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Titre : Bulletin de la Ligue anti-allemande. Organe de défense des intérêts économiques français et coloniaux

Auteur : Ligue nationale anti-austro-allemande (France). Auteur du texte

Éditeur : [s.n.?] (Paris)

Date d'édition : 1915-04-01

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Format : Nombre total de vues : 1600

Description : 01 avril 1915

Description : 1915/04/01 (A1,N6).

Description : Collection numérique : Documents consacrés à la Première Guerre mondiale

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k6558062c

Source : Ville de Paris / Bibliothèque historique, BHVP, 2013-304634

Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb327230705

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 22/10/2013

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Comité d'Honneur MM. Louis BACLÉ, O. *, maître de forges, vice-président de la Société d'Encouragement pour pour l'Industrie Nationale ; Henry BERENGER, O. ^, sénateur de la Guadeloupe; Maurice BERNARD, député du Doubs; Georges BUREAU, député du Havre, Sous-Secrétaire d'Etat de la Marine marchande; Alfred BURGUNDER, O. I. président honoraire de la Chambre syndicale des entrepreneurs et constructeurs-électriciens; A. CELOS, député de l'Eure; Adrien DARIAC,, député de l'Orne, ancien ministre de l'agriculture; DEBRAY, négociant en cafés en gros; M. DANSET, directeur de la "Société Lille-Bonnières et Colombes » ; Charles DELONCLE, *, sénateur de la Seine; Georges GUIARD,O.I. ,

architecte du Gouvernement, président général de la Société les « Prévoyants de l'Avenir" ; F. HENNEBIQUE, ingénieur, constructions en béton armé; Henri LABROUE, député de la Gironde; Paul LEDERLIN, O. *, industriel à Thaon-les-Vosges ; L. LÉGASSE, armateur ; Henri MICHEL, sénateur des Basses-Alpes ; Maurice NIBELLE, député de Rouen ; Henry PATE, député de la Seine; PETITJEAN, député de la Seine, président d'honneur de la Chambre syndicale de la tenture; Henri SCHMIDT,

député des Vosges; Constant VERLOT, député des Vosges; Paul VIROT, C. ~S, conseiller municipal de Paris, conseiller général de la Seine; VICONGNE, administrateurdélégué de la "Société du chocolat Moreuil ", etc.

Comité Central Président : M' Henri COU LON, avocat à la Cour d'appel ; président de la Ligue de Défense pour la Liberté individuelle.

Vice-Présidents : MM. BERTHEMET, O. 1. , maire adjoint au XVIe arrondissement de Paris; BRIAT, membre du Conseil supérieur du Travail; Charles MILDÉ, O. *, ingénieur, constructeur électricien; Georges RENARD, professeur au Collège de France.

Secrétaire général : M. Albert NOYER, , journaliste parlementaire.

Trésorier : M. Pierre WEBER, secrétaire rédacteur de la Chambre des Députés.

Membres : MM. Henri ALLOUARD, O., Statuaire, président de la Société : « Les Parisiens de Paris » ; Georges BOUSSENOT, *, député de la Réunion ; CLEMENT-BAYARD, C., constructeur d'automobiles et de dirigeables ; FERRAND, ingénieur,entrepreneur de travaux publics; Léon FRANCQ, O. ,

ingénieur, lauréat de l'Institut; MARQUEZ, *, Conseiller généralde la Seine, ancien Président du Conseil général ; Albert MAYEUX, O. I. ;ÍJ, architecte du gouvernement; MENNESSON, administrateur-délégué des Papeteries de Vidalon (Etablissements Canson et Montgolfier); MESLIN, négociant en fleurs et plumes;

MILLE, ancien député, fabricant de produits pharmaceutiques ; président d'honneur du Syndicat des Pharmacies commerciales de France ; TIRRIBILLOT, industriel; VALLADE, administrateur-délégué de la Société des automobiles « Sygma » ; VICART, O. 1. , ancien receveur des Finances, vice-président de l'Association Amicale des Fonctionnaires de France et des Colonies.

Commissaires des Comptes : MM. GUNDHARDT, O. I. f ingénieur de la Société Drevdal et Binoche ; TREMEAU, *, chef de bureau du personnel au Ministère des Finances.

Conseil juridique: Mc" Henri COULON et Louis MERLE, avocats à la Cour d'appel de Paris; Mc FAY, notaire.


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Les Conditions de la Paix

LM FHOïmèïse DU l{I}ITI

Nous savons aujourd'hui que l'Allemagne, peuple et officiers, conservateurs et socialistes, bavarois et prussiens, nous a déclaré la guerre pour nous ruiner, nous anéantir, disloquer notre territoire et s'emparer de nos colonies- La bravoure de nos soldats, la science du commandement ont éloigné de la patrie ces douloureuses épreuves, et, bientôt nos drapeaux, auréolés par la victoire flotteront sur les rives du grand fleuve, le Rhin, que la nature a donné à la France pour ses limites naturelles.

La République aura réalisé le,rêve de Charles VII, de Henri IV, de Richelieu, de Louis XIV, de tous les grands politiques qui, depuis la vieille Gaule de Vercingétorix et de César ont travaillé à réaliser notre unité nationale.

*

•k *

Ce but fut atteint, quelques années, sous la Révolution. Aux espritè craintifs qui, aujourd'hui,, voudraient reculer devant l'œuvre nécessaire, sous le fallacieux prétexte de conquête, il importe de rappeler les déclarations et les actes de cette génération héroïque, qui, la première, proclama, devant l'Europe monarchique, le principe sacré des nationalités.

Gouvernées d'ailleurs, avant la Révolution, par des princes ou laïques ou ecclésiastiques, que pension-

naient les rois de France, les provinces rhénanes adhérèrent dès les premiers jours au nouveau régime ; les échevins de Mayence, de Trêves, de Coblentz, — cette dernière ville quelques instants fidèle aux émigrés, — demandèrent a être admis à la barre de la Convention où ils furent reçus au milieu des acclamations, comme des frères revenant s'asseoir au foyer maternel.- Après les victoires de Moreau et de Jourdan, après le traité de Bâle (1795) signé avec la Prusse et dans lequel, celle-ci reconnaissait nos droits sur la rive gauche du Rhin, Danton se faisait acclamer par ces fières paroles : « Je dis que c'est en vain qu'on veut faire craindre de donner trop d'étendue à la République. Les limites de la France sont marquées par la nature ; nous les atteindrons dans leur quatre points : à l'Océan, aux bords du Rhin, aux Alpes, aux Pyrénées. »

Carnot, l'organisateur de la victoire, écrivait au .Comité de salut public : « Les limites anciennes et naturelles de la France sont le Rhin, les Alpes, les Pyrénées- Les parties, qui en ont été démembrées, ne l'ont été que par usurpation ; il n'y aurait aucune injustice à les reprendre ; il n'y aurait aucune ambition, à reconnaître pour frères ceux qui le furent jadis, à rétablir les liens qui ne furent brisés que par l'ambition elle-même. »

Les plus beaux noms de la Révolution cautionnèrent ce mouvement : Merlin de Douai, Boissy d'Anglas, Sieyès, Cambacérès qui donnait une formule, * toute d'actualité : « Ce grand dessein (la reprise du ,Rhin) doit être la véritable garantie de la paix universelle.

Le traité de Campo-Formio (1797) signé avec l'Autriche, après la foudroyante campagne de Bonaparte, était une seconde reconnaissance de la rive gauche du Rhin.


Pour la première fois, la France était rentrée! dans ses limites naturelles.

La débâcle napoléonienne emporta ce magnifique édifice. Les traités de 1815 assujetirent les territoires rhénans à la suzeraineté de la Prusse.

Le motif en est curieux ; c'est à titre de châtiment pour la France, qui avait, sous Napoléon, troublé la paix européenne, que les alliés placèrent ce lambeau de territoire français sous la main de fer de la plus orientale et de la plus cruelle des nations de langue allemande.

Mais rappelons-nous qu'avant Waterloo, en 1814, à la conférence de Francfort, Metternich, ministre d'Autriche, parlant au nom de ces mêmes alliés, avait reconnu « que la France serait renfermée entre le Rhin, les Alpes, les Pyrénées- » Ainsi, l'Europe reconnaissait que le Rhin est une des frontières naturelles de notre pays, aveu précieux à retenir et qui doit fortifier bien des âmes françaises défaillantes.

Après 1815, le souvenir de nos droits méconnus et la conscience des réparations nécessaires restèrent si vivaces dans la nation que la perte de la rive gauche du Rhin pesa, durant un siècle, sur notre politique intérieure et étrangère.

Ce n'est pas seulement la tyrannie de la Charte, qui emporta la Restauration, mais la révolution de 1830, qui élevait à la royauté Louis-Philippe, était, aussi, dans l'esprit du peuple, une revanche, du traité déshonorant signé par Louis XVIII.

C'est donc bien la tradition française que la République doit reprendre aujourd'hui. C'est aussi une nécessité impérieuse de défense nationale. Vingt-cinq invasions ont déjà foulé le sol de la patrie par la faiblesse de cette frontière. En voilà assez !

Prenez une carte. Vous y verrez que même, avec l'Alsace-Lorraine reconquise, une large trouée, sans obstacles naturels, s'ouvre sur notre flanc- De l'Allemagne du Nord et du Sud, des routes d'invasion con-

vergent vers notre territoire.

Nous savons aujourd'hui ce que valent les forts et les bastions, jeux d'enfants pour l'artillerie moderne.

Un fleuve, large, profond, au courant impétueux, peut seul devenir une couverture sérieuse contre les ambitions futures de l'ennemi héréditaire.

Car, ne nous leurrons pas trop. On parle d'écraser l'Allemagne. N'exagérons pas la portée des mots.

On n'anéantit pas une nation de 65 miliions d'habitants.

Après I éna, la Prusse fut rayée de la carte ; Napoléon avait limité à quatre mille hommes le chiffre de ses soldats. Huit ans après, la Prusse relevée combattait avec les alliés d'alors, et, dans les champs de Waterloo, où s'éteignit son étoile, Napoléon voyait accourir Lets prussiens de Blücher pour lui donner le coup de grâce.

N'oublions pas aussi que l'Autriche, damier multicolore de races mal cimentées, agonise à cette heure.

Brisée après la victoire, où iront ses 20 millions de Germains ? Il est facile de le prévoir. Les peuples, guidés par leurs affinités, retournent à leur berceau.

Les Germains d'Autriche iront à l'Allemagne.

Que momentanément, nous puissions maintenir en nations indépendantes les morceaux disloqués de l'Allemagne d'hier, c'est possible ; mais qui peut garantir l'avenir ? qui peut prévoir les combinaisons futures où se précisent les destinées des peuples ?

Pour son équilibre national, pour l'équilibre européen, la France doit se prolonger jusqu'au Rhin et opposer aux masses germaniques les 45 millions d'habitants, qu'elle comprendra désormais.

Il est en effet extravagant de penser que notre patrie, qui a été la créatrice et l'organisatrice du principe des nationalités, qui a fait l'Italie une et indépendante, qui a laissé aussi, par naïveté et faiblesse, à Sadowa, se préparer l'unité allemande, soit une des rares nations qui, aujourd'hui, n'ait pas encore. terminée l'évolution de ses destinées- Et cependant, toutes nos provinces s'étaient déjà réunies à une époque, où les autres Etats n'étaient encore que des poussières de peuples.

* * *

Pourquoi annexer des peuples de langue allemande, disent certains esprits superficiels qui se laissent arrêter aux apparences ?

La langue n'est pas un critérium pour distinguer les peuples. L'Alsace parlait allemand avant 1870.

Dans notre France du 20° siècle, le Breton parle encore l'idiome de ses pères, le Basque a gardé un vocabulaire d'origine lointaine, et, dans, la douce Provence lès amours et les tristesses de Mireille ont été chantées dans sa langue harmonieuse par notre grand Mistral.

Ce sont les nécessités du commerce, les rapports quotidiens qui nivellent le langage. La conquête du Germain a conservé sur les bords du Rhin la survivance du parler allemand.

Mais la langue de Molière n'aura pas de peine à refouler le patois baroque de la Kultur.

Le souvenir de la France est resté si gravé dans ces pays. Jules Huret, dans ses livres sur l'Allemagne, nous en donne des exemples. A Mayence, tout le monde comprend et parle notre langue. La population gaie, accueillante, pleine d'entrain, rappelle notre race. Des mots français, déformés par l'usage, sont entrés dans l'idiome local ; citolien pour citoyen, — vieux souvenir de la révolution, — lafor pour lavoir, spéditeur pour expéditeur, etc.

