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LE VISAGE DIVERS DE LA FRANCE dcs

ÉTAMPES LA GESSE El SES VERTES VALLÉES

La tour de Montlhéry

Nf à la lisière de la forêt de Fontainebleau, l'Ecole est la première de cette série de petites rivières. d'une extraordinaire limpidité, dont les aimables vallées sont le charme des vieux pays du Hurepoix et du Gâtinais. Elle baigne Milly, où

Dagobert fut proclamé roi et dont la vieille forteresse gothique, assiégée jadis par Charles VII, a moins souffert peut-être de la guerre et des ans que du zèle excessif apporté à la restaurer. Courances doit à cette transparente et gazouillante rivière l'harmonie de son nom et la parure de son splendide château Louis XIII, dont les parterres s'ornent du cristal des bassins et s'animent du jaillissement des cascades.

L'Essonne, avant de se confondre avec la Seine et d'animer moulins et papeteries, arrose Mennecy, jadis seigneurie des ducs de Villeroy, dont le plus connu fut le maréchal incapable ou malheureux, mais courtisan de premier ordre, à qui, retira pas sa faveurs Et voici do$ tourbières avec des étangs aux sombres reflets de moire parmi les bouquets serrés que forment les peuplier* la poudrerie du Bouchet, à l'embouchure de la Juine le Grès géant de Fontenay-le-Vicomte Ballancourt et le château du GrandSauseaye, entouré de fossés où murmure l'eau courante la FertéAlais, ou forteresse d'Adélaide dont le château a disparu, mais dont l'église est un des plus purs monuments du xn* siècle Guigneville, Boutigny, Boigneville et Malesherbes enfin. Mais nous sortons de la région parisienne.

Mort de l'abbé Henri Bremond de l'Académie française Pau, 17 août (dép. Havas.)

L'abbé Henri de l'Académje française. est décédé aujourd'hui à 14 h.'3O, Arthez-Asson (Basses-Pyrénée.). des suites d'une longue maladie. M. Anatole de Monzie, ministre de nSducatloa nationale, a çhargé le pré-

fet des Basses-Pyrénées de présenter à la famille de l'abbé Bremond les condoléancea du gouvernement et s'est asaocié par un télégramme personnel au deuil des lettres françaises.

Le « Joseph-Le Brix » de retour à l'aérodrome de Bue

Piloté par le chef-pilote Lucien Boasoutrot, l'avion Joseph-Le Bru a quitté hier matin à Il h. 35 l'aéroport du Bourget et a regagné l'aérodrome de Bue où il sera remise en attendant ses prochains voyages.

Une escadrille d'hydravions américains se rendrait prochainement en Italie Washington, 17 août (ddp. Radio,) Plusieurs journaux prêtent l'intentlon au président Roosevelt d'envoyer. en Italie, une escadrille d'hydravions qui traverserait l'Atlantique en tormation et rendrait ainsi la visite récente de l'escadrille Balbo aux EtatsUnis.

LE TYPHON DE LA JAMAÏQUE A FAIT 70 VICTIMES

Londres. 17 août (dép. Petit Paristen). On mande de Kingston (Jamaïque), que le typhon qui s'est abattu hier sur cette ville et sur diverses autres ré- gions, a coûté la vie à 70 personnes et a causé dea dégâts qui sont évalués à 35 millions de francs.

La Juine nous y ramène avec ses deux clairs affluents, la Louette et la Chalouette, qui se confondent au creux du vallon où sommeille Etampes, tandis que l'Orge suit un cours exactement parallèle pour baigner Dourdan, Arpajon, Montlhéry.

Etampes languit sous le poids de son ancienne renommée. C'est une ville trop grande pour elle-même. Son long ovale gris met une note mélancolique sur la verte luxuriance des campagnes où elle est poaée. On dirait que l'antique cité, aujourd hui assoupie, porte le deuil de son passé glorieux et mouvementé.

Peu de villes ont eu autant de malheurs. Dès le vir siècle, des batailles sanglantes furent disputées, au bord de la Louette, entre partisans mérovingiens. Au x' siècle, Rollon et ses Normands y laissèrent les traces calamiteuses de leur passage.

,Çe fut alors que Robert le Pieux fit construire la forteresse d'Etampes, qui devint aussitôt séjour royal, et dont le formidable donjon domine encore la ville qu'il avait la tâche de protéger.

