande partie,
des besoins du commerce et de l'in-
dustrie pour la couverture de leurs
échéances de fin d'année et le renou-
vellement de leurs stocks. Elle s'ex-
plique, en outre, par l'augmentation
continue de la circulation fiduciaire,
au cours des quatre derniers mois,
et le mouvement ascensionnel des
avances de la Banque à l'Etat. Elle
s'est sensiblement aggravée du fait
de l'absence de contre-partie, sur le
marché des changes, où livres et dol-
lars se sont raréfiés, en raison de
l'hésitation des exportateurs à rapa-
trier leurs crédits disponibles à
l'étranger, hésitation causée par
l'éventualité de prélèvements sur le
capital.
L'ajournement de la négociation
des dettes franco-américaines a eu
peu d'influence sur -le marché des
changes, dont la tension actuelle ré-
sulte surtout de l'appréciation défa-
vorable de notre situation financière
intérieure et de l'incertitude - de
l'évolution de la politique générale
du gouvernement et du Parlement.
La trésorerie
Le déséquilibre de la Trésorerie,
dont les sorties ont été largement
supérieures aux rentrées, au cours de
l'exercice actuel, s'explique dans une
certaine mesure par les dépenses
« hors budget » des remboursements
' pour la dette commerciale extérieure,
des pensions de guerre, des réfections
de matériel d'exploitation des P.T.T.
et des frais d'expédition au Maroç
et en Syriè.
Mais ta ciatïsé'Ts'sentielle de. ce dé-
séquilibre réside dans les lourdes
échéances de bons, accumulées sur
cette fin d'anné"\ et dans la limita-
tilon des' renouvellements de bons de
la Défense nationale et l'insuffisante
souscription à l'emprunt en cours,
déterminées par la situation écono-
mique générale, que caractérisent le
renchérissement de la vile .et les be-
soins de crédits du commerce et de
l'industrie.
Les difficultés du Trésor, qui ont
fait crai'ndre de nouveaux appels à
la Banque (dont le maximum légal
des avances à l'Etat se trouve près
d'être atteint) restent, en fin de
compte, la cause principale de la
tension des changes.
Le rendement de la situation finan-
cière dépend donc du plan d'ensem-
ble que croira devoir adopter le gou-
vernement pour assurer un rigou-
reux équilibre budgétaire, faire face
aux besoins immédiats de la Tréso-
rerie et alléger ultérieurement ses
charges par sa politique de consoli-
dation et d'amortissement de la dette
flottante. — M. P.
LA SITUATION S'AGGRAVE
EN CHINE OU L'ON REDOUTE
DE NOUVEAUX COMBATS
PÉKIN, 18 octobre. — Un télé-
gramme de Shanghaï anonce que la
presse indigène chinoise craint vive-
ment qu'une bataille n'ait lieu entre
les troupes du maréchal Feng Yu
Siang et celles du maréchal Tchang
So Lin.
La situation s'aggrave de jour en
jour et !'on se demande si la confé-
rence pour les tarifs douaniers, qui
doit se réunir le 26 octobre, pourra
avoir lieu.
Un délégué américain à la confé-
rence, M. Si las Strawn, est arrivé à
Pékin après avoir subi un jour de re-
tard dans !e voyage par voie ferrée.
Une dépêche ultérieure annonce
que les troupes de la province du
Tché-Kiang sont arrivées à Chang-
Chou dans l'intention manifeste de
rechercher un combat avec l'armée
du général Peng' You Siang, qui t'or-
ti'fle ses positions à Chug-Kinag.
La situation est calme à Shanghaï.
UN NAVIRE EN FLAMMES
DANS L'ATLANTIQUE
AU LARGE DE LA FLORIDE
Il y a dix disparus, et de nombreux
blessés parmi les survivants.
MAYPORT (Floride), 18 octobre. —
Le paquebot Comanche, allant de
Ja,c,ks,on ville 'à New - York, ■ a été
abandonné en flammes au large de
Mayport. On compte 10 manquants.
En outre, de nombreuses person-
nes ont été brûlées ou blessées. Des
navires ont ramené à Mayport, les
passagers et les membres de l'équi-
page survivants. ,
L'incendie s'est déclaré à l'avant ;
il a gagné ensuite le matériel, puis
la cargaison et bientôt il oevint im-
possible de s'en rendre n-taître. Les
passagers et l'équipage ont tenté de
s'échapper dans des canots de sau-
vetage. La majorité des manquants
a été écrasée entre un bateau sauve-
teur et le navire en flammes.
UNE SOUVERAINE DESTITUÉE :
C'EST LA REINE DE SIAM
LES SOUVERAINS DE SIAM PHO-
TOGRAPHIES A BANGKOK EN
1922 ET L'AN DERNIER
On mande de Bangkok aux journaux
que la « Gazette du gouvernement sia-
mois » a publié un décret royal desti-
tuant la reine de son rang. La raisbn
donnée est que la reine a été jugée
incapable de remplir ses fonctions et,
en conséquence, n'était plus à même
de conserver plus longtemps sa haute
position. Ces trois instantanés mon-
trent : 1. le roi Rami VI et la reine
lors de leurs fiançailles, en 1922 ; 2. la
reine en automobile ; 3. le roi en tenue
militaire (d'après « l'Illustration »).'
FIN DE LA GRÈVE
DE LA S. T. C. R. P.
AUJOURD'HUI
Le travail reprendra ce matin.
Le comité de grève de la S.T.C.R.P.
s'est réuni, hier matin, à 9 heures. Il
a décidé de proposer aux grévistes la
reprise du travail pour lundi matin.
A l'assemblée générale qui s'est te-
nue à 10 heures, rue de la Grange-
aux-Belles, cette proposition a été
transmise aux intéressés et ratifiée à
l'unanimité. La grève est donc termi-
née et le service reprendra complè-'
tement ce matin.
M. ALEXANDRE VARENNE
GOUVERNEUR GÉNÉRAL
DE L'INDOCHINE QUITTERA
PARIS AUJOURD'HUI
M. Alexandre Varenne, gouverneur
général de lTndorChine, quittera
Paris aujourd'hui lundi, à 16 heures,
par la gare de Lyon, pour se rendre
à Marseille où il s'embarquera le 23
courant. Il s'arrêtera à Lyon et à
Marseille où il sera reçu par les
Chambres de commerce de ces deux
villes.
Mauger et son fils
se pourvoient en cassation
Armand Mauger, condamné à mort
et son père, Louis, condamné a
15 ans de réclusion pour meurtre du
brigadier Robin, ont signé leur pour-
voi en cassation.
