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Notre enquête en Autriche QUE SIGNIFIE LE, YEDREMQ DU CHANCELIER DOLLFUSS ?

par Louis ROUBAUD

Je ne prétends pas conclure, mais résumer.

Où en étais-je hier, en partant pour l'Autriche ? Où en suis-je aujourd'hui, à mon retour ?

Hier, comme le moins informé de mes lecteurs, je pouvais accrocher mon intérêt à quelques événements saillants. Le gouvernement et le Parlement français avaient estimé qu'il était humain et politique de participer à un acte de solidarité européenne, en accordant l'aide financière à une nation en difficulté. Nous nous rangions donc parmi les amis de celle-ci. Mais nous apprenions bientôt que notre geste cordial était accepté avec réticence. Il s'en fallait même d'une voix de député que le don ne fût repoussé. Dans le même temps, une sotte affaire de contrebande d'armes achevait de nous rendre suspects les bénéficiaires de notre générosité.

D'autre part nous parvenaient les échos d'une guerre civile latente entre les milices des différents partis, les citoyens de cette curieuse république étant armés, non seulement de bulletins de vote, mais de fusils. Nous savions que le socialisme autrichien, doublement fort en électeurs et en soldats, gouvernait la capitale et défendait la démocratie dans le pays, mais qu'il était sérieusement menacé, sur les deux terrains parlementaire et militaire, par une redoutable coalition de ses ennemis communs.

De loin, cette coalition nous apparaissait, grosso modo, fasciste et pangermaniste. Si l'on comprenait facilement qu'elle fît à l'intérieur la guerre au marxisme, ses buts extérieurs étaient moins discernables. En s'opposant aux socialistes autrichiens désireux de s'intégrer à la république démocratique allemande, elle pouvait lutter contre l'Anschluss. Mais, bien au contraire, ses plus importants et plus ardents bataillons se rangeaient, précisémeat sous la bannière de l'Anschluss.

Les autres, il est vrai, déployaient le fanion de l'ancien empire austrohongrois.

L'ensemble de ces événements et de ces attitudes nous apprenait 1° Que l'Autriche, à court d'argent, souffrait en ses finances, en son économie et en son organisme social

2* Que, ses souffrances matérielles avivant ses s souffrances morales, elle désirait, dans ses grandes majorités de gauche et de droite, sortir du statu quo post bellum.

Enfin, je n'ignorais pas que, faute de s'entendre sur la porte de sortie, les deux majorités relatives avaient laissé le pouvoir à une minorité absolue.

Les gardiens du statu quo ne représentaient pas 30 des électeurs, mais ils avaient le gouvernement. Je savais que leur chef, le chancelier D o 1 1 f u s s, maintenait l'équilibre à l'intérieur entre la gauche et les droites et s'opposait, à l'extérieur, à leur commune tendance revisionniste.

La situation parlementaire de ce modéré, entre la pression des deux extrêmes, l'avait contraint à la dictature. Pour la première fois dans le monde et l'histoire, depuis que la politique est politique, surgissait le dictateur du moyen terme et du juste milieu.

Tel est le bagage documentaire que j'emportais au départ. Il n'était ni lourd ni encombrant.

En tant qu'observateur français je me posais donc les questions suivantes

L'équilibre entre le revisionnisme de gauche et les deux revisionnismes de droite sera-t-il rompu ? Peut-il se transformer en stabilité ?

S'il ne le peut, la rupture se fera-t-elle à gauche ou à droite et, subsidiairement, au profit de quelle fraction de droite ?

Je ne rapporte pas de Vienne, en rentrant à Paris, une valise très rebondie, mais elle est moins plate qu'au départ. Je vais tout de suite en extraire mes modestes acquisitions

D'abord, une réponse unanime sur laquelle tous les partis sont d'accord

La situation économique et finan- cière de l'Autriche est intenable. Elle ne peut durer. Elle provient un peu de la crise générale et beaucoup de la conformation anormale d'un corps amputé dont les nerfs et les artères ont été sectionnés et ligaturés par des chirurgiens maladroits. Il est nécessaire et urgent de donner de l'air, du sang et des muscles à la nouvelle Autriche.

