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C'est le titre d'un livre où M. Paul Descbaael a réuni quelques-uns de ses plus importants discours politiques. Le livre date de quinze ans. Les discours ont été prononcés dans la période qui s'étend de 1893 à 1898. Ils auraient dû vieillir; ils sont toujours jeunes, et même on peut dire que les événements de ces derniers temps leur ont rendu presque toute leur actualité. C'est le propre des hommes qui règlent l'expression de leur pensée sur des con-vidions et des principes, et qui savent unir à une haute probité intellectuelle le ,prestige de Ja véritable éloquence., de pouvoir fixer ainsi des définitions et proposer des formules dont la vérité générale domine les événements particuliers qui lcs inspirèrent, et demeure, longtemps après, comme un point de repère pour les esprits réfléchi6.

Ce livre de M. Deschanel décrit des réalités, soulève de? questions, indique des solutions dont l'intérêt ne s'est pas amoindri et qui sont, en somme, les réalités et les questions, qui devraient être les solutions de l'heure présente. Ce qui m'a donné l'idée de le relire, c'est l'allusion faite l'autre jour p3r M. Poincaré et le Président de la Chambre à ce mémorable banquet de Nogent-le-Rotrou, qui eut heu le 14 mars 1897, et où ils exposèrent l'un et l'autre des vues politiques et sociales dont le Président de la République a pu dire que, sans avoir été concertées, elles s'accordaient sur tous les points essentiels. Du discours que prononça alors Ni. Deschanel, on me permettra de citer un passage où l'on ne sait si c'est la situation politique de 1897 ou bien celle de 1913 que l'orateur a voulu dépeindre. Il vient d'examiner le développement Pt d'enregistrer les résultats des trois politiques qui, depuis l'établissement du régime, se sont disputé l'influence dans la République. Et il conclut

« Ainsi, politique du centre gauche, politique opportuniste, politique radicale, aoit que les causes d'où elles émanaient n'existent plus. soit que les besoins auxquels elles répondaient aient disparu par leur succès même, soit enfin que. combinées pour les attaques de l'opposition et la conquête du pouvoir, <41es n'aient, pu s'adapter ensuite aux nécessités 'du gouverqement et à la pratique des affaires, pour une raison ou pour une autre, ces diverses politiques se trouvent dépassées par le mouvement des idées et des faits. Sans doute, les noms, les étiquettes subsistent, et aussi les clientèles qui se sont for'nées autour des hommes qui personnifient ces divers groupements au regard du pays; car 1rs partis sont toujours cn retard sv.r les idées, et nous voyons certains hommes, dont quelques-uns se piquent d'être très modernes et, comme ils disent, très avancés », continuer de faire les mêmes gestes et de répéier les mêmes mots qu'il y a quinze ou vingt ans. Mais la vie se retire peu à peu de ces organisées vieillis: et sous les branches mortes, on voit poindre les jeunes pousses, et les bourgeons verte. et la sève des idées nouvelles.

Encore une fois, ce tableau de notre situation politique, cette constatation de l'usure des ancien partis, cette invitation formelle a une di; trit-ution nouvelle, à un nouveau classement des opinions et des forces politiques, datent-ils de 1897 ou de 1813 ?.. Et s'ils datent de 1897, comment est-il arrivé que, depuis quinze ou seize ans, l'appel de M. Deschanel n'ait pas été entendu et que nous nous traînions encore dans les même ornières ?..

Voilà bien la preuve, s'écriera victorieuserment quelque radical, quP les vues de M. Descha'nel étaient chimériques Ne le sont pas moins celles des impatients qui, quinze ans après, reprennent la même antienne et préconisent une politique nouvelle et de nouvelles formations de combat. Et mon radical aurait raison s'il n'v avait pas eu, entre Us deux banquets de Nogent-le-Rotrou. relui de 1897 et celui de 1913, l'orage de l'affaire Dreyfus. Pendant tout le temps que cet orage a sévi, la vie nationale a été comme suspendue, et les partis ont perdu leur équilibre. L'affaire Dreyfus étart définitivement close, au prix de quels troubles, de quels bouleverwments et de quels périls intérieurs et extérieure l'équilibre s'est peu à peu rétabli et l'on a recommencé de se grouper et de s'opposer, non plus suivant l'opinion que l'on avait dn l'innocence ou de la culpsbilité du capitaine Dreyfus, mais suivant les tendances et les directions politiques que l'on croyait les meilleures.

