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Title : Précis historique des opérations militaires de l'armée d'Italie, en 1813 et 1814 , par le chef de l'État-major général de cette armée

Author : Vignolle, Martin de (1763-1824). Auteur du texte

Publisher : Barrois l'aîné (Paris)

Publication date : 1817

Subject : Guerres napoléoniennes (1800-1815)

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31577386w

Type : text

Type : monographie imprimée

Language : french

Language : French

Format : IV-199 p.-[1] p. de pl. : carte ; in-8

Format : Nombre total de vues : 221

Description : Avec mode texte

Rights : Consultable en ligne

Rights : Public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k63655567

Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LH4-285

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 06/11/2012

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PRÉCIS HISTORIQUE DES OPÉRATIONS MILITAIRES

DE L'ARMEE D'ITALIE, EN l8l3 ET 1814.


DE L'IMPRIMERIE DE DOUBLET.


r PRECIS HISTORIQUE DES OPÉRATIONS MILITAIRES

DE L'ARMÉE D'ITALIE, EN l8l3 ET 1814,

Par le Chef de lEtat-Maj or-général de cette Armée.

A PARIS,

Chez Barrois l'aîné, Libraire," rue de Savoye, n." i3.

181 7.



AVERTISSEMENT.

E N publiant ce Précis historique, mon but est de faire rendre justice à un trèsgrand nombre de braves militaires qui ont eu une part plus ou moins honorable aux avantages remportés sur les armées Autrichiennes et Napolitaines par l'armée d'Italie, en 1813 et 1814; de faire connaître en détail tous les obstacles que cette armée avait eu à vaincre, et de fournir des matériaux essentiels aux historiens qui seront appelés, par leur génie, à la noble mission de transmettre à la postérité le récit exact des glorieuses campagnes des armées Françaises, pendant les vingt-cinq années qui viennent de s écouler. Ils trouveront dans cet ouvrage tous les faits exposés avec impartialité , tels qu'ils sesont passés,


en grande partie, sous mes yeux. Leuir relation est le résultat des rapports offi- ciels des généraux et des chefs de corps, comparés avec les instructions générales et particulières du général en chef, avec l'expression de sa pensée sur chacune des opérations , les ordres de mouvement, les ordres du jour, là correspondance intime ou officielle, enfin avec tous les élémens qui doivent composer un semblable travail, et qui ne

- peuvent être à la disposition que des états -1 naj ors - généraux:

Comme on peut suivre ces opérations militaires sur plusieurs bonneSi cartes d'Italie, notamment sur celle du général Bacler-d' Albe, et sur la carte dite Administrative, on ne trouvera ici que le plan de la bataille du Mincio, livrée le 8 février 1814',- la seule qui


puisse être qualifiée de ce nom - dans cette campagne, puisque c'est la seule affaire où les deux armées se soient trouvées réunies en présence lune de l'autre.

Nous appellerons Combats tous les autres faits-d'armes qui n'en ont pas moins illustré le dévouement, la constance et l'intrépidité des divers corps qui y ont pris part, et dont nous nous sommes fait un devoir de conserver les noms, comme un hommage rendu par un témoin oculaire à la bravoure, à la vérité et à la gloire nationale.

Il est nécessaire de faire remarquer que l'on a dû conserver les qualifications , titres , etc. sous lesquels étaient ésignés -, à l'époque des événemens qui sont rapportés dans ce Précis s les di-


vers personnages qui y figurent. Sans cette précaution, il eût été souvent difficile de se faire entendre du lecteur, et l'on aurait donné au récit de certains faits , une couleur différente de celle qui les distingue.


r

PRECIS HISTORIQUE DES OPÉRATIONS MILITAIRES

DE L ARMÉE D ITALIE.

INTRODUCTION.

Xjes désastres Je la campagne de 1812, avaient ramené le théâtre de la guerre en Allemagne.

Les débris de la grande armée, détruite par la rigueur de la saison et par les privations de tout genre qu'elle avait éprouvées pendant une retraite de It.oo lieues, n'avaient pu se réunir que derrière l'Oder, et au sein de la Prusse, qui déjà se débarrassait du masque d'une amitié perfide. Quoique le récit, et même, pour ainsi dire , le souvenir de ces événemens, n'appartienne pas directement au plan de. ce mémoire, il n'en est pas moins nécessaire de les remettre sous les yeux du lecteur j car les conséquences immédiates qui en furent le résultat, eurent une influence bien plus directe, qu'on ne pourrait peut-être le penser, sur la défense de l'Italie.

En 1812, la formation du Ier. corps d'observation d'Italie ( ou 4c. de la grande armée)


avait a-peu-près épuisé le cadre dçs corpa français et italiens qui se trouvaient dans ce royaume. Il n'y était resté qu'un bien petit nombre de bataillons de guerre, et les régimens qui étaient partis pour la Russie, de même que les corps italiens qui étaient en Espagne n'avaient laissé que des dépôts affaiblis, et des malades qui n'avaient pu être rétablis avant l'automne. Cependant le dénuement absolu et la faiblesse numérique du squelette d'armée qui avait repassé l'Oder, exigeaient des mesures promptes et un appui immédiat. Ellvain le Prince Vice-Roi d'Italie avait-il essayé de soutenir l'effort combiné des Russes qui s'étaient remis en marche J et des Prussiens. armés en masse, par la haine et la fureur de l'orgueil humilié; il lui avait encore fallu céder au torrent. Les plus grands talens stratégiques n'offrent point de ressources assez efficaces pour couvrir l'énorme disproportion du nombre. C'est ainsi qu'on vit sur le sol natal dfcs Scipion et des César, les trophées de .Bélisaire et de Narsés arrachés des murs de Ravenne et du tombeau de Totila, par les, Lombards; et les légions victorieuses de l'empire romain écrasées par la masse des ennemis qu'elles avaient cent fois vaincus.

Pendant l'hiver de 1812, un second corps


d'observation fut organisé en Italie, et en partit au commencement de 1815; sous les ordres du général comte Grenier, pour se rendre sur les bords de l'Elbe. Afin de compléter cette petite armée, on prit non-seulement les bataillons de guerre; restés pendant la campagne de 1812 , mais on fit encore marcher un nombre de bataillons, de nouvelle formation, des régimens qui avaient été en-Russie. La plus grande partie des malades sortis des hôpitaux, et un bon nombi ^de vieux soldats des dépôts partirent avec le général Grenier. Plus tard , un troisième corps d'observation d'Italie fut organisé, sous les ordres du général comte Bertrand. La formation de ce corps dont la grande masse n'était elle-même composée que de conscrits réunis et disciplinés pendant le courant de l'année, acheva d'enlever tous les vieux militaires qui se trouvaient encore dans les dépôts des différens régimens. Non-seulement on fut obligé de faiïlflnarcher tout ce qui était en état de se battre dans la ligne ordinaire des combattans, mais on y ajouta encore les instructeurs, les ouvriers, enfin tout ce qui paraissait pouvoir rendre un service actif. Ainsi, après le départ de ce corps d'armée , les garnisons d'Italie se trouvèrent ab-* solument dégarnies de troupes, et les états


de situation ne furent, pour ainsi dire, composés que des numéros des régimens que représentaient les quartiers-maîtres et un petit nombre d'éclopés. La conscription prochaine devait recomposer ces élémens imperceptibles d'une armée jadis florissante; mais cette conscription , bien loin de pouvoir l'enchâsser dans un cadre déjà formé, devait s'organiser sur elle-même ; au lieu de se ranger sous la conduite de guides expérimentés et capables de former, à leurs exemples, de' jeunes élèves aussi remplis de zèle que privés d'expérience, cette conscription devait chercher en ellemême ses guides et ses instructeurs. Il est vrai que dès Moscou, l'empereur Napoléon, en réduisant le nombre des bataillons desonarmée, avait renvoyé en France et en Italie les cadres des bataillons supprimés. Mais cette mesure tardive n'avait été d'aucune utilité. Les précieux élémens des nouvelles légions que contenaient ces cadres, avaient péri victimes du même fléau qui avait accablé l'armée , le petit nombre échappé aux rigueurs de la saison et de la famine, se trouvait renfermé dans les places de guerre, que la défection des Prussiens avait mises en état de siège. Les débris des cadres du 4e. corps étaient dans Glogau.

Cependant le besoin de troupes augmentait


en Allemagne, et les ordr-es 1 pour la formation de plusieurs armées de réserve, furent multipliés, tant en France qu'en Italie. Dans ce-dernier royaume, surtout, la conscription seule pouvait remplir les cadres qui avaient été tracés sur le papier. Il est vrai que la situation tranquille où paraissait se trouver l'Italie, par la continuation de l'alliance avec l'Autriche , pouvait donner le temps nécessaire pour compléter cette formation. On y comptait alors avec une espèce de certitude, et la preuve de cette confiance se trouve encore dans la disposition que prit l'empereur Napoléon, pendant la durée de l'armistice d'Allemagne, de retirer à lui la moitié de l'armée qui devait être formée en Italie. Les ordres qui avaient été donnés pour la formation d'un nouveau corps en Italie , après le départ de celui du général Bertrand, étaient pressans, et ne laissaient aucun doute sur la promptitude avec laquelle l'Empereur en exigeait l'exécution. Mais les moyens manquaient absolument pour remplir le cadre prescrit par le décret impérial. la plupart des corps qui devaient composer l'armée ne comptaient pas plus de 20 individus de tout grade, présens sous les armes_, appartenants an régimens détruits en Russie y d'autres étaient, des


régimens provisoires qui devaient venir de France , et dont la formation était à peine ordonnée : on y voyait figurer des régimens Croates qu'on pouvait pas tirer de leur pays, et des Napolitains, qui ne devaient plus servir que contre la France. Aussi les 70 bataillons et les a4 escadrons qui devaient composer le 5e. corps, formé en Italie, ne parurent-ils que sur le papier.

Lorsque le Prince Vice-Roi fut de retour en Italie, le premier soin de S. A. ï. fut de hâter, autant que possible, là formation d'une armée que les intentions douteuses de l'Autriche rendait d'instant en instant plus nécessaire. L'Empereur devait donner au Prince Vice-Roi la plus grande latitude, et les plus grandes facilités; il accorda l'un et l'autre. Le Prince se vit maître d'organiser, d'après les résultats existans ou. possibles, l'armée qu'il devait commander ; pour en liâter la formation, on lui àssigna la conscription des départemens les plus voisins du royaume d'Italie : c'est-à- dire, des provinces italiennes incorporées à l'empire français et d'un petit nombre de départemens situés à l'Ouest et au pied des Alpes, Cette dernière disposition que la nécessité seule pouvait dicter et justifier, eut ? il est vrai, l'effet direct qui en avait été


le moti£ Le recrutement fut beaucoup plus prompt qu'il ne l'aurait été en le prenant sur le sol plus éloigné de l'ancienne France. Mais les événemens qui se développèrent plus tard,.

donnèrent à cette mesure des conséquences qu'il était peut-être difficile de prévoir alors, et qui tendirent à anéantir tout-à-fait l'espérance des secours que la France, pouvait tirer, pour sa défense intérieure,. de l'armée d'Italie, devenue, presque entièrement, italienne.

A l'époque où il aurait peut-être fallu que cette armée repassât les Alpes, les intérêts nationaux, s'ils n'avaient pas changé, s'étaient au moins partagés. L'homme trouye sa véritable patrie suç la terre qui l'a vu naître et qui couvre les tombeaux de ses ancêtres; les Romains, les Toscans, les Piémontais, en repassant les Alpes, abandonnaient la leur pour défendre une terre étrangère. La suite de ces mémoires fournira la preuve de ce que l'on vient d'avancer.

La conscription d'Italie se réunissait aveê- activité; celle des départemens françai s d'Italie arrivait, et dans l'intervalle qui s'écoula entre le retour du Prince Vice-Roi et les premières hostilités des Autrichiens, les cadres commencèrent à se remplir. Mais il manquait, des officiers A des sous-officiers et des armes b


les dépôts et les magasins des corps étaient épuisés; ceux de l'état ne pouvaient suffire à l'armement absolu d'une armée qu'on avait portée sur le papier à 80 mille hommes, et qui devait être de 5o mille. Il est vrai que, d'après les ordres de l'Empereur, il devait arriver d'Espagne, en poste, 5oo officiers ou sous-officjers; que le Prince Vice-Roi avait jété autorisé à puiser des armes dans différens arsenaux y. même jusqu'à Barcelonne. Mais il fallait le temps matériel pour que l'un et l'autre put arriver , et pendant ce temps le cadre des régimens s'augmentait en soldats. Le Prince Vice-Roi se tira de la position critique où il se trouvait, par une activité extraordinaire et infatigable, qui lui fit multiplier, pour ainsi dire, les faibles moyens qui lui avaient été donnés, et se créér des ressources, là où les efforts du génie paraissaient devoir échouer. L'habillement fut poussé avec toute la promptitude possible, et réduit au strict nécessaire; l'armement composé de tous les élémens qu'on avait pu réunir ou réparer, fut fourni aux différens corps ; les conscrits furent exercés avec une persévérance toujours soutenue, et fournirent parmi eux la plus grande partie des sous-officiers qui les guidèrent et les commandèrent devant l'ennemi.


Lorsque l'armée entra en campagne, on vit -des recrues, la plupart en veste et en bonnet de police, conduits par d'autres recrues, portant leurs cartouches dans leurs poches, combattre vaillamment et soutenir la réputation des corps auxquels ils appartenaient et dont ils n'avaient reçu en héritage que le nom seul.

La tournure que prenaient les négociations avec les puissances alliée annonçait dès le mois de juillet une nouvelle guerre, dans laquelle

l'Autriche paraissait devoir figurer. La formation de l'armée d'Italie, que l'Empereur avait voulu hâter pour tâcher de retenir le cabinet de Vienne dans son alliance, tout en avançant, plus m ême qu'il n'aurait paru possible à un témoin oculaire, était encore au-dessous du complet des cadres présens. Elle était encore bien plus au-dessous de la force qu'on avait voulu lui donner, portée sur le papier à 94 bataillons et 20 escadrons. Il importait à la politique de l'Empereur de chercher à inquiéter l'Autriche par la menace d'une puissante armée aux frontières orientales de l'Italie, et de

c hercher par là à la retenir dans ses intérêts.

Quelque désavantageux qu'il dût être pour l'armée et la réputation de son chef, de voir accréditer une hypothèse, qui donnait à ce dernier plus du double des forces dont il


pouvai t réellement disposer, l'intérêt politique l'emporta. L'armée d'Italie figura aux yeux du public sous un cadre factice, et qui prêtait d'autant plus à l'illusion qu'on y voyait paraître les numéros des mêmes vieux régimens qu'on avait vu combattre en Russie.

Le prélude des hostilités de l'Autriche fut l'insurrection de l'Illyrie. Le Prince se bâta de s'y porter avec son armée, telle qu'elle se trouvait alors. Bientôt l'Autriche entra en lice.

Le résultat des^remiers mois d'une campagne tout stratégique, fera aisément juger au lecteur, que sans la révolution politique de l'AlJemagne, le Prince Vice-Roi aurait pu maintenir ses positions assez long-temps, pour organiser complètement son .armée et défendre avec succès les frontières orientales du royaume. Mais la neutralité tacite, de la Bavière permit à l'Autriche d'envahir une partie du Tyrol; l'alliance qui suivit de près entre ces deux puissances, menaça ensuite le cœur du royaume ; enfin la défection du Roi deîNaples enleva les provinces de la droite du Pô, et pojta son armée presque sur les. derrières d& celle d'Italie. Ces différentes circonstances forcèrent successivement cette dernière à se replier derrière Ylsonzo,^ - l'Adige et le Mincia*.

Le Prince Vice-Roi la maintint cependant


inébranlablement dans cette dernière position, et il y était encore vainqueur, lorsque l'ennemi avait déjà pénétré de toute part au sein de la France. Enfin les événemens de Paris mirent fin à une lutte aussi glorieuse qu'inégale l'armée d'Italie posa à la paix des armes victorieuses, et le royaume de ce nom cessa 'd'exister.

CAMPAGNE DE I8I3.

AmÈs le départ du 5°. corps d'observation pour l'Allemagne, qui, sous les ordres du général Bertrand, prit part à la bataille de Lutzen et à quelques autres actions glorieuses de cette campagne, l'Italie se trouva dégarnie de troupes, les dépôts qui y étaient restés, et qui portaiént en masse le nom d'armée, ne pou- vaient ni en recevoir l'organisation ni en faire le service. Leur faiblesse était telle qu'çpvain aurait-on voulu, en les réunissant, former un petit nombre de bataillons actifs. Cet état de choses dura jusqu'au mois de mai i8i5.

Dès le commencement de cette année , Pem.

pereur Napoléon avait pris les mesures les plus promptes et les plus énergiques pour réparer

Mai 1813.


l'effet des désastres de la campagnes précédente. La conscription se levait partout avec activité ; différentes troupes sédentaires y furent jointes; les corps constitués de France et d'Italie y ajoutèrent des levées volontaires; mais la plus grande partie de ces renforts joignit l'armée d' Allemagne. Ce ne fut qu'au mois d'avril que l'Empereur s'occupa de l'armée d'Italie. Un décret du 18 de ce mois prescrivit la formation d'un corps d'observation de l'Adige, dont l'organisation fut confiée au général Vignolle, qui, pendant que le Prince Vice-Roi était à la grande-armée, commandait les troupes stationnées dans le royaume d'Italie. Le cadre de cette armée fut porté à quatre divisions ; savoir : trois d'infanterie française, sous les numéros 46, 47 et 48, une italienne , portant le numéro 49, chacune de 16 bataillons, et une division de cavalerie de 18 escadrons. Le Roi de Naplés devait fournir 6 bataillons et 6 escadrons à ce çadre qui comportait un total de 40,951 hommes d'infanterie et 4,552 de cavalerie.

Mais nous avons déjà vu plus haut que la conscription seule pouvait remplir un cadre dont la base même n'existait pas. Les seuls dépôts des régimens qui devaient le composer se trouvaient la plupart dans le royaume dita-


lie, ou dans l'Italie devenue française. Lesconscrits étaient annoncés et commençaient à peine à se mettre en marche : aussi cette ar..

mée n'exista-t-elle que sur le papier. On n'a fait mention de cette- organisation , ainsi que de celles qui suivirent jusqu'au moment où il fallut entrer réellement en campagne, que pouf mettre le lecteur à même de juger des modifications que la tournure des affaires d'Allemagne obligeait l'empereur Napoléon à faire dans ses proj ets.

A peine le décret impérial qui prescrivait la * formation du corps d'observation de l'Adige était-il arrivé en Italie, que le lieutenant-général comte Grenier fut envoyé pour en prendre le commandement en chef. Les mesures qu'on avait pu prendre jusqu'alors se réduisaient au préparatif des cadres, et ce travail continua pendant le peu de jours où le général Grenier resta investi de son commandement. Le 18 mai le Prince Vice-Roi arriva lui-même à Milan; il réunissait au commandement en chef des troupes qui devaient s'organiser en Italie , le pouvoir et les attributions de magistrat supérieur de ce royaume. Revêtu de tous les pouvoirs de cette double attribution , et de ceux que l'Empereur avait du lui donner dans une conjoncture aussi pressante,.


le Prince les employa à hâter la formation de l'armée qu'il devait commander. Le but apparent de cet armement éloigné du théâtre de la guerre, était d'intimider PAutriche par la menace. d'une diversion. Il était bien possible que l'empereur Napoléon considérât, dans le moment présent, ce but comme principal et peut-être unique. Mais, quoiqu'il en soit, la prudence défendait d'écarter tout-à-fait la probabilité d'une guerre avec l'Autriche, et de s'endormir sur ce danger, qui chaque jour devenait plus réel. Aussi, tout en laissant marcher publiquement la formation numérique et idéale des cadres que prescrivirent successivement les décrets impériaux, le Prince Vice-Roi s'occupa particulièrement de l'organisation solide d'un noyau d'armée, qui put se trouver prêt .à repousser la première invasion.

La première mesure que prit le Prince, fut de centraliser ta formation du corps d'observation de l'Adige et d'établir les points de réunion dans un- cercle assez rapproché, po ur pouvoir, à chaque instant, tirer parti de tout ce qui serait en état de combattre. La 46e. division, placée en première ligne, dut s'organiser à Padoue, Trévise et Bassano; la 47°» division, en seconde ligne, à Vicence, Yé-


ronne et Roveredo ; la 48e., en troisième ligne, à Mantoue, Bozzolo et Montechiaro , -la 49e., en quatrième ligne, à Brescia; la cavalerie, a Crémone, Valeggio et Castiglione delle Stivière. 1 Dès les premiers jours du mois de juin, le Prince Vice-Roi reçut l'avis que douze nouveaux bataillons devaient joindre son armée.

Cette circonstance et le but politique de la réunion de Farmée d'Italie engagèrent S. A. 1.

à la porter à cinq divisions, et à rapprocher les corps qui les composaient des frontières orientales du royaume. La 48e. division qui devait être de quinze batatllons fut placée à Udine, Cividale et Gemona ; la 46e. également de quinze bataillons , entre Trévise, Bassano Pordenone : ces deux divisions formèrent la deuxième lieutenance. La première lieutenance comprenait la 47e. division de quinze bataillons, placés à Vérone et Vicence; et la 4ge L de seize bataillons, à Padoue et Venise.

Une division de réserve de quinze bataillons devait se former à Montechiaro. La cavalerie au nombre de dix-huit escadrons entre Castiglione, Mantoue et Vérone. Les six bataillons de la garde royale italienne devaient former la réserve du quartier-général à Brescia. Telle fut la force et la position que les états de situa

Juin I81.


tion donnèrent à l'armée d'Italie pendant la mois de juin. Mais ce cadre n'était qu'illusoire et bien au-dessus de la force réelle de l'armée.

Il comprenait encore, outre les troupes Napolitaines et Croates , plusieurs régimens qui n'étaient qu'annoncés et qu'on avait donné l'ordre d'y porter. Il aurait donc fallu ôtêr plus de vingt bataillons du cadre numérique.

Quant à ceux qui étaient réellement présens, non-seulement ils étaient beaucoup au-dessous du complet, mais tous les hommes n'en étaient pas encore armés et instruits.

Dès les premiers jours de ce mois, le Prince Vice-Roi reçut un' décret impérial, daté de.

Dresd e, du 18 juin, qui augmentait encore de douze bataillons le cadre de l'armée d'observation d'Italie, et portait Je nombre des divisions à sept, c'est-à-dire, quatre divisions françaises - de chacune quatorze bataillons, deux italiennes, de chacune douze bataillons, et une de réserve de quatorze bataillons. La division de cavalerie devait avoir vingt escadrons. A cette époque, il pouvait peut-être paraître probable que l'Autriche ne se détacherait pas de l'alliance de la France. L'Empereur avait décidé, dans ce cas, que le lieutenant général Grenier passerait à la grande armée en Allemagne, avec quarante-deux bataillons et huit escadrons

Juillet 1813.


cadrons ; mais il fallait pour que cette disposition put avoir lieu, que le cadre total se trouvât complet; or, il en était fort éloigné, car il manquait numériquement vingt-deux bataillons et huit escadrons, y compris les 8 bataillons et les 4 escadrons que le Roi de Naples devait fournir. Cependant la tournure que prenaient les négociations, sur tout avec l' Autriche , ne laissant plus de doutes de la reprise prochaine des hostilités et d'une attaque sur l'Italie, le Prince Vice-Roi se vit dans la.

nécessité, dès le i5 juillet, non-seulement de mettre en exécution le décret impérial qui prescrivait la formation de sept divisions d'infanterie , mais de s'approcher avec son armée des frontières de l' Autriche. Il n'avait que soixantedouze bataillons incomplets, soit présents en Italie , soit en route pour sy rendre, dont il put disposer; la cavalerie sur laquelle il pouvait compter ne se portait qu'à douze escadrons. Il répartit ce cadre en trois lieutenances et une réserve, et leur attribua les généraux qui devaient les commander. Voici le tableau de cette formation, telle qu'elle fut établie sur la situation de l'État-Major*


ÊTAT-MAJOR GÉNÉRAL.

PREMIERE ORGANISATION.

S A. I. LE PRINEE VICE-ROI D'ITALIE, général en chef.

-Aides- de - Cave.

Le général de division Cte DANTHOUARD ; Le général de brigade Bon TRIAIRE ; Le général de brigade BOU GIFFLEJSGA ; Le colonel Bon BATAILLE ; , Le chef d'escadron TASCHER DE LA PAGERIE; Le chef d'escadron MÉJEAN.

Le général de division -cte VIGNOLLE ; chef de l'étatmajor général.

Le général de division Ban S.-LAURENT, commandant l'artillerie.

Le major d'artillèrie RAVICHIO, chef de l'état-majorde cette arme.

Le colonel MOYDIER, commandant le génie.

Le capitaine du génie PHILIBERT., F. F. de chef d'étatmajor.

Le commissaire-ordonnateur R*EGNAULT , ordonnatenr en chef.

Le sous-inspecteur chevalier PRADEL DE SL-CHARLIS, F. F. d'inspecteur aux revues.

Le chef d'escadron de gendarmerie FAVIER. DUMOULIN , prévôt.

Le chef de bataillon DUFLAN, adjoint à l'éat-major.Le capitaine MÉNARD 7 aide-de-camp dn chef de l'étatmajor général.

Le capi taine FOURN, adjoint à l'état-major général.

Le capitaine CACCIA , adjoint à l'état-major.

Le capitaine PONTlIEAUX, adjoint à l'état-major.

Le lieutenant MAESTROVICÎI, attaché à l'état-major.

Le commissaire des guerres FOURCADE , au quartier.

général.

Le médecin G UILLA UME médecin principal, idem.

Le chirugien principal MOCQUOT, idem.


Ê T A T présentant la composition des Lieutenanees (1).

j.1* Lieutenance , le lieutenant-général Cte GRENIER , commandant, ayant pour chef d'état-major l'adj aidant-commandant BAZIN DE FONTENELLE; IRB Division, le général Bn QUESNEL, ayant pour chef d'état-major, l'adjudant-commandant DUPIN.

- \84e de ligne.. 4 batail" Posthon. Vérone etVicence. ■\92e id. 4 hatail.

Position. Vérone et Vicence.. 926 id. 4 id.

(3oe 1/2 brig. pre. 4 id.

Force , 7,777 hommes, et 18 bouches à feu, dont 4 régiment aires.

3E Division , le général Bon GRATIEN, le chef d'escadron CASTEL-LABOLBENE , F. F. de chef d'état-major.

135e léger 2 hatail» 3tix id. 2 id.

Position e {Vicence,' Bassano et 42e de ligne.2 id.

PPonse~;t~on n. Castel~Franco

102e id. 2 id.

3ie i/2brig.pTe. 3 id.

Force, 8,200 hommes, et 16 bouches à feu.

2e Lieutenance ( vacante ).

ae Division , le général Cte VERDIEB.

Îge de ligne.. 4 batail.

Position. Trévise et Pordenone 35e id. 4 id.

28 1/2 brig. pre. 3 id.

Force, 7,486 hommes, et 18 bouches à feu , doat 4 régimentaires* 4e Division, le général BOIl MARCOGNET.

f 53? 4e ligne.. 4 hatail..

Position. , ,j. • > Udineet Palmanoya. jQge id. 4 id.

£ 29e 1/2brig. p*<î. 3 id.

Force, 7,189 hommes, et 20 bouches à feu, dont 4 régimentaires.

( I ) La majeure partie des généraux de brigade annoncés par le ministre de la guerre, n'était point encore arrivée à l'armée, et c'est le motif pour lequel les officiers généraux de ce grad-e-ne sont pas portés sur cette situation.


3* Lieutenalléé, le général de division Cte PINO, commandant, ayant pour chef d'état-major le colonel PAOLUCCr.

5E Division , le général GLE Palombini , ayant pdiir chef d'état-major, le colonel Caseli-a.

12e léger Italien. 1 bataitlo 1 U de ligne id. i id.

osition. Padoue et Mestre.. 28 id. 4 id.

3e id. 4 id.

Rég. Dalmate. 2 id. -

Forcé, 9,562 hommes, et 16 Louches a feu j dont déni régiment aires.

6E Division, le général de brigade Bon LECHI, ayant pour chef d'état-major le chef de bataillon Badalassi.

IVélites royaux. 1 batail.

Ire briO'. à Brescia. Ch asseurs à pied Nsition - 2. i d, à Fiume el ( s®1 e )• 4 d.

Infanterie id.. I id.

i Trieste Infanterie "d.. l id.

3e léger Italien. 4 id. 4e id. à id.

Force, 7,891 hommes, et 16 louches a feu.

R É 3 E Jl V E.

Le général de division Bon BONFANTI, le chef de bataillon Bacarini, F. F. de chef de l'état-major.

Î Batail. d'élite du P05Ítion. Montech,iaro ., Ier étranger 2 hatail.

id. du se 1 id.

Eorce i 2,469 hommes.

CVALERIE. Le général de division Bon Mermet, commandant.

Chef-d'êtat-major ( vacante. )-

(3e chas. Italien. 4 escad.

( Crémone, Lodi et 4e id. 2 id.

Poamon. nrescia. 1 Drag.dela Reine 4 id.

Bresc i a - -

19c chas. Franc, a id.

force , 1,800 hommes.

Artillerie, 12 pièces de 12^ et -4 ohusiers.

Grand parc, 6 pièces de 6 , et J* ObUiicl'l\


L'état de situation, tel qu'on vient de le voir ci-dessus, présente donc une force de 5o,574 hommes d'infanterie et de 1,800 de cavalerie.

fêtait aussi la vérité en y comprenant les conscrits qui n'étaient arrivés encore qu'aux dépôts, ou qui n'étaient pas suffisamment instruits, et quelques corps encore en marche. Mais le nombre d'hommes disponibles, et qui se trouvaient réellement au nombre des combattans était bien inférieur, et ne pouvait pas être compté au-delà. de 45 milles hommes et de j5 cents chevaux. Une simple observation confirme cette assertion. Les 9e., 55e., 55e., 84e., 92e. et 106". régimens Français; les 2e. et 5e. deligne et le 5e. léger Italiens; les Dalmates et les six bataillons de la garde avaient fait la campagne de Russie. Ces 44 bataillons y avaient péri presqu'en totalité, et même les débris de leurs cadres n'étaient pas encore arrivés en Italie. il avait donc fallu les reformer en entier par la conscription, les organiser avec un petit nombre d'officiers venus d"autres corps et âvec des sous-officiers conscrits eux-mêmes. Qu'on calcmle toutes ces, circonstances et on se persuadera facilement qu'il n'est pas possible que, dans l'espace d'un peu plus de deux mois,, depuis la réception des premiers ordres, de l'ErcL-


pereur, les cadres des bataillons ayent pu être au complet, d'hommes en état de faire la guerre, où les porte la situation ci-dessus rapportée.

Le 17 juillet, le général Grenier prit le commandement de la deuxième lieutenance, qui devint première, et porta son quartiergénéral à Udinç.

Cependant le mouvement en avant de l'armée avait commencé le 15, et il continua jusqu'à ce que les trois lieutenances fussent au-delà de l'Adige. La première lieutenance passa en entier la Piave, ayant la 4e. division derrière la ligne de l'Isonzo et la 2e. sur le Tagliamento.

La deuxième lieutenance occupa Vicence et Castel-Franco avec la ire. division, Bassano et Feltre avec la 5e. La troisième lieutenance occupa Vérone et Padoue, ayant toujours une brigade. détachée à Trieste, Fiume et Laybach.

La division de cavalerie occupa Padoue et Trévise.

La division de réserve resta à Montéchiaro.

L'armée resta dans cette position jusqu'au 7 août sans avoir fait d'autre mouvement que d'envoyer à Villach la 28e. demi-brigade provisoire ( 2e division ). Cependant le terme de l'armistice d'Allemagne approchant sans au-

.A.oÍit 1813.


cuire espérance de le voir prolonger, le Prince Vi c- e-Roi transporta, le icaoût, son quartiergénéral à Udine. L'artillerie de campagne fut mise à la suite des divisions et l'armée commença à se déployer.

Le 12, elle occupait les positions suivantes : La première lieutenance était concentrée entre Udine et Gorizia. La deuxième lieutenance entre Codroipo et St.-Daniel. La troisième lieutenance poussa la 5e. division en avant de Palmanova, et la brigade de la garde royale vint à Pordenone. La cavalerie occupa Latisana..

Pendant que l'armée d'Italie achevait ainsi son mouvement militaire, l'insurrection éclata en Illyrie. Elle était fomentée par les Autrichiens. Dans les premiers jours d'août, le Feld Maréchal lieutenantHiller était arrivé à Agram; son premier soin fut de mettre sur le pied de guerre les régimens qui se trouvaient dans la Croatie Autrichienne. Il ne manqua pasnon plus d'envoyer des agens au-delà de la Save, afin de préparer la Croatie Française à un mouvement insurrectionnel qui put faciliter son invasionA la première nouvelle de l'insurrection de la Croatie, le Prince Vice-Roi se hâta de mettre son armée en mouvement vers cette province. Il-espérait prévenir le mouvement d'invasion de l'ennemi, et prendre avec soi*


armée la ligne de la Save, appuyant sa gauche aux sources de cette rivière, avant que les Autrichiens ne fussent débouchés d'Agram.

La conséquence de ce mouvement était nécessairement la répression de la révolte des Croates. En conséquence le ^Prince se rendit en personne, le 19, à Gorizia, d'où il annonça à son armée par une proclamation, qu'une nouvelle guerre venait de se déclarer et que l'armée d'Italie était appelée à en partager les dangers et la gloire ; que les hostilités enfin étaient recommencées. « Votre discipline et 0) votre valeur, disait-il aux soldats, me sont » garants que vous soutiendrez la vieille répu» tation des corps dont vous faites partie, et » que, par de nouveaux efforts, vous contri» buerez à conquérir la paix qui n'a pu vous v être donnée ».

