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Titre : À la France : sites et monuments. Les Cévennes (Gard, Hérault) / [notices de Onésime Reclus]

Auteur : Reclus, Onésime (1837-1916). Auteur du texte

Auteur : Touring-Club de France. Auteur du texte

Éditeur : Touring-Club de France (Paris)

Date d'édition : 1900-1906

Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31185614w

Type : monographie imprimée

Langue : français

Format : 32 vol. : fig. et cartes en coul. ; in-4

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Description : Appartient à l’ensemble documentaire : BvdPrs001

Description : Contient une table des matières

Description : Avec mode texte

Droits : Consultable en ligne

Droits : Public domain

Identifiant : ark:/12148/bpt6k6513544h

Source : Ville de Paris / Bibliothèque du Tourisme et des Voyages, 2012-362801

Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 03/06/2013

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- - ---Sites et Monuments

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LES CÉVENNES (GARD — HÉRAULT)

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TOURING-CLUB DE FRANCE Ta, PLACE DE LA BOURSE, 10

1902



LES CÉYENNES (GARD — HÉRAULT)

Parlons comme le sonnettiste de Molière : « Quoi qu'on die », le Sud-Est est le plus beau lieu de la France; c'est au moins le plus coloré.

Nissan. — Le Malpas.

f Cliché de la Société photographique de BéziersJ

Le Languedoc de la Cévenne, encore que deux à trois fois plus bas que l'Alpe, n'est pas moins grandiose que la Provence et le Dauphiné méridional; le même soleil y luit, le même climat y travaille au cycle cosmique de la vie et de la mort.

Dans le Languedoc du Gard et de l'Hérault il y a la roche que les siècles roulent infatigablement (et les minules, les secondes aussij ; il y a la terre emportée et la terre rapportée.

La terre rapportée, bien entendu, c'est la terre moderne.

La Méditerranée l'apporta et l'apporte encore, de même que le Rhône et les torrents côtiers, l'Orb, l'Hérault, le Vidourle, le Vistre lui-même, minuscule entre les minuscules et sec presque tout au long de l'année.

En vérité la Méditerranée n'apporte guère; elle distribue.

Les fleuves côtiers font ce qu'ils peuvent; or

ils peuvent beaucoup, en qualité de courants travailleurs, plus exactement ravageurs dans la monlagne cicatrisée — cicatrisée ? non, puisque ses blessures se rouvrent toujours.


Le Rhône a fait immensément, il a fait presque tout; c'est lui le grand procréateur du Bas-Languedoc cevenol, dès l'antiquité la plus reculée.

Terrible lui-même, il a son premier contact avec le Gard, département cévenol par excellence, là où lui arrive la terrible Ardèche, un peu en amont de Ville-Claire, que nous nommons Pont-Saint-Esprit depuis des siècles, depuis que, de 1265 à 1309, les frères « pontifes » jetèrent sur le fleuve tourbillonnant les 23 arches inégales d'un pont de 8h0 mètres.

Le lieu de ce premier frôlement, bien qu'à 90 kilomètres de la Aléditerranée en ligne droite, se trouve sur le Rhône moderne, dans une campagne émanée de lui, Rhône ; il l'a plaquée à la longue dans l'eau d'un gofle qui remontait entre Alpes et Cévennes jusqu'au Robinet de Donzère, à l'étroit goulot transmettant la rivière lyonnaise du plan de Montélimar au plan de Pierrelalle.

Tel que Saturne dévorant ses enfants, il dévore la plaine qu'il mit au monde, mais pas tout entière, et par onces de chair seulement. Ce qu'il enlève en haut, il le rend plus bas; il remplace par le caillou, le sable et la vase d'amont, la pierre, l'arène et la boue qu'il détache de l'aval; de poussée en poussée, ces éléments vont s'ajouter au della rhodanien de la Camargue, au bout du pateaugis des embouchures du fleuve bijurqué.

Du bassin de Pierrelatte, le défilé de Marnas le mène à la plaine du Comtat, campagne qui fuit jusqu'au mont lTentoux, tandis qu'en terre cévenole lavant-mont touche de près, quelquefois immédiatement, ses eaux. Il boit la Cèze, passe en courant devant Villeneuve, qui est l'Avignon d'Outre-Rhône (mais dans un autre département) et dont les papes firent une très curieuse ville de palais, maisons fortes, tours, églises, cOlwents, éclairés à profusion par le soleil du matin et du midi; il hume le Gard; ensuite, à Beaucaire, jadis sorte de Nijni-Novgorod français et lieu d'une foire mondiale devenue marché cantonal, un pont suspendu de h50 mètres en cinq travées le franchit, qui l'unit, visà-vis, à la Jameuse Tarascon, la soi-disant capitale des hâbleurs — mais les « craqueurs » sont de tout pays, entre l'un et l'autre pôle, et de même que tant de cités méridiona les, Tarascon est plutôt une patrie de bons et braves exubérants qui parent la vérité quand, leur semble-t-il, elle perd à être nue : en quoi ils ont tort, puisque sa beauté c 'est la nudité fière.

Enfin il arrive à la fourche de son delta : divisé en Grand Rhône et en Petit Rhône, celui-ci sepl ou huit fois plus faible que celui-là, il embrasse les 75,000 hectares de la Camargue, qui est (comme Tarascon) un domaine des Bouches-du-Rhône, ainsi que tout le cours de la branche maîtresse du fleuve finissant.

Si le Petit Rhône, provençal par sa rive gauche, mais languedocien par sa rive droile, limite Ú l'occident la Camargue, il ne l'arrêle qu'administrativement et, en


vérité vraie, elle se continue par des Camarguettes jusqu'à la base des premiers reliefs de ïintérieur : les campagnes d'Aiguesmortes, de Palavas-les-Flots, jusqu'aux abords de Celle, sont un don du Rhône, et un peu du Vidourle, une terre inachevée passant lentement de l'état demi-liquide à l'état solide et du régime des fièvres à celui de la santé ; une région où la vigne, plantée dans le sable des dunes anciennes ou modernes, apporte depuis vingt à trente ans la vie dans des solitudes désolées, devant les pinèdes, au-dessus d'étangs grands comme des lacs, en contre-haut de marais qui furent des lagunes, de fonds plats qui furent des palus et le sont encore à moitié ; partout des joncs courbés au vent, des rouches, des roseaux qui sifflent quand passe en typhon froid l'ubiquiste mistral. Si le vent se tait et que Vastre brille et brÛle, l'air brasille silencieusement au-dessus de la campagne léthargique, mais que le maître des airs — mistral, c est magister — tombe de la montagne, il gémit comme de douleur aux tranchants des feuilles de roseau, l'élang s inquiète, la mer murmure et bourdonne, la brise se lamenle lugubrement dans les pins; tout s'agile et s'incline, et l'immense nature vit et respire universellemeni, a deux pas de l'homme écourté.

Dans ce pays de nature encore à demi-rebelle, à cinq kilomètres de la mer des Sirènes, qui est parfois aussi celle de Charybde et Scylla, Aiguesmortes, dont le nom fait image, a pour merveilleux justaucorps une enceinte de l'an 1272, muraille qui s'est si bien garantie des usures de l'âge que 630 ans ont passé sur elle « comme une veille en la nuit » ; pas une pierre n'est tombée de sa courtine et de ses quinze tours rondes ou carrées. Saint Louis en partit deux fois pour prendre la mer à deux lieues de là, au Grau-Louis, sur une plage de sable; il s'en allait à deux croisades, non d'Asie, mais d'Afrique, celle d'Egypte, qui vit sa difaite, celle de Tunis, qui vit sa mort. De nos jours, le port d'Aiguesmortes n'est plus le Grau-Louis, mais un lieu de bains chéri des Nimois, le Grau-du-Roi, auquel un canal l'unit.

C'est à côté d'Aiguesmortes que deux mauvais fleuves, le Vislre et le Vidourle, finissent dans des étangs.

Que dire du Vistre, pauvre et sot ruisseau, sinon qu'il passe devant Nimes et qu'il en reçoit la Fontaine ? Nimes, ville des Volces Arècomiques, devint romaine dès 121 ans avant notre ère: ces Celles y avaient fondé leur séjour auprès d'une de ces sources, de ces « divines » (divonnes) qu'ils vénéraient ; les Romains y bâtirent le leur pour le voisinage de celle même fontaine, gouffre bleu de lï) mètres de profondeur dont le jet, assurément intarissable, peut se réduire à quelques litres par seconde, mais dont les orages évoquent une rivière retentissanie qui fuit entre deux murs de quai. COI/une les « rois du monde » n'avaient jamais trop d'eau pour leurs thermes,


au ruisseau souvent presque déjaillant du gour ils ajoutèrent l'onde prise à dix lieues de là, près d'Uzès, aux jontaines d'Eure et d'Airan.

Les fils de la Louve marquèrent Nemausus d'une si projonde empreinte que Rome seule peut-être est plus monumentalèment romaine : Nîmes a perdu son enceinte de 90 tours, œuvre de l'empereur Auguste, mais ses Arènes où s'asseyaient jusqu'à 24000 spectateurs à la fois sont encore debout, presque intactes dans leur majestueuse ellipse; de même celle Maison Carrée dont on dit quelle est, sinon peut-être l'édifice le plus complet, tout au moins l'un des plus parfaits que nous ait légués l'antiquité ; debout également, mais dégradée el diminuée de 6 à 10 mètres en hauteur, la tour Magne est plus vieille sans doute d'un demi-millier d'années que la Maison Carrée ou les Arènes, puisque c'est probablement « le mausolée d'une jamille grecque venue en Gaule avec les premières colonies phocéennes » ; debout enfin, et nîmois par sa destination, bien qu'à cinq lieues de Nîmes, le plus jameux des aqueducs du monde ancien, le pont du Gard, jeté sur le Gardon pour le passage des eaux d'Eure et d'Airan.

Le Vidourle, lui, est tantôt un fleuve prodigieux, inoui, tantôt un ruisseau presque effacé de sa grève. Son inégalité confine à l'extravagance ; il va de 150 à 1,500,000 litres par seconde, soit de un à dix mille, et même il conviendrait d'incliner le premier de ces volumes vers le zéro du néant, comme aussi de majorer le second, car on peut aisément concevoir ici un étiage annihilant, et par contre, sous ce climat, il n'est pour ainsi dire pas de bornes à la soudaine puissance d'un déluge. Quand la nue crève, l'Ilissus de celle Attique, le Cédron de cette Judée qu'est la France méditerranéenne, devient un Eridan « roi des fleuves » ; on a vu des troupeaux paissant les brins d'herbe entre les cailloux du Vidourle emportés avec leurs bergers par le mascaret des flots.

En hasardant le mot (et il jaut en hasarder beaucoup pour la puissance ef la brièveté de l'idiome) le Lez est un. anti- Vidourle, un torrent de transparence bleue né pour ainsi dire adulte, à raison de 565 litres en étiage, de 3,000 en force normale; celle qualité d'adulte lui revient de droit, car il commence bien avant son origine visible et reçoit des accroissements sous terre avant d'apparaître à sa « foux » triomphale, gouffre de 15 mètres de creux dont il s'épanche dans la banlieue de Montpellier : un sol fissuré sur une assise étanche, des gouttelettes filtrées par ce sol, rassemblées sur celle assise et coalisées en ruisselets, puis en ruisseaux; enfin, au bout de maint et maint confluent, le puits dormant, la sorgue, la cascade, la fuite du flot qu'on croit jeune etjpui est déjà vieux, c'est l'éternelle histoire des « jontaines des Dieux ». Le Lez se promène avec indolence près de Montpellier et s'achève à 12 kilomètres de celle riche cité, à Palavas-les-Flols, ville de bains la plus animée


du Bas-Languedoc, Trouville ou Dieppe des Montpelliérains, sur une belle plage de sable fin, devant une dune basse derrière laquelle cuvent des étangs miasmatiques : heureux séjour si n'était de ces mares et des moustiques dont l'aiguillon pique au sang.

Des embouchures du Vidourle à Celle les étangs du Languedoc s'allongent vers le sud-est, entre le continent et l'étroite dune très basse, infime bourrelet dont il semble stapide qu'il prétende contenir la Méditerranée dans sa poussée contre les terres au jour de tempête : il la contient pourtant, sinon que parfois le flot perce des graus, c'est-à-dire des passages par où la mer entre en saison sèche dans l'étang littoral,

landis qu'en saison mouillée l'étang se verse à la mer.

Les sables marins, les dépôts du Rhône apportes par un courant côtier ou sous les impulsions du vent, les alluvions des torrents balafreurs de collines, l'incorporation des rouches du pourlour à la lerre ferme, effacent, très lenlemenl il est vrai, les étangs languedociens ; en même temps les fièvres palustres diminuent dans les bourgs du bord des lagunes. Celles-ci sont grandes ensemble de 16,000 hectares, dont moitié pour la dernière d'entre elles au sud-ouest, qui est l'étang de Thau.

Pour ne pas mentir à la vérité, l'étang de Thau n'est point lagune, mais lac, eau salée sur roche et non sur vase ; les grands navires y trouveraient assez de fond s'ils y

Sulfatage des vignes dans le Gard.

pouvaient entrer, mais son grau de Celle, régularisé en canal, n'admet pas les vaisseaux; il s'ouvre dans la ville même, au pied du pilier de Saint-Clair, mont haul de 180 mètres seulement, et pourtant dominateur de l'espace : ayant à ses pieds Ici mer el le Thau, de vastes plaines, des collines basses, rien n'y contrarie le regard 7- , * �.

ambitieux, sauf la peu lointaine Cévenne dont il contemple les remous, et la très lointaine Pyrènèe dont il entrevoit quelquefois le délinéament.

Les torrenticules aspirés par le Thau, secs presque tout l'an, contribuent moins à son onde que la célèbre fontaine d 'Abysse (autrement dit d'Abîme) qui jaillit d'un gouffre du lac et dont on a prétendu qu'elle est une dérivation souterraine du fleuve de


l'Hérault, alors qu'elle sort vraisemblablement du même siphon que la source thermominérale de Balaruc-les-Bains. Une autre fontaine, celle d'Enversac, tire évidemment son

nom cTInversae Aquse, les Eaux renversées : quand le Thau baisse de niveau par évaporation, VEnversac envoie un flot doux au lac ; quand le Thau est remonté, il envoie un flot amer à VEnversac, et c'est un ru bruyant qui s'enfouit sous terre, au-dessous du niveau de la mer, comme le fait aussi, au grand ébahissement des savants, la rivière, amère également, du moulin d'Argostoli, dans l'lle méditerranéenne de Céphalonie.

Du Rhône jusqu'au delà du Saint-Loup dAgde, volcan mort qui marque l'embouchure de l'Hérault, tout ce littoral et les collines basses déroulées en arrière, tantôt d'une ondulation molle, tantôt d'un mouvement saccadé, tout ce qu'on appelle ici plaine, par opposition à -montagne, comprend plus de 300,000 hectares, soit le quart des 1,200,000 fou un peu au deld) que réclament ensemble les deux départements, essentiellement cévenols, du Gard et de l'Hérault. Ces 300,000 hectares ont peu de.

rivaux dans le monde pour la richesse de leur sol ; non pas que ce territoire ait par lui-même une extraordinaire fécondité, mais un soleil de feu, toutes les conditions du climat, y donnent à la vigne une prodigieuse vertu, et c'est ici, non ailleurs jusqu'à ce jour, qu'on fait couramment 100, 150, 200 hectolitres de vin par chaque hectare, et par exception 300, 350, voire jusqu'à U00 (1), soit 2 à 4 litres par mètre carré.

Les pays de Montpellier, de Béziers, de Nîmes sont d'une opulence à peu près unique

en Europe.

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Enlre la région des plaines, des collines, et la montagne cévenole s'intercalent plus de 340;000 hectares de garrigues, sous divers noms : garrigues de Lussan, de Valliguières, garrigues de Nîmes ou Féron, garrigues de Sauve ou Salavès, garrigues de Montpellier. La garrigue est la région des rayons aveuglants, des chaleurs égyp-

tiennes, babyloniennes ou numides, sur de blancs calcaires ou de blanches craies, dures, stériles; elle s'étale, implacablement sereine, cruellement lumineuse, intolérablement ardente, et, quand règne le mistral, iniquement agaçante el jroide, très belle pourtant par la netteté de la ligne et la magie des couleurs.

