bpt6k627677j/f1


MACDONALD S'EXPLIQUE AUX COMMUNES SUR LE PROJET PRÉSENTÉ PAR M. MUSSOLINI Il'0' déclare qu'une acceptation définitive n'a pas été donnée au plan italien, mais que le gouvernement britannique, qui en attend de grands avantages voire un règlement européen, est prêt à en élaborer les détails et comme M. Lloyd George inéerrogeait « Quels détails? M. Macdonald a ajouté

« Les détails du plan, de manière que le plan n'ait pas pour but général la Paix, mais avant tout, et presque uniquement la revision des traités.

$Se discours du Premier a été écouté par l'Assemblée avec |& plus grande attention, mais aussi avec une froideur marquée

Londres, 23 mars.

NOTEE CORRESPONDANT PARTICULIER

M. Macdonald a fait ce soir aux Communes, devant une Chambre pleine à craquer, l'importants déclaration qu'on avait annoncée sur la politique britannique à l'égard du problème de l'organisation de la paix. En fait, le premier ministre s'est surtout attaché, selon sa propre expression, à relater ces entretiens et ceux du secrétaire d'Etat au Foreign Office tandis qu'ils se trouvaient à Genève et à Rome. C'est d'abord de Genève qu'a parlé le premier ministre.

Nous nous rendîmes à Genève, a-t-il dit, h la requête de nos collègues parce que chaque rapport que nous en recevions faisait apparaître le grave danger d'un effondrement presque immédiat de la conférence du désarmement.

L'orateur déclare que les premières conversations qui eurent lieu à Genève leur permirent de découvrir que la conférence se perdait dar.s des détails. Ayant fait cette remarque, il se défend de jeter le blâme sur quiconque et montre les difficultés d'une tâche qui consiste à concilier les intérêts diffévents de quelque soixante nations qui pat, en outre, dans points de vue différents et des besoins différents en maIttère de désarmement.

Il parle des avis des experts et, tout len déclarant qu'ils méritent un très grand respect, il affirme que le dernier mot, dans ces conditions, doit être un mot politique c'est-à-dire appartenir aux gouvernements.

M. Macdonald est ainsi amené à Justifier l'initiative qu'il prit de soumsÉfcre à la conférence un plan précis couvrant l'ensemble de questions telles que la sécurité, les pactes consultatifs, les armements navals, terrestres et aériens, l'usage des gaz délétères, et fixant les règles de la guerre de façon d aboutir au désarmement et à la sécurité.

Ce plan est connu, mais le premier fcnlnistre en dégage les traits essentiels. Tout d'abord, dit-il, ce plan contient pour la première fois des chiffres concernant les divers armements. Je confesse que, lorsqu'il me fut soumis, après mes entretiens de Genève, je doutais beaucoup qu'il fût désirable ou nécessaire. Après l'avoir bien considéré, mes doutes disparurent. Nul progrès n'était possible sans chiffres, car ce que chaque nation voulait éviter c'était de présenter des chiffres. Cependant, et d'une façon assez curieuse, tous les délégués, l'un après l'autre, au cours de mes interviews, me priaient d'avoir le courage de fixer des chiffres pour eux. Je ne le fis pas; ce sont mes collègues qui le firent. Je ne peux pas prétendre que j'examinai moimême à fond les chiffres, mais j'en assumai certainement la responsabilité.

Ces chiffres furent établis par deux ou trois des plus admirables serviteurs que le gouvernement ait eus à sa disposition pour veiller sur ses intérêts dans la conférence internationale. Certains d'entre eux ont assisté à presque chaque réunion de la conférence depuis son ouverture et à beaucoup de séances de comités et de souscomités. Ils connaissent leur problème. Tout ce qui leur était nécessaire, Us le savent sur le bout des doigts. Les chiffres furent donc soumis et quand la conférence reprendra demain ses travaux, ce sera sur ces chiffres. je l'espère, qu'elle concentrera ses espoirs et ses efforts.

Ces précisions fournies, le premier ministre développe en ces termes le second point essentiel du plan britannique

Nous nous sommes engagés, ditil, à donner l'égalité l'Allemagne. C'est une époque révolue que celle où une combinaison de puissances pouvait imposer à un peuple européen des obligations qu'il juge incompatibles avec son honneur et sa dignité.

