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Aux terres hostiles

d'Ethiopie L'EXPEDITION ABYSSINE CONTRE LES ISSAS

Les « saleurs » de sources par Henri de MONFREID

Je suis le seul voyageur européen dans le train qui descend vers Djibouti, mais, en avant de mon wagon, les voitures de troisième classe sont bondées d'indigènes, surtout des femmes et de? enfants. Presque tous des Issas.

A cent kilomètres après DirréDaoua, d'immeases troupeaux soulèvent des nuages de poussière et, derrière eux, toute la tribu émigre vers le nord-est en suivant la voie ferrée. Ce sont encore des Issas. Tous prennent la fuite devant la menace des razzias annoncées depuis huit jours par le gouvernement du Harrar contre les tribus de ceux qui se prétendent protégés français et qui refusent de se reconnaître sujets abyssins.

En effet, en 1892, les Issas se mirent sous le protectorat de la France pour être protégés contre les incursions gallas et échapper à la domination abyssine dout ils redoutaient les effets après la conquête du Harrar. En 1917, ils transformèrent ce protectorat en une cession complète de leur territoire à la France. Ils devinrent ainsi sujets français et, à Dirré-Daoua, se placèrent sous la protection de notre consulat.

Le mois dernier, cinquante Issas, parmi lesquels se trouvait Hadji Ali, leur représentant accrédité auprès de notre consulat, furent massacrés par des Gallas Gourgoura, avec la collaboration de soldats abyssins.

Je n'insisterai pas sur les causes occultes de ce coup de main qui servit de prétexte à déclencher la campagne actuelle contre les Issas et à justifier leur poursuite jusqu'à la frontière de la côte française des Scmalis.

J'ai appris que ces troupes doivent se concentrer à l'ouest du lac Assal et s'établir dans la région d'une manière définitive. Il m'a paru intéressant d'aller sur place me rendre Je ne dois pas songer à traverser les immensité* arides et sans ressources de ces régions volcaniques

tante et préparée de longue main. J'ai seulement quelques chances d'y parvenir en passant par la mer. En partant du Gubet-Harab, au fond du golfe de Tadjôurah, on peut atteindre le lac Assal assez facilement, la distance à vol d'oiseau étant d'environ douze kilomètres. En arrivant à Djibouti, je trouve tout fort calme. Personne ne sait rien, et quand je parle des dangers de l'avenir, des complications diplomatiques que la présence des Abyssins à notre frontière peut amener, j'obtiens des sourires et des haussements d'épaules condescendants. Cependant, au bureau du gouvernement, probablement mieux renseigné, règne une certaine inquiétude. Je tente une interview avec le gouverneur pour connaître quelles mesures il compte prendre pour éviter la fâcheuse éventualité d'un incident de frontière. Mon souci d'informer la presse avec exactitude et le désir de ne pas donner au texte de mon télégramme l'apparence d'une critique contre M. ChaponBessac, dont tout le monde connaît les sentiments pour moi, m'attirent de lui cette réponse

dont pas donner j'estampille gouvernemeafhle à vos communiqués.

Malgré cette attitude assez peu bienveillante, j'obtiens l'autonsarion de prendre la mer le so;r même. Je" pars avec mon bateau *ou« le prétexte d'une croisière d'agrément. et, pour la première fois, la douane ne se croit pas obligée de mobiliser ses brigades volantes et ses patrouilleurs de haute mer pour surveiller mon modeste voilier de douze tonnes.

Lti suite à ta cinquième pooff.)

Le général von Seeckt à Cbanghaï Changhai, 9 mai {dépêche Unvan.) Le général von Seeckt, arrive hier à Changhai, a déclaré effectuer un voyage d'agrément. Toutefois, selon certaine* informations, le véritable but de la visite du général allemand serait d'inspecter les troupes chinoises Ins-

LE CONSEIL DES MINISTRES A DÉLIRÉ HIER

SUR LES NEGOCIATIONS FRANCO-AJPCIES Toute décision a été réservée et n'interviendra qu'après de nouveaux échanges de vue par voie diplomatique

MM. Daattlou, Cbsutomp* et UsltuUer. La majeure et la plus Importante part des délibérations du conseil des ministres, qui a eu lieu hier matin à l'Elysée, de 10 heures à midi, sous la présidence de M. Albert Lebrun, a été consacrée à l'étude des problèmes soulevés par la mission que M. Edouard Herriot vient de remplir aux EtatsUnis.