Collines, ravines, défilés de pierre, escaliers de roche et rocaille dont le torrent ne saute les degrés qu'après l'orage, ruisseaux ou quelques mares incessamment pompées par le soleil rappellent seules le passage fluide et silencieux des eaux, plans ou plateaux et vallées y encloses; la garrigue est une roche marâtre qu'on adapte de plus en plus à la vigne, un domaine qui a quelques forêts clairsemées, des maquis


étourdis par la crécelle des cigales, de vastes espaces nus et beaucoup de demi-nus, car on ne peut pas dire que des oliviers dispersés et des mûriers alignés voilent réellement les formes de la terre, si c'est bien une terre; mais c'est plutôt une carcasse aux vertèbres effondrées incapable de retenir les eaux météoriques.

Infiniment criblée d'avens ou puits naturels, cassée en tous sens, elle ne mène jusqu'aux rivières d'en bas que très peu de ruisseaux continus ; ses « cadereaux », ainsi qu'ils se nomment dans la garrigue de Nîmes, ne sont des « chemins qui marchent » qu'après d'impétueux typhons, et alors ils ne marchent pas, ils courent avec un fracas de tonnerre, du fait de leurs flots, et un bruit de ferraille, du fait des galets qu'ils entraînent, au bas de la colline gravie par des oliviers qu'a courbés le mistral ou par ces bois d'yeuse dont le nom patois est devenu celui de la garrigue.

Les garrigues de Lussan, riches de 15,000 hectares de forêts assez lâches, qui ne sont ni de Compiègne, ni de Chantilly, se rangent entre la Cèze el le Gardon, sous l œil du Guidon du Bouquet, mont de noble magistrature qui surveille au loin le pays; leurs suçoirs aspirent les eaux de surjace qui vont rejaillir en grandes fontaines à la rive droite de la Cèze. Celle-ci, découlant des Cévennes, est un courant pur, malgré son séjour « itinérant » dans le noir pays des houilles de Bessèges ; elle se dérobe soudain dans une faille de la roche, au creux de gorges commandées par ce Guidon lui-même ; puis elle reparaît pour aller se briser aux cascades et cascatelles du Sautadet et dormir aussitôt dans un gour de 32 mètres de profondeur, le plus creux reconnu jusqu'à ce jour dans les torrents de « Douce France » : la Cèze n'est pas une rivière de rien, ses belles eaux d'hiver vont à 15 mètres cubes par seconde.

Les garrigues de Valliguières, entre Rhône et Gardon, s'ombragent de 11,000 hectares de bois; entre le Gardon et la Vistrenque ou plaine du Vistre, les garrigues de Nîmes sont ivres de lumière; les garrigues de Salavès, autrement dit du pays de Sauve, encaissent le Vidourle ; les garrigues de Montpellier, créatrices de la foux du Lez, vont jusqu'à la rive gauche de l'Hérault : le Saint-Loup s'en élance, qui n'a que 633 lnètres, et c'est pourtant un maître de l'air, un roi de l'étendue diaphane.

Au-dessus de la garrigue trônent les Cévennes.

Le nom de Cèvennes a fini par désigner toute la longueur de la ligne divisoire entre Atlantique et Méditerranée, depuis le col de Naurouse jusqu'au mont Pilat, et même jusqu 1 au plateau de Langres, voire aux Faucilles, aux Vosges. Enorme abus, et les vraies Cévennes, celles que le populaire appelle ainsi, se bornent aux monts de Gard, d'Hérault, de Lozère d descendent la Cèze, le Gard, l'Hérault et le Tarn.

Aux sources de l'Hérault, l'Aigoual (1,567 mètres) est leur chef Aigoual, d Aqualis, ce dit-on; donc, aquatique; des pluies violentes le mouillent, entre les vents qui

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l'obsèdent, à la limite de deux mondes : l'océanique, froid et brumeux, le méditerranéen, chaud, sec, éthéré. Ce « pilier des orages » était un site d'élection pour un observatoire météorologique, dans l'éternelle bataille aérienne entre deux climats contraires et de cet observatoire on l'a doté comme Ventoux, Puy de Dôme, pic du Midi de Bigorre.

Fait de granits, l'Aigoual a tout près de lui, à l'ouest, dans le bassin de la Garonne par le Tarn, des calcaires mondialement célèbres depuis le premier des grands exploits de Martel. Le devineur des énigmes du monde noir a châtié l'insolence du Sphinx; il est descendu dans un aven avec le torrent du Bonheur ; il a suivi dans les ténèbres le Styx des Cévennes, à chaque instant accru de sources et cassé de cascatelles en un labyrinthe dont les corridors ont ensemble près de 7 kilomètres de long; il a reconnu les confluents, compté les sauts, les rapides, les gours, les siphons, mesuré les couloirs, les carrefours, les piliers, les voûtes dont la nature croyait que le secret resterait éternel, et, vainqueur du mystère, il est ressorti des antres par la lucarne d'où saute le Bramabiau (Brâmebœufj — ainsi désigne-t-on, du mugissement de sa cascade initiale, le torrent récupéré par la lumière, mais les amis de la justice juste espèrent qu'on l'appellera dorénavant le Martel.

L'Aigoual est le père de l'lléraull, le Gardon s'échappe des monts de la Gardonnenque, roches houillères et schistes durs ayant leur origine en Lozère au- dessus du val de Tarnon, en jace des escarpements plus que hautains du causse Méjan.

Carapace qui s'écaille plutôt qu'elle ne se fend, ces monts ne se laissent guère imbiber.

Quand elle se déchire en orage, dans la tempête qui lord les branches des châtaigniers séculaires, la lourde nue y avive peu de Jontaines; toute goutte de pluie devient particule de torrent et la moindre ravine suscite un gardon furieux — dans la Gardonnenque toutes les eaux courantes ont le nom de gardon. — De là les expansions célèbres du Gard qui rassemble tous ces gardons, alors qu'ayant uni ses deux maîtresses branches, le gardon d'Anduze et le gardon d'Alais, il peut s'étaler à l'aise en plaine, dans une campagne riche en alluvions et, sur ces alluvions, en mûriers, en oliviers, en vignes.

On raconte, jaux ou vrai n'importe, puisqu'il y a vraisemblance, que le torrent mit un jour dans une île ravinée un long pont qu'on venait de jeter entre ses rives; il lui avait suffi d'abandonner son lit et de se dédoubler tout autour. Dans les Cévennes essentielles que sont ces monts de la Gardonnenque, les ravins ne se comptent pas, et les torrents non plus, entre châtaigniers du plus vieil âge; innombrables aussi les lieux d'embûche, les rochers d'où l'on peul précipiler un homme, el les abîmes où la victime lancée de haut se brise sur les galets d'un rieu sec ou s'engloutit dans quelque gour oublié par l'été. D'où tant de « Sauls du prêtre », tant d'exploils des religion-


naires de l'une et de l'autre confession, soit catholiques, soit camisards en révolte contre le grand roi, dans une guerre impie à ce bout de la France, comme le fut à l'autre bout la guerre de Vendée.

Des deux gardons « composés » dont se fait le Gard définitf i l'un passe dans la ville industrielle de la Grand' Combe, suscitée par les houilles du bassin d'Alais, l'autre quille la montagne par la superbe cluse d'Anduze ou Porte des Cévennes.

Dans la plaine de la Gardonnenque, souvent égratignée au vil par le Gardon, comme la Vidourlenque par le Vidourle, ses 4,000 mètres cubes de grande crue sont abaissés par la sécheresse estivale à 4 ou 5, même à 3, à 2 ; et à rien sur un long trajet, en amont du pont de la route de Nîmes à Uzés ; il filtre dans les sables et détritus de son lit ou fuit latéralement dans les trous de rives caverneuses ; mais des

fonts incoercibles, délivrance de l'onde emprisonnée, le restaurent, et finalement un superbe torrent vert reflète les roches du défilé splendide qui s'achève en amont du Pont du Gard.

L'autre fils des Cévennes cévenoles, l Hérault, ruisselle des monls du Vigan, où il tombe jusqu'à 2,200 millimètres de pluie par an sur des croupes nues, des pelouses, des châtaigniers de taille gargantuesque, des mûriers et des oliviers plantés dans des champs en terrasse qui s'étagent,

Cabrières. — La vallée et le pic de Bissous.

(Cliché de la Société photographique de Béziers.)

par la patiente industrie du montagnard, jusqu à des hauteurs à demi « sidérales » Intarissable, il rencontre, plus. intarissable encore, la merveilleuse Vis qui s'évade des intimités du Larzac par une source - cascade de 2,500 litres par seconde. Dès son origine à l'issue d'anfractuosités de ce grand plateau d'oolithe, la Vis est donc une princesse des Divonnes, une eau « céleste », fraîche comme le matin, pure comme l'air, dans des gorges de marbre, entre des causses percés d'abîmes : l'un de ces avens, dans un pli de ces causses, le Rabanel, s'affale à 212 mètres ; c'elait le roi proclamé des puits nalurels avant qu'on eût reconnu sur le causse Méjan l'aven Armand, de profondeur égale, et surtout quand Martel n'avait pas encore trouvé dans le Dèvoluy des Hautes-Alpes un gouffre d'au moins 310 mètres de précipice; les eaux qu'il avale accroissent le pur trésor d'une des fontaines de la rive droite de l'Hérault.


L'Hérault, né surtout de la Vis, baigne le riant bassin de Ganges, il serpente dans des couloirs d'une simplicité superbe, n'ayant que trois éléments de beauté, l'onde, la roche, le ciel, et pourtant parfaitement beaux, d'ailleurs à peu près déserls, dont il s'échappe au Pont du Diable, à l'issue de la Thébaïde pierreuse de Saint-Guilhem-leDésert; il sinue alors dans la région des vignes les plus généreuses; il s'empare de la rivière de Lodève, la Lergue, qui puise à des fontaines du Larzac et à des ruisseaux sortis des laves de la noire Escandolgue ou de monts rouges de l'ère permienne. Il entre en mer près d'une ville sombre, Agde, bâtie des pierres volcaniques du Saint-Loup, qui est le dernier vomissement méridional de la susdite Escandolgue. Grâce à la Vis et à de moindres surgeons, lhéraull roule toujours plus de 5 à 6 mètres cubes; il peut monter à 4,000 : alors il passe comme l'éclair et gronde comme l'orage, mais très peu le voient et l'entendent au plus rugissant de ses colères, dans les défilés solitaires que nul bourg, nul hameau, nulle maison ne contemple de sa roche parfumée de buis.

A l'ouest de l'Hérault l'Orb arrive à centupler dix fois les 2,500 litres de son ètiage. Parti du revers méridional du Larzac, ce fleuve de Béziers longe' de sa rive droite le pied des jormidables escarpements du Caroux, et son tributaire de droite, le Jaur de Saint-Pons, 'les non moins hautes el abruptes parois de l'Espinouse et du Saumail. A la chute de ces abats de plateau — car ce sont moins des montagnes que des supports et rebords de haute plaine - il y a des apics terribles, des roches vertigineuses, des bonds éperdus de torrents, des châtaigniers gigantesques, et sur le bas des rieux, des fouillis de vive végétation méridionale, alors que - sur l'aplatissement de sol en arrière du fronton des rocs, dans le bassin de la Gironde par l'Agout et le Tarn, ce ne sont que gazons, bosquets, rivières calmes et, comme on l'a dit, le Limousin en Languedoc. A Saint-Pons, la source du Jaur continue en riviérette des eaux de caverne, flots noctambules avec gours très projonds dans le noir silence des corridors. Un autre tributaire de l'Orb, la Vernazoubres, arrose le' vallon de Saint-Chinian, capable d'orangers, sous un climat plutôt provençal ou corse que languedocien, tant le val est bien abrité, et comme en espalier vers le midi créateur ; elle a montré par le désastre de 1875 ce qu'un ruisseau méridional peut accumuler - de ruines en quelques minutes ; un orage du mois de septembre y nivela soudain 1U9 maisons, écrasa ou noya 97 personnes : il passa, elles n'étaient plus 1 L'Orb coule dans le Bilerrois, le pays « où Dieu vivrait, s'il daignait habiter la terre ». L. A l'ouest de Saint-Chinian, au sud de Saint-Pons, les monts du Minervois, envahis par la vigne, souveraine de toutes ces contrées, s'élèvent autour du site extraordinaire de


Minerve, pierre sur pierre entre deux torrents pierreux dont l'un, la Cesse, passe sous des tunnels naturels: comme tant d'autres courants des avant-Cévennes, cette rivière sèche de Minerve disparaît sous ses galets et ses alluvions, puis reparaît en flots jamais taris, au lieu nommé si justement Aiguesvives, et va s'engloutir dans l'Aude hors des limiles de l'Hérault.

Est-il au monde beaucoup de contrées plus diversement admirables que la blanche Cévenne, plus franchement et chaudement colorées, plus fèeriquement éclairées, plus divinement limpides en un ciel éclairci par le mistral, avec eaux plus lucides, et roches plus ardentes? Terre vraiment classique en son architecture, avec toutes les roches, toutes les formes, tous les climats, moins celui de la neige éternelle, et toutes les beautés, moins le lac d'azur. Et combien précieuse aux Français qu'elle aide autant que Corse, Provence el Dauphiné dans la lente annexion de l'Afrique ! « Le monde penche à l Orient », disait Victor Hugo ; il se peut, mais la France penche vers le Midi, el même, suivant le mot populaire, vers le Midi et demi.

ONÉSIME RECLUS.

Costumes beaucairois.

(Cliché lie M. Paul hfièsicilski aîné.)


Fontaine Pradier, à Nîmes.


La Fontaine, à Nîmes.

GARD

I. — NIMES

NUIEs. LA FONTAINE. — Nîmes est bâtie dans une plaine fertile, au pied d'une colline appelée le mont Cavalier. Sur les pentes de cette colline, à travers de beaux ombrages, on a tracé des chemins charmants, aux pentes bien ménagées, qui s'élèvent peu a peu vers la tour Magne, bâtie au sommet du mont.

Au bas de ces pentes, s'étend une magnifique esplanade, plantée d'arbres séculaires,

coupée de bassins et de canaux. De l'un de ces bassins, le plus près du pied de la colline, sort la Fontaine de Nîmes. Cette belle source, qui provient des infiltrations des eaux de pluie dans les Garrigues, est plus ou moins abondante , selon les saisons ; mais elle ne tarit jamais. Ses eaux claires et limpides sortent du rocher tout près du temple de Diane. Elles passent dans plusieurs bassins, puis se déver-


sent dans une sorte de canal qui traverse une partie de la ville. Les Romains avaient déjà aménagé les eaux de la Fontaine cleo Nîmes, et les constructions actuelles, qui datent du XYIIlÛ siècle, et rappellent certains bassins de Versailles, ont

La Fontaine, à Nîmes.

leyrs fondations établies sur des substructions romaines. Le bassin d'où sort la Fontaine a gardé quelque chose de son caractère primitif.

Les hémicycles présentent encore quelques parties anciennes. Une double arcade laisse passer la rivière, dont un barrage retient les eaux et forme cascade.

FONTAINE PRADIER. - De la gare de Nîmes, une magnifique avenue de platanes gigantesques, l'avenue Feuchères, conduit a l'Esplanade, vaste place circulaire, au centre de laquelle est un bassin de cinquante mètres de circonférence, entouré de parterres. Au milieu

du bassin se dresse une fontaine monumentale, décorée de quatre statues, une sur chaque face, représentant le Rhône, le Gard, la Fontaine de Nîmes et la source d'Eure. Elles sont surmontées d'un plateau portant une figure colossale qui représente la ville de Nîmes.

Toutes ces statues sont ruvre de Pradier.


Sur l'Esplanade s'élèvent le palais de justice, l'église Sainte-Perpétue et le monument de Paul Soleillct, explorateur mort en 1886.

