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"Le Petit Parisien" en Autriche |l»llillHI«ÉIHI(tlllllllH(lllllllllll||H||||||||||(ntlIllllll»lttllllllllllllll|IIHl||||li|||||iHltllllllMIIIIIII|HMIIIMIIIIIIIIIIHIIIIIIMIIIII||l»l|| LES GRANDS COURANTS D'OPINION Dans la diversité des partis politiques, un point commun le mécontentement et le désir de sortir du « statu quo Deux grandes aspirations l'une tendant nettement à l'Anschluss, l'autre à une Fédération danubienne L'INCONNUE DU PROBLEME

Le coup de barre que peut donner le chancelier Dollfuss

ne générale de Vienne

Vienne, 28 mars.

DE NOTEE ENVOYE SPÉCIAL

Dans une belle vitrine de l'Operngasse, où sont rassemblée les échantillons les plus variés de l'ingénieuse bimbt loterie nationale, je viens d'acheter un crayon adapté à mes rendez-vous de la semaine. Il a quatre mines verte, noire, bleue, rouge, correspondant respectivement aux quatre couleurs officielles des partis chrétien social, agrarien, grand allemam et socialiste.

Quant à mes rendez-vous fascistes, je les indiquerai par une croix gammée verte ou noire, selon que mon homme brandira le faisceau autochtone ou le faisceau hitlérien.

Ainsi j'aurai mis de l'ordre. tout au moins dans mon agenda. 1 ni m Mm i lorsqua M. le chancelier bollfuss m'aura fixé une date pour notre entrevue, de quelle mine me servirai-je ? La nuire pour son parti ? Les verte et bleue pour son ministère et sa majorité ? La rouge pour la ligne principale de sa politique extérieure confondue avec la ligne actuelle de la sociale démocratie le neutralisme autrichien ?. Je vais tourner et retourner longtemps au bout de mes doigts mon crayon quadricolore de l'Operngasse

Je ne veux pas dire que M. Dollfuss soit un caméléon Bien au contraire. On le sait guidé car un grand souci de paix. Et, sans abandonner mon image, jc voudrais conclure que Na dictaturt est un arcen-ciel.

Je voudrais. je ne suis qu'au début du voyage, je n'ai pas encore tout vu ni tout entendu. Et ie ne suis pas certain, d'ailleurs, qu'au terme de l'enquête je. pourrai coiffer ma dernière dépêche de ce titre prétentieux « Conclusions..» En attendant, j'estime opportun le retard que le labeur accablant de l'éminent .homme d'Etat impose à raudienef sollicitée. Je désirerais mettre à profit ce délai pour étudier la géographie morale et sentimentale de la nouvelle Autriche, non plus à la loupe, sans plus tenir compte des colorations artificielles de la cartographie politique, mais en m'attachant aux reliefs. aux courant? aux climats.

Alors peut-être pourrais je mieux compreudre la vraie structure de la contrée, déterminer l'orientation des vents, mesurer la température. Je pourrais ainsi mieux établir la position du chef qui con duit aujourd'hui ce pays, connaître les forces profondes qui peuvent le soutenir ou s'opposer à sot action, entrevoir, parmi les fluctuation? apparentes du jeu gouvernemental une volonté stable et continue. Les reliefs sentimentaux que l'observa- tion directe doit révéler ne corcordent nas exa^tci^nt avec Ips Hp1! mitations assez arbitraireq des partis. J'ai déjà noté dans ma dernière dépêche une grande chaîn» de mécontentements avec des arêtes de misère, des sommets rTorspieil et des pics de révolte. J'ai dit qu° la petite Autriche hydrocéphale n'a pu s'adapter en quinze ans au train de vie que lui imposaient ses dimensions nouvelles.

