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Title : L'Architecture. Bulletin publié par la Société centrale des architectes pendant la durée de la guerre

Author : Académie d'architecture (France). Auteur du texte

Publisher : (Paris)

Publication date : 1918-08

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : French

Format : Nombre total de vues : 1678

Description : août 1918

Description : 1918/08 (N8,A1918)-1918/09 (N9,A1918).

Description : Collection numérique : Documents consacrés à la Première Guerre mondiale

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k6534925d

Source : Bibliothèque nationale de France, 2013-96237

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32700910n

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 01/08/2013

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L'ARCHITECTURE

Bulletin publié par la

SOCIÉTÉ CENTRALE DES ARCHITECTES

Pendant la durée de la Guerre.

Il

La Société Centrale est étrangère à toute question de publicité, d'annonce ou de réclame.

*

or.

Tous les articles sont publiés sous la responsabilité personnelle de leurs auteurs.

*

AOUT-SEPTEMBRE

SECJ{ÉTA7(1AT de la NEDACTION : 8, RUE EAATCJV Pendant l'absence du Secrétaire de la Rédaction, mobilisé, t.utq communications doivent être adressées à M. LAFOLLYE, Se^étaire du Ciaiti dj Journal, 7. rue Richepanse (vin*).

ADMINISTRATION : LIBRAIRIE CH. MASSJN SI, Rc dcs Écolcs, 5i PARIS


L'ENTREPRISE FRANÇAISE Quelques-uns de nos confrères se sont alarmés de voir figurer sur la couverture de notre journal l'annonce de l'Entreprise française et ils ont exprimé la crainte que cette institution ne fùt contraire aux intérêts de notre corporation. La lecture de l'exposé qui est en tête de cette annonce aurait cependant dû les rassurer; mais, afin d'éviter tout malentendu, toute équivoque à ce sujet, des explications plus complètes, plus décisives, ont été demandées au président de l'Association, M. Lyon-Lévy, et voici sa réponse : LE COMITÉ DU JOURNAL

Paris, le 10 août 1918.

Monsieur le Président, Vous avez bien voulu, dès la création de l'Entreprise française, lui accorder l'hospitalité de votre Journal pour une publicité que vous croyiez devoir faire à un Consortium d'entrepreneurs, qui s'était constitué principalement en vue du relèvement des régions dévastées, à un moment où les multiples problèmes soulevés par la reconstruction des départements envahis ne semblaient pas encore être l'objet des préoccupations générales.

Depuis, ce Consortium a considérablement augmenté ses moyens d'action, et je me fais un devoir de vous communiquer la liste des vingt-trois maisons qui le composent actuellement.

Vous savez ce que valent ces maisons qui sont parmi les plus sérieuses et les plus honorables deMa place de Paris, tant au point de vue technique, que des garanties que la réunion de leurs moyens peut donner à MM. les architectes qui voudront leur confier l'exécution de leurs travaux.

Afin d'éviter toute équivoque, nous tenons encore à définir, comme nous l'avons spécifié dans une lettre que nous avons adressée à M. le Président de la Société des Architectes diplômés par le Gouvernement, les idées directrices de notre Consortium.

« Rester strictement dans le rôle de l'Entreprise.

« Ne jamais se substituer à l'Architecte, au Maître de l'Œuvre, mais « être son collaborateur.

« Mettre à sa disposition (et devant l'énormité des ruines à relever en « obtenant par le groupement le maximum de rendement) toutes les pos« sibilités d'action en même temps que les possibilités financières.

« Notre groupement s'est aussi donné pour but principal, l'entente avec « les entrepreneurs des régions dévastées afin que ceux-ci trouvent en « l'Entreprise française, non un concurrent, mais une société mère, à « même de leur fournir les éléments, qui, livrés à eux-mêmes, leur feront « fatalement défaut. »

Veuillez recevoir, Monsieur le Président, l'expression de notre profond dévouement.

Le Président délégué, E. Lyon-LÉVT.


L'ARCHITECTURE

Bulletin publié par la

SOCIÉTÉ CENTRALE DES ARCHITECTES Pendant la durée de la Guerre.

AOUT-SEPTEMBRE

AU CHAMP D'HONNEUR

Tués glorieusement à l'ennemi.

M. MÉNISSIER (M.), élève de M. V. Laloux. - (Cité à V Ordre du jour.) M. JASSON (A.), élève de M. V. Laloux.

M. CROCKER (A.), élève de.M. Héraud.

M. DELAGRANGE (E.), élève de M. Paulin.

M. DASTÉ (R.), élève de M. V. Laloux.

M. TESTARD (Maurice), élève de M. Deglane, sous-lieutenant du génie, chevalier de la Légion d'honneur, décoré de la Croix de guerre.

Citations, nominations, promotions.

M. GROSCH (Paul) (Atelier Redon), sous-lieutenant de réserve à l'état-major de génie de la .e division d'infanterie : « Officier d'un dévouement absolu, s'est bravement comporté à la tête d'une section, pendant les journées du au octobre 191., à la bataille de Grièvement blessé le 191. ». (Ordre de la Division.) M. GUMPEL (Georges) (Atelier André), capitaine au régiment Infanterie : a Officier plein d'allant et d'entrain. A exercé à plu-


sieurs reprises le commandement de son bataillon. A fait preuve en ces circonstances des plus belles qualités militaires, de courage et de sang-froid. Chargé de faire exécuter un coup de main le ., l'a rapidement et minutieusement préparé; en a assuré l'exécution avec une précision qui a assuré son plein succès ». (Ordre de la Division. )

M. REBUT (Maurice) (Atelier Bernier), sous-lieutenant au .e régiment de marche de la Légion étrangère : « S'est magnifiquement conduit pendant l'attaque du 191.. Parti à l'assaut d'un élan superbe, a vigoureusement entraîné sa section dans un bois fortement défendu, sous un feu de mitrailleuses violent et meurtrier.

Appelé à prendre le commandement de sa compagnie, s'est employé avec la plus grande activité à consolider la position conquise qu'il a maintenue, brisant toutes les contre-attaqnes de l'ennemi ». (Ordre du Corps d'armée.) M. TESTARD (Maurice), sous-lieutenant du génie : « Jeune officier plein d'entrain. Ayant pris ses fonctions en pleine action le au

191. ; a assuré la direction des travaux de communication dans un secteur d'attaque avec un courage et un mépris du danger remarquables; assurant des reconnaissances et les mises en chantier sous de très violents bombardements, et a obtenu le rendement le meilleur ». (Ordre de la Division.) M. HKRSCHER (Ernest), S. A. D. G., lieutenant à l'E.-M. du P. A. 31, 131E régiment d'artillerie lourde : « Officier très dévoué, sur le front depuis 1915, a toujours fait preuve d'un courage et d'un sang-froid remarquables, notamment en Woëvre et sous Verdun où il a exécuté de nombreux ravitaillements, tant en munitions qu'en matériaux, à des batteries constamment bombardées. Toujours volontaire pour les missions les plus dangereuses, en particulier à ., où, sous un feu violent, il est allé aux premières tranchées d'infanterie récupérer des munitions et du matériel abandonnés ». (Ordre du jour de la Brigade.) M. GEAY (Henri), sous-lieutenant, section T. M. 609 : « Officier de la plus haute valeur morale. N'a cessé de se distinguer par son 'entrain et sa bravoure. Toujours volontaire pour les reconnaissances à faire dans les zones battues par le feu. Chargé le 28 mai 1918 d'assurer l'évacuation d'une ville menacée par l'approche de l'ennemi, s'est acquitté de cette mission avec le plus complet mépris du danger, est parti le dernier après s'être assuré, sous le feu des mitrailleuses ennemies, que toute la population avait été évacuée ».


