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Aux terres! hostiles

d'Ethiopie par Henri de M0SFRE1D

Nous arrivons enfin au point! d'eau. Il est formé d'une succession de cuvettes rocheuses où séjourne

une eau un peu magnésienne. Il semble être abandonné. Mes deux hommes me dissuadent d'en goûter l'eau, car sait-on jamais ?. Puisque le bétail n'y vient pas boire, il y a peut-être pour cela des raisons majeures.

Pendant ces réflexions, Abdallah, dont les yeux sont toujours en éveil, me signale trois indigènes se dirigeant vers nous d'un pas assez rapide. Ils portent en travers des épaules quelque chose comme un bâton ou un fusil. C'est certainement un fusil, car autrement ils auraient une lance, jamais un indigène ne circulant dans ces parages sans être armé. L'assurance avec laquelle ces hommes viennent vers nous me surprend. Je n'ai avec moi qu'un revolver Mauser dont l'étui en bois peut servir de crosse. C'est une arme à répétition excellentermais pas assez visible d'assez loin j'aurais préféré, en la circonstance, quelque chose de plus décoratif, dont la silhouette, à distance, puisse inspirer le respect. Cependant, l'allure • tranquille des trois individus me rassure. Quand ils sont à environ un kilomètre, l'un d'eux agite ni» étoffe pour attirer notre attention. Ce geste a plutôt l'air d'un saint que d'une menace. Il faut donc qu'ils nous aient reconnus mais ce sont des Issas, et ce détail est loin de rassurer mes deux Dankalis.

Ils s'arrêtent et se concertent comme si, de leur côté, une crainte analogue les mettait en défiance. Un seul s'avance. C'est un Bédouin typique de ce pays sans eau. Nerveux et maigre comme un insecte, des muscles d'acier se meuvent sous la peau noire jetée sur son torse nu, une étoffe couleur de poussière se relève sur l'inséparable djembia, ce long coutelas aux montures de cuivre. La tête est auréolée d'une opulente chevelure crépue, soigneusement taillée en boule, où le long peigne de bois est planté comme un poignard. Des goutelettes de graisse brillent au soleil dans cette toison épaisse, et ce détail de toilette indique un homme de condition.

Il vient de loin ses sandales de cuir, relevées en avant comme les barques du Nil, sont usées par une longue marche, et la poussière rouge de ses jambes, aux veines gonflées, parle des steppes lointaines tout là-bas vers le Sud d'où, ce matin sans doute, ces trois hommes sont partis.

Où donc ai-je vu déjà cette figure en triangle et ces yeux de félin ? Serait-ce seulement sa ressemblance avec le lynx qui me donne cette impression de déjà vu ? Mais non, il se nomme, c'est Hassen. Je me souviens, il était notre guide quand la mission Kessel quitta Ali-Sabiet. Lui, de très loin, m'a reconnu, et d'autant mieux qu'il soupçonnait, me dit-il, ma présence dans ces parages. En passant à la gare d'AliSabiet, il y a quatre jours, j'avais demandé certains renseignements à un Issa de ma connaissance, j'avais parlé du lac Assal et cela avait suffi. Tout à fait rassurés maintenant, ses deux compagnons approchent. Même type, magnifiquement sauvages, souples comme des félins malgré la fatigue empreinte sur leurs traits.

Groupés en cercle, à l'ombre chaude d'une roche, assis sur nos talons, nous écoutons déglutir celui qui boit, car la première chose à offrir, et la plus précieuse, c'est l'eau. Une outre de six litres est vidée par les trois arrivants.

€ Al hamdullillah s, murmure chacun d'eux après sa libation, puis, un instant, ils se recueillent, en manière d'action de grâce, pour honorer cette offrande à la vie.

Les nouvelles maintenant se racontent; d'abord vagues et générales, elles se précisent peu à peu par des détails toujours nouveaux. Les troupes abyssines, parties dans le début du mois de la province de Harrar. sont arrivées par petits! groupes aux environs d'Araoua où elles sont actuellement rassemblées. Elles comptent près de deux mille' hommes et doivent s'avancer vers le nord-est.