Certes, il faudra réveiller en eux les souvenirs du passé et apprendre aux générations nouvelles les bienfaits de la paix française, tâche délicate, mais la France a assez de tact, de délicatesse pour ne pas heurter et froisser les coutumes, les usages, les convictions de populations un peu désorientées par ces luttes périodiques qui les ballottent successivement d'une domination à l'autre.

Ne cherchons pas immédiatement à leur imposer


nos règles, mais par une administration souple, une justice humaine, les réveillant au souffle de la liberté, amenons-les d'eux-mêmes à les réclamer comme une nécessité.

Quoiqu'il en soit, leur retour doit être en pleine souveraineté ; pas de demi-mesure, pas de protectorat humiliant ; ce sont d'anciens français qui viennent reprendre leur place au foyer de la patrie.

Louis MERLE, Avocat à la Cour d'appel de Paris.

flu pays des delikatesseo

-, f En France, pays de la bonne chère et de la cuisine délicate, aimable patrie de Brillat Savarin, de Monselet, du baron Brice et de tant d'autres fins gourmets, nous n'avons pas la moindre idée de la goinferie allemande et de l'invraisemblable quantité, de nourriture variée, que les Boches sont capables d'absorber dans une journée.

Leur tube digestif est d'une complaisance sans égale et le tuyau de caoutchouc, le mieux vulcanisé, c'est-à-dire le plus élastique, ne saurait supporter, une seule minute de comparaison avec leur intestin, dilatable à l'infini.

Ce qu'un Teuton entasse dans sa panse est inimaginable : jamais, il ne sort rassasié de table et il vit dans un perpétuel état de fringale et de boulimie et le cochon dont il fait sa principale nourriture, ne semble, qu'un médiocre mangeur, à côté de son maître.

Ceux de nos concitoyens, qui ont tant soit peu voyagé au pays de la Kulture stomacale et abdominale et assisté aux quotidiennes ripailles des sujets du Kaiser, sont revenus écœurés de leur gloutonnerie.

Depuis le lever du soleil, jusqu'au coucher de la lune, les tavernes ne désemplissent point de consommateurs et -.. tout autour des tables, chargées d'innombrables plats de choucroute, de saucisse, de jambon, de lard, de charcuterie, sous toutes ses formes, grouille une foule d'ouvriers, de bourgeois, de paysans, exclusivement occupée à s'empriffer de ces victuailles indigestes, qui disparaissent en un clin d'œil, dans leur estomac inassouvi et toujours en quête d'une nouvelle pitance.

Notre compatriote normand, Charles Huard, le célèbre caricaturiste, raconte le fait suivant, dont il fut l'admiratif témoin, au cours d'un de ses voyages à Berlin.

Tandis que commodément assis, dans une voiture de place, il prenait à loisir quelques croquis d'indigènes de la Sprée dont l'anatomie l'avaient séduit, il aperçut son cocher exhibant du coffre de son sapin un énorme panier de mangeaille, soigneusement enveloppé dans une serviette toute blanche de lessive, auquel il se mit incontinent à faire honneur. i ,iH( Huard qui ne perdait point un seul instant des yeux son manège, le vit successivement avaler et absorber le me<

nu suivant dont nous respectons le bel ordonnancement et la scrupuleuse exactitude.

1. Une demi-douzaine de cervelas.

2. Deux radis noirs.

3. Une épaisse tartine de pain enduite de saindoux.

4. Un couple de carottes crues.

5. Un certain nombre de pommes de terre en robe de chambre.

6. Quatre œufs durs.

7. Une gamelle de choucroute garnie de jambon et de saucisson.

8. Un fromage de livarot.

V, Deux pommes.

Le tout, copieusement arrosé de bière.

Tandis que le célèbre humoriste, qui avait abandonné son crayon ; pour jouir de ce spectacle délectable, capable d'impresssionner le plus fort mangeur de France et de Navarre, complimentait le bonhomme sur son excellent appétit et sa digestion rapide el heureuse, celui-ci, glorieux de ce compliment, qui lui allait droit au. cœur, ne put s'empêcher de lui répondre, d'un ton laudatif : « Je voudrais Monsieur l'artiste, que vous puissiez voir « mon beau-frère, lorsqu'il. se met à table.

« C'est bien autre chose que moi, car il est puissam« ment riche et ne se refuse rien.

« Chaque matin, il déjeune d'un moire de boudin, en a attendant que sa bonne lui serve une volaille, grasse, do« due, au ventre rebondi à souhait et dont il ne laisse guère, « que les os pour son chien. »

Ceux qui ne connaissent point les Germains, peuvent croire que notre ami s'est plu a exagérer et à gasconner à la mode de Tartarin ; or il n'en est rien et Huard a purement et simplement raconté ce qu'il a vu de ses propres yeux, et rapporté un fait banal, qui se renouvelle chaque jour, des milliers de fois, dans toutes les villes du vaste empire des Hohenzollern, ou chaque citoyen, fait de son ventre, un sac à tout grain.

Si comme on est en droit de le penser, après les événements de ces huit derniers mois, les Boches sont contraints de refrener leur appétit féroce, de se voir à la portion congrue et d'entendre leur estomac crier famine, gare la casse ! » car l'Allemand, moins que tout autre, ne doit point avoir d'oreilles, quand il a, la ceinture, ta panse vide et l'estomac dans les talons.

Si domestique et si crédule que soit le Prussien, il arrivera bien un moment où l'inquiétude d'aujourd'hui deviendra de l'angoisse et alors : adieu l'Hégémonie Universelle, adieu les beaux rêves dorés, adieu les ripailles promises à ceux qui parlaient pleins de convoitise à la conquête de Paris, et des plus belles provinces de notre chère France, sauvée pour toujours de leur odieux servage.

Manuel MARQUEZ.

Conseiller général de la Seine.

Nous croyons devoir informer nos lecteurs que nous ne tiendrons ancun compte des lettres anonymes qui nous seront adressées.


La Ligne Sntiallemande et les fyôtels boches de la Gôte d'^ar 4

A la suite d'un vœu émis, le 24 décembre, par le Comité central de la Ligue Antiallcmande, notre ami, M.

Georges Boussenot, député, avait signalé à M. le ministre de la Guerre l'existence dans le midi de la France, de nombreux hôtels ou villas encore inoccupés appartenant à des Austro-Allemands, et demandé s'il ne serait pas possible d'aménager ces établissements en hôpitaux de traitement ou de convalescence pour blessés militaires.

M. Georges Boussenot avait appuyé sa démarche par la lettre suivante : Paris, le 22 janvier 1915.

Monsieur le Ministre, Le Comité CCI/tral de la Ligue Antiallemande, dont je m'honore de faire partie, a émis récemment un vœu ten- drait à aménager certains des immeubles (hôtels. villas, etc.), de la région méditerranéenne et appartenant aux sujets austro-allemands, en établissements hospitaliers pour blessés militaires, coloniaux, indigènes ou non.

Je viens aujourd'hui appuyer ce vœu et vous dernan- der instamment de bien vouloir intervenir pour que cette affectation se fasse dans le Plus bref délai possible. Nom- breux sont, en effet dans nos grandes villes du Midi (rien qu'à Cannes, il y a. à ma connaissance, sept hôtels ou villas répondant aux conditions requises) les immeubles susceptibles de recevoir les blessés que leur origine exotique rend plus particulièrement sensibles au froid.

A l'heure où l'on s'apprête à demander à nos contin gents coloniaux un nouvel et sérieux effort, il vous appa- raîtra certainement utile de placer ceux, qui ont déjà com- battu pour la cause commune dans un milieu ou leur rétablissement pourra s'effectuer dans toutes les conditions de confort et de rapidité désirables.

Veiii l l,ez a g r é er ,, lIojis i ezir lt, Il i ji i str(, , î'ex p ress i oit de Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de mes sentiments de haute considération.

- Georges BOUSSENOT.

j. Député de la Réunion.

M. Millerand- ministre de la Guerre a répondu à M.

Georges Boussenot par une lettre dont voici le passage essentiel : J ai l'honneur de vous faire connaître que j'ai de- puis plusieurs mois déjà perscrit d'une façon formelle l'oc- cupation et la transformation en hôpitaux militaires des * hrands Hôtels de Nice et de la Riviera en spécifiant d'occuper en premier lieu et de préférence il tous les autres ceux des hôtels qui appartietij/tîjyj <1 df.-*> Sociétés, ou à des particuliers Austro-Allemands.

D'autre part, un certain nombre île propriétés de cette * catégorie ont été mises à la disposition de V « (Euvre (/lxsistance aux Convalescents militaires M.

Enfin, j'ai donné des instructions en vue de la concentration dans les quatre régions du Midi, et principalement dans la 15e région, des militaires indigènes des troupes £1 '.1 jrique, soit convalescents, soit en instance de re- traié ou de réforme.

Si malgré mes ordres plusieurs fois réitérés il se trouve encore des immeubles appartenant à des ressortissants des puissances ennemies et qui ne soient occupés, bien que susceptibles par leur situation et leur dimension de l'être utilement, je serais reconnaissant à la Ligue Antialleman- de de me les signaler et je réclamerai immédiatement aux autorités militaires locales des propositions en vue de leur réquisition.

Agrées, MOI/sieur le Ministre et Cher Collègue, l'as- surance de ma haute considération.

Signé : MILLERAND.

Des la communication de cette lettre, nous avons écrit à nos adhérents de Nice, Cannes et Antibes pour leur demander de nous adresser la liste des hôtels boches qui pourraient être réquisitionnés par l'administration militaire.

La Question des produits colorants

(Suitic) « Il n'y a qu'une seule usine de produits colorants vrai- ment française qui ait résisté à la concurrence allemande », déclarait, dans une réunion tenue à la Société industrielle de Rouen, M. Behal, directeur de l'Office des produits chimiques et pharmaceutiques. Et cela était d'une telle vérité que Je tribunal de Lyon, après avoir prononcé la mise sous séquestre des filiales de sociétés allemandes établies dans sa circonscription, se voyait obligé d'en autoriser la remise en marche, sous la direciion de chimistes français, afin que l'industrie textile: put continuer à fournir les tissus nécessaires à l'équipement des armées et au vêlement de la population civile.

Il semblerait donc que l'on se hâterait de réparer l'er- reur du passé en travaillant à mettre sur pied une industrie capable de répondre aux besoins du pays, et qui nous délivrerait du joug de 1 éiranger en même temps que du tribut payé jusqu'ici à des firmes allemandes, dont le mé- rite consistait surtout à savoir exploiter à leur profit des inventions ducs au génie de nos propres chimistes.

Car c'est au chimiste Verguin que revient la découverte en i So<), de cette fuschine qui devait révolutionner la chimie industrielle en aiguillant les recherches du côté des colorants dérivés du goudron de houille ; et c'est a Lyon, à Lyon même, dont les usines allemandes ont fait. aujourd'hui un centre d'opérations, que commença la fabrication industriel le des matières colorantes artificielles destinées il supplanter;. Içs colorants de nature végétale ou animale qui avaient tonné la base de la tenture sur étoiles.

Assurément, nous n'en sommes plus au même point


qu'en 1859. D'immenses progrès ont été réalisés depuis ; et si les noires ont le droit de revendiquer une pari, de ces progrès, il faut bien reconnaître aussi que le meilleur, en ce qui concerne l'exploitation industrielle revient à d'autres, notamment à l'Allemagne, celle-ci ayant compris tout l'avenir qu'elle pouvaii espérer, lorsque fut découverte la syn- thèse de l'alizarine, et plus lard, celle de l'indigo.

Aussi, la tâche qui nous est imposée, pour reprendre place au soleil est-elle rude autant que complexe. Excepté la Suisse qui a exporté en 1913, pour 25 millions de francs de colorants, sans compter 4 millions de francs d'indigo, tous les autres pays reçoivent plus de couleurs de l'Allemagne qu'ils ne lui en vendent. Il y a 22 fabriques de matières colorantes en Allemagne, alors que nous n'en irou-, vous que 11 en France, 11 en Grande-Bretagne, 9 aux Etats-Unis, 4 en Autriche-Hongrie, Il en Suisse, 2 en Hollande, 2 en Russie, 1 en Belgique, 1 en Grèce, 1 en Italie ; et ces 22 fabriques d'Allemagne ont exporté pour 225 millions de francs de produits en 1913, sans compter 66 millions d'indigo et 45 millions de matières premières, ce qui, avec la consommation intérieure, permet d'évaluer à 350 millions leur production totale.