NÎMES, LES ARÈNES. — L'amphithéâtre est le plus beau des monuments de Nîmes, et

* Arènes de Nîmes. ■

l'un des plus intéressants que nous ait légué l'antiquité. Les arènes forment une ellipse dont le grand arc à l'extérieur mesure environ i33 mètres, et le petit 101 mètres. Les pierres de la construction proviennent d'une carrière située a 7 kilomètres de la ville. Elles forment des blocs de dimensions énormes, mesurant

parfois un mètre cube, et assemblées sans ciment. Elles présentent deux étages de portiques superposés, surmontés d' un attique plus ou moins respecté par le temps. Les arcades des portiques sont au nombre de soixante à chaque étage et sont séparées par

des colonnes. Le premier étage a 10 mètres de hauteur. Quelques sculptures sont encore visibles. La hauteur totale est de 21 mètres, et l'épaisseur des constructions dépasse 33 mètres

La piste mesure 69 mètres sur 38. Trentecinq rangs de gradins pouvaient recevoir

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25,000 spectateurs. Des fouilles pratiquées dans l'arène en 1865 ont fait découvrir une inscription qui permet d'attribuer la construction de ce monument a T. Crispius Reburrus.

Mais on ignore la date a laquelle il fut élevé et sous quel règne il fut entrepris. On en a

.■ < -' - J Extérieur des arènes de Nîmes.

fait honneur tour a tour à Antonin, à Trajan, a Domitien et a Titus. Pendant le moyen âge, les arènes devinrent une véritable forteresse qui renfermait une petite ville de 2,000 habitants.

Les arènes servent actuellement à donner des représentations théâtrales et surtout des

courses de taureaux, et les installations intérieures, faites en vue de ces spectacles, gâtent malheureusement l'harmonie de ce monument.

Les gradins étaient divisés en quatre parties : la première, qui comprenait les gradins

inférieurs, les plus près de la piste, était réservée aux grands dignitaires. Une autre série de gradins, qui venaient immédiatement après, était destinée aux chevaliers. La troisième série était pour les plébéiens. Enfin les gradins supérieurs étaient laissés aux esclaves.

Des escaliers, au nombre de 12h, permet-


taient d'évacuer très rapidement les arènes.

L amphithéâtre avait beaucoup souffert des guerres de religion qui ensanglantèrent le Midi pendant les XVIe et XVIIe siècles. Sous la parole ardente de Pierre de Lavau, Nîmes avait embrassé avec enthousiasme le parti de

Extérieur des arènes de imes.

la Réforme, et devint un des centres du protestantisme.

Lors de la révocation de l'édit de Nantes, les camisards trouvèrent un solide appui à Nîmes.

Lorsque Jean Cavalier fut contraint de se soumettre au maréchal de Villars, c'est à Nîmes qu'il vint traiter des conditions de paix.

NUlEs. PORTE D'AUGUSTE. — Sur le boulevard Amiral-Courbet, qui part de l'Esplanade et va rejoindre le boulevard Gambetta, en face l'église Saint-Baudile, on a découvert, à la fin du XVIllC siècle, une construction romaine, faite de blocs assemblés sans ciment, comme

les arènes, qu'on a appelée la porte d'Auguste. Une inscription tracée sur la corniche nous apprend que cet édifice, qui probablement faisait partie des murailles de la ville, fut construit seize années avant l'ère chrétienne.

Il se compose de deux grandes arcades de


6 m. 3o sur 3 m. 95, accompagnées de deux plus petites (i m. 90 sur 5 m. 5i), surmontées d'une frise. Entre les deux grandes arcades, une colonne engagée indiquait le point initial d'où l'on comptait les distances sur la voie Domitienne.

Ce monument, situé en contre-bas de la voie publique, a été longtemps recouvert par des constructions anciennes. Il ne lut dégagé et exhumé qu'en 18/19.

N DI ES, TEMPLE DE DIANE. — Le temple de

Diane occupe le côté gauche de l'Esplanade où jaillit la Fontaine de Nîmes. Il est înlini-

Mmes. —Temple de Diane.

Nimes. - Parle d'Auguste.

ment probable que les Romains avaient édilié Cil ce lieu des thermes, dont ce monument

était comme le n nnphéum. Il n'en reste plus grand chose.

Ces ruines furent entourées d'une grille et restaurées au milieu du xvmc siècle. La façade présente un beau portique en plein cintre, et quelques ouvertures d'un grand caractère, Les murs intérieurs ont en partie disparu. Il reste encore une chambre reclanWllaire dont la voûte s'est effondrée, et sur les côtés de laquelle douze niches sont vides de leurs statues.


On a installé dans ce monument un musée lapidaire assez intéressant. On peut regretter qu'une frondaison trop luxuriante cache en partie ces ruines et qu'un café en gâte les abords.

NÎMES. TOUR MAGNE. - Les allées du mont Cavalier conduisent de la Fontaine de Nîmes a la tour Magne, qui domine d'une hauteur de 11 o mètres la ville et les campagnes environnantes.- La tour est en ruines. Elle avait autrefois une quarantaine de mètres de hauteur ; cette hauteur est actuellement réduite à 3o mètres.

Englobée jadis dans les remparts, transformée en forteresse par les comtes de Toulousè au moyen âge, elle passait pour renfermer des trésors.

Au XVIC siècle, on y fit des fouilles sans résultat autre que d'en ébranler la masse. Elle

menaçait ruine en 18 43, quand elle fut consolidée et en .partie restaurée. Il est assez difficile d'en indiquer la destination primitive. Peut-être fut-elle le mausolée d'une de ces familles phocéennes qui étaient venues s'établir dans la Gaule méridionale et y avaient trouvé la fortune.

Des remaniements successifs ont altéré le caractère de la base, jadis octogonale comme le sommet, et devenue heptagonale. On compte aujourd'hui trois étages en retrait l'un sur l'autre. L'escalier, qui monte en spirale, date de 1843, époque de la restauration. IL

- Nimes. - Tour Magne. - -

donne accès à une plate-forme d'où la vue est magnifique sur le mont Ventoux à l'est, les Cévennes au nord, le pic Saint-Loup, près de Montpellier, à l'ouest, Aiguesmortes et la Méditerranée au sud. Par un beau temps on distingue le Canigou, dans les PyrénéesOrientales


NiMES. MAISON CAnnÉE. — Ce monument, aux dimensions modestes, mais parfaites, a été élevé vraisemblablement sous les Antonins; mais la date de sa construction ne nous est pas connue, pas plus que sa destination.

Peut-être faisaitil partie des divers édifices compris dans le Forum.

Transformée en église, puis en maison consulaire, devenue grange et écurie, la Mai son Carrée faillit être

transportée pierre par pierre à Versailles par les ordres de Colbert. Célébrée par le cardinal

Beaucaire. - Le canal.

La Maison Carrée, à Nîmes.

Alberoni, qui aurait voulu lui voir une enveloppe d' or, elle fut restaurée avec goût en

182/1, bien que la toiture soit d'un style peu en harmonie avec le reste.

La Maison Carrée renferme actuellement le musée des antiques , et la cour qui l'entoure, et que protège une grille, a reçu en dépôt des fragments remarquables de la statuaire romaine et grecque.

L'ensemble forme un rectangle de 25 mètres de lonotr o sur 12 de large. Un entablement richement orné est supporté par trente colonnes d'ordre corinthien, cannelées, dont vingt sont engagées dans les murs de l'édifice. Quinze


marches donnent accès au perron, sur lequel s ouvre une grande porte carrée.

La Maison Carrée est un des plus beaux

Beaucaire. — Chapelle Saint-Louis.

spécimens de l' architecture romaine.

BEAUCAIRE. VUE GÉNÉRALE.

GIIATEAU. CANAL. CHAPELLE SAINT- Louis. — Beaucaire n est séparé de Tarascon que par le Rhône. Un beau pont suspendu, construit en 1829, réunit les deux villes. Ses cinq travées mesurent 45o mètres de long.

Beaucaire n'est qu'un cheflieu de canton, à 765 kilomètres de Paris, et comnte

plus de 9,000 habitants. Du pont sur le Rhône, la ville semble s'étaler uniquement sur la rive droite du fleuve en une longue ligne de maisons, dont quelques-unes sont

anciennes. En amont, la perspective se trouve fermée par la masse imposante du château.

Ce décor est trompeur, car la ville s'étend,

plus peut-être que sur les bords du Rhône, le long du canal et au pied de la colline qui porte le château.

La rive du Rhône est bordée par un long quai et une terrasse. C'est là que se tient habituellement la célèbre foire de Beaucaire.

Autrefois, c'était l'un des marchés les plus importants du monde. Établie en 1217, par Raymond VII, comte de Toulouse, elle conserva pendant sept siècles sa vogue

Beaucaire. — Le donjon.

immense et sa réelle importance commerciale.

Les chemins de fer en ont peu à peu restreint 1 intérêt, et, aujourd'hui, la foire de Beaucaire n'est plus qu'un simple marché aux cuirs.


Des bateaux chargés de marchandises viennent s'amarrer le long des quais du Rhône et les échanges se font sur le quai même et sur la terrasse qui le borde.

Pendant les guerres de religion, tandis que Nîmes embrassait avec enthousiasme la religion réformée, Beaucaire restait, par intérêt commercial peut-être, acquise au catholicisme, et la lutte entre les deux cités devint implacable.

Vue générale de Beaucaire.

Beaucaire est, encore aujourd'hui, une ville commerçante et industrielle. Si l'importance de sa foire annuelle a singulièrement diminué, il s' y fait encore des affaires considérables, grâce au canal qui va de Beaucaire à Aiguesmortes et qui débouche dans le Rhône par une écluse juste auprès du pont suspendu. Un petit monument en forme de chapelle en indique l'entrée.

Le canal, immédiatement après l'écluse

d'entrée, s'élargit et forme un vaste bassin où de nombreux bateaux sont réunis. Ce canal rend possibles les communications entre le Rhône et la Méditerranée, car l'estuaire du fleuve inconstant et embarrassé des graviers qu'il entraîne et déplace, rend précaire la navigation dans les deux ou trois bras par lesquels il gagne la mer.

Le château, bâti sur un rocher qui domine

au nord le cours du Rhône, est en ruines. Construit à la fin du XIIIe siècle par les derniers comtes de Toulouse, il présente des parties très intéressantes.

Ses remparts sont encore intacts de trois côtés. De la porte d'entrée, il reste une belle arcade que surmon-

tent les ruines de la gracieuse chapelle Saint-Louis, d'architecture romane.

On y remarque quelques jolies sculptures du xme siècle.

Un mur d'enceinte très élevé réunit la chapelle Saint-Louis à la tour triangulaire qui servait de donjon. Un escalier permet de monter au sommet, d'où l'on a une admirable vue sur la vallée du Rhône. Dans le nord, on aperçoit très nettement le confluent du Gard et du Rhône.

Le château, démantelé par Richelieu, qui vint en personne l'assiéger, avait donné aide et protection au duc de Montmorency. Mais


sa destruction, en 1682, ne fut que partielle, et sa visite est encore intéressante aujourd'hui.

En face, sur la rive gauche du Rhône, la sombre masse du château de Tarascon produit un saisissant effet, et de nulle autre part on ne peut mieux en juger l'ensemble.

La vallée du Rhône, à Beaucaire.

s

BEAUCAIRE. CROIX COUVERTE. - La croix' couverte de Beaucaire est un joli petit monument du xve siècle, de forme triangulaire, élevé, dit-on, dans ce lieu, en souvenir d'une station qu'y fit, à son retour de Tunis, la mission chargée de rapporter le corps de saint Louis en France.

Pour aller voir la croix couverte, il faut longer le canal, le franchir sur le pont situé à

l'extrémité de la ville et prendre la route qui se dirige vers le sud-ouest et passe sous la ligne du chemin de fer. La distance est à peu près d'un kilomètre.

SAINT-GILLES. PORTAIL DE L'ÉGLISE. LA VIS.

— Saint-Gilles-du-Gard est un chef-lieu de

canton de 6,000 habitants, bâti sur la pente d'un coteau que longe le canal de Beaucaire, sur la route et la voie ferrée qui réunissent Arles et. Montpellier, à 17 kilomètres d'Arles.

Cette petite ville a joué un rôle considérable à une certaine époque de notre histoire. C'est là que Raymond VI, comte de Toulouse, vint expier le meurtre du légat du pape, Pierre de Castelnau, et surtout sa complicité avec les

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Albigeois. Saint-Gilles a aussi donné le jour au pape Clément IV, qui régna de ia65 à 1268.

Un seul monument est digne d'une visite, mais ce monument est de premier ordre : l'église. Ainsi que l'apprend une inscription qu'on peut lire sur une des pierres extérieures, l'église fut commencée en 1116, par le fils de Raymond IV. Elle se compose d'une crypte où l'on a retrouvé,

en 1865, le tombeau de saint Gilles et l'autel, débris romain, sur lequel le saint célébrait la messe.

L'église supérieure est restée inachevée. Seul, le portail a été terminé, et c'est une merveille d'archi-

tecture. On y accède par un escalier com posé d'une vin gtaine de marches. Il se compose d'un grand porche flanqué de deux

portes plus petites d'une admirable

Croix couverte, à Bcaucaire.

Saint-Gilles. - La Vis.

ornementation, d'une délicatesse de style qui rappellent celui de Saint-Trophimc à Arles.

Derrière l'église, dans un jardin qui occupe l'emplacement du chœur inachevé, se trouve un pan de mur qui devait réunir le croisillon droit à l'abside. Dans ce pilier,

on peut voir une voûte annulaire rampante destinée à soutenir les marches d'un escalier tournant. C'est ce qu'on appelle la Vis de SaintGilles.

Cette vis, d'une admirable perfection, soulevait un problème très délicat dans la taille des pierres, et, pendant des siècles, elle fut l'objet d'un pèlerinage pour tous les compagnons maçons


Détail du portail de l'église de Saint-Gilles.


du Midi qui s'évertuèrent à le résoudre. Elle est encore curieuse aujourd'hui

AIGUESMORTES, VUE GÉNÉRALE. TOUR DE CONSTANCE. REMPARTS. — On répète assez volontiers que saint Louis s'embarqua à

Ensemble du portail de l'église de Saint-Gilles.

Aiguesmortes pour la septième croisade, et on en conclut que la ville est ou a été un port de mer. En réalité, saint Louis, ne possédant pas un port sur la Méditerranée, achetja aux moines de l'abbaye de Psalmody un emplacement occupé par des cabanes depêcheurs et situé près de la tour Matafère.

Aiguesmortes doit son origine à Philippe le Hardi, qui, a son retour d'Egypte, traça le plan de la ville et la réunit à la mer par un canal.

Actuellement Aiguesmortes est une. petite ville très originale, qui a conservé intactes

ses murailles du moyen âge , avec leurs tours rondes ou carrées, leurs portes et leurs chemins de ronde.

La ville, simple chef-lieu de canton, compte à peu près li,ooo âmes. Elle n'est qu'à un mètre au-dessus du niveau de la mer, dont elle est distante de 6 kilomètres. Elle est Ion-


Aigucsinorlcs, vue prise de la tour de Constance.


gée par le canal de Beaucaire, qui la met en communication avec le Rhône ; par celui de la

Radelle, qui va se perdre dans l'étang de Mauguio ; par celui de Bourguidou, qui conduit aux salines de Peccais ; par la GrandeRoubine, qui réunit Aiguesmortes au Graudu-Roi.

Les fortifications d'Aiguesmortes furent élevées, sur l'ordre du fils de saint Louis, par le Génois Boccanegra, qui reçut pour prix de son travail 5oo livres tournois, soit 8 8,5 o o

francs. Jusque-la, Aiguesmortes n'avait pour sa défense que la tour de Constance.

Aiguesmortes. — Tour de Constance.

Fortifications d'Aiguesmortes.

Les fortifications, qui englobent toute la ville, forment un rectangle mesurant 5/i5 mètres sur 136.

L'angle nord-ouest est occupé par un châtelet de construction plus récente, En face, mais en dehors des remparts, presque sur les bords

de la Roubine, s'élève la tour de Constance.

Elle est reliée au châtelet par un pont, et a

longtemps servi de phare.

Elle a plus de 28 mètres de haut et environ 20 mètres de diamètre.