De Gorizia le mouvement continua le 39 jusqu'à Adelsberg. Le 20, la ire. lieutenance s'étendait de Wippach à Alpen. La 1re. division , suivant le mouvement de la droite, était en avant de Gorizia ; la 5\ division, à Tarvis.

et Villach. La 5e. division couvrait Trieste et la 6e. avait une brigade à Laybach.

Pendant que ce mouvement s"exécutait, Jes.

Autrichiens étaient entrés dans lIllyrie. L'armistice d'Allemagne étant expiré le 16 août,.

e


le 17 au matirf, deux colonnes Autrichiennes passèrent la Save à Sissek et à Agram, se dirigeant sur Karlstadt et sur Fiume. Le général de brigade Jeanin, qui était à Karlstadt, se disposait à se défendre, et fit même quelques préparatifs à cet effet. Il réussit à rompre le pont de la Koranna; mais lorsqu'il voulut couper celui de la Kulpa, qui est sur la route d'Agram, l'insurrection éclata parmi les habitans. Se voyant abandonné par les soldats Croates, qui désertèrent tous, et menacé par la populace, il fut obligé, dans la nuit du 18 au 19, de se retirer presque seul sur Fiume.

Les employés Français de l'administration d'Illyrie éprouvèrent, dans cette circonstance, toutes sortes d'avanies et de mauvais traitemens de la part des insurgés Croates, notamment M. de Contades, intendant de la Croatie civile, qui fut même en danger de perdre la vie.

Echappé , comme par miracle, il fut ensuite retenu prisonnier par le général Nugent qui ne consentit à le laisser rejoindre le quartiergénéral du Prince Vice-Roi, qu'anrès y avoir été autorisé par sa cour.

Dans la ville de Fiume se trouvait le général de division Garnier, avec 4.00 Croates et un bataillon d'élite du 48. léger Italien qu'il y avait retenu) à son passage, Ce bataillon, venait de


la Dalmatie pour rejoindre la 6e. division. Le 20 au soir, le général Garnier, se croyant menacé de près par des forces supérieures, évacua Fiume et vint prendre position à Lippa, d'où le général Jeanin rejoignit l'armée. Cependant les Autrichiens n'ayant pas paru à Fiume, le général Garnier y rentra, le lendemain.

L'insurrection que les Autrichiens avaient fomentée en Croatie, s'étendit peu à près, et par les mêmes moyens, en Dalmatie, dans le pays de Raguse et aux bouches de Cattaro, où commandaient les généraux Montrichard, Roize et Gauthier, n'ayant qu'un petit nombre de troupes Italiennes et quelques bataillons Croates qui, vu les circonstances, loin de nous être utiles contribuèrent au contraire à faciliter aux Autrichiens leurs succès dans les siéges qu'ils firent ensuite des chefs-lieux de ces trois provinces.

Le 21 août ? la force de l'armée Autrichienne,, commandée par le général Hiller, et qui s'avançait vers les frontières de l'Italie était d'environ 4o mille hommes, disposés de la manièresuivante, i5 mille hommes devant Klagenfurt, 15 mille devant Cilly, et 10 mille venant de la Croatie Autrichienne, dans la Croatie Ulyrienne, du côté de Kavlstadt et Neustadt. De


Klagenfurt et Cilly les Autrichiens poussaient des reconnaissances sur N ellmarkt-, et sur Volkermarkt et Krainburg.

A cette'époque, le Prince Vice-Roi reçut la nouvelle de ces mouyemens de l'ennemi. Réduit par la faiblesse numérique de son armée, et par l'inexpérience des soldats à une guerre défensive, dans le seul but de gagner du temps et de compléter la formation de l'armée, il ne pouvait pas penser à reprendre la ligne de la Save que l'ennemi avait déjà dépassée. D'ailleurs les plus grandes forces des Autrichiens paraissant se diriger sur Klagenfurt, il était probable qu'ils avaient l'intention de forcer les positions de Villach et de Tarvis. Ce mou- vement aurait débordé la gauche de l'armée d'Italie et ouvert par le vallon de la Drave l'accès du Tyrol à l'ennemi. Le Vice-Roi se décida donc à se porter à son aîle gauche avec les 1re., 2e. et 4e- divisions, la garde royale et une brigade de cavalerie. Le mouvement commença le même jour, en remontant 1'1sonzo par Canale, Caporetto et Pletz. La 5e. division reçut ordre de se rendre à Laybach.

Le 27 août, le mouvement était achevé. La première lieutenance ( 2e. et 4e. divisions) se réunit dans le camp retranché de Tarvis. La l,e. division se porta, par Arnoldstein, à Fin-


kenstein, pour soutenir la 3e. qui était à Federaun et Marlz. 1 Dès le 18 août, le général Gratien qui occupait la position de Tarvis avec la 5e. division , en plaça une partie par échelons dans les vallées de la Gaillitz et du Gail, jusqu'à Villach qu'occupait le 55e. leger. Le 19, les hostilités commencèrent, et les Autrichiens portèrent des troupes sur GemÜnd, Spital et Paternion. Le 21, ils firent sommer la ville de Villach, en même temps qu'ils menaçaient Arnoldstein et Federaun à revers. Cette dernière circonstance engagea le général Gratien à faire évacuer V illach le 23. Mais le lendemain, ayant appris le mouvement de l'armée, et la ire. division étant déjà arrivée à Tarvis, il fit de

nouveau attaquer Villach par le colonel Duché avec deux bataillons du 35". léger et un du 56e., dont la belle conduite leur mérita d'être cités à l'ordre de l'armée. La ville fut enlevée et l'on fit 5oo prisonniers à l'ennemi, presque tous des régimens de Hohenloë, Bartenstein et Peterwaradin. Mais le colonel Duché qui se distingua ainsi dès l'ouverture delà campagne, reçut ordre de l'abandonner encore, et revint à Féderaun. !

Le 28, le Prince Vice-Roi ayant appris que les ennemis avaient jeté des ponts à Rossek et

Première affaire de Villach.

24 Août.

D'ulième affaire <lcV illach* 28 Août.


les avaient couverts par une tête de pont à la droite de la Drave, se décida à faire attaquer Rossek et Tillach à la fois. Le Général Gratien reçut ordre de reprendre cette ville avec la 5e. division ; la ire. marcha de Reckersdorf, où elle se trouvait alors, itlr Rossek, et y battit l'ennemi qui repassa la Drave et fit sauter ses ponts. La 2e. vint à Reckersdorf soutenir le général Gratien. Ce général s'étant mis en marche de Federaun, vers 2 heures après midi avec neuf bataillons , en laissa trois en réserve aux Bains, et fit attaquer vigoureusement la ville avec les six autres. Mais elle était si bien barricadée qu'il ne put prendre que les faubourgs.

Cependant l'attaque de Rossek ayant réussi, les Autrichiens évacuèrent Villach le 29, vers 11 heures du matin, après y avoir mis le feu.

Le général Gratien en prit possession sur-lechamp , et le quartier-général s'y rendit ( 1 ).

Dans le rapport de ce général sur ces deux affaires de Villach, sont cités avantageusement le général Piat, qui avait très-bien di-

(1) Une description exacte de ce qui s'était passé dans la ville et les faubourgs de Villach pendant les neuf jours qui venaient de s'écouler, fut faite par écrit, au Prince Vice-Roi, par l'intendant de la Carinthie , M. de Charnage, qui s'était trouvé sur les lieux. Cette relation particulière est au nombre des pièces annexée* À ce précis.

A


rigé les troupes de sa brigade, le colonel Duché du 55e. léger, le chef d'escadron Castel de la Bolbene, F. F. de chef d'état-major de la 3e. division, et autres (1), notamment l'aide-decamp du général Piat, blessé mortellement au moment où, à la tête de 20 hommes armés de baçbes, il se portait en avant avec la plus grande bravoure, pour abattre les barricades qui cou- vraient les portes de la ville.

A cette époque l'armée reçut l'organisation suivante : L-' E tat-rnaj or général, le mdmè que le préL' Etat-major général, le même que le pre- cèdent, pag. 18, sauf de légers changemens en augmentation doiffciers (2) depuis le 12 août.

lre Lieutenance, le lien tenant-général Cte GRENIER , commandant.

( 1 ) Du 35e. léger. -Solmiac , chef de bataillon. Donet, adjudant-major. —Thibaut, idem. —Maire, capitaine — La Garde , capitaine. — Villemjane) lieutenant. — Platoni, sergent.

Du 36e. léger. —Beinac, chef de bataillon. -Gogué, idem. — Chabalieu, lieutenant. — Chahrier, id.

— Mallet, sous-lieutenant.

Du io36. de ligne. -Kesler, capitaine. -Noël id.

— Le Vasseur, sous-lieutenant. — Kesler, sous-lieutenant.

(2) Le général de brigade Fontanc, disponible au quartier-géneral. — Le major Pascjualis, attaché à l'étatmajor général. - Le capitaine l'rangipani, adjoint à l'état-major. — Le capitaine Hautz, idem. — Le capitaine Deverre, idem. — Le capitaine aide-de-çamp • Crotti.

«


ln Division, le général QUESNEL.

Généraux /CAMPY ■

de brigade. |^ PÉCOT, colonel

4e Division, le Général MARCOGNET. I Force,17,4o8hom».

et 38 bouc, a feu.

Généraux JDUPEYROUX .1 de brigade. (.JEANIN .)

2° Lieutenance, le général de division Cte VERDIER, commandant, ayant pour chef d'état-major l'adjudantcommandant HECTOR.

2e Division , le général Bon ROUYER. Chef d'état-major , l'adjudant commandant DEMARZY.

Généraux FSHMITZ * * ¡ de brigade. ^DARN'AUD I) 3E Division, le général Bon GRATIEN. ( Force, 16,329 tom.

I et 34 bouc, a feu.

* Généraux f PlAT I de brigade. MONTALCON, adjudant-commando 0 ) 3* Lieutenance, le général de division

de PINO.

5° Division, le général PALOMBINI.

Généraux fRUGGlEBl

de lb ri gade iG.&Ll]«ERTI

6e Division, le général BON LECHI. Force, 16,786 110m.

I et 32 bouc. à feu.

Gin éraux f Bo. LECHI, comm. la garde royale I de brigade. BEBOTTI

Réserve, le général de division BONFANTI.

Général f MAZZUCHELLI Force, 4,324 homo de brigade. J et 10 bouc, a feu.

Nota. Cette division se composait de la 25e Ip bri. pTe pt de 3 bataillons d'élite des leT et 28 étrangers.

Cavalerie, le général de division MERMET.

Général fPERREYMOND 1 Force, 2,312 boni.

de brigade. y et 12 bonc. à feu.

Total, 57,15g (1).

(i ) Dans cette situation sommaire se trouve comprise la force particulière de plusieurs corps destinés pour Parmée mais qui ne l'avaient pas encore rejointe,


Dans les derniers jours d'août la deuxième lieutenance occupa Villach et Federaun." la 1re division , St.-Martin et Rossel; la 4e. Wurtzen. Le général de brigade, BOD. Gifllenga" aide-de-camp du Prince Vice-Roi fut envoyé avec un parti à Paternion pour observer l'ennemi de ce côté.

Pendant que cette disposition avait lieu à l'aile gauche de l'armée, l'ennemi continuait son mouvement contre la droite. De Neustadt il poussait des reconnaissances à Weichselburg.

Le corps campé à Frautz, sur la route de Cilly, envoyait des/partis au pont de TchernutzrLé 27, les Autrichiens prirent possession de Fiume, que le général Garnier avait évacué la veille, pour se retirer aSchapiane. Le 29, ce général se retira a Matéria.

..Le 26 août, le général Pino qui venait d'arriver à Laybach, avec la 5e. division , fit partir de cette ville la brigade Belotti, pour prendre positionsur le. mont Léobel. Ce général attaqua le 29 les retranchemens que l'ennemi avait élevés sur cette montagne; mais ayant été repoussé, il se replia le même jour

quoiqu'ils fussent déjà en Italie ; elle comprend en outre les hommes non instruits et non habillés, ou qui étaient en marche pour rejoindre. On voit facilement par-làcomliîn il faut en ôter lorsqu'il s'agit de combattre.

sur


sur Ste.-Anne et le lendemain à Krainburg.

Pour couvrir le mouvement du général Belotti dans lé Leobel, le Prince Vice-Roi avait ordonné au Cte Pino de pousser sur la route de Neustadt, une reconnaissance de sept bataillons et deux escadrons. Mais le 5o, le général Belotti fut attaqué à Krainburg, et dans la nuit, craignant d'être coupé, il évacua la ville et se retira à Zwischenwasser. Le général Pino ayant appris la perte de Krainburg, rappela sa reconnaissance et se concentra à Laybach, faisant occuper le pont de Tchernutz par la brigade Belotti. Ce mouvement Centrait point dans les vues du Prince Vice-Roi, mais il était effectué, et S. A. I. donna, le 5i, l'ordre au général Pino de faire occuper Lohitsch par trois bataillons et attaquer Krainburg par la brigade Belotti. Cette attaque réussit, et ce général s'établit, le a septembre, à Krainburg avec le 3e. léger Italien.

Le général Pino cite comme s'étant distingués dans cette attaque le chef de bataillon Olivier et le capitaine de voltigeurs Sciel, du 5e. léger, ainsi que le sous-lieutenant Gatti, du 3e. de chasseurs à cheval Italien, qui eut un cheval tué sous lui.

Le mouvement que les ennemis avaient fàit sur Krainburg, semblait indiquer de leur part

Affaire de KrainLurg.

3o Août et a septembre-

Septembrei i8i3.


Je projet de se rendre maîtres du vallon de la Haute-Save, et, en coupant ainsi la communication entre les deux premières lieutenance et la troisième, obliger l'armée d'Italie à se replier derrière l'Isonzo et les Alpes Juliennes.

Afin de s'assurer du passage de la Drave, qu'ils avaient perdu par la prise de Villach et de la tête du pont de Rossek, ils avaient élevé des retranchemens considérables à Feistritz, sur la Drave. De ce point, ils pouvaient se diriger droit sur Arnoldstein et Tarvis, ou entrer dans , le vallon de la Save. Le Prince Vice-Roi se décida en conséquence à étendre la première lieutenance vers Krainburg, afin de la mettre en communication avec la troisième, et faire attaquer les retranchemens de Feistritz.

Le 5 septembre, la 4e. division se mit en mouvement de Wurtzen, sur Assling et Krainburg. Le quartier-général et la garde royale se portèrent à Wurtzen. Le général Grenier reçut l'ordre de se mettre en marche sur Feistritz avec la ire. division et la ire. brigade de la ac., faisant prendre position à Hartz à la seconde brigade. La 5e. division resta à Villach.

A l'extrême droite, la brigade Ruggieri occupa Adelsberg.

Le 5 septembre, la 4e. division était arrivée à Neumarkt, Vigaun et sur le Leobel. Le


Prince Vice-Roi ordonna au général Grenier de faire attaquer le lendemain Feistritz.

Ce général fit de suite ses dispositions pour l'exécution de cet ordre. En conséquence la ire. division (Quesnel) se mit en mouvement le 6 septembre, du camp de St.-Jacob,

pour déboucher sur deux colonnes. Celle de droite, commandée par le général Campi, et composée de trois bataillons de la 5oe. demibrigade provisoire , du 92e. de ligne et de l'artillerie régimentaire du 84e., se dirigea sur Malschack. Arrivé en cet endroit, le général Campi y dut laisser en réserve un bataillon du 92e. avec les deux pièces d'artillerie; cette réserve devait établir des postes sur le ravin de Feistritz, afin de couvrir le flanc de la colonne.

Celle-ci continuant sa marche par Aitonisch, Prasinger et l'habitation de Storing, laissa à ce dernier poste un autre bataillon en réserve.

De Storing la colonne gagnant le chemin qui conduit de Bleyberg à Feistritz, se porta sur les hauteurs qui dominent ce dernier lieu, et prit position à Sampretsch et Oliptelschidolo, se préparant à l'attaque.

La colonne de gauche, commandée par le général Quesnel, et composée du 84e. régiment, d'une demi-batterie d'artillerie à pied, du régiment de dragons de la Reine, et d'une

Affaire de Feistritz.

Le ôseptemb.


batterie d'artillerie à cheval, se mit en mouvement immédiatement après la colonne de droite, et fut prendre position à Schwitzchach en se couvrant de l'artillerie ennemie jusqu'au moment de l'attaque. Le général Quesnel se mit en communication avec le poste de Malschack par des postes intermédiaires. Avant de passer le second ravin, le général Qaesnel fit fouiller le bois qui le borde et en fit chasser les postes ennemis; ensuite il plaça dans la partie de ce bois qui s'étend à gauche vers la Drave, un bataillon du 84e., afin d'éclairer les mouvemens de l'ennemi à la rive gauche.

La brigade du général Schmitz, de la 2e. division , s'étant mise en mouvement du camp St.-Jacob, à 9 heures du matin, immédiatement après la ire. division, suivit la même direction , et fut établie en première position sur la lisière du bois, en avant du second ravin. Sa droite appuyait à la gauche du général Quesnel, et sa gauche s'étendait vers la Drave.

Un bataillon de cette brigade releva à gauche celui du 84e., qui rejoignit son corps.

Le général Quesnel établit le 84e. régiment en deux lignes, jetant des tirailleurs dans le ravin au-dessus d'Ober-Feistritz, afin d'arriver sur la rive droite, au-dessus desretrancbemens


ennemis. Le général Schmitz, sous les ordres du général Rouyer, après avoir également établi ses troupes sur deux lignes, devait tâcher de s'emparer d'Oberet deMittel-Feistritz, et placer des troupes dans les maisons de ces villages, d'où elles pouvaient tirer à couvert sur les cannoniers ennemis, dans leurs retranchemens mêmes. Cette attaque devait être secondée par l'artillerie des deux divisions qui devait, en éteignant le feu des batteries ennemies, faciliter aux troupes le passage du ravin et l'abord des retranchemens.

Toutes les dispositions prescrites eurent leur exécution ; la brigade seule du général Campi n'en avait point reçu d'absolues, et cela par sa position qui était la clef de l'attaque. Tout dépendait des mouvemens de ce général, et ces mouvemens pouvaient varier en raison de la marche des autres attaques. La brigade Campi, placée à l'extrême droite, devait nonseulement appuyer les mouvemens des autres troupes, mais encore les seconder en attaquant l'ennemi à revers. Elle même se trouvait à l'abri des attaques de l'ennemi qui ne pouvait venir à elle que par des défilés.

Pendant la marche des colonnes, le Prince Vice-Roi avait fait diriger, par les montagnes, plusieurs colonnes de chasseurs à pied de la *


4e. division, qui repoussèrent les postes ennemis, et contribuèrent au succès de la journée , en facilitant sur-tout la marche de la brigade Campi, qui remplit parfaitement l'objet auquel elle était destinée. Un bataillon du 35e. de ligne avait été placé au camp St.-Jacob, avec ordre de pousser de fréquentes patrouilles le long de la Drave, depuis le pont de Rossek, jusqu'à Maria-Elend, et de porter deux compagnies sur le plateau de ce village, où se trouvait la réserve d'artillerie de la Ire. division.

A trois heures après midi, le général Campi ayant attaqué l'ennemi à revers avec une partie de ses troupes, l'action fut également engagée sur le front de la ligne par le 84e. et la brigade Schmitz. Quatre bataillons de la brigade Campi, parvinrent à tourner, par la droite de l'attaque , la principale position de l'ennemi. La résistance des Autrichiens fut vive ; ils essayèrent même de faire diversion en plaçant à la rive gauche de la Drave de l'artillerie pour prendre l'attaqua en flanc, mais cette artillerie fut obligée de se reti rer, et les retranchemens furent enlevés sur tous les points. Une partie des troupes Autrichiennes s'étant retirée dans le château de Feistritz fut obligée de se rendre à discrétion.

Pendant le mouvement de la colonne dtl


général Schmitz, elle eut d'abord à combattre l'ennemi sur la hauteur à la droite de Schwitschach, où un bataillon du 84e. se trouvait fortement engagé. Ensuite il lui fallut attaquer le cimetière de l'église Sainte-Croix et une redoute placée à mi-côte du grand ravin de Feistritz Le chef de bataillon Fonvielle, du 7e. de ligne (28e. -1 brigade provisoire ), reçut ordre de passer avec son 3- bataillon de droite derrière la ligne des tirailleurs, et de tâcher de s'emparer de la redoute. Le chef de bataillon Charrier avec le 4e. bataillon du 9e. de ligne, se porta sur la ligne des tirailleurs pour protéger le mouvement, que le major Bruyère devait surveiller avec le restant de la 28e.

brigade provisoire. La redoute fut enlevée après une assez faible résistance, et la garnison passée au fil de l'épée.

Aussitôt que l'ennemi posté au cimetière de Sainte-Croix , vit que le chef de bataillon Fonvielle avait dépassé le grand ravin, il abandonna son poste en se retirant vers le château d'Ober Feistritz. Le général Selnnitz s'étant mis à la tête de la 4e. compagnie de grenadiers.

du ge. de ligne, et de son peloton de réserve, s'avança au pas de charge sur le château , soutenu par le 84e. de ligne, qui était en colonne serrée, appuyé au coteau. La droite du château


d'Ober Feistritz se trouva garnie d'abatis, qui arrêtèrent pendant quelque temps le général Schmitz sous un feu très vif, partant de toutes les croisées, et de tous les endroits qui en offraient les moyens. Ayant cependant découvert un petit passage à sa droite, il y fit défiler quelques hommes, pour tourner le château espérant obliger par là les Autrichiens à l'abandonner. Mais, ceux-ci s'obstinant à se défendre, malgré diverses sommations, le général Schmitz ordonna d'y mettre le feu, ce qui fut exécuté. Alors les ennemis se rendirent au nombre de cent douze hommes, dont quatre officiers.

* Le pont du ravin ayant été débarrassé, par le 84e. de ligne, des barricades et des chevaux de frise que l'ennemi y avait placés, les tirailleurs des 7e. et ge. régi mens furent lancés dans le camp ennemi. Le 84e. suivit ce mouvement et traversa la plaine en colonne serrée, appuyant les tirailleurs par quatre pelotons en masse. Arrivées dans cet ordre au premier village, qui est Steindsdorf, les troupes de la 28. division prirent position en arrière du ravin qui couvrait la première position de l'ennemi. Celui-ci s'appercevant que ces troupes ralentissaient leur feu et rappelaient leurs tirailleurs, reprit courage et se reporta en avant.


Mais le général Schmitz appuyé par une partie du 84e., reprit de suite l'offensive, et l'ennemi fut repoussé jusques au-delà du village de Saint-Jean. Là, il engagea une vive fusillade avec un bataillon de la brigade Campi, qui était descendu de la montagne pour précipiter la retraite des Autrichiens. Pendant ce temps deux bataillons du ge. de ligne étant placés en avant de Schwitschach , et ayant devant eux la 2e. compagnie de voltigeurs du même régiment, en tirailleurs dans la plaine, cette compagnie fut chargée par un escadron de hulans.

Elle reçut et soutint la charge avec la plus grande intrépidité; on vit des voltigeurs attendre de pied ferme les hulans, et en tuer les chevaux à coups de baïonette.

A cinq heures après midi, et nonobstant la plus forte pluie, la position et les retranchemens de Feistritz étaient complètement enlevés, et le général Grenier, à la grande satisfaction du Prince Vice-Roi, avait rempli entièrement le but que S. A. I. s'était proposé.

Toutes les troupes combattirent avec la plus grande valeur ; les jeunes soldats qui voyaient le feu pour la première fois, se comportèrent toute la journée comme d'anciens et braves militaires, et sur la fin même de l'affaire rendirent nuls les efforts de plusieurs bataillons


de grenadiers Hongrois, envoyés au secours du corps déjà battu. Parmi les officiers qui se distinguèrent, on remarqua plus particulièrement les généraux Campi et Schmitz, le colonel Pégot, du 84'.et le chef de bataillon Fonvielle du 7e. de ligne.

La perte de l'ennemi se monta à 35o hommes tués, et un plus grand nombre de blessés; on lui fit 5oo prisonniers. Nous perdîmes 60 hommes tués, parmi lesquels le brave chef de bataillon Charrier, du 9e. régiment d'infanterie de ligne , qui fut vivement regretté , et nous eûmes environ 5oo blessés.

Il est dit dans le rapport du lieutenant général comte Grenier au Prince Vice-Roi sur cette affaire glorieuse, que le général Quesnel rendit des services importans à la tête de sa division, et que le général Schmitz, blessé légèrement, contribua beaucoup au succès de la journée , et il demanda pour eux un avancement dans la légion d'honneur, ainsi que l'admission dans cet ordre, ou un grade supérieur pour ceux qui en étaient déjà décorés, en faveur des officiers et autres militaires de tout grade qu'il désigna de même, comme s'étant particulièrement distingués (ï).

(1) L'adjudant commandant Bazi n de lontenelle, chef d'état-major de la première lieuteuaace,. Padjudaat


Le 7, la communication entre la première et la quatrième divisions fut rétablie par IcLeobel.

Le 8, le quartier général de l'armée étant à Krainburg, l'ordre fut donné au général Be-

*

commandant Morizot de Marzy, chef d'état-major de la 2". division, le chef d'escadron Italien Frangipani , qui fit preuve d'une bravoure remarquable: il fut griève.

ment blessé.

Du 7*. régiment de ligne, -r- Fonvielle, chef de bataillon , déjà cité. — Savary, adjudant-major. — Pelletier , sous-lieutenant de grenadiers. - Dujour, sergent. Gaillard, caporal. — Borel, grenadier. — Bonnardel, fusilier.

Du g", régiment de ligne. — Fleury de Villier, adjudant-major. — Fatou, adjudant-major. -Savard, capitaine de grenadiers. - Deperetti, lieutenant.—Parmentier, capitaine de voltigeurs. — Chausson, idem.

Couilbeau, sergent. — Pratz, caporal. — Pertuis , volti geur.

Du 52e. régiment. -Didelot, sergent-major. -Guinet , fusilier.

Du 84e. régiment d'infanterie de ligne. -Trauné , chef de bataillon. —Durand, idem. — Schlosse, idem.

-Stareck, adjudant-major. -Peyroully, capitaine. —

Labuclie, idem. - Métion lieutenant. - Lambert, id.

— Roussel, sous-lieutenant. — Louvat, idem. - Le Gouge, sous-lieutenant. - Delchef, idem. — Le Rat

idem. — Angaut, sergent de grenadiers. — Daumer, caporal de grenadiers. — Pillet, grenadier. — Huguenard, voltigeur. — Badet, chirugien major.


lotti, qui s'y trouvait avec sa brigade, de se diriger le même jour sur le pont de Tcherniitz et de Foccuper en étendant.ses troupes jusqu'à Saloch. Le généralPalombini avait reçu l'ordre de se porter avec la brigade Galimberti, en avant de Saint-Marein, sur la route de Wei ch sel- burg; mais les rapports que le Prince ViceRoi reçut de la marche de l'ennemi sur Trieste, et de l'évacuation de cette place, lui firent changer de disposition. Le général Palombini dut se porter avec la brigade Ruggieri sur Adelsberg, et de là, marcher à Lippa pour en chasser l'ennemi ; la brigade Galimberti ne devait plus envoyer qu'une reconnaissance de deux bataillons à Sairit-Marein. Cependant le général Belotti, au lieu de suivre le cours de la Save pour arriver au pont de Tcherniitz et de se couvrir de la chaîne des coteaux qui bordent cette rivière, et qui auraient pu masquer son mouvement, voulut chercher plus à gauche un meilleur chemin. Cette imprévoyance le conduisit à la vue des camps ei>^ némis de Stein et de Stol. Attaqué à Fimproviste par un corps Autrichien, et à peu près surpris , il fut fait prisonnier avec la plus grande partie du 5e. léger Italien et les deux pièces régimentaires. Cette circonstance fit prendre au général Pin- qui se croyait me-

Le général Belotti est fait prisonnier.

8 Septembre.


nacé de front par des forces ennemies imposantes, la disposition de suspendre le mouvement de la brigade Ruggieri. Alors le Prince Vice-Roi se décida à faire marcher sur Lippa toute la 5e. division, et à étendre son armée en prolongeant le centre jusqu'à Laybach.

Le mouvement de la 5e. division sur Lippa, commença le 10, et le même jour le Prince Vice-Roi établit son armée derrière la Drave et la Save dans l'ordre suivant : La deuxième lieutenance fut chargée de la défense de la Drave, appuyant sa gauche à Paternion, et sa droite à Feistritz, ayant deux bataillons à Villach et son quartier-général à Finkenstein.

La première lieutenance fut chargée de la défense de la haute Save. La Ire. division fut établie à Krainburg et Neumarkt, ayant deux bataillons en avant du Leobel. La 4e. division fut placée devant Laybach, occupant le pont de Tchernütz.

Le 11, le Prince Vice-Roi eut son quartier général à Laybach. Cependant, l'ennemi depuis quelques jours faisait des mouvemens dont il importait au Prince Vice-Roi d'avoir une connaissance exacte. Ces mouvemens portaient particulièrement sur l'aile droite de l'armée d'Italie, devant laquelle l'ennemi pa-

Affaire de StMarein.

Le 12 septemb.


raissait se renforcer de jour en jour, tandis • qu'il se dégarnissait au centre. Les reconnaissances poussées de Krainburg et de Laybach '• vers Cilly, ne rencontraient que des postes asiez faibles, tandis que celles dirigées sur Weichselburg et sur Lippa, se trouvaient arrêtées par des forces majeures. L'attention du Prince Vice-Roi devait donc se porter sur Weichselburg et Lippa, afin d'éclairer les manœuvres de l'ennemi sur sa droite et le chasser au moins de ce dernier poste. Tel fut le motif des fréquentes reconnaissances que le Prince Vice-Roi fit faire sur Saint-Marein, et de l'obstination qu'il mit à y tenir une avant-garde.

Le 12, le prince fit marcher quatre bataillons, de la garde royale , avec de l'artillerie, sur Saint-Marein, où était resté un des deux bataillons envoyés en reconnaissance par son ordre. Il y eut le même jour un engagement où la garde eut du désavantage. Le i3, elle fut attaquée par l'ennemi, et les avant-postes ayant été surpris, elle perdit quelques hommes tombés au pouvoir de l'ennemi, notamment le colonel Clément, de l'artillerie, etdeux pièces de canon. Alors, le Prince ayant laissé le 53e. régiment au pont de Tchernutzy fit marcher à Saint-Marein le reste de la 4e. division. L'ennemi s'en était déjà retiré, et la colonne poussa


en avant jusqu'à Weicliselburg, où la garde royale resta en position; la 4e. division retourna devant Laybach : mais, la garde royale ayant été de nouveau attaquée le 16, et repoussée , le Prince Vice-Roi se vit obligé de porter sur ce point une force majeure pour s'opposer au mouvement que l'ennemi paraissait vouloir faire.

Le 17, la 4e. division marcha de nouveau sur Saint-Marein où elle prit position; elle y fut jointe par le 55e. régiment, qui avait été relevé au pont de Tcherniitz par une brigade de la ire. division.

Pendant ce temps, le général Pino avait achevé son mouvement avec la 5e. division.

Le l4, le corps Autrichien commandé par le général Nugent fut attaqué à Lippa, et battu avec perte de 5oo hommes tant tués que blessés , un canon et 200 prisonniers, la notre fut de 200 hommes hors de combat. Le 15, la brigade Ruggieri marcha sur Fiume et en chassa encore l'ennemi, à qui elle prit deux canons.

Les Anglais, qui étaient à Fiume, se sauvèrent sur leur vaisseau en rade de Fiume, à la vue de nos baïonnettes. L'Archiduc Maximilien se trouvait avec le général Nugent : après cette affaire, le général Pino ayant laissé le 2e. de ligne Italien devant Lippa, et envoyé le 5e. de

Affaires de Lippa et de Fiume.

14 et 15 septeniLre.


ligne Italien sur Trieste, revint avec le reste de la 5e. division à Adelsberg.

Le général Palombini fut cité à l'ordre de l'armée pour ses bonnes dispositions dans cette journée, où il soutint la belle réputation qu'il s'était faite dans la guerre d'Espagne. Il y fut, aussi, fait mention du colonel Paolucci, dont la conduite distinguée lui mérita le grade de général de brigade ; il fut grièvement blessé.

— Le général Ruggieri, et sous ses ordres, les chefs de bataillon Lerizzi et Federigo furent désignés dans le rapport du général Pino comme ayant attaqué la position de Lippa avec une intrépidité et une intelligence dignes du plus grand éloge. Le général Perreymond, comme ayant fait une belle charge à la tête du 5e. de chasseurs à cheval Italien.

Le 16, le général Pino, vu le mauvais état de sa santé, demanda et obtint de quitter l'armée; il fut remplacé par le général Palombini.

Pendant que ces événemens se passaient au corps principal de l'armée, la division de réserve commandée par le général Bonfanti, avait quitté Montechiaro pour se rendre à Trente, où elle fut réunie du 8, au 12 septembre. Presque en même temps, un corps de troupes Autrichiennes enleva, £ Muhlbach, la compagnie de voltigeurs du 1." étranger qui y avait

A ffi-ire en Tyrci.


avait été postée, et marcha sur Botzen. Ca mouvement causa quelques alarmes à Trente, qui fut abandonné momentanément. Peu de jours après, le Prince Vice-Roi fit remplacer le général Bonfanti par le général Gifflenga dans le commandement de la réserve du Tyrol.

Le Prince Vice-Roi se voyant menacé par sa droite, devant laquelle l'ennemi rassemblait des forces considérables à Cilly et Neustadt, et ayant également appris que les Autrichiens manœuvraient en force devant Villach, dans le dessein apparent de passer la Drave, jugea sa ligne trop étendue pour laisser l'armée dans l'organisation où elle était ; il y apporta en conséquence les changemens qui résultent de la situation suivante, par laquelle on voit qu'au lieu de trois lieutenances, il la divisa en deux corps.

ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL.

S. A. I. LE PRINCE VICE-ROI D'ITALIE, général en chef.

Le général de division Cte VIGNOLLE., chef de l'étatmajor général.

Sous-chef de l'ctat-major, l'adjudant commandant MORIZOT DE MARZY.