Les radicaux s" interrogent douloureusememf sur les causes de cr que M. Briand appelait un jour l'effilochenient de leur parti. La cause véritable, la cause profonde, la voilà. Ils ont profité du confueionnisme de l'Affaire et du déséquilibremeat de l'esprit public pour établir leur Jomination. Mais quand ce confusionnisme et toutes les équivoques qui en étaient la suite ont cessé, quand l'esprit public est redevenu plus calme et plus clairvoyant, >ur toute-puissance a cnmmenré de décroître. Aujourd'hui, M. Poincaré est Président de la République et M. Barthou, ancien collaborateur de M. Méline, est président du Conseil. M. Deschanel. enfin, est président de la Chambre des députés. Le parti radical et radical-socialiste retourne lentement à l'opposition. En face de lui siforme peu à peu un nouveau parti républicain dont la préoccupation dominante rf.\ essentiellement nationale et dont les tMiiteaoM politiaues ne diffèrent Da$ sen-

L'Ouest- Eclair paraîtra

jours

sur

10, 12. 14, 16

PAGES

siblemenl, si l'on va au fond des choses, de celles qu'accusait autrefois NI. Deschanel dans sa République Xouveile et qu'il a précisées, par la suite, dans un autre livre qui porte ce titre significatif L'Or- ganisotion de la Démocratie.

En définitive, il apparaît bien que » la sève des idées nouvelles » n'est pas desséchée, et qu'un rajeunissement de la poli- tique républicaine est possible. Il dépend seulement des hommes politiques à qui s'offre cette heure favorable de savoir en profiler, en élevant leur pensée et leur énergie à la hauteur de la grande tâche patriotique que les circonstances leur ont imposée.

Emmanuel DESGREE8 DU LOU.

Accident de chemin de fer Mmes, 30 octobre. Le train 929 de ParisNîmes a déraillé la nuit dernière en gare de Malbosque. La machine, le fourgon et une voiture de 3' classe ont été fort abimés. Dix personnes ont été blessées, dont deux grièvement. Le conducteur-chef Joanat. le conducteur Thomas ont été transportés il l'hôpital Grandcombe. Les autres blessés sont deux frères. les nommés Belin, entrepreneurs agricoles; leur état est très grave. Puis d'autres voyageurs Mme Choisaî. M. et Mme Marchand ont été transportés à Mmes par un train de secours. Le déraillement e« dû à un éboulement sur la voie à la suite d'un violent orage.

LES BRETUNS AU CANADA Paris, 30 octobre. Les statistiques con- cernant la population du Canada au 31 décembre 1912, publiées récemment par le ministère du Commerce et de l'Industrie de la Grande-Bretagne, viennent d'être complétées par le Bulletin de la Chambre de Commerce française de Montréal. De f871 à J891, la population du Dominion a passé de 3.485.761 habitants à 4.833.810 pour atteindre à la fln de 1912, 7.461.031. Entre les recensements de 1901 et de 1911 le taux de l'augmentation a 4té le plus élevé du monde.

Les familles françaises les plus fécondes sont celles qui descendent des émigrés bretons. Les descendants des Bretons fixés au Canada représentent actuellement environ le cinquième de la population française totale. La plupart d'ailleurs, pour ne pas dire presque tous, ont oublié les coutumes et le dialecte maternels.

PROVOQUÉ

par

toute une armée Pierre Loti trouve

un offeier turc

pour relever le gant

On sait avec quel éclat. dès te début de la guerre des Balkans, Pierre Loti embrassa la cause ottomane et l'âpre éloquence avec laquelle, en chaque rencontre, aux atrocités turques il opposa les « atrocités bulgares

Cette campagne nous valut non seulement la.plus ardente polémique de p-esse, mais encore un livre tout entier dont ;a couverture exposait à la devanture des librairies la photographie épouvantable d'un officier ottoman mutilé par les soldats bulgares..

