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LES ENTRETIENS FRANCO -BRITANNIQUES MM. Daladier, Macdonald, Paul-Boncour et sir John Simon ont conféré hier, le matin et l'après-midi, à l'ambassade d'Angleterre sur le projet de pacte à quatre

Tous les aspects du plan italien ont été examinés, de façon à éviter toute équivoque et tout malentendu 000

Les ministres français ont décidé de procéder à un examen approfondi des questions dont ils sont saisis et communiqueront de nouveau à bref délai avec les ministres anglais

Commencées dès ce matin et poursuivies cet après-midi à l'ambassade de Grande-Bretagne à l'issue du déjeuner offert par lord Tyrrell en l'honneur de M. Macdonald et de sir John Simon afin de leur permettre de se rencontrer avec MM. Daladier et PaulBoncour, les conversations franco-britanniques ont pris fin ce soir à 18 heures.

Le communiqué officiel que nous publions d'autre part en signale à la fois le caractère d'information et l'absence de conclusion.

c On va, dit-il, continuer à causer Il le fait même dans des termes qui méritent de retenir l'attention, car il souligne, ainsi que nous l'avions fait prévoir, non seulement la conception différente de la nôtre qui a inspiré l'initiative italienne, mais encore la nécessité, pour aboutir à une coopération aussi souhaitable que confiante des quatre puissances européennes membres permanents du conseil, de rester dans le cadre et l'esprit de la S. D. N.

A la vérité, on avait eu. de part et d'autre, le temps de préparer soigneusement ces entretiens. On avait, pour servir de fil directeur aux échanges de vues, un texte le projet de pacte politique d'entente et de collaboration préparé par M. Mussolini, que M. Macdonald et sir John Simon viennent justement de discuter avec le chef du gouvernement italien.

Quant aux hommes d'Etat français et à leurs collaborateurs, MM. Léger et Bargeton, ils avaient eu d'autant plus de loisir de l'étudier en détail que ce document, grâce à l'attention du duce, qui l'avait remis lui-même à M. de Jouvenel, était en leur possession depuis samedi,

D e p u 1 s tors, l'ambassadeur de France à Rome, dont nous avons annoncé les diverses entrevues avec son collègue anglais, sir Ronald Graham, ainsi qu'avec MM. Macdonald et Mussolini, n'avait pas manqué de les informer des résultats essentiels des conversations romaines au sujet desquelles le Premier britannique nous avait assuré lundi matin et il a tenu parole qu'il dirait tout au président du Conseil et au ministre des Affaires étrangères français.

On peut donc affirmer en toute tranquillité qu'il n'est pas un détail du plan de M. Mussolini, pas un point soulevé par lui qui n'ait été, au cours des entretiens de l'ambassade de Grande Bretagne, évoqué, examiné sous tous ses aspects et dont toutes les conséquences n'aient été longuement envisagées.

Des précisions

sur le plan italien

Le Petit Parisien a montré hier la nécessité, pour les hommes d'Etat responsables qui allaient se réunir, de faire le tour des principales questions politiques visées par le projet du duce et de les disséquer avec le plus grand soin de façon à éviter des équivoques et des malentendus que ne rendent que trop faciles les mobiles différents sur lesquels reposent les positions des puissances dont on prétend établir la coopération.

Ce que l'on déclarait ici avec tant de raison alors que l'on ne connaissait encore que les grandes lignes de l'entente proposée s'affirme avec plus de force aujourd'hui que les points essentiels du plan italien se précisent et s'éclairent.

Un journal anglais les ayant déflorés, nous n'avons plus aucun motif de ne pas compléter les indications que nous n'avions données jusqu'à présent qu'avec la plus extrême prudence, pour ne pas gêner les conversations.

Nous avions dit déjà que le projet de M. Mussolini ne comprenait qu'un nombre très restreint de clauses, dont la première établissait pour une pé,iode de dix ans une sorte de trêve, renouvelable, excluant pendant cette période toute idée de recours à la fbree.

C'est là, en effet, la substance du premier article, qui est basé, ainsi que le signale le communiqué de Rome, sur le pacte Briand-Kellogg et la déclaration solennelle de non-recours à la force, présentée à Genève par la délégation britannique.