Le général de division Bou S.-LAURENT, commandant l'artillerie, ayant pour chef d'état-major le major d'artillerie RAVTCHIO.

Le colonel MOYDIER, commandant le génie.

Le capitaine PHILIBERT , F. F. de chef d'état-major de cette arme.

Le sous-inspecteur chevalier PRADEL DE S.-CHARLES, F. F. d'inspecteur aux revues.


Le commissaire ordonnateur REGNAULT, ordonnateur en chef.

Le général de brigade FONTANE, commandant du quartier-général Les autres officiers comme par le précédent état.

É TA T présentant la composition des deux corps.

5* ORGANISATION.

Corps de droite , commandé par le Prince VicE-Roi, en personne.

1" Division , le Général BOU QUESNEL.

commanllans I Gai. LECHI, comm. la Garde-royale.

de brigades PEGOT , colonel 4E Division, le Général Bon MARCOGNET. I Comman-lans f DUPEYROUX.. •

de Brigades. i JEANIN I 5e Division le Général Cte PALOMBINI. Force,23,834 hom.

- - et 70 bouc, a feu.

Command, ans € RUGGIERI I et 70 bolic. a fe".

de brigades. t GALIMBERTI I CAVALERIE.

Le Général de Division Bon MERMET. 1 PERREYMOND, général de brigade.

Corps de gauche commandé par le Lieutenant-Général Cte GRENIER.

ae Division, le Général Bon ROUTER.

Commandans f SHMITZ de brigades. DARNAUD.

3e Division, le Général Boa GRATIEN. i Commandans PIAT.

de brigades. fMoNTFALCON, adjud-commaud I Force,23,372 homo V et 5obouc. à feu.

BRIGADE DETACHEE. F 50 b ouc. à feu.

6e Division, le Général de brigade I Bou GIFFLENGA. 1 CAMPI.

MAZZUCHELLI

¡.'cfa. La Garde royale, comme la situation précédente.


Le général Cte Verdier devait se rendre au* quartier-général à la disposition du Prince Vice-B oi.

Peu de jours auparavant ce général avait détaché à Saint-Hermagor le général Piat avec quelques troupes pour s'opposer au mouvement que les Autrichiens faisaient de ce côté.

Les ennemis s'étant étendus, par leur droite, dans le vallon de la Drave, jusqu'au-delà de Spital et Sachsemburg, s'étaient rapprochés de l'aîle gauche de l'armée qu'ils débordaient, et qu'ils menaçaient de tourner en s'emparant de Tarvis. Le général Piat fut attaqué le 16 à Saint-

Hermagor, que l'adjudant commandant Hector avait repris le 12 sur l'ennemi, par des forces trés-supérieuies -et battu sur ce point avec quelque perte. Les Autrichiens ayant passé le même jour la Drave à Rossek, le Général Verdier se voyant menacé de deux côtés, jugea à propos de retirer à lui les troupes qui occupaient Villach et Paternion, et qui pouvaient se trouver compromises. Il concentra toutes ses -troupes entre Arnoldstein et Regersdqfff. Se trouvant pri vé-de communication avec le corps de droite par la retraite des postes de correspondance qui étaient à Assling, Wurtzen et Weissenfeldj il nq pouvait pas savoir si la colonne ennemie, qui avait passé la Drave à

Affaire de S.-Hermagor.


Rossek et qui n'avait point renionté le G ail, ne s'était pas jetée dans le vallon de la Haute-Save.

Il craignit donc d'être tourné par Wurtzen, et se,décida à commencer son mouvement de retraite sur Tarvis. Mais, dans ce moment, le général Grenier qui se rendait à l'aile gauche pour en prendre le commandement, l'ayant prévenu que la brigade du général Campi occupait le vallon de la Save, entre Neumarkt et Assling, il rappela les troupes qui étaient en marche, et reprit sa position à Arnoldstein et Regersdorff.

Le Prince Vice-Roi avait décidé d'attaquer le 21 le corps Autrichien qui était à S.-Marein, en face de la 4e. division. Ce mouvement devait être appuyé par la 5e. division, qui devait

se porter d'Adelsberg sur Zirknitz et Studentz. Mais le corps ennemi de St.-Marein, favorisé parun fort brouillard qui ne se dissipa que très-tard, s'était retiré de grand matin.

La 4e. division dépassa St.-Marein et prit position a Grosslup. Le lendemain, le général Jeanin avec deux bataillons et un escadron du 19e. de chasseurs s'avança jusqu'à Weichselburg, où il prit position, envoyant des reconnaissances sur Posendorff. Pendant ce temps le général Palombini qui occupait Zirknitz et Studentz, avait envoyé à Obergurk le général Perreymond avec deux bataillons et un esca-

Reconnaistance sur Wei« hselburg.

Le 22 septemb.


dron. Les troupes ennemies qui étaient devant le général Jeanin se voyant menacées de front et en flanc, prirent le parti de se retirer ,.d'un côté sur Treffen et de l'autre sur Littay : on lèur fit quelques prisonniers du régiment Franzcarf. Le 23, la 4e. division se replia sur St.-Marein ..où elle prit position ; la 5e. division resta à Zirknitz et Studentz, et le général Per- reymond fut placé en avant de Gros Lachitz.

Le 26, une colonne autrichienne d'environ 5 mille hommes vint attaquer la tête du pont de Tchernütz" qui était défendue par un bataillon du 84e. de ligne Français, un du 3e. de ligne Italien et 100 chasseurs à pied de la garde.

Après quatre heures de combat, et sans avoir obtenu un seul instant le moindre avantage., l'ennemi fut contraint à la retraite avec perte au moins dé 4oo hommes , à en juger par le nombre de ses morts et celui de ses blessés qu'il abandonna sur le champ de bataille, et le grand nombre de fusils. et de gibernes que nos soldats ramassèrent.

Nous eûmes 1% hommes tués et 76 blessés, parmi les premiers, le capitaine de grenadiers Lecarlé, du 84e. régiment, vivement regretté ril s'était distingué.

Le général Fontane qui commandait sur ce point , ou s'était transporté de suite, de Lay-

Affaire de Tcherniitz.

Le 25 septeml.


Bacli le Prince Vice-Roi, cita avec éloge, dans son ra pport sur cette affaire, plusieurs officiers, sous-officiers et soldats qui se firent plus particulièrement remarquer par des preuves de leur bravoure et de leur dévouement ( i ).

La satisfaction particulière du Prince, de la belle conduite des trois corps qui combattirent dans cette occasion, fut honorablement exprimée à ces derniers, par l'ordre de l'armée.

Parmi les troupes Autrichiennes qui avaient fait cette infructueuse attaque se trouvaient plusieurs bataillons des régimens d'infanterie de Lusignan, de Chasteller et de Landverth.

La brigade du général Campi, en conséquence de la dernière organisation de l'armée et des mouvemens de l'ennemi sur sa gauche y avait quitté sa position entre Neumarkt et Assling, et appuyant la droite à cette dernière place, s'était étendue sur la Haute-Save , jns-

(i ) Le capitaine aide-de-camp Ménard. — Le capitaine Ruelle du 84e régiment (blessé). - Le lieutenant Debost, idem. —Le lieutenant Mitouflet, idem. - Le lieutenant Postelle, idem. -Le sous-lieutenant Luigetti, du 3e. de ligne Italien.

1er. Bataillon des chasseurs de la garde royale. - Le capitaine Grella. — Le capitaine Gobbis. — Le capitaine Stella — Le lieutenant adjudant-major Valesini.

Les souslieutenans Saccani, Chiusonc, Rem, Brasile.

— Les voltigeurs Pasciuti et Sella.


qu'à Wurtzen. Le a3, ce général fut attaqué à Assling, et forcé de se concentrer à Wurtzen.

Les Autrichiens, à la faveur des nombreux passages que les Alpes juliennes offrent entre Tarvis et St.-Hermagor, inquiétaient journellement les postes que le général Grenier avait établis pour garder les débouchés à sa gauche; celui de Ponteba fut m ême enlevé par un parti ennemi. D'un autre côté, le corps Autrichien de Klagenfurt, qui se trouvait maître des passages de la Drave entre Hohlenburg et Rossek, se mit en mesure de profiter de la lacune qui existait entre le corps de droite et celui de gauche, que les circonstances avaient forcés à se concentrer, c h acun à l'extrémité de son aîle. Cette lacune laissait à découvert tout l'intervalle compris entre Krainburg et Assling. Des colonnes ennemies assez considérables se portèrent sur Krainburg, Neumarkt et Ratmansdorff, menaçant de pénétrer en Frioul par Tulmino.

Il était impossible à l'armée d'Italie de réunir assez de forces à Krainburg, pour rejeter de ce côté l'ennemi derrière la Drave, sans dégarnir et- peut-être compromettre les passages qui devaient, en cas d'événement, servir à la retraite de l'armée. Il était encore à craindre que les Autrichiens qui paraissaient


menacer en force la 5e. division ne parvinssent à forcer le poste d'Adelsberg, circonstance qui aurait fortement compromis l'aile droite. A ces motifs qui ont pu influer sur la détermination du Prince Vice-Roi, il s'en joignait un dernier d'un intérêt majeur, et dont les conséquences étaient trop importantes pour être négligées. Les plus fortes raisons portaient à croire que la Bavière était au moment de se détacher de l'alliance de la France. La conduite de cette puissance, depuis la reprise des hostilités, avait eu pour base une neutralité plus nuisible qu'utile. L'armée bavaroise, qui se trouvait aux frontières de l'Autriche, était restée dans l'inaction, et aucun mouvement n'avait été fait pour arrêter ceux des Autrichiens, qui s'avançaient en force par les vallons de la Drave, vers le Tyrol. L'instant où la Bavière se détachait des intérêts de l'Empire Français, était celui où le cœur du Royaume d'Italie allait se trouver menacé. L'armée d'Italie se trouvant alors plus éloignée du HautAdige , que l'ennemi, aurait couru bien des dangers, même pour repasser le Pô vers son embouchure , et se mettre à. a merci d'un allié - infidèle., qui déjà négociait sa défection. Le Vice-Roi se décida donc à faire un premier pas r étrograde, et à se rendre plus maître de ses


mouvemens , en mettant entre lui et l'ennemi les défilés qu'il avait à passer pour rentrer en Italie. Les dispositions furent prises pour que l'armée vint occuper la ligne de l'Isonzo.

Le 25, en même temps que les Autrichiens faisaient une tentative sur le pont de Tcherniitz, ils attaquèrent le général Perreymond à GrosLaschitz. Ce général fut forcé d'abandonner cette position et de se replier sur la 5e. division, qui, elle-même se vit obligée de se concentrer à Zirknitz. Le surlendemain, le général Palombini fut lui-même attaqué à Zirknitz et forcé de se replier à Manitz, après avoir perdu un bataillon du 2e. léger Italien. Le 28, il prit position à Adelsberg. Il exprima son mécontentement de la conduite du 4e. léger dans ces différentes affaires, et donna des éloges à celle des 1er., 5e. de ligne et 3e. léger, ainsi que du piquet de chasseurs à cheval qui, vaillamment commandé par le lieutenant Viceré avait, dans des momens importans, vigoureusement chargé et constamment repoussé les hussards ennemis.

le Le général de brigade Galimberti, le chef d'escadron Molinari, le capitaine de Lahage, de l'état-major, et les chefs de bataillons Olivier et Rossi, du 3e. léger, furent cités avantageusement. to' - f

L'artillerie avait parfaitement soutenu le

Affaire de Zirknitz.

Le 27 septewb.


mouvement rétrograde, dans lequel, quoique très-inférieur en forces, on combattit l'ennemi pendant trois jours consécutifs, en lui disputant le terrain pied, à pied et ne faisant en retraite que trois lieues par jour, au plus. Le corps Autrichien auquel on eut à faire, était fort de 7 mille hommes environ, et composé presque en entier de Croates, commandés par le général Chocovick.

Le 27, l'ennemi attaqua, avec vigueur et le double de forces des notres, tous les avantpostes de la division Rouyer à Regersdorff, sans doute dans le dessein de faire une reconnaissance sur toute la ligne que cette division occupait; mais malgré tous ses efforts et les quatre pièces d'artillerie qu'il avait placées au-delà du ravin , en avant du village de St-Léonard, et qui tirèrent presque toujours à mitraille, il ne put déboucher dans la plaine, et fut repoussé avec perte sans avoir rempli son but. La conduite du major Bruyère, qui commandait les avant-postes, mérita des éloges ainsi que celle du capitaine de voltigeurs la Roche et du sous-lieutenant Bornier, du 7e. régiment d'infanterie de ligne, qui furent grièvement blessés. Le capitaine Bonnet, des voltigeurs du ge., le capitaine Dufrasne, des voltigeurs du 55e. et le lieutenant Zindel furent


également cités avantageusement le même jour.

Le même jour la 4e. division quitta sa position de St.-Marein pour venir à Ober-Laybach.

Le quartier-général s'y était déjà rendu de ; Laybach, après avoir laissé dans le château de cette ville, une petite garnison, composée en ; grande partie, de convalescens, commandés par le colonel Leger, qui se rendit lorsqu'une plus longue résistance se'trouvait sans obj et.

La brigade Pegot, ire. division, fit l'arrièregarde. Le même jour l'ennemi s'étant porté en force sur Trieste, le général de division Fresia, commandant en Illyrie, évacua définitivement cette place, a près avoir laissé une petite garnison dans le château, sous les ordres du colonel Rabié, qui capitula, le ag octobre > suivant, après une belle défense.

M Le corps de droite continua son mouvement rétrograde par échelons. Les Ire. et 4e. divisions suivirent la grande route de Gorizia, par Adelsberg et Wippach, en marchant à une étape de distance l'une de l'autre. La 5e. division, de Prewald se dirigea sur Senosetch et f. Opschina jusqu'à Duéno , où elle reprit la di! rection de Gorizia. L'ennemi débouchant par Zirknitz à la suite de la 5e. division, suivit le ; mouvement de l'armée de très-près, et attaqua deux fois l'arrière-garde; la ire. à Alben

Mouvement en arrière buc l'Isonzo.


ou Planina, le 5o septembre, et la seconde à Adetsberg, le 1er. octobre. Chaque fois il fut repoussé avec perte, et depuis lors il cessa d'inquiéter l'armée. Le 6 octobre le mouvement fut achevé..Lae. division occupa la rive droite de l'Isonzo, de Gradisca jusqu'en face de Gorizia. La 5e. division s'étendit depuis Gradisca jusqu'à la mer. La ire. division fut placée en réservewJerrière Gradisca. Le quartier général occupa cette dernière ville..

Dans le Tyrol,, le général Gifflenga étant arrivé le 21 septembre, à Trente, mit sa division en mouvement le même jour, se dirigeant sur Brixen. Les Autrichiens , après l'occupation de Muhlbach dans les premiers jours de septembre, et la reconnaissance qu'ils avaient faite sur Botzen , s'étaient repliés en arrière de Brixen. Le corps qui avait poussé aussi en avant, n'étant qu'une faible avant-garde, n'avait pas pu penser à se soutenir à une aussi grande distance de son armée. Occupant donc Muhlbach afin de couvrir le mouvement du général Fenner, qui s'avançait par Lientz, Toblach etPrunecken, il avait placé une avantgarde d'environ 800 hommes vers Aicha, sur la route de Brixen. Le général Gifflenga s'a- vança sans obstacles jusqu'à Brixen, où il arriva le 25 septmb!e.Le même jour le général

Octolre i8i3.

Affaire de Briien.

Ifc25 septenib.


Mazzuchelli, qui commandaitson avant-garde, attaqua l'ennemi àAicha, le battit, lui fit beaucoup de prisonniers, et le renversa sur Muhlbach , qui fut abandonné.

A l'aîle gauche, le général Grenier ayant appris que les Autrichiens occupaient Tulmino , et s'étendaient sur l'iéonzo, d'un côté vers Cana et de l'autre vers Caporetto, jugea nécessaire de commencer son mouvement rétrograde. Le 4 octobre, il concentra devant Tarvis les 2e. et 5e. divisions, et raprocha à Weissenfeld la brigade du général Campi ; un bataillon du !)2e. de ligne de cette brigade, fut détaché à Caporetto, afin de conserver le passage de Pletz. Le 6, le corps de gauche commença-sa retraite en échelons par la vallée de laFella; la brigade Campi se dirigea par Pletz sur Caporetto, d'où elle rejoignit la ire. division, à laquelle elle avait apartenu. Le 7, une colonne Autrichienne de neuf bataillons, avec quatre pièces de canons, déboucha de Feistritz, sur le Gail, et vint attaquer le poste de Saffnitz, qui était gardé par trois bataillons des 42e., 102e. et 15Ie. de ligne. Ces trois bat aillons soutinrent le choc avec la plus grande vigueur, et paryinrent à repousser l'ennemi et à le chasser au-delà de la montagne. La perte des Autrichiens s'éleva à plusse 600 hommes

Affaire de Saffnitz.

Le 7 octobre.


hors de combat, et 80 prisonniers du régiment de Bianehi et des c hasseurs n°. 8. La notre fut d'environ 100 hommes tués ou blessés, l'adjudant commandant Montfalcon, le major Vautier, du 102e., ainsi que les chefs de bataillon Dousse et Scharff, des 151 e. et 15e. de ligne, et l'adjudant-major Carel, du 10.1e. se distinguèrent particulièrement. Le sergent Lena oine des voltigeurs de ce dernier corps, donna des preuves d'une rare intrépidité.

Le 11, le mouvement rétrograde du corps de gauche fut achevé, et il se trouva réuni dans la vallée de Tagliamento, au débouché de la plaine du Frioul. La 2e. division -occupa IVenzone et la 5e. Ospedaletto. Depuis le combat de Saffnltz, l'ennemi n'inquiéta plus le mouIvement de l'aile gauche qu'il ne suivit même que d'assez loin. Le 1.3, le général Grenier voulant en avoir des nouvelles poussa en avant une forte reconnaissance, commandée par le général Shmitz. Les Autrichiens furent rencontrés à Rescmutta. Le général Shmijtz les attaqua et les culbuta en leur faisant quelques prisonniers du régiment de Chasteller et du.

9e. de tirailleurs.

Ce général se loua beaucoup de la conduite des troupes sous ses ordres, notamment de celle des 200 voltigeurs du ge. régiment d'in-


fanterie de ligne que commandait le chef de bataillon Gayard; il en fut fait mention à l'ordre de l'armée, ainsi que des capitaines Bonnet et Parmentier, l'un et l'autre grièvement blessés, et quL donnèrent des preuves de la plus brillantes valeur. - , Le Prince Vice-Roi pensa, dès son arrivée à Gradisca, à recompletter l'armée qui avai t éprouve d'assez grandes pertes dans un grand nombre de combats partiels qu'elle avait du livrer dès le commencement de la campagne.

Quoique la victoire ait presque toujours été fidèle aux drapeaux de l'armée d'Italie, le résultat n'en avait pas moins été jine diminution sensible dans tous les corps. Sans doute que le Prince Vice-Roi aurait évité cette conséquence funeste et inévitable des combats partiels, s'il avait eu à commander de vieilles troupes accoutumées au feu, et avec lesquelles il eut pu être maître de ses mouvement Mais l'armée v d'Italie était composée de conscrits qui passaient presque sans intervalle de leurs foyers aux combats, et qu'il importait avant tout d'aguérir; c'était par des combats partiels qu'il fallait les préparer à une bataille qui pouvait devenir inévitable. Aucun des moyens qu'un général expérimenté peut mettre en usage pour épargner les hommes, ne pouvait, pour


ainsi dire, être employé. La disproportion des forces de .l'ennemi obligeait l'armée d'Italie à une si stricte défensive, qu'il n'était pas possible au Prince. Vice-Roi de tenter une de ces entreprises hardies et bien combinées, qui, par leur audace et leur succès augmentent dans l'âme des soldats le sentiment de leurs propres forces. Il ne fallait pas même penser à des mouvemens nocturnes; la jeunesse des soldats qui ne pouvaient résister au sommeil, les rendait impraticables.

Le Prince Vice-Roi dans la situation des affaires en Allemagne, qui nécessitaient de nombreux renforts à la grande armée, ne pouvait pas espérer des secours actifs de la France.

La 26e. demi brigade provisoire et le 1er. régiment étranger qui étaient en marche, formaient, avec le 5 Ie. de chasseurs et le 1". de hussards , à-peu-près le nec plus ultrà des ressources qu'il pouvait attendre. La défection de la Bavière fut consommée et connue à cette époque, et S. A. 1. vit approcher l'instant où il lui faudrait se rapprocher des débouchés du Tyrol. Il n'y avait donc pas un moment à perdre pour faire usage dès dernières ressources qui étaient en son pouvoir. Dès le 5 octobre, étant à Gorizia, le Prince Vice-Roi ordonna la formation d'une division de réserve, qui devait se


se réunir à Vérone et se composer de six bataillions Italiens, tirés en grande partie des compagnies de réserve départementale. Le 11, une levée de 15 mille conscrits fut ordonnée dans le royaume d'Italie ; une proclamation qui accompagnait un décret engagea les ïtaliens a réunir tous leurs efforts pour la défense de leur patrie. Les finances du royaume d'Italie furent, dans le même temps, l'objet de ses soins, et un décret prescrivit, à cet égard, les mesures que nécessitaient les circonstances.

Dans le même temps la garnison de Palma- nova fut augmentée de trois bataillons, et celle de Venise devait être portée à 12 mille hommes; mais elle n'arriva jamais à ce nombre, l'armée ayant été obligée de dépasser cette place avant d'être en état d'y envoyer assez de troupes.

L'ordre fut donné également pour compléter l'approvisionnement de la garnison de Venise pour un siège de six mois, et il fut à-peu-près exécuté par les soins de M. Maillot, commissaire général de la marine, aidé de l'autorité du gouverneur et des moyens mis à sa disposition par le ministre de la guerre du royaume d'Italie.

Un ordre semblable fut donné pour les habitans de Venise et des lieux compris dans l'arrondissement de défense ; mais on sait assez, comment des ordres de ce genre sont exécutés. La dé-


fense terrestre de la place dè Venise, dont le général de division Séras était gouverneur, fut divisée en quatre arrondissemens. La défe:JJiG..

maritime resta au contre-amiral Dupèré.

Le premier arrondissement, commandé par le général de brigade Dupeyroux, s'étendait de l'Adige à la bouche de Malamooco, et comprenait la redoute de la Cavanella, les ouvrages de Brondalo, Chioggia, les forts-de St.-Félix, Caromau, St.-Pietro et le Littoral de Palestrina.

Le contre-amiral Dupèré réunit à la défense maritime celle du second arrondissement qui fi étendait de la bouche de Malamocco et dn Lido, les îles de St.-Erasme et de Tréporti, les villages de Burano, Mazorbo et Torcello jusques aux forts, redoutes et autres ouvrages de défense de ces différens points.

Le troisième arrondissement, commandé par le général de brigade Scbilt, ne comprenait que le fort de Malghera, qui est la clef de la Lagune.

Le quatrième arrondissement, commandé par le général de brigade Daurier, comprenait la place de Venise, Murano, Compalto , Carbonara, Tessera, St.-Secondo, St.-Giorgio in Alga et St.-Angelo.

Le i4 octobre , lorganisation de l'armée éprouva quelques légers changemens. La bri-


gade Campi étant rentrée* la* 1^. division, la garde royale passa à la réserve du quartiergénéral. Le général de brigade Soulier passa à la Ire. division, en remplacement du colonel Pegot, nommé général de brigade. Le général Deconchy remplaça le général Dopeyroux, a la -4e. division. Le général Bonnemains fut employé à la division de cavalerie.

En Tyrol, le général Gifflenga s'était avancé de Brixen à Pruneken. Le 5 octobre, il eut un engagement assez vif avec l'avant-garde du général Fenner qu'il battit, et à laquelle il-causa une perte de 400 hommes, dont 25 prisonniers.

Mais cette avant-garde se trouvant appuyee le lendemain par le corps d'armée, le général Gifflenga se vit contraint de rétrograder sur Botzen, et successivement sur Trente, qu'il abandonna même le 15 pour se replier sur Volano, où il prit position. Ce qui, ainsi qu'on le voit, n'eut cependant lieu qu'après douze jours de la plus belle résistance.

Le général Mazuchelly est cité dans le rapport du général Gifflenga comme ayant fait de bonnes dispositions et contenu l'ennemi ; il y est aussi fait mention de la belle- conduite du colonel Mayer, du ier. étranger, de celle du majorFournier etdu chef de bataillon Thunot, du 16e. de ligne.

Affaire du Tyrak


Dans le même temps un corps Autrichien détaché de Toblach, et commandé par le général Eckard , s'était porté sur Bellune. Le 18, l'adjudant commandant Bonin, qui commandait le département de la Piave, fut attaqué.

Il se défendit aulant qu'il lui fut possible; mais il fut forcé, grièvement blessé, de se retirer.

Aussitôt que le Prince Vice-Roi eut appris, par les rapports du général Gifflenga, la marche du général Fenner , il se décida à commencer le mouvement rétrograde de l'armée d'Italie, d'abord sur le Tagliamento, et puis successivement vers l'Adige.

Le 17, le général Palombini reçut ordre de partir sur-le-champ avec la brigade Galimberti, pour se rendre le 20 à Conegliano, à la disposition du général Cte Grenier. La brigade Ruggieri de la même division, laissant un seul bataillon sur l'Isonzo, se réunit à Palmanova, d'où elle devait occuper la tête de pont du Tagliamento, près Codroipo. Le général Grenier partit de sa position de Venzone et Qspedaletto, avec les divisions Rouyer et Gratien, pour passer le Tagliamento, et s'approcher de Feltre et de Bellune. Le Prince Vice-Roi n'ignorait pas le mouvement que le général Ililler faisait vers le Tyrol avec la ; droite et le centre de l'armée Autrichienne, et

1 )

Mouvement en arrière sur le Tagliamento et sur FAdige.


jugeait que le premier objet de l'ennemi, maître de Trente et de Bellune , serait de porter des troupes par Bassano et Ceneda sur le flanc gauche de l'armée d'Italie. JI crut que détachant le général Grenier avec deux divisions, dont la marche devait précéder de trois jours celle du reste de l'armée, il forcerait les corps avancés de l'ennemi à se replier plus avant dans le Tyrol et à se rapprocher de leur armée qui n'était pas encore arrivée à Pruneken. Ainsi dégagé sur sa gauche et assuré de ses communications avec Vérone, le Prince espérait avoir le temps de prendre une position derrière la Piave , et d'y tenir quelques jours.

Il devait y arriver lorsque déjà le général Grenier était devant Bassano. La division Quesnel réunit la brigade Campi à Cividale, la brigade Soulier fut envoyée à Ospedaletto pour remplacer le corps de gauche. La division Marcognet se concentra à Cornions. La brigade Bonnemains (de cavalerie) joignit le général Grenier. Le quartier-général et la réserve restèrent à Gradisea.

Le 25, le quartier- général se transporta à Udine, et la brigade Soulier reçut ordre de se replier le lendemain sur St.-Daniel. Mais ce général ani été attaqué le 24, avant même d'avoir reçu l'ordre > fut forcé dans sa position,

Affaire d'Ospedaletto.

Le a4 octobre.


et obligé à la retraite qu'il fit dans le meilleur ordre. Il-arriva le 25 à'St.-Daniel et passa de suite le Tagliàmento pour s'établir à Spilimbergo : le quartier-général étaitàCodroipo, Le mouvement rétrograde continua le 26, et le 5o, l'armée était sur la Piave, le quartiergénéral à Spréziano. A cette époque le général Grenier se trouvait en position en avant de Castel-Franco,. entre Rossano et San-Zenone, faisant ses dispositions pour attaquer Bassano où l'ennemi avait jeté un corps après l'occupation de Trente. Le 26, le général Gifflenga fut attaqué à V 0lano par les Autrichiens; il avait repoussé avec assez de succès. les atiaques de front de l'ennemi, mais le, génér21 Mazzuchelli qui était chargé de couvrir la droite, ayant été forcé-et rejeté sur Naviglio, le général Gifflenga fut obligé de se retirer en arrière ^d'Al a. Le 28, il attaqua, à son tottr, le général Fenner à Ala.

Le commencement du combat fut toujours à l'avantage de la 6e.-division, mais peu après le désordre se mit dans les troupes, et un bataillon de la réserve de Vérone' jeta même les armes pour s'enfuir. L'ennemi ga'gna du terrein, et ce ne fut pas sans peine que le général Gifflenga vint à bout de rallier- sVe troupes et d'arrêter les Autrichiens. Le chefbataillon-

Affaire de Volait o, en Tyrol.

Le 26 octobre.


Resich, du régiment Dalmàte, et le capitaine Fortis, commandant l'artillerie légère, ser-i virent très- bien dans cette circonstance.

Obligé cependant de se retirer sur Vérone , il y dirigea sa division qui y arriva le 29. La perte des Autrichiens fut de i5oo hommes environ; le général Fenner fut du nombre des blessés. Nous ne perdîmes pas moins de 1000 hommes, en grande partie du bataillon départemental , qui avait causé le désordre : à la première nouvelle de l'évacuation de Trente par la 6e. division, la brigade Galimberti qui avait marché sur Conegliano reçut ordre de se rendre à Vérone pour soutenir le général Gifflenga dont la retraite sur cette place était aisée à pré-voir.

Cependant, le général Grenier étant arrivé le 25 à Postuma, à la hauteur de Trévise, se mit en mouvement le lendemain avec ses deux divisions et la brigade Bonnemains pour.s'approcher de Bassano. Le corps ennemi qui avait occupé cette place, la couvrait et faisait face à Castel-Franco. Le général Grenier vint prendre position à Rossano et San-Zenone. Un bataillon d'élite et un peloton de chasseurs qui faisaient l'avant-garde, engagèrent le même jour vers le soir avec l'avant-garde ennemie un combat qui finit à la nuit, sans avantage de part


;pi d'autre. De faux rapports ayant exagère la force de l'ennemi à Bassano, le 27 et le 28 se passèrent en reconnaissances ; le-temps était fort mauvais, la pluie était forte et presque continue. Le 29, les Autrichiens firent occuper Casoni par un bataillon et quelques troupes lésères, afin d'observer et de gêner la compmnication entre la -a?. division à Rossano et la 5% à San-Zenone. Le général Grenier or.

donna alors au général Bonnemains d'attaquer et d'occuper Casoni. Le même jour, vers cinq heures du soir, le général Bonnemains partit dç Besega avec un bataillon du 7e. de ligne (28e. demi-brigade provisoire), deux compagnies du ge. de ligne et un escadron du 3ie. de chasseurs. Un autre escadron du même régi, ment fut dirigé - par Cassola pour prendre l'ennemi en flanc. Le chef de bataillon Fonvielle, du 7e, de ligne, arrivé devant Casoni, attaqua le village immédiatement. La résistance fut vi ve, mais il fut enlevé et les Autrichiens obligés de se retirer a Bassano. La nuit mit fin au combat; mais la cavalerie rouvrit la communication avec San-Zenone et fit quelques prisonniers. Le général Bonnemains laissa un demi-bataillon avec un peloton de chasseurs à Casoni ; le reste des troupes se porta au châtealLde Camora, pour observer


la grande route de Bassano. Les deux compagnies de voltigeurs du ge. furent placées en échelons entre Casoni et Besega.

Le 5o au matin , trois bataillons Autrichiens et quelques escadrons, se portèrent sur Casoni pour reprendre ce village, auquel il parait que l'ennemi attachait beaucoup d'importance. Le demi-bataillon qui était en avant du village fut forcé de se replier dans le cimetière et de s'y défendre. Le général Bonnemains fit avancer encore les trois compagnies qui se trouvaient en réserve dans le village de Casoni, et ordonna à l'escadron du 3ie. de chasseurs de manœuvrer sur la droite de l'ennemi. Ces dispositions suffirent pour faire échouer les desseins de l'ennemi ; il fut battu et forcé de se retirer sur Bassano. La perte des Autrichiens fut assez forte en morts et en blessés, et on leur fit 100 prisonniers. L'aide-de-camp Sereville, le chef de bataillon Fonvielle et le capitaine de voltigeurs de son bataillon se distinguèrent à cette affaire.

Le 3i, le lieutenant-général Grenier attaqua et prit Bassano, à la tête des divisions Rouyer et Gratien et de la brigade de cavalerie du général Bonnemains. L'attaque se fit en trois colones, dont celle de gâuche par la route de Casoni ,'et celle de droite, à la tête de laquelle

Affaire de Bassano.


se mille Prince Vice-Roi en personne, par la route de Mussolenti. Les ennemis commandés par le général Eckard , forcés de se retirer en re- montant la vallée de la Brenta, furent poursuivis j iisques auprès de Primolano. Leur perte fut de 4 à 5oo morts, un grand nombre de blessés, 5oo prisonniers, et une pièce de canon. Les troupes qui se distinguèrent le plus à cette affaire furent les 3e. et 6e. bataillons du 42e. de de ligne. La colone de droite, composée d'une brigade dé la 3e. division, marchant par le revers des Linontagnes, dépassa Mussolenti, et arriva jusques.sur la route de Bassano à Trente.

La colone du centre attaquait alors la ville, où l'ennemi avait quelques troupes; le reste était déjà parti. Le mouvement rapide de cette colone obligea les débris du corps Autrichien à se retirer sur Sette-Communi.

Le général Grenier eut à se louer, et il l'exprima de la manière la plus honorable, des généraux Rouyer, Gratien et Bonnemains.

La conduite de Padjudant Montfalcon mérita également ses éloges.

Le rer. novembre, l'armée continua son mouvement vers l'Adige, en se dirigeant sur Legnago et Vérone. Les ire., 2e*et 3e. divisions passèrent Castel-Franco et Vicence. La 4e. division se dirigea par Trévise et Padoue^afin

f*OYetnb. iSi3.


de couvrir le mouvement du grand pare d'artillerie; qui fut dirigé par JLegnago sur Vallegio.

