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"LE PETIT PARISIEN" EN AUTRICHE

Une interview

du chancelier Dollfuss* sur la politique

autrichienne

Maintien de la paix, intensification des rapporta économiques avec l'étranger, répudiation de la lutte des classes, rajustement de la Constitution tel est le programme dont le gouvernement attend la prospérité du pays Vienne, 8 avril.

DE NOTRE ENVOYÉ SPECIAL

Sa physionomie est populaire et sa légende sympathique. Parce qu'il a la taille de Bonaparte, sans avoir le ventre de Napoléon, les chansonniers, irrévérencieux ici comme à Montmartre, dissimulent plaisamment, sous la critique physique, l'hommage moral rendu à son énergie autoritaire et à sa souplesse diplomatique en le surnommant « petit coq » et « Milly Metternich xi.

J'étais dans son bureau avant qu'il y entrât. L'aimable diplomate qui avait bien voulu me servir d'interprète poussa le battant d'une porte. J'aperçus le salon voisin le propre décor du Congrès s'amuse, quand les fauteuils, vides de leurs royaux plénipotentiaires se balancent et virent, magnétisés par la valse viennoise.

Dans ce cadre illustre apparut le jeune chef alerte et souriant.

Engelbert Dollfuss est un fils de paysan, blond montagnard du chalet verni dans la forêt grise; il a respiré la' résine et bu le lait mousseux.

C'est l'uniforme des montagnards qu'il endossa pendant la guerre, où il gagna ses belles citations dans un eorps d'élite correspondant à nos alpins les chasseurs tyroliens. En vain s'éloigna-t-il des champs at des bois pour la faculté de droit et abandonna-t-il la culotte courte pour la robe noire. Son destin rural le conduisit à la chambre d'.agriculture de Basse-Autriche. Il en fut le directeur habile et compétent. •

Ainsi M. Bureséhe lorsqu'il forma »«m cabinet; fit appel au technicien extra-parlementaire et lui confia le portefeuille de l'Agriculture,

Peut-être parce qu'il n'a jamais fait de campagne électorale, ce ministre administratif, aimé par les terriens, âpparut-il le seul homme capable de résoudre les deux crises provoquées par une Chambre byzantine. Son accès au pouvoir signifiait qu'on désirait écarter la politique de la chancellerie. Aussi fit-il appel à.tous les partis pour assurer sa majorité. A tous les partis. même aux pangermanistes, qui étaient alors des hitlériens sans le nom mais il fit exception pour les socialistes, car le diable Karl Marx ne pouvait décemment être plongé dans le bénitier chrétien-social. C'est ici que le jeune chef eut à résoudre la première difficulté et ne trouva devant la plus grosse anomalie de son gouvernement. Les pangermanistes, qui ne pouvaient être effrayés par le signe catholique du nouveau ministère, refusèrent néanmoins de se ranger à l'ombre de la croix, pour la bonne raiscn qu'elle n'était pas :gammée.

On fit des calculs et des poin'.pges dont les résultats n'auraient pai signifié grand'chose dans les couloirs du Palais-Bourbon, mais qui avaient leur valeur mathématique dans l'antichambre du Nationalrat. Et cela donna une voix de majorité.

-En démocratie, déclara M. Doufuss, de quelques chiffres qu'il s'agisse, la majorité est la majorité

Et l'on se mit bravement au travail.

L'anomalie fut que, parfois, contre l'opposition intransigeante des droites pangermanistes, la gauche socialiste dut jouer discrètement le rôle de terre-neuve. Lorsque, par une défaillance morale ou physique d'un député, la fameuse voix venait à manquer, deux ou trois marxistes, en se faisant porter malades, rétablissaient l'équilibre.

M. Dollfuss n'était pas en mesure de refuser de tels secours. Politicien malgré lui, il demeurait administrateur et se trouvait, hors du Parlement, devant le pays, en face d'une crise sociale et économique d'instant en instant plus menaçante.

J'ai déjà exposé l'artifice juridique qui lui permit, le Parlement s'étant imprudemment mis en léthargie, d'instaurer la dictature sans coup d'Etat. Ce respect des formes est une marque de ce curieux caractère qui joint la modération à l'énergie et le libéralisme à l'autorité.