M. MAZET (Henri), lieutenant E.-M. : « Officier très énergique, venu sur le front sur sa demande, quoique desservi par une santé souvent précaire; a toujours fait preuve de la plus courageuse énergie et du plus absolu mépris du danger en dirigeant, d'une manière parfaite, dans un secteur très difficile, sous le feu des mitrailleuses et de l'artillerie ennemies, les travaux d'une compagnie territoriale dont le rendement a excité l'admiration du commandant du génie du secteur, son directeur technique, et de tous ses chefs». (Ordre de la Division.) M. FEUILLARD (Robert), sous-lieutenant au 334e R. A. L. : « Jeune officier qui s'est fait remarquer en toutes circonstances par son courge et son mépris du danger. S'est porté le 29 mai 1918 dans les lignes d'infanterie pour observer les tirs du groupe. N'a quitté son Poste qu'au moment où il allait être abordé par l'ennemi ». (Ordre du Régiment.) M. GAUTHIER, A.P.L. du 2e régiment du génie, compagnie 11 T.

(Montpellier), rentré au dépôt pour raison d'âge, après quarante et un mois de front. Promu lieutenant le 1er mai 1917 : « Dégagé de toute obligation militaire, s'est engagé volontairement, à cinquantetrois ans, pour la durée de la guerre ; a servi pendant plus de trois années avec un dévouement absolu; en particulier s'est fait remarquer le 20 septembre 1915, à Tilly-sur-Meuse, où il a montré le plus grand mépris du danger ». (Deuxième citation à l'ordre du génie de la 67* Division.) LE CHEVALLIER (Frédéric), élève de l'atelier Paulin, sergent-major : « Le 27 mai, isolé de ses officiers, a fait preuve d'initiative heureuse, d'autorité et d'un grand sang-froid en ramenant sous un feu des plus violents le parc de la compagnie, qui put ainsi échapper à l'ennemi ».

Le sergent LEFOL (Gaston), de la Section technique de l'aéronautique militaire, est nommé sous-lieutenant au 598 régiment d'artillerie. Est maintenu dans ses fonctions actuelles à la S. T. Aé.

Nous avons le regret d'apprendre la mort de M. ROBERT COLLE, sergent fourrier au 217e d'infanterie, décoré de la Croix de guerre, décédé des suites de ses blessures.

M. Robert Colle était le fils de notre confrère Achille Colle, membre de la S. C.


NÉCROLOGIE

E. PLOIX (1878-1918).

Nous apprenons la mort de l'un de nos nouveaux membres non résidants, M. E. Ploix, architecte à Épernay, décédé à Cuis (Marne), le 28 juin 1918, dans sa quarante et unième année.

Notre collègue était venu à notre Assemblée générale du 27 février dernier recevoir sa médaille et son diplôme d'admission.

Fils d'un maître charpentier d'Épernay, il fit de bonnes études dans cette ville où il fonda un cabinet et où il fut professeur de l'enseignement technique; il était inspecteur des travaux du nouvel Hôtel de Ville d'Épernay, que construit notre confrère M. L. Chifflot, et secrétaire de la Société des Architectes de la Marne.

Il est mort des suites des fatigues courageusement supportées pendant son séjour aux armées.

Nous avons adressé à sa veuve et à son fils l'expression de nos plus sympathiques condoléances pour la perte de cet excellent et dévoué confrère. J. A.

ANDRÉ LACAU (1871-1918).

Depuis le commencement de cette horrible guerre, la mort a fauché largement dans nos rangs ! Beaucoup de nos anciens et chers camarades ont disparu, laissant derrière eux de profonds et unanimes regrets! Mais s'il est infiniment triste de voir se creuser tant de vides parmi ceux que de longues années de fréquentation, d'efforts et de travaux faits en commun nous ont appris à estimer et à affectionner, combien n'est-elle pas encore plus douloureuse cette disparition soudaine d'hommes encore

jeunes, intelligents, laborieux, que nous nous étions accoutumés à considérer comme les successeurs de notre génération et les dignes continuateurs des œuvres qui font l'honneur de notre Société! Combien n'est-elle pas poignante cette séparation inattendue, alors qu'il nous semblait que la mort n'ayant pu les abattre sur les champs de bataille, malgré les glorieuses blessures qu'ils y avaient reçues, avait renoncé à les prendre 1


André Lacau était de ceux-là. Grièvement blessé par des éclats d'obus et intoxiqué dans son poste d'observation, il avait été renvoyé dans ses foyers, pour blessures de guerre, après un an de souffrances, au cours duquel il avait subi de multiples et douloureuses opérations. D'une modestie égale à son mérite, il avait repris simplement sa place parmi nous et si nous n'avions connu sa vaillante conduite, si le ruban de la Croix de guerre qui ornait discrètement sa boutonnière n'en avait témoigné, nul n'aurait soupçonné qu'il avait à ses côtés un de ces héros qui font tant d'honneur à notre chère Patrie, et disons-le aussi, à notre corporation!

Il a suffi, hélas! d'un surmenage et d'un retour d'intoxication pour achever la tâche meurtrière que les obus et les gaz phosphoreux avaient commencée.

Né en 1871, André Lacau, après de brillantes études à RocroySaint-Léon et Condorcet, était entré à l'atelier Redon et avait été reçu à l'École des Beaux-Arts en 1892. En lre classe en 1895, il y avait conquis deux premières médailles et avait été diplômé en 1898.

Peu de temps après, il était devenu le collaborateur de son père, notre cher et distingué confrère, L. Lacau, et depuis ce moment ils n'avaient pas cessé de travailler côte à côte. Pendant cette longue et cependant trop courte collaboration à laquelle A. Lacau prit • chaque jour une plus large part, ils firent exécuter de nombreux travaux, parmi lesquels nous citerons la transformation du GrandHôtel sur la rue Scribe ; l'immeuble du 23, rue Royale, l'aménagement très spécial du restaurant Weber dans cet immeuble ; la maison 1, avenue Niel; l'installation frigorifique de la Bourse de Commerce, l'usine Chaboche, l'usine Jomain, l'usine Cubain; les annexes de la maison des Petites Sœurs des pauvres, 13, rue Philippe-de-Girard; une intéressante chapelle de secours à Auteuil; des villas, etc.

Et c'est au moment où notre regretté confrère, mûri par l'âge et les enseignements d'un père dont nous connaissons tous la grande valeur professionnelle, aurait pu donner de nouveaux et solides gages de son talent, que la mort l'a brutalement enlevé aux siens et à ses amis !

En nous inclinant profondément devant cette tombe si prématurément ouverte, nous savons être l'interprète de tous nos camarades en assurant sa famille éplorée de la sincérité des sentiments de condoléance infiniment émus et sympathiques que nous lui offrons et auxquels nous ajoutons en particulier pour son cher père, si estimé de tous nos confrères, l'expression de notre vive affection.


Puisse-t-elle adoucir dans son cœur l'amertume de la cruelle épreuve que la Providence lui a imposée! CH. Dupuy.

