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DE LA COMÉDIE FRANÇAISE AU MONASTÈRE M"" YVONNE HAUTIN devient Soeur Marie-Yvonne

Paris, 17 juin. (De notre rédaction parisienne). C'est une des plus belles vocations religieuses qui vient de trou ver oet après midi la conclusion rituelle. Je vais vous la conter d'apres le récit que m'en a fait la seule religieuse du monastère des Bénédictines de la rue Monsieur qui soit en rapports journaliers avec les gens de la grande ville.

U y a quelques années, une Jeune fille simple et blonde faisait demande la révérende de prendre pension au monastère de la rue Monsieur, rue calme et reposante du quartier des Invalides. dans l'ombre même de l'église Saint-François-Xavier.

Comment vous appelez-vous, mon enfant. demanda la révérende ?

Nommez-moi seulement Madeleine, répondit la jeune fille.

Et Madeleine fut admise à partager la vie des postulantes du Couvent. Elle s'y faisait remarquer par la délicatesse de son esprit, par un dévouement inégalable à l'égard des malheureux et des malades, mais surtout par une voix

et une jeune bénédictine tout de blanc vêtue. On chuchote dans la foule c le doyen Albert Lambert, Alexandre. Pobinne. Devoyod. Bertin, etc. b Après les vêpres, à la porte de la « clôture » où l'avait accompagnée la Révérende Mère prieure, apparut soudain Yvonne Hautin, toute blanche dans sa magnifique robe offerte par ses camarades de la Comédie Française, voilée de tulle et couronnée de fleurs des champs. Mgr Verdier, suivie des prélats parmi lesquels le R. P. Samson, de M. Emile Fabre, de M Albert Lambert, doyen du Français et de M. Alexandre, président au Conseil d'administration de l'illustre compagnie, et qui représente la famille de la -novice, la vient chercher en procession solennelle et la conduit devant l'autel où elle prend place entre ses deux marraines, Mme Emile Fabre et Mme Dussanne.

Mgr Gerlier ouvre d'abord la cérémonie par une touchante allocution retraçant l'admirable vocation de Mlle

Service téléphotographlaue spécial de rOucst-Bclair (Système Bellnv) UNE VUE DE LA CEREMONIE DE PRISE DE YOUM DE MUe YVONNE HAUTIN

magnifique qui. chaque jour, aux offices, rehaussait les chœurs d'un éclat sans pareil.

Un beau matin, la pensionnaire Madeleine' formula une extraordinaire demande, tendant à rentrer vers minuit tous les soirs.

Ah 1 ça dit la supérieure abasourdie, me direz-vous, Madeleine, les raisons de cette sortie, et, au surplus, j'exige sur-le-champ des éclaircissements sur votre état civil ? Madeleine éclata en sanglots.

Le succès mondmn 1

de « Madeleine 1

Je suis, ma Révérende, confessa- '-elle, admise depuis hier à la Comé- die-Françalse après avoir passé le concours du Conservatoire. Je me nomme Yvonne Hautin. Mais je vous supplie de me conserver parmi vous. car ce n'est pas démériter, croyez-le bien, que d'appartenir au théàtre. Aussi bien, mon oncle et deux de mes cousines sont dans les ordres. Gardezmoi près de vous et des postulantes. mes chères amies fidèles.

Et la révérende mere, d'abord renversée par une telle révélation, eut le grand esprit de conserver à la communauté sa pensionnaire civile. Elle la conservera désormais dans son ordre jusqu'à la tombe, car depuis aujourd'hui. Yvonne Hautin est devenue soeur Marie-Yvonne.

Dans l'étroite rue Monsieur, une foule d'amis, de Parisiens et de Parisiennes, émus par la brusqua nouvelle de cette prise de voile, se pressent devant la vieille bâtisse du monastère On savait bien qu'après deux années de postulat passées à Lourdes après des malades, puis à Paris oour t'initier aux rites et aux travaux de l'ordre, Yvonne Hautin n'avait jamais renoncé à sa vocation, mais on doutait encore.