LouiR ROUBAUD.

(La suite d la quatrième page.)

Un jaloux, à Saragosse

tue trois personnes, dont son ex-fiancée Saragosse, 12 avril fdépéche Havas). Se trouvant sur un camion, le nommé Joaquim Perez a, au cours d'une scène de jalousie, tué son ancienne fiancée à coups de revolver. Les occupants du camion ayant voulu intervenir, Perez a tiré sur eux, tuant deux personnes. Lé criminel a été arrêté. La foule a voulu le lyncher.

LES PROCHAINS ENTRETIENS DE WASHINGTON

Les dettes font déjà l'objet d'une étude attentive des experts américains MM. Herriot et Macdonald, lorsqu'ils auront à aborder ce problème, se trouveront vraisemblablement en face d'une préposition concrète des Etats-Unis

New-York, 12 avril.

DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER La question des dettes de guerre décidera du succès ou de l'échec des importantes conversations qui vont avoir lieu à Washington sur les grands problèmes économiques de l'heure. Les milieux officiels américains considèrent cette question comme un facteur secondaire dans l'ensemble de la situation économique, mais ils se rendent compte qu'elle sera la pierre d'achoppement de toutes les négociations.

Plusieurs experts, en qui M. Roosevelt a une grande confiance, sont déjà engagés dans l'étude des points de vue des gouvernements anglais et français sur cette question et des échanges officieux, de gouvernement à gouvernement, sont en cours pour faciliter les discussions de M. Maodooald' et de M. Herriot lorsqu'ils s'entretiendront avec M. Roosevelt. Du côté anglais, on n'a pas caché que les dettes de guerre constituaient le principal obstacle susceptible d'empêcher un accord sur la stabilisation de la livre sterling et les autres questions économiques. Les stocks d'or accumulés à Londres paraissent suffisants et la balance commerciale anglaise, quoique encore défavorable, semble assez bonne pour permettre une stabilisation, à la condition que soient éliminés les paiements sans contrepartie en marchandises que constituent les dettes de guerre.

On s'attend à ce que du côté français, également, une réduction des dettes de guerre soit demandée comme condition essentielle d'un accord économique et monétaire plus général. Ces vues sont encore extrêmement peu répandues. A l'usage du public et des principaux gouvernements étrangers, l'administration américaine continue à représenter la diminution réciproque des tarifs douaniers comme la principale œuvre à accomplir par la communauté des nations.

Dans un speech devant les diplomates de quelque vingt nations sudaméricaines, le président Roosevelt a répété cet axiome, que l'élimination des barrières douanières est la grande

tache du moment.

Des dettes de guerre, on parle très peu.

Il faut comprendre que, pour le préaident Roosevelt, la question est des plus embarrassantes. Le public américain s'est jusqu'à présent montré hostile à une réduction des dettes de guerre parce qu'il estimait que d'autres dettes, celles des débiteurs américains fermiers ou petits propriétaires, étaient plus pressantes et méritaient plus de générosité de la part du gouvernement que celles des gouvernements étrangers.

Ce qui vient d'être fait par la nouvelle administration pour les débiteurs américains consiste essentiellement en une réduction des intérêts et en une extension des délais d'amortissement, éventuellement en une petite réduction du capital de leur dette. Le point de vue de nombreux hommes politiques de l'entourage de M. Roosevelt est qu'il n'est pas possible, politiquement, à M. Roosevelt d'offrir aux débiteurs européens un traitement plus favorable.

MM. Herriot et MaodonaDd, lorsqu'ils aborderont le problème des dettes, se trouveront vraisemblablement en face d'une proposition américaine qui consisterait à reviser les accords existants en supprimant les intérêts et en étendant la période d'amortissement des dettes interalliées.

Il n'est pas impossible que M. Roosevelt, qui a l'esprit remarquablement ouvert et est exempt de préjugés, soit disposé à faire une concession plus grande sur la question des dettes si on lui en montre la nécessité. Mais pour son opinion, il lui faudra un paravent.

