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AVANT LE DISCOURS DE HITLERi Un appel du président Roosevelt en faveur du désarmement et du rétablissement économique

Le chef de l'Etat américain souligne la crainte justifiée qu'éprouve la majorité des peuples devant un acte quelconque d'agression, crainte qui les pousse à S'armer

Le président, ayant montré la valeur des armements défensifs au point de vue de la défense nationale, préconise une réduc- tion substantielle des armes offensives

APRES AVOIR DONNÉ AU REICH UN AVERTISSEMENT S£VERE

M. ROOSEVELT CONCLUT

« Dès maintenant, il devrait être convenu qu'aucun pays n'augmentera ses armements au delà des limites imposées par les traités. »

New-York, 16 mal.

A la veille du discours que doit pro- noncer M. Hitler devant le Roichstag, on tient unanimement ici la proclamation du président Roosevelt pour un avertissement solennel des Etats- Unis à l'Allemagne. Dans un message spécial qu'il a adressé cet après-midi au Congrès pour l'informer de sa sensationnelle initia- tive, M. Roosevelt en a exposé les motifs en même temps qu'il a résumé Bon appel. c J'ai, dit-il, été amené à agir ainsi parce qu'il est de plus en plus êvi- dent que les promesses de paix et de stabilité dans le monde, dans le do- maine politique et économique, sont compromises par des politiques. des autant d'égoïsme que de courte vue. J'ai demandé aux puissances de se mettre d'accord sur quatre points pra- 1" Que, par une série de mesures. les armes de la guerre offensive soient éliminées;

20 Que la première de ces mesures définies (adoption du plan Macdonald) soit prise maintenant;

Que, dans l'intervalle, aucune natfcrti n'augmente ses "armements s .actuels au-dessus des limitations des traités existant*;

Que, sauf en vertu des droits existants, aucune nation, pendant cette période de désarmement, n'envoie aucune force armée d'aucune nature au delà de ses frontières.

Les motifs du geste

du président américain

Le message de M. Roosevelt « aux souverains et chefs de gouvernement de cinquante-quatre nations est contraire à tous les usages diplomatiques il n'a pas été transmis par le départ- tement d'Etat aux ministres des Affala: res étrangères des puissances, mais envoyé directement de la Maison Blan- che sous forme de télégramme en lan-.gage clair aux destinataires. Son style net et vigoureux est aussi révélateur du caractère exceptionnel de la communication que M. Roosevelt entendait faire au monde. L'Allemagne n'est pas nommée dans If manifeste de M. Roosevelt. mais c'est l'évolution récente de sa politique qui a rendu nécessaire à ses yeux cet exposé de la position américaine en matière de désarmement et de sécurlté.

On ne peut s'empêcher de remarquer combien les idées exprimées par M. Roosevelt sont voisines de la thèse française en matière de sécurité cette meilleure compréhension de notre point de vue est un résultat direct de la visite de M. Herriot à Washington d'une part, et des excès de l'hitlérisme qui a soulevé aux Etats-Unis un mouvement unanime de surprise indigné-.

Lorsque M. Roosevelt propose d'adopter immédiatement le plan Macdonald et de remettre à plus tard. sans spécifier de date, les autres mesure de désarmement. lorsqu'il se prononce en atteadant ces autres mesures contre un réarmement de l'Allemagne, il prend en considération la situation spéciale de la France et rend à notre pays un service dont il faut lui savoir gré. Devant des dispositions aussi favoraLE MESSAGE 1 Le préaident de.! Etats-Unis d'AmErique a adressé hier uu chef d'Etat de chacun des pays représentés Du la conférence économique le télégramme suivant

Maison Blanche, Washington,

16 mai 1933.

Un voeu ardent du peuple de mon pays m'incite, en ma qualité de chef du gouvernement, il faire appel à vous et, par votre intermédiaire, au peuple de votre nation. Ce voeu est de voir la paix assurée par des mesures pratiques de désarmement et de nous voir tous conduire à la victoire notre lutte commune contre le chaos économique.

