Informations détaillées

Titre : 
Hésiode
Auteur : 
Hésiode
Date d'édition : 
1250-1300
Type : 
manuscrit
Langue : 
grec ancien
Format : 
195×150 mm. - [I-II]+1-103+[I-III]. - ECRITURE :Le Parisinus gr. 2773 est un palimpseste confectionné en terre d’Otrante. La scriptura inferior est dans la majeure partie du manuscrit une minuscule. On relève aussi quelques notes latines, lisibles à la lampe de Wood dans certaines marges supérieures (ff. 5v, 7v, 10v, 11r, 35r, 44r, 88r). Par exception l’écriture inférieure des ff. 88 et 90 est une onciale, ce qui se rencontre dans d’autres palimpsestes copiés en terre d’Otrante (cf D. Arnesano, p. 195). La plupart du temps la scriptura superior est parallèle à la scriptura inferior. Fait exception le f. 89 où la scriptura inferior est perpendiculaire au texte copié dans un second temps. D’autres folios encore (par exemple les ff. 91v-92r et 95v-96r) sont des réutilisations d’un manuscrit qui comportait un texte latin copié sur deux colonnes. D. Arnesano a isolé quatre copistes dans ce codex, les copistes A, B, C et D (p. 113-114). Ces copistes alternent très régulièrement, intervenant parfois sur quelques lignes seulement. A et B sont les deux scribes principaux. Étant donné l’étroite imbrication de ces quatre écritures, on peut affirmer que ces quatre scribes ont travaillé ensemble. L’observation paléographique permet d’ailleurs de relever certains indices qui vont dans ce sens : dans la marge supérieure du f. 6r B, auteur de la copie du f. 5v, a inscrit une réclame pour A, qui reprend la copie au f. 6r. Le copiste C, qui termine le f. 6r, inscrit à son tour une réclame dans la marge supérieure du f. 6v pour A, qui prend le relais. Dans la marge supérieure du f. 29r A, qui copie alors uniquement les vers d’Hésiode, a inscrit une réclame pour C, qui est responsable des scholies. Ces réclames ont ensuite été grattées et ne se lisent plus qu’à la lampe de Wood. Le copiste A (voir par exemple les ff. 65r-90r) est celui qu’Arnesano nomme l’ «anonyme 8 », copiste expert auquel il attribue le Parisinus Coislinianus 190, une partie de l’Ambrosianus L 116 sup (Iliade) et quelques folios du Marcianus gr. 257 (p. 124). Il décrit en ces termes cette minuscule baroque : « una minuscola fluida e sinuosa, a leggera compressione laterale, un po’inclinata verso destra, ricchissima di legature e sovrapposizioni, con numerosi e vistosi segni di abbreviazione » (p. 52). La barre horizontale de ses θ est légèrement penchée, il trace des ligatures ε/ρ en as de pique et l’abréviation de όν est symbolisée par deux traits horizontaux. Aux ff. 25v-26r, A a repassé sa copie des vers d’Hésiode, car l’encre utilisée dans un premier temps était trop claire. L’écriture du copiste B (que l’on peut observer par exemple aux ff. 1v-4r) a un aspect un peu échevelé et est qualifiée de sui generis par D. Arnesano (p. 68) qui dit ne pas lui avoir trouvé de parallèle exact. Elle trahit une main assez experte et se reconnaît facilement au tracé de ses doubles λ qui se croisent, à ses petits δ qui penchent sur la droite, à son abréviation de τοῦ dans laquelle la ligature des deux voyelles est sous la lettre tau elle-même surmontée d’un accent circonflexe. C intervient uniquement dans les 33 premiers folios du manuscrit (par exemple, f.6r, 11 dernières lignes ou encore f. 24v, à partir de la ligne 4-25v, à l’exception des quatre dernières lignes) tandis que D (voir par exemple les ff. 95r-102r) intervient à partir du f. 62. L’écriture de C est plus contenue et le module des lettres est plus petit que ce que l’on observe chez les autres copistes de ce manuscrit. Quant à l’écriture de D, elle est, d’après D. Arnesano (p. 62), pauvre en éléments baroques, à la différence des trois autres écritures. Un des traits de cette écriture est la taille particulièrement développée des accents. D. Arnesano a isolé très précisément le travail