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"LE PETIT PARISIEN" EN AUTRICHE ,Il 1.11.19 Il 1.11 Une interview du Dr Renner porte-parole des socialistes

Il déclare à notre envoyé spécial e Pour nous socialistes, nous avons pu envisager le rattacbement à l'Allemagne répablicaine, mais nous refuserions énergiqaement d'être infégrés dans un Etat antidémocratique. »

Vienne, 25 mars.

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉQAL

Tristesse des capitales désaffectées. Il semble que la ville proteste par toutes ses pierres et vous rappelle son passé. Ainsi le millionnaire ruiné, usant jusqu'à la corde les complets du grand tailleur, évoque son train de maison.

Dans la rue, dans les « monu- ments », j'entends la mélancolie de Vienne.

Je suis une personne de condition. J'appartiens à une grande famille, j'avais de la fortune et de la considération

Lorsque j'entre dans une légation par un somptueux escalier d'honneur, j'aperçois les immenses salons vides, les galeries désertes, les tentures poussiéreuses, les bronzes .piqués. de vert de gris qu'un personnel réduit ne peut entretenir. La légation se souvient d'avoir été une ambassade.

Cette impression, je l'éprouvai encore ce matin en pénétrant dans le palais parlementaire, en m'égarant dans les couloirs sans huissiers, en frappant à la porte du bureau où m'attendait le D'fctenner, président démissionnaire de la Nationalrat. L'homme est jeune, malgré la barbe blanche en éventail au bout du menton il est robuste. C'est un fils de paysan. Gagné dès l'adolescence aux idées socialistes, il est demeuré fidèle à la doctrine et au parti dans tous les postes qu'il a occupés comme fonctionnaire d'Etat. Il avait lutté sous la monarchie contre le dualisme pour la réalisation d'une confédération danubienne qui eût peut-être évité le grand malheur de Sarajevo. Aimant son pays de toutes ses forces qui sont grandes il a écrit pendant la. guerre un ouvrage sur le « rayonnement de l'Autriche ». il a été, après la chute de l'Empire, le premier chancelier de la République. Il a conduit la délégation autrichienne à Paris. Il a eu la douleur d'apposer son nom, son paraphe sous le traité de Saint-Germain.

Un homme représentatif de son parti Tel est l'homme que j'ai devant moi et qui m'a tendu la main, le buste droit, les jambes raides, en claquant les talons à la mode allemande.

M. Seitz, le président des sociaux démocrates que j'avais rencontré hier, n'avait pu m'autoriser à faire état de notre conversation. Ses fonctions de bourgmestre dans les circonstances délicates d'aujourd'hui lui interdisaient toute déclaration publique. M. Renner, par contre, n'est pas astreint à la même réserve. Il demeure, après M. Seitz, le personnage le plus représentatif, le plus actuel aussi, de la section autrichienne de la IT internationale. C'est donc le porte-parole naturel de la grande opposition de gauche celle qui représente 44 du corps électoral dont j'étais venu solliciter l'opinion.

Vous n'ignorez pas, m'a-t-il déclaré, que notre machine parlementaire fonctionnait avec difficulté. Ses rouages étaient coincés par la pression double et contradictoire d'une immense minorité et d'une infime majorité.

Quand les forces bourgeoises et les forces sociales s'opposent à égalité dans une Chambre, il n'est pas possible d'imprimer une direction au travail législatif dans un sens ou dans l'autre. Toutefois, dans la position d'équilibre instable où se devait maintenir le gouvernement, il n'apparaissait pas que la démocratie fût menacée.

Mais un grand événement s'est produit qui a rompu l'équilibre, c'est l'ascension d'Hitler.

Du jour où le nouveau chancelier a pris en Allemagne le pouvoir dictatorial, la situation politique en Autriche a été transformée.

L'influence d'Hitler

Le président Renner se renverse sur son fauteuil et cherche les mots les mieux appropriés à l'expression de sa pensée. Il m'entend en français, mais confie sa réponse en allemand à mon excellent interprète. Tandis qu'il s'adresse à lui, je comprends déjà, à la lenteur, aux arrêts de la parole, à la précision de certains termes répétés et scandés de gestes, l'importance qu'il attache aux phrases qui vont m'être traduites.