Tel était l'homme devant moi qui m'offrit en souriant une de ces excellentes cigarettes à bout rouge marxiste, le superluxe de la régie. Je repoussai tout de suite la diversion touristique à laquelle il me conviait en me demandant mes impressions sur les paysages de son pays.

-r- Comment avez-vous trouvé l'Autriche ?

Le chancelier Dollfuss

Je l'ai trouvée monstrueuse. Etant arrivé par I'Arlberg, j'ai parcouru toute une journée sa longue queue étroite pour m'arrêter à l'autre bout dans sa large têté elle a la forme d'un têtard Ce n'est pas nous qui l'avons faite ainsi

Précisément, puisqu'elle n'est pas votre œuvre, je peux vous demander si vous la jugez viable telle qu'elle est si elle ne doit pas fatalement subir l'une ou l'autre des deux attractions vers l'amont ou l'aval du Danube ? J'ai observé ici deux grands courants populaires, l'un pour l'Anschluss, l'autre pour le « remembrement ». Mon hôte éminent m'arrêta. C'est exact. Je ne nie pas ces deux tendances. Mais elles intéressent l'avenir. Je suis ici pour m'occuper des affaires présentes, urgentes.

Louis ROUBAUD

(La suite la troisième page.) MISS FRANCE 1933

L'élue d'hier, Mlle Bertin-Leqnlen, entre sa mère et M. Paul Cnabas

Four, la .-seconde fois, les femmes -Jockeys rat couru Mer â

LES PROCHAINS ENTRETIENS DE WASHINGTON itiiiiiiiiiiiiiiiiniiii iiiiiiiiiiniiiiMiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiuiiiiitiiiiiiitHiiiiiiiitimiMiiiiiiiiitiiiiiiiiiiiiiiiiiiuHiiit L'acceptation de M. Herriot parait maintenant certaine L'ancien président du Conseil, qui représentera la France à la Maison-Blanche, partirait en même temps. que M. Macdonald. Il y aurait ainsi, en dehors des entretiens à deux avec M. Roosevelt, des conversations « triangulaires » de la plus haute importance

L'invitation officielle par laquelle les Etats-Unis demandent au gouvernement français de se faire représenter aux conversations extrêmement importantes qui vont avoir lieu à Washington est parvenue à Paris,

Cette invitation étant acceptée d'avance, MM. Daladier et Paul-Boncour se sont aussitôt préoccupés d'organiser la participation française aux entretiens américains.

Le chef du gouvernement ne pouvant se rendre lui-même en Amérique, M. Edouard Herriot avait, comme on sait. dès avant-hier été pressenti par M. Daladier. Bien que l'ancien président du Conseil n'ait pas encore donné une réponse ferme et que son acceptation paraisse liée à certaines intentions au sujet du problème des dettes, on ne doute pas, dans les milieux bien informés, que M. Herriot cédera aux instances dont il est l'objet et ne refusera pas de se charger d'une tâche, certes délicate et pleine d'imprévu, mais peut-être capitale pour l'évolution de la politique mondiale et l'avenir de notre pays. Le président de la commission des affaires extérieures de la Chambre est certain, au surplus, de trouver auprès de M. Roosevelt et du peuple américain tout entier un accueil particulièrement amical et favorable. Afin d'être fixé sur ses intentions M. Paul-Boncour a eu hier un entretien prolongé par téléphone avec M. Herriot, qui est en ce moment à Lyon, et une impression affirmative s'est dégagée, croyons-nous savoir, de cet échange de vues. Le ministre des Affaires étrangères est d'autant mieux placé pour le convaincre d'accepter qu'en janvier dernier, étant président du Conseil, M. Paul-Boncour avait, d'accord avec M. Herriot, formé le projet de le déléguer aux Etats-Unis en mission officieuse auprès de M. Roosevelt qui, à cette époque, n'était pas encore installé à la Maison Blanche. Les négociations franco-américaines qui vont s'engager à Washington sont, en effet, il ne faut pas l'oublier, l'aboutissement des pourparlers restés secrets, mais fort actifs et efficaces qui ont maintenu, après le 15 décembre, les contacts nécessaires entre la France et les Etats-Unis. Interrogé sur la date éventuelle de son départ pour Washington, M. Herriot a déclaré qu'il coïnciderait avec celui de M. Macdonald. Les deux hommes d'Etat, représentant la France et l'Angleterre, partiront-ils sur le même paquebot, ou bien se suivront-ils de près ? Cela n'est pas encore décidé pour l'instant car, sur ce point, les susceptibiltés américaines, sont à ménager, mais ce qui semble certain c'est qu'en dehors des entretiens à deux Roosevelt-Macdonald et Roose-