(La suit* Jq quatrième page.)

M. ROOSEVELT EN POSITION D'ATTENTE QUANT AU PROBLEME DES DETTES DE GUERRE l<es milieux politiques américains, inclinent à admettre que des décisions sur ce sujet ne peuvent pas être prises à la conférence de Londrés

M. Roosevelt, devant l'opposition du Congrès à la' réduction des dettes, hésite en ce moment à demander pleins pouvoirs dans cette matière

Washington, 10 mal.

DE KOTRB CORRESPONDANT Les milieux politiques américains qui suivent de près la situation internationale sont enchas à penser que les négociations sur les dettes de guerre, qui auront lieu concurremment avec la réunion de la conférence économique mondiale, se tiendront à Washington plutôt qu'à Londres. Ils font remarquer que le. chapitre des dettes de guerre ne figure pas au programme officiel de la conférence et que la déléI gation américaine n'aura donc pas officiellement la question de la revi-Ision des accords sur les dettes, comme cela semble inévitable, les représentants américains à la conférence de Londres ne pourront qu'en reférer au président à Washington. Le public américain serait tenté d'accueillir avec suspicion tout accord qui serait négocié et conclu et aboutirait a une réduction de la créance des Etats-Unis. Les conseillers du président le sentent nettement et lui conseillent de garder entièrement le fil de la négociation.

M. Roosevelt n'a toujours pas pris de décision définitive sur le point de savoir s'il demandera au Congrès des pleins pouvoirs sur les dettes. Il hésite. Il estime qu'il n'y a pas encore de péril à attendre. Les dettes sont sa grande arme pour amener les puissances à coopérer avec les Etats-Unis dans les domaines économique et financier.

Dans les milieux de Washington, on estime que les puissances européennes ont encore montré peu d'empressement. Par ailleurs, M. Roosevelt mesure les objections que lui soulèvent les parlementaires, même dans son propre parti.

M. Albert Lebrun visite le Salon

Le Président de la République est allé, hier matin, visiter au Grand Palais le Salon de la société coloniale dea Artistes français.

L'ATTACHE MILITAIRE RUSSE REÇU PAR M. DALADIER

Le général \mtz«w (;\ gauche)

et son aide de eauip

Les "Meilleurs Ouvriers de France" reçus par M. Daladier

De gauche droite, uu premier ranfi MM. KiboHtt, (fetitetain, fi«mrpt, Conteaot,! Klotz, Simon. Au deuxième rang M31. Kadurei, Fatigant, fctlt, Verger.

La plate-forme du parti démocrate contient des assurances contre l'dau- j lation des dettes o. et plus de la moitié des députéa et sénateurs démo-.crates élus en novembre ont fait leur membres du Congrès à se déjuger, il faudra que le président leur fasse sentir la nécessité urgente de reviser les dettes.

Plus il attendra pour demander les pleins pouvoirs, plus il bénéficiera de être créée s'il apparaît soudain que saas revision des dettes la conférence économique est vouée à l'échec. On m'assure qu'un conseiller étroit du président en matière do dettes lui recommande de demander au Congrès les pleins pouvoirs en représentant au Congrès que nous sommes encore dans une période extrêmement critique au point de vue international et qu'il faut agir vite.

On 5e rappelle comment, dans la furent heureusement employées. M. Roosevelt dit en substance: « Faites confiance à votre président ±>, et le public entier le suivit.

« Faites confiance au président dans la question des dettes x, telle semble être la formule magique qui pourra peut-être permettre à M. Roosevelt de faire face aux demandes de revision avec une liberté complète. Un député de Boston, un républicain qui n'est pas tendre pour la politique nouvelle de M. Roosevelt, me disait aujourd'hui

Le président jouit encore de tant de prestige qu'il obtiendra ses pleins pouvoirs s'il les demande.

Pierre DENOYER

(La suite à la troinlè?ne page.)

