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Title : Léon Pierre-Quint : [exposition], Bibliothèque nationale, [Paris, 24 mars-8 avril] 1981 / [textes de Jean Blot, Jean Beaufret, Antoine Coron] ; [préface de Georges Le Rider]

Author : Bibliothèque nationale (France). Auteur du texte

Publisher : (Paris)

Publication date : 1981

Contributor : Blot, Jean (1923-....). Collaborateur

Contributor : Beaufret, Jean (1907-1982). Collaborateur

Contributor : Coron, Antoine (1948-....). Collaborateur

Contributor : Le Rider, Georges (1928-2014). Préfacier

Subject : Pierre-Quint, Léon (1895-1958)

Type : text

Type : monographie imprimée

Language : french

Language : français

Format : 1 vol. (58 p.) : ill. ; 24 cm

Format : Nombre total de vues : 80

Format : application/epub+zip 3.0 accessible

Format : Format adaptable de type XML DTBook, 2005-3

Description : [Exposition. Paris, Bibliothèque nationale. 1981]

Description : Avec mode texte

Description : Catalogues d'exposition

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k65339520

Source : Bibliothèque nationale de France, département Recherche bibliographique, 2002-87724

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34683143w

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 19/06/2013

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LÉON PIERRE-QUINT

BIBLIOTHÈQUE NATIONALE

1981











LÉON PIERRE-QUINT



LÉON PIERRE-QUINT

BIBLIOTHÈQUE NATIONALE

1981


Frontispice : Léon Pierre-Quint en 1935 (photo Ilse Bing).

Cette plaquette est publiée à l'occasion de l'exposition Léon Pierre-Quint, au Salon d'honneur de la Bibliothèque Nationale, du 24 mars au 8 avril 1981.

Ont participé à la préparation et à la mise en place de l'exposition : le service des expositions, le service photographique et les ateliers de la Bibliothèque Nationale.

ISBN 2-7177-1582-7

C Bibliothèque Nationale, 1981.


Avant-propos

L'exposition qu'organise la Bibliothèque Nationale des papiers et des livres de Léon Pierre-Quint récemment offerts par sa soeur, Madame Georges Selz, permet de mesurer l'importance de ce don, qui vient accroître l'intérêt documentaire de nos collections d'histoire littéraire du début du XXe siècle. Cette manifestation veut aussi retracer la vie d'un homme de talent et de coeur.

Ecrivain de qualité, Léon Pierre-Quint fut avant tout un critique et un éditeur animé d'une curiosité passionnée, qui demeure pour nous l'un des témoins les plus attentifs de son temps. Dans cette curiosité, ce don de soi aux meilleurs — Proust, Lautréamont et Gide en premier lieu –, il montrait naturellement et non sans humour la qualité principale de ces médiateurs des lettres que l'histoire, oublieuse, néglige par trop, la générosité. Consacrer son intelligence et sa sensibilité aux oeuvres d'autrui, infatigablement travailler à les faire connaître et apprécier, deux faces d'une même activité que la maladie, au lieu de freiner, sembla exacerber.

Le rôle que tint Léon Pierre-Quint et l'ardeur qui l'habita au service de la littérature et de la poésie méritaient que la Bibliothèque Nationale lui rendît un hommage reconnaissant.

Georges LE RIDER Administrateur général de la Bibliothèque Nationale



Avec un immense déchirement du coeur je viens ici dire adieu à l'un de mes plus chers, de mes plus vieux amis(1). Retracer l'histoire de notre amitié, c'est retracer toute sa carrière, c'est aussi raconter toute une période littéraire de notre temps. Au moment où nous nous sommes connus, dans notre jeunesse, Léon Pierre-Quint était directeur littéraire, chez Kra, des Éditions du Sagittaire, et dirigeait la Collection Européenne, en collaboration avec Philippe Soupault. Léon Pierre-Quint jouait un rôle de premier plan dans cette effervescence merveilleuse qui avait marqué la fin d'une guerre que l'on s'imaginait de bonne foi être la dernière. Mais, sans doute, ne fait-on rien de vivant sans illusions. Les illusions étaient alors générales, et c'est elles qui animaient ce prestigieux retour aux activités, aux inventions, aux mille débats et aux mille jeux de la paix. Léon Pierre-Quint prit donc part à toute cette juvénile pétulance qui se croyait tant d'avenir devant elle. Ce n'est pas, néanmoins, qu'il fut porté à la candeur. Une profonde ironie critique l'en défendait. Au reste il y avait aussi, dans ces années qui furent celles du surréalisme, beaucoup de révolte et de colère. En somme il y avait de la vie, et Léon Pierre-Quint aimait la vie, sa perpétuelle stimulation, les ressources qu'elle offre sans cesse à une inassouvissable curiosité. Tout le foisonnement d'idées qui était alors dans l'air, tout ce prestigieux concours de révolutions, tant politiques que sociales et philosophiques, littéraires et artistiques, toutes ces occasions de confrontations internationales et de voyages, toutes ces révélations, toutes ces transformations du goût, toutes ces modes qui se précipitaient à une cadence vertigineuse, toute cette possession d'un univers neuf qui s'offrait à l'appétit de la jeunesse, tout cela il en a joué avec une intelligence admirable, dont témoignent ses initiatives, ses travaux critiques, toute son activité d'animateur. Ses livres sur Lautréamont, sur Gide, sur Proust resteront comme des signes vivaces de ce moment si riche et si aventureux de l'histoire de l'esprit. Proust, surtout, Proust très particulièrement, fut pour lui une rencontre capitale et il s'est fait un de ses exégètes des plus attentifs et perspicaces. Aussi bien Proust est-il, avec Freud, l'un des génies de ce moment qui ont contribué à l'élargissement des domaines


spirituels de l'homme et ouvert des voies inconnues où enrichir sa sensibilité et aiguiser les pouvoirs de son intellect. Léon Pierre-Quint devait être un des plus ardents à s'engager dans ces voies nouvelles et à y guider le lecteur. Car il faut savoir être un lecteur des livres de son temps, et il y a là un apprentissage et une initiation nécessaires. Léon Pierre-Quint a su être ce compagnon et a su aider chacun de nous à être ce compagnon. Il est un de ceux qui ont pris conscience et nous ont fait prendre conscience de l'humanisme du XXe siècle.

Les curieux textes qu'il avait publiés, sous le titre assez proustien de « Déchéances aimables » révélaient l'originalité de son esprit et sa grande expérience de la psychologie individuelle et sociale. Ces précieuses qualités de sa personne, ses amis les connaissaient, je les connaissais. Nos interminables entretiens, au cours de toute notre existence, m'ont procuré le plus rare et le plus affectueux plaisir. Il était un homme de bonne compagnie, c'est-à-dire un homme singulier. Car ce que nous recherchons dans l'homme de bonne compagnie, dans l'homme avec qui nous tenons à avoir commerce, ce n'est pas le commun, le conventionnel et le banal. On ne s'entend vraiment et on n'aime s'entendre qu'avec ce qui est très différent, avec ce qui est éminemment, essentiellement personnel. Notre ami Léon possédait cette personnalité, c'est pourquoi il savait être aussi solitaire. Ce n'est pas seulement dans les rencontres de la vie mondaine que j'ai le mieux connu Léon, mais dans sa retraite d'Anjouin, où, loin des brillants et divertissants tracas il donnait libre cours aux délicates effusions de son coeur et aux effets, toujours imprévus, toujours lumineux et savoureux, de sa culture, de sa réflexion et de son jugement.

Adieu Léon, ami de jeunesse, ami de toujours. Les rangs des amis d'autrefois s'éclaircissent, mais vous gardez votre place dans notre pensée à tous. Nous partageons le deuil de votre famille, nous l'assurons que nous ne vous oublierons pas, que nous sentirons toujours désormais le manque de ce coeur généreux, de cette exquise et rare intelligence qui, l'un et l'autre, avaient toujours quelque chose à nous dire. L'écho de cette parole du coeur ne cessera pas, dans le temps, de vibrer douloureusement en nous.

Jean CASSOU

1. Allocution prononcée le 25 juillet 1958 à l'enterrement de Léon Pierre-Quint.


Lettre de Marcel Proust à Léon Pierre-Quint, 16 mars 1919 (B.N., Départ, des Manuscrits).





Léon Pierre-Quint

Passion et raison, ferveur et intelligence ne vivent pas souvent en bonne harmonie. L'analyse tue le sentiment ; celui-ci voile à l'intellect son objet. Les concilier pourtant ou assumer au moins, porter en soi et nourrir jusqu'au déchirement intime leur conflit, tel fut le projet de Léon Pierre-Quint. Son projet ou son destin ? En relisant son oeuvre, si fidèle à elle-même, des premières confessions aux derniers textes critiques on a bientôt le sentiment que ce conflit habite l'auteur ou même qu'il constitue son intimité et que, comme le veut la doctrine de Spinoza, à laquelle il entendait consacrer une étude, il n'avait choisi librement que sa seule nécessité. Jamais on ne le voit libéré du scrupule de dire juste, exactement... Aussi brûlant que soit le propos, quelle que soit la violence de l'engagement, qu'il pourfende les moeurs bourgeoises, les abus des tribunaux, l'exploitation de l'homme par l'homme, qu'il épouse ou défende le surréalisme ou le Grand Jeu, toute révolte ou chaque refus, il ne peut écrire autrement qu'avec une mesure qui force l'admiration, une intelligence scrupuleuse, une clarté exemplaire. Quand le coeur et le corps sont de feu, que la tête est de glace, soi devient inhabitable. Il convient de se souvenir du texte consacré à Spinoza, où se découvre l'apologie d'une existence qui échappe aux catégories du bien et du mal, du beau et du laid, quand perfection et existence deviennent synonymes et que la conscience n'est plus l'homme mais sa malédiction. La mort devait interrompre cet effort pour dominer l'absurde, en même temps que le roman Raoul Vergeon, auquel Léon Pierre-Quint travaillait depuis de nombreuses années, et qui aurait sans doute assuré le passage souhaité « de la révolte à l'équilibre », mis fin au déchirement destructeur et permis le retour à soi... On peut rêver de ce livre. Il aurait été grand. Il nous fut refusé. Mais, d'avoir ainsi vécu comme hors de lui-même, tendu à se briser vers « un sommet ou un au-delà de la vie », aura permis au critique d'accueillir en soi,


de comprendre au sens fort, des talents aussi opposés que ceux de Proust et de Lautréamont, de Gide et de Breton.

Curiosité, sans doute. Mais il convient d'en éprouver la violence. Homme de culture, éditeur, animateur de revues, Léon Pierre-Quint apparaît comme le contraire du dilettante. Écoutons-le : « Alors notre curiosité, comme un bélier d'assaut, cherche à forcer l'obstacle ». Nous sommes loin de l'homme de goût, de l'esthète et du jeu. Cette curiosité furieuse, c'est celle de Baudelaire quand il somme le vieux capitaine la mort — de lever l'ancre... « Enfer ou ciel, qu'importe, au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau ». Une vie vouée à l'art, sans doute, mais avec quel excès, auquel le surréalisme viendra plus tard répondre. Dans En Personne, Léon Pierre-Quint écrit : « Je compris que je n'avais jamais cessé, à travers le plaisir, la passion, les affaires, de chercher autre chose : l'art ». Il faut ici, comme tout à l'heure pour la curiosité, entendre le bélier d'assaut et l'obstacle forcé. « Intelligence, beauté, esprit, corps humain, pourquoi est-ce que je vous trouve constamment opposés, dans mes désirs comme dans la réalité des faits ? ». L'art est cette mystique ou cette magie, ce bélier, qui forceront les portes de l'au-delà, intérieur et social à la fois, où corps et esprit, intelligence et beauté seront réconciliés. Aussi bien, l'homme de curiosité, l'érudit, l'éditeur et le critique ne seront-ils intéressés, et à l'exclusion de tout autre, que par le seul art qui dise « quelle échappée chercher au sommet ou au-delà de la vie ».

Dieu s'est tu un soir que l'enfant lui refusait la prière qu'il lui devait. On s'attendait au châtiment. Rien ne vint. Le ciel fut vide ou ses portes fermées. « Ma vie intérieure fut presque toute ma vie », mais dès l'enfance, tendue vers un au-delà. C'est d'abord « l'extase de la nature », découverte par le petit citadin au Bois de Boulogne. Dans son magistral Marcel Proust, Léon Pierre-Quint, s'il ne manque pas d'attention pour les paysages admirables de La Recherche, se hâte pourtant de les transformer en psychologie, morale, métaphysique, ce qu'ils sont aussi. N'est-ce pas que la nature offre immédiatement à la sensibilité une réconciliation qui devait attendre longtemps encore, démontre aussitôt la synonymie de l'existence et de la perfection que l'âme en révolte ne devait entrevoir qu'à la dure école spinoziste ? On sort ainsi du Bois pour découvrir une première fois la littérature, celle qui porte à la rêverie, aux aspirations vagues, douces, et qui se transforment brutalement en désir.

A peine découvert, aussitôt repoussé. La conscience le rejette et se noue le conflit essentiel que la vie et l'oeuvre s'efforceront de surmonter. C'est d'abord la révolte, à laquelle Rimbaud prête sa voix et son image. L'appétit


dit vrai et la voix qui le juge n'est que l'écho de conventions abhorrées. Dénoncée, elle se tait. Un temps, on croit trouver dans l'hypocrisie un compromis habitable. Il faut s'armer contre la société et ses conventions, car aller seul contre légion serait folie. Wilde fut vaincu ; Proust sut faire au mépris sa place, s'avancer masqué, et triompher. On va l'imiter, afin de mieux préserver sa liberté et parler comme tous pour demeurer sans pareil.

La Femme de paille retrace les étapes de ce progrès. Ce roman peut irriter le lecteur contemporain. On y retrouve la préciosité de l'époque (1921), les maniérismes d'un autre temps. Le récit, pourtant ne saurait laisser indifférent. La préface de Max Jacob parle de l'homme moderne qu'elle salue dans le héros, homme de raison qui, après la Grande Guerre, a retrouvé le sens des réalités. L'auteur ? « Un classique qui étudie l'homme moderne ». Surtout, « c'est un livre moral » et si le héros est un épicurien, « on sent fort bien que M. Pierre-Quint est désolé ». De fait, le roman baigne dans une désolation qui fait sa qualité. Quelque chose d'aride, de stérile, que l'on entrevoit ou pressent en même temps que le héros, donne une profondeur au récit, un peu trop élégant, de l'amour du récitant pour Mado. Jusque-là, « il me suffisait de posséder ». Voilà qu'il trouve « une pauvre petite âme », éblouie par l'or, qui saura garder le mystère de l'objet et son opacité. Mais peut-on aimer et s'intéresser si peu ? Survient Roberto qui enlève Madeleine. C'est le vide, la souffrance, la jalousie qui frappent d'autant qu'ils sont nus et que Mado demeure un objet. Elle aime les cadeaux, l'argent. On s'en procure. On l'éblouit. Elle revient alors, il suffisait donc de jouer le jeu, celui de la société et de Mado, pour la reprendre, de mentir, tricher pour gagner. Le voilà « seigneur de sa sensualité », la contrôlant sans faiblesse, besoin d'amour ou de tendresse, « tant d'autres domaines vierges restent à cultiver ».

Désolé, l'auteur l'est aussi par lui-même, par la stérilité de cette éducation sentimentale, il rêve d'autres nourritures. Ce sera Marcel Proust. De tous les livres consacrés à ce génie, celui de Léon Pierre-Quint garde la supériorité d'être le premier. Il découvre, là où d'autres analysent, et la joie de la découverte, sa hardiesse, s'y trouvent inscrites. Il s'agit ici d'une critique véritablement créatrice, en ce sens qu'elle crée les conditions, les termes de référence, les valeurs mêmes nécessaires à l'accueil de l'oeuvre. Le critique a connu l'auteur. Il a fait partie de cette élite que le taxi d'Odilon venait chercher dans la nuit pour la conduire auprès du maître alité. Il a vu le mourant renaître et devenir éblouissant ; il l'a entendu lire son manuscrit. Mais, en même temps que Proust, grâce à lui, Léon Pierre-Quint apercevait une part essentielle de sa vocation. Il apprenait que passion et intelligence


pouvait se concilier, à la condition que celle-là épouse la passion d'un autre et en porte le masque, que le moi, en se mettant au service d'autrui, redevenait habitable, pour peu que le médiateur justifiât la ferveur autant que la lucidité. De cette double découverte, Marcel Proust, sa vie, son oeuvre est le fruit.