H. Macdonald, ayant. droite sir John Simon, dicte le communiqué aux Jonrnallstes

4 LA GARE DE LYON. De gauche à droite sir John Simon, MM. Daladier, Macdonald, misa Ighbel, lord TyrreU et M. Paul-Boncour

L.E COMMUNIQUE • Le premier ministre et te secré- taire d'Etat des Affaires étrangères d'Angleterre se sont arrêtés à Paris, revenant de Rome, afin de mettre le président du Conseil et le ministre des Affaires étrangères au courant i du caractère de leurs entretiens avec M. Mussolini.

Les ministres anglais et français ont eu un échange de vues prolongé. Les ministres français ont remercié leurs collègues des informations qu'ils leur apportaient et qui leurs permettront de procéder à un exa- men approfondi des propositions dont Us sont saisis.

Les ministres des deux pays communiqueront entre eux de nouveau bref délai. Les ministres 'français ont affirmé leur désir de voir s'ins- tituer, dans l'intérêt de la paix européenne, dans le cadre et dans l'esprit de la Société des nations, une coopération confiante entre les quatre puissances européennes membres permanents du conseil de la Société Si on se rappelle que, lors de sa ttiïàè aux voix, cette déclaration ne recueillit l'adhésion ni de l'Allemagne ni de l'Italie, le fait que M. Mussolini la prend aujourd'hui à son compte et en prévoit même le renouvellement par tacite reconduction entre les quatre puissances occidentales pour une nouvelle période de dix ans, si aucun préavis n'intervient avant son expiration. dénote de sa part, on en conviendra, un changement d'attitude des plus intéressants et qui mérite d'être relevé avec satislaction.

Des clauses délicates

Sur les autres clauses de son projet, en revanche, qui visent en particulier le désarmement et la revision des traités, la plus grande circonspection s'impose. Encore qu'elles n'envisagent que des « éventualités plus ou moins lointaines et -se bornent, ainsi que nous l'avons souligné dans nos correspondances do Rome, à essayer de fixer par avance les grandes lignes d'une procédure pour en assurer le règlement pacifique, elles réclament, en effet, une étude approfondie.

En matière de désarmement, par exemple. la conférence de Genève a été saisie par M. Macdonald d'un plan détaillé où la partie sécurité, plutôt vague en soi, bien que reprenant certaines de nos propositions, s'accompagne en revanche, pour les réductions d'armements, de suggestions chiffrées qui vont être très discutées.

Qu'arrivera-t-il, s'est demandé é M. Mussolini, si on ne se met pas d'accord et si, à la faveur de ce différend, le Reich prétend réarmer ? Les pessimistes ont déjà répondu la guerre. Le projet italien propose, en dehors de la trêve dont il est question plus haut, d'écarter ce danger et de coopérer au maintien de la paix par une action commune, qui n'est pas préeisée mais qui se traduirait vraisemblablement, de la part des trois puissances les plus armées France, GrandeBretagne et Italie par une certaine proportion de désarmement de nature à calmer les prétendues inquiétudes de la quatrième puissance, le Reich, et à lui faire abandonner ainsi ses projeta de réarmement.

Sans doute on voit, par cette simple indication, la liaison qui peut s'établir avec le plan proposé à Genève par le Premier britannique et les motifs qui pourraient lui faire envisager avec faveur la suggestion mussolinienne. Mais un point d'interrogation se pose. Ne risque-t-on pas ainsi d'encourager l'Allemagne à se montrer intransi-

geante à Genève et à faire échouer le plan Macdonald lui-même ? Voici qui demande réflexion.

Les traités

Pour la revision éventuelle des trai- tés, la clause qui y a trait ne parait pas dépasser cette simple affirmation que la question peut être soulevée. Elle invoque même, à cet égard, les prévisions du pacte de la S. D. N.

L'article 19, en effet, déclare que 4: l'Assemblée peut, de temps à autre, inviter les membres de la Société à procéder à un nouvel examen des traités devenus inapplicables, ainsi que des situations internationales dont le maintien pourrait mettre en péril la paix du monde.

Que la question puisse être posée, cela n'est pas douteux, mais on p'a pas, jusqu'à présent, osé le faire de crainte que cela ne soulève un conflit armé. L'idée du duce est que si cette possibilité de conflit est formellement écartée par la trêve des quatre par le pacte Briand-Kellogg, la déclaration solennelle de non-recours à la force et les autres accords existants, la revision de certaines situations pourra être envisagée dans une atmosphère de calme et de tranquillité qui permettra d'arriver à un règlement, non seulement pac;fique, mais amicaL I1 n'en reste pas moina que c'est, là le point le plus délicat du projet. C'est là ce qui provoque et autorise les inquiétudes de certains Etats ou groupes d'Etats auxquels, avons-nous dit, nous unissent des liens d'amitié et des accords particuliers, la Pologne et la Petite Entente, par exemple.