Nous devons déclarer sans équivoque que les obligations qui doivent être imposées aux nations d'Europe sont des obligations d'honneur et de responsabilité, des obligations qui seront d'autant plus sérieuses qu'elles auront été assumées volontairement. Des événements se sont produits récemment qui ont énormément accru le risque qu'il y a à prendre une telle mesure en ce moment et notre plan présuppose très clairement une phase de transition. Durant cette phase de progrès vers l'égalité, l'égalité ellemême ne sera pas réalisée, mais durant cette phase, il n'y aura pas de réarmement. Il ne sera pas question de réarmer.

A ce point, M. Churchill interrompt pour répliquer que le premier ministre a employé le mot « égalité x sans l'accompagner de ces définitions raffinées qui étaient courantes jusqu'ici égalité qualitative, etc.

M. Macdonald réplique en rappelant que, à la conférence des cinq qui eut à s'occuper de la demande d'égalité de statut formulée par l'Allemagne, il insista personnellement pour que l'égalité ne fût accordée que par étapes et il ajouta

Les événements qui se sont produits depuis rendent cette procédures

M. Macdonald faisant son exposé a la Chambre des communes

(Croquis de Kelen.)

plus désirable et plus nécessaire que jamais.

L'Europe troublée

Le premier ministre exprime alors l'espoir que la conférence étudiera le plan britannique, qu'elle limitera, si elle le dastra, mais qui formera le cadre de la future convention.

Puis, élargissant le sujet, il examine la situation troublée de l'Europe. Il observe que ce qui pourrait sauver les peuples, c'est-â-dire une confiance mutuelle bien établie, fait davantage défaut aujourd'hui qu'il y a quelques années

Des événements se sont produits, des discours ont été prononcés qui, naturellement, ont ajouté au système d'insécurité, et c'est après notre arrivée à Genève que quelques-uns de ces

Une décision significative. de la commission de désarmement

La Grande-Bretagne et l'Italie avaient proposé l'ajournement des travaux. La commission décide de discuter immédiatement le plan Macdonald

Genève, 23 mars.

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

Les délégués à la conférence du désarmement se sont livrés aujourd'hui à une manifestation dont on lira par ailleurs les détails et qui, pour avoir été silencieuse, n'en a pas moins été éloquente.

En présence de la proposition d'ajournement formulée par la GrandeBretagne et l'Italie dans le but de permettre l'étude approfondie du projet Mussolini dont seuls quelques initiés connaissent ici la teneur, la commission générale s'est dressée et elle a affirmé son indépendance en décidant de poursuivre ses travaux. Cette décision était prévue. Dès hier, nous a-t-on dit, les esprits étaient si montés à Genève contre l'initiative italo-britannique, où l'on voyait « le premier acte du directoire qu'on en avait averti le gouvernement de Londres et que ce dernier, sûr de l'échec, avait donné à son représentant l'ordre de ne pas insister.

La position du cabinet anglais était, en effet, des plus délicates. En persistant à demander l'ajournement, il ne se faisait pas seulement mettre en minorité, il se prononçait du même coup contre la discussion immédiate du plan Macdonald dont le premier ministre, avant son départ pour Rome, avait réclamé lui-même l'inscription en tête de l'ordre du jour « afin d'assurer le salut de la conférence Le seul moyen d'éviter la contradiction était d'abandonner la proposition. C'est ce qu'a fait M. Cadogan, dont l'exemple fut d'ailleurs aussitôt suivi par le délégué italien. Cette double abstention, à laquelle on ne s'attendait pas et qui s'accompagna bientôt du double vote, un peu gêné sans doute, en faveur de la continuation des travaux de la commission, eut

ES FETES DE LA MI -CARÊME

reine de Puis et se». demoiselles d'honnenr au c Petit Parisien »

L'exposé gouvernemental a été suivi d'une vive critique de M. Winston Churchill qui a recueilli de chaleureux applaudissements

incidents se produisirent. J'espère que cette Assemblée et ce pays ne permettront pas à ces événements de se développer hors de la voie qu'ils se sont tracée comme la seule où l'on peut aboutir à la sécurité et à la paix. Nous n'avons rien à dire au sujet de ces événements, sauf en ce qui concerne leurs répercussions internationales, mais nous ne pouvons pas nous attendre à ce que d'autres nations demeurent indifférentes.