HENRI CHASSIN (1840-1918) Nous apprenons le décès de M. Henri CHASSIN, entrepreneur de travaux en ciment, ancien maire du XXe arrondissement, chevalier de la Légion d'honneur. M. H. Chassin avait obtenu la médaille de la S. C. décernée aux entrepreneurs; il était particulièrement estimé de beaucoup de confrères de Paris et des départements, pour lesquels il avait exécuté d'importants et nombreux ouvrages de sa spécialité.

E. D.

PARIS SOUS LE BOMBARDEMENT

VISITE DES IMMEUBLES ATTEINTS

En raison de l'intérêt que présentent, au point de vue technique, les effets des bombardements sur les maisons parisiennes, les Commissions techniques de la S. C. ont demandé à M. Vaillant de bien vouloir se charger de visiter ceux des immeubles atteints que nos confrères voudront bien lui signaler. En conséquence, prière à nos confrères qui ont des immeubles atteints dans leur clientèle et que la question intéresse d'envoyer à M. Vaillant, à la S. C., des autorisations de visiter.

LE « GUIDE DU SINISTRÉ ))

Ainsi que le Temps l'annonçait, le 14 juillet, dans le dernier article publié sur le bombardement de la région parisienne, une notice, due à la collaboration des Services techniques du Ministère du Blocus et de la Préfecture de la Seine, vient d'être établie, dans le but de renseigner exactement les sinistrés sur ce qu'ils doivent faire lorsqu'ils subissent des dommages résultant de l'explosion d'une bombe en cas de raid de gothas - ou d'un obus, s'il s'agit d'un bombardement par « Berthas ».

Cette notice constitue une sorte de vade-mecum à l'usage des Pari-


siens, afin que chacun d'eux sache ses devoirs et ses droits quand une torpille tombe sur son immeuble ou seulement à proximité.

Telle qu'elle a été rédigée, cette notice, fort simple, est extrêmement condensée. Il faudra donc en peser soigneusement tous les termes.

Elle est un « avis aux propriétaires et locataires dont les immeubles ou locaux d'habitation, de commerce ou d'industrie ont subi des dommages matériels par suite des bombardements ennemis ». En voici la substance : « Si les bombardements ennemis ont causé à votre maison, votre logement, votre boutique ou vos ateliers des dégâts dont la réparation s'impose d'urgence, pour que vous puissiez continuer à habiter votre logement ou à exercer votre profession : Présentez-vous à la mairie de votre arrondissement; demandez et remplissez une formule de demande d'avance.

Vous recevrez quelques jours après, de la préfecture de la Seine, l'autorisation d'exécuter aux frais de l'État les travaux qui auront été reconnus indispensables par des agents de l'Administration.

Dès que ces travaux auront été exécutés, le prix en sera payé, après vérification des mémoires, soit à vos entrepreneurs, soit à vousmême.

Une avance pourra également vous être faite pour l'achat d'objets mobiliers de première nécessité.

L'avance ainsi consentie étant limitée aux travaux urgents et indispensables ou à l'acquisition d'objets mobiliers de première nécessité, vous aurez, en outre, la faculté de déposer à la mairie une demande d'indemnité pour dommage de guerre. Cette demande fera l'objet d'un examen dans les conditions prescrites par la loi.

La présente notice a pour objet de préciser les conditions dans lesquelles les sinistrés peuvent obtenir les diverses facilités ci-dessus et assurer, de la façon la plus efficace, la prompte remise en état des locaux réparables et la sauvegarde de leurs intérêts.

Tous renseignements complémentaires vous seront d'ailleurs fournis à la mairie de votre arrondissement. »

Suivent quatre paragraphes consacrés : » 1° Aux demandes d'avance pour les travaux ; 2° A la délivrance du papier translucide, du carton bitumé; 3° Aux demandes d'avances pour la reconstitution du mobilier essentiel ; 4° A la déclaration des dommages en vue de leur constatation et leur évaluation; aux demandes d'acomptes sur indemnités évaluées.


Celle notice a été tirée à 5.000 exemplaires. Un certain nombre de ceux-ci ont été remis aux mairies des arrondissements de Paris et des communes du département de la Seine bureaux des dommages de guerre et sont destinés aux sinistrés « à venir ».

Mais la majeure partie des exemplaires a été laissée à la disposition du délégué technique un de nos ingénieurs les plus distingués désigné par le préfet de la Seine pour procéder, après chaque raid, à la visite des lieux atteints.

Les gothas ont-ils effectué, au cours de la nuit, une de leurs habituelles incursions? Dès la première heure de la matinée, le cabinet du préfet communique la liste précise des points de chute à son délégué. Ce dernier se transporte immédiatement aux endroits signalés. Sur les lieux, il se met en rapport avec les sinistrés et leur remet la notice. Il explique et développe les termes de ce court document et donne toutes indications utiles sur chaque cas, pris en particulier; sur les travaux urgents qu'il y aura lieu de faire effectuer ; sur l'établissement des demandes d'avance pour leur exécution, ainsi que pour le remplacement des objets mobiliers détériorés, etc.

Mais le rôle du délégué technique ne doit pas se borner à renseigner et à conseiller les sinistrés. Il a également pour mission de surveiller et de contrôler le fonctionnement des divers services spéciaux dont les représentants doivent également, après chaque raid, se trouver aux endroits qui ont souffert, pour effectuer les travaux de protection et la remise en état d'habitabilité de la première heure, pour enregistrer les demandes de secours urgents, etc.

Le délégué du préfet est donc un aide précieux pour les sinistrés, et la petite notice le vrai « guide parfait ». (Le Temps.)

BAIL A LOYER. - BOMBARDEMENT D'UNE VILLE PAR PIÈCE DE GROS CALIBRE. - RÉSILIATION DEMANDÉE. POSSIBILITÉ DE JOUIR DES LIEUX LOUÉS. - RÉSILIATION REFUSÉE

Lorsqu'il est constaté par les juges du fond qu'un immeuble loué n'est pas devenu inhabitable par le bombardement de la ville, que ce n'est ni la destruction, ni aucun événement équivalent ayant affecté l'immeuble lui-même, qui a empêché le preneur de continuer à y demeurer, que s'il a cessé d'y habiter, c'est par un acte de sa volonté propre antérieur au bombardement et que dans des circonstances de fait identiques une autre personne aurait pu agir différemment, c'est à bon droit que le juge refuse de prononcer la résiliation du bail demandée par le locataire en prétextant que la


jouissance de l'immeuble serait devenue impossible à raison des bombardements par pièces de gros calibre. Aucun événement, en effet, ne s'est ainsi produit mettant le locataire dans l'impossibilité absolue de jouir des lieux loués.

Rejet, au rapport de M. le conseiller Paul Boulloche et sur les conclusions conformes de M. l'avocat général Trouard-Riolle, du pourvoi formé par Mme Veuve Durlach contre un arrêt de la Cour d'appel de Nancy du 28 juin 1917, rendu au profit de M. Grand Gérard.

Cour de cassation (Chambre des Requêtes), audience du 3 juillet .1918. (Gazette des Tribunaux.)

MINISTÈRE DU BLOCUS ET DES RÉGIONS LIBÉRÉES Création d'un Comité consultatif du Contentieux.

RAPPORT AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Paris, le 14 juillet 1918.

Monsieur le Président, L'institution au Ministère du Blocus et des Régions libérées d'un Comité du contentieux, chargé de donner son avis sur toutes les questions d'ordre juridique qui lui seraient soumises, présenterait le plus haut intérêt pour guider et éclairer la décision du ministre dans la solution des questions nouvelles et délicates que soulèvent fréquemment les affaires relevant de ses attributions.

