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Les relations Londres Berlin UNE PROTESTATION

AU FOREIGN OFFICE

CONTRE LE DEBAT

DE JEUDI AUX COMMUNES Le comte Bernsdorff a été accomplir cette démarche hier et M. von Hœsch en ferait une autre mardi auprès de sir John Simon

Londres, 15 avril (dép. Petit Parisien.) Le comte Bernsdorff, chargé d'affaire d'Allemagne, agissant sur les instructions reçues de Berlin, s'est rendu aujourd'hui au Foreign Office où il a transmis la protestation de son gouvernement contre certains discours qui furent prononcés aux Communes au cours du débat de jeudi.

Le texte de la protestation allemande n'a pas été publié, mais on indique que les représentations visent aussi certains passages de la déclaration de sir John Simon. Le gouvernement allemand se serait notamment ému de certaines phrases où le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères constatait que les événements qui se sont déroulés en Allemagne menaçent gravement la liberté civile sur laquelle sont fondées les relations de voisinage. On ignore quelle réponse a été ou sera faite à une telle démarche que le Times, ce matin, déclarait absurde, mais il est digne de remarquer que le Daily Herald, travailliste, et le Manchester Gucerdian, libéral, reconnaissent que les déclarations de sir John Austen Chamberlain sont adoptées par la grande majorité du peuple anglais.

Le Daily Herald suggère, en outre. qu'on réponde poliment au représentant de l'Allemagne que la Chambre des communes est une assemblée souveraine et que le gouvernement ne saurait accueillir ou considérer une critique quelconque de ses débats par les gouvernements de nations étrangères.

Il convient enfin de noter que même les organes qui demeurent attachés au principe de la revision des traités reconnaissent que l'heure n'est pas propice à une telle opération. La plupart même expriment l'avis qu'il y aurait danger à l'aborder avec une Allemagne dirigée par les nazis.

LA PRESSE ALLEMANDE

CHERCHE A RASSURER

L'OPINION PUBLIQUE

Berlin, 15 avril (dép. Petit Parisien.) La presse allemande, qui a suscité une grosse émotion dans l'opinion en commentant les discours prononcés à Lon4rgâ«Rpntre la politique hitlérienne par les personnalités les plus en vue du Parlement britannique, cherche aujourd'hui rassurer ses lecteurs sur l'attitude qu'entend observer le gouvernement allemand à cet égard.

Le baron von Hœsch, ambassadeur à Londres, entreprendra une démarche officielle, mardi prochain, auprès de sir John Simon, ministre du Foreign Office, actuellement en congé et à qui il fera remarquer, sans pour cela s'écarter le moins du monde du terrain diplomatique, que, suivant le gouvernement de Berlin. le Premier anglais qui a pris, lui aussi, part à ces débats, aurait dû attirer l'attention des orateurs sur le fait que leurs critiques injustifiées étaient dirigées contre une politique relevant absolument du régime intérieur. De même les assertions de M. Austen Chamberlain et de M. Winston Churchill, dans un sens favorable à la propagande germanophobe. n'auraient, suivant M. von Hoesch. aucun rapport précis avec la réalité. L'intervention du baron von Hoesch sera peut-être facilitée par la conception de sir John Simon qui avait récemment déclaré que l'intervention de la Grande-Bretagne auprès d'un pays étranger pour protéger les nationaux de ce même pays dans un conflit intérieur, sera difficilement réalisable y. A ce sujet, le Lokal Anzeiger écrit L'étranger doit reconnaître que l'Allemagne entière et non seulement les chefs du régime national-socialiste a toujours pris une part active dans la discussion pour l'égalité du droit des peuples, dans celle des armements et enfin dans la revision des traités.

Si l'atmosphère relativement encore sereine qui règne en Europe devait être troublée, la faute n'en reviendrait pas, ajoute le journal pangermaniste, à l'Allemagne, mais à ceux qui évitent continuellement de donner une solution positive à ce problème de nécessité primordiale,

Des mesures vont d'ailleurs être prises pour que les ambassades et consulats allemands à l'étranger combattent la campagne antiallemande

D'autre part, on souligne avec emphase comme pour établir un équilibre de tendances, la sympathie fasciste qui ne pourra pas manquer d'être acquise au gouvernement du III, Empire après la visite à Rome du vice-chancelier von Papen et du ministre Gœhring qui a déclaré à la presse italienne que le national-socialisme n'aurait peut-être pas remporté un succès aussi complet si les Allemands n'avaient eu devant les yeux l'exemple d'une Italie aussi splendidement régénérée.

