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Full notice

Title : L'Aérophile

Publisher : (Paris)

Publication date : 1915-05-01

Contributor : Besançon, Georges (1866-1934). Directeur de publication

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : French

Format : Nombre total de vues : 25059

Description : 01 mai 1915

Description : 1915/05/01 (A23,N9)-1915/05/15 (A23,N10).

Description : Note : GG14181.

Description : Collection numérique : Documents consacrés à la Première Guerre mondiale

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k65533601

Source : Musée Air France, 2013-273394

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344143803

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 04/11/2013

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Un des derniers vols de Roland GARROS sur son parasol" MORANE-SAULNIER ", armé d'une mitrailleuse (Photo Branger)


l'Aérophile, 1er-15 mai 1915

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23e ANNÉE. — No, 9 ÎO. 1er - 15 Mai 1915

SOMMAIRE : Aviateurs français contre avions allemands (lienri Regnault).

L'année aéronautique 1914 et l'Aéro-Club de France (Georges Resançon).

Canons et projectiles spéciaux des Allemands contre les engins aériens (A. M.).

Les deuils de l'aviation.

Sur les enduits à base d'éthers cellulosiques employés pour les ailes d'aéroplane (André Joly).

La Guerre aérienne.

Echos de la guerre aérienne.

Les Zeppelins et la Guerre.

Tableau d'Honneur de l'Aéronautique militaire : Légion d'honneur, Médaille militaire, Citations à l'ordre de l'armée, Piomotions.

SOMMAIRE DU BULLETIN OFFICIEL DE L'AÉRO-CLUB DE FRANCE: Convocations. — L'Assemblée générale annuelle. — Comité de Direction du 6 Mai li'15. — Avis divers. — Les nôtres au tableau d'honneur - Correspondance.

Stella, Aéro-Club féminin (Bulletin Officiel).

AVIATEURS FRANÇAIS CONTRE AVIONS ALLEMANDS

Si, comme le rappelait M. Georges Besançon dans son rapport annuel, la cinquième arme rend aux armées alliées les plus grands services, il est difficile, en ce moment, de connaître le rôle grandiose qu'elle joue dans la lutte du Droit contre la Brutalité. Parfois, cependant, un nom nous parvient, un fait nous est signalé;

nous pouvons ainsi connaître une légère partie des actes d'héroïsme qu'accomplissent à chaque minute les conquérants de l'air.

Nous allons grouper les exploits des héros qui, toujours à l'affût, poursuivent sans trêve les rapaces vautours, sans souci de leur existence, si précieuse pourtant. Ils ne craignent pas, ces braves, d'affronter un corps à corps effrayant pour débarrasser l'horizon des Taubes qui l'obscurcissent et permettre ainsi aux avions de France d'aller annoncer aux provinces annexées leur libération prochaine.

Nous ne parlerons pas seulement dans cet article des pilotes qui ont abattu des aéroplanes ennemis dans les lignes françaises ; nous citerons également ceux qui ont fait fuir les aviateurs allemands en mettant leurs appareils hors d'usage. L'énumération en sera longue, nos lecteurs la voudraient plus longue encore, cela nous évite de nous excuser auprès d'eux de la monotonie forcée de cette classification.

Le 8 septembre 1914, le capitaine aviateur Nesteroff apercevait un avion autrichien, piloté par le baron Rosenthal ; héroïquement, l'officier russe fonça sur son adversaire ; les deux appareils vinrent s'écraser sur le sol. Les deux aviateurs furent tués. Le capitaine Nesteroff avait payé de sa vie le grand honneur d'avoir, le pre-

1. Henry Salmet (Photo Branger). — 2. Adolphe Pegoud (Photo Rol). — 3. Roland Garros (Photo Branger).

4. Eugène Gilbert, (Photo Rol). — 5. Lieutenant Robert de Beauchamp. — 6. Lieutenant Arsène Vogoyeau.

mier parmi les pilotes alliés, descendu un appareil ennemi.

Le sergent Frantz a été inscrit au tableau de la Légion d'honneur et de la Médaille militaire, tandis que son mécanicien Quenault était proposé pour la Médaille militaire. Le 5 octobre 1914, ils ont « poursuivi et réussi à abattre un avion allemand en reconnaissance au-dessus des lignes françaises ».

Joseph Frantz, né le 7 août 1890, à Beau jeu (Rhône), était chef pilote à l'Aérodrome Savary, à Chartres; il est titulaire du brevet de pilote-aviateur de l'Aé. C. F. n° 363, délivré le 3 février 1911 sur Kœchlin.

Le caporal Emile Strilick, de l'escadrille HF 28, a été inscrit au tableau de la Médaille militaire; quoique blessé le 16 octobre, en service commandé, lors d'un atterrissage, il continue ses vols et, « le 24 octobre, faisant du réglage de tir, s'est trouvé en présence d'un avion ennemi, a essuyé son feu, a esquivé habilement l'atta-


que, a été prendre son mécanicien à terre avec une mitrailleuse, est parti en chasse et, à courte distance, a permis à son mécanicien de faire exploser l'avion ennemi ». Emile Strilick, né le 19 mai 1891, à Saint-Etienne (Loire), est titulaire du brevet de pilote-aviateur de l'Aé. C. F.

n° 1.465, délivré le 16 septembre 1913 sur biplan Henry Farman.

Le mécanicien David, de l'escadrille H. F. 28, » accompagnait le 24 octobre son pilote avec une mitrailleuse, poursuivit un avion allemand qui, en lançant des bombes, gênait le tir d'une batterie lourde, et réussit après une poursuite à courte distance, à faire exploser l'avion allemand ». Il fut pour cet exploit cité à l'ordre du jour.

Le sergent Gilbert, de l'escadrille M. S. 23, reçut, pour ses exploits, la Médaille militaire ; il fut inscrit au tableau pour la croix de Che- valier de la Légion d'honneur, ainsi que le lieutenant Puechredon, observateur, pour l'exploit qu'il accomplit le 10 janvier dans la Somme.

C'était la troisième fois, à notre connaissance, que le célèbre pilote réussissait à descendre les

appareils ennemis. Le 2 novembre, 1 alors qu'il était en reconnaissance, accompagné, comme observateur, du capitaine de Vergnette, commandant l'escadrille M. S. 23, il aperçut un taube qui poursuivait un avion français. Il prit l'adversaire en chasse, le poursuivit au-dessus des lignes ennemies et s'en approcha jusqu'à une vingtaine de mètres pour permettre à son passager de tirer les trois balles de son mousqueton. Le pilote allemand fut, sans doute, atteint sérieusement, car le taube descendit en vol très piqué, et s'abattit dans un champ où il parut s'écraser. Le capitaine de Vergnette est né le 17 septembre 1878, à Montpellier; il possède depuis le 9 mars 1912 le brevet de pilote aviateur de l'Aé. C. F. n° 792, qu'il passa sur Blériot.

Une autre fois, Gilbert était parti avec son mécanicien Bayle, comme tireur, — ce brave fut cité à l'ordre du jour — ; Gilbert abattit un avion allemand entre Albert et Bapaume, mais les ennemis tombèrent dans leurs lignes, on n'a donc pas la preuve matérielle de la réussite de ce duel aérien. Il n'en est pas de même pour le combat que Gilbert et le lieutenant Puechredon livrèrent dans la Somme le 10 janvier ; rentrant de reconnaissance, ils se trouvaient près de Chaulnes, lorsqu'ils aperçurent un avion ennemi se dirigeant sur Amiens. Ils le poursuivirent en prenant de la hauteur afin de le dépasser sans être vus. Non loin d'Amiens, ils le rattrappèrent et lui barrèrent la route ; l'observateur tira alors quatre balles de sa carabine. Deux de ces balles touchèrent l'observateur ennemi, le lieutenant Falkenstein. La troisième balle attei-

gnit au cou le pilote Keller, la quatrième perça le radiateur. Aussitôt blessé, Keller atterrit et fut fait prisonnier.

Gilbert, né le 19 juin 1885 à Riom, est titulaire du brevet de pilote aviateur de l'Aé. C. F.

n° 240 qui lui fut délivré le 4 octobre 1910 sur Blériot.

Le lieutenant Vogoyeau, du 64e régiment d'artillerie de l'escadrille M. F. 8 et le lieutenant Juvigny, tous deux titulaires du brevet de pilote aviateur de l'Aé. C. F. ont été les héros d'un combat homérique. Ils avaient, le 3 novembre, été envoyés en reconnaissance. Au cours de leur vol, ils rencontrèrent un aviatik; sans hésiter, ils allèrent droit sur lui, obligeant le pilote ennemi à rebrousser chemin. Peu après, un second aviatik apparaissait à l'horizon; les officiers français s'élancèrent à sa rencontre et l'attaquèrent à coups de mousqueton ; au cours du combat, un taube entra dans la lice, cherchant à surprendre par l'arrière le Maurice Farman.

Faisant face au nouvel adversaire, nos aviateurs le mirent en fuite, puis ils s'approchèrent à nouveau de l'aviatik ; quand ils furent à

1. Michel Mahieu (Photo Meurisse). — 2. Emile Strilick. — 3. Georges Pelletier-Doisy. — 4. Amédée Navarre.

5. Sergent Georges Salze. — 6. Auguste Galvin. — 7. Sergent Joseph Frantz.

une quarantaine de mètres de l'ennemi, ils tirèrent sur lui, atteignant son moteur avec leurs balles et le forçant à atterrir dans un vol piqué presque vertical. Ceci fait, ils continuèrent simplement leur reconnaissance.

Le lieutenant Vogoyeau, pilote de cette chevauchée héroïque, est né le 18 décembre 1877, à Briollay (M.-et-L.), il passa le brevet de pilote aviateur de l'Aé. C. F. sous le n° 755 le 19 février 1912 sur Maurice Farman. Son camarade, le lieutenant Juvigny, qui était observateur le 3 novembre, est né le 24 juillet 1887 à Provins (S.-et-M.) ; il est titulaire du brevet de pilote aviateur de l'Aé. C. F. n° 1.805 en date du 17 mars 1915, passé sur Maurice Farman.

Le sous-lieutenant Michel Mahieu, de l'escadrille 24, a été inscrit au tableau pour la croix de chevalier de la Légion d'honneur, tandis que son mécanicien, Mauduit, maître ouvrier à l'escadrille 24, était proposé pour la Médaille militaire. Mahieu, né le 1er octobre 1893, à Armentières (Nord) possède, depuis le 9 août 1910, le brevet de pilote aviateur de l'Aé. C. r. n° 168 qu'il passa sur Blériot. Mahieu avait été, le 22 novembre, chargé d'attaquer et de chercher à abattre tout avion ennemi qui se présenterait devant nos lignes ; accompagné de Mauduit, « il donna la chasse successivement à trois avions allemands, força deux d'entre eux à atterrir, et abattit le troisième par le feu de sa mitrailleuse ».

Le 18 janvier, l'audacieux Pégoud, adjudant réserviste à un groupe d'aviation, força un avion ennemi qui s'était aventuré au-dessus de


la Champagne, à rentrer dans ses lignes. Il fut proposé pour la médaille militaire avec la citation : « A, à plusieurs reprises, poursuivi des avions ennemis. Le 5 février 1915, a attaqué à bonne distance un monoplan et en provoqua la chute ; presque immédiatement après, il put attaquer deux biplans successivement, provoqua la chute du premier et força le second à l'atterrissage. »

Au cours de ces vols, Pégoud était accompagné du soldat Lerendu, mécanicien de l'escadrille 37, qui fut ainsi cité à l'ordre du jour : « Etant mitrailleur à bord d'un avion, a par la précision de son tir, provoqué la chute de 3 aéroplanes ennemis. »

Pégoud est né le 8 juin 1889, à Montferrat (Isère). Il est titulaire du brevet de pilote-

Le taube abattu par l'aviateur Navarre dans la région de Soissons. (photo Branger).

aviateur de l'Aéro-Club de France n°1.243 délivré le 1er mars 1913, sur H. Farman.

Le lieutenant Robert de Beauchamp, né le 4 octobre 1887 à Senlis et titulaire du brevet de pilote-aviateur de l'Aéro-Club de France n° 1.083 délivré le 22 octobre 1912 sur Savary, est inscrit au tableau pour la croix de chevalier de la Légion d'Honneur.

« Le 4 février 1915, par l'habileté et la précision de ses manœuvres, exécutées sous un feu extrêmement violent de l'artillerie ennemie, il a permis à l'officier observateur qu'il conduisait de provoquer par son tir (au mousqueton) la chute d'un biplan ennemi, après une courte lutte. »

Le communiqué officiel du 23 mars 1915 mentionne l'exploit accompli, en Alsace, par le sergent Salze et son observateur, le sous-lieutenant Moreau, qui ont abattu un Aviatik sur la voie ferrée de Colmar. Né le 25 mars 1891 à Cha- reil-Cintrat (Allier), Georges Salze est titulaire du brevet de pilote-aviateur de l'Aéro-Club de France n° 1.560, délivré le 5 décembre 1913 sur M. Farman.

L'aviateur Navarre est né le 18 avril 1887 à Vars (Charente) ; il est titulaire du brevet de pilote-aviateur de l'Aéro-Club de France n° 584, délivré le 22 août 1911 sur Sommer.

Ce pilote abattit à coups de fusil un avion allemand dans la région de l'Aisne. En même temps qu'il cite ce haut fait, le communiqué officiel du 1er avril relate l'exploit accompli par le sous-lieutenant-aviateur Garros. Roland Garros, né le 6 octobre 1888 à Saint-Denis de la Réunion est titulaire du brevet de pilote-aviateur de l'Aéro-Club de France n° 147, délivré le 19 juillet 1910 sur Demoiselle.

Avant de conter comment le champion de l'air a descendu trois avions allemands, donnons le récit de la capture du célèbre aviateur.

Roland Garros, on s'en souvient, fut fait prisonnier à Ingelmunster le 18 avril, par suite

d'une panne de moteur. Mais nous espérons vivement que cette captivité ne sera pas de longue durée et que le vaillant héros saura reprendre sa place glorieuse dans la phalange aérienne.

Voici donc quelques nouveaux détails sur la capture de l'aviateur. Alors que, vers sept heures du soir, il survolait à 200 mètres la région de Sainte-Catherine Lendelede, Garros aperçut un train, qui passait sur la ligne d'Ingelmunster à Courtrai. Il descendit jusqu'à 40 mètres dans un vol fortement piqué, et lança une bombe qui tomba à quarante mètres de la voie. Il essuya les coups de feu des sentinelles qui gardaient le voisinage, lança une seconde bombe et remonta à 700 mètres. Malheureusement, le moteur s'arrêta, et le vaillant pilote dut atterrir en vol plané; aussitôt arrivé au sol, il mit le feu à son appareil puis courut se cacher dans une hutte de paysan où il fut découvert fort avant dans la soirée. Quelques jours plus tard, il fut, paraît-il, interné à Custrin.

C'est pour l'ennemi une capture importante, car en moins d'un mois, le sous-lieutenant Ro-


land Garros avait abattu trois avions alle- mands. Son premier combat aérien eut lieu le 1er avril, vers 3 heures 15 du soir, entre Roulers et Dixmude. Apercevant un Aviatik qui voguait à 1.800 mètres d'altitude, Garros le rejoignit et l'obligea à accepter la lutte, en ouvrant contre lui un feu nourri. Les Allemands ripostèrent et leurs balles traversèrent les plans de l'appareil français sans atteindre d'organe essentiel ; Garros était seul à bord, le tir de sa mitrailleuse fut très efficace ; une balle ayant percé le réservoir d'essence, l'avion allemand prit feu et tomba dans la cour d'une ferme où l'Aviatik et ses passagers achevèrent de se consumer. L'officier français avait suivi la chute, il atterrit et salua les dépouilles de ses deux adversaires. Cet exploit lui valut la citation suivane à l'ordre de l'Armée : « Garros Roland, sous-lieutenant, pilote-aviateur. Aussi modeste que brillant pilote; n'a ja-

Biplan Aviatik abattu par Roland Garros, exposé actuellement dans la cour d'Honneur du Palais des Invalides.

(Photo Branger).

mais cessé de donner l'exemple du plus bel entrain. Le 1er avril, a abattu un avion ennemi au cours d'un combat aérien.

(( Le 15 avril, le pionnier de l'air donna la chasse à un taube qui était venu survoler la région d'Armentières ; malgré les efforts du pilote allemand, Garros le rattrapa, ouvrit contre lui un feu violent et précis, tua les deux aviateurs. L'appareil vint s'abattre sur le sol entre Ypres et Armentières. »

Enfin le communiqué officiel du 18 avril nous apprend que l' « un de nos avions, après une poursuite brillante, a abattu un avion allemand qui est tombé dans les lignes ennemies en Belgique, entre Langemarck et Paschendaële. »

Cet avion était piloté par Garros.

Le communiqué officiel du 4 avril signale l'exploit accompli le 2 avril à 6 heures 1/2 du ma- tin par l'adjudant Pelletier-Doisy et son observateur, le lieutenant René Chambe.

Depuis Reims, les aviateurs français poursui-

vaient un Albatros ; ils le rejoignirent près de Chalons, et l'attaquèrent à 2.600 mètres d'altitude. A plusieurs reprises, ils s'approchèrent à moins de dix mètres de l'adversaire, armé d'une mitrailleuse, tandis que l'observateur français n'avait à bord qu'une carabine. Le duel dura environ dix minutes ; à la onzième balle, l'avion allemand piqua brusquement, prit feu et atterrit brutalement en arrière de nos lignes ; le réservoir d'essence était percé de trois balles, les fils de commande du gouvernail de profondeur étaient coupés par une autre balle. Les officiers allemands — le pilote était le Badois von Keussler — étaient indemnes.

Georges Pelletier-Doisy, né le 9 mars 1892 à Auch (Gers), est titulaire du brevet de pilote-aviateur de l'Aéro-Club de France, n° 1.274, délivré le 28 mars 1913 sur H. Farman.

Le 13 avril, le brigadier Galvin, accompagné du sous-officier observateur Berry, donna la chasse à un taube qui, venant de la frontière, se dirigeait vers Lunéville. Atteint par les balles françaises, l'avion allemand prit feu et tomba à peu de distance du village de Croismare ; les deux Allemands furent carbonisés.

Auguste-Marie Galvin, né le 19 juin 1895, à Sainte-Foy-les-Lyon, est titulaire du brevet de pilote-aviateur de l'Aéro-Club de France, n° 1.412, délivré le 21 juillet 1913 sur Caudron.

Mentionnons encore la citation à l'ordre du jour du maréchal des logis Henry Salmet, né le 22 juillet 1878 à Paris, titulaire du brevet de pilote-aviateur n° 99, délivré par le Royal AéroClub de Grande-Bretagne, le 27 juin 1911. L'ordre du 8 avril 1915 porte que : « pilote plein d'entrain et d'audace, il n'a pas hésité au cours d'une reconnaissance, à s'approcher jusqu'à 30 mètres d'un avion allemand pour permettre à l'observateur de tirer. » Le sous-lieu- tenant Hertz, qui l'accompagnait, fut également cité à l'ordre du jour.

Pour terminer, signalons quelques exploits, indiqués par les communiqués, sans que le nom de leur auteur soit porté à notre connaissance :

« Le 18 décembre, un de nos aviateurs a tué à coups de fusil un pilote allemand dont il a vu l'appareil se briser sur le sol. »

« Le 17 avril, un avion anglais a abattu un avion allemand en Belgique, près de Boesinghe.

Le pilote a été tué, l'observateur fait prisonnier. »

« Le 18 avril, un avion belge a abattu un avion allemand près de Roulers. »

Le communiqué officiel anglais du 24 avril mentionne que : « Dans la matinée, au cours d'une reconnaissance exécutée avec succès, un de nos aviateurs a endommagé un aéroplane allemand et l'a forcé à descendre. Nos aviateurs ont également obligé un autre appareil allemand à atterrir aux environs de Messines. »

Le maréchal French, dans son communiqué du 30 avril, signale que : « un aéroplane allemand a été attaqué par nous hier ; atteint par nos projectiles, il a été abattu dans nos lignes à l'est d'Ypres. »

Les vaillants pilotes alliés qui inscrivent les pages glorieuses de la guerre aérienne ont droit à toute notre admiration et nous nous faisons un devoir de rendre ici hommage, autant à leur courage qu'à leur abnégation devant le danger.

HENRI REGNAULT.