Une partie des troupes qui avaient combattu â Bassano y restèrent avec le Prince Vice-Roi, et se rendirent le 2 avec lui à Vicence. Le k, le quartier - général arriva à Vérone, où se trouvait la division Palombini. C'est à cette époque que finit le mouvement de l'armée d'Italie de l'Isonzo à la ligne de l'Adige, où «lie prit position, ne laissant à la rive gauche que quelques troupes pour couvrir Vérone.

Le général Bonnemains, avec trois bataillons - d'infanterie et sa brigade de cavalerie, composée des 5Ie. de chasseurs Français et du 4e.

de chasseurs Italiens forma l'arrière-garde.

Le Prince Vice-Roi ayant appris à Bassano le résultat de l'affaire de Yolano, forma le projet d'attaquer le général Fenner et de le forcer à j'eculerd ans la vallée de l'Adige, afin d'appeler l'attention de l'ennemi sur Roveredo, et l'empêcher de se porter sur Brescia et les derrières de l'armée. Mais y pour l'exécution de ce projet , il importait de retarder la marche des colones ennemies qui arrivaient par Bassano etpar Castel-Franco. En conséquence , le général Bonnemains reçut l'ordre de retarder autant que possible la marche de son arrièregarde , et de détruire tous les ponts. Le 2, l'ar-


ri ère-garde prit position à San-Pietro Engù et détruisit les ponts de Bassano et de Fontaniva sur la Brenta. Le 5, le général Bonnemains vint à Vicence. Le 4, après avoir fait évacuer les magasins et les hôpitaux, il vint à Soave et Villabella. Pendant cette marche on rompit également les ponts de Montebello et Yillanova, ce qui empêcha l'ennemi, YU,. d'ailleurs, les pluies abondantes de cette saison , qui avaient grossi les r ivières, d'inquiéter ni même suivre l'arrière-garde. Enfin, le 6 seulement, le néral Bonnemains prit position à Saint-Martine devant Vérone, ayant ses avant-postes à Vago et sa réserve à Saint-Michel.

Le capitaine du génie Fallot chargé de là direction des travaux pour rompre les diffèl'ens ponts, mérita d'être cité par le zèle et l'intelligence qu'il y apporta.

La garnison de Palma-nova avait été complétée avant que l'armée ne repassât le Tagliamento; celle de Venise reçut un renfort d'une brigade et d'urne'demi-batterie, après que l'armée eut repassé la-Piave. La défense-maritime des lagunes de Venise venait d'être organisée des divisions de Prames, batteries flottantes, chalouppes et bateaux canonaier-s avaient été stationnées dans tous les canaux accessibles à l'ennemi j toutes les entres avaiént


été barricadées par des pieux et des estacades flottantes : cette première ligne de défense était protégée par le feu des bâtimens de guerre. L'armement des prames, batteries flottantes, etc.

montait à 556 bouches à feu, soit canons, caronades ou obusiers de tous calibres. Outre cet armement, beaucoup plus considérable qu'il ne l'avait jamais été , on mit en construction un nombre de barques de chaque espèce, soit pour augmenter l'armement, soit pour remplacer les pertes. L'artillerie de ces bateaux de réserve pouvait être prise dans l'arsenal ou sur les vaisseaux. La garnison, en y comprenant le renfort que le Prince Vice-Roi venait d'y faire entrer, et les malades de l'armée, ne montait qu'à 8 mille hommes de troupes de terre, dont G mille en état de faire le service. Les marins étaient au nombre de 52oo.

Le 5 novembre, le général Schilt quitta Trévise, où il coinmandait, pour se jeter dans le fort de Malghera. Le même jour, à midi, Mestre fut occupé par l'ennemi. Le lieutenant général Autrichien Marschals fut chargé du blocus de Venise.

L'armée d'Italie , en arrivant sur l'Adige, se trouva considérablement diminuée. La nécessité de compléter les garnisons des places qu'on laissait à découvert en avait distrait un nombre


de bataillons. Les nombreux combats qu'elle avait livrés et les maladies avaient singulièrement affaibli les bataillons restans. Cette circonstance détermina le Prince Vice-Roi à supprimer la 3e. division et à la fondre dans les autres. Il réduisit aussi le nombre des bataillons de chaque régiment ; les cadres des bataillons supprimés furent renvoyés dans les dépôts, et à Alexandrie, pour les compléter sur la prochaine conscription. L'armée d'Italie se trouva ainsi réduite à quatre divisions, auxquelles le Prince ajouta deux corps détachés, l'un à droite, l'autre à gauche. Le corps de droite fut chargé de surveiller et de défendre le bas Adige, celui de gauche de garder les vallées qui aboutissent sur Brescia. Cette nouvelle organisation eut lieu le 6 novembre.

L'état-major général comme le précédent, p. 4g, sauf le général Dode, arrivé pour commander le génie et ayant pour chef d'état-major le chef de bat. Beaufort d'Hauipoul.

ire Lieutenance, le Lieutenant-Gén. Cte GRENIER.' IRE Division, le Général QFESNEL.

192e de ligne "3 tatail^ C IER léger. , 1 id.

Général de brigade j 1 3o® 1 1 2 hrige prov.T« Ji 4- i d - ii id.

CAMPI. 30. 1/2 ri;e prOv.re 14e id. 1 id.

- 10. de ligne. 1 id.

Général de brigade de ligne 2 batail.

SOULIER. "Ï 84e id 3 id.

Plus 2 compagnies d'artillerie, dont une a cheval , et a du train, 12 bouches a feu. En tout, la division avait 7,108 hommes.


4E Division , le Général MARCOGNET,

Général de hrigade S 53e de lienc. : • 3 bataU' Général de brigade , 102 E id id.

- 106" id. ":. ':., : :: : CénEraI de hr" d I j 106E id. id.

! , 1 2°e de li<me.. i Latail.

C l2Qe 1/, 2 brigade ire.< ^I0ie i. d, 1 id.

Général de brigade, < J Iole id .i id.

DiiCONCHi. < id , 3ie idrmmml id.

^3I« «V. , .32. £ D.

Plus, 2 compagnies d'artillerie à pied, et 2 du train , 12 bouches à feu. En tout, la division était forte de 7,117 hommes.

2e Lieutenance, le Lieutenant-Général Cte VERDIER, a yant pçmrChef d'état-maj or l'Ad j udant-Commandant DE QUERELLES.

e Division , le Général ÏIOTTYER ; PAdjnd -Command.

Bossi SAINTE-AGATHE Chef d'état-major.

F 9E de ligne. 2 batail.

Général de brigade , 1 f 7E de ligne. 1 id.

SHMITZ. de ligne. - i iti.

SHMITZ. < ;8<= 1/2 brig. prov. 52E id. 1 id.

t 167 e id. 1 id.

Général de brigade 35e de ligne. - 3 batail.

DARNAUD. S 1" Régiment étranger. 4 id.

Plus, une compagnie d'artillerie à cheval, et une à pied, 2 compagnies du train, 12 bouches à feu. La division avait en ,tout 7,696 hommes.

5E Division , le Général PALOMBINI.

Général de brigade,)2* de Italien 3 batail.

RuGGIERI. 3. 3 id.

Î3e léi;er Italien 2 batail.

eller e nga e,

GALIMBERTI. d e, I" fiégimeat prOT.n « 2 id.

2. id 2 id.

GALIMBER.

2E id. 2 id.

Plus, un escadron des dragons Napoléon , une compagnie d'artillerie à cheval, une à pied, deux du train , 12 bouches à feu. La division était forte de 5,65g hommes.

Corps détaché de droite , commandé par l' Adj udant-comman dant MONTFALCON.

36e léger, 2 bataj.1.

Bataillon d'élite du 1 er étranger. 1 id.

Sttuatum, 1,049 hommes.


Corps détaché de ganclle,commafidé parle GénéralGiFFLENGA.

3e léger i batail.

f i« de ligne.. i id.

25e 1/2 brig. prov.l'e 168 id. i id.

- /62e id. 1 id.

6e de ligne Italien 1 id.

Gendarmerie a pied. 1. I id.

Plus , un détachement de 1'00 Dalmates. Ce corps était fort de 3,600 hommes environ.

Cavalerie, le Général MERMET, ayant pour Chef d'étatmajor FAdjudant-Commandant DEHVATJX.

R I 3e chasseurs Italien. esca-di RAMBOURG, Co, l on.., id.

Ige d. Français. 2 d.

Général de brigade 5 m 4e id. -Italien.. » 2 id.

BONNEMAINS. 31- id. Français. 3 id.

Général de brigade , I Ier de hussards Francais. a 1/2 id.

PERilEYMOND. Dragops de la Reine, Italien 4 id.

Plus, une compagnie d'artillerie à cheval, et une du train, 6 bouches à feu. Force totale2,885 hommes montés.

RÉSERVE D'ARTILLERIE.

Composition : 14 bouches à feu , 375 hommes, et 409 chevaux.

GRAND p.A.RC D'ARTILLERJH.

1,661 hommes et 1,096 chevax; aucune bouche à feu, mais dei Toitures d'artillerie de toute espèce, des munitions et des rechanges.

Nota. La Garde royale Italienne, comme la précédente «ituation.

L'armée d'Italie, réunie le même jour à la rive droite de l'Adige, occupait les positions suivantes: -' La ire. division à Vérone, s'étendant sur la droite par ses postes jusqu'à Zévio.

La 4e. division dans les environs de Legnago, s'étendant par sa gauche jusqu'à Ronco.La


* La 2e, division à V érone, s'étendant par sa gauche jusqu'à Bussolengo.

La 5e. division, dans les positions de Rivoli et de la Corona.

Le corps détaché de droite, depuis Legnago jusqu'à Roverchiaro.

Le corps détaché de gauche, à Desenzano, Salo et les vallées du Brescian.

L'avant-garde composée de trois bataillons de la Ire. division et de la brigade de cavalerie du général Bonnemains, était à Saint-Michel, Saint-Martin et Vago , à la gauche de l'Adige.

La cavalerie avait ses deux autres brigades; l'une à Isola Porcarizza et Saint-Pietro di Legnago , et l'autre à Saint-Giovanni Lupatolo.

La garde royale Italienne était à Villafranca, et au quartier-général de l'armée à Vérone.

La réserve d'artillerie était à Goito et RoverheUa; le grand parc à Valeggio.

Le 9 novembre, une colonne Autrichienne ayant pénétré dans la Valcamonica, s'avança vers Brescia. Le, général Gifflenga s'y porta avec une partie de son corps, et la força à repasser les monts.

Le même jour le Prince Vice-Roi, se mit en mouvement sur Roveredo avec la 2e. lieutenance. La brigade Shmitz se dirigea sur Ala en deuxcolones, l'une parla ValPantena, l'autre

Affaire enTy-, rol.


par la Val Palisella. La brigade Darnaud et une partie delà brigade Galimberti marchèrent sur la grande route sous les ordres du général Rouyer. Tout ce qui restait disponible dans la division Palombini déboucha de Rivoli, en deux colones; l'une par la rive droite de FAdige, et l'autre par la Corona et la Ferrara. Le même jour le général Darnaud rencontra l'ennemi en position à Ossènigo au-dessus de Peri; il l'attaqua et força la position. Le généraiPalombini chassa les Autrichiens de Belluno. Le io, le général Darnaud attaqua et enleva les positions retranchées de YQ de Struzzino et d'AJa, et poussa l'ennemi j usqu"a" Marani. Le général Palombini emporta les retrancliemens deCàmpagnol a et arriva à Pilçanto. Les troupes qui se distinguèrent le plus, furent les voltigeurs des 9e. et 55e. de ligne, les voltigeurs du 5e. de ligne Italien et deux bataillons des régiments étrangers. Le il, le Prince Vice-Roi ayant renïpli son but, qui était d'appeler l'attention de l'ennemi sur Roveredo ; et de l'obliger à retirer les troupes qu'il faisait marcher sur Brescia, replia la 2e. lieuteIJanc, qui rentra dans ses positions. Un autre motif détermina le Prince Vice-Roi à se contenter d'une simple démonstration sur Roveredo, sans se porter jusqu'à cette ville; ce fut l'approche de l'aile


gauche des ennemis, qui avait déjà dépassé Vicence et qui allait menacer ses derrières.

La perte des Autrichiens dans ces différeîdes affaires, fut de près de 800 hommes hors de combat, et plus de 800 prisonniers des régimens de Zeckler, Duka, Spleni, Hohenloo Barsteinitein, hussard Frimond et chasseurs n°. 8. Notre perte s'éleva à environ 260 hommes.

Le général Yerdier fut au nombre des blessés.

Ce général accoutumé à ces infortunes de guerre, eut une part honorable aux éloges du frince Vice-Roi qui s'étant trouvé à portée de rendre justice aux bonnes dispositions des officiers généraux, à l'audace et an courage des troupes, s'empressa de leur en témoigner, par un ordre du jour, son extrême satisfaction, notamment aux généraux Verdier, Palombini et Darnaud.

Le 10, un vaisseau anglais débarqua à l'embouchure de la Piave 5oo hommes, moitié Autrichiens, moitié Anglais, qui s'emparèrent du fort de Cortelazzo, et le lendemain de la redoute de Cavalino.

Le même jour l'ennemi s'étant avancé de Villanova à Caldiéro , le colonel Desmichels, du 3ie. de chasseurs à cheval 7 reçut l'ordre de faire une reconnaissance sur Caldiéro avec 200 chevaux et un bataillon d'infanterie. Ce colonel


rencontra à peu de distance de Vago , une reconnaissance avec laquelle il échangea quelques coups de fusil. Le 12, trois bataillons et deux escadrons ennemis avec 4 canons attaquèrent les avant-postes de l'armée à Vago.

Une compagnie de voltigeurs et un piquet de 5o chevaux tinrent ferme derrière le canal.

Le général Bonnemains fit alors avancer de Saint-Martin, quatre compagnies du 55e., deux escadrons et un obusier sous les ordres du chef de bataillon Moreau. Ce renfort suffit pour repousser les Autrichiens jusqu'à Caldiero.Dn leur fit une vingtaine de prisonniers, et on leur tua environ 5o hommes.

Le chef de bataillon Moreau fut distingué par le général Bonnemains pour sa belle conduite, ainsi que son aide-de-camp Olivier, le lieutenant Charbonnier, du 5ic. de chasseurs à cheval, le lieutenant Le Rebours, de l'artillerie légère, et les officiers du 4e. de chasseurs à cheval Italien, Gamberay et Borelli.

L'armée Antrichienne était cependant arrivée en présence, et avait pris position à Caldiéro, où elle commençait à se retrancher.

Cette disposition paraissait annoncer le projet d'une attaque sur V érone, ou au moins celui de forcer le passage de l'Adige entre Zevio et Ronco, ainsi qu'il était déjà arrivé en 1796.


Le Prince Vice-Roi résolut en conséquence d'attaquer l'ennemi à Caldiéro, afin de détruire ses ouvrages et de retarder l'exécution de ses projets. Les dispositions d'attaque avaient été faites pour le j4. Mais le mauvais tem ps la fit remettre au lendemain ; le 15, la division Marcognet et la brigade de cavalerie du général Bonnemains avec douze bouches à feu, débouchèrent de Yago, se portant de front sur la position de l'ennemi. La division Quesnel, débouchant par Fontana, dirigea sa brigade de droite sur la droite de l'ennemi à Colognola, et celle de gauche plus haut, vers Illasi, afin de déborder la ligne Autrichienne et de tourner Caldiéro j cette division agissant dans un terrain montueux ne devait avoir qu'un escadron et une derni..hatterie. Le général Mermet avec la première brigade de la division Rtkiyer, la brigade de cavalerie légère du général Perreymond et six bouches à feu déboucha de St.-Martin, se dirigeant entre l'Adige et la grande route,- de manière à croises le chemin de Caldiéro à Arcole, tourner la gauche de l'ennemi et tâcher de le prévenir au pont de Villanova. Le général Rouyer avec sa seconde brigade devait soutenir le général Marcognet. La garde royale resta en réserve à St.-Martin, ayant deux bataillons à Yéroiie,

Combat (LÏ Caldiero.

Le 15 noyemi.


Un bataillon du 14c. léger, (5oe. demi-brigade, provisoire, fut laissé sur les hauteurs de Pogliano.

L'attaque commença vers les 10 heures du matin. La brigade Jeanin ayant successivement fait replier les postes ennemis jusqu'au coteau de St.-Piétro, à- gauche de la poste de Caldiéro, enleva cette position par une brusque attaque du 55e. de ligne Ayant ainsi dépassé le mamelon qui est à droite de la route, et qui était attaqué de front par la brigade Deconéhy, il se rabattit dessus, et le prit à revers. Un peloton, du 3Ie. de chasseurs, commandé par le lieutenant Charbonnier s'élança dans les retranchemens qui couronnai ent ce mamelon, et tout ce qui s'y trouvait fut fait prisonnier. Aucun ne put échapper , les voltigeurs de la colone du général Mermet, réunis à ceux de la co l one du centre, ayant déjà tourne ce même mamelon.

Le général Bonnemains, débouchant par la grande route, parvint à faire passer en avant sa batterie d'artillerie à cheval, et la mit en batterie à demi-portée de fusil des retranchemeiis ennemis, en la faisant soutenir par quelques escadrons. Le feu de cette batterie, principalement dirigé sur la ligne ennemie, qui était en position sur les hauteurs entre Co-


lognola et la grande route, fut si avantageusement servi, qu'il fut impossible aux Autrichiens de tenir leur poste. Alors la division Quesnel, débarrassée du premier obstacle qu'elle devait rencontrer, acheva son mouvement, et poussant l'ennemi, de position en position, le renversa sur Soave. Le centre des Autrichiens, poussé également la bayonnette dans les reins, fut rejeté au-delà de l'Alpon.

L'avant-garde du général Mermet fit vingt-trois prisonniers à la hauteur de Gombio.

La brigade du général Bonnemains suivit l'ennemi sur la grande route jusque- près du pont de Villanova, et le renversa chaque fois qu'il voulut prendre position. Près de Yillanova, la batterie de ce général engagea une canonade très-vive, qui fit beaucoup de mal à l'ennemi. Le général Grenier ayant mis une seconde batterie à la disposition du généralBonnemains, celui-ci la plaça a sa gauche 3 et la dirigeant sur les hauteurs de Soave, contribua à décider le mouvement de retraite de la droite ennemie. Les deux batteries étant éclairées et soutenues par la brigade du général Bonnemains, continuèrent leur feu jusqu'à la nuit.

La perte de l'ennemi fut d'environ i5oa hommes hors de combat, 900 prisonniers et


deux canons. La notre monta à 5oo hommes.

Toutes les troupes méritèrent des éloges par leur conduite; mais l'on cita plus particulièrement les 42e. et 84e. régiments de la ire. die vision, les 55e. et 102e. de la 4e., le SIe. régi- ment de chasseurs à cheval, le 4e. de chasseurs e achevai Italien, et. la4. compagnie du 4e. régiment d'artillerie légère..

Parmi les officiers qui se distinguèrent, on remarqua la valeur et les talens que déployèrent les généraux Jeanin et Bonnemains, le colonel Grosbon, du 55e. régiment, le colonel Desmichels, du 5xe. de chasseurs, le chef d'escadron Dubois, du 4e. de chasseurs à cheval Italien, le chef de bataillon Moreau dirigeant les voltigeurs, et le capitaine Faure, de l'artillerie à cheval, détachée de la ire. division, à la brigade Bonnemains ; le major u artillerie Bernard, et le chef de bataillon Marie de Colière furent également cités avantageusement pour le bon emploi qu'ils firent de leurs bouches a

feu, et le chef d'état-major d'artillerie Ravicbio en saisissant toutes les occasions de rendre les services de son arme. Plusieurs autres officiers, sous-officiers et soldats de la cavalerie légère se firent aussi remarquer ( 1 ).

(1) Du 31". de chasseurs. — Les capitaines Martin et AuLric. — Les sous-lientenans Audibert et Schreiner.


La journée du 16 fut employée à enlever les blessés et à détruire les retranchemens de l'ennemi. Le 17, l'armée rentra à V érone.

Mais la brigade Jeanin, de la division Marcognet, resta en position à St.-Martin et derrière le torrent de Vago. La brigade Deconchy fut détachée vers Ronco et Roverchiaro.

Le 18, les Autrichiens attaquèrent Vago en forces -; Jà brigade Jeanin les contint, mais le général Marcognet voyant que l'ennemi portait ses principales forces sur Lavagno et dans la - direction de Montorio, craignit une

— Le sous-lieutenant Boulanger. — Les maréchauxde logis Habert et Labarthe. - Les brigadiers Boutarel et Richard. — Le chasseur Guet.

Du 4e. de chasseurs Italien. — Le major Duboy, commandant le régiment. — Le capitaine Richet. — Le lieutenant Borelli. — Le sous-lieutenant Mazza. — Le maréchal de logis Menuzzi. —Le "brigadier Laviiji.

Les aides-de-camp du général Bonnemains, Séréville et Olivier.

Le lieutenant d'artillerie légère Le Rebours" qui fut tué. 1 On dut aussi des éloges au chirugien major Trion , du 3ie. de chasseurs, qui , sous le feu de l'ennemi, donna ses soins aux bless.

Le brigadier de gendarmerie Imbert, qui fit mettre bas les armes à dix Autrichiens ; il reçut deux coups de feu, et il eut son cheval tué.

Affaire de St.-Martin.

Le 19 noverab *


attaque de flanc, et fit replier la brigade Jeanin à St.-Martin. Le 19, l'ennemi attaqua le général Marcognet dans cette dernière position, avec tant d'impétuosité et des forces tellement supérieures, que le Prince fut obligé de le f. faire replier entre St.-Martin et St.-Michel, ou le combat, quoique ce général n'eût que six bataillons appartenans aux 20e., 53e. ,101e.

et 102e. régiments, se soutint jusqu'à la nuit.

Il reçut à la vérité, vers le soir, un renfort de deux bataillons du ier. étranger, conduit par le général Darnaud , de la 2e. division, qui prirent une part brillante à la dernière réception qui fut faite à l'ennemi sur le point de St.-Michel, et qui le décida à la retraite.

Le 1er. régiment d'hussards rendit de bons services par ses manœuvres sur toute la ligne de St.-Micliel à Montorio, ainsi que le 4e. bataillon du 20e. de ligne, commandé par le chef de bataillon Mandrillon, qui fut tué en repoussant avec vigueur toutes les attaques de l'ennemi , et contribuant efficacement par là, à maintenir la communication entre les troupes qui défendaient St.-Michel et celles de Montorio.

Le major Beaudouin commajidantla2ye. demi brigade provisoire , défendit Montorio avec la plus grande valeur. Le chef de bataillon Flocard, du 101e. fut aussi cité pour sa conduite


distinguée, et il en fut de même dans cette circonstance de celle du major d'artillerie Marie de Colière, qui donna de nouvelles preuves de sa fermeté et de son intelligence. Le capitaine de sapeurs Repecaud servit aussi très-bien avec sa compagnie.

On eut a regretter un brave officier le lieut enant Ribereau, du 2e. d'artillerie à piéd, qui en pointant une pièce reçut une si grave blesLsure qu'il en mourut peu d'heures après.

On a évalué les pertes de l'ennemi dans ces deux journées à environ 1,200 hommes hors de combat; on leur fit 200 prisonhiers. Le 20, la brigade Jeanin, de la division Marcognet, qui avait fatigué et souffert daM les combats précédens , rentra à Vérone, et fut remplacée par la division Rouyer 9 en entier. La brigade Campi resta à Ronco. Le 18 novembre, un décret impérial accorda sur la conscription un renfort de 15 - mille hommes pour l'armée d'Italie, et près-, cri vit, en outre, la formation d'une armée de réserve forte de quarante-trois bataillons, en trois divisions, et qui devait être composée des troupes qui se réunissaient en Piémont et particulièrement à Alexandrie. Mais les circonstances subséquentes rendirent illusoires les effets de ce décret.


.Pendant ce temps le général Nugent, à la tête d'un corps de 3 mille hommes, avait débarqué le 15 à l'embouchure du Pô de Yolano.

L'archiduc Maximilien était avec le général Nugent. Ce corp s composé d'Anglais et de déserteurs de toutes les nations, et auquel se joignit un nombre de'malfaiteurs f se dirigea sur Ferrare', dont le général Nugent se rendit maître le 20. Dès le 17, au premier avis que le Prince Vice-Roi avait reçu du débarquement de l'ennemi , il avait détaché le major Merdier, du 42e. de ligne avec un bataillon de son régiment et un du 1er. étranger, pour couvrir Ferrare; ou le reprendre en cas que l'ennemi y fut déjà.

Le 22 , les Autrichiens firent mine de tenter le passage de l'Adige à Ronco. La brigade Jeanin, de la division Marcognet, reçut ordre de se rendre à isola Forcarizza, en seconde ligne de la brigade Deconch y. Mais le Prince -

s etant aperçu que ce mouvement n'était qu'une démonstration tendante à couvrir celui qui s'opérait sur le bas Adige, se décida à y envoyer des troupes. Le général Deconchy avec la 29e. demi brigade -provisoire et le 3e. de chasseurs Italiens, reçut l'ordre de se rendre à Trecenta et Ferrare.

Le 25" la colone du major Merdier étant

Reprise de Ferrare.

Le 27 novemb.


l'rivée à Malabergo , le général Pino, qui comlandait la 4e. division à Bologne, vint le joinre. Le 26, le major Merdier, alors sous les rdres de ce général, attaqua l'ennemi, et le ulbuta jusqu'à la ville devant laquelle il fut rrêté par le feu des rem parts. La perte de ennemi fut d'une soixantaine de morts et e 100 prisonniers. Dans la nuit le général Nuent évacua la ville où les troupes du major lerdier entrèrent le 27 (1). Le 26, les chassurs de la colone du général Deconchy surrirent les avant-postes de l'ennemi près de )cchiobello, sur le Pô. * « Le 27 , à la pointe du jour y le Prince ViceLoi fit sortir de Legnago, sous les ordres du énéral Me..et , une forte reconnaissance d'in- mterie et de cavalerie, soutenue par un ba- taillon du 55. de ligne et un du 2e. étranger.

Jette reconnaissance, faite en la présence de i. A. I. qu'uneiballe atteignit à la cuisse, poussa DUS les postes ennemis jusqu'à Bevilacqua, et entra le même jour avec 75 prisonniers.

Vers ce même temps, le Prince Vice-Roi eçut du général Miollis, gouverneur de Rome,

(1 ) Le général Pino dit dans son rapport au Prince Tice-Roi, que c'est au major Merdier qu'était du le uccès de la journée et qu'il méritait de l'avan^emeut.

Mouvement des Napolitains.


l'itinéraire d'un corps de troupes Napolitaiifl qui se dirigeant vers la Haute-Ttalie, pfait-j dit. La ire. division commandée par le lie j tenant-général Carascosa , forte de quatre r j gimens ( 8 bataillons ) d'infanterie, deux d cavalerie et huit bouches à feu, devait arrivei à Rome du 25 novembre au 2 décembrej Cette division devait être suivie par cinq ha1 taillons et huit escadrons de la garde, aux or dres du lieutenant-général Millet. La 2e. tlivision commandée par le lieutenant-général d' A mbrosio, forte de neuf bataillons, devait!

arrwer a.Ancone du 2 au 4 décembre. QUOI que le Roi de Naples méditât dès-lors sa défeci tion, et qu'il fut déjà en négociation avec 1e ennemis de la France, il ne casait pas A protester de sa fidélité à remplir ses ens mens. Rien d'officiel ne transpirait contrp lui et l'empereur Napoléon même paraissait tro pé. Il demanda que la lihre disposition d magasins de vivres et de munitions fut accor- J dée à ses troupes, dans les places dépendante du royaume d'Italie, et il n'y avait point d j motif qui put faire refuser cette demande, j Le mouvement eut en effet lieu ainsi qu'il avait été annoncé, et les premières troupes politaines arrivèrent à Rome, vers la fin d novembre. Mais non - seulement il y arrivé


une division de plus, qui était la 3e. de huit bataillons, aux ordres du lieutenant-général Pignatelli Cuchiara; mais le passage dura pendant tout le mois de décembre. Le Roi de Naples qui voulait attendre l'issue de ses négociations avec les alliés avant de faire un mouvement décisif, laissa d'assez longs intervalles entre la marche des différentes colones ; en outre, d'après les instructions qu'il leur donna, les généraux trouvèrent toujours des prétextes pour prolonger le séjour de leur troupes dans chaque endroit.

La ire. et la 5e. division et la garde royale passèrent par Rome. La 5e. division resta dans cette ville. La 2re. division et la garde se dirigèrent en partie sur Ancone, par Macerata, partie sur Fano, par le Furlo , et le restant sur Florence, par Viterbe. La 2e. division traversa les AbruzÍes, et marcha directement sur Anflme Ces .quatre corps formaient un total de 3o bataillons et 16 escadrons au grand'complet , ayant à leur suite 5o bouches à feu. La force des troupes Françaises dans la 3oe.

division militaire ne montait à cette époque qu'à 4,000 hommes, dont 2,5oo combattans, et se composaient des cadres des 3e. et 4e. bataillons , du 6e. de ligne, des dépôts des 14e.

et 32e. légers et du 2e. étranger, un batail-


Ion de volontaires Romains, une compagnie, d'artillerie , trois de gendarmerie et^ deux de gardes - côtes. Ces troupes étaient à Civita Yecchia, au château Saint-Ange et sur le Littoral.

Le 27 novembre, le général Deconchy bc.

cupa Fratta et Villanova, sur le Scortico, envoyant des reconnaissances sur Rovigo, et se liant par Lendinara avec le poste de Badia.

Ce général ayant reçu l'avis dans la nuit du 27 - au 28 , que l'ennemi avait fait occuper une île sur l'Adige, entre Badia et Masi, et qu'il y réunissait des bateaux, ut renforcer la garnison,de Badia par deux compagnies de voltigeurs, du 102e. régiment, et se porta avecsa colone sur Lendinara, pour observer l'ennemi. Les reconnaissances qu'il avait envoyées vers Rovigo, et ses émissaires lui annoncèrent alors qu'un corps Autrichien, dépendant de celui du blocus de Venise, s'était porté à Boara, et paraissait y vpuloir passer l'Adige. L?obscu- , rité d'une nuit pluvieuse l'empêcha de partir sur-le-champ. Il se mit en marche le 29 au matin , mais ayant trouvé à son arrivée les Autrichiens en forces supérieures à Boara, il fut obligé de se replier à Fratta et Villanova.

Le 3o, il se retira à Trecenta, pour y attendre j les renfdrts et l'artillerie qu'il avait demandée. 1 Le j


Le lendemain il reçut un bataillon du 10S8.

de ligne , et deux canons.

Cependant la colone du général Nugent, 1 qui avait passé l'Adige à Boara, s'était diri gée sur Crespino pour y passer le Pô, et n'avait rien laissé à Rovigo. Le iet décembre au soir, le général Deeoneby voulant couper la communication entre le corps du général Nugent et celui du général Marschall, se décida à marcher à Rovigo et à Boara. L'ennemi venait de passer FAdige sur ce dernier point ?

le général Deconchy résolut de l'attaquer,

-et de le forcer a, repasser le fleuve. Le 2, il vint à Fratta; les reconnaissances -qu'il poussa en avant ne trouvèrent aucun ennemi à Lendinara , à Villanova, et à Costa. Le 3, à sept heurës du matin, il se mit en marche dans la direction de Rovigo, par les deux rives de l'Adigetto, en passant par Villanova et par Costa ; des détachemens de chasseurs à cheval éclairaient FAdige et le Canal blanc. Bientôt le général Deconchy rencontra l'ennemi.

Dans la nuit te général Marschall avait placé le régiment d'infanterie de Benjowski en échelons sur l'Adigetto, un bataillon à Lendinara, un à Villanova, un à Costa et un à Roverdière. Les trois derniers bataillons furent suc-

cessivemvés par le général Decon-

Décemb. 1813..

Aflaîre de Rovigo.

Le 3 décemb.

7


cliy, qui n'avait avec lui que deux bataillons et deux escadrons. La ville de Rovigo fut prise, et l'ennemi chassé en désordre au-delà de l'Adige. Le bataillon ennemi qui était à Lendinara et qui aurait pu inquiéter les derrières du général Deconchy, se trouva en présence de deux compagnies du 106e de ligne, qui le continrent. Ces deux compagnies étaient parties de Badia, pour rejoindre le général Deconchy à Villanova. Cependant, ce général qui n'ignorait pas qu'il y avait un bataillon ennemi à Lendinara, mais qui ne pouvait pas diviser sa colone, déjà inférieure aux troupes qu'il allait attaquer, avait laissé un demi-bataillon du 106e à Yillanova, afin de se garder et d'assurer sa retraite sur Treceuta. Cette même faiblesse relative de la colone qu'il avait avec lui et qui n'excédait pas de beaucoup les prisonniers qu'il avait fait, l'obligea à se replier le même soir sur Fratta et Villanova. La perte de l'ennemi monta à 4oo hommes hors de combat et goo prisonniers, dont un major et 12 officiers des régimens de Tipschitz hussard, quelques chasseurs tyroliens et de Benjowski infanterie, arrivé tout récemment d'Allemagne. Il avait joint l'armée le 18 novembre, et s'était trouvé le 19 au combat de St,-Martin , où il perdit


près de i ooo hommes. La notre fut de i3 morts et 35 blessés.

Toutes les troupes de cette expédition 'se firent le plus grand honneur, notamment les grenadiers et voltigeurs des 20e et 101e régimens d'infanterie de ligne, et le 5e régiment de chasseurs à cheval Italien. Le Prince se plut à dire dans sa justice, que ce succès était du aux bonnes dispositions prises par le .général Deconchy, à l'ardeur et à la décision que les troupes montrèrent dans l'attaque.

Ce général rendit le compte le plus flatteur de la conduite du colonel Rambourg, commandant le 5e de chasseurs à cheval Italien, du chef d'escadron Boutarel , du capitaine Scanatti, du même régiment, et du lieutenant de grenadiers Marchant, du 20e de ligne , qui ajoutait-t-il, fit preuve de la plus brillante bravoure. Il cita aussi plusieurs autres officiers, entr'autres du 3e de chasseurs Italien, comme s'étant égalemnt distingués (1).