Dans ce double but, les nations ont convoqué deux grandes conférences mondiales. Le bonheur, la prospérité. la vie méme des hommes, des femmes et des enfants du monde entier sont liés aux décidions que leurs gouvernements prendront dans un proche ave.nir. L'amélioration des conditions sociales, le respect public des droits individuels de l'homme et l'application de la justice sociale dépendent de ces décisions.

La conférence économique

La conférence économique mondiale ne réunira bientôt et devra aboutir promptement à un résultat. Le monde » attend des délibérations longuement retardées. La conférence devra rétablir l'ordre à la place du chaos actuel

M. Franklin Rooicvelt

bles du gouvernement américain, on doit regretter que des questions encore en suspens, comme le paiement différé de l'échéance du 15 décembre, restent un obstacle un rapprochement plus étroit des deux démocraties française et américaine.

Sans doute la proposition que fait M. Roosevelt de faire un pacte solen- supplément au pacte Briand-Kellogg à qui l'on reproche assez de ne pas avoir de dents.

Le pacte en vue

S'il s'agissait simplement de répéter les promesses du pacte Briand-Kellogg, le progrès serait effectivement minime: mais M. Roosevelt a en vue de compléi ter ce pacte par des assurances de consultation qui peuvent prendre toute leur valeur en cas d'agression. Le plan Macdonald de désarmement, dans sa partie relative à la sécurité, prévoit une sorte de pacte consultatif. C'est un tel pacte de non-agression et de consultation que M. Roosevelt se réserve de proposer si les puissances sont d'accord avec les principes posés dans son manifeste d'aujourd'hui. Ainsi qu'il déclaré à M. Herriot, il envisagerait, en cas d'agression reconnue, de ne pas faire réclamer par les Etats-Unis leurs droits de neutres, ce qui pourrait entraîner un embargo & l'encontre de l'agresseur.

Quant à l'engagement de ne pas envoyer de troupes hors des frontières, on fait remarquer dans certains milieux américains qu'il affecte les Etats-Unis au moins autant que les Etats européens ou asiatiques. Lea Interventions américaines à Haïti, au Nicaragua ou ailleurs, dans le passé, avaient causé de l'appréhension aux petites puissa.nces de l'Amérique Centrale le message d'aujourd'hui est de nature à les rassurer.

On attache beaucoup d'importance, à Washington, au fait que le message de M. Roosevelt ait été adres^ à la Russie soviétique qui n'est pas recon- nue par le gouvernement américain. 1 Encore que les autorités officielles refusent de considérer l'envoi de ce manifeste comme une reconnaissance [ implicite, plusieurs parlementaires, dont le sénateur Borah, y voient un premier pas vers un rapprochement et une reconnaissance éventueile.

Une nouvelle politique

On considère généralement le message d'aujourd'hui non seulement comme une des plus importantes manifestations politiques de M. Koosevelt depuis son arrivée au pouvoir, mais comme une suite aux quatorze points du président Wiîson. Il consacre la fin de la politique d'isolement que les Etats-Unis avaient suivie après la fin de la guerre. C'est, en tout cas, un témoignage irrécusable de la très grande bonne volonté du gouver nement américain pour contribuer au maintien de la paix dans le monde et en Europe en particulier.

Autre chose.

Le « Franklin Institute » de Phila- j delphie e décerné à M. Paul Sabatier, Toulouse, sa médaille d'or en recon- naissance des découvertes scientifiques importantes qu'il a faites. M. Jules Henry, conseiller d'ambassade de France à Washington, se rendra demain A Philadelphie pour recevoir cette médaille et la fera parvenir & M. Sabatier.

Pierre DENOYER

DU PRESIDENT par une stabilisation des devises, par la libération du commerce mondial et par une action internationale en vue de relever le niveau des prix. Elle devra, en un mot, compléter les programmes individuels intérieurs de restauration économique par une action internationale sage et avisée.

(La nuits à la troisième page)

A la, 3. page, no» lecteurs trouveront l'impression produit. à Genève, Londres «t Berlin par l'appel de M. RooseTelt.