L'Année Aéronautique 1914 et l'Aéro-Club de France RAPPORT DE M. GEORGES BESANÇON Secrétaire général de l'Aéro-Club, à l'Assemblée générale statutaire de l'Aéro-Club de France, le 29 Avril 1915

Continuant nos efforts dans les voies où nous nous engageâmes dès la fondation de l'Aéro-Club de France, nous pouvions espérer que l'année 1914 serait particulièrement brillante et féconde en belles performances et en progrès de tout ordre au point de vue aéronautique. La liste déjà longue des manifestations sportives ou des concours d'un caractère pratique que nous étions accoutumés à revoir périodiquement, s'était en effet accrue et enrichie d'épreuves nouvelles dont l'issue était impatiemment attendue et qui pouvaient avoir une influence heureuse et considérable sur les progrès de la locomotion aérienne.

Soudainement, dès la fin de juillet dernier, la plus odieuse agression qu'eût jamais enregistré l'Histoire est venue orienter vers une tâche plus pressante et plus haute encore, toutes les forces vives, toutes les ressources de l'Aéronautique française. Je vous montrerai tout à l'heure comment l'Aéro-Club de France et ses membres depuis le début de cette grande crise, ont su faire face à ces devoirs nouveaux.

Je vous dois cependant, comme les années précédentes, un aperçu rapide de ce que nous avions déjà fait au cours des sept premiers mois de 1914, « avant la guerre », et des principaux événements dans lesquels l'Aéro-Club avait eu sa part. Ils ont eu trait, comme à l'ordinaire, aux trois modes de locomotion aérienne : sphériques, dirigeables, aéroplanes. Mais si, à la fin de juillet, les grands concours aérostatiques avaient presque tous eu lieu, par contre, les principales épreuves d'aviation restaient à disputer et ont dû être remises jusqu'après la cessation des hostilités.

LES SPHERIQUES Mouvement général des ascensions en 1914 Malgré cet avantage relatif en faveur de nos pilotes aéronautes, les chiffres représentant le mouvement des ascensions pour les quelques mois considérés ne peuvent naturellement pas être mis en parallèle avec ceux qui vous furent soumis aux assemblées générales précédentes et qui portaient, eux, sur les douze mois de l'exercice.

Voici cependant le relevé global des ascensions au Parc de l'Aéro-Club, du 1er janvier à fin juillet 1914 : 122 ascensions : 140.900 mètres cubes de gaz consommé : 320 passagers : 18.696 kilomètres parcourus : 748 heures de séjour dans l'atmosphère.

D'autre part, pour la totalité des voyages aériens effectués dans la France entière durant le même laps de temps, on trouve : 210 ascensions : 230.000 mètres cubes de gaz consommé ; 590 passagers ; 27.500 kilomètres parcourus : 1.160 heures de séjour dans l'atmosphère.

Je ne vous énumérerai pas les divers résultats moyens que l'on peut déduire de ces chiffres qui, d'une façon générale, sont à peu près comparables à ceux des plus récents exercices.

Pourtant, les chiffres globaux semblent être légèrement inférieurs à ceux des mois correspondants de 1913. Si la dernière saison aérostatiaue s'était déroulée normalement, ce petit fléchisseement eût été sans doute entièrement compensé dans le deuxième semestre.

Les records aérostatiques en 1914 Peut-être même aurions-nous reconquis avant la fin de 1914 le record du monde de la distance en ballon que les champions de nos ennemis d'aujourd'hui avaient réussi, apres des années d'efforts infructueux.

e nous enlever. Plusieurs de nos Dilotes parmi les

meilleurs s'étaient assigné cette tâche, qu'ils n'ont pu remplir par suite des événements.

Du reste, aucun record de sphérique n'a été battu en France en 1914. Les records français de sphérique appartiennent toujours : Pour la distance : à notre vaillant et regretté col- lègue, René Rumpelmayer, qui couvrit 2.420 klm. 653, les 19/21 mars 1913 ; Pour la durée : à Jacques Schneider, avec 45 h. 49', les 14/16 novembre 1913 ; Pour l'altitude : à Maurice Bienaimé, par 10.108 mètres. le 28 mai 1913.

Epreuves de sphériques en 1914 C'est dans les concours proprement dits, avec dé- parts à date fixe ou à date libre que l'on trouve encore, en 1914, les meilleurs témoignages de la vitalité du sport aérostatique. Ils ont donné lieu à de fort jolies performances qui ont permis à certains jeunes pilotes de s'allumer et de rivaliser parfois, de brillante façon, avec leurs « anciens ».

Le plus important de nos concours annuels, le Grand-Prix de l'Aéro-Club de France, dont le départ eut lieu au Jardin des Tuileries, le 19 juillet dernier, se disputait pour la dixième fois. Vingt-quatre aéronautes parmi les meilleurs d'Europe prirent le départ.

Coïncidence singulière, les atterrissages les plus lointains se firent, comme dans le Grand-Prix précédent, en territoire britannique. Mais alors qu'en 1913, cinq ballons traversaient le détroit, cette fois quinze concurrents, dont une concurrente, Mlle Marvingt, allerent prendre terre au pays de l'Entente Cordiale. La victoire est revenue à René Rumpelmayer, par un voyage de 641 kilomètres. Il était serré de près par le champion belge, Ernest Demuyter, suivi de son compatriote, M. Gérard. Puis venaient nos amis, Emile Dubonnet et Jules Dubois, séparés de Mlle Marvingt par l'aéronaute allemand Halben. Cette course achevée dans l'atmosphère anglaise où la victoire favorisait Français et Belges, quelques jours à peine avant les circonstances tragiques et glorieuses qui devaient sceller l'union des trois nations, pourrait prêter, après coup, à des considérations que je n'ai pas à aborder ici, mais qui hantent nos esprits et font battre nos cœurs.

L'accident survenu au départ de l'un des ballons concurrents n'a heureusement pas eu de suites graves.

Le succès du X. Grand-Prix' a donc été complet. Cette solennité nous a, en outre, fourni l'occasion de rendre hommage à nos glorieux aînés Charles et Robert et de rappeler, par l'apposition d'une plaque commémorative, l'expérience célèbre qu'ils firent en ce même jardin des Tuileries, au début de l'histoire des ballons.

Je passe plus rapidement sur les autres épreuves aérostatiques.

Le concours d'atterrissage du 21 mai (distance minima relative) a donné de très bons résultats. Le vainqueur a été le vicomte Charles de Curel, nouveau venu parmi les champions ; les autres lauréats sont MM. Leblanc, Schelcher et Rumpelmayer.

Pour le concours de distance du 13 juin, la faiblesse du vent n'a pas permis de longues randonnées et c'est en Bretagne et en Normandie qu'ont été groupés les atterrissages. Mais la proximité de la mer a mis à l'épreuve le sang-froid et l'habileté manœuvrière des vainqueurs. Notre collègue belge Ernest Demuyter qui, décidément est un favori de la victoire, s'est classé premier suivi de MM. J. Dubois, Lefebvre, encore un nouveau venu qui promet, et d'Alfred Leblanc.

Le « Prix Jacques Aumont-Thiéville ». fondé en souvenir de notre regretté collègue, était réservé aux petits cubes (900 m3 maxima). Disputé le 11 avril, il a permis au jeune et enthousiaste aéronaute Charles Dollfus d'effectuer, en compagnie de son ami E. Demuyter, dans un aérostat de volume modeste, le joli raid de Saint-Cloud à Rusendorf (Saxe), 759 km. en 17 h. 20.


Venaient ensuite Rumpelmayer, Ravaine et le comman- dant Fédix:

Le w Prix Jacques Schneider », attribué le 31 mai, a été gagné par M. Jules Dubois avec le voyage de SaintCloud à Galan (Hautes-Pyrénées), 641 km., dans une direction que suivent rarement si longtemps les ballons partis de Paris.

Je m'en voudrais de ne pas mentionner, bien que son organisation ne nous appartienne pas, le succès du concours annuel d'atterrissage que la « Stella » a fait disputer le 5 juin au parc de l'Aéro-Club, mis par nous à sa disposition. Ce fut, comme à l'ordinaire, l'occasion d'une fort brillante fête et le concours lui-même fut également très réussi. Alfred Leblanc en sortit victo- rieux, suivi de M. André Roussel et de Mdfle Marie .Tissot. ; - Les autres épreuves aérostatiques ont dû être interrompues ou ajournées par suite du grand conflit actuel. Le Comité de direction, dans sa réunion du 6 août 1914, a décidé de prolonger les délais de leur mise, en compétition d'un temps égal à celui qui s'étendra. du lirèIhièr joúr-dé la mobilisation à celui de la cessation des hostilités.

Voici un résumé de l'état actuel de ces épreuves : La « Coupe des Sociétés affiliées » est détenue provisoirement par Mme Goldschmidt, la gracieuse et habile aéronaute de la « Stella », avec le voyage de SaintCloud à Greferath (Allemagne), 347 km; - ., La « Coupe Georges Bans » a réuni de nombreux engagements, mais n'a pas encore de détenteur provisoire : l'aéronaute en tête du classement semble être M. Dollfus.

- Le « Prix Deutsch de la Meurthe » et le « Prix Lahm » n'ont pas été disputés.

Il en a été de même de la grande course internatio- nale, la « Coupe Aéronautique Gordon-Bennett », Gagnée en 1913 par l'américain Upson, elle devait se courir, le 6 octobre, à Kansas City. L'Aéro-Club de France avait engagé 3 champions, dont l'un était René Rum- pelmayer ; la Commission sportive devait, à sa réunion du mois d'août, désigner nos deux autres tenants et les pilotes suppléants. Par suite des circonstances, l'Aéro-Club of America a décidé de ne pas faire disputer la Coupe en 1914. -' :,. J'aurais aimé vous signaler comme à l'ordinaire, quelques beaux voyages accomplis en dehors des épreu- ves, mais je doisavouer qu'aucune de ces ascensions n'attire sWieJeffient - Ilattentiou. -.

Cela peut tenir, selon moi, à ce que le sphérique n'est plus1 seulement un pur engin de sport duquel on s'ef- force de tirer, on l'utilise, les résultats maxima.

Nombre de nos camarades, — et c'est là un point de vue rassurant pour l'avenir du plus ancien appareil de, oc omoti e" com me un moyen de promenade, un mode de tourisme plus attrayant qu'un autre, et ne lui demandent lf Plus souvent que de leur permettre une excursion agréable, pittoresque, sans effort et sans péril. Dans ces conditions, l'aérostat qui fait reconnaître en ce moment, sur les champs de bataille, ses mérites un peu trop oubliés, n'est pas près de manquer de fidèles lorsque la tourmente aura passé. Malgré le malaise général qui précédait la guerre, il a encore vu grossir le nombre de ses adeptes et nous avons habilité, dans les sept premiers mois de 1914, 41 nouveaux pilotes aéronautes.

Le nombre total des brevets délivrés en France est aujourd'hui de 429.

LES DIRIGEABLES Les nouvelles unités ce 1914 Vous me pardonnerez de ne pas '- m'étendre aussi longuement sur les dirigeables. Leur rôle exclusivement militaire suffit, surtout aujourd'hui, à justifier ce laconisme. , On peut cependant rappeler sans inconvénient que nos constructeurs ont pu enfin aborder, au cours de l'exercice écoulé, la fabrication des navires aériens de fort tonnage, comparables par leurs dimensions et leurs puissances aux plus colossales unités dont l'Allemagne nous fit trop longtemps un épouvantail.

Quoique de jauge modeste, la flotte de croiseurs aé- nens que nous possédions déjà a tenu, et au 'dclà;tout ce qu'on attendait d'elle, dé ses équipages d'élite et de ses qualités supérieures d'utilisation. On pourra écrire, plus tard, l'histoire de leurs services et'de

leurs faits d'armes que ne souillèrent jamais les crimes contre le droit des gens, par lesquels leurs adversaires directs ont soulevé l'indignation du monde.

Les récits de nos camarades mêlés à leurs glorieux exploits, les trop courtes mentions qu'en ont fait les communiqués officiels, nous permettent d'apprécier l'importance de leur rôle.

L.. records de dirigeables en 1914Une de leurs performances accomplie dans la pé- riode pacifique de l'année 1914 nous avait permis de juger de leur valeur ; je veux parler de l'inoubliable raid de l'Adjudant-Vincenot, - tenant l'air durant 35 h. 20, les 26 et 27 juin dernier. Cette- magnifique ascension que commandait, le capitaine Joux, avec un équipage de huit personnes, s'est faite en circuit fermé, ce qui la rend encore plus probante. L'aéronat élevé de Toul accomplit; un immense circuit sur le Nord-Est de la France qui le mena jusqu'à Paris et revint atterrir à Toul ,i L'homologation de cette ascension militaire n'ayant pas été demandée, c'est là le record officieux de la durée en dirigeable. Malgré tout le bruit fait autour d'eux, les plus grands zeppelins, y compris les zeppelins de marine tout récents, n'ont pas égalé la performance de ce simple croiseur aérien français de 9.000 mètres cubes, datant déjà de quatre ans, manœuvré par un de nos équipages militaires.

D'autre part, le record du monde d'altitude en dirigeable appartient toujours par 3.080 mètres - au Conté que pilotait notre collègue André Cohen, le 18 juin 1912.

Ce sont là des faits qu'il est bon de mettre en évidence lorsqu'on songe à l'hyperbolique réclamé orga- nisée autour du moindre succès des ballons allemands.

Les sorties des autres anciens dirigeables français, Montgolfier, Fleurus, Capitaine-Ferbert Adjudant-Vincenot, Astra-Conté, Adjudant-Réau, Lieutenant-Chauré, Commandant-Coutelle, etc., dans le premier semestre de 1914, ont achevé de prouver que nous avions en eux une force aérienne de premier ordre à laquelle ne manquent plus aujourd'hui les grosses unités qui devaient compléter sa puissance. - ," L'année 1914 aura donc été bonne pour l'engin aéronautique que le génie français fut le premier à réaliser. Elle lui a apporté à la fois des progrès sensi- bles et la consécration définitive et sans réplique de son utilité et de ses services.

LES AEROPLANES: Les records d'aviation en 1914.

Comme instrument de sport et de tourisme aussi bien que comme engin de guerre, l'avion, lui, ne se voyait plus discuté. :

Au pont de vue sportif, la saison d'aviation 1914, quoique bien écourtée, a été des plus brillantes, et ce sont surtout les records avec passagers qui ont fourni l'occasion des plus belles performances. L'avia- teur Garaix, qii particulier, sur biplan Paul Schmidt, a- étabi une série de records fort intéressants par le nombre toujours croissant de passagers et la hauteur atteinte. C'est ainsi qu'il a réussi à emmener 10 personnes jusqu'à 1590 mètres de hauteur. 'Le record mondial de distance, sans escale, en circuit fermé, appartient toujours à Augustin Séguin, avec 1.021 kilomètres, pour son voyage du 13 octobre 1913. pour son -voyage dtu 12 octobre Le record mondial de vitesse, en circuit fermé, est détenu, depuis le 29 septembre 1913, par Maurice Prévost,. avec 203 kil. 600 à l'heure.

Le record français de durée, en circuit fermé, sans escale, appartient maintenant à l'aviateur Poulet pour son mgnifique vol du 26 avril 1914, à Etampes, où il tint l'air pendant 16 h. 28 m. 56 s. 4/5.

Officiellement, le record mondial de haueur reste à notre champion regretté, Georges Legagneux, qui s'éleva jusqu'à 6.120 mètres le 28 décembre 1913. Pour vous donner une idée des efforts et de l'activité déployés i par nos aviateurs dans cette conquête des records, il suffit de résumer les relevés annuels des homologations prononcées par la Commission sportive aéronautique.

La C. S. A. a enregistré en 1914 : 3 records de durée, 29 records de vitesse, 12 records de temps, 3 re- cords de distance, tous en circuit fermé ; 1 record


distance en ligne droite, 8 records de hauteur, soit au total 56 records établis en France, par des pilotes français, sur des appareils français. Bien que l'an- née sportive ait été close effectivement le lét août, le chiffre des homologations prononcées est très voi- sin de celui de 1913 qui était de 67 records.

De même, sur la liste des records du monde, arrê- tée par la F. A. I. au 30 juin dernier, on constate avec satisfaction que — sur 136 records enregistrés, 112 appartiennent à la France, — ils ont été établis dans notre pays, sur nos appareils et par nos pilotes.

Principales épreuves d'aéroplanes en 1914 Les résultats des grandes épreuves d'aviation qui ont pu être disputées avant la guerre nous permettent les mêmes constatations réconfortantes.

L'année 1914 a été ouverte comme les précédentes par le concours de Monaco organisé par l'« International Sporting Club ». Cette année, notre collègue Georges Prade, initiateur de ces manifestations, en avait modifié le thème de façon très heureuse. C'est à un Rallye aérien et maritime qu'il avait convié les aviateurs de toutes nationalités. Sept itinéraires de plus de 1.000 kil. de parcours terrestre et 200 kil. de parcours maritime partaient des capitales : ParisLondres-Bruxelles-Gotha-Vieiane-Madrid-Milan pour ve- nir converger à Monaco.

Ce fut un triomphe pour les pilotes et les appareils français, aucun concurrent étranger n'ayant terminé u" parcours complet. Roland Garros, le favori de la victoire, le champion dont les exploits ne se comptent plus, couvrit, à une allure foudroyante, les itinéraires Monaco-Paris et Bruxelles-Monaco ; il lui suffit de 12 heures de vol pour relier chacune des deux capitales à la cité des fleurs. Il arrive en tête du classement général, suivi par Brindejonc des Moulinais qui, d'un coup d'aile, fait toucher Madrid à Monaco. Viennent ensuite Rénaux, Verrier et Malard.

Vous le voyez, c'est un palmarès où l'on ne lit que des noms français.

Une autre course entre capitales, a obtenu quelques mois plus tard un succès, complet. Dès le courant de 1913, les deux Aéro-Clubs de France et de Grande-Bretagne s'étaient mis d'accord pour instituer une épreuve annuelle reliant les deux métropoles de l'Entente Cordiale. C'est ainsi que la course « Londres-Paris-Lon- dres » fut décidée. Pour la première mise en compé- tition, l'Aéro-Club d'Angleterre assumait la charge de l'organisation matérielle et sportive, notre Club assurant le contrôle pour le parcours au-dessus du territoire français et en particulier à l'aérodrome de Buc, où le grands oiseaux se reposaient avant de reprendre leur vol vers le détroit. L'Américain Brock sortit vainqueur de l'épreuve, il pilotait un appareil français, et était suivi par Roland Garros. Une manifestation d'un caractère différent et nou- veau, la « Fête Aérienne » donnée à Longchamp par la ville de Paris, avec le concours sportif de l'Aéro-Club de France, a réussi également de la façon la plus brillante. Le programme comportait des vols de perfectionnement, qui ont permis d'applaudir à l'adresse de Chanteloup. pour lequel le biplan n'a plus de secrets, et de Le Bourhis, digne émule de Pégoud. Les vainqueurs des courses furent Prévost, Chanteloup, Chemet et Legagneux. ,.

Nous avons également donné notre concours sportif a une série de très intéressantes réunions organisées à l'Aéro-Park de Buc et à l'aérodrome de Juvisy. Elles mirent aux prises dans des matches passionnants des pilotes de haute valeur comme Garros, Hamel, Audemars, Legagneux et Prévost.

J'arrive maintenant aux épreuves interrompues nu remises par suite de l'état de guerre et pour lesquelles le comité de direction à pris la même décision que pour les épreuves de sphériques.

La plus fameuse est la Coupe d'aviation Gordon-Bennett, dont nous étions détenteurs à la suite de l'inou- bliable performance de Maurice Prévost, en 1913. à

Reims. Le succès, dans la Coupe 1914, promettait d'être grand; nous avions reçu les engagements de 11 appa- reils appartenant à 5 nations. Un grand meeting en préparation pour le mois de septembre, à l'Aéro-Park Rlériot, à Buc, devait accompagner bataille pour le trophée et en rehausser l'éclat. La proximité de Paris, l'attrait de la lutte, la qualité des champions et des engins, tout promettait un véritable triomphe; Les évé-

nements en ont disposé autrement et nous ont obligés à différer une manifestation qui 's'annonçait si* favorablement.

Le « Critérium d'aviation de l'Aéro-Club de France », une des fondations dont nous pouvons être Je plus justement fiers, avait été maintenu en 1914 par notre Commission d'aviation, mais il n'a pu, lui non plus, être disputé.