Le Prince Vice-Roi jugeant que le but des manœuvres de l'enneiîii sur le Bas-Adige était

(1) Les capitaines Bataille et Martin. -.Le.<; lieutenans Ventnrini, Polverani , Pini et Colli. — Les brigadiers Boglietti et Badoski, de la compagnie d'élite.

- Le trompette major Giroldi.,


de pousser le corps du général Nugent dans la Romagne, et de maintenir la communication entre lui et le corps du général Marschall, se décida à faire marcher une division sur ce point (Bas-Adige); mais l'attention de l'ennemi était trop sérieusement porlée sur les mouvemens qu'il faisait vers Rovigo et Ferrare. Ils n'étaient que le résultat des pourparlers qu'il savait alors exister entre les Autrichiens et le Roi de Naples ; si ces négociations réussissaient, c'était par-là qu'ils devaient s'unir aux Napolitains; si, au contraire , elles manquaient, le libre passage de l'Adige et du Pô leur était nécessaire pour assurer la retraite du général Nugent. La Brigade Campi fut envoyée à St.-Michel pour relever la brigade Schmitz, et celle-ci vint prendre poste à Ronco. La division Marcognet se mit alors en mouvement vers le Bas-Adigè. Le 6, elle prit position entre Lendinara et l'Adige, appuyant sa gauche à Rotta Sabadina, et liant sa droite par des postes avec le général Deconchy) à Villanova. Le 8, le général Màrcognet ayant laissé en réserve à Lendinara un bataillon du 106e de ligne, se porta en avant sur trois colones. Celle de gauche fut dirigée vers Concadirame , celle du centre par la rive gauche de PAdigetto j le -général

Affaire de 'B-oarll..

Le b tiécemb.


Deconchy, qui formait la colonne de droite, marcha par la rive droite du même canal. Lacolone de gauche arrivée à Concadirame-, se trouva fortement engagée avec l'ennemi ; le général Jeanin fut même repoussé. Mais la colone du centre qui était alors à sa hau..

tènr, lui ayant envoyé un bataillon du 53e de ligne, le combat se soutint sur ce point autant que le général Marcognet en put juger par les feux, un épais brouillard empêchant de distinguer les objets. Les généraux Marcognet et Deconehy continuèrent leur marche et forcèrent la gauche de l'ennemi à rentrer dans la tête de pont qu'il avait construite à BoaraPolesina. Mais vers les dix heures du soir, les Autrichiens reçurent des renforts. Ils firent alors une vigoureuse sortie de la tête de pont, et ayant en même temps repris l'offensive à Concadirame , le général Marcognet se vit forcé à la retraite , et le yril reprit position à Villanova et Fratta , appuyant sa gauche à Rotta Sabadina. Le 53e de ligne souffrit beaucoup à cette affaire et son brave colonel Grosbon y fut blessé. Le général Marcognet continuant sa retraite, prit pôsition le 10 à Treccuta, Ceuda, Salvaterraj et. Lendinara, après avoir éprouvé les- plus grands, obstacles dans, les deux journées précédentes. Le il,


d'après les ordres du Prince Vice-Roi, cette division se replia en arrière du Castagnaro, sa gauche- à Villa Bartolomea, et sa droite à Treceutaj on fit une tête de pont a la Ratta.

Pendant que ceci se passait à la droite, une colone Autrichienne venant du Tyrol avait passé le Mont-Tonal, et marchait sur Edolo, se dirigeant sur Brescia par le Val Camonica.

Cette colone fut attaquée le 7 par un bataillon du 16e de ligne ( 26e demi-brigade provisoire) de la brigade Gifflenga, et par un petit corps de troupes Italiennes venu de la Valteline, sous les ordres du colonel Neri, qui se distingua. L'ennemi fut battu et repoussé au-delà des montagnes , ayant perdu beaucoup de monde, tués, blessés ou égarés dans les neiges , 100 prisonniers, ses bagages et ses munitions.

Après le combat de Boara, le général Nugent voyant les communications assurées marcha sur Ravenne et poussa des postes vers Forli.

De Ravenne, le 10 décembre, ce général adressa une proclamation aux peuples d'Italie, remplie des plus brillantes promesses, qui leur assurait le souverain bonheur sous le gouvernement de la maison d'Autriche. Pendant la campagne de 181.5, les proclamations étaient devenues à la mode, et s'y sont conservée q

Affaire d'Edolo.

Le y décetnb.


même long-temps après , malgré le ridicule que leur donnait les exagérations eL l'inconvenance de la plupart. Anglais, Russes, Prussiens, Autrichiens, géné ralix .officiers, sousofficiers, commissaires de police, toutle monde s'en mêlait et faisait placarder tant sur les poteaux, plantés au croisé des routes, qu'aux murs d'une cabane, ou à la porte d'un palais, sa sollicitude pour le genre humain, et l'engagement qu'il prenait de rendre les peuples heureux.

Les différens mouvemens de l'ennemi, le retard des troupes Napolitaines ; et peut- être l'incertitude des véritables intentions du Roi de Naples, obligèrent le Prince Vice-Roi à jetter les yeux sur la rive droite du Pô. Il ordonna en conséquence la construction d'un pont à Borgo Forte, et fit armer le fort de Plaisance.

Le 5 décembre , la place de Zara (Dalmatie) après un mois d'attaques préliminaires de siège, et de bombardement effectué, et par suite de l'insurrection d'un bataillon Croate, fort de 900 hommes, qui composait la majeure , partie de la garnison, et qu'il fallut consentir à faire sortir de la place, capitula et se renditJ avec condition de ne servir qu'après échange, au général Tamassich, commandant les troupes

Prise de Zara.


Autrichiennes en Dalmatie, et au capitaine de frégate Cadogan , commandant une division maritime de S. M. B, Tous les honneurs militaires furent accordés à la garnison, réduite alors à 84o hommes, y compris même les 200 marins Illyriens qui fesaient partie de l'équipage des 17 batimens, réduits à 11, des deux flotilles d'Albanie et de Dalmatie , commandées par les capitaines de frégate de la Cbadeneda et de Taulignau. Ces 200 marins-, comme tous les Dalmates qui avaient servie dans la défense de la place, rentrèrent chez eux. Les troupes Italiennes, 75 gendarmes, et 45 canonniers Français, furent conduits, par la voie de terre, à l'armée d'Italie sur l'Adige.

A Venise, la désertion follentée parmi les troupes Italiennes, par les manifestes de l'ennemi, commença if se faire fortement sentir.

Le 2, l'ennemi tenta de surprendre la redoute de Triporte, et fut repoussé. Le 12, le général Dupeyroux fit faire une sortie deChioggiar par un détachement de deux compagnies de f la garde de Venise, 4o douaniers et 60 marins sous les ordres du lieutenant de vaisseau St.-Priest. Cette sortie fut repoussée avec perte tic quelques hommes parmi lesquels l'enseigne D'heureux blessé mortellement.

Le 13, la garnison de Cavanella fit une sor-

Siège de Yenise.


,. tie, détruisit les retrancfiemens de l'ennemi, et lui enleva 8 hommes dont un officier. 'Ce petit succès fut du en partie à deux bateaux canonniers qui tournèrent les retranchemens.

Le 14, l'ennemi dirigea une forte reconnaissance vers la redoute de Treporti, mais quoique soutenue par des bateaux armés longeant le canal de Pordelio, elle fut repoussée avec perte.

A cette époque l'ennemi resserra tellement le blocus de Venise, que toute communication avec le continent devint impossible.

Le 19, le Prince Vice-Roi n'ayant laissé à Castagnaro que le général Deconchy, avec deux bataillons du 106e de ligne et un du 36e léger, fit porter la division Marcognet à Roverchiaro. La division Rouyer appuya sur Vérone, ayant la brigade Schmitz à Ronco. Le 24, environ 5,ooo Autrichiens attaquèrent le général Deconchy à Castagnaro. Ils furent repoussés avec perte d'environ 4oo hommes hors de combat, la notre fut de ïamorls et 100 blessés , parmi les premiers se trouvait le capitaine Mariinet - des voltigeurs du 106e, vivement regretté.

Ce combat fit beaucoup d'honneur aux troupes qui y prirent part, et au général qui les commandait, et qui désigna comme ayant

Affaire de Castagnaro.

Le 24 décemb.


donné des preuves de talens et de çourage, le colonel Poudret de Sevret, du 106e régiment , et le chef de bataillon y du 36e lé-ger, Le sergent de grenadiers Fovonel, du io6* régiment, se fit remarquer par son intrépidité , il reçut trois coup de feu sans quitter sa compagnie.

Apès cette affaire la division Marcognet s'approcha de Castagnaro, où elle envoya un bataillon de renfort, et la brigade Schmilz se rapprocha de Legnago.

Le 25, un bataillon du 53e régiment et le 5e du 1er étranger, qui se trouvaient à Forli y avec deux canons, furent attaqués par le général Nugent, avec des forces très-supérieures Ces deux bataillons furent presque entièrement détruits ou dispersés. A la même époque, la tête des troupes Napolitaines arriva à Rimini et à Imola. Les Autrichiens occupaient Césène et Faenza, sans être inquiétés par les premiers qui se disaient pourtant encore nos alliés. Mais, ils refusèrent de concourir à une expédition sur Ravenne, sous prétexte d'une armistice avec les Autrichiens, et parce que y disaient les généraux, ils ne pouvaient agir sans ordre du Roi.-Cette r éponse faite par le général Filangieri au commandant de Forli, et au général commandant à Bologpe; les inquiétudes


que témoignait le général Barbou, sur la place d'Ancône, où les Napolitains s'étaient introduits à la faveur de leur alliance et des ordres du gouvernement ; tout contribua à obliger le grince Vice-Roi à des mesures de précaution. La conduite plus qu'équivoque des Napolitains à notre égard, les exigeait impérativement. Le 5o décembre, la brigade Napolitaine du général Filangieri venant de la Toscane, entra à Bologne. Le général Fontane, qui y commandait, fit partir pour Milan et Mantoue les troupes et les dépôts qui s'y trouvaient.

Vers la fin du mois, les troupes Italiennes qui étaient en Espagne étant rentrées, et les divers corps de l'armée ayant reçu un assez grand nombre de conscrits, armés , habillés, équipés, et assez bien instruits au dépôt d'Alexandrie, le Prince Yice-Roi réorganisa son armée en 6 divisions de la manière, suivante: 5e ORGANISATION.

ire. liieutenance, le Lieutenant-Général GRENIER: a" Division , Général Router.

Ç 9e de ligne 3 batailJ Général de brigade ,1 e *,> J« • ■ J £ SCHMITZ. , 28" 1/2 briiga(le f £ 1 id 7 ,1.

Général de brigade, f 35* de ligne. 3 4.

DARNA.UD. lier étl'anger. 3 id.

Force, 6,g56 hommes, et 12 bouches à feu.


4e. Division , Général M.&IRCOGX-ET.

Généra] de brigade f l 6e de Jigne Ibataâ- .EANIN. Z 1 id., Généra) d, V i 20e "d JEANIN. ol 1 id.

318 1/2 r I>3i* id. i id.

S., r. ~,,Br. g.pr.vr.. 132. id. 1 id.

361, léger.

- 106" id. 2 idDECOCHY. lU2e de frgne 1 Id.

DECONCHY. y,02 de LIGNE 2 »< * Jio6 id. 2 id-

r orce, 6,207 hommes, et 12 bouches k feov 6e Division , Général ZUCCHI.

( Ie? léger Italien. 2 lataip, Gcnsrsl de bncfluc • I id.

ST. PAUL e, 2e id. id..

N ST. P,&UL I V olontaire id. 2 id.

Général de brigade j Íe de ligne. 2 id.

PAGJLDCGI. S 5e id.,. » idi

Force, 3,383 tommes , et 6 bouches à feu.

2" Iiieulenance le général VERDIER.

Ire Division , Général QUESNEL.

{92e de ligne 3 batail.

Général de trigade, ) ( lor léger i id* G é CAMPi. , 1 30e 1/2 hrig. provre v '4' id. 1 id.

(io* de ligne.. 1 idGénéral de brigade ,f 35e- léger : r idt FORESTIER. 84e de ligne. 3 id*.

Force, 7,384 hommes, et 12 bouches a feu.

3e Division, Général FRESSINET.

y f Ier de ligne.. 1 batail.

Adjud.-Command. J25e 1/-2 brig. provre. 16e id. 1 id.

MONFALCON. (62* id. 2 id.

142e de ligne.. - 2. id.

Général de brigade ,.f „■ id I id.

Pkgot" ,. 7 id. 3 ùL };GOT. 5.1e id.. , , , , , , 3 id..

Force , 5,529 hommes , et 8 bouches à feu.

5e Division , Général PALOMBINI.

Général de brigade ,f3e léger Italien .>lpatailRUGGIERI, S 2E id. * - • - • • • 3 iiL.


c.enëral de hrigade 13e de ligne Italien. 3 id.

général de brigade, ) 6e id.. -1 id.

GALII%IB.ERTI. Gardes de Milan I id.

Force, 5,355 hommes, et 8 bouches à tfeH. J Cavalerie. Général MERMET.

Général de brigade , J 3e chasseurs Italien. 4 escad RAMBOURG. ■ | id. Français 2 id.

Général de brigade , f 4e chasseurs Italien * a id..

BONNEMAUiS. 131te id. Français. 3 1/2 id.

Général de Brigade , fjer - hussards français. 4 id.

PERREYMOND. < - PERREYMOND. t Dragons de la R eserve. 3 id.

Force, 3,010 hommes, et 6 bouches à feu.

Réserve, Général LECHI.

{Une compagnie de Gardes d'honneur.

C-. ar Yélites royaux I escïdt; ar e cre«»di„; a. id.

1 [ Chasseurs à pied. 2 id.

Force, 3,148 hommes, et 12 bouches à feu.

La première lieutenance avait son quartiergénéral à Isola-Porcarizza; la 2E division oc- IV cupait Vallese et Isol a- Porcarizza; la 4e Legnago et Castagnaro ; la 6e division Mantoue.

La 2e lieutenance avait son quartier-général à Vérone; la 2 d-ivision occupait Veronette et St.-Michel; la 3e Vérone; la 5e Caprino, Rivoli et Bussolengo.

La cavalerie occupait Vigo , St.-Giovanni, Lùpotolo et Bavolone.La garde royale occupait Vérone et VillaFranca.

9 Le quartier-géneral était à Vérone.

1


La reserve d artillerie, avec 14 bouches à feu était à Valeggio.

Le grand pare- d'artillerie, avec le matériel conservé, était à Mantoue. Le matériel excédent avait été envoyé à Alexandrie.

Pendant les premiers jours du mois de janvier, l'armée d'Italie se maintint dans la ligne de l'Adige , depuis le Montebaldo jusqu'à Castagnaro.Les Napolitains se réunissaient dans les départemens du Reno, du Rubicon et du BasPô. Ils occupaient la ville d'Ancône, et ils avaient même essayé de s'introduire dans la citadelle, mais le général Barbou n'y voulut pas consentir. A Venise, les froids causèrent de nombreuses maladies parmi les troupes qui gardaient les lagunes. Le 6, une reconnaissance de la place détruisit les retranchemens ennemis de l'île de Treporti. Le 7 , la garnison de la Cavanella en fit également une, et élargit un pe u la ligne du blocus. Le 3 5 , le général Dnpeyroux essaya avec un détachement de 5oo bom-.

mes et 4 chaloupés canonnières, de chasser l'ennemi de la tour tle Bébbée., où il s'était retranché; mais il ne put y réussir. Le fort de Grado , à l'embouchure de l'Isonzo, se trouvant dépourvu de vivres, la garnison et les batimens de guerre qui y étaient rentrèrent à

Janvier \814-

Siége de V<> nise.


Venise le 19. Le 27, le général Schilt fit une sortie de Malghera, et enleva les retranchemens de l'ennemi qui fut poussé jusqu'à Mestre.

Une sortie faite le même jour de Chioggia, y ramena une cinquantaine de bœufs. Dans le courant de ce mois, les croiseurs Français et Italiens ramenèrent à Venise quelques bateaux c hargés de grains et de vivres. Le Ier février, la flotille qui était à Ancône rentra à Venise.

Le 16 janvier , l'officier-général du Roi de Naples , qui commandait à Rome un corps de 5ooo. hommes, se déclara commandant supérieur des Etats - Romains , et prit possession du pays. Les postes Français furent relevés par des troupes Napolitaines, et les troupes Françaises qui se trouvaient près du général Miollis se retirèrent avec leur commandant au château St.-Ange. Les troupes postés à la gauche du Tibre et dans le département de Thrasymêne, furent dirigées sur la Toscane. Cependant la garnison du chateau St.-Ange fut bloquée par les Napolitains dès le 20; elle comptait 1800 hommes, parmi les- quels il n'y avait que 1000 combattans. Le général Miollis surpris par la brusque déclaration des Napolitains, ne fut pas à temps de completer l'approvisionnement de ce fort y il n'avait que 15 boeufs et du bled en grains. Il fallut

Affaire de Rome.

Blocus du château St.Ange,


faire distribuer de la viande de cheval, et faire construire des moulins à bras.

La garnison de Civita-Vecchia, commandée par le général Lasalcelte, était composé de i,4oo hommes, dont 1,000 combattans. Les Napolitains n'ayant commencé le blocus de cette place que vers le 27, le général Lasalcette profita de ce retard pour se procurer des vivres qu'il eut bientôt en abondance ?

tant pour la garnison que pour 800 forçats qui étaient au bagne, et l'aidèrent beaucoup pour les travaux de la place.

Pendant que les Napolitains bloquaient ces deux places, et se rendaient maîtres de la presque totalité des Etats Romains, ils avaient commencé le siège de la citadelle d'Ancône, où le général Barbou s'était renfermé. Les hostilités n'étaient pas encore commencées dans la Haute-Italie, mais le Roi de Naples qui.

avait 9,000 hommes d'infanterie et 4,000 chevaux à Bologne, fit occuper Modène, Ferrare et Cento.

Alors, le Prince Vice-Roi ordonna au général Gratien qui réunissait à Alexandrie la première division de l'armée de réserve d'Italie , de se rendre à Plaisance. Cette division était cependant loin d'être complette, et à son arrivée à Plaisance, le 28 janvier, elle ne comptait

Blocus de Civita- V ecchia.

Siège de la citndclle.d'AneÓne.


Cômptait que 3,5oo combattans à peine armés.

A cette même époque, le Prince Camille Borghèse, gouverneur général de la France Transalpine, apprit que les Anglais préparaient une expédition en Sicile, pour s'emparer de Livourne, et attaquer Gênes. Il ordonna en conséquence au général de division Fresia d'aller prendre le commandement supérieur de cette dernière place et du littoral, en remplacement du général Montchoisy, qui était malade. Le général Fresia se trouvait alors à Turin, occupé à organiser une division de l'armée de réserve, dont il devait prendre le commandement.

A son arrivée à Gênes, le général Fresia vit bientôt qu'il n'avait pas assez de troupes pour défendre un littoral aussi étendu, ni même d'approvisionnemens pour soutenir un long siège. Il réclama auprès du Prince Camille, mais il est probable que les circonstances ne permirent pas d'avoir égard à ses observations. Le général Fresia ne trouva dans tout son commandement que 4,5oo combattans qui étaient répartis à la Spezia, Bardi, Gavi, Borgo di val Taro, Pontremoli , Gênes, Savone, et le long de la côte. Le manque de fonds avait singulièrement ralenti les travaux des forts de Quezzi , Ste. Thecle, Richelieu et

Défense dtGênes.


autres, de la défense de Gênes et du littoral.

Ces forts, ainsi que celui de Ste.-Marie, élevés pour la défense du Golphe de la Spezia, ne se trouvaient pas à l'abri d'un coup de main, en sorte que le général Fresia crut nécessaire de faire enlever la plus grande partie du matériel et des munitions qui se trouvaient en quantités considérables au fort Ste.-Marie.

Quarante-quatre pièces d'artillerie, en bronze, furent transportées à Gênes. Quelques fonds que fit le prince Camille furent employés à la réparation du fort et des redoutes de la Spézia, et à celle des fortsde l'Eperon et du Diamant, à Gênes.

La défense de la ville de la Spézia, étant subordonnée à celle de Borgo di val Taro etde Pontremoli, dont la perte était à craindre, le général de brigade Rouyer St.-Victor, qui commandait les troupes de la rivière du levant, les réunit derrière la Magra , et se disposa à défendre le passage de cette rivière.

La conduite constamment équivoque du Roi de Naples, et les mouvemens de ses troupes qui s'avançaient toujours vers Parme, ne laissaient plus lieu à douter de sa défection.

La déclaration de guerre pouvait arriver d'un instant à l'autre, et semblait n'attendre, pour paraître, que le moment où les troupes Napoli*


tain es auraient pris la position que le Roi jugeait nécessaire pour faire, sans danger, sa jonction avec les Autrichiens. Dans cette position critique, il était impossible que l'armée d'Italie continuât à garder la ligne de l'Adige, ayant les Napolitains derrière son aile droite. Le Prince Vice-Roi fit donc, à la fin du mois de janvier y ses dispositions pour reployer l'armée derrière le Mincio.

A la même époque ) on apprit par les rapports du général Montrichard , commandant la 2e. division militaire des provinces Illyriennes, que Cattaro avait capitulé le 6 décembre, et Raguse, le 28.

Les garnisons de ces deux places) qui ne se composaient, pour ce qui concernait l'infanterie , que de troupes Italiennes, du 4.* régiment d'infanterie légère et de quelques centaines de Croates, sur lesquels on ne pouvait _compter, se trouvaient alors réduites, la première , à 200 hommes du 3.e bataillon de ce régiment, et à dix canonniers seulement, pour servit 65 bouches à feu. La seconde, à 56o hommes du 4.'bataillon y 5o canonniers du 2. è régiment d'artillerie à pied, et 22 gendarmes Français, à quelques canonniers gardes-côtes et à des volontaires organisés en compagnie, t

Pert e de Cat-c.

taro et de Raguse.


qui, comme la garde nationale, abandonnaient journellement leurs drapeaux.

A Cattaro, le général Gauthier, qui y commandait, trahi par quelques individus et abandonné par la majeure partie de ses troupes, après un blocus de trois mois et demi, un bombardement de dix jours, et après avoir épuisé toutes ses ressources et tous ses moyens pour prolonger la défense de cette place, fut obligé de céder et de la remettre, par suite d'une honorable capitulation, au capitaine de vaisseau Anglais Hoste, commandant les forces navales de S. M. Britannique.

Le général Montrichard , à Raguse , fut de même contraint, vingt-deux jours après, de remettre cette place, également par suite d'une honorable capitulation, aux troupes Autrichiennes et Anglaises, sous le commandement du général-major Autrichien Milatinovich (Croate), et du capitaine de vaisseau Hoste , commandant les forces navales britanniques, dans toute cette partie de l'Adriatique, qui faisaient le siège de Raguse. Il est à remarquer que ce ne fut qu'après quatre mois de communication interrompue avec l'armée d'Italie, trois mois d'insurrection de la province de Raguse, cinquante-sept jours r blocus, la


désertion des Croates efrdescanonniërs gardescôtes , la défecpon de la garde nationale" et des volontaires, six jours de bombardement, et deux jours de révolte des habitans contre la garnison, que le général Montrichard se détermina à capituler pour la reddition de cette place qu'il- ne pouvait plus défendre.

Il fut stipulé dans l'une et l'autre des deux capitulations, que les troupes auxquelles tous les honneurs de la guerre étaient accordés, seraient transportées par mer aux frais des alliés, dans un des ports d'Italie, et considérées comme prisonnières de guerre jusqu'à leur échange. Les troupes delà garnison deCattaro, furent en. effet transportées' à Ancône, mais celles de Raguse furent dirigéespar la voie de terre, et arrivèrent à l'armée d'Italie sur l'A.dige, par le Tyrol.

Le i.er février, une proclamation annonça à l'armée d'Italie létat de guerre où on allait se trouver avec les Napolitains et le mouvement rétrograde qui en était le résultat. Ce n'est pas -que le Roi de Naples en eût fait la déclaration formelle, mais l'existence du traité qu'il avait -conclu le Il janvier aveç l'Autriche commençait à être connue.

Le 5, le mouvement rétrograde de l'armée d'Italie commença. La l .re et la 2.e divisions res-

Février I8I4-

Mouvement en arrière sur le Mincio


tèrent en rideau sur le bord de l'Adige. Les 5.% 4.® et 6.% avec la garde royale, se portèrent sur le Mincio. La 5.e division vint à Castelnovo, laissant, pendant la journée, la ligne de ses postes à Rivoli et à la Corona. Le 4, l'armée sd rendit dans les nouveaux emplacemens qui lui avaient été destinés sur la nouvelle ligne. Le général Bonnemains qui était depuis le 17 à Zevio, avec sa brigade, fut chargé de l'évacuation de Vérone et du commandement de l'arrièregarde; on ajouta, pour cet effet, deux bataillons d'infanterie de la l.re division à sa bri.

gade de cavalerie. Il prit position, le 4, à Villafranca, ayant sa réserve à Mozzacane. Le mêmo soir, il battit une avant-garde ennemie de 6 bataillons et six escadrons, sous les ordres du général Stefanini, qui fut repoussé à une lieuç en arrière de Villafranca avec perte de quelques hommes faits prisonniers.

Notre perte fut de 5 hommes tués et de a5 blessés.

Le 5.e bataillon du l.cr régiment d'infanterie légère, commandé par son chef Santolini, contribua beaucoup à l'avantage remporté sur l'ennemi. Le colonel Desmichel, le chef d'escadron d'Espinchal, le lieutenant Audibert, le sous-lieutenant Dubourd ieu, et le maréclial-deslogis Xonal du 5i.e de chasseurs à cheval ren-

Âflaire île Villafranca.

Le 4 février.


dirent aussi des services signalés, ainsi que le capitaine Séréville, aide-de-camp du général Bonnemains, qui fut blessé. t Plusieurs officiers, sous-officiers et soldats du l.er régiment d'infanterie légère se distinguèrent également ( 1 ).

L'armée Autrichienne ayant passé l'Adige, le 4, se déploya de suite à la rive gauche du Mincio. Ce déployement donna lieu à quelques rectifications dans le placement de l'armée d'Italie. Le 7, elle occupa les positions suivantes : la ¡.re lieutenance, la division Rouyer à Mantoue, ayant deux bataillons à Borgoforte. La division Marcognet à Bozzolo et dans les environs. La division Zucchi à Mantoue, ayant deux bataillons à Governolo et Borgoforte.

Deuxième lieutenance. La division Quesnel à Goito et aux environs. La division Fressinet à Borghetto , Volta et en face de Pozzolo. La division Palombini à Peschiera et Monzambano.

( 1 ) Les lieutenans Danane, Massare et Habon. —

L'adjudant sous-officier Quentat. — Les sergens La- marque , Lacroix , Halard, Genetier et La Cuire.

- Les carabiniers Michot et Marlin. — Le chasseur Castagnolet.


La cavalerie. La i re brigade à Mantoue ; la j 2.e en arrière de Goito; la 5.e à Rivalta, Sarginesco et Castellucchio.

La garde-royale et le quartier-général à Mantoue.

Le Prince Vice-Roi s'appercevant que l'armée Autrichienne paraissait vouloir le serrer de près, pensa qu'il fallait chercher à s'en dégager, et en conséquence il prit des mesures pour faire passer à la droite du Pô une partie de son armée, afin de marcher d'abord contre les Napolitains, quoiqu'il n'y eût point encore, de leur part, de déclaration de guerre, et que le Roi de Naples eût désavoué un ordre du jour daté de Bologne, du 3o janvier i8i4 (i).

Dès le 7, il fit tous les préparatifs pour un mouvement combiné dont le but était de rejeter l'ennemi sur la ligne de l'Adige, et de paralyser ses mouvemens pendant quelque temps. Le 8 au matin, les 2.e et 4.e divisions et la garde royale débouchèrent de Mantoue, se dirigeant sur Valeggio, par Roverbella et Pozzolo. La i re division, avec les 2.e et 5.e bri-

( i ) Cet ordre du jour , commençait par ces mots : « Soldats : aussi longtemps que j'ai pu croire. » Et finissait par ceux-ci : « Guerre et deuil dans toutes les familles. »

Bataille du Mincio.

Le 8 février.


gades de cavalerie, passèrent le pont de Goito, et vinrent par Roverbella prendre la droite de l'armée. L'avant-garde de ces trois divisions, composée du 5i.c de chasseurs à cheval, des deux bataillons du l.er et i4.e légers et de 4 canons fut confiée au général Bonnemains. La division Zucchi se porta dans la direction d'Isola della Scala pour contenir et observer le flanc gauche de l'ennemi. La division Fressinet se réunit sur les hauteurs en avant de Monzambano pour y passer le Mincio et suivre le mouvement de l'armée. La division Paloilibini devait déboucher de Peschiera, se dirigeant par les hauteurs de Cavalcassella et de Salionze, pour se réunir à la 5.® division.

Par une de ces combinaisons dont on rencontre un petit nombre d'exemples, le maréchal de Bellegarde avait décidé de passer le Mincio le même jour, à Borghetto. Les éclaireurs de l'avant-garde Française qui avaient débouché de Goito, rencontrèrent, à peu de distance, les premiers postes de cavalerie ennemie qui furent culbutés. Après le passage des ponts de Villabona , et pendant que le général Bonnemains formait ses troupes sur le plateau, deux pelotons de tirailleurs du 5i. e de chasseurs firent mettre bas les armes à 150 hommes d'in-


fanterie Autrichienne, près du village de Massimhona. Dans le même temps, le chef d'esca. dron d'Espinchal, qui éclairait la gauche avec un escadron du même régiment, fit poser les armes à 3oo hommes d'infanterie, dont 12 of1 ficiers, entre Maringo et Roverbella. Alors" l'avant-garde reçut l'ordre de se porter en avant jusqu'à l'extrême droite du corps d'armée, et de faire ensuite un changement de direction à gauche vers Valeggio. Pendant ce mouvement, les éclaireurs prirent une colonne de bagages qui se rendait à Villafranca avec son escorte.

A la hauteur de Pozzolo l'ennemi fut trouvé en position. Le général Bonnemains fit former ses deux bataillons d'infanterie légère ayant les quatre bouches à feu sur leur front, et plaça le 5i.e de chasseurs de manière à couvrir la droite. La canonnade s'engagea. Alors la cavalerie Autrichienne se prépara à charger la gauche des deux bataillons; mais le 3i* de chasseurs, par un changement de front à gauche , empêcha ce mouvement. Les forces de l'ennemi s'augmentant considérablement sur la droite et sur son front, l'affaire devint sérieuse. L'avant- garde exposée au feu de 18 pièces d'artillerie, souffrit beaucoup; le colonel Chevalier, à la suite du 31 .e de chasseurs


fut tué. Cet officier supérieur venait de quitter le service du Roi de Naples.

t Pendant que la droite de l'armée d'Italie exécutait ainsi son mouvement sur Valeggio, un gros corps Autrichien avait passé le Mincio à Borghetto. L'avant-garde ennemie, ayant surpris un poste Italien qui était sur ce point, se répandit dans la plaine, où elle ne trouva plus aucunes troupes de la division Fressinet qui était déjà réunie en avant de Monzambano.

Cette avant-garde couvrit par son mouvement la reconstruction du pont de Borghetto. Mais ses éclaireurs ayant paru à la vue de la division Fressinet, le général Verdier établit de suite cette division en position de bataille et donna ordre à la 5.e de rentrer à Peschiéra.

Le corps principal de l'armée d'Italie ayant poussé devant lui les postes ennemis et fait quelques prisonniers, dépassa Roverbella, où la division Marcognet resta en position, couvrant les routes de Mantoue et de Yaleggio. A la hauteur de Pozzolo, la partie de l'armée Autrichienne qui n'avait pas passé le Mincio fut trouvée en position et aux prises avec le général Bonnemains. Le combat s'engagea avec vigueur sur toute la ligne. Le village de Pozzolo fut enlevé, avec la plus grande bravoure, par la brigade du général Forestier, qui se


trouvait sous les ordres du général Mermet, commandant la cavalerie, et l'ennemi fut obligé de retirer tous les attirails de pont qu'il avait préparés. Après sept heures d'un combat acharné, les divisions Rouyer et Quesnel couronnèrent , à la nuit, les hauteurs de Tozzolo, appuyant leur droite, à Quaderni. Pen')

dant le combat y le 10er régiment de kussards ayant mal exécuté .l'ordre qui lui avait été donné de se porter à J'appui de l'avant-garde, j et de changer la cavalerie Autrichienne, se laissa prévenir par cette dernière. Il fut chargé j dans son déploiement et culbuté, perdit une partie de son artillerie, qui fut ensuite reprise, et eut plusieurs hussards tués , beaucoup de blessés et d'autres faits prisonniers. Le désordre se serait, sans doute, répandu sur les troupes voisines, et aurait pu avoir des suites plus fâ- cheuses, si le Prince Vice-Roi qui élaitFrésen, neu t disposé en carré les deux bataillons des l.t et I4.C légers, et arrêté ainsi la poursuite de l'ennemi. Le capitaine Hautz, adjoint à l'étatmajor, officier digne de regret, fut tué dans cette circonstance (i).

(i) Son frère aîné, chef de bataillon, a. premier régiment étranger, qui s'était également distingué, avait déjà péri de la même manière dans cette campagne.


Pendant que la brigade Forestier attaquait Pozzolo, plusieurs carrés d'infanterie Autrichienne s'avancèrent sur notre droite, contre les troupes du général Bonnemains. Le 5i.e de chasseurs, sans attendre les ordres du général, fit une charge sur cette infanterie. La charge manqua, mais le 5] .e de chasseurs se replia sans désordre, sous la protection des deux bataillons des 1.er et i4.e légers, qui reçurent et repoussèrent les carrés Autrichiens. Alors cinq escadrons de dragons ennemis, s'étant avancés pour soutenir leur infanterie, le 5i.e de chasseurs qui n'avait que 5oo hommes, les chargea et les culbuta, en désordre, jusqu'à Quaderni.