LE CONGRÈS RADICAL DE NICE SE TERMINE
PAR UN GRAND DISCOURS DE M. PAINLEVE
Le président du Conseil expose les résultats obtenus par la politique
extérieure de son gouvernement : " Ayant conscience, ajoute-t-il, d'avoir
bien servi la France et la civilisation, je vous demande une
approbation sans réserves. "
A LA FIN DU CONGRÈS, MM. HERRIOT ET PAINLEVE SE DONNENT L'ACCOIADE
CHACUN SON TOUR : A NICE, M. HERRIOT PHOTOGRAPHIE LES PHOTOGRAPHES. LE PRESIDENT
DE LA CHAMBRE S'APPRETE A PRENDRE UN CLICHE AVEC L'APPAREIL DE L'ENVOYE SPECIAL
D' « EXCELSIOR »
C'est à Nice, à la sortie d'une des séances du congrès radical qu'a été pris cet amusant instantané. Apercevant la pe-
tite armée de photographes que les personnages de marque retrouvent dans toutes les manifestations officielles,
M. Herriot voulut, à son tour, s'essayer au reportage, et emprunta son appareil à notre envoyé spécial, M. Louis
Piston, que'l'on voit, à droite, sur ce cliché... les mains vides.
['DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL]
NICE, 18 octobre. — Aujourd'hui,
tout est à l'apaisement. La journée
est d'une douceur idéale. Nice res-
plendit sous le soleil, qui la baigne
d'une lumière un peu crue. Dans les
jardins, le long de la colline de Cara-
bacel, les orangers, les palmiers, les
cactus marient gracieusement leurs
feuillages, qui ondulent sous la brise,
tandis que, des parterres fleuris,
montent le parfum -du musc, des
roses' et l'odeur poivrée des œillets..
C'est dans ce cadre que — il l'a
du moins @-;-annôned hier sotrw — M.
Herriot va tendrer""S!-M. Painlevé le
rameau d'olivier. Le congrès siège
encore, ce matin au casino.
M. Bender, député du Rhône, pré-
side. On adopte en petit comité le
rapport de M. Doucedame sur la re-
constitution des régions libérées, puis
on apprend que la commission dB-
discipline repousse la demande de
réintégration formulée par M. Paul
Laffont, ancien sous-secrétaire d'Etat
du cabinet Poincaré, qui fut naguère
exclu du parti. L'assemblée approuve
à regret.
M. Herrilot arrive dans la salle,
acclamé par l'assistance, et la dis-
cussion s'engage sur la désignation
de la ville où se tiendra le congrès
l'an prochain. L'an dernier, à Bou-
logne, on avait promis que, après
Nice, on irait à Toulouse. M. Ducos,
député de la Haute-Garonne, rap-
pelle cette promesse :
— Après les œillets de Nice, laissez-
nous vous offrir les violettes de Tou-
louse, dit-il aux congressistes.
Sa proposition est mal accueillie.
Bordeaux,' Angers, Reims réclament
tour à tour le congrès.
— F,n, 1014, clame M. Lévy, parrisan de
Reims, Bordeaux à reçu tous les fuyards
de la guerre !
Ces paroles provoquent de violen-
tes colères. On écarte Reiirns,' puis
les partisans de Bordeaux et d'An-
gers, dont M. Montigny, député de la
Sart lie, est le plus 'grd'ent, sont aux
prises. Plusieurs votes par assis t.t
levés ne donnent aucun résultat.'
L'arbitrage de M. Herriot est même
repoussé par les Angevins. On vo-
tera à la. 'sortie. du congrès, et. ce sont;
les Bordelais qui triomphent. Li?
congrès de 1926 aura donc lieu à
~ Bordeaux. -
Le silence : se rétablit. 11, s'agit
d'arrêter la déclaration du parti. •
M. Herriot prend la parole et, dans,
un petit disco;urs d'une forme impec-
cable, il' résume les travaux du con-
grès. Rappelant le rapport de Mme
Brunschwig, il se prononce notam-
ment sur la nécessité de la protec-
tion de la maternité et de l'enfance.
Ces paroles sont très applaudies.
— Notre déclaration sera claire, dit-
il, c'est le discours que vous avez en-
tendu jeudi, complété par les vœux que
vous avez votés.
Le chef du parti radical ajoute :
• — Le cartel n'es.t pas mort. Quand on
vous dira que vous avez conduit le pays
à la ruine, vous n'aurez qu'à répondre :
iLocarno. ! c'est-à-dire ; sécurité, paix,
bonheur, patrie. ; .
/ Des applaudissements frénétiques
éclatent. M. Herriot termine par ces
paroles :
— Vous, citoyens, vous avez fait votre
devoir, laissez maintenant aux autres le
soin de faire le leur.
La séance est levée pour permettre
aux congressistes d'accompagner M.
Herriot sur la tombe de Gambetta.
LE BANQUET
Le banquet a eu lieu au casino 'de
la jetée-promenade. M. Painlevé et
tous les ministres, sous-secrétaires
d'Ftat, venus au congrès, sont pré-
sents. De vifs applaudissements ac-
cueillent l'entrée de M. Painlevé.
M. Herriot est également l'objet
d'une ovation prolongée.
Au dessert, quand, après M. Le-
franc et M. Mallarmé, député d'Alger,
M, Painlevé se dirige vers l'estrade;
des applaudissements éclatent de nou-
veau. M. Franklin-Bouillon se mon-
tre des plus ardents à acclamer le.
président du Conseil.
Le discours que M. Painlevé 'pro-
nonce d'une voix vibrante est écouté
avec anent.ion.
. Le président du Conseil rappelle
tout d'abord le congrès de l'an der-
nier :. ; " ■ .
— Il y a un an, à Boulogne-sur-Mer,
vous vouliez bien unir dans vos applau-
dissements, à votre banquet de clôture,-
les deux hommes qui, comme aujour-
d'hui, étaient assis côte à côte. Edouard
Herriot était alors président du Conseil,
j'étais, président de la Chambre. J'évo-:
quais les rivalités, les jalousies, les
arrière-pensées que la malignité publique-
attribue, .hélas' ! trop souvent avec rai-
son, aux chefs politiques, rivalités qu'elle
juge d'auta-nt plus aiguës qu'ils sont
plus proches. , ■ -
Frappant sur la solide épaule de
M. Edouard Herriot, je vous disais :
— S'il est deux hommes qui donneront
un démenti à la malignité et aux pro-,
nostics malveillants, c'est lui et c'est moi.