Ce donjon, c'est la tour « Guinette > dont le nom vient de guigner ou regarder et qui dresse sur la colline, au milieu d'un agr6able jardin public, la triste grisaille de ses vieilles pierres romanes. De cette tour,. on aperçoit la forme étroite de la cité, qui s'allonge entre les collines rousses et blanches et dont les contours sont nettement dessinés par les boulevards de l'ancienne enceinte. A l'ouest, on distingue la tour .penchée de l'église Saint-Martin, dans le quartier dit jadis Estampes-Viel », et à l'est, dans les quartiers « Estampes-leChâtel et Estampes-Neuf qui remontent d'ailleurs au x* siècle, la grosse tour de Saint-Basile, la flèche de Notre-Dame-du-Fort, l'abside de Saint-Gilles._

(La suite à la cinquitme page.)

POUR ET CONTRE On a joyeusement fêté à Mâcon les vins de France. On a élu une reine charmante qui se doit. maintenant, de préférer le vin à la danse. Un cortège de bon goût a par.couru les rues de la ville en liesse. On pense bien qu' en cette journée de parade personne n*a souffert de la soif.

Des banderoles à la louange des vins banderdes portait l'inscription suivante. aussi heureuse que galante

Souvenez-vous que le vin est fait pour [être bu Comme les femmes pour être aimées. Le vin a même la chance de pouvoir être encore plus richement aimé que les femmes. Car les femmes n'ont à rechercher que l'amour de l'homme, comme l'homme ne saurait ambitionner que l'amour de la femme. Or le vin est aimé par l'homme et par la femme. Il n'a pas à se plaindre du sort.

Mais est-Il bien utile de rappeler aux Français que le vin est fait pour être bu et aimé 7.

L'immense majorité du peuple de France a pour le vin des srntiments fort tendres. Mais si le vin est fait pour être bu. pourquoi ne falton pas davantage, chez nous, pour qu'il soit bu ?.

Ce n'est pas la première fois que je pose ici cette question innocente. Je n'ose parler de la Faculté. Et pourtant Pourquoi, neuf médecins sur dix proscrivent-ils le vin dès qu'ils traitent un malade, quel que soit le mal dont souffre Je pauvre patient ?. Assurément. l'abus du vin (comme l'abus de l'eau) indispose même les gens qui se portent parfaitement bien. Mais. un peu de vin et un peu d'eau, cela. sans doute. ferait pour la plupart des malades un régime aussi sage et aussi bienfaisant que le rigide et maussade régime sec.

Enfin il faut bien répéter les vérltés. si le vin est fait pour être bu. il ne saurait être question que du bon vin. Le mauvais vin n'est pas fait, lui. pour être bu. parce qu'il est déplaisant quand on le boit et incommodant par la suite. Il arrive encore que l'on trouve en France, pays élu du bon vin. de la triste piquette ? Pourquoi ?.

Et puis. toujours la même histoire: pourquoi. dans tant d'hôtels petits et grands. pourquoi dans tant de restaurants. luxueux ou populaires, la carte des vins est-elle hérissée de prix prohibitifs. de prix barbelés?. Pourquoi veut-on nom faire payer en France I quinze. dixhuit, vingt. vingt-cinq francs un pauvre petit bordeaux ordinaire. un maigre beaujolais 1 pourquoi nous décourage-t-on si souvent quand nous voulons boire un peu de vin. quand nous demandons. innocemment. c la carte des vins » ? Mauvaise carte, hélas neuf fois sur dix. Mauvalse carte. qui n'est pas ua atout pour le vin.» Maurice Psax.

LE JURY ANGLAIS TIENT POUR ACCIDENT LA MORT DE LA JEUNE FILLE TUÉE PAR LES BALLES D'UN TiyiïIfflOI L'aviateur qui commit cette effroyable mépriae ne sera pas poursuivi, la décision des jurés d'enquête dégageant entièrement sa responsabilité

Londres, 17 août (dép. Petit Parisien.) L'enquête menée par le coroner de Minste r-on-Sea comté de Kent) sur la fin tragique de miss Jeannette Chesterton, qui périt avant-hier sous les balles d'une mitrailleuse d'avion, s'est terminée ce soir, après une série de dépositions émouvantes, par un verdict de mort accidentelle, ce qui signifie que l'infortuné aviateur est déchargé de toute responsabilité. Un grand nombre de personnes s'étalent rendues aux abords du bâtiment de l'Assistance publique, où avait été déposé le corps de la victime. pour assister à l'arrivée du coroner et des membres du jury. Dès que ces derniers, au nombre de neuf, eurent prêté serment, le coroner rappela l'émotion considérable qui avait été soulevée dans le pays entier par la tragédie et demanda aux jurés de bannir de leur

L'aviateur Boafaemf»

esprit tout ce qu'ils avaient lu ou entendu sur la question pour concentrer toute leur pensée sur les dépositions des témoins.