Vienne était le centre d'un vaste système économique elle recevait et distribuait les matières premières et les objets fabriqués; elle harmonisait la production et la consommation agricole et industrielle sur un territoire de 676.000 kilomètres carrés, parmi 51 millions d'âmes. Cette capitale, dont les deux mil1 i o n s d'habitants représentent maintenant à eux seuls le tiers de la population au pays. n'est >lus. du iour au lendemain. qu'une ville historique. Et, dans le même temps, l'Autriche elle-mêmr se trouve transformée en région touristique, réduite à exploiter, pour tout patrimoine, l'aride beauté de ses paysages montagnards.

Ce bouleversement brutal a eu

pour conséquences matérielles la fermeture des usines, le ralentissement des marchés, la pénurie alimentaire entraînant le chômage et les privations. Je ne pense pas que la gêne ou la pauvreté aient fait une distinction entre les partis. L n'y a pas un Autrichien qui ne croie avoir été atteint par les suites des opérations radicales de Versailles et de Saint-Germain. Louis ROUBAUD

(La suite à la quatrième page)

POUR ET CONTRE Je n'ai pas l'intention d'intervenir indiscrètement dans le procès de l'Aéropostale. Il me sera permis tout de même de dire que c'est un procès qui manque. de femmes. C'-îbt es- ntiellement un procès masculin. C'est un procès âprement. durement. cruellement masculin. C'est pourquoi, sans doute. il a est pas très beau»Un témoin féminin a pourtant fait» à l'audience d'&Vant-Hier. une' fùrtivè mais charmante apparition. Il n'en a pas fallu davantage pour éclaircir un peu cette morne journée judiciaire. L'élégance sobre mais sûre de Mlle Mannequin a été plus remarquée quc son court témoignage. Grande, blond». ondulée, portant avec un chic de bon ton une toilette noire qui lui allait à ravir, Mlle Mannequin 'a produit une impression tout à, fait heureuse. Je suis sûr que, parmi les quelques specta- trices privilégiées qui suivent'– sans les suivre. les débats de cette affaire ̃«éro- parisienne, plusieurs auront noté avec beaucoup d'attention < l'ensemble gracieusement porté par le témoin. Nous retrouverons cet ersemble à à Auteuil. ou à Long champ, bientôt Le Palais est, aujourd'hui, un des endroits les plus élégants de Parts, et les five o'clock des assises -sans oublier les c défilés de l'instruction n ont pas moins d'éclat que les thés dansants les plus huppés de nos Champs-Elysées. Nos couturiers qui gémissent sur l'impécunfosité des temps, ont-ils pris soin, au moins, d'observer cette tendance nouvelle de la vie parisienne ?.

Il: y a. au Palais, des « chambrées qui valent les plus fashionables répétitions générales. Des affaires, quotidiennement. se jugent au Palais qui passionnent un public de plus en plus choisi et de plus en plus recherché. La qualité des auteurs fait celle des spectateurs. Nous avons aujourd'hui des meurtriers et des meurtrières infiniment distingués. Nous avons aujourd'hui des accusés, et des accusées extrêmement lancés. Il est tout naturel que le Palais devienne, petit à petit, le rendez-vous de tout ce que Paris compte de célébrités et d'élégantes. 1: est tout naturel que les modes s plus nouvelles e les plus prestigieuses se lancent aujourd'hui dans les salons d'assises.

Les témoins du s xe auquel nous devons nos prix de beauté ne sauraient négliges leurs < ensembles » quand les meurtrières exhibent elles-mêmes des toilettes signées des plus grands noms de la rue de la Paix. On s'habille beaucoup, aujourd'hui. en prison. Les messieurs eux-mêmes, qui, 8' la ville, montrent quelquefois un certain laisser-aller. deviennent d'une correction rare dès qu il leur arrive d'avoir à répondre en justice de quelque assassinat ou de quelque frauduleuse banqueroute. Les dames-accusées, elles, changent de toilette deux fois par jour à la Petite Roquette et font sensation au Palais avec des robes de tulle, de mousseline ou de crêpe romain. (un crêpe qui n est point de deuil.) simplement étourdissantes.