Cet ouvrage fondamental parut en 1925. Il fut complété à plusieurs reprises par des études sur divers aspects de l'oeuvre, notamment sur les dons comiques de Proust, sur Proust et la jeunesse des années trente, par une relecture « dix ans plus tard », etc. A l'époque, on reprocha à l'auteur sa « proustolâtrie ». C'est au contraire son sens de la mesure et sa lucidité qui frappent aujourd'hui. La vie de Proust y est fermement située. Sans emphase ni excès, mais avec une sincérité qui emporte la conviction, le critique y découvre un modèle : celui d'une vie plus réelle, sacrifiée à l'art « peut-être la seule réalité d'ici-bas ». Ce modèle est suivi d'autant plus près ou proposé avec d'autant plus de sympathie que les milieux dont sont issus l'auteur et le critique se ressemblent et qu'ils ont connu les mêmes difficultés d'adaptation et de libération. L'un et l'autre, l'un, vingt ans avant l'autre, devaient subir l'influence de Bergson, de sa métaphysique et de sa psychologie. Avec sympathie et compréhension, le critique suit l'auteur dans le monde, ses salons et ses clans. Le premier, mais ici il est le premier en toute chose, il explique le snobisme du jeune écrivain par « l'immense poésie de ces noms » (Turenne, Condé, Richelieu), « noms de terre ou de pays », qui hantent le faubourg Saint-Germain. Il a vu les yeux, « immenses yeux cernés de mauve, las, nostalgiques, extrêmement mobiles, qui semblent se déplacer et suivre la pensée secrète de celui qui parle », la lourde pelisse, « même par les jours les plus chauds » ; il a entendu les excuses sans fin ; il fut raccompagné, raccompagna à son tour et, à chaque fois, avec mille excuses au cocher, c'était les cent pas et l'incapacité de se quitter. Il a vu les tricots, la chemise de nuit suspendue au-dessus du fourneau pour y chauffer et qui avaient eu le temps de rôtir : « les manches brûlées avaient cet aspect splendide et vénérable que devaient prendre plus tard tant d'objets autour de cet être étrange »... Homme de légende, sans doute, et jamais mieux méritée. On y songe avec nostalgie. Proust serait-il le dernier ?... En tous cas, Pierre-Quint en fut le premier aède. « Cher ami, je n'ai jamais été aussi malade ; je ne vous garde qu'une minute. Trois heures après, on était encore chez lui. Sur une pendule. on lisait deux heures du matin... ». C'est que Proust a déjà gagné cette cellule de liège qu'il ne devait plus quitter et d'où devait sortir l'une des grandes oeuvres de la littérature. Par l'exagération de sa politesse, l'ermite savait se protéger de la société, l'arrêter à l'entrée de sa vie personnelle, garder, sans choquer, « une entière indépendance ». Une


préoccupation intime du critique se retrouve ici. Il en est une autre plus essentielle : l'union de l'homme et de l'oeuvre. Pour entrer en littérature, Proust est sorti de la vie, c'est-à-dire de ses contradictions. Toute la Recherche s'applique à « forcer des secrets », à parvenir au lieu extrême « ou gît la vérité ». Cette démarche, Léon Pierre-Quint la rapproche de l'intuition bergsonienne qui doit permettre de retrouver au fond mystérieux de soi-même l'essence de la vie et des choses. Elle est un devoir moral et si élevé « qu'il contient les devoirs de bonté et d'amour, qu'il procure les joies les plus hautes, qu'il égale, pour ceux qui n'ont pas la foi, l'extase religieuse ». On ne saurait décrire plus exactement l'élan mystique qui anime l'esthétique proustienne. Mais ici, c'est le critique qui nous intéresse. La prière que l'enfant a refusée à Dieu, l'homme va l'adresser à l'art. Il sera pour lui le chemin qui conduit au réel. A un réel si intense qu'il conviendra, pour le mieux distinguer de la plate réalité conventionnelle, de le baptiser surréel.

La démarche est morale, on l'a dit. L'une de ses étapes aura pour titre Déchéances aimables. Derrière son masque, le titre déjà dissimule une vérité profonde. Car on va déchoir pour être aimé. La révolte est liée. Son motif secret ou son espoir caché demeurent encore de ramener à de meilleurs sentiments... Mais qui au juste ? Encore les parents ? Déjà le monde. La violence rôde autour, pareille à ces chevaliers qui « combattaient près des barbacanes ». L'âme sensible a peur et n'ose même s'élever contre l'horreur qui rôde : « Joachim Hintic aurait bien voulu, mais n'osait par parler ». Les Déchéances sont autant de silences qui, par l'absurde, l'ironie, la préciosité, masquent et révèlent ce qu'on « aurait bien voulu dire ». Comme la Femme de paille, elles sont le produit d'un compromis et non d'une réconciliation. Léon Pierre-Quint ne peut s'aventurer en lui-même. Il se tient sur le seuil. Il faut entrer par effraction, briser et, à cette étape encore, il est impossible d'agir seul, puisque c'est en soi qu'il convient de pénétrer. Révolte et violence sont nécessaires. Ni déchu, ni aimable, il fait un nouveau détour. Ce sera Lautréamont.

Le Comte de Lautréamont et Dieu parut en 1930. Ici encore, le critique est le premier à donner, sur le mystérieux Ducasse, une étude exhaustive. Surtout, par la médiation de Maldoror et de ses chants, il explore une pente intime et les possibilités que lui offrent la révolte et le nihilisme. La force de l'analyse, son ton, sa qualité sont issus de ce rapport qui fait que le critique s'engage directement dans les excès que le poète propose. Mais Pierre-Quint est là tout entier et s'il comprend mieux que personne, revit de l'intérieur et expose les cris de haine et leurs mobiles, révèle le secret de « l'homme aux


lèvres de bronze », « de jaspe », « de soufre », sait dire la flamme qui consume « le monstre de froideur », la folle liberté que l'on recherche et l'immense pitié que dissimule un sadisme virulent, il n'est jamais dupe du cyclone qu'il explore et le juge avec sang-froid. S'il insiste sur le chant consacré par Lautréamont à célébrer les mathématiques, c'est que « la prudence opiniâtre » qu'enseigne cette discipline est essentielle pour le critique, qu'elle est inscrite en son for intérieur et qu'il ne peut se retrouver sans la découvrir et l'exercer. Le « révolté de la révolte absolue » ne serait-il pas un nouveau Don Juan qui, « dès qu'une révolution a comblé son désir », va brûler pour une autre révolution ? Ce don juanisme est contraire à « la prudence opiniâtre » dont on a compris qu'elle est de nature spirituelle. Rire, sarcasme sont un moment. Ils doivent aboutir, c'est-à-dire forcer les portes de l'au-delà.

Léon Pierre-Quint avait exploré le dadaïsme et vu en lui et dans son refus du choix « un précurseur des temps futurs ». Il avait salué son « scandale ». Mais il sait déjà que « jeter tout par terre c'est supprimer les problèmes au lieu de les résoudre. ». Dada aura eu le mérite de nous débarrasser des valeurs de « second ordre » et de la beauté conventionnelle. C'est dans le surréalisme et la discipline ardente d'André Breton que Léon Pierre-Quint va découvrir la réconciliation des forces qui s'affrontent en lui. Il salue sans hésiter la fin de toute « activité artistique désintéressée » que la nouvelle école proclame, parce qu'elle répond à un voeu profond formulé dès l'enfance. Si toute la vie est vouée à l'art, c'est à la condition que celui-ci se porte « à la limite des possibilités humaines », pour « atteindre en profondeur le réel ». Paul Eluard écrivait : « Il y a assurément un autre monde, mais il est dans celui-ci ». Cette phrase apportait la réponse à la question que Léon Pierre-Quint avait posée dans son étude sur Lautréamont et brisait le cercle vicieux de « la révolte absolue ». La quête n'est pas vaine, puisque le monde autre existe et l'on peut le trouver puisqu'il est présent dans ce monde-ci. Ni anarchiste irresponsable, ni Dada destructeur, ni Don Juan fuyant le désir comblé, le surréaliste marche vers une réalité accessible, un au-delà inscrit dans l'ici-bas. Les méthodes qu'il propose, Léon Pierre-Quint les adopte sans hésiter, prêt à explorer l'inconscient, les forces refoulées qui conduisent là où, depuis toujours, il s'efforce de parvenir. Il accepte le rêve et son pouvoir, le mythe et sa vérité. Par la subversion de la morale, passion et rigueur, intelligence et beauté, désir et conscience retrouvent une unité perdue. Mais quand il écrit « le surréel, c'est le réel en soi », ou quand, dans une étude consacrée à Freud, il a fait l'apologie du « rationalisme fervent », on devine qu'il sera conduit à prendre ses distances vis-à-vis des surréalistes,


tout en leur gardant, notamment pour André Breton, fidélité et admiration. Elles seront réciproques.

Il va bientôt rencontrer le Grand Jeu et ses champions singuliers dont la jeunesse et le talent allaient séduire nombre de leurs aînés. Comme Pierre Minet devait l'écrire dans son « Récit d'un témoin », qui relate l'histoire du mouvement, Léon Pierre-Quint fut « le mentor » de ces « cousins » des surréalistes. « Sans Léon Pierre-Quint, certainement pas de Grand Jeu ». Ce mouvement stimule la passion permanente de l'éditeur, avide de nouvelles idées, de visions originales, de styles nouveaux et qui fut, sa vie durant, un animateur, un découvreur remarquable. Il réveille en lui le rebelle. Mais s'il accueille et guide les provinciaux, dans la vie littéraire parisienne autant que dans leur recherche spirituelle, c'est sans doute que, pour une part au moins, il épouse leur querelle et partage leur déception. Il doit trouver, lui aussi, que pour citer Daumal, le surréalisme est menacé par « le jeu de société », « la trouvaille divertissante » et qu'il manque du sérieux nécessaire à un projet dont l'objectif est de tirer l'homme de sa prison mentale, d'en briser les barreaux qui se nomment langage et de nier « le schéma discursif du monde divisé en objets individuels et causalité successive ». La passion de la lucidité ne le quitte pas pour autant et s'il aspire, autant que Daumal ou Gilbert-Lecomte, à un monisme qui détruirait, en même temps que les divisions issues des structures verbales constituées, le conflit moral qui le rend étranger à lui-même, il ne résiste pas au devoir d'attirer l'attention des poètes sur le travail de Meyerson, la philosophie des sciences et la nouvelle unité qu'elle ébauche. Il défend la jeune revue, explique son ambition métaphysique, sa recherche du tout « par fusion directe de l'être avec l'univers », mais il entend la réconcilier avec le rationalisme des jeunes savants de l'époque. Il ne peut non plus rester sourd aux « excès de langage, naïvetés et mauvais romantisme » des jeunes exaltés. S'il demeure, comme l'a écrit Pierre Minet, « l'âme de cette revue Le Grand Jeu », ce n'est pourtant pas dans ce jeu que Léon Pierre-Quint devait trouver son âme ou plutôt ce chemin qui conduit « de la révolte à l'équilibre », et parfaire son unité.

Il me semble, en effet, que c'est dans la réflexion de Léon Pierre-Quint sur André Gide et par le livre qu'il lui a consacré — André Gide, sa vie, son oeuvre — paru en 1932, que l'obstacle intérieur devait être forcé. Autant que le Marcel Proust, cet ouvrage me paraît fondamental. L'étude de l'oeuvre, comme le récit de la vie, témoignent d'une compréhension profonde, où l'on admire, encore une fois, le scrupule, la gravité et le sens de la mesure, mais aussi les dons remarquables de l'écrivain. Gide est présent, vivant dans ses


pages et pour ceux, trop nombreux, qui ont oublié ce grand témoin de notre temps, il renaît et impose encore une fois sa démarche, apparemment hésitante, contradictoire et, en fait, animée par une détermination d'airain : « droit devant moi, parmi les hommes ». Surtout, ici comme partout, le critique s'engage directement et participe au vaste débat moral auquel Gide a prêté son talent, lui dont Léon Pierre-Quint dit excellemment qu'il travaillait « sur la matière morale comme le sculpteur de jadis à même le marbre ». Le propos de Gide sur la psychologie, l'art, la famille, la société, sa recherche de la liberté et de la ferveur, Léon Pierre-Quint ne l'explique si bien que parce qu'il l'écoute intensément. La part intime qu'il prend à ce qu'il explique, un détail amusant le révèle en toute clarté. Exposant justement le goût de provocation de Gide, ce jeu du sacrilège qu'en bon critique il ne lui appartient pas de juger, Pierre-Quint ne résiste pas au besoin de noter, par un renvoi en bas de page : « Rien de plus enfantin que l'esprit de celui qui tire du plaisir à heurter la loi générale, puisque son plaisir même prouve qu'il en admet l'existence ». Mais quand, par la bouche de Prométhée, Gide déclare : « Je n'aime pas les hommes, j'aime ce qui les dévore », il annonce la morale individualiste qui sera la voie de la réconciliation. Sur cette éthique, son fondement, ses prolongements, l'analyse du critique est exemplaire : le moi est la réalité première et dernière et développer ses virtualités, c'est, en conséquence, développer la réalité même. Loin de refuser ce qui dévore, il faut l'aimer pour cette raison que c'est le moi encore et sa part créatrice qui le conduit vers des virtualités insoupçonnées. C'est bien pourquoi, « de l'égoïsme comme je l'entends, l'héroïsme ni l'abnégation ne sont exclus ». Le don de soi est une des possibilités les plus intéressantes du moi dont la force s'oriente naturellement vers l'altruisme dans son besoin de dépassement. Parce que le devenir est à l'horizon et qu'il est la condition paradoxale du maintien de l'être, « c'est en se renonçant qu'on se trouve ». Dans la société, dans ses luttes et sa fraternité, le moi, loin de se perdre, va prendre forme et parfaire son visage. L'unité était conquise et j'en veux pour preuve le Journal qui est un texte très original.

Le titre, déjà, est un hommage à l'éthique individualiste : Journal d'une double libération. L'auteur ne craint pas de mettre sur le même plan, de ressentir et exprimer ensemble, la libération de la France de l'occupant nazi et la libération de la drogue, qui, longtemps, l'avait retenu prisonnier. Il entreprend l'une à l'annonce du prodrome de l'autre et la vérité du projet, le lien intime entre deux combats aussi divergents, sont démontrés par l'admirable fermeté du style.


« L'angoisse est au début du monde », c'est elle qui conduit à la drogue et à sa servitude. Il y a aussi une souffrance physique permanente, due à une maladie qui l'atteint dès l'enfance, qu'il faut endormir et qui, comme elle le fit pour Thomas de Quincey, va pousser Pierre-Quint vers de périlleux paradis artificiels. Jusqu'au jour de juin 1944 où il décide de se libérer, seul, sans conseil, sans aide. Or, il faut savoir que l'entreprise est jugée presque impossible et qu'elle relève dans ces conditions, de l'héroïsme. Le journal relate, heure par heure ce terrible combat, ses souffrances, ses doutes et le vertige de la solitude où il se poursuit. Il triomphe, mais au prix de douleurs insupportables. Mais tiendra-t-on demain ? La nuit sans sommeil ; le jour la douleur se réveille dans un corps que la drogue ne protège plus contre le monde et ses agressions. C'est ici que le scrupule gidien, sa sincérité maniaque, sa foi en la morale personnelle comme en une réalité ultime — « C'est le débat moral qui donne aux êtres leur réalité » — trouvent un sens tragique. Le journal, aigle de Prométhée ou ombre de soi, n'est pas seulement récit ou témoin, il est arme et partie au combat. Il exige, pour être poursuivi, un contrôle rigoureux de chaque geste actif, de chaque réaction passive, notés avec un scrupule et un sang-froid qui provoquent l'admiration. L'écoute vertigineusement attentive d'un corps qui se débat constitue le volet spirituel de la libération. Au fur et à mesure que l'être se libère, il se souvient de sa servitude. Mais il a appris à écouter le jugement destructeur. L'aigle, c'est Prométhée encore. C'est-à-dire ce Moi qui s'ouvre, du même mouvement de reprise au monde dont il fait partie, ou qui fait partie de lui et accueille, relate, commente, avec la même intelligence sévère, un même scrupule, une même « prudence opiniâtre », la libération du pays. Quand le journal s'achève, un homme libre se redresse dans un pays libre. Une vie nouvelle, placée sous le signe qui conclut le combat — « Confiance » — l'attend.