Rien qu'aux Etats-Unis, l'Allemagne a exporté, en 1913 une quantité de 24 millions de kilogrammes de produits, parmi lesquels nous remarquons 2 millions et demi d'huile aniline, 683.000 kilogrammes de naphtol et naphytlamine, 965.000 kilogrammes d'anthraquinone, nitrobenzol, toluidine, resorciné, acide phtalique, etc., lesquels ne font que s'ajouter à 493.000 kilogrammes de rouge d'alizarine, et près de 16 millions de kilogrammes (13.855.000 kilogrammes) de couleur d'aniline, qui forment les 7/12 de l'importation allemande en matières colorantes aux Etats-Unis, et dont il a été introduit plus de 700 espèces différentes.

La Grande-Bretagne a été tributaire de l'Allemagne en 1913 pour 15 millions de kilogrammes de ces dérivés du goudron de houille, dont i\ de couleurs ; ensuite nous apercevons l'Autriche avec 8 millions de kilogrammes, l'Ita- lie avec un peu plus de 6 millions, la Russie avec l, millions et demie, la Belgique avec 3 millions. A la Suisse, l'Allemagne n'a livré que 2 millions de kilogrammes, ne comprenant guère que de l'huile d'aniline et des produits des genres anthraquinone, toluidine, nitrobenzol, etc., ce pays à l'inverse des autres, fournissant même à l'Allemagne, ainÚ que nous venons de le dire, une quantité de couleurs supérieure à celle qu'il lui demande.

Quani à la France, si elle n'a reçu de l'Allemagne, en 1913, que 2.839.000 kilogrammes de dérivés du goudron, dont 1.846.000 kilogr. de colorants d'aniline, alizarine ou indigo, nous ne savons que trop qu'au-dessus de ces chif- fres se place la production des filiales des usines allemandes établies sur notre territoire et qui ont absorbé, à une exception près, les usines françaises, en s'assurant de la sorte le contrôle de notre consommation textile.

Mais faut-il rester les bras croisés, renoncer d'avance à toute lutte parce qu'on a affaire à forte partie el parce qu'il semble impossible de faire surgir, édifier, outiller des usines avant que la paix signée, celles d' l'Allemagne ne recommençant à jeter sur les marchés étrangers leurs 300 millions de francs de produits P

En Angleterre, le Board of Trafic s'est mis à la tête d'un mouvement, pour développer de l'a 11 ire côté du Détroit les moyens de produire des colorants et d'en encourager la fabrication sur unie large base. C'est que le problème s'est pose aussi avec non moins d'acuité chez nos alliés que chez nous, la disparition de l'importation allemande ayant causé à l'industrie textile anglaise une réelle inquiétude et une hausse des prix du simple au double pour certains articles.

Le 10 novembre s'est donc tenue au Board une réunion à laquelle assistèrent les représentants et délégués des firmes importantes et des grandes associations intéressées à la question. A cette réunion fut examiné la possibilité de constituer une société à capital élevé, dont les industriels fabricants et les consommateurs de couleurs souscriraient une partie, l'autre fraction devant être fournie par le gou- verneur britannique qui garantirait, en outre, l'intérêt du capital souscrit.

En vue d'arriver à la réalisation de ce projet, les industriels du Lancashire furent invités à une conférence qui se tint à Manchester le 10 décembre, sous la présidence de lord Moulton, directeur du Comité des produits chimiques au Board of Trade. Le lord président ne manqua pas d'insister sur la nécessité d'envisager une compagnie de grande envergure, afin qu'elle put non seulement parer au danger présent, mais être encore en mesure de ne pas craindre l'âpre concurence que les cartells allemands n'hésiteront pas à entreprendre demain pour ressaisir la prépondérance.

L'enjeu vaut d'ailleurs que l'on s'en préoccupe sérieuse- ment : il s'agit en effet de répondre à une consommation annuelle de cinquante millions de francs de couleurs, pour des industries qui font vivre un million et demi d'hommes et dont la production représente cinq milliards.

Cependant, l'immixtion des pouvoirs publics dans une affaire commerciale ne pouvait ne pas susciter une sérieuse opposition dans les milieux profondément attachés au principe du « free trade ». Ala Chambre des Communes, une proposition tendant à protéger, par des mesures fisca- les, l'indusirie nouvelle pendant une période de cinq années, a soulevé des proiestarons ; alors que l'on a écouté avec beaucoup plus de complaisance l'annonce d'un arrangement conclu avec Jes fabricants de Suisse, a l'effet de fournir à ceux-ci des matières premières qu'ils travaille- raient el retourneraient transformées en produits colorants.

Aussi, malgré les efforts et la haute compétence des membres du Bristih Dye Comittee constitué Outre-Manche, ne saurait-on encore affirmer que le projet d'une compagnie britannique pour la fabrication des colorants sera mis à exécution, tout de suite. L'Association des Teinturiers et « Finisseurs » de Hudderfietd se refuse à prendre l'engage- ment de réserver ses achats à la compagnie si celle-ci ne garantit pas un prix en rapport avec ceux que pourraient offrir des producteurs rivaux.

Or, étant donné la manière de procéder du consortium allemand, il est incontestable que celui-ci consentira d'é- normes sacrifices pour offrir ses produit en Angleterre à des conditions impossibles à soutenir, ainsi qu'il l'a fait aux Etats-Unis où l'essai tenté pour fabriquer l'huile aniline, grâce à une élévation des droits de douanes de 10 %, a amené iminédiaienieni une diminution des prix de vente par le consortium.


Et celte perspective est d'autant plus à redouer que si nous considérons seulement la Badischc Anilin Fabrik, de Mannheim, et la Farbenfabriken Bayer d'Elberfeld, nous apercevrons que les fonds de réserve dont disposent ces sociétés se montent à 21 millions de marks pour la première et à 17 millions pour la seconde, les capitaux engagés dans l'une comme dans l'autre se chiffrant par 61 millions de marks.

A Manchester, le projet gouvernemental n'a pas soulevé un grand enthousiasme, précisément à cause de l'obligation de n'acheter qu'à la compagnie au prix « raisonnable » qu'elle indiquera. Par contre, Leeds qui, il est vrai, a des tendances protectionnistes, s'est montré plutôt favorable.

Quant à l'Association des Teinturiers de Bradford, elle a exprimé l'avis que le gouvernement attribue immédiatement une prime de 100.000 liv. sterl. et une somme égale pendant dix ans aux fabricants anglais existant actuelle- ment pour leur permettre d'agrandir leurs établissements et d'installer plus amplement leurs laboratoires de recherches.

Il serait bon aussi de ne pas chercher à trop embrasser tout d'abord. Si les fabriques allemandes, pour attirer et surtout retenir la clientèle de l'étranger, ont diversifié à l'infini leurs variétés de produits, une compagnie du genre de celle que l'on veut fonder en Angleterre pourrait limiter sa fabrication aux meilleures couleurs classiques : il en résulterait, avec une plus grande puissance de production pour les articles choisis, une amélioration du prix de revient, et si la participation technique du teinturier devrait être plus active qu'à l'heure présente, celui-ci ne serait pas le dernier, certainement, à tirer profit des avantages obtenus dans l'intérêt national commun.

En Angleterre, une question de principe paraît donc être la cause déterminante des hésitations qui se manifestent ; chez nous, en France, il ne saurait en être de même, la protection à l'industrie étant inscrite dans notre organisation économique. Mais pourquoi faut-il qu'après avoir recueilli l'unanimité des suffrages, les projets de résolutions nés des difficultés éprouvées au début de la guerre ne se soient pas traduits encore par des actes effectifs.

Le Bulletin des annonces légales a bien enregistré, à la date du II janvier, la formation d'une société, d'études pour la fabrication des matières colorantes, à Lyon. Quelle suite a été donnée à cette déclaration ? Un procès-verbal du Comité des arts chimiques de la Société d'Encouragement nous dit, par la voix de M. Prud'homme, que les « fabri- cants français de produits chimiques et de matières colo- rantes s'occupent très activement de ces questions et qu'ils feront certainement quelque chose, mais qu'ils agiront, en temps et lieu, le moment opportun venu ». Certes, on eût préféré une certitude, une réalisation, mais de savoir que la question reste inscrite à l'ordre du jour, c'est déjà un motif de ne pas perdre confiance.

E. CHARLES-PIERRE.

Boycottez tout ce qui est Boche

Harpes lu (alrip et Brevets d'invention appartenant à les austro-allernands

La Chambre des Députés s'est occupée dernièrement du projet fixant les conditions d'application du décret relatif à l'interdiction de relations commerciales avec l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie, aux brevets d'invention intéressant les ressortissants de ces deux pays et de la proposition de MM. Honnorat et Dariac, tendant à limiter le bénéfice des mesures prises depuis le début de la guerre en faveur de la propriété industrielle aux ressortissants des pays étrangers qui assurent à nos nationaux un traitement de réciprocité. Le texte présenté par la commission a donné lieu à un long débat.

M. Barthe a formulé un certain nombre de critiques et dénoncé les moyens dont se servis les chimistes allemands pour faire accepter en France leurs produits.

Ils ont déposé, dit-il, des noms de fantaisie, qui tombent peu à peu dans le domaine public et qui remplacent les noms scientifiques des produits. Ils se sont constitué ainsi de véritables monopoles de fait.

Les pharmaciens ont pu obtenir l'annulation de quelques marques : antypirine, pyramidon et salol. Mais ils n'ont pas pu continuer la bataille qu'ils avaient engagée, à raison de l'énormité des frais qu'entraîne chaque action judiciaire.

M. Gibert Laurent appuya les observations de son collègue.

— En empêchant les marques de fabrique d'être accaparées par l'Allemagne, dit-il, nous rendrions service non seulement au corps médical, mais à la santé publique.

M. Landry exposa ensuite, de façon précise, la portée du projet soumis, à la Chambre.

Nous voulons, dit-il, par ces nouvelles dispositions, em- pêcher que les ennemis puissent se procurer des ressources à l'abri de la loi française.

Les brevets d'invention appartenant à des Allemands ou à des Austro-Hongrois ne seront pas annulés, car la propriété individuelle est une forme de propriété que nous ne voulons pas confisquer plus que les autres. Mais nous suspendrons l'exploitation de ces brevets pendant la durée des hostilités pour les Allemands et les Austro-Hongrois.

Ces brevets seront-ils mis dans le domaine public ? Ferat-on application de la licence obligatoire ? Ces solutions ne m'ont paru ni juste ni nécessaires.

Mais, comme l'on a mis les autre biens des Allemands, pour ainsi dire en sommeil, on fera de même pour les brevets, sauf pour ceux où la défense nationale se trouverait engagée. Pour ceux-là, ils peuvent continuer à être exploités selon les formes et sous certaines garanties.

Fallait-il procéder d'une manière semblable pour les marques de fabrique M. Landry répondit à cette question : « Il s'agit de marques de fabrique déposées par des fabricants étrangers et consistant dans des noms de fantaisie. Un produit, découvert, le plus souvent par un savant


français, a un nom scientifique impossible à retenir ; un Allemand se met à le fabriquer et lui donne un nom de fantaisie qui devient peu à peu le nom commun du produit, créant ainsi au fabricant un monopole de fait.

( Il y a là un procédé auquel il importe de mettre fin mais on ne peut y réussir que par une modification de la loi.

Et M. Landry de conclure : Ce projet apparaît comme un projet de défense nationale. La commission s'est rappelée sans cesse que si nos ennemis ont des intérêts chez nous, nous en avons également chez eux. C'est pourquoi nous limitons les avantages que nous avions accordés sans réciprocité et que nous en offrons d'autres, à condition de réciprocité.

Enfin, nous n'avons pas oublié le caractère international des unions pour la propriété industrielle.

Les solutions que nous vous proposons, sauvegardent donc à la fois les intérêts économiques des pays et ses intérêts moraux, dont nous avons un égal souci.

Le ministre du Commerce, M. Thomson, parla dans le même sens : Le dépôt de la marque de fabrique en France, dit-il, ne constitue pas un droit : c'est l'usage qui fait le droit. Le dépôt est attributif de la propriété à terme en Angleterre, attributif de la propriété immédiate en Allemagne. En France, il est déclaratif de propriété.