Lorsque, par-dessus les hauts murs du monastère, une voix de soprano merveilleuse et claire s'élevait, les dames du vieux quartier savaient bien que c'était celle d'Yvonne Hautin, plus que jamais décidée à prendre le voile Par un soleil radieux, la novice a mis son projet exécution Elle a quitté le monde et tout ce qui l'enchante pour devenir moniale. Cependant que les cloches du monastère tintent joyeusement. les socletaires, les pensionnaires, ainsi que le personnel de la Comédie Française, a la tête desquels se trouve l'administrateur général M Emile Fabre passent successivement le porche de I» communauté, ngourru^ement défend,jjH tf"u cuisses en tenue d'apparat

Hautin. Puis des chants liturgiques s'élèvent, et, tandis que retentit « Seigneur, la terre et tout ce qu'elle renferme ». la novice vient s'agenouiller tout près du cardinal

Des ciseaux coupent Il les blonds cheveux i

L'instant solennel est arrive. ses 1 narrâmes font tomber le voile de 1 sulle, qui, déchiré, est jeté dans une :orbeille. Des ciseaux coupent de )londs cheveux. Un voile de lin rem)lace bientôt le voile de tulle. Puis a novice se dirige vers la sacristie où ;lle demeure un instant. Et c'est Sœur Marie-Yvonne des Bénédictines, qui •n revient, vêtue de la grosse robe de l'ordre et le visage encadré d'une juimpe blanche. On lui passe en outre la ceinture de cuir et le scapulaire. Mgr Verdier souligne alors la grandeur des vocations religieuses et, en particulier. celle de la nouvelle bénédictine, dont la jeunesse avait connu les plus brillantes espérances. Les assistants ont beaucoup de peine à réprimer leur émotion et bien des larmes coulent de beaux yeux, cependant que sœur Marie-Yvonne se dirige lentement, gravement, mais fermement. vers la e clôture Il derrière laquelle chantent ses nouvelles compagnes qui semblent l'appeler vers elles.

La novice frappe alors trois coups à la clbture a et s'agenouille devant la porte en chantant, sans aucune défaillance C'est à jamais le lieu de mon repos. Il C'est là dans la petite cour de la chapelle qu'elle reçoit l'adieu de ses camarades, de ses amis, en un mot, du monde, auquel, à son tour, d'une voix bien décidée, elle lance un dernier adieu.

Sur la novice qui l'a franchie, la porte de la clôture se referme lentement et soudain un hymne de liesse monte du cloître, mêlé au joyeux carillon de la cloche du monastère. Yvonne Hautin. ex-jeune première de la maison Molière, n'est plus qu'une petite bénédictine anonyme, vouée à la rude discipline d'un ordre monastique entre tous sévère et rigoureux Henry Roulleao.

LE GANGSTER PARKER EST BLESSÉ

HicAGo, 17 juin Le gargster Parassocié de Capor.e 3 été grièveblessé par des membres de sa àe, il a succombe pendant ton

PÊCHEURS

TOUTES GAULES

DÉPLOYÉES

C'est demain le grand jour si impatiemment attendu des disciples de Saint-Pierre.

Dans tous les magasins d'ustensiles de pêche, il il a affluence de clients venus acquérir l'outillage nécessaire à la capture de la gent aquatique porte écailles.

Pour l'un c'est une canne, dont le choix demande a être fait avec soin. L'instrument, en effet, a besoin, pour remplir son office à la satisfaction de son propriétaire, d'être à la fois, léger solide. élastique, sans être, naturellement, d'un prix trop élevé.

Pour d'autres ce sont des bas de lignes, des crins japonais. des hameçons, des flotteurs, etc.. et aussi, bien entendu des appâts, blé cuit, chènevis (la graine) et naturellement de grouillants asticots.

Ceux-la on ne les prendra que ce soir, juste avant la fermeture du magasin; par ce temps orageux, ils pourraient tourner et demain on n'aurait plus rien pour capturer gardons, ablettes ou vaudoises.

Mais si les marchands d'articles de pêche font de bonnes affaires, les marchands de comestibles ne leur cèdent en rien. IL faut des vietuafiiea pour tenir demain toute la jorcrnée au bord de la rivière ou le long du canal. Pécheurs mes frères, respectez la propriété d'autrui, surtout ne piétine2 pas les foins, dont beaucoup, en. raison du mauvais temps. n'ont pu encore être coupé8.

Bovone et Sbardellotto

ont été exécutés hier matin ROME, 17 juin. Les terroristes Bovone et Sbardellotto ont été fusillés ce matin à l'aube.

C'est au fort Brawetta que les terroristes Bovone et Sbardellotto ont été fusillés à l'aube. Le peloton d'exécution était formé de miliciens fascistes. Les condamnés sont arrivés dans une voiture cellulaire accompagnée de carabiniers qui les ont remis aux miliciens. Ceux-ci ont signé un acte constatant la remise. Les condamnés ont été liés à leur chaise et l'ordre de faire feu a été donné. Un médecin militaire a ensuite constate la mort.

ROME, 17 juin. L'exécution de Bovone a eu lieu à 5 h. 16. Le condamné avait passé la nuit à écrire à sa soeur, il s'est entretenu avec l'aumônier. s'est confessé et a communié Il a également écrit à l'aumônier pour exprimer son repentir et demander pardon.

