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Title : Le Pays lorrain : revue régionale bi-mensuelle illustrée / dir. Charles Sadoul

Author : Société d'histoire de la Lorraine et du Musée lorrain. Auteur du texte

Author : Palais des ducs de Lorraine-Musée lorrain (Nancy). Auteur du texte

Publisher : [s.n.] (Nancy)

Publisher : Berger-LevraultBerger-Levrault (Nancy)

Publication date : 1989

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344146295

Relationship : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb344146295/date

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Format : Nombre total de vues : 21647

Description : 1989

Description : 1989 (A86,VOL66,N1).

Description : Collection numérique : Arts de la marionnette

Description : Collection numérique : Fonds régional : Lorraine

Rights : Consultable en ligne

Rights : Public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k96001953

Source : Société d'histoire de la Lorraine / Musée lorrain

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Online date : 25/05/2015

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en maintenant l'harmonie sociale, considération particulièrement urgente après la Commune de 1871. Les avantages qu'on leur offrait étaient d'ordre matériel, financier et moral. La mesure la plus apte à assurer la stabilité de la main-d'œuvre fut la création de logements ouvriers, les cités ouvrières, qui logeaient les ouvriers pour des loyers modérés ou même gratuitement. Cette institution avait pour but de renforcer l'autorité de la famille et attachait efficacement l'ouvrier à l'usine qui le logeait. L'idée de créer des cités ouvrières était née à Mulhouse, où la « Société des cités ouvrières de Mulhouse » avait été fondée en 1853, sous le patronage de la Société industrielle de Mulhouse. Mais on trouvait encore peu de ces logements à Nancy en 1871. Il n'y avait que la rangée de maisons qu'avait fait construire Saladin. Après 1871, l'affluence des ouvriers d'Alsace-Lorraine avait amené la formation de la Société immobilière nancéienne destinée à fournir des logements bon marché, mais seuls les ouvriers les mieux rémunérés pouvaient payer les loyers assez élevés.

Deux firmes d'Alsace-Lorraine construisirent en fait des cités ouvrières à Nancy après 1871. Les « Fils d'Emmanuel Lang » avaient fait construire à Waldighofen, avant 1870, une pension pour 150 jeunes ouvriers, avec dortoir, cantine et bibliothèque — pension administrée par les religieuses de la Toussaint, de Strasbourg. Une fois installée à Nancy après 1871, l'entreprise avait acquis de Saladin des propriétés pour loger ses ouvriers, les Nos 250, 252 et 252 bis, faubourg Saint-Pierre, achetés aux enchères en 1872. Un de ces bâtiments servait de maison au directeur de la filature. Le reste des bâtiments de Saladin était passé entre les mains des propriétaires privés au cours de ces enchères, mais Lang fut en mesure par la suite d'acheter d'autres logements. En 1872, la firme acquit de Léonard Meyer, jardinier, une maison sur la place de Bonsecours, dans laquelle fut logé le personnel. Le n° 2, rue de Bonsecours, ayant appartenu à Saladin, cédé à un homme d'affaires nommé Émile Bourson, lui fut racheté par la firme Lang. En 1874, le 234, rue de Strasbourg (jusqu'en 1874, nommé faubourg Saint-Pierre) fut pris à bail à la veuve Martin, propriétaire résidant à Paris. Ces maisons devinrent le cœur de la future cité Lang lorsque fut construite une rangée de logements à l'emplacement d'un jardin, rue de Bonsecours. Vers 1884, on fit construire un immeuble à plusieurs étages avec des logements, à l'angle de la rue de Bonsecours et de la ruelle de la Madeleine,

immeuble qui pour cette raison prit le nom de « Cité de la Madeleine ». Lang fit construire un autre ensemble de maisons avant 1914, dans la rue qui porte maintenant le nom de rue Raphaël Lang et débouche sur la route de Mirecourt. Ces maisons furent bâties par l'architecte Émile André vers 1911-12 et formaient quatre blocs. Comme les logements se multipliaient, on adopta un système de lettres pour les désigner. Le commandant Chassignet, dans son rapport à la Société d'économie sociale en 1886, louait les conditions de vie dans ces logements. Chassignet trouvait que ces habitations constituaient de loin la meilleure cité de Nancy. Il n'y avait pas de risque de surpeuplement, car chaque famille disposait d'un étage, et chaque maison ne logeait pas plus de deux familles. Les portes et les fenêtres étaient larges et chaque étage avait une hauteur respectable. En 1911, Lang avait dépensé 425 000 francs pour bâtir de telles habitations, qui logeaient alors 539 personnes réparties dans 417 pièces et 118 appartements.

Les logements de Lang constituent un exemple d'agglomération à l'extérieur de l'usine dont elle dépendait. Les cités ouvrières des usines textiles de l'Est de la France furent construites sur cet exemple, telles que celles de David et Maigret à Épinal, et celles de la Blanchisserie et Teinturerie de Thaon. Mais dans le cas de Fruhinsholz à Nancy, les cités firent partie intégrale de l'enceinte de la fabrique. La cité Fruhinsholz consistait d'abord en une maison d'origine alsacienne qui avait été démontée et transportée à Nancy et qu'on appelait « la Maison alsacienne ». En 1905, il y avait ainsi deux maisons dans l'usine, dans lesquelles vivait une cinquantaine de familles. Chaque appartement avait son petit jardin. Les ouvriers mariés étaient logés gratis et les ouvriers célibataires avaient un dortoir et une cantine à part. En 1910, 62 ouvriers de l'usine logeaient dans les cités, avec en plus un jardinier, un cocher et la veuve d'un ancien employé, qui gagnait son pain en fabriquant des chapeaux. Avec les familles, cela représentait 203 personnes, plus 6 ouvriers célibataires logés dans le dortoir.

Les verreries de Daum — qui étaient une plus petite entreprise — logeaient à leur début un certain nombre de leurs employés dans la résidence du directeur, suivant l'usage d'Avril et Bertrand. Mais la famille Daum s'appropria peu à peu la maison et seule une partie servit à loger les apprentis orphelins. Bien que la firme ne construisît pas sa propre cité ouvrière, Antonin Daum fut un des fondateurs en 1909 de la.