Après que M. Daladier, M. Paulrenouvelé et complété l'exposé qu'ils avaient fait lundi après-midi au conseil de cabinet sur les entretiens de Washington, le conseil c a renouvelé à M. Herriot ses félicitations et ses remerciements pour la haute autorité et le dévouement aux intérêts du pays avec lesquels 11 a rempli sa mission >. Le conseil € a été unanime dit également le communiqué officiel à se féliciter des dispositions amicales et de l'esprit de compréhension qu'avait manifestés le président Roosevelt > lors des entrevues qu'eut avec lai l'envoye extraordinaire de la France. Nous croyons savoir. en effet, que M. Daladier et ses collègues ont été d'accord pour constater à quel point le président Roosavelt avait persanniiHeincnt compris que la Franco était Mr-drrtt <ie réclamer de iégftiixuM assuraiîoes. aussi bien en ce qui concerne les problèmes de la sécurité, du désarmement, de la revision des traités, qu'en ce qui touche les pro. blèmes d'ordre économique trêve douanière, institution, le ca,s échéant, d'une taxe de compensation des a changes. etc. Mais il convient de souligner que les délibérations gouvernementales d'bier matin, pas plus que celles de la veille, n'ont donné lieu à des décisions définitives. Ce qu'il est toutefois permis d'affirmer, c'est qu'U a été convenu que le gouvernement ne déposerait pas pour le moment de projet de loi tendant au paiement da l'échéance du 15 décembre, et qu'il ne reviendrait pas sur la position ainsi prise, tant qu'il n'aurait pas obtenu de garanties formelles.

La preuve que toute autre résolution a été réservée, c'est que le conseil e a chargé selon les termes mêmes du communiqué M. PaulBoncour de donner des Instructions â notre ambassadeur à Washington. en vue de continuer par la voie diplomatique la recherche des précisions nécessaires aux décisions ultérieures du gouvernement ».

Il apparalt que ces instructions ont trait surtout à l'attitude à adopter vis-à-vis du nouveau plan américain relatif, au règlement des dettes, plan qui, on le sait, n'a que le strict caractère d'un < ballon d'essai » officieux. (La suite à la deuxième page.)

La Légion d'honneur

à l'Ecole supérieure des mines Sur la proposition de M. Paganon. le conseil des ministres a décidé d'attribuer la. croix de la Légion d'honneur à l'Ecole supérieure nationale des mines. à l'occasion du anniversaire de sa fondation, le 17 juin.

IMAGES DE PARIS

M. Macdonald reprend aux Communes un large exposé

de sa récente mission Les dettes de guerre, la conférence mondiale et les nouvelles dispositions des Etats-Unis en ce qui concerne la question de la sécurité et de la définition de "agresseur ont été le thème de ces importantes déclarations fondre.% 9 mal.

DE NOT11 CDKMUPONDlN'r PARTICULIER A l'occasion du débat qui s'est ouvert aux Communes à propos du budget du Office, M. Macdonald a de nouveau exposé les résultats de sa mission aux Etats-Uni Il a pris soln, dès le début, d'avertir la Chambre qu'il n'aurait pas grand'chose à ajouter à ce qu'il dit la semaine dernière. et il a rappelé que ses conversations avec le président Roosevelt portèrent plus spécialement sur trois séries de questions extrêmement difficiles les dettes de guerre, le programme de la coulérence économique mondiale et 1a situation européenne.

Au sujet des dettes, M. Macdonald & dit notamment

Je tiens souligner que nous avons été pleinement d'accord à Washington pour considérer que la conférence économique mondiale ne pourrait pleinement réussir que ai, avant sa conclusion, l'obstacle des dettes était surmonté. Le règlement final prendra un certain temps, mais un règlement compkt et définitif doit intervenir aussitôt que possible. Pour dissiper tout malentendu, je tiens à faire remarquer qu'il n'a jamais été question de soumettre les dettes de guerre à la conférence économique internationale.