Elle sera brève. Dès la libération, Léon Pierre-Quint reprend son activité littéraire de critique, d'éditeur, d'animateur. En 1952, il fait paraître une nouvelle version d'André Gide, sa vie, son oeuvre, remaniée et considérablement augmentée notamment par des entretiens qui parachèvent l'admirable portrait qu'il avait proposé. Signalons encore sa belle préface au livre de Karleja Enterrement à Thérésienbourg où il accueille dans notre langue ce grand talent étranger (1957).

L'année suivante l'écrivain meurt à l'âge de soixante-trois ans. Ainsi fut brisée la « ferveur passionnée, éperdue » que Jean Cassou évoque dans sa belle préface au Lautréamont de Léon Pierre-Quint. Mais, en cette âme et esprit, ou par eux, l'extrême lucidité et la passion ou la fureur s'étaient


réconciliées. Évoquant l'ami généreux, éblouissant par la grâce et par l'intelligence, Cassou parle d'humanisme. Sans doute, mais il s'agit ici d'un humanisme aux limites, non les hommes, mais cela qui les dévore. Notre temps, qui vient de redécouvrir la morale, entendra peut-être bientôt celle, absolutiste, qui déduit du moi et de ses conduites le réel tout entier. Alors Léon Pierre-Quint fera figure de précurseur. Se porter aux limites et les assumer par le corps et par l'esprit, maintenir au sein du vertige la plus haute clarté intellectuelle, faire de l'homme un absolu et, aux confins des possibilités, « atteindre en profondeur le réel », tel apparaît Léon Pierre-Quint.

Jean BLOT


Rencontre avec Heidegger

Le début de mon amitié avec Léon Pierre-Quint date du temps où je commence à lire Heidegger (1941). Jusqu'ici je crois qu'il ne lui était guère arrivé de rencontrer de philosophes au sens universitaire du terme, car il n'avait, pour l'Université, aucune déférence. Je me rappelle qu'un soir à Anjouin c'était même moi (qu'il tenait pour un outsider) qui la défendais devant lui. Cela n'avait bien sûr nullement détourné son goût de la philosophie, comme l'atteste son assiduité au cours de Bergson sur Spinoza au Collège de France, peu avant la première guerre mondiale. Mais Spinoza et à sa façon Bergson n'étaient-ils pas, comme Proust et Gide en littérature, « hors lige » ? Avant 1941 à mon sens aucun « philosophe » n'avait donc fait partie de son entourage amical — qui était plutôt littéraire et aussi politique — le terme étant à entendre indépendamment de toute activité, de sa part, directement partisane.

A partir de 1942, j'avance cependant pas à pas dans la lecture de Heidegger que je vois pour la première fois en septembre 1946. C'est ainsi qu'en 1947 Fontaine, qui n'était précisément pas une revue philosophique, publie dans son dernier numéro, à la suite de la seconde moitié de la Lettre sur l'Humanisme (que j'avais reçue au début de l'année 1947 et que venait de traduire mon ami Joseph Rovan), un texte un peu frondeur que j'avais écrit sous le titre : Heidegger et le problème de la Vérité. C'est la lecture de ce texte qui donna à Léon occasion de m'adresser la lettre du 20 janvier 1948 qui figure à la présente Exposition. De cette époque il me reste deux lettres : une d'Emmanuel Levinas qui m'approuve sans réserves, une de Pierre-Quint qui me pose des questions.

Qu'ai-je répondu ? J'avoue qu'il n'en demeure aucune trace ni par écrit, ni dans le souvenir. Quelques années passèrent où nous nous voyions


souvent, Léon et moi. C'est au cours de ces années qu'il me communiqua les notes qu'il avait prises autrefois au cours de Bergson. Il avait l'intention de les publier, à quoi je l'encourageai, avec un très bon texte de lui sur Spinoza qu'il me communiqua aussi. La publication n'eut pas lieu à cause d'une clause du testament de Bergson dont je lui avais fait part, mais qui ne me paraissait pas insurmontable, car il ne s'agissait pas d'un « écrit » de Bergson, mais d'un témoignage d'auditeur à la lecture duquel on reconnaissait merveilleusement le « parlé ». Par le texte que j'avais en main j'entendais Bergson dire, à propos de la critique par Spinoza du concept cartésien de volonté : « il y a des actes, il n'y a pas d'actes de volonté ; le mot volonté est toujours de trop. » De mon côté je lui racontais comment j'arrivais à m'entretenir avec Heidegger, malgré l'absence de courrier entre France et Allemagne et la difficulté de franchir la frontière. Comme on le voit d'après sa lettre de janvier 1948, c'était le recours de Heidegger au concept d'angoisse comme introduction à la philosophie qui fascinait Pierre-Quint, prêtant l'oreille à travers Baudelaire à une prose inhabituelle :

Ange plein de gaîté, connaissez-vous l'angoisse...

Ceux que parfois visite l'angoisse — ainsi parlait Heidegger en 1929 dans la leçon inaugurale de son enseignement à Fribourg — n'en sont nullement désemparés comme ceux qui ont peur mais, rabroués de toute présomption, son appel les convoque à une responsabilité délivrée des alibis, aussi majestueux que généralement pharisaïques, que fournissent aux hommes le péché ou, dans un sens moral, la faute, et qui est la sérénité plus secrète du rapport à l'oeuvre. Si l'angoisse est révélation du rien, encore faut-il dire : ex nihilo omne ens qua ens fit — c'est du rien que prend naissance tout étant comme étant, mais selon le mode dégrisé de la finitude, et non dans l'emphase de donner à autrui des leçons. Le poète en a le plus clair des savoirs, mais qui ne lui est insolitement proche quand, à ses risques et au lieu de se laisser accaparer par des ambitions et des besognes de métier, il se cherche dans le non-frayé un chemin qui ne lui est distinctement prétracé nulle part ? C'est ainsi que Heidegger n'a pas plus craint de déplaire à beaucoup en acceptant en un temps de détresse et sans l'avoir souhaité, la charge du Rectorat de son Université qu'il n'a hésité à déplaire aux puissants en la résignant avant terme, ce qui était, comme fit en son temps Socrate au dire de Platon, « rentrer chez lui plutôt que de s'associer à une iniquité ». Il a par là déplu à tout le monde, sauf à quelques-uns. On peut certes théâtraliser les choses différemment, mais alors il n'est pas trop sûr que la vérité y trouve son compte.

Je crois qu'ici Léon Pierre-Quint avait deviné l'essentiel, lui qui n'était pas hanté par la crainte du péché et que j'ai connu parfaitement inaccessible


à la crainte. C'est sans doute pourquoi, sans que je le lui aie recommandé d'aucune manière, il décide en 1955 d'être personnellement présent à la Rencontre de Cerisy où Heidegger ouvrit les débats par la conférence Qu'est-ce donc que la Philosophie ? Je le vis arriver sans sa onze légère, égal à lui-même, comme si sa venue allait de soi. Il prit place parmi les autres en auditeur silencieux, mais je crois que je répondis à ses voeux en lui proposant de rencontrer Heidegger à part de tous autres. J'étais seul présent à cet entretien.

De quoi allait-il être question ? Je n'en savais trop rien d'avance. Ce fut à propos de l'angoisse que s'engagea le dialogue. Heidegger, merveilleusement intuitif, avait aussitôt reconnu en son visiteur quelqu'un qui, sans nul souci de se documenter, comprenait à demi-mot ce qu'autrefois il avait pu dire et qu'il n'avait pas répété. Non l'angoisse n'est pas ce malaise psychique dont traite la pathologie et dont il faudrait fixer la nature dans un ébranlement intime, quitte à en cantonner l'épicentre quelque part. Elle est Ausstrahlung, irradiation ou mieux clairière de l'angoisse (Lichtung), mais dans un rapport à ce qui demeure en elle réservé. Non pas, disait Heidegger en souriant, au sens de la reservatio mentalis, chère à la casuistique. Mais si l'ennui ou la joie manifestent aussi une présence panique de l'étant, à la différence de ces « dispositions »(Stimmungen) l'angoisse garde en elle un secret en tant qu'elle ne nous manifeste l'étant qu'en révèlant en lui, non moins originelle, la possibilité du rien comme, dit Être et Temps, « le plus extrême pas encore, en avant duquel tous autres ont leur place ». Si la mort est un nom reconnu pour ce rien, l'angoisse n'est pourtant pas délectation morose, mais clairvoyance insigne. Je me remémorais les paroles de Heidegger en 1929 : « Dans la nuit claire du rien que révèle l'angoisse, c'est là seulement que commence à percer la manifesteté originelle de l'étant comme tel : qu'étant il y ait, et non pas rien. » Le monde n'en est pas appauvri. L'angoisse n'est pas restriction du champ. Elle l'ouvre au contraire à la mesure d'un monde. Découverte du rien, elle nous fait d'autant plus présent le monde, avec tout ce qu'il comporte en possibilités, qu'être-au-monde n'est, en chacun de nous, précisément que ce rien à peine différé. Par là l'homme est l'étant à qui, s'il n'est jamais trop tard, il n'est surtout jamais trop tôt pour se manifester en ce qu'il peut et selon le rapport à l'oeuvre, dans le souci constant de ne pas devenir, disait Nietzsche « trop vieux pour ses vérités et pour ses victoires », bien que le plus souvent, lisons-nous aussi dans Être et Temps, ce soit « encore inachevé qu'il atteint son terme, si ce n'est dans la décrépitude de l'usure. »


Tandis que nous parlions ainsi presque à voix basse, le soir peu à peu tombait sur nous :

Le soir change sens et image,

avait dit, cher à Heidegger, Trakl. Bientôt allait sonner la cloche qui rassemblerait à dîner tous ceux qui s'étaient transportés à Cerisy soit pour se faire valoir en réfutant Heidegger, soit en spectateurs de Heidegger en France, et sans vouloir « connaître autre chose de lui que son visage » en sorte que, comme l'écrit encore Descartes à propos d'une invitation précisément en France, on l'y avait voulu « seulement avoir... comme un Éléphant ou une Panthère, à cause de la rareté, et non point pour y être utile à quelque chose. » Léon n'était d'aucun de ces deux bords. Et c'est pourquoi, un soir de septembre 1955, Heidegger fut amicalement attentif à un visiteur qui, comme un plus jeune son aîné, écoutait de sa part et jusqu'au silence une parole pour laquelle il n'avait pas besoin de glose. Entre eux c'était l'entente. Car l'un et l'autre se trouvaient être de la race de ceux qui surent se dirent à eux-mêmes, comme se le dit un jour Valéry : « Angoisse, mon véritable métier. »

Jean BEAUFRET


Le Sagittaire

Le 2 avril 1921, Léon Pierre-Quint signait avec Simon Kra le contrat de son premier livre édité sous la marque du Sagittaire (1), un recueil de nouvelles, Déchéances aimables, à paraître avant la fin de l'année et que Max Jacob s'était engagé à illustrer de vingt-deux aquarelles. L'ouvrage ne fut publié qu'à l'automne de 1924, sans les illustrations prévues, mais dans une collection nouvelle que dirigeaient Philippe Soupault. et Léon Pierre-Quint.

Celui-ci en effet, le 23 janvier 1923, avait signé avec Simon Kra et son fils Lucien un autre contrat stipulant d'une part qu'il assumerait « seul la direction de la partie littéraire et uniquement de la partie littéraire des livres courants des Éditions du Sagittaire », d'autre part qu'il partagerait « avec un co-directeur (actuellement Monsieur Philippe Soupault) la direction de la collection littéraire des éditions portant le titre de la revue publiée par MM. Kra ».

Au tout début de 1923, la collection future n'avait pas encore d'appellation bien définie : elle dépendrait du titre de la revue pour laquelle André Germain et Simon Kra venaient de s'accorder le 22 décembre précédent. Quelques années après avoir créé Les Écrits nouveaux, André Germain voulait relancer sa revue en la transformant. Pour cela il avait fait entrer au comité de rédaction Philippe Soupault, connu surtout comme « dadaïste », qui en assura la direction jusqu'en mars 1926. On pensa d'abord appeler la nouvelle revue La Jeune Europe, ce fut La Revue européenne (1923-1931), que la Librairie Kra diffusa pendant les quatre premières années de son existence.

Ainsi apparurent, à partir de 1923, sous leur couverture grise et bleu, les premiers volumes de la « Collection européenne ». Elle marqua à ce point


l'histoire de la maison qui l'éditait qu'on a identifié à tort l'une et l'autre. En réalité, si l'époque de la « Collection européenne » fut la plus brillante de l'histoire du Sagittaire, celui-ci existait depuis quelques temps déjà. Quant à Léon Pierre-Quint, ses relations avec la famille Kra étaient plus anciennes encore.

Le jeune Léon Steindecker était un ami d'enfance de l'une au moins des deux filles de Simon Kra, Suzanne, qui, en 1909, lui écrivait qu'elle trouvait « tordant pour une petite homme-lette comme toi »(il avait quatorze ans) qu'il portât la moustache. Plus tard, en 1914, un certain embonpoint lui permettait de retenir sur les bancs du Collège de France la place de son ami au cours de Bergson. En 1925, c'est à elle qu'il s'adressa pour l'aider à corriger les épreuves de son Proust. Simon Kra, qui le tutoie dans leur correspondance, avait sans doute trouvé commode, pour succéder à André Malraux comme directeur littéraire du Sagittaire, de s'adresser à un jeune homme déjà frotté de littérature et qu'appréciaient ses enfants, qui prenaient une part de plus en plus active à la gestion de la librairie familiale.

Celle-ci s'appela longtemps « la librairie de l'Ancien Temps » et avait été fondée par Simon Kra, qui fut secrétaire d'un des Rothschild, en 1903, rue de la Victoire. Après un incendie, elle emménagea en 1906 dans une boutique minuscule, 6 rue Blanche, où l'on pouvait trouver livres anciens et autographes, dont le jeune Steindecker fit une collection. A la fin de la guerre de 1914-1918, Lucien, de retour du front et qui avait beaucoup voyagé auparavant, entreprit de donner à l'entreprise paternelle une dimension nouvelle. La vogue du livre illustré de luxe avait commencé qui suscita durant les années 20 et jusqu'à la crise de 1931 un marché florissant. Il chargea en 1920 André Malraux de bâtir pour le Sagittaire, marque sous laquelle allaient paraître la plupart des livres des Éditions Kra, un programme de livres de luxe. Le futur romancier avait acquis une certaine expérience du courtage et dirigé le choix littéraire des éditions de René-Louis Doyon, La Connaissance. Un programme, voilà qui paraissait bien nécessaire à une librairie qui, jusqu'alors n'avait publié qu'un seul titre — en coédition avec Lucien Boyer —, Les Flirts du mâle...

Malraux, malgré quelques concessions — deux fragments de Sade — à l'érotisme de plus ou moins bon ton qui était à cette époque une des caractéristiques de cette production, eut des réussites honorables (Coeurs à prendre de Georges Gabory, illustré par Galanis, Le Livret de l'imagier de Rémy de Gourmont, illustré par Daragnès), même assez remarquables (Dos d'Arlequin de Max Jacob illustré par l'auteur, Étoiles peintes de Pierre Reverdy illustré par Derain), dans un ensemble d'une douzaine de titres publiés en


deux ans environ, parmi lesquels il convient de mentionner aussi les Causeries de Baudelaire, un livre de Laurent Tailhade, deux de Jean de Tinan et des Textes de Jarry. Ce programme qui reflétait les goûts du jeune directeur, donna au Sagittaire un renom littéraire et commercial suffisant pour attirer l'attention d'André Germain qu'Edmond Jaloux et Valery Larbaud secondaient alors à la tête des Écrits nouveaux.

L'arrivée au Sagittaire de Léon Pierre-Quint et Philippe Soupault, aux goûts littéraires assez différents, mais qui se complétaient remarquablement donna aux Éditions Kra une impulsion nouvelle. Les sommaires de la Revue européenne n'avaient pas le parfum fin de siècle du premier Sagittaire : on y découvre dès les premiers numéros Mauriac, Drieu la Rochelle, Delteil, Milosz, Ribemont-Dessaignes, Pierre Jean Jouve, Tzara, Natalie Clifford Barney, Claudel, Montherlant, Cendrars, Jean Cassou, Supervielle, Ségalen, Michaux, dans un éclectisme qui rassemblait tous ceux qui brisaient d'une manière ou d'une autre avec la littérature d'avant-guerre. Ceci à la suite des Écrits nouveaux dont le titre lui-même marquait la conscience d'une rupture.