Dans les conversations, les questions douanières et monétaires seront comme l'écran de fumée derrière lequel les flottes dissimulent leurs mouvements en mer. C'est à l'abri d'un accord commercial tangible conclu, ou en vue, qu'il pourra peut-être obtenir un assentiment populaire à une réduction des dettes qui, de toutes façons,

Ditet-moi elle n'a pot l'air tris catholique votre lampe Juive ?..

Les trois secrétaires du président Booeevelt, de gauche à droite le colonel Me Henry Home, M. Stephen T. Early et le colonel Marvin H. Me Intyre

devra être moins apparente que réelle. On ne saurait, bien entendu, pas encore prédire la tournure que prendront les conversations, mais on peut déjà faire le contour des idées qui domineront les négociations. Les grands principes de restauration économique ne manqueront pas d'être mis en avant. La présence dans l'entourage immédiat de M. Roosevelt de plusieurs professeurs d'université laisse présager qu'on fera beaucoup de doctrine économique.

Aussi la présence, aux côtés de M. Herriot, d'une autorité incontestée et connue aux Etats-Unis comme peut l'être le professeur Charles Rist apparait-elle ici comme éminemment souhaitable. L'importance fondamentale que prendra, au début ou à la fin des conversations, la question des dettes de guerre, rend particulièrement heureux le choix qui a été fait de M. Herriot pour représenter la France à Washington dans ces entretiens préliminaires de la conférence économique. Son attitude pendant la controverse sur le paiement du 15 décembre lui a fait une place à part dans l'estime des Américains. A tout autre représentant français on aurait pu objecter le c défaut » de la France. M. Herriot apparaît comme le seul homme qui puisse venir aujourd'hui en Amérique et y recevoir un accueil favcu»W«/-<'fflôme sans le versement préalable de l'échéance du 15 décembre, et demander aux Etats-Unis, avec une autorité non diminuée, une revision et une réduction des dettes. Pierre DENOYER

LA PETITE ENTENTE

SERA REPRESENTEE A WASHINGTON Washington, 12 avril (dép. Havas.) Le gouvernement a pris en considération la suggestion d'inviter la Petite Entente à envoyer des représentants à Washington, en vue d'avoir des conversations avec M. Roosevelt. AU CONSEIL D'ÉTAT

M. de Momie entre MM. Théodore Tissier (à droite) et Tardit (Voir page 2.) En Argentine, trois mille personnes sont cernées par les eaux

Londres, 12 avril (dép. Petit Parisien.) Un message Reuter de Bahia-Blanca signale qu'en raison de fortes inondations de la rivière Naposta, dans la région de Coronel et de Suarez, trois mille habitants sont exposés à périr. Bloqués par les eaux et privés de toute communication avec les autres localités, les malheureux sont de plus en plus menacés par le Sot grosaissant llll!llll|t||[|l!IIJII!fl!ilHfJlfllfUll]|]llllllliniUIIII!!llll!!l lllllllllll!

M. Ed. Herriot confère ce matin avec M. Daladier M. Edouard Herriot, qui avait conféré longuement mardi avec M. PaulBoncour, aura ce matin avec M. Daladier un entretien qui achèvera de fixer les idées sur le programme de la mission que l'ancien président du Conseil va accomplir en Amérique. Notons, d'autre part, comme il l'a déclaré lui-même, que M. Herriot n'a donné ni ne donnera aucune interview d'aucune sorte avant son départ pour Washington. Le maire de Lyon met en garde contre les déclarations qui ont pu ou pourraient lui être prêtées en dehors de celles qu'il pourrait être appelé à donner directement.

IL A ASSISTÉ HIER

AU BANQUET DE LA PRESSE ANGLO-AMERICAINE

L'Association de la presse angloaméricaine de Paris, que préside M. David Scott, correspondant du Times, avait prié, hier, M. Edouard Herriot d'être, avant son embarquement pour les Etats-Unis, l'hôte d'houneur de son déjeuner hebdomadaire. Placé entre MM. David Scott et Lee Stowe, vice-président de l'Association des correspondants de journaux anglosaxons à Paris, M. Edouard Herriot, très écouté, s'est, durant tout le repas. entretenu avec ses commensaux des questions de politique internationale à l'ordre du jour.