La prison i le Palais deviennent d'un chic si rare et si coûteux que la petite femme jalouse mais pauvre hésitera bientôt à commettre son petit drame passionnel. Elle songeia, mélancolique

Je tue.ais bien Gustave. mais le n'ai rien à me mettre.

Maurice Pbax.

Une belle journée encore. Des températures extrêmement t douce? et presque chaudee se manifesteront aujourd'hui sur toutes nos régions. par suite de l'affaiblissement progressif de l'anticyclone continental On ne notera plue que des paressions vo.sinee de 765 millimètres Les venuencore faibles ao'iffleront du sud sur 'oiite la France et nous apporteront 'n température très supérieure à la normale et assez élevée les maxima lépasseront sur la moitie Sud: et itteindront ce chiffre sur toute la moi tié Nord à part peut-être quelques régions voisines du littoral.

Quant au bea< temps Il persistera encore aujourd'hui mais l'affaiblissement progressif de l'anticyclone continental va peut-être permettre aux dépressions du large de se rapproche? de la France, et elles menaceraient ainsi cette belle période.

Catastrophe aérienne en Belgique Un avion anglais s'abat en flammes près de Dixmude LES QUINZE PERSONNES QUI ETAIENT A BORD SONT TUEES

Bruxelles, 28 mars.

M NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER Un tragique accident d'aviation le plus tragique qui ait eu lieu en Belgique jusqu'à présent s'est produit cet après-midi à Woumen, au nord de Dixmude, et a coûté la vie aux quinze personnes douze passagers, le pilote, le mécanicien et le radiotélégraphiste qui se trouvaient à bord. L'avion trimoteur (1.200 CV.) G. A. A. 0. 1., de l'Imperial Airways, qui assure le service entre Londres et Cologne, avait quitté sans incident l'aérogare de Haren Bruxelles à 13 h. 36 à destination de Londres. L'avion, qui disparut rapidement à l'horizon, volait normalement lorsque, arrivé aux environs de Dixmude. des flammes jaillirent de l'appareil qui, tout aussitôt alla s'abattre dans la propriété Vandenberg et Seys, sur le territoire de la petite commune flamande d'Eessen.

Les villageois témoins de l'accident accoururent aussitôt pour se porter au secours des victimes. Mais dès les premiers moments on se rendit compte que tous les efforts seraient vains et que tous les occupants avaient été tués ou carbonisés.

Aux environs du point de chute, à des distances de 30 à 300 mètres, quatre corps furent retrouvés. On suppose que ces malheureux auront essayé d'échapper à la catastrophe en sautant de l'avion en plein vol.

Le corps du pilote a été dégagé: il était complètement carbonisé.

Malgré les efforts des sauveteurs, il n'a pas encore été possible de dégager les cadavres que l'on aperçoit à l'intérieur de ce qui reste de la carlingue, coincés entre des fers tordus. Les pompiers travaillent sans relâche sous la surveillance du parquet de Furnes, qui s'est rendu sur les lieux dès que l'accident fut connu.

On suppose qu'un des réservoirs a explosé et que les flammes se sont communiquées très rapidement à la carlingue.

Parmi les douze passagers, il y avait trois Allemands, huit Anglais et un Belge. M. Robert Kreglinger, le cousin du grand financier anversois disparu il y. a deux ans dans des circonstances mystérieuses.

En dehors des malheureuses victimes, l'avion transportait 450 kilos de La gendarmerie a recueilli trota colis postaux presque complètement intacts. Ces colis ont été remis au parquet de Furnes. qui en a assuré la transmission à Londres.

Aus.tôt qu'elle a eu connaissance de l'accident, la direction bruxelloise de la compagnie anglaise a envoyé un avion de secours sur les lieux. De son côté, une société belge a envoyé une ambulance. Les personnalités dirigeantes de cette société ont quitté •Bruxelles à la fin de l'après-midi pour ae rendre sur les lieux de l'accident

(La suite A la troisième page.) La composition du contingent à incorporer en octobre 1933 La fraction de contingent à incorporer au mois d'octobre 1933 comprendra sept mois de la classe 1932; elle sera composée des jeunes gens appelés nés du 1" mai Inclus au 30 novembre inclus de l'année 1912.