La nouveauté en 1923, ç'allait être aussi le surréalisme : André Breton (n° 9 et 18), Robert Desnos (n° 13), Roger Vitrac (n° 18), Benjamin Péret (n° 26), Pierre Naville (n° 26), Michel Leiris (n° 28), Antonin Artaud (n° 29 et 31) sont présents dans la Revue et surtout Louis Aragon qui y publia la plus grande partie du Paysan de Paris (n° 16-19 et 25-28) ainsi que Le Cahier noir (n° 36-37).

Européenne elle le fut et même déborda-t-elle les limites du Vieux Continent en accueillant Sherwood Anderson et Rabindranath Tagore aux côtés de Gorki, d'Annunzio, Henry James, W.B. Yeats, Panaït Istrati, J.K. Chesterton, Pirandello, Wedekind, Rainer Maria Rilke, R. Gomez de la Serna, Serge Essénine.

Elle était le champ d'essai de la collection et il n'est donc pas étonnant de trouver parmi d'autres bien des noms communs aux deux : Gorki, Delteil (Choléra), Max Jacob (L'homme de chair et l'homme reflet), Ramon Gomez de la Serna, André Salmon, Miguel de Unamuno, R. Tagore, Pirandello (On tourne), Georges Ribemont-Dessaignes (Céleste Ugolin), Sherwood Anderson, Sigrid Undset, Scott Fitzgerald (Gatsby-le-Magnifique) et René Crevel (Mon corps et moi, 1926 ; La Mort difficile, 1926 ; Babylone, 1927). Nul doute que les trente-sept titres que la « Collection européenne » publia de 1923 à 1928 constituèrent plus tard pour Léon Pierre-Quint un pôle de référence, une réussite qu'il fallait tenter de renouveler lors des nouveaux départs qui rythmèrent l'histoire mouvementée du Sagittaire.


Elle témoigne aussi de la tendance bien intéressante pour une jeune maison à organiser sa production en séries raisonnées, qu'il s'agisse des livres courants ou des livres de luxe. Peut-être faut-il y voir la conséquence des initiatives d'André Germain qui, un an après les débuts de la « Collection européenne », signait avec Simon Kra un second accord pour une autre collection, « Les Cahiers nouveaux », dont la direction devait être assurée, comme la précédente, par leurs deux mandataires.

Ce qui la singularisait le plus par rapport à son aînée était ses tirages limités au maximum à 1 000 exemplaires, aussi le souci de publier des éditions originales sur un papier de meilleure qualité et la place moins large qui y était faite aux écrivains étrangers. Sa couleur littéraire par contre, était semblable à celle de la « Collection européenne » : parmi les noms qui n'apparaissent pas dans la première, citons Thomas Mann (La Mort à Venise), Kahlil Gibran (Le Prophète), Michel Leiris (Le Point cardinal), André Maurois (Le Chapitre suivant). Parmi les trente-six titres qui furent publiés de 1924 à 1927, il convient de remarquer également Le Voyage d'Horace Pirouelle de Philippe Soupault, Il était une boulangère de Benjamin Péret, Les Pénitents en maillots roses de Max Jacob, Ignorantes de Luigi Pirandello, La Première disparition de Jérôme Bardini de Giraudoux et La Liberté ou l'amour de Robert Desnos qui valut à son éditeur un procès pour outrage aux moeurs et la suppression de soixante pages, qui furent remplacées par des feuillets blancs.

A la suite de ces deux collections et à l'initiative du seul Léon Pierre-Quint en naquirent bien d'autres. Celle des « Documentaires » fut la première et sa longévité fut la plus grande, puisqu'elle se poursuivit jusqu'en 1939. Consacrée à des « études de sociologie, d'économie politique, de finances, de littérature et d'art », elle avait une vocation encyclopédique qui donna au Sagittaire un caractère nouveau. L'année même de sa création, en 1924, le premier Manifeste du surréalisme d'André Breton y fut édité, en même temps que La Réforme monétaire de J.M. Keynes et Lénine et le paysan russe de Maxime Gorki. Léon Pierre-Quint y publia en 1925 son étude sur la vie et l'oeuvre de Marcel Proust et plus tard, entre autres, Vérités arbitraires de Miguel de Unamuno, Images sur la Tamise de Mac Orlan, Le Citoyen contre les pouvoirs d'Alain, le Panorama du cinéma de Georges Charensol, le Panorama de la peinture française de Pierre Courthion, ces deux derniers titres préfigurant en d'autres domaines la collection des « Panoramas des littératures contemporaines »(1928-1940).

Tandis que la « Collection Fontenelle »(1929-1931) dirigée par le chimiste Georges Urbain et Salomon Reinach s'efforçait de présenter au plus large public possible « les grandes théories de la science » contempo-


raine sous une forme claire et concise, la « Collection Voyages » confiait à Maurice de Maeterlinck, Joseph Kessel, Alphonse de Châteaubriant le soin de guider leurs lecteurs en des promenades plus poétiques que touristiques à travers la Sicile, la Syrie et les Pays-Bas. Enfin les « Carnets littéraires », à tirage limité, publiaient en éditions de demi-luxe des inédits d'auteurs français (Emmanuel Bove) et surtout étrangers tels que Heinrich et Thomas Mann, Mario Puccini, Knut Hamsun et Pirandello, dont quatre traductions furent publiées au Sagittaire en l'espace de trois ans.

Ainsi s'organisa en quelques années, sous l'impulsion de Léon Pierre-Quint et de Philippe Soupault, un fonds étonnamment riche. Le succès accompagna cette politique de choix ambitieux et équilibrés : les tirages de plus de 10000 exemplaires n'étaient pas rares. Parmi les meilleures ventes du Sagittaire, on ne s'étonnera pas de découvrir les Mémoires de Joséphine Baker, les Voyages de Charlie Chaplin, Verdun par Fritz von Unruh. Plus extraordinaire fut le succès de l'Anthologie de la nouvelle poésie française rédigée par Philippe Soupault et Léon Pierre-Quint. Publiée en 1925, elle était en 1931 le titre le plus vendu du catalogue. Son succès entraîna la réalisation de toute une série d'anthologies complémentaires, jusqu'en 1938 et au-delà. Faire connaître au public français sa nouvelle littérature sans exclusive de chapelle, faire découvrir le meilleur des littératures étrangères, dresser des bilans dans tous les domaines de la littérature, des sciences et des arts, tels sont les trois principaux aspects d'un projet éditorial peu commun dans son ambition double, choisir et tout embrasser.

Distinguer la part de l'un et de l'autre directeur littéraire dans cet ensemble, en l'absence de témoignage satisfaisant, est malaisé. Notons tout d'abord que le domaine exclusif de Léon Pierre-Quint s'étendait à l'ensemble des choix littéraires du Sagittaire à l'exception des deux premières collections pour lesquelles seules il partageait la direction avec Philippe Soupault. C'est dire que son influence était prépondérante, même si l'on admet qu'en ce qui concerne les livres illustrés de luxe le rôle de Lucien Kra n'était pas négligeable. Ceux-ci d'ailleurs, mis à part trois titres (Les Sept péchés capitaux (1926) illustrés par Chagall, Bêtes et compagnie d'Henri Chaumet (1928) illustré par Foujita et De nos oiseaux de Tristan Tzara (1929) illustré par Jean Arp) n'étaient pas ce qui fut publié de plus remarquable 6, rue Blanche.

A cause des liens de Philippe Soupault avec les surréalistes et de sa grande curiosité des littératures étrangères, on serait tenté, dans les domaines communs aux deux jeunes gens d'attribuer à Léon Pierre-Quint le choix des écrivains d'une génération plus âgée, tels que Max Jacob, familier


de la rue Spontini, Mac Orlan, André Salmon, ou, parmi les jeunes auteurs, ceux qui furent ses amis, Jean Cassou, René Lalou, Joseph Delteil... Ce serait négliger sa connaissance supérieure des littératures germaniques (les premières traductions françaises d'Heinrich et Thomas Mann furent éditées par lui) et son infatigable curiosité d'esprit jointes à un charme, à une présence intellectuelle qui attachèrent au Sagittaire bien des jeunes écrivains dont la fidélité perdura tandis que Philippe Soupault n'y jouait plus aucun rôle. L'ami de Roger Gilbert-Lecomte, de René Daumal, le mécène du Grand Jeu ne fut pas l'éditeur du groupe — il projeta cependant de publier Le Contre-Ciel qui fut même annoncé, puis abandonné lors de la crise de 1931. Par contre, la présence au catalogue du Sagittaire de tant de poètes surréalistes doit probablement plus à l'intérêt qu'il manifesta très vite pour eux, sans d'ailleurs partager jusqu'au bout leurs conceptions de la littérature, qu'à l'orageuse camaraderie de Philippe Soupault. Dès 1925, il était l'ami de Théodore Fraenkel et de Robert Desnos et le leur manifesta très concrètement quinze ans plus tard aux heures sombres de la guerre. Il fut également très proche de René Crevel, dont le Sagittaire publia quatre livres. Quant à André Breton, son attachement ne se démentit jamais, du Manifeste de 1924 à La Clef des champs de 1953. Retirant Arcane 17 de chez un autre éditeur, il le confiait à Léon Pierre-Quint : « Du moins avez-vous par là, écrivait-il en 1946, un gage de ma prédilection ».

De 1923 à 1931, plus de 250 volumes parurent sur les 410 environ que devrait comprendre un catalogue complet du Sagittaire jusqu'en 1953. Le chiffre d'affaires de la maison, qui n'était que de 200000 F en 1922, avait décuplé en 1927. La direction littéraire de Léon Pierre-Quint et de Philippe Soupault y avait beaucoup contribué, mais leur action et en particulier celle de Léon Pierre-Quint ne s'était pas bornée là. Intéressés aux bénéfices des éditions qu'ils proposaient, ils engageaient également leurs capitaux quand Simon et Lucien Kra hésitaient à s'aventurer seuls. Le meilleur exemple de cette participation financière est celui de Léon Pierre-Quint pour l'édition de 1926 des Sept Péchés capitaux. Ce livre qui réunissait sept textes de Jean Giraudoux, Paul Morand, Jacques de Lacretelle, Pierre Mac Orlan, André Salmon, Max Jacob et Joseph Kessel, devait être illustré de quinze eaux-fortes de Marc Chagall. Est-ce la personnalité de l'artiste — il n'avait pas, jusqu'alors, véritablement illustré de livres — qui fit reculer Simon Kra ? Toujours est-il que ce fut Léon Pierre-Quint qui avança les frais de l'édition. Il en partagea les bénéfices avec son employeur, mais au cas où cette affaire eût été un échec, il en aurait supporté toute la dépense...

Au fil des ans Léon Pierre-Quint et Philippe Soupault devinrent les associés de la famille Kra. Le contrat de 1922 fut renouvelé trois ans plus


Léon Pierre-Quint. Huile sur toile par Joseph Sima, 1929 (Coll. part.).


tard jusqu'au 1er mars 1927 à des conditions qui leur étaient plus favorables. A partir de 1927, le rôle de Philippe Soupault, très requis par son métier de journaliste, s'estompa. L'année suivante, il coupait les derniers liens qui le retenaient à la Revue européenne. D'autres curiosités l'appelaient, plus lointaines, qui lui laissaient peu de temps pour le Sagittaire, dont il ne se désintéressa cependant tout à fait qu'après 1931.

Léon Pierre-Quint y demeurait. Son rôle de critique littéraire à la Revue de France, sa connaissance constamment aiguisée de la littérature de son temps et, détail non négligeable, les capitaux qu'il pouvait engager à l'occasion, modifièrent à la fin de 1927 sa situation vis à vis de la librairie Kra. A partir de cette date la convention imaginée pour l'édition des Sept péchés capitaux devint systématique, au moins pour les livres de luxe que le Sagittaire publia alors en nombre croissant : Léon Pierre-Quint avancerait les frais de chaque édition et en partagerait avec Lucien Kra les bénéfices. Plus tard même, contre un prêt qu'il avait fait, il reçut en gage la collection humoristique « Poivre et sel ».

La part de plus en plus grande qu'il prenait dans la marche du Sagittaire, le succès des éditions, lui donnèrent probablement l'idée de substituer au statut artisanal sur lequel vivait la maison, celui plus moderne d'une société anonyme. L'apport de capital que supposait la constitution d'une telle société lui permettrait d'accorder son organisation à l'essor de sa production récente. L'année 1927 en effet avait été pour le Sagittaire la plus faste de son histoire, quatre nouveaux titres paraissaient en moyenne chaque mois et ce rythme se maintint en 1928. L'accord pris entre Léon Pierre-Quint et Lucien Kra ne suffisait plus alors à assurer normalement le financement des nouveautés. Pour la dédommager de la cession de son actif à la nouvelle société, la famille Kra reçut la moitié des 20 000 actions de 100 F qui furent alors émises. Le reste se partagea entre une vingtaine d'actionnaires, dont une banque pour près du quart des actions et Léon Pierre-Quint pour 500.

On fit l'acquisition d'un immeuble rue Henri-Regnault, où les différents services jusqu'alors dispersés rue Blanche, rue de la Victoire et rue Rodier, furent réunis. Un personnel assez considérable fut engagé et les « Éditions du Sagittaire (anciennement Éditions Kra) » réorganisées, modernisées et financièrement assurées repartirent de plus belle. La première assemblée générale réunie le 3 mars 1930 enregistra de légères pertes qu'on imputa aux débuts nécessairement plus difficiles de la société et aux frais de remise en ordre. La seconde d'ailleurs, un an plus tard, enregistra un bénéfice qui compensait exactement les pertes précédentes.


On y décida l'abandon de la référence aux anciennes Editions Kra et l'on nomma à la tête de la société un directeur général.

Le Sagittaire vivait sur un grand pied et pensait pouvoir se le permettre : les éditions de luxe et de demi-luxe, souscrites dès avant la parution ou épuisées en quelques semaines, assuraient des rentrées conséquentes et financaient les éditions courantes de littérature. René Crevel et Thomas Mann étaient publiés en quelque sorte grâce au Gargantua de Dubout ou à la première série de la collection « Byblis », dont les 12 000 exemplaires des quatre éditions illustrées de Pierre Louys furent épuisés en six mois. Les récentes collections à tirage limité, « Femmes », « Poivre et sel », « XXe siècle », épuisées également, on envisageait la création de nouvelles, « Regards », « Les Grands textes humoristiques », qui les continueraient. La Femme et le pantin de Pierre Louys illustré par Coussens, à peine annoncée, était souscrite au point que les frais de l'impression qui n'avait pas encore commencé étaient déjà couverts. Une édition monumentale des oeuvres complètes de Paul Valéry était aussi envisagée.

Las ! durant l'été de 1931 la crise économique mondiale frappait la France. L'édition de luxe fut la plus directement touchée : les cours d'un marché très spéculatif s'effondrèrent. Bien des éditeurs abandonnèrent ce type de production et le Sagittaire qui en tirait une part considérable de ses fonds fut conduit à une révision déchirante de sa politique éditoriale. Edmond Bomsel, qui présidait alors le Conseil d'administration, dut abandonner les projets à peine ébauchés, céder ceux dont la réalisation était plus avancée. Ainsi ce fut Gallimard qui poursuivit l'édition des oeuvres de Valéry, Albin Michel qui publia La Femme et le pantin et La leçon d'amour dans un parc illustré par Brunelleschi, Flammarion qui reprit le dernier volume de la nouvelle collection « Grandeur et servitude », Plon la collection « Byblis ». Le Sagittaire dût même se séparer de ses deux premiers fleurons, la « Collection européenne » et celle des « Cahiers nouveaux ». L'immeuble de la rue Henri-Regnault fut vendu. A la fin de 1932, Edmond Bomsel démissionnait du Conseil d'administration. On était au bord de la liquidation.

Elle put être évitée grâce à un accord intervenu avec les créanciers et à une réduction très sévère des frais de fonctionnement, qui laissaient à la société la possibilité d'une survie. Mais elle était exsangue.