Le projet fut alors voté avec de légères modifications et le texte fut ainsi rédigé : « Projet de loi éablissant des règles temporaires en matière de propriété industrielle, notamment en ce qui concerne les brevets d'invention appartenant aux ressortissants des empires d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie. »

Les produits français en Amrip 1 ———

Le Bulletin mensuel de ,ln Chambre de commerce française de New-York (janvier 1915) public la note suivante à l'adresse des industriels français désireux d'aborder le marché des Etats-Unis ; « Des correspondants de- France nous demandent de leur indiquer des représentants capables et instruits pour vendre leurs marchandises aux Etats-Unis. Nous faisons notre possible pour trouver des agents pour la vente de nos produits français, mais nous éprouvons des difficultés dont nos compatriotes ne semblent pas se faire une idée bien nette : 1° le manque de représentants désireux de lancer un produit de marque nouvelle ; 2° beaucoup de négociants désirent que leurs marchandises soient payées avant l'embarquement et souvent même avant la sortie de la fabrique ou de l'usine. Ils ne veulent pas faire un prix net pour New-York ou les autres villes du litttoral, comprenant, avec celui de la marchandise, les droits de douane, les frais de transport, de sortie, d'embarquement, d'assurance, etc., jusqu'au port de livraison. Ces conditions sont rarement acceptées par l'acheteur éventuel ; souvent il se retire et

H

se sert ailleurs. De plus, il est absolument nécessaire d'avoir un agent pour recevoir les marchandises lorsqu'elles sont arrivées au port, pour s'occuper de leur entrée en douane, payer les droits à percevoir et enfin pour les livrer à l'acheteur. Pour la prise des ordres, certains négociants ont offert t de commission. C'est une allocation dérisoire, lorsqu'on connaît les conditions de la vie aux Etats-Unis. »

Les permis de séjour

1

M. Malvy, ministre de l'Intérieur, a été entendu par la commission du budget, à la Chambre des Députés, sur diverses questions importantes. Le ministre a donné, entre autres, des renseignements sur les permis de séjour concernant les sujets des nations ennemies. M. Malvy a fait connaître que dès les premiers jours des hostilités il avait donné les ordres les plus sévères pour qu'aucun permis de séjour ne fût accordé en dehors des catégories suivantes : 1° Austro-Allemands ayant des fils dans l'armée française ;

2° Anciens légionnaires ayant accompli plusieurs années de service militaire et munis de bons certificats ; 3° Impotents et infirmes ; » 4° Femmes d'origine française, mariées à des AustroAllemands, mais rentrées dans leur famille d'origine.

Six cents permis de séjour viennent d'être retirés comme ne rentrant pas dans les catégories ci-dessus indiquées.

A l'heure actuelle, les permis de séjour accordés se décomposent ainsi : 1 1 ° Austro-Allemands. — Hommes ayant des fils sous les drapeaux : 292 ; 2° Anciens légionnaires : 38 ; 3° Impotents et infirmes : 137 ; 4° Austro-Allemands. - Femmes avant des fils sous les drapeaux français : 153 :

5° Austro-Allemands. — Femmes ayant leurs maris sous les drapeaux français : 150 ; 6° Impotentes et infirmes : 169 ; 7° Femme d'origine française : 310 ; 8° Enfants au-dessous de dix-sept ans et dont le père et la mère rentrent dans les caégories précédentes : 385.

Soit au total : 1.700.

La commission a demandé au ministre de continuer à exercer une surveillance vigilante sur les personnes munies de permis de séjour et de procéder à des revisions périodiques de ces permis.

Le ministre de l'intérieur a fait, d'autre part, connaître à la commission que cinquante-huit camps de concentration avaient été organises en France, dans lesquels se trouvent environ 7.500 Allemands et 4.600 Autrichiens.

Enfin 8.785 étrangers de diverses origines se trouvent dans les dépots libres.


Boycottons leur coutellerie Toutes ces marques de fabriques allemandes sont à refuser

Nous avons déjà dit que la Chambre syndicale de la coutellerie française se préoccupait de mettre les acheteurs en garde contre la vente des articles de celte industrie

u made in Germany ».

Voici, selon la Chambre syndicale la liste des marques et poinçons qu'il faut impitoyablement refuser.

Ces marques allemandes sont souvent accompagnées de l'un des noms suivants : Panter, Riet, Feist, Sieuron Totaï, Gora, Bryso, von Brosy, F. Claubert-Sohn, Bonsa Saphir, Welfo, Stolle brothers, Sinfonie, Gallop, Pedecor, Othello Gala, Haso, Motador, Goliath, Record, Brillant, Admiral,

Luna, Mandarin, Omega, Mandarin.

Ces marques sont apparentes pour les couteaux, canifs et rasoirs, sur la lame ou le talon ; pour les cisenùV nrès de la vis,.


Maisons Allemandes - Produits Allemands ET MAISONS HYHUT DES IBTÉBÊTS m!SIM-mE!MtmS (DÉCOUPEZ, COLLEZ & FAITES VOS FICHES VOUS-MÊMES) Sixième Liste

Dentelles et Broderies (Paris) Allihn (Max) de Plauen (Saxe) + Représentants à Paris : pour la place : M. A. Knœpfel, 95, rue Réaumur pour l'exportation : M. Ch. Petit, 58, rue d'Hauteville.

Alsberg, 10, rue Gaillon (Séquestre, M.

Raynaud, syndic).

Blanck et Cie, de Plauen (Saxe) + Maison à Paris, 18, rue Saint-Fiacre.

Egerland (J .-F.), de Plauen (Saxe) + Agent à Paris, M. Gaudin, 1, rue d'Uzès.

Engolhardt et Cie, de Plauen (Saxe) + Représentant à Paris : M. J. Girard, 14, boulevard Poissonnière.

Fischer et Cie, de Plauen (Saxe) Représentant à Paris : M. Jean Tatge, 24, faubourg Poissonnière (Séquestre : M. Coupa, huissier).

Fiedler et Meutzner, de Plauen (Saxe) + Représentant à Paris : M. E. Robert, 33, rue des Petits-Champs.

Gruby, Désiré, représentant, 5, rue de Paradis. (Séquestre : M. Letourneur I. E.).

Hartmann (Curt) et Cie, de Planen + (Saxe).

Représentant à Paris : A. Ducreux, 10, rue Vivienne.

Hesse et Martin, de Plauen (Saxe) + Représentants à Paris : E. H. Maussenet, 9, rue Saulnier, Martin Timmel, 15, rue de Maubeuge.

Les maisons marquées d'une + ne sont pas encore sous séquestre.

Iklé frères, de Plauen (Saxe) + Maisons à Paris, 2, rue d'Uzès et 15, boulevard Poissonnière.

Kempf et Paulus, de Planen (Saxe) + Agent à Paris : E. Lelièvre, 14, faubourg Poissonnière.

Kempf et Paulus, de Plauen (Saxe) + 125, rue Montmartre, Paris.

Kôchel (Ludiwig), de Plauen (Saxe) + Représentant : Blum, 26, rue Richer à Paris.

Lorenz (A.-L.), de Plauen (Saxe) + Représentant à Paris, M. R. A. Wagner, 11, cité Trévise, Paris (sous-séquestre).

Mamelsdorf, 7, rue Bergère et 30, rue des Mathurins, Paris + Manesberger (Théodor) de Plauen (Saxe) + Représentants : M. L. Desgratoulet, 129, rue Montmartre, M. G. Glaentzer, 8, rue Martel, Paris.

Mauzer (Albert), 47, rue de Maubeuge, Paris. (Séquestre : M. Desbleumortiers).

Merfeld, Herz et Cie, 23, rue de Cléry, Paris. Gérant : M. Akenheimer. (Séquestre : M. Craggs).

Nœther et Boune, de Pauen (Saxe) Guimbaume frères, directeurs. 38, rue d'Aboukir, Paris. (Séquestre : M. Caron, huissier).

Oppenheimer (A), de Francfort-sur-le- Mein. +

Ulmann, directeur, 62], rue de Richelieu, Paris.



Oswald et Cie, 13, avenue de l'Opéra et 31, faubourg Poissonnière), Paris (Séquestre : M. Pons, expert).

Peuchmann et Weindler, 40, rue d'Hauteville), Paris. (Séquestre : M. Jacqz, huissier).

Reichenbach (Société anonyme des établissements), 14, boulevard Poissonnière, Paris.

(Séquestre : M. Bariller-Fouché).

Rosendhal (Alfred) et Tromer, 3, rue Bergère, Paris. (Séquestre : M. Clouard, Rec.

enreg.)

Rosenthal et Stern de Francofrt + à Paris, 21, rue Saint-Marc.

Rothe et Uhlmann de Falkenstein (Sai- xe) *+ Représentant à Paris : Léon Guérigen, 53, rue Meslay.

«

Stegmann et Funke, d'Eibenstock (Sa- xe) + Représentant à Paris : de la Torre 69 rue d'Hauteville.

Ulmann, représentant Otto Lœb, 17, rue Saint-Marc, Paris. (Séquestre : M. Wilmoth).

Unger et Eckardt, de Plauen (Saxe) + Représentant à Paris : E. Lion, 33, rue Poissonnière.

* Viertel (Herm), de Plauen (Saxe) + Représentant à Paris : Ed. Mercier, 17, rue Paul Lelong.

Weindler et Cie, de Plauen (Saxe) + Succursale à Paris, 40, rue d'Hauteville.

Wolff, sœurs, Kaufmann, Heimann, Schmitt et Cie, 108, rue Réaumur, Paris. (Séquestre : Armand, syndic).

Zarek (Edmond) et Cie, de Plauen (Saxe) + Représentant à Paris : Ch. Renard, 43, rue des Petites-Ecuries.

Dentelles, Broderies, Tulles (Province) Grossmann (Hermann), 27, rue Paul Chenevard et 23, rue de l'Hôtel de Ville, Lyon.

Alexander et Liebmann, de Berlin +. Calais-Caudry.

Bénedict et Cie, rue Sainte-Catherine, 11, à Lyon, usine à Nuremberg.

Damhauser (Max), ornements d'Eglise, à Lyon. t

Saenger et Reutscheler, tulles, 83, rue Louis Guérin, Lyon.

Schullein frères (de Nuremberg), tulles, 7, rue Griffon, Lyon.

Zweisler Fritz, 16, rue Richan, Lyon.

Storz (Ch. Albert), guimperie, 15, rue Al- sace-Lorraine, Lyon. Usine, impasse Vialatoux, 21. Lyon.

Boutons et Passementeries t (Paris) Albrecht Bonitz, d'Annaberg (Saxe).

Représentant à Paris : Epoux Bruckner, 57), rue Meslay. (Séquestre : M. Rochette, syndic).

Bagnard, 226, rue Saint-Denis, Paris. (Séquestre : M. Maillé, huissier).

Bartels-Diérichs et Cie, de Berlin.

Représentant à Paris : M. Vertivot, 10, faubourg Poissonnière. (Séquestre : M.

Poyard, huissier).

Binswanger, Jacques, 28, rue Louis-le- Grand. (Séquestre : M. Armand, syndic).

Bruckner et Dahm, 57, rue Méslay, Paris.

(Séquestre : M. Rochette, syndic).



Lebach, frères, 35 rue Turbigo, Paris. (Séquestre : M. Poyard, huissier).

Danath, 110, rue Réaumur, Paris. (Séquestre : M. Ménage).

Fried frères, de Gablontz (Bohême) + 13, rue du Caire, Paris.

Fries, de Berlin +

Dépôt ; Drouet, 39 bis, rue Greneta, Paris.

Goldfarb, commissionnaire, 17, rue de l'Echiquier, Paris. (Séquestre : M. Lebrun, huissier).

Heilbrunn et Cie, 25-27, boulevard de Belleville, Paris +

Jeiteles et Schwenk, de Gablontz (Bohême) + Maison à Paris : 57-59, rue Réaumur.

Goseberg et Grashoff, fabrique de boutons à Kierspe-Bahnhof (Wetsphalie) + Représentant à Paris : W. Becker, 66, faubourg Poissonnière.

Mahia, frères, de Gablontz (Bohême) + 41, Vue de l'Echiquier, Paris.

Mohr Adolphe, 34, rue de Chabrol, Paris.

(Séquestre : M. Closier, huissier).

Reifenberg et Cie (intérêts allemands dans la société), 31, rue du Louvre, Paris. (Séquestre : M. Nion, huissier).

Salcher (Math) et Sœhne, de Vienne (Autriche), fabrique de boutons à Wagstadt et Jablunkau (Silésie autrichienne)) + Représentant à Paris : A. Hennel, 40, rue de l'Echiquier.

Sander (Fr), à Barmen (Prusse rhénane) + Représentant à Paris : A. Wittkowski, 18, rue des Petites-Ecuries.

Schleicher, 186, rue Saint-Martin, Paris + Dépôt de Flenning Schumacher-Werke de Barmen.

Schultz, Otto, 26, rue d'Enghien, Paris.

(Séquestre : M. Laforge, syndic).

Trenherz et Füss (Erich Otto, directeur), 5, rue d'Uzès, Paris. (Séquestre : M. Streletzkie, huissier).

Waldes et Cie, de Dresde (Saxe) + A Paris, 4, rue d'Hauteville.

Wandhoff (F. W.)( de Barmen + Représentant à Paris : Th. Knecht, 36, rue de Chabrol.