La Coupe Henry Deutsch de la Meurthe (Circuit de Paris ), épreuve d'aviation des plus anciennes et des plus généreusement dotées, est toujours détenue provisoirement par Gilbert à la suite de sa performance du 27 octobre 1913, au cours de laquelle il performance 200 km. du parcours en 1 h. 13'.

La Coupe Michelin, si justement célèbre, comportait cette année un très heureux programme : les concurrents devaient parcourir un véritable « Tour de France de 3.000 km. de longueur. C'était vraiment une étape pour l'aviation sportive et pratique. Notre collègue Eugène Gilbert, l'auteur de tant d'admirables prouesses en avion, a effectué cette superbe randonnée, les 8-9 juin 1914, en 39 heures 35', il est actuellement détenteur provisoire de la Coupe.

Le « Challenge Femina » est toujours détenu par la gracieuse aviatrice Mme de Laroche, pour son vol sans escale de 320 km. du 25 novembre 1913.

Les circonstances n'ont pas permis de faire disputer le prix que, sur la demande de notre dévoué vice-président Léon Barthou, M. le président de la République a bien voulu mettre à notre disposition, paur encou- rager les jeunes pilotes.

Les prix offerts par MM. Michelin pour l'Aéro-Cible n'ont également pu être mis en compétition. Je note seulement, à ce propos, de quelle clairvoyance démontrée parles événements, leurs généreux fondateurs, avaient fait preuve il y a déjà plusieurs années.

Epreuves d'hydravions Notre programme d'encouragements faisait en 1914 une part plus large que d'habitude aux hydravions.

- Il comportait d'abord la Coupe d'aviation maritime Jacques Schneider. Elle a été courue, comme l'année précédente, à Monaco, à la suite du Rallye aérien. Le 20 avril, les 9 appareils concurrents engagés par 5 nations, prirent leur essor au-dessuus des flots bleus. La victoire revint à l'Anglais Howard Pixton qui fit une remarquable course sur appareil Sopwith, couvrant les 150 miles du parcours en 2 h. 13' ; il était suivi par le Suisse Burri et le Français Levasseur, tous deux sur appareils français.

Notre calendrier comportait en outre, cette année, des épreuves d'hydravions sur les côtes de la Manche et de l'Atlantique. Elles n'ont pu avoir lieu.

Mais cette pénurie forcée d'encouragements directs n'a point ralenti les efforts désintéressés de nos aviateurs maritimes, surtout de nos officiers aviateurs. Ils se sont préparés au rôle héroïque et capital qu'ils jouent dans la guerre navale actuelle par une remarquable série de raids d'entraînement, dont le plus beau, fut le voyage en hydravion de France à Ajaccio, accompli par les lieutenants de vaisseau de l'Escaille et Destrem, le 13 mars 1914.

Les grands voyages en 1914 Les longues randonnées aériennes qui aidèrent si puissamment naguère aux progrès et à la diffusion de l'aviation, avaient du reste été nombreuses dans la période paisible de 1914. Parmi les plus dignês d'attention, je rappellerai seulement : la traversée aérienne des Alpes avec un passager, par-dessus la Jungfrau (4.167 mètres), le 22 avril 1914, par Oscar Bider, sur appareil français.

Le raid dît lieutenant russe Nesteroff, de Kiew A Gatschina, en une journée, sur appareil français.

Le voyage de Bue à Malmoë (Suède), les 30 juin: Ie* juillet 1914, par Buldstedt, avec une passagère (1.150 kilomètres), sur appareil français. Le voyage de Bue à Saint-Raphaël, le. 25 juin 1914, en une journée, par le lieutenant de vaisseau de Laborde.

Los 'À;d. de quelques-unes de nos escadrilles, prouvant dès le temps de paix. de façon péremptoire ce que nous pouvions attendre des aviateurs militaires pendant la guerre, peuvent être rapprochés en dehors de leur intérêt militaire, des grands voyages que je viens de signaler. Les plus remarqués furent ceux de


l'escadrille Dorand, commandée par le capitaine Le- clerc ; de l'escadrille Farman, commandée par le capitaine Voisin, et la magnifique série de vols effectués en Algérie et au Maroc, malgré d'innombrables difficultés, par les lieutenants Cheutin, Ménard, HatUni.

et les maréchaux des logis Hurard et Benoît, couvrant plus de 2.800 kilomètres et par L'escadrille du capitaine de La Morlais, au Maroc occidental.

Le Concours de la Sécurité Il me reste à vous parler de l'épreuve la plus importante pour l'aviation qu'ait vue l'année 1914 : du Concours de l' « Union pour la Sécurité en Aéroplane ».

Vous vous rappelez la fondation de l'Union, due à l'initiative de l'Aéro-Club de France. Le concours auquel elle conviait constructeurs et inventeurs a obtenu le grand succès qu'il méritait. Au total, 55 concurrents se sont engagés. Les heureuses dispositions d'un programme extrêmement large permettaient à tous de s'inscrire avec des chances de voir récompenser ses mérites. C'est pourquoi nous avons vu des dispositifs améliorant le rendement du moteur voisiner avec des appareils complets ou des parachutes et des stabilisateurs.

Le jury comprenait les personnalités les plus qualifiées : il était formé des délégués techniques désignés par les ministères de la Guerre, de la Marine et des Travaux Publics et de membres pris au sein de l'Union. Un éminent savant, M. Lecornu, de l'Institut, présidait ses travaux. Les opérations ont eu lieu pendant les mois de mai et de juin, les démonstrations théoriques et les essais pratiques, du plus haut intérêt, ont été effectués dans les conditions mêmes de la réalité, — pas de modèles réduits, — ce sont les appareils ou les dispositifs eux-mêmes qui ont été étudiés.

présentés et expérimentés sous diverses conditions atmosphériques.

L'Union a pu attribuer les prix suivants : Une prime de 50.000 francs, à The Sperry Gyroscope G", pour son stabilisateur gyroscopique ; Une prime de 30.000 francs, à la Société des Aéroplanes Schmidt, pour son biplan polyplace à incidence variable.

En outre, les sommes suivantes ont été attribuées, à titre d'encouragement : 15.000 francs, à MM. Caudron frères, pour leur biplan biplace ; 10.000 francs, à la Société des Appareils d'Aviation Doutre, pour son stabilisateur ; 10.000 francs, à la Société Avi-Auto, pour son carburateur, système Lelarge ; 8.000 francs, au capitaine Etévé, pour son stabilisateur ; 5.000 francs, à M. A. Moreau, pour son appareil « autostable » ; 2.000 francs, à M. Robert, pour son parachute ; 1.000 francs, à MM Philippe et Péron, pour leur démarreur.

Profitant des données et des enseignements du premier concours, l'Union avait projeté d'en ouvrir un nouveau en 1915, pour l'attribution des sommes non gagnées. Les événements n'ont pas permis de réaliser ce projet, et ce sont les rudes enseignements de la guerre qui guideront les membres de l'Union dans la préparation du futur programme d'épreuves. Espérons qu'elles marqueront un nouveau pas en avant vers l'appareil idéal qui résoudra le problème de la sécurité, si délicat et si essentiel pour la vugarisation de l'Aviation. : ;*l*l Je n'aurai garde enfin d'oublier dans cette revue des faits sportifs de l'année, la création de la deuxième Coupe Pommery, aussi généreusement dotée que la première et qui rendra, nous en sommes assurés, d'aussi signalés services à l'aviation. Cette Coupe a été mise en compétition dès 1914, et la première prime a fourni à l'aviateur Verrier l'occasion d'effectuer le beau parcours de Bue à Genthin (818 kilomètres), les 14/15 mai 1914.

J'en ai fini. Messieurs, avec l'exposé sportif de l'exercice 1914.

Il me reste l'agréable devoir de remercier en votre nom ceux d'entre nous qui, au sein des Commissions, par des travaux délicats, ardus et obscurs. préparent -et dirigent notre action et la conduisent vers les résultats désirés.

Je ne puis m'empêcher de remarquer, en parlant

de la Commission d'aviation, celle qui a certainement la tâche la plus lourde et la plus importante, de quelle savante prévoyance, qui est presque de la prescience, son président, M. Rodolphe Soreau, et son rapporteur, le commandant Ferrus. firent preuve en poussant, dès la première heure, à l'étude de l'aéroplane pratique, et en demandant, dès 1912, au rè- glement du « Grand Prix d'Aviation de l'Aéro-Club de France », de révéler les qualités de l'aéroplane militaire.

Pour compléter ces aperçus, il eut été bon de vous traduire par quelques chiffres, comme l'année dernière, le mouvement général de l'aviation, de vous fournir, par exemple, les statistiques générales des vols, kilomètres parcourus, heures de vol, voyages sur la campagne, passagers transportés, nombre de brevets de pilote délivrés, rapport du nombre des accidents aux kilomètres parcourus, de vous résumer aussi l'activité de l'industrie et du commerce aéro- nautique français.

Mais la divulgation de ces renseignements pourrait présenter des inconvénients sur lesquels il est superflu d'insister. Toutefois, il m'est permis de vous faire connaître la statistique des services aériens exécutés par nos aviateurs militaires depuis le début de la mobilisation jusqu'au 31 janvier 1915. En six mois, nos pilotes ont effectué 10.000 reconnaissances tenant l'air pendant 18.000 heures, en parcourant 1.800.000 kilo- mètres.

L'AERO-CLUB DE FRANCE ET LA GUERRE La difficulté que je viens de vous signaler se présente pour vous rendre compte du concours utile et dévoué que l'Aéro-Club a eu le grand honneur et la grande joie d'apporter à l'œuvre de défense nationale. C'est là, pourtant, au cours de l'exercice écoulé, l'effort dont notre Club peut être le plus fier.

Il s'y était préparé dès le temps de paix. Sans perdre de vue le but essentiel d'une société telle que la nôtre, nous avons toujours songé, vous le savez, aux rapports étroits qui liaient les progrès de l'aéronautique à l'accroissement de puissance de nos armes et réglé notre action en conséquence.

L'Aéronautique Militaire avait bien voulu, à maintes reprises, faire appel à notre concours, nous conseiller dans certaines de nos entreprises qui pouvaient l'intéresser plus directement, et même nous aider efficacement à les mener à bien. La guerre nous a fourni plusieurs occasions de nous rendre directement utiles à notre cinquième arme.

Le rôle de l'Aéro-Club dans les circonstances actuelles peut être indiqué sommairement, sans se départir de la discrétion nécessaire ; je vais essayer de vous le rappeler à grands traits : Dès le début des hostilités. l'Aéro-Club de France a eu à grouper et à transmettre aux autorités les demandes formulées par ses membres ou par d'autres personnes présentant les aptitudes voulues, en vue de contracter des engagements dans les divers services de l'Aéronautique militaire. A la fin de septembre, le nombre de ces demandes s'élevait à environ d'eux cents pour les emplois de pilotes-aviateurs, pilotes aéronautes, mécaniciens, automobilistes ou interprètes attachés à des uirvtés ou à des centres aéronautiques.

La plupart ont été retenues par la Direction de l'Aéronautique militaire qui en tient compte selon le besoin.

Bien entendu, en dehors de ces demandes d'engagement survenues après les hostilités. il ne faut pas perdre de vue que de très nombreux membres de l'AéroClub de France ont eu simplement à rejoindre le poste que leur feuillet, de mobilisation leur assignait depuis longtemps dans les services aéronautiques. et que plusieurs autres, libérés des obligations militaires, ont, dès les premiers jours, repris du service comme engagés volontaires dans les diverses armes.

L'Aéro-Club a été appelé aussi à nrêter son concours à la défense aérienne du camp retranché de Paris. Sa permanence a été mise en rapport avec les divers postes d'observation chargés de signaler l'approche des avions allemands et a eu pour mission de prévenir les centres parisiens d'aviation, les postes de T. S. F., et les postes mitrailleurs.

Déjà l'Aéro-Club de France, au moment où les Al- lemands avançaient pleins de confiance vers Paris,


avait été sollicité par la Préfecture de Police de1 donner un avis sur les moyens de surveillance et de police aérienne de la Capitale et J'utilisa.tiondes divers engins aériens comme moyens de-oommunicatiom. La valeur de nos troupes et l'habileté de nos généraux ont heureusement rendu cet avis superflu.

D'autre part, les renseignements documentaires existant dams les archives de l'Aéro-Club de France, de a Ligue Aéronautique de France et de l'Aéro- phile, ont fourni J(I, matière d'un opuscule édité par l'Aéro-Club de France sous le titre de « Vade-mecum de l'aviateur militaire. » On y trouve réunies des données fort utiles à connaître sur l'aéronautique mili- taire ennemie : ses avions, ses dirigeables, ses installations diverses et aussi nombre de renseignements sur oertainspoints de notre organisation aéronautique propre. Le tout est présenté sous forme de tableaux, croquis et cartes d'une façon claire et méthodique. L'utilité de ce travail s'est trouvée démontrée par les demandes répétées d'exemplaires qu'en ont fait le ministère de la Guerre, le Gouvernement militaire de Paris, les sections et escadrilles d'aviation du front et de seconde ligne, le War Office et le Service aéronautique de l'armée anglaise, l'état-major de l'armée belge. De nouveaux tirages de ce Vade-mecum, corrigés, complétés et mis à jour sont prévus pendant la durée de la guerre.

lies cartes aéronautiques spéciales de France ou d'Allemagne éditées par l'Aéro-Club de France, avec le concours de M. Blonder La Rougery, secrétaire de notre Commission de cartographie et dressées avec des documents provenant dès mêmes sources que pour le vade-mecurn, ont été également très appréciées des divers services intéressés. Malgré les difficultés cau- sées par la Guerre et la pénurie de main-d'œuvre pour ces travaux délicats, 12 ieunlUes de notre grande carte aéronautique de France ont pu être publiées au cours de cet exercice, grâce à l'activité de notre Commission de cartographie. ,

Enfin, nos services administratifs ont été mis à diverses reprises à la disposition de l'Autorité militaire et de la Préfecture de police qui ont bien voulu en user pour aider à l'exécution de travaux matériels urgents.

Voilà à peu près tout ce qu'il est actuellement permis de dire sur la part de collaboration collective de notre société, dans le champ d'action quE lui est spécial à la défense du pays.

Il est de toute justice d'y associer en les félicitant les sociétés aéronautiques adhérentes à l'Aéro-Club de France, qui apportent depuis longtemps à l'œuvre commune un concours si précieux et si dévoué. Malgré la crise que nous traversons, malgré l'absence de leurs membres qui sont pour la plupart aux armées, elles entendent poursuivre, dès la paix revenue, une action dont l'Aéronautique française s'est si bien trouvée. En renouvelant à l'heure actuelle leur affiliation, en conti- nuant aussi pour le bien commun des rapports sus- pendus en fait pour la plupart de leurs membres, elles affirment une fois de plus l'esprit de solidarité qui les animé et nous apportent un témoignage de confiance dont nous sommes profondément fiers.

Je dois également une mention, toute sroéciate à l'œu- vre considérable et fort importante, aussi bien au point de vue de l'Aéronautique militaire mie du tourisme aérien, accomplie en quelaues mots pnr la Ligue aéro- nautique de France dont je vous annonçais l'année dernière la naissance. En fusionnant sous ce nom. a'As- sociation générale aéronautique, la Ligue nationale aérienne et le Comité national pour l'Aviation militaire qui poursuivaient un but il peu près identique, aug- mentaient considérablement l'effet utile de leur action.

Et ainsi; par une coïncidence remarquable, achevaient de. se former des liens nouveaux et pHus étroits entre tous les bons ouvriers de l'aéronautique, sorte d'union sacrée préludant à celle qui fait aujourd'hui l'invincible. force de notre nation. Par la nature de ses travaux et particulièrement par son souci de développer le tourisme aérien, de lui fournir des routes repé- rées. des ports d'atterrissage, des dépôts de ravitail- lement, des moyens de réparations, la Ligue aéronautique de France se trouvait en situation de rendre de grands services à l'Aéronautique militaire. L'état de guerre les a fait apprécier encore plus, et nous avons à nous féliciter nous-mêmes du concours qu'elle nous a apporté à ce po~t * yQe, -.

Cette persistante énergie, cette activité que rien n'arrête est tout à fait remarquable. ce qui est frappant aussi, lorsqu'on sait que la Ligue recrute ses plus nombreux adhérents parmi- les jeunes gens depuis longtemps aux armées, c'est de constater le nombre de ceux qui ont tenu à s'acquitter de leurs obligations statutaires. La confiance de toute cette ardente et héroïque jeunesse est vraiment réconfortante et l'on peut y voir pour la jeune Ligue que nous patronnons, le gage du plus bel avenir.

Si nous rappelons ici les services rendus à l'Aéronautique militaire par notre Club et les organisations groupées autour de lui, ce n'est point pour tirer vanité d'avoir accompli le plus strict et le plus élémentaire dé nos devoirs.Plus aisément pourrions-nous nous laisser aller au péché d'orgueil en considérant de quelle façon glo- rieuse nos collègues et nos amis paient en ce moment leur dette à la patrie.

Les uns combattent dans les armes anciennes au poste que leur indiquait leur fascicule de mobilisation, les autres, — plus nombreux encore, — ont la joie de servir dans la cinquième arme. Après avoir collaboré dès le temps de paix à ses progrès, ils contribuent aujourd'hui à sa gloire.

Notre président vous à rappelé, bien mieux que je ne saurais le faire, par quais traits d'héroïsme, par quels sacrifices ils ont conquis leur place parmi les ne saurais le faire, ont con ulil les défenseurs du pays.

plus vaillants et les plus utiles défenseurs du pays.

Il lui a suffi pour les évoquer d'abréger la longue liste des citations à l'ordre de l'armée, des distinctions plus hautes encore, obtenues par les nôtres pour faits de guerre, d'énumérer les noms de ceux des nôtres de guerre, déjà tombés pour la patrie. Deuils cruels.

oui sont deuils répétés dont on ne se confie pas, mais dont on reste fier ! Honneur à ceux des nôtres qui sont tombés pour la Patrie. à ceux oui succomberont en- core pour Elle, à ceux qui, plus heureux, après l'avoir glorieusement servie auront la joie suprême d'assister à son triomphe.

Pour nous, a qui est malheureusement refusée la joie d'un rôle actif dans cette lutte prodigieuse, il existe, nous l'avons vu, bien des moyens de nous rendre utiles et de seconder le succès de nos armes.

Nous avons aussi la pieuse mission — et la Caisse de l'Aéronautique n'y a pas mannué — d'adoucir les misères que le sacrifice de nos soldats de l'air laisse trop souvent à leur foyer.Signalons encore le concours que nous avons été heureux de pouvoir apporter à la création de la Maison dl convalescence de l'Aéronautique militaire., et nos envois d'objets divers à un certain nombre d'escadrilles du front.

Certains de nos collègues, parmi lesquels MM. Michelin, me pardonneront de se voir nommément citer, se sont imposés le noble et d'élicat devoir d'attacher de libérales récompenses aux plus héroïques exploits de nos aviateurs et de nos aéronautes, aux coups les plus rudes qu'ils auront portés à l'ennemi. Ils savent bien que le courage de nos hommes est parfaitement désintéressé, mais songeant aux difficultés qui suivront la guerre, ils trouvent naturel qu'elles puissent se trouver adoucies pour ceux des nôtres qui se seront le plus distingués. Tout le monde sera de leur avis : la seule difficulté sera de faire un choix parmi les auteurs de l'épopée actuelle.

C'est dans cet esprit que le ministre de la Guerre, consulté par l'Académie des Sports sur l'attribution dé son Grand Prix. a conseillé d'en affecter le montant à l'Aéronautique militaire en faveur des familles de nos héros de l'air morts ou disparus.

* * * Attendons avec confiance le dénouement glorieux du conflit actuel. Félicitons-nous d'avoir compris dès l'origine de notre Société l'avenir réservé. dans les guerres modernes aux applications de l'Aéronautique.

de n'avoir rien négligé pour en assurer le bénéfice à notre pflvs. d'avoir donné à la Patrie tout ce qu'elle pouvait attendre de nous à une heure décisive de son histoire, et tous réunis ici. en ces solennelles circons- tances. envoyons à ceux d'entre nous qui luttent si vaillamment pour la France, dans les airs, sur la terre et sur ïn mer. l'expression de notre admiration émue avec notre salut fraternel. - '-'


L'Armement dans la Guerre Aérienne

CANONS ET PROJECTILES SPECIAUX DES ALLEMANDS CONTRE LES ENGINS AERIENS

Plus les avions et les dirigeables ont augmenté d'importance ccmme instruments de reconnaissance militaire ou comme engins d'offensive, plus leurs adversaires terrestres et navals se sont efforcés de les mieux combattre soit en adaptant à cet usage particulier les armes (mitrailleuses ou canons) et les projectiles (percutants, explosifs ou incendiaires)

automobile. - Le canon et son affût dans la position de repos.

déjà existants, soit en modifiant comme il convenait les méthodes de tir, soit aussi en créant de toutes pièces un armement spécial.