Les difficultés de l'heure
Evoquant, après ce préambule, « les
formidables difficulté's de l'heure et
le prodigieux déséquilibre laissés par
la guerre, les illusions trop long-
temps entretenues et le refus obs-
tiné de voir la vérité trop sévère »,
M. Painlevé s'écrie :
— Nous pouvons, nous devons discuter
tous 'detix passionnément, c'omrtie \'ou5'
faites' Ici même, sur lés'' méthode^ , les
plus efficaces" à" adopter. Nous pouvons,
nous devons confronter avec le seul souci
du bien public les solutions qui paràis-
sent comme les meilleures. Mais il est
une chose qui nous unit toujours, c'est
un és;al amour de la démocratie, un égal
dévouement au pays, un égal et su-
prême dédain des intérêts et des a.mbj-
tions personnels.,'
Le problème de la sécurité
De tous les problèmes auxquels il
a fallu faire face, le plus important
est suris contr.edit celui de la SéCLl-
rité :
— L'insécurité, c'est la monnaie insta-
ble, c'est le crédit des Etats, comme
toutes les entreprises particulières,
voué aux pires fluctuations; c'est le ha-
sard installé au coeur des choses, l'amour
du jeu propagé dans tous les milieux;
c'est le dédain du travail probe et du
bien modeste, sans lesquels il n'est plus
de contrat social. Quand tout est instable,
ce n'est point seulement à quelques ki-
18mètres . d'ici, : c'est sur toute la face
de' la terre que courent la rouge et la
noire. : ■„........ -, t ,
L'insécurité, c'est le communisme s'in-
filtrant par la,,désespérance ou par le
dégoût dans les masses laborieuses.
Tout homme. d'Etat qui n'a pas la vo-
lonté constante de collaborer au main-
tien de la paix est un inconscient bu un
malfaiteur.
C'est ce souci de la sécurité qui.
pendant, plus de quatre ans, a lance
MM. Herriot et Painlevé à-travers !e
pays en une Sorte de croisade répu-
bl,icailne : -, • . ■ , -
— Pendant quatre ans,,en étroite fra-
ternité d'idées,' nous avons assumé la
tâche ingrate de dissiper- les illusions,
fût-ce les plus naturelles, de, montrer
au pays la vérité, si sévère qu'elle ap-
parût.
Et si la bataille politique fut sé-
vère¡e c'est parce que les deux chefs
du cartel sentaient le prix du temps
et des occasions perdues.
(Suite 'en Dernière Heure)
'
SADI LECOINTE REMPORTE LA COUPE BEAUMONT
LE NIEUPORT-DELAGE-HISPANO AVEC LEQUEL SADI LECOINTE REALISA LES SIX TOURS
DU CIRCUIT A 312 KIL. 500 A L'HEURE
La coupe de vitesse Beaumont, dotée de 200,000 francs de prix, s'est disputée, hier, sur l'aérodrome d'Istres, sur un
circuit de 50 kilomètres à couvrir six fois. Ferigoule la disputait à Sadi Lecçinte.Ce dernier, sur son Nieuport-Delage,
moteur Hispano-Suiza, battit la moyenne de l'an dernier, réalisant les vitesses suivantes : premier tour, en
9'55" 2/5, moyenne 302 kil. 500 ; deuxième tour, en 9'39" 1/5, moyenne 310 kil. 300 ; troisième tour, en 9'40,
moyenne 310 kilomètres ; quatrième tour, en 9'3o" 4/5, moyenne 313 kilomètres ; cinquième tour, en 9'30" 3/5,
moyenne 315 kil. 700. La régularité de marche du Nieuport-Delage, moteur Hispano-Suiza, fut parfaite, et les
deux derniers tours purent être effectués à une moyenne supérieure à celle obtenue au cours des quatre premiers.
LE PRIX DU CONSEIL MUNICIPAL
EST GAGNE PAR NID D'OR
,
LES ARRIVEES ET LES VAIN-
QÙEURS DES PRIX DU CONSEIL
MUNICIPAL ET DE LA FORET
Une foule nombreuse et très élégante
assista à ,, la réunion d'hier à Long-
champ. C'est Nid d'Or, poulain de
trois ans, appartenant au duc Decazes,
qui triompha dans le prix du Conseil
Municipal, devant The Sirdar, second à
trois, quarts de longueur. Nid d'Or
était monté par. le jeune apprenti
Amossé. Avec l'arrivée de cette grande
épreuve (1) et une photo de Nid
d'Or. (2), nous publions l'arrivée du
prix de La Forêt, gagné par Bru-
maire (4). — (Lire l'article en page 4.)
PAR QUATRE FOIS
UNE FEMME TENTE
DE SE SUICIDER
Elle n'y parvient pas.
Mme veuve Marie Leloir, quarante-
huit, ans, demeurant rue dèg Co-
tonnes-du-Trône, est neurasthénique..
Résolue à,'en-finir-avec-la vie, elle
se fit, hier, quatre larges entailles à
la gorge à l'aide du rasoir de feu son
mari. Mais elle n'en mourut point et.
transportée à l'hôpital Saint-Antoine
par les soins du commissaire de po-
lice, elle y f.ut pansée, puis on la ren-
voya chez elle, ses blessures n'étant
pas très .sérieuses. Alors, en sortant
de l'hôpital, Mme Leloir s'alla pré-
cipiter sur la voie du métro, à la
station de Reuilly. Mais le watt m an
l'avait vue et il freina à temps pour
ne pas l'écraser. Mme Leloir se tira
de cette seconde tentative' avec une
bosse au front. Retour à Saint-An-
toine et second pansement, suivi d'un
exeat qui s'imposait. Mais Mme Le-
loir tenait à son idée et, à peine
sortie de l'hôpital, à 15 heures, elle
alla se précipiter dans la Seine du
haut du pont .National. Le destin
voulut quedes mariniers la repêchas-
sent' et, pous la troisième fois, elle
fut dirigée sur Saint-Antoine et
pansée derechef. Après quoi, on la
reconduisit chez elle. Que faire pour
mourir? Car Mme Leloir y était
toujours résolue. Cette fois,, elle ab-
sorba 75. centigrammes de teinture
d'iode et, bientôt, l'interne dç service
à Saint-Antoine voyait la désespérée
arriver,pour la quatrième fois. Cette
quatrième tentative ne devait d'ail-
leurs pas avoir plus de succès que:
les trois autres. Mme Leloir n'en
mourut point et, finalement, fut on-:
voyée' au Dépôt, où les médecins
n'auront pas de mal à pronostiquer
qu'elle est. atteinte de la monomanie
du suicide.