velt-Herriot, il y aura à la Maison Blanche des entretiens triangulaires » groupant les représentants des trois grands pays démocratiques et parlementaires du monde, qui se trouvent en ce moment rapprochés par de communs soucis.

Ces conversations, si l'on en croit les dépêches d'Amérique, dépasseraient d'ailleurs le cadre de la conférence économique projetée et toucheraient aux problèmes de grande politique qui, à l'heure actuelle, préoccupent tous les gouvernements désarmement, régime commercial, dettes. M. Roosevelt désire manifestement réaliser quelque chose de large et de puissant. Pour une pareille entreprise le concours français, auquel la Maison Blanche parait attacfcfr un prix fort particulier, ne saurait faire défaut aux vues élevées du président des Etats-Unis.

Lucien BOURGUÈS

LE MEMORANDUM FRANÇAIS SUR LE PROJET DE PACTE A QUATRE

M. Paul-Boncour a rendu visite, hier après-midi, à M. Daladier, président du Conseil, auquel il a soumis le texte définitif du mémorandum français en réponse aux propositions italo-britanniques de pacte à quatre.

Le ministre des Affaires étrangères a également conféré avec M. Henry de Jouvenel, ambassadeur Rome, qui est parti dans la soirée pour rejoindre son poste.

Le texte proprement dit du document français, dont les termes avaient déjà été arrêtés au dernier conseil des ministres, sera accompagné d'une lettre d'envoi dont la rédaction délicate vient d'être achevée et qui sera adoptée au prochain conseil, fixé à demain. Le mémorandum sera transmis aux gouvernements de Londres et de Rome aussitôt après.

M. DE JOUVENEL

EST REPARTI POUR ROME M. de Jouvenel, ambassadeur de France à Rome, accompagné de Mme de Jouvenel, se rendant à Rome, a quitté Paris hier soir, à la gare de Lyon par le rapide de 20 h. 40. L'ambassadeur a été salué sur le quai de départ par M. Pignati di Custoza, ambassadeur d'Italie par M. Bollaert. directeur général des beaux-arts, et par de nombreuses personnalités.

Lire en troisième page A Washington on souhaite vivement la venue de M. Herriot. Les déclarations de M. Hull.

Un drame à Levallois-Perret UN AMOUREUX ÉVINCÉ TUE UNE INFIRMIÈRE DE VINGT ANS SON AÎNÉE Le meurtrier, qui s'est suicidé, était le fils de cultivateurs de Vaucluse, revenu de son pays à Levallois pour tuer celle qui avait repoussé ses avances L'exaspération sentimentale d'un soupirant de vingt-quatre ans, éconduit par une femme de vingt ans son aînée, a provoqué hier matin, à LevalloisPerret, un drame qui brise un foyer et plonge une famille très unie dans la plus profonde désolation.

Depuis 1915, les époux Morel, le mari. Emile, quarante-huit ans, chef-monteur à la Société des Téléphones, et sa femme, une demoiselle Jeanne Lafarge, née le 10 juillet 1&89, à Broc (Puy-deDôme), occupaient un petit appartement de trois pièces, au quatrième étage, 6, place du Marché. Mme Morel, infirmière diplômée, exerce le matin à son domicile, et l'après-midi à la Société des Téléphones, 96, rue Anatole-France, et où ses parents sont concierges. Deux cadavres

Vers 10 h. 15, Mme Charlotte Salmon, qui habite au troisième étage, percevait le bruit de la chute d'un meuble. Presque aussitôt, plusieurs coups de feu retentissaient, suivis des cris « Au secours Certaine qu'un drame venait de ne dérouler à l'étage supérieur, Mme Salmon descendit avertir la concierge, Mme Antoinette Tintagnac.