Qu'il s'agisse des questions juridiques ou administratives rentrant dans l'application des mesures de réparation des dommages de guerre ; de l'interprétation des conventions multiples auxquelles les mesures de cet ordre peuvent donner lieu entre les sinistrés et l'État ou ses représentants; des contrats relatifs à la réalisation même de l'œuvre de reconstitution, et de la répercussion que peuvent avoir sur l'exécution de ces contrats soit les événements militaires, soit, d'une façon générale, les conditions résultant des circonstances actuelles, il importe de s'entourer, pour la sauvegarde des intérêts de l'État, comme pour la garantie des solutions de justice ou d'équité à intervenir, de conseils autorisés et de compétences éprouvées.

Tel serait l'objet de la création du Comité consultatif du conten-


tieux qui serait institué par le projet de décret que j'ai l'honneur de vous soumettre.

Si vous voulez bien y donner votre approbation, je vous serais très obligé, monsieur le Président, de revêtir ce projet de votre signature.

Veuillez agréer, monsieur le Président, l'assurance de mon respectueux dévouement.

Le Ministre du Blocus et des Régions libérées, A. LEBRUN.

Le Président de la République française, Décrète :

Art. 1er. Sont nommés membres du Comité consultatif du contentieux au ministère du Blocus et des Régions libérées : M. Th. Tissier, président de section au Conseil d'État; M. Larnaude, doyen de la Faculté de droit de Paris ; M. Berthelemy, professeur à la Faculté de droit de Paris; MM. Ch. Bernier, Jean Labbé, avocats au Conseil d'État et à la Cour de cassation ; M. de Lavergne, maître des requêtes au Conseil d'État; M. de la Lande de Calan, conseiller référendaire à la Cour des comptes; M. Jouasset, inspecteur des finances; MM. A. Bonpaix, C. Flamand, Porée, avocats à la Cour d'appel de Paris ; M. Simette, avoué près le tribunal de première instance de la Seine.

M. Th. Tissier, président de section au Conseil d'État, remplira les fonctions de président.

Fait à Paris, le 14 juillet 1918.

R. POINCARÉ.

APPEL D'OFFRES POUR LA FABRICATION DE MENUISERIES

Le Ministre du Blocus et des Régions libérées a décidé la mise en fabrication immédiate d'une fourniture de menuiseries destinées à la reconstruction des immeubles dans les régions libérées.

En conséquence, il adresse un appel d'offres aux entrepreneurs français susceptibles de se charger de cette fabrication, en vue de traiter de gré à gré, après mise en concurrence des offres présentées.


Les offres sont demandées pour la fabrication de 213 lots, savoir : 10.200 portes extérieures (type 1), en 17 lots de 600 portes chacun;

10.200 portes (type 2), - 21.000 portes intérieures (type 1), en 35 lots de 600 portes chacun; 21.000 portes (type 2), 15.000 fenêtres avec imposte, en 25 lots de 600 fenêtres chacun; 25.200 fenêtres sans imposte, en 42 lots - - 25.200 volets en 42 lots, de 600 volets chacun.

Chaque lot de 600 menuiseries sera exécuté par tiers dans chacune des trois dimensions prévues au cahier des charges.

Un même soumissionnaire pourra présenter des soumissions pour 10 lots au maximum.

Les menuiseries qui font l'objet du présent appel d'offres devront répondre aux spécifications résultant des devis et cahier des charges et des plans qui seront communiqués par lettre aux intéressés sur leur demande tous les jours non fériés, de 10 heures à midi et de 15 à 17 heures, au Service technique de reconstitution des moyens d'habitation, 244, boulevard Saint-Germain.

Les offres seront reçues du 10 au 15 septembre 1918 sous la forme , de fournissions cachetées.

Il y a lieu de signaler que les soumissionnaires ne peuvent être garantis contre la réquisition éventuelle des trois quarts de la production des scieries par le service de l'Inspection générale des bois.

A cet appel sont joints les dessins des types adoptés, auxquels les intéressés sont invités à se conformer. Ces dessins nous ont semblé critiquables, tant au point de vue des formes que des détails d'exécution pour des menuiseries concernant les régions libérées.

Pour les formes : les bâtis, les montants, les traverses sont garnis de ces moulures depuis si longtemps en usage dans les maisons de rapport de la région parisienne, talons, chanfreins arrêtés, etc., dont nous avons toujours souhaité l'abandon au bénéfice de profils simples et appropriés au facile écoulement de l'eau.

N'y a-t-il pas d'autre formule pour une porte que ces divisions en trois panneaux inégaux dans la hauteur? La suppression de toute mouluration inutile, de tout ce faux luxe, ne doit-elle pas être, en ce moment de main-d'œuvre rare, une règle absolue?

Je mentionnerai pour mémoire, dans les dessins, l'oubli presque total des jeux à observer, des espaces à ménager au fond des mortaises, etc.


La bonne proportion, la connaissance de ce qui se fait dans nos provinces, chez nos voisins d'Amérique principalement, grands bâtisseurs de maisons de bois, les règles techniques d'emploi du matériau auraient dû être les seuls guides des auteurs des dessins types adoptés, comme de ceux innombrables qui restent à offrir à l'industrie, et c'est dans ce sens que nous voudrions voir réformer les modèles sur lesquels 124.000 pièces de construction vont être créées, en attendant le reste. G. V.

LES LOYERS

La Chambre des Propriétaires adresse, dans son Bulletin de juin, l'avis important suivant : Les Bulletins de la Chambre des Propriétaires ont fourni le détail des formalités à remplir au 15 juillet pour présenter les quittances et, en cas de refus ou de non-entente, pour saisir les Commissions arbitrales. Des renseignements pris aux sources les plus certaines nous permettent d'affirmer que la chancellerie, et nous lui en savons gré, tient à ce que ces Commissions soient en mesure de fonctionner au plus tôt; les magistrats présidents des Commissions sont nommés, nous en avons la liste que nous publions : 1. erarrondissement, MM. BUGUET; 2e, MARVILLET ; 30, BOMPARD ; 46, BOUCARD; 5e, SCHULER ; 6e, LE BERQUIER ; 7e, DUJARIER ; 8e, MORE ; 9e, HUGOT; 10e, PACTON ; 11E, BRICOUT ; 126; Du PUY ; 13e, GRANDJEAN, Conseillers à la Cour; 14e, BARBIER, Président à la Seine; 15e, JOUSSEAUME; 16e, BERR; 17e, RoTY; 18°, GAZEAU, Conseillers à la Cour; 19e, MESNARD, Président à la Seine; 20e, DRIOUX, Conseiller à la Cour.

Quand propriétaires et locataires seront-ils convoqués? Cela dépendra d'abord du nombre de lettres adressées à MM. les Secrétaires de Commission, de la date de leur envoi, etc. D'après l'article 42, pour la tentative de conciliation, les parties doivent se présenter en personne, sauf le cas d'excuse jugée valable par M. le Président. C'est la volonté très clairement manifestée par les auteurs de la loi, non seulement de permettre aux parties de se dispenser de l'assistance obligatoire d'un représentant légal, mais encore de les obliger à venir elles-mêmes. Elles peuvent simplement se faire assister par un avocat ou un officier ministériel. Mais le texte ne dit pas qu'en cas d'excuse jugée valable ceux-ci peuvent les représenter, comme il le fait expressément quand il s'agit de venir devant la Commission arbitrale. Nous avons signalé à la Commission des loyers cette anomalie.