MORT DE M. GAILLARD CONSEILLER MUNICIPAL

On annonce la mort de M. Henri Gaillard, conseiller municipal du quartier de la PorteDauphine, qu'il représentait à l'Hôte! de Ville depuis 1929.

M. Gaillard avait | succédé à M. Erneat Gay qui, après 1 avoir exerce son près de t pendant ans, avait décidé de se retirer.

Avant d'exercer :on action dans le domaine municipal, M. Gaillard avait joué un rôle

de. plus- utiles à la chambre de commerce de Paris. où il a attaché son 1 nom à l'œuvre des ateliers-écoles. dont Il fut le créateur. Ce tut en professionnel qu'il n'a cessé dencoura- ger et dont, aussi bien à la chambre de commerce qu'à l'Hôte! de Ville, il a'est attaehé, en collaboration avec son col-! légue, M. Contenot, à poursuivre le déve- loppement. Esprit réalisateur et plein d'initiative, M. Gaillard aura marqué son oeuvre édilitaire par la mise en train des divers projets qui intéressent l'embellissement des quartiers avoisi- nant te bois de Boulogne.

Il a notamment apporté une utile contribution à la réalisation du projet de transformation de l'avenue de Neuilly et de la création de la porte-! monument de la Porte Maillot, amorce de la vole triomphale de Paris Saint-Germain, GIBOULÉES DE *MARS EN MAl Le printemps s'était montré avare de giboulées. Celles-ci avaient été rares en mars, plus rares encore en avril. Mai paraît devoir être plus prodigue. dans la journée d'hier et aujourd'hui il il y en avra encore. principalement [ sur la moitié Est. Ces giboulées sont nausées par une dépression qui se trouvait hier sur la mer du Nord et qui liera située aujourd'hui sur le nord de l'Allemagne. Les vents d'ouest tendrontl à passer au nord et 1a température restera très fraiche. Hier, les maxima n'ont pas atteint sur la moitié Nord du pays tandis que, sur la moitié Sud, ils n'ont pas atteint 20", sauf dans quelques localités de l'extrême Sud. C'est l'époque de. saints de glace et un

Une concierge assaillie chez elle par deux bandits ILS TENTENT DE L'ASSOMMER AVEC UNE PINCE MONSEIGNEUR Déconcertés par sa résistance, et dérangés par des voisins, les malfaiteurs s'enfuient en taxi Grâce à sa nature athlétique et à sa courageuse attitude, Mme Hélène Bonnal a échappé, hier, une tentative d'assassinat exécutée avec une rare audace encore que tout laisse présumer que ses agresseurs ne s'étaient introduits chez elle que pour cambrioler.

Mme Hélène Bonnet. qui est âgée de trente-cinq ans à peine, est concierge 10. passage du Charolais, voie du quartier de Bercv qui donne, en tournant

à angle droit, d'un côté sur la rue du Charolais, pour déboucher de l'autre rue Baulant.

L'immedble, d'un étage seulement, compte peu de locataires et Mme Bonnal, dont la loge donne de plain-pied sur la cour, n'a en somme d'autre mission que de garder un dépôt d'eaux minérales, Installé au fond de cette cour. Tous les matins, son mari. qui est livreur, quitte la loge vers 7 heures pour se rendre à son travail. Sa femme est donc seule jusqu'à l'heure du déjeuner. Cette particularité devait être connue de ses agresseurs. Ils devaient également savoir que, le mercredi. la concierge s'absentait pour aller faire un ménage dans les environs. Aussi bien, croyaient-ils les époux Bonnet déjà loin, quand, hier matin, vers 7 h. 45, ils se présentèrent, 110, passage du Charolais.

Toutefois, par mesure de prudence, Ils frappèrent à la porte. A leur grand étonnement, Mme Bonnal, qui t'était 1 un peu attardée, leur répondit. Avez-voas un logement à.louer? Du coup, le problème ee trouvait changé mais comme ils n'étaient pas hommes à reculer, les malfaiteurs ne s'effarouchèrent pas d'un meurtre, bien qu'ils ne fussent venu, que pour cam| brioler et, pensaient-ils, en toute quiI tude.

| -7 N'avez-vous pas un logement à { louer ? dit l'un des visiteurs, grand, pals, au visage maigre et très mince, cependant que son compagnon sa vivante antithèse, petit, très corpulent et rougeaud, forçait en quelque sorte la porte de la loge et pénétrait à à l'intérieur.

