bpt6k64235345/f2


produit de sécrétion des plexus choroïdes. D'autres auteurs ont opposé à cette conception celle d'une simple dialyse du plasma à travers les plexus.

Le différend ne peut être tranché par la notion de l'isotonie qui existe entre le sang et le liquide céphalo-rachidien. En effet, l'allotonie ne peut être considérée comme caractéristique des produits de sécrétion, puisque le lait lui-même est isotonique au sang.

Mestrezat, le premier, se rendit compte, dès 1910, que tous les éléments du liquide rachidien. préexistent dans le sang, où ils se trouvent à un taux égal ou supérieur (NaCl excepté). Pour lui, l'analyse chimique, qui doit juger seule, en dernier ressort, de la nature sécrétoire ou non du produit élaboré, montre que le milieu rachidien n'est que l'image fidèle de la partie dialysable du sérum sanguin. Physiologiquement et chimiquement parlant, il n'y a donc pas sécrétion et Mestrezat, dans sa thèse (1911), concluait après des centaines d'analyses par la théorie de la formation osmotique du liquide céphalo-rachidien.

L'opposition assez vive que cette conclusion rencontra auprès des physio logistes et surtout des histologistes tenait, croyons-nous, à la mauvaise interprétation que l'on se faisait alors du phénomène intime de l'osmose cellulaire. Depuis, les nouvelles théories physiques de l'osmose (théorie de Donnan, osmose électrique) nous ont apporté une explication rationnelle des inégalités de teneur eri-cristalloïdes, que deux solutions, séparées par une membrane dialysante, peuvent présenter, en présence ou non de colloïdes électrolytes. D'ailleurs, de quelque façon qu'on l'interprète, le processus générateur du liquide céphalo-rachidien ne peut échapper aux lois physicO chimiques de l'osmose qui. régissent même les phénomènes sécrétoires les plus caractérisés. Il n'y a donc pas contradiction entre les données de l'analyse chimique et celles de l'histophysiologie, et l'on peut admettre que le formation du liquide céphalo-rachidien est un processus, en partie sécrétoire, régi par les lois de l'osmose, sans l'assimilr entièrement cependant à une simple dialyse sur parchemin.

En effet, dans l'étude théorique des répartitions et des échanges osmotiques entre le sang et le liquide céphalo-rachidien, il y a lieu de tenir compté de l'hémiperméabilité élective de la membrane, des variations pathologiqueS de cette perméabilité, des réactions locales propres à chacun des deux liquides; tous facteurs qui permettent de prévoir que l'osmose choroïdienne ne se traduira pas forcément par une identité parfaite de concentration des sb- stances communes dans le sang et le liquide céphalo-rachidien (1), mais bien par un état d'équilibre hémo-rachidien particulier à chaque substance.

En particulier peuvent intervenir les phénomènes d'osmose électrique [ £ ) dus aux variations de l'alcalinité des milieux, ainsi que les effets de membrane dus à la présence dans le sang d'une grosse masse d'albumines (colloïdes électrolytes), qui influent sur la distribution des électrolytes dialysables (3).

C'est ainsi que l'équilibre hémorachidien du chlorure de sodium (élec trolyte cristalloïde) se traduit par un excès notable dans le liquide céphalo

(1) P. GIRARD. C. R., 153, p. 401 et 156, p. 1.401. C. R. Soc. Biol., 74, p. 520 ; — p- GI" RARD, MESTREZAT et Li SHOV-HOUV. C. R. 175, p. 183.

(2) DONNAN. Zeitsch. fur Electrochemié, 17, 1911. n. 572.

(3) MESTREZAT. Bulletin Société des sciences méd. de Montpellier, 2, 363.