1 Les hommes du jour L'AMIRAL GUÉPRATTE Devenir, du jour au lendemain, une figure de légende. c'est là un sort rare. Et quand, le 18 mars 1915, l'amiral Guépratte accomplissait simplement, bravement, les gestes qui allaient t imposer à l'admiration et faire de lui un de nos héros nationaux, parmi les plus grands et les plus purs, le chef de la division fracçatse des Dardanelles était loin de penser qu'il inscrivait son nom dans l'histoire avec un si puissant relief.

Présidant, lundi soir, au Cercle militaire, la fête ém uvante que les Bretons de Parts. les anciens combattants des Dar- danelles, les Croix de guerre avaient or- ganisée en l'honneur du héros, M. Georges Leygues o'eut au! besoin, pour magnifier notre héros, de recourir aux extraordinaires ressources de son lyrisme. Il se borna à rappeler l'exploit dans la forme même dont usa le journal du bord. L'amiral britannique de Robeck qui commande devant les Dardanelles a décidé de pénétrer de vive force dans la mer Noire et de s'emparer de Constantinople. Avant l'attaque, il demande à l'amiral Guépratte

Quel poste choisissez-vous dans le combat ?

Le (jremiei au danger l'avant-garde. Les quatre cuirassés de Guépratte se sont engagés dans les détroits et rispostent comme ils peuvent au feu nourri des canons et des mitrailleuses dont les Turcs et les Allemands ont abondamment garni les rives.

Leur mission accomplie, nos cuirassés se retirent pour céder la place aux navires anglais qui les suivent. C'est à ce moment que le Bouvet est touché par une mine. Cependant qu'il il coule en quelques secondes, un autre de nos vaisseaux, le Gaufois, est atteint à l'avant. Une énorme voie d'eau se déclare. Le cuirassé est désemparé -t en perdition. A bord, pourtant. hacun garde son calme. L'équipage. en enue blanche. est rangé sur le pont. •orame à la parade. La fin s'annonce proche et toute cette activité des torpilleurs. des sous-marins, des chalutiers. des ba.'eaux de sauvetage empressés autour du navire prêt à s'engloutir l'indique assez Mai« que se oasse-t-il

Une chaloupe a abordé l'épave.

Cependant qu'à la coupée le poste rend les honneurs. la sonnerie Aux champs retentit. C'est l'amiral Guépratte qui a réussi à rallier le Gaulois: Il entend être avec ses hommes pour partager avec eux le sort du bâtiment.

LES SOUSCRIPTIONS II L'EMPRUNT

f MILLIARDS 100 MILlIONS M. Georges Bonnet, ministre des Finances, a fait hier la déclaration suivante

Les résultats de l'emprunt sont maintenant connus. Ouvert le 13 mars, il a été clôturé le 25. Dans le bref délai de douze jours, le total des souscriptions a dépassé 5 milliards 100 millions, alors que le chiffre prévu au début de l'opération par le gouvernement n'était que de 3 milliards. Encore faut-il préciser que tous les titres ont été placés uniquement sur le marché français et sans aucune souscription des caisses publiques.

Le succès de l'emprunt assure à la trésorerie une aisance qu'elle n'avait pas connue depuis plusieurs mois et il a permis dès aujourd'hui au ministre des Finances de diminuer le taux d'intérêt des bons du Trésor à un mois. Il écarte la perspective d'émissions prochaines sur le marché faites directement ou indirectement pour le compte du Trésor.

L'emprunt avait pour but, on s'en souvient; d'assurer la liquidation d'engagements antérieurs. Nous veillerons désormais à réduire au strict minimum les obligations de la trésorerie et nous remplirons ainal le devoir que nous impose l'empressement avec lequel l'épargne a répondu à l'appel du gouvernement.