Jusqu'à ce jour, m'explique-t-il, le mouvement hitlérien dans ce pays n'avait pas été dangereux. Il faut savoir que l'idée fasciste avait ici une double face, la face autrichienne et la face naziste allemande. La premièi j, inspirée de Mussolini, exprime une pensée purement autrichienne et catholique. Elle est dirigée vers une

renaissance nationale absolue sous un faisceau autochtone.

La seconde est tournée vers l'Allemagne. Elle ne voit que le Führer, elle est inspirée par l'espoir de la grande patrie à laquelle l'Autriche doit appartenir. C'est le faisceau pangermaniste.

Bien entendu les deux faisceaux, qui s'opposent dans leur but, se rencontrent dans teurs moyens essentiellement dictatoriaux et sectaires. Mais le second n'avait groupé jusqu'à ce jour qu'un petit nombre d'adhérents. Depuis l'avènement triomphal d'Hitler, il est en train d'absorber le premier. La similitude des doctrines, l'attraction personnelle du vainqueur et son origine autrichienne ont agi, sinon sur les élus, du moins sur les électeurs. Bien mieux, dans le sein même du parti gouvernemental celui des chrétiens sociaux, en majorité antifasciste l'hitlérisme a fait des progrès. L'alliance parlementaire et ministérielle des chrétiens sociaux avec les éléments d'extrême droite ne peut qu'accentuer cette contagion.

Louis ROUBAUD.

(La suite d la cinquième page.) LE RESULTAT DE L'EMPRUNT M. Georges Bonnet, ministre des Financés, a exposé hier soir, au conseil des ministres, les résultats déjà connus de l'emprunt, dont les chiffres déflnitifs seront publiés mercredi prochain. On sait que les souscriptions «recueillies se sont élevées à environ 5 milliards.

LE PROJET DE LOI DE FINANCES M. Lamoureux, ministre du Budget, a soumis au conseil des ministres le projet de loi de finances qu'il déposera mardi sur le bureau de la Chambre. Les négociations internationales Les ministres se sont réunis hier après-midi en conseil à l'Elysée, sous la présidence de M. Albert Lebrun. La séance, commencée à 15 h. 30, s'est prolongée jusqu'à 19 heures.

M. Paul-Boncour, ministre des Affaires étrangères, a rendu compte au conseil de l'état des négociations internationales.

La réorganisation des chemins de fer M. Paganon, ministre des Travaux publics, exposera ses projets relatifs aux chemins de fer dans un conseil des ministres qui se tiendra à l'Elysée, mercredi matin, à 10 heures.

LES FARINES PANIFIABLES M. Queuille, ministre de l'Agriculture, a fait signer par le Président de la République, un décret portant 'de 99 à 100 les quantités de blés indigènes obligatoirement mises en œuvre pour la- fabrication des farines panifiables.

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Les dettes de guerre

NOUVELLE DÉCLARATION DE M. HULL

SUR LE CAS DE LA FRANCE New-York, 25 mars.

DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER Le secrétaire d'Etat M. Cordell Huit. a eu l'occasion de revenir ce matin, dans sa conférence de presse, sur les conversations d'hier avec sir Ronald Lindsay, relatives aux dettes de guerre.

Le cas de la France ayant été de nouveau soulevé, il a fait une déclaration qui mérite de retenir l'attention. Il a déclaré en substance qu'il ne pouvait pas dire encore, pour le moment présent, si les Etats-Unis seraient prêts à s'associer aux discussions à venir sur les dettes des gouvernements ayant fait défaut ou suspendu le paiement de leurs dettes intergouvernementales.

Au premier abord, on serait tenté d'interpréter cette déclaration comme u. léger retour en arrière du gouvernement américain qui avait laissé entendre à notre ambassadeur, M. Claudel, par son président. que la France pourrait ouvrir avec les Etats-Unis une discussion sur la revision de sa dette, sans que la question préalable du paiement du 15 décembre fût posée. Mais, en y regardant de plus près, il semble bien que le conditionnel employé par le secrétaire d'Etat soit lourd de sens.

Il ne se prononce pas sur le cas de gouvernements qui resteraient en état de défaut, mais en tout cas il ne ferme pas,la porte à des discussions qui auraient justement pour but de faire cesser l'état de défaut.

Mais peut-être ne faut-il pas chercher trop loin une interprétation de la formule employée par M. Hull. Elle a sans doute été mise en avant pour dissiper certaines appréhensions de milieux politiques américains qui redoutent que le président Roosevelt ne sacrifie trop légèrement la créance de guerre des Etats-Unis.