Il se peut que soixante nations aoient représentées à cette conférence. Existe-t-il une organisation moins qualifiée qu'une telle assemblée pour régler le problème européen des dettes de guerre? Les négociations sur les dettes devront être menées concurremment et sur des bases parallèles à la conférence mais par un autre organisme. La conférence économique ne pourra pas siéger de 9 heures du matin À minuit. Ceux qui viendront s'en occuper à Londres auront quelques loisirs qui pourront leur fournir l'occasion d'examiner le problème des dettes. Uu règlement permanent c*est le but que nous noua somme» fixé. La date du15 juin sera une barrière c'est procéder un large exàmëri d«> toutes les possibilités et ne rien dire ici qui soit de nature à accroître les difficultés et rendre la barrière infranchissable.

La trêve douanière avait dit à Washington, à savoir qu'il accueillait avec faveur l'idée d'une trêve pour la durée de la conference. mais que l'appltcaUon de cet armistice douanier -devrait s'accompagner des sauvegardes qu'exige la position particulière de la Grande-Bretagne, puis le premier ministre a annoncé J'al été informé. il y a quelques minutes, que de nouveaux échanges de vues ont eu lieu avec le gouvernement des Etats-Unis, et je suis en mesure de dire que, sous réserve de l'élaboration du texte exact et de la protection de la position essentielle des deux gouvernement?, il y a toutes chances pour qu'une entente se tasse entre nous et les Etats-Unis au sujet d'une trêve douanière immédiate, c'est-à-dire du renoncement à l'adoption de nouvelles initiatives qui pourraient accrottre les nombreuses ditflcuItés actuellement dressées contre le commerce international.

M. Macdonald a réaffirmé que la conférence devrait avoir pour résultat de supprimer ceux des obstacles au commerce international qui ne sont pas nécessaires à la protection nationale, mais il a fait cette réserve Notre intention est que la trêve ne noua empêche pas de poursuivre l'œuvre que nous avons entreprise et celle que nous développons conformément aux déclarations déjà faites dans cette Assemblée.

(La mite ,la troisième page.)

LES ENTRETIENS ROOSEVELT-SCHACHT ONT EN PABTîf OLISSÉ SUR LE PLAN POLITIQUE D'accord, avec certaines réserves, sur les projets économiques, le D' Schacht a entendu M. Roosevelt lui exprimer son opinion sur le réarmement de l'Allemagne sous prétexte d'égalité Washington, 9 mai.

DE: NOTRE CORRESPONDANT Les entretiens du Dr Schacht avec MM. Roosevelt, Hull et Less. experts américains, ont pris un tour politique à l'o c c a ion du désarmement. M. Schacht dut demander par câble à son gouvernement des instructions. Sa visite iL la Maison Blanche cet après-midi sera suivie au moins d'une autre avant son départ pour NewYork jeudi.

Le président Roosevelt, suivant des renseignements dignes de foi, a exposé a M. Schacïft l'importance qu'il attachait à une réduction effective des armements et des budgets militaires. Il l'a assuré de la sympathie qu'il éprouvait pour le principe de l'égalité des armements que les représentants de l'Allemagne ont soutenu avec fermeté, à Cenève et ailleurs, depuis de longs mois; mais il ne lui a pas cacha qti«, malgré" cette sympathie. il ne pouvait envisager d'un œil favorable le réarmement de l'Allemagne sous prétexte d'égalité. C'est cette question du réarmement de l'Allemagne en cas d'échec de la conférence du désarmement qui a provoqué une demande d'instructions de la part de M. Schacht et qui doit faire l'objet de nouveaux échanges de vues entre MM. Roosevelt et Schacht. On prétend que la question du statut territorial de l'Allemagne et de la révision du traité de Versailles n'a pas rait l'objet de discussions. On imagine pou-tant difficilement que le président de la Reichsbank n'ait pas saisi cette occasion d'exposer son point de vue bien connu sur la nécessité d'une révision des trou.tiéres allemandes.