A maintes reprises nous avons eu à parler de cette lutte des terriens et des marins contre l'ennemi aérien et d'en marquer les étapes. On pourra revoir à ce sujet les articles, notes, graphiques de trajectoires, photos et dessins de canons, d'auto-canons, de mitrailleuses et de projectiles spéciaux, notamment

Fig. 2.— Le canon en position de tir dans un angle de 70°.

dans les « Aêrophile » des 15 mars 1908 (p. 98), 1er mai 1909 (p. 206), 15 mai 1909 (p. 228) 1er décem- bre 1909 (p. 542), 1er mars 1914 (p. 103), des 1er et 15 décembre 1914 (p. 416). Pour compléter ces divers documents, nous publions encore ci-contre (documents 1, 2, 3, 4 et 5) de nouvelles vues de canons montés sur automobiles pour donner la chasse aux avions ; les Allemands les emploient dans la

guerre actuelle concurremment avec la plupart des autres modèles que nous avons eu l'occasion de mettre déjà sous les yeux du lecteur.

Il paraîtra peut-être intéressant aussi de dire un mot de certains projectiles spéciaux destinés à com- battre les aéronefs et qui diffèrent de ceux que nous

Fig. 3. — Automobile blindée allemande, armée d'un canon Krupp, contre dirigeables et aéroplanes. Photo.N.-P.) avons déjà décrits dans les numéros ci-dessus spé- cifiés.

La figure 6 montre en coupe un projectile destiné

Fig. 4. — Automobile blindée allemande Ehrbardt, avec un canon de 59 m m, pouvant tirer contre les engins aériens.

tout particulièrement à l'attaque des ballons. Au moment où le coup part, A pousse B lequel en explosant allume la grande masse de matière incendiaire C dont la fumée et la flamme s'échappent à travers les évents D, rendant ainsi la trajectoire capable d'être suivie par l'œil, ce qui sert au réglage des coups ultérieurs (pour ces projectiles fumigènes et leur utilisation dans le réglage du tir d'artillerie sur


des buts aériens, voir l'Aérophile du 1er mai 1909, texte et figures p. 208). D'autre part, une fusée percutante très sensible E existe au sommet de l'obus ; par son contact avec un obstacle, même aussi peu résistant que l'enveloppe d'un ballon, elle fait exploser la charge F, laquelle suffit à mettre en pièces les objets les plus rapprochés. Dans le cas d'un ballon, il y aura donc de grands ravages par l'explosion 01:1 la bombe F auxquels s'ajouteront probablement l'in-

Fig. 5. — Automobile blindée allemande avec mitrailleuse, pouvant tirer sur les avions et les ballons.

cendie du gaz contenu dans l'aéronef et sa propre explosion en raison du mélange détonant qu'il formera en se répandant dans l'air.

Dans la figure 7 on voit les modifications apportées à un type de shrapnell dans ]o but de le rendre plus dangereux pour les appareils aériens. En B se voit une partie d'un anneau de matière inflammable.

La flamme passant par A allume C tandis que la charge de base explose. Comme la tête C poursuit sa trajectoire, une traînée de fumée est laissée par B qui continue à brûler pendant un certain temps autour de D et qui allume enfin le détonateur E, lequel fait éclater la tête de l'obus. Une grande quantité de fumée produite par la matière F est destinée à augmenter la visibilité de cette deuxième explo-

sion. Comme Its deux explosions successives sont séparées par une distance assez grande la chance d'atteindre le but aérien se trouve considérablement augmentée et la flamme dégagée, dans l'intervalle, par B tant qu'il brûle, suffirait à incendier un bal-

Fig. 6. — Obus allemand fumigène et explosif pour Ip. tir contre les diriables.

Fig. 7. — Shrapnell modifié employé par les Allemands pour le tir contre les engins aériens.

Ion. Il y a lieu de remarquer que l'efficacité du projectile comme shrapnell ordinaire n'a pas été diminuée d'une manière appréciable par les modifications que nous venons de décrire.

On voit que si les engins aériens sont devenus de plus en plus redoutables pour leurs adversaires d'en bas, ceux-ci T.e sont pas en reste d'ingéniosité pour leur fournir de rudes et efficaces répliques.

A. M.

LES DEUILS DE L'AVIATION

Le 2 mars, au centre d'aviation militaire de Pau. l'élève aviateur Maquaire s'est tué en s'entraînant. Chute de 300 mètres.

- Le 23 mars, le capitaine aviateur Kane s'est tué à Brooklands pendant un vol en biplan.

La cause de l'accident est inconnue.

Le capitaine John-Francis-Aloysius Kane, était né le 27 juin 1880, à Dublin. Il possédait le brevet de piloteavâateur de la F. A. I. n° 834. délivré par le Royal Aéro-Club of the United Kingdom, le 9 juillet 1914.

- Le 20 avril, vers 10 h. 30, l'aviateur civil Grazzioli qui réceptionnait des appareils sur l'aérodrome de Châteaufort (Seine-et-Oise), a fait une chute. Relevé grièvement blessé, il est mort en arrivant à l'hôpital civil de Versailles.

Abel-Jules-Célestin Grazzioli (Français), né le 3 février 1882 à Ambievilliers (Haute-Saône) était titulaire du brevet de pilote-aviateur de l'Aéro-Club de France, obtenu le 23 novembre 1911 sous le numéro 687, sur appareil Souchet.

— Le 26 avril, d'eux aviateurs anglais se sont tués pondant un vol en hydravion à Catehot près de Southampton.

- Le 28 avril, le commandant aviateur Avon et l'observateur Fugerot se sont tués au cours d'expériences en avion qu'ils exécutaient à Hardelot.

Camille Avon était né le 25 mai 1867 à Vincennes. Il était capitaine lorsqu'il passa son brevet de pilote-aviateur de l'Aéro-Club de France, le 21 janvier 1915, (numéro 1.753), sur appareil M.-Farman, - Le 1" mai, le lieutenant Albert Ningal et le capitaine Marin ont fait une chute mortelle aux environs de Lacroix-sur-Meuse, au cours d'une reconnaissance en aéroplane.

Quinze jours avant son accident mortel, le lieutenant Ningal avait reçu la croix de la Légion d'honneur en même temps que sa troisième citation à l'ordre du jour.

- Le 9 mai, le lieutenant aviateur belge Léopold de Bussy effectuait, à bord d'un biplan un vol audessus de l'aérodrome militaire de Villacoublay, quand tout à coup, pour une cause encore inconnue, l'appareil arrivé à une centaine de mètres de hau- teur se mit à tanguer violemment et se retourna. Il vint s'écrasér derrière la ferme de l'Hôtel-Dieu, à Velizy.

Quand on se porta au secours de l'officier, celui-ci avait cessé de, vivre.

Le lieutenant Léopold de Bussy revenait du front après sept mois de présence, ayant gagné, avec ses galoms de lieutenant, la croix de Léopold. Il était &g!é de vingt-cinq ans.


SUit LES ENDUITS A BASE D'ÉTHERS CELLULOSIQUES EMPLOYÉS POUR LES AILES D'AÉROPLANE

De tous les éthers de la cellulose proposés pour la fabrication des vernis en général et des enduits d'aviation en particulier, l'acétate de cellulose est de beaucoup le plus important.

Sa cause du reste n'est plus à défendre. En effet, il ne souffre pas de l'action des agents atmosphériques. Il est absolument imperméable à l'eau ; résiste aux agents chimiques : les acides concentrés, à part l'acide nitrique sont sans action sur lui, les alcalis dilués ne l'attaquent pas, même à l'ébulliton. Pour le saponifier il faut une ébullition prolongée dans la soude alcoolique, et encore, dans ce cas, il n'y a aucune désagrégation, la pellicule ainsi obtenue conserve force et transparence; enfin il résiste à la chaleur et ne commence à fondre qu'à 220°. Quant à ses qualités diélectriques, nous n'avons pas à nous en occuper ici.

Pour toutes ces raisons, son apparition dans l'industrie de l'aéronautique est d'une réelle importance, d'autant plus que l'emploi d'un autre éther cellulosique, la nitrocellulose, devait être prohibé à cause de son inflammabilité, et des dangers qu'elle comporte.

On avait enfin une matière, qui permettait d'obtenir économiquement des surfaces d'ailes lisses, imperméables et indéformables. L'expérience prouva de plus que la résistance des tissus se trouvait augmentée dans une proportion appréciable (35 à 50 0/0) pour un excédent de poids insignifiant, à peine 25 0/0, alors que les enduits caoutchoutés qui ne renforcent pas les toiles, les augmentaient de près de 50 0/0 en poids.

Les premiers enduits furent de solutions de 8 0/0 d'acétate de cellulose dans le chloroforme, mais la toxicité de ce dernier le fit rej eter au bout de peu de temps, quelques fabricants même, ne l'employèrent jamais. Heureusement que les perfectionnements apportés dans la fabrication de l'acétate de cellulose permirent d'obtenir un corps entièrement soluble dans l'acétone, qui restera pendant longtemps encore, son meilleur solvant. Le tétrachloréthane fut employé couramment. son prix minime faisant son succès et oublier en quelque sorte sa toxicité. Cependant on ne pouvait pas se séparer brusquement d'un solvant qui par son point d'ébullition élevé, sa nonmiscibilité à l'eau, était devenu indispensable, ces qualités faisant de lui un protecteur de la pellicule d'acétate de cellulose, évitant que par une évaporation trop rapide des autres solvants la vapeur d'eau ne vienne à s'y condenser et précipiter l'acétate (ta(;i!s blanches) lui retirant, ainsi partiellement, les qualités qu'il possède à l'état colloïdal.

On ajouta également à ces solutions des nonsolvants, qui sans détruire l'action solvante des autres corps venaient apporter un concours purement mécanique, et régulariser l'évaporation des solvants proprement dits.

Enfin, on aiouta aux solutions d'acétate, des solvants à point d'ébullition très élevé, dits subs- tituts du camphre, et jouant vis-à-vis l'acétate de cellulose, le même rôle que le camphre vis-à-vis la pyroxyline dans la fabrication du celluloïd — les éthers ethyliques et glvcériques des A et B naphtol furent employés, ainsi que les méthylnaphtylcétone, dinaphtylcétone, dioxydinaphtyl- cétone,etc.,puis les dérivés sulfonés des phénols,

l'acétanilide, divers glycérides, la naphtaline, etc., etc., tous sont utilisés plus ou moins à l'heure actuelle.

Parmi les autres solvants qui furent employés, les éthers acétique, formique, oxalique, sont à rejeter, car ils ne sont pas stables, deviennent aisément acides et sont alors un danger pour la cellulose de la fibre des tissus qu'ils sont chargés de protéger.

Quant aux dérivés chlorés du formène et de l'acétylène, que certains fabricants emploient généralement pour la confection des enduits d'aviation, chloroforme et tétrachloréthane dans des proportions variant de 5 0/0 à 60 0/0, nous nous sommes rendu compte depuis longtemps de leur novicité et de leur toxicité. Le chloroforme devrait être rigoureusement interdit, et le tétrachloréthane éliminé le plus possible des enduits d'aviation, pour deux causes : 1° Parce que l'évaporation de ce corps donne naissance à des vapeurs nettement toxiques et rend le procédé d'enduisage particulièrement dangereux, ce qui peut amener des accidents chez ceux qui emploient de tels produits.

Toxicité du tétrachioréthanei —• Des expériences très sérieuses, entreprises par G.-H. Veley, de Londres (Bulletin Royale Society — 10 - 1 — 1910) prouvent que la toxicité du chloroforme et du tétrachloréthane se rapporte comme un à quatre. D'autres admettent le rapport de un à deux. Enfin, Regnault et Villejean (Comptes rendus de l'Académie des sciences Tome 100, ■— 1885 p. 1147) ont publié un rapport sur la toxicité comparée des dérivés chlorés du groupe C2 H4. La spécification des 1, 2, 3, 4, équivalents de chlore à l'hydrogène dans le groupe C2 H4 fait naître le pouvoir analgésique dans les dérivés chlorés. Le second type correspondant aux spécifications de 2 à 4 équivalents de chlore comprend deux agents extrêmement dangereux ; 2° Le tétrachloréthane donne, en se décomposant, de l'acide chlorhydrique. Ce solvant appliqué en quantité assez importante (au delà de 10 0/0 du liquide) ne s'évapore jamais inégralement de la couche d'acétate de cellulose qui reste sur la toile : une pellicule récemment faite, avec un enduit très peu employé heureusement, après une dessication de quatre jours à l'étuve à 60° C accusait encore 22 0/0 de chlore, j'enduit original en possédant plus de 50 0 0.

La partie résiduaire du solvant est enrobée et absorbée par l'acétate de cellulose comme le camphre l'est par la pyroxyline. Elle subit les attaques des agents de l'atmosphère, lumière, humidité, acide carbonique, et sous l'effet de ces divers agents, donne naissance à de l'acide chlorhydrique par décomposition, et des acides organiques par transformation de la molécule décomposée.

- Des accidents de voilures détériorées, dus à ce phénomène, se sont déjà présentés, car l'acide chlorhydrique est un agent de décomposition énergique pour la cellulose des fibres qui constituent les tissus, surtout ceux de coton.

Formation de l'acide chlorhydriquef - Il est très facile de s'en rendre compte en remplissant un tube à essais de moitié tétrachloré*


thane, moitié eau et en y trempant un fil d'acier.

Ce métal est attaqué à l'endroit de la surface en contact, et l'eau a une réaction nettement acide, et chlorée. Certains fabricants de tétrachloréthane admettent que ce produit a l'inconvénient de donner naissance à de l'acide chlorhydrique et proposent différents moyens chimiques pour obvier à cet inconvénient ; ce qui démontre d'une façon nette que le produit n'est pas stable, et qu'en se décomposant, il devient dangereux pour les fibres des tissus.

Pour ces deux causes, il faut supprimer, des enduits d'aviation, le tétrachloréthane et les

corps qui s'en rapprochent (chloroforme, perchloréthylène, etc.).

Il faut doter l'industrie des vernis d'aéroplanes, de solvants à point d'ébullition élevé, non miscibles à l'eau, car nous le répétons ce sont ces corps qui restent les derniers, lorsque l'enduit s'évapore, et si ce dernier ne contient que des solvants à point d'ébullition peu élevé, il y aura certainement condensation des vapeurs d'eau sur la pellicule, qui précipiteront l'acétate de cellulose et donneront des taches blanches.

(A s-u ivre,) ANDRÉ JOLY.

La Guerre Aérienne Les Services de l'Aviation Militaire Française (Extraits des comptes rendus officiels des opérations militaires)

Mercredi 21 avril 1916 15 heures. — Les aviateurs belges ont bombardé l'arsenal de Bruges et le champ d'aviation de Lissevegh.

Nos avions ont bombardé : 1° En Woëvre, le quartier général du général von Strantz et des convois; 2° dans le grand duché de Bade, à Lorrach, une usine de transformation d'énergie.

Mercredi 28 avril 1915 23 heures. - Au cours de la journée du 27, nos avions ont lancé 32 obus sur la gare de Bollwiller et 60 obus sur la gare de Chambley où ils ont mis le feu à un dépôt de munitions.

La gare d'Arnaville et le raccordement de voies ferrées Chambley-Thiaucourt ont été bombardés de nuit. Le 28, un de nos avions a lancé six projectiles sur les hangars à dirigeables de Friedrichshafen. L'aviateur a vu un nuage de fumée s'élever du toit d'un hangar.

Vingt et un obus ont été lancés sur la gare, les ponts et l'usine de Léopoldshohe. Pendant ce bombardement un de nos avions est toiï.bo dans les lignes allemandes.Au cours de la journée, quatre appareils allemands ont été poursuivis et atteints par nos aviateurs. L'un est tombé en flammes dans les lignes ennemies près do Brimont, deux autres sont venus s'abattre près de nos tranchées, l'un en Champagne, l'autre dans la région de l'Ancre, et ont été détruits par notre artillerie.

Le quatrième a atterri dans nos lignes à Muizon (ouest de Reims). Les deux aviateurs allemands non blessés ont été faits prisonniers.

Jeudi 29 Avril 1915 15 heures. — L'ennemi a bombardé par avion, avec des obus incendiaires, la ville ouverte d'Epernay, exclusivement occupée par des formations sanitaires.. -

Des renseignements précis annoncent que le zeppelin qui a jeté des bombes il y a huit jours sur Dunkerque, gravement atteint par notre artillerie et complètement hors de service, s'est échoué entre Bruges et Gand.

Vendredi 30 août 1915 23 heures. — Un de nos dirigeables a bombardé les Voies ferrées et les hangars dans la région de Valenciennest

Un de nos avions, détruit par une explosion, s'est abattu dans les lignes ennemies.

Samedi 1er Mai 1915 23 heures. — Un de nos avions qui survolait ce matin Somme-Py a été atteint par un éclat d'obus qui a crevé son réservoir. Il a réussi cependant à rentrer dans nos lignes en traversant la première ligné allemande à 400 mètres seulement de hauteur.

Criblé de balles pendant ce passage difficile, il a été, au moment de l'atterrissage, pris sous le feu de l'artillerie ennemie ; les aviateurs sont cependant rentrés indemnes.

NOTRE AVIATION DE BOMBARDEMENT Grâce à des renseignements donnés par des prisonniers, il a été possible de préciser quelques-unes des destructions opérées par nos aviateurs qui savent faire preuve d'autant de précision dans le jet des bombes que de hardiesse dans le vol.

22 mars. — Bombardement de la gare de Briey et de l'embranchement Conflans-Briey-Metz. Des dépôts d'approvisionnements sont détruits. La voie est coupée.

15 avril. - Bombardement de la gare de SaintQuentin.

Le dépôt central de munitions dans les hangars de petite vitesse et une rame de 150 wagons (dont plusieurs contenant du benzol) brûlent complètement. L'incendie dure du 15 avril seize heures jusqu'au lendemain six heures. Toute la nuit l'on en- tend les explosions des projectiles, 24 soldats sont tués. -

28 avril. — Bombardement de Friedrichshafen. Les hangars sont endommagés. Un zeppelin est détérioré.

Bombardement de la région Léopoldshehe-Lorrach; à la gare de Haltingen, la remise des machines est ^'complètement détruite ; deux locomotives de trains rapides ont été mises hors d'usage. Tout le maté-1 riel -des gardes de voies-ferrées, armes et munitions, a été anéanti.

A Lôrrach, 42 pionniers de landsturm ont été tués ou blessés ; deux avions ont été rendus inutilisables.

A Leopoldshohe le poste d'aiguillage a été atteint, La circulation des trains a été interrompue; entre Leopoldshohe et Haltingen.


ÉCHOS DE LA GUERRE AERIENNE ]

Aviateurs français au delà, du Rhin. — Le >0 avril un pilole français jeta cinq bombes sur Kan- ] (ern, tandis que l'un de ses camarades en jetait six pi-ës de la gare de Loërrach. < Vers 5 heures de l'après-midi, une escadrille aé- rienne, comptant quatre appareils, bombarda lus voies ferrées sftuées le long du Rhin, attaquant avec succès les gares de Mulheim, et de Hobsheim. Les avia- teurs alliés, camonnés par les forts et les pilotes alle- mands, durent d'abord battre en retraite, mais ils revinrent à l'attaque et, après un combat de deux heures, mimit en Ifuillte leurs adversaires, non sans avoir, à Mannheim, incendié d'importants dépôts de fourrages. A 6 h. 30, un aviateur français endomma- gea une conduite électrique près de la gare de Loërrach.

Le 28 avril, nos aviateurs ont déployé une grande activité au sud de Bade.

Partis de Bel fort, ils volèrent, vers sept heures du matin, au-dessus d'Haltmgen et lancèrent des bombes.

Les canons, postés sur les hauteurs, tirèrent sur les avions qui s'en retournèrent.

De nouveaux vols eurent lieu à sept, neuf, dix et onze heures et demie. Quinze bombes tombèrent sur lit gare et la voie ferrée ; les aitedâers die machines dl Halting-en furent atteûnits par une bombe qui démolit trois locomotives.