Il se peut qu'il y ait une légère divergence de vues entre M. Roosevelt et son secrétaire d'Etat, mais rien ne permet de l'affirmer.

Ce qui apparaît pourtant chaque jour davantage, c'est le désir de l'administration actueUe de voir le malentendu qui avait séparé la France et l'administration républicaine se dissiper, d'en voir s'effacer toute trace, pour entamer dans une atmosphère de confiance les négociations qu'elle considère comme primordiales sur la réduction générale des tarifs douaniers.

Pierre DENOYER

Mouvement administratif

De gauche à droite, en haut MM. Grunebaum-Ballin et Delfau en bas MM. Jonhanneau et Bodereau

M. Penancier, garde des Sceaux, a fait signer un décret nommant conseiller d'Etat M. Grunebaum-Ballin, président du conseil de préfecture de la Seine.

M. Camille Chautemps, ministre de l'Intérieur, a soumis à la signature du Président de la République, un mouvement administratif aux termes duquel sont nommés

Président du conseil de préfecture de la Seine, M. Delfau, conseiller d'Etat honoraire, préfet des Bouches du Rhône

Préfet des Bouches-du-Rhône, M. Jouhannaud, secrétaire général de la préfecture de la Seine

Secrétaire général de la préfecture de la Seine, M. Bodereau, préfet de 1™ classe, directeur du cabinet du préfet de la Seine.

[M. Jouhannaud, né à Limoges le 25 juin 1877, a débuté comme chef de cabinet du sous-secrétaire d'Etat des P. T. T. de 1902 à 1906 sous-préfet d'Etampes en 1906, préfet de l'Aube en 1919, il était devenu secrétaire général de la Seine en 1926 et avait été promu préfet de.1 classe personnelle en 1929. Il est commandeur de la Légion d'honneur.]

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L'INITIATIVE ITALO- BRITANNIQUE Dans un communiqué, la Petite Entente précise nettement sa position Affirmait sa Volonté de paix, elle souligne qu'elle nepeut reconnaître des accords qui disposeraient des droits des tiers ELLE DECLARE EN OUTRE QU'UNE POLITIQUE REVISIONNISTE N'EST PAS DE NATURE A RAMENER LA CONFIANCE ENTRE NATIONS

Genève, 25 mars.

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

Je vous ai signalé hier le malaise profond créé ici par les explications qu'a données M. Macdonald lui-même, dans son discours aux Communes, sur l'initiative italo-britannique et le but général de l'accord à quatre envisagé à Rome et à Londres. Je vous ai dit également les échanges de vues que les surprenantes déclarations du premier ministre avaient provoqués, notamment entre les représentants de la Petite Entente et de la Pologne, dont les pays sont particulièrement visés par le mouvement révisionniste ainsi déclenché.

Ces échanges de vues se son: traduits, ce matin, par une série de visites faites, d'une part, à sir John Simon et, d'autre part, à M. Massigli, en sa qualité de délégué français. Au premier, les porte-parole de la Tchécoslovaquie, de la Roumanie et de la Yougoslavie ont exprimé leur surprise et leur regret d'avoir vu soulever par M. Macdonald, dans les termes où il l'a fait et en lui donnant un pareil caractère d'urgence, une question dont la seule évocation ne peut qu'accroître le sentiment de lpéfiance et d'insécurité qui règne en Europe et dont le règlement, tel que parait l'envisager le premier ministre, ne peut conduire qu'à des catastrophes.

Au second, ils ont exprimé non seulement leur espoir, mais leur confiance que la France ne s'associerait pas à une entreprise à la fois aussi contraire à l'esprit de Genève qu'aux thèses toujours soutenues ici par nos délégués, aussi grosse de conséquences désastreuses et aussi susceptible de nous aliéner les sympathies des moyennes et petits nations, dont nous avons constamment défendu les droits.