M. Georges Bonnet a termine en remerciant tous ceux qui avaient assuré la réalisation de l'opération en apportant leur concours au gouvernement. Ajoutons à ce communiqué que, depuis la guerre. l'Etat n'avait jamais obtenu un tel résultat en un temps aussi court. Grâce à cette très belle réussite, M. Georges Bonnet peut éviter toute nouvelle émission prochaine. Mis dans l'obligation d'assainir une situation qu'il n'avait pas créée, le ministre des Finances, ayant liquidé le passé, entend désormais se préoccuper de l'avenir en diminuant les engagements de la trésorerie Il entend dès aujourd'hui diminuer l'intérêt des bons du Trésor à un mois, ce qui est l'indice d'une situation plus stable. Le décret ramenant l'intérêt des bons à un mois à 1,7/8 paraît ce matin à l'Officiel. Enfin. il remercie les comptables du Trésor dont le zèle efficace a été l'un des facteurs du succès.

L'incident dans le Brunswick entre les autorités nazistes et les formations du « Stahlhelm »

M. Klagges, national-socialiste, qui a ordonné la dissolution immédiate des formations du c Casque d'acier » et des organisations affiliées pour tout l'Etat de Brunswick dont ü est le ministre de l'Intérieur

Li taui ure le télégramme que 1 amiral de Robeck envoya à l'Amirauté pour célébrer la bravoure de l'amiral Guépratte et de la marine française.

Pour nos marins qui le connaissaient. ce que Guépratte avait fait là n'avait rien de surprenant

Entré dans la marine à l'âge de quinze ans, Guépratte y ayait^conqtris tous ses grades et sa haute réputation par sa seule valeur, comme jadis les Jean Bart, les Suttren. les Duguay-Trbutn. Mais pour les Anglais qui le voyaient pou la pre. mière fois. l'impression qu'il leur laissa fut extraordinaire.

Ils ne pouvaient comprendre qu'un chef demeurât constamment exposé aux coups de l'ennemi avec son uniforme blanc k' quand ils eurent constaté que, bien qu'il s'offrit comme un cible, l'amiral français n'était jamais touché, Ils se mirent à l'appeler < le mangeur de feu » et ils donnérent ce titre à une chanson qui obtint aussitôt la plus grande vogue et qu'ils fre.donnent encore.

En 1918. l'amiral Guépratte atteignan sa soixante-deuxième année et passait au cadre de réserve.

Ce héros allait désormais vivre modes tement et simplement.

Peu de temps avant de quitter le ser vice actif, il a été fait grand-croix de la Légion ''honneur.

On m assure qu il n'a pas la médaii'e militaire Ce ne peut être là que le ffii d'un oubli.

Pourquoi ne le réparerait-on pas 1 Léon Faraut.

La situation exterme a été évoquée hier matin devant la Chambre Après des interventions très applaudies de MM. Daladier et Paul Boncour, les interpellations de MM. FranklinBouillon, Louis Marin, Péri et Pezet ont été renvoyées à la suite par 369 voix contre 212

« Le gouvernement, a déclaré le président du Conseil, est résolu à accueillir tous les efforts qui seront faits en vue de l'organisatio'n de la paix. Il défend ce qu'il considère comme l'intérêt français. Il a conscience de n'avoir rien cédé. Mais il se refuse à aborder dans un esprit de polémique des questions qui doivent être examinées avec calme et sang-froid. »

Ainsi que nous l'avions annoncé, la Chambre a été appelée hier matin à fixer la date de l'interpellation de M. Franklin-Bouillon sur ta politique extérieure. M. Louis Marin s'était joint au député de Seine-et-Oise et aux deux autres interpellateurs, MM Pezet et Péri. L'Assemblée, répondant à l'appel

M. Louis Marin

M. Franklin-Bouillon

de M. Daladier, a renvoyé les interpellations à la suite par 369 voix contre 212. Au surplus, la Chambre ne se séparera pas pour Pâques sans qu'un grand débat se soit déroulé sur la situation internationale. Le président du Conseil en a pris l'engagement au cours d'une déclaration dont la ferme concision a été très vivement applaudie par la majeure partie des députés M. Franklin-Bouillon avait soulevé deux problèmes les incidents qui ont eu lieu dans la zone rhénane démilitarisée et la position de la France visà-vis du désarmement.