L'assemblée générale de 1933 marqua la fin de la première époque du Sagittaire : Simon et Lucien Kra, ainsi que Philippe Soupault, démissionnèrent du Conseil d'administration ; Jacques Jéramec, nommé administrateur délégué, liquida l'ancienne gestion en s'entourant d'une nouvelle équipe (Marie-Madeleine Allard, Gabrielle Neumann, Edouard Roditi), décida une


diminution considérable du capital et entreprit de relancer les éditions, allégées de tous les livres de luxe, réduites pour les livres courants aux « Panoramas des littératures étrangères contemporaines », aux « Anthologies » et à la collection des « Documentaires ». Le catalogue du Sagittaire ne comportait plus qu'une quarantaine de titres : tout était donc à reprendre, un fonds littéraire si prometteur, à reconstituer.

Les années qui suivirent furent une lente sortie du tunnel. Rue Rodier où l'on était revenu, le secrétariat que dirigeait la forte personnalité de Gabrielle Neumann était plus occupé à gérer le dénuement qu'à solliciter contrats et cessions de droits. Même Léon Pierre-Quint démissionna du Conseil d'administration en 1934, pour n'y revenir que dix ans plus tard. Il semblait limiter son rôle à celui de directeur littéraire, ce qui, jusqu'à la guerre, l'occupa relativement peu. En fait, éloigné des conseils et des assemblées — celles-ci n'ayant plus d'ailleurs qu'une existence fictive — il était devenu le personnage le plus important du Sagittaire, étant depuis 1934, quoique minoritaire, son principal actionnaire. On ne peut donc envisager ce retrait apparent comme un désintérêt. Certes la gestion d'une société dramatiquement dépourvue de trésorerie n'avait rien qui put exciter celui qui avait connu les années fastes d'avant la crise. Cependant il s'attacha à développer les collections existantes, tout en limitant les risques de pertes. La collection « Anthologies » fut complétée par quatre nouveaux volumes et celle des « Panoramas » par neuf autres. Couvrant l'ensemble des littératures européennes et américaines, cette dernière collection présentait l'avantage d'être partiellement souscrite par les gouvernements des pays concernés.

La collection des « Documentaires » s'augmenta quant à elle d'une dizaine d'ouvrages parmi lesquels Position politique du surréalisme d'André Breton (1935), Quarante ans de cinéma de Georges Charensol (1935), Harmonies critiques de Maurice Martin du Gard (1936). Hors collections, Les Pieds dans le plat de René Crevel (1933), Ulysse dans la cité d'Ilarie Voronca, traduit par Roger Vailland (1933), Silhouette du scandale de Marcel Aymé (1938), Cours naturel de Paul Éluard (1938), Leur morale et la nôtre de Léon Trotsky (1939), Miroir du merveilleux de Pierre Mabille (1940) et l'Anthologie de l'humour noir d'André Breton (1940) sont les titres les plus remarquables. Ce dernier symbolisant assez bien à la fois la revitalisation progressive du Sagittaire à la fin des années trente et le coup d'arrêt que lui porta l'offensive de mai 1940 : c'était en effet un ouvrage confié à l'éditeur Denoël que celui-ci, à cause de la guerre, abandonnait en cours d'impression. Léon Pierre-Quint en obtint la cession et poursuivit sa réalisation. Achevé d'imprimer le 10 juin 1940 — trait d'humour noir bien involontaire —, il fut interdit de


publication par le régime de Vichy, malgré de nombreuses démarches de son éditeur, et dut attendre cinq ans pour être enfin diffusé.

L'immédiat avant-guerre (1932-1940) ne vit paraître au Sagittaire que 55 nouveaux titres, soit autant que durant la seule année 1927. Cette longue période de convalescence fut brutalement prolongée dans des conditions bien plus pénibles qu'auparavant. Réduit à quelques personnes disséminées aux quatre coins de France, le Sagittaire ne courait plus guère de risques financiers, mais ses dirigeants eux-mêmes, dont la ténacité lui permit de durer, allaient être tracassés, inquiétés.

Léon Pierre-Quint, à l'automne de 1939, venait d'aménager à Anjouin, dans l'Indre, une demeure campagnarde où il passa jusqu'à la fin de sa vie tous les étés et où il vécut quasi continûment de juin 1940 au printemps de 1943. Une partie des archives y fut vite abritée et il commença d'y transférer les services de la société. Ainsi, dès le début de 1940, la direction du Sagittaire était bicéphale, comme elle le fut après l'armistice quand les bureaux parisiens se transportèrent à Marseille, dans les locaux loués à la revue Cahiers du Sud où Gabrielle Neumann demeura jusqu'en 1944, y assurant la permanence de la seule maison d'édition parisienne à s'être installée en zone libre. Elle en fut même le premier président-directeur général, de janvier à mai 1941. Jean Beaufret, jeune professeur de philosophie à Grenoble, lui succéda jusqu'à la fin de l'année, puis Julien Luchaire. Il fallait simplement tenir et, vaille que vaille, continuer de publier, malgré la censure et le manque de papier.

La coupure de la France en deux zones, le refus de beaucoup d'écrivains de collaborer avec la nouvelle direction de la N.R.F., donnaient au Sagittaire une occasion de s'attacher des auteurs liés jusqu'alors à la Librairie Gallimard. Léon Pierre-Quint, retenu à Anjouin par l'aggravation de sa maladie, déploya dans ce but une grande activité épistolaire en 1940-41. Cependant les mêmes raisons qui restreignirent à un niveau à peine plus élevé qu'auparavant le rythme des publications empêchèrent de saisir cette chance, aussi les tracasseries administratives du régime de Vichy à l'égard d'une société trop peu « aryenne » à son goût. D'où l'effacement de Gabrielle Neumann et de Jacques Jéramec, l'existence clandestine que Léon Pierre-Quint mena du printemps de 1943 à l'été de 1944 et l'apparition à la tête du Sagittaire d'amis prête-noms tels que René Laporte, Jean Beaufret et Julien Luchaire.

La trentaine de volumes publiés durant la guerre est dominée, en dehors de quelques livres d'histoire contemporaine très liés à l'actualité, par des ouvrages de critique ou d'histoire littéraire : le Péguy de Roger Secrétain


et Paradoxe sur le roman de Kléber Haedens, en 1941 ; Puissance du roman de Roger Caillois, Jalons de Jean Schlumberger et La Création chez Stendhal de Jean Prévost, en 1942. A partir de l'année suivante, la création de la collection « Campagne » confiée à Henri Pourrat, puis celle des « Vies ardentes », situaient prudemment la production du Sagittaire dans l'air du temps.

Dès novembre 1944, un premier Conseil d'administration se réunit dans Paris libéré. Edmond Bomsel y était de retour, ainsi que Léon Pierre-Quint qui y fut nommé président-directeur général, ce qu'il demeura jusqu'en 1951. Le siège de Marseille supprimé en janvier 1945, le Sagittaire prit un nouveau départ dans des locaux de fortune qui furent d'abord les appartements successifs de son directeur, que Gabrielle Neumann continuait d'assister avec le titre de directeur-adjoint, Léon Pierre-Quint partageant ses séjours entre Paris et Anjouin. A partir de 1948, à la suite de deux augmentations du capital, il devint aussi de loin le principal actionnaire, majoritaire à lui seul : le Sagittaire lui appartenait. Cette période de six ans est donc à placer entièrement sous son signe, tant du point de vue des choix littéraires, ce qui était le cas depuis longtemps, que du point de vue de la gestion même de la société.

Il s'agit bien, en 1945-1947, d'un renouveau. A la sortie de la guerre les projets étaient nombreux. Ils n'aboutirent pas tous, le Sagittaire étant, selon le mot de Breton « un être de velleité » dont les flèches étaient fréquemment « en pointillés ». On envisagea de confier à Pierre Mabille une collection, à André Breton une revue. On rêva de livres illustrés, un Bonnard, un Robert Delaunay (l'Album des Tours). Léon Pierre-Quint, qui avait repris contact avec Philippe Soupault et lui proposait de revenir au Sagittaire, songea, comme au temps de la « Collection européenne », à publier un grand nombre de traductions. Il fit porter ses efforts principalement vers le domaine anglosaxon. Des contrats furent signés pour des livres de Dos Passos, Penn Warren, Joseph Conrad, Creekmore, William Saroyan, Nathanael West, Ira Wolfert... Seuls les trois derniers furent effectivement publiés. Le Sagittaire de l'après-guerre fut avant tout un éditeur de littérature française.

Le surréalisme d'abord. André Breton marqua plus d'une fois sa « prédilection », malgré les critiques qu'il put faire du rythme « peu stimulant » des publications : Les Manifestes du surréalisme et Poisson soluble y furent publiés en 1945, Arcane 17 enté d'Ajours en 1947, Martinique charmeuse de serpents en 1948, et l' Anthologie de l'humour noir y fut réédité en 1950. Paul Ëluard lui donna en 1947 son anthologie poétique, Le Meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi ; Pierre Naville y publia la même année Les


Conditions de la liberté ; Maxime Alexandre y fut édité dès 1945, puis en 1946 (L'amour en image).

D'autres publications sont liées autant à l'estime de Léon Pierre-Quint pour leurs qualités propres qu'à l'amitié ancienne ou récente — née de la guerre et de la Résistance — qu'il avait donnée à leurs auteurs, tels Jean Cassou (Le Centre du monde, 1945 ; Les Enfants sans âge, 1946 ; Réflexion sur le commerce des hommes, 1947), Emmanuel d'Astier (Avant que le rideau ne tombe, 1945), Gaston Bouthoul (Cent millions de morts, 1946), Louis Gillet (Stèle pour James Joyce, 1946), Roger Stéphane (Portrait de l'aventurier, 1950).

Roger Vailland (Les Mauvais coups, 1948) et Pierre Minet (La Porte noire, 1945 ; La Défaite, 1947) étaient les deux seuls rescapés du quatuor rémois du Grand Jeu duquel il fut si proche. Marthe Robert (Introduction à la lecture de Kafka, 1946) et Arthur Adamov (L'Aveu, 1946) s'inséraient sans heurt dans un paysage littéraire bien caractérisé, non sans ouvertures cependant sur les formes nouvelles que prenait alors le récit romanesque, dans l'oeuvre de Claude Simon par exemple, dont le Sagittaire publia les deux premiers livres.

Si l'on complète cet aperçu par des ouvrages « documentaires » sur des sujets d'économie, d'histoire, de critique, de politique, tels que Les Fossoyeurs de Pertinax, L'Existentialisme d'Henri Lefebvre, L'Age ingrat du cinéma de Léon Moussinac, La Grande épreuve des démocraties de Julien Benda, on aura, je pense, une idée assez juste, quoique très fragmentaire de ce que fut la production du Sagittaire à cette époque.

Le rythme de publication s'était considérablement accéléré : Léon Pierre-Quint qui souhaitait atteindre celui de trois à quatre nouveaux titres par mois, s'en approcha en 1946, année où le Sagittaire publia plus de trente éditions, mais ne put le maintenir à ce niveau. A la fin de 1946, il alertait le Conseil d'administration : une crise du marché de l'édition lui paraissait se dessiner, qui amènerait sans doute le Sagittaire à réduire son programme et ses tirages.

Cette prévision s'avéra juste. Les ventes se ralentirent et les Messageries Hachette dénoncèrent en 1947 l'accord de diffusion conclu deux ans auparavant, sur lequel était fondé le financement des nouveaux titres. Ce système d'avances sur recettes ne pouvait plus fonctionner dès lors que le solde du Sagittaire chez son diffuseur était devenu par trop débiteur. A la fin de l'année les dettes représentaient plus de dix fois le capital social. Publier de nouvelles éditions dans ces conditions devenait impossible : Léon Pierre-Quint revivait les heures noires de 1931-1932, en pire d'ailleurs car la société n'avait presque rien à céder pour améliorer la situation de sa trésorerie. On


ne publia que Les Mauvais coups en 1948, guère plus au cours des deux années suivantes. Les ventes ne s'améliorant pas, l'avenir du Sagittaire était de nouveau gravement compromis. Le mettre en liquidation ? Léon Pierre-Quint, qui envisagea cette solution, s'y refusa. Il ne restait donc qu'à le vendre dans d'honorables conditions. Plutôt que d'accepter les propositions d'un très puissant concurrent, il s'accorda, à la fin de 1951, avec le jeune directeur des Éditions de Minuit, Jérôme Lindon.

Apurer l'affaire, puis relancer une autre fois une maison pour laquelle il avait plus que de l'estime, voilà ce que se proposait son nouveau président. La tâche était d'autant plus difficile que les Éditions de Minuit elles-mêmes jouaient à cette époque leur avenir chaque mois. Léon Pierre-Quint demeurant directeur littéraire du Sagittaire, la coopération entre les deux hommes aurait pu fructueusement se développer si, très vite, un coup d'arrêt fatal ne lui fut porté à la suite de la réédition de l'Anthologie d'Éluard. En 1954, le Club français du livre rachetait le Sagittaire et Léon Pierre-Quint s'en éloignait un peu plus. A partir de cette date il n'y joua plus qu'un rôle épisodique et le Sagittaire lui-même cessa pratiquement d'exister. Certes, on notera au cours des treize années qui suivirent la publication de quelques ouvrages, guère plus d'une demi-douzaine cependant : jusqu'à sa mise en liquidation en 1967 par son dernier propriétaire, les Éditions Grasset, le Sagittaire n'ayant plus de réelle activité éditoriale, son rôle dans la production littéraire prit fin et son histoire dès lors trouve son terme.

1920, 1931, 1940, 1951 : quatre dates rythment en séquences brèves l'histoire convulsive d'une maison qui, de naissance en petite mort, de renouveau en mise en sommeil et de réveil en lente agonie, se déroula par crises. Si la personnalité de Léon Pierre-Quint ne fut pas la seule à avoir compté au Sagittaire, elle en demeure, pour ceux qui ont vécu les trente années de son histoire, la personnification. Celui qui dans son Journal avouait ne s'être dépeint « qu'en état de crise », y donna tant de lui-même, dans les difficultés de sa propre existence, qu'on serait tenté de voir en celles du Sagittaire le reflet ou le contrecoup des épreuves subies et surmontées de celui qui fut tout au long son animateur. Ce serait sans doute négliger bien des aspects plus structurels et de simple gestion que nous nous sommes efforcés d'évoquer. La destinée d'une maison d'édition tient à de multiples facteurs qui ne dépendent pas tous de ceux qui la dirigent. Toutefois, dans le cas de Léon Pierre-Quint, les liens qui l'unirent au Sagittaire furent si étroits qu'on est excusable de percevoir plus d'une analogie entre une vie et


l'histoire d'un projet éditorial qui en reflète les contradictions. Le Sagittaire ne fut jamais sérieusement une « affaire » pour ce dandy qui ne s'intéressait aux « affaires » qu'en observateur curieux, ni une « entreprise » pour un homme qui, plutôt que de diriger souhaitait faire découvrir, et rêvait de faire partager ses découvertes plutôt que de vivre de celles-ci(1).

Antoine CORON

1. Le Sagittaire eut trois marques : la première, de 1921 à 1930, fut dessinée probablement par Daragnès ; la seconde ne fut utilisée que pour quelques ouvrages surréalistes, dont, en 1935, Position politique du surréalisme, et fut dessinée par Salvador Dali ; la troisième fut employée de 1940 environ à la fin.


Léon Pierre-Quint. Dessin de Robert Delaunay, 1924 (B.N., Départ, des Estampes).


DATES DE LA VIE ET DES OEUVRES DE LÉON PIERRE-QUINT

1895

7 septembre

Naissance de Léopold Léon Steindecker à Paris, 29 rue de la Faisanderie. Son père, Adolphe Steindecker, est banquier, 3 rue de la Bourse.

1901

Commence sa scolarité au Cours Fénelon.

1903

8 mars

Naissance de sa soeur, Germaine Françoise. Elle épouse Georges Selz en 1930.

octobre

Entre au lycée Janson-de-Sailly.

1905

Obtient son certificat d'études secondaires élémentaires. Vacances d'été à Cabourg, Dieppe et Villers durant ces années d'enfance.

1908-1911

Écrit des poésies, compose plusieurs pièces de théâtre et quelques nouvelles.

1909

Frappé d'une grave maladie qui lui laissera des séquelles tout au long de sa vie, il est contraint de quitter Paris. Avec sa famille il passe une partie de l'hiver à Ville-d'Avray et les étés à Berck-Plage, pour les soins que nécessite son état. Cependant il poursuit ses études avec des professeurs particuliers. Cette période de repliement sur soi est aussi celle des lectures intenses.

1911

Ses parents s'installent 155 avenue Victor-Hugo. Rechute de sa maladie.