M. Chesterton, père de la jeune fille, fut le premier à prendre la parole. Il déclara que sa fille venait Il Leysdown régu.lièrement depuis cinq ans, que sa fllle avait assisté bien des fois à des exercices de tir

vait où se trouvait 1a zone de danger. Le second témoin, chef d'escadrille de la Royal Air Force, après avoir déployé un plan détaillé de la région, expliqua au coroner que la limite de la zone de tir était indiquée, vers le large, par quatre bouées fixes, la cible pour avions de bombardement se trouvant au centre de ce quadrilatère. (La suite la troisième page.)

NOS OPERATIONS AU MAROC Les travaux d'organisation des réglons récemment pacifiées ont dès maintenant commencé Au cours de ces dernières journées, nos groupes mobile, opérant dana le Grand Atlas, ont, en plusieurs points, fait des opérations de détail et de rectlncation, recueillant de nombreuses soumissions. On note la rentrée de dissidence de certains individus qui, depuis longtemps, tenaient te bled et reculaient devant l'avance de nos troupes ver. les zones encore insoumises. Cest ainsi qu'à Tillouguit, le chérif Moulay Abdeaeelem est venu, avec ses fidèles et sa famille, faire la targuiba, qui est le geste de la reddition, devant le général commandant le groupe du Tadla.

L'ensemble du pays nouvellement occupé fait l'objet d'une première organisatton. Il a fallu d'abord assurer la subsistance des tribus qui ont déposé les armes. Dans la région de l'assit Melloul, le général Goudeau fit procéder à la distribution des graina, tandis Que les familles réoccupaient leurs kasbâfcs et leurs mechta. II a fallu aussi créer, on premier tracé forcément emLe génie, la légion étrangère, les travailleurs indigènes ont collaboré à l'établissement des pistes de montagne dont les profils hardis ont exigé des efforts parfois surhumains. Et c'est ainsi que, déjà, la vie nait dans ces regidfca sauvages, arides, dans ce chaoe de montagnes aux cimes altières et dénudées.

L'équipement de tout ce pays Ait Haddidou demandera encore de grands efforts qu'on doit réaliser avant l'automne et les neiges précoces en ces régions et qui ne laissent libres que quelques fonds de vallées. Les tracés des plates doivent être protégés par des postes de surveillance et certains points de la montagne seront tenue par de. groupes légers susceptibles de donner la chasse aux rôdeurs qui se révèle raient dans la région.

VORS,

A Sncy-en-Brie, hier, on Yida le puits de la ferme Emery, mais la vérité n'en MrtitjinL

De nouveaux témoignages, bien tardifs, et de nombreuses dénonciations anonymes viennent compliquer la tâche des enquêteurs

La veuve de la victime demanda une journée de repos et s'offrit à payer tous les frais des recherches nécessaires poarwener la découverte de l'assassin Quand curent été connus les résultats Impatiemment attendus de l'autopsie du corps du maraîcher de Sucyen-Brie, on en retint, comme élément capital, le fait que, étant donné la multiplicité des coups portés et le peu de gravité de tous ces coups, on pouvait raisonnablement émettre l'hypothèse que l'infortuné Emery avait été frappé par un agresseur qui manquait de robustesse, voire d'adresse.