Nous croyons savoir cependant que si devant le juge conciliateur, l'avocat ou l'avoué viennent avec une mission transactionnelle et que le locataire y adhère, sa voix sera entendue. Devant la Commission, les parties peuvent se faire représenter par un parent au degré successible.

eux de nos adhérents qui voudraient s'assurer le concours d'un


avocat peuvent, s'ils le désirent, s'adresser à notre Chambre; le service dont je les ai déjà entretenus sera prochainement définitivement organisé.

Voici le fonctionnement de ce service : 1° Examen de l'affaire dans nos bureaux, à des heure et jour qui seront ultérieurement indiqués, par des jurisconsultes qui donneront un avis préliminaire; cet avis est essentiel; 20 Au cas où leur avis serait favorable, mise en rapport avec l'avocat par une note de la Chambre remise à l'adhérent. Deux avocats seront spécialement indiqués pour chaque arrondissement : nous prions nos adhérents de s'adresser à eux de préférence, à moins d'une convenance personnelle, dans leur intérêt même et pour la simplification du travail.

Les honoraires sont discutés librement entre l'avocat et l'adhérent; si cependant l'adhérent, pour des motifs personnels et pour répondre à un désir plusieurs fois exprimé, préférait être fixé avant de se rendre chez son conseil, une indication relative aux honoraires pourrait être fournie, et serait proposée à l'avocat ; mais si l'adhérent n'obtient rien de la Commission et ne touche rien, la Chambre syndicale se chargera de reconnaître le concours des conseils ; même si, cas peu probable, l'adhérent touchait moins que l'honoraire promis, ou somme égale, il n'en remettrait que la moitié, la Chambre se chargerait du surplus du règlement.

En cas de rentrée ultérieure, l'adhérent s'engagerait à indemniser la Chambre.

A ce sujet et à tous égards, pour la simplification des services, prière à nos adhérents de bi&n consulter le Bulletin et de ne demander des renseignements au siège social qu'en cas d'insuffisance d'explications.

A titre de renseignements, nous donnons la liste des avocats qui plus spécialement se présenteront devant les Commissions arbitrales par quartier, dans les conditions précités, pour nos adhérents qui n'auraient pas de conseil habituel ou n'en auraient pas choisi : 1ER arrondissement : MM. HUSSENOT, 5 bis, rue de Solférino; LEVASSEUR (Eusèbe), 31, rue François-Ier.

2E arrondissement : MM. DUROYAUME, 11, rue d'Athènes; RODANET, 3, rue Ballu.

3E arrondissement : MM. BAILLIÈRE, 10, rue de l'Éperon ; VINGTAIN, 50, place de la Madeleine.

4E arrondissement : MM. LACAN, 21, rue du Général-Foy; SERVAS, 140, avenue Victor-Hugo.

51 arrondissement : MM. GEOFFROY, 116, boulevard Saint-Germain; TURGEON, 13, rue Bonaparte.

6e arrondissement : MM. POIGNARD, rue Danton; POULAIN, 8, boulevard Saint-Michel.

7e arrondissement : MM. CHALLAMEL, 108, rue du Bac; Charles ROBERT, 44, rue de Verneuil.

8E arrondissement : MM. POULTIER, 28, rue de Surène; VIREY, 164, rue du Faubourg-Saint-Honoré.

ge arrondissement : MM. MALÉZIEUX, 69, rue Saint-Lazare; NORMAND, 43, boulevard Haussmann.

10e arrondissement : MM. DRUCKER, 24, rue de la Ville-l'Évêque ; Daniel OLLIVIER, 7, rue de Penthièvre.


11E arrondissement : MM. JOVART, 3, rue Dupont-des-Loges; SARRAN, 117, rue de Courcelles.

12e arrondissement : MM. CLÉMET, 9, rue Portalis; DELAGRANCE, 52, avenue Daumesnil.

13c arrondissement: MM. CLARO, 22, rue de Varenne; DES GRAVIERS, 29, rue Saint-Guillaume.

14E arrondissement : MM. ARNAUD, 93, rue de Rennes; Pierre GUYOT, 108, rue de Rennes.

15E arrondissement: MM. DELVINCOURT, 83, rue de l'Abbé-Groult; FRANCASTEL, 14, rue Logelbach.

16e arrondissement : MM. HAMEL, 125, boulevard Saint-Germain ; JACOBSON, 14, rue de la Pépinière; VAUNOIS, 197, rue du Faubourg-SaintHonoré.

17e arrondissement : MM. de BARANDIARAN, 38, avenue de Wagram; FILHOS, 31, rue de Chazelles; Charles MERCIER, 2, rue Meissonier.

18e arrondissement : MM. BAULANT, 84, rue de Maubeuge; FRUH, 50, boulevard de Strasbourg.

19E arrondissement : MM. BOYER-CHAMMARD, 4, rue Casimir-Périer; Marcel HÉRAUD, 21, rue du Vieux-Colombier; Mlle MOREAU, 98 bis, rue du Cherche-Midi.

20E arrondissement : MM. BIRÉ, 31, rue de Bellechasse; PHILIPPART, 9, rue des Saints-Pères.

CH. BOULLAY.

ART ET CURIOSITÉ

Nous empruntons au Journal des Débats le très intéressant compte rendu d'un article de M. de Nolhac dans le Correspondant sur les travaux accomplis ou projetés au Palais de Versailles; sous Louis XVI nous y apprenons que le château de Louis XIV l'a échappé belle; c'est pour nous une surprise, qui rétrospectivement ne saurait nous laisser indifférents sous la menace actuelle des gothas allemands.

Notre patrimoine artistique n'a eu que bien rarement la paix.

Le Château de Versailles sous Louis XVI.

Avec l'avènement du jeune roi coïncident l'arrivée d'un nouveau surintendant, le comte d'Angivilliers, et le départ du premier architecte, le vieux Gabriel, que remplace Richard Mique, protégé par la reine. Mique ne fait que passer; mais, à peineà la retraite, Gabriel avait vu se déchaîner les critiques contre l'aile neuve et encore inachevée qu'il venait de bâtir auprès de la chapelle. Tous les architectes se proposent à l'envi sinon d'abattre son œuvre, au moins de la dissimuler dans un vaste ensemble de constructions nouvelles. Et ces projets grandioses flattaient le goût de Louis XVI qui, se plaisant à dessiner, se croyait architecte comme son illustre aïeul.


Du pavillon primitif, la cour de Marbre, que Louis XIV avait défendu envers et contre tous, déclarant que si on le démolissait, il le ferait rebâtir, rien ne devait subsister. L'auteur d'un des projets, Pâris, ne conservait de l'ancien château que la façade sur les jardins avec J'aile neuve de Gabriel. « Le hasard, écrit-il, fit que je me rencontrai exactement avec l'idée que le roi en avait tracée au bout de sa plume; circonstances très satisfaisantes pour moi et qui montraient combien ce prince avait des idées justes, puisqu'elles s'étaient rencontrées avec celles cVun architecte. »

Un autre artiste, Le Roy, allait encore plus loin, ne gardant sur les jardins que deux salons seulement, outre ceux de la Guerre et de la Paix, et élevant au delà deux bâtiments carrés qui devaient rompre la monotonie de la façade trop longue, mais bouleverser du même coup l'harmonie des parterres.