L'incident d'hier témoigne- du ressentiment de l'armée bulgare.

Celle-ci, en etfet, aurait confié au lieutenant Torkoff la mission de provoquer eu

duel NI. Pierre Loli. Le lieutenant Torkoff serait arrivé à Paris hier même,, avec deux mois de congé et la carte de visite de toute une armée

Tout ce qui s'est passé dans une guerre et tous ceux,qui y ont joue un rôle appartiennent à l'histoire er sont mal vernis à demander raison des jugements qui ont pu être portés sur ces événements.

Au reste en face d'un l'onune de ta valeur et de l'âge de Pierre Loti, le plus distingué des lieutenants parait un peu. jeune. Il est certain que la partie ne semble pas égale d'aucune façon; un lieutenant contre un capitaine de vaisseau en retraite, '.NI. Torkoff contre Pierre Loti. Ce'n'est ni très brave, ni même tras civilisé. Et nous espérons bien que Pierre Loti enverra promener le bouillant lieutenant avec les honneurs qui lui sont dus.

Celui-ci pourra d'aileurs si le cœur lui en dit se battre avec un officier turc.

Le lieutenant Refld-Adi], d'Andrinople, vient en effet de faire savoir par dépêche qu'il prétend relever le gant jeté à Pierre Loti.

La solde des officiers et sous-officiers Deux tarifs d'augmentation

C'est aujourd'hui que se réunit à la Chambre la commission chargée de fixer dénnitivement les tarifs d'augmentation de solde des officiers et sous-ofhciers. Sans préjuger du vote des parlementaires, voici inàtqués ci-contre les tarifs en discussion.

Suivant le tarif adopté, les charges financières varieront entre 70 millions pour le projet ministériel et 1% millions suivant le

contre projet Dalbiez-DurandGirod-Pédoya Suivant la promesse solennelle faite par M. Barthou à la tribune du Sénat. le projet d'augmentation des soldes viendra en tete 1 des lois il discuter dès la rentrée des Chambres. Le rapporteur de la loi n'a plus qu'à à inscrire dans son rapport les chitires auxquels la commission s arrêtera Je rapnort sera aussitôt imprimé et il pourra^ètre distribué le jour de la rentrée.

GRADES SOLDE NETTE PROJET DU. CONTRE-PROJET

ACTUELLE DALBIEZ

OFFICIERS

N

Sous-lieutenant 2.880 3.996

3.636 4.680

3.636 5.040 6.048

Capitaine 5.580 6.120 6.660

Chef de 6.012 8.100

Lieutenant-colonel.1 9.000 Colonel. .1 11,880 Général de brigade. 12.600 14.232 Général de division. 18.900 19.980 SOUS-OF

1.999

Sergent. ,1 2.008 1.688 2.032 1.700

1.612 2.117 1.600

Sergent-major 1.702 2.135 1.800 1.796 2.159 2.000

2.272 0.100

Adjudant. 2.300

2.600 2.600

l Haut Commandement Le général de Castelnau succède au général Pau PARIS, 30 octobre. Ce matin a été tenu Rambouillet un Important conseil des miministres. Sur la proposition du ministre de la Guerre ont été nommés membres du Conseil supérieur de la guerre

1? Le général de division Ruffly, commandant le 13o corps d'armée en remplacement du général Ménestrel, placé dans le cadre de réserve par limite d'âge.

2° Le général de division de Castelnau est nommé premier sous-chef d'état-major de l'armée en remplacement du général Pau, placé dans le cadre de réserve par limite d'Age.

Le général de division Tavorna, commandant le 8° corps d'armée, est nommé au commandement du 16o corps.

Le général Alix, commandant le 16" corps d'armée, est nommé au commandement du 13' coups.

Le général Sarrail, commandant. la 4* division d'infanterie, est nommé commandant du Sf> corps d'armée.