Entire sept heures et midi, neuf avions firent une reconnaissance au-dessus de Loërrach.

Deux avions tentèrent de survoler Mulheân dans la matinée et dans l'après-midi, mais le tir de l'artillerie les obligea il s'éloigner.

Les dirigeables. — Le 23 avril, un dirigeable russe survola Plock, jetant qumza bombes de grand poids ; quelques-unes ont atteint des bateaux allemands sur la Vistule ; d'autres ont explosé au milieu dos transports ennemis.

Deux autres dirigeables russes ônt bombardé la si ht ion du chemin de fer à Mlava et l'aérodrome allemand à Sannikv. Chaque dirigeable a jeté des bombes dont le poids total excédait 300 kilos. Trois bombes ont touché la gare, deux autres sont tombées sur les hangars de d'aérodrome et deux autres ont touché deux aéroplanes qui n'étaient pas garés. Plusieurs sont tombées dans les tranchées ennemies.

Les* aéronefs russes évoluaient à grande hauteur et étaient hors d'atteinte du feu. de l'ennemi.

*

A Strasbourg. - Dans la nuit du 16 avril, les Strasbourgeois dormaient, mais les soldats veillaient et éclairaient le ciel. Cependant, l'aéronef français le Conté avait pu s'approcher. Vers 1 h. 30 du matin, les explosions commencèrent, éveillant en sursaut les habitants. Les passants qui se trouvaient encore dans les rues se réfugièrent chez eux.

Pendant un quart d'heure, la terre trembla sous le retentissement des nombreuses bombes de fort calibre que jetait notre dirigeable.

Les dégâts furent importants ; notre navire aérien n'avait pas perdu sion temps. Sans être atteint par les nombreux obus ennemis, il regagna son port d'attache.

L'aéronautique et le Parlement. — Le 26 avril, la Conjmission sénatoriale de l'armée s'est réunie sous In présedenoe de M. Boudenoot, elle a entendu et approuvé le rapport d'ensemble établi par M. Gaston Mercier sur l'aéronautique. Le gouvernement sera entendu sur toutes ces questions dans une prochaine séance.

Le 28 avril. la Commission de l'Aéronautique de la Chambre alla au Bourget, où elle fut reçue car le rolonel Bouttsaux, délégué du ministre de la Guerre.

et par le capitaine de vaisseaul Morache. représentant du Gouvernement militaire de Paris.

A l'issue de cette visite, dans la soirée, on procéda à une manœuvre die nuit des escadrilles de protection du camp retranché de Paris.

La délégation parlementaire admira Je courage quotidiennement déployé par les pilotes et observa-

teurs de là défense de Paris, dans des manœuvres nocturnes particulièrement périlleuses.

Les députés présents se montrèrent très satisfaits des efforts et des progrès réalisés dans l'organisation générale de la protection aérienne de Paris.

Le célèbre aviateur hongrois Philippe Ritter Blaschke prisonnier des Russes. — Le 26 avril, on apprit que l'un des meilleurs officiers aviateurs autrichiens, le capitaine Philipp Ritter Blaschke von Zworriikkirchen était prisonnier des Russes.

Le capitaine Blaschke, âgé de trente-cinq ans, s'est fait remarquer au cours des dernières années dans toutes les manifestations aéronautiques autrichiennes.

En juin 1912. lors de la course Berlin-Vienne, il concourut sous le pseudonyme de von Caskay. Pilotant un biplan Lohner avec le lieutenant Rittner comme passager, il fut battu par l'ingénieur Kelmuth Hirth, par suite d'une panne à 10 kilomètres du but ; son vol Berlin-Vienne avait été supérieur à celui de Hirth..

Blaschke reçut un prix de 20.000 couronnes. le nrix d'honneur du prince Friedrich-Siegmund de Prusse et le prix d'honneur du ministère de la guerre de Prusse.

Le capitaine Blaschke est titulaire, depuis le 23 juin 1911, du brevet de pilote-aviateur numéro 22 délivré par rOslwreischischer Aéro-Club.

Aviateurs allemands recueillis en mer. —■ Dans les premiers jours de mai, un vapeur américain, qui se trouvait à cinq milles à l'ouest ,dn bafeeaU-phare de Noordhinden, recueillit deux pilotes alemands, dont l'hydravion avait chaviré et. les débarqua sur ce bateau-phare. Les aviateurs furent envoyés à Flessingue.

En Italie. - Le 21 avril. le député Pavia. président de la. commission de contrôle de la souscription nationale pour la flotte aérienne, a remis au - ministre du r trésor 1.775.000 lire ; cette somme sera portée àu budget de la guerre

Les fonds de la souscription nationale, versés au ministère de la guerre, atteignent à ce jour le chiffre de 3.680.150 lire.

* ■ - • * La .préparation de la flotte - aérienne. Le 22 avril, on a vu passer Mr Trente, des camions se dirigeant vers Rovoreto, ils venajent charger les aéroplanes envoyés par chemin de fer aux stations d'Ala et l'Aroo : ils seront de là envoyés aux hangars construits dans le val de Ronchi.

En Russie. — L'aviatrice Marie Kourpieff, admise dans le service dffl armées, a été décorée de lIa croix de Saint-Georges du 4e degré, à la suite d'une remarquable reconnaissance faite dans les enviroIllS d'Ossovioz et qui pennit à l'artillerie russe de réduire au sitenoe une batterie allemande.

Le 24 aivril au matin, deux aéroplanes russes modèle Sikorskv ont bombardé la ville de Neidenbours.

ietant une- dizaine de bombes, dont l'une pesait 100 kilos. Lest bombes sont tombées sur la voie ferrée, la' gare et quelques édificas publics, elles provoquèrent des incendies. On peut se feNciter de ce raid, car Neidenbourg est sans doute le quartier générait de l'armée du général Mackenzen.

Lors du bombardement du Bosphore par la flotte russe, le 25 avril, les hydravions firent des observations oui confirmèrent la précision du feu de J'escadre.

Tes batteries ennemies tentèrent sans succès de canonner les aviateurs russes.

le 26 avril, un aéroplane russe lança quelques bombes sur Czemovitz, où le Kaiser se trouvait quelques jours auparavant.

Le 27 avril, des aéroplanes géants, du type Ilva- Mourowets ont survolé Plock et ont ieté quinze bombes d'un poids énorme ; des bateaux allemands ont été coulés dans la Vistule : d'autres bombes atteignirent un convoi ennemi, occasionnant de sérieux dégâts.

Le 28 avril, un aéroplane du type Sikdrskv a été abattu par d'artillerie lourde près de Czobos. Sur les quatre aviateurs qui le montaient, trois ont été tués.


L'action des aviateurs alliés. — Le 26 avril, un aviateur anglais a jeté sur la gare de Courtrai des bombes qui détruisirent un embranchement.

Bien que blessé, le pilote a atterri sans encombre dans les lignes alliées.

Le 27 avril, dans la matinée, un biplan allié, venant de l'ouest survola Oberndorff (grand-duché de Wur-

temberg) et lança quatre bombes, qui tombèrent sur la fabrique d'armes et qui produisirent un effet con- sidérable. Une grande quantité de fusils et de machines a été détruite. Bien que poursuivi par le feu de plusieurs mitrailleuses, l'aviateur put s'échapper dans la direction de l'ouest.

Le Commandant Yvor T. Courtney. de l'aviation anglais, qui, le 26 mars prit part au raid aérien sur Hoboken incendiant les chantiers anversois de construction ni- vale et détruisant deux sous-marins allemands. (Photo Rol).

Le 28 avril, un avion a évolué à une: grande hauteur, pendant trente minutes, au-dessus des établissements Zeppelin. ; Malgré un feu violent de shrapnells et de mitrailleu- ses, il a lancé six bombes sur Friedrichshafen qui, indépendamment des dégâts matériels qu'elles ont catK

ses, ont blessé légèrement un homme. ': Avions allemande détruits ou capturés. - ,'!..

18 avril, dans la région d'Ypres, quatre appareils ennemis ont été capturés au cours des trois derniers jours, deux par les Français, deux par les troupes anglaises. < Le 21 avril, près de Zambroff. les Russe ont abattu un aéroplane allemand; les deux aviateurs ont été faits prisonniers.

Le 24 dans la matinée, au cours d'une reconnaissance qu'il accomplit avec succès, un pilote français endommagea un aéroplane allemand et le força à atterrir.

Nos aviateurs ont descendu un autre avion près de Messines.

Le 24 avril, deux avions allemands jetèrent des bom- bes sur Tenédos. Ils furent abattus, mais on ignore le sort des aviateurs.

Le 27 avril, dans le courant de la journée. les Russes ont pris deux aéroplanes allemands à Naselsk et un autrichien à Rimanof.

Le 30 avril, un aéroplane allemand fut attaqué pendant son vol par les canons anglais et tomba dans les lignes alliées, à l'est d'Ypres.

J Les Zeppelins et la guerre Le comte zeppelin décoré. — Le Kaiser a remis au comte Zeppelin la Croix de fer de première classe.

Contre les chalutiers. — Un chalutier, arrivé a Hull dans la nuit du 21 avril, déclara avoir vu, au large, vers 4 heures du matin, un zeppelin, qui venait large, la direction de l'est mais qui disparut peu après sans avoir attaqué le bateau anglais bien que, semblet-il, les aéronefs allemands aient reçu, entre autres, la mission d'entraver l'approvisionnement en vivres des Anglais en coulant surtout leurs bateaux de pêche.

En Hollande. — Le 21 avril à cinq heures du matin, trois zeppelins passèrent au-dessus du territoire hollandais, venant de l'ouest et se dirigeant vers le nord- est. Le troisième survola Vlieland (au nord du Zuyderzée). Deux coups de canon tirés en sigtne d'avertissement, le firent changer de direction.

Dans la matinée du même jour, le vapeur norvégien Dag a - vu, à quinze milles de la côte, au sud d'Ymuiden (sur la côte occidentale de la Hollande, un peu au nord de Haarlem), un zeppelin qui se dirigeait vers l'est.

Nouveau type de dirigeable. — Un grand nombre de dirigeables, d'un nouveau modèle, seraient en cons- truction à Mannheim.

Zeppelins détruits. - Au cours de l'attaque de l'aérodrome de Gontrode par les aviateurs alliés, un zeppelin a été détruit.

Le zeppelin qui jeta des bombes sur Dunkerque, le 22 avril, fut gravement atteint par notre artillerie.

Complètement hors de service, il s'échoua dans les arbres, entre Bruges et Gand.

Raids aériens sur l'Angleterre. — Des zeppelins ont été aperçus le 23 avril, à cinq milles de distance, se dirigeant sur Blyth. Ils volaient à une très grande hauteur.

Les autorités militaires onl immédiatement averti la population de Newcastle et les villes de la côte du Northumberland.

Toutes les précautions ordonnées par les autorités avaient été prises, mais les aéronefs ennemis firent demi-tour, après avoir à peine survolé la côte.Dans la nuit du 30 avril, vers 1 heure du matin, profitant du temps brumeux, un zeppelin vint survo- ler Bury-Saint-Edmunds. Les aéroïwmtés lancèrent une dizaine de bombes incendiaires qui mirent le feu à deux maisons.

A peu près à la même h-iim, le même jour, un zeppelin et un avion allemand lancèrent cinq bombes incendiaires sur Ipswich et sur Whitton. Trois maisons ont été détruites.

A Ipswich, une dès bombes incendiaires a mis le feu au toit d'une maison. Les flammes se propagèrent jusqu'à deux autres maisons qui furent presque complètement détruites.

Dès que les ennemis furent signalés, des avions furent envoyés h sa poursuite. Après avoir aperçu leur adversaire au moment où il retournait vers la mer, ils le perdirent de vue dans la brume.

Le 30 avril un zeppelin et un avion ont apparu sur le Comté de Suffolk. Le zeppelin a survolé BurySaint-Edmunds et a lancé dix bombes incendiaires détruisant deux maisons.

- Le 1er mai on aurait vu quatre zeppelins du côté de Wells-Lowestoft (Comté de Norfolk).

- Le,i mai, d'ane la nuit, un zeppelin aurait été aperçu sur la côte orientale anglaise et trois, autres, paraît-il, furent signalés au-dessss de l'estuaire de la Tamise, mais une saute brusque de vent obligea les dirigeables à s'éloigner..

: T~ 10 mai, à 2 h. 45 du matin, un ou deux zeppe* \ïiOjS ont survolé Westcliff, près de Southend, à l'embouchure de la Tamise. Un peu avant, à 2 h. 30, un des dirigeables s'est approché, à environ 20 kilomè- tres de londres. Après avoir lancé sur Southend et ses iii. une centaine de bombes incendiaires qui sur huit J~~ causèrent des rme ndles violents et la mort de trois personnes, les dirigeables, disparurent dans la direction de Benfleet, puis de l'estuaire de la Tamise.


Tableau d'Honneur de l'AÉRONAUTIQUE MILITAIRE Extraits du Journal Officiel de la République Française

Ministère de la Guerre DISTINCTIONS HONORIFIQUES LÉGION D'HONNEUR Le ministre de la Guerre,Vu le décret du 13 août 1914.

Arrête : Article unique. - Sont inscrits aux tableaux spé- ciaux de la Légion d'honneur, les militaires dont les noms suivent:

Pour chevalier N° 100. - - Mardi 13 avril 1915.

(A compter du 10 avril 1915) INFANTERIE M. ARMENGAUD (P.-F.-M.), capitaine d'infanterie breveté, adjoint au chef du service aéronautique d'une armée : tout en remplissant avec succès les fonctions de chef du service des reconnaissances aériennes, a fait personnellement, commet observateur, de nom- breuses reconnaissances (41 reconnaissances, cent dix heures de vol) dont quelques-unes dans des condi- tions très dangereuses. Nommé, au mois de décembre, adjoint au chef du service aéronautique, a contribué dans une large mesure par son in-tetlagenoe et son zèle, à l'organisation de l'aviation d'artillerie.

M. MUNCH (M.-A.-J.), capitaine au service aéronautique d'une armée. Très briUanlt. officier, pilote très hardi et des plus expérimentés. Ancien chef pilote des écoles d'aviation militaire d'Avord et de Pau. A effectué depuis le début de la campagne plus de soixante heures de lVOl au-dessus des lignes ennemies sous un feu parfois extrêmement violent d'artillerie et d'infanterie. Le 5 novembre notamment, presque dès le début d'une reconnaissance, l'avion qu'il montait fut atteint par les fragments d'un obus ayant éclaté sous la queue de l'appareil. Le stabilisateur fut gravement endommagé et une partie fut emportée par un éclat. Malgré le danger de poursuivre son vol avec d'aussi graves avaries, a continué sa reconnaissance et n'est revenu atterrir qu'après avoir achevé sa mission, donnant ainsi une preuve de ses brillantes qualités de pilote en même temps qu'un magnifique exemple de sang-froid, de courage et d'audacieuse résolu- tion. -. -

M. GEIBEL (R.-E.), capitaine aviateur à l'armée : commande avec zèle et compétence une escadrille depuis la mobilisation et y a rendu de grands services. Le 30 août, au cours d'une reconnaissance qu'il accomplissait comme observateur, -a reçu dans son avion un projectile qui l'obligea à atterrir brusquement. A été, ainsi que son pilote, légèrement blessé à l'attr- rissage.

M. FUZIER (C.-E.), capitaine aviateur à l'armée: commandant d'escadrille de tout premier ordre A su conserver son escadrille en état de marche tout en fournissant un travail intensif. Vole lui-même comme pilote, faisant journellement des reconnaissances et, par son exemple, entretient parmi son personnel navi- gant un entrain et un esprit de devoir tels que plu- sieurs ont déjà accompli de véritables prouesses.

M. GINOUX (Ariste), lieutenant d'infanterie, pilote à 1 i',adrujle M. F. 20 : le 13 mars, madgré une canon- nade violente et précise, a survolé longuement la région qu'il avait à reconnaître. Est rentré avec un avion dont une aile et un mât étaient sérieusement endommagés par des éclate d'obus, rapportant des renseignements importante. Officier pilote de tout premw ordre 60 reconnaissances et 125 heures de vol depuis le début de la campagne. '\,..

i : ;

M. PICHON (F.-G.), capitaine d'infanterie, comman- dant la 35e compagnie d'aéroatiers de campagne : son ballon étant soumit à un tir réglé d'obus de gros calibre, a fait preuve de beaucoup de courage et de sang-froid en maintenant le calme dans son personnel.

A fait regonfler de suite un ballon et était prêt à observer de nouveau dès le lendemain. A sauvé intégralement son matériel roulant.

M. BERGER (Henri-P.-CH.-A.-H.), capitaine d'infanterie breveté, pilote aviateur : officier d'état-major, observateur en aéroplane, a rendu les plus grands services, en exécutant de nombreuses reconnaissances dans des circonstances délicates et dangereuses sous des feux violents d'artillerie et d'infanterie. A été cité à l'ordre de l'armée. M. JOUSSELIN (Georges), chef de bataillon comman- dant le port d'attache de Saint-Cyr, 1er groupe d'aérostation : nombreuses annuités. S'est acquis de nouveaux titres dans la campagne actuelle.

M. LALLEMENT (M.-J.-P.), capitaine d'infanterie détaché a la réserve générale d'aviation : a pris part aux combats des 23 août au 6 septembre. A été blessé le 6 septembre.

M. MUIRON (E.-M.), capitaine à la réserve générale d'aviation chef de la division Caudron : a accompli de brillantes reconnaissances au-dessus de l'ennemi. A obtenu les meilleurs résultats à la division d'entraî- nement Caudron par son énergie et son exemple.

M. COTTRETS (P.-J.-R.), capitaine à la réserve générale d'aviation chargé du matériel : officier très énergique qui a rendu de grands services sur le front. Nombreuses reconnaissances au-dessus de l'ennemi.

M. BELLEMOIS (G .-L.-A.), capitaine pilote aviateur à l'armée : pilote très ancien dans l'aviation, esprit pré- cis et méthodique, commande l'escadrille BL 3 avec une grande autorité depuis le début de la campagne ; a su, grâce à son expérience approfondie de l'avia- tion, maintenir cette escadrille en parfait état matériel et moral, et lui faire exécuter, malgré une saison particulièrement difficile, de nombreuses et brillantes reconnaissances à longue portée derrière le front en- nemi sans aucune perte de matériel.

M. BRETEY (Léon), capitaine pilote aviateur comman- dant l'escadrille 2 : nombreuses annuités. Bon aviateur militaire consciencieux et zélé, commandant l'escadrille dépuis la période de couverture incluse. A rempli ces fonctions en donnant toute satisfaction, a eu le mérite de conserver son entraînement aérien et de s'exercer sur un nouvel appareil sans interrompre son service.

M. LAURENT, lieutenant aéronautique.

.M. VAÛJEF (P.-M.-A.), capitaine au 367e rég. d'infan- terie : capitaine ancien, commande bien sa compa- gnie. A été blessé par une bombe d'aéroplane le 3 septembre 1914.

CAVALERIE M. CHAULIN (Robert), capitaine de cavalerie, observateur en aéroplane, escadrille M. S. 23 : officier sérieux, énergique, audacieux et d'un dévouement à toute épreuve. A fait, depuis quatre mois, de nombreuses reconnaissances à longue portée comme observateur. Cité à l'ordre de l'armée le 28 novembre 1914. A été blessé.

M. GALOUZEAU DE VILLEPIN (M.-M.-O.), capitaine de cavalerie, pilote aviateur à l'escadrille n. 12 : très an- cien et fin pilote. Plein d'allant avec beaucoup de calme et de sang-froid. A commandé très bien pendant quelques semaines une escadrille. A fait de nombreuses reconnaissances au-dessus de l'ennemi.

M. PELÈGE (A.-G.) lieutenant de cavalerie, observateur. adjoint au chef du service aéronautique d'une armée: officier de cavalerie PIffln d'allant, s'est révélé comme un observateur de premier ordre. A exé- cuté à ce jour de nombreuses reconnaissances dont plusieurs ont été accomplies dans des circonstances


particulièrement périlleuses et lui ont valu deux cita- tions à l'ordre du jour de lemee. T M. D'HARCOURT (Jean), lieutenant de cavalerie, pilote aviateur : pilote de la première heure ayant quitté l'aviation avant la guerre. A demandé à y repreM-dre du service lorsque le rôle de la cavalerie lui a semblé diminuer d'importance. Rend les meilleurs services dans son escadrille qu'il sait commander et entraîner.