Tous les projets (et ils sont innombrables, car il y en a de Pâris, de Le Roy, de Boullée, de Potain, d'Huvé, de Peyre aîné et jeune) ont ce trait de commun que, respectant la galerie des Glaces, la chapelle, la salle d'opéra, f ils les noient dans une complication de bâtisses formidables. Le projet de Peyre, le jeune, quadruple l'étendue de l'édifice du côté des jardins, allonge la façade trop longue de Mansard et dispose derrière elle : trois cours, quatre escaliers. Du côté de l'arrivée, une immense avant-cour s'encadre de colonnades comme la place de Saint-Pierre; fontaines et obélisques achèvent la ressemblance; un double et majestueux degré donne accès aux piétons montant de la place d'Armes.

Dix ans avant la Révolution, c'est le style colossal et sévère dont s'inspirera David pour le décorde ses fêtes civiques et que Ledoux, vers le même moment, appliquait aux barrières et pavillons d'octroi de la Ville de Paris pour loger les gabelous dans des temples de Pœstum et dans des Panthéons.

De ces plansgrandioses, aucun ne fut exécuté. Changements intérieurs, c'est à quoi se réduisent les créations de Louis XVI. Nous leur devons les délicates boiseries des petits appartements, la bibliothèque du roi, quelques aménagements sous les combles du château et le couloir secret par où la reine put rejoindre son époux dans la journée de l'émeute. Un règne plus tranquille aurait anéanti le Versailles du Roi-Soleil. Z.

PRÉVOYANCE SOCIALE

L'USINE ANDRÉ CITROEN Le groupe parisien des anciens élèves de l'École centrale des arts et manufactures avait convié ses adhérents à visiter l'usine André Citroën, quai de Javel. Au nombre de 240, les centraliens ont pris part au déjeuner du personnel, qui leur a été servi dans l'immense cantine de 3.000 places.

Après le déjeuner, ils ont visité la pouponnière et se sont ensuite rendus


dans la salle de conférences, où M. André Citroën leur a fait l'historique sommaire de son entreprise.

Vous connaissez tous plus ou moins cet historique, leur a-t-il dit. J'ai été chargé, au mois de février 1915, d'installer une usine à grosse production d'obus shrapnells; mais, en dehors de la commande, je n'avais ni usine, ni terrains, ni bâtiments, ni ingénieurs, ni ouvriers. Pourtant, trois mois après, nous sortions des obus en quantités considérables.

Pourquoi? Parce que nous avons fait la nomenclature de tout ce qu'il fallait, la nomenclature étant la base de toutes réalisations rapides. On nous apprend à l'école à faire la nomenclature d'une machine; c'est la nomenclature des besoins de la vie nationale qu'il faudrait faire actuellement, et en ce qui concerne une usine, sa nomenclature doit partir de l'abattoir, où l'on abat la viande destinée à la nourriture des ouvriers pour aller jusqu'au wagon destiné à transporter la marchandise après sa linition.

Par conséquent, nomenclature de tout ce qu'il y avait à faire pour faire marcher l'usine, du personnel nécessaire pour réaliser son programme, et démarches pour se procurer cet ensemble, Le personnel recruté, j'ai pu obtenir que chacun fasse ce qui le regarde et ne fasse qu'une seule chose. C'est un point excessivement important.

Je remarque malheureusement que souvent, dans des questions d'ordre général, il y a trois ou quatre bureaux qui s'occupent de la même chose sans se tenir au courant de ce qui se passe, ce qui entraîne des retards dans les affaires gouvernementales. Il faut avoir le moins d'organismes possible, un seul chef pour chaque organisme et un seul organisme pour chaque chef.

Un autre grand principe que j'ai cherché à appliquer et que je chercherai toujours à appliquer, c'est de ne pas donner de contre-ordre.

Nous avons généralement la maladie du contre-ordre. Dès qu'un ordre a été donné, on en donne un autre dans l'illusion que c'est un perfectionnement, et ceci entraîne à des hésitations. En prenant comme principe de ne pas donner de contre-ordre, on gagne un temps précieux. Une note de service, brève, écrite, pour confirmer les ordres, et pas de paperasseries.

Après avoir passé en revue les différents services de l'usine, M. André Citroën s'est étendu ensuite sur les rapports entre patrons et ouvriers et sur le rôle des œuvres sociales dans ces rapports.

Il existe malheureusement, a-t-il ajouté, une légende répandue dans le public que la création d'oeuvres sociales est du gaspillage, ou indique des bénéfices importants. Il n'en est rien. A mon avis, les œuvres sociales doivent marcher de front avec les organisations de l'usine, et il ne faut pas attendre des résultats financiers pour engager ces dépenses soi-disant inutiles. Une usine doit, dès ses débuts, comporter des œuvres sociales.

La péroraison a été consacrée à l'examen de l'après-guerre : La conclusion de tout ceci, c'est que la base de toute organisation est la nomenclature. Pour qu'elle puisse être faite et que rien ne soit oublié,


il faut en venir à l'idée de spécialisation. Il faut se spécialiser, et pour cela que le ministère du Commerce arrive à établir un programme d'ensemble et soit un véritable « ministère de la production nationale », qui donne à chaque industriel une tâche unique en lui disant : « Vous ne ferez qu'une seule chose ».

Ceci n'est pas de l'étatisme, c'est au contraire pousser l'individu à déployer plus d'énergie et d'initiative que ses semblables.

Il faut arriver à standardiser et à spécialiser suivant les aptitudes et les possibilités de chaque usine. Les usines importantes faisant des ensembles, les petites usines faisant des pièces de petites dimensions, mais en très grande quantité; tous ces industriels travaillant en série doivent d'ailleurs se grouper pour acheter en commun leurs matières premières, leur charbon, les aliments de leurs ouvriers.

Au lieu de voir, comme on l'a vu dans l'industrie automobile, 10 ou 15 maisons envoyer leurs voyageurs aux Indes, aux colonies, se battre à coups de concurrence et multiplier par 10 ou par 15 leurs frais de voyage, les maisons françaises se grouperaient pour avoir dans tous les pays un représentant unique, et ce représentant serait le représentant de l'industrie française, qui vendrait des marchandises françaises, fabriquées Par toutes les maisons de France.

(Le Temps.) Il nous semble que l'Entreprise pourrait s'inspirer du programme et des conclusions de M. André Citroën. Les Commissions intéressées du Congrès du génie civil ont émis des vœux identiques.

P. L.

NOMINATIONS

COMMISSION DES LOGEMENTS INSALUBRES

M. Bertrand (Ferdinand), architecte, demeurant à Paris, 37, rue Truffaut, est nommé membre de la Commission des logements insalubres de la Ville de Paris. 1 (Bulletin municipal.) LA RÉORGANISATION DES SERVICES D'ARCHITECTURE DE LA VILLE DE PARIS Le Conseil municipal a adopté, sur le rapport de M. Chérioux, le Projet de délibération dont le texte suit : « Le Conseil, Considérant qu'il importe de rechercher les moyens de réaliser


dans les conditions les plus satisfaisantes au point de vue esthétique et les plus susceptibles d'éviter toute dépense inutile, une réorganisation générale des services d'architecture de Paris et du département de la Seine; Considérant qu'il est nécessaire d'instituer à la base du recrutement de tous les architectes qui participent à la gestion du domaine immobilier départemental ou communal, y compris celui qui dépend de l'Assistance publique et du Mont-de-Piété, un concours technique unique, suivi d'un stage probatoire ; Considérant que cette réforme doit être réalisée aussitôt après le rétablissement de la paix et qu'il y a lieu, dès lors, d'en établir dès à présent les modalités, Délibère : M. le Préfet de la Seine est invité à constituer une Commission mixte chargée d'élaborer un programme de réorganisation et de fusion des services d'architecture de Paris et du département de la Seine. »

(La Réforme du Bâtiment.)