'M. HENRY TORRÈS DEVANT LA CHAMBRE DÉFEND LE PACTE FRANCO-SOVIÉTIQUE Les vacances de la Chambre sont terminées. Mais les députés avaient eu beau être depuis un mois en congé, c'est à peine si l'animation de leurs propos dans les couloirs et le nombre des curieux dans les tribunes ont donné à la séance qu'ils ont tenu hier l'as1 pect d'une véritable séance de rentrée. Cette « reprise » n'avait pas. en effet, il être Inaugurée par un débat sur l'ordre du jour, puisque l'Assemblée avait arrêté celui-ci avant de ne séparer. En tête du programme de la journée figurait la proposition de résolution de M. Henry Torrès tendant à signature et l'échange des ratifications du pacte de non -agression francosoviétique. La commission des affaires étrangères avait, avant Pâques, adopté ter. Aussi le député des Alpes-MaritiI mes est-il monté à la trlbune dès l'ou| verture du débat afin de souligner il importance diplomatique de ce pacte [ dont l'Initiative revient à M. Edouard Herriot. Le grand avocat d'assises. dont la belle voix cuivrée aux chaudes inflexions et aux résonances métalliques a tant de fois retenti dans le prétoire, a fait ses débuts d'orateur parlementaire avec une sobriété voulue, dans le ton et la forme. Le copieux exposé par lequel Il a défendu la cause 1 qu'il avait prise en main celle d'une t politique concrète de collaboration entre ta France et les Sovlets a reçu de la plupart de ses collègues un fort chaleureux accueil.

M. Henry Terrés commence par aouétrangères a été unanime à adopter les conclusions de son rapport. M. Loula Marin a beau se récrier, il le maintient, M. Berlia, le nouvel élu socialiste

de Toulouee, entre en séance, en compagnie de M. Bedouce salve d'applaudisaementa à l'extrême gauche. Aussitôt apparaissent, de l'autre c b t é,

M. Montillot, réélu à Luxeuil, après avoir été invalidé, puis M. Le Poullen, élu à Fougères riposte de bravos à droite. Le silence revenu, M. Torrès reprend le fil de son discours. en montrant la genèse du pacte et en faisant le récit chronologique des circonstances qui ont abouti à sa signature, en novembre 1982, et à l'échange des ratifications. en février dernier.

Puis Il en vient à l'économie du pacte. dont le préambule se réfère au pacte de la Société des nattons et au pacte Briand-Kellogg, et il insiste sur l'engagement de « non-ingérance » que comporte l'article 5: en vertu de cette disposition. toute propagande contre l'organisation politique et sociale de notre paye est formellement Interdite. M. Henry Torrès a-t-il entendu, dans la bouche d'un interrupteur, le mot de c pactomanie t ? Il préfère, quant à lui, sans s'étonner d'ailleurs du septicisme que semblent traduire certaines rumeurs, un texte précis au néant. Et les organisation. militaires de Russes blanc» qui peuvent exister en France ? L'orateur pense qu'elles doivent êtrp dissoutes d'ailleurs, n'ontelles pax salué l'avènement d'Hltler ?. L'extrême Raucha applaudit.

(La suite la deuxième page.) h

LE BUDGET AU SENAT Un énergique appel

de M. Joseph Caillanx au gouvernement

pour une politique

d'économies

« MARCHEZ LE PAYS EST DERRIERE VOUS » Avant le président de la commission des finances, la Haute Assemblée avait entendu deux discours, également applaudis, de MM. Marcel Régnier et Lamoureux

Trois discours importants ont marqué la séance d'hier au Sénat où se poursuit le débat sur la loi de finances. Trois discours qui se ressemblent, qui sont identiques, qui n'en font qu'un tant leurs auteurs, d'un tempérament pourtant différent, se sont rencontrés dans les mêmes idées, dans les mêmes pensées, dans la même volonté. On retrouve dans chacun de ces discours un leitmotiv qui ne change point l'équilibre du budget, l'équilibre par des économies. Il est le thème du discours de M. Marcel Régnier, de celui de M. Lamoureux, de celui de M. Cailla.ux, et tous les trois ont été salués de chaleureux applaudissements. Le ministre des Finances, M. Georges Bonnet, prendra, à son tour, la parole aujourd'hui. 11 fera la mise au point exacte et décisive de l'état de notre trésorerie. Son exposé mettra fin, espérons-le, â certains bruits qui circulent depuis quelques jours et qui ne reposent sur aucune base sérieuse.