Son gouvernement était acquis entièrement à l'idée qualifiée de géniale du Duce dans son projet du pacte à quatre, et il soutiendra absolument sa volonté de préparer la paix mondiale sur une conception qu'on déclare à Berlin s'adapter dans un esprit' plus juste au droit des peuples.

Les journaux berlinois relatent également l'accueil favorable qui a été réservé au Dl Luther le nouvel ambassadeur allemand à Washington. Tout comme son prédécesseur, le baron von Prittwitz, il s'est aussitôt élevé contre la campagne germanophobe à l'étranger et a nettement affirmé les intentions pacifistes de son pays.

COMMENTAIRES

DE LA PRESSE ANGLAISE

Londres, 15 avril (dép. Havas)

Deux notes dominent les observations faites par les organes de diverses tendances celle du Sunday Referee, celle du Sunday Times, qui parait un reflet assez exact de l'opinion officielle. Sir Austen Chamberlain, écrit le Référée, dans un éditorial qui applaudit sans réserve à la déclaration de l'ancien ministre, a flétri la prétention de l'Allemagne à l'égalité sous un ré1 gime hitiérien tout le pays est derrière lui. L'ambassadeur d'Allemagne à Londres a reçu l'ordre de protester contre son discours. II faut lui faire comprendre qu'il n'en est pas un mot qui ne soit approuvé par l'écrasante majorité du peuple anglais.

M. Ramsay Macdonald s'est embarqué

hier matin

pour les Etats-Unis

M. Macdonald et sa Slle Ishbel quittant hier matin leur résidence, 10, Downiax Street Londres, 15 avril (dép. Petit Paris.) M. Macdonald, accompagné de sa fille, Miss Ishbel, de ses experts et du chef de son secrétariat particulier, s'est embarqué aujourd'hui, vers midi, à Southampton, sur le Berengaria à destination de New-York. Reçus par le président du conseil d'administration de la Cunard Company et par le capitaine du Berengaria, le premier ministre ainsi que sa fille ont été conduits aussitôt dans les magnifiques appartements qui leur ont été réservés.

Peu avant le départ du paquebot, deux télégrammes ont été remis au premier ministre. L'un était du roi George V qui exprimait les souhaits personnels du souverain pour le succès du voyage; l'autre apportait à M. Macdonald les vœux du président Roosevelt et lui disait le plaisir que donnerait sa visite au peuple américain.

A un groupe de journalistes qui, avant de redescendre à terre, avaient voulu l'interviewer, M. Macdonald s'est borné à dire

Je ne rapporterai certainement de Washington ni document ni accord. Le président et moi feront de notre mieux pour préparer la conférence économique mondiale et une solution satisfaisante de nos problèmes. Pressé de dire s'il escomptait cW»portants résultats de sa visite, le premier ministre n'a répondu qu'avec la plus grande circonspection.

Une foule considérable s'était assemblée sur le quai et a poussé des vivats au moment où le Berengana a levé l'ancre.

M. FERNAND RABIER

ancien vice-président du Sénat EST MORT HIER MATIN

(Voir à la deuxième page.)

NOTRE COMMERCE EXTERIEUR 1 DES TROIS PREMIERS MOIS IMPORTATIONS

| 7.810.086.000 francs 12.228.823 tonnes

î EXPORTATIONS

4.567.763.000 francs

5.883.698 tonnes

î EXCEDENT DES ENTRÉES SUR LES SORTIES

3.242.323.000 francs

1 Aujourd'hui se court à Auteuil le Prix du Président

l de la République

e De haut en bas et de gauche droite t B. Lock (Agitato), M. Bonaventure (Le Fire marnent), Ed. Haës (Horizon), F. Romain (Prindpessa). (Voir page 6.)