JURISPRUDENCE

LES MOBILISES A L'USINE La Cour de Cassation vient de rendre un intéressant arrêt en matière de loyers. A Saint-Étienne, les époux J. S. avaient loué à M.-F., restaurateur, moyennant loyer annuel de 2.000 francs, un immeuble dont F. continua, durant la guerre, à retirer des revenus.

Avisé d'avoir à payer son loyer, F. refusa, invoquant le moratorium, en qualité de « présent sous les drapeaux », comme mobilisé dans une usine de guerre.

Cité en justice par les époux J. S., le tribunal adopta la thèse du locataire.

Les propriétaires portèrent la cause en Cassation et la Chambre civile a adopté leurs moyens, refusant de considérer comme « présent sous les drapeaux » l'homme appartenant à une classe « mobilisée ou mobilisable » détaché par décision du ministre aux établissements de guerre.


BIBLIOGRAPHIE

LES « ARTISTES » DU BUREAU DES LONGITUDES

L'Annuaire de ce Bureau pour l'année 1918.

Récemment le Journal officiel a publié la Domination, comme membre du Bureau des Longitudes, au titre d'artiste, d'un savant éminent de l'Académie des Sciences.

Plusieurs de nos confrères se sont demandés quels artistes pouvaient avoir accès au sein de la docte assemblée et quels étaient les noms de ceux qui gravitaient comme des satellites autour des mondes scientifiques appliqués à surprendre les lois de l'univers.

Le mot « artiste », dans le cas présent, n'est pas pris dans le sens strict et précis que nous lui attribuons ; le Bureau des Longitudes désigne par ce terme la personnalité qui joint à ses hautes notions mathématiques les qualités de réalisateur, celui qui imagine et construit des appareils, créant ainsi une véritable chose artistique.

Ces artistes sont peu nombreux au Bureau des Longitudes, on en compte un seul ayant rang de titulaire et deux au titre d'adjoints.

Le Bureau comprend, en outre 13 membres titulaires : 3 membres de l'Académie des Sciences, 5 astronomes, 3 membres appartenant au département de la Marine, 1 membre appartenant au département de la Guerre, 1 géographe; puis 3 membres en service extraordinaire et 1 membre adjoint; enfin 24 correspondants dont 12 parmi les savants étrangers.

Institué par la Convention nationale par la loi du 7 messidor an III (1), le Bureau des Longitudes est installé dans les dépendances du palais de l'Institut (2); il a [pour rôle de perfectionner les diverses branches de la science astronomique afin d'en faciliter les applications à la géographie, à la navigation et à la physique du globe, et à donner, à la demande du Gouvernement, son avis : sur les questions concernant l'organisation et le service des observatoires existants, sur la fondation de nouveaux établissements et sur les missions confiées aux navigateurs chargés d'expéditions lointaines.

Il rédige et publie : annuellement, et trois années à l'avance, la

(1) 25 juin 1795.

(2) Entrée, 3, rue Mazarine,


Connaissance des Temps à l'usage des astronomes et des navigateurs, ainsi qu'un Extrait pour les marins; les Annales renfermant les travaux de ses membres et de ses correspondants ; enfin un Annuaire qui, aux termes de l'article 9 des statuts du Bureau, doit être « propre à régler ceux de toute la République ».

L'Annuaire parut pour la première fois en 1796 (an V) ; le volume édité en 1918 est donc le 122e ; il comprend cinq chapitres avec un complément de plusieurs notices.

Le premier chapitre contient : le calendrier pour l'année et les calendriers du Soleil, de la Lune et des Planètes; les prédictions, éclipses, marées, etc., et s'achève par l'étude des divers calendriers : julien, grégorien, copte, musulman, israélite, républicain.

Le deuxième chapitre, relatif à la Terre, renferme les renseignements les plus précis sur la température, la pression barométrique, la réfraction, le magnétisme terrestre; enfin une petite note sismologique de M. Bigourdan ne peut manquer d'intéresser les architectes.

Le troisième chapitre s'occupe d'astronomie : le Soleil, la Lune, les grosses Planètes, les Comètes, les Étoiles et les spectres stellaires, il est accompagné d'une étude de M. Bigourdan sur les cadrans solaires; nous y reviendrons dans un instant.

Le quatrième chapitre rappelle les notions de notre système métrique, définit le système C. G. S. (1); les unités électromagnétiques, avec les unités pratiques; les diverses mesures anglaises, russes, japonaises et celles des États-Unis d'Amérique ; compare les divers thermomètres et présente les conventions monétaires françaises avec le tableau des monnaies fabriquées en France depuis 1795, celles admises dans la circulation, une nomenclature des monnaies étrangères : poids, titres, valeurs ; enfin après une note sur la fabrication de l'orfèvrerie et de la bijouterie, ce chapitre est clos par d'intéressants renseignements sur l'heure légale en France, en Algérie, dans les colonies et protectorats français et à l'étranger, et sur le principe des fuseaux horaires.

Le cinquième chapitre est très important par l'énumération des données physiques et chimiques qu'il contient et relatives à la thermométrie, aux densités des corps et des minéraux, aux coefficients de dilatation des solides, des liquides, des gaz, aux chaleurs spécifiques, de fusion, de vaporisation, à l'acoustique, l'optique, à la composition des principaux alliages industriels, des différents combustibles, à l'analyse des bières, des vins, des cidres et des céréales, etc.

(1) Centimètre, gramme, seconde.


Le complément contient quatre notices : Le Calendrier égyptien, par M. G. Bigourdan ; L'Heure en mer, par M. J. Renaud ; Le Soleil et le Magnétisme terrestrp., par M. Hamy, et La Vie et VŒuvre de G. Darboux, membre de l'Académie des Sciences, par M. E. Picard.

L'étude de M. Bigourdan, astronome, sur « les Cadrans solaires », très documentée et illustrée retiendra l'attention des architectes qui pourront la lire. L'auteur rappelle que dans tous les temps les peuples se sont appliqués à connaître l'heure par des moyens primitifs empruntés aux faits les plus ordinaires de la vie courante, jusqu'au moment où fut utilisée l'ombre du soleil; le gnomon devint alors l'instrument fondamental employé par les Chinois, les Grecs, bien avant notre ère, sous forme de simples tiges, puis d'obélisques ordinaires, à boule, à trou avec extrémité redressée, ou encore avec verre objectif. Les murs solides et élevés d'édifices publics remplacèrent les colonnes, et à partir du XVIe siècle, comme le gnomon servait à régler le calendrier et à fixer la fête de Pâques, il fut dressé sur les églises ; celui de l'église Saint-Sulpice, à Paris, est bien connu.

Le cadran solaire, avec son style dirigé vers le pôle, n'est qu'une amélioration du gnomon ; sans doute inventé en Chaldée, il était connu également en Egypte. « La construction de ces appareils devint un art spécial ; les Grecs en varièrent beaucoup la forme et les dimensions; Vitruve en énumèreplus de dix espèces différentes. »

« La Tour des Vents, monument grec qui existe encore à Athènes, a la forme d'une tour hexagonale régulière et ses six faces verticales avaient été dressées pour recevoir des cadrans solaires dont les traces sont encore visibles. »

Enfin, ajoute M. Bigourdan, « les cadrans forment d'élégants motifs de décoration architecturale, ce qui suffirait à recommander encore leur emploi ».