1912

25 juin

Passe avec succès la première partie du baccalauréat. Retourne à Berck l'été. Note alors : « D'après ce que le docteur m'a dit d'une voix indifférente, je serai souffrant toute ma vie. »

1913

8 juillet

Passe avec succès la seconde partie du baccalauréat. Appréciation


élogieuse de son professeur Louis Davy. Sa santé s'améliore. Voyage en Belgique (Gand et Bruges). Séjour en Angleterre. Son père aimerait le voir entreprendre une carrière dans la banque, ce qui ne le séduit guère.

1914

Il est exempté de service militaire pour raison de santé et n'est donc pas mobilisé quelques mois plus tard. Suit le cours de Bergson au Collège de France sur « la nature de l'âme dans la philosophie de Spinoza » en compagnie de Suzanne Kra, une amie d'enfance.

1915

19 juillet

Bachelier en droit.

1916

20 juillet

Licencié en droit. Court séjour à Caen, où son père est mobilisé.

1917

Découvre Proust en lisant Du côté de chez Swann.

1918

Prend le pseudonyme de Léon Pierre-Quint.

1919

16 mars

Envoie à Proust le manuscrit de « Simplification amoureuse », en lui demandant l'autorisation de lui dédicacer ce roman. Proust répond : « Vous pouvez imaginer avec quel plaisir j'ai lu votre lettre et accepte une dédicace qui me touche infiniment. » Publie dans la revue SIC (n° 42-43) son premier texte. Sa vie littéraire commence alors véritablement. Il fait la connaissance de Max Jacob, de Jacques Rigaut. Il est depuis un certain temps en relations amicales avec la famille Kra (Simon le père et ses enfants Lucien, Hélène et Suzanne). S'installe 15 rue Spontini.

1920

Envoie le manuscrit de « Simplification amoureuse » à Rachilde, qui accepte de le publier dans sa revue, Mercure de France. Donne quelques textes à la revue de R.-L. Doyon, La Connaissance (1920, n° 6 et 11 ; 1921, n° 3).

1921

2 avril 15 avril-15 mai

Occupe à cette époque différents emplois dans les affaires, sans jamais vouloir s'y fixer. Donne de courts textes à L'OEuf dur (jusqu'en 1923), dont (n° 5), « Déchéances aimables ». Tient jusqu'en 1924 une chronique dans L'Information. Publie, jusqu'en 1924 également, un grand nombre d'articles économiques et politiques relatifs à l'Allemagne dans L'Ère nouvelle. Simon Kra décide de publier Déchéances aimables, illustré de vingt-deux aquarelles de Max Jacob. Publication de « Simplification amoureuse » au Mercure de France, avec la dédicace « A Marcel Proust qui découvrit un monde de la


tentation, des paysages et de l'amour, je renouvelle ma gratitude. »

1922

3 juin

Collabore à La Rampe. Nouveau contrat pour une édition non illustrée de Déchéances aimables.

1923

20 janvier

Simon Kra confie à Léon Pierre-Quint la direction de la partie littéraire des Éditions du Sagittaire, ainsi que la co-direction, avec Philippe Soupault, de la « Collection européenne ». Collabore à la Revue européenne jusqu'en 1926. Rédige En Personne.

1924

automne

Collabore au Journal littéraire. La Femme de paille est publié chez Férenczi, dans la collection « Colette », avec une préface de Max Jacob. Déchéances aimables est publié « aux Éditions du Sagittaire, chez Simon Kra », onzième volume de la « Collection européenne », avec un portrait de Léon Pierre-Quint par Robert Delaunay.

1925 1926

janvier juin 8 juillet 1er octobre 24 octobre décembre août-septembre novembre

Anthologie de la nouvelle poésie française (aux Éditions du Sagittaire, chez Simon Kra). Le choix des oeuvres et les notices ont été réalisés en collaboration avec Philippe Soupault. Cette anthologie eut deux autres éditions augmentées (en 1926 et 1930). Marcel Proust. Sa vie, son oeuvre (aux Éditions du Sagittaire, Simon Kra). Cet ouvrage fut réédité en 1928 augmenté de « Le Comique et le mystère chez Proust » et en 1936 augmenté de trois autres études. Il fut plusieurs fois réimprimé jusqu'en 1976. Il fut traduit en anglais (1927) et en espagnol (1944). Le contrat de Léon Pierre-Quint et de Philippe Soupault avec Simon Kra est renouvelé avec quelques modifications jusqu'au 1er mars 1927. Début de sa collaboration à La Revue de France, dont il fut le chroniqueur littéraire jusqu'au 1er octobre 1934. L'audience de cette revue, dans laquelle ses chroniques paraissaient deux fois par mois contribua beaucoup à assurer son influence de critique. Celle-ci lui donna suffisamment de liberté pour faire découvrir à un public plus large la nouvelle littérature et notamment le surréalisme. Conférence sur Marcel Proust aux « Veillées de Paris ». Conférences à Zürich et Neuchatel, sur Marcel Proust, et le surréalisme. Article sur Lautréamont dans la revue Le Disque vert. Conférence sur Joseph Delteil, chez Madame Aurel. Publie deux articles dans Les Feuilles libres, ainsi que dans Les Cahiers du mois. Première collaboration aux Cahiers du Sud, revue à laquelle il donna plusieurs articles et comptes-rendus jusqu'en 1944. Anthologie de la nouvelle prose française (aux Éditions du Sagittaire, chez


décembre

Simon Kra). Le choix des oeuvres et les notices ont été réalisés par Léon Pierre-Quint, Philippe Soupault et divers collaborateurs sous leur direction. En Personne (A la Cité des livres). A la fin de l'année, il fait la connaissance de Pierre Minet, qui vient le trouver au Sagittaire et lui présente par la suite ses « phrères simplistes », Roger Gilbert-Lecomte, René Daumal et Roger Vailland, tous trois étudiants. Léon Pierre-Quint se lia d'emblée avec le groupe de jeunes rémois qui allait fonder le « Grand Jeu ». Il fut, jusqu'en 1932, leur stratège littéraire et leur mécène quand il s'est agi de publier une revue. C'est avec son aide que Roger Gilbert-Lecomte publia la correspondance de Rimbaud et c'est sous son regard que René Daumal mit la dernière main à La Grande beuverie. Joseph Sima, le peintre du groupe, fit son portrait en 1929.

1927

12 et 19 février 15 mars novembre

Voyage de conférences en Allemagne et en Tchécoslovaquie avec Philippe et Marie-Louise Soupault. « Signification du cinéma », dans L'Art cinématographique II (F. Alcan). « André Gide et ses dernières oeuvres », dans Les Nouvelles littéraires, revue à laquelle il collabora jusqu'en 1936. Première collaboration à la revue Europe, à laquelle il donnera des comptes-rendus littéraires jusqu'en 1938. Sa position au Sagittaire devient prépondérante. Philippe Soupault s'en détache progressivement : la Revue européenne n'était plus diffusée, depuis le début de l'année, par la librairie Kra et lui-même en quitta peu après le comité directeur.

1928

mars avril mai septembre octobre 6 octobre

Introduction à La Vieille fille d'H. de Balzac (Lemarget). Le Comique et le mystère chez Proust (Kra). Texte repris la même année dans la réédition de Marcel Proust. Sa vie, son oeuvre. Comment travaillait Proust (Éditions des Cahiers libres). Publication du premier numéro de la revue Le Grand Jeu – le n° 2 parut au printemps 1929, le n° 3 à l'automne 1930. Les Droits de l'écrivain dans la société contemporaine (L'Artisan du livre). Quelques lettres de Marcel Proust précédées de remarques sur les derniers mois de sa vie (Flammarion). « Le Grand Jeu ou un signe dans l'avenir », in Nouvelles littéraires.

1929

Travaille à un ouvrage sur André Gide, l'homme et l'oeuvre, dont la rédaction, interrompue au début de 1930, se prolonge jusqu'en 1931. Les Éditions du Sagittaire se séparent de la Librairie Kra. Collabore au premier numéro de la revue Bifur (un autre article paraîtra dans le n° 7). Conférences sur la littérature française en Belgique (Bruxelles et Liège).


mars août

S'installe au 3, avenue Rodin, dans un appartement décoré par son ami Jean Franck. Anthologie des essayistes français contemporains (Kra). Ouvrage réalisé en collaboration avec Philippe Soupault.

1930

janvier 25 mai août

Le Comte de Lautréamont et Dieu (Cahiers du Sud). Ouvrage réédité en 1967 (Fasquelle) et traduit en japonais (1970). Participe, au Foyer franco-russe, à un débat sur André Gide, où il est, avec André Malraux, l'un des deux « défenseurs » de l'écrivain. Comment Du parut « côté de chez Swann » (Kra). En 1954 cet ouvrage, remanié, fut réédité sous le titre Proust et la stratégie littéraire (Corrêa). L'année suivante le Club français du livre en publia une troisième édition, quelque peu modifiée et augmentée, sous le titre Le Combat de Marcel Proust.

1932 1933

décembre mars-mai septembre octobre

Conférences sur la littérature française aux Pays-Bas (Amsterdam, La Haye). André Gide. Sa vie, son oeuvre (Stock). Ce livre eut une deuxième édition remaniée et augmentée d'entretiens en 1952, chez le même éditeur. Il fut traduit en anglais (1934) et en allemand (1956). Voyage de conférences dans les Balkans : Yougoslavie (Belgrade, Zagreb, Sarajevo, Split), Roumanie (Bucarest, lasi), Bulgarie (Sofia), Turquie (Istambul, Ankara). Rencontre Miroslav Karleja à Zagreb. Série d'articles sur la Turquie dans les Nouvelles littéraires à la demande de Maurice Martin du Gard. Rédige la prière d'insérer du recueil poétique de Roger Gilbert-Lecomte, La Vie l'amour la mort le vide et le vent (Éditions des Cahiers libres). Membre du Comité Thälmann présidé par André Malraux.

1934 1935

mars-mai avril à juillet 19 juin octobre

Donne deux articles aux Nouveaux cahiers bleus. Une nouvelle lecture de Proust dix ans plus tard suivie de Proust et la jeunesse d'aujourd'hui (Éditions du Sagittaire). Texte repris dans la troisième édition (1936) de Marcel Proust. Sa vie, son oeuvre. Collabore au quatre numéros de La Bête noire. La mort imprévue de sa mère l'affecte profondément. Premier article dans la revue juive Le Droit de vivre, à laquelle il collabore jusqu'à la fin de 1938. Période de vif intérêt pour la politique, qui le conduit à certaines formes d'engagement : fait partie du comité « Vigilance », participe à des manifestations antifascistes, est membre du comité organisé par Bernanos, Mauriac, Benda, en faveur des républicains espagnols (en 1936).


1936

Début de sa collaboration à L'Horizon et à La Lumière où il tint une chronique littéraire jusqu'en 1939.

1937

Préface à l'Anthologie des conteurs estoniens (Éditions du Sagittaire). Est chargé du panneau Proust pour « l'ébauche et premiers éléments d'un Musée de la Littérature », organisés par Julien Cain, lors de l'Exposition internationale des arts et techniques à Paris. Collabore également à son catalogue (Denoël, 1938). Est nommé au grade de chevalier de la Légion d'honneur.

1937-1938

Série de conférences littéraires à Radio-Paris.

1938

4 octobre décembre

Lettre ouverte à Aragon publiée dans Le Soir au lendemain de Munich. Léon Pierre-Quint, bien qu'il diffère parfois de l'écrivain communiste dans son appréciation des événements politiques du temps, constate leur communauté d'idées pour condamner l'accord. Aragon lui répondant, souligne qu'il s'agissait simplement de parler le « langage de la raison ». Collabore à la revue antimunichoise de Renaud de Jouvenel Les Volontaires (n° 1).

1939

juillet

Loue et aménage « le Château » à Anjouin (Indre), où, à l'automne, il transporte une partie des archives du Sagittaire.

1940

octobre

Après la débacle et l'armistice, le Sagittaire s'installe à Marseille, dans des locaux loués aux Cahiers du Sud, tandis que Léon Pierre-Quint demeure à Anjouin, où une aggravation de sa maladie le tient immobilisé jusqu'à la fin de 1941. Il travaille beaucoup pour le Sagittaire et reprend Raoul Vergeon, roman qu'il avait entrepris quinze ans auparavant et qu'il laissera à sa mort inachevé. Fait à Vichy la connaissance de Jean Beaufret récemment évadé.

1941

La bibliothèque et les meubles de son appartement parisien, avenue Rodin, lui sont confisqués par les Allemands. « Bergson et Marcel Proust », in Les Cahiers du Rhône. L'article fut repris dans un numéro hors-série de la revue consacré entièrement à Bergson, en 1943. Déjeuner à Marseille, chez Jean Ballard, avec Gide et Valéry.

1941-1942

Inquiété par la police de Vichy, il a un moment le projet d'émigrer aux États-Unis et même celui de rejoindre en Argentine Roger Caillois, avec qui il est alors en rapport épistolaire suivi.

1943

printemps

Quitte Anjouin et, par Lyon, gagne Antibes. Il y vit quelque temps chez René Laporte et sa femme, puis non loin d'eux. Son père qui, depuis le départ de sa soeur, Madame Georges Selz, aux États-Unis, vivait à Anjouin, s'installe près d'Aubusson, dans l'attentive proximité des parents de Jean Beaufret.


1944

mars avril septembre 30 octobre 1er novembre 5 novembre

Malade, il reçoit fréquemment à Antibes, la visite de Roger Martin du Gard. Il se réfugie à Varilhes, dans l'Ariège, où il demeure quelques mois sous le nom de Léon Queyroux. Membre du Comité National des Écrivains. Conférence à la radio sur « Le surréalisme entre les deux guerres ». Prononce au Centre des intellectuels de Toulouse une conférence sur la littérature française de 1918 à 1940. Prononce l'éloge de Jean Prévost à la journée des intellectuels morts dans la Résistance.

1945

14 février

Mort de son père. Prend la défense de Montherlant. Écrit le Journal d'une double libération. Collabore à Confluences (n° 5) et aux Lettres françaises (n° 57 et 110). Le Sagittaire se réinstalle à Paris, d'abord dans les appartements successifs de Léon Pierre-Quint, rue de l'Assomption, puis rue Barbet-de-Jouy (en 1946).

1947-1948

Habite 9, rue Freycinet.

1948

Invité à la décade de Pontigny, où il rencontre Curtius.

1949

Loue un appartement 3, rue Eugène-Flachat.

1950

Nouvelle aggravation de sa maladie. Collabore à L'Observateur, puis, plus épisodiquement, à France-Observateur jusqu'en 1956.

1951

février novembre automne

Mort de Gide. « Un entretien avec André Gide », dans le numéro de la Nouvelle revue française en hommage à l'écrivain. Jérôme Lindon rachète le Sagittaire et succède à Léon Pierre-Quint comme président-directeur général. Celui-ci demeure administrateur et directeur littéraire.

1952

novembre

Série de conférences en République fédérale d'Allemagne sur Proust et Gide.

1953

avril-mai

Conférences en Grande-Bretagne (Londres, Oxford, Edimbourg) sur Gide.

1954

février

Le Sagittaire est racheté par le Club français du livre. Léon Pierre-Quint démissionne du Conseil d'administration. Pascal Pia lui succède comme directeur littéraire. Réalise pour la radio un montage sur André Gide basé sur les oeuvres de l'écrivain et les entretiens publiés à la fin de la réédition de son ouvrage, André Gide. Sa vie, son oeuvre (1952).


mars juin décembre

Publication dans Les Temps modernes (n° 100) de fragments du Journal d'une double libération. Journal d'une double libération (La Table ronde), sous le pseudonyme de Jean Basque. Conférence en Allemagne sur l'existentialisme.

1955

28 août 29 août

Publie dans Action Tunis trois articles sur la colonisation et les écrivains français. Dirige au Pré Catelan d'Illiers l'entretien organisé par la Société des amis de Marcel Proust sur le comique chez Proust. Les notes ayant servi à la conférence qu'il prononça furent publiées à la fin de l'année dans le Bulletin de la Société des amis de Marcel Proust. Rencontre Martin Heidegger au colloque sur la philosophie organisé par Jean Beaufret à Cerisy-Ia-Salle.

1956

juin-juillet

« Roger Martin du Gard le constructeur », in « Le Monde nouveau ».

1957

avril septembre

Introduction à Enterrement à Theresienbourg de Miroslav Karleja (Éditions de Minuit). Avant-propos à Opium de Jean Cocteau (Club français du livre).