Vers le kilomètre troia EN SURVOLANT LA PATAGONIE Vraiment, vous voulez aller en Patagonie ? s'écriaient, à BuenosAires, mes amis argentins, sur le ton du « Comment peut-on être Persan ? Mais il n'y a rien à voir en Patagonie Rien, et la preuve, c'est que ni moi, ni aucun des miens, jamais nous n'y avons mis les pieds. Le fait est que, sur la centaine peut-être d'Argentins dont j'ai fait connaissance entre Bahia Blanca et Tucuman, un seul avait dépassé, vers le Sud, ce rio Colorado. qui dessine la frontière du plateau patagon. Pays presque désert encore quinze cents kilomètres de longueur et guère plus de cent mille habitants. Plus d'Indiens, ou à peine quelques-uns travaillant au service des blancs, depuis l'atroce campagne militaire de 1880. Quelques Chiliens à l'Ouest à l'Est, des colons dans les vallées. Des gardiens de bétail sur les plateaux.

Vers les Andes, la glace a ciselé le relief et, par places, les éruptions volcaniques l'ont épaissi, d'où des lacs admirables, dominés par des coulées de glace bleue, qui tranchent sur les forêts d'araucarias, ou de hêtres à sous-bois de bambous. Ce n'était pas cette Suisse contiguë à la Norvège des côtes chiliennes que j'entendais visiter, mais le plus vaste, le plus rude du pays le steppe, et cette âpre côte que les vents de terre attaquent violemment toute l'année, et faisant remonter les froides eaux du fond atlantique ourlent sans cesse de brouillard.

Pas de chemin de fer. De méchants navires. Reste l'avion, qui part de Bahia Blanca. L'Aéropostale argentine filiale de la compagnie française est la seule ligne du monde où il soit prescrit de prendre l'air par vent de 100 kilomètres à l'heure. Des appareils légers et maniables, des pilotes intrépides.

Cette courbe tracée par l'avion qui, parti vent debout, tourne ensuite vers sa route aérienne, ne laisse pas de ressembler au salut de jadis, geste déjà volant, empanaché de plume.

Bahia Blanca l'une des capitales du blé argentin prise de biais par le premier rayon du jour, laisse voir le tracé rectangulaire de ses avenues, et, déjà, leurs prolongements. futuns sur la plaine verte. Plus loin, exigus et minutieux, les élévateurs à grain, les files de wagons sur rails, les quais et leurs navires. Jouets de l'homme Luc DURTAIN.

(La suite d la qtuttrième page.) M. Daladier en croisière dans la Méditerranée Toulon, 15 avril (dép. Havas.) M. Edouard Daladier, voyageant incognito avec son chef de cabinet, est arrivé dans la matinée. Conformément au désir qu'il avait exprimé, aucune autorité n'était présente à sa descente du train de 9 h. 30. Seul son ami, M. Vermorel, industriel à Lyon, l'y attendait.

Après une visite de la ville en automobile. M. Vermorel a conduit le président du Conseil sur le port, où se trouvait depuis hier soir le yacht Vallala-11, venu de Nice.

Sur ce bateau, M. Daladier va prendre un repos de quelques jours, au cours d'une croisière entre les côtes de Provence et de Corse.

Avant que le Vallata-II, amarré au quai de Cronstadt, ne prit le large, M. Escartefigue, maire de Toulon, s'est fait conduire auprès de M. Daladier pour lui présenter les souhaits de la population toulonnaise. Le chef du gouvernement s'est déclaré très sensible à cette démarche.

Le général Gouraud à Casablanca Rabat, 15 avril (dép. Petit Parisien) Ce matin sont arrivés à Casablanca, venant de Tanger, le général Gouraud et sa belle-sceur, Mme Gouraud. Le général, qui vient voir son neveu, le lieutenant d'artillerie Gouraud, en traitement à l'hôpital militaire de Casablanca, est descendu à la résidence où les honneurs militaires lui ont été rendus.

Un maire de la Sarre suspendu Il aurait réfuté de faire amener un drapeau à croix gammée

Sarrebruck, 15 avril (dép. Havas.) M. Knox, président de la commission du territoire de la Sarre, suspendu de ses fonctions M. Ruppersberg, maire de la ville de Hombourg, qui s'était refusé, le 21 mars dernier, et bien qu'il en eût reçu l'ordre de la commission de gouvernement, à faire enlever un drapeau à croix gammée et à faire Interrompre la diffusion par haut-parleur de la cérémonie d'inauguration du nouveau Reich, qui avait lieu à ce moment à l'église de li garnison de Potsdam.