A tous les deux, enfin, ils ont annoncé leur intention de publier, dans le courant de l'après-midi, un communiqué affirmant de la façon la plus nette les sentiments communs des Etats de la Petite Entente en présence de la situation nouvelle créée par les événements de la dernière semaine. Le communiqué

de la Petite Entente

Ce communiqué a. été. en. effet, rédigé de concert par MM. Benès, Titulesco et Fotitch, au cours d'une conférence tenue de 15 heures à 16 h. 30, à l'hôtel Beau-Rivage, dans l'appartement du ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie. En voici le texte, dont on ne saurait effectivement trop souligner la netteté parfaite, le caractère résolu et l'indiscutable volonté de paix

Le eonseü permanent des Etats de la Petvte Entente s'est réuni le 25 mars à Genève. Ayant soumis à un examen approfondi les événements des derniers jours, le conseil permanent de la Petite Entente .est arrivé la conclusion que toute collaboration d'Etats qui a pour but d'établir des rapports amicaux entre eux et de régler les questions qui les concernent exclusivement est souhaitable et salutaire.

Toutefois, les Etats de la. Petite Entente ne sauraient reconnaître que l'on sert la cause des bonnes relations entre les différents pays par des accords qui auraient pour but de disposer des droits des tiers, soit que ces accords obligent leurs signataires à prendre des décisions concrètes. soit que ces derniers aient pour but d'exercer seulement une pression sur des pays autres que ceux qui ont conclu ces accords.

Comme on ne peut disposer du bien d'autrui ni directement ni indirecte- ment, les Etats de la Petite Entente formulent, dès à présent, leurs réserves les plus expresses concernant la con- 1 clusion éventuelle de tels accords pour tout ce qui aurait trait à leurs droits et à leur politique. Les accords de cette nature appartiennent au passé et, en tout cas, au temps où la Société des nations n'existait pas.

Les Etats de la Petite Entente re- grettent, en outre, que, dans les négo- ciations des derniers jours, l'idée d'une iiiiiiiniiliiiuiiitiiiiiiiiiniiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiii'ii

politique revisionniste ait été soulignée. Se plaçant sur le terrain de l'intérêt général de la paix et tenant compte du sentiment unanime et profond de leur pays, ils considèrent de leur devoir d'attirer l'attention sur le fait qu'une politique révisionniste, amenant nécessairement des réactions énergiques, n'est pas de nature à calmer les esprits des nations et à renforcer les sentiments de confiance qui, seuls, permettent la collaboration mutuelle. C'est pourquoi les Etats de la Petite Entente

considèrent comme essentiel de concentrer leurs efforts communs en vue des travaux pacifiques qui, seuls, peuvent assurer la paix et la sécurité du monde. Sir John Simon convoque MM. Benès, Fotitch et Titulesco Il va sans dire que ce document, dont on ne saurait méconnaître l'importance, ne fut pas seulement communiqué à la presse, mais transmis également aux délégations intéressées et, notamment, à la délégation britannique, dont le chef, sir John Simon, fit aussitôt prévenir MM. Fotitch, Benès et Titulesco de son désir de s'entretenir avec eux. Ce fut le représentant de la Yougoslavie qui ouvrit cette nouvelle série d'entretiens, que clôtura le ministre des Affaires étrangères de Roumanie.

A chacun d'eux, le secrétaire d'Etat au Foreign Office tint les propos les plus apaisants ce qui ne veut pas dire les plus convaincants sur les idées du gouvernement britannique, sur ses intentions de ne les mettre en présence d'aucune décision arrêtée en dehors d'eux, mais aussi'sur la nécessité, si l'on veut éviter que certains problèmes ne se posent d'une façon aiguë et grave, d'envisager à l'avance, dans le calme, la procédure suirant laquelle on pourrait les résoudre. Albert JULLIEN

(Ltt s2eite à la troisième page.)

Deux squelettes et des débris d'avion auraient été découverts

il y a quelques mois

dans une forêt à Terre-Neuve Des recherches vont être faites pour savoir s'il ne s'agirait pas de Nungesser et de Coli

Marseille/ 25 mars (dép. Petit Parisien.) A la fin de la' saison dernière, alors que les neiges et les glaces n'allaient pas tarder à faire leur apparition en ces froides contrées, des marins venant de Terre-Neuve apportaient à SaintPierre-et-Miquelon une nouvelle plutôt sensationnelle deux bûcherons avaient ,couvert, disaient-ils, sur le flanc d'une colline, dans une partie de la forêt terre-neuvienne, loin de tout chemin et de toute habitation, deux squelettes à côté de débris métalliques provenant, apparemment, d'un avion que le feu aurait détruit. c

A Saint-Pierre-et-Miquelon, on rapprocha aussitôt cette découverte de la tragique disparition des aviateurs Nungesser et Coli, au cours de leur tentative de traversée de l'Atlantique, le 8 mai 1927. De là à supposer qu'il s'agissait bien des deux intrépides Français, U n'y avait qu'un pas. D'autant qu'on se souvenait que des TerreNeuviens habitant la région avaient déclaré avoir nettement perçu le bruit d'un moteur lors de l'héroïque tentative. Pourtant, par la suite, rien ne vint confirmer la sensationnelle nouvelle, et ceux qui en avaient entendu parler s'étonnèrent qu'elle n'eût eu aucun écho en France.'