L'exécution de Sbardellotto a eu lieu à 5 h. 45, il a refusé l'assistance religieuse et a déclaré que sa pensée ne s'adressait à personne, ayant rompu même avec sa famille.

VIOLENT INCENDIE A ROUEN

Près de six millions de dégâts Roura 17 juin. Un incendie extrêmement violent s'est déclaré, cet aprèsmidi, dans un vaste bâtiment de l'Ile Elle où étaient emmagasinés 5.000 tonnes de nitrates, 350 tonnes de pâte de papier et du blé.

Le feu a pris, pense-t-on, à la suite d'imprudence d'ouvriers qui. ce matin, ont procédé a des opérations de soudure autogène, sur le toit du bâtiment long de 80 mètres et large de 20. De nombreuses explosions se sont produites, les dégâts s'élèvent à près de six millions.

UN AVION PREND FEU Versaiu.es, 17 juin Un grave accident d'aviation s'est produit vers midi 15 à Villaroublay L'adjudant Aimable Prévost, du 1er groupe d'aviation, 1™ compagnie exécutait des vols d'es- sai lorsqu'au cours d'une descente en vrille l'appareil prit feu Ne perdant pas son sang-froid, l'aviateur réussit à atterrir normalement et se précipita hors de la carlingue Il a été relevé avec une grave brûluru au bras gauche et une fracture à la jambe droite Il a été transporte a l'hôpital militaire de Versailles Sa femme, qui habite Le

LA COURSE A L'.OR HOMMES, FEMMES, ENFANTS FOUILLENT UNE RIVIÈRE CHERCHANT DES PÉPITES 300 familles sont campées dans un pays désert hier Londres, 17 juin. De notre cor- respondant particulier. Une dépê- che arrivée de Bahia annonce que dans les environ» de Duallma-Dutra, où les paysans étaient dans l'angois- se a cause de la sécheresse qui les a j obligés à quitter leurs terres, une véritable fièvre s'est emparée de la population. à la suite de la découverte de pépites d'or le long de la rivière Istaricourou.

Aussitôt, des caravanes se sont dlrigées vers la rivière. A l'heure ac- | tuelle. plus de 300 familles sont cam- pées dans la région déserte. Sur une étendue de plusieurs kilomètres, des hommes, des femmes, des vieillards, des enfants même travaillent à fouil- ler la terre.

On raconte qu'un vieux fermier au- rait, il y a quelque temps, vendu à plusieurs reprises des pépites nom- breuses à Bahia. sans révéler la localité où il les avait .trouvées. Le vieux fermier, devenu très riche, est mort. il y a cinq ans. emportant dans son tombeau le secret de sa fortune. Ce secret, les chercheurs d'or des rives de l'Istaricourou croient le tenir maintenant.

IWtde World Photo.

LA MODE.. EN ANGLETERRE Un bonnet très remarqué aux courses d'Ascot

I M. POINCARÉ VOYAGE Bar-le-Doc, 17 juin. M. Poincaré, dont l'état de santé est excellent, a quitté hier soir. Sampigny. pour entreprendre un voyage d'une huitaine de 1 jours.

DRAME DE LA MER

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A LA SUITE D'EXPLOSIONS UN PÉTROLIER PREND FEU ET SOMRRE AUSSITOT

Quatre matelots sont tués et dix-sept sont manquants Mobtréal, 17 juin. Une explosion s'est produite à bord du pétrolier anglais Cymbeline, elle a été suivie de plusieurs autres. Un violent incendie s'est déclaré. On signale 24 blessés et 2 mécaniciens manquants.

Montréal, 17 juin. On a déjà quatre morts à déplorer à la suite de l'explosion du Cymbeline et on craint que seize ou dix-sept corps ne se trouvent encore à l'intérieur du navire qui sombre. D'autre part, trente-cinq personnes environ ont été blessées. L'ORAGE

TARBES, 17 juin. Un violent orage s'est abattu hier soir de 19 heures à 20 heures sur Tarbes Les rues ont été transformées en torrents et certaines places en lacs La foudre est tombée sur plusieurs maisons. Le mauvais temps, qui dure depuis plusieurs jours, nuit aux récoltes.