Les deux femmes remontèrent au quatrième étage et n'eurent qu'à pousser la porte de l'appartement des époux Morel, qui était entre-bâillée, pour apercevoir, allongé dans l'entrée, le cadavre de l'infirmière. A gauche, dans le couloir, la cuisine était vide vide aussi. à droite, la chambre à coucher. Au fond, dans la salle à manger, les meubles déplacés, la table poussée contre le mur, une chaise renversée témoignaient que là une lutte des plus vives venait de se dérouler. Près de la cheminée, an fond et à droite de la pièce, allongé sur le ventre, la tête tournée vers la fenêtre donnant sur la rue, un

Chastel

homme gisait, baignant dans une mare de eang

Mon Dieu s'écria Mme Salmon, M. Morel a tué sa femme et s'est suicidé.

Mais ce n'est pas M. Morel. répondit presque aussitôt la concierge, qui s'était penchée sur le cadavre. Affolees, les deux femmes firent prévenir les parents de la victime. Peu après intervenait M. Bonnin, commissaire, accompagné d'un médecin et de son secrétaire, M. Pichaud. On trouva dans les vêtements du mort des papiers au nom de Félix Chastel, culti- vateur, né le 3 octobre 1909 à Caromb (Vaucluse). Le jeune homme avait à la tempe droite une blessure produite par une balle de revolver. L'arme, un pistolet automatique belge, se trouvait à proximité de sa main gauche. Le chargeur était vide une cartouche était engagée dans le canon.

Dans la salle à manger, les policiers ramassèrent trois balles et quatre douilles percutées. Sur le cadavre de Mme Morel, le docteur releva les tra- ces de sept projectiles: quatre devant, dans la région du coeur, et trois dans le dos, entre les omoplates. Aucune hémorragie ne s'était produite. Revoivérisée à bout portant, Mme Morel fut-elle blessée à mort alors qu'elle courait vers la porte en appelant au secours ou bien fut-elle traversée de part en part par les projectiles, l'un d'eux ayant occasionné à la poitrine une blessure en séton? Ce sont les deux hypothèses émises par M. Bonnin, mais qui ne seront pas vérifiées, car l'action de la justice étant éteinte, I 1e corps ne sera pas envoyé à l'institut médico-légal.

Les circonstances dans lesquelles le drame paraissait s'être déroulé auto- risaient toutes les hypothèses. Pourtant, personne, dans la maison, ni le' concierge, ni les voisins, n'avait jamais vu le jeune homme ni même entendu parler de lui. La conduite de Mme Morel était au-dessus de tout soupçon et nul ne voulait croire qu'elle pouvait avoir un amant.

M. Morel était connu comme un homme très bon, parfois emporté, mais en tout cas intransigeant sur les questions d'honneur.

L'homnte de la noce

L'arrivée des parents de la malheu reuse victime devait permettre de percer le mystère qui, jusqu'ici, entourait le drame. Dès qu'il fut mis au courant, M. Lafarge s'écria tristement Ah c'est ce s. C'est l'homme de la noce! On sut alors que, l'an dernier,. cluse pour assister au mariage d'une de ses parentes. Le hasard voulut qu'elle eût pour cavalier Félix Chastel, fils de gros cultivateurs de la région, riche et quelque peu désœuvré. Campagnard, il fut séduit par la Parisienne que représentait, dans sa quarantaine épanouie Mme Morel, et il s'en éprit éperdument. Il lui fit sur-le-champ une cour assidue et après son départ lui écrivit très fréquemment. Il lui demandait de quitter son mari et de venir le rejoindre.

Obsédée. Mme Morel, qui n'avait jamais répondu aux avances du jeune homme, mit ses parents au courant. Mais, connaissant le caractère emporté de son mari, elle avait pensé qu'il valait mieux ne pas lui parler de cet incident, auquel elle n'accordait ellemême aucune importance.

M. Morel, qui avait quitté le domicile conjugal à 7 heures du matin, n'a connu que très tard dans l'après-midi le malheur qui le frappait.

Le corps de Chastel a été envoyé a l'institut médico-légal.