Où pourront, en effet, être soulevées les demandes en revision prévues ? M. Mussolini prétendrait-il que les quatre », réunis en « directoire », pourront prendre des décisions et les imposer ? Nous ne le croyons pas.

M. Macdonald, en tout cas, au cours de l'entrevue qu'il a eue lundi avant son départ de Rome avec les représentants de la presse, a été sur ce point d'une netteté et d'une fermeté absolues. A cinq ou six reprises il a répété ce que le Petit Parisien avait déjà publié, à savoir qua'il ne s'agissait nul- j lement de trancher les questions en dehors des intéresaés et de leur dicter ds décisions.

c A Rome comme à Genève, a-t-il dit, nous sommes restés Européens. » Cela veut-il dire que le club de la paix j>, pour reprendre une autre expression du Premier anglais, pourra avoir d'autres adhérents et que d'autres Etats seront ainsi admis à s'associer au pacte qui demeurerait ouvert ? Albert JULLIEN

(La suite Il la troisième page.)

UN ENTRETIEN

DALADIER-HERRIOT

M. Daladier, hier matin, avant de se rendre à l'ambassade d'Angleterre, a reçu M. Edouard Herriot, président de la commission des affaires étrangères de la Chambre, avec qui il s'est longuement entretenu des problèmes qui font actuellement l'objet des conversations entre e gouvernements. M. Herriot était arrivé de Lyon à 9 h. 10. L'emprunt sera clos samedi soir M. Georges Bonnet, ministre des Finances, a décidé de fixer à samedi soir 25 mars la clôture des opérations de l'emprunt.

Bien qu'il soit naturellement impossible de donner dès maintenant des résultats précis, il se confirme que les souscriptions ont continué ces jours-ci à un rythme très satisfaisant et que l'emprunt, comme nous l'avons annoncé, est un grand succès.

L'aviateur Lemoine

bat le record de France d'altitude Parti de Villacoubiay hier à 13 heures et après une heure vingt minutes de vol, l'aviateur Lemoine a atteint l'altitude de 12.800 mètres à lecture directe, battant ainsi le record de France, détenu par Lemoigne avec 11.797 mètres depuis le 19 janvier 1930. Les barographes, contrôlés s par MM. Espinat et Renaud, de l' Aéro-Club de France, ont été déposés aux Arts et Métiers, où les diagrammes seront dépouillés. *0

Beau début de printemps Hier, première journée du printemps, il a fait beau sur toute la France. Une hausse barométrique considérable, qui a dépassé en Hollande 30'°/m en vingtquatre heures, a apaisé très rapidement la tempête du lundi 20 mars. La première journée du printemps a donc été belle et ensoleillée sur toute la France par vent calme, sauf dans les régions Sud et Sud-Est, où a persisté le mistral. La température, toutefois, s'était fortement abaissée dans la matinée du 21 avec gelées de 2° en moyenne sur la région parisienne et le Nord-Est.

Le procès à Londres de l'officier anglais accusé de trahison Le colonel qui fit la première enquête, entendu comme témoin, ne croit point à l'existence de la généreuse Marie-Louise Selon son opinion, l'officier, pour éviter l'accusation de trahison, préférait laisser croire qu'il avait reçu de l'argent d'une femme

PUIS, DANS UNE SALLE FERMEE A DOUBLE TOUR LES DEBATS ONT CONTINUE A HUIS CLOS

Londres, 21 mars.

DE NOTRE CORRESPONDANT rAÏTICJUIk L'intérét du public anglais au procès du lieutenant Baillie Stewart, ce jeune officier des Seaforth Highlanders accusé d'avoir livré aux agents du service des renseignements allemand dès informations concernant la défense mi- litaire de l'Angleterre, est plus grand que jamais. Il s'y mêle, en effet, un élément de mystère qui intrigue et passionne.

Une foule nombreuse se pressait de nouveau ce matin près de la caserne du quartier général du duc d'York, à Chelsea^ au moment de l'ouverture de la grande pfMle, les gens se sont bousculés sans égards afin de s'assurer une place dans les trois enceintes de la cour martiale réservées au public.

Tout comme hier, l'accusé, qui avait subi la visite médicale de rigueur, a été conduit en auto de la Tour de Londres à Chelsea. L'audience de ce ma-

L'avocat de l'accusé là gauche) et le président du tribunal, majur général W. J. Hugan

tin n'était que la reprise de celle d'hier après-midi. Aussi la cour s'est-elle nuse aussitôt à la besogne.