Sur le premier point, M. Paul-Boncour a rappelé, dans une intervention fort chaleureusement approuvée, que la France avait fait entendre les paroles nécessaires, et le résultat c'est que, depuis quelques jours, ces incidents ont cessé.

Sur le second point, M. Daladier, après avoir annoncé que rien ne serait fait ni signé sans que le Parlement ait fait connaître sa volonté, s'est affirmé résolu à accueillir tous les efforts qui seront faits en vue de l'organisation de la paix, sans rien céder des droits ni intérêts de la France. Mais il se refuse à aborder dans un esprit de polémique des questions qui doivent être examinées avec calme et sang-froid.

M. Franklin-Bouillon

M. Franklin-Bouillon avait commencé par s'en prendre à la majorité de gauche à qui il reproche d'accepter la loi du silence.

Serez-vous, dit-il à ses collègues. le seul Parlement qui accepte d'être traité d'une façon aussi méprlaante ? A ces mots, des exclamations éclatent. Elles redoublent lorsque l'orateur ajoute

Vous savez où une telle attitude nous a menés dans la dernière, législature. Vous entrez dans la même voie. Du moins sera-ce un homme de gauche qui vous le dira aujourd'hui. Quel est cet homme ? demande M. Pierre Michel.

Celui qui vous parle, riposte M. Franklin-Bouillon, en ajoutant qu'il n'a de leçons à recevoir de personne au sujet de la laïcité et de, la bataille républicaine.

Le calme rétabli, le député de Seineet-Oise énumère les faits qui démon- trent à ses yeux l'urgence du débat incidents du pont de Huningue évo- qués l'autre jour par M. Wallach occupation par les nazis des ponts de Kehl et de Cologne, où ils ont brutalisé le député socialiste Sollmann, attitude de la France au sujet du désarmement.' On a eu tort, termine-t-il, très vivement applaudi au centre et à droite, d'accorder à Hitler l'égalité des droits qu'on avait refusée aux gouvernements de gauche.

Et d'autre part, la France a sa part de responsabilité dans la collusion Maodonaid-Mussolini, dont nos alliés risquent d'être victimes.

MM. Péri, Marin et Pezet

M. Péri. communiste. attribue l'avènement du fascisme en Allemagne à la politique adoptée via-à-vis de celle-ci au lendemain de la guerre; mais il recueille les applaudissements de toute la gauche lorsqu'il fait allusion à l'éloquente protestation d'Einstein contre les persécutions ordonnées par M. Goehring.

Ce que veut M. Louis Marin, ce n'est pas un débat académique à propos du budget des affaires étrangères, c'est un vote.

La question essentielle, aux yeux de M. Pezet, c'est celle de la revision des traités. Le député du Morbihan pense qu'il est temps d'éclairer l'opinion publique en désarroi et cite cette phrase de M. Herriot « Il y aurait avantage

M. Péri

M. Peut

à connaître les données qui intéressent si gravement nos destins. »

M. Paul-Boncour

C'est alors que M. Paul-Boncour se lève. Il ne pent, déclare-t-il. tout d'abord. laisser passer sans les démentir ou les rectifier certaines affirmations de M. Franklin-Bouilllom

Le gouvernement a fourni à la commission des affaires étrangères tous les renseignements qui lui. ont été demandés et aujourd'hui il retournera devant elle. Quant au ministre des Affaires étrangères lui-même, il n'a jamais aidé à exagérer les inquiétudes. Il a simplement marqué que les négociations en cours sont graves. Pourquoi ?