Je n'al aucun logement à louer, répliqua Mme Bonnal, que cette Irruption dtS-sïnvolte ne laissait pas de sur-

prendre, biea qu'elle n'en conçût aucune inquiétude.

C'est étonnant fit l'homme. En même temps. il se rua sur la d'une barre de fer qu'il avait habilement dissimulée jusque-là, cependant que son complice fermait la porte de la loge, qu'il barricadait avec une table preBtement tirée.

Le visage en sang, Mme Bonnal roula à terre, tout en opposant à ses agresseurs une résistance désespérée. Une lutte sauvage s'engagea, dont 'l'écho risquait d'être perçu du dehors et qui pouvait être fatale aux agreeseura. Aussi les malfaiteur tentèrent-ils de pousser la blessée dans un petit réduit servant de cuisine, agence au fond de la loge et qui prolonge celle-ci. Mais Ils avaient compté sans leur victime, qui ne cessa de se débattre et dont les appels, bien qu'étouffés, alertèrent une locataire occupant un loge- vaquèrent enfin son intervention. Malheureusement, saisie d'une intense frayeur au spectacle qui s'offrait à sa vue, cette locataire ne put articuler un son et les bandits eurent le temps de s'échapper.

Sans doute auraient-ils du être arrêtés sur-le-champ si M. Kubzer Sussmann réparateur de radiateurs, auquel ila se heurtèrent dans leur fuite précipitée, n'avait perdu quelques secondes précieuses.

Lui au^si avait entendu des cris l'endroit' d'où ils provenaient et se fût rendu compte de l'attentat dont avait ¡été victime Mme Bonnet, les agresseurs avaient pris du champ.

(La suite à ta deuxième pa^e.)

A H UNE FAMILLE DE FGUX M0NNAYEUR5

AVAIT MIS EN CIRCULATION FRANCS DE JETONS Toute la bande est urêtée dana le café tenu par son chef et où il écoulait la plupart des fausses pièces

Lyon, 10 mai (dép. Petit Parisien.) Une bande de faux monnayeurs toute une famille habilement orga- nisée, vient d'être découverte et arrêtée par le service de la sûreté de Lyon. On signalait depuis quelque temps à M. Sarbach, chef de ce service, que de fausses pièces de 2 et de 1 franc étaient mises en circulation en assez grand nombre en ville et dans la banlieue. L'enquête fit dès l'abord supposer que la fabrication de ces pièces était installée dans les environs de Lyon. 0 mais peu à peu les recherches s'orien- < de Pusignan, dans le département de l'Isère, à une quinzaine de kilomètres C de Lyon. Hier soir, on s'aperçut que t le temps pressait. M. Beaubrun, procureur de la Répu- c blique, qui s'intéressait à cette enquête £ depuis son début, décida aussitôt de r charger de l'Information M. Cohendy, juge d'instruction, bien que l'affaire se déroulât sur le territoire d'un départe- a ment voisin l'article 464 du code C d'instruction criminelle permet en etfet aux magistrats d'étendre leur juridic- C fausse monnaie. Deux substituts, I MM. Roux et Tuja, accompagnèrent le ( juge, la nuit dernière. avec MM. Cou- faux monnayeurs- fut cernée. £ C'était le café Cadorct, une maison r à leur travail clandestin. Toute la bande on y travaillait en famille fut capturée sans résistance. Les j coupables étaient le cafetier Etienne née Louise Gauthier, quarante-trois ans; Maurice Liversain, cinquante et 1 un ans, et sa femme, Albertlne, qua- ç On devait effectuer par la suite d'au- très arrestations, ainsi qu'on va le vol Magistrats et policiers procédérent immédiatement à une perqutsisive de 1a culpabilité de la bande. Les enquêteurs découvrirent cinq cents I fausses pièces de 2 et de 1 franc, et. caché dans le jardin situé derrière Je café. le matériel nécessaire à la fabrication des fausses pièces: presse, creusets, etc. Puis, enterrées au fond d'une fosse, de nombreuses pièces dont la fabrication avait été manquée.