M. Marcel Régnier

Le rapporteur général a le''flevoir. lors poser la situation financière, M. Marcel voir il l'a rempli avec une énergie et une sincérité que le Sénat tout entier a vivement appréciées.

Il faut, déclare M. Marcel Régnier, dire la vérité au pays et faire comprendre à ceux qui se croient sacrifiés par la commission dea finances qu'en réalité elle a travaillé dane leur intérêt. Et c'est d'abord le rappel des heures faciles, de l'ère de prospérité où il faisait bon vivre, où le Trésor regorgeait de richesses et puis. soudain, le fléchissement, la stabilisation qui fait perdre à notre monnaie 80 de sa valeur les impôts qui augmentent les exportaqui monte enfin, la crise.

De 1925 à 1932. les budgets se sont élevés de 20 milliards 330 m111ions le déficit à 15 milliards. Pour sortir de cette situation, on avait d'abord envi.sagé un redressement total. On a préféré procéder par étapes. Trois de ces étapes ont été franchies. Nous voici à la quatrième,

(La suite d tn deuxième page.)

M. Christian Pfister, ancien recteur de l'académie de Strasbourg

est mort hier soir

Mulhouse, 16 mai (dêp. Petit Parisien.) M. Christian Pfister, qui fut professeur à la Sorbonne avant la guerre, puis doyen de ta faculté des lettres de l'université de Strasbourg redevenue française, enfin recteur de l'académie de Strasbourg, s'est éteint ce soir à 21 heures dans sa chère retraite de Beblenhelm. où Il avait vu le jour en 1857. Avec lui disparaît un grand universitaire français et un grand Alsacien.

COMMENT

LE Dr FRANK

A DU QUITTER L'AUTRICHE

Berlin, 16 mai

La Gazette Bertinoiae de Midi relate, d'après une tnformation de la Neue Wienner Tageblatt, comment le com. mtssaire de la Justice d'Em pire en Bavière, Dl Franck, a été l'objet d'un arrêté d'expulsion. Le chef de la police salzbourgeolse, D, Scheringer, après lui avoir notifié l'arrêté d'expulsion, lui fit remarquer que son départ devait être immédiat et qu'il devait absolument s'abstenir de toute manifestation oratoire.

Comme le représentant du nazisme ne semblait pas obtempérer aussitôt et que, au contraire, il voulait essayer de parler au café de l'endroit, le Dr Scheringer lui déclara froidement: Au nom du gouvernement autrichien. le vous interdis absolument de prononcer des discours, et Il vous ne déférez pas A cet ordre, vous serez seul responsable des suites fàcheuses que vous vous attireriez.

Le Dl Franck monta donc dans son auto et fut raccompagné par les policiers jusqu'à la frontière.

LA LUTTE EN AUTRICHE

CONTRE L'AGITATION

HITLERIENNE

Vienne, 16 mai (dëp. Petit Parisien.) La lutte contre les agitateurs hitlériens se poursuit énergiquement en Autriche. Le gouvernement provincial de Carinthie a décidé aujourd'hui l'exclusion du chef provincial hitlérien, l'Allemand von Kathen. Une mesure analogue serait envisagée contre l'inspecteur de toutes les formations nazistes d'Autriche, le député allemand au Reichstag Théodore Habicht, pour le discours extrêmement violent qu'il a prononcé à Gcetz, peu après M. Frank. Celui-ci parait avoir renoncé à exécuter la menace qu'il avait faite au moment de sa quasi-expulsion d'Autriche. Il n'a pas fait, en tout cas, le discours par T. S. F. à Munich où il avait l'intention de protester contre le traitement que lui avaient réservé les autorités autrichiennes.

La domestique d'une rentière assassinée à Lyon

La criminel, apr«a avoir assomma à coup, de marteau aa victime, seul. alors dans la maison, cambriola tous la* meublas

Il disparu en emportant port- feuille contenant 1.300 fra..& Lyon, 16 mai (dép. Petit Parisien.) Un crime, qui a eu le vol pour mobile, a été commis ce soir à Lyon, dans le quartier où, en l'absence de 8a patronne, une vieille domestique a été assassinée dans des conditions de sauvagerie révoltantes.