On arrive à Aiguesmortes par une ligne qui va rejoindre à Aimargues la ligne d'Arles à Montpellier. Une autre venant de Nîmes vient s'y souder. De la gare, située hors des murs, on gagne la ville par une route qui passe sous la porte de la Gardette, l'une des plus belles de la ville.

Du haut de la tour de Constance, on a une fort belle vue sur la ville et les canaux des environs.


Rochebelle. — Forges de Tamaris.

II. — ALAIS

ALAIS. FAUBOURG DE ROCIIEBELLE. USINE DE TAMARIS. MINES DE ROCIIEBELLE. TAMARIS.

- Alais, à 675 kilomètres de Paris et à 5o kilomètres de Nîmes, est une jolie ville de 25,000 habitants, située au pied des Cévennes, sur la rive gauche du Gardon, qui décrit devant elle une vaste courbe. Deux ponts ont été jetés sur la rivière et mettent la ville en communication avec le faubourg industriel de Rochebelle.

Alais est dominé par la montagne de l'Hermitage, d'où l'on a une vue magnifique.

Le faubourg de Rochebelle conduit aux mines du même nom. Ce sont les plus anciennes de France. Elles occupent une situation pittoresque sur les pentes d'une colline boisée. 5oo ouvriers au moins sont employés à l'extraction du charbon.

A trois kilomètres au nord, mais sur la rive gauche du Gardon, que franchit un pont


pittoresque, on rencontre un des plus grands établissements industriels de la France : les forges de Tamaris. Un chemin de fer à voie étroite amène à Tamaris les charbons de Rochebelle. Un va-et-vient fait traverser des bennes au-dessus du Gardon, le long duquel

Tamaris.

se dressent d'innombrables cheminées couronnées d'un panache noir de fumée. Ces forges produisent des fers dont la réputation est universellement établie. La visite en est autorisée assez facilement, et cette visite est très intéressante, même pour les touristes étrangers aux travaux industriels.

Alais n'offre aucun édifice intéressant à la curiosité des voyageurs : tout au plus pourrait-on citer l'église, monument de style Louis XV avec une façade en partie gothique.

On peut encore signaler la promenade dite : La Maréchale ; elle tire son nom du maré-

chal de Montrevel. qui en fit commencer les travaux. A l'extrémité, s'élève l'ancien château d Alais, transformé en prison.

Alais a vu naître le poète marquis de la Fare, le chimiste J.-B. Dumas, et leur a élevé des statues.

La ville joua un rôle important durant les


guerres de religion. Les protestants, fort nombreux à Alais, en furent chassés en i 51t2, mais y rentrèrent plus forts trois ans après et y constituèrent une sorte de république autonome qui dura jusqu'en 1629. A cette date, Louis XIII assiégea la ville, la prit, en rasa les murailles, et, trois ans plus tard, fit

Les mines de Rochebelle, à Alais.

subir le même sort au château, pour punir le baron d'Alais, qui avait soutenu la révolte du duc de Montmorency, son oncle.

Sous Louis XIV, la révolte des camisards trouva de vives sympathies à Alais, et c'est presque sous ses murs que Jean Cavalier battit les troupes royales le 24 décembre 1702.

Les camisards dépouillèrent les morts et revêtirent leurs uniformes. A l'aide de ce déguisement, ils purent s'emparer sans combat de Sauve quelques jours après. Mais cette victoire n'eut pas de lendemain. Traqués dans les vallées les plus reculées des Cévennes, manquant de tout, et sans espoir de secours,

ces paysans héroïques finirent par comprendre que la lutte était impossible. Le maréchal de Villars, envoyé pour les combattre, contrairement peut-être aux idées de l'entourage royal, sut heureusement user de clémence en temps opportun et les décida à se soumettre.


ANDUZE. TOUII DE L IIOR LOGE. VUE GÉNÉRALE.

LE GAHDO. - Anduze, petite ville assez

Anduze.

animée, de 4,ooo âmes, est a 14 kilomètres d'Alais par la route, et à a 3 kilomètres par le chemin de fer. obligé à un long détour pour desservir Lézan. Anduze est bâtie en amphithéâtre au bord du Gardon, que franchit un beau pont. Sur la rive gauche est un faubourg industriel, d'où part la route d'Alais.

La ville, aux rues tortueuses, étroites, s'étend le long de la rivière, que

borde une terrasse plantée d'arbres. Cette terrasse garantit la ville contre les crues subites et dangereuses du Gardon, dont elle

a eu plus d'une fois à souffrir. Anduze est dominé par le mont Saint-Julien, qui porte

encore quelques ruines d'une ancienne forteresse.

On ne peut signaler à Anduze que deux monuments, et encore sont-ils d'un intérêt médiocre : le château, construit par Vauban, mais qui est bien défiguré, et la tour de l'Horloge, mieux conservée.

On peut encore citer une porte moderne d' un bon style et quelques vieilles maisons.

Vallce du Gardon d'Anduzc.

Le site, à Anduze, vaut beaucoup mieux que les monuments, qui ne présentent aucun intérêt.


CHATEAU DE TORNAC. — A trois kilomètres d'Anduze, mais à moins d'un kilomètre de la gare, sur la route de Quissac, on peut remarquer un monticule escarpé que couronnent des ruines

imposantes. C'est le château de Tornac. Le chemin de fer traverse en tunnel la colline qui les porte, et, pour arriver aux ruines, il faut en escalader les pentes, qui ne présentent aucun sentier.

Il ne reste du château qu une grosse tour J intacte, et des pans de murs assez curieux.

Mais, du haut de cette forteresse, on a une vue admirable sur Anduze, et sur le défilé où le Gardon s'est frayé un passage entre les flancs pelés du mont Saint-Julien et les rochers abrupts de la rive gauche.

Les riches vignobles qui entourent Anduze et qui couvrent la région appelée Plan du Môle, entremêlés de cultures et d'arbres, forment un paysage superbe que traverse le ruban argenté du Gardon.

Tornac doit son origine à un monastère

Château de Tornac.

Tour de l'Horloge, à Anduze.

m

qui fut fondé au ix° siècle, et qui, peutêtre, remonte même à une époque encore plus reculée. Il est possible, du reste, que le château ait été construit sur les ruines d'une ancienne forteresse romaine.

La culture du mûrier est très développée dans toute la région et contribue, avec la vigne, a la prospérité du pays.

L'élevage des vers à soie ne dure que quelques semaines, mais cette période de production exige un travail minutieux et incessant. Pendant les deux mois que dure l'élevage du ver a soie, toute la population d'Anduze et des environs est occupée uniquement a la récolte des feuilles de mûrier, et cette besogne, qui ne dure pas très longtemps, est pénible, mais assez productive. Elle prend fin le jour où le ver commence a filer.


SAL\T-JEAN-DU-GARD. PONT. TOUR DE L'HORLOGE. — Lorsque l'on remonte le Gardon, en quittant Anduze, on passe au pied du mont Saint-Julien. Puis la route, excellente du

Tour de l'Horloge, à Saint-Jean-du-Gard.

reste, s'élevant sans cesse en pente douce dans la vallée du Gardon, franchit ce dernier cours d'eau près de son confluent avec la Salmdrique, et, après 13 kilomètres, arrive à Saint-Jean-du-Gard.

Saint-Jean compte à peu près 4,ooo habitants et se compose principalement d'une longue rue étroite et sinueuse. C'est une ville peu intéressante, mais dans une situation pit-

tores que. Un vieux pont du moyen âge, en dos d'âne, avec déclivités prononcées, franchit le Gardon et conduit au château moderne de Cabrières, d'où la vue est fort belle.

Tout près de ce vieux pont, formé de six arches inégales, on rencontre une jolie promenade, dite Promenade du Temple, ombragée d'arbres touffus.

Dans le quartier de la vieille ville, appelée la Bourgade, s'élève une tour romane, dite tour de l'Horloge, au pied de laquelle se tient le marché. Cette tour fit autrefois partie d'un cloître roman qui a disparu depuis longtemps.

Un chemin de fer, actuellement en construction, doit prochainement relier Anduze à Saint-Jean-du-Gard.

Cette nouvelle ligne suivra la vallée du Gardon

à peu près comme la route elle - même.

Saint-Jean-du-Gard a vu naître le maréchal de Toiras, le icl mars 1585. Il se rendit célèbre par la belle défense qu'il fit dans la ville de Casai.


Vieux pont, à Saint-Jean-du-Gard.

SAINT-AMBROIX. Sur la rive gauche de la Cèze, SaintAmbroix se présente dans une situation des plus charmantes, avec sa chapelle pi ttoresque et son châ-

Saint-Ambroix.

(Cliché communiqué par M. J. Gascuct,)

teau. Tout près se trouve la station balnéaire des Fumades.

Saint-Ambroix est desservi par la ligne du Teil à Alais, dont il est séparé par 20 kilomètres.


Vue générale d'Uzès.

III. UZÈS

UZÈS. VUE GÉNÉRALE, LE DucHÉ, — Uzès, chef-lieu d'arrondissement de 5,ooo âmes, possède une gare sur la ligne du Martinet à Tarascon, et cette gare est elle-même reliée par un embranchement à Nozières, sur la ligne d'Alais à Nîmes. Mais la station d'Uzès est à plus d'un kilomètre de la ville, et la route, de la station a la ville, présente une rampe assez raide.

Uzès, en effet, est situé sur une hauteur isolée, dont les pentes descendent abruptes vers la vallée de l'Alzon. De ce côté s'étend

la ville nouvelle. Autour du château, s'est groupée la vieille ville, qui a conservé en plusieurs endroits sa physionomie du moyen âge. On y retrouve d'anciennes maisons, une place avec des arcades surmontées de galeries, etc.

Le monument le plus intéressant d'Uzès est le Duché. La porte s'ouvre sur la place de l'Hôtel-de-Ville. Extérieurement, on ne voit pas grand'chose, car les bâtiments, pour élevés qu'ils soient, sont comme noyés au milieu de constructions particulières anciennes


Chapelle du Duché, à Uzès.


ou récentes. Mais quand on pénètre dans la cour, on remarque d'un côté de hautes murailles crénelées, un donjon haut de plus de 4o mètres à la plate-forme duquel on arrive par un escalier obscur, une tour octogone, dite des Archives, et une chapelle dans le style de la Renaissance, attribuée, probablement à

Le Duché, à Uzès.

tort, à Philibert Delorme, et restaurée au siècle dernier.

Sous la chapelle, dans une crypte, on montre les tombeaux des ducs d'Uzès et en particulier celui du jeune duc Jacques d'Uzès, mort récemment pendant une exploration dans l'Afrique centrale.

Pour avoir une vue générale du Duché, il faut monter à la tour de l'Horloge, ou à celle de Saint-Etienne. C'est de là seulement qu'on peut se bien rendre compte des dispositions architecturales du Duché, formé de constructions peu homogènes, mais qui présentent pourtant une certaine originalité.

De là encore on a très belle vue sur la ville et ses environs. La cathédrale Saint-Théodorit, flanquée de la tour Fénestrelle, sorte de campanile de 40 mètres de haut, d'un style original, domine l'esplanade des Marronniers, ou l'on remarque le pavillon Racine. Une tradition assez douteuse y a fait séjourner Racine,


qui aurait composé dans cette retraite l'une de ses œuvres, la plus médiocre d'ailleurs, la « Thébaïde ».

LE PONT DU GARD. — Le pont du Gard est une merveille de l'architecture antique. C'est

Pont du Gard.

un aqueduc qui amenait, à Nîmes, les eaux de la fontaine d'Eure. D'après une inscription, sa construction serait due au gendre d'Auguste, Agrippa. Il mesure 171 mètres de longueur au niveau du premier étage, et 269 a la hauteur du troisième. Il se compose de trois rangs d'arcades superposées. Au premier

étage, on compte 6 arches en plein cintre, d'une hauteur de 20 mètres et de largeur inégale. Le second étage, en retrait sur le premier, a la même hauteur, mais comprend 11 arches. Le troisième se compose de 35 arcades qui supportent le canal.

On peut monter à la partie supérieure de chaque côté ; mais sur la rive gauche, l'ascension est facilitée par un escalier en spirale qui amène au niveau de la rigole d'écoulement, aujourd'hui a sec. On peut traverser le pont en suivant la rigole, qui est en grande partie couverte, ce qui la rend obscure par endroits.


Arche centrale du pont du Gard.


Pont du Gard.


On peut aller au pont du Gard en partant de Remoulins, soit environ 3 kilomètres. Sur la ligne de Remoulins à Uzès, une station porte le nom de « Pont-du-Gard » ; mais elle est encore à 2 kilomètres du pont.

La route de Remoulins à Uzès longe le

Vallée du Gard.

Gard, puis elle le traverse par un pont moderne, datant du milieu du XIX" siècle, qu'on a eu la malencontreuse idée d'accoler au chef-d' œuvre antique, ce qui le défigure en aval.

Pour bien apprécier le pont du Gard, il faut remonter en amont une centaine de mètres,

et de là il se présente imposant et majestueux dans sa masse de pierre rouge.

VALLÉE DU GARD. — Du haut du pont du Gard, la vallée est tout à fait pittoresque. Le Gard est encaissé entre des rochers gris entre-

mêlés de verdure. Il roule ses eaux claires et abondantes sur les cailloux dont son lit est parsemé et fait tourner un moulin.

On pourrait trouver bien d'autres gracieux paysages sur les bords du Gard, et cette jolie rivière, si elle n'onre pas des aspects grandioses, est partout pittoresque.


VILLENEUVE-LÈS-AVIGNON. CIIATEAU. PUITS DE L ABBAYE. TOUR DE PUILlPPE-LE- BEL. VUE

GÉNÉRALE. INTÉRIEUR DU CHATEAU. VALLÉE DU RHÔNE. ÉGLISE.

- Villeneuve n'est séparée d' Avignon que par le Rhône.

Un pont suspendu et une longue jetée formant un pont sur pilotis, depuis que le pont SaintBénézet a été à moitié détruit par le temps, réunissent Avignon à Ville-

neuve, véritable faubourg, bien que situé dans un autre département. On n'y va guère

que d' Avignon. Cependant, la ville est desservie par la gare de Villeneuve-Pujaut, sur

Vue générale de Villeneuvelès-Avignon.

Villeneuve-Iès-A yignon. - Intérieur du château de Saint-André.

la ligne du Teil à Mines.

Villeneuve ne compte pas 3,000 habitants, et n'es plus que l'ombre d'une ancienne cité prospère. Les monuments qu'elle renferme donnent la preuve de sa splendeur disparue.

De quelque côté qu'on aperçoive Vil-

leneuve, ce qui frappe surtout les regards, c'est le fort Saint-André, planté au sommet


d'un mamelon, appelé mont Andaon, qui domine à la fois le Rhône et la ville. Un chemin montueux et plein de cailloux amène à la porte ogivale percée entre deux grosses tours rondes a mâchicoulis, fort bien conservées, sur lesquelles on peut monter. La vue du haut

Fort Saint-André, à Villeneuve-lès-Avignon.

des tours est magnifique, et Avignon s'y présente sous l'aspect le plus pittoresque.

L'intérieur du château est en ruines et n'offre pas beaucoup d'intérêt. On peut cependant y faire une courte promenade, et certaines parties des murailles, qui rappellent celles d'Aiguesmortes, sont assez curieuses.

Villeneuve se compose d'une longue rue, qui va de l'église vers la gare, en longeant le mont Andaon. Elle se termine, quand on gagne le chemin de fer, par une vieille porte, dite porte du Bout-de-Ville, qui rappelle les anciennes murailles, mais est bien détériorée.

Il n'en resté que les deux piliers latéraux. Vers le milieu de la rue, une porte monumentale donne accès dans les bâtiments, convertis aujourd'hui en habitations, granges et écuries, de l'ancienne abbaye du Val-de-Bénédiction.

Cette abbaye fut fondée en 1356, par le pape Innocent VI, qui demanda a y être


Villeneuve-lès-Avignon. — Tour de Philippe-le-Bel.


inhumé. Il n'en reste plus que des ruines informes.

L'église, transformée en étable, n'offre pas grand intérêt; une cellule, dans une maison particulière, a conservé quelques traces de son état primitif.