A la quatrième page EE CONTE *o UNE AFFAIRE D'HUILES. 1

L'usine où l'on éla6ore les "Six Jours"

En haut le public se précipite à l'ouverture des.portes pour prendre les meilleures plaees. En bas l'attente rue Kélaton

Les grands reportages du « Petit Parisien '̃ VERS LES TERRES i HOSTILES D'ETHIOPIE

par Henri de MONFREID

Le bruit lointain de l'auto du cagnaz match met fin à ma dissertation. Il me salue de la main d'aussi loin qu'il me voit.

Le gros Arménien Kherbeguian, autrement dit « Mina n, est assis à côté de lui, et, sur le strapontin arrière, à côcé d'un boy, un jeune homme très brun, probablement hâlé par le soleil. L'attitude effacée et le peu d'importance que ce jeun* -homme semble se donner attirent aussitôt mon attention. Il porte sur sabte- patine commune à tous les' Levantins incrustés dans ce pays. Elle est fait d'impondérables éléments de teinte neutre, d'empreintes morales où s'exprime très nettement l'abdication de toute dignité, ou, plus exactement, l'absence de toute prétention à la moindre supériorité sur l'indigène, dont ils vivent. I Autant l'Européen fait d'efforts! pour conserver un ascendant moral, autant ceux-ci affectent de s'abais- ser et de s'avilir.

Quand deux races sont en présence, celle qui possède en son génie des éléments supérieurs absents j chez l'autre prend aussitôt le pas sur elle, en raison du prestige que lui confère l'énigme de ces éléments inconnus. Toute comparaison ten- dant à 'nontrer l'égalité de ces deux races, en révélant l'existence des mêmes faiblesses et des mêmes vices, brisera l'idole, et seul un mépris haineux subsistera au souveI nir de ce respect imposé par sur- 1 prise,. L'homme n'oublie jamais quand il a été dupe et il est impitoyable pour.les idoles brisées. Les hommes auxquels* je fais allusion et que je désigne sous le nom de Levantins peuvent être de tous les pays, mais ceux du proche Orient, par suite de croisements des races et par l'empreinte du joug oriental sont les plus nombreux. L'Abyssinie en est peuplée et ce sont eux qui ont détruit à jamais le prestige de notre race. Ce sont des parasites parfaitement adaptés on ne les voit pas ils ne gênent pas on peut les écraser de temps à autre quand ils envahissent par trop, mais toujours ils sont là ils font partie de la vie du pays.

(La suite Il la quatrième page)

Le nouveau

directeur

des eaux et forêts M. Chappelain, inspecteur général dès eaux et forêts, à Paris, commandeur de la Légion d'honneur, qui, ainsi que le Petit Parisien l'a annoncé, vient d'être nommé directeur général des eaux et forêts. en rpm-

placement de M. Charrier, qui prend sa retraite.

Mort de M. Benito Villanueva ex-président du Brésil

Buenos-Ayres, 8 avril (dép. Havas.) L'ancien président de la République, M. Benito Villanueva, est décède. Cet après-midi au Parc des Princes de joue la deuxième

demi finale de

LA COUPE DE FRANCE DE FOOTBALL

entre l'Excelsior de Roubaix et le F. C. de Sète »Le coup d'envoi êera donné à 1S h. § ElIlUniItlIlIttlttlIlllllllIftltlIllHIIIt Illl llfllllllllllllllHIlÊ

il n'est personne, sans doute, qui ne se soit demandé, en présence d'une auto de luxe, d'une robe en étoffe précieuse, d'un entremets savoureux, comment sont faits l'usine, l'atelier, la cuisine où l'on a fabriqué cette auto, confectionné cette robe, créé cet entremets. Dz même, ayant goûté le spectacle des Six Jours, m'étant émerveillé de l'enthousiasme d une assistance en délire, j'ai voulu connaître l'usine où l'on élabore ce spectacle, le laboratoire où l'on chauffe cet enthousiasme. J'ai cherché à pénétrer le mécanisme secret de cette énorme entreprise industrielle qui fabrique et qui vend de la frénésie sportive, comme en fabrique et on vend d^s boites de sardines ou des parapluies. D'une usine quelconque, le Vélodrome d'Hiver, au repos, a la laideur triste et banale. Vu de l'extérieur, c'est un parallélépipè de grisâtre. aux parois aveugles, une figu-q géométrique dénuée de grâce et de fantaisie. A l'intérieur, aucun ornement, nulie décoration, des murs tout juste blanchis, des bois à peine équarris aussi bien. daas-ia nef ou se ckch:nera la tumultueuse joie populaire qui dans les coulisses cù opèrent les ingénigurs et les. Manoeuvres de" Ttraàte :4 à spectacle. On 'a peine' à imaginer, dans ce cadre sans séduction, 'l'hiense et brutale explosion de sensations et de sentiments qui lui conférera une étrange mais réel!e poésie.