Cette charge coûta 150 hommes à l'ennemi.

Le succès de cette charge découvrant la gauche de l'ennemi, le décida à la retraite.

Les bataillons des 10er et 14. e légers le suivirent de près, et lui firent éprouver de grandes pertes. La compagnie d'artillerie à cheval Italienne du capitaine Mussita, qui avait appuyé la charge précédente, s'avança en même temps, et, par son feu, dispersa les dragons ennemis qui s'étaient ralliés à la seconde ligne et se disposaient à une nouvelle charge.

Cependant le général Verdier qui, vu le passage de l'ennemi à Borghetto, avait concentré, de suite, la division Fressinet sur les


hauteurs en avant de Monzambano, avait été peu après vigoureusement attaqué. Le maréchal de Bellegarde avait fait passer environ 18 mille hommes, qui, se prolongeant touj ours vers leur gauche, menaçaient de tourner la droite de la division Fressinet que les éclaireurs de l'ennemi avaient même déjà débordé (1) et de l'acculer au Mincio; tandis que la gauche, appuyée à cette rivière > était fortement pressée. Les efforts de l'ennemi furent constamment repoussés jusqties vers deux heures et demie. Alors les munitions commençant à manquer, le général Verdier se vit au moment de succomber sous la masse des ennemis. Il fit, à la vérité, avancer en hâte le parc de réserve de la 5»* division, et les troupes furent de nouveau approvisionnées en cartouches. Mais le manque qu'en avaient éprouvé quelques bataillons avait déjà causé un flottement difficile à réparer, et la situation devenait, de moment en moment, plus critique, lorsque le canon des autres divisions se faisant entendre à la gauche du Mincio, à Pozzolo, ranima le courage des troupes.

(1) Quelques équipages, notamment partie de ceux appartenants au 31. e de chasseurs, furent même enlevésdu côté de Goito.


Le général Verdier, parfaitement secondé par les généraux et les officiers supérieurs, sous ses ordres, profita de cet élan, et une dernière et vigoureuse charge, renversa l'ennemi et l'obligea à repasser le pont.

La perte de l'ennemi s'éleva, dans cette journée, à 5,ooo hommes mis hors de combat, et à 5,ooo prisonniers des régiinens de Deutschmeister, Reiski, de la réserve des grenadiers, des dragons de Hohenloë et autres. L'avantgarde, qui se couvrit de gloire, en fit à elle seule 800. Notre perte fut de 2,5oo hommes hors de combat. Parmi les officiers, qui au corps principal se distinguèrent le plus, on cita le colonel Desmichel et le chef d'escadron d'Espinchal, du 5i.e de chasseurs, les chefs de bataillons Santolini et Noël, des i er et I4.e légers, le capitaine Mussita et le capitaine en second Camûri, de l'artillerie à cheval Italienne.

Toutes les armes rivalisèrent de gloire et se secondèrent parfaitement.

Le Prince Vice-Roi exprima sa satisfaction aux généraux qui tous avaient dirigé leurs troupes avec une grande distinction, et exécuté les dispositions qui leur avaient été prescrites avec un ensemble remarquable et la plus parfaite précision.

Le colonel Tissot, du 9.e régiment, fut cité


par le lieutenant général ete Grenier, cotninat1 dant la I.re lieutenance, comme ayant donné de nouvelles preuves d'une brillante bravoure, et l'adjudant-commandant Dlgpin, pour un of.

neier d'un sang froid imperturbable et ayant une grande habitude de la guerre. Le colonel de Vautier, du 84-e régiment, fut aussi l'objet des éloges de son lieutenant-général, dont le rapport au Prince Vice-Roi fit également mention de quelques autres officiers, sousofficiers et soldats qui n'avaient pas moins mérité (i).

(1 ) Leclief de bataillon Poirier, du io.° de ligne. — Le chef de bataillon Fournier, du 840 idem. — Les lieutenans Gauge et Mach, idem. — Les sous-lientenans Phclipeaux, Pechard , Le magny, Parmentier et Pouvreaud, idem.

* Le 92. e Régiment de ligne. - Les chefs de bataillon Guillerminet Lallemand.—Le capitaine Hérisson, commandant le i.er bataillon. — Les capitaines Faure , Gayral , Robert et Thomas. — Les lieutenans Déclume, Duthu, ChaufFart, Capella et Baudot. - Les sous-lieutenans Tartarin, Huet, Nimes, Folin et Lobrot. - Le Sergent-major Montois. — Les sergens Jacquet, Lafoy, Florentin, Bertin, Marmonier, Clément, Godot et Carret. — Le grenadier Verdet. —

Le voltigeur Bouvanet.

1 Le 4. ® d'artillerie à pied. — Les sergens Georgeot et Jouanin. — Le caporal Refaix. -"! Le marécbal-desLe


- te rapport officiel du général C.1* Verdi er, commandant la 2.e lieutenânce, contenait aussi divers éloges non- moins honorabes, notamment à l'égard des généraux Fressinet et M ontfalcon, qui prouvèrent dans cette journée, ainsi que l'adjudant commandant Dequerelies, chef d'état-major de cette lieutenânce, ce que peut la valeur contre le nombre. Ce dernier souvent employé dans les momens les plus difficiles; rendit des services réels, ainsi que les officiers d'étataiot, sous ses ordres, cités avantageusement comme plusieurs autres dans le même rapport (i). -•

logis du train, Mollet. - Le brigadier Sciau, idem.

.Le capitaine Ricard, aide-de-camp du généràlQues»el. — Descombes, aide-de-camp du gcliéral Forestier.

-Le capitaine Ferrey ,aide-de-camp du général Campi.

— Le capitaine Pontaux , adjoint à l'état-major..

Le commissaire des guerres adjoint, Bulongue, fut cité pour le zèle et l'activité qu'il mit à faire enlever du champ de bataille et soigner les blessés.

Le maréchal-des-logis de gendarmerie Pimbel, le brigadier Dazin, idem.

l ( 1 ) Le colonel Merdier, du 53.e de ligne. -Le colonel Ercule", du 4. e de c hasseurs à cheval Italiens. —Le major D ubois, idem. —Le chef de bataillon Fonvielle, du j. e de ligner —Le chef de bataillon Gauchais, du 62.0 idem, —Le capitaine Lagarenne, du 53 j^e ligne. ; Le capitainé Lebrun , aide-de-camp du général C.te .Verdier.Le cap.Cottin, aide-de-caitfp du général Fressinet.


Dans celui du général B.on Mermet, commandant la cavalerie, comme dans le rapport particulier du général Quesnel, commandant la l.re division, l'on distinguait le général Bonnemains, déjà cité pour sa conduite au-dessus de tout éloge, l'adjudant-commandant Deri vaux, chef d' état.-maj or de la cavalerie, le colonel Desmichel et le chef d'escadron d'Espinchal, du 5i.e de chasseurs , le colonel Narboni, commandant le régiment des dragons de la Reine, le colonel Ercule , le major Dubois, du 4.e de chasseurs Italiens, et autres (1).

A la division du général Zucchi on eut à regretter le colonel Millo, de l'artillerie Italienne , tué de trois coups de feu, au moment où il venait de rendre des services importans ,

( i ) Du "l.e de chasseurs à cheval. — Les capitaines Ricaumont , Autricet et Caquesni. — L'adjudantmajor Duhoux. — Les sous-lieutenans Fath et Schrciner. — Le brigadier Radersdorff.

Du 4. e de chasseurs Italiens. — Le chef d'escadron Cingia Bassano. —L'adjudant-major Migliorini. — Les capitaines Zaffanelli et Bianchi. — Les lieutenans Ceretti et Bonacina. — Les capitaines Riché et Bonsergent. —

Les sous-lieutenans Audinot, Zombonclli, Bastide et Ciciorini. — Les maréchaux-des-logisSacchi et Bonvari.

Le lieutenant Castelli, du régiment de la Reine dragons, remplissant les "fonctions d'officier d'état-major à la cavalerie., qui eut une jambe emportée.


en contribuant à repousser quelques bataillons ennemis et à lui prendre 150 hommes que le général £ ucchi ramena à Mantoue.

A celle du général Palombini, qui n'eut a combattre que jusqu'à deux heures de l'après midi à Cavalcasella, plusieurs officiers et sousofficiers s'y firent remarquer ( 1 ).

Dans l'artillerie, en outre des officiers dont il a déjà été fait mention , le général Bon. St..

Laurent, Commandant cette arme, eut beaucoup à se louer du colonel Ravicchio, chef d'état-major, des capitaines Faure, du 4.e à cheval, et Moreau, du 4.e à pied, attachés à la l.re division.

On ne se distingua pas moins au corps du génie dans le peu qu'il y eut à faire pour le service de cette arme, commandée par le général B.onDode, dont l'état-major était parfaitement dirigé par le chef de bataillon de Beaufort d'Hautpoul. Plusieurs officiers de cette arme, souvent employés par leur position parti cu-

(i) Le chef de bataillon Delpinto, du 6.e de ligne Italien. —Le sous-lieutenant Degiuli, idem. — Le capitaine de grenadiers Caprini, du 3. e de ligne Italien. Le lieutenant Nardini, idem. — Le chef de bataillon Forcioli, du 2." de ligne Italien. — Le chef de bataillon Bacarini , chef d'état-major de la 5. e division. — Le capitaine Solera, aide-de-camp du général Bertoletti.


lière, dans les fonctions d'officiers d'état-major, rendirent d'importans services.

Les aides-de-camp du Prince, général en chef, ses officiers d'ordonnance, et les officiersde l'état-major général concoururent par tout ce qui distingue de braves officiers, au gain de cette bataille, d'autant plus glorieuso pour les troupes et tout ce qui eut l'avantage d'y prendre part, que l'ennemi avait déployé une grande valeur.

Le lendemain, le Prince Vice-Roi, voulant, rentrer en coplmunication avec le général Verdier, fit repasser le Mincio à son armée.

Le général Bonnemains couvrit le mouvement jusqu'à Goito. L'ennemi ayant conservé. son pont de Borghetto, menaçaitle général Verdier d'une nouvelle attaque. La 6.e division rentra à Mantoue; la 1 re occupa Goito, ayant des postes en face de Pozzolo ; la 4.® prit position à Volta; la 2.e à Guidizzolo; la 3.e resta à Monzambano.

Dans la nuit-du-9 au 10, les Autrichiens firent passer le pont de Borghetto, à environ 10 mille hommes d'infanterie et 2 mille chevaux , afin de s'établir à la droite du Mincio.

Mais le Prince Vice-Roi et le général Grenier ayant marché sur eux de Volta, avec la division Marcognet, tandis que le général Ver-

Affaire de Borghetto.

Le 10 février.


dier, avec la division Fressinet, avançait de Monzambano, l'ennemi fut battu et rechassé au-delà du Mincio. La perte des Autrichiens monta à environ 4oo hommes, dont 200 prisonniers; la nôtre fut de 20 morts et ibo blessés ; ainsi la seconde tentative de l'ennemi, pour s'établir à la droite du Mincio , fut déjouée comme la première. Le il , la division Marcognet se plaça, la gauche à Borghetto et la droite en face de Pozzolo; la division Rouyer envoya une brigade à Volta.

Le i4, les Autrichiens ayant fait passer un corps de troupes par la Val Trompia et par la Val Sabbia, afin de faire une tentative sur Brescia, le général Bonfanti, qui commandait dans cette dernière ville, réunit tout ce qu'il put de troupes éparses dans les diverses vallées, et marcha au-devant d'eux. Il les attaqua le 15, avec un bataillon du 35.® léger, un du 6.e de ligne Italien et i5o gendarmes. L'ennemi fut battu, perdit environ 3oo hommes et 70 prisonniers du régiment de Lindenau, y compris trois officiers, dont deux de grade supérieur.

Le général Bonfanti se loua de la conduite du colonel Duché, du 35.e léger, et du chef de bataillon Gillot, du 6.6 de ligne.

Dans le même temps, un corps Autrichien de 2 mille hommes s'était porté sur Salo, et y

Affaire de Gardona.

Le 14 février.

Affaire dit Salo.

Le lôfcvries.


avait pris position, tandis qu"un autre corps d'environ 2 mille hommes bloquait la Rocc^ d'Anfo et occupait la Val Sabbia. Le Prince Vice-Roi résolut de s'y rendre en personne avec la garde Italienne. Le 16, le général Théodore Lecchi, qui était parti de Desenzano J attaqua l'ennemi dans Salo, après avoir eplié tous les avant-postes.

La ville fut forcée et les Autrichiens repoussés jusqu'à Maderno. Le 17, le colonel Peraldi, à la tête des chasseurs et de quelques dragons de la garde royale, les y attaqua et les dispersa; ce qui parvint à se réunir se retira précipjtam ment sur Toscolano. La perte de l'ennemi fut d'environ 600 hommes, dont 36o prisonniers.

La nôtre de 22 morts, parmi lesquels le capitaine Guerra, l'adjudant-major Pampolini et le lieutenantLittaqui s'étaient distingués, et62 blessés, La belle conduite du colonel Peraldi, dans ces deux journées, fut citée à l'ordre de l'armée, (t les rapports officiels firent mention de la distinction des services du capitaine Casali, des grenadiers de la garde, des lieutenans V itali et Prina, des gardes d'honneur, du capitaine Gubernatis, du lieutenant Sabatini, du sous-lieutenant Giordani, du sergent Castagnari, du garde d'honneur Foscari et du dragon Pecinetti, de la garde-royale.


LecapitaineTempié, commandant la flottille du lac de Garda contribua aux avantages de la journée du I, en canonnant les troupes ennemies, sur la route le long du lac, et les forçant à se rejeter dans les montagnes où plusieurs centaines d'hommes se dispersèrent.

A cette époque , le Prince Vice-Roi se décida à employer le fonds des 5.e et 6.e divisions aux garnisons de Mantoue et Peschiera, et à ne conserver autant que possible, en ligne, que les divisions françaises et la garde, comme réserve. La désertion, qui commençait à se manifester fortement dans les troupes Italiennes, fut un des principaux motifs de cette mesure.

De ce moment, peu de ces troupes furent employées en ligne.

L'armée active reçut en conséquence une nouvelle organisation, ainsi qu'il suit : 6e ORGANISATION.

Le quartier-général de l'armée resta à la Volta; celui de l'armée Autrichienne était à Villafranca.

Aucun changement dans la composition de Vétat-major général.

J.rC Lieutenance, le lieutenant-général C.te GRENIER.

2E Division, général ROUYER.

Le chef de bataillon ERNOUF, faisant fonctions de chef de l'état-major.

Général de brigade, { g.- de ligne. 3 batail.

SCHMITZ. (28.- i/a brigade provisoire 2 id.


Général de brigade, {350 de llSlle i , 3 bat.

DARNAUD. 3E léger 1 id.

T:" ! or étranger. t id.

r oree, 0,008 hommes et 12 bouchçs à feu.

4e Division , général MARCOGNET.

L'adjudant-commandant DE BREST, chef d'état-major.

Ceneralde brigade , 29. 1 /a brig.de provisoire. 3 iatail.

JEANIN. 31. id. 2 id.

Général de brigade , '<I 36. légr *. i id. Général de hrigade, -02* de lgne. 2 id.

DECONCBY.. J 06- id. 3 id

Force, 7,679 hommes et 12 bouches à feu.

'!Je Lieutenance, général Cte VERDIER.

Ire Division , général QUESNEL.

L'adjudant-commandant DUPIN, chef de l'état-major.

Général d brigade. {9e de ligne 3 batailr CAMPI. 30e 1/2 brigade provisoire. 3 id.

Général de brigade ,/35e léser 1 id.

'er y id.

- FORESTIER. 84 de ligne 3 id.

torce, 6,463 hommes et 12 bouches à feu.

3E DiviSîon , général FRESSINET.

L'adj udant-commandant VERMASEN, chef de l'état-major.

Général de brigade ,f25" \f% brigade provisoire 3 batail.

MONTFALCON. J2. de ligne 3 id.

{ 3e léger. 1 id.

Général de brigade , ( I 7e de ligne 1 id.

PEGOT. 53e id 3 j.

Gén é ra l de ]brigade @l 53- id- - - - - - - - - - - - - - - - .3 id.

I id. Italien. 1 id.

Force, 6,44° hommes et 14 bouches à feu.

Cavalerie, général MERMET.

L'adjudant-commandant DERIVAUX, chef de l'état-major.

Masseurs Italiens 2 escad.

Général de rlga e, | id.

RAMBOURG. S Dragons Napoléon.,. 1 id. ( 19e chasseurs Franais. , , , 3 id.

Général de Ibr ga(le chasseurs Italiens 2 id BONNEMAINS. 31* id. Français ; 4 id.

Général de )r.gade '{ 1er d'hussards Français 4 id.

ALPHONSE. | DRAG°NS e a Rein» 4 id.

CENTILSAINT- Dra g ons de ta Rein 4 id.

Force, 3,4^9 hommes et 8 bouches à feu.


, (Une compagnie de gardes d'honneur, 1 esca J" Réserve de la garde, VéÜtes royaux. ,. , , 1 bat.

!.ECCHI, général. Grenadiers. , , , , , , , , 1 id.

Chasseurs à pied. 2 id.

Force, 3, 148 hommçs et 12 bouches à fytt.

La 2. e division fut placée à Crémone et Piadena pour surveiller les mouvemens des Na" politains.

La 4.e à Montalto , près de la Volta.

La 1." à Goito et en face de Pozzolo.

La 5.* à Pilla et Monzambano.

La cavalerie à Guidizzolo, Cereta et Foresta" Les mouvemens des Autrichiens à la droite du Pô, et les hostilités réelles des Napolitains, auxquelles il ne manquait plus que la formalité d'une déclaration de guerre , attiraient toute l'attention du Prince Vice-Roi. La ville de Plaisance allait se trouver menacée. Elle était bien , à la vérité, occupée par la division Gratien, de la réserve, et couverte par la division Severoli qui revenait d'Espagne. Mais ces deux divisions étaient trop faibles pour arrêter l'ennemi qui était fort de 25 mille hommes, y compris lç corps Autrichien du général Nugent. En conséquence, le Prince envoya à Plaisance son premier aide-de camp, le général de division d'Antliouard, pour prendre le commandement des troupes à la droite du Pô,


fit partir la division Rouyer qui arriva le 15 à Crémone.

Le 15, la déclaration formelle de guerre de

la part du Roi de Naples, fut signifiée officiellement, par son chef d'état-major, au général Vignolle, chef d'état-major de l'armée d'Italie. Le prétexte en était une sortie de la garnison de la citadelle d'Ancône sur les troupes Napolitaines qui en formaient le blocus. Alors le corps du général Nugent dépassa Reggio et prit la tête de l'armée Napolitaine.

Le rôle que cette armée joua, depuis ce moment, fut des plus singulier. La déclaration de guerre du Roi devait la faire regarder comme ennemie; et cependant des lettres de quelques Français, qui étaient près de lui, contenaient l'assurance qu'il n'attaquerait pas le premier. Cette contradiction dans la conduite du Roi de Naples, qu'on peut attribuer à la fluctuation de ses idées et à un sentiment intérieur de ce qu'il y avait de perfide dans le rôle de dupe qu'il allait jouer, paraîtrait inexplicable si l'on ne jetait un coup-d'œil sur sa conduite depuis la fin de 1815..

Lorsque l'armée Napolitaine se mit en marche vers la Haute-Italie, le Roi écrivit au Prince Vice-Roi, pour lui annoncer que ce mouvement n'avait d'autre but que d'agir de

Déclaration de guerre des Napolitains.


Doncert contre les Autrichiens. Il demandait itussi que les vivres et les munitions - fussent ournis à ses troupes jusqu'au Pô; cette demande était conforme aux ordres du ministre de la guerre de France. Mais en même temps le Roi de Naples entrait avec l'Autriche, dans des négociations qui aboutirent au traité du l janvier th4. Par ce traité, il s'engageait à inir Ses forces à celles des Autrichiens contre l'armée Française en Italie. Cependant, nonSeulement durant ces négociations, mais même un mois après le traité, il continua à tenir le même langage au Prince Vice-Roi. Il ne cessait de protester de sa fidélité envers la France, et demandait que ses troupes eussent, à l'instar des Françaises, la libre entrée dans les places, et la disposition des vivres et des munitions.

Les ordres en furent donnés et ex éculés.Il tint le même langage au général Gifflenga, aidede-camp du Prince Vice-Roi, que S. A. 1.

avait envoyé, à Naples, afin de tâcher de s'assurer des dispositions de ce Souverain.Les Napolitains prirent possession d'Ancône et ne manquèrent la citadelle, que parce que le général Barbou, ayant conçu une juste méfiane , refusa de les y laisser entrer. Ils entrèrent dans la Romagne, et là seulement, le refus qu'ils firent d'aider à chasser le gé-


ïiéral Nugent de Ravenne, et le préteite d'unar' jnistice avec l'Autriche, que leurs généraux mi-i rent en avant, purent faire naître des soupçons.

Cependant l'attaque de la citadelle d'Ancône et l'occupation forcée des états Romains, dont ils prirent le gouvernement, ne laissèrent plus, moralement, aucun doute sur leurs intentions hostiles. Il fallut donc se tenir sur ses gardes, ce qui nécessita l'abandon de la ligne de l'Adige et le reploiement de l'armée sur le Mincio. Mais le Roi de Naples ne s'était pas encore déclaré ouvertement, et on ne pouvait se porter contre lui à aucun acte hostile. Cet état de choses dura jusqu'à ce qu'il ne fût plus permis de douter de l'existence du traité du 11 janvier.

Mais alors l'armée Napolitaine occupait Ferrare, Bologne, Modène et Reggio. Peu après, le Roi jeta le masque qu'il ne pouvait plus garder, et fit déclarer la guerre sous prétexte de la défense du général Barhou.

Alors plusieurs officiers généraux et supérieurs, et un grand nombre de militaires Français, qui étaient à son service, l'abandonnèrent, et se rendirent au quartier générât du prince Vice-Roi, malgré les instances du Roi pour les retenir; il se fâcha même de l'observation qu'ils lui firent, qu'ayant déclaré la guerre à la France, aucun Français, ami,


le son pays, ne pouvait plus rester avec lui* ( Croyez-vous donc, leur dit-il, que j'aie a moins que vous le cœur Français? Croyez, 9 au contraire, que je suis très à plaindre; > je ne sais de ce qui se passe à la grande ) armée, que les choses désastreuses. J'ai été » contraint à faire un traité avec les Au> trichiens et un arrangement avec les Anglais, ) et, par suite, à me déclarer en état de » guerre, afin de sauver mon royaume me> nacé d'un débarquement par les Anglais > et les Siciliens, ce qui aurait immanquao blement excité un soulèvement intérieur.

» Peut-être les événemens deviendront - ils f) plus favorables : restez donc avec moi.

» J'ai fait votre avancement, d'autres avan» tages vous attendent encore, c'est me payer » d'ingratitude que d'abandonner mon ser» vice, lorsque mes bonnes dispositions vous » sont si bien connues. »

Les officiers Français qui quittèrent le Roi de Naples, et demandèrent à servir à l'armée d'Italie, y obtinrent de l'emploi. Peu après, le prince Vice-Roi reçut du ministre de la guerre de France, l'avis officiel de l'état de guerre avec le royaume de Naples, et un décret impérial qui rappelait les Français qui se trouvaient a sou service, sous peine, à


ceux d entre eux qui seraient pris les àrmçji à la main, d'être traduits à un conseil guerre, pour être jugés comme traîtres à Ieui patrie.

Alors le prince Vice-Roi fit une proclamation pour annoncer à l'armée cet événe ment.

« Soldats de l'armée d'Italie, leur dit-il, » en date de V érone, le 1er février , depuis 7) l'ouverture de la campagne vous avez sup» porté de grandes fatigues; vous avez donné » à l'ennemi de grandes preuves de votre ) valeur, et à votre souverain de grandes » preuves de fidélité.

» Mais, combien ils sont glorieux les prix » que vous avez déjà reçus de vos généreux » efforts 1 Vous avez conquis l'estime de y) l'ennemi, et vous pourrez vous enorgueillir n au fond de vos âmes; d'avoir long-temps » préservé de toute invasion ennemie la plus 7) grande partie du territoire Italien, et un » grand nombre de départemens Français.

» Soldats, des espérances d'une paix solide » et prochaine s'élèvent de toutes parts: je * les crois fondées.

» Cependant le jdtir du repos ne s'est pas * encore levé pour vous : un nouvel ennemi » se présente. 1


» Quel est cet ennemi ? Quand je vous l'aurai » fait connaître, vous refuserez d'ajouter foi » à mes paroles, et votre incrédulité, que » j'ai long-temps partagée, sera pour vous » un nouveau titre de gloire.

» Les Napolitains nous avaient solemnel» lement promis leur alliance. Sur la foi de » leurs promesses, ils ont été reçus dans le » royaume comme des frères; ils ont été » admis non-seulement à occuper plusieurs » de nos départemens, mais même à partager » avec nous toutes nos ressources.

» Ils sont entrés comme frères, et ils étaient » nos ennemis!. Ils sont entrés comme » frères, c'est pourtant contre nous qu'ils » avaient préparé leurs armes !.

» Soldats, je lis dans vos âmes toute votre » indignation, qui ne peut qu'ajouter à votre » vaillance, tant la cause en est noble.

» Les Napolitains ne sont pas non plus in» vincibles ! Peut-être même compterons-nous » des amis dans leurs propres rangs. Certes, » si le sentiment de loyauté peut être égaré, » qui doute qu'un instant de réflexion ne » suffise pour le rallumer et lui rendre tout » son empire?

» Il est dans les troupes Napolitaines un » grand nombre de Français ; ils abandon-


j) neront bientôt des drapeaux qu'eux àussi » ont cru fidèles à leur Souverain et à leur )> patrie ; ils se réuniront à vous; ils trou» veront au milieu de vous les mêmes grades » qu'ils ont acquis par leurs services : vous » les recevrez comme des amis; vous les » consolerez par votre accueil de la déplo» ràble défection dont ils n'ont pas mérité » d'être victimes.

» Français, Italiens ! je compte sur vous; » comptez sur moi. Vous me trouverez partout » où votre intérêt et votre gloire auront » marqué ma place.

» Soldats, voici ma devise : Honneur et » fidélité! que cette devise soit aussi là » vôtre; avec elle et l'aide de Dieu, nous » triompherons encore de tous nos ennemis. »

Après la lecture de cette proclamation, l'indignation de l'armée d'Italie contre le Roi de Naples, fut à son comble , et peu de temps après, le chant héroïque, fait par un grenadier de la cohorte de Riom, et dont les deux couplets suivans suffisent pour en faire connaître l'esprit, se fit entendre dans les camps.

Il a retenti dans la France, Et nous le répétons en chœur Ce noble cri de la vaillance , Élan sublime d'un grand coeur , Ton


Ton dévouement t'immortalise; 0 Prince, plein de loyauté !

Tous, nous adoptons ta devise : Honneur et fidélité.

Fidélité!. d'une belle âme Elle est la première vertu.

Toujours pour leur Prince ou leur dame, Gaston, Bayard ont combattu.

Pour Une brillante entreprise, Armaient-ils leur bras redouté?

Sur leur cœur était la devise : jHonneur et fidélité.

Dès le 17, les Autrichiens qui précédaient l'armée Napolitaine, attaquèrent les avantpostes de la division Severoli entre Fontanafredda et Fiorenzuola. Le général Severoli, se voyant menacé par des forces supérieures, se retira à Plaisance : le 20, la brigade Darnaud, de la division Rouyer, entra à Plaisance. La brigade Jeanin , de la division Marcognet, quitta de suite ses postes sur le Mincio, et vint à Crémone où elle arri va le 21 ; le même jour y était également arrivé le lieutenantgénéral Grenier envoyé pour prendre le commandement des troupes à la droite du Pô, sous le nom de corps détaché de droite; il réunit der suite la division Rouyer, deuxième division, et fit avancer la brigade Jeanin


à Codogno. Le 22, le 25 et le 24, le général Grenier envoya de fortes reconnaissances vers Castel St.-Giovanni et les montagnes, pour éclairer les mouvemensde l'ennemi. Le général Nugent avait alors un corps de i5oo hommes ?

infanterie et cavalerie, entre la Nura-et, la Trebia i appuyé aux Montagnes, et envoyait des partis jusqu'à Castel St.-Giovanni et Stradella pour intercepter la communication de Plaisance avec Alexandrie, en même temps qu'il cherchait à en soulever les habitans. Ce corps, que la marche de nos reconnaissances, dirigées par le chef de bataillon Desbeck, du 1er. Étrangei, manœuvrant en officier consommé , obligea à se retirer , vint se concentrer derrière la Nura, où était établie la brigade du général Stahremberg au soutien des troupes appuyées aux montagnes. Celles du général Gober étaient en seconde ligne sur le Taro , ayant un corps de m à 15 cents hommes Autrichiens sur Sacca, soutenu parmi.

bataillon Napolitain, et environ 200 hommes de cavalerie de cette nation (1). Le général Nugent avait son quartier - général à Parme où il tenait une troisième ligne, composée

dans la nuit du .24 au 25 le Pô dans la nuit du 24 an 25 février. -


de deux bataillons Anglais et de quelques troupes Napolitaines commandées par le général Campana. Enfin la ¡.re division Napolitaine était placée, en échelons sur PEnza et jusqu'à Reggio.

Ainsi, bien informé de la position de l'ennemi, le général Grenier comptait attaquer le général Stahremberg à Pontenura, et trois colonnes furent, à cet effet, mises en mouvement 5 la première y commandée par le général Severoli, composée de trois petits bataillons Italiens et de quatre bataillons de la division Gratien, formant 16 à 1700 hommes et ayant 200 chevaux, fut dirigée par St.-Polo sur St.-Giorgio; la seconde composée de la 2.e division et de la majeure partie de la brigade de cavalerie légère du général Rambourg, se dirigea sur Pontenura, en même temps que la troisième colonne, commandée par le général Jeanin, se dirigeait avec 200 chevaux sur Roncaglia par la rive droite du Pô. L'ennemi se replia de toute part. Quelques charges de cavalerie eurent lieu sur la grande route.

La première colonne prit position en avant de St.-Giorgio, occupant Carpênetto, celle du centre en avant de Cadeo sur la Chiavenna, ayant ses avant-postes à Fontana-fredda, et


)a 5e à Cliiavenna > même poussant des partié vers le Pô.

Le 26, la première'colonne eut ordre de marcher sur St.-Protaso, jetant des partis sur Lugnano et Fornovo, la seconde sur BorgoSt.Donnino', et là troisième sur Corte-Mag- giore : l'ennemi fit quelque résistance à la position de Seno; mais le général Grenier ayant fait tourner sa gauche par Castelnuovo di Terzo il continua son mouvement de retraite et fut - poursuivi l'épée dans les reins jusqu'au Taro, où une seconde ligne était établie pour le recevoir. Le petit corps Austro-Napolitain qui , sur le point de Sacca, avait passé à la rive gauche du Pô, informé sans doute dé ce mouveDfent, et battu d'ailleurs par le général Bon* nemains, le repassa en toute hâte et rejoignit en partie les forces que le général Nugent réunissait à Parme. (Le Roi de Naples y était alors en personne).

Le général Grenier ayant ainsi poussé l'en- , nemi devant lui, s'approcha du Taro et prit position, le 27 février, en arrière de ce torrent, son avant-garde en avant de Castel Guelfo, la a.e division, en échelons en arrière d'elle , les troupes du général Severoli qui avaient fait ïînc marche très-fatigante, en réserve à Borgo


St.-Donnino, et la brigade du général Jeanin à Busseto. Le 28, il serra ses différentes colonnes sur le Taro.

Peu de jours auparavant, on avait appris au quartier-général la capitulation de la citadelle d'Ancône qui s'était rendue le 15, et celle de Livourne qui avait eu lieu le 19, Les troupes Françaises qui se trouvaient en Toscane étaient

arrivées à Gênes le 22, par suite d'une convention avec le Roi de Naples. Le prince Félix Bacciocchi avait évacué la citadelle et les forts de Florence et celui de Volterra, sous la condi- tion que les troupes qui formaient leur garnison ne pourraient servir dans la présente campagne d'Italie. Le 17, un détachement Au-

trichien du corps du général Nugent étant entré à Pontremoli, les troupes du général Rouyer St.,Victor l'en avaient chassé le 18.

Le général Fresia qui commandait à Gênes, ayant appris la reddition de Livourne, ne pou-r vait plus douter que le corps Anglais , débarqué aux environs de cette ville, et qui était fort d'environ 10 mille hommes, ne marchât sans délai par la rivière de Gênes pour venir l'attaquer. Il aurait bien voulu pouvoir augmenter ses faibles moyens de défense, par les troupes qui revenaient de Toscafie; mais la convention conclue par le gouverneur gé-

Prise de Livourne et de la citadelle d'An • cône.

Evacuation de la TOlicaDe.


néral, l'obligea à les laisser rentrer en France.

A l'aile gauche de l'armée, le général Bonfanti avait été obligé de marcher une seconde fois dans la Val Sabia, contre les ennemis. Le corps qui y était et que composaient en grande partie les restes de celui qui avait été battu à Salo et à Maderno, fut attaqué, le 21, et forcé de repasser les monts.

Après sa déclaration de guerre, le Roi de Naples, à la tête de son armée, dont la division Austro-Britannique du général Nugent faisait l'avant-garde, avait passé l'Fnza, était venu à Parme où se trouvait le général Nugent, et s'était même avancé jusqu'au Taro, d'où il fut témoin, le 17, de l'attaque des Autric hiens sur les avant-postes de la division Severoli. C'est alors qu'il combina avec le général Nugent l'envoi d'un corps sur Sacca, audessus de Casai Maggiore, afin d'y passer le Pô, et y établir un pont. Un parti de 4oo hommes env iron de troupes Napolitaines, qui s'était porté jusques près de Casai Maggiore, fut attaqué par un bataillon du 5'. léger qui se trouvait sur ce point. Cependant le pont de Sacca ayant été établi, et les ennemis ayant élevé des batteries pour le protéger, le général Bonnemains eut ordre, le 26, de se rendre d'abord à Marcaria, puis à Sacca avec sa brigade et un bataillon du


52.e de ligne, commandé par le chef de bataillon Bladinière. Le 27, il attaqua les AustroNapolitains à Sacca, et malgré la supériorité de leurs forces, leurs nombreuses batteries et l'avantage de la position , il les obligea à repasser la rivière, et parvint, sur le soir, à détruire le pont, dont presque tous les bateaux furent recueillis à Casai Maggiore. Le général Bonnemains eut à se louer dans cette circonstance du major Italien Sanfermo, qui se conduisit avec bravoure et intelligence, ainsi que du chef de bataillon Bladinière.