DEVOIRS
ET POUVOIRS
D'UN MAIRE
Un maire, en France, est à la
fois agent de l'Etat, sous l'au-
torité du pouvoir central; agent
de la commune et chef de
la police municipale.
Les actes du maire sont contrô-
lés et des recours peuvent être
exercés contre lui, soit pour
excès de pouvoir, soit pour acte
illégal, soit pour refus d'accom-
plir un acte utile ou légal.
Les mesures qui ont été prises ré-
cemment contre certains magistrats
municipaux, notamment contre M.
Laporte, maire de Saint-Denis, qui,
durant une journée entière, ordonna
la fermeture de tous ses services, et
contre le maire d'Halluin (Nord) qui
figurait à la tête d'un cortège com-
muniste ne constituent pas des faits
sans précédent.
A plusieurs reprises déjà, des mai-
res ont été ou suspendus ou même
révoqués pour avoir, soit commis des
actes illégaux, soit, cas plus fréquent
surtout en ces derniers temps, toléré
sur la voi.e publique,, de violentes
manifestations ayant troublé l'ordre
et la tranquillité.
Quels sont donc les devoirs d'un
maire et jusqu'où s'étendent ses pou-
voi'rs ?
Dans toutes les communes- de
France, autres que Paris, il y a un
maire. Celui-ci a un triple caractère.
Il est à la fois agent de l'Etat, sous
l'autorité du pouvoir central; agent
de la commune et chef de la police
municipale. A ce triple point de vue,
ses attributions sont multiples." Il
est chargé de l'exécution des lois et
des^ règlements, des mesures de sû-
reté générale, du recensement des
conscrits; il préside la commission
des listes électorales, il reçoit les ré-
clamations du public pour les impôts,
il est l'auxiliaire du préfet dans la
surveillance des prisons et des éco-
les. Agent d'exécuti'on des décisions
du conseil munici'pal, c'est lui qui
ordonne les dépenses, passe les mar-
chés et représente la commune en
justice et dans la vie civile. Comme
chef de la police municipale, c'est à
lui qu'incombe le soin de maintenir
la sécurité et la tranquillité sur son
territoire, d'empêcher les rixes, les
attroupements, le tapage nocturne.
Chargé du service de la salubrité, il.
n'est cependant pas qualifié pour in-
diquer les mesures à pre -nclre. Enfin
il est officier de l'état civil et non-ne
les fonctionnaires municipaux.
Contrôle des actes
Les actes du maire sont d'ailleurs
contrôlés et des recours peuvent ê' i,t,,
exercés contre lui, soit pour excè,,. de
pouvoir, soit pour acte illégal,
pour refus d'accomplir un acte UÍ
ou légal. Dans ce cas, il peut ou >
suspendu par le préfet du dépa,'t.;.
ment ou révoqué par le ministre de
l'Intérieur.
Un maire peut être considéré
comme ayant enfreint ses devoirs
dès qu'il n'a plus assuré les services
publics. Il en est parmi ses attri-
butions qui sont impérieuses et, ne
souffrent aucun délai : telles sont,
par exemple, celles qui consistent h
assurer les services d'incendie, ceux
de l'état civil, de l'hygiène et de ''as-
sistance publique. Un maire qui refu-
serait d&\ recevoir dans le délai dp,
trois jouis prévu par la loi une dé-
claration d'état civil, ou s'opposerait
à la sortie du matériel à incendie lors
d'un sinistre, ou ne prendrait pas les
mesures immédiates d'hygiène en cas
d'épidémie tomberait sous le coup des
règlements et s'exposerait aux sanc-
tions prévues.
BOULEVARD ROCHECHOUART
UN CHAUFFEUR EST LARDE
DE COUPS DE COUTEAU
Marcel Monnier, v:ng-l-huil nns, chauf-
feur, lClngrnit, à 3 heures du matin le
boulevard Rochcchouart, lorsque, devint
le, numéro 31. il heurla un gamin quI
l'injuria. Plusieurs jeunes gens de dix-
huit à vingt ans prirent fait et cause
pour l'enfant, frappèrent le chauffeur
qui fut jeté sur Je trottoir. Deux des rr,
landrins le frappèrent de neuf coups de
couteau dans le dos et s'enfuirent.
Le chauffeur, transporté (à Lariboisière,
est dans un élat grave.
L'ÉLECTION MUNICIPALE
DU QUARTIER DE LA VILLETTE
Hier a eu lieu le deuxième tour
de scrutin pour l'éleel,jon d'un cun-
seiller municipal au quartier de la
Villette. En voici les résultats :
Inscrits 11,376, volants 6.994,. nuls
69, suffrages exprimés 6,925.
Ont obtenu :
MM. Beaufumé, S. F. I. O., 4.043
voix, élu ; Lozeray, communiste,
2.7U3 voix ; Delatour, 176 voix.
Au premier tour, les voix s'étaient
ainsi réparties : Lozeray, 2,497 ;
Beau fumé, 2.263 ; Bloc radical, 987 ;
At In rd i, républicain, 737.,
LES SOVIETS ADOPTENT
LE SYSTÈME MÉTRIQUE
RIGA, 18 octobre. — La Russie ap-
pliquera le système métrique à partir
du 1er janvier 1926.
La grève des gens de mer
CIIEUBOURG, 18 octobre. — Le steamer
Amiral-Canlheaume, qui se rend au Uré-
sil et dont l'équipage est parlieilement
en grève, est venu prendre à Cherbourg
quelques marins. Il complétera son effec-
iif à Lisbonne.. »,
Le paquebot France, où la grève Jt
éclaté. se fait caréner à Cherbourg.
Pour bien connaître le prix
de ce que vous possédez, ûgu-
rez-vous que vous l'avez perdu.
DELILLE.
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111 ¡ 1111111111111' 11111111' 11111
16me Année. — N° 5,425. — Pierre Lafitte, fondateur
AAC. Paris, Seine, S.-et-Oise 1
Z U et Seine-et-Marne.
~ PARIS, 20, RUE D'ENGHIEN (Xme) '
Départements OPc.
et Colonies 25
En page 4 :
LES SPOR TS
..................................
En page 6 :
.......... NOS
ILLUSTRATIONS
Il III llllllltt lia ■■■ i>a mi
LUNDI
19
OCTOBRE 1925
......................
Saint Savinien
Adr. tèlêgr. : Excel.-Paris. — Tél. : Gut. 02-73, 02-75, 15-00.