'Le général Franchet d'Espérey, commandant les troupes du Maroc occidental, est nommé commandant du l*r corps d'armée en remplacement du général'Cremer, placé sur sa demande en position de disponibilité. Sont promus généraux de division les généraux de brigade Sambet, Bourdériat et de l'Etoile.

Sont nommés généraux de brigade les colonels Ancelin, Dupuy, N'ambois, Bourdier nt Cordonnier.

Le général Belin, commandant la 15o division d'infanterie du 8° corps d'armée, est nommé sous-chef d'état-major général de l'armée.

Le général de brigade Galopin est nommé commandant supérieur par intérim de la défense des places du groupe de Nice et gouverneur de Nice.

Le général Thévenet, commandant supérieur de la défense des places du groupe d'Epînal aura rang de commandant de corps d'armée.

La promotion dans l'état-major général de l'armée signée aujourd'hui au Conseil des ministres présente une importance et un intérêt exceptionnels car elle pourvoit à des commandements et des fonctions de tout premier plan.

L'unanimité de l'opinion publique saluera avec regret la retraite du général Pau atteint par la limite d'âge mais dont le corps toujours vert et l'esprit toujours jeune portent allègrement le poids des années. Il est inutile de rappeler la brillante carrière du grand et vaillant soldat depuis Frœschwiller jusqu'aux dernières manœuvres du Sud-Ouest où s'affirma avec un incomparable éclat sa haute science militaire. Avec lui disparaît le général Ménestrel qui laissera le souvenir d'un chef passionnément attaché ses devoirs et remarquablement préparé aux grandes tàcties du commandement..

Les généraux qui les remplacent au Conseil supérieur de la guerre avaient depuis longtemps attiré sur eux l'attention de tous ceux qui suivent de près le mouvement des idées dans.la science militaire.

Le général Rufley fait autorité dans les questions d'artillerie. C'est dans cette arme qu'il a fait toute sa carrière. Il a pris une part considérable aux perfectionnements apportés au matériel d'artillerie et/à son emploi tactique sur le champ de bi«ta»lle.

Le général de Castelnau qui est certainement à l'heure actuelle la personnalité la'plus en vue du grand état-major recueille la succession du général Pau. Cette lourde charge ne pouvait pas être remise en des mains plus fermes et plus dignes. Par sa puissance de travail, par sa connaissance approfondie de tous les rouages de la machine militaire le général de Castelnau était depuis longtemps préparé au grand commandement qui lui échoit et désigné par la confiance qu'inspirent à l'armée ses talents militaires unanimement reconnus. Depuis deux ans premier sous-chef de l'état-major général, il a dirigé l'immense effort de rénovation militaire qui replace l'armée française au rang d'où l'avaient fait déchoir les expériences politico-sociales de ces dix dernières années. Il est aujourd'hui le point de mire des attaques de NI. Jaurès et des antimilitaristes avérés ou sournois qui révent de détruire la loi de trois ans et les plus solides institutions de la défense nationale. Le général de Castelnau est Agé de 62 ans, il est originaire de l'Avevron. Il a passé sept ans dans le grade de colonel et avait fait de son régiment un modèle de discipline et d'endurance. Il a commandé la 130 division à Chaumont.

Parmi les nouveaux commandants de corps d'armée la nomination des généraux Taverna et Alix avait été rendue publique au moment où furent prises des sanctions consécutives aux grandes manoeuvres.

Le général Sarrail qui reçoit la plume blanche passe pour un officier appliqué et laborieux. Mais si les circonstances paraissent devoir lui promettre un avenir militaire que ses amis espèrent être brillant, il a derrière lui un bien regrettable passé politique. Directeur de l'Infanterie au ministère de la guerre, commandant de Saint-Mnixent. il se fit le collaborateur en fiches » du général André et fut mêlé aux besognes des politiciens contre les officiers suspects d'indépendance.