M. Ruppersberg sera traduit, en outre, devant un conseil d'enquête disciplinaire.

LE BEAU TEMPS VA-T-IL CONTINUER? Hier matin, une forte perturbation abordait la Norvège et aujourd'hui se trouvera sur les parages est de la Baltique, s'approchant ainsi de la Russie en même temps, l'anticyclone de NordFrance commençait à s'affaiblir et cet affaiblissement doit se poursuivre encore.

Si le temps est encore généralement beau aujourd'hui sur toute la France, la journée de demain est incertaine, car une seconde dépression encore au large doit passer sur le nord de l'Europe et peut produire des perturbations atmosphériques.

La température a été assez froide hier matin sur nos régions Nord et Nord-Est, où l'on signale de faibles gelées. Dans la journée, la température devenait très agréable.

Les hommes du jour MarceHpiivier Au pays d'Alphonse Daudet, entre les jardins français de Le Nôtre et les monuments romains, l'exubérance méridionale est tempérée d'ordre classique. Les Provençaux du Gai don n'ont pas moins que leurs frères di Rhône et de la Méditerranée l'audace créatrice ils y ajoutent le goût de la logique, le sens du possible, le besoin du réel.

Ces dons contradictoires d'invention et de critique, d'initiative et de contrôle expliquent peut-être la rapide et féconde carrière de M. Marcel Olivier celle d'un grand administrateur.

En dépit des plaisanteries désuètes, il n'est pas certain que l'Europe ait cessé de nous envier notre administration. Dans « le déséquilibre actuel des hommes et des choses », elle n'a pas cessé de nous fournir ces admirables « premiers commis dont M. Gabriel Hanotaux écrivait récemment qu'ils ont, sous tous les régimes, « travaillé à faire la France ». C'est à cette grande oeuvre qu'a collaboré depuis trente ans, sous diverses latitudes et en divers postes, le président de la Compagnie Géné'ale Transatlantique, dont M. Edouard Herriot demain sera l'hôte à bord de l'Ile-de-France.

Celui à qui ont été confiées les des1 tinées de la French Line » en des circonstances particulièrement difficiles réI sumait en une formule heureuse. lors du I lancement du Normandie, le rôle autant moral qu'économique des grandes compagnies de navigation

Nous ne sommes pas que des transporteurs d'hommes et de fret,, nous nous flattons également d'être des transporteurs 1 d'idées. Chacun de nos, paquebots est un i salbn international où. dans un décor français, à l'ombre du pavillon français, se l tient un congrès permanent de la paix. M. Marcel Olivier débuta dans la carnère administrative aux environs de 1900. Collaborateur personnel de M. Gaston Doumergue au ministère des Colonies, il eût pu, dans l'ombre paisible des bureaux de la rue Oudinot, accomplir une carrière honorable et dépourvue d'aléas. Il préféra i s'expatrier au plus tôt et courir l'aventure .africaine.

A l'époque, une telle détermination, quand elle était volontaire, ne manquait pas de mérite. Mais elle comportait aussi quelques avantages l'Afrique occidentale le Sénégal mis à part était encore une vaste terre en friche où des âmes de i chef pouvaient s'épanouir librement. Les Rouma, les Ponty, les Van Vollenhoven t la marquaient successivement de leur empreinte. Ce n'est pas faire un mince éloge de M. Marcel Olivier que de dire qu'il fut leur élève préféré.

Un brillant élève. Lieutenant-gouverneur du Soudan la quarantaine à peine atteinte, il organise les premières formatiens de l'« armée noire a, réalisant ainsi le rêve; de Mangin. En 1924, il est:aommé

gouverneur général de Madagascar et pendant cinq ans, patiemment, il accomplit dans notre grande possession de l'océan Indien une série de réformes sociales dont certaines demeurent des modèles de colonisation humaine et raisonnée. Puis c'est l'Exposition coloniale. Le rôle de M. Marcel Olivier dans l'organisation de cette incomparable féerie est trop connu pour qu'il soit nécessaire d'y insister.

Demain, celui qui fut et qui reste un grand Français d'Af-ique voguera pour la première fois vers la terre américaine. Dans ce continent, sous une tout autre forme que l'activité coloniale, le génie français doit avoir sa place. La < French Line a beaucoup contribué jusqu'ici à la lui garder.