Et c'est pourquoi les enquêteurs, fort désireux d'appuyer les hypothèses formulées sur les bases scientifiques de l'autopsie, commencèrent aussitôt une série d'auditions destinées à confirmer ou è démentir les indications déjà recuelllies. On sait dans quelles conditions M. Lalo et ses collaborateurs, MM. Février et Bascou, avaient entendu d i v e r témoins, d'abord M.. Ro ussillon, grand ami de la famille Emery; puis Mme Emery ellemême. L'audition de cette dernière, qui s'était prolongée pendant six heures et demie, n'avait pas, en dehors de quelques contradictions inhérentes aux conditions dans lesquelles elle avait été interrogée le premier jour, apporté de faits permettant d'orienter l'enquête vers un but très précis. Et. en fin de soirée, la veuve du maraîcher avait, accompagnée par un gendarme sur les routes désertes qu'enveloppait la nuit, regagné sa demeure d'un pas assuré et paisible. Après ce résumé d'hier, voici les faits d'aujourd'hui Emmanuel JACOB

(La xuite d la deuxième page.) &

La poste en Prusse orientale ne fera plus porter à domicile les lettres adressées à des juifs Innsbriïck, 17 août (dép. Fournier.) Le correspondant de l'Agence télégraphique juive télégraphfe « L'administration des postes de la Prusse orientale a informé les juifs que les lettres qui leur seront adressées ne seront plus portées à leur domicile. Les juifs devront les venir chercher à la poste après 6 heures du soir.» »

LE COUREUR LEFEVRE

qui a remporté, hier après-midi, au stade Jean-Bouin, au cours d'unt réunion internationale qui opposait Français et Américains, la course du 3.000 mètres. L'épreuve donna lieu à une lutte splendide.

Le vainqueur battit en 8' 33" 3/5 le record de France, devant Lecuron et Rochard. {On trouvera en vage 5 les autres résultats de la ren- contre.}

A SAINT-GERMAIN-EN-LAYE UN MÉCRNICIEN TENTE D'ASPHYXIER SA FEMME ET SES DEUX FILLETTES J'étais ivre, dit-il au cours de son interrogatoire, je ne me souviens de rien »

(.Voir à la Quatrième page.)

A BRET1CNY-SUR-ORCE Un ancien garde champêtre âgé de soixante-cinq ans, en instance de divorce, voulait tuer sa femme.

(Voir a 1. Quatrième page.)

A GENTILLY

Un chauffeur de taxi parti en Bretagne était considéré comme disparu. Il avait eu, tout simplement, des ennuis avec son moteur. (Voir à la quatrième pope)

CITE ROUGEMONT

A la suite d'un incendie, dans les décombres de la chambre du sinistré, un communiste, on découvre un mousqueton, des cartouches et des documents militaires.

Des débris de l'hydravion

du commandant Guilbaud

auraient été trouvés en mer Oslo, 17 août (dép. Havas.)

Les journaux annoncent que le bruit court à Tromsœ que des pêcheurs de flétan auraient trouvé dans leurs filets, dans les parages de l'île aux Ours, des débris semblant provenir de l'hydravlan Latham.

Le consul de France à Tromsœ a fait ouvrir une enquête.

Pour participer aux recherches du dirigeable Italia, de l'expédition polaire du général Nobile, M. Georges Leyguea, ministre de la marine, avait mis à la disposition de l'explorateur Amundsen l'hydravion français Latham qui, à Caudebec, faisait des préparatifs en vue d'une traversée de l'Atlantique sud.

Rapidement équipé pour une expédition polaire, l'hydravion gagna Bergen et Trom3œ, d'où, le 18 juin 1928, Il prit son vol pour les régions boréales, ayant à bord le commandant Guilbaud, le lieutenant de vaisseau de Cuveryille, le mécanicien Brazy, le radiotélégraphiste Valette, le lieute- n a n t Dlchebron e t l'explorateur Amundsen. Il se proposait d'atteindre le cap Leigh Sunth en suivant la côte est du Spitzberg.

Mais l'hydravion disparut au cours de ce voyage, et toutes les recherches entreprises pour le retrouver furent vaines. Seuls quelques débris, notamment un réservoir, turent retrouvés plusieurs semaines plus tard.

Deux Russes tentent de piller une bijouterie rue Dauphine L'un d'eux blesse le commer·çant d'une balle de revolver Un des malfaiteurs est upturé. L'arreatation de son complice ne murait tarder

de la Monnaie. Il. est un peu plus de Il heures. Les magasina viennent de

M. Kevor Koayoudjlan, la victime rouvrir leurs portes. Boutiques de fruitiers, merciers, marchands de meubles, papetiers.

Au numéro 30, à côté d'un café, se trouve une petite bijouterie-horlogerie de caractère bien. provincial. Dana la vitrine, des médailles de piété. des alliances, des bracelets, des chaînes. Beaucoup d'or.