Les entretiens sur les questions économiques ont laissé apparaltre un sentiment allemand étrangement semblable au sentiment anglais ou français celui qu'une stabilisation prochaine du dollar s'impose si lei relations économiques de l'ancien et du non veau monde ne doivent pas être complètement arrêtées. M. Schacht s'est montré chaleureux pour le principe d'une trêve douanière, mais il a fait observer que la chute du dollar polir- ralt rendre nécessaire L'Imposition d'une MJr&W) dft-'&Aibgfe' à l^sard des marchandises américaines.- Pierre DENOYER

{La suite à la troisième paye.) On s'attend à Washington

à une manifestation de vétérans Washington, 9 mal (dépêche Haras-) Une compagnie d'infanterie a occupé le fort Hunt. près de Washington, pour le cas où dva désordres se produiraient au cours de la manifestation que 8.700 vétérans de guerre ont organisée pour la semaine prochaine en vue d'obtenir le paiement du bonus.

INAUGURATION DU SALON DE LA FEMME PEINTRE

M. de Montre au milieu dm femmes peintres

Les hommes du jour, De Fleuriau C'est aujourd'hui qu'il va quitter défi1 Age de la retraite est venu le surprendre. L'adieu sera discret. Il l'a voulu discret. Il l'a voulu ainsi, parce qu'il en a déjà éprouvé la tristesse. C'est que de cette maison il n'a pas été simplement un hÔte'Me passage. De 1899 à 1920 et de 1924 à 1933. c'est-à-dire pendant près de trente ans, Il y a, soit aux côtés de Paul Cambon, soit en chef, vécu maintes journées chargées d'histoire.

Presque toute sa carrière s'est dérou.lée là. face aux magnifiques pelouses de Hyde Park. Il débuta par un bref séjour à Constantinople où il servit. une première fois, sous les ordres de Paul Cambon. qu'il ne suivit pas immédiatement à Londres. mais qu'il y retrouva un peu plus fard pour participer avec lui à la négociation de ces fameux accords qui furent la bas* de l'Entente cordiale. Peut-étre n'est il pas superflu de rappeler, à cette occasion, que ces accords n'eurent pas. à t 'origine, le sens qu'on leur attribue courammtot e: que les événements devaient leur donner. Edouard VII et Delcassé, Ion L*nsdowne et Pau! Cambon..se Connèren; d'abord pour but. au lendemain de Pachoda. de dissiper les malentendus framçoang'ais. Ce but fut atteint, et on sa;: coinment le refus de l'Allemagne de s'associer à cette oeuvre d'assainissement européen est-il besoin de rappeler l'infructueux voyage de lord Haldane à Berlin ? provoqua la catastrophe où l'Entente, révélant sa vertu. attesta la clairvoyance de ses initiateurs.

Durant toute cette période et pendant

coeur l'école de son chef dont il fut le confident. et sut se faire i':nterp'-ete s bien qu'aux yeux des Anglais 'es deux noms demeurent inséparables. Et quand il revint à Londres en après quatre années d absence passées en grande par- tic à Pékin, il y fut accueilli, dans tous les partis et dans tous les milieux, avec une faveur unanime.

C'était au lendemain de la Ruhr. De nouveaux malentendus avaient surgi et c'est à les dissiper que, comme Paul Cambon au début du siècle. s'attacha le nouvel ambassadeur. Il apporta à cette tâche" la méthode discrète qui avait lait ses preuves dans le passé. Mais les circonstances avaient changé. La flotte allemande n existait plus. Nos inquiétudes étaient devenues étrangères à beaucoup d'Anglais qui nous accusaient de les exagérer et de ne pas prêter une attention suffisante aux difficultes économiques qui l'emportaient dans leurs préoccupations. Par surcroît, le rôle des ambassadeurs se trouvait réduit dans la proportion où les ministres des Affaires étrangères traitaient les problèmes au cours d'entretiens directs.