ARTILLERIE M. LETRAIT (L.-G.), capitaine breveté à l'état-major d'une armée : attaché au 1er bureau de l'état-major de l'armée où il remtd les services les plus appréciés.

A servi au début de la campagne comme observa- teur en aéroplane.

M. LE REVEREND, capitaine d'artillerie, pilote aviateur : a comme pilote d'avion effectué une reconnais- sance en compagnie d'un officier observateur dans des conditions particulièrement périlleuses en raison de l'état de l'atmosphère et de la nécessité de voler à faible hauteur au-dessus des troupes ennemies, faisant ainsi preuve de rares qualités d'énergie et de sang-froid. A confirmé depuis ses brillantes qualités au cours de nombreuses reconnaissances exécutées au- dessus de l'ennemi dans des conditions particulière- ment - périlleuses. ':

M. ROZIER (J.-A. P.-M.), lieutenant d'artillerie, service aéronautique d'une armée : déjà cité antérieure- ment à l'ordre de son régiment pour avoir détruit une batterie allemande avec une seule pièce de 75. Depuis qu'il est détaché à l'aviation, a acquis de nouveaux titres par dès reconnaissances tactiques et des réglages T. S. F. effectués dans des conditions périlleuses et ayant donné des résultats efficaces.

M. LABORDE, capitaine commandant le 2e groupe d'escadrilles de bombardement : officier très énergique, qui a rendu les plus grands services depuis son entrée dans l'aviation. A obtenu un très bon rende- ment par son groupe depuis deux mois.

M. ROSSNER (Charles), capitaine aviateur commandant l'escadrille 25 : nombreuses annuités. Boo aviateur militaire commandant l'escadrille depuis m. fin du mois d'août ; a rendu en cette qualité les meilleurs services.

M. DINOCHAU ((G.-A.), capitaine d'artillerie hors ca- dres, détaché au 1er groupe d'aérostation : pilote de dirigeable du 13 octobre 1913. A effectué plusieurs sorties particulièrement délicates. Dans un atterrissage en rase campagne, à proximité des lignes ennemies, a fait preuve de calme, d'endurance et d'énergie. Officier très sérieux et très consciencieux.

OFFICIERS D'ADMINISTRATION M. HOUOT (L.-G.), officier d'administration de Iré cl.

au parc d'artillerie d'une place : comme officier d'administration chef de service a rendu les sevices les plus grands et les meilleurs tant lors de la mise en état de défense de la place que pour le ravitaillement en munitions des armées. A fourni un très bon procédé d'amorçage des obus pour avions.

M. CHATTENET, officier d'administration de lr, classe.

Aéronautique.

GÉNIE M. RENAUX (A.-A.-A.), capitaine à la 27 compagnie d'aérostiers : officier très méritant, excellent pilote de dirigeable. A rendu de grands services à l'aérostation.

ARTILLERIE COLONIALE

M. FRANCEZON (E.-A.), capitaine d'artillerie coloniale : chargé d'organiser et de commander une réserve d'aviation, s'est acquitté de sa mission avec beaucoup d'aopftjcatioTi et de zèle, ajoutant ainsi de nouveaux titres à ceux qu'il avait acquis antérieurement par son ancienneté et ses services dans l'aviation.

INFANTERIE COLONIALE M. PIERLOT (Louis), chef de bataillon d'infanterie coloniale il l'état-major d'un corps d'armée : observa-

teur en aéroplane, rend depuis six mois les plus signalés services. Calme, sang-froid, bravoure. ¡.

N° 109. —Jeudi 22 avrit 1915.

(Pour prendre rang du 29 mars 19lr3l M. WATEAU (A:":'L.)¡ lieutenant de réserve, observateur en aéroplane, aviation d'une armée ; a demandé à être" ïS^^¥-ïodanne observateur-tireur en avion.

S'est signiàl# eri de nombreuses reconno^sanoeis p il a donné la chasse à des avions énmemis, 3aâéé.;r$!s, bombes et contribué & régler le tir de notp~ a ^illérie. D'une grande bravoure et d'une rare ingénâbsité d'esprit a réalisé plusieurs améliorations du matériel qui rendront de grands services. A été cité à l'ordre du corps d'armée et de l'armée.

N" 111; Samedi 24 avril 1915.

(Pour prendre rang du 30 mars. 1915.) M. DE LA BARRE DE CARROY, sous-lieutenant au 2° rég.

de chasseurs. observateur à l'escadrille M. S. 48: très grièvement blessé dans un accident d'aéroplane.

(Pour prendre rang du 1er avril 1915.) M. BILLARD (P.-P.), adjudant pilote à l'escadrille D. 4 : excellent sous-officier, d'une tenue parfaite et d'une énergie à toute épreuve. A sollicité et exécuté, avec succès, trois fois des missions importantes et périlleuses pour la réussite desquelles il a dû faire preuve d'une grande audace et d'une extrême habileté.

N° 115. - Mercredi 28 avril 1915.

(A dater du 27 avril 1915) INFANTERIE M. FIÈVE, capitaine de réserve (aviation) : blessure de guerre.

ARTILLERIE Officier d'administration d'artillerie M. PIERSON (Louis), officier d'administration de LR" cl., territorial comptable de la l'e réserve de ravitaille- ment aéronautique no 3 : dégagé de toute obligation militaire, a demandé à reprendre du service : fort alerte de corps et d'esprit malgré son âge, rend les services les plus appréciés dans son service. A fait la campagne de 1870-71.

N" 118. — Samedi 1er mai 1915.

(Pour prendre rang du 6 avril 1915) M. QUENNÉHEN (A.-A.), sous-lieutenant d'artillerie hors cadres : aviateur militaire à l'escadrille M. F 5 pilote de l'escadrille M. F. 5, a effectué, depuis le début de la campagne environ 80 reconnaissances audessus de l'ennemi, reconnaissances à longue porlée ou reconnaissances de front. D'une ténacité et d'une endurance remajpquables. d'une audace à toute épreuve, s'est particulièrement distingué le 20 mars en allant bombarder une gare et des cantonnements dans la zone de l'enmemi dans tlapllit du 29 au 30 mars.

M. CHAMBE (René), sous-lieutenant de cavalerie : observateur die l'escadrille M. S. 12, a donné 11 mesure de son audace et de son sang-froid en abattant après un combat presque à bout portant, un avion ennemi qui venait de lancer dies bombes sur une localité.

M. ROBERT (Louis). sous-lieutenant de cavalerie, observateur à l'escadrille M. S. 12 : a poursuivi un avia- tik ennemi aie cherchait à rentrer dans ses lignes.

A subi son feu jusqu'au moment où l'ayant rejoint, il l'a abattu de trois balles dont l'une a blessé sérieu- t le pilote et les deux autres ont atteint l'appareil ennemi dans ses œuvres vives.

, M; PELÏ.ETIER-DOISY (Georges), adjudant de cavalerie pilote à l'escadrille M. S. 13: a fait preuve d'un cou- rage et d'une adresse rares dans llJIll combat aérien ccfntrè un avion ennemi qu'il a pc*s en chasse, coupé de ses lignes et manœuvré de façon à permettre le tir efficace de son passager. Après la chuté de cet avion dans nos lignes est venu se poser près de lui.

et a faits prisonniers le pÛQffe et l'observateur.


MEDAILLE MILITAIRE Sont inscrits au tableau spécial de la médaille miitaire les militaires dont les noms suivent : 109. — Jeudi 22 avril 1915.

(Pour prendre rang du 26 mars 1915) DE FLERS (Amédée), sergent (aviation) : à la suite l'une panne de moteur survenue dans les lignes allemandes au cours d'une reconnaissance, a fait preuve le sang-froid et de bravoure et a contribué à sauver 'avion dans des conditions périlleuses. Nombreux services rendus comme observateur.

N° 109. — Jeudi 22 avril 1915.

(Pour prendre rang du 29 mars 1915) ROBINET (J.-F.), adjudant pilote aviateur, aviation l'une armée : le 22 mars, sachant son appareil à court, d'essence n'en a pas moins invité son observateur à poursuivre un réglage sur un objectif subitement découvert. Surpris par la panne du moteur, est descendu en vol plané au-dessus des lignes ennemies our permettre l'achèvement du réglage. Il a atterri kms les lignes françaises dans des conditions difficiles.

SI, 110. — Vendredi 23 avril 1915.

(A compter du 18 avril 1915.) M. POIRÉE, aviateur militaire servant comme adjudant aviateur dans l'armée russe ; aviateur militaire lu plus haut mérite, sert depuis le début de la guerre dans l'armée russe où il est devenu un aide précieux lu commandement ; a, par sa hardiesse, obtenu le rade d'adjudant, et à quatre reprises différentes, la médaille et la croix de Saint-Georges. Fait le plus grand honneur à l'armée française.

N, 111. — Samedi 24 avril 1915.

(Pour prendre rang du 1" avril 1915.) KRAUSE (Patdli-Niels),, sergent pilote aviateur, î" groupe d'aviation, matricule 2207 : engagé pour la durée de la guerre, s'est immédiatement fait remar- quer par son entrain, son audace, son dévouement à .uule. épreuve, recherchant les missions les plus périleuses et les poursuivant avec un mépris du danger lui n'a cessé de faire l'admiration de ses chefs. le 26 février, ramène, dans les lignes, sa reconnaissance locorâplie, son avion endommagé par les projectiles ennemis et en panne, malgré la poursuite d'un biplan ennemi. Le 20 mars, accomplit entièrement une reconnaissance malgré les avaries causées par les obus en- lemis et, après réparation, repart de nuit. Le 22 mars, nalgré des circonstances atmosphériques défavorables, engage avec un aviatik un combat de vingt minutes, nanœuvrant avec habileté et, en même temps, déchar- geant deux revolvers sur son adversaire.

(Pour prendre rang du 2 avril 1915.) M. LEMAITRE (Eugène), sergent pilote militaire à l'escadrille M. F. 5, matricule 1663 ; d'une hardiesse audessus de tout éloge, toujours prêt pour les reconnaissances les plus périlleuses. A l'escadrille M. F. 5 depuis le début ce la campagne, a rendu les plus grands services. A été cité à l'ordre de l'armée le 7 janvier 1915. A eu à plusieurs reprises son appareil atteint par des éclats d'obus. N'a pas hésité, le 21 mars, à donner à deux reprises la chasse à un aviatik.

NI) 114. — Mardi 27 avril 1915.

INFANTERIE M. GRASSET (Aimé), adjudant d'infanterie. — Aviation du camp retranché de Paris.

AÉRONAUTIQUE MILITAIRE M. GUYOT (A.-A.-V.), adjudant d'administration du génie, hors cadres, détaché au service aéronautique à la 1re réserve de ravitaillement n° 6, matricule 344 : intelligent et dévoué, consciencieux et travailleur, il a rendu de grands services à l'aéronautique militaire, surtout depuis le début de la campagne où il a assumé la tâche de diriger l'expédition délicate du matériel destiné aux formations de l'aviation ce l'armée.

Nombreuses campagnes antérieures.

M. PAOLACCI (Noël), adjudant pilote aviateur, esca drille 37, matricule 41 : sous-officier ancien et très méritant, a toujours été dévoué et consciencieux, a fait preuve de crânerie au feu. Entré depuis peu dans le service de l'aviation de l'armée ; y a déjà fait montre de toutes les qualités nécessaires à un très bon aviateur militaire.

M. BAUDUIN (Paul), adjudant mécanicien breveté au parc d'aviation n° 4 : blessé au cours de son apprentissage d'élève pilote, chef d'atelier du centre d'aviation militaire. Très méritant par ses services antérieurs et ceux qu'il n'a cessé de rendre depuis le début de la campagne.

M. BAUER (C.-L.), adjudant au parc d'aviation n° 4 : a rendu de grands services comme pilote au début de la guerre et fait preuve de zèle et d'activité dans son service.

M. SALLES (H.-P.), adjudant d'administration, service aéronautique d'une armée : sous-officier remarquable par ses qualités militaires, actif, intelligent et rempli de bonne volonté. Depuis son arrivée récente au parc d'aviation a su rendre des services appréciables par son calme, sa pondération et son aptitude au com- mandement. Nombreuses annuités.

M. GENEVOIS (Louis), adjudant, service aéronautique d'une armée : sous-officier d'élite ayant un profond sentiment de ses devoirs et du métier militaire. Caractrès droit et énergique. Intelligent, calme, plein de sagesse et d'audace, a fait preuve des plus belles qualités de volonté et de sang-froid au cours de nombreuses reconnaissances. A, le premier, dès octobre 1914, entraîné ses camarades de l'escadrille à la pratique des vols à la nuit tombante, puis en pleine nuit.

Fait preuve d'initiative et de jugement en toutes circonstances.

M. GRANDIEAN (Etienne), sergent, service aéronautique d'une armée, escadrille M. F. 33 : très ancien pilote, qui a rendu les plus grands services dans l'aviationpendant son séjour sous les drapeaux en temps de paix. S'est distingué depuis le début de la campagne par son allant remarquable et son courage à toute épreuve. Cité à l'ordre de l'armée.

M. CATTET (J.-A.), adjudant d'administration de 1re classe du génie au 1" groupe d'aérostation, port d'attache d'une place forte : sous-officier très actif et très dévoué. A beaucoup contribué au bon entretien et à la bonne administration du matériel du dépôt du port d'attache. Figurait au tableau de concours de 1914.

FANTON (Léonce), adjudant au 1er groupe d'aérostation, port d'attache d'une place forte : sous-officier très sérieux. très intelligent et très militaire. Commande avec compétence et autorité un détachement d'une compagnie d'aérostiers.

M. LABONELLIE (Edouard), adjudant d'infanterie coloniale, division Caudron (réserve générale d'aviation) : nombreuses années de services et campagnes antérieures. Sous-officier sérieux et consciencieux, a rendu d'excellents services dans l'aviation au cours de la campagne actuelle.

M. COGNAC (Bernard), ouvrier d'état de 2e classe du génie, service général de la 2e réserve de ravitaillement de Versailles : sous-officier très méritant, qui a montré le plus grand zèle et la plus grande compétence dans tous les emplois où il a été occupé dans l'aviation.

M. ABADIE (G.-A.), adjudant d'artillerie, chef mécanicien du dirigeable Adjudant-Vincenot : désigné comme élève pilote aviateur en 1911, a été victime en mars 1912, d'un grave accident d'avion. Elève pilote de dirigeable, puis chef mécanicien, a exécuté de nombreuses ascensions, tant en temps de paix qu'en temps de guerre. Mécanicien habile, sous-officier énergique, consciencieux et dévoué, a, dans diverses circons- tances critiques, fait preuve de courage et de sangfroid.

M. CLÉMENT, adjudant division Morane-Saulnier, réserve générale d'aviation : excellent pilote, qui depuis le début de la campagne, a exécuté en arrière des lignes ennemies de nombreuses reconnaissances dans des circonstances souvent périlleuses.

M. FAUX (C.-F.-V.), adjudant, service aéronautique d'une armée : excellent pilote, fait preuve d'un entrain


et d'un courage remarquables, s'est en particulier si- gnalé par une reconnaissance très audacieuse faite par très mauvais temps et à faible altitude qui, lui a valu une citation à l'ordre de l'armée. S'est également fait remarquer le 8 février dans la chasse d'un avion ennemi qui a valu la croix à son observateur. M. BOURKADAM (C.-P.), adjudant, service aéronautique d'une armée : excellent sous-officier et pilote. A fait au cours de la campagne de très nombreux réglages et reconnaissances dans des circonstances souvent dif- ficiles et a rendu les meilleurs services. Blessé au cours d'une reconnaissance le 30 août. Cité à l'ordre de l'armée le 25 octobre 1914.

No 118. — Samedi 1er mai 1915.

(Pour prendre rang du 6 avril 1915) M. NAVARRE (Jean), sergent pilote à l'escadrille M.- S. 12 : pilote d'une adresse et d'une audace remarquables : a livré bataille dans la même semaine à deux avions ennemis, les a rejoints et abordés à quelques mètres malgré le tir de leur passager. A forcé l'un d'eux à atterrir - dang nos lignes et a ainsi permis de faire prisonniers le pilote et le passager touchés par les balles de l'observateur.

DISTINCTIONS HONORIFIQUES RUSSES

Les militaires -dont les noms suivent, cités à l'ordre de l'armée, ont reçu exceptionnellement de S. M.

l'empereur de Russie, pour s'être fait remarquer par leur valeur et leur bravoure ou pour avoir accompli des actions d'éclat ou des faits de guerre ayant contribué au succès des opérations, les décorations ciaprès NO 100. —. Mardi 13 avril 1915.

(Ordre des 21, 22 et 24 mars 1915) , ,' Xroix de Saint-Stanislas (3e classe).

Lieutenant DROUOT, aviation.

Lieutenant CESARI (A.-M.-F.), escadrille M. F. 16.

Croix de: C -Mut-Cko«gu (2e classe).

Adjudant de BEAUSIRE DE SEYSSEL (P.), pilote aviateur. - -16741.

Sergent BRULARD (L), aviateur. — 126873. -

Sergent NOËL (L.), aéronautique. — 126930.

Sergent LE LOHE, aviateur. 126969. - - - Médaille de Saint-Georges (1e classe).

Caporal COURATIER (G.-E.), aviateur. — 1145..

Caporal SALZE, aviateur., - 1154.

Caporal TETARD, pilote. — 1220.

Médaille de Saint-Georges (2e classe).

Caporal. BAYLE. aviateur. - 3257.

Soldat mécanicien CHABOT (P.), aéronautique. — 3258.

Caporal BORDES (J.), aviateur. — 3294.

Mitrailleur LAÇAS (J.), aviatow. - 2M Médaille de Saint-Georges (4e classe).

Soldat de 1re classe OMER (R.), aviateur. — 164892.

CITATIONS A L'ORDRE DE L'ARMEE Les militaires dont les noms suivent sont cités à l'ordre de l'armée: N° 102.Jeudi 15 avril 1915.

M. VANDAI. (Jules), maître pointeur dans une artil- lerie divisionnaire : a donné un magnifique exemple de désineressement et de mépris de la mort dans les circonstances suivantes : très grièvement blessé en même temps qu'un camarade de sa pièce, a refusé de se laisser panser objectant qu'il se sentait mourir et qu'il valaif. mieux soigner son camarade. Apprenant ensuite le passage. d'un avion allemand au-dessus de

ta batterie, a dit. au lieutenant qui s'occupait de le faire transporter : « Laissez-moi, ne faites pas repé- rer la batterie, l'accident n'est rien, l'essentiel c'est qu'on les mette à la porte de chez nous ! Vive la France ! » Puis s'est évanoui. Est mort peu après.

, v (Ordre du 22 mars 1915) N° 103. Vendredi 16 avril 1915.

M. poic, lieutenant, officier observateur à l'escadrille 14 : a pris part depuis la fin du mois de sep- tembre à de nombreuses reconnaissances exécutées sous le feu de plus en plus violent des batteries enne- mies. S'est fait remarquer par la sûreté des rensei- gnements recueillis, ainsi que par sa grande habileté à diriger les réglages de tir.

(Ordre du 21 mars 1915) LA 37e COMPAGNIE D'AÉROSTIERS : son ballon ayant été atteint par l'artillerie ennemie au cours d'une obser- vation ; a exécuté avec autant de courage que de sang- froid sous un feu violent de projectiles de gros calibres, la manœuvre nécessaire pour le ramener à terre et le dégonfler. A porté secours également sous le feu aux habitants d'une ferme voisine qui venait d'être - atteinte par les obus; - (Ordre du 25 mars 1915) No 108. - - Mercredi 21 avril 1915.

M. MOREAU (Gabriel), sous-lieutenant aviateur; M. SALZE (Georges-Emile), sergent aviateur : Observateur et pilote à bord d'un avion, se sont signalés par leur courage et leur ardeur à poursuivre les avions ennemis, engageant à deux reprises la lutte contre deux adversaires à la fois, et réussissant le 21 mars à en abattre un à coups de mousqueton.

(Ordre du 27 mars 1915) N. 112. — Dimanche 25 avril 1915.

M. FLURY, sous-lieutenant observateur en aéroplane : a eu à combattre à plusieurs reprises des avions plus rapides, le 20 mars, en particulier, a attaqué suc- cessivement deux biplans armés. A poursuivi sa re- connaissance après avoir reçu plusieurs balles dans son appareil.