M. Marcel Olivier ne l'ignore pas. On peut lui faire confiance.

Louis Roubaud.

Les premiers bénéfices

retirés par l'Etat américain du retour au régime humide New-York, 15 avril (dép. Havas.) La première semaine de fabrication légale de la bière a rapporté aux caisses du gouvernement fédéral plus de quatre millions de dollars en impôts et en licences. Les Etats de l'Union qui ont autorisé la bière ont encaissé plus de deux millions et les municipalités des sommes considérables. La bière a fourni du travail à 40.000 chômeurs pour la seule ville de New-York et dans l'ensemble du pays à plusieurs centaines de milliers de travailleurs.

Les grandes épreuve» cyclistes LA COURSE PARIS-ROUBAIX SERA DISPUTEE AUJOURD'HUI PAR 141 CONCURRENTS

000

On trouvera

à la page 6 tout les renseignementi techniques

A GAUCHE

SPEICHER

DI PACO

A DROITE

GIJSSELS

AERTS

SCHEPERS

TRÈS VIF INCIDENT AU PROCÈS DE MOSCOU L'ACCUSÉ MONKHOUâE

« Ce procès est monté de toutes pièces et basé sur les déclarations de prisonniers terrorisés.

CETTE DECLARATION A PRODUIT UNE PROFONDE IMPRESSION L'ingénieur a dû ajourner la suite de ses explications, le président ayant invoqué l'ordre des débats

Moscou, 15 avril.

D6 NOTEE CORBESPONDA.VT PARTICULIER L'ouverture de l'audience de ce matin a été marquée par une déclaration sensationnelle de Monkhouse. Il a demandé la parole et exprimé le désir de parler anglais.

Après avoir entendu les dépositions de Soukharoutchkine et des autres accusés hier et avant-hier. commençat-il.

Ici, le président Oulrich l'interrompit

Vous n'avez le droit de vous référer qu'à ce qui vous concerne personnellement dans les dépositions des autres accusés, et seulement au dernier interrogé, et seulement en votre nom.

Monkhouse continue d'une voix calme et nette.

Il .est parfaitement clair pour moi que ce procès est monté de toutes pièces et basé sur les déelarations de prisonniers terrorisés.

Oulrielf l'interrompt

Vous n'êtes pas avocat pour parler de tous les accusés, et ce n'est pas votre tour de faire vos déclarations. Comme je comprends, moi, j'ai le droit de parler.

Non, répond Oulrlçh, seulement quand voua serez interrogé, demain Je veux continuer. D après ma propre expérience, quand j'ai été interrogé pendant dix-huit heures.

Nouvelle interruption d'Oulrich. Vous parlerez demain, mais je ne peux vous donner la parole maintenant. Nous devons suivre une procédure régulière.

Le procureur procède ensuite à l'interrogatoire de Cushny, jeune homme brun très sûr de soi et qui répond d'un ton ferme et calme. Il a servi comme officier aviateur en France dans l'armée britannique pendant la guerre et a été blessé.

Avez-vous eu des conversations politiques ? demande le procureur. Seulement de caractère général. Par exemple ?

Nous avons parlé du prix du pain. Est-ce là une question politique ? Il est difficile, répond Cushny, de faire une distinction nette entre les questions économiques et les questions politiques. J'ai aussi entendu parler de l'attitude des ouvriers à l'égard du gouvernement soviétique et du plan quinquennal.

Cushny déclare ensuite avoir donné, par pure bonté, à des ouvriers de petites sommes de l'ordre de 5 à 10 roubles. Olienikov, confronté avec Cushny, affirme que Thornton lui a donné pour instruction de faire du sabotage en lui citant pour exemple l'habile travail accompli par Cushny à Bakou en 1928.

Il ment, dit Cushny.

Il ne dit pas la vérité, confirme Thornton.

A la fin de sa déposition, Cushny veut faire une déclaration. Le procureur Oulrich refuse, en disant que l'ordre des débats a été fixé une fois pour toutes. Après le réquisitoire et les plaidoiries. chaque accusé aura la possibilité de s'expliquer.

Cushny n'insiste pas et regagne le box des accusés.