C'est ainsi qu'évoquant les origines de la doctrine de Monroe, l'ancien président du Conseil français a montré

M. Herriot s'entretenant avec M. Stowe quelles pouvaient être les hésitations des Etats-Unis devant le projet de pacte à quatre des ..quatre grandes puissances occidentales d'Europe. Sur l'égalité des droits réclamée par l'Allemagne, M. Herriot a déclaré Dès qu'elle aura été réalisée sur terre, elle ne pourra pas ne pas se poser sur mer. Les traités de Washington et de Londres tomberont. Vous serez alors obligés de rechercher un nouvel équilibre naval. On peut donc dire que la France, quand elle défend, dans une mesure très raisonnable d'ailleurs, son armée, protège la première ligne de défense de la marine britannique. Au dessert, M. Scott présenta à M. Herriot les voeux que forme l'association pour le succès de sa mission et il le remercia de son attachement à la presse anglo-américaine, qui le considère depuis longtemps comme un confrère.

M. Herriot, se levant alors, prononça une allocution

Je vous remercie, dit-il, des bons vœux que vous formez pour ce voyage qui est salué avec amitié de l'autre côté de l'Océan. J'ai accepté de me rendre aux Etats-Unis afin de pouvoir rendre service à mon pays et à l'amitié qui doit unir la France à la GrandeBretagne et aux Etats-Unis.

Je suis fidèle à cette amitié et je me rends là-bas en qualité « d'informateur libre ce qui permettra de conserver toute sa liberté au gouvernement français, au Parlement, et ce oui sera aussi la meilleure façon de ne pas engager la mienne.

Je serai heureux de revoir mon v!ell ami, M. Macdonald, avec qui j'ai commis le « fameux crime des Chequera » en 1924, et me voilà à nouveau avec lui, partant en mission. Je crois que nous aurons le plaisir de discuter ensemble.

M. Herriot prononça ensuite un é'oge du président Roosevelt, « homme de grande énergie et de bon sens » Je ne sais, dit-il, quelles questions i seront traitées en Amérique, mais j'apporte mon bon sens, mon sens commun et mon amour de la paix, persuadé que e l'amitié qui unit les Etats-Unis, la s Grande-Bretagne et la France est essentielle pour la tranquillité du monde et t pour la paix.

iiiiiiiiiiiiitiinitiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiriiiiiiiiiiiniiiininiiuniuiiiiltini

LE SAVANT EINSTEIN AU COLLÈGEJE FRANCE Sur la proposition de M. de Monzie la Chambre a voté, dans sa séance de nuit, la création d'une chaire affectée au grand professeur allemand

Einstein, le théoricien de la « relativité x, dont la réputation est mondiale, professera bientôt au Collège de France. M. de Monzie en a pris l'initiative. Il a demandé et obtenu de la Chambre le vote d'un projet spécial, que le Sénat ne manquera pas de ratifier à la rentrée de mai.

On sait qu'à la suite des mesures prises par le gouvernement du Reich à l'égard des Israélites, le professeur Einstein, qui est l'honneur de la science universelle, a renoncé à retourner en Allemagne et s'est pour ainsi dir lui-même condamné au plus douloureux, mais aussi au plus glorieux exil.

Dans le monde entier, les savants se sont émus de cette situation, et plus particulièrement les savants français. M. Paul Painlevé, notamment, qui professe pour Einstein la plus grande admiration et la plus fidèle amitié, avait, dès le premier moment, suggéré

que 1 illustre proscnz trouvai, eu France une hospitalité digne de son génie, et que la terre légendaire qui s'est toujours montrée accueillante aux victimes des persécutions quelles qu'elles soient offrît à Einstein une chaire où il pût poursuivre son enseignement et disposer d'une tribune retentissante pour continuer le magistral exposé de conceptions qui ont révolutionné la mathématique, la physique et l'astronomie.

L'idée généreuse et si française de M. Painlevé, émule lui-même d'Einstein, M. de Monzie, ministre de l'Education nationale, l'avait eue luiméme. Elle avait, au surplus, trouvé un écho favorable non seulement auprès du brillant grand-maître de l'Université, mais encore auprès de nombreux hommes politiques; M. Edouard Herriot, récemment, au comité exécutif du parti radical, ne déclarait-il pas que la France s'honorerait en honoi rant Einstein ?