de chacun d’entre eux (pour le détail voir sa description p. 113-114).Au f.8r, deux lignes qui se trouvaient sous le bandeau ont été grattées. Peut-être s’agissait-il du titre du poème d’Hésiode.Au f. 102v une main a copié le premier hexamètre du premier des Distiques transmis sous le nom de Caton : Si deus est animus, nobis ut carmina dicunt.Au f. 103r une main différente de celle du codex a copié une épigramme. D’après A. Jacob elle est « sans doute contemporaine ou de très peu postérieure » à la confection du livre (p. 131).Sur le folio de garde antérieure I une notice a été rédigée par Palaeocappa. Le f. 94v est blanc. - DECORATION :Comme dans la plupart des manuscrits de terre d’Otrante, la décoration du Parisinus gr. 2773 est très sobre. Des bandeaux ont été tracés aux ff. 1r, 8r et au bas du f. 103r. Au f. 59v, dans la marge inférieure, se trouvent plusieurs petits dessins qui représentent des outils agricoles et un bœuf, chose plutôt rare dans la tradition iconographique du poème didactique d’Hésiode (cf G. Derenzini, p. 448). - MATIERE : Les différents parchemins de ce manuscrit palimpseste, très rigides, sont de médiocre qualité. Ils présentent par endroits des trous naturels ou d’usure (cf ff. 28, 71) et de nombreux plis liés à leur réutilisation. Plusieurs des marges de ce manuscrit ont été restaurées avec des pièces de parchemin (cf f. 74). Certains folios semblent avoir été un temps pliés perpendiculairement à l’actuelle reliure, de sorte que l’on peut observer une bande centrale ponctuée de quelques déchirures (ff. 37, 89). Pour le f. 89 ce pli correspond à la pliure de ce qui était anciennement un bifeuillet couvert d’une écriture minuscule aujourd’hui perpendiculaire à la scriptura superior. Cette technique de réutilisation du parchemin qui consiste à lui imposer une rotation de 90° a été décrite, pour le Laurentianus 87.21, par D. Arnesano (p. 197-198). La loi de Gregory n’est pas respectée. - FOLIOTATION :Foliotation moderne dans l’angle supérieur externe à l’encre noire. Le foliotateur a omis un folio entre le f. 54 et le f. 55 et un autre folio entre le f. 93 et le f. 94. Ces folios portent donc les numéros 54 bis et 93 bis. Le manuscrit a donc 105 et non 103 folios.CAHIERS :Le manuscrit est composé de quatorze cahiers qui sont, pour les onze premiers, des quaternions. Le douzième cahier est un bifolio au centre duquel a été ajouté un folio, les treizième et quatorzième des quaternions auxquels a été ôté un folio. Le fil de couture est toujours visible.11×8 (88) + 1×3 (2+1) (91) + 1×7 (8-1) (98) + 1×7 (8-1) (105) SIGNATURES :Les cahiers sont signés dans l’angle inférieur externe de A à O. Cette signature est accompagnée d’une numérotation continue. La trace d’un système de signatures à l’aide de lettres grecques apparaît dans l’angle supérieur externe du f. 25r, où l’on peut lire la signature δ.PIQÛRES :Sur certains folios on peut observer des piqûres dans la marge externe. - REGLURE :Le manuscrit ne présente pas de système de réglure cohérent. Certains folios n’ont pas été réglés tandis que d’autres l’ont été fermement à la pointe sèche. La plupart du temps cette réglure est du type 20D1 Leroy-Sautel. Dans certains cas il semble que la réglure soit propre à la couche inférieure du manuscrit. - RELIURE : Reliure à la grecque en maroquin brun aux armes de Henri II. La tranchefile, sur deux étages, est faite de fils blancs et bleus. Le plat supérieur est décoré d’un encadrement intérieur au motif floral. Le cartouche central (semblable au fer 4, planche 2488 de Olivier-Hermal-de Roton) inclut deux capitales H couronnées et est rehaussé de peinture blanche. Il est doré sur le plat inférieur. Entre les filets et le cartouche, se trouvent des fers représentant trois croissants entrelacés ou les lettres D entrelacées, chiffre de Diane de Poitiers. Au-dessus de l’encadrement, le titre a été apposé en initiales dorées : ΗΣΙΟΔΟΣ. .