(Ordre du 30 mars 1915) M. VERDURAND (Abel-Paud-Louis-Joseph), lieutenant de réserve, observateur en aéroplane ; M. VIGOUROUX (François-Fernand), lieutenant de réserve, observateur en aéroplane ; M. HERVET (Pierre-Marie-Henri-Joseph), sous-lieu tenant de réserve, observateur en aéroplane : - > * Par des vols presque quotidiens au-dessus des lignes ennemies, ont rendu les plus grands services en observant te réglage de nombreux tirs d'artillerie.

Fréquemment encadrés par les éclatements de projec- tiles qui ont atteint parfois leurs avions, ont toujours rempli leurs missions jusqu'au bout, donnant toujours à leurs camarades le meilleur exemple de dévouement et de courage. (Ordre du 3 avril 1915.) M. GARROS (Roland), sous-lieutenant, pilote aviateur : aussi modeste que brillant pilote, n'a jamais cessé de donner l'exemple du plus bel entrain: Le 1er avril a abattu un avion ennemi au cours d'un combat aérien.

(Ordre du 4 avril 1916} N:'113.—Lundi 26 avril 1915.

M. VAL (Albert), lieutenant de réserve, pilote en aéro- plane;

M. PEZARROIS (André), observateur en aéroplane, sous- lieutenant de réserve:

Ayant à effectuer une reconnaissance, ont dû survoler l'ennemi à moins de 1.600 mètres en raison des nuages qui se trouvaient à cette altitude. Pris sous le leu, d'uné irritrailieuse,; ont eu leur appareil criblé de projectiles. N'ont liait' cependant demi-tour que


lorsque l'hélice a été gravement détériorée prur une balle.

M. VEYRÈNE DE LAVALETTE, lieutenant aviateur : a effectué de nombreuses reconnaissances au-dessus des lignes ennemies et sous le feu, notamment le 2 mars, s'offrant spontanément à prendre part à la tombée de la nuit à une reconnaissance au-dessus d'une région reconnue comme particulièrement dangereuse.

Au cours de ce dernier vol, a été violemment canonné par de nombreuses batteries spéciales, tirant ensemble et à toute vitesse et dont quelques éclats d'obus ont atteint l'appareil qu'il montait.

(Ordre du 6 avril 1915.) M. HERTZ, sous-lieutenant, observateur en aéroplane : jeune observateur plein d'entrain et d'audace. A eu, au cours d'une reconnaissance, l'occasion de donner la chasse à un avion allemand ur lequel il a tiré plusieurs cartouches. Trois balles "mt atteint l'appa- reil qui a été obligé d'atterrir dans ses lignes.

M. SALMET (H.), maréchal des logis, aviateur militaire : pilote plein d'entrain et d'audace, N'a pas hésité au cours d'une reconnaissance à s'approcher jusqu'à ¡j mètres d'un avion allemand pour permettre à l'observateur de tirer.

(Ordre du 7 avril 1915) M. MARTIN DE GIBERGUES (Anthelme-Marie-Jaseph), sous-lieutenant de réserve au 31e lég. d'artillerie, aviateur : a exécuté à différentes reprises les vols les plus périlleux ; a réussi, en survolant souvent les lignes ennemies, malgré le bombardement dont son appareil était l'objet, à opérer des reconnaissances audacieuses qui ont permis à nos batteries de régler efficacement leur tir.

M. LUCIANI (Jean), maréchal des logis chef, du 5e rég.

d'artillerie à pied, observateur en aéroplane, matricule 77 excellent sous-officier observateur qui a effectué des reconnaissances périlleuses. Toujours plein d'entrain et de hardiesse, a été Iégèreinen-t blessé à la suite d'un accident d'atterrissage le 21 mars. N'a pas voulu interrompre son service.

M. GUINARD (Ulysse), aviateur militaire, caporal, matricule 4433 : excellent pilote d'une habileté éprJllvée et qui, dès son arrivée sur le front, a montré de belles qualités de hardiesse et de sang-froid. Toujours prêt à marcher, est parti en reconnaissance le 21 mars, bien que très fatigué par deux longues reconnaissances exécutées la veille par un temps dif- ficile. A a été sérieusement blessé dans un accident d'atterrissage le 21.

(Ordre du 8 avril 1915.) N° 116. — Jeudi 29 avril 1915.

M. FLANDRIN, sergent pilote en aéroplane ; M. ESQUERRE, maréchal des logis, observateur en aéroplane : Ont montré une audace et une énergie remarqua- bles dans l'accomplissement de missions aériennes à longues portées.

(Ordre du 10 avril 1915) N° 117. — Vendredi 30 avril 1915.

M. CAQUOT (Albert-Irénée), capitaine du génie (territorial), commandant, la 21e compagnie d'aérositiers de campagne : officier de grande valeur qui, par son énergie et sa compétence, a rendu avec la 21e compagnie d'aérositiers des services signalés et obtenu des résultats importants dans l'observation des tirs.

A donné l'exemple de l'audace et du sang-froid au ccurs de plusieurs attaques par les avions allemands.

A apporté à son matériel des perfectionnements dont l'utilité est prouvée par les résultats des reconnaissances opérées.

M. LEMAITRE (Eugène), sergent pilote militaire, matricule 1665 : d'une hardiesse au-dessus de tout éloge, toujours prêt pour les missions tes plus périlleuses.

Faisant partie d'une escadrille depuis le début de la campagne, a rendu les plus grands services. A été cité à l'ordre de l'armée, le 7, janvier 1915, pour être allé bombarder des hangars. A eu, à plusieurs re-

prises, son appareil atteint par des éclats d'obus. N'a pas hésité, le 21 mars, à donner à deux reprises, la chasse à un aviatik.

(Ordre du 3 avril 1915) M. PEPIN (Eugène), sous-lieutenant de réserve observateur : a exécuté avec un mépris absolu du danger plusieurs reconnaissances au-dessus des régions les mieux défendues par l'artilleri ennemie et en a rapporté des documents de la plus haute importance, bien qu'ayant eu plusieurs fois son avion gravement endommagé.

M. COQUELIN (Henri), adjudant pilote : .a fait preuve du plus grand sang-froid et du mépris absolu du danger, en continuant à tenir l'air, malgré la rupture d'un gouvernail de son avion, permettant ainsi à son observateur de terminer le réglage d'un tir.

Ministère de la Marine LEGION D'HONNEUR Le ministre de la marine, Vu le décret du 13 août 1914, Arrête : Sont inscrits au tableau spécial pour la croix de chevalier de la Légion d'honneur, les militaires dont les noms suivent : Pour chevalier N, 110. — Vendredi 23 avril 1915.

(Pour prendre rang du 20 avril 1915) M. JANVIER (E.H.-L.), lieutenant de vaisseau aviateur r déjà inscrit au tableau normal pour la croix. A, depuis le début des hostilités, effectué de nombreuses et périlleuses reconnaissances et missions de bombarde.

ment.

M. FOURNIÉ (J.-P.-S.), lieutenant de vaisseau avia teur : a effectué de nombreux vols et reconnaissances.

Sérieusement brûlé au cours d'une mission de bombardement.

MEDAILLE MILITAIRE Sont inscrits au tableau spéciaJ de la médaille militaire les militaires dont les noms suivent : N° 100. — Mardi 13 avril 1915.

(Pour prendre rang du 8 avril 1915) M. PHILIPPE (Francois-Marie-Louis), second maître timonier, matricule 89364, deuxième pilote à l'escadrille V. B. : a été détaché de l'aviation maritime à l'aviation de la guerre à la date du 15 novembre 1914. Il vient d'être redemandé par l'aviation maritime et de nouveau réaffecté. Dans ses quatre mois de campagne, a accompli plus de soixante-dix heures de vol en mission de bombardement sur l'ennemi. N'a cessé de montrer le plus grand entrain et un parfait courage. A eu très souvent son appareil atteint par le feu ennemi, en particulier a eu trois hélices brisées en l'air par des éclats, et, le 20 décembre, est rentré avec son passager blessé par un shrapnell ennemi.

NOMINATIONS N° 110. — Vendredi 23 avril 1915.

Est inscrit d'office au tableau d'avancement pour le grade de lieutenant de vaisseau de réserve : M. CONNEAU (J.-L.-C.), enseigne de vaisseau de 1re cl.

de réserve aviateur : a effectué de nombreux et périlleux bombardements. Est rentré, le 10 février, avec une commande du gouvernail coupée par un éclat d'obus.

Obtient une proposition extraordinaire pour la médaille militaire : M. ECHE (Emile-Marcellin-Albert), maître mécanicien réserviste : a accompagné, comme passager, M. l'enseigne de vaisseau Conneau dans son raid du 10 février. A lancé ses bombes avec le plus grand sang froid, malgré le tir bien réglé de l'ennemi.


BULLETIN OFFICIEL DE L'AÉRO-CLUB DE FRANCE SOCIÉTÉ RECONNUE D'UTILITÉ PUBLIQUE. - SIÈGE SOCIAL: 33, rue François-Ier, PARIS (VIIe) Téléphone : Passy 66-21. — Télégraphe: Aéro-Club, Paris.

Parc d'Aérostation : avenue Bernard-Palissy, Coteaux de St-Clond. Tél. 288 (Saint-Cloud)

CONVOCATIONS Conseil d'administration, jeudi 3 juin, à '5 h. 30.

Comité de Direction, jeudi 3 juin, à 6 heures.

ASSEMBLEE GENERALE STATUTAIRE DU 29 AVRIL 1915 L'Assemblée générale statutaire de l'Aéro-Club de France s'est tenue au siège social, le jeudi 29 avril, a 17 h. 30, sous la présidence de M. Henry Deutsch de la Meurthe, président Présents : MM. Mallet, Luneau, Nicolleau, Georges Besançon, Bergeron, Moreau, comte de Chardonnet, Péan de Saint-Gilles, Jules Dubois, Dubois le Cour, Giraud, Natanson, Blanchet, Frank S. Lahm, Charles de Granrut, Japy de Beaucourt, Blondel la Rougerie, Edmond Godard, Waldemar Tollander de Balsch, Marx, Rodoconachi, Mouthiers, M' Desouches, Archdea- ccn, Bogain, Carton., Hüe, Picard de la Vacquerie, Montaudon, Rodolpfe Soreau, etc., etc.

M Henry Deutsch de la Meurthe, après avoir de- mandé à l'Assemblée de vouloir bien excuser les mem- bres que le devoir impérieux de la défense de la Patrie retient aux armées, ouvre la séance par l'allocution suivante qui fut fort applaudie : « Messieurs et chers Collègues, « N'est-ce pas mon devoir de vous associer, dès l'ouverture de notre séance, au souvenir ému que j'adresse ici à ceux de nos membres qui, pour dé- fendre notre chère patrie, ont donné un sang si généreux. Leur mort n'est pas de celles que l'on pleure, elle est de celles que l'on honore. Accomplissant leur glorieux devoir, ils sont tombés enviés par leurs camarades, en voyant déjà planer sur la France les ailes de la victoire.

« Honneur à eux tous dont nous garderons un impérissable souvenir.

« Honneur au courageux Ernest Zens, tué à Noméxy, le 12 septembre 1914, aéronaute, aviateur, inventeur et constructeur, membre de notre Comité de direction, vice-président de notre Commission d'aviation, trésorier de la Commission Sportive aéronautique et de la Fédération Aéronautique Internationale, membre également du Comité de la Ligue Aéronautique de France, de la Commission Sportive et de la Commission des bail- lons sphériques, ce vaillant collègue a rendu à notre cause des services signalés.

« Honneur au docteur Emile Reymond, le sénateuraviateur, membre lui aussi de notre Comité de direction ; il pouvait être mobilisé comme médecin-major de lro classe, mais il préféra servir dans l'aviation. Il devait y trouver, le 22 octobre 1914, une mort glorieuse.

Est-il besoin de vous rappeler les services inappréciables qu'il rendit à la cinquième arme ? Président du Comité National, il fut le véritable propagateur de l'aviation militaire et du tourisme aérien. Comme parlementaire, il fit à la tribune du Sénat un très grand' effort pour assurer la suprématie aérienne de la France.

La mort du docteur Emile Reymond est une perte irréparable pour tous les amis de l'aviation. Nous étions fiers de le compter parmi nos dirigeants. Membre de notre Conseil d'administration, de notre Commission d'aviation, il était également président d'honneur effectif de la Ligue Aéronautique de France. La vie et la mort du défenseur de l'aéronautique française sont pour nous un très précieux exemple.

« Honneur au capitaine breveté Jules Marconnet ; au moment où il visitait les tranchées de son bataillon, il fut frappé mortellement le 27 novembre 1914. Pilote de la première heure, il avait secondé de façon remarqua-

ble le général Roques à l'Inspection de l'Aéronautique militaire.

« Honneur aussi à Marc Pourpe, tué le 2 décembre 1914 dans la Somme. Un de nos tout premiers aviateurs ; il démontra par de superbes raids en Indo-Chine et par son inoubliable voyage du Caire à Kartoum, les ser- vices que peut rendre l'aviation coloniale.

« Honneur encore à Henri Roux, qui, en ExtrêmeOrient, s'est dépensé avec tant d'ardeur pour le plus grand profit des intérêts français, et qui, en décembre, trouva une mort glorieuse, au cours d'un engagement dans la forêt d'Apremont.

« Honneur enfin à Frédéric Bourceret, Louis Helbronner, J.-P. Faure, Sazerac de Forge, André Blaclières, Marcel Grand, Léon Le Cerf, Victor Auclère, Edmond Vallier, Léon Demanest, André François.

« Je veux aussi, messieurs et chers collègues, accorder en votre nom et au mien, une pensée attristée à ceux de nos membres que nous avons perdus au cours du dernier exercice. Nous avons été cette année particulièrement éprouvés et nous devons notamment déplorer la perte de nos collègues : « René Rumpelmayer, membre du Comité de direction, héros des randonnées en sphérique, qui avait su faire apprécier la valeur de son intelligence et ses nobles qualités de cœur ; « Gustave Hermite, savant modeste, qui rendit à l'aéronautique et à la science les plus grands services ; « Abel Corot, technicien très estimé qui fut le collaborateur habituel des grands travaux aéronautiques ; « Wilfrid de Fonvielle, le doyen de la science aérienne, savant technicien, dont la mort est une perte irréparable ; « Notre si sympathique ami Henry Lozé, ancien pré- fet de police, ancien ambassadeur de France à Vienne, sénateur du Nord qui, malgré ses multiples occupations et son état de santé, s'intéressait si noblement à notre cause, à celle des infortunées victimes de l'aviation, présidant avec tant de bienveillance et de sagacité la Caisse de secours de l'Aéronautique et rendit ainsi de si éminents services à notre association.

« Pierre Jourdain, commissaire sportif des plus dévoués ; Georges Lecocq, Enrique Faura, Achille Adam, Maurice Roch-Brault, Charles-M. Moore, Paul Heitz, comte Alex. Koutouzow-Tolstol, Georges Lebey, llenri Lévêque, Simon Marchand.

« Nos regrets vont également à la mémoire des vaillants pionniers de l'air qui ont payé de leur vie leur dévouement à notre cause. Saluons ensemble la mémoire du commandant Félix, de Legagneux, de Paul Leprince.

« Nombreux sont les membres de l'Aéro-Club qui, les armes à la main, défendent notre Patrie. Au nom de l'assemblée, je leur adresse notre salut fraternel et nos meilleurs vœux. Je rends particulièrement hommage à tous nos blessés de guerre : « A. M. René Quinton, membre de notres Comité de direction et vice-président de la Ligue Aéronautique de France. Lui que toujours nous avons vu sur la brèche pour défendre la conquête de l'air et qui aujourd'hui se couvre de gloire sur les bords de l'Yser.

« Je citerai encore : « MM. Maurice Pesson-Didion, l'un de nos bons pilotes de spheriques ; Henri de Pracomtal, Victor Bagues, de Montigny, Etienne Roland, Jean Duhrujcaud, Paul Martin, Jean de Vilmorin, Robert Goldschmidt, André de Maisonneuve, Louis-F. David.

« Je leur adresse en notre nom à tous, mes souhaits de très prompt rétablissement.

« De jour en jour, la liste de nos amis prisonniers de guerre devient plus longue ; hélas ! André Roussel, l'habile pilote de dirigeable, Chevilliard, l'intrépide aviateur, Roland Garros, le héros de la Méditerranée, qui après


s'être couvert de gloire au front de nos armées, vient, par la seule faute de son moteur, de tomber entre les mains de l'ennemi ; André Dumont, Henri de Pracomtat, Jean de Vilmorin, Victor Bagues. Nous souhaitons tous revoir bientôt parmi nous tous ces vaillants.

Exprimerai-je votre profonde admiration et la mienne pour tous ceux de nos membres qui ont été cités à l'ordre du jour, décorés de la Légion d'honneur ou de la médaille militaire? La liste qui porte leurs noms a de quoi nous rendre fiers ; la lire devant vous est un nouvel hommage que je suis heureux de rendre au courage de ces héros.

« MM. Joseph de Clerck, Joseph Coulisson, le docteur Reymond, le marquis Jules de Lareinty-Tholozan, te comte Honoré de Lareinty-Tholozan, Marconnet, Faucompré, Eugène Gilbert, Adolphe Pégoud, Gabriel de Lapeyrouse, Marc Pourpe, Charles Hirschauer, Paut Ucnazct, Jacques Morcau, André-Risler, Louis Gaubert, Grandjean, Walt, Sanson de Sansat, Tisseyre, Louis Jlréyuet, Daillens, Vaucourt, Louis de Vilmorin, Blai!Illait, Montaland-Davray, Seratzky, Irat, Marcel Granet, André Waleau, Edouard Surcouf, René Quinton, Brin(leiunc des Moulinais, le général Bonnier, duc de Brissac, Roland Garros, de Malherbe, Henri-Adrien Alcan, Robert Bienaimé, ont été cités à l'ordre du jour.

« Le commandant Dorand a été promu oflicier de la Légion d'honneur.

« MM. Eugène Gilbert, Watt, Montaland Davray, Gabriel de Lapeyrouse, André Wateau, duc de Brissac, l'uni Bénazet, Capitaine Faure, de Clercq, sénateur Rey- mund, Coutisson, de Saint-Quentin, Michel Mahieu, Henri-Adrien Alcan, ont été promus chevaliers de la Légion d'honneur.

« Adolphe Pégoud qui dans un seul vol, engagea une lutte victorieuse contre deux « Aviatik » et un taube, fut cité trois fois à l'ordre du jour des armées et a été décoré de la médaille militaire.

« Je serai certainement votre interprète en applaudissant aux promotions de nos collègues : Jacques Balsan, liené Quinton, de Tricornot de Rose, promus commandants.

« Jacques Vernes, Sanson de Sansal, Victor Bacon, Tisseyre, Bertrand de Lesseps, René de Malherbe, Edouard Surcouf, Rodolphe Soreau, promus capitaines.

« Le comte de La Vaulx, Edgar de Kergariou, L. Paulhan, le marquis Viel des Rivières, Maurice Poux, Henri-Adrien Alcan, promus lieutenants.

« Daucourt, Roland Garros, Marcel Thomas, Paul Au- dineau, René Le Grain, Brindejonc des Moulinais, pro- mus sous-lieutenants.

« Albert Seratzky, Gabriel Arnand, Etienne Bunau-Varilla, comte A. de Montigny, Pégoud, promus adjudants.

« Ont été promus sergents : Jacques Labouchàre, 't notre dévoué vice-président Leon Barthou, qui a déjà rendu de si nombreux services à l'Aéronautique française, — engagé volontaire au début des hostilités, il a su gagner sur le front les galons de caporal, puis de sergent.

« Enfin, c'est avec une très vive satisfaction que je vais vous donner lecture de la belle citation à l'ordre du mérite civil de notre collègue René Grosdidier, sénateur, maire de Commercy : « A la date du 28 mars 1915, le Gouvernement portait à la connaissance du pays la belle conduite de : « M. Grosdidier, maire de Commercy (Meuse). Après « avoir assuré le ravitaillement de la population avec « laquelle il est resté en contact permanent, M. Grosdi« dier, a, pendant les bombardements successifs de la « gare et de la ville, multiplié des preuves d'un dé« vouement absolu. Par son courage, son initiative et « sa présence d'esprit, par les conseils et les encoura« gements qu'il a donnés, il a apporté aux habitants le « plus puissant réconfort. »

« Voilà des noms, messieurs, n'est-il pas vrai, qui sont des noms de héros. Ils méritent de figurer, rayonnants (le gloire, sur le tableau d'honneur qui fut bien nôtre et sur lequel vous pouvez jeter, d'ores et déjà, un regard plein d'orgueil.