La seule partie intacte est la fontaine monumentale de Saint-Jean, qui occupe le milieu d'nne cour située au point le plus élevé de

Le puits de l'abbaye du Val-de-Bénédiction, à Villeneuve-lès-Avignon.

l'abbaye. Elle a la forme d'une jolie rotonde supportée par des arcades, et elle abrite un puits aujourd'hui desséché.

La route qui relie Villeneuve à Avignon longe un rocher qui porte une belle tour du XIVO siècle, appelée tour de Philippe-le-Bel.

Elle faisait partie d'un système de défense qui devait protéger de ce côté du Rhône le pont Saint-Bénézet.

Pendant le séjour des papes à Avignon,

Villeneuve fut prospère et très peuplée en raison de sa proximité avec la capitale de la chrétienté.

On trouve en maint endroit des restes de cette antique splendeur.

Dans la Grande-Rue, on signale une maison qui reçut le dernier soupir de Pierre de Luxembourg, l'ancien palais cardinalice de Pierre de Thury, l'hôtel de Conti, tout cela

fort délabré et défiguré, mais montrant encore quelques vestiges intéressants du passé.

L'église NotreDame - de-F Assomption , construite au XIVe siècle par un neveu du pape Jean XXII, Arnaud de Via, est surmontée d'une tour carrée et crénelée. On y trouve la pierre tombale du prince de Conti et un - bel autel tout en marbre.

Dans la chapelle de l'hospice, il faut aller visiter un des chefs-d'œuvre de la sculpture du XIVe

siècle, le tombeau du pape Innocent VI, en

pierre, avec statue en marbre. Ce chefd'œuvre, trop à l'étroit dans cette chapelle bien exiguë, mériterait d'être dégagé, malgré les mutilations dont il porte les traces. Pendant longtemps, ce tombeau, enlevé à l'abbaye, servit d'armoire à un vigneron, et ses sculptures délicates furent assez peu respectées.

Villeneuve doit son origine au couvent de


Saint-André, bâti par les Bénédictins au VIe siècle. Aussi la ville s'appela-t-elle BourgSaint-André.

Le pape Urbain II y vint en 1096, et, en 1118, le pape Gelase II y consacra l'église abbatiale.

Les Bénédictins cédèrent en partie à Phi-

lippe le Bel leur souveraineté en 1292, et celui-ci s'empressa d'y élever des remparts et des tours, dont celle qui subsiste est un des restes. Il substitua le nom de Villeneuve à celui de Bourg-Saint-André et la ville devint une forteresse royale.

Quand la cour pontificale siégea à Avignon, Villeneuve devint une sorte de villégiature pour les prélats, qui y construisirent des maisons de plaisance. Quatorze de ces maisons sont encore faciles à reconnaître, par des constructions d'ailleurs assez mal conservées.

La chartreuse du Val-de-Bénédiction, bien qu'elle soit singulièrement défigurée, présente encore des traces de cette ancienne splendeur.

L hospice, ancien monastère des Franciscains, a hérité de quelques débris du passé, et, outre le magnifique tombeau du pape Innocent VI, on y peut voir une Vierge en cuivre du XIIIC siècle, d'un travail riche et exquis, et, dans la chapelle, des

ornements pontificaux d'une valeur inappréciable.

Dans le Musée de la ville, on conserve quelques restes de la période brillante que connut Villeneuve : des sculptures, des croix, des monnaies, quelques manuscrits, des bulles pontificales, quelques statues. La porte en

bois sculpté a été enlevée à l'abbaye du Valde-Bénédiction, et, tout contre la porte, sont des chapiteaux du moyen âge.

De la rue principale, un chemin monte au mont Andaon et au fort Saint-André. Là on peut encore monter sur les tours qui encadrent la porte. De la plate-forme qui couronne le

Église de Villeneuve-lès-Avignon.

sommet, la vue sur Avignon et sur le Rhône est splendide.

Le donjon renferme une Salle des Gardes et différentes pièces qui servaient à des usages très divers. Une chapelle du XIe siècle, dédiée à Notre-Dame-de-Belvezet, occupe le point culminant du fort.


Deux kilomètres séparent les deux stations de Villeneuve-Pujault et de Pont-d'A vignon qui, toutes deux, desservent Villeneuve, mais en sont éloignées au moins d'un kilomètre.

Celle de Pont-d' Avignon dessert également Avignon, dont le Rhône seul — mais il est fort large en cet endroit — la sépare. La station de Pont-d' Avignon est mieux desservie et plus fréquentée que l'autre, parce qu'elle rend

La Roque.

assez rapides et très faciles les communications entre Avignon et le réseau de NimesMontpellier-C ette.

LA ROQUE, PRÈS BAGNOLS. — La Cèze est une de ces petites rivières qui descendent des Cévennes et se jettent dans le Rhône après un cours de médiocre longueur, puisque les Cévennes ne s'écartent pas beaucoup du grand

fleuve, et, si elle ne saurait être comparée à l'Ardèche, elle présente cependant de forts jolis sites. Pour bien voir la Cèze, il faut partir de Bagnols-sur-Cèze, et en remonter le cours.

Franchissez la Cèze sur le pont de Bagnols et suivez la route de Goudargues. A huit kilomètres , vous quittez la route et prenez le chemin assez médiocre de la Roque. Au bout d'un kilomètre, vous arrivez au bord de la

Cèze, qui a les apparences d'un ileuve large et paisible. Un barrage qui sert à faire tourner un moulin y produit une cascade assez belle.

Quelques pas plus loin, vous rencontrez un joli pont de 12 arches qui a, parait-il, des origines remanies

Devant vous, bâti en amphithéâtre sur un rocher, se présente le village pittoresque de la Roque, que domine d'un côté

l'église, et de l'autre un vieux château, avec ses murailles crénelées et ses tours.

Bagnols-sur-Cèze est une petite ville bâtie sur les pentes d'un monticule, que couronne une tour carrée sans caractère. Une ville nouvelle s'est élevée entre la vieille cité et la gare, et ses rues larges, bien alignées et ombragées de platanes, contrastent avec les rues étroites et sinueuses de l'ancien bourg.


CASCADE DU SAUT ADET. - A la Roque, on est à 3 ou 4oo mètres de la cascade du Sautadet, mais il serait difficile de la soupçonner.

Cascade du Sauladet.

On suit la prairie située sur la rive droite de la rivière et l'on arrive bientôt au milieu de rochers plats. C'est à travers ces roches grisâtres que la Cèze, tout à coup, tombe de 8 à 10 mètres, par une chute qui n'est certainement pas l'une des plus importantes de France, mais qui peut compter parmi les plus belles. En effet, la rivière a si bien creusé et déchiqueté les

rochers entre lesquels elle se brise, qu'elle les a en quelque sorte taillés et les a façonnés sous mille aspects curieux. Ici, ce sont des

cuves; là, de véritables fauteuils, des couloirs où l'eau bouillonne. Il y a, en réalité, deux chutes, et la prise d'eau d'un moulin qui se

déverse près de la première en forme une troisième.

D'où vient le nom de Sautadet? Il est assez difficile de le dire. Est-ce, comme on l'a dit, parce qu'on peut sauter par-dessus la chute? Cela est peu vraisemblable, car ce saut périlleux exigerait une force et une adresse surhumaines. Le Sautadet mérite une visite, et l'on peut regretter qu'il n'y vienne pas assez de touristes.

Cascade du Sautadet.

Un peu au-dessous de la chute, un moulin pittoresque est encadré par un paysage qui ne manque pas d'agrément.


GOUDARGUES. VIEILLE PORTE. — En reprenant la route suivie depuis Bagnols, on rencontrerait, à 18 kilomètres, Goudargues.

Deux kilomètres avant d'y arriver, sur la rive gauche de la Cèze, on aperçoit le petit village de Cornillon, avec ses anciens remparts, accroché au flanc d'un rocher à 168 mètres d'altitude, puis on franchit la Cèze sur un pont suspendu et l'on entre à Goudargues.

La ville en elle-même est peu intéressante, bien qu'elle renferme quelques vieilles mai-

sons avec des portes curieuses. Nous en donnons un spécimen.

Dans les jardins au nord de la ville, une belle source jaillit par plusieurs orifices, et est assez abondante pour former immédiatement une petite rivière qui se déverse dans la Cèze, dont elle augmente notablement le débit, après avoir fait tourner un moulin assez pittoresque.

En remontant encore la Cèze, on trouverait de belles gorges auprès de Barjac, à 3i kilomètres de Bagnols.

Vieille porte, à Goudargues.


Le Vigan. - Les monts d'AllIas.

IV. — LE VIGAN

LE VIGAN. LES MONTS D' AULAs. - Le Gard est généralement considéré comme un pays de plaines, parce qu'on oublie l'arrondissement du Vigan, situé en pleines Cévennes.

Du Vigan , une route en lacets gagne les sommets qui dominent la ville et sur lesquels la vigne se marie à l'olivier. C'est la route d'Aulas.

Une fois ces mamelons contournés, on aperçoit, dans le fond de la vallée, la petite ville d Aulas, que dominent les hautes cimes

des Cévennes, sur les flancs desquelles un mince ruban montre les lacets de la route qui monte à l'Aigoual.

Aulas est une villégiature estivale très recherchée. L'Arre, qui l'arrose, et de nombreuses sources, y répandent pendant l'été la fraîcheur, et, dans les environs, de belles excursions y attirent nombre d'étrangers.

Sur le côté gauche de la vallée, une muraille presque à pic indique la fin du Causse de Larzac.


LE VIGAN. PONT. —Le Vigan est à 95 kilomètres de Nîmes, et la route qui y mène, tout comme la voie ferrée, offre un trajet superbe. Traversée par l'Arre, située au pied des monts du Lespéron, dont les monts d' Aulas, à la silhouette pittoresque, ne sont

Vieux pont, au Vigan.

qu'un rameau détaché, la ville, qui est arrosée par des fontaines fraîches et claires, présente des ombrages magnifiques. Ses environs sont remarquables et justifient un séjour prolongé des touristes, venus principalement de Nîmes et de Montpellier. Cette sous-préfecture est une toute petite ville,

puisqu'elle ne compte pas 6,000 habitants; mais elle est charmante d'aspect et pleine d'attraits. C'est la patrie du chevalier d'Assas, tué à Clostercamp, en 1760, et du sergent Triaire, mort en 1891, à El-Arich.

Il n'y a pas de monuments à voir au Vi-

gan; mais un vieux pont gothique jeté sur l'Arre, curieux par lui-même et par le site qui l'entoure, mérite une visite. Le voisinage d'une petite station balnéaire a deux kilomètres , a Cauvalat, attire un certain nombre d'étrangers. A Cauvalat se trouve la fontaine d'Isis qui alimente les fontaines du Vigan.


ROUTE DE GANGES AU VIGAN. - Toute la haute vallée de l'Hérault est une merveille.

De Ganges on gagne les bords du torrent par une belle route qui en suit le cours à une assez grande hauteur, Elle accompagne la rivière dans une gorge plus ou moins resserrée, selon les endroits, mais toujours dominée par des montagnes élevées. La gorge s'ouvre à gauche pour laisser passer une autre vallée, c'est-à-dire un autre torrent, la Vis, qui n'est pas moins pittoresque que l'Hérault.

Puis ,1a rivière serpente dans une vallée plus large, plus ouverte, plus verdoyante. La route passe alors du département de l'Hérault dans celui du Gard et l'on arrive au - pont de Saint-Julien. Près du pont s'ouvre une grotte peu profonde, entaillée dans un rocher qui domine la rivière d'une cinquantaine de mètres.

Du haut du rocher tombe une cascade assez ab ondante.

MONT AIGOUAL. L'OBSERVATOIRE. — Le mont Aigoual, un des sommets

les plus élevés des Cévennes, atteint 1,667 mètres. C'est une des rares montagnes dont le point extrême est accessible aux voitures.

Plusieurs routes y conduisent. On y va le plus souvent du Vigan. C'est peut-être la route la plus courte, mais la plus dure. On y arrive plus facilement par Pont-d'Hérault et Valleraugue, et l'on gagne, par une série de lacets pittoresques, la route forestière qui conduit au col de la Serreyrède (1,388 m.), puis, de là, à l'observatoire.

Du côté de la Lozère, au départ de Millau, on a également deux routes pour monter au mont Aigoual ; l'une par la vallée de la Dourbie et celle du Trévesel, en passant par la Roque-Sainte-Marguerite, Nant, Saint-Jeandu-Bruel, Trêves. Elle est superbe, mais pénible et longue. Elle compte 76 kilomètres, avec des pentes sérieuses. La seconde est meilleure, et, bien que les rampes soient encore assez dures et ininterrompues, elles sont mieux ménagées. On passe par Peyre-

Roule de Ganges au Vigan.

leau, Meyrueis, Bramabiau. Les deux routes se rejoignent près du village de Camprieu.

A deux kilomètres de Camprieu, on rejoint les routes de Valleraugue et du Vigan, puis on continue à monter par un chemin caillouteux, vers la maison forestière de la Serreyrède, d'où l'on a une admirable vue sur les Cévennes, vue peut-être plus belle, mais plus limitée que celle du sommet. Du col de la Serreyrède, de longs lacets conduisent, par une route pierreuse, jusqu'au sommet, que


l'on contourne pour aboutir à la plate-forme supérieure où s'élève l'observatoire.

L'observatoire, construit sur les plans de M. Fabre, a coûté six années de travail. Accoté au rocher par le côté nord, il a sa façade principale tournée vers le sud. Cette façade

Observatoire du mont Aigoual.

mesure 14 mètres de large sur 3i mètres de long. Elle se termine au sud-ouest par une tour haute de 17 mètres. Un paratonnerre garantit les bâtiments de la foudre, un calorifère les rend habitables l'hiver. Le téléphone et le télégraphe relient l'observatoire à Valleraugue. Un garde forestier l'habite en toute

saison et y relève les indications des instruments météorologiques, qu'il transmet à Valleraugue.

Un refuge-restaurant, ouvert l'été seulement, par les soins du Club Alpin, est situé derrière l'observatoire; le Touring-Club a

établi un poste de secours à la maison forestière de la Serreyrède.

Le sommet de l'Aigoual est divisé en deux parties par la ligne idéale qui sépare le Gard de la Lozère. Mais l'observatoire est situé dans le Gard. C'est a ce titre qu'il doit de figurer dans ce volume.


VUE PRISE DE L'AIGOUAL. — Le panorama qui se déroule aux yeux du touriste arrivé à l'observatoire est un des plus beaux que l'on puisse imaginer. Par un beau temps, Toulon et Ilyères apparaissent au sud-est, la Lozère et la Margeride, le mont Ventoux et les Al-

Vue prise du mont Aigoual.

pines ; la côte méditerranéenne, le Canigou et les sommets des Pyrénées orientales se dessinent à l'horizon ; mais la photographie ne peut espérer rendre de si vastes tableaux. Elle doit se borner aux plans plus rapprochés, et les monts d'Aulas, avec la route en lacets de Valleraugue, et les sentiers qui abrègent le

chemin du Vigan, peuvent seuls être fixés par l'objectif.

BRAMABIAU. — La route de Meyrueis à Camprieu longe le ravin où se déverse le torrent qui a creusé la célèbre grotte de Brama-

biau. Au point de vue géologique, comme au point de vue touriste, Bramabiau appartient plutôt à la Lozère. Mais la division géographique l'a classé dans le Gard, On part généralement de Meyrueis pour visiter Bramabiau, et il faut compter quatre ou cinq heures pour la visite de la grotte.


On y trouve sept cascades, et .on ne peut traverser la grotte d'un bout à l'autre qu'avec des guides et seulement dans les basses eaux.

La grotte est parcourue par une rivière

souterraine qui fut signalée par M. Frossard, en 1838, mais elle n'a été explorée qu'en 1888, par MM. Martel et Goupillât.

On entre dans la grotte par une sorte de

Sortie de la grotte de Bramabiau.

Cascade souterraine de Bramabiau.

(Cliché de M. Martel.)

tunnel très régulier, creusé par les eaux d'un petit ruisseau : le Bonheur. Ce tunnel mesure environ 12 mètres dé hauteur, sur 15 à 20 de large, et 80 de long. La rivière souterraine a un cours d'enviroh 700 mètres, mais ses couloirs latéraux offrent un développement de plus d'un kilomètre.