M. de Fleuriau jugea qu'en de telles conjonctures, et dans un pays où triomphe l'empirisme. il convenait de s'interdire la poursuite de vastes solutions d'ensemble et de s'attaquer modestement aux difficultes, en les sériant. Une telle méthode ne répond certainement pas aux aspirations d'un monde en effervescence constante. EUe a du moins le mérite. fut-il. eu apparente, d'ordre négatif, de prévenir Jes grandes désillusions si souvent gêné. ratrices de conflits.

Ce qui est hors de doute, c'est que sa vive compréhension du caractère anglais, qu'on peut rattacher au moins es grande partie à x. ascendances maritimes et protestantes. il naquit à la Roche'» en 1870 et descend d'une lignée de marins lui pf* lit, en dépit de graves crises interna tioiui le de garder ici. au profit de son pays, un crédit intact. ainsi qu'en ont témoigrié les manifestations d'unanime sympathie qui ont précédé son départ et auxquelles U a été surtout sensible dans la mesure où, en sa personne, l'hommage allait au représentant de la France. Parmi ces témoignages de haute estime, nul n'est d'ailleurs plus significatif que le geste du roi George V lui conférant le titre de chevalier grand-croix de l'ordre du Bain, un honneur qui. à ma connaissance, n'a été décerné jusqu'ici qu'à un autre Français. Paul Cambon.

Lorsque, il y a quelques semaines, on lui annonça qu'il allait être remplacé, son premier réflexe s'exprima ainsi c Indiquet-on le nom de mon successeur Dès qu'il sur que M. Corbin, qu'il tient en très haute estime, avait été désigné, il proles intérêts de la France seront en bonnes mains. » L'homme tout entier venait de se définir la France d'abord!

Jean Massip

La journéed'aujourd'hui sera assez fraîche

Un régime de tempe assez frais a succédé aux journées chaudes et orageuses du début du mois. Hier, à 14 heures. le thermomètre n'atteignait nulle part 20°. sauf à Montélimar et sur le littoral méditerranéen. Partout ailleurs, on notait des températures aesez uniformes et comprises entre 13" et seulement. Aujourd'hui, le temps va rester frais par vent de nord-ouest à nord assez fort. Le mistral va même souffler sur toute la vallée du Rhône. Le ciel sera nuageux sur la moitié Ouest et très nuageux sur la moitié Est. Quelques giboulées sont méme probables, plutôt dans le Nord-Est et l'Est. Un anticyclone s'étend des Açorei à IR pénlnBOlç .Ibet«ndi£ que des dépressions eu* etilent sUr rEcosse, la mer du' Nard et l'Europo centrale.

SIX PERSONNES CARBONISÉES DANS UN ACCIDENT

D'AVIATION

L'avion postal français assurant la liaison Casablanca-Toulouse prend feu après son départ de Barcelone

M. Riruellr

Barcelone, 9 mai [dép. Havas.) Un grave accident d'aviation, qui a coûté la vie à six personnes, s'est produit cet après-midi, peu après 14 heures, près de Villadrau. à environ 85 kilomètres au nord de Barcelone. L'appareil, un avion postal français, revenait de Casablanca et, après escale à Barcelone, faisait route vers Perpignan et Toulouse. Il y avait six personnes à boni le pilote Emler, le pilote en second Rieulle, le radiotélégraphiste Guyomard, deux passagers qui étaient montés dans l'avion au départ de Casablanca et M. Riguelle. représentant de la Compagnie Aéropostale à Dakar.

Comment t'est produit l'accident Vingt minutes après le départ de Barcelone, le radiotélégraphiste du bord a envoyé à Toulouse un message ainsi conçu:

c Montons au-dessus des nuages; envoyez renseignements météo sur parcours Perpignan -Toulouse. > Ce radio a été le dernier envoyé par l'avion. Une heure après, on a appris que l'appareil avait heurté une malmon du village de Villadrau, près de Montsery, à 1.700 mètres d'altitude. Des premiers renseignements re- cueillis, il apparaît que l'avion prit feu en l'air à la suite de l'explusiou d'un réservoir à essence. Peu après cette dés ailes de l'appareil qui pendait et,! tout aussitôt, il s'écrasa sur le sol. où il fut carbonisé avant qu'on ait pli porter secours aux passagers.