Or un marin marseillais qui séjourna longtemps à Terre-Neuve a conSrmé la découverte. Le ministre de l'Air, avisé, a demandé au ministère des Colonies d'ouvrir une enquête. Les choses en sont ]iL Si les investigations qui vont être entreprises conflrment la nouvelle, il est possible qu'on se trouve en présence des restes de Nungesser et Coli et de leur appareil.

LES IMPOTS ~-« sont en moins- value

de 247.964.000 francs

sur les évaluations

pour les deux premiers mois de l'année budgétaire

La moins-value du chiffre d'affaires est de 37.655.000 francs pour le mois de février

A la quatrième page LE CONTE «*+»O [ LA LETTRE A DEUX FINS. 1 ) »< *t par JStmona 5

Les grands reportages du Petit Parisien» VERS LES TERRES HOSTILES

D'ETHIOPIE

par Henri de MONFREID

Après une légère collation' de lait fumé et de. crêpes de maïs nous repartons.; cette fois, nous côtoyons la chaîne escarpée du Gara-Moulata, 1 pics de basalte, falaises et ravins, en suivant la limite des terref cultivées. Ce massif montagneux, surgi sur ces hauts plateaux, s'avance vers l'est comme un promontoire. C'est à son extrémité, sur une sorte de terrasse dominant tout le plateau. du Harrar et les immensités sauvages. du pays de. Babilé où vivent les lions, que l'empereur détrôné est captif.

A mi-chemin, des hommes armés surgissent et nous barrent la route. Ce sont des soldats inutile de parlementer, et tenter de passer serait une folie, car les fusils sont chargés. Le mieux est d'attendre l'arrivée du Cagnazmatch. Il ne peut guère tarder puisqu'il devait partir de Dirré-Daoua aussitôt après nous. Nous mettons pied à terre pour avoir l'air tout à fait à notre aise au milieu de cette troupe et donner l'impression que nous faisons halte de plein gré.

D'ailleurs, aucune hostilité. J'ai prononcé le nom du Cagnazmatch, ce qui explique en partie ma présence. Pendant que je roule une cigarette, j'entends mon nom mêlé au mot de trie », qui veut dire électricité j'ai été reconnu pour le frengi qui fabrique la lumière. Au bout de dix minutes, c'est tout à fait cordial la plupart des hommes sont assis d'autres s'en vont reprendre leurs somnolentes occupations. Un vieux s'enhardit à me parler du temps passé. Il m'a connu quand j'étais au Tchertcher et m'accable de compliments L sa manière sur mon extrême vieillesse. Sans s doute croyait-il que les Européens ne vieillissaient pas.

Nous devons le suivre dans la hutte cotou où il a élu domicile avec un certain nombre de ses camarades, qui correspond chez nous à une demi-escouade.

Il y a leur esclave une femme chankala fort laide, mais robuste comme un pithécanthrope et de taille à satisfaire une escouade et même beaucoup plus. Elle fait leur cuisine, leur bière, va chercher le bois, l'eau, etc. L'armée est ainsi pourvue d'une intendance féminine assurant aux militaires en campagne tous les agréments de la vie bourgeoise. Marcheuses infatigables, ces esclaves portent les ustensiles de leur ménage nomade et tous les petits accessoires indispensables à la vie des Abyssins.

De la sorte, le moral de l'armée est toujours excellent. Le soldat mène une vie absolument libre partout. où il passe, car partout il est chez lui. La case du cotou chez lequel il loge, son bétail, ses champs, tout est sien pendant le temps qu'il demeure dans le pays. Les choses se passent très simplement et le mieux du monde. Les soldats en général ne prennent que ce qu'il leur faut, sans rien saccager inutilement, comme si réellement ils étaient chez eux.