Le général Dugan, qui préside aux débats, a pris place au milieu de ses assesseurs, et il a donné sur-le-champ l'ordre d'introduire l'inculpé. Celui-ci est entré par une porte de côté, s'est rendu d'un pas ferme à la petite, table qui lui a été réservée auprès de l'organe du ministère public, et la séance a commencé.

Le lieutenant-colonel Syms, qui procéda au premier interrogatoire du jeune officier avant son arrestation, a poursuivi sa déposition. Au cours de l'interrogatoire et du contre-interrogatoire auxquels il a été soumis par l'avocat de la défense et par le représentant du ministère public, il a été amené à relater dans quelles conditions il fut chargé par le commandant en chef de demander au lieutenant Baillie Stewart des explications sur la provenance de l'argent qui lui fut envoyé d'Allemagne en novembre et en décembre de l'année dernière et sur l'identité des signataires des deux lettres que nous avons signalées, à savoir, d'une part, la mystérieuse MarieLouise et, de l'autre, Otto-Waldemar Obst.

Le colonel Syms a catégoriquement démenti qu'il ait employé la méthode dite du troisième degré, qui équivaut à une sorte de « question », pour obtenir des aveux de l'inculpé. Loin de le terroriser, a-t-il dit, il chercha cons-

Le commandant Shaprott, ministère public tamment à le mettre en confiance et à l'amener à s'ouvrir spontanément à lui. n n'ignorait pas que le jeune officier était l'objet de graves soupçons de la part de l'Intelligence Service et, par conséquent, du commandant en, chef, mais il était persuadé qu'il s'agissait tout au plus d'un malentendu et que le lieutenant pourrait aisément se disculper.

L'APOTHEOSE D'HITLER Tel fut le caractère de la cérém ie qui a eu lieu hier à Potsdam pour l'inauguratior nouveau Reichstag Hindenburg y a présidé à l'ënterrement de la République de Weimar, au baptême de la nouvelle Allemagne, à la consécration du « Führer »

la «canoë d'ouverture du Betchstac (Par têléphoto de Berlin.)

Berlin, 21 mars.

m NOTa8 ENVOYÉ SPÉCIAL

Hitler a eu la triomphe qu'il voulait. Après les succès populaires, l'apothéose officielle est venue. Il ne faut pas s'y tromper. Ce n'est pas seulement une fête nationaliste qui a été célébrée aujourd'hui à Potsdam. Cette fête nationaliste a été un acte national qui est appelé à ouvrir une ère nouvelle dans la destinée de ce pays. L'inauguration du nouveau Reichstag n'a fait que servir de prétexte. A quoi bon fêter ur parlement dont les séances seront des plus rares et qui, privé d'une sérieuse opposition, ne fera que dire amen à toutes les initiatives du gouvernement ?

Non, ce qui a été fêté aujourd'hui à Potsdam c'est la victoire politique de la croix gammée, à laquelle le noir. blanc, rouge des couleurs impériales s'est trouvé. par surcroît,, associé. Pour une pareille solennité le cadre de Potsdam convenait à merveille. Potsdam n'est pas seulement une résidence historique, c'est aussi une ville d'art où les monuments harmonieux et les belles perspectives abondent. Ailleurs. dans Berlin, par exemple, la cérémonie d'aujourd'hui eût été beaucoup plus banale. Ici, au milieu de ces vieilles pierres, .4e ces lignes' sobres, de ces couleurs lavées par le temps, elle a pris facilement un caractère à la fois simple et grandiose.

Potsdam est d'ordinaire une ville de recueillement et de silence. C'est aujourd'hui une cité grouillante, pleine à déborder d'une foule berlinoise qui sans manifester un enthousiasme délirant, parait cependant de fort bonne humeur et tout à fait prête à admirer ce qu'on lui montrera.

Partout l'uniforme

Il y a des uniformes partout. Ces la première chose qui me frappe dès que l'auto du Petit Parisien a franchi le pont qui précède la ville. Des uniforme anciens et nouveaux des cas-

pour ET CONTRE Des recommandations fort opportunes ont été faites au fisc. qui a été invité à ne pas trop rudoyer les contribuables de bonne foi et de bonne volonté. Et il faut dire que le fisc a su tenir compte de ces sages conseils. Quand l'Etat annonce à son de trompe ses embarras financiers, il serait, du reste, excessif que les simples particuliers n'eussent pas le droit de se trouver eux-mêmes un peu gênés. Le fisc, donc, ces temps-ci, se montre assez volontiers patient et accommodant. Toutefois, ces excellentes dispositions ne sont pas chez lui tout à fait quotidiennes. Il est des jours encore où le fisc fait preuve de mauvais caractère. Il est des jours où il s'emballe, où il entre furieusement en colère. Et ces jours-là, le fisc qu'il nous permette d'exprimer notre opinion, respectueuse mais ferme se met fâcheusement dans son tort.