CAUSES
DE LA CRISE
FINANCIÈRE
La hausse soudaine des devises
étrangères — depuis une se-
maine environ — a des causes
d'ordre économique, monétaire
et psychologique.
Le redressement de la situation
dépend du plan d'ensemble que
le gouvernement croit devoir
adopter pour assurer l'équilibre
budgétaire et pour consolider
la dette flottante.
Peut-être n'est-il pas inutile de
résumer, d'un point de vue purement
objectif, les éléments de la crise aux
aspects divers que le ministre des
Finances, dès les débuts de la ses-
sion parlementaire, est appelé à
. .. résoudre. -
Les changes
La hausse soudaine des devises
étrangères a des causes d'ordre éco-
nomique, monétaire et psychologi-
que. Elle provient, en grande partie,
des besoins du commerce et de l'in-
dustrie pour la couverture de leurs
échéances de fin d'année et le renou-
vellement de leurs stocks. Elle s'ex-
plique, en outre, par l'augmentation
continue de la circulation fiduciaire,
au cours des quatre derniers mois,
et le mouvement ascensionnel des
avances de la Banque à l'Etat. Elle
s'est sensiblement aggravée du fait
de l'absence de contre-partie, sur le
marché des changes, où livres et dol-
lars se sont raréfiés, en raison de
l'hésitation des exportateurs à rapa-
trier leurs crédits disponibles à
l'étranger, hésitation causée par
l'éventualité de prélèvements sur le
capital.
L'ajournement de la négociation
des dettes franco-américaines a eu
peu d'influence sur -le marché des
changes, dont la tension actuelle ré-
sulte surtout de l'appréciation défa-
vorable de notre situation financière
intérieure et de l'incertitude - de
l'évolution de la politique générale
du gouvernement et du Parlement.
La trésorerie
Le déséquilibre de la Trésorerie,
dont les sorties ont été largement
supérieures aux rentrées, au cours de
l'exercice actuel, s'explique dans une
certaine mesure par les dépenses
« hors budget » des remboursements
' pour la dette commerciale extérieure,
des pensions de guerre, des réfections
de matériel d'exploitation des P.T.T.
et des frais d'expédition au Maroç
et en Syriè.
Mais ta ciatïsé'Ts'sentielle de. ce dé-
séquilibre réside dans les lourdes
échéances de bons, accumulées sur
cette fin d'anné"\ et dans la limita-
tilon des' renouvellements de bons de
la Défense nationale et l'insuffisante
souscription à l'emprunt en cours,
déterminées par la situation écono-
mique générale, que caractérisent le
renchérissement de la vile .et les be-
soins de crédits du commerce et de
l'industrie.
Les difficultés du Trésor, qui ont
fait crai'ndre de nouveaux appels à
la Banque (dont le maximum légal
des avances à l'Etat se trouve près
d'être atteint) restent, en fin de
compte, la cause principale de la
tension des changes.
Le rendement de la situation finan-
cière dépend donc du plan d'ensem-
ble que croira devoir adopter le gou-
vernement pour assurer un rigou-
reux équilibre budgétaire, faire face
aux besoins immédiats de la Tréso-
rerie et alléger ultérieurement ses
charges par sa politique de consoli-
dation et d'amortissement de la dette
flottante. — M. P.
LA SITUATION S'AGGRAVE
EN CHINE OU L'ON REDOUTE
DE NOUVEAUX COMBATS
PÉKIN, 18 octobre. — Un télé-
gramme de Shanghaï anonce que la
presse indigène chinoise craint vive-
ment qu'une bataille n'ait lieu entre
les troupes du maréchal Feng Yu
Siang et celles du maréchal Tchang
So Lin.
La situation s'aggrave de jour en
jour et !'on se demande si la confé-
rence pour les tarifs douaniers, qui
doit se réunir le 26 octobre, pourra
avoir lieu.
Un délégué américain à la confé-
rence, M. Si las Strawn, est arrivé à
Pékin après avoir subi un jour de re-
tard dans !e voyage par voie ferrée.
Une dépêche ultérieure annonce
que les troupes de la province du
Tché-Kiang sont arrivées à Chang-
Chou dans l'intention manifeste de
rechercher un combat avec l'armée
du général Peng' You Siang, qui t'or-
ti'fle ses positions à Chug-Kinag.
La situation est calme à Shanghaï.
UN NAVIRE EN FLAMMES
DANS L'ATLANTIQUE
AU LARGE DE LA FLORIDE
Il y a dix disparus, et de nombreux
blessés parmi les survivants.
MAYPORT (Floride), 18 octobre. —
Le paquebot Comanche, allant de
Ja,c,ks,on ville 'à New - York, ■ a été
abandonné en flammes au large de
Mayport. On compte 10 manquants.
En outre, de nombreuses person-
nes ont été brûlées ou blessées. Des
navires ont ramené à Mayport, les
passagers et les membres de l'équi-
page survivants. ,
L'incendie s'est déclaré à l'avant ;
il a gagné ensuite le matériel, puis
la cargaison et bientôt il oevint im-
possible de s'en rendre n-taître. Les
passagers et l'équipage ont tenté de
s'échapper dans des canots de sau-
vetage. La majorité des manquants
a été écrasée entre un bateau sauve-
teur et le navire en flammes.
UNE SOUVERAINE DESTITUÉE :
C'EST LA REINE DE SIAM
LES SOUVERAINS DE SIAM PHO-
TOGRAPHIES A BANGKOK EN
1922 ET L'AN DERNIER
On mande de Bangkok aux journaux
que la « Gazette du gouvernement sia-
mois » a publié un décret royal desti-
tuant la reine de son rang. La raisbn
donnée est que la reine a été jugée
incapable de remplir ses fonctions et,
en conséquence, n'était plus à même
de conserver plus longtemps sa haute
position. Ces trois instantanés mon-
trent : 1. le roi Rami VI et la reine
lors de leurs fiançailles, en 1922 ; 2. la
reine en automobile ; 3. le roi en tenue
militaire (d'après « l'Illustration »).'
FIN DE LA GRÈVE
DE LA S. T. C. R. P.
AUJOURD'HUI
Le travail reprendra ce matin.
Le comité de grève de la S.T.C.R.P.
s'est réuni, hier matin, à 9 heures. Il
a décidé de proposer aux grévistes la
reprise du travail pour lundi matin.
A l'assemblée générale qui s'est te-
nue à 10 heures, rue de la Grange-
aux-Belles, cette proposition a été
transmise aux intéressés et ratifiée à
l'unanimité. La grève est donc termi-
née et le service reprendra complè-'
tement ce matin.