Pour que vive cette vaste nef, il faut le groulllement de la foule. Et c'est ainsi que j'ai compris le fonctionnement de l'usine à spectacle. Le moteur qui l'anime est purement humain. II est mû par les jambes nerveuses et volontaires des coureurs, et il agit directement sur les spectateurs dont le délire collectif, hallucinant, contagieux finit par constituer le plos fort du spectacle.

L'ingénieur en chef de l'usine à spectacle est devenu, avec le temps, une sorte de personnalité parisienne. Il connaît son affaire sur le bout du doiqt. On ne le roule pas. Il flaire le resquilleur à vingt pas. Son sens pratique tient du prodige. Et il y a tout de même, dans son regard rigoleur. derrière la petite lueur blagueuse, quelque chose de pur, et qui est sans doute son amour passionné, sinon désintére,sé, poar le sport cycliste.

M. Desmarets, donc, de son cabinet dirige toute l'usine.

Ce cabinet est de dimensions médiocres. Il est meublé d'une table de travail et de deux chaises. l'une pour le patron, l'autre pour son collaborateur le plus immédiat, Charles Joly. Il n'y a pas de chaise pour le visiteur. Oh ce n'est pas un reproche Le visiteur est très bien debout. Et puis le patron a a bien autre chose à faire que de recevoir des visites!

A ceux qui le secondent, il laisse l'organisation superficielle, extérieure. qui est celle de toute maison de commerce bien établie. Il garde la charge et la responsabilité des rouages plus intimes recrutement du matériel humain sans quoi 'es Six Jours n'existeraient pas excitation des réflexes collectifs de la foule.

A quel moment je prépare ma campagne ? dit-iL Mais bien longtemps d'avance Les Six Jours de 1933 n'étaient pas commencés que je songeais déjà à mes engagements pour les Six Jours de 1934. Gouverner, c'est prévoir

Oui. Et puis, au fond, ce n'est pas tellement difficile. Paris est toujours le centre du cyclisme mondial.

Les coureurs sont payés, d'ailleurs ? Oui. Pas très eher. Ah que voulez-vous ?. Ils ont ies primes et puis i;s courent leur chance. celle d'être vainqueur de ia grande épreuve, ce qui représente un bénéfice moral et matériel incontestable. Cette question du recrutement n'est qu-une des muaiples préoccupations. de l'ingénieur en chef de l'usine à spectacle. Avoir en mains le moteur, c'est queique chose. Reste à l'utiliser au mieux. Les primes sont là pour faire la liaison entre ce moteur et la matière vivante qu'ils animent.

De cett? cabine de commandement, mille et une antennes rejoignent !es mille et un services de l'usine à spectacle. Tout ce que le public ne voit pas et qui est pourtant indispensable à la bonne marche de l'industrie est relié, par des fils invisibles, avec le grand patron. Du quartier des coureurs à leur restaurant et à leur dortoir austère et silencieux, des caisses aux contrdles, des bureaux aux couloirs, s'affaire un régiment de soigneurs, de doucheurs, de coiffeurs, de serveurs, de balayeurs, de mécaniciens, d'électriciens. de musiciens, de miliciens, de caissiers, de j buvetiers, de cafetiers, de cuisiniers et de pomçiers. comparses modestes mais utiles au fonctionnement de l'usine à spectacle, et qui se prennent à leur propre jeu. se grisent de la féerie qu'ils ont contribue à à créer, se surprennent, quand vient l'heure des sorints, à hurler avec le public, de- la meilleure foi du monde Vas-y, petif Mets-y-en f. »

Léon GRoc