Au n" 16 de la rue du Plat demeure depuis de nombreuses années, au deuxième étage, dans un appartement de six pièces, une vieille rentière. Mme Morin. Depuis sept mois, elle avait pris à son service une vieille domestique, Mme Marie Deschamps. âgée de soixante-cinq ans. dont elle avait fait la connaissance dans un petit village de l'Ardèche. Les deux femmes, fait à noter, avaient une véritable hantise du crime. Ia nuit venue, elles se verrouillaient dans l'appartement et, récemment encore. Mme Morin avait pris la précaution, qui devait s'avérer inu. Hie, de faire changer toutes les serrures et de faire placer une chaîne de sûreté.

Aujourd'hui, vers 14 heures, Mme Marie Deschamps dut faire quelques emplettes dans une épicerie de la rue du Plat. Elle revint, vere 15 heures, au domlcile de sa patronne et ce fut au tour de celle-ci de sortir pour aller faire des achats dans des magasins du centre. Mme Morin. en revenant, vers 18 h. 46, trouva la porte de son domicile grande ouverte. Pénétrant dans l'antichambre, elle vit une glace qui avait volé en éclata, un portementeau arraché. Sans aller plus loin. elle courut prévenir deux voisins qui l'accompagnèrent. Dans la salle à manger, le cadavre de Mme Deschamps gisait, la face contre terre. La malheureuse avait eu la tête tracassée à coups de marteau. Le commissaire de police du quartier procéda aux premières constatations et dut faire établir un important service d'ordre, car la nouvelle du crime n'avait pas tardé à être connue dans le paisibte quartier. La sûreté établit que le vol avait inspiré les auteurs du crime. Tout dans l'appartement avait été bouleversé, les meubles avalent été fracturés, les armoires démolies à coups de marteau les tiroirs avaient été forcés à l'alde du crochet du fourneau de la cuisine. Ce qui démontre la hâte fébrile avec laquelle a agi l'assassin, c'est qu'il a négligé d'emporter une somme de 6.000 francs, toutes les économies de sa victime, qui était cependant placée bien en évidence dans une petite mallette déposée contre le lit de la bonne. Il avait négligé également dea bijoux de grande valeur et notamment une bague en platine ornée de brillants placée dans une soucoupe dans la salle à manger. Par contre, il s'était emparé de 1.300 francs que Mme Morin avait retirés le matin même de la banque et qu'elle avait rangés dans un petit portefeuille. L'enquête, continuée jusqu'il une heure tardive dans le quartier de la rue du Plat et de l'antre côté de la Saône, dans le quartier Saint-Georges, a donné déjà aux policiers plusieurs pistes qui sont suivies parmi la population douteuse de ce. deux quart' ers. Là. demeurent, en effet, de nombreux repris de justice bien connus de la police et parmi lesquels on pourrait trouver l'auteur du crime. Mais, ce qui laisse supposer à la sûreté que Mme Deschamps devait connaftre son assassin, c'est que la vieille femme, qui, comme nous l'avons dit, n'ouvrait jamais la porte en l'absence de sa patronne, prenait toujours. par surcroît, la précaution de s'assurer par un petit qu'elle ait ouvert cette fois-ci, il fallait précisément qu'elle connût celui qui devait devenir son assassin.

Tard dans la soirée, un voisin de Mme Morin, M- Blond. a déclaré que, dan^ la matinée, un Individu qui se prétendait en chômage lui avait demandé la charité et lui avait demandé en même temps des indications sur 1es heures auxquelles il pourrait rencon- trer Mme Morin. Le signalement de l'individu a été transmis à la poliu qui le recherche.

Quelques précisions suggestives sur le matériel et le personnel de l' aéronautique allemande.

La reveadtcation allemande, à Genève, sur l'égalité des droits: le Gleichpose a nouveau la question du réarmement aérien de l'Allemagne.

On se souvient que les accords aéronautique de mai 1926 ont maintenu l'article 198 du traité de Versailles interdisant A l'Allemagne d'avoir une aviation militaire.