(La suite d la quatriéme page)

UN BEAU DIMANCHE L'anticyclone de l'Europe centrale (777 millimètres) maintient ses positions. Il s'étend jusqu'â la France et il empêche les dépressions de l'Océan de venir jusqu'à nos régions.

Aujourd'hui dimanche, l'anticyclone persistera sur la Pologne et son action continuera à s'exercer sur la France, où le temps restera très beau.

LES COURSES A SAINT-CLOUD « Goyescas », à M. Boussac gagne le Prix Edmond Blanc

En haut Goyescas monté par Eiliott. En bas MUe Fanny Heldy, M. Marcel Boutigae et son frère

Les faux^ documents

de l'aviation Sur un coup de théâtre, l'audience d'hier s'est terminée dans un violent tumulte

Un témoin, M. Brun, a affirmé qu'il tenait du directeur de la « Lufthansa », M. Weigelt, que celui-ci avait reçu de MM. Bouîlloux-Lafont père et fils, une offre pour la vente de titres de l'Aéropostale. M. André Bouilloux-Lafont a protesté « C'est faux

UNE LETTRE EMOUVANTE DE PAINLEVE

t M. Chaumié

Dès le début de l'audience la. sixième de ce' procès, le président, M. Texier, fait lire une lettre qu'il 1 vient de recevoir de M. PaulPainlejré. 3 « Profitant du mauvais état de«j»a 3 santé, a écrit l'anciçn ministre de l'Air, des allégations me concernant ont été portées vendredi à la barre et.je tiens à leur opposer un 'démenti indigné. » En termes très émouvants, M., ]Painlevé évoque toute sa vie. d'honneur.et d'intégrité. Depuis trente années, l'as»l cien ministre s'est trouvé mêlé à TKiafoire du développement de I'àéronâûtique et, de ce fait, il a été forcément amené a connaître MM. Weiller père et fils. Dès les premières expériences qui furent effectuées M. Painlev* vola avec les frères Wright déjà, il fut fait appel aux connaissance» i techniques de celui qui devait plus t tard devenir ministre.

« Je ne m'occupais à cette époque, poursuit la lettre, que de question* scientifiques et je n'étais pas parlet mentaire. J'ai cependant constamment ¡ refusé d'entrer dans un conseil d'4dmtnistration »

Le document dont il a été donné Ifecture rappelle l'apparition, de 1920 à des moteurs sans radiateurs,. à

refroidissement par air, et que l'aviation anglaise utilisa la premïèTe.-«La France décida bientôt d'adopter Ces nouveaux modèles et, après une longue étude, le ministre de l'Air répartit"les commandes le plus équitableme'nt' possible.

« Les incidents évoqués vendredi, poursuit M. Painlevé, ne sont qutun écho de la concurrence ainsi, créée entre les constructeurs. Le'mot rappelé par M. Dormann t la guerre au couteau », s'appliquait uniquement à cette guerre que se livrent entre eux les industriels. » Le ministre tient enfin à assumer la responsabilité de toutes les décisions qu'il a prises. Quant aux insinuations qu'un témoin n'a pas craint d'apporter à la barre, M. Painlevé les repousse avec mépris.

M* Pierre Masse veut a ce moment présenter une observation. M. Texier s'y oppose. Une courtoise altercation s'ensuit. Le défenseur menace de déposer des conclusions. Il insiste et assure qu'il parlera sans passion et sapa, hostilité. La parole lui est alors accordée. J'ai une précision à fournir commence M' Pierre Masse. Il n'est pas question, dans ce procès. de commandes de moteurs. Il n'y est pas question non plus de la société Aéropostale.! Il ne s'agit que de faux et d'usage de faux. Et c'est uniquement à ces deux chefs d'accusation que la défense enten-d Iipiter son effort.

M. Mulquin, expert comptable, est alors introduit. Lorsque les faux parurent, ce témoin fut commis à fin <ie vérifications. Il s'agissait d'établir si la comptabilité.de M. Weiller et des maisons qu'il dirige portait traçages opérations mentionnées par les Ni dans cette comptabilité, ni dans les banques dont le nom était indiqué M. Mulquin n'a retrouvé trace des versements soi-disant faits par la Lufthansa. M. Jean Goldsky, le témoin suivant, a publié dans l'organe qu'il dirigeait, le 5 novembre 1930, une note qui démasquait Lucco. Deux exemplaires de cette feuille ont été envoyés à l'Aéropostale. Le témoin en tire une