Il faut signaler surtout la salle du Carrefour, en forme de triangle, la galerie de la Grande Fourche, la salle du Dôme, la cascade du Bain de Siège, l'Alcôve, etc.


HÉRAULT.

I. — MONTPELLIER -

MONTPELLIER. LE PEYROU. AQUEDUC

PORTE DU PEYROU. LE CHATEAU-D'EAU. Le chef-lieu du département de l'Hérault est à 841 kilomètres de Paris, à 49 de Nîmes. Il compte environ 70,000 habitants. On y trouve peu de monuments anciens, mais quelques-uns de ceux qu'on y rencontre, pour être relativement mo-

dernes, n'en sont pas moins dignes d'être cités.

L'ensemble le plus curieux de Montpellier est la promenade du Peyrou. On y arrive par la porte du Peyrou, arc de triomphe, construit en 1712, en l'honneur de Louis XIV.

C'est un arc en plein cintre, d'ordre

dorique, surmonté d'un attique, et qùi mesure 15 mètres de haut sur 18 mètres de large.

Quatre basreliefs rap-

Là porte du Peyrou, à Montpellier.

Le Château-d'Eau, à Montpellier.

pellent la révocation de l'Édit de Nantes, la création du canal du Languedoc, les victoires et conquêtes du grand roi.

La promenade du Peyrou s'ouvre au

delà de l'arc de triomphe par une grille que flanquent de chaque côté deux groupes en marbre, par Injalbert. Elle a la forme d'un rectangle, mesurant 175 mètres de

longueur et 125 de large.

Cette belle terrasse est plantée d'arbres, sur toute sa longueur, et departerres. A l'extrémité opposée à la porte, s'élève un château-d'eau, de forme hexagonale, dont l'entablement est supporté par des colonnes corinthiennes.


Il est alimenté par un aqueduc monumental, construit au milieu du XVIIIC siècle, haut

Aqueduc de Monlpelli

d'une vingtaine de mètres, et formé de deux rangs d'arcades superposées. Il amène au Château-d'Eau les eaux du Lez et celles de la fontaine SaintClément, située à 9 kilomètres de Montpellier.

Du haut de la promenade du Peyrou, qui domine la vallée de tous côtés, sauf du côté de la ville, on a une fort belle vue sur l'aque-

duc, la campagne environnante, le pic SaintLoup, et même les derniers contreforts des

Pyrénées. De fort belles statues en marbre décorent les allées du Peyrou.

Au milieu de la promenade du Peyrou se dresse, sur un piédestal élevé, la statue équestre de Louis XIV.

Sur les bas-côtés, on peut voir deux groupes en bronze : la Sirène, par Granet, et Jeunesse et Chimère, par Aubé, puis deux groupes en marbre : le Paradis Perdu, par Dieudonné, Hécate et Cerbère, par Marcello.

A l'entrée du Pey-

Le Peyrou, à Montpellier.

rou, sur une petite place à gauche, on a érigé une croix monumentale en fer forgé.


Enfin, à droite de la porte du Peyrou, s'élève le palais de justice, bâti en 18/17, sur les ruines d'un ancien château, dans un style sobre, mais élégant. Il est décoré des statues de Cambacérès, du cardinal de Fleury. Il est

situé en bordure de la rue Nationale, qui vient se terminer à la porte du Peyrou.

Des rampes assez raides, bordées d'élégantes balustrades, donnent accès à la porte et à la promenade du Peyrou.

MONTPELLIER. TOMBEAU DE NARCISSE. Au-dessous du Peyrou, à droite, s'étend le Jardin des Plantes. Il occupe plus de quatre hectares et comprend une promenade publique, un jardin forestier, un jardin botanique. Dans cette dernière partie on trouve quelques restes d'anciennes fortifications, et sous une voûte, fermée par une grille, on peut lire sur une plaque de marbre cette inscription : « Placandis Narcissa3 manibus ». A la fin du xvinc siècle, on trouva à cette place un squelette de jeune fille. Letourneur,

traducteur des « Nuits » de Young, laissa entendre, par erreur, que c'était là le tombeau de la fille du poète, Narcissa, morte à la fleur de l'âge et que son père avait dû enterrer de ses propres mains. Mais la fille de Young,

devenue Elisa Temple, mourut à Lyon, en 1736, à l'âge de 18 ans, et sa tombe existe encore dans le cimetière protestant. Seulement, le drame imaginé d'après les indications erronées de Letourneur, bien qu'il ne s'ap-

Le tombeau de Narcisse, à Montpellier.

plique pas à la fille de Young, n'en est pas moins réel, et la tombe renfermait bien le corps d'une jeune fille anglaise, à qui les catholiques refusèrent la sépulture, et que son père, aidé d'un jardinier, dut ensevelir en ce lieu.


C'est à Talma, alors en représentations à Montpellier, et à Candolle, directeur du jardin botanique, que l'on doit l'érection de la plaque et de l'inscription, dans un endroit assez peu fréquenté du jardin.

MONTPELLIER. CATHÉDRALE. — La cathédrale Saint-Pierre fut érigée par le pape Urbain V.

en 1364. Elle fut d'abord une simple chapelle d'une abbaye bénédictine, et ne devint cathédrale qu'en 1536. Le monument, d'ailleurs médiocre, fut fort endommagé pendant les guerres de re-

ligion. Il a été l'objet de restaurations considérables. Il est surmonté de deux tours carrées sur la façade, et de deux autres aux angles de la nef. La façade est précédée d'un porche, lourd et disgracieux, composé de deux gros piliers, massifs et cylindriques, qui soutiennent une voûte à nervures. L'in-

Église de Lunol.

Cathédrale de Montpellier.

térieur est très vaste et mesure 92 mètres de long sur 28 mètres de large. La hauteur de la voûte est de 27 mètres.

La cathédrale est mitoyenne avec la Faculté de médecine qui s'est installée dans l'ancien monastère des Bénédictins.

L'une des quatre tours qui la surmontent avait disparu et n'a été reconstruite qu'en 1856. Le chœur a été refait et agrandi. L'aspect général, s'il donne une impression de grandeur, est peu satisfaisant, et le porche écrase la façade.

A l'intérieur, on trouve une belle statue de la Vierge en

marbre blanc et un remarquable tableau de Sébastien Bourdon.

Parmi les autres édifices curieux de Montpellier, on peut citer l'église Notre-Damedes-Tables, qui touche le Lycée, Saint-Denis, qui date du XVIIO siècle, Saint-Roch, SainteEulalic, Sainte-Anne, l'église des PénitentsBlancs, où l'on voit une belle porte sculptée, le temple protestant, de style romano-byzantin.


LUNEL. ÉGLISE. — Lunel, à 23 kilomètres de Montpellier, 3o de Nîmes, et 818 de Paris, sur un canal qui lui donne un débouché vers la mer, est un simple chef-lieu de canton, bien qu'on y compte 7,000 habitants.

La ville est bien plus intéressante au point

Pont romain sur le Vidourle, à Lunol.

de vue commercial qu'au point de vue pittoresque. Parmi ses monuments, on ne peut guère citer que l'église, surmontée d'une tour assez élégante, et un parc public où des arbres centenaires donnent l'été un frais ombrage. Quelques jolies statues en marbre décorent les allées.

LUNEL. PONT DU VIDOURLE. — Lunel est a 3 kilomètres du Vidourle, sur lequel les Romains avaient jeté un pont dont les restes sont très intéressants. Pour aller voir ces belles ruines, il faut prendre la route d'Arles jusqu'au pont du chemin de fer, puis, par un

très mauvais chemin, on gagne le Vidourle, dont on suit le cours pendant un kilomètre environ.

On trouve alors, dans un joli paysage, les deux arches et les piles du pont qui portait la route d'Ambrussum, d'où le nom de pont Ambroix donné à ce monument.


CETTE. JETÉE. VUE GÉNÉRALE. PORT. Cette est une grande ville d'aspect tout mo-

Quai de Bosc, à Cette,

derne, bâtie dans une presqu'île, dont le mont Saint-Clair, qui domine la ville, occupe la plus grande partie. Resserrée entre le vaste étang de Thau et la Méditerranée, Cette connut des jours prospères quand les vins d'Espagne et d'Italie arrivaient librement à son port. Ce port, moins actif aujourd'hui, est pourtant assez fréquenté par de nombreux ba-

teaux pêcheurs, des yachts de plaisance et des steamers qui font le service des côtes espagnoles et africaines.

Pour bien voir Cette, il faut monter au mont Saint-Clair. C'est une petite ascension

de 180 mètres, facile par la route qui part de la rue de Caraussanne. On trouve au sommet un sémaphore, des guinguettes et une chapelle de Notre-Dame-de-laSalette. De là, on a une vue très étendue sur la mer et l'étang de Thau, au bord duquel se sont installés de nombreuses usines, des entrepôts de pétrole, des chais pour les vins d'Espagne, des hauts fourneaux et une

La Bourdigue, à Cette.

succursale du Creusot. La ville, qui s'étend au pied du mont Saint-Clair, en forme de triangle, se trouve reliée à la terre ferme par


Cette, vue prise du mont Saint-Clair.

une sorte de jetée resserrée entre l'étang de Thau et la mer. Le chemin de fer et la route s'y coudoient, et la voie ferrée qui dessert Balaruc traverse l'étang sur une chaussée entremêlée de viaducs.

La ville, très importante,

Le porI, à Cctle.

puisqu'elle compte 37,000 habitants, n'est pourtant qu'un chef-lieu de canton. Le port en occupe l'extrémité méridionale.

Mais en réalité, la ville est coupée de canaux qui en sont une sorte de prolongement. Ces canaux, qui font communiquer l'étang de Thau avec la mer, sont remplis de bateaux tout autant que le port lui-même.

Celui-ci est défendu contre la

La jetée, à Celle.

mer par une digue très longue que protègent des ouvrages en maçonnerie, sortes de briselames construits en avant et qui portent le lazaret et un fort.

Des phares en signalent l'entrée. En avant du mont SaintClair, un autre phare, de construction récente, complète le système des signaux lumineux.


Des tramways électriques parcourent la ville et conduisent même le long de la côte jusqu'à la Corniche, d'où la vue est fort belle. Des bateaux à vapeur font le service de l'étang de Thau et desservent égal ement la station de Balaruc-les-Bains.

Gorges de l'Hérault.

CETTE. LA BOURDIGUE. QUAI DE Bosc. —

Cette est traversée par plusieurs canaux ; mais le plus important est celui qui va du port à la Bordigue ou Bourdigue. Il est longé par le quai de Bosc, l'une des artères les plus animées de la ville.

La Bordigue est le quartier des pêcheurs,

c'est le canal qui met en communication l'étang de Thau avec le port de Cette. Le chemin de fer du Midi traverse ce canal sur un pont tournant. La Bordigue tire son nom des filets qu'on emploie à la pêche du poisson dans l'étang, pêche assez fructueuse, puisqu'elle

produit, chaque année, 52,ooo quintaux de poissons et 24,000 quintaux de coquillages, sans compter les oiseaux d' eau qui pullulent dans les étangs.

GORGES DE L'HÉRAULT. ENTRÉE DES GORGES.

- Les gorges de l'Hérault sont traversées par


Gorjros <1 c; l'Ilri-aull.

la route qui va de SainlJean-de-Fos ou d'Aniane à S a i n t- G u i I h e m-1 c-1 ) ésert. Il est donc facile de les parcourir. Qu'on parte d'Aniane ou de Saint-J ean, les deux routes se rejoignent au pont qui franchit le fleuve au moment où il quitte les montagnes pour arroser les plaines couvertes de vignes.

Mais, de ce pont même, on a une remarquable vue sur les gorges, dont l'entrée est magnifique.

Brusquement, les

montagnes grises et pelées se rapprochent et ne laissent passage qu'au torrent, qui a creusé

un lit profond, étroit et sinueux, et qui précipite ses eaux claires en cascades dans des couloirs qu'elles ont poli comme du marbre.

Une canalisation d'eau a nécessité la construction d'un aqueduc qui, sur une seule arche, traverse le torrent et la route, et le trop-plein se déverse à droite par

Gorges de l'Hérault.

une belle cascade. Ln peu plus loin, l'Hérault fait mouvoir un moulin, puis son lit, embar-


rassé de cailloux et de rochers, présente des ruines d'anciens moulins, et, pendant deux ou trois kilomètres, offre les points de vue les plus sauvages, et en même temps les plus pittoresques.

La route de Saint-Jean-de-Fos à Saint-

Ancienne église, à Saint-Guilhem-le-Désert.

Guilhem-le-Désert est une des plus belles qu'il soit possible de trouver en France. Elle voit déjà passer un assez grand nombre de touristes. Elle en verra certainement davantage au fur et à mesure qu'on la connaîtra mieux.

Elle attirera de plus en plus les cyclistes, car elle est aussi bonne que pittoresque.

SAINT-GUILHEM. GORGES. EGLISE. ABBAYE.

— On va généralement à Saint-G.uilhem-le-

Désert par Clermont-l'Hérault, distant de 22 kilomètres. Mais Aniane, qui n'est qu'à 7 ou 8 kilomètres, desservirait beaucoup mieux cette petite ville si curieuse.

Saint-Guilhem est situé sur les bords de l'Hérault, à la sortie des gorges, sur un ruisseau, le Yerdus, qui a lui-même creusé, au-dessus de Saint-Guilhem, des gorges magnifiques, toutes hérissées d'aiguilles, dont un sommet porte les ruines étranges d'un vieux château qui semble faire corps avec les rochers


et qui est connu sous le nom de château de Don-J uan.

A l' entrée du village, on aperçoit tout

d'abord les restes défigurés de l'antique abbaye. En remontant les rives du Perdus, on traverse la rue principale de Saint-Guilhem , formée de maisons anciennes et curieuses, et l'on arrive à l'église paroissiale, autrefois abbatiale, qui renferme des parties du XIlC siècle. L'abside surtout, qui se compose d'une grande et de deux petites, est ornée d'arcatures remarquables, dans le style byzantin. Il ne

Vue générale de Saint-Guilhem-le-Désert.

reste du cloître que des débris à peu près informes, situés dans une propriété particulière.

En sortant du village, on suit la gorge du Verdus, qui va en se rétrécissant et aboutit à un cul-de-sac appelé le Bout-du-Monde.

~Ëje~S~ Ancienne abbaye, à Sa i n l - ( i 11 i I hein - le -1 )ésert.

Dans la traversée du village, le ruisseau forme une jolie cascade et passe sous de vieux ponts et des arcades qui ne sont pas sans caractère.

Saint-Guilhem remonte au IX" siècle. La ville s'est formée autour d'une abbaye que fonda saint Guillaume, duc d'Aquitaine, fils de Charles Martel. A côté de son père, il avait combattu les Sarrasins. On montre encore à Saint-Guilhem la

roche d'où il s'élança sur son cheval pour franchir la rivière, d'ailleurs de largeur médiocre.


Pour bien voir l'église, il faut entrer dans la propriété particulière qui renferme le cloître. L'intérieur est intéressant. On y remarque un bel autel en marbre blanc et un tombeau en marbre aussi, dont les figures sculptées semblent indiquer une origine antérieure au XIe siècle.

Cliàtcau de Saint-Guilhem-loDéscrt.

On trouve encore à Saint-Guilhem des maisons très anciennes, les restes d'une enceinte fortifiée, des tours que la verdure envahit, le Cabinet du Géant, repaire d'un ancien capitaine sarrasin, qui désolait toute la contrée et dont saint Guilhem débarrassa le pays, etc.

Les environs sont très intéressants à visiter, et s'ils ne sont pas parcourus davantage, c'est que les moyens de communication sont un peu précaires. Saint-Guilhem pourrait servir de point de départ pour l'excursion dans les belles gorges de la Vis et la vallée de Buèges.

Cette dernière région est peut-être la plus

pittoresque de l'Hérault et l'une des moins connues.