Le général Franchet d'Esperey commandait une brigade à la frontière lorsqu'il fut désigné pour prendre au Maroc la succession du général Moinier. C'est un officier des plus dis- tingués et qui a donné dans son commandement au Maroc les preuves indiscutables de sa haute valeur militaire.

Parmi les nouveaux brigadiers, le général Cordonnier qui commandait récemment le 119= est un écrivain militaire réputé, Les vieux serviteurs Paris, 30 octobre. Le Journal Orflciel publiera samedi 1" novembre la première promotion des médailles d'honneur attribuées aux vieux serviteurs et aux vieilles servantes. Le nombre des titulaires est de 1.400 environ, comprenant

1° Les vieux serviteurs ayant au moins trente ans de services.

2° Les vieux serviteurs ayant au moins 20 ans de services avec dix nus de participation a une société de secours-mutuels ou i\ une caisse nationale de retraite, ou bien encore ayant élevé quatre enfants.

3» Les serviteurs ayant accompli un acte de dévouement exceptionnellement méritoire. Ces derniers sont au nombre de cinq. Leurs noms seront inscrits avec une mention spéciale au Journal Officiel Parmi ceux-ci, citons '%fine Body, h Angers trente ans de services dans la fui.iille Marcheteau. Elle est restée au service de son maitre paralysé, sans rémunération. elle la recueilli ensuite chez elle et soigné gratuitement jusqu'à sa mort avec un dévouement au-dessus <l» tout éloge.

Un raz de marée Casablanca 3 navires perdus 12 victimes

PAms. 30 octobre. Un raz de marée et une violente tempête viennent de ravager le port de Casablanca. Trois navires sont per-,dus et il y a malheureusement des victimes huit dit une première dépêche, douze affirme une seconde. Voici le premier télégramme annonçant ce désastre

Casablanca, 30 octobre. Un raz de marée et une violente tempête sévissent depuis hier à Rabat et à Casablanca. Trois navires se sont perdus devant Casablanca. Les équipages ont pu être sauvés, à l'exception de huit hommes disparus sur un navire grec sombré en rade.

Les dégâts matériels sont importants. Les travaux du port ont bien résisté malgré la violence de la tempête. Le résident général a pris toutes les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours. Le secrétaire général, M. Tirard, de même que le directeur général des travaux publics, se sont rendus sur les lieux.

D'autre part, le général Lyautey télégraphie

LE RAZ DE JUREE QUI .4 .4FFECTE LA COTE OCCIDENTALE DU 3fAROC Et.- DE GRAVES COXSEQVEXCES. TROIS X WIRES SONT PERDUS. HUIT HOMMES AUR4IE\T PERI. LES TRAVAUX DU PORT DE CiSiBLAXCA OXT BIEN RESISTE.

Les navires perdus

Au reçu de ces nouvelles, nous nous sommes préoccupés de savoir quels étaient les navires perdus dans cette catastrophe. A la Compagnie Générale Transatlantique

on nous a déclaré ignorer complètement ri désastre. Toutefois la Compagnie a reçu un4 dépêche du commandant du Caravelle lui annonçant que ce navire avait une avarie au cabestan, mais qu'il continuait son voyage actuellement en cours.

Au Lloyd Allemand, où nous sommes allés, on nous déclare également n'avoir aucune connaissance de la dépêche qu'on vient de lire.

Le Bureau Véritas, à qui nous avons de.mandé confirmation de cette dépêche. nous a déclaré, ne pas en avoir connaissance. Mais une de confirme la première. Elle précise que Ir Mauritania français), le Caravelle (français;. le Lyria rrspaqnol), le Mis..solonghi (ijrr,- et le Martini (allemand) ont .souffert de la tempête. Le télégramme ajoute

« Le Caravelle, de la Compagnie Transat lantique a réassi n se déséchouer sans. trop d'avaries. Des sauietturs ont rétrssi le tirer de sa position critique.

Quant an vapeur espagnol Lyria. il est perdu. Son équipage a pu être sauvé. Dans le naufrage du blissolonghi et dit Martini (perdus), il y a eu an total douze victimes.