M. ALEXANDRE VARENNE
GOUVERNEUR GÉNÉRAL
DE L'INDOCHINE QUITTERA
PARIS AUJOURD'HUI
M. Alexandre Varenne, gouverneur
général de lTndorChine, quittera
Paris aujourd'hui lundi, à 16 heures,
par la gare de Lyon, pour se rendre
à Marseille où il s'embarquera le 23
courant. Il s'arrêtera à Lyon et à
Marseille où il sera reçu par les
Chambres de commerce de ces deux
villes.
Mauger et son fils
se pourvoient en cassation
Armand Mauger, condamné à mort
et son père, Louis, condamné a
15 ans de réclusion pour meurtre du
brigadier Robin, ont signé leur pour-
voi en cassation.
LE CONGRÈS RADICAL DE NICE SE TERMINE
PAR UN GRAND DISCOURS DE M. PAINLEVE
Le président du Conseil expose les résultats obtenus par la politique
extérieure de son gouvernement : " Ayant conscience, ajoute-t-il, d'avoir
bien servi la France et la civilisation, je vous demande une
approbation sans réserves. "
A LA FIN DU CONGRÈS, MM. HERRIOT ET PAINLEVE SE DONNENT L'ACCOIADE
CHACUN SON TOUR : A NICE, M. HERRIOT PHOTOGRAPHIE LES PHOTOGRAPHES. LE PRESIDENT
DE LA CHAMBRE S'APPRETE A PRENDRE UN CLICHE AVEC L'APPAREIL DE L'ENVOYE SPECIAL
D' « EXCELSIOR »
C'est à Nice, à la sortie d'une des séances du congrès radical qu'a été pris cet amusant instantané. Apercevant la pe-
tite armée de photographes que les personnages de marque retrouvent dans toutes les manifestations officielles,
M. Herriot voulut, à son tour, s'essayer au reportage, et emprunta son appareil à notre envoyé spécial, M. Louis
Piston, que'l'on voit, à droite, sur ce cliché... les mains vides.
['DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL]
NICE, 18 octobre. — Aujourd'hui,
tout est à l'apaisement. La journée
est d'une douceur idéale. Nice res-
plendit sous le soleil, qui la baigne
d'une lumière un peu crue. Dans les
jardins, le long de la colline de Cara-
bacel, les orangers, les palmiers, les
cactus marient gracieusement leurs
feuillages, qui ondulent sous la brise,
tandis que, des parterres fleuris,
montent le parfum -du musc, des
roses' et l'odeur poivrée des œillets..
C'est dans ce cadre que — il l'a
du moins @-;-annôned hier sotrw — M.
Herriot va tendrer""S!-M. Painlevé le
rameau d'olivier. Le congrès siège
encore, ce matin au casino.
M. Bender, député du Rhône, pré-
side. On adopte en petit comité le
rapport de M. Doucedame sur la re-
constitution des régions libérées, puis
on apprend que la commission dB-
discipline repousse la demande de
réintégration formulée par M. Paul
Laffont, ancien sous-secrétaire d'Etat
du cabinet Poincaré, qui fut naguère
exclu du parti. L'assemblée approuve
à regret.
M. Herrilot arrive dans la salle,
acclamé par l'assistance, et la dis-
cussion s'engage sur la désignation
de la ville où se tiendra le congrès
l'an prochain. L'an dernier, à Bou-
logne, on avait promis que, après
Nice, on irait à Toulouse. M. Ducos,
député de la Haute-Garonne, rap-
pelle cette promesse :
— Après les œillets de Nice, laissez-
nous vous offrir les violettes de Tou-
louse, dit-il aux congressistes.
Sa proposition est mal accueillie.
Bordeaux,' Angers, Reims réclament
tour à tour le congrès.
— F,n, 1014, clame M. Lévy, parrisan de
Reims, Bordeaux à reçu tous les fuyards
de la guerre !
Ces paroles provoquent de violen-
tes colères. On écarte Reiirns,' puis
les partisans de Bordeaux et d'An-
gers, dont M. Montigny, député de la
Sart lie, est le plus 'grd'ent, sont aux
prises. Plusieurs votes par assis t.t
levés ne donnent aucun résultat.'
L'arbitrage de M. Herriot est même
repoussé par les Angevins. On vo-
tera à la. 'sortie. du congrès, et. ce sont;
les Bordelais qui triomphent. Li?
congrès de 1926 aura donc lieu à
~ Bordeaux. -
Le silence : se rétablit. 11, s'agit
d'arrêter la déclaration du parti. •
M. Herriot prend la parole et, dans,
un petit disco;urs d'une forme impec-
cable, il' résume les travaux du con-
grès. Rappelant le rapport de Mme
Brunschwig, il se prononce notam-
ment sur la nécessité de la protec-
tion de la maternité et de l'enfance.
Ces paroles sont très applaudies.
— Notre déclaration sera claire, dit-
il, c'est le discours que vous avez en-
tendu jeudi, complété par les vœux que
vous avez votés.
Le chef du parti radical ajoute :
• — Le cartel n'es.t pas mort. Quand on
vous dira que vous avez conduit le pays
à la ruine, vous n'aurez qu'à répondre :
iLocarno. ! c'est-à-dire ; sécurité, paix,
bonheur, patrie. ; .
/ Des applaudissements frénétiques
éclatent. M. Herriot termine par ces
paroles :
— Vous, citoyens, vous avez fait votre
devoir, laissez maintenant aux autres le
soin de faire le leur.
La séance est levée pour permettre
aux congressistes d'accompagner M.
Herriot sur la tombe de Gambetta.
LE BANQUET
Le banquet a eu lieu au casino 'de
la jetée-promenade. M. Painlevé et
tous les ministres, sous-secrétaires
d'Ftat, venus au congrès, sont pré-
sents. De vifs applaudissements ac-
cueillent l'entrée de M. Painlevé.
M. Herriot est également l'objet
d'une ovation prolongée.
Au dessert, quand, après M. Le-
franc et M. Mallarmé, député d'Alger,
M, Painlevé se dirige vers l'estrade;
des applaudissements éclatent de nou-
veau. M. Franklin-Bouillon se mon-
tre des plus ardents à acclamer le.
président du Conseil.
Le discours que M. Painlevé 'pro-
nonce d'une voix vibrante est écouté
avec anent.ion.
. Le président du Conseil rappelle
tout d'abord le congrès de l'an der-
nier :. ; " ■ .