Révélée par M. Martel, « elle est très pittoresque, d'aspect africain et creusée au pied des escarpements gris et nus de la montagne de la Séranne, qui la dominent de 600 mètres. Au milieu , le village de Saint-Jean forme un tableau bien original avec son pont du moyen âge, son vieux château et un farouche roc en pain de sucre, haut de 2 5o mètres. La Buèges a 15 kilomètres de cours entre la Séranne et le plateau du Causse de la Selle. A Mejanel, au pied de

Peyre-Martine, sa source ordinaire est une foux puissante au fond d'un cirque très escarpé. )) — (A. MARTEL.) Toute cette région est presque inconnue du grand public et mériterait d'attirer l'attention par la beauté de ses sites et leur extraordinaire variété.


GANGES. L'HÉRAULT. LA ROQUE. L'HÉRAULT A SAINT-BAUZILLE. — On pourrait remonter l'Hérault de Saint-Guilhem à Ganges. Partout le paysage est pittoresque, mais nulle part

il ne vaut les gorges de SaintGuilhem. A Saint-Bauzille-lePutois, la gorge s'élargit, et l'Hérault arrose une plaine fertile ; mais bientôt elle se resserre de nouveau au pied de la montagne de Thaurac, qui renferme la célèbre grotte des Demoiselles.

Puis, dans un lit parsemé de blocs énormes de pierre, l'Hérault fait mouvoir les minoteries de la Roque. Au-dessus du village se dressent les ruines d'un vieux château a la silhouette caractéris-

Gorges de la Vis.

tique. Il arrose Ganges, passe sous un pont antique et reprend ses allures de torrent dans une gorge resserrée qui ne laisse que la place de son lit et de la route qui mène au Vigan.

LES GORGES DE LA VIS. — C'est là, à deux kilomètres au-dessus de Ganges, qu'il reçoit la Vis. Ce ruisseau si pittoresque coule presque entièrement dans le département du

L'Hérault, à Saint-Bauzille.

Gard, et n'appartient à celui de l'Hérault que par son confluent.

Aucune route ne permet d'en suivre les bords sauvages, mais on trouve des sentiers qui abrégeraient le chemin de Ganges au Vigan.

La Vis prend sa source à i,3oo mètres d'altitude, au Saint-Guiral. Mais, dans son cours supérieur, elle n'est qu'un simple filet d'eau, qui devient torrent terrible après les pluies ou les orages.

Devant Madières, village très pittoresque, elle est sans eau pendant l'été. Elle ne mérite vraiment son nom de rivière qu'après avoir reçu son affluent, la Foux, près de \issec.


La Foux, qui débite plus de deux mille litres par seconde, sort d'un rocher, au pied du causse de Larzac, et va se jeter dans la Vis.

Cette source énorme, qui sort de terre sous forme de fleuve, est évidemment le produit

L'Hérault, à Gangcs.

àes infiltrations des eaux sur le causse. Elle coule d'abord dans un cirque étrange, entouré de parois hautes de 3oo mètres, où l'on rencontre des grottes inexplorées et des fouillis d'arbres.

Au-dessus du confluent de la Vis et de la Foux, le voyageur qui ne craint pas la marche trouvera le défilé le plus resserré, et le plus étrange peut-être, qu'il soit possible de trouver en France. Ce cagnon, extrêmement pitto-

resque et d'une réelle beauté, présente des difficultés d'accès qui rebutent les touristes. Il n'existe ni routes, ni sentiers. On y va généralement de Madières, mais il faut presque une journée pour visiter complètement la région, et un guide est à peu près indispensable.

On peut suivre les rives de la Vis ; mais il est préférable de monter sur le causse de Larzac et de descendre a la Foux. On passe à Saint-Maurice, près de Vissée, où l'on trouve bientôt la source de la Foux, puis on traverse le défilé avant d'atteindre Navacelle, et on rentre a Madières, après une course qui ne peut pas durer moins de dix ou douze heures.

On a voulu comparer la Vis aux gorges du Tarn, mais la Vis n'a ni la grandeur, "ni les ma-

gnifiques découpures du ca gnon creusé par le Tarn, entre les causses de Sauveterre et Méjean. Elle n'en présente pas moins un spectacle des plus saisissants et vraiment magnifique.


GANGES. VIEUX PONT.— Ganges, qui compte près de 5,000 habitants, est desservi par la ligne de Nîmes au Vigan, distant de 16 kilomètres. On y voit les restes assez défigurés d'un château que signalent seulement les belles armoiries placées entre deux fenêtres du premier étage.

Sur un des sommets qui séparent l'Hérault de la Vis, les ruines d'un manoir ont été tristement illustrées au XVIIO siècle par l'assassinat de la marquise de Ganges. Un pont antique traverse l'Hérault ; mais la route utilise un autre pont de construction plus moderne.

Ganges pourrait être un centre d'excursions très intéressantes. La route de Ganges au Vigan est fort pittoresque. Sumène, à quelques kilomètres, occupe le fond d'une vallée remarquable.

Laroque, près Ganges.

Vieux pont, à Ganges.

A Ganges, l'Hérault reçoit le torrent de Sumène, à sec pendant les deux tiers au moins Sum è ne, à sec pen d ant les deux tiers au moins de l'année, mais terrible quand il déborde: Ce filet d'eau s'enfle démesurément au moindre orage et cause alors des dégâts effrayants.

De Ganqes, on peut facilement monter au pic (TAnj eau. Le château de Montdardier, les gorges de la Vis, et le cours supérieur de l'Hérault, Avèze et le château de Montcalm, Pontd'Hérault , d'où part la route de l'Aigoual, pourraient faire l'objet d'excursions relativement faciles et courtes.


Béziers, vue prise du Pont-Neuf.

II. — BÉZIERS

BÉZIERS. VUE GÉNÉRALE. VALLÉE DE L'ORB.

- Béziers est une grande et belle cité de 45,ooo habitants qui se modernise chaque jour davantage. C'est, après Montpellier, le plus grand centre de l'Hérault. Très animée, très amie des arts, la ville présente de beaux jardins et une magnifique promenade, les allées Paul-Riquet, que décore la statue du célèbre ingénieur.

Béziers, à 806 kilomètres de Paris, est un

des principaux entrepôts des vins du Midi.

La ville moderne présente peu de monuments, a part le théâtre et l'hôtel de ville, et pour bien la voir, il faut descendre du rocher sur lequel elle est perchée, jusqu'aux bords de l'Orb. Là, on franchit le pont de la route de Narbonne, et en se retournant, on peut voir que Béziers se présente sous un aspect qui n'est pas banal.

Le faubourg, où se trouve la gare, s'étend


sur les bords de l'Orb, que domine, du haut d'une terrasse coupée à pic, la masse imposante de Saint-Nazaire, la cathédrale.

De la terrasse sur laquelle s'élève Saint-Nazaire, on a une très belle vue sur la basse ville,

Pont-canal de Btfziors.

(Cliché de la Société photographique de Béziers.)

le vieux pont du xme siècle, dont les dix-sept arches enjambent la rivière, et sur les environs.

BÉzIERs. LE PONTCANAL. — Le pontcanal est une belle construction moderne, à deux rangs d'arcades superpo-

L'Orb, à Béziers.


sées, qui franchit la vallée de l'Orb, pour faire un passage au canal du Midi. Il est situé tout près de la gare.

BÉZIERS. CATHÉDRALE. — La cathédrale, dédiée à saint Nazaire, est perdue au milieu

Cathédrale de Béziers.

d'un dédale de ruelles qui en rendent l'accès assez difficile. Elle remonle aux XIIe et XIVe siècles. La façade, qui garde son ancien caractère de forteresse, est flanquée de deux

1

tourelles, tandis qu'une haute et large tour carrée touche à l'abside. Un cloître attenant à l'église renferme quelques débris antiques.

AGDE. ÉGLISE. — Agde est une vieille cité de près de 8,000 âmes, située sur la rive gauche de l'Hérault, que traverse un pont suspendu. Le canal du Midi en longe les abords. Située a 23 kilomètres de Cette, a 5 kilomètres de la mer, la ville ne présente rien de remarquable, si ce n'est sa cathédrale massive et qui était autrefois une véritable forteresse, avec créneaux et mâchicoulis. Elle est surmontée d'une tour carrée, dans le même style que l'édifice, et l'ensemble a certainement une grande + allure.

PÉZENAS. VIEILLE PORTE. —

Pézenas, l'ancienne Piscennae, est située dans une plaine fertile, qui a mérité d'être appelée le Jardin de l'Hérault. La ville est à 55 kilomètres de Montpellier et à 25 de Béziers.

Elle ne présente aucun monument remarquable, mais un certain nombre de ses vieilles maisons ont conservé des restes intéressants du passé. On ne saurait traverser Pézenas sans se rappeler que Molière y composa les « Précieuses ridicules », en 1656, pendant une session des États du Languedoc, On

conserve précieusement, dans les archives de l'Hérault, une quittance de la main de Molière, datée de Pézenas, et les autographes de Molière n'atteignent pas la demi-douzaine.


Cathédrale d'Agdc.

Tout le monde connaît la légende du barbier de Pézenas, chez qui Molière faisait de longues séances, écoutant parler les clients et notant leurs ridicules.

LAMALOU-LES-BAINS.

VUE GÉNÉRALE. PONT DU BITOULET. SAINT-PlERREDE-RIIÈDES. — Lamaloules-Bains est une importante station ther-

Vieille porte, à Pézenas.

male, sur les bords du Bitoulet, à 769 kilomètres de Paris, par Arvant et Neussargues, à 6 kilomètres de Bédarieux. Bien que le trajet soit plus long, on arrive plus vite a Lamalou par Montauban et SaintPons.

Lamalou se com pose de trois agglomérations : Lamalou-le-Bas, le principal centre, le plus


animé, le plus vivant, le plus près de la gare, celui qui renferme le casino et les hôtels les plus importants ; Lamalou-le-Centre, moins considérable, et enfin Lamalou-Ie-llaut, où se trouvent quelques sources recherchées, mais qui est à i.5oo mètres de la station.

Les eaux de Lamalou sont surtout conseillées dans les maladies nerveuses, en

Pont du Bitonlet, à Lamalou.

raison de leurs qualités reconstituantes et sédatives.

Chacun des centres de Lamalou possède des sources qui agissent de façons diverses, mais non absolument différentes.

Les environs sont charmants. Tout près de Lama-

Vuo générale de Lamalou.

lou-le-Bas, par la route qui, longeant le Bitoulet, va retrouver la route de SaintPons à Bédarieux, le chemin de fer traverse le ruisseau de Lamalou sur un pont à deux étages, dans une situation

Pont de Tarassac. rClichés de M. L. Ma/'Iill)


pittoresque. Sur cette route de Saint-Pons, tout près de la gare, une vieille église romane du xe siècle, Saint-Pierre-de-Rhèdes, est surmontée de trois tourelles en forme de créneaux. Elle occupe l'angle du cimetière de Lamalou.

Un peu plus loin, à 3 kilomètres, le curieux

Cascade, à Lani.'h):!.

village du Poujol, au bord de l'Orb, attire les malades en villégiature à Lamalou.

LAMALOU - LE - HAUT.

ALLÉE DES SOUPIRS.

CASCADE. — Lamaloule-Haut est le centre

Allée des Soupirs, à Lamalou.

calme et tranquille que recherchent les malades les plus sérieusement atteints. Un beau parc aux ombrages séculaires forme une agréable promenade. Une allée pleine d'ombre et

Le pont d'Enfer, à Villeinagne-l'Argentière.


de mystère, appelée allée des Soupirs, conduit, par une pente douce, a la source du PetitVichy, où le ruisseau des Bains, la Veyrane, affluent du Bitoulet, forme une petite cascade dans un cadre plein de charme.

VILLEMAGNE-L'ARGENTIÈRE L'ÉGLISE LE PONT D'ENFER. - Une des promenades les plus intéressantes des environs de Lamalou est celle de Villemagne. Elle a l'avantage d'être courte, 6 kilomètres, dont trois peuvent se faire en chemin de fer. Il faut alors descendre à la station d'Hérépian, située juste entre Bédarieux et Lamalou.

Villemagne-l'Argentière, ainsi nommée de

Église de Villemagne-l'Argentière.

Saint-Pierre-de-Rhèdes, à Lamalou.

mines d'argent exploitées jadis, est une ville ancienne, aux rues étroites, qui conserve

encore des ruines importantes de son abbaye. L'église, qui faisait partie de l'abbaye, est inachevée. Seul le chœur a été construit, et sur des proportions considérables. De l'autre côté de la place, une tour romane, carrée, à quatre étages, avec quelques arceaux, est tout ce qui reste de l'ancienne église, érigée au XIIIe siècle et aujourd'hui à peu près disparue ou défigurée.

A un kilomètre au nord de Villemagne, on voit les ruines très bien conservées d'un pont fort ancien qui - traverse la Mare, ruisseau qui arrose Villemagne et se jette dans l'Orb. Ce pont, très pittoresque, appelé pont d'Enfer, présente d'un côté une déclivité extrêmement prononcée. Tout près de là se trouvent les anciennes galeries des mines d'argent depuis longtemps abandonnées.

PONT DE TARASSAC. — L'Orb, devant Lamalou, coule à peu près de l'est a l'ouest, mais, a 10 kilomètres de Lamalou, la rivière, par un coude brusque, se dirige vers le sud dans la


direction de Béziers.

C'est a cet endroit que la route de Vicussan, qui vient de se détacher de la route de SaintPons, franchit l'Orb par un beau pont suspendu, avant son confluent avec le Jaur.

BÉDARIEUX. — Bédarieux est situé sur la rive gauche de l'Orb, fort large en cet endroit. Sur la rive droite est le faubourg SaintLouis. Trois ponts en pierre, dont un du XVIe siècle, franchissent l'Orb. Bédarieux possédait autrefois d'im-

portantes manufactures de tissus de laine.

Mais son industrie a subi une crise funeste depuis quelques années. Au point de vue des

Boussagues.

Bédarieux.

transports, Bédarieux est une station notable de la Compagnie du Midi par le croisement des lignes de Béziers à Neussargues, de Béda-

rieux à Lamalou, Saint-Pons et Castres, et de Bédarieux à Montpellier.

BOUSSAGUES. — La ligne de Graissessac se détache de la ligne de Neussargues à Béziers, à la station de la Tour, à 3 kilomètres de Bédarieux. Deux kilomètres au nord se trouve Boussagues, ancienne ville fortifiée, qui a conservé sa physionomie du moyen âge et de nombreux vestiges du passé. Plusieurs châteaux en ruines, deux églises, de vieilles maisons avec porches et voûtes singulières y attirent chaque année des artistes en grand nombre.


III. — LODÈVE

LODÈVE. VUE GÉNÉRALE CLOITRE VIEUX PONT. - Lodève est une petite ville industrielle de plus de 9,000 habitants, au confluent de deux ruisseaux, la Lergues et la Soulondres.

Plusieurs ponts, dont quelques-uns sont pitto- resques , traversent les deux cours d'eau.

Lodève, qui fabrique des draps pour l'armée, est environnée de montagnes de tous côtés, et

Le cloître, à Lodève.

occupe le fond d'une vallée fermée presque de toutes parts. Une des hauteurs avoisinantes porte un ermitage assez fréquenté, une autre, les restes informes du château de Montbrun, d'où la vue sur la ville est intéressante. Quelques tours, restes d'anciennes fortifications, s'élèvent encore dans la ville ; la plus curieuse, ou la mieux conservée, est celle du boulevard des Récollets.

L'église, dédiée à saint Fulcran, fut fondée au xe siècle, mais. reconstruite au XIIIe, et remaniée trois cents ans plus tard. L'intérieur mérite d'être visité. L'autel est remarquable, et on peut s'arrêter devant une chaire élégante, les lions en marbre qui ornent le chœur et le tombeau de l'évêque Plantavit de la Pause.

Un cloître, dont un seul côté subsiste, précède une des entrées de l'église. On y accède par une cour intérieure. Il date du xve siècle.


Lodève, ancienne capitale d'une tribu des Volsques, devint cité romaine sous le nom de Luteva, lors de la conquête des Gaules. Occupée successivement par les Visigoths, par Glovis, par Théodoric, par les Arabes, la ville joua un rôle assez effacé pendant tout le

Vieux pont, à Lodève.

moyen âge. Les guerres de religion 1 ensanglantèrent plus d'une fois, et elle fut saccagée en 1673.