J'ai passé mon après-midi de dimanche aux courses. Mais je n'étais pas à Lonflchamp et je nui pas vu courir le Prix Hocquart. l'étais en Anjou, à Ourlai. Durtal n'a pas la prétention d'être une grande ville. Durtal est une toute, tonte petite ville. Elle est même un peu plux petite que ceÎ3. Durtal possède pourtant un beau château, aux tours massives. Durtal possède, en outre, une grâcesible, harmonieuse et iégère. CTcst. déjà. la « douceur angevine ».

L'hippodrome de Durtal, même si le ciel ne sourit pas. est charmant, agreste. et et bucolique. C'est une ravissante campagne, avec des champs, dfs prés et des sapinières. Les chevaux, qui ne sont, pas obligés d'être de pur sang, galopent sur une herbe grasse. De menus drapeaux, frais et tricolores, se tendent sous le vent d'ouest L'orphéon municipal Joue des marches entraînantes. Les contrôleurs, aux entrées, écornent d'un coup de ciseaux les cartes de pesage. Ccst une manière comme une autre de déjouer les coupables manœuvres des resquilleurs.

Au paddock, les sportsmen affluent. Ils examinent avec unt attention et une compétence sévères les chevaux, qui tour- pas qu'il ny eût pas de- tuyaux p 'à Durtal II en a. comme partout. comme à 'Saint-Cloud. • Et' l'on court aptes le boucher, après le jeune fils de l'avoué, après le maréchal des logis du cadre noir, qui sont e propriétaires il. Ma fol. les courses sont fort attrayantes Il y a deux belles cotes dans les deux steeples militaires. Il y a aussi quelques élégances du meilleur ton, quelques L'es |ol les femmes.

Mais la réunion est. avant tout. paysanne. Les ̃* gens de la ville n'y for. ment qu'une minorité tout à fait restreinte. Ce sont les paysans qui rem. plissent le pesage. et ses tribunes. Ce sont des paysans bien vêtus. de bonne mine, de bonne allure. de bonne humeur. L'un deux s'écrie sur le passage d'un cheval qui na pas été placé:

Il Il n'est donc bon à ren. ç ui-là 1. Toute la campagne environnante assiège les bureaux fort exigus du Mutuel. Les porte-monnaie et les portefeuilles s'ouvrent, tout grands. Le buffet est envahi.- On va enregistrer Près de deux malgré la pluie 1

Et |'ai fait. i'ai voulu. faire du moins un petit calcul. J'ai voulu compter les autos en station dans le parc de pesage et sur la pelouse,- Je me suis arrêté dans mon calcul Il Il en avait plus de cinq cents, plus de six cents Il y en avait mille peut-être! A fin des courses, I' *mbonteillage tut digne d'une journée parisienne.

Et voilà tout de même en dehors de toute considération et de tous commentaires oh petit aspect dominical. rural et consolant de la crUe économique en l'an 1933. Maurice Prax.

Les cendre de M. Albert Hannsworth seront jetées dans la mer

Londres, 9 mai (dép. Petit Parisien.) Aujourd'hui a eu lieu au Golden Green l'incinération de la dépouille mortelle de M. Albert Harmaworth, frère de lord Rothermere et de feu lord Northcjlffe, qui mourut leudi dernier à Vergèze, dans le sud do la France. le le vc£u exprimé par le défunt se* cendres seront jetées à la mer au milieu du détroit- du pas de Calais.