Des employés qui boivent tranquule. ment leur café, perçoivent le bruit d'une détonation. Un coup dc ffu a éir1 îiif.

besitation « C est chez le bijoutier. On se précipite. La Porte de la bijouterie vient t d'être violemment ouverte, en effet. Un homme déjà détale, à folle e allure, bousculant les passants, Voici qu'un deuxième individu, le. véte- ments en désor- dre, s'engage à son tour dana l'étroite porte.

Vne étreinte vigoureuse le maitrise sur le seuil même. L'homme se débat, gesticule. Mais lé courageux paseant à l'inter-

Et! Babenko

vention si décisive est un adversaire de taille c'est un détective privé, M. Mangot. 9. rue de Conetanti- nople. De toutes part. on accourt, M. Mangot a réduit à l'impuissance 10, bandit pris sur le fait, pt Il le livre aux agents Petit et Couraelles, bientôt accourus. L'homme est conduit au poate de police de Saint-Germain-des-Prés. (La suite à la deuxième page.)

En croisière sur le « Pourquoi -Pas? »

LA SECHERESSE NE CEDE QUE BIEN LENTEMENT Malgré 1e changement de régime survenu vera le i6 août. les pluies r*sFrance. et très insuffisantes pour la campagne. Seules iee fortes chaleurs ont cédé, maie la sécheresse persiste. Les dépressions qui passent sur le nord de l'Europe' n'amènent que bien p.eu d'eau en France et une nouvelle dépression arrivée hier sur' l'Irlande ne donnera aujourd'hui encore que de rares pluies et seulement vers le nord du pays.

Le régime dépressionnaire tendrait néanmoins à subsister et les prochaines dépressions seront peut-être plus pluvieuses.

Le de dittanem tant «acatm L'AVIATEUR DE PINEDO RETARDE SON DEPART Son barorraphe lui éti relé New-York, 17 août (d6p. Havaa.) L'aviateur Italien de Pinedo, qui uvait l'intention de prendre le départ ce matin pour la traversée de l'Atlantique en vue d'une tentative contre le record du monde de distance, a du ajourner son départ-

L'aviateur a constaté, en effet, qu'un' barographe et d'autres instrumenta aéronautique*, ainsi que des effets personnets, qu'il avait laissés dans une automobile. lui avaient été volés. L'aviateur a déclaré qu'il était très difficile de remplacer les instruments qui venaient de lui être dérobés et qu'il ne pouvait pas parUr sans eux. Le général de Pinedo s'est montré un peu moins affecta de l'incident lorsqu'il a appris que les conditions météorologiques étaient mauvaises.

L$, jwilce ouvert une enquête.

UN DRAME DE LA RUPTURE EN PLEINE RUE Un mécanicien fait feu sur la femme, la blesiant rrièvement, puis il le tue c Tout me dégoûte, avait-il écrit, ma femme m'a trompé.

L'attention des gardiens Leblgot et Johin, hier, vers midi 30, fut soudain attirée par le bruit de plusieurs détonations provenant de l'avenue de la Grande-Armée. Quelques instants plus tard, ils trouvaient, étendus sur le «ol, à l'angle de cette avenue et de la rue de Tilsitt, un homme et yne femme dont le» vêtements étaient maculés de sang. l'hôpital Beaujon où l'homme ne tarda pas expirer. L'état de la femme fut jugé grave.

Grâce à la présence de la sœur d'une des victimes, Mme Sachs, on pu reconstituer. le drame rapide qui venait de se produire. L'homme. Roger Legout, mécanicien. âgé de vingt-neuf ans. venait de se loger une balle dans la tête après avoir tiré sur sa femme, née Lucienne Durand, âgé de vingt-trois ans, avec laquelle il habitait. 83, rue Denis-Gogue. à Clamart Le couple. marié depuis 1928, avait une fille, âgée maintenant de cinq ans.