« J'ajouterai que, pour rendre un suprême hommage à ceux de nos Collègues qui ont glorieusement péri pour le pays, votre Comité de direction a décidé de faire suivre leur nom, sur les annuaires du Club, de Ll mention « Mort au champ d'honneur ».

Il L'Aéronautique au cours des événements tragiques que nous vivons, a joué un rôle considérable ; elle a jendu des services immenses et nous devons être fiers

d'avoir contribué au développement de la conquête de l'air. Les efforts des membres de l'Aéro-Club n'auront pas été vains et si, parfois, nous avons subi — nous qui avions la loi — les critiques acerbes et les moqueries des incrédules, le triomphe de notre cause nous permet de l'oublier totalement. Et quelle part active l'Aéro-Club n'a-t-il pas prise aux hostilités en don- nant son entier concours à l'administration de la guerre.

« Pendant le conflit européen, bien plus encore qu'en temps de paix, nous avons à remplir le devoir de solidarité. L'Aéro-Glub ne s'est pas dérobé à cette obligation sacrée. Nous avons directement accordé le plus grand nombre possible de secours matériels. La générosité de notre collègue Sir David Salomons, nous a aidé à remplir cette délicate mission. De son côté, notre Caisse de secours de l'Aéronautique, en distribuant de nombreux subsides, a étendu de son mieux son action bienfaisante. La misère, hélas ! profitant des circonstances actuelles cherche a augmenter le nombre de ses victimes.

« Malgré les difficultés de l'heure présente, nombreux sont nos sociétaires qui ont tenu à rester fidèlement groupés autour du drapeau de l'Aéro-Club ; ceux-là ont compris que nous apportons à la défense nationale un concours apprécié avec bienveillance par l'Autorité militaire. En votre nom, je leur adresse l'assurance de notre sincère reconnaissance.

« D'un commun accord, les membres de votre Comité de direction décidaient, le 3 décembre dernier, la radiation d'office des membres allemands et austro-hongrois.

Mais, en même temps, sur la proposition de notre dévoué secrétaire général, M. Georges Besançon, ils décidaient d'admettre parmi nous, et à titre temporaire, les membres des Aéro-Clubs et les pilotes des nations alliées. Ce sont là deux mesures que certainement vous approuverez à l'unanimité.

« L'ordre du jour comprend le renouvellement du tiers sortant des membres du Comité de direction. Je suis chargé de vous faire part du vif désir que manifeste votre Comité, en vous priant, mes chers Col- lègues, de voter pour la liste des membres sortants sans y apporter aucune modification. Nous témoignerons ainsi notre estime à ceux de nos Collègues qui sont les éléments actifs de notre Association et que l'accomplissement glorieux de leur devoir militaire retient en ce moment loin de nous. Je connais trop, Messieurs, la sagesse et les nobles sentiments qui vous animent pour ne pas être certain que vous partagerez l'avis des membres de votre Comité. J'ajouterai que, conformément aux Statuts, lors de la prochaine réunion du Comité, le 6 mai, nous nous occuperons de la nomination du Conseil d'administration, renouvelable, comme vous vous le rappelez, tous les deux ans. Mais un grand nombre de nos Collègues est aux armées, aussi procéderons-nous uniquement à la prorogation des pouvoirs des membres en exercice sans apporter d'autres modifications. A la fin des hostilités, on renouvellera les pouvoirs, car alors la majorité des membres du Comité — espérons qu'ils y seront tous — pourra prendre part aux délibérations.

« Laissez-moi maintenant remercier, en votre nom et au mien, notre secrétaire général, M. Georges Besançon, dont l'activité et le dévouement sont inlassables. Il assume cette année une lourde tâche, mais le travail ne lui fait pas peur et il consacre avec joie aux intérêts de notre Club, tout son zèle, toute son intelligence.

« Merci de tout cœur à nos Collègues qui donnent avec tant de dévouement leur temps aux travaux de nos diverses commissions dont l'œuvre est si féconde « Avant de donner la parole à notre secrétaire général, je voudrais vous rappeler, mes chers Collègues, l'idéal qui nous a soutenus depuis la fondation de notre Club.

« Nous avions rêvé de voir en l'aérostation et l'aviation, la blanche colombe portant par le Monde le rameau d'olivier, permettant ainsi le rapprochement des peuples, et, aujourd'hui, ce n'est pas sans un serrement de cœur que nous avons vu nos rêves s'envoler parmi les sanglantes horreurs d'une guerre qui nous a été imposée, d'une guerre d'autant plus atroce que tous les moyens de destruction, aussi abominables soient-ils, y sont employés par nos implacables ennemis.

« Cependant, au milieu de cette gigantesque et ef-


froyable lutte, la part prise par nos Oiseaux de France dans la Défense Nationale est devenue considérable. Ils ont contribué à nous apporter la confiance, et nous avons la joie profonde de constater que, grâce à l'habileté de ses vaillants chefs, à l'intrépidité et à la hardiesse de nos pilotes, grâce, enfin, aux éminents services rendus par nos constructeurs, no- tre cinquième arme, devenue si précieuse pour la Défense Nationale, conserve toujours à notre France la maîtrise de l'air.

« C'est ainsi, mes chers Collègues, que notre Club aura pu collaborer au salut et à ta. victoire de notre Patrie.

« Il n'est personne qui doute du succès de nos armes et des armes de nos alliés. La juste cause triomphera et nous la verrons enfin établie la paix profonde, la paix durable, fondée sur le droit, à la: faveur de laquelle notre idéal, voilé pour un moment, rayonnera pour toujours dans la splendeur des cieux purifiés. »

Le. secrétaire général, M. Georges Besançon., donne lecture de son rapport annuel, souvent interrompu par de chaleureux applaudissements, et le président, au nom de l'Assemblée tout entière, lui adresse ses plus vives félicitations et ses remerciements.

Ce rapport est publié dans le présent numéro de l'Aérophite (page 101), sous le titre : « l'Année Aéro- nautique 1914 et l'Aéro-Club de France p.

M. Maurice Mallet, trésorier intérimaire, donne lecture du rapport financier et au bilan pour l'année 1914 ainsi que du projet de budget pour 1915. Les chiffres présentés par le trésorier sont adoptés à l'unanimité.

Le président adresse des remerciements de l'Assemblée à M. Mallet qui, malgré les multiples occupations auxquelles il doit faire face en raison des circonstances actuelles, n'en consacre pas. moins toute son activité et son dévouement à la gestion financière du Club.

Le chef intérimaire du secrétariat donne alors lecture de la liste des membres admis depuis la précédente assemblée (27 mars 1914), dont la nomination est ratifiée à main levée.

La mesure prise par le Comité de Direction, dans sa séance du 3 décembre dernier, radiant du Club les membres appartenant aux nations ennemies, est ratifiée à l'unanimité.

Par acolamation, l'Assemblée générale ratifié l'élec- tion, comme membre du Comité de Direction, du comte Honoré de Lareinty-Tholozan, élu le 7 mars 1914.

.L'Asseinblée,'par agdeamati-an et à l'unanimité, re- nouvelle les pouvoirs du tiers sortant des membres du Comité de Direction : MM. Ernest Barbotte, Georges Besançon Maurice Bienaimé, Emile Carton, comte de Chardonnet, Henry Deutsch de- la Meurthe, René Grosdidier, Georges Juchmès, Henri Julliot, comte Charles de Lambert, marquis Jules de Lareinty-Tholozan, comte Henry de la Vaulx, Georges Le Brun, Auguste Nicolleau, Albert Omer-Decugis. Georges Prade, Paul Rousseau, Alberto Santos-Dumont, Edouard Surcouf.

Le comte de Chardonnet, se faisant l'interprète de l'Assemblée, exprime au président la sincère reconnais- sance de chacun pour l'éminente direction et le géné- reux concours qu'avec une inlassable énergie il ne cesse d'apporter à l'œuvre de l'Aéro-Club de France.

La séance est levée à 18 h. 50.

-. COMITÉ DE DIRECTION Du 6 mai 1915 Présents : MM. Georges Besançon, Georges Blanchet, le comte de Chardonnet, Henry Deutsch de la Meurthe, Dubois Le Cour, le commandant Ferrus, Etienne Giraud, F.-S. Lahm, Maurice Mallet, Auguste Nicolleau.

Excusés : Nos collègues actuellement aux armées : MM. Jaçques Balsan, Ernest Barbotte, L. Barthou, M. Bienaimé, le comte de Contades Gizeux, E. Dubonnet, Imbrecq, G. Juchmès, H. Kapfetrer, E. de Kergariou le comte de La Vaulx, H. de Lareinty Tholozan, J. de Lareinty-Tholozan, Alfred Leblanc, Georges Le Brun, A. Omer Decugis, P. Perrier, René Quinton, E. Surcouf, P. Tissandier, et MM. René Grosdidier.

H. Julliot, J. Schneider, Pean de Saint-Gilles.

Condoléances. — Au début de la séance, le président

fait part au Comité du décès de M. Léon Aumont Thieville, père de notre regretté collègue Jacques Aumont Thieville, .qui trouva une mort ai tragique, en 1913, à bord du ballon Le Zodiàc.

Il signale la mort de M. Simond Marchand, qui faisait partie du Club depuis plusieurs années, et dit com- bien notre collègue M. Joseph Maurel a été douloureu- sement éprouvé ces temps derniers : en l'espace de quelques jours, son fils André Maurel, capitaine au 15e régiment de dragons, et son petit-fils Henri Maurel, sous-lieutenant au 1er régiment de dragons, sont tombés au champ d'honneur.

Le Comité renouvelle aux familles frappées si cruellement, l'assurance de ses bien vives et sincères condo- léances.

Tableau d'honneur. - Le président, en faisant part au Comité de la mort glorieuse du sergent André François, qui tomba face à l'ennemi en entraînant ses nommes à l'assaut d'une tranchée allemande qui fut prise, donne lecture d'une lettre adressée à Mme Fran- çois par le colonel de son mari.

Le président annonce la nomination dans l'ordre de la Légion d'honneur, de notre collègue Henri-Adrien Alcan, lait chevalier, déjà cité à l'ordre du jour et récemment promu au grade de lieutenant.

Au titre Avration militaire, la médaille militaire a été décernée à notre collègue Grandjean, tout dernièrement promu adj udant.

Dans les récentes promotions, le président est heureux de citer les noms de nos collègues : MM. André Risler, de Clercq, Dunoyer de Segonzac et du marquis Jules de Lareinty-Tholozan, promus capitaines.

Jean Conneau, plus connu sous le pseudonyme de Beaumont,. promu lieutenant de vaisseau.

Louis Royer, promu sous-lieutenant.

Sont cités à l'ordre du jour : MM. Jacques Moreau et André Risler.

A chacun, le Comité adresse ses plus sincères félicitations.

M. Henry Deutsch de la Meurthe signale au Comité la nomination au grade de Chevalier de l'Ordre de Léopoid, de M. René Quinton, pour le courage et le dévouement dont il a fait preuve en sauvant des archives et des objets de valeur à Ypres et à Nieuport.

A l'unanimité, le Comité renouvelle à M. Quinton ses plus chaleureuses félicitations.

Le Comité adresse aussi tous ses compliments à M. le baron de ~Zuylen de Nyevelt, notre président d'hon- neur, président de l'Automobile-Club de France, qui reçut de Sa Majesté l'Empereur de Russie, la décoration avec plaque de l'Ordre de Saint-Stanislas en récompense des éminents services qu'il a rendus depuis vingt ans à la causé de l'automobile.

Correspondance, - Le secrétaire général donne lecture au Comité des lettrés, de remerciements de MM.

Louis et Léon Barthou, Paul Zens, Rodolphe Soreau, René Grosdidier, Julliot.

M. Georges Besançon donne ensuite lecture d'une très intéressante lettre du marquis Jules de LareintyTholozan.

En adressant ses meilleurs vœux au marquis Jules de Lareinty-Tholozan, le Comité lui renouvelle l'expression de Ses cordiales félicitations.

Ballottage et admissions. — Il est procédé au scrutin de ballottage de MM. Alfred Vigin, Ardouin Dumazet, Jean Durand, Louis Ba.b::n, qui, a l'unanimité, sont élus membres titulaires de l'Aéro-Club de France.

Congés. — Le Comité accepte la demande de congé pour l'année 1915, faite par M. Finet Ernest, et celle •'.dp M. le lieutenant Bouilloux-Lafont.

Brevets de pilote. — Sont ratifiés aux fins d'homolo- gation de nombreux brevets de pilotes-aviateurs.

Renouvellement des pouvoirs du Conseil d'adminis- tration. - Conformément à l'art. 5 des statuts, les pouvoirs des membres du Conseil d'administration élus en 1913 étant, expirés, la Comité s'inspirant de ses résolutions en date du 1" avril et de la déclaration faite par le président de l'Assemblée générale du 29 avru, décide de proroger purement et simplement les pouvoirs des membres du Conseil en exercice.


- Questions diverses, — Le secrétaire général fait. part au :Gomité du vœu qui nous est soumis par notre collègue Me Imbrecq, actuellement sur le front, qui s'inspirant du patriotisme et de la générosité de chacun demande : « Que l'Aéro-Club de France s'efforce de savoir. comment sont traités les aviateurs français prison- niers en Allemagne et en Autriche, et, sy y a lieu, qu'il fasse lui-même, ou fasse faire par la Fédération Aéronautique Internationale, les démarches voulues peur que les aviateurs faits prisonniers soient traités avec humanité et avec les égards qui leur sont dus. »

Après une discussion à laquelle prennent part MM, GiI:ld, Besançon, le comte de Chardonnet. et le préGiraud, Besonçon, le com de s'occuper. de l'intéressante sifient, le question posée par Me Imbrecq en priant la Suisse de bien vouloir se charger de l'enquête.

- Vade-mecum. — M. Georges Besançon fait part au Comité que de nombreux exemplaires du vade-mecum nous ont été demandés récemment. Il y aurait lieu dé faire éditer un nouveau-Guide de l'Aviateur Militaire en tenant compte des modifications apportées dans le matériel d'aviation. La proposition est adoptée à l'unanimité par le Comité, Membres temporaires. — Le secrétaire général fait connaître au Comité que MM. le lieutenant-colonel Bryan-Leighton, M. le major Ramsay, le capitaine R.

Grivia, les lieutenants Porter. Sison, Drury, Greenwood, Cyril F. Lan Davis, ont été admis à titre de membres temporaires.

DONNEZ DE VOS NOUVELLES

A tous ceux dont nous n'avons pas encore de nouvelles, nous-faisons un pressant appel. Qu'ils nous disent où ils sont, ce qu'ils font. Cela nous permettra par l'envoi de l'Aérophile et de circulaires spéciales, de les renseigner eux-mêmes sur ce que deviennent leurs collègues et leurs amis. ',..

LES NOTRES AU TABLEAU D'HONNEUR .- D'autre part, nous donnons sous le titre « Tableau d'Honneur de l'Aéronautique Militaire », les noms de nos membres qui, appartenant à la cinquième arme, ont été décorés ou cités à l'ordre du jour à l'occasion de faits de guerre..

MORTS AU CHAMP D'HONNEUR

André François, sergent, tué en conduisant ses hommes à l'attaque d'une tranchée, allemande qui fut prise.

LÉGION D'HONNBUR

Henri-Adrien Alcan, lieutenant, nommé Chevalier.

Georges Jousselin, commandait, nommé Chevalier.

MÉDAILLE MILITAIRE Grandjean, adjudant aviateur.

PROMOTIONS AU GRADE DE CAPITAINE : MM. André Risler, artillerie.

De Clercq, aviateur.

Dunoyer de Segonzac, aéronautique.

Jules de Lareinty-Tholozan, aviateur.

Louis Paulhan, aviateur.

AU GRADE DE LIEUTENANT DE VAISSEAU: M. Jean Conneau (en aviation : André Beaumont) AU GRADE DE LIEUTENANT : M. Henri-Adrien Alcan.

AU GRADE DE SOUS-LIEUTENANT : M. Louis Royer.

AU GRADE D'ADJUDANT : M. Grandjean, pilote-aviateur.

CITATIONS A L'ORDRE DU JOUR MM. Jacques Moreau.

Henri-Adrien Alcan.

André Risler.

DISTINCTION HONORIFIQUE M. René Qaiffiton, chef d'escadron, a été nommé, le 28 novembre 1914, Chevalier de l'ordre de Léopold, pour le courage et le dévouement dont il a fait preuve en sauvant des archives et objets de valeur à Ypres et à Nieuport.

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DONS AUX TROUPES DE L'AÉRONAU'!IQUE., -

(Voir l'Aérophile des 1er-15 février, 1er-15 mars 1-15, avril 1915.) Mlle Saint-Bourgeois : 1 chandail.

- < Mme Caron : 2 ceintures laine.

Mme M. E. : 4. paires gants, 6 passe-montagnes.

Anonyme : 1 paletot loutre..

- Mme -Foucher ; 1 cache-nez.

Mme-Daudin : .30 francs.. > - Mme- Sière: 2 paires semelles, 3 paires chaussettes, 1 passe-montagne, 1 ceinture molleton, 2 gilets. Mme Bourdon : 10 paires chaussettes.

Mmes. Esriieil, Chassaigne : 1 paletot fourrure, 1 pèlerine fourrure, 1 gilet fourrure, 1 boléro fourrure, 3 cols fourrure.

La générosité de nos collègues nous a permis cet hiver de faire de nombreux envois se répartissent ainsi : 75 plastrons de fourrure ; -9 paletots de fourrure ; 8 bonnets de fourrure ; 3 pèlerines de fourrure ;1 pantalon de fourrure ; 2 gilets de fourrure ; 5 couvertures de - fourrure ; 6 - c,&s -de - foulure ; 10 paires bottes fourrées *,- 35' chandails ; 116 passe-montagnes : 1l paires nioMetièrea; 1 paire snow-bootis.; 26 - gilets de 'laine';' 15 paires mitaines ; 76 cache-nez; 89 paires chaussettes ; 14 paires genouillères ; 1 pardessus drap ; II vestons drap ; 2- bonnets drap ; 1 gilet cuir ; 51 plastrons molleton ; 23 paires gants laine ; 2 gilets fla- nelle;18 ceintures laine ; 15 caleçons; 6 capuchons cuir. -., Un ervvoi très important ayant été adressé aux aviateurs militaires belges, la Stella a eu l'honneur et la grande joie de recevoir du secrétaire des vaillants sou- verains de la Belgique héroïque, la lettre suivante qui témoigne de la Bienveillante considération accordée par la noble souveraine à l'œuvre de la Stella.

, « Mesdames, - , « J'ai l'honneur de vous remettre sous ce pli la lettre que le service de l'Aviation Militaire vient de m'adresser.

« La Reine, qui à eu connaissance de votre gracieuse intention, vous remercie vivement de vos sentiments généreux et sera heureuse de distribuer Elle-même le?

dons que vous voulez bien offrir à nos aviateurs.

« Agréez, je vous prie, Mesdames, mes hommages respectueux. « Le secrétaire : INGENBLEEK. »

,

PETITES NOUVELLES L'aéronautique et le Conseil municipal. — Par un décret en date du 30. mars 1915, le Président de la République homologua la délibération, en date du 31 décembre 1913, par laquelle le Conseil municipal de Paris a décidé d'accorder à des voies publiques les dénominations de capitaine Ferber, capitaine Mar-

chal, adjudant Réau, Alphonse Penaud, Etienne Marey, Pierre Mouillard, Géo Chavez, Jean Chauré, Octave Chanute. A propos des pertes prussiennes. — Cinq nou- velles listes de pertes prussiennes viennent d'être publiées, comprenant 31.336 noms de tués, blessés ou disparus, ce qui porte le total des pertes prussiennes à 1.164.427 hommes.

Dans les dernières listes on relève les noms de 15 aviateurs tués, 11 blessés, 14 disparus, auxquels il faut joindre deux officiers saxons et un bavarois qui font partie des services d'aviation et qui n'ont pas ,J'("')int leur camp d'attache.

Aviateurs allemands prisonniers. - Dans un convoi de blessés allemands arrivés récemment à l'hô- pital Saint-Mandrier, à Toulon, se trouvait l'aviateur allemand Ferdinand .Hiddessen, du 24e dragons, faisant partie de l'escadrille de Metz. Hiddessen, alors qu'il appartenait à l'escadrille d'Ostende, participa, en août et septembre, aux tentatives aériennes contre Paris.

Le Directeur-Gérant : G. BESANÇON.


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