— Il y a un an, à Boulogne-sur-Mer,
vous vouliez bien unir dans vos applau-
dissements, à votre banquet de clôture,-
les deux hommes qui, comme aujour-
d'hui, étaient assis côte à côte. Edouard
Herriot était alors président du Conseil,
j'étais, président de la Chambre. J'évo-:
quais les rivalités, les jalousies, les
arrière-pensées que la malignité publique-
attribue, .hélas' ! trop souvent avec rai-
son, aux chefs politiques, rivalités qu'elle
juge d'auta-nt plus aiguës qu'ils sont
plus proches. , ■ -
Frappant sur la solide épaule de
M. Edouard Herriot, je vous disais :
— S'il est deux hommes qui donneront
un démenti à la malignité et aux pro-,
nostics malveillants, c'est lui et c'est moi.
Les difficultés de l'heure
Evoquant, après ce préambule, « les
formidables difficulté's de l'heure et
le prodigieux déséquilibre laissés par
la guerre, les illusions trop long-
temps entretenues et le refus obs-
tiné de voir la vérité trop sévère »,
M. Painlevé s'écrie :
— Nous pouvons, nous devons discuter
tous 'detix passionnément, c'omrtie \'ou5'
faites' Ici même, sur lés'' méthode^ , les
plus efficaces" à" adopter. Nous pouvons,
nous devons confronter avec le seul souci
du bien public les solutions qui paràis-
sent comme les meilleures. Mais il est
une chose qui nous unit toujours, c'est
un és;al amour de la démocratie, un égal
dévouement au pays, un égal et su-
prême dédain des intérêts et des a.mbj-
tions personnels.,'
Le problème de la sécurité
De tous les problèmes auxquels il
a fallu faire face, le plus important
est suris contr.edit celui de la SéCLl-
rité :
— L'insécurité, c'est la monnaie insta-
ble, c'est le crédit des Etats, comme
toutes les entreprises particulières,
voué aux pires fluctuations; c'est le ha-
sard installé au coeur des choses, l'amour
du jeu propagé dans tous les milieux;
c'est le dédain du travail probe et du
bien modeste, sans lesquels il n'est plus
de contrat social. Quand tout est instable,
ce n'est point seulement à quelques ki-
18mètres . d'ici, : c'est sur toute la face
de' la terre que courent la rouge et la
noire. : ■„........ -, t ,
L'insécurité, c'est le communisme s'in-
filtrant par la,,désespérance ou par le
dégoût dans les masses laborieuses.
Tout homme. d'Etat qui n'a pas la vo-
lonté constante de collaborer au main-
tien de la paix est un inconscient bu un
malfaiteur.
C'est ce souci de la sécurité qui.
pendant, plus de quatre ans, a lance
MM. Herriot et Painlevé à-travers !e
pays en une Sorte de croisade répu-
bl,icailne : -, • . ■ , -
— Pendant quatre ans,,en étroite fra-
ternité d'idées,' nous avons assumé la
tâche ingrate de dissiper- les illusions,
fût-ce les plus naturelles, de, montrer
au pays la vérité, si sévère qu'elle ap-
parût.
Et si la bataille politique fut sé-
vère¡e c'est parce que les deux chefs
du cartel sentaient le prix du temps
et des occasions perdues.
(Suite 'en Dernière Heure)
'
SADI LECOINTE REMPORTE LA COUPE BEAUMONT
LE NIEUPORT-DELAGE-HISPANO AVEC LEQUEL SADI LECOINTE REALISA LES SIX TOURS
DU CIRCUIT A 312 KIL. 500 A L'HEURE
La coupe de vitesse Beaumont, dotée de 200,000 francs de prix, s'est disputée, hier, sur l'aérodrome d'Istres, sur un
circuit de 50 kilomètres à couvrir six fois. Ferigoule la disputait à Sadi Lecçinte.Ce dernier, sur son Nieuport-Delage,
moteur Hispano-Suiza, battit la moyenne de l'an dernier, réalisant les vitesses suivantes : premier tour, en
9'55" 2/5, moyenne 302 kil. 500 ; deuxième tour, en 9'39" 1/5, moyenne 310 kil. 300 ; troisième tour, en 9'40,
moyenne 310 kilomètres ; quatrième tour, en 9'3o" 4/5, moyenne 313 kilomètres ; cinquième tour, en 9'30" 3/5,
moyenne 315 kil. 700. La régularité de marche du Nieuport-Delage, moteur Hispano-Suiza, fut parfaite, et les
deux derniers tours purent être effectués à une moyenne supérieure à celle obtenue au cours des quatre premiers.
LE PRIX DU CONSEIL MUNICIPAL
EST GAGNE PAR NID D'OR
,
LES ARRIVEES ET LES VAIN-
QÙEURS DES PRIX DU CONSEIL
MUNICIPAL ET DE LA FORET
Une foule nombreuse et très élégante
assista à ,, la réunion d'hier à Long-
champ. C'est Nid d'Or, poulain de
trois ans, appartenant au duc Decazes,
qui triompha dans le prix du Conseil
Municipal, devant The Sirdar, second à
trois, quarts de longueur. Nid d'Or
était monté par. le jeune apprenti
Amossé. Avec l'arrivée de cette grande
épreuve (1) et une photo de Nid
d'Or. (2), nous publions l'arrivée du
prix de La Forêt, gagné par Bru-
maire (4). — (Lire l'article en page 4.)
PAR QUATRE FOIS
UNE FEMME TENTE
DE SE SUICIDER
Elle n'y parvient pas.
Mme veuve Marie Leloir, quarante-
huit, ans, demeurant rue dèg Co-
tonnes-du-Trône, est neurasthénique..