On a toujours tort, du reste, de se mettre en colère. La colère est une faiblesse la colère est un égarement Or le fisc doit rester lucide pour rester fort. Il arrive. en ces temps si cruels pour tant de pauvres gens, des choses qui ne devraient pas arriver. De tout petits contribuables,. -le tout petits commerçants qui n'en peuvent plus, qui, en dépit de tous leurs efforts, n'ont pas réussi à se libérer entièrement vis-à-vis du fisc, se voient brusquement frappés sans miséricorde. Le fisc, soudain, enrage et les exécute. Le fisc les f-i; saisir. Le fisc fait vendre leurs misérables biens, leurs pauvres hardes. Pourquoi ces colères ? Pourquoi ces fureurs ?

Ces cruautés sont vaines: elles sont aussi déraisonnables. Le fisc, en effet, ne tire pas un sou vaillant de ces exécutions sommaires, de ces ventes dérisoires où rien ne peut se vendre. Le fisc. ainsi, ne recouvre pas sas créances. Et il perd des clients, en supprimant des contribuables. en supprimant des petits commerçants. Il perd pour le passé, pour le présent, et pour l'aven! C'est là une bien détestable opération.

On me citait le cas. l'autre jour, d'une femme de soixante-seize ans qui faisait encore un petit commerce sur les marchés de banlieu*. Les affaires, sans doute, n'allaient pas très fort. La vieille marchande se trouvait débitrice du fisc. Elle implorait des délais. Mais le fisc, un jour. se mit en colère. Le fisc, un jour, furieux, fit saair la pauvre femme qui n'avait rien qu'une carriole toute disloquée et qu'un âne boiteux et étique. Bien entendu, le produit de la vente de la carriole et de l'âne ne put couvrir les frais de la saisie. Mais la malheureuse marchande. mise. aujourd'hui, dans l'impossibilité de gagner sa vie. va être obligée de mendier dans les rues, à soixante-seize ans. si elle veut encore manger du pain. L'âne est vend- Mais où est l'ânerie?

Maurice Phax.

ques et des képis des capotes vertes, grises, bleues et puis beaucoup, beaucoup de brun, la couleur du vainqueur. la couleur du jour. Le scénario de la fête a été admirablement réglé, étudié dans les moindres détails. Minute par minute, du président von Hindenburg au dernier S. A., chacun a appris par cœur son rôle et l'agencement est tellement parfait que cette journée me produit beaucoup plus l'impression d'un film à grand spectacle que d'une chose vécue.

L'église de la Garnison où va s'accomplir l'acte d'Etat est un édifice brun clair, de proportions moyennes, surmonté d'un élégant clocher rococo dont le carillon égrène dans l'air mouvant de cette matinée de premier printemps les notes naives d'un cantique religieux.

A l'intérieur, c'est un vaisseau blanc et or assez pompeux, plutôt profane en somme, un lieu dont Dieu parait absent et où la vanité politique peut à l'aise se déployer. Cette église est assez exiguë: elle contiendra avec peine les grands personnages de l'Etat, les députés du Reichstag, quelques invités de marque et les journalistes, indispensables mêmes dans les pays dictatoriaux. Aussi les cartes d'entrées ont-eHés `été distribuées avec- une extrême parcimonie.

Placé dans une tribune juste en face des principaux acteurs de ce film historique, je ne perdrai rien, ni du décor, ni des péripéties du fameux 8taats-Akt.

Voici le maréchal Mackensen en hussard de la Mort, la poitrine barrée du grand cordon de l'Aigle noir, qui gagne la loge centrale déjà garnie d'un nombre imposant de généraux et d'amiraux d'hier et d'aujourd'hui. Ces chefs militaires entourent un fauteuil vide où repose une branche de laurier le fauteuil du kaiser absent. Lucien BOURGUÈS

(La suite à la troisième page.)