Le café Cadoret où opérait la bande Le cafetier Cadoret a un fils, qui demeure à Lyon, 198, rue de Créqui. Magistrats et policiers se rendirent chez lui, à 4 heures du matin, mais ils frappèrent en vain. L'appartement était vide. La porte fut enfoncée, et l'on procéda un* perquisition en règle. Les locataires qui, probablement. s'attendaient à cette vteite, n'avaient rien laissé de compromettant-

On découvrit seulement de nombreux tickets de caisse d'un grand magasin ou, ainsi qu'on devait l'apprendre par la suite, les complices des taux monnayeurs faisaient des achats pour écouler des pièces fabriquées.

On devait d'ailleurs arrêter à Puslet sa femme, née Gabrielle Lotte, vingt-trois ans. Ils avaient fui dans la nuit en auto, avisés par le jeune fils Cadoret, âgé de quinze ans, de l'arrestation de son père. L'enquête établit par la suite que ta fabrication de cette fausse monnaie avait commencé au mois de janvier dernier. Les fausses pièces étalent fabriquées par L1versain et Cadoret père, avec l'aide de la femme Liversain. Chaque semaine, dans un local attenant au débit de boisson, ils faisaient deux c coulées de V500 francs. En vue de t; fabriquer, par la suite, de fausses piè- Il ces de 10 francs en argent, ils avaient [ procédé à des essais infructueux ces mauvaises pièces, retrouvées, furent saisies. Les fausses ptèces étaient écou- q lées principalement à Lyon, par la d femme Liversain, par son mari et par I le le fils Cadoret, dans les grands maga- j sins, dans les bureaux de tabac et sur d les marchés. Le fils Cadoret, accompa- d encore, dans un grand magasin. divera c objets qu'il avait payés avec de fanasee a pièces. Celles-ci ont été retrouvées ce t matin dans les caisses de ce magasin, c On estime le total des fausses pièces c écoulées à 80.000 francs. e II rendait aux clients Ci de la fausse monnaie t Le cafetier Cadoret est propriétaire de l'immeuble où se trouve son débit. r La maison a été payée 120.000 francs. 1, Il tenait un poste d'essence sur la bilistes de passage, le plus souvent r étrangers, des fausses pièces de 2 francs c fabriquées par lui-même. Il rendait éga- c lement cette même monnaie aux clients de passage du café. t Alin d'établir la composition du métal »*npioyé à la fabrication dea pièces éritables de 2 francs, Liversain avait limé une de ces pièces et fait analyser c les limailles. Les faux monnayeurs pre- c naient le soin de peser leurs pièces, t afin qu'elles eussent exactement le c poids des véritables. Elles étaient déca- é l'impression de pièces authentiques. La femme Liversain a fait à M. Cou. r plet des aveux très complets et dé- s noncé ses complices avec dea précisions qui rendent imposeible toute dénégation de leur part. UN IMMEUBLE NEUF MENACE DE S'EFFONDRER

récemment construit, rue du Dessous-d es-Berges, s'est lézardé par en- droits et a donné des inquiétudes aux services municipaux.

Coulisses et secrets du cirque HENRY THÉTARD

Les peuples du voyage, devraitm dire plutôt. car il y en a deux es banquistes et les romanis. Les premiers sont ceux que hanta Carl von Holtei, le romanique auteur de ces Vagabunlen » que seul pouvait écrire un nembre de la grande famille de la oute.