LA SÉANCE PLENIERE D'HIER A LAUSANNE

MALGRÉ LU MODÉRATION DES TERMES FT UNE BONNE VOLONTÉ MANIFESTE, LA THÈSE ALLEMANDE S'EST OPPOSÉE DIAMÉTRALEMENT 9 LA NOTRE LE CHANCELIER VON PAPEN DEMANDE UNE LIQUIDATION DÉFINITIVE DONT M. HERRI07 LAISSE ENTREVOIR LE POIDS POUR LES ETATS CRÉANCIERS

M. Chamberlain cite en exemple les réductions consenties par l'Angleterre

LES PAIEMENTS SUSPENDUS PENDANT LA DURÉE DE LA CONFÉRENCE

LA SEANCE INAUGURALE DE LA CONFÉRENCE DE LAUSANNE

LAUSANNE, 17 juin. Les délégués a la Conférence de Lausanne se sont réunis ce matin, à 10 h. 30, à l'hôtel Beaurivage, en séance plénière. Au début de la séance. M. Ramsay Mac Donald a donné lecture de la déclaration suivante Les groupements soussignés, prolondément pénétrés de la gravité des périls économiques et financiers qut menacent le monde et de l'urpence des problèmes que la Conférence de Lausanne a pour mission d'examiner; fermement convaincus que ces problèmes erigent une solution finale et précise. tertdant à l'amélioration des conditions européennes, et Que cette solution doit être recherchée sans délat et sans interruption pour être réalisée dans le cadre d'un règlement universel; constatant que certains paiements des réparations et des dettes de guerre tomberont à échéance le premier fuillet prochain

Sont d'avis, aün de permettre que te travail de la Conférence se poursuive sans être troublé, que, sans préjuger des solutions susceptibles d'être atteintes ultérieurement, les paiements dus aux puissances participant à la Con-'férence au titre des réparations et des dettes de guerre soient réservés durant la période de la Conférence qui. suivant la volonté des gouvernements soussignés. doit aboutir un résultat dans le plus bref délai possible. Etant entendu que tes services des emprunts émis sur tes marchés ne seront pas affectés par cette décision. Les gouvernements soussiqnés decla- [ rent qu'en ce qui 'es concerne, ils sont prêts à agir conformément au présent arrangement. et invitent les autres

la Conférence, à adopter la même attitude.

Signé à Lausanne, le 16 juin. Pour le Royaume-Uni de GrandeBretagne et d'Irlande du Nord Neville Chamberlain;

Pour la France Edouard Herriot; Pour l'Italie Moscoia;

Pour la Belgique Renkdi;

Pour le Japon Yosida.

La Presse avait été invitée à assister à la lecture de ce document. La séance devint privée immédiatement après.

Le chancelier du Reich. von Papen. déclara alors qu'il prenait note, avec une vive satisfaction de cette déclaration dans laquelle il voyait l'expression de la ferme volonté des Etats d'arriver à une solution définitive et complète de tous les problèmes en discuasion.

c Cette déclaration, a-t-il dit. est un appel qui sera entendu par te monde entier et qui éveillera des espoirs qui pourront être difficilement déçus. »

Le discours de M. von Papen Lausanne, 17 juin. C'est derrière des portes hermétiquement closes que s'est déroulée, après la sensationnelle déclaration de M. Mac Donald la séance plénière de l'hôtel Beaurivage. Le premier orateur fut M. Von Papen. Le chancelier allemand précisa d'abord que les délégués n'étaient pas venus à Lausanne pour discuter des réparations au point de vue juridique. Les accords de La Haye restent en

doute. Il s agit seulement a examiner la situation en fait.

Après un exposé assez sombre de la situation intérieure allemande, M. Von Papen a exprimé le regret qu'on n'ait pas tenu un compte suffisant des suggestions des experts financiers de la S. D. N. Sur les lé milliards de marks empruntés par l'Allemagne. 10 milliards ont servi au paiement des réparations.

Très habilement aussi, l'orateur a déclaré qu'il était faux de prétendre qu'une Allemagne libérée des réparations serait pour les autres pays un concurrent dangereux au point de vue des échanges économiques.

« Une série de tentatives ratées » L'histoire des réparations, a conclu M. Von Papen. pourrait s'intituler une série de tentatives rateea Chaque fois que l'on a envisagé un mode de règlement nouveau, on s'est préoccupé seulement de demander a l'Allemagne le maximum, sans savoir si elle était capable de ce maximum. Les échecs du passé doivent servir de leçon.

« Les réparations, poursuivit le chancelier, n'ont rien reconstruit, mais tout détruit L'heure est venue d'envisager hardiment l'avenir. C'est pour cela que le gouvernement allemand a tenté, une fois encore, de rassembler les forces vivantes et constructrices de la nation allemande pour assurer à son peuple les conditions qui sont nécessaires à son existence. t Le temps des petits moyens. des moratoire des ajournements est passé pour toujours. II doit être bleD