A cette époque, l'ennemi fit jeter dans les lagunes de Venise, des placards annonçant les désastres de l'armée Française, et promettant aux Italiens le rétablissement de l'ancien ordre de choses. L'effet de ces affiches fut d'augmenter la désertion parmi les troupes Italiennes. Cette circonstance, jointe aux nombreuses maladies qui affaiblissaient journellement les postes, forcèrent le gouverneur à se réduire à la plus stricte défensive, et à renoncer à toute sortie. Un germe de révolte commençait d'ailleurs à se manifester parmi la partie la plus abjecte de la population, que le général Seras, par sa fermeté et quelques exemples de sévérité, à l'égard des plus mutins, sut contenir.


Le 1er. mars, le général de brigade Vilatta, commandant les avant- postes à la gauche du Pô, étant sorti de Borgo-forte avec un bataillon, un détachement de cavalerie et de l'artillerie, marcha sur Guastalla où se trouvait un petit corps Austro-Napolitain. Les Autrichiens furent mis en déroute et perdirent 93 prisonniers, dont un major de Raditzki, hussard, et 25o fusils. Les Napolitains se retirèrent sur Reggio. Le général Vilatta fit l'éloge des bonnes dispositions de son aidede-camp et du colonel Olini dans la conduite des compagnies de voltigeurs du 5.e de ligne Italien, qui, divisées en deux colonnes, se mirent à la poursuite de l'ennemi. Les voltigeurs du capitaine Rondina, en suivant à la course les chasseurs à cheval du 5.e Italien, rendirent, comme ces derniers, de très-bons services, et en firent de même le lendemain dans une de leurs reconnaissances poussée sur BresceIlo, où se trouvait un escadron Croate, auquel on tua plusieurs hommes et on fit 20 prisonniers. Le général Vilatta se loua du capitaine Rossi du 5.e de ligne Italien, et du lieutenant Viceré du 3.e de chasseurs à cheval.

Le général Grenier en position sur le Taro, depuis le 28 février, avec l'intention de Je passer, ayant, dès les jours préccdens, envo; é

Mars 1814.

Affaire de Guastalla.

Le ier mars.

Dispositions peur effectuer ie j>; b^age du Taro.

Le 2 mars. 1


- de fortes reconnaissances sur toute la ligne de l'ennemi, et vu par les dispositions de ce dernier , qu'il était dans le dessein de défendre le passage de ce torrent, fit établir plusieurs batteries pour protéger son opération (1). Le même jour, après avoir jeté des partis sur Fornovo, et forcé les détachemens ennemis, qui parcouraient encore les montagnes, à rentrer, il porta les différens corps de troupes en ligne, et fit ses dispositions pour passer le Taro le 2 mars, à la pointe du jour. Tout ayant été préparé en conséquence pour cette époque, la brigade Schmitz le passa entre Noceto et Castel Guelfo, et la brigade Jeanin au gué Délia, à la hauteur de Bianconeso, afin de tourner la position de l'ennemi et de déboucher sur S.-Pancrazio en même temps que la brigade Darnaud et la cavalerie du général Rambourg se dirigeant sur Ponte Taro, attaqueraient son centre. Les troupes du général Severoli formaient la réserve.

En débouchant on s'aperçut que l'ennemi avait retiré son artillerie des batteries et qu'il

(1) Le Roi de Naples était venu" le 29 au soir, visiter la ligne des avant-postes, le général Rambourg voyant un groupe de cavalerie, fit tirer trois coups de canon qui le dispersa..


ne restait que des postes d'observation sur lè Taro, qui furent lestement culbutés; on fit une centaine de prisonniers sur le canal qui vient de Caluchio, et qui offrait des moyens de résistance; le lo." de chasseurs à cheval fournit une brillante charge sur la grande route, près St.Pancrasio, et ramena une douzaine d'hussards de Radeski.

Le général Grenier, informé que l'ennemi voulait défendre Parme, et que le Roi de Naples avait commis la faute, en se retirant au premier choc derrière l'Enza, d'y jeter 3,000 hommes, la majeure partie Autrichienne, avait fait de suite ses dispositions d'attaque.

En conséquence il dirigea , par un temps

affreux, la brigade du général Schmitz, de manière à arriver par la route qui de cette ville conduit à Fornovo, avec ordre de s'emparer de la porte Neuve. La brigade du général Jeanin, et la majeure partie de la brigade de cavalerie du général Rambourg suivirent la route de St.-Secondo, avec ordre de passer la Parma , et de forcer la porte St.-Barnaba, en même temps que la brigade du général Darnaud attaquerait de front la porte dé Plaisance.

Pendant que ces mouvemens s'exécutaient, une canonnade assez vive, et une fusillade

Attaque de Parme.

Le a mars.


des remparts, très-soutenue, forcèrent le ge..

néral Grenier à déployer la brigade Darnaud et le régiment de dragons Napoléon, qui marchait en réserve de cette brigade. L'artillerie de la deuxième division fut mise en batterie, * afin d'attirer l'attention de l'ennemi de ce côté, et donner par là plus de facilité aux colonnes de droite et de gauche de forcer le passage, et d'escalader les murs de la ville.

Le colonel Broussier du 9.® de ligne, (brigade deSchmitz), dirigea sa marche le long des remparts, avec son premier bataillon et un piquet du 1.er de chasseurs Italiens, com.., mandé par le capitaine Serapica. Toutes les portes étaient fermées et gardées; mais des voltigeurs arrivés à celle de Saint-François, et ayant à leur tête le sous-lieutenant Hutinet, parvinrent à escalader le mur et à en chasser l'ennemi, s'emparèrent de suite de la porte, et facilitèrent ainsi l'entrée au bataillon et au détachement de chasseurs a çheval. (1). L'ennemi commençait alors son mouvement rétrograde; le colonel Broussier se dirigea sur la porte Neuve, et passant la Parma sur le pont Capra-Zuccha, il arriva

(1 ) Le sous-lieutenant Hutinet et le caporal Richon, des voltigeurs du 9.8 de ligne, montrèrent une grande bravoure et beaucoup d'intelligence.


par le Cours, à la porte S. Michel. Le général Jeanin manœuvra, pendant ce temps, sur la Parma, et dirigeait les compagnies d'élite du l02.e régiment vers les murs du Jardin Impérial; déjà le lieutenant Dussert, qui les commandait , avait y avec quelques voltigeurs, escaladé les remparts dans cette partie, lorsqu'un habitant de Parme, qui avait secrètement conservé une des clefs de la porte du jardin, vint l'ouvrir, et faciliter à ces compagnies l'entrée de la ville sur ce point. A leur droite, trois compagnies de grenadiers des 92.% 106. e régimens Français, et 7. e de ligne Italien, de la division de réserve, dirigées par le capitaine Boniottî, aide-de-camp du général Grenier, qui voulut les faire concourir à la prise de Parme, étaient parvenues à escalader les remparts; toutes les colonnes débouchant sur différens points de la ville, et celle de droite étant parvenue à la porte Saint-Michel au moment où la réserve de l'ennemi faisait les plus grands efforts pour y rentrer, afin de protéger la retraite des troupes du général Gober, qui n'avaient pas eu le temps d'en sortir, ce qui y était encore mit bas les armes et fut fait prisonnier (1) : 1200 hommes

(1 ) Au même moment, le colonel Broussier, jeté a terre d'un cou p de baïonnette en sommant une colonno


restèrent en notre pouvoir, dans la ville, avec le lieutenant-colonel et le major du régiment d'infanterie Frantz-Carl, dix capitaines et vingt-cinq autres officiers de grade inférieur.

Le 25.e régiment occupait la porte Neuve, le 67.6 marcha sur la citadelle, en enfonça les portes, mais il n'y trouva plus qu'un officier et 56 hommes, qui se rendirent.

Pendant que ces événemens se passaient, le général Jeanin et la brigade de cavalerie Rambourg traversaient la Parma, et se trouvaient en présence d'une colonne ennemie, infanterie, artillerie et cavalerie, qui venait au secours de Parme; le général Jeanin l'attaqua de suite, et la mit en déroute. Aussitôt le général Rambourg en profita, et la chargea vigoureusement, avec les I.er et 5.e de chasseurs Italiens, qui se conduisirent avec la plus grande valeur, et lui prirent 4oo hommes, deux pièces de canon avec leurs caissons et plusieurs voitures d'outils du génie, toutes attelées.

L'ennemi, chassé d'abord de cette direction au-delà de Colorno, et successivement rejeté sur l'Enza fut, en outre , poursuivi sur la grande route de Reggio par la brigade Schmitz,

de se rendre , et déjà au pouvoir de l'ennemi, avait été bientôt dégagé par ses troupes.


soutenue des dragons Napoléon, qui, avec les chasseurs du général Rambourg, le forcèrent à repasser l'Enza en désordre; il s'arrêta cependant à des retranchemens qu'il avait sur la rive droite, et qu'il voulut défendre , mais aussitôt qu'il s'aperçut que des colonnes se disposaient à traverser l'Enza audessus du pont, il se retira en toute hâte sur Reggio y après avoir barricadé le pont.

Nous fûmes ainsi maîtres des deux rives de l'Enza, et nos avant-postes furent établis près Illario. Les troupes Napolitaines, comman dées par le général Campana, à l'exception de quelques compagnies d'infanterie et d'un dé-* que l ques com p a g nies ( tachement de cavalerie qui faisaient partie de la colonne ennemie, rencontrée par le géné rai Jeanin, ainsi que les deux bataillons Anglais qui étaient à Parme, avaient évacué cette ville à six heures du matin et quant à la brigade Napolitaine qui, sous les ordres du général Pepe, était en réserve sur l'Enza, elle s'était repliée sur Reggio, aux premiers coups de canon qu'elle avait entendu tirer à Parme.

La perte de l'ennemi se monta à 600 morts, 2200 prisonniers, deux bouches à feu, avec leurs caissons, cinq voitures d'outils du génie, et 5000 fusils; la nôtre à 24o hommes mis hors de combat. Quatre-vingt-dix Napolitains, qui


se trouvaient parmi les prisonniers, furent dé: sarmés et renvoyés au Roi de Naples*; Le Prince Vice-Roi fit connaître ces succès à l'armée par la voie de l'ordre du jour, et annonça qu'on les devait aux bonnes dispositions du lieutenant-général comte Grenier, et à l'intrépidité des troupes, qui, dit ce général, firent merveille : infanterie, cavalerie, artillerie et génie, toutes les armes rivalisèrent d'ardeur et de bravoure. Le io." régiment de chasseurs à cheval fit un mal infini aux hussards de Radesky. Les généraux, Schmitz, qui s'élança le premier dans la ville de Parme, Jeanin, Rambourg, et le colonel Broussier du 9.® de ligne, se couvrirent de gloire. Un grand nombre d'officiers et autres, furent aussi l'objet des éloges du général C.te Grenier, et de ses demandes de récompense pour leur conduite distinguée (1).

( i ) Le major d'artillerie Bernard , qui a dirigé Je feu de nos batteries avec intrépidité et un talent remarquable. Le chef de bataillon du génie Tournadre, qui, sous la plus vive fusillade, a fait établir différentes communications pour les passages de l'artillerie et des colonnes.

Le major Bruyère qui commandait les compagnies d'élite d'avant-garde.

Le g.e de ligne. — Les capitaines Parmentier,


te 5 mars, la brigade Rambourg se portEi sur Reggio, où l'ennemi n'avait laissé qu'une faible avant-garde, qui perdit quelques prisonniers; et la deuxième division prit position sur l'Enza. Le 4, le général Severoli,

Désetangs et Lemarchand. — Le lieutenant Lucot.

Les sous-lieutenans Hutinet et Bouillard. — Le caporal Richon.

Le chef de bataillon Fougerolle , du 25.e int. de ligne.

- Le capitaine de grenadiers du 3.® bataillon, idem.

Le 102e de ligne. —L'adjudant-major Rey. -Le lieutenant Dussert. — Le sous-lieutenant Couillé. -Les sergens Martin et Francart. — Les voltigeurs Cornet et Lafiteau.

Le chef d'escadron Méjan , aide-de-camp du Prince Vice-Roi. — Corner, officier de l'état-major du Prince. -Le lieutenant Mastrovick, officier de l'étatmajor général j tous les trois en mission auprès du général Grenier.

Le lieutenant Barré, du 4. c d'artillerie à cheval. —Le Maréchal des logis Toutseul, idem.

Le brigadier de gendarmerie Lambert. — Le gendarme Capiot.

Les chefs d'escadron Gilbert et Hubert, du ig." de chasseurs à cheval, avec tous leurs oiffciers.

Le capitaine Mege du 20.e de ligne. —Le chef de bataillon Bladinière, du 52.% idem. -Le capitaine Béret, idem. -Le chef de bataillon Pombardier, du 67.% idem.

— L'adjudant major Lapierre, idem. — Le chef de bataillon Duret, du 101.% idem. — Le capitaine Gerard" .', ; avec


avec quatre bataillons de la division Gratien, et trois bataillons Italiens, arriva à Reggio, où il prit position, poussant son avant-garde, composée du 1er. régiment de chasseurs à cheval Italiens, et de deux compagnies de volti-

idem. —Le capitaine Ladrière du 92.® régiment de ligne.

Officiers de l'état-major du Cte Grenier. —L'adjudant commandant, Bazin de Fontenelle. -Le chef d'escadron Ernouf. —Le capitaine Rivoire. — Le cap. Carel, aidede-camp. — Le lieutenant Pierlot , aide-de-camp, touché trois fois par des balles, ainsi que son général.

- Le sous-lieutenant Boismont.

Le lieutenant Du Terq ue, du 2. e d'artillerie à pied. —= Le sergent Percié , idem. — Le chef de B.OD Disbeck, du LU étranger. — Le capitaine Malconner, des voltigeurs, et le sergent-major de cette compagnie.

Le i." de chasseurs à cheval Italiens. — Le colonel Vilatte. — Le chef d'escadron Spiai. — Les capitaines Serapica, Rognerai et Grimonville. - Les lieutenans Sacchi et Bellini.

MM. Bonvechiato et Scolari, officiers employés près 1 e général Rambourg. — Le capitaine Boniotli, aidede-camp du général Severoli. —Le capitaine Ruggi, du 7. e de ligne Italien.

Le 3. e de chasseurs à cheval Italiens. — Le colonel Provasi. — Le chef d'escadron Saluzzo. — Le capitaine Schafargis. -Le sous-lieutenant Surtori qui, avec un maréchal des logis et le sapeur Semontachi, de la compagnie d'élite de ce régiment, ont fait mettre bas les armes à 25 Autrichiens commandés par un officier.


geurs, au-delà du Rodano, entre Reggio et Rubiera. Le général Gratien prit, le 5, position sur l'Enza, avec quatre autres bataillons.

t Après cette expédition, le général Grenier, repassant le Pô à Borgo-Forte, avec la division Rouyer et la brigade Jeanin, rentra le 6 mars à l'armée, derrière le Mincio. A cette même époque, le 5 mars y une reconnaissance, composéé de 600 hommes du 2e. léger Italien, divisée en deux colonnes d'égale force, fut dirigée par le général Paolucci, de Governolo sur Casale, dont elle détruisit les fortifications, et ramena 57 prisonniers, y compris un lieutenant du régiment de Bianchi, après avoir tué six hommes à l'ennemi, et blessé trente, dont plusieurs étaient du nombre des prisonniers.

Une des colonnes était commandée par le colonel Varèse, et l'autre par le chef de bataillon Zanella, qui, l'un et l'autre, remplirent bien leur devoir. Nous eûmes onze blessés, parmi lesquels trois officiers, dont le sous-lieutenant Bagolini, qui ne voulut jamais quitter sa compagnie, et qui, quoique blessé, tua, à lui seul, deux Croates. Le 7, l'armée occupa les positions suivantes : La division Fressinet, devant Borghetto, etàMonzambano. La division Quesnel, depuis Montalto jusqu'en face de Pozzolo. La division Marcognet, à Goito et


Cerlongo. La division Rouyer, à Mantoue, d'où, le 9, elle passa à Marcaria et Bozzolo. La garde royale à Mantoue. La cavalerie en seconde ligne.

Cependant, dès le 6 mars, le corps AustroNapolitain, voyant qu'on cessait de le poursuivre, poussa une forte reconnaissance sur la division Severoli. L'avant- garde de cette division, trop éloignée du corps principal pour être soutenue, ayant été attaquée par deux

bataillons, deux escadrons et de l'artillerie, fut renversée, et perdit une partie de ses voltigeurs. Le 7, le Roi de Naples marcha sur Reggio avec son armée, forte, sur ce point, d'environ 18,000 hommes. Le général Severoli ayant laissé dans la ville le général Soulier àvéo quatre bataillons français, avait placé en première ligne, et a quelque distance en avant, ses trois bataillons Italiens; la cavalerie était en arrière de la première ligne.

Le général Séveroli voyant sa première ligne attaquée, s'y porta en personne, et se trouvait à la tête des troupes les plus rapprochées de l'ennemi, pour les maintenir et leur donner l'exemple de la fermeté, afin de l'arrêter le plus long-temps possible, lorsqu'un boulet de canon lui emporta la jambe. Malgré ce grave accident, ce brave général fit appeler de suite

Affaiv de Reggio.

Le 7 mars.


le général Rambourg, et lui dit, avec le plus grand sang-froid que ce n'était rien, qu'il fallait tenir ferme et se faire honneur.

Le général Rambourg, qui lui succéda sur ce point, fut obligé de se retirer à Reggio, où il opposa une si vive résistance aux attaques de l'ennemi, que le Roi de Naples, malgré la grande disproportion de forces, lui fit proposer de cesser le feu et d'évacuer la ville. Le général Rambourg y consentit; et ayant repassé le Crostolo, il se réunit le 8, derrière l'Enza, au général Gratien.

Quoique contraintes à ce mouvement rétrograde, les troupes qui combattirent dans lrf journée du 7 ne s'en firent pas moins beaucoup d'honneur, en opposant, vu leur petit nombre, une aussi vigoureuse résistance à toute l'armée Napolitaine réunie au corps de NugeDt, et en leur faisant éprouver des pertes, notamment au moment où, par la route de Scandiano, l'ennemi redoublant d'efforts sur la porte du château, le général Rambourg le fit charger à la baïonnette par un bataillon d'infanterie de ligne Italien sorti de la ville, et un escadron du 19.e régiment de chasseurs à cheval. Dans cette charge, plus de 60 grenadiers hongrois furent tués, et on cita dans le rapport sur ces deux journées, comme


s'étant particulièrement distingués ; le colonel Gavedoni, chef d'état-major de la division du général Severoli, et le chef d'escadron Brambilla, premier aide-de-camp de ce général; ces deux officiers étaient par tout où ils pouvaient rendre quelque service , excitant les troupes au ébmbat, et leur donnant l'exemple du courage et du dévouement; le colonel Porro, du 1 er de ligne Italien, souvent blessé; et qui le fut dans cette circonstance, d'un coup de feu; le capitaine Mazzari, qui eut une jambe emportée; les lieutenans Brugnetti et Franzioli, et les sous-lieutenans Canella et Vandelli, du même régiment; le chef d'escadron Botard, du l.er de chasseurs Italiens; le chef de bataillon Meneselon, du 7e. de ligne Italien; les capitaines Braco et Marotti, du même régiment, blessés grièvement.

Notre perte futde420 hommes, tant tués que blessés ou prisonniers; celle de l'ennemi doit avoir été plus considérable, quoique nousne lui eussions fait qu'une centaine de prisonniers.

Le 8, le général Gratien se replia derrière le Taro, où il prit position, son avant-garde en avant de Castel-Guelfo, la brigade Soulier en arrière du même lieu, et la brigade Vandeden à Sanguinara.

Le 8, la redoute de la Cavanella d'Adige


fut attaquée par 800 hommes de troupes ennemies, et cinq canons. L'attaque fut repoussée avec perte. Une nouvelle attaque, faite le 15" eut le même sort. Le 19, une partie de la garnison de Treporti repoussa les avant-postes ennemi 4 de ce côté, et pélargitun peu le blocus. Le len-r demain, et les jours sijivans, les A|#tri chiens re nouvelèrent, et toujours sans succès, leur attaques sur la Cavanella. Le général Seras, prévoyant que l'ennemi emploierait toutes ie, forces pour se rendre maître de ce poste, en fit enlever l'artillerie, les munitions et les vivres le 22. Le 23 , l'ennemi passa l'Adige en forces, et s'empara de la redoute Sta.-Anna. Alors la garnispn de la Cayanella se trouvant coupée, a bandonna son poste, et se fit jour, la baïon- nette en avant, au travers des Autrichiens, qui, malgré leur supériorité, ne purent l'empêchev de passer. Le i." avril, la station de deux bateaux canonniers, qui étaient à Alle-

tresse, ayant été attaquée par 500 hommes, avec trois pièces de campagne, fut obligée de se retirer en combattant.

Le 10 mars, le Prince Vice-Roi ordonna, sur toute la ligne, des reconnaissances dans la direction de Roverbella, de Villa-Franca, de Castiglione Mantovana, de Castellaro et d'Osiglia. L'effet de ces reconnaissances fut d'o-

Blocus de Venise.

Du 8 mars aui." avril.

Reconnaissaneessur toute la ligne.

Le 10 mars.


bliger l'armée Autrichienne à se concentrer à Vérone, ayant une avant-garde sur VillaFranca, et une sur Castelnuovo, et ses bagages derrière l'Adige. L'ennemi perdit, dans cette journée, environ 400 hommes mis hors de combat, et 100 prisonniers : on eut à se louer des bonnes dispositions des généraux Jeanin, Pegot, Galimberti, et des colonels Paolucci et Cecopierri, chargés chacun du commandement de deux des cinq colonnes. Celle du général Pegot, composée des compagnies d'élite des 7.e, g.e, 10.e et 42-e régimens d'infanterie de ligne, attaqua et battit l'ennemi commandé par le général Bongarden, à la forte position de Salionze, lui tua du monde, et ramena quelques prisonniers.

Nous eûmes à regretter le capitaine Lami, du 42.e régiment, qui fut tué, et le capitaine Duportail, du même corps, qui, blessé grièvement de plusieurs coups de sabre sur la figure, en se battant avec la plus grande bravoure, tomba au pouvoir de l'ennemi : il guérit ensuite de ses blessures.

Dans les premiers jours du même mois, le duc d'Otrante, commissaire-général de l'Empereur Napoléon, fit connaître au général Miollis, qui se trouvait encore au château St.-Ange, la convention qu'il avait conclue le


24 février, à Lucques, avec le lieutenant-général Lechi, gouverneur pour le Roi de Naples en Toscane. Cette convention stipulait l'évacuation du château St.-Ange, et de Civita-Vecchia, et la remise de ces places aux Napolitains.

Les garnisons devaient être transportées par mer, à Marseille, aux frais du Roi de Naples.

En conséquence, le i o mars, les troupes Franeaises sortirent du château St.-Ange avec armes et bagages, et leur caisse militaire, pour se retirer à Civita- V ecchia, où les deux garnisons devaient être embarquées. Mais les transports nécessaires n'ayant pas été fournis, ces troupes furent dirigées sur Viterbe, d'où elles se rendirent, par Florence et Bologne, à l'armée d'Italie, qu'elles précédèrent pour repasser les Alpes. Les bagages seuls et le dépôt du 2.e étranger furent embarqués.

Cependant les Anglais, après la reddition de Livourne, avaient fait venir un nouveau transport des troupes qu'ils avaient en Sicile. Lorsqu'ils eurent avis de la prochaine arrivée de ce renfort, ils se mirent en marche le long de la côte; et, le 25 mars, prirent position à la gauche de la Magra, et s'emparèrent de Sarzana. Le 25, les troupes venues de Sicile débarquèrent a Lerici, sous la protection de plusieurs bâtimens de guerre. Les canonniers gardes-côtes aban-


donnèrent leurs batteries, et l'ennemi fit sauter le magasin à poudre de la batterie SainteThérèse, dont l'explosion fut si forte, qu'elle produisit, sur la côte orientale du golfe, un brouillard qui dura près d'une heure. Le même jour, il y eut quelques engagemens sur la Magra; mais les troupes débarquées à Lerici, s'étant approchées de la Vara, le général Rouy erSt.-Victor craignit d'être coupé, et se décida à la retraite sur Chiavari. Il laissa une garnison suffisante au fort S'e .- Marie, confia la garde des forçats à la municipalité de la Spezia, et se mit en mouvement le 26. Cette retraite était d'autant plus nécessaire, que l'ennemi pouvant débarquer en forces à Chiavari, Rappalo ou Recco, le général Rouyer pouvait se trouver coupé, et la ville de Gênes privée de la moitié de ses moyens de défense. Le général Rouyer St.-Victor vint prendre position, le 28, à Sestri di Levante, pour protéger les batteries du golfe de Rapallo, et couvrir Chiavari. Il fit également occuper les hauteurs, afin de couvrir la retraite des troupes qu'il avait envoyées à Pontremoli et Borgo di val Taro, d'où elles avaient réussi, le 18, à chasser l'ennemi.

Par ce mouvement, l'ennemi, qui était maître de la Spezia et de toute la vallée de Magra, menaçait la droite de la ligne de Taro.


Le Prince Vice-Roi venait d'envoyer le général Maucune pour prendre le commandement des corps détachés de la droite de l'armée d'Italie, qui gardait cette ligne, et qui était composée ainsi qu'il suit : Le général de division MAUCUNE, commandant le corps détaché, ayant sous ses ordres le général GRATIEN, commandant la division.

J.m brigade , le général VANDEDEN.

fto* de ligne 1 hatail.

84« id. 1 id.

92e id 1 id.

2.. id. 9e id. 1 id.

35. id. ( id.

a.e brigade, le général SOULIER.

{53* de ligne.. : * batail.

3.- 1 2 rlga e p. te 106° id. i id.

t." léger. 1 id42.. de ligne. 1 id.

137.- id. * id-

3E brigade, le général RAMBOURG.

1. er ItaJieu (de ligne) 1 batail.

1." id. ( de chasseurs a ch eval ) 4 escad.

3. e id. 2 id.

ig.- dc'chasseurs fraDai. 3 id.

Total: II bataillons, 9 escadrons, 12 bouches à feu.

Il n'y eut, dans le reste du mois de mars, aucun événement remarquable dans l'armée, si ce n'est un petit combat naval sur le lac de Garda, près de Torry, entre notre flottille, commandée par le capitaine Tempié, de la


marine Italienne, et la flottille Autrichienne, composée de huit canonnières. Ce combat dura deux heures ; trois canonnières de l'ennemi coulèrent bas, et le reste de sa flottille fut obligé de se réfugier et de s' échouer sous la protection de ses batteries de Torry et de la mousqueterie des troupes de terre. L'ennemi eut trente-cinq hommes hors de combat et nous un homme tué et six blessés, parmi ces derniers le brave capitaine Tempié, qui reçut un coup de mitraille à la cuisse. Le Prince Vice-Roi prescrivit de faire mention, à l'ordre de l'armée, de sa satisfaction particulière , tant au commandant qu'aux officiers et marins composant le personnel de la flottille du lac de Garda, qui avait obtenu cet avantage.

Le général Villatta, informé que l'ennemi avait poussé des troupes légères sur Gonzaga, Suzzanna et Tolcino, se dirigea de Borgoforte sur ce dernier point, dans la nuit du 5o au 51 mars, avec une partie du 2.e régiment d'infanterie légère et quelques chasseurs à cheval du 3.® régiment Italien; il attaqua l'ennemi qui fit une vigoureuse résistance, lui tua et blessa quelques hommes, et lui fit quarantetrois prisonniers, parmi lesquels un major de hussards et deux officiers.


Le général Villatta eut à se louer du colonel Ambroggi, du 2.c léger, du capitaine Zaffiro, commandant les chasseurs à cheval, et de son aide-de-camp auquel il avait confié le commandement de l'avant-garde de cette petite expédition.

A cette époque, les Anglais resserrèrent leur blocus par mer. Ils avaient trois vaisseaux et plusieurs bâtimens légers sous les ordres du contre-amiral sir John Gover. Le 6, les deux frégates Italiennes, la Princesse de Bologne et la Piave, qui étaient dans la rade de Chioggia, et qu'un plus long séjour pouvait compromettre, profitèrent de l'éloignement momentané de la station ennemie, et rentrèrent dans le port de Venise. Elles s'y placèrent à l'embouchure du canal de St.-Marc, à côté des vaisseaux le Castiglione, le Régé-

nérateur et le St.-Bernard.

Le ier. avril, la place de Gênes fut déclarée en état de siège. Les mesures qu'occasionna l'état de siège, tant pour l'approvisionnement de la place et des habitans, que pour la répression des insurrections, furent concertées entre le général Frésia et les autorités du pays. La police intérieure surtout était l'objet qui devait intéresser le plus, et qui exigeait absolument une surveillance active et le concert des

AttII 1811.

Blocus de Venise.

Siège de GêDfS.


àutorités civiles et militaires. Les Anglais forts, par esprit national, dans l'art de la séduction, s'étaient ménagé des intelligences dans la place et dans les villages environnans ; des signaux organisés et connus de la flotte leur rendaient compte de la situation du pays et des mouvemens des troupes depuis Rapallo jusqu'à Savone.

Les Anglais ayant débarqué de nouvelles troupes dans le golfe de la Spezia, pendant les premiers jours d'avril, pressèrent si vigoureusement le fort Ste.-Marie, qu'au bout de quatre jours il fut obligé de capituler. Les vaisseaux Anglais s'approchèrent de la côte au-dessous de Gênes. Le 4, ils firent avancer quelques embarcations vers Voltri. Mais toutes ces démonstrations n'avaient pour but que de cacher les mouvemens qu'ils voulaient faire sur la côte du Levant, et à en détourner l'attention de la garnison de Gênes.

Le 6, il fut ordonné au général Callier, commandant le département de Montenotte , de faire partir de Savone 200 hommes du ioa.e de ligne, pour être placés à Yoltri et à Sestri ( di Ponente ), afin de protéger les batteries de côté, et s'opposer aux petits débarquemens que l'ennemi voudrait faire pour y entretenir des communications journalières.


Le7,legénéralRouyer-St.-Victorfutattaqué dans la position de Sestri ( di Levante ) par des forces supérieures. Le combat se soutint pendant toute la journée : les grenadiers et les voltigeurs du IOLC de ligne firent des prodiges de valeur, mais le général Rouyer pouvant être tourné par la vallée de Fontana-Buona où quelques mouvemens populaires avaient commencè, abandonna, d'après ses instructions, Sestri, dans la nuit, pour se retirer vers Rapallo; il prit position en arrière de ce point près de la montagne de Porto-Fino, sa droite au château de St.-Georges, le centre à SainteMarguerite, et la gauche à Pielra-Ritta; il laissa une petite avant-garde à Rapallo, et fit éclairer la crête des montagnes, vers Scafera, pour observer Fontana-Buona et les mouvemens populaires de cette vallée. Lord Bentinck, commandant les troupes Anglaises de terre et de mer, y avait envoyé un homme du pays, nommé Liveroni, expatrié, et qui était alors major dans les troupes Anglaises. Dans la nuit du 7 au 8, les Anglais firent plusieurs petits débarquemens et sondèrent les mouillages de la côte. Les embarcations Anglaises parcoururent sans cesse la côte depuis Nervi jusqu'à Comoglia : sept d'entre elles firent feu sur Recco depuis la pointe du jour jusqu'à dix


heures du soir; elles avaient des troupes abord; mais la bonne contenance du détachement Français les empêcha de débarquer. Le détachement de Rapallo fut également canonné le 8.

Le 9, le général Pegot, que le Prince ViceRoi avait envoyé à Gênes, fut chargé par le général Fresia de remplacer le général RouyerSt. - Victor. Le même jour, Recco fut encore fortement canonné par l'ennemi; le lendemain le feu se renouvela; mais celui d'un obusier et d'un mortier -qui furent placés sur la hauteur entre Recco etComoglia, obligèrent les embarcations et la frégate qui les soutenait, à prendre le large. Cependant ces deux bouches à feu ayant été établies à la hâte, leur service ne put durer long-temps, et alors les embarcations Anglaises se rapprochèrent.

Le 9, au soir, le général Pegot ayant appris qu'un détachement Autrichien du corps de Nugent s'était réuni aux insurgés de Fontana-Buona, et voyant que les Anglais ne cessaient de faire feu sur Recco et Sori, se décida à quitter sa position pendant la nuit.

La retraite se fit en bon ordre, et le 10, au matin, le général Pégot occupa la position de Montefascio ; cette position aurait été excellente avec un plus grand nombre de troupes.


Les Anglais avaient devant Gênes neuf vaisseaux de ligne et trois ou quatre frégates, ainsi qu'un grand nombre de transports. On les vit se diriger sur Savone, ce qui fit craindre un moment pour la plage très-abordable, qui s'étend de St.-Pietro d'Arena à Arenzano; cette plage n'était gardée que par trois détachemens du l02.e de ligne, placés à Arenzano; à Voltri et à Sestri.

Le 11 avril, le capitaine du vaisseau Anglais, l'Aboukir, envoya par un parlementaire une lettre de son amiral au général Fresia; cette lettre contenait des propositions d'arrangement pour le cabotage, et des plaintes de ce qu'on avait fait feu sur ses embarcations. Le ridicule et la mauvaise foi de cette démarche étaient trop visibles pour qu'on pût y répondre ; on se borna à en faire l'observation AU parlementaire.