Ces banquistes, dont les ancêtres %ont les jongleurs, les mimes, les lanseurs de corde, les montreurs le marionnettes qui depuis la ,bute de l'empire romain, parcouurent les routes de l'Europe de Charlemagne et du moyen âge, se eont toujours recrutés un peu parout. A ces troupes ambulantes qui illaient quêter leur pain aux portes des châteaux forts et sur les places où se tenaient les marchés, es jours de fêtes patronales, se joignaient tous les amants de la rie libre, les passionnés de l'avenure, les. suggestionnés de cette mpérieuse marotte de la culture corporelle qui représente pour tant le jeunes hommes la plus intense

M. de Monzie visite

la salle du Jeu de Paume 'exposition de peinture chinoise

De gauche à dn-ile ::un. l>«xarrois, \Y«llin£toB Koo, du Teon et de Monile POUR ET CONTRE « Prends l'éloquence et tords-lui son cou L. a a dit Verlaine, qui n'avait pourtant pas à subir les harangues officielles, les discours électoraux, les disputes politiciennes.

M. de Monzie. qui est de la génération qui sut admirer et aimer Verlaine, a décidé d'agir autrement avec l'éloquence. Il la prend et il la commande. Il la prend et il la brise. On ne trouve, dans les discours de M. de Monzie, nulle trace des misères ordinaires de l'ordinaire < éloquence Pas de flonflons de comice agricole Pas de couplets d'inauguration. Pas de refrains vainement démocratiques. M. de Monrie dédaigne les mots, et surtout les mots bruyants, vides et trompeurs, les mots « haut-parleurs qui font si souvent résonner les salles de banquets. et les Parlements. M. de Monzie préfère les mots qui c raisontient Il y a, dans tout ce qu'il dit. de la substance. de la méditation, de l'idée. Présidant, J'autre dimanche, une petite fête locale dans le Quercy. M. de Monzie n'a pas manqué à sa méthode. Il a parlé de la campagne et il s'est bien gardé d'user des lieux communs habituels qui, par bonheur, ont fini par lasser le paysan. Il ne s'est pas complaisamment étendu « sur le rude labeur des champs et sur les difficultés de l'agriculture. Sur ces sujets. on peut le croire. les ruraux possèdent des lumières particulières et n'ont pas besoin des commentaires citadins. Mais. comme il s'agissait d'Inaugurer un réseau électrique, le ministre de l'Education nationale a dit des choses positives et simple.ment justes. Il a dit qu'il était temps de songer à c revaloriser a la campagne et à lui assurer un minimwn de confort. Revaloriser la campagne voilà un programme en trois mots. Et ce n'est pas un programme fallacieux. Il suffirait de reconnaitre une vérité première; cette vérité: les ruraux. comme les citadins, ont droit au progrès et à ses applications. Les ruraux ont droit à la lumière électrique, comme les gens de la ville. Ils ont droit à la poste, au télégraphe et au téléphone.

Ils ont droit â la route. Ce n'est pas leur faute s'il leur arrive d'habiter tout au bout de tout petits chemins vicinaux. Tout le monde ne peut pas habiter le long de la route de Rambouillet. Ils ont droit à des routes carrossables, partout carrossables. S'ils ont des autos. s'ils ont des camionnettes, ils paient les mêmes taxes que les Parisiens.

Enfin. le village a droit à de l'eau.. Il a droit à de l'eau potable. Ce n'est pas une question communale. C'est une question nationale. C'est une question d'élevage national. Il n'y a pas de santé sans eau pure. L'eau polluée. 1eau souillée tue. chaque année. des milliers et des milliers de Français. Il y a des villages qui ont été anéantis par la typhoïde.

Oui. il serait bien temps d'assurer à la campagne < un minimum de confort ». Maurice PRAX.

exaltation de vivre, voire des gentilshommes ruinés comme le capitaine Fracasse de Gautier, qui s'attachaient aux jupes d'une Isabelle errante. sans doute aussi quelques mauvais garçons en délicatesse avec leur justice locale ou nationale.

Les romanis gypsies, tziganes ou zingari sont les héros de Richepin. Au contraire des banquistes qui se sont recrutés un peu partout avec prédominance de certaines races, ils sont un peuple très distinct des autres. Teint bistré, tignasse sombre, yeux perçants sous des arcades profondes, nez hardiment projeté en bec d'oiseau de proie, leur type est exactement symbolisé par le portrait du maréchal-roi Bernadotte, ce Gascon que le vieux Blücher appelait avec dédain le « « Zigeuner et qui, de fait, on ne sait par quel caprice de la nature, avait tous les traits d'un chef de bohémiens.