Nombreux sont en effet nos confrères qui ont ornementé des villas, des monuments publics, de cadrans artistiques, nombreux aussi ceux auxquels les circonstances imposeront une semblable édification ; qu'ils songent alors à parcourir l'étude que M. Bigourdan présente cette année et qu'il se propose d'achever en 1919; ils y puiseront toutes les indications utiles sur la théorie et le tracé des cadrans, que ceux-ci soient, équatoriaux, horizontaux, verticaux non déclinants ou verticaux déclinants.

Ce résumé est suffisant pour démontrer l'intérêt de ce petit volume (1), et il nous semble que la Société Centrale pourrait lui

(1) Annuaire du Bureau des Longitudes, édité chez Gauthier-Villars et Cie, 5o, quai des Grands-Augustins. Prix du volume : 2 francs.


réserver une place dans sa bibliothèque; car, si les mathématiciens sont parfois des artistes, les véritables artistes, et les architectes en particulier, sont souvent assez mathématiciens pour comprendre, interpréter, pour les appliquer, les données théoriques contenues dans VAnnuaire du Bureau des Longitudes.

M. F.

REVUE DE LA PRESSE

Nous extrayons d'un article du Petit Messager sur « la profession d'architecte » le passage suivant, qui parle de l'enseignement à l'École des Beaux-Arts :

J'ai eu à parler des architectes diplômés par le Gouvernement et j'entends déjà les critiques que les mieux intentionnés de nos confrères élèvent contre l'enseignement de l'École des Beaux-Arts.

Sur bien des points nous sommes d'accord. En tout cas, ne sommesnous pas faits pour nous entendre ? Leurs observations, pour la plupart, sont justes et bien fondées. Nous en convenons les premiers et ne demandons, nous aussi, qu'à obtenir dans cet ordre d'idées des réformes dont la pratique et l'expérience montrent mieux chaque jour, et jusqu'à l'évidence, l'urgente nécessité.

Je compte revenir sur ce point particulier, mais, dès aujourd'hui, je préconise : 1° L'évolution de l'enseignement à l'École des Beaux-Arts, dans un sens plus pratique, comportant notamment une collaboration plus étroite des artistes avec les artisans, les décorateurs, les industriels, les ingénieurs, et des artistes entre eux (architectes, peintres et sculpteurs). On y arrivera par des concours mixtes, par des stages et visites dans les chantiers, par l'étude plus approfondie des matériaux et des procédés modernes de construction, qui doivent apporter d'importantes transformations dans l'art de bâtir, et dont la connaissance est indispensable aux architectes de notre siècle; 20 La création de cours nouveaux à l'École, cours pratique, cours d'application, cours de régionalisme, d'urbanisme, etc.; 30 La lutte contre l'esprit trop classique et, pour dire le mot, « pompier», qui faussait la plus grande partie des opérations du jury; 40 Une très large extension et le développement le plus grand possible des écoles régionales des beaux-arts. Elles n'existent que virtuellement et leur influence est nulle, alors qu'elle devrait être considérable. Si elles étaient organisées ainsi qu'il convient, leur rôle serait immense. Elles permettraient précisément à tous ces jeunes artistes de province qui ne peuvent ou ne veulent venir à Paris, d'obtenir ce titre d'architecte,


contre l'abus duquel nous luttons, et même d'aspirer au diplôme du gouvernement, tout en conservant leurs attaches provinciales et en continuant leurs travaux pratiques. M. GÉNERMONT, Architecte E. D. B. A.

CIMENT A BASE DE PLATRE

Ajouter au plâtre un vingtième à un quarantième de son poids, d'un mélange à parties égales de : Dextrine, silicate de soude.

La dextrine s'obtient en chauffant la fécule ou en la soumettant à l'action de faibles doses d'acide.

Ce ciment présente les avantages suivants : 1° Résistance décuple de celle du plâtre ordinaire ; 2° Insensibilité à l'humidité et même à la pluie, d'où possibilité de son emploi à l'extérieur ; 3° Adhérence au bois et par suite efficacité comme ignifuge.

On peut mélanger au ciment de plâtre une proportion de sable représentant le tiers du poids du ciment.

Sous réserve des avantages que présente ce matériau, nous pouvons en voir l'emploi comme petits blocs de construction et enduits extérieurs. (Le Bâtiment.)

ACTUALITÉS

UN ENTREPRENEUR FRANÇAIS EST L'INVENTEUR DES TANKS.

M. Georges Montorgueil révèle au public que l'invention des tanks attribuée jusqu'ici à différentes personnalités anglaises - est due, en réalité, à un entrepreneur français.

Cet inventeur est M. Paul Frot (1), l'entrepreneur bien connu. C'est lui qui, au mois de novembre 1914, voyant que la guerre de tranchées était instaurée et menaçait d'immobiliser notre front pour longtemps, songea à utiliser, en les adaptant, bien entendu, à ce nouvel objet, les machines à rouleaux qu'il avait fait établir en 1912, pour corroyer les digues en remblai du canal du Nord.

Il écrivit, en conséquence, au service compétent qui fit procéder à plusieurs expériences en présence de techniciens et de généraux.

Elles furent concluantes, Pourquoi, malgré cette démonstration par le fait, n'a-t-on pas alors donné à ces essais la suite immédiate qu'ils semblaient devoir comporter?

(1) Vice-président du Syndicat des Entrepreneurs des Travaux publics de France, à Meaux (Seine-et-Marne).


M. Lloyd George, mis au courant de cette invention française et des expériences auxquelles il avait été procédé, chargea quelques experts d'étudier ces étonnantes machines, de voir quelles modifications elles pouvaient comporter et en fit aussitôt commencer la construction dans le plus grand secret. Les tanks étaient nés 1 (L'Action du Bâtiment.)

MONUMENTS HISTORIQUES

Le Président de la République française, Vu la lettre du propriétaire, M. Picquerel, en date du 15 mars 1918, n'acceptant cette mesure que sous réserve d'indemnité, décrète : Sont classées parmi les monuments historiques les parties ci-après désignées de la maison dite « de l'Artichaut » (ancienne hôtellerie de la Licorne) au Mont-Saint-Michel (Manche) : Façade du côté de l'arrivée au Mont-saint-Michel : 1er étage et toit; 2° Façade du côté opposé à l'arrivée : 1er étage.

R. POINCARÉ.

ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES V

DÉCOUVERTE D'UNE BASILIQUE SOUTERRAINE M. Franz Cumont donne une description de la basilique souterraine découverte l'année dernière à Rome, près de la porte Majeure et qui, au 1er siècle de notre ère, servait à la célébration d'un culte mystique qui reste à identifier.

La valeur artistique et religieuse de ce temple réside surtout dans sa décoration d'une grande richesse : presque toute la surface des murs et des voûtes est couverte de reliefs en stuc, motifs purement ornementaux, variété de scènes dont quelques-unes purement profanes, mais dont la plupart de caractère religieux ; ce sont tantôt des objets du culte posés sur des tables d'offrande, tantôt des cérémonies sacrées des mystères éleusiniens ou dionysiaques, le plus souvent des épisodes des légendes mythologiques : délivrance d'Hésione, conquête de la Toison d'or, châtiment des Danaïdes, Hercule recevant les pommes des Hespérides, etc. M. Franz Cumont croit voir dans cette basilique le lieu de réunion d'une association néopythagoricienne.


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