1958

21 juillet 25 juillet septembre

Collabore à l'élaboration du numéro sur « L'Univers de Proust » de la revue Le Point (LV/LVI, 1959). La mort le surprit avant qu'il ait pu achever le travail entrepris et priva la revue du texte qu'il avait promis. Mort de Léon Pierre-Quint, 3, rue Eugène-Flachat. Jean Cassou, à son enterrement, prononce l'allocution publiée en tête de cette plaquette. « Un entretien avec Bergson », in Revue de Paris, texte qu'il avait remis de son vivant.

1967

mai

« Herman Melville », in Preuves. Extrait d'un livre en préparation.

1968

avril

Exposition organisée à New York par les services culturels de l'Ambassade de France, pour le dixième anniversaire de sa mort. « Un effort pour dominer l'absurde », in Revue de Paris. Article sur Spinoza.

1969

Exposition organisée à la Maison française de New York. Conférences d'Anna Balakian et d'Alex Szogyi.

1970

Exposition organisée par Alex Szogyi à la Hunter College Library de New York.

1980

Exposition à la Bibliothèque Nationale de la donation faite par Madame Georges Selz des papiers de son frère.


Léon Pierre-Quint en 1951 (photo Serge Jacques).



INVENTAIRE DE LA DONATION DE MADAME GEORGES SELZ A LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE

A. Manuscrits

1. Lettres reçues par Léon Pierre-Quint

Arthur ADAMOV 8 l.a. 1941-1946 – Rose ADLER 2 l.s. 1940 – Douglas ALDEN 2 l.s. 1940-1942 – Maxime ALEXANDRE 2 l.a., 1 l.s. 1946 – Dominique ARBAN 1 l.a. 1954 – Marcel ARLAND 1 l.a. 1924 – Robert ARON 1 c.a., 4 I.s. 1925-1947 – Jean AUDARD 2 l.a. 1930-1932 – Claude AVELINE 2 l.a., 3 I.s. 1925-1942 – Marcel AYMÉ 1 l.a. 1954 – Jean BALLARD 8 l.a., 20 l.s. 1933-1956 – BANINE 1 l.a. 1954 – Henri BARBUSSE 1 I.s. 1925 – Natalie Clifford BARNEY 4 l.a. 1926-1933 – Jean-Louis BARRAULT 1 l.a. 1954 – Louis BARTHOU 1 l.a. 1929 – Gérard BAUER 2 l.a. 1925-1928 – Albert BAYET 2 l.a. 1946 – Jean BEAUFRET 16 l.a., 1 l.s. 1941-1956 – Albert BÉGUIN 7 l.a., 1 l.s. 1939-1941 – Julien BENDA 1 l.a. 1954 – Walter BENJAMIN 1 l.s. 1930 – Jacques BENOIST-MÉCHIN 3 l.a. s.d. – François BERGE 1 l.a., s.d. – Jules BERTAUT 1 l.a. 1925 – Félix BERTAUX 2 l.a. 1930-1933 – René BERTAUX 1 l.a. 1938 – René BERTELÉ 11l.a., 3 c.a., 3 I.s. 1947-1956 – Prince Antoine BIBESCO 1. tel., 1 l.s. 1925-1950 – Henri BIDOU 1 l.a. 1940 – André BILLY 2 l.a. 1941 – René BIZET 1 l.a. 1925 – Jacques-Émile BLANCHE 4 l.a. 1925-1932 – Camille BLOCH 1 c.a. s.d. – Jean-Richard BLOCH 1 l.a. 1925 – Jean BLOT 2 l.a. 1956 – René BLUM 3 I.s. 1924-1928 – Hans BODMER 1 I.s. 1925 – André BOLL 1 l.a. 1941 – Jean de

BONNEFON 2 l.a. 1925 – Georges BORIS 1 l.s. 1932 – Alain BOSQUET 3 l.a., 1 c.a. 1950-1951 – Maurice BOUCHES 1 l.a. 1952 – Jacques BOULENGER 1 l.s. 1939 – Marcel BOULENGER 3 l.a. 1925 – Monny de BOULLY 1 l.a. 1939 – Gaston BOUTHOUL 1 l.a. 1945 – Paul BRACH 3 l. a. 1924 – André BRETON 14 l.a., 1 tel., 1 note a. 1930-1957 – Pierre BRISSON 1 c.a., 1 l.s. 1941 – Léon BRUNSCHWICQ 1 l.a. 1925 – Roger CAILLOIS 13 l.a., 2 l.s. 1940-1956 – Julien CAIN 2 l.a., 1 l.s. 1933-1957 – Jules CAMBON 1 c.a. s.d. – Pierre CAMINADE 8 l.a. 3 l.s. 1946-1949 – André CAMP 1 l.a. 1 c.a. 1953 – Jean CAMP 4 l.a. 1940-1945 – José CANERI 2 l.s. 1925 – Francis CARCO 1 l.a. 1941 – Jean CASSOU 12 l.a., 2 l.s. 1925-1947 – Georges CATTAUI 6 l.a. 1930-1942 – Blaise CENDRARS 1 c.a. 1930 – Mme Jules-Henry CHAMPETIER de RIBES 1 l.a. s.d. – Georges CHARENSOL 1 l.a., 5 l.s. 1925-1956 – Jacques CHENEVIÈRE 1 l.a. 1925 – Comtesse de CHEVIGNÉ 1 c.a. 1925 – Yvonne CITROËN 2 l.a. 1950 – René CLAIR 1 l.a. 1955 – Louis CLAPPIER 1 l.a. 1952 – Virginia CLEMENT 3 l.a. 2 c.a. 1955 – Jean COCTEAU 5 l.a., 1 billet a., 1 dédicace 1931-1957 – Albert COHEN 6 l.s., 1 tel. 1925 – René CREVEL 4 l.a. (dont 2 à F. SELZ) 1925-1930 – Francis de CROISSET 2 l.a., 1 c.a., 2 I.s. 1925-1927 – Ernst-Robert CURTIUS 2 l.a., 1 c.a. 1925-1952 – René DANJOU 1 l.a. 1942 – Julia DAUDET 1 l.a. 1925 – Lucien DAUDET 1 l.a. 1925 – René DAUMAL 23 l.a. 1939-1942 – Véra DAUMAL 2 l.a. 1942-1956 – Louis DAVY 13 l.a. 1913-1916 – Pierre


DEBOEUF 1 l.s. 1955 – Maurice DELAMAIN 1 l.a. 1953 – Jean DELAY 1 l.a. 1954 – André DELMAS 1 l.a. 1955 – Joseph DELTEIL 1 c.a. 1928 – R. DENOËL 1 l.a. 1933 – Tristan DERÈME 2 l.a. 1930 – Robert DESNOS 2 l.a., 3 c.a. 1939-1941 – Fernand DIVOIRE 3 I.s. 1924-1925 – Roland DORGELÈS 1 l.a. 1925 – Marie DORMOY 1 l.a. 1957 – Nicolaï DONTCHEV 1 l.s. 1955 – Colette DRIEU LA ROCHELLE 1 c.a. 1925 – Georges DUHAMEL 1 c.a. 1931 – Louis DUMUR 1 l.a. 1925 – Mme G. V. DURANTEAU de SAINT-HELME 3 l.a., 2 c.a. 1925 – Luc DURTAIN 4 l.a. 1928-1940 – Henri DUVERNOIS 1 l.a. s.d. – Ilya EHRENBOURG 1 l.a. 1948 – Paul ÉLUARD 1 l.a., 1 l.s., 1 tel. 1946-1948 – Pierre EMMANUEL 1 l.a. 1942 – Philippe ERLANGER 1 l.a. 1944 – Édouard ESTAUNIÉ 1 c.a. s.d. – ÉTIEMBLE 7 l.a. 9 I.s. 1939-1947 – Alfred FABRE-LUCE 1 l.a. 1925 – Bernard de FALLOIS 1 l.a. 1958 – Eugène FASQUELLE 1 l.s. 1925 – J.N. FAURÉ-BIGUET 2 l.a. 1925-1946 – Bernard FAY 5 l.a., 1 l.s. 1924-1933 – Florent FELS 1 l.a. 1941 – Marthe de FELS 2 l.a. 1930 – André FERRÉ 2 l.a., 1 l.s. 1946-1957 – Guglielmo FERRERO 2 c.a. 1931 – Léo FERRERO 1 l.a. 1930 – Maurice FLEURY 1 l.a. 1931 – Ford Maddox FORD 1 l.a. 1925 – François FOSCA 3 l.a. 1924-1925 – Theodore FRAENKEL 1 l.s. 1954 – Pierre FRESNAY 1 I.s. 1954 – Georges FRIEDMANN 1 l.a. 1942 – Gaston GALLIMARD 1 c.a. 1954 – Pierre GAXOTTE 1 l.a. s.d. – Jean GENET 1 l.a. 1 note a. 1946 – André GÉRAUD 3 l.a. 1949-1951 – André GIDE 3 l.a. (dont une au père de L.P.-Q.) 1941-1942 – Roger GILBERT-LECOMTE 2 l.a. 1928-1939 – Louis GILLET 9 l.a. 2 c.a. 1939-1941 – Pierre GIRARD 1 l.a. 1925 – Fernand GREGH 4 l.a. 1925-1930 – Claude GRÉGORY 1 l.s. 1956 – Paul GRUNEBAUM-BALLIN 1 l.a. 1932 – Paul GUILLAUME 1 c.a. s.d. – Jean GUITTON 2 l.a. 1939-1940 – Kléber HAEDENS 23 l.a. 1941-1955 – Reynaldo HAHN 4 l.a. 1925 – Pierre HAMP 1 l.a. 1947 – Paul HAZARD 5 l.a. 1941 – Maurice HEINE 3 l.a., 1 c.a. 1931-1939 – Marc HENRY 1 c.a. 1925 – Maurice HENRY 6 l.a., 2 c.a. 1952-1956 – Édouard HERRIOT 1 c.a. s.d. – Anne HEURGON 3 l.s. 1948-1955 – Jean HUGO 3 l.a. 1947 – Georges IZARD 2 c.a. 1954 – Max JACOB 3 l.a. 1925-1930 – Edmond JALOUX 2 l.a. 1925-1940

1925-1940 René JAAMIN 1 l.s. 1946 – Wladimir JANKÉLÉVITCH 9 l.a. 1946-1953 – Paul JARRY 1 l.a. 1931 – Henri JOURDAN 1 c.a. 2 l.s. 1952-1953 – Renaud de JOUVENEL 1 l.s. 1938 – Paul JURY 3 l.a. 1941-1942 – Jevgenia von KAP-HERR 2 l.a., 1 c.a. 1932-1933 – Pierre KLOSSOWSKI 1 l.a. 1955 – Suzanne KRA 4 l. a., 2 c.a., 1 tel. 1909-1933 – Miroslav KRLEJA 4 l.s. 1952-1957 – Jacques KRYN 1 l.a. 1947 – Jacques de LACRETELLE 6 l.a. 1925-1941 ; préface aut. (4 ff.) – Jean LACROIX 2 l.a. 1957-1958 – Jean LAMBERT-GIDE 4 l.a. 1 c.a. 1952-1955 – Roger LANNES 4 l.a. 2 c.a. 1941-1942 – Pierre-Olivier LAPIE 1 l.a. 2 c.a. 1950-1954 – Jean LAPORTE 3 l.s. 1947 – René LAPORTE 2 l.a. 1 c.a. 1950-1953 – Roger LAPORTE 1 l.a. 1946 – Valery LARBAUD 1 l.a. 1 c.a. 1925 – Bernard LAVERGNE 2 l.s. 1947 – S. LEDUC 2 l.a. 1 c.a. 1939 – Henri LEFEBVRE 13 l.a. 1939-1946 – Michel LEIRIS 1 l.a. 2 c.a. 1939-1955 – Pierre LETELLIER 1 l.a. 1958 – Marthe LÉVY 2 l. a. 1953 – Paul LÉVY 4 l. a. 1946-1952 – Louis LEVY-BRUHL 1 l.a. 1931 – Edmond LIMBOURG 1 l.a. 1930 – Victor LLONA 2 l. a. 1924-1925 – Pierre LOUVEL 2 l.a. 1 l.s 119255-1929 – Jean LUCHAIRE RE. a. 1 l.s. 1925-1928 – Carlos LYNES 2 l.a. 1 l.s. 1951-1956 – Pierre MABILLE 3 l.a. 1 l.s. 1941 1946 – Pierre MAC ORLAN 4 l.a. 1 c.a. 1924-1955 – Jacques MADAULE 2 l.a. 1944 – Maurice MAETERLINCK 1 l.a. 1924 – Robert MALLET 1 l.a. 1954 – André MALRAUX 7 l.a. 6 l.s. 1941-1946 – Alice MARCOUSSIS 1 l.a. 1941 – Jacques MARITAIN 1 l.s. 1944 – Louis MARTIN-CHAUFFIER 1 l.a. 1941 -Maurice MARTIN du GARD 2 l.a. 1 l.s. 1933-1954 – Roger MARTIN du GARD 34 l.a., 2 c.a. 1925-1958 – André MASSON 2 l.a. 4 l.s. 1941-1947 – Jean MAUCLERE 1 l.s. 1946 – Thierry MAULNIER 1 l.a. 1947 – André MAUROIS 1 l.s. 1939 – Charles MAURRAS 1 l.a. 1931 – Maurice MERLEAU-PONTY 1 l.a. 1952 – Émile MEYERSON 1 l.a. 1931 – Pierre MICHAUTUTl.s. 1928 – Henri MICHAUX 1 I.s. 1947 – Pierre MILLE 2 c.a. 1928 – Pierre MINET 17 l.a. 1 c.a. 1946-1949 – Francis de MIOMANDRE 1 l.s. 1930 – René MONTAZ 1 l.a. 1954 – Henry de MONTHERLANT 10 l.a. 4 c.a. 1939-1957 – Anatole de MONZIE 1 l.a. 1 c.a. 1933 – Claude MORGAN 1 l. a. 1946 – Léon MOUSSINAC 3 l.a. 1945 – Frédéric


MUGLER 2 l.a. 1 c.a. 1 l.s. 1949 – Maurice NADEAU 7 l.a. 1 l.s. 1946-1954 – Arnold NAVILLE 6 l.a. 1933-1953 – Pierre NAVILLE 2 l.a. 1946 – Jean NEPVEU-DEGAS 2 l.a. 1952-1955 – Jean PAULHAN 2 l.a. 3 l.s 1933 – 11951 – Jean-Jacques PAUPAUVERT 1 l.a. 2 I.s. 1955-1956 – Madeleine PAZ 1 l.s. 1925 – Benjamin PERET 4 l.a. 1924-1946 – Henri PEYRE 2 l.a. 1952-1955 – Gaëtan PICON 1 l.a. 1947 – Raymond POINCARÉ 1 c.a. 1925 – Jean de POITIERS 1 l.a. 1 l.s. 1946 – Léo POLDES 1 l.a. s.d. – François PORCHÉ 5 l.a. 1939-1940 – Jeanne POUQUET 2 l.a. 1923 – Vladimir POZNER 2 l.a. 4 I.s. 1928-1946 – Jacques PRÉVERT 1 l. a. 1954 – Claude-Jean PRÉVOST 1 l.s. 1947 – Jean PRÉVOST 1 l.s. 1930 – Marcel PRÉVOST 1 l.a. 1 l.s. 1925-1933 – Marcel PROUST 1 l.a. 1919 – Robert PROUST 1 c.a. s.d. – Mario PUCCINI 2 c.a. 2 I.s. 1925-1933 – Gaston RAGEOT 1 c.a. s.d. – Marcel RAYMOND 1 l.a. 1938 – Henri de RÉGNIER 1 l.a. 1921 – H. RIBIÈRE 1 l.a. 1955 – André de RIDDER 1 l.a. 1930 – Isabelle RIVIÈRE 1 l.a. 1957 – Gilbert ROBIN 2 l.a. 1925 – Romain ROLLAND 1 l.a. 2 I.s. 1925-1932 – André ROLLAND de RENÉVILLE 12 l.a. 1928-1954 – Gérard ROSENTHAL 1 l.a. 1 c.a. 1924 – Antoine de ROUX 2 l.a. 1923-1942 – François de ROUX 1 l.a. 1941 – Louis-Charles ROYER 2 l.a. 1928-1931 – J. P. SAMSON 2 l.a. 1952-1956 – Roland SAUCIER 1 c.a. 1 l.s. 1924 1941 – Denis SAURAT 1 l.a. 1 l.s. 1946 – Jean SCHLUMBERGER 4 l.a., 1 c.a. 1931-1956 – Roger SECRÉTAIN 2 I.s. 1940 – G. SEMIONOV 1 l.a. 1956 – Louis SERPEILLE de GOBINEAU 1 l. a. 1925 – Joseph SIMA 3 l. a. 1954-1956 – Claude SIMON 1 l.a. 1949 – Philippe SOUPAULT 10 l.a., 1 l.s. 1924-1952 – Stephen SPENDER 1 l.a. 1927 – Jacques SUFFEL 2 l.a., 1 c.a. 1955 – Jules SUPER-VIELLE 1 l.a. 1925 – Jérôme et Jean THARAUD 1 l.a. 1933 – Marcel THIÉBAUT 6 l.s. 1952-1957 – Johannes TIELROOY 2 l.a. 1925 – TOUCHAGUES 1 l.a., 1 c.a. 1946 – Tristan TZARA 2 l. a., 1 l.s. 1949 – Wilhelm UHDE 1 l.a. 1947 – Constantin ULLMANN 7 l.a. 1925 1930 – Roger VAILLAND 15 l.a., 4 I.s. 1939 – 1954 – Y. VAN BOSSE 1 c.a. 1940 – Fernand VANDEREM 2 l.a. 1924-1925 – François VERNET 7 l.a., 4 c.a. 1942 – Jean VILAR 1 l.a., 1 l.s. 1955 – Charles VILDRAC 1 l.a. 1931 – Victor VINDE 1 l.a., 1 l. s. 19330 – 19 33 – Ilarie

VORONCA 2 l. a. 1941 – André WARNOD 1 c.a. 1946 – Richard WEINER 6 l.a., 1 l.s. 1925-1933 – Sedat ZEKI ORS 4 l.a. 1945-1946 – Stefan ZWEIG 3 l.a., 2 l.s. 1925-1932.