Parce que, déclare M. Paul-Boncour au milieu d'un très vif succès, de leurs résultats dépendront non pas des événemenda dont on parle vraiment avec trop de facilité, tnrsis un état de l'Europe dont ces événements pourraient découler plus tard.

Et le ministre ajoute, à propos des incidents de la zone rhénane démilitarisée

J'affirme que ta France a fait entendre les paroles nécessaires. D'au.leurs, le réaultot de ces paroles est que depuis quelquea jours, les incidents ont cessé. Le gouvernement a eu suffisamment aussi le sens de sa dignité et de ses devoirs pour ne pas admettre que la démarche d'un ambassadeur fût tra- vestie dans le pays où elle avait eu lieu. Il a obtenu la rectification de presse qsvf était aéceasaire. Nous sommes vigi' lants. La France peut avoir confiance. Les bravos crépitent. Mais M. Franklin-Bouillon revient à la charge S'il y a huit jours, s'écrie-t-il, le Parlement avait parlé, M. Macdonald serait-Il parti pour Rome ? Et si. aujourd'hui, les idées de revision marquent un temps d'arrêt, ce n'est pas à la France, c'est à la Petite Entente qu'on le doit

M. Daladier

Le centre et la droite battent des mains. M. Daladier se lève rien ne sera fait, rien ne sera signé sans que le Parlement, dont le président du Conseil respecte plus que quiconque les droits, ait fait connaître sa volonté. Pourquoi donc refuser de fixer une date à l'interpellation de M. FYanklinBouillon ? Parce que nous sommes à une heure où les débats de politique extérieure amorcés à travers toute l'Europe prennent toute leur force et toute leur complexité.

Cela dit. M. Daladier élève une protestation contre les paroles prononcées à l'égard de M. Macdonald

Je lui suis reconnaissant de la pleine loyauté avec laquelle il a conversé avec nous. Après avoir fait le procès de M. Macdonald faire le. procès de M. Mussolini et d'autres chefs de gouvernement. c'est là une méthode détestable. Le gouvernement est résolu à accueillir toua les efforts qui seront iaits en vue de l'organisation de la paix. Il défend ce qu'il considère comme l'intérêt français. Il a conscience de ne rien ayodr cédé, et. faut-il le dire. de n'avoir riei^ trahi. Mais il ne confondra jamais le patriotisme avec on ne sait quel nationalisme, et il se refuse à aborder dans un esprit de polémique des questions qui doivent être examinées avec calme et sang-froid. La Petite Entente T

quana aonc avons-nous abanaonne j l'amitié de ces peuples née de la vic- toire commune p

On a parlé de menaces dirigées contre nous. La France a assez conscience de son droit et des moyena de le faire reapecter pour ne redouter aucune menace, de quelque point de l'horieon qu'elle vienne.

Il faudrait pourtant bannir de nos discussions cette sorte de psychose de guerre que rien ne justifie.

Sur la majeure partie des bancs, de chaleureux applaudissements retentissent. M. Louis Marin intervient de nouveau. M. Marquet suggère d'examiner le plus tôt possible le budget des «Affaires étrangères, procédure qu'accepte le président du Conseil. M. Franklin-Bouillon s'entête. M. Fernand Bouisson lui fait alors observer que le débat qu'il souhaite peut venir a propos des douzièmes provisoires.

Je m'inscris, s'écrie aussitôt M. Franklin-Bouillon, ainsi, le dêbat, vous l'aurez jeudi

Là-dessus. On vote. On a vu plus haut les résultats du scrutin.

Pour permettre aux contribuables de se mettre en règle avec le fisc M. André Fribourg, député radical socialiste de l'Ain, avait, ainsi que nous l'avons signalé, déposé une proposition de loi tendant à accorder un délai de trois mois aux contribuables afin de leur permettre de se mettre en règle avec le fisc.

