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V. NADAR PHOTOGRAPHE

Nadar se lance dans la photographie en 1853-1854, mais il connaît des débuts tourmentés. Il a trouvé des appuis financiers, l'écrivain Eugène Vachette lui procure un équipement d'occasion et son

frère Adrien offre de s'associer à lui.

Nadar paie donc l'apprentissage d'Adrien

chez le photographe Legray en décembre 1853, mais Adrien lui fait faux bond, et s'installe à son compte.

Nadar se fait alors donner des leçons Par son ami Camille d'Arnaud, qui est associé avec le physicien Bertsch, et Installe son laboratoire avec leur aide dans la maison que sa mère lui cède, 113, rue Saint-Lazare. Il accepte cependant un nouvel essai de collaboration avec son frère, dont les affaires ne sont pas bonnes, dans l'atelier de celui-ci, Il, boulevard des Capucines. Mais l'association dure quatre mois seulement et, en janvier 1855, Nadar retourne définitivement à son atelier personnel.

Il exécute alors ses meilleurs portraits

de 1854 à 1860 : Dumas père, Champ-fleury,

Champ-fleury, Banville, Baudelaire.

Offenbach. Nadar considère le portrait

comme l'application « la plus précieuse en même temps que la plus délicate » de la photographie. Dans ce domaine, l'artiste doit posséder une grande rapidité d'observation et d'intuition pour

rendre l'image de son modèle dans l'attitude

l'attitude lui est la plus familière et la

plus favorable. C'est pourquoi, écrit-il, « le portrait que je fais le mieux est le portrait de celui que je connais le mieux » (B.N., Mss. n.a.f. 25018, f. 258-262).

Nadar attache aussi une grande importance à la technique photographique, « Il faut suivre les découvertes et les perfectionnements de l'art optique, produits photo-chimiques, ébénisterie, papiers. » Lui-même est détenteur de quatre brevets d'invention : la photographie

aérostatique le 23 octobre 1858, photochromies-Nadar le 27 octobre 1858, épreuves photographiques à la lumière artificielle le 4 février 1861, dégradateur-Nadar le 2 juillet 1863. A Marseille, il s'intéresse à la photostérie, application de la photogravure qui donne une image en relief rappelant la sculpture (cf. André Grignan dans le Petit Provençal du 5 avril 1897). Il prévoit aussi dans « Quand j'étais photographe » la possibilité de transmettre les images à distance grâce aux progrès de l'électricité. La carrière photographique de Nadar est jalonnée de nombreuses récompenses : médaille d'honneur à l'exposition internationale de Bruxelles en 1856, médaille d'excellence à l'exposition industrielle de Paris en 1857, médaille d'or au Salon de 1878, grand prix de l'exposition universelle de Paris en 1899, etc.

136. Les Ambassadeurs japonais dans l'atelier de Nadar [113, rue Saint-Lazare], d'après les épreuves photographiques de Nadar, gravé par C. Maurand, 1862. H. 24 cm ; L. 32 cm. B.N., Est. Va 283 t. 8.

C'est fin 1853 que Nadar ouvre cet atelier, où il réalise 1.800.000 F de chiffre d'affaires en sept ans (cf. une note du 2 avril 1872 au Préfet de la Seine).

Philipon raconte d'autre part, dans le Musée anglais-français de février 1856, que Nadar a fondé au 113 de la rue Saint-Lazare une société pour l'exploitation d'un établissement de photographie artistique patronnée par Delacroix, Taylor, Chennevières, Dauzats, Troyon, Diaz et Gavarni.

En 1860, Nadar est contraint de quitter ce local qui ne lui permet plus de répondre aux besoins de sa nombreuse clientèle et qu'il ne peut pas agrandir à cause des constructions voisines.

137. LETTRE DE NADAR à Auguste Avond, 1857. 1 p. Coll. Braive.

Nadar donne ses tarifs photographiques : 50 F la première épreuve et 15 F chacune des épreuves suivantes ; dans les cas très exceptionnels de remise, 35 F et 10 F.