Avant l'accession au pouvoir du chancelier Hitler. l'aéronautique allemande. par son développement dépassant les besoins réels du Reich et par l'orientation militaire de ses construc- tions, était déjà loin de présenter les caractères d'une aviation uniquement commerciale.

Dès 1923, un nombre important de types d'avions avaient été étudiés par les usines allemandes de façon à pouvoir être utilisés à la fois comme avions civils et comme avions militaires. Une preuve irréfutable de cette troublante présomption réside dana le fait que les principaux appareils considérés comme c civils en Allemagne deviennent d'impeccables avions de guerre dans certains pays voisins du Reich, où des succursales de firmes allemandes les construisent en série.

Nous reviendrons sur ce camounage de l'aviation militaire allemande. Etudions tout d'abord la question au personnel.

A cet égard, le Reich, qui a orienté sa jeunesse vers le vol à voile au lendemain de la guerre et a ensuite tourné ses regards vers l'aviation à moteur, dispose actuellement d'un nombre de pilotes infiniment supérieur aux besoins de son aviation commerctate. Parmi ce personnel navigant, on compte non seulement beaucoup d'offlciers de l'ancienne armée, mais éga-

lement de nombreux officiers et sous- officiers de la Reichwebr.

(La suite à la quatrième page.)

Tout autour de l'édifice on avait reparti les forces de police, de façon parer à toute éventualité. Dans le eau.rant de la soirée, on dut renforcer les barrages, mals 11 ne restait plus comme réserve que 30 hommes cantonnés dans la caserne voisine. Cet:e dernière reserve lut d'ailleurs réquisi'-ionnée peu de temps après. L'un après l'autre. les barrages furent attaqués et, sur un point, lez gendarmes ont dû dégainer pour refouler les manifestants.

Mitou Une renommée soudaine dont la trompette est un klaxon lui a imposé ce nom.

Celui qui. au départ des Quatm-Pa.villonx. n'était encore que Fernand Mithouard. est bien le garçon le moins préparé aux apothéoses. A-t-il seulement conscience de son succès ? Il n'est pas capable de l'évaluer en gros sous et il n'est pas cabotin pour un seul de ces gros sous. Et pourtant! Quel personnage pour une image édifiante En février dernier, Mitou qui. hier. triomphait des meilleurs sans avoir seulement sa licence en poche, était un de ces petits commissionnaires cyclistes dont fourmillent nos nies, agiles autant qu'ils ont de l'esprit. Voilà donc un vrai fils du pavé comme les ché- nt la sentimentalité publique. Attendez donc. jusqu'à dix-sept ans. Fernand Mithouard remua la terre aux côtés de ses parents. cultivateurs. Gamin de Paris et fils de la terre. Deux silhouettes en une. Pour arranger les choses il fallait muer le tout en Mitou le Victorieux.

Sans nourrir si vite une telle ambition. le petit Fernaod, penché sur les sillons, rèva tôt de la grand'route et de ses chances. Il possédait un vélo. Bien sûr. Pour aller avec les autres gars aux fêtes des villages. L'idée lui poussa qu'il pourrait au moins devenir l'une des attractions de ces fêtes comportant des épreuves cvclistes. Limours. Dampierre, Cernay, Rambouillet même presque la grand'ville virent le futur Mltou se classer honorablement. A Chevreuse, où il naquit le 23 mai 1909. il y avait une section du C. 1. 5. Vous pensez si Fernand en fut! M. Beilanger. aujourd'hui président du dub. ne do.t pas regretter sa recrue locale.

Comment. outre la vocation. lui vint un peu de ce qu'il faut tout de même nommer l'ambition ? Avec aux yeux un peu du feu qui les dilata certain dimanche de 1924. Mitou le dit C'est en voyant passer sur la route de Chevreuse Francis Pélisaier ta train de gagner BordeauxParis. >

En train de gagner Comme Mitou en 1933. passant sur la même route. acclamé par les copains de son adolescence. Le petit Fernand aimait bien la terre. I! revient volontiers auprès des sien», fiers de lui. Mais pour se prénarer il fallait Paris. Le gars de culture devint commi«. Il livrait à vélo pour un pharmacien et un imprimeur. Des combines dt cycliste, quoi

1 Hltoa > pvrtA en triompha à la mairie <lf aux attesta de la municipal»

AUX ASSISES FEDERALES SUISSES LE TEMOIGNAGE CAPITAL

DE M. ZOLLER–chef de la police genevoise Il établit que let socialutex avaient prémédité d'envahir la salle communale et de créer dez désordre*

Le président Soldatl

(Photo Jean Pvrret.)