Hier matin, M. Fribourg a déposé à la commission des finances un article additionnel reprenant les dispositions de cette proposition.

M. Lamoureux. pressenti à ce sujet, s'est déclaré disposé à accepter le principe de ce texte et à l'intégrer dans la prochaine loi de finances.

UN ENTRETIEN DE M. BECK AVEC L'AMBASSADEUR DE FRANCE A VARSOVIE

Varsovie, 28 mars (dép. Bavas) M. Beck. ministre des Affaires étrangères, a reçu, à 15 h. 30, M. Jules Laroche, ambassadeur de France, avec qui il s'est longuement entretenu des problèmes actuels de la politique internationale.

M. Benès retourne à Prague et M. Titulesco se rend à Paris Genève, 28 mars (dépêche Fournier.) M. Benès est parti ce soir pour Prague. M. Titulesco se rendra demain à Paris.

34 ouvriers soviétiques inculpés de vol et de sabotage

Leningrad. 28 mars (dép. Radio.) A Oufa, trente-quatre ouvriers d'une coopérative ont été arrêtés et vont être jugés pour sabotage, vol de matériel et de marchandises. Ils revendaient euxmêmes ces dernières à des particulier. A la qu»trl*n» page LE CONTE m**O 1 LA REVANCHE DE TOURLOUROU 1 o t Dtr H«nrl «CnAZCT

LE PROCES

DE TRAHISON A LONDRES

Le conseil de guerre a écarte trois sur dix des chefs d'inculpation relevés contre le lieutenant Baillie Stewart Cet officier reste incarcéré à la Tour de Londres jusqu'au moment où interviendra la décision du roi sut la proposition de l'autorité militaire supérieure

Le lieutenant Baillie Stewart et son avocat Londres, 28 mars

US NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER

Le procès du lieutenant Saillie Stewart, qui se poursuivait depuis le début de la semaine dernière devant la cour martiale siégeant dans la caserne du quartier général du duc d'York, à Chelsea (Londres), est terminé.

Pour bien comprendre comment s'est clos ce procès, il faut savoir qu'en Angleterre une cour'martlale ne fixe pas de sentence. Si l'inculpé est déclaré non coupable, son épée et son ceinturon lui sont remis immédiatement et il sort de la cour homme libre. Si, au contraire, la cour rend un autre verdict, l'accusé est prévenu que la sentence Rera fixée ultérieurement et promulguée. Cela signifle que l'ensemb1 du débat est complètement passé en revue par de plus hautes autorités militaires et que la peine proposée par la cour est fixée ultérieurement.

Dans ce dernier cas. il peut s'écouler de quinze jours à un mois avant que la sentence soit publiée par le War Office. Et en attendant, l'inculpé est maintenu en détention.

(La suité à la deuxième pag*

Les faux documents de l'aviation

LE VERDICT SERA RENDU CE SOIR Hier, les avocat. de. la partie civile ont plaidé

Aujourd'hui, réquisitoire et plaidoirien des avocats des quatre accusée

fe*n naut Me le Coq de «*ci*i..iiu.

En bas le bâtonnier Boueset.

Voici que s'ouvre la huitième audience. Dès le début, le président Texier donne la parole à M# Le Coq de Kerland

Quel pénible spectacle, messieurs de la cour, messieurs les jurés, que celui de voir déferler à vos pieds la marée de la calomnie, commence l'avocat de M. P.-L Weiller. On nous a accusés, nous partie civile, de vouloir détourner le débat, de plaider le procès de l'Aéropostale. C'était encore un faux, le dernier. Je tiens uniquement à laver Ici le nom de mon camarade de guerre, Paul-Louis Weiller. qui a combattu à mon côté. dans le ciel

L'orateur se propose uniquement de démontrer comment M. André BouUloux-Lafont, < dont le destin eût pu être magnifique, est devenu un faussaire ».

Il n'a rien inventé. A s'est con-