(I,n suiiB d la quatrième page.)

Le petit Martial Valade

avait succombé aux tortures que lui faisait subir sa mère nisme révoltant les supplices atroces qu'elle avait fait endurer au petit martyr

Guéret, 10 mal (dép. Petit Parisien ) Récemment décédait, à l'hôpital de Guéret. un enfant de deux ans et demi. Martial Valade, dont les parents originaires de Limoges, étaient allés se fixer, il y a un an environ, à Bénévent. L'enquête a révélé que le bébé avait été martyrisé par sa mère. née Louise M&gadoiix, dans des conditions atroces. Cette mégère pwg* ea ce moment, rantc-«inq jours pour vol. Son mari, Léon Valade, treate-neuf ans, est un bon ouvrier qui avait d0, une première fois, se déparer d'elle à cause de sa cruauté et qu' la redoutait.

Marie-Louise Ramet, quarante-six ana, débitante à BÊnévent. était intervenue pour protéger le pauvre petit. Un jour. elle l'avait trouvé gisant ensanglanté sur le plancher au milieu de détritus. Un autre jour, en plein hiver, elle l'avait découvert, grelottant de froid et le corps couvert de plaies vives, dans un réduit obscur. Un journal enveloppait son Petit corps amaigri. La pauvre petite victime gémissait doucement Mme Ramet, à la suite do nouvelles constatations. avisa la justice.

L'enquête devait révéler des faits La première fois que ma voisine a trouvé mon enfant blessé à la tête. avoua la misérable. je lui avais fendu le crâne à coups de sabot (effectivement, transporté à l'hôpital. Martial Valede avait dû être trépané). La deuxième fois, a-t-elle ajoute, je l'avais placé sur je favais retourné pour lui brûler 1e dos et lui avais posé les pieds sur le poêle rouge. Puis, comme il ne criait plus, je l'avais enveloppé dans un journal et mis dans le réduit où on l'a il ne voulait pas manger, je lui ai brisé forcé à les avaler.

C'est eans doute ce qui causa sa mort. En effet, transporté à l'hôpital une fois de plus. io petit martyr ne tarda pas à succomber.

Interrogé, Léon Valade, le mari de la mégère, a déclaré que sa femme n'aimait pas les enfants.

Déjà, a-Ml dit, quand nous étions à Limoges, je l'avais quittée, emmenant avec moi mon enfant. Mais elle était venue le ravir en mon absence chez ma mère et avait tenté de l'étouftemps pour l'empêcher de le faire, Bile avait déclaré qu'elle voulait couper le petit en deux pour en garder la moitié et me donner l'autre.

Cette odieuse créature a eu deux autres enfants Marie-Louise et Lucien. aussi. L'un d'eux a, en effet, une main brûlée. Ils ont été confiés à l'Assistance publique. On ne croit pas que la femme Valade soit folle. Cependant. le juge d'instruction va la faire examiner par trois médecins.

Au tribunal militaire d'Orléans Le réserviste Armand Roland objecteur de conscience

condamné à un an de prison Orléans, 10 mai (do notro env. apéc.) Certains Etats admettent plus ou moins l'objection de conscience. Sans qu'aucune loi ait établi le statut de ces citoyens prétendant refuser le ser.vice militaire par scrupule moral, ils les traitent avec une certaine indu].une tâche utile à l'armée en les dispensant de porter les armes. C'est même ce qui permet d'affirmer qu'un tel traltement de faveur laisse en contradiction avec eux-mêmes les objecteurs En France, La loi est muette là-dessua et la coutume n'a pas encore entamé la loi. C'est ce que fut bien obligé de dire et de redire le conseiller Babille, président du tribunal militaire de la 5- région, devant lequel comparaissait le caporal réserviste Armand-