Résolue à,'en-finir-avec-la vie, elle
se fit, hier, quatre larges entailles à
la gorge à l'aide du rasoir de feu son
mari. Mais elle n'en mourut point et.
transportée à l'hôpital Saint-Antoine
par les soins du commissaire de po-
lice, elle y f.ut pansée, puis on la ren-
voya chez elle, ses blessures n'étant
pas très .sérieuses. Alors, en sortant
de l'hôpital, Mme Leloir s'alla pré-
cipiter sur la voie du métro, à la
station de Reuilly. Mais le watt m an
l'avait vue et il freina à temps pour
ne pas l'écraser. Mme Leloir se tira
de cette seconde tentative' avec une
bosse au front. Retour à Saint-An-
toine et second pansement, suivi d'un
exeat qui s'imposait. Mais Mme Le-
loir tenait à son idée et, à peine
sortie de l'hôpital, à 15 heures, elle
alla se précipiter dans la Seine du
haut du pont .National. Le destin
voulut quedes mariniers la repêchas-
sent' et, pous la troisième fois, elle
fut dirigée sur Saint-Antoine et
pansée derechef. Après quoi, on la
reconduisit chez elle. Que faire pour
mourir? Car Mme Leloir y était
toujours résolue. Cette fois,, elle ab-
sorba 75. centigrammes de teinture
d'iode et, bientôt, l'interne dç service
à Saint-Antoine voyait la désespérée
arriver,pour la quatrième fois. Cette
quatrième tentative ne devait d'ail-
leurs pas avoir plus de succès que:
les trois autres. Mme Leloir n'en
mourut point et, finalement, fut on-:
voyée' au Dépôt, où les médecins
n'auront pas de mal à pronostiquer
qu'elle est. atteinte de la monomanie
du suicide.
DEVOIRS
ET POUVOIRS
D'UN MAIRE
Un maire, en France, est à la
fois agent de l'Etat, sous l'au-
torité du pouvoir central; agent
de la commune et chef de
la police municipale.
Les actes du maire sont contrô-
lés et des recours peuvent être
exercés contre lui, soit pour
excès de pouvoir, soit pour acte
illégal, soit pour refus d'accom-
plir un acte utile ou légal.
Les mesures qui ont été prises ré-
cemment contre certains magistrats
municipaux, notamment contre M.
Laporte, maire de Saint-Denis, qui,
durant une journée entière, ordonna
la fermeture de tous ses services, et
contre le maire d'Halluin (Nord) qui
figurait à la tête d'un cortège com-
muniste ne constituent pas des faits
sans précédent.
A plusieurs reprises déjà, des mai-
res ont été ou suspendus ou même
révoqués pour avoir, soit commis des
actes illégaux, soit, cas plus fréquent
surtout en ces derniers temps, toléré
sur la voi.e publique,, de violentes
manifestations ayant troublé l'ordre
et la tranquillité.
Quels sont donc les devoirs d'un
maire et jusqu'où s'étendent ses pou-
voi'rs ?
Dans toutes les communes- de
France, autres que Paris, il y a un
maire. Celui-ci a un triple caractère.
Il est à la fois agent de l'Etat, sous
l'autorité du pouvoir central; agent
de la commune et chef de la police
municipale. A ce triple point de vue,
ses attributions sont multiples." Il
est chargé de l'exécution des lois et
des^ règlements, des mesures de sû-
reté générale, du recensement des
conscrits; il préside la commission
des listes électorales, il reçoit les ré-
clamations du public pour les impôts,
il est l'auxiliaire du préfet dans la
surveillance des prisons et des éco-
les. Agent d'exécuti'on des décisions
du conseil munici'pal, c'est lui qui
ordonne les dépenses, passe les mar-
chés et représente la commune en
justice et dans la vie civile. Comme
chef de la police municipale, c'est à
lui qu'incombe le soin de maintenir
la sécurité et la tranquillité sur son
territoire, d'empêcher les rixes, les
attroupements, le tapage nocturne.
Chargé du service de la salubrité, il.
n'est cependant pas qualifié pour in-
diquer les mesures à pre -nclre. Enfin
il est officier de l'état civil et non-ne
les fonctionnaires municipaux.
Contrôle des actes
Les actes du maire sont d'ailleurs
contrôlés et des recours peuvent ê' i,t,,
exercés contre lui, soit pour excè,,. de
pouvoir, soit pour acte illégal,
pour refus d'accomplir un acte UÍ
ou légal. Dans ce cas, il peut ou >
suspendu par le préfet du dépa,'t.;.
ment ou révoqué par le ministre de
l'Intérieur.
Un maire peut être considéré
comme ayant enfreint ses devoirs
dès qu'il n'a plus assuré les services
publics. Il en est parmi ses attri-
butions qui sont impérieuses et, ne
souffrent aucun délai : telles sont,
par exemple, celles qui consistent h
assurer les services d'incendie, ceux
de l'état civil, de l'hygiène et de ''as-
sistance publique. Un maire qui refu-
serait d&\ recevoir dans le délai dp,
trois jouis prévu par la loi une dé-
claration d'état civil, ou s'opposerait
à la sortie du matériel à incendie lors
d'un sinistre, ou ne prendrait pas les
mesures immédiates d'hygiène en cas
d'épidémie tomberait sous le coup des
règlements et s'exposerait aux sanc-
tions prévues.
BOULEVARD ROCHECHOUART
UN CHAUFFEUR EST LARDE
DE COUPS DE COUTEAU
Marcel Monnier, v:ng-l-huil nns, chauf-
feur, lClngrnit, à 3 heures du matin le
boulevard Rochcchouart, lorsque, devint
le, numéro 31. il heurla un gamin quI
l'injuria. Plusieurs jeunes gens de dix-
huit à vingt ans prirent fait et cause
pour l'enfant, frappèrent le chauffeur
qui fut jeté sur Je trottoir. Deux des rr,
landrins le frappèrent de neuf coups de
couteau dans le dos et s'enfuirent.
Le chauffeur, transporté (à Lariboisière,
est dans un élat grave.
L'ÉLECTION MUNICIPALE
DU QUARTIER DE LA VILLETTE
Hier a eu lieu le deuxième tour
de scrutin pour l'éleel,jon d'un cun-
seiller municipal au quartier de la
Villette. En voici les résultats :
Inscrits 11,376, volants 6.994,. nuls
69, suffrages exprimés 6,925.
Ont obtenu :
MM. Beaufumé, S. F. I. O., 4.043
voix, élu ; Lozeray, communiste,
2.7U3 voix ; Delatour, 176 voix.
Au premier tour, les voix s'étaient
ainsi réparties : Lozeray, 2,497 ;
Beau fumé, 2.263 ; Bloc radical, 987 ;
At In rd i, républicain, 737.,
LES SOVIETS ADOPTENT
LE SYSTÈME MÉTRIQUE
RIGA, 18 octobre. — La Russie ap-
pliquera le système métrique à partir
du 1er janvier 1926.
La grève des gens de mer
CIIEUBOURG, 18 octobre. — Le steamer
Amiral-Canlheaume, qui se rend au Uré-
sil et dont l'équipage est parlieilement
en grève, est venu prendre à Cherbourg
quelques marins. Il complétera son effec-
iif à Lisbonne.. »,
Le paquebot France, où la grève Jt
éclaté. se fait caréner à Cherbourg.
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