C'est par une forte brise que le Mauritania, vapeur de 1.000 tonneaux, Il rompu ses amarres et sortant de l'embouchure du BonLes essais de renflouement du Mauritania n'ont pas réusst.. »

La tempête a causé à Rabat de gros dégâts au camp militaire installé sur la plage et qui a été envahi par la mer démontée

Un accord anglo-allemand Les deux rivaux se partagent en

zones d'influence le Centre africain

Les négociations entamées ces temps derniers entre les chancel-

leries de Londres et de Berlin

vont aboutir, ijous dit-on, à un

partage de l'Afrique centrale en

zones d'influences anglaise et allemande. La publication d'un tel accord ne manquera pas de provoquer les commentaires des pessimistes de profession, qui y verront sans doute la preuve d'un rapprochement anglo-allemand et d'un affaiblissement parallèle de l'Entente Cordiale.

Nous pensons quant à nous qu'il conviendrait plutôt de se réjouir d'un tel événement. Tout d'abord l'Entente Cordiale suppose entre la France et l'Angleterre une communauté d'intérêts généraux qui ne saurait en aucune façon se comparer avec un accord anglo-allemand concernant l'Angola. Nous avons heureusement des raisons un peu plus décisives et d'un ordre plus général de nous considérer comme les amis des Anglais.

D'autre part, l'Allemagne possède à la fois un surcroit de population, un excédent d'activité économique, partant des besoins d'expansion qu'il serait injuste et fou de prétendre réfréner.

Si l'Afrique centrale peut offrir un aliment à la soif d'entreprise qui torture la Germanie, il faut nous en réjouir. Nous ne risquons guère de nous rencontrer dans ces régions avec nos voisins et leur mauvaise humeur. Et de plus, il est certain que pendant qu'ils travailleront en Afrique, les Allemands seront moins portés à nous chercher noise ailleurs.

Berlin passera ses nerfs sur le Mozambique, elle expédiera des tonnes de pacotille aux heureux indigènes de ce pays, et elle laisera peut-être l'Europe reprendre haleine. Tout le monde y gagnera.

Nous avons reproduit, il y a quelques jours, plusieurs dépêches de 'Berlin et de Londres rapportant que des négociations se trouvaient engagées entre les gouvernement anglais et allemand au sujet de l'Afrique centrale, et spécialement des colonies portu- gaises.

Un journal allemand, Les Dernières ,oul'elles de Munich, dans une de ses éditions du 28 courant, annonce que ces pourparlers sont virtuellement terminés et donne les grandes lignes des conclusions auxquelles les deux cabinets sont arrivés. Le journal en question, et plus exactement son correspondant berlinois, se sont toujours révélés, notamment pendant les angoissantes négociations de 1911, comme des mieux informés. Au mois de septembre 1898, la suite de certaines négociations francu-allemandes qui avaient échoué quelques mois plus tôt, l'Angleterre et l'Allemagne conclurent un accord dont les colonies portugaises de l'Afrique faisaient l'objet.

Cet accord était destiné à rester secret et l'est resté au moins officiellement, Néanmoins, certaines indiscrétions et quelques vagues déclarations n la Chambre des Communes ou au Reichstag permettent de croire qu'il reposait sur les bases suivantes L'Angleterre laissait Irs mains libres il l'Allemagne dans les colonies portugaises situées sur l'Atlantique, c'est-d-dlre dans l'Angola et d Mossamédcs l'Allemagne était également laissée- libre dans les territoires tués ait nord du Zambè':e et de la baie de En revanche, l'Allemagne se désintéressait de la partie de la colonie portugaise du üozambique siluée au sud du Zambé:e et de la bâte de Dclagoa.

Ces stipulations équivalaient pratiquement nies portugaises, pour le cas ou le aouvernement porluaats, qut se débattait alors dans

d'inextricables difficultés financières, aurait consenti à aliéner son domaine africain, Si l'on se rappelle qu'un an après ce trait/ éclata la terrible guerre du Transvaal, on comprendra Il la fois l'importance du traité anglo-allymand de 1898, et les raisons pour lesquelles, depuis 1898, il ne reçut pas d'application.