En plein accord avec les professeurs du Collège de France, M. de Monzie avait déposé à la Chambre un projet de loi portant création, dans l'établissement qu'ont illustré tant de professeurs émérites et d'esprits indépendants, d'une chaire de physique-mathématique qui sera affectée un grand savant étranger ».

Ajoutons que M. Joseph Bédier, directeur du Collège de France, qui a '̃ accepté avec empressement cette mission et cet honneur avait été désigné pour soutenir le projet en 1 question devant le Parlement en qualité de commissaire du gouvernement. Il n'a pas eu à intervenir, la Chambre ̃ s'étant prononcée sans débat. (La suite à la troisième page.)

LES HOMMES DU JOUR S. M. Gustave V roi de Suède et du tennis Roi de Suède, par la grâce de Dieu, i S. M. Gustave V est, par son allonge, un des rois du tennis. Il préfère les joies du court aux fastes de la cour. Il ceint assez rarement la couronne, mais il tombe souvent la veste pour manier la raquette. Hier encore, on l'a vu au Pré-Catelan se mesurer avec quelques-uns de nos champions dont la défaite ne fut point le résultat voulu d'une complaisance protocolaire. Ses « lobs et ses « drives ont une vigueur et une vivacité qui feraient douter de son âge soixante-quinze ans dans quelques semaines et il réussit des revers » que Cochet ne renierait pas. Tacticien doqé d'une infaillible sûreté de coup d'ceil, il ne se risque -point, comme faisait lundi encore son coéquipier Borotra, à reprendre, pour ne pas les placer, des balles qui eussent été perdues pour les partenaires.

Il est bien arrivé certain jour que sa plus brillante partenaire fût contrainte de lui donner respectueusement un conseil pour mieux placer les balles de son service.

Plus à gauche, aire, plus à gauche, lui cria-t-elle.

Vous parlez. lui répondit le roi, comme mon premier ministre.

Il s'est mesuré aux plus jeunes, aux plus rapides, aux plus forts; et c mister G. » il se cache mal sous cette appellation les a souvent battus, qu'ils fussent Brugnon, Maurice Goddet ou Suzanne Lenglen, Hélène Wills, Landry ou Tilden. Il a d'ailleurs la taille et la vigueur de l'ex-champion américain. Et il en a aussi la jeunesse, s'il est vrai que, même roi, on a l'âge de ses artères. Depuis les temps déjà lointains où il se battait à coups de boules de neige dans la cour du lycée de Stockholm avec Branting (dont il devait faire, bien avant l'avènement du premier cabinet travailliste anglais, le premier ministre socialiste gouvernant pour une monarchie). Gus-

Avenue de l'Observatoire, la nuit, une femme est blessée par une amie de quatre coups de feu. LA MEURTRIERE EST ARRETEE LA VICTIME

EST DANS UN ETAT TRES GRAVE Un drame, dont les mobiles ne sont pas encore nettement établis, s'est déroulé, l'autre nuit, dans la paisible avenue de l'Observatoire.

Minuit allait sonner lorsque quatre détonations crépitèrent, qui attirèrent des voisins et des passants. Ils s'empressèrent auprès d'une femme qui gisait inanimée sur le trottoir, cependant qu'une autre femme, profitant du désarroi, prenait le large et se perdait dans la nuit.

Alertés, des agents transportèrent la blessée à l'hôpital Cochin, où elle fut immédiatement admise.

Un rapide examen permit à l'interne de reconnaître que la blessée avait été atteinte par les quatre projectiles deux dans la tête, un dans le ventre et un dans les reins.

Bien que son état fût jugé très grave et qu'elle fût très faible, la blessée put cependant fournir son état civil à M. Peltier, commissaire de Saint-Germain-des-Prés, accouru à son chevet Juliette Beaujard, âgée de quarante et un ans, domiciliée rue Gay-Lussac. Elle indiqua au surplus que la cause du drame lui échappait. Elle put préciser toutefois que sa meurtrière était une amie, Debora Alterexo, qu'elle prétendit ne connaître que depuis peu de temps, et dont elle ignorait l'adresse. C'était là une fable que devait rapidement démentir une enquête faite par l'inspecteur Picard, de la police judiciaire, au domicile de la blessée. Non seulement Debora Alteresco y était très connue car elle avait pendant plusieurs années fréquenté chez son amie, Mlle Juliette Beaujard, mais on y connaissait également son adresse, 13, rue du Docteur-Goujon.