Le voyage à Rome

M. Macdonald relate ensuite comment il accepta d'aller à Rome et comment. avant de quitter Genève, il eut un entretien avec le premier miniatre français qui lui souhaita « un bon voyage

Se trouvant à Rome, on lui remit un bref document qui prouvait, dit-il, que M. Mussolini était préoccupé d'une collaboration efficace des quatre grandes puissances occidentales dans l'esprit du pacte Kellogg et du pacte de non recours à la force envisagée par la conférence des cinq puissances en contre-partie de l'octroi de l'égalité de statut à l'Allemagne.

M. Mussolini, déclare M. Macdonald, se disait que l'art. 19 du covenant relatif aux traités ne devait pas rester lettre morte. Il estimait que si le covenant de la S.D.N. impose le respect de toutes les obligations des traités, il envisage aussi la possibilité d'une revision des traités lorsqu'il se produit des circonstances susceptibles de mettre les nations en conflit. (Ln suite A la troisième page.)

pour résultat de faire rentrer quelques discours de protestation le discours polonais notamment dont les auteurs n'eurent d'autre ressource que de vanter dans les couloirs le courage et l'énergie.

Ce fut là le côté comique de cette « matinée des dupes » qui a eu, par ailleurs, comme indication de l'état des esprits, une grosse importance. A cet égard, une remarque nous paraît s'imposer.

Certains présentent volontiers la Petite Entente comme l'âme de cette résistance. Rien ne cous paraît plus exagéré. C'est avec une unanimité aussi spontanée que complète que toutes les délégations des moyennes et petites puissances ont manifesté aujourd'hui leur sentiment. La leçon n'en est que plus intéressante à retenir. Ainsi donc, on va commencer dès demain après-midi le débat général sur le 'plan Macdonald. Mais qui l'ouvrira ? Il ne semble pas que les orateurs soient particulièrement pressés en dépit de la déconvenue de ce matin, et peut-être à cause d'elle de se faire inscrire.

La seule intervention probable annoncée ce soir est celle du délégué des Pays-Bas, M. Rudgers. Encore que très souhaitable et très souhaitée, car elle placerait immédiatement la discussion sur son véritable terrain, celle de M. Titulesco, au nom de la Petite Entente, n'est pas encore décidée. Ce qui est certain, en revanche, c'est que le gouvernement anglais sera représenté. dès demain après-midi, soit par sir John Simon, soit par M. Eden, dont l'arrivée est attendue par avior, si le temps le permet, à la fin de la matinée, de façon à pouvoir répondre aux critiques ou aux demandes d'éclaircissement.

Albert JULLIEN

Une audience

dramatique au procès de Londres pour haute trahison Le lieutenant Baillie Stewart, qui, suivant la loi, pouvait se soumettre à l'interrogatoire publie ou ne pas répondre, a choisi la première solution Aux questions de son défenseur, il a répondu en précisant la nature de ses relations avec Marie-Louise et la façon dont elle lui prouva sa reconnaissance

Londres, 23 mars.

DE NOTRE COEEESPONDANI PARTICULIER Le conseil de guerre devant lequel comparait le lieutenant Baillie Stewart a tenu aujourd'hui sa quatrième séance. Les débats ont emprunté une importance particulière au fait que l'accusé s'est soumis de son propre gré à l'épreuve de l'interrogatoire public. Rappelons à ce propos qu'aux termes de la loi anglaise l'accusé peut, s'il en décide ainsi, ne répondre à aucune question. En ce cas, c'est à l'accusation qu'il appartient de faire, par ses propres moyens, c'est-à-dire ses propres témoins, la preuve contre l'accusé. De ce fait, un prévenu qui, dans une affaire grave, consent à se laisser publiquement interroger crée une impression favorable. Le pub'ic se dit que, puisqu'il accepte la bataille, c'est qu'il n'est pas dépourvu de moyens de justification et de défense. Cette tactique a pour l'inculpé un autre avantage c'est qu'elle permet à son défenseur qui, au regard de l'interrogatoire, est placé sur un pied d'égalité avec le ministère public de poser à son client les questions les plus susceptibles de servir sa cause. C'est d'ailleurs ce dont on a pu se rendre compte aujourd'hui même lorsque le défenseur a procédé à l'interrogatoire du prévenu.