Le 12, 1/ennemi attaqua le général Pegot dans la position de Montefascio. On se battit pendant toute la journée, mais le général Pegot voyant l'impossibilité de résister, fit sa retraite pendant la nuit; il vint occuper la position de la Sturla, sur les hauteurs d'Albaro, la droite à la mer, couverte par une batterie de 4 pièces, et la gauche au fort de Richelieu.

Dans la même nuit, les Anglais tentèrent un débarquement i


débarquement à Arenzano, mais ils furent repoussés.

Le 13, le général Maucune, qui comman- dait toujours l'aile droite de l'armée, fut attaqué sur le Taro. Il opposa la plus vive résistance à l'ennemi, mais étant débordé par des forces supérieures, il fut obligé de se replier à Fiorenzuola, et de là, derrière la Nura.

Le i4, au soir, il fut de nouveau débordé, forcé sur ce torrent, et obligé de Se retirer sous les murs de Plaisance. A la nouvelle de ces mouvemens de l'ennemi sur la droite de l'armée, le Prince Vice-Roi fit passera Boz2olo et à Casai Maggiore la garde royale; la division Rouyer passa en seconde ligne à gauche, à Guidizzolo j les autres divisions restèrent en position.

C'est à cette époque que le Prince Vice-RÓÍ fut informé par l'ennemi, il est vrai, mais de manière à ne laisser aucun doute sur la véracité de la communication , du résultat des revers éprouvés par les armées Françaises, quoique l'armée d'Italie eût toujours été victorieuse (1).

ii' '—— r ———'

(i ) Ceci est de notoriété pour tous ceux qui se trouvaient en Italie, mais s'il existait quelques doutes pour ceux qui n'y étaient point, ils seront lev é s par l'extrait suivant d'une lettre, datée de Châtillon , le 3o mars i8i4, du vicomte Castelreagh au lord W. Beutinck, chargé des

Affaire du Taro.

Le 13 avril.

Convehtion pour l'évllcnation de l'italie.


Il consentit alors à la proposition faite par le maréchal Je Bellegarde, de traiter avec lui pour l'évacuation de l'Italie. Des commissaires furent en conséquence nommés de part et d'autre ( i ). Le 16 avril, il fut signé une convention militaire, portant en substance que les troupes Françaises sous les ordres du Prince Vice-Roi, rentreraient dans les limites de l'ancienne France; que les troupes Italiennes continueraient à occuper la partie du royaume d'Italie où elles se trouvaient, et que les places d'Osopo, Palma Nova, Venise et Legnago seraient remises de suite aux Autrichiens.

Le i3 avril, le général Callier reçut ordre de partir de Savone avec toutes ses troupes , la batterie mobile et tous les fusils réparés pour se rendre à Sestri. Il devait protéger la opérations sùr Gênes, et d'exciter lç soulèvement des habitang contre le gouvernement Français.

« Mécontentement de ce que la grande supériorité )i des forces des alliés sur le maréchal Beauharnais » ti'a pas encore produit les résultats qu'on a droit d'en » attendre».

(1) Le général, chef du génie Pode de la Brunerie et le général Zucchi, gouverneur de Mantoue, par le Prince Vice-Roi, et le lieutenant-général Neiperg, commandant l'avant-garde de l'armée Autrichienne) par le maréchal de Bellegarde.

Siége de C ê pes.


batterie de Sestri et empêcher un débarquement à St.-Pierre d'Arena. Le point de Conegliano devant être occupé, lui avait été indiqué pour retraite s'il était forcé à Sestri.

Le même jour les Anglais débarquèrent à Nervi, de l'infanterie, de l'artillerie et quelque cavalerie, et attaquèrent la position de Sturla.

Au commencement de l'action les canonniers gardes-côtes de la batterie de la Sturla enclouèrent les pièces et abandonnèrent leur poste. Le général Pégot les ramena l'épée à la main à leur poste, fit désenclouer les pièces et recommencer le feu. Peu après ce général fut blessé; le général Piat qui se trouvait près de là le remplaça. Le combat dura toute la journée sur les hauteurs d'Albaro , et vers le Soir, les obusiers de l'ennemi parvinrent à détruire la batterie de la Sturla. Pendant la nuit on rectifia la position en la liant à la batterie de la tour d'Amour. Les canonniers de cette batterie et de celle de Lavagno-St.-Michel, ayant abandonné leurs postes, furent remplacés par des canonniers de ligne.

Le i4, les Anglais renouvelèrent leur attaque sur la position d'Albaro. Lord Bentinck y était en personne. On se battit toute la journée avec le plus grand acharnement. Lord Bentinck avait fait annoncer aux Génois, par un émissaire, qu'il serait le lendemain dans


leurs murs; il comptait sur la supériorité de ses forces. Ces menées occasionnèrent quelques attroupemens dans la ville, et le général Fresia crut devoir inviter la municipalité à mettre la garde nationale en activité , quoiqu'il y eût déjà quelque fermentatation dans ce corps. Mais il n'y avait pas d'autre moyen de maintenir la tranquillité.

La désertion avait réduit la marine à l'armement d'un seul brick. Le même jour lord Bentinck, dont on ne recevait plus les parlementaires, fit déposer sur un rocher une lettre contenant les nouvelles de Paris, qu'on avait déjà reçues de Turin, mais non officiellement, par l'intermédiaire de M. de Brissac, préfet à Alexandrie.

Le 15, le feu recommença vt rs Albaro , et dura presque toute la journée. Le 16 le Moniteur venu de Turin, augmenta la fermentation parmi le peuple. Les autorités civiles reçurent le décret d'organisation du gouvernement provisoire et des ordres administratifs. Le gouverneur général ne reçut rien.

Pendant ce temps l'ennemi ayant pu faire approcher ses frégates et ses embarcations de la côte, faisait ses préparatifs pour une attaque générale sur la position d'Albaro. La fermentation était au plus liaut degré dans la ville et sur le littoral ; les habitans fatigués


de cet état de choses, et dans leur absurde confiance, flattés de l'espoir du rétablissement de leur ancien gouvernement, d'après la proclamation des Anglais aux peuples d'Italie, ajoutaient une foi complette à leurs promesses fallacieuses. A Porto-Maurizio on chercha à empêc her les canonniers de tirer sur les bâtimens Anglais. Les compagnies du i." régiment de gardes nationales mobiles de Toulon, qui étaient à Porto-Maurizio et à Alassio, en étaient parties pour remplacer le i02.e à Savone.

Le 17, à deux heures du matin, les Anglais firent une fausse attaque entre Sestri et St-Pierre d'Aréna , avec un grand fracas d'artillerie. A cinq heures du matin, ils ouvrirent le feu de la batterie qu'ils avaient élevée à la gauche de la Sturla, presqu'en face de celle détruite, le i3. Ils approchèrent leurs bâtimens delà côte et attaquèrent avec toutes leurs forces, montant à plus de i5 mille hommes, les postes de Saint-Martin et St.-François d'Albaro. Nos troupes se virent forcées de les évacuer, ainsi que le plateau entre les forts Richelieu, Ste-Thecle et Madon, del Monte.

Les batteries de la Tour d'Amour et de St.-Michel de Lavagno, prises à revers, furent enlevées , et l'ennemi jeta quelques bombes dans la ville. La fermentation y fut extrême ; le


maire et l'évêque se rendirent près du général Fresia pour l'engager à capituler. Ce général, qui avait reçu du général Vignolle la notification de la convention du 16 , permit à la municipalité d'envoyer une dêputation au général Anglais pour l'engager à suspendre le feu, mais ce n'était pas là le but de ce dernier.

On voulait assurer la liberté et l'indépendance des Génois par des moyens qui ne laissassent à leur disposition ni arsenaux, ni marine.

Lord Bentinck refusa toute proposition et exigea qu'on livrât la ville, les forts Ste.-Thecle et de Richelieu ayant capitulé. Les troupes Françaises se retirèrent alors, en bôn ordre, derrière le Bisagno, et les Anglais ne dépassèrent pas St.-Martin d'Albaro.

La fermentation dans la ville augmenta pendant la journée et la nuit du 17 , sans que la garde nationale se mit en peine de la calmer.

Le 18, elle était à son comble et le drapeau Génois flotta publiquement dans les rues. Le général Anglais l'avait fait arborer sur le Montefascio et avait fait passer dans la villie plusieurs exemplaires de la proclamation, promettant aux peuples d'Italie cette indépendance si désirée; ses émissaires répandaient de l'argent. Il espérait, par ces menées, intimider le général commandant et la garnison.


C'est ainsi qu'on se jouait de la bonne foi; le sort des Génois était sans doute déjà décidé, lorsqu'on leur promettait encore cette indépendance qu'ils ne pouvaient comprendre autrement qu'avec le rétablissement de leur ancienne république.

Le 18, vers midi, lord Bentinck envoya à Gênes le lieutenant-général Macferlan , pour hâter la reddition, menaçant, en cas de refus, de recommencer les attaques et de bombarder la ville. La journée se passa en pourparlers, , et dans la nuit suivante, la convention d'évacuation de Gênes fut signée. Le 21 à 8 heures

du matin, la garnison sortit avec armes et bagages, et six pièces de canon, mèche allumée, et prit la route de Savone, où elle arriva le 22. De Savone elle se dirigea en deux brigades, la première commandée par le général Morangié, et la seconde par le général Piat sur Acqui , d'où le lendemain elles continuèrent leur marche. Savone capitula deux jours après.

Les forces de terre et de mer que les Anglais employèrent au siège de Gênes, consistaient en 16 à 18 mille hommes de troupes de terre, dont 6^7 mille Anglais, le reste Italiens, Siciliens et Hanovriens au service d'Angleterre.

L'escadre commandée par l'amiralPellew (depuis lord Exmouth) consistait en trois vais-

Reddition de Gênes.

Le 19 avril.


seaux à trois ponts, 6 de 74, 7 frégates, 12 à 15 bricks et un grand nombre de bâtimens de transport.

Ces forces furent augmentées, quelques jours après, de 6 mille Siciliens, d'un régiment Anglais, de quelques dé tachemens de cavalerie , de deux vaisseaux, de ligne et de 15o transports. Toute cette expédition était destinée pour le siège de Toulon. La paix arrêta ce projet.

Dès le 12 avril, à Venise, des salves d'artillerie sur tous les points de la ligne et à bord des vaisseaux Anglais annoncèrent lessuccès des armées alliées en France; et le 16, au moyen d'un parlementaire que l'amiral Anglais envoya au gouverneur avec des propositions pour la red dition de la place, on apprit leur entrée dans Paris et ce qui, jusqu'alors, s'en était ensuivi.

Les propositions de l'amiral furent rejetées.

Mais le 19, la convention conclue entre le Prince Vice-Roi et le maréchal de Bellegarde ayant été officiellement communiquée au gé-r néral Seras , les Autrichiens entrèrent le 20 dans les lagunes et commencèrent à occuper les postes, ,

Cette convention n'avait point décidé d'une manière claire et précise le sort de la marine de Venise. Le 21, le capitaine de pavillon de l'amira! Anglais, renouvela, en son nom,

Reddition de Venise.

Le 20 avril.


les propositions pour la reddition de la place.

Lui et son amiral ignoraient ou feignaient d'ignorer la convention du 16, quoique le dernier ait été à Vérone jusqu'au 19. Il est vrai que cette convention avait été conclue sans la participation de sir John Gover, mais il est impossible de croire qu'il l'ait entièrement ignorée. Il est bien plus probable qu'en sa qualité de commandant le blocus de mer, il ait cherché à s'emparer de la marine de Venise , comme on l'avait fait à Gênes, pour en disposer suivant le système de son gouvernement.

Cependant le contre-amiral Dnpéré demanda des instructions. Elles lui arrivèrent le 32, et leur contenu, qui était un article additionnel à la convention, lui prescrivit de remettre aux Autrichiens l'arsenal et le matériel des marines Française et Italienne.

Le 19, l'armée Française d'Italie abandonna la ligne du Mincio et du Pô pour rentrer en France, La veille, le Prince Vice-Roi avait a dressé à l'armée la proclamation dont l'extrait suit ;

SOLDATS FRANÇAIS!

« De longs malheurs ont pesé sur notre » patrie. La France cherchant un remède a

EVAC-.'NT^VJ de l'Italie.


) ses maux, s'est replacée sous son antique » égide. Le sentiment de toutes ses souf» frances s'efface déjà pour elle dans l'espoir 3) du repos si nécessaire après tant d'agitations.

» En apprenant la nouvelle de ces grands » changemens, votre premier regard s'est v porté vers cette mère chérie , qui vous rap» pelle dans son sein. Soldats Français! Vous » allez reprendre le chemin de vos foyers.

y> Il m'eût été bien doux de pouvoir vous y » ramener ; dans d'autres cIrconstances, je » n'eusse cédé à personne le soin de conduire » au terme du repos les braves qui ont suivi » avec un dévouement si noble et si constant » les sentiers de la gloire et de l'honneur.

» Mais en me séparant de vous, d'autres de» voirs me restent à remplir auprès du peuple » Italien.

» Soldats Français ! en restant encore auprès y) de ce peuple, soyez certains que je n'ou:» blierai jamais la confiance que vous m'avez » témoignée au milieu des dangers, ainsi que D dans les circonstances politiques les plus )) épineuses, et que mon attachement et ma » reconnaissance vous suivront partout. »

Le lieutenant-général Grenier prit le commandement de l'armée, qui, au moment de commencer son mouvement rétrograde, en


exécution de la convention du 16 avril, adressa au prince Vice-Roi l'expression de ses sentiment et de ses vœux particuliers, de la ma., nière suivante : 1 » A vantde se mettre en marche pour rentrer » au sein de la patrie, l'armée Française se » fait un devoir de déposer aux pieds de j> V. A. I., les sentimens de reconnaissance et » de vénération dont elle est pénétrée envers » son auguste personne, » L'armée d'Italie se glorifiera toujours de n son chef : avoir servi sous V. A. I., est » devenu un titre d'honneur.

» Puisse-trelle toujours jouir du bonheur }) et de la gloire qu'elle mérite par ses belles » et nobles qualités ! C'est le vœu de l'armée » entière, qui a su les apprécier dans tant » d'occasions, et qui en conservera à jamais; *> le souvenir.

- Mantoue, le 18 avril 1814. »

Le lieutenant-général Grenier publia à la même époque l'ordre du jour suivant : » Soldats Français, ; M La proclamation de S. A. I. le prince » Vice-Roi d'Italie, a fait connaître les motifs y) qui l'obligent à retourner en France.

» On annonce que de grands changemens » ont eu lieu dans notre patrie, mais rien


» d'officiel à ce sujet ne nous est encore par» venu. En attendant que la ligne de nos » devoirs nous soit tracée; continuons dé » marcher dans le chemin de l'honneur; con» servons cette attitude calme, noble et fière » qui nous a mérité l'estime du prince, celle » des peuples d'Italie, de son armée et même » de l'ennemi.

» Les ordres du gouvernement nous par» viendront sans doute avant d'arriver à nos » frontières, notre devoir est d'obéir; nous » n'avons pas à délibérer. En ne nous livrant » pas à des suggestions étrangères, en ne dé» viant pas du sentier de l'honneur, en con» servant cette discipline qui distingue l'armée » Française, la patrie reverra une armée digne » d'elle, et toujours prête à défendre sa cause.» L'armée fut retardée dans ses mouvemens par les troubles de Milan qu'elle devait contribuer à appaiser. Cet objet rempli, elle passa le Tesin, et, le 4 mai déjà au-delà de la Sezia, elle se réunit au corps de droite, qui fut fondu dans les quatre divisions.

1 Dès le 25 avril, le quartier-général étant à Pavie, le général en chef comte Grenier publia l'ordre du jour ci-après, prescrivant d'arborer la cocarde blanche.


» SOLDATS!

K

» Vous avez suivi ponctuellement les dispo.

» sitions de l'ordre du jour, en date du 18 dé » ce mois; vous avez attendu avec calme que » les événemens qui ont eu lieu en France » vous soient connus officiellement; vous êtes » restés dans le chemin de l'honneur et dans » la ligne de vos devoirs; je vous en remercie.

» Je dois aujourd'hui remplir les miens envers » vous; je dois vous faire connaître : » Que les actes du gouvernement depuis » le 1.er avril, et qui ne nous étaient parvenus » que par des voies étrangères, sont annoncés » par les bulletins des lois; ils sont d ès- lors » officiels: » Que l'abdication de l'Empereur Napoléon » à l'empire Français, est formelle; que le sénat, » le peuple et cette abdication même, nous » délient de nos sermens envers lui : » Qu'un acte constitutionnel du sénat et le » vœu de la patrie rappellent les Bourbons » au"trône qu'ils ont illustré pendant tant de » siècles, et que Louis-Stanislas-Xavier est » proclamé Roi des Français.

» Soldats ! l'honneur et la patrie nous ran» gent sous sa bannière. Dégagés de nos anciens


j) serinens, offrons-lui l'hommage pur de notre x fidélité et de notre dévouement. Son avéne» ment au trône nous présage un avenir plus )) heureux; les beaux jours de la France re» naîtront sous Louis XVIII, et bientôt ses » vertus lui assureront tous les droits de ses » ancêtres a l'amour des Français.

» Copie du présent ordre du jour sera adres-;.

» sée à S. E. le ministre de la guerre, à Paris; » j'attendrai ses ordres ultérieurs pour la pres» tation de serment de fidélité que nous devons » à Louis XYIII. Cependant l'armée Française 3) en Italie, digne de son nom, de son Roi et » de sa patrie; arborera dès ce jpur la co» carde blanche, ralliement chéri des Français.

» MM. les généraux et chefs des corps pren» dront de suite les mesures nécessaires POUl' » se la procurer, et pour que tous les individus Ï) en soient décorés en arrivant à Turin. »

A cette époque, Vorganisation de Varmée était la suivante, ainsi que sa force.

Le lieutenant-général C.te GRENIER, commandant en chef.

Le lieutenant-général C.t!: VIGNOLLE, chef de l'étatmajor.

Le lieutenant-général B.011 S.-LAURENT, commandant l'artillerie.

Le colonel RAVICHIO, chef de l'état-major,


Le colonel MOYDIER, commandant le génie. ( Ett l'absence du général DODE, envoyé en mission, à Paris).

-Le chef de bataillon du génie BEAUFORT D'HAUTPOUI, , chef d'état-major.

Disponibles.

Le lieutenant-général B.on M AUCUNE. — Le maréchal de camp B.oa VANDEDEN. - Le maréchal de camp B.on SoULIER, qui fut laissé à Turin pour attendre les garnisons des places.

L'adj udant commandant MORIZOT DE MARZY, souschef de l'état-major général.

Le sous-inspecteur PRAD'EI, , f. f. d'inspecteur aux revues.

L'ordonnateur REGNAULT, ordonnateur en chef.

l/" Lieutenance , dépendante directement du général en chef.

L'adjudant - commandant BAZIN - FONTENELLE, chef d'état-major.

2." Division , le lieulenant-général ROUYER.

Le chef de bataillon ERNOUF , faisant fonctions de cùee d'état-maior.

9e régiMeUt de ligne 5 batail.

(r b l arécbal-de-cam p f 28e 1/2 brig6 ade pF «. if2 J i-S"*" 1 ld' (67« id. 1 id.

( 3e léSCT 2 id.

MarcchaUdf-cannp 86e id; .,. 2 id.

B.on DARNAUDT (35- id 4 id.

Total : 0^527 hommes préiens 4t 4,297 aux hôpitaux, 19 bouches à feu.

4.® Division , le lieutenant-général MARCOGNET.

Le colonel DESBREST, chef d'état-major.

{ ( 6e de ligne.. 1 batail.

Maréchal-de-camp, 29* J/a brigade pre. 360 id. - 2 id.

B.onJeANIN. < IOle id.. 1 id.

I 102* de ligne: a id.

I j*3I« de ligne; 1 id.

Maréchal-de-camp J 3l* '/brigade.. - 1320 id.. 1 id.

B.ou Royui. ( 1er étranger. 1 id.

B.Ou ILduquic. V to6*dettgne. 3 id.

Total : 4.855 hommes présens et 3,961 aux hôpltattt, ta toucha feu.


û" Lieutenance , le lieutenant-général C.te VERDIER.

L'adjudant-commandant DE QUERELLES , chef d'état" major.

1 re Di vision le lieutenant-général QUESNEL. - iL L'adjudant-commandant DUPIN, chef d'état-major.

, - F 92E de ligne. , , , ,. 4 tatail* ( léger. 3 id.

Maréc h a l - d e-cam p S3OE r 2 brigade 1 4# id. i id.

B.on CAMPI. 30" r/2 brigade, .., 14e id, ,., 1 id, £ "10* de ligne.. 2 id, Maréchal-de-camp , ( 35e léger 2 batail.

Bon FORESTIER. < de ligne 4 id.

- - - - - - -

Total: 5,367 nommes présens et 3,324 aux hôpitaux, 12 bouches il fcu.

3.C Division, le lieutenant-cénéral FRESSINET, L'adjudant-commandant VERMUSEN, chef d'éta t-rnal or.

Maréchl-de-camp , J 7e de ligne. 1 batail.

bl ar é c h a l - d e-cam p , 153- id 4 id.

DE MONTFALCON. {53E id.,. 4 id.

F IER de ligne.. 1 id.

lUaréchal-de-camp, 25e 1/2 brigade. f 168 id. 1 id.

B.on GROSBON. (62* id. 1 id.

I 42e de ligne. 4 id.

• Total : 4,63o hommes présens et 2,669 aux hôpitaux , 8 bouches a fett.

CAVALERIE.

Le lieutenant-général B.on MERMET , commandant.

Maréchaux-de-camp, f 9 e c h asseurs. 3 esc ad.

B.ons BONNEMAINS 1 .., et GENTIL-SAINT- 31 e id- - - - - - - - - - - - - - - - 4 id, ALPHONSE. (. 1" d'hussards.,. 4 td. *

.ALPH 0> 1

RESERVE D ARTILLERIE.

18 bouches a feu , 444 hommes présens et 78 anx hôpitaux.

GRAND PARC. 9 bouches a feu , 1,408 hommes présens et 212 aux hôpitaus.

RÉCAPITULATION:

77 bouches à feu

Infanterie. , 18,379 hommes présent Cavalerie. 3,352 id.

Artillerie et génie 3,348 id.

TOTAL 24,079.

Aux hôpitaux 14>977- TOTAL EFFECTIF. , 3y,o56.

L'armée


L'armée d'Italie était rendue à Turin et dans les environs le 5 mai; il lui fut alors donné connaissance de l'ordre du jour suivant par lequel le général en chef) lui exprimait sa satisfaction de sa bonne conduite, » Soldats 1 » Vous avez répondu à la confiance que » j'avais en vous ; je n'ai qu'à me louer de votre » bonne conduite et de la, discipline que vous » avez observée en traversant l'Italie; conser» v.ez l'une et l'autre en entrant sur le terri» toire Français. Une partie d'tl pays qui se » trouve sur notre passage est pauvre et dénuée » de ressources; il est possible que, malgré 5) toutes les précautions -qui ont été prises, » vous ayez à souffrir quelques privations; ? vous devez être certains que le premier soin » des généraux qui vous commandent et le mien.

» sera de les diminuer autant que possible ; 3) j'espère toutefois que le bon ordre et la dis7) ciplineïi'en seront point altérés, et que nos » compatriotes trouveront l'armée d'Italie » digne de sa renommée.

» Soldats ! je manquerais à la confiance que » vous m'avez inspirée , si je vous parlais de * désertion, je suis persuadé que vous serez » fidèles à vos drapeaux, et que vous ne


fi voudréz pas perdre, par une lâcheté, l'hon-i, » neur de rentrer un jour sans tache ai^sein » de vos familles, et la gloire de dire, fêtais de » larmée d Italie. - - » Je dois annoncer cependant que si, contre * mon attente, quelqu'un de vous, oubliant » ses devoirs, abandonnait ses drapeaux, il » serait poursuivi et jugé sur-le-champ, selon » la rigueur des lois. » Fait à Turin, le 5 mai 1814.

Le 9 mai, l'armée d'Italie se mit en marche par divisions pour passer les Alpes par quatre points, savoir : le col de Tende etle comté de Nice; le val di Stura et le col de ka Magdelaine; la route de Fenestrelles et le mont Genèvrej le mont Cénis. e parc d'artillerie passa par cette dernière route et se rendit à Valence. La division Marcognet passa par le val di Stura,.

et son artillerie avec les équipages, par Fenestrelles.

Au mois de juin, Parmée d'Italie, bien commandée et bien administrée, rentrée en France, occupa les lieux sui vans : Division Rouyer. Aix, quartier-général , Toulon, Brignolles et St.-Maximin.

Division Marcognet. Digne, quartier- général , Marseille et Sisteron.


Division Quesnel. Valence, quartier-général 9 et Montelimart.

Division Fressinet. Embrun, quartier-général, Gap, Briançon) Mont-Dauphin.

Cavalerie. Carpentras, quartier-général, Avignon, Arles, Tarascon etCavaillon.

Le 20 juin, l'armée d'Italie fut dissoute après avoir fait avec gloire ces deux dernières campagnes f sous un chef qui avait toute sa confiance, et pour lequel elle était pénétrée de la plus profonde estime, Paris, le 1er janvier 1816.


PIÈCES JUSTIFICATIVES.

RAPPORT N.° I. e, Inten dant -de Rapport de flf. de Charriage, Intendant de la Carinthie, du 29 août 1815, au Prince Vice-Roi d'Italie.

MJ.TX QNSEIGNETTK.

Le soir du 20 août, les Autrichiens parurent devant Villach ; le 21, ils s'établirent dans le faubourg situé à la rivesanche de la Drave; le colonel Duché, du 35* régiment d'infanterie légère Française, avait fait rompre le pont à l'entrée duquel le général Autrichien FrémOJt se présenta en personne , et il intima au colonet d'évacucr la ville, et de prendre position aiHeurs, menaçant d'incendier Villach, s'il persistait à s'y maintenir. Cet officia ayant refusé de l'écouter , le général ennemi fit tirer sur la ville avec deux pièces de canon et un obusier. Le feu commença à neuf heures et demie du soir , et finit le lendemain à quatre heures du matin.

Quelques tirailleurs dispersés sur la rive gaucfce de la rivière, firent feu pendant le reste de la j ournée sur nos patrouilles.

Le 23, à deux heures après midi, le colonel Duchéme donna avis qu'il avait ordre d'abandonner immédiatement la ville et d'aller prendre position au pont de Fédéra un ; sur le Gail, à une lieue ei demie de Villach.


Voyant que ma présence devenait inutile" <Lans na lieu qui d'un moment l'autre allait être occupé par l'ennemi, et ne croyant pas de mon devoir de concourir aux mesures que les autorités locales jugeraient nécessaires de prendre pour le recevoir, je résolus de suivre le mouvmient du régiment - et j'en prévins les employés Français qui étaient encore dans la ville ; les autorités municipales l'attendaient sur le pont : 1VL Nicolle secrétaire général de l'intendance t était, à leur tête. Le général fût immédiatement suivi d'un escadron de hussards de Stipchich et de deux compagnies de Croates.

A huit heures, on vit arriver un autre corps de la même nation ; le 24 à cinq heures du matin , le colonel Duclié rentra dans la ville et s'y maintint jusqu'au soir. Au moment de la retraite de cet officier, sept soldats du regiment de Hohenloë-Bartenstein, qui étaieut restés cachés dans Villach, coururent au pont, et plaçant leurs mouchoirs au bout de leurs bayonnettes ifs appelèrent leurs camarades qui rentrèrent dans l'instant ; lea.

généraux Fenner et Wlasich étaient à leur tête. Un major fut chargé de faire barricader la ville. Le régiment Duka, Hongrois", composé de 1800 hommes., remplaça les Croates.

La journée du 27 fut tranquille. Dans celle du 28, quelques soldats furent blessés et un officier tué.

Le 29 j le régiment .Dnka, se mit en ordre de bataille sur la place , s'appuyant à la porte qui condui t au ppnt. A neuf heures et demie, il fit sa retraite , et les batteries Autrichiennes du faubourg lancèrent quelques bombes. Le feu prit d'abord à la porte du NOJ;d-Daest , et en un instant l'incendie se manifesta en cinq ou six -endroits différons, A six heures du matin t les trais quarts


3e la ville étaient consumés, malgré les secours portés. -

par les militaires et les emplois Français.

Les généraux Hiller, Frémont, Fenner et Monafel se montrèrent à Villach ; les régimens ennemis qui occupèrent la ville étaient ceux de Duka, Jellacliick et Hohenloë-Bartenstein. Les officiers dirent aux habitans que leurs ordres étaient de se maintenir à Villach jusqu'à ce qu'on eut appris le résultat" du mouvement exécuté par l'armée de Bohême.

.,. «

H

N. ° II.

De Livourne, le z4 mars 1814.

PROCLAMATION DE LORD BENTINCK.

- I TA LI EUS, L'Angleterre a débarque ses-trompes sur vos côtes; eMe- .vient vous délivrer du joug de fer de Bonaparte; le Portugal, l'Espagne, la Sicile la Hollande sont lespreuves des principes généreux et désintéressés qui animent cette puissance.

I l'Espagne, par sa résolution, par sa valeur et par les efforts de son puissant allié, a réussi dans sa sublime entreprise : elle a chassé Jes Français. Son indépendance, est assurée et sa liberté civile établie.

-La Sicile 3 protégée par la même puissance, s'est sauvée <tu déluge universel. Elle n'a pas souffert: par un effet du caractère bienveillant de son Prince, elle a passé tic l'esclavage à la liberté. Elle se hâte de rétablir sa. 1 splendeur parmi les nations indépendant.. j À


La Ôollande s'avance au même but.

L'Italie seule restera-t-elle sous le joug! Les ltalen* tombât ter ont-ils contre des Italiens en faveur d'un tyran t pour l'esclavage de leur patrie ! Italiens, n'hélitez plus, soyez Italiens! et toi, armée d'Italie, la fcause de ton pays est entre tes mains! Guerriers de l'Italie, nous n'exigeons pas que vous vous-réunissiez à nous, nous demandons seulement que vous faisiez valoir vos droits et que vous soyez libres.

Appelez-nous, nous accourrons vous joindre ; alors nos efforts réunis feront que l'Italie redevienne ce qu'elle fut dans des temps plus heureux et ce qu'est maintenant l'Espagne.

ERRdTA.

Page 3, ligne 8. Un nombre, lisez plusieurs.

Page 8 , ligue 12. Put, lisez pussent.

Page ii, Ajoutez il fut ensuite recréé sous une autre dénomination, sous de nouvelles formes et sous un autre souverain.

Page 18, ligne il. Ajoutez Cte.

Page 59, ligne i. Supprimez le même jour.

Puge a5, ligne 3. Au lieu de Cuchiara, lisez Carchiara.

Page io3, avant dernière ligne, après ces mots, avec condition f ajoutez aux troupes de la garnison.


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STRABON. Géographie, traduite du Grec en Français, in-4. °, les t. 1, 2,3 et 4 paraissent, la suite sous presse" Art de lever les plans, par VERKAVEN. 2.E Edition, revue et augmentée, in-8.° ,fig, Campagne sur le Meinet la Rednitz, par l'armée GalloBatave., aux ordres du général AUGEREAU, an IX ( 1800 , 1801 ), avec une carte des opérations, in-8°.

Dictionnaire de la marine Française , par ROMMn, 2.® Edition, augmentée, in-8.° fig.

Histoire philosophique du monde primitif, par DE L'ISLE DE SALES. 4. Edition , 7 vol. in-8.o et un Atlas.

,Introduction à l'analyse infinitésimale, par LEON, EULER, traduite par M. LABEY , 2 vol. in-4.o,fig, Mémoire politique et militaire sur l'invasion et la défense de la Grande Bretagne , par le gêner. LLO-YD > trad. de l'Anglais, in-8.°, fig.

Nouvelles règles pour la pratique du Dessin, de l'Architecture civile et militaire, par DELAGARDETTE , in-8.°, fig.

Observations et Instructions à l'usage des Officiers et autres de la marine royale d'Angleterre, sur tous les principaux points du service. Tra d de l'Anglais, par

M. LAOUENAN , IU-80.


BATAILLE DU MINCIO /<" (r, /f¡r,','I'({')' ¡(SI/f.

e II tre L MIMEE D ITALIE, Coimmmdée par le Prince Vice Roi ET L 'ARMEE AUTRICHIENNE, Par le Maréchal de Belleo-artle

0/

Renvoi

1 La 2 me d 4 Dle divisiofiffi^a/icMiscs et ta Garde B Îvat, II en marcJie sur Rover bellci

2 Prenliere division avec la div de- Cavaferze. debouc/ia/tt\\

de Goito.

3 Division. Zucchi en marche sur Isola tPcala

4 Division J<réissznct en position en tWtUZr a& Montjwvano et résistant à lattaaue de l'ennemi. - -

5 Duiision Paloni&ini enaayee avec lennemia Cavotcasetla\

6 Division Daàmèird rentrant a, fescfuera,.

7 Jrassaae duJuncio par tes jhitricmen*r

8 eèr en pxesence et affaire aeneraie

o Garde Rvyale en reserve -,

10 Corps autrichien- en avant dans la -/ (ame de Jjoryhctto 1 au soutien de leur ligne

il Yilhzye de p,¡,::;"",t. pris et repris. I

12 DivisivnsRouyer et Quesnel couronnant tes hauteurs ae Poxxalo à - - - -

l3 Troupes Autrichiennes combattant ut 1

14 Avant Garde, françau^e ayant débouche de Goito et dont j dezuc peM>tvn** font mettre 6a.r le, armes a iSo hommes l aidrf7tnc

15b Un escadron rk 3i. de Chasseurs de t avant garde fait mettre ha.r ÚJ' arm&l' d 300 Iwmm&l' dl7zj:r,,. allfriehrome - - 1 1

l6 £ clair ei £ rs Je l'ennemi répandus dans la Pta a ta droite du Minciv et enlevant des eipapaqes^ fra/ie<u.r

17 Division Marcoynet en position a Jxoveroeua