S'y rendant en hâte, le policier apprit que la meurtrière était rentrée chez elle. Il la ramena au commissariat Saint-Germain-des-Prés.

Interrogée par M. Peltier, Debora Alteresco déclara que née à Galatz, en Roumanie, elle y avait épousé M. Pa-

séparée.

Bien que fort liée pendant cinq ans avec Juliette Beaujard, elle avait espacé ses visites depuis dix-huit mois environ, à la suite de différends avec son amie. A l'en croire, Juliette Beaujard aurait colporté de faux bruits sur son compte, disant à qui voulait l'entendre qu'elle avait fait quelques mois de prison.

Une première explication, datant de quelques semaines, n'ayant servi de rien, Debora Alteresco rejoignit, mardi soir, Juliette Beaujard dans un restaurant de la rue Gay-Lussac, où elle savait qu'elle se rendait fréquemment pour y dîner avec un ami.

Après le départ de celui-ci, les deux jeunes femmes se promenèrent longuement par les rues avant d'atteindre l'avenue de l'Observatoire, où, sur une réflexion de Juliette Beaujard, qui l'exaspéra, Debora AKeresco sortit son revolver et fit feu.

Quel crédit attacher aux déclarations des deux protagonistes du drame ? C'est ce que l'enquête de M. Peltier s'évertuera à préciser.

tave V n'a guère renoncé à l'usage quotidien du bain froid.

Dans son cabinet de travail de Stockholm, d'où la vue domine la rue et. tout au fond, le fjord magnifiquement bleu, il travaille chaque matin. quand il n'est pas en voyage aux affaires de 1 Etat puis il jette parfois sur le papier des vers charmants où la grâce s'allie à la vigueur. L'après-midi, quand il ne va pas tout simplement à la pêche au brochet, il sort à cheval ou à pied, avec un ou deux officiers qu'il ramène fourbus.

Latin comme on ne l'est pas communément en Scandinavie, Gustave V est. comme on sait, de souche française. Son bisaïeul, fondateur de la dynastie, était le général Bernadotte. compagnon de Napoléon qui. après Austerlitz, lui avait confié l'administration de la Fionie, du Jutland et des Des Hanséatiques, dont les habitants le plébiscitèrent. A Pau. où était né l'ancêtre et où revenait souvent son propre père. Oscar Il. Gustave V a, dans le parc Beaumont. c son magnolia » comme il y a ailleurs \e saule de Musset ou le chêne de Gallieni ou de Briand. A un journaliste phocéen qui, voici vingt-cinq ans déjà, avait accompagné le président Fallières en Suède, le roi Gustave V pouvait dire

Nous sommes compatriotes, cher monsieur. Mon arrière-grand'mère Désirée Clary était de Marseille.

Raymond DE Nvs.

AU PROCÈS DE MOSCOU L'ACTE D'ACCUSATION A Mm HIER

Il porte sur des faits de sabotage et d'espionnage industriels

M. Macdonald

Moscou, 12 avril (via Northern.)

DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER

Le procès des ingénieurs de la MetroVickers s'est ouvert à midi, dans la salle bleue, dite d'octobre, de la maison centrale des syndicats. Cette salle, qui peut contenir 500 personnes, était littérale- ment bondée. Le corps diplomatique était abondamment représenté. On remarquait la présence du chargé d'affaires britannique, M. Strang, qui a pris la direction de l'ambassade depuis le départ de sir Esmond Ovey celle du commissaire du peuple à la justice, M. Krylenko, et du commissaire adjoint des affaires étrangères, M. Krestinski, ainsi que de nombreux fonctionnaires soviétiques. Les bancs de la presse étrangère sont combles.