Le cardinal de Fleury, précepteur et ministre de Louis XV, est né à Lodève, en i653.

A deux kilomètres à l'ouest, on trouve la grotte de Génois, qui renferme des filons

de plomb argentifère autrefois exploités.

La Soulondres sépare Lodève du faubourg des Carmes. Mais ce qu'il y a de plus curieux à voir à Lodève, c'est le site. La ville est en effet entourée de tous côtés par des montagnes peu élevées, mais pittoresques, qui font un

contraste profond avec la ville où s'élèvent les fabriques, où fument les cheminées d'usines, et où manquent les monuments. Les rues sont propres et assez bien alignées, mais sans caractère.

De nombreux monuments mégalithiques existent aux environs ; le dolmen de Coste-


Rouge à Grammont mérite une mention spéciale. Il s'élève auprès des ruines d'un prieuré qui n'est pas sans intérêt.

CLERMONT-L HÉRAULT. VUE GÉNÉRALE. Clermont-l'Hérault est une petite ville de 5,ooo âmes, très animée, à Il 2 kilomètres de Montpellier. Traversée par le ruisseau du Rhonel, dominée par des hauteurs presque

Clcrmont-rilérault.

de tous côtés, elle présente au touriste, dans une situation pittoresque sur une hauteur voisine, un château dont les ruines imposantes ont été restaurées, et, dans le milieu de la ville, une église du XIVe siècle, dédiée a saint Paul, qui n'est pas sans mérite.

Cet édifice, jadis fortifié, est partagé en trois nefs qui se terminent par une belle abside, et surmonté d'un haut clocher.

Les Arabes occupèrent Clermont pendant plus de deux siècles, et n'en furent chassés par les Francs qu'en 859. Transformé en baronnie, le fief resta dans la même fa-

mille jusqu'à la fin du règne de Louis XIV.

Clermont est un excellent centre pour visiter Saint-Guilhem, à 22 kilomètres, et Mourèze, à 12 kilomètres.

MOURÈZE. VILLAGE. ROCHERS. — Mourèze serait inconnu des touristes, si quelques géologues n'avaient appelé l'attention du public sur ce coin singulier qui ressemble, par cer-

tains côtés, au bois de Païolive ou à Montpellierle-Vieux.

On n'aperçoit Mourèze que lorsqu on y arrive, et, pour y arriver, la route n'est pas des plus faciles, encore qu'elle ait été récemment améliorée.

On quitte Clermont par le chemin de Villeneuvette, dont on laisse à droite la manufacture de draps. La route

s'élève constamment par une pente assez bien ménagée au milieu des bois.

A 11 kilomètres de Clermont, on quitte la grande route pour prendre un chemin de traverse qui bientôt laisse apercevoir Mourèze, et descend rapidement vers le village.

Mourèze se compose de quelques maisons bizarrement accotées à un rocher grisâtre qui supporte les ruines du château. Mais ce pauvre village, pour pittoresque qu'il soit, n'aurait jamais attiré l'attention des voyageurs sans les magnifiques rochers qui l'entourent.

Près du village, en effet, un cirque de moins


Mourèze.

d'un kilomètre de diamètre , entouré par le pic de Bissons au sud, la montagne SaintJean-d'Au- reilhan au nord, celle de Sainte- Scholastique a l'ouest, et a l'est par des

Rochers dolomitiques de Mourèzc.

croupes montagneuses qui toutes dépassent 4oo mètres, est peuplé de roches dolomitiques bizarres, affectant les formes les plus étranges et les plus fantastiques.

Ici ce sont des


châteaux en ruines, là des aiguilles s'élançant en groupe vers le ciel, plus loin des obélisques ou des arcades, des couloirs sinueux ou droits. Tout cela taillé dans une pierre grisâtre, qui sem-

Hochers dolomi tiques de Mourèze.

ble les murs abandonnés d'une grande cité, vide de ses habitants.

C'est une des curiosités de la France, et Mourèze peut être comparé à Montpellier - le Vieux, quoique moins grandiose et moins varié.

Rochers dolomitiques de Mourèze.


La source du Jaur, à Saint-Pons.

IV. — SAINT-PONS

Sf\-INT-PONS.' SOURCE DU JAUR. VUE GÉNÉRALE. — Saint-Pons-de-Thomières ne compte pas 4,ooo habitants. Cette petite sous-préfecture, à 37 kilomètres de Bédarieux, et à 54 ki- lomètres de Castres, est à cheval sur les deux rives du Jaur, rivière qui sort tout d'un coup d'une grotte a l'extrémité de la ville.

La caverne d'où sort la rivière a 7 ou 8 mètres de large, sur 4 ou 5 de haut. On pouvait autrefois pénétrer à 3o ou 40 mètres dans cette grotte, mais on était bien vite arrêté

par les eaux, même pendant la saison estivale.

Aujourd'hui l'entrée n'en est plus possible.

A sa sortie de la grotte, le Jaur est reçu dans un vaste bassin, d'où un canal l'amène dans la ville, où il fait tourner plusieurs moulins et alimente quelques usines.

Au-dessus du rocher d'où sort la source, on peut voir une tour crénelée du XVIe siècle, et tout près est une chapelle, dont une tradition attribue la fondation a Charlemagne.

Une autre source du Jaur vient des mon-


tagnes arides qui entourent Saint-Pons à 5 ou 6 kilomètres au nord ; mais c'est la source de Saint-Pons qui débite le plus fort volume.

Dans la ville on ne trouve guère a citer que

Saint-Pons.

l'église du XIIe siècle, mais dont la façade a été reconstruite au XVIiie. La ville est peu intéressante, quoique dans une situation pittoresque. Mais ses environs méritent d'attirer les touristes.

CASCADE DE COLOMBIÈRES-SUR-ORB. — La route de Lamalou à Saint-Pons passe à Colombières-sur-Orb, et cette petite localité, qui constitue une des promenades favorites des

malades de Lamalou, ne serait pas très intéressante par elle-même, si elle n'était située dans un cadre d'une rare beauté, et si elle ne possédait une cascade dont le volume est médiocre, mais qui embellit un site charmant.

Elle se voit admirablement du pont qui traverse le ruisseau dont elle est formée, et elle se trouve juste à l'extrémité du village, du côté de Saint-Pons. Bien que Colombières fasse partie de l'arrondissement de Saint-Pons, on n'y va guère que de Lamalou, distant de 6 kilomètres et demi.

Tout près de Colombières se trouve un château , situé au pied du mont Caroux; c'est l'ancienne demeure des marquis de Caylus. L'intérieur du château n'est pas très curieux à visiter. Seules, ses tours en poivrières, et une tour

carrée intérieure, qui a bien pu servir de donjon, ainsi qu'un marronnier gigantesque, dont le tronc mesure six mètres de tour et qui s'élève devant le château, méritent une mention.


Cascade de Colombières-sur-Orb.


Gorges d'Héric. '"-La


Gorges d'Héric.


GORGES D'HÉRIC. — La route de Lamalou à Saint-Pons, après avoir laissé Colombières, arrive a Mons-la- Trivalle, à II kilomètres de Lamalou. Là il faut abandonner la route, et, par un chemin plus que médiocre, un sentier, pour mieux dire, on arrive à l'entrée des gorges d Héric.

C'est un ravin étroit, creusé par un torrent dans les parois du Caroux, où il a formé un sillon de 3oo mètres de profondeur et coupé

Gorges d'Héric.

presque verticalement dans les flancs de la montagne. A droite, l'escalade est impossible.

A gauche, un sentier en zigzags permet d'arriver péniblement au sommet de la montagne, jusqu'au petit hameau d lléric qui domine l'entrée de la gorge.

Les parois de la gorge sont découpées comme par une gigantesque cisaille, et du hameau d'Héric, on plonge jusqu'au fond du gouffre. Si abrupts sont les rochers, qu'un

dicton du pays veut que jamais habitant d IIéric ne soit mort dans son lit.

Ces gorges sont vraiment d'une beauté sauvage et grandiose. Mais, pour les bien apprécier, il ne faut pas se contenter de rester à l'entrée, il faut grimper le long de la paroi de gauche de façon à en embrasser tout l' ensemble.

Il y aurait bien d'autres défilés curieux à visiter dans le massif du Caroux, mais géné-

ralement l'accès en est difficile et pénible. Aucun pourtant ne serait supérieur aux gorges d IIénc, qui présentent des aspects vraiment magnifiques et d'une incomparable beauté.

MINERVE. — Minerve est certainement un des sites les plus étranges de la France ; c'est aussi l'un des moins accessibles.

On y va de Béziers, mais il y a 4o kilomètres. La route est assez bonne, quoique très poussiéreuse, jusqu'à la Caunette. On y

va également de Saint-Pons. On compte alors 25 kilomètres jusqu'à la Caunette, mais la route est terriblement montueuse. En sortant de Saint-Pons, une côte de 9 kilomètres que l'on descend ensuite, pour remonter pendant 11 kilomètres, puis une descente rapide de 5 kilomètres, font que ce trajet décourage bien des touristes.

De toutes façons, on descend à la Caunette.

Là un raidillon amène dans le lit presque à


Vallée du Briant, à Minerve.

sec du Briant. On traverse ce ruisseau, puis on remonte sur les pentes de la colline opposée, et par une route très piLLoresque, mais étroite et médiocre, on arrive en vue de Minerve.

Le chemin, par un détour de 3 kilomètres, regagnerait la route d'Olonzac et amènerait 11 Minerve.

Le Briant, à Minerve.

Mais il est plus simple de descendre par un sentier, dans le profond ravin qu'a creusé la Cesse, et de remonter de l'autre côté à Minerve.

Cette curieuse petite ville, si peu visitée, est située à une altitude de 220 mètres, sur un rocher qui forme promontoire au confluent du Briant et de la Cesse.

Cette dernière rivière disparaît, au-dessus de Minerve, dans un

Vue générale de Minerve.

souterrain de 150 mètres et ressort par une sorte de bouche qui a 15 mètres de hauteur. Elle est à sec l'été.

Minerve remonte à une haute antiquité. L'autel de son église fut consacré en 4Go. La ville joua un rôle dans la guerre des Albigeois et fut assiégée par Simon de Montfort en 1210.

Le vainqueur y brûla comme


hérétiques 160 habitants, hommes et femmes, qui ne voulurent pas abjurer leur foi.

Du château, il reste un pan de mur qui surplombe la route.

De divers points de la ville, on a une vue très étendue et fort belle sur le pays environnant, et sur les profondes et curieuses gorges de la Cesse et du Briant.

Ruines du château de Minene.

ARCHIVES-DOCUMENTATION ÎOURING CLUB de FRANCE


TABLE DES GRAVURES

Nissan. Le Malpas. 7 Sulfatage des vignes dans le Gard. 11

Cabrières. La vallée et le pic de Bissous. 15 Costumes beaucairois 17

DÉPARTEMENT DU GARD

ARRONDISSEMENT DR "N DIES

Fontaine Pradier, à Nîmes 18 La Fontaine, à Nîmes. , 19, 20 Arènes de Nîmes 21 Extérieur des arènes de Nîmes. 22, 23 Nîmes. - Porte d'Auguste 24 Nîmes. — Temple de Diane. , 24 Nimes. - Tour Magne. 25 La Maison Carrée, à Nîmes. 26 Beaucaire. — Le canal. 26 Beaucaire. — Chapelle Saint-Louis. 27 Beaucaire. —Le donjon. 27 Vue générale de Beaucaire. 28 La vallée du Rhône, à Beaucaire. 29 Croix couverte, à Beaucaire 3o Saint-Gilles. '- La Vis. , 3o Détail du portail de l'église de Saint-Gilles 3i Ensemble du portail de l'église de Saint-Gilles. 32 Aiguesmortes, vue prise de la tour de Constance.. 33 Fortifications d'Aigucsmortes. 34 Aiguesmortes. — Tour de Constance. 34

ARRONDISSEMENT D'ALAIS

Rochebelle. — Forges de Tamaris., 35 Tamaris. 36 Les mines de Rochebelle, à Alais. 37 Anduze. 38 Vallée du Gardon, à Anduze. 38 Tour de l'Horloge, à Anduze 39 Château de Tornac. 39 Tour de l'Horloge, à Saint-Jean-du-Gard 4o

Vieux pont, à Saint-Jean-du-Gard 4 r Saint-Ambroix. 41

ARRONDISSEMENT D'UZÈS

Vue générale d'Uzès. 42 Chapelle du Duché, à LÛ., 43 Le Duché, à Uzès. 44 Pont du Gard., 45 Arche centrale du pont du Gard. 46 Pont du Gard 47 YalléeduGard.,. 48 Vue générale de Villeneuve-lès-Avignon. 49 Villeneuve-lès-Avignon. — Intérieur du château de Saint-André. 49 Fort Saint-André, à Villeneuve-lès-Avignon 5o Villeneuve-lès-Avignon. - Tour de Pliilippe-le-Bel 51 Le puits de l'abbaye du Val-de-Bénédiction, à Villeneuve-lès-Avignon., 52 Église de Villeneuve-lès-A vignon., 53 La Roque. 54 Cascade du Sautadet 55 Vieille porte, à Goudargues 56

ARRONDISSEMENT DU VIGAN

Le Vigan. — Les monts d'Aulas. 57 Vieux pont, au Vigan. 58 Route de Ganges au Vigan. 59 Observatoire du mont Aigoual. 60 Vue prise du mont Aigoual. 61 Sortie de la grotte de Bramabiau 62 Cascade souterraine de Bramabiau 62


1 DEPARTEMENT DE L'HERAULT

ARRONDISSEMENT DE MONTPELLIER

La porte du Peyrou, à Montpellier. 63 Le Château-d'Eau, à Montpellier., ., 63 Aqueduc de Montpellier. 64 Le Peyrou, à Montpellier. 64 Le tombeau de Narcisse, à Montpellier. 65 Cathédrale de Montpellier. 66 Église de Lunel. 66 Pont romain sur le Yidourle, à Lunel. 67 Quai de Bosc, à Cette. 68 La Bourdigue, à Cette. - ., 68 Cette, vue prise du mont Saint-Clair. 69 Le port, à Cette. : 69 La jetée, à Cette. 69 Gorges de l'Hérault. 70, 71 Ancienne église, à Saint-Guilhem-le-Désert. 72 Vue générale de Saint-Guilhem-le-Désert 73 Ancienne abbaye, à Saint-Guilhem-le-Désert. 73 Château de Saint-Guilhem-le-Désert. 74 L'Hérault, à Saint-Bauzille 75 Gorges de la Vis. 75 L'Hérault, à Ganges. 76 Vieux pont, à Ganges.,. 77 Laroque, près Ganges 77

ARRONDISSEMENT DE BÉZIERS

Béziers, vue prise du Pont-Neuf. , 78 Pont-canal de Béziers. : 79 L'Orb, à Béziers 79 Cathédrale de Béziers., 80

Cathédrale d'Agde. ; .., 81 Vieille porte, à Pézenas. 81 Vue générale de Lamalou. 82 Pont du Bitoulet, à Lamalou 82 Pont de Tarassac 82 Allée des Soupirs, à Lamalou. 83 Cascade, à Lamalou., 83 Le pont d'Enfer, à Villemagne-l'Argentière 83 Église de Villemagne-l'Argentière 84 Saint-Pierre-dc-Rhèdes, à Lamalou. 84 Bédarieux 85 Boussagues .,. 85

ARRONDISSEMENT DE LODÈVE

Vue générale de Lodève : 86 Le cloître, à Lodève.,. 86 Vieux pont, à Lodève. 87 Clermont-l'Hérault. 88 lourèze. 89 Rochers dolomitiques de Mourèzc. 89, 90 , ARRONDISSEMENT DE SAINT-PONS

La source du Jaur, à Saint-Pons 91 Saint-Pons. 92 Cascade de Colombières-sur-Orb 93 Gorges d'Héric 94, g5, 96 Vallée du Briant, à Minerve. 97 Le Briant, à Minerve 97 Vue générale de Minerve. 97 Ruines du château de Minerve 98


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