La déclaration sensationnelle de Monkhouse a produit un gros effet sur la majorité des assistants. Jusqu'à hier soir, la passivité des ingénieurs anglais et les réponses peu nettes de Thornton aux questions impérieuses du procureur Vychinski et de son adjoint Roghinski menaçaient de créer une impression défavorable aux Anglais. Georges LUCIANI

(La auite à la troisième page.) A la page 4

Entre M. Citroën et son personnel, l'entente n'a pu se faire. M. François Albert nom expose la situation

Les {raids reportages da a Petit Parisien » Vers les terres hostiles

d'Ethiopie

par Henri de MONFREID Avant le coucher du soleil, j'accompagne Mina, l'ingénieur arménien, à la source dont il s'agit d'élever l'eau jusqu'au plateau où sera la maison de Lidj Yassou. La grande préoccupation paraît être de soustraire le puits à toute tentative criminelle. Chemin faisant, Mina m'explique comment il va modifier les parties de la falaise insuffisamment inaccessibles. Il projette de faire de ce plateau un donjon inexpugnable, entouré de rochers à pic comme des murailles où l'on accèdera par un pont-levis.

Que de précautions prévues contre cet homme presque libre en ce moment dans sa toucoule de paille Cet ingénieur arménien me plaît infiniment par son extérieur sérieux et modeste. Il a su s'adapter au caractère des Abyssins, comprendre leur manière de juger, en sachant toujours trouver leur point de vue. Il apporte en toute chose le bon sens et la logique simples, sans sortir jamais du domaine de sa compétence, ni prétendre imposer ses avis. (La suite d la cinquième page.) Le roman d'une Américaine qui se disait séquestrée la Pomponnette près de Lagny

POUR ET CONTRE Voici venus les beaux jours de Pâques. On s'attend, à lire dans les journaux de courtes mais tristes nouvelles. On s'attend à voir de fâcheux automobilistes faire, avec les oeufs de Pâques, de sanglantes omelettes.

Mais il faut être optimiste. Comme notre surprise serait heureuse et grande, si les fêtes pascales se passaient tout gentiment, sans catastrophe, sans écrabouil- lage, sans capotage, sans dérapage Il faut être optimiste. Il faut espérer qu'en ces jours populeux et, si l'on peut dire, circulatoires, tous les automobilistes s'abstiendront de s'abandonner à de coupables excès de vitesse. Ils seront sages. Ils s'abstiendront. Ils comprendront tous que le cent ou le cent trente à l'heure n'est pas de mise sur des routes où se succèdent de poussiéreux cortèges de six chevaux et de six cylindres, de tacots familiaux et d'orgueilleux grand sport x. La règle est absolue. II faut ralentir quand passent des régiments, des processions ou des convois funèbres. Or toute l'artillerie des moteurs de tourisme va défiler. aujourd'hui, demain, et aprèsdemain, sur nos chemins nationaux et vicinaux. Il s'agira de suivre le régiment ou la procession et non d'entrer dedans

Il faut être optimiste les automobilistes débutants, en possession d'une voiture et d'un permis tout neufs n'essaieront pas d'épater leurs amis. Ils n'essaieront pas non plus de battre des records sur la route de Fontainebleau. Ils seront assez raisonnables pour douter, sinon de leur adresse, du moins de leur expérience. L'auto. le sort et la route ont leurs coups durs et leurs traîtrises. Pour parer à ces surprises, il convient d'avoir, pour le moins. de l'habitude. Les débutants auront assez d'esprit et de prudence pour faire leur apprentissage avec discrétion et mesure. Alors, personne n'ira les traiter d'apprentis.-

Il faut être optimiste. Par ces journées de grande houle routière, tous les 1 bons conducteurs d'autos, tous les maîtres du volant, tous les as et tous les professionnels tous, je dis bien tous seront sur leurs gardes. Tous s'en iront piano, pianissimo, pour être sûrs d'arriver. Les sportifs les plus aguerris donneront avec élégance rexemple du sangfroid et de la bonne conduite. Alors, les néophytes, les fantaisistes et les audacieux auront à coeur d'imiter les champions, les vétérans et les as. Ils appuieront à peine sur le champignon. Ils le chatouilleront.

Il faut être optimiste. Aux croisements, aux tournants dangereux, dans la traversée des villes ou des villages, les automobilistes ralentiront, ralentiront encore. et klaxonneront, et reklaxonneront comme s'il y avait des gendarmes et des agents de police partout aux aguets. Maurice Prax.