Genève, 16 mal.

DE N0T1I COEIESTONBANT rUTICUUSJI

L'audience de ce matin, à la cour d'assises fédérale, a été marquée par une déposition d'une importance capttale. celle du chef de la police gene. voise, M. Zoller, qui a fait, en termes extrêmement clairs et modérés, le récit des événements du 9 novembre, récit qui prouve la prémédltation des actes de violence qui nécessitèrent l'intervention de la troupe.

Dès 3 heures du matin, dit-il, la Police était informée que des manifestants tenteraient d'empêcher l'assemblés de l'Union nationale, que les cafés voisins seraient occupés et qu'on aurait recoura au poivre et aux matraques. Le chef du département de police fut mi. au courant. Dans la matinée, on prépara des chalnes et on Axa des anneaux pour barrer la rue et empêcher que la salle ne soit envahie.

(La suite d la troisième page)

IL GEORGES BONNET CONFÈRE AVEC M. NORMAN DAVIS

M. Georges Bonnet, ministre des Finances. a conféré, hier matin, pendant une quarantaine de minutes, avec M. N o r m a n Davis, ambassadeur extraordinaire des Etats-Unis.

comme dit Mitou. Et le dimanche on s'aligne. Le palmarès de 1 amateur vaut le claquement, de langue du connaisseur, le grand Francis. bon patron du professionnel. De 1932 à ce printemps, Mithounrd gagne Pam-Evreux, Paris-Argentan (ouvert auz as) devant Joly et Leuyet. ParisChâteau-Thierry, le Grand Prix de Laval. devant Paver et Brtens. A c la Cipale il est recordman du monde en poursuite de quatre, formule olympique. Il est deuxième du Prix de la Tribune de l'Yonne, de la deuxième étape des Aiglons, du Prix de Granville. S'il n'arrive que quatorzième dans Paris-Caen et dixième dans ParisTours, c'est qu'il a crevé. A Lille, il gagne le Prix de la Suze. sur les fameux ¡ pavés que des « durs laissent volontiers aux gars de ch'Nord, avec un c à la vôtre bien senti.

Ça devient sérieux. Fernand a réfléchi. En février il prend congé de ses patron* et vend son vélo. Francis lui en donnera un autre. Avant. il avait fallu servir. Mithouard étant cycliste de choix, on en fit un artilleur à cheval. Buffon lui par. donne! Fidèle à ce que 1900 nomma e la petite reine d'acier Mitou ox dire des chevaux que e ça n'est pas grand'chose de propre

Mitau n'est pas marié. Il craint que ni on marque ça sur le journal, ça lui vaille trop de lettres. Mtteu adore le cinéma. dans les bonnes salles de quartier où l'ou si si bien. dans l'allégresse ou l'émotion. Mitou est superstitieux. Depuis lundi matin, il n'a qu'un souci retrouver le fétiche quâ Bordeaux lui donna une jeune sportive. Francis le cherche partout. Francis Mitou ne songe pas à se passer de lui et de ses conseils.

Patron. qu'est-ce que je peux boire ? Mitou fera désormais sienne la devise de Francis c Pas d'excès, mais pas de Mitou a du coeur. Qu'on parle de lui, soit. mais qu'on n'oublie ni Francis ni Henri qui l'a convaincu que ça allait quand il est venu relever Parisot qui l'avait si bien tiré au départ de Poitiers. Mitou seffare à penser qu'il en a pour une semaine à lire tous les journaux disant sa gloire.

Plus tard, gouaille Francis. tu montreras ça à tes petits-enfants et tu leur diras c Je pédalais pas mal dans ce temps-là »

Mitou trouve .Que son patron va fort.

André Salmon.