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Title : Oeuvres complètes de Voltaire. 40,8 / nouvelle édition... précédée de la Vie de Voltaire, par Condorcet et d'autres études biographiques

Author : Voltaire (1694-1778). Auteur du texte

Author : Condorcet, Jean-Antoine-Nicolas de Caritat (1743-1794 ; marquis de). Auteur du texte

Publisher : (Paris)

Publication date : 1877-1885

Contributor : Moland, Louis (1824-1899). Éditeur scientifique

Type : text

Type : monographie imprimée

Language : french

Language : français

Format : 52 vol. ; 24 cm

Format : Nombre total de vues : 612

Format : application/epub+zip 3.0 accessible

Format : Format adaptable de type XML DTBook, 2005-3

Description : Comprend : Vie de Voltaire

Description : Appartient à l’ensemble documentaire : GTextes1

Description : Avec mode texte

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k6514333b

Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-Z-721 (40)

Set notice : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31602455d

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 13/05/2013

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3986. – A M. LE COMTE D'ARGENTAL.

Aux Délices, 24 novembre.

Mon cher ange, vous me trouvez bien indigne des plumes de vos ailes ; mais c'est pour en être digne que je diffère l'envoi de la Chevalerie. Horace veut qu'on tienne son affaire enfermée neuf ans 1 ; je ne demande que neuf semaines : voyez comme l'âge m'a rendu temporiseur. Je suis un petit Fabius, un petit Daun. D'ailleurs, moi qui ai d'ordinaire deux copistes, je n'en ai plus qu'un, et il ne peut suffire à tenir l'état de mes vaches et de mon foin en parties doubles, à la correspondance, et aux tragédies, et à Pierre le Grand, et à Jeanne. Laissez-moi faire, tout viendra à point.

Dites-moi donc, mon divin ange, s'il ne vaut pas mieux bien faire que se presser. Quand on voudra faire la paix, qu'on se presse ; mais, en fait de tragédies, si on les veut bonnes, il faut qu'on ait la bonté d'attendre. Parlez-moi, je vous en prie, de la fortune que vous avez faite à Cadix, et dites-moi si vous mangez sur des assiettes à cul noir 2. Le crédit est-il toujours grand à Paris ? le commerce florissant ? M. le duc de Choiseul m'a mandé que feu M. de Meuse 3 avait une terre sur la porte de laquelle était gravé : A force d'aller mal, tout va bien.

Je vous demandais s'il daignait être content de moi ; je vous dis aujourd'hui qu'il a la bonté d'en être content.

Quand vous serez de loisir, et lui aussi, quand tout ira de pis en pis, quand on n'aura pas le sou, vous pourrez, mon divin ange, lui dire les belles lanternes dont il est question dans ma dernière épître 4 ; cela pourrait réussir ; et, en tout cas, cela ne gâtera rien. Vous êtes maître de tout.

Mais vraiment, mon cher ange, je crois que tout le monde fera la campagne prochaine, sur terre et sur mer ; j'entends, sur

1.... Nonum prematur in annum. (De Arte poet., 388.)

2. Un arrêt du conseil du 26 octobre exhortait les Français à porter leur vaisselle à la Monnaie pour être convertie en espèces pour les besoins de l'État, et fixait le prix qui en serait donné. Le roi donna l'exemple, qui (voyez la lettre 4056) ne fut suivi que par Mlle Hus, actrice, et quinze cents citoyens. On se servit alors de plats dont le dessous était recouvert d'un vernis brun, et auxquels on donna le nom de culs noirs.

3. Choiseul-Meuse, mort brigadier d'infanterie en 1746.

4. Lettre 3981.