L':ltlentagne qui, depuis la conférence de Berliu de 1885, et surtout depuis 1B94, concoite le centre africain, avait jeté son dévolu sur 1 Angola, non seulement parce que ce territoire confine, avec celui de Mossamédès a sa colonie de l'Ouest africain, mais aussi parce qu'au point de vue climatologique et économique l'Angola est plus accessible que les autres parties de l'Afrique centrale à la colonisation allemande. A l'Est, l'Allemagne s'assurait ce droit de vite directe sur le Congo belge qu'elle avait, avec tant de fermeté revendique en protestant contre le traité anglo-congolais du 12 mai 1894.

La guerre entreprise contre les Boers, une rivalité commerciale et maritime qui s'afftrmait non seulement en Afrique, mais en Chine, amenèrent une grande hostilité de! deux opinions anglaise et allemande, qui eut sa période aiguë surtout de 1899 à 1905. Le traité de 1898 s'assoupit doucement dans les cartons des chancelleries.

De 1905 à 1912 les difficultés franco-allemandes, nées surtout de l'affaire marocaine, et la rivalité grandissante des deux marines de guerre anglaise et allemande, empêchèrent également, malgré les efforts de quelques personnalité anglaises d'origine allemande comme sir E. Goschen. fils d'un libraire de Leip:ig, ou sir E. Cassel, le financier connu toute nouvelle conversation entre Londres et Berlin.

Mais ces derniers temps. les événements qui se sont déroulés en Orient amenèrent les deux cabinets à « causer » de la Turquie d'Asie et à s'entendre sur la question des chemins de fer aboutissant au golfe Per sique.

De la Turquie, la diplomatie allemand, dont l'activité et la vigilance sont toujonr* en éveil, fit dévier la conversation sur l'A. frique.

L'Angleterre, aujourd'hui pourvue d'un in* mense empire sud-africain, maltressp par l'Egypte dr> la route de l'Inde et de la vallée du Nil, fit connaître qu'elle était « satisfaite et que tout ce qu'elle désirait c'était de co» soliilt<r sa situation au nord du Natal et l'est du Transvaal, c'est-à-dire précisément dans cette partie do la colonie portugaise dit Mozambique que le traité de 1898 lui réser vait.

D'un côté et de l'autre on déclarait d'ait leurs avec insistance qu'on ne vissait aucune acquisition territoriale nouvelle, mais qu'on. désirait seulement s'assurer une liberté d'action économique complète dans certaines zones déterminées.

Du coté allemand on était d'autant plUt désireux d'aboutir que l'on race d'un grand chemin de fer transversal africain allemand, que la province du Congo belge appelée Katanga s'est, dit-on, révélée comme l'une des régions du monde les plus riches en minerais de cuivre, et qu'un chemin de fer er, construction par une société anglaise est eu train de relier la baie de Lobito au Katangav Dans ces conditions, les pourparlers ont marché rapidement. Ils auraient abouti aux stipulations suivantes, dont la signature est imminente

L'Angleterre se désintéresserait économ6 quement en faveur de l'Allemagne des colonies portugaises de l'Angola et dt Mots* médès. L'Angleterre cède l'Allemagne unt participation de 75 millions de francs dan» If chemin dt fer de l.abito-Baij fin Katanga, dont 426 kilomètres sont itéjii en exploitation, et qui formera lit voie la plus rapide pou; aller d'Europe au centre de l'Afrique, d proximité du lac Tangaulyka et de la Rhodésia. terrée fameuse ligne du Cap au Caire dont l'Alle- magne s'est déjd assuré la possession du rançon qui court !e long du Tanganiyka. De son côté, l'Allemagne se désintéresserait de la colonie du Mozambique.

Toutes ces stipulations seraient faites, dn moins le traite l'affirmerait, en réservant la souveraineté du Portugal, à laquelle les deux puissances contractantes déclarent ne vouloir porter aucune atteinte.

Le traité serait pu6tié incessamment. Telles -ont les srandes lignes de cet ao-