2. Doubles de lettres de Léon Pierre-Quint à di vers correspondants

ADAMOV (2) – ADLER (1) – ALDEN (3) – ALEXANDRE (1) – ARBAN (1) – ARLAND (1) – ARON (8) – AVELINE (1) – AYMÉ (2) BALLARD (9) – BANINE (1) – BARNEY (1) – BATAILLE (1) – BAUER (3) – BAYET (4) – BEAUFRET (28) – BÉGUIN (3) – BENDA (1) – BERTAUT (1) – BERTELÉ (12) – BIDOU (1) – BILLY (2) – BIZET (1) – J.-R. BLOCH (1) – BLOT (1) – BLUM (8) – BODMER (2) – A. BOLL (5) – M. BOLL (5) – BONAN (2) – BONNEFON (1) – M. BOULENGER (3) – B. BOUTHOUL (17) – G. BOUTHOUL (1) – BRACH (2) – BRETON (25) – BRISSON (3) – BRUNSCHWICQ (2) – CABRINI (1) – CAILLOIS (16) – CAIN (1) – CAMINADE (2) – CANERI (3) – CARCO (3) – CASSOU (12) – CATTAUI (6) – CHARENSOL (7) – CHENEVIÈRE (1) – CHEVALIER (1) – CITROËN (1) – CLAIR (1) – COCTEAU (6) – COHEN (5) – CURTIUS (1) – L. DAUDET (2) – R. DAUMAL (15) – V. DAUMAL (2) – DEBOEUF (1) – DELAY (1) – DESNOS (7) – DIVOIRE (4) – DORGELÈS (1) – DUMUR (2) – DURANTEAU DE SAINT-HELME (2) – DURTAIN (2) – EMMANUEL (1) – ÉTIEMBLE (12) – FALLOIS (1) – E. FASQUELLE (1) – FAURÉ-BIGUET (4) – FAY (1) – F. FELS (1) – FERRÉ (3) – FOSCA (2) – FRESNAY (2) – GENET (1) – GÉRAUD (1) – GIDE (5) – GILLET (11) – GREGH (3) – GREGORY (1) – GUITTON (1) – HAEDENS (27) – HAHN (2) – HAZARD (5) – M. HENRY (6) – HEURGON (1) – JACOB (2) – JALOUX (5) – JANKÉLÉVITCH (4) – JOURDAN (2) – JURY (1) – KLOSSOWSKI (1) – KRLEJA (3) – LACROIX (3) – LAMBERT-GIDE (1) – LANNES (2) – LAPIE (1) – J. LAPORTE (6) – René LAPORTE (2) – Roger LAPORTE (1) – LAVERGNE (3) – LECOMTE (1) – LEDUC (3) – LEFEBVRE (12) – LEIRIS (2) – Marthe LÉVY (2) – Paul LÉVY (1) – LLONA (1) – LOUVEL (2) – LUCHAIRE (2) – LYNES (3) – MABILLE (1) – MAC ORLAN (1) – MALRAUX (7) – Mme


MARCOUSSIS (1) – MARTIN-CHAUFFIER (2) – M. MARTIN du GARD (5) – MASSON (8) – MAURRAS (2) – MERLEAU-PONTY (3) – MINET (10) – MIOMANDRE (1) – MONTHERLANT (17) – MORGAN (2) – MOTCHAN (7) – NADEAU (7) – A. NAVILLE (3) – P. NAVILLE (3) – PAZ (1) – PÉRET (1) – PICON (3) – POITIERS (1) – PORCHÉ (4) – POZNER (8) – PRÉVERT (4) – M. PRÉVOST (1) – PUCCINI (1) – RÉGNIER (1) – ROLLAND (2) – ROLLAND de RENÉVILLE (5) – A. de ROUX (2) – F. de ROUX (1) – SAMSON (2) – SAURAT (4) – SAUVAGE (1) – SCHLUMBERGER (2) – SECRÉTAIN (4) – SERPEILLE de GOBINEAU (1) – SIMA (4) – SOUPAULT (12) – SUFFEL (1) – SUPER VIELLE (1) – THIÉBAUT (7) – TIELROOY (1) – TOUCHAGUES (1) – TZARA (3) – ULLMANN (2) – VAILLAND (24) – VANDÉREM (2) – VERNET (5) – VILAR (1) – WEINER (4) – ZEKI ORS (2) – ZWEIG (2).

3. Manuscrits autographes et dactylographiés de Léon Pierre-Quint

André Gide, sa vie, son oeuvre. Manuscrit incomplet comportant les livres 1 et II de l'ouvrage paru en 1932. Versions très travaillées pour la plupart des chapitres et antérieures à celle de l'édition définitive.

Déchéances aimables. Nombreux avant-textes et brouillons des contes qui composent ce premier recueil paru en 1924.

Déchéances aimables II. Projets pour une suite à l'ouvrage précédent qui ne fut jamais publiée. Cours de Bergson sur « La théorie de l'âme dans la philosophie de Spinoza ». Un cahier cartonné. 158 ff. mss.

Préfaces.

Préface à Opium de Jean Cocteau. 17 ff. mss. « Miroslav Karleja ». 50 ff. mss.

Articles.

« Lautréamont ». 1925 – 2 états, 31 ff. mss.

« La conception de l'art vers la fin du XIXe s. »

Circa 1941 – 2 états, 25 ff. mss., 25 ff. dact.

« Reconnaissance à Zola ». 1952 – 1er état, 6 ff. mss.

« Présence d'André Gide ». 1953 – 7 ff. mss.

« Fragments d'un entretien avec Bergson en 1931 ». 1958 – 12 ff. mss.

Conférences. « Joseph Delteil ». 1925 ou 1926 – 9 ff. mss.

« Perspectives allemandes ». 1927 – 14 ff. dact. et 1 ms.

« Fait du jour ». Toulouse 1944 – 4 ff. mss.

« André Gide ». Londres 1953 – 3 états, 35 ff. mss. et 35 ff. dact.

« Rimbaud ». 41 ff. dact.

« Le Surréalisme fut-il un échec ? » 20 ff. mss. et dact.

« Proust ». 35 ff. dact.

Dossiers des Éditions du Sagittaire chez Simon Kra. 1921-1928.

4. Manuscrit autographe d'André Rolland de Renéville.

Compte-rendu du Comte de Lautréamont et Dieu de L. Pierre-Quint. Il fut publié dans la revue Cahiers du Sud, avril 1930. 7 ff. mss.

5. Trois feuillets de dessins au crayon et à l'encre par Roger Gilbert-Lecomte

B. Livres

[Louis ARAGON.] François La Colère. Musée Grévin.

[S.l., ] Bibliothèque française [, s.d.].

Antonin ARTAUD. Théâtre Alfred Jarry. Saison 1928. (Programme, avec bulletin de souscription).

Claude AVELINE. Pégomancie.

P., Émile-Paul frères, 1949. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

Honoré de BALZAC. La Vieille fille. Préface de Léon Pierre-Quint.

P., Lemarget, 1928. Ex. 101/550. Envoi de Léon Pierre-Quint à sa soeur.

Natalie Clifford BARNEY. Pensées d'une amazone.

P., Émile-Paul frères, 1921. Envoi de l'auteur à la soeur de Léon Pierre-Quint.

Georges BATAILLE. L'Expérience intérieure.

P., NRF, 1943. (Coll. « Les Essais », XIII). Ex.

S.P. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.


André BRETON. Arcane 17.

New York, Brentano's, 1945. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

André BRETON. Arcane 17 enté d'Ajours.

P., Le Sagittaire, 1947. Ex. S.P. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

André BRETON. Manifeste du surréalisme. Poisson soluble.

P., Le Sagittaire, 1924. Ex. 9/10 pur fil Lafuma.

André BRETON. Martinique charmeuse de serpents.

P., Le Sagittaire, 1948. Ex. h.c. P/R Marais.

André BRETON. Poèmes.

P., NRF, 1948. Ex. S.P. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

André BRETON. Second manifeste du surréalisme.

P., Le Sagittaire, 1930. Ex. 17/60.

André BRETON et Paul ÉLUARD. L'Immaculée conception.

P., José Corti, 1930. Ex. 141/2111. Envoi des auteurs à Léon Pierre-Quint.

Roger CAILLOIS. La Communion des forts.

P., Le Sagittaire, 1944. (Coll. « Les Documentaires »). Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

Roger CAILLOIS. Sur l'enjeu d'une guerre.

P., Le Sagittaire, 1945. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

René CHAR. En trente-trois morceaux.

P., GLM, 1956. Ex. 207/975. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

Salvador DALI. L'Amour et la mémoire.

P., Éditions surréalistes, 1931. Ex. 298/310.

Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

[Salvador DALI.] Catalogue de son exposition à la Galerie Pierre Colle, 19-29 VI 1933.

René DAUMAL. La Grande beuverie.

P., NRF, 1939 (Coll. « Métamorphoses », VI)

Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

René DAUMAL. La Guerre sainte.

Alger, Fontaine, 1940. (Coll. « Analecta »).

Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

Robert DESNOS. The Night of loveless nights.

Anvers, 1930. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

Yan-Bernard DYL. La Petite ville.

P., Simon Kra [, s.d.]. Ex. 127/175.

Paul ÉLUARD. Le Meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi.

P., Le Sagittaire, 1947. Envoi de l'auteur à Madame Georges Selz.

Paul ÉLUARD. Poèmes politiques.

P., NRF, 1948. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

Michel FARDOULIS-LAGRANGE. Au temps de Benoni.

P., Éditions du Dragon, 1958. Ex. de tête avec les gravures de Jacques Hérold.

Léon-Paul FARGUE. D'après Paris.

P., NRF, 1932. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

Pierre GATERAT. Vademecum du petit homme d'état.

P., Le Seuil, 1952. Envoi de l'illustrateur (Maurice Henry) à Léon Pierre-Quint.

André GIDE. Journal. 1939-1942.

P., NRF, 1946. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

André GIDE. OEdipe.

P., NRF, 1931. Ex. XXXX/L. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

Martin HEIDEGGER. Qu'est-ce que la métaphysique ?

P., Gallimard, 1938. (Coll. « Les Essais », VII).

Ex. S.P. annoté par Léon Pierre-Quint. Envoi du traducteur (Henri Corbin) à Léon Pierre-Quint.

Maurice HENRY. Les Métamorphoses du vide. P., Les Éditions de minuit [, s.d.].

Adolf HOFFMEISTER. Visages.

Prague, pour S.V.U. Manes, 1934. Ex. 15/100.

Roger LANNES. Le Tour de main.

Alger, Fontaine, 1941. (Coll. « Analecta »)

Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

Pierre MAC ORLAN. Images sur la Tamise.

P., Le Sagittaire, 1925. (« Coll. européenne »).


Ex. h.c. K sur Lafuma-Navarre. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

Roger MARTIN DU GARD. Notes sur André Gide. 1913-1951.

P., NRF, 1951. Ex. S.P. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

Benjamin PÉRET. Anthologie de l'amour sublime.

P., Albin Michel, 1956. Ex. annoté par Léon Pierre-Quint, à qui l'auteur l'a envoyé.

Léon PIERRE-QUINT. André Gide, sa vie, son oeuvre.

P., Stock, 1932. Envoi de l'auteur à ses parents.

Léon PIERRE-QUINT. André Gide, sa vie, son oeuvre.

P., Stock, 1933. Encarts dactylographiés et corrections autographes de l'auteur en vue d'une nouvelle édition.

Léon PIERRE-QUINT. Comment travaillait Proust.

P., Éditions des Cahiers libres, 1928. Ex. 162/830. Envoi de l'auteur à son père.

Léon PIERRE-QUINT. Le Comte de Lautréamont et Dieu.

Marseille, Cahiers du Sud, 1930. (Coll. « Critique », 8) Ex. corrigé par l'auteur en vue d'une réédition.

Léon PIERRE-QUINT. Les Droits de l'écrivain dans la société contemporaine.

P., L'Artisan du livre, 1928 (Coll. « Cahiers de la quinzaine », 18). Envoi de l'auteur à Paul Souday.

Léon PIERRE-QUINT. La Femme de paille. P., J. Férenczi et fils, 1924. (Coll. « Colette ») Ex. de luxe.

Léon PIERRE-QUINT. Marcel Proust, sa vie, son oeuvre.

P., Le Sagittaire, 1925. (Coll. « Les Documentaires ») Un des 90 hollande, avec envoi de l'auteur à sa mère.

Léon PIERRE-QUINT. Une Nouvelle lecture de Proust dix ans plus tard.

P., Le Sagittaire [, s.d. = 1935]. Envoi de l'auteur à Madame Georges Selz.

Léon PIERRE-QUINT. Proust et la stratégie littéraire.

P., Corrêa, 1954. Ex. 3/30.

Léon PIERRE-QUINT. Quelques lettres de Marcel Proust précédées de remarques par Léon Pierre-Quint.

P., Flammarion, 1928. Un des deux ex. h.c. sur japon. Envoi de l'auteur à ses parents.

[Léon PIERRE-QUINT] Jean Basque. Journal d'une double libération.

P., La Table ronde, 1954. (Coll. « Le Choix ») Ex. h.c. 3/10 Marais crèvecoeur.

Gisèle PRASSINOS. Facilité crépusculaire. P., René Debresse [, s.d.]. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

Arthur RIMBAUD. Correspondance inédite.

P., Éditions des Cahiers libres, 1929. Envoi de Roger Gilbert-Lecomte à Léon Pierre-Quint.

Jean SCHLUMBERGER. Madeleine et André Gide.

P., NRF, 1956. Ex. annoté par Léon Pierre-Quint, à qui l'auteur l'a envoyé.

Les Sept péchés capitaux.

P., Kra, 1929. Ex. 207/220.

Tristan TZARA. L'Arbre des voyageurs.

P., Éditions de la Montagne [, 1930]. Ex. h.c. XXXVII, sans ill. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

Tristan TZARA. Morceaux choisis. Préface de Jean Cassou.

P., Bordas, 1947. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

Roger VITRAC. Victor ou les enfants au pouvoir.

P., Denoël, 1929. Ex. 747/800. Envoi de l'auteur à Léon Pierre-Quint.

C. Photographies

Une vingtaine de clichés et documents photographiques, dont un portrait d'André Breton par Lipnitzki et, de Man Ray, le cliché reproduit en frontispice de La Sauterelle arthritique (Paris, GLM, 1935) de Gisèle Prassinos, montrant celle-ci lisant ses poèmes au groupe surréaliste.


Achevé d'imprimer le 10 mars 1981 sur les presses de Bussière Arts graphiques – Paris