Le président Oulrich a quitté aujour- d'hui l'uniforme qu'il porte généralement comme président du collège militaire de la cour suprême pour revêtir le costume civil. A ses côtés, devant un tapis rouge, prennent place le professeur Martens, directeur de l'institut Diesel, et M. Dmitriev, autre expert industriel. Sur les bancs des accusés prennent place les six ingénieurs anglais Monkhouse, Nordwall, Gregory, Macdonald, Thornton et Cushny. et douze Russes, parmi lesquels Mme Koutouzova, secrétaire personnelle de Monkhouse.

Les accusés répondent aux questions posées par M. Oulrich en russe, saut Gregory, qui a besoin d'un interprète. L'acte d'accusation

La première audience du procès a été consacrée à la lecture de l'acte d'accusation long de 70 pages. Ce document précise les faits reprochés aux six inculpés anglais et aux douze inculpés russes. L'accusation attribue aux ingénieurs anglais un rôle actif les Rusees semblent n'être que le% r truments dociles ou bénévoles, obéis- sant aux instructions données, soit i contre rétribution. soit simplement par ] hostilité envers le régime soviétique. Les deux principaux chefs d'accusa»'tioa portent d'une part sur la recher- che de renseignements économiques touchant les questions de. mobilisation industrielle et de défense nationale d'autre part sur des actes de sabotage dans les usines hydro-électriques appartenant à l'Etat.

Georges LüCIANI.

(La suite d la troisième page.)

POUR ET CONTRE

c Chose importante dans chaque maison devrait être constituée une < chambreabri très calfeutrée, à l'aide de papier imbibé d'huile de lin collé sur tous les interstices. Les feux devraient être éteints et les compteurs fermés. Des matelas formant isolant seront placés devant toutes ouvertures. Cette dernière disposition est recommandée pour les enfants en bas âge, pour lesquels le port du masque est à peu près irréalisable. »

Tels sont les réjouissants exercices auxquels se trouvent conviés les habitants de la banlieue parisienne par une assistante du devoir national ». Il est. par ces beaux jours de printemps, des plaisirs plus doux.

Je ne mets pas en question, bien entendu, l'absolue bonne foi de « l'assistante du devoir national », qui donne à ses conseils sévères la publicité des journaux. Cette femme zélée et dévouée veut que la population se trouve prémunie contre toute attaque de gaz en cas de <t guerre aérochimique Le but qu'elle poursuit est louable. Toutefois, son initiative est quelque peu intempestive. Je ne pense pas que, dans la région de Saint-Maur, où le communiqué de l'assistante du devoir national a a béné- ficié d'une diffusion assez large, les familles aient laissé toutes occupations quotidiennes pour aménager fébrilement, avec du papier et de l'huile de lin, des abris sûrs et matelassés. Les familles petitement logées et qui sont, hélas 1 les plus nombreuses éprouveraient, du reste, quelque embarras pour se livrer ai home à des manœuvres Parents et enfants, s'ils ne disposent que d'une seule chambre, devraient-ils, pour répondre aux exhortations patriotiques de < l'assistante du devoir national transformer cette pauvre chambre en marmite norvégienne ?. Ils risqueraient, en atten.dant la guerre aérochimique, de mourir asphyxiés en pleine paix en pleine paix éternelle.

Mais. tout de même. la lecture du petit article de c l'assistante du devoir national n'est pas faite pour dissiper cette c psychose de la guerre dont parlait l'autre jour M. Daladier. Tout de même, des femmes, des mères sont effrayées. Ne faut-il pas, pensent-elles. que la situation soit critique pour que de telles recommandations soient adressées à la population ?. Et tels ou tels racontars qu'elles ont entendus leur reviennent à la mémoire. Et, Involontairement, inconsciemment, elles prêtent l'oreille aux potins i qui courent, aux mauvais bruits, aux folles histoires qui traînent par les rues. Et elles deviennent inquiètes. Et elles deviennent nerveuses.

Ce n'est. certes. pas là le résultat que c l'assistante du devoir national > espérait i obtenir. Mais cette aimable zélatrice devrait bien laisser aux pouvoirs publics i le soin d'organiser la défense des populations civiles contre les risques de guerre • aérochimique. Quant au devoir national, le premier des devoirs nationaux à cette heure, c'est de ne pas alarmer inutilement, faussement l'opinion. Maurice Prax,