LE PARTI SOCIALISTE

VA DÉLIBÉRER

SUR LA POLITIQUE

DE SES ÉLUS AU PARLEMENT Le congrès extraordinaire convoqué à cet effet s'ouvre aujourd'hui en Avignon

Les votes des congrès fédéraux ont donné à la motion Blum- Paul Faure au moins les trois quarts des mandats

Avignon, 15 avril.

DE voras EN'VOTÊ ÏPÊCJAL

Enfin les socialistes sont c en Avignon ». Durant les deux jours de Pâques se tiendra leur congrès national extraordinaire. Il ne siégera pas au Palais des paes, comme l'avait promis naguère un délégué du Vaucluse bien intentionné, mais bien imprudent. Non, il se réunira au Palais de la foire, qui est édifice municipal. Car, en Avignon, à défaut de pape, il y a un député-maire socialiste, M. Louis Gros. Tout le monde en a parlé, presque autant que les socialistes eux-mêmes, de ce congrès, depuis qu'il est annoncé! Que de pronostics ont été émis sur son déroulement, sur ses conclusions, sur ses suites surtout, imaginées en sens divers et à l'occasion desquelles on est allé jusqu'à échafauder des hypothèses de combin a i s o n s politiques, parlementaires, gouvernementales Ne sera-ce pas, la scission, enfin la scission ? Et les journalistes d'accourir c en Avignon plus nombreux que jamais ils ne furent un congrès socialiste, pour c voir ça » Pour voir, au moins, qui sera mangé, car de vifs incidents ont été escomptés, conséquence d'incidents publics récents et d'incidents de couloirs au Palais-Bourbon Mais si personne n'était dévoré, s'il n'y avait pas de scission. ? Eh bien l'on aurait fait au moins un beau voyage.

Une situation paradoxale

Au vrai, il est sage de réserver tous des pronostics, surtout les plus c excitants ». Que saura-t-on d'ailleurs au moment où s'ouvrira ce congrès ? Rien de plus que ce qui a été dit, sauf ceci, qui est en effet d'importance le projet de résolution Blum-Paul Faure que nous avons publié quand ses auteurs l'adressèrent aux 4.500 sections de leur parti a recueilli dans l'ensemble des congrès fédéraux un bloc de mandats égal au moins aux trois quarts des mandata représentés au congrès national. Majorité énorme, écrasante peut-être dangereuse. Elle porte en effet comme à l'extrême ce paradoxe déconcertant la grosse majorité du parti socialiste et la grosse majorité de son groupe parlementaire sont de tendances politiques opposées. Pour parler le jargon coutumier, la grosse majorité du parti est. à c gauche » et la grosse majorité du groupe est à c droite ». Cela ne s'était jamais vu dans le parti S. F. I. 0. Cela, par contre, qui était apparu au lendemain même des élections législatives des 1" et 8 mai 1932, n'a fait que grandir et, à un certain degré, s'exaspérer de mois en mois jusqu'à ce jour. Cela, cette contradiction étonnante car les élus ont bien été les candidats désignés par les militants qui ont besogné pour les faire élire le congrès a pour tâche de la résoudre. La résoudra-t-il ? Voilà le secret de

ses délibérations et, plus encore, le secret de celles de sa commission des résolutions.

Encore et toujours le même problème Car, cette fois, le rôle de la commission des résolutions qui siégera lundi matin et rapportera dans l'aprèsmidi, ou dans la soirée pourrait bien être capital.

S'il ne se produit pas en séance publique des incidents d'ordre personnel qui pourraient, en effet, dénaturer les débats, ceux-ci reproduiront faits et arguments archiconnus. On parlera, pour les commenter en sens opposés, et des offres de M. Daladier, le 30 janvier dernier, et de la façon dont la majorité du groupe parlementaire les accueillit, et du conseil national du 5 février, qui blâma discrètement cette façon, et de l'appel interjeté contre cette sentence devant le congrès par la majorité du groupe, et des conditions dans lesquelles a été convoqué ce congrès extraordinaire, et de l'article 83, et des cent quatre députés socialistes qui votèrent « pour » et des vingt qui votèrent « contre x, et de la démission de M. Blum de la présidence du groupe, et de celle de M. Auriol de son secrétariat. Mais quand on aura parlé de tout cela &