Une équipe de vingt ouvriers surprise par une avalanche en Maurienne

Les victimes, toutes d'origine étrangère, se tenaient dans un baraquement en bois qui a été emporté

On compte sept morts et neuf blessés, dont deux légèrement

(Voir d la troisième page.)

L'état de santé

du maréchal Franchet d'Esperey Tunis, 21 mars (dép. P. P.)

A l'hôpital militaire de Tunis où il a été transporté après l'accident dont il fut victime à Gafsa, le bulletin de santé du maréchal Franchet d'Esperey indiquait à 10 heures du matin température 37,5, pouls 100.

La réduction d'une luxation de la hanche gauche a été effectuée, ainsLque celle de la fracture de la jambe droite. La nuit a été assez bonne.

Le résident général s'est rendu, ce matin, au chevet du maréchal Franchet d'Esperey, à l'hôpital militaire du Belvédère.

L'interpellation de M. Dommange sur le cas de M. Hulin

Après un exposé de l'interpellateur et une brève risposte de M. Daladier. la Chambre a accordé, par 395 voix contre 125, sa confiance au gouvernement

M. Dommanjref \a par H.-P. Gauler (Voir d' la quatriùnie page.)

Les faux papiers de l'aviation

Au cours de cette deuxième audience, MM. André Tardieu, Guernier, Piétri, Riche et le général Weygand ont apporté leur témoignage

DE LUBERSAC ET PICHERIE ONT ETE INTERROGES

Au début de cette seconde audience, Bouilloux-Lafont s'élève contre le reproche qu'on lui a adressé d'avoir c colporté s le dossier.

M. Bourguignon, chef de cabinet de M. Painlevé, a déclaré que M. Bouilloux-Lafont, au cours d'une conversation, lui a dit à peu près ceci: Quant à moi, je ne demande pas la mort du pécheur. Tout pourrait. s'arranger si M. Chaumié s'en allait, s N'était-ce pas en une seule phrase révéler tout le plan si longtemps concerté

Quelle folie reprend André Bouilloux-Lafont. Je ne suis pas un enfant, ni un imbécile Je sais fort bien qu'un fonctionnaire comme M. Chaumié ne se laisse pas fendre l'oreille sans autre forme de procès. Il peut en appeler au conseil de discipline, voire au conseil d'Etat. Le dossier eût été examiné. Comment peut-on croire que je me sois lancé dans une aussi folle entreprise Je suis violent ? Peut-être, et je m'en excuse. Mais il y a quatre mois que je suis en prison et l'on me reproche un complot auquel personne d'intelligent n'aurait pu songer

Lorsque Bouilloux-Lafont, cependant, fut convoqué chez le juge d'instruction, il tint à Saint-Cloud une sorte de conseil de guerre auquel assistèrent Lucco et M. Portais. Il s'agissait de savoir s'il fallait fuir. Il fut décidé de rester. Mais les deux acolytes convinrent d'un code secret pour éventuellement correspondre entre eux.

C'est Collin qui le dit s'indigne Bouilloux-Lafont Il lui est aisé d'inventer cela

Une vive escarmouche natt de cette affirmation. Les accusés, dressés l'un

MM. T»rdieu et Guernier

contre l'autre, échangent des injures. Il n'en reste pas moins que la réunion de Saint-Cloud n'est pas une fiction et qu'on a trouvé un code télé-' graphique dans les papiers de Bouitloux-Lafont.

Evidemment. Nous avons des codes dans toutes nos stations, à l'usage de nos pilotes. Il n'y a rien là que de normal. Lucco le sait et profite de cette circonstance pour m'accabler. M. André Bouilloux-Lafont ne sa

M. Flétri et le général Weygand rendit pas moins à Cannes, où il passa ses vacances. B rentra à Paris sur une convocation du juge d'instruction. Savait-il à ce moment-là que le document était faux ? Il assure que non. La vérité ne lui apparut que plus tard-. Dès le début de l'instruction, il fat établi que quelques-uns des documents étaient faux..

Vous avez bel et bien' continué, dit le président, à montrer votre dossier, qui aurait dû vous paraître suspect. Je l'ai montré à notre conseil d'administration ainsi qu'à plusieurs autres personnes. Mme Hanau le faisait voir à tout Paris. Pourquoi m'en serais-je privé ?

Et vous dites que vous agissiez ainsi sans animosite aucune contre MM. Chaumié et Weiller ?

Je ne leur en voulais pas.

Alors M' Raymond-Hubert

Au contraire vous pensiez que cela leur serait agréable

On rit enfin, mais ce ne sera qu'une courte éclaircie.