Β. Sur le pourtour du filet intérieur des fers représentant des fleurs de lis et trois croissants ont été appliqués. Aux angles des quatre filets, on peut encore observer la trace de boulons. Sur le plat inférieur, on peut voir la trace de quatre attaches (deux en gouttière, une en tête et une en queue). Le dos, qui est en mauvais état de conservation, est quadrillé en tête et en queue et présente un semé héraldique aux fleurs de lis or et à la capitale couronnée. Les tranches sont dorées et les chants rainurés. Cette reliure, dont le décor floral est relativement rare, est proche de celles que l’on peut observer sur plusieurs imprimés de la BnF reliés pour Henri II dans les années 1547-1552 (par exemple l’édition du Nouveau Testament conservée à la BnF sous la cote Rés.A.525, voir M-P. Laffitte, F. Le Bars, p. 100) et sur les Parisini gr. 2709 et 2767. - ESTAMPILLES :Estampille utilisée par la Bibliothèque royale au début du XVIIe siècle (modèle Josserand-Bruno n°1) aux ff. 1r et 103v
Description : 
(ff. 1r-90r) Jean Tzetzès, introduction et scholies à Hésiode, Les Travaux et les Jours, éd. T. Gaisford, Poetae minores Graeci, vol. 2., Leipzig, Kühn, 1823 : [titre] Στίχοι ἰαμβικοὶ καὶ δωρικοὶ πρὸς Πρόκλον τὸν πρὶν ἐξηγησάμενον τὸν Ἡσίοδον.(ff. 8r-90r) Hésiode, Les Travaux et les Jours : [absence de titre].(f. 90v) Fragment sur les mois.(ff. 91r-102v) Pseudo-Hésiode, Le Bouclier et scholies : [titre] Ἡσιόδου Ἀσπίς.(f. 103r) Ėpigramme pour le début des leçons de schédographie, éd. A. Jacob, « Les annales du monastère de San Vito del Pizzo, près de Tarente, d’après les notes marginales du Parisinus gr. 1624 », Rivista di studi bizantini e neoellenici, XXX, 1993, p. 123-153, p. 131-132 : [incipit] Εἰ μὲν στεφάνων ποτνίων τῶν ἐκ λόγων.
Description : 
Ce manuscrit est un palimpseste dont la couche supérieure a été copiée en terre d’Otrante. André Jacob rattache ce palimpseste au Bas-Salento de la fin du XIIIe siècle (p. 131). D. Arnesano évoque quant à lui la seconde moitié du XIIIe siècle (p. 114). Comme l’a signalé A. Jacob, l’écriture inférieure que l’on voit affleurer par endroits est une onciale grecque (p. 55). Seuls les ff. 88 et 90 ont une écriture inférieure en onciale. La strate inférieure du début du manuscrit, copiée en minuscules, est visiblement issue d’un livre liturgique de Ménées. Ce manuscrit contient une épigramme, éditée par A. Jacob, qui porte le souvenir de la visite de deux jeunes gens originaires de Tarente qui sont venus étudier la grammaire dans le Salento. Le dernier vers indique que ces deux jeunes gens s’appelaient Jean. Pour A. Jacob, les fautes de transcription montrent que c’est une copie tandis que le contenu du poème indique qu’il a été composé « pour le début des leçons de schédographie » (p. 131).Le texte d’Hésiode a été rattaché à la famille φ par M. L. West, famille qui rassemble des témoins copiés en Italie du Sud (p. 177). L’archétype de cette famille daterait des années 1150-1180 et se serait rapidement trouvé en Italie méridionale. Le Parisinus gr. 2773 porte le sigle φ8 dans la tradition du poème didactique d’Hésiode.Ce témoin provient de la bibliothèque des rois aragonais de Naples (cf de Marinis II, p. 80). Il a été rapporté de Naples, avec d’autres, par Charles VIII qui entra à Naples en 1495. Tous les manuscrits qui ont été rapportés du royaume de Naples par Charles VIII ont ensuite été réunis dans la bibliothèque royale de Blois par Louis XII. Cette bibliothèque fut transportée à Fontainebleau en 1544.
Droits : 
domaine public
Identifiant : 
ark:/12148/btv1b10502095p
Source : 
Bibliothèque nationale de France, Département des Manuscrits, Grec 2773
Notice du catalogue : 
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc959499
Provenance : 
Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 
23/03/2015


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