Wolff Geschinster, 108, rue Réaumur, Paris. +

Wolff et Cie, de Dresde (Saxe. +

Représentant à Paris : Tielès (Alexandre), 12. rue d'Hauteville.

Fleurs artificielles, Gants, Filets (Province)

Doedistaett et Richter (de Francfort-sur-le- Mein). Fleurs artificielles, 9, rue Molière, et 6 place de Chavannes Lyon.

Lehmann gants, à Lyon.

Luttgen, Fiedrich, Marie, filets, Bonnetable (Sarthe).

Bonneterie, Linge, Mercerie (Paris) Ambrun, bas, 39, boulevard Poissonnière, à Paris.

Dépôt de Knobloch Hugo de Chemnitz (Saxe) + Aram, 8, rue Bertin-Poiré, à Paris.

Maison à Chemnitz (Saxe). (Séquestre : M.

Rochette).

Blanzé et Cie, Cravates, 32, rue NotreDame des Victoires, à Paris.

Créances de Maisons allemandes sous-séquestre dans la Société. (Séquestre : M. Rainaud).



Calbris, bas, 15, passage des Petites-Ecuries, à Paris.

Dépositaire de Doehner de Chemnitz (Saxe) +

De Carben et Merle, supports de cravates, 21, rue Henri-Monnier et 40, rue des Martyrs à Paris. Dépositaires de Bayerisch celluloïdwarenfabrik Vorm Albert Wacken, A.-C. Nuremberg +

Creutznach, 8, quai du Louvre, à Paris.(Séquestre : M. Richard, huissier).

I

Max Dubsky, 21, rue de Paradis, à Paris.

Dépôt de Schlottmann et Cie, de Berlin, 69-70 Klosteistrasse et de Apolda +

Ehrmann, 15, rue Bertin-Poiré, à Paris.

Dépôt de Stern de Chemnitz (Saxe) +

Dlle Enssle, 89, avenue de Wagram, à Paris. (Séquestre : M. Laforge).

Fusenot frères, aiguilles, 77, rue Rambuteau\ à Paris.

Représentants de Beissel et fils à Aix-laChapelle.

Glaiser, 11, rue de la Glacière, à Paris.

(Séquestre : M. Ponchelet).

Groetz Hermann, ganterie, 35, rue de Turbigo et 25, rue de la Reynie, à Paris. (Séquestre : M. Devisme huissier).

Guterman et Cie, soies et cotons, 65, boulevard de Sébastopol, à Paris. (Séquestre : M. Ménage).

Haas lingerie, 8, rue Renoult, à Paris. (Sé- questre : M. Giraudias).

Haim, mercerie 21, place de la République, à Paris.

Représentant de la Maison Sacher et Klein, 36, rue des Sapins, à Champigny. (Séquestre : M. Ponchelet).

André Herrenknect, mercerie, 21, rue de Montrouge, à Gentilly, (Séquestre M. Wil- moth).

Hirchloff directeur Gerson, fabrique de jerssys, 4, 6, rue Bourg-l'Abbé, à Paris.(Séquestre t M. Ménage).

Amann et fils de Boeningheim (Wurtemberg) soies à coudre : marques « au cheval », « à l'obélisque ».

Représentant à Paris : H. Hoffmann, 48, rue des Petites-Ecuries +

Hugo, Heusch et Cie, d'Aix-la-Chapelle + Maison à Paris, 186, rue Saint-Martin.

Kahn Jules représentant en bonneterie.

(Séquestre : M. Gastebled, Rec. Enreg.) Kilb (William), lingerie, 7, rue du Marché Saint-Honoré. (Séquestre : M. Desbleumortiers).

Hérosé (Gabriel), de Constance (Allem) + fabrique de mouchoirs.

Représentant à Paris : L. Larmier, 14, faubourg Poissonnière.

Leboucher et Born (intérêts de Born et marchandises de la maison Fiedmann, dans la société), 63, rue Rambuteau. (Séquestre r M. Mauger, syndic). »

Lenel, Bensinger et Cie, de Mannheim + fabrique de linge imperméable.

Représentant à Paris, Vve Vorms et Klein 126, rue Saint-Maur.

Liebeskind (Otto), 2, rue d'Enghien, Paris. (Séquestre : M. Duret).

Maecker, Hermann, représentant de la maison Barlach, 12, rue de l'Echiquier, Paris. (Séquestre : M. Armand, syndic).

Michelbacher, 42, rue de l'Echiquier, Paris (Séquestre : M. Laforge, syndic).

Michelbacher, 42, rue de l'Echiquier, Paris cerie, 38, rue Sorbier, Paris. (Séquestre : M. Lebrun, huissier).

Patzmann, Heinrich de Waldembourg (Saxe) +

A Paris, 20-22, rue Richer.

(A suivre).

Y



Les séquestres des biens, allemands et austro-hongrois

M. Monier, -président du tribunal de la Seine, vient, par une circulaire dont nous donnons ci-après les passages principaux, de rappeler à l'attention des séquestres les règles d'administration auxquelles ils doivent se conformer dans l'accomplissement des missions de séquestres des biens allemands et austro-hongrois - qui leur ont été confiées, con- formément aux prescriptions des circulaires de la chancellerie des 14 novembre et 5 décembre IQI,^.

Après avoir rappelé qu'un bureau spécial dit « des administrations judiciaires et des séquestres » a été institué par les soins du greffe,afin de grouper les différents renseignements d'ordre judiciaire et administratif, ainsi que les éléments de comptabilité et de contrôle intéressant chaque af- faire, le président du, tribunal examine dans divers cha- pitres : les versements à effectuer à la Caisse des dépôts, les fonds, les inventaires, la tenue des registres. Il rappelle ensuite les principes généraux de là façon suivante : * Les missions dont vous êtes investis, vous ne pouvez l'ignorer, ont un caractère essentiellement conservatoire ; elles ne peuvent être asssimilées à celles des liquidateurs ou des syndics de faillites, quant à leur objet, quant à leur but, ni quant à leur résultat. , puisElles intéressent au premier chef la défense nationale puis- que. sous aucun prétexte les biens mobiliers ou immobiliers ou

intérêts quelconques des sujets. des puissances ennemies ne peuvent être soustraits' juqu'à nouvel ordre à votre action ou à votre contrôle, pour être remis soit directement, soit indirectement à leur disposition. En outre, un grand nombre de produits ou de marchandises détenus ou fabriqués par les établissements scqncstrès peuvent être ou sont utilisés pour les besoins de nos armées ou de nos industries nationales, et à ce titre, il importe que vous prêtiez aux autorités militaires votre concours le plus actif et le plus rapide, en vue de donner prompte satisfaction à toutes les demandes qu'elles pourraient vous adresser dans l'inté- rêt des services divers de fournitures, ravitaillement, ou autres, qu'elles sont chargées d'assurer. ,

l , Pour ces raisons, toutes les mesures judiciaires que vous pouvez être appelés à prendre, en dehors des simples actes de gestion - courant ou de pure administration, doivent être requises soit directement par M. le procureur dq la République, soit par vous,, sur votre demande motivée soumise au visa du parquet. Elles seront 1 ensuite autorisées par moi-même ou par un magistrat délégué à cet effet.

Tous vos actes doivent se concilier avec le souci primordial et continu des intérêts français qu'il importe de protéger et - de sauvegarder; et l'initative des mesures judicaires que pourrait nécessiter la poursuite de ce but ne doit pas être abandonnée aux initiatives privées qui, dans beaucoup de cas, sont exposées, comme je le constate chaque jour, à raison des considérations étroi- tes et trop exclusivement personnelles qui les dirigent, a se trouver en opposition les unes avec les autres.

Il vous appartient en ce cas d'en référer au ministère public,

- •

qui n'hésitera pas à prendre d'office ou à vous faire prendre vous-mêmes les mesures qu'il jugera les plus opportunes, selon les circonstances que vous lui exposerez ; et pour ne vous citer qu'un exemple, si une situation vous paraissait nettement défici- taire, vous devriez la révéler, sans vous prêter de votre propre chef à une déclaration de faillite, par l'autorité compétente.

Sur la réouverture des établissements, le président Mo- nier s'exprime ainsi : En aucun cas, vous ne devrez rouvrir de votre propre initiative les établissements fermés ou continuer les exploitations commerciales. Lorsque cette réouverture ou cette reprise de l'exploitation vous paraîtront nécessaires à la sauvegarde des droits des créanciers français ou utiles à la défense nationale ou indispensables à la sécurité ou à l'entretien du personnel des employés ou des ouvriers, vous devrez en informer d'urgence M. le procureur de la République au moyen d'un rapport motivé. Vous procéderez de même si les intérêts généraux de notre industrie nationale peuvent motiver la reprise de l'exploitation, dans le cas notamment ou l'établissement séquestré détenait, comme je l'ài trop souvent constaté, un véritable monopole pour la fabrication ou la vente de certains produits indispensables à la consommation générale.

y N 1 * Enfin, sur un point qui peut intéresser nombre de propriétaires français ayant loué leurs immeubles à des commerçants allemands ou austro-hongrois, la circulaire suivante :

Lorsqu'un propriétaire récJamera le payement de ses loyers ou formulera une demande tendant à la résiliation du bail en cours, vous devrez tout de suite vous mettre en rapport avec lui, pour établir une entente préalable et complète sur tous les points du litige.

Vous ne devrez pas, en principe, vous prêter à la reconnaissance et à l'admission d'une indemnité de résiliation, et dans le cas où le propriétaire voudrait subordonner l'octroi de ladite' résiliation au versement d'une indemnité de cette nature, il se verra exposé à attendre la fin des hostilités pour faire valoir ses

droits, les choses devant demeurer en l'état jusque-là.

Une fois cet accord établi, vous me présentez ou vous me ferez présenter une requête qui en relatera toutes les bases afin do me permettre d'apprécier exactement la situation active et pas- sive de l'affaire (indication de l'actif liquide, évaluation du mobilier, importance de la créance privilégiée du propriétaire, men- tion des autres créances privilégiées, s'il y en a : contributions r et patentes, gages des domestiques, etc., forme de la vente, mention des loyers payés d'avance, conditions de la résiliation de .la location, fixation des réparations locatives, etc.) Cette requête sera visée par le parquet.

A défaut d'accord, il sera statué en référé même pour lcSi loyers de la compétence du juge de paix. Lorsque les assignations émaneront du séquestre elles devront contenir les mêmes renseignements et justifications que ci-dessus.

En ce qui concerne les procédures individuelles qui pour- raient être engagées par des tiers contre vous en qualité de séquestre ou contre l'Austro-Allemand (commandement, saisie-gagerie, saisie-exécution, etc.),, les frais en seraient supportés par ceux qui les auraient engagés. 0 -


La circulaire se termine ainsi : Lorsqu'une demande tendant au retrait du séquestre aura été formée par l'Austro-Allemand, votre avis sera toujours provoqué.

Vous devrez au besoin me le faire parvenir d'office, en cas d'urgence, aussitôt que vous aurez connaissance du dépôt de la re- quête.

J'attache le plus grand prix à ce que vous ne manquiez pas de me signaler toutes les interventions, tous les agissements plus ou moins suspects émanant de tierces personnes, qui désireraient s'immiscer dans votre gestion en vue d'en paralyser ou d'en fausser la marche et d'entraver l'application des dispositions léga- les ou réglementaires intéressant les Austro-Allemands.

LA CLOTURE DES OPERATIONS DE MISE SOUS SEQUESTRE

Le garde des sceaux, M. Aristide Briand, vient d'adresser aux procureurs généraux une circulaire pour hâter la clôture des opérations de mise sous séquestre des biens de sujets allemands et austro-hongrois.

Il a invité les parquets à lui fournir d'urgence le relevé numérique, arrêté au 1er mars, des séquestres ordonnés à l'égard : 1° des maisons allemandes, autrichiennes ou hongroises pratiquant le commerce, l'industrie ou l'agriculture en France et tombant sous le coup du décret du 27 septembre dernier ; 2° des parts sociales appartenant à des Alle- mands ou Austro-Hongrois dans des maisons françaises, alliées ou neutres ; 3° des simples particuliers allemands ou austro-hongrois. v Toutes dispositions devront être prises pour que les mises sous séquestre qui auraient été retardées par les difficultés et la complexité des enquêtes préliminaires soient prononcées dans le plus bref délai possible.