Le crime sauvage

de Fernand Oé

lui Yaut 5 ans de prison avec sursis

La mère de la jeune femme assassinée déclare a Ma fille est une grande coupable » De quel abominable crime Ferdinand Oé. qui pleurniche dans sa stalle, ne vient-il pas répondre ? La jalousie suffit-elle à lui inspirer tant de sangtante cruauté ? « Responsabilité atténuée a, ont déclaré les neurologues. Ce grand gaillard n'a pas d'histoire. Né à Weiller-1 a-Tour, dans le grantiduché de Luxembourg, il a fait un apprentissage de boulanger et est venu se fixer, avec sa jeune femme, née Eugénie Thomassln, 129, rue Saint-Charles. Le couple occupait là un petit appartement fort bien entretenu. Oé, par ailleurs, a toujours donné pleine satisfaction à ses employeurs. Partout où il a travaillé, il a laissé la meilleure impression. Après un séjour à l'hôpital Boucicaut, il alla faire une cure au sanatorium de la Guiche. Là encore, il se créa de nombreuses amitiés < Malade facile, doux. serviable, un peu taciturne dit-on de lui. Bref, un homme dont jamais on n'aurait attendu un crime

Et Mme Oé ? Elle passait, elle, pour sérieuse, mais coquette. Elle était, en réalité, plus coquette que sérieuse, et en 1927 déjà elle avait trompé son mari, qui pardonna.

A la Gutche, il reçut des lettres anonymes qui lui dénonçaient la conduite de sa femme. Le boulanger qui, jusqu'alors, lui avait adressé des lettres pleines de tendresse, modifia peu peu le ton de sa correspondance et en vint bientôt à menacer « Aussi vrai que je suis tubar, écrivit-il un jour, je reviendrai et je le tuerai II demanda à Mme Thomasstn, sa belle-mère, d'intervenir. Mais la jeune femme ne voulut rien entendre et refusa même de partir pour Dombaslc. son pays natal. Elle était, en effet, depuis longtemps devenue la maîtresse d'un ouvrier coiffeur, Dimitrt Montaftchinef, à qui eUe faisait croire qu'elle était libre.

Une surprise

Le Il août, sans avoir prévenu personne, le mari rentrait chez lui, de bon matin. Il trouvait sa femme seule, babillée. prête à sortir, Il prétendit par la suite avoir vu un amant m'enfuir par la fenêtre. Mais ce n'était là qu'une invention. sinon une hallucination de malade.

lettre, pleine de réminiscences dramatiques, ou l'on retrouve le couplet final de Marie dans la Tosca e Je meurs désespéré. Le soir venu, sa femme, qui redoutait la contagion, préféra dormir seule sur un matelas, dans la salle à manger. Oé, lut, repo.serait dans la chambre. Mais Il prit cette précaution horrible de glisser sous son oreiller un rasoir tout ouvert. Il y a deux versions du drame. L'accusé prétend que la seconde seule, celle qu'il donna au juge d'instruction, est exacte. Pourquoi?

Je ne -voulais pas. dit-il, que la vérité parût dans les journaux.

Le président Villette reprend néanmoins les depx récits. Le premier, tait au commissaire, et alors que l'assassin se trouvait encore BOUS le coup de l'émotion, semble de beaucoup le plus vraisemblable. Avant .de s'endormir, Oé voulut avoir avec sa femme une explication. Et ce sont là ses pro1 pres déclarations il lut alors dans le regard de l'infidèle autant d'ironie que de provocation. Alors Il se jeta sur elle.

Euzène

(La suite A la deuxième page,.)

La terre

source d'électricité gratuite

L'éminent biologiste et physicien C. Lakhovsky vient de faire paraitre chez Fasquelle un ouvrage intitulé la Terre et Nous qui ne manquera pas d'attirer l'attention, non seulement des savants, mais encore du grand public et de provoquer dès discussions pas- sionnées en raison de l'originalité et de la hardiesse des théories qu'il expose.

Parmi ces théories, l'une des plue curieuses est sans doute celle qui consiste 8'comparer les diverses couches de terrain dont est composée l'écorce terrestre à autant d'éléments de piles électriques dont le courant serait formidab:e et qui engendreraient des forces suffisantes pour éclairer et chauffer les villes, alnst que pour taire marcher les train..

A la lecture de cet ouvrage, on reste tout d'abom ahuri et l'on se dcmande c Est-ce possible ? Cependant, si l'on réfléchit bien, on ne manque pas de découvrir assez vite des preuve» en faveur de cette théorie, notamment la présence de sources d'eau chaude qui jaillissent dans de nombreuses localités et dont la température ne saurait