Mais n'anticipons pas. Suivons l'ordre dans lequel se sont déroulés les événements de la journée.

Au début de l'audience, le huis clos de la veille a été maintenu et le dernier témoin à charge un témoin étranger a été entendu. II y eut alors une suspension de séance durant laquelle juges et accusé sont sortis dans la cour, le prisonnier accompagné de l'officier qui lui sert d'escorte fumant quelques cigarettes -et saluant d'un geste de la main quelques personnes de sa connaissance.

A la reprise, les débats n'ont pas laissé que d'être dramatiques.

Se levant et fixant le prisonnier, le

Lc lieutenant Stewart, photographié dans l'auto qui l'amène de la Tour de Londres au tribunal

commissaire du gouvernement lui a posé cette question

Désirez-vous donner votre témoignage ?

A quoi le jeune lieutenant a répondu d'une voix ferme

Oui, monsieur.

Désirez-vous faire entendre certains témoins ?

Oui, monsieur.

Des témoins de moralité seulement ?

Non, monsieur.

Ce point réglé, la parole a été aussitôt donnée au défenseur pour ce que nous appellerons son plaidoyer introductif. Rappelant que dix charges avaient été relevées. contre son client, l'avocat a observé

Toutes ces charges reviennent en définitive à une seule question qui est la suivante durant la période qui s'étend du mois d'août dernier à la date de son arrestation, le lieutenant Baillie Stewart a-t-il été vraiment animé d'une intention de trahison Ayant ainsi posé la question, le défenseur y a répondu par la négative. Puis il est entré tout de suite dans le fond du débat. Il a rappelé la jeunesse du prisonnier, ses études, ses succès, son entrée dans la carrière et a ajouté

(Ln suite la troisième paije.)

LA CHAMBRE VEUT HA TER, LA DÎSCUSSIONDU BUDGET A la conférence des présidents des grandes commissions et des groupes, M. Daniélou; ministre de la Santé publique, qui représentait le gouverne- ment, a vivement insisté pour que la Chambre fasse les plus grands efforts afin de voter le budget avant Pâques. Pour obtenir ce résultat, il a proposé que la Chambre siège, à partir de lundi, tous les matins et tous les aprèsmidi le mercredi étant seul réservé aux réunions des commissions. Il a même fait prévoir qu'une séance supplémentaire pourrait être réclamée le mercredi soir de 21 heures à minuit. Quand la Chambre a été appelée à entériner les décisions de la conférence des présidents, M. Lamoureux a même été plus loin c'est trois séances du soir que le ministre du Budget demandera aux députés de tenir, la semaine prochaine.

Aucune des interpellations actuellement inscrites ne sera discutée au fond avant la fin du budget ce qui ne signifie pas qu'un débat imprévu ne pourra surgir ou qu'en fin de séance quelque discussion ne s'engage sur une fixation de date.

La conférence des présidents a acquiescé aux propositions du gouverneme.nt, tout en réservant cependant, sur la demande de M. Déat, la séance du jeudi matin à l'examen des élections non encore validées (MM. Péchin, Bataille. Ramette et Midol). La Commission des finances consacrera la journée de mercredi 29 à l'examen de la loi de finances, dont le dépôt est attendu pour lundi.

l LA MÉPRISE Qmtt par Beaé JOUGLEÏ

m FAIT SES DÉBUTS AU REICHSTAG! Celui-ci lui accorde de pleins pouvoirs après lecture de la déclaration gouvernementale

Le chancelier Hitler prononçant son discours

Berlin, 23 mars.