La circulaire se termine par les recommandations suivantes :

Les opérations de mise sous séquestre ne devront d'ailleurs pas être closes dans votre ressort sans que vous soyez certain qu'aucun des Allemands, Autrichiens ou Hongrois, à l'égard desquels elles devaient être poursuivies, n'a échappé à l'action de la justice. *

Il importe, en conséquence, que vous vous assuriez, tant auprès des préfets que des représentants du commerce, de l'industrie et de l'agriculture, qu'ils ont signalé aux parquets tous les cas parvenus à leur connaissance. Si de nouvelles espèces, qui étaient restées ignorées du ministère public, lui sont dénoncées, toutes diligences devront être faites pour qu'elles soient réglées avec promptitude.

Vous voudrez bien dans votre rapport me rendre un compte général, pour chacun des tribunaux de votre ressort, des exemptions de séquestre qui ont été accordées à des Allemands ou à des Austro-Hongrois avec indication sommaire des motifs qui ont justifié ces exemptions.

Enfin je désirerais, savoir si, indépendamment des séquestres individuels les mesures de séquestre général prévues par mes instructions des 27 octobre et l, novembre ont bien été prises dans chacun des arrondissements judicaires et le nombre des ordonnances rendues à cet effet.

LES DEPOTS BOCHES DANS LES BANQUES La question de savoir si un établissement de crédit détenteur de sommes appartenant aux Austro-Allemands en raison d'un compte créditeur, peut se refuser à en verser le montant aux séquestres des biens de ces nationaux ennemis, a été tranchée hier par le tribunal des référés dans le sens de la négative.

L'établissement visé refusait d'effectuer ce versement, faisant valoir que nommé lui-même séquestre d'une façon générale de toutes les valeurs austro-allemandes se trouvant dans ses caisses, par une ordonnance du 30 octobre 1914 - ordonnance qui s'appliquait d'ailleurs à tous. les établissements financiers français — il ne pouvait se dessaisir d'une partie de ces valeurs.

Mais M. Monier, président du tribunal de la Seine, n'a pas admis cette thèse, et il a rendu une ordonnance, aux termes de laquelle l'établissement français « relèvera, à ce jour, le compte complet » de la banque étrangère en cause, « pour en fixer, sous réserve de toutes vérifications et contestations actuelles ou futures, le solde créditeur au profit de ladite banque et ce, sous réserve, pour l'établissement français, de bénéficier de tous les décrets moratoires ».

Sous cette réserve, ce dernier sera tenu de remettre au séquestre de la banque étrangère « le montant intégral de ce solde contre sa quittance et à charge par lui de dispo- ser ou de faire emploi des deniers encaissés et des valeurs reçues, selon les obligations qui découlent de sa mission ».

Nos Conférences

TOURS

MM. Henri Coulon, Albert Noyer et Louis Merle, ont fait, le samedi, 20 mars, au Théâtre Français de Tours, une conférence publique qui a obtenu un très grand suc• cès. Nous en empruntons le compte-rendu à notre confrère la Dépêche du Centre : « La manifestation patriotique, de la Ligue Antiallemande, annoncée dans nos colonnes, a eu lieu samedi soir au Théâtre Français. Il y avait un très nombreux public 2.000 personnes environ — parmi lequel un assez grand nombre de dames.

Sur la scène, avaient pris place, à côté des conféren- ciers : M. Le Bourdon, préfet d'Indre-et-Loire ; les présidents des divers syndicats économiques de Tours ; MM. le colonel Lucas, Sudry, Mockers, conseillers municipaux ; àM Destréguil, président de la Ligue commerciale du centre : des membres, du barreau tourangeau, MM. Brottier, Jouanneau, Bonnichon, etc.

M. Letellier, maire de Tours, pour des raisons de santé, avait décliné la présidence de la séance. C'est M, Albert Noyer, secrétaire général de la Ligue, qui occupait le fauteuil présidentiel.

M. Noyer, remercia d'abord le public d'être venu en

»

*


si grand nombre, M. le préfet d'Indre-et-Loire et M. Brunel, secrétaire général ; MM. les membres de la chambre de commerce et des sociétés commerciales, enfin la presse locale pour la gracieuse hospitalité offerte dans ses colonnes aux communiqués de la Ligue.

Puis, dans son allocution, il développa le but de l'association, son objet, ses tendances. Verrons-nous après la guerre - a dit l'orateur dans un bel élan de patriotisme — les pillards de notre pays, les massacreurs de nos femmes et de nos enfants revenir impudemment au milieu de nous?

Non, nous voulons une œuvre d'assainissement, nous voulons les Germains hors de chez nous. Le mot d'ordre le voici : « Plus d'Allemands ! pas de produits allemands !

pas de personnel allemand ! »

Il faut pouvoir dire à nos « poilus » retour du front : vous pouvez rentrer dans vos usines, dans vos magasins, il n'y a plus d'Allemands en France !

M. Albert Noyer est un orateur qui a de l'accent et qui' sait trouver le mot juste. Sa péroraison a été frénétiquement applaudie.

M. Louis Merle, avocat à la cour d'appel de Paris, est ensuite venu traiter la question des naturalisations et celle de l'espionnage pratiqué, avant la guerre, par nos ennemis sur une très vaste échelle. L'éminent avocat demande, au sujet des naturalisations, la revision de nos lois. En France, le. culte des ancêtres est le plus légitime ; c'est une folie de vouloir assimiler un Allemand à un Français d'origine. 1 Enfin ce fut le tour de Me Henri Coulon, avocat à la cour d'appel de Paris, au geste ample et significatif, ora- teur à la parole facile et élégante, ne cherchant jamais le mot ni la phrase, et possédant toutes les finesses et les beautés de notre langue française.

Me Coulon a parlé, lui, de la guerre commerciale ; mais nous ne le suivrons pas dans tous les détails de cette complexe question.

Après avoir dit quelques mots des théories de Nietzsche et autres philosophes d'outre-Rhin, le célèbre avocat termina à peu près en ces termes : c'est une lutte d'un peuple contre un autre peuple ; que ce soit le vacher, le gardeur de porcs ou l'empereur, nous leur en voulons à tous autant. Tous ces gens ont élevé la fourberie à la hauteur d'une institution. Une paix boiteuse serait le glas de la France ! Il faut lutter jusqu'à ce que la bête soit à terre; débarassons-nous donc à jamais de cette race abhorrée !

Une magnifique ovation a accueilli finalement Me Coulon.

L'ordre du jour suivant a été voté par le public, à l'unanimité : „

« Deux mille Français et Françaises, réunis au Théâtre Français de Tours, l'e samedi 20 mars 1915, après avoir entendu le programme de la Ligue antiallemande exposé par ses représentants : M. Albert Noyer, Mes Louis Merle et Henri Coulon, déclarent adhérer à ce programme en toutes ses parties et promettent d'employer tous leurs efforts à le faire triompher.

Ils demandent notamment des mesures plus sévères sur la question des naturalisations, sur la question des 1

biens séquetrés et demandent dès à présent qu'on se préoccupe de l'organisation nécessaire pour permettre à la France de profiter de sa victoire militaire sur le terrain économique, commercial et industriel. »

Avant de. clore la réunion, M. Albert Noyer a demandé à l'assemblée de chanter la première strophe de la Marseillaise.

Tous les auditeurs, debout, ont clamé dans un bel élan de foi patriotique le chant national, et se sont séparés au cri de : « Vive la France ! »Bonne soirée de propagande pour l'œuvre de la Ligue Antiallemande. t ANGOULÊME Le lendemain, 21 mars, MM. Henri Coulon, Albert Noyer et Louis Merle ont fait une seconde conférence au Théâtre municipal d'Angoulême. Cette réunion était présidée par M. Mulac, sénateur-maire de la ville, assisté du président et du vice-président de la Chambre de commerce.

Cette conférence, qui a obtenu également un vif suc- cès, s'est terminée par le vote de l'ordre du jour voté la veille à Tours.

VINCENNES

Me Henri Coulon, président de la Ligue Antiallemande fera le vendredi soir, 16 avril, une conférence à l' « Union Commerciale et Industrielle » de Vincennes, sur ce sujet : « La guerre commerciale M. *

PARIS

Me Louis Merle, avocat à la Cour d'Appel de Paris, a fait le samedi 27 mars, à l'Association Philotechnique

(section de la Bastille) une conférence publique sur ce su- v jet : « La Guerre économique et les femmes françaises ».

COMMENT tILS SE MOQUAIENT DE NOUS i Histoire de musiciens français habillés en fantassins bavarois. — Les Klaebisch voulaient baigner leurs, chevaux allemands dans le cognac

français.

Nous recevons la lettre suivante : Monsieur le Président, Dans sa conférence d'Angoulême, notre secrétaire gé- néral, M. Albert Noyer, a raconté, à la stupéfaction de ses auditeurs, l'histoire fantastique du boche Klaebisch,

grand industriel à Cognac, et naturalisé français, qui; de- j venu président d'honneur de la musique municipale de ,

Rouillac-sur-Cognac, avait imaginé, pour se payer notre tête, d'affubler lesdits musiciens du costume des fantassins j bavarois. Sous ses regards narquois, nos compatriotes dé- 1 filaient, chaque dimanche, déguisés en soldats allemands.

j


Perméttez-moi, au sujet de cette histoire, de nous rappeler un autre exploit de ce boche à faux nez qui n'est autre que le directeur de la grande maison de cognac.

allemand : A. C. Meukow et Cie.

Le 1er août 1912, la maison Meukow fêtait le cinquantenaire de sa fondation. A cette occasion, Klaebisch envoya la circulaire suivante à ses clients d'Allemagne et pays autres que la France. Ce document est à lire de la première à la dernière ligne. Il montre, en effet, comment les naturalisés de la loi Delbrück, restaient les agents actifs et les fils dévoués de la « plus grande Allemagne ».

» La maison A-C. Meukow et Cie, a été fondée à Cognac (Charente), le 1er août 1862, par deux frères d'origine allemande, MM. Auguste-Christophe et Gustave Meukow.

» La vente du cognac « Meukow » a eu lieu dans le monde entier et il n'existe pas un pays dans lequel on ne consomme du cognac où cette marque ne jouisse de la meilleure renommée.

» Tous ces exemples sont suffisants pour montrer quelle renommée s'est acquise la maison Meukow dans le cours de ces cinquante années et si elle se tient encore solidement à son rang, elle peut espérer non seulement de retenir à elle sa nombreuse clientèle, mais aussi de l'augmenter, ce qui a été le cas chaque année.

» M. Gustave Klaebisch père, Allemand, qui est encore, aujourd'hui le chef de la maison, s'y trouve depuis l'année 1879 et, jusqu'en 1886, en était le seul associé ac- tif. A cette époque il s'adjoignait comme associés M. Nurt Richter, sujet allemand, et après le départ de ce dernier, M. C.-G.-D. Herrmann, de la même nationalité, ainsi qu'un Suisse, dans la personne de M. Paul Jenny, et c'est avec ces deux personnes qu'il s'occupe encore aujourd'hui de la direction des affaires.

» Il sera peut-être intéressant pour quelques-uns de nos clients de connaître certains renseignements sur les directeurs actuels de la maison : » M. Klaebisch père, le chef, est lieutenant de réserve hors cadre et chevalier de la Croix de Fer ; il a soixante- et-un ans. Pendant trente-sept ans, il a employé toutes ses forces à la prospérité de la maison, qu'il dirige depuis trente-deux ans. Physiquement et intellectuellement il suffit encore à toutes les exigences que lui impose la place qu'il occupé, non seulement pour le développement et la marche de ses affaires, mais aussi pour la sollicitude dont il entoure son personnel. Il » C'est dans cette pensée qu'il établit, à l'occasion de sa 25e année de présence dans la maison, une fondation pour ses employés allemands et français, ainsi que pour ses ouvriers, fondation dont ils jouisent des bienfaits encore aujourd'hui » Celui qui vient après lui est M. Jenny qui par son âge, est entré dans la cinquantaine et s'occupe plus spé- cialement de l'exportation au-delà des mers et de la surveillance de la comptabilité.

» M. Herrmann est premier lieutenant hors cadre dans la réserve ; il est à la fin de ses quarante-deux ans.

Tous les ans, il fait de très grands voyages. C'est à lui qu'incombe le travail sérieux de représentation.

» En dehors de ses occupations commerciales, il s'em- presse d'être utile à la colonie allemande, qui est assez nombreuse à Cognac.

» Il a constitué une Société de secours qu'il préside et dont M. Klaebisch est président d'honneur. Il a aussi fondé une branche de la Ligue maritime allemande.

» A ce sujet, il mérite d'être constaté que tous les Allemands, appartenant à la maison, ont conservé leur nationalité, qu'ils ont élevé leurs enfants complètement à l'allemande et qu'ils ont développé en eux le culte de la patrie.