La femme, interrogée à l'hôpital par M. Lacroix, commissaire du quartier des Ternes, assisté de son secrétaire, M. Beaufort. fit les déclarations suivantes

Mon mari, qui est jaloux et violent, me raproeftatt d'être la mattrowe du frère de mon beau-frère. HIpf soir, apr^g une longue altercation, 11 battue. Ensuite. tajittts qu'il dormait. Jé me suis enfuie «*n^^8^ une somme de 30 francs, puis j'algue. qui habite 35, rue de l'Amiral-Roussln. La sœur de Mme Legout. Mme Sacha, étudiante en médecine, demeurant avec sa mère, a fait, de son côté, la déclaration suivante

J'al reçu ce matin un coup de téléphone de mon beau-frère. Il m'annonçait la dfpart de Lucienne et me donnait rendezvous devant le bureau du P.N.U., situé 10, avenue de la Grande-Armée, où travaille celle-ci. Je m'y trouvai» vers midi. Mon beau-frère arriva, pâle, triste. i»e confirma la scène qu'il avait eue la veille au soir avec ma et et que celle-ci ni avait déjà racontée. Il me dit qu'il venait, la fol», lui demander de ne pas francs qu'elle avait emportes C'est alors Que ma sceur apparut. La discussion devint Apre entre e deux. Soudain, mon ¡)t'au-frère s'arma, d'un revolver et tira trois balles qui atteignirent ma Bœur dans la région des reins. Pula il retourna l'arme contre lui-même.

Roger Leghout avait prémédité son geste criminel. Sur lui on a, en effet, saisi une lettre adressée à sa mère et dans laquelle Il écrivait

« Je demande pardon. Tout m« déçoute. rais. Ma femme m'a trompé il y .six moli..Je préfère mourir et entratner dans la mort' celle que j'adorais *>.

Au 83 de la rue Denis-Gogue, à Clamart, le ménage Legout etatt venu s'installer Il y six mois dans un coquet appartement du troisième étage. Quoique ne fréquentant personne dans le quartier, on n'ignorait pas cependant mystérieusement absentée' du domicile conjugal, tandis que la mère de son, mari venait s'occuper de l'enfant. Lê 12 août le menace partit quelques jours en vacances. Il était de retour mercredi sans leur enfant. Dans la soirée, dea voisina entendirent le bruit d'une violente dispute. L'homme reproch.it à sa femme de vouloir le quitter pour aller rejoindre un autre homme. Il eria, l'injuria. puis la gifla. Et peu après, à 22 h. la jeune femme quittait seule la rue DenisGQjrue, emportant une valise.

vers les mystères de la zone polaire LES PREMIERS MOMENTS DE LA TRAVERSEE

Ceat un départ comme tant d'autrea, ni plus ni moins sans tambour ni trompette, sans flaflaa, sans décorum.

Seuls, sur le quai, les habitués des 4: partances parents, amis venus vivre avec ceux qui s'en vont, jusqu'a la dernière minute, cette ultime journée de terre.

Pour la vingtième fois. Les gare embrassent celles qu'ils vont quitter, remontent précipitamment à bord et puis, voyant que c ça n'est pas encore pour ce coup-18 retournent à terre 'pour une dernière étreinte. Quelques estivants > (ah joli mot !) sont venus eux aussi voir s'enfuir loin du pays le navire célèbre. Quel beau sujet de conversation au retour des vacances, devant le cercle des amis ébahis c A Saint-Malo, nous avons vu le Pourquoi-Pas t partir pour je pôle et le docteur Charcot disait. > Quelques jeunes < baigneuses pyjamaa de plage, dos à l'air, décochent l'équipage leurs plus engageants sourires cela n'engage rien, n'est-ce verser un peu plus d'amertume et de regret au cœur des pauvres gara qui partent. Hélas les pauvres gars qui partent ne demandent qu'une chose cette heure partir.

Nous avons assez fait figure de < curtosltCa locales les kodaks nous ont copieusement mitraillés, les adieux ont assez duré pour prolonger le supplice de la séparation.

c* Paré à larguer partout

L'ordre, enfin, est tombé du haut de la dunette, le commandant Charcot reconduit jusqu'à la passerelle ses derniers visiteurs, les aussières halées à bord raclent sur les bastingages, le carillon du chadburn s'égrène en notes claires et, dans un calme profond, subit, le calme de tous les départs fait d'angoisse, de détresse, de larmes contenues, qui vous interdisent toute parole. On entend le machine qui commence les premières mesures de aon chant.

Au loin, une sirène hurle, au tond du bassin c'est l'heure où les ouvriers quittent leur travail, regagnant leur foyer. Ce soir, ils retourneront, du tranchant de leurs pelles, la terre de leurs courtils, dans le calme des Iongues soirées d'été.

Nous autres nous taillerons, de la lame efHlée de notre étrave, les champa mouvants de ia mer, et, dans la gloire