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

Pour la grande séance où le chancelier Hitler devait prononcer son discours programme, l'Opéra Kroll qui remplace le bâtiment du Relohstag incendié, s'était mué en camp retranché. Des schupos, J'arme à la bretelle, gardaient ses abords et à l'intérieur des S. A. faisaient la haie et veillaient avec zèle sur toutes les issues. Bien que pourvu d'une carte tout à fait en règle, j'ai été palpé de la tête aux pieds par un Inspecteur curieux de savoir si je n'étais pas muni d'un browninh, voire d'un parabellum. Dès l'entrée nul ne pouvait donc douter que l'édifice temporaire du parlement n'était qu'une succursale de la Maison Brune.

Hitler y a paru et a parlé en maître. Délaissant la redingote qu'il portait à Potsdam, il est monté à la tribune revêtu de la chemise nazi afin de bien marquer que son titre de « Führer s est à ses yeux plus -'précieux que sa dignité de chancelier.

De cet homme qui depuis quatorze ans a prononcé tant de diatribes, on attendait des violences de langage peu communes. Mais les violences, à part quelques passages menaçants contre les communistes et la trahison, n'ont pas éclaté. Adolf Hitler s'est manifesté comme un chancelier extrêmement autoritaire, dictatorial, mais en même temps conscient de ses responsabilités et des problèmes complexes qu'il se trouve appelé à résoudre. On sentait qu'il voulait faire acte d'homme d'Etat et se révéler sous un jour nouveau, plus protecteur à l'égard des Allemands et moins inquiétant pour l'étranger. Mais cette modération qui était dans les mots n'était pas dans les faits. Car le « Führer ne s'est présenté devant le Reichstag que pour lui imposer sa volonté et conquérir un blanc-seing de quatre années. Les pleins pouvoirs qu'il réclamait lui ont été accordés. Pour obtenir la majorité des deux tiers nécessaire à cette opération, il a dit aux catholiques Cest la guerre ou c'est la paix. » Et les catholiques, comme je l'avais fait prévoir dans un article récent, ont opté pour la paix. Ont-ils, à leur point de vue, bien fait ? Cette soumission les sauverat-elle de l'écrasement ? Leur permettra-t-elle de maintenir intact leur patrimoine spirituel ?

Ce n'est pas dit et l'on comprend les longues hésitations d'un Kaas et d'un Briiuing. Mais, au risque d'être forclos et pourchassés comme les sociaux démocrates, ils ne pouvaient, à la vérité, faire autrement. De Dr Brtining ne se souciait pas, sans doute, d'être appréhendé comme le fut cet après-midi même M. Severing au moment où il franchissait le seuil du Reichstag. La partie relativement la plus modérée du discours du chancelier est celle qui touche à la politique extérieure. Comme je vous le signalais dès hier, il a voulu, vis-à-vis de l'étranger, faire preuve de bonne volonté et se présenter à la face du monde comme un dictateur raisonnable et tendant la main. M. Hitler n'ignore pas qu'il passe, au delà des frontières pour un éventuel trouble paix et il s'est efforcé

(Par téléphota de Berlin.)

QUELQUES PASSAGES

SUR LA POLITIQUE EXTERIEURE i Noua attachons la plus grande importance à ce plan le projet Mussolini et nous sommes prêts à à collaborer sincèrement sur cette i base en essayant de réunir l'Alle- magne, l'Italie et la France en une coopération dont dépendra le tort de l'Europe.

Quant aux autres puissances, nous nous efforcerons sincèrement de trouver un compromis, même là où lea relations réciproques ne sont pas encore complètement éclairciea. A vrai dire, ces efforts ne sauraient jamaia être basés sur la distinction entre vainqueurs et vaincus.

Un compromis de ce genre est possible aussi avec la France. si i dea deux côtés les gouvernements sont disposés à examiner, en faisant preuve de largeur de vues, les pro- blèmes qui les concernent.

de redresser cette déplorable réputation.

Pour ne pas gâter une impression qu'il souhaitait favorable, le chancelier s'est abstenu de toute précision. Il a affirmé avec force « L'Allemagne veut la paix n, mais il n'a pas exactement mentionné à quelles condit ions.

Il a parlé d'un Ausgleich, c'est-àdire d'une liquidation des litiges avec toutes les nations. Il s'est déclaré convaincu qu'un pareil Aaesgleich serait possible aussi avec la France si Paris et Berlin s'attaquaient aux problèmes en suspens avec de larges vues. Que cachent cet Ausgleich et ces « larges vues » ? Apparemment, de très substantielles concessions au profit de l'Allemagne puisque M. Hitler ne conçoit les rapports du Reich avec les autres pays que sur un plan de parfaite égalité.