» Si, malgré cela, les chefs de notre maison sont devenus membres du Cercle national, du Conseil de fabrique et de d'autres Sociétés, cela prouve que, parmi leurs concitoyens français ils sont bien vus et estimés.

» Leur influence s'est exercée sur différents terrains : des machines agricoles, des vélocipèdes ont été importés d'Allemagne par leur entremise et un (ici l'indication d'une profession), se. décida, sur les conseils de M. Herrman, à faire venir d'Allemagne des machines et des ouvriers pour l'installation de son établissement, où, avec l'aide de ces éléments, son entreprise est devenue, dans son genre, une des premières de France.

» Ils ont contribué à l'introduction de poésies allemandes. C'est à eux aussi et à leur action que l'usage des Arbres de Noël s'est répandu et que les magasin de Cognac sont à ce moment-là si remplis d'objets allemands fabriqués à cet usage.

» Nous n'avons pas l'intention, par ces petites choses de faire croire que nous avons rendu des services sérieux à notre patrie. Non, ces petits faits ont pour but de prouver, que, nous Allemands, nous pouvons à l'étranger trouver de la reconnaissance sans être, pour cela, obligés de renier notre nationalité, ce qui est màlheureusement souvent le cas.

» Sauf celui qui a vécu longtemps à l'étranger, qui en a l'expérience et qui sait combien il est difficile de faire son chemin, peut apprécier combien cela fait du bien.

» La maison A.-C. Meukow et Cie s'efforcera de la même façon de conserver dans l'avenir sa réputation basée sur une stricte loyauté et d'être pour la naturalité allemande une initiatrice sur tous les terrains où se présente toujours une occasion. »

Ainsi, pendant que des commerçants boches faisaient concurrence au commerce français et s'enrichissaient à nos dépens, ils travaillaient ouvertement à ruiner nos in- dustries nationales et à implanter chez nous les produits allemands et la « Kultur ».

D'autre part, un de nos adhérents de la Charente, nous écrit :

Monsieur le Secrétaire Général, Ce que vous avez dit à Angoulême sur les Klaebisch m'a particulièrement intéressé.

» Le jour de la mobilisation, j'étais à Angoulême ; je montais l'avenue Gambetta, lorsque dans une voiture, j'ai aperçu deux fils Klaebisch, pleins de morgue, le sourire


aux lèvres, se rendant à la gare pour prendre — je l'ai su — l'express qui devait les conduire à la frontière suisse et rejoindre leur père, en Allemagne depuis un mois déjà.

» Quelle joie j'aurais éprouvée à serrer la gorge de celui qui, quelques jours avant la mobilisation, déclarait cyniquement en plein café, que bientôt « leurs chevaux « seraient en Charente et y laveraient leurs sabots dans le « cognac ».

» Ce même Klaebisch disait encore à qui voulait l'entendre que chez euxi il y avait un drapeau allemand pour planter sur l'Hôtel de Ville de Cognac le jour où leurs troupes feraient leur entrée dans cette ville.

» Leurs projets ont été déjoués, heureusement. Leur flotte n'est pas encore à La Pallice et les terrains de tennis bétonnés qu'ils avaient construits pour tout autre usage, dans les îles avoisinant l'embouchure de fa Charente, ne seront pas utilisés, du moins pour l'usage auquel ils étaient destinés ».

Serait-il vrai que les distilleries Klaebisch. qui ont été mises sous séquetre, continuent à fonctionner sous la direction d'un conseiller municipal de Rouillac dont on nous cite le nom ? Les habitants de la ville s'en étonnent et se demandent si, après la guerre, on laissera revenir dans ses usines la tribu de Klaebisch, retour de l'armée allemande.

Champagne Mumm

« Nous avons entre nos mains, écrit Léon Daudet, dansji un camp de concentration un chef de l'espionnage allemand d'avant-guerre, Hermann von Mumm, au sujet duquel les précisions abondent. Les deux frères, Hermann et Walter Mumm peuvent être convaincus, en cinq minutes, d'avoir organisé contre la France, dès le temps de paix l'invasion de la Champagne et l'abri-citadelle du Soissonnais. Ils ont préparé méthodiquement, chacun selon ses moyens, la destruction de la ville de Reims et de la cathédrale de Reims. Walter von Mumm, a regagné l'armée allemande. Mais celui qui nous reste, Hermann von Mumm constitue un excellent otage. Il est particulièrement cher à l'Empereur, qui lui a avancé les premiers fonds de son espionnage commercial ; il est très bien apparenté au point de vue boche. C'est un personnage fort important ; comme disait Flaubert, c'est un « Monsieur ».

Les Mumm , pour la vente de leur Champagne avaient comme agent M. Trémoulière, maire d'Omps, dans le Cantal, domicilié, boulevard Malesherbes, à Paris. Bien entendu, M. Trémoulière ne voulait pas admettre une seconde que son directeur ne fut un personnage irréprochable à tous les points de vue. Aussi, lorsqu'il apprit que les restaurateurs supprimaient sur leurs cartes les vins de Champagne Mumm, M. Trémoulière s'empres- sa d'écrire au Journal des Restaurateurs et Limonadiers

une lettre qui dénote chez son auteur une dose de naïveté déconcertante.

Voici les passages les plus intéressants de cette lettre.

« Je me trouve obligé de vous dire qu'il m'a été rap- porté que la Chambre syndicale a donné des instructions d'effacer sur les cartes des vins des restaurants, la marque de vins de champagne français, portant sur l'étiquette la firme « G. H. Mumm ».

Permettez-moi de vous dire, M. le Président, que la rayé sur leurs cartes des vins, aucun des vins du Rhin, que la maison a toujours été dirigée par un ou plusieurs français, que les actes de la Société ont toujours été depuis 1827 passés, signés, enregistrés à Reims (France).

Que les vignes sont françaises et par conséquent que les vins exclusivement récoltés dans la Champagne délimitée sont bien Français. Que trois mille vignerons ou ouvriers des caves sont aussi de bons français et vivent avec leurs familles de la dite maison de commerce de vins français.

Mais le nom de Alumm étant allemand, le public ne s'est pas rendu compte de la situation exacte et les restaurateurs ont suivi le mouvement. Cela est la conséquence d'une campagne menée par certaines personnes plus ou moins intéressées qui ont propagé sans pudeur la calomnie.

Mais pendant que l'on boycotte un grand vin de notre beau pays de Champagne, la plupart des restaurateurs font servir sur la table un Kummel qui a non seulement un nom allemand, mais de plus qui est expédié de Hambourg (Allemagne).

J'ai aussi constaté que les restaurateurs n'ont pas rayé: sur leur cartes des vins, aucun des vins du Rhin, vins récoltés sur des vignes et des terres allemandes et expédiés de Francfort-sur-Mein (Allemagne), ou de ladite province.

Les restaurateurs vendent donc des vins allemands, ainsi que des liqueurs de ce pays et cependant, ils craignent de vendre un vin français, crainte dont trois mille ouvriers français, sont actuellement victimes. A ces trois mille, je me permets d'ajouter les noms de deux bons français qui sont je crois vos amis : P. Trémoulière et Welby Jourdan, qui se trouvent ruinés par la situation injuste qui leur est faite en ce moment.

La vieille firme de G. H. Mumm, se trouvant sous séquestre, les affaires sont donc suspendues et dans ce cas, nous ne pouvons, à notre grand regret donner suite à l'aide que nous avons été heureux de vous accorder jus- qu'ici mais, que les événements actuels nous privent du plaisir que nous aurions eu de continuer. »

A cette missive de M. Trémoulière, M. A. Delcros, président de la Chambre des Restaurateurs et Limonadiers a répondu par la lettre suivante qui, nous l'espérons, sera pour l'agent commercial de Mumm une leçon suffisante.

Cher Monsieur, « Il est inexact, d'affirmer que des instructions ont été données par la Chambre syndicale pour effacer de la carte des vins des restaurants la marque de champagne, G. H. Mumm.

A aucun moment, la Chambre syndicale n'a cru de-


voir indiquer à ses adhérents la conduite à tenir envers les marques allemandes, estimant qu'elle n'avait pas à donner des leçons de patriotisme à une corporation qui s'est toujours montrée à la hauteur de son devoir.

Il est possible, ainsi que vous l'affirmez, que certains produits allemands se trouvent encore sur la table de certaines maisons ; les restaurateurs pêchent sans doute par ignorance, et nous nous empressons de les renseigner en publiant la lettre que vous avez bien voulu nous adresser.

Cette lettre, Cher Monsieur, outre l'inexactitude fonda- mentale que nous avons réfutée plus haut, s'efforce de nous démontrer que le champagne G. H. Mumm, récolté en terre française est un vin français.

Nos connaissances de l'histoire et de la géographie de notre pays, malgré la théorie des cortipatriotes de M.

G. Mumm, déclarant l'a Champagne, terre allemande, sont suffisantes pour nous permettre d'être complètement de votre avis ; mais il n'est pas moins vrai que la maison G. H. Mumm est sous séquestre parce que maison allemande, et que la France entière est aujourd'hui debout pour chasser à tout jamais, au-delà de ses frontières, reconquises, ceux qui comme M. G. H. Mumm, ont cru

mettre définitivement la main sur les plus nobles produits du sol français.

M, G. H. Mumm est parti mais le vignoble reste.

Les trois mille ouvriers dont vous plaignez si juste ment le sort, retrouveront, la guerre terminée, les coteaux merveilleux où dort toute une richesse française, Alors ils travailleront avec plus de courage et de fierté, car ils sauront que leurs efforts n'iront plus enrichir ceux qui ont violé leurs femmes, égorgé leurs enfants, dévasté leurs maisons ; et de ce vin nouveau, du vin de la revanche et de la paix définitive, nous souhaitons, Cher Monsieur, que vous soyez, ainsi que M. W. Jourdan, les représentants. »

Ne voyagez plus avec le Ester

On ne voyage guère en ces temps troublés par le conflit armé qui met aux prises une partie de la vieille Europe.

Mais il est malgré cela d'actualité de signaler un produit allemand qui a trop longtemps infesté nos gares et nos quais d'embarquements : LE BAEDEKER Et les excursionnistes français ou alliés feront bien de le bannir de leur bibliothèque.

N'avons-nous pas aussi bien : LE JOANNE ET LE CONTY ? ,

Malheureusement, jusqu'à ce jour, Le Bædeker, que baucoup ont cru anglais est bel et bien un article allemand sériant de Leipzig et ses directeurs, MM. Hans et Ernest Bædeker, sont allemands.

On connaît la rédaclion de ces petits livres à couverture rouge : « A droite, vous avez la forêt de. que borde la

rivière. ; à gauche, c'est le château de. du plus pur Renaissance, avec son magnifique parc ; un peu plus loin, nous arrivons en vue de X-ville, dont on remarquera le curieux et superbe beffroi et la magnifique cathédrale gothique ».

Le Herr Doctor en voyage — chapeau pointu et lunettes d'or — consultait le Bædeker et faisait partager à sa tribu ses impressions admiratives. Toute la famille se penchait aux portières, regardait, se trémoussait : « Schœn !

schœn !. Choli ! choli !» Et les voyageurs français, consultant eux aussi le Bædeker, sentaient leur cœur se dilater à constater, chez ces étrangers, tant de sympathie pour leur cher pays. ,

Ils sont revevenus chez nous, les Allemands, le Bædeker à la main. Le petit livre à couverture rouge, a d'avance, repéré les meilleures routes à suivre les plus riches châ- teaux à piller, les plus belles villes à détruire.

— Schœn ! schœn ! répètent-ils encore.

Mais maintenant, c'est à chaque obus qui tombe ravageant nos villes et campagnes et tous nos souvenirs historiques. i

,l,l' -. :' ■'!' - P. de G.

1 l' , : : - .; 1 Les "naturalisations Suisses ":'=:::::,,;::::' : I#:::",

Le bruit a couru que dans la presse française — et nous nous en sommes fait l'écho dans ce Bulletin — que le Conseil Fédéral Helvétique naturalisait trop facilement les boches. En des articles qui causèrent une vive émotion en France, MM. Gabriel Hanotaux et Urbain Gohier avaient raconté, notamment, que les autorités suisses accordaient aux ressortissants des Empires du Centre la naturalisation après un séjour de trois à six mois, leur fournissant ainsi la possibilité de circuler et de s'établir librement à l'étranger sur la foi de papiers d'origine suisse.

La note officielle suivante déclare que cette allégation est sans fondement : « La loi fédérale, dit la note, exige de toute personne sollicitant l'autorisation d'acquérir la nationalité suisse, qu'elle ait son domicile en Suisse pendant les deux ans précédant immédiatement sa demande ; les autorités fédérales veillent avec soin à ce que cette condition soit strictement remplie.

« La preuve que la crise européenne n'a pas eu de répercussion prononcée sur le nombre de naturalisations en Suisse ressort du fait que les naturalisations accordées par le Conseil fédéral en 1914 n'accusent qu'une augmentation de 20 %, accroisssement qui s'explique d'ailleurs par le fait que bon nombre d'étrangers, vivant depuis une dizaine d'année en Suisse ou qui y sont nés et qui ne voyaient aucune urgence à changer de nationalité, ont été amenés par les événements actuels à solliciter la nationalité suisse dans le but de régulariser leur situation de droit public.

« Le nombre des naturalisations en 1914 a été de 2.431, il avait été de 2.009 en 1913. »


Nous insérons volontiers ce démenti officiel, mais, tout de même, les cris d'alarme de MM. Hanotaux et Urbain Gohier n'auront pas été inutiles. <

A propos de l'incident de Menton que nous avons raconté dans notre précédent numéro, voici, la réponse faite à M. Emile Constant, député, par M. le ministre de l'Intérieur : ; « Le ministre de l'Intérieur a adressé aux préfets, à la date du 28 octobre, des instructions pour les mesures à prendre à l'égard des Austro-Allemands qui auraient obtenu, depuis le i" août 191/j, leur naturalisation dans un autre pays et pour surveiller très attentivement le retour éventuel de cette catégorie d'étrangers.

En ce qui concerne l'étranger qui, parti de Menton au moment de la mobilisation, y est revenu au début de fé- vrier et dont le retour a occasionné des incidents, il est établi que, d'origine allemande, il a été naturalisé Suisse en 1892, Le ministre de l'Intérieur appréciera, d'après les résultats de l'enquête en cours, s'il y a lieu de prendre à l'égard de cet étranger neutre des mesures spéciales ».

Le Chocolat Suchard

Le Conseil municipal de Clermont-Ferrand, dans sa séance du 12 mars igi5, a émis le vœu suivant : Considérant, que la maison de Chocolat Suchard est dirigée par un sujet allemand, le Conseil municipal émet le vœu que l'affichage du Chocolat Suchard soit supprimé dan.., les voitures des tramœays de Clerrnont-Farand.

Ce vœu a çlé transmis au Préfet.

Luttons contre les produits, allemands.

Depuis les premiers jours des hostilités, les membres non mobilisés du Syndicat Central des Chimistes de France, sur l'initiative de leur Président, M. Cognard, et de leur si dévoué Secrétaire général M. Crinon, n'ont pas cessé de faire démarches sur démarches pour, qu'après la guerre actuelle, les scientifiques soient enfin débarrasés de tous les produits et appareils d'origine austro-allemande. Certes, pour certaine verrerie de laboratoire et les papiers-filtres, notamment, nous étions tributaires de l'Allemagne, mais heureusement, il n'en sera plus de même par la suite, ainsi que nous le verrons tout à l'heure. Mais pour certains appareils : microscopes, réfractomètres notamment, nous at-on assez inondés de prospectus allemands, et telle mai-

son, dépositaire de la fameuse marque Zeiss (la maison Ad-t. pour ne pas la nommer.) n'affirmait-elle pas qu'aucun appareil d'optique français ne valait pas ceux qu'elle offrait à grands renforts de catalogues. Tous étaient d'origine allemande ! Notez bien que nos fabricants français ont, depuis longtemps, des appareils d'une précision parfaite, et que les acheteurs n'avaient que l'embarras du choix. Mais le snobisme (?), pour quelques scientifiques, était d'avoir par exemple un microscope Zeiss. N'insistons pas.

La Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale a organisé, dit l'Actualité scientifique, de remarquables conférences, et ayant assisté notamment aux deux premières, nous avons constaté que les auditeurs sont vraiment réconfortés quand les conférenciers, avec chiffres en mains et preuves à l'appui, prouvent que l'indusirie française est « à la hauteur » pour produire tous les appareils que l'Allemagne nous fournissait.

Au cours de la première conférence, le Président du Syndicat des Souffleurs de verre nous assura notamment que, grâce à de savantes recherches (il cita celles de M.

Appert, à Clichy), on pourrait désormais se fournir en France de verrerie genre Bohême ou Iéna, ce qui permit au sympathique professeur M. Lindet, de dire que nous aurions ainsi, gagné une nouvelle victoire d'Iéna ! Nous ne fûmes point surpris d'apprendre que certaines bouteilles «Magic», que l'on vendait un peu partout et qui conservaient longtemps à leurs températures les liquides chauds ou froids, venaient d'Allemagne. On sait qu'il s'agit de vases de d'Arsonval-Dewar, qui étaient vendus à MM. P. et S. au prix de 1 fr. 40 ! Vous vous souvenez à quel prix on vendait ces articles. N'insistons pas non plus. Bref, en France, on ne pouvait se procurer ces vases à moins de sept francs, mais il paraît que maintenant nous pourrons arriver au prix de 1 fr. 40. Enregistrons avec plaisir ces promesses, et réjouissons-nous également de ce que nous ne serons plus tributaires de l'Allemagne pour les papiersfiltres de laboratoire. En effet, un industriel français, M.

Durieux, est à même désormais de fournir tous les types de filtres sans cesse en usage dans les laboratoires, et d'une qualité égale, sinon supérieure, à ceux employés avant la

guerre et qui nous venaient d'outre-Rhin. A nous de les demander — je dirai plus : de les exiger - chez nos fournisseurs habituels.

La deuxième conférence fut faite par M. Hillairet constructeur, et membre de la Société d'encouragement pour l'Industrie Nationale.

Brillant causeur, M. Hillairet, nous assura, d prouva que la construction électrique était assurée par l'industrie française. Il nous rappela que si la France exportait en Allemagne des compteurs d'électricité et des charbons pour l'éleclro-métallurgie notamment, par contre, nous importions une grande quantité de lampes, à filaments métallurgiques, des piles pour lampos de poche, ainsi que divers articles tels que les magnétos « Bosch » (le jeu de mot est facile !)qui faisaient fureur dans le monde automobile.

Le conférencier nous affirma que la France était capable de se suffire à elle-même el que l'on y fabriquait actuellement un grand nombre de piles pour lampes de poche, ainsi que des lampes métalliques. Dans un autre ordre


d'idées, nous pouvons construire entièrement en France, nos diverses machines électriques. Cependant pour arriver à des prix raisonnables, les métallurgistes devront faire un petit sacrifice. Espérons qu'ils le feront.

M. Hillairet assura enfin que nos ingénieurs électriciens valaient largement ceux que l'Allemagne possède, et il rendit hommage notamment aux élèves des Ecoles supérieures d'Electricité de Paris, Grenoble, Marseille, Toulouse, Nancy et Lille.

Nous rendrons compte des prochaines conférences qui seront, certainement, toutes plus intéressantes les unes que les autres.

R. n.

Le scandale Stern-Sonneborn

On a fait distribuer dans toute la France des placards signés : Ligue particulière anthillemamle et démontrant l'ori- gine boche de la maison Stern-Sonneborn.

Nous tenons à déclarer que ces placards n'ont pas été expédiés par nous. Pour dénoncer les maisons allemandes, nous n'avons pas à nous cacher derrière l'anonymat.

Nous n'en maintenons pas moins tout ce que nous avons dit précédemment sur cette firme allemande et avec Paris- Midi nous pensons que le scandale Stern-Sonneborn a assez duré.

« Les Allemands et leurs complices domiciliés en France, écrit notre confrère Paul de Mirecourt, ont ioutes les audaces.

De nombreuses lettres me sont parvenues depuis huit jours pour me signaler celle de la société Sb"rn-Sonneborn, de Pantin. Une de ce lettres résume toutes les autres, la voici : « Monsieur, « Je ne suis ni industriel, ni commerçant, c'est vous dire que je n'ai aucun intérêt particulier à attaquer une maison allemande.

« Mais j'ai deux fils qui se battent, l'un dans le Nord, l'autre dans l'Est, et en lisant dans le « Bottin » de i <j 15 que la maison allemande Stern-Sonneborn fournit tous les ministères français, je me demande pour la réussite de quels intérêts mes fils se battent : si c'est pour le triomphe final de la France ou pour celui des Boches.

« Voyez le « Bottin », page 1202, et dites-moi si, en pleine guerre, l'annonce de Stcrn-Sonncborn ne constitue pas un véritable scandale. »

J'ai consulté la nouvelle édition (IQIÔ) du « Bottin » des professions, et voici en effet ce qu'on peut y trouver : Page 1143, l'annonce suivante : STERN-SONNEBORN Graisse Astraline Diaman, Graisse Ossagol.

Graisse Monopole.

Graisse Gloria.

Production annuelle : 2 millions de kilos.

Page 1145, cette autre annonce : Stauffer STERK-SOIN NE li()li\

Fabricant du graisseur : Flatteur.

Ossatj Antipoussière, etc.

Enfin, page laos, cette annonce qui provoque ionles les protestations des lecteurs de ce journal s'intéressaitI à noire campagne : Société anonyme ST EH '\-So:\:\ E BOH

Maison fondée en 1 SSl bournisseur des] Etablissements de l'Fiet : Ministères de la (itierre, Marine, (.otonies, (<om pa<jnie de (Chemins de fer, \avi<jaHon, \itte </,■• l'a ris, etc.

Httille minci aie Fusse de Halum (importai ion directe de la Fussie), etc., eic.

Nous sortîmes a fin mars i<)if>. en guerre depuis huit mois avec l'Allemagne ; des lois anciennes et des décrets nouveaux semblent devoir protéger l'indusirie française contre le commerce allemand ; on croit que des mesures sérieuses ont éié prises contre les maisons boches, et en "voilà une qui, audacieusemeni, brave la France entière l'l, chose quelle n'a jamais faite les années précédenies, s'a f- firme dans un annuaire répandu comme éiant le fournis- seur des grandes organisations de l'Htai français.

Avec nos lecteurs, disons, crions (pie c 'est scandaleux l La maison Stern-Sonneborn, nous l'avons prouvé ici, mal- gré les affirmations du sieur Braun, reste entre les mains des « Stern-Sonneborn » de Hambourg, C'est une maison allemande, indiscutablement. On en trouvera encore la preuve dans le nom donné à l'Antipoussière « Ossag » que, pour bien se moquer des bons Français, les administra- teurs boches de la société ont confectionné avec les iniiiules de la fiime allemande : ()elic rl,'c Stern et Son iwhort) \U(jeineinc (leseltschafl. Actuellement, la « Slcrn-Sonneborn », avec le concours de complicités qu il faudra bien dénon- cer quelque jour, cont inue son Indic, La SleriirSonnebom de Hambourg, maison mère, con- tinue à expédier ses marchandises en France par l'inter- médiaire d'une maison suédoise qui réexpédie en son nom ci sous paviitonsuettois. aux complices restés1 à Pantin.

De ee' fait, les Huiles minérales liasses de Bakou nous sont vendues en pleine guerre par des Boches.

Lu attendant qu'on se décide à les protéger, les industriels français, concurrents de Stern-Sonneborn, qui fabri- quent aussi bien les mêmes produits que la maison alleman- de, se batteni pour la défense de la pairie qui continue à être la cliente des Boches et à les enrichir.

Repéions-le : c'est scandaleux !

OFFRES & DEMANDES (La ligne : un franc) M. Ch. \hensour, directeur du Comptoir Commercial, 70, rue de Mostaganem à Oran se tient à la disposition des commerçants et industriels membres de ]a Ligue Antialle- mande pour renseignements et toutes représentations.


d mes forces!

—wr— : -V EP l- * i , 1 que la cure la plus scientifique, la plus efficace, en même temps que la plus écono- ] mique, celle procurant les guérisons les plus radicales et les plus rapides des affections - des reins, de la vessie, du foie, de l'estomac * consiste dans l'emploi régulier et quotidien, à tout âge et en toute saison, des ] Lithinés du Dr Gustin qui dissolvent l'acide urique et défendent énergiquement l'organisme tout entier ; K contre l'usure provoquée par le travail, les - fatigues' et les excès de toute sorte Leur emploi régulier est une assurance contre la vieillesse précoce Défendez-vous contre les contrefaçons grossières et inefficaces des Lithinés du Doc- ~: teur Gustin en exigeant sur la boîte en fer-blanc, et les 12 paquets qu'elle contient, le nom & du Docteur Gustin en toutes lettres, qui en assure l'authenticité et la valeur médicale.

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y Le Journal P ARIS-MIDI publie. chaque jour : 1 1° Les Heures de Guerre, d'Henry Bérenger.

2° Les Dernières Nouvelles de source anglaise.

3° Une rubrique spéciale Antiallemande.

4° Une revue des-journaux du matin.

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