Toutefois, les desiderata de l'AMemagne, à part le désarmement, il s'est prudemment abstenu de les formuler. H n'a pas voulu, par des revendications prématurées et intempestives, contrecarrer le projet de M. Mussolini. Il lui prête même son appui en préconisant, à son tour, le concours des grandes puissances. Au surplus, il affecte d'ignorer complètement la Société des nations.

M. Hitler fait, d'ailleurs, d'une façon plus générale des avances très nettes à l'Italie. Il espère visiblement son alliance et exprime l'espoir que celle-ci se réalisera sur la base de l'idéal commun, c'est-à-dire de l'idéal fasciste. Les rapports germano-italiens s'étant un peu refroidis ces derniers temps à cause des menées nationales socialistes en Autriche, menées dont M. Mussolini, tout fasciste qu'il est, ne veut pas entendre parler, M. Hitler a particulièrement tenu à les réchauffer.

Lucien BOURGÜÈS

(La auite la troisième page.)

Les faux papiers de l'aviation

LE DÉFILÉ DES TÉMOINS M* Pierre Masse ayant mis ep eanse M. P.-L. Weiller, celui-ci, dans une déclaration qui a clos l'incident, a précisé qu'il a rencontré Lncco en 1930, mais ne l'a plus revu

Le commandant Jean-Charles Dagneaux, administrateur de l'actuelle Compagnie Transafricaine d'Aviation, a ouvert hier, dans un calme absolu, la quatrième audience du procès. Lorsque ce témoin apprit que les fameux documents circulaient, il ne voulut croire ni à la culpabilité des personnes visées ni à la duplicité des accusateurs. Il chercha à s'informer. M. P.-L. Weiller, le premier, protesta auprès du commandant de sa complète innocence. Sur quoi, M. André Bouilloux-Lafont vint, lui ami, trouver le témoin, et lui confia quelques minutes les fameuses photographies. Etes-vous certain de l'authenticité de ces pièces ? ai-je demandé il. mon visiteur. M. Weiller la nie.- > M. Bôuilloux-Lafont assura que le dossier avait été expertisé et reconnu de l'écriture de M. Weiller. Et il ajouta qu'il était décidé à aller jusqu'au bout.Le commandant Dagneaux eut l'impression que M. Bouilloux-Lafont avait voulu « jeter un pont entre M. Weiller et lui-même. L'administrateur de l'Aéropostale n'en demeura pas moins troublé, inquiet.

Sur une question de Mo Le Coq de Kerland, qui salue le commandant Dagneaux comme l'une des plus belles figures de l'aviation, le témoin expose l'histoire des compagnies de navigation aérienne destinées à relier la France avec son domaine africain. Alors MI Raymond Hubert:

Croyez-vous, commandant, que e Lucco ait pu confectionner seul ces faux ? Pensez-vous au contraire que quelqu'un a pu le guider, l'inspirer quelqu'un de compétent lui fournissant la matière de ses écrits apocryphes ? Le témoin ne peut répondre sur-lechamp. Il lui faudrait étudier plus minutieusement les faux. Mais Lucco, lui, prend la parole

Il y a dans ces lettres des choses

Il. T.-Jj. Weiller

si compliquées que jamais, avant de me mettre au travail, je ne m'en serai* douté. Il est absurde de supposer cae j'aie deviné tout cela. Ou alors, si je suis si exactement informé, ai je connais si bien tout ce qui se passe-, je m'excuse de dire une chose érorme. mais qu'on me mette donc à la tête de l'Aeronautique

Un h o m m e d'esprii, riposte MI Pierre Masse, a prétendu que l'Air.

M. Herriot M. DumesnU

c'était la Santé. Lucien Collin nous en donne la preuve.

C'est donc avec bonne humeur que s'engage un débat qui touche au plus profond de l'affaire. M* Pierre Masse précise que les sources dont Lucco s'est servi pour ses campagnes de chantage n'ont pu émaner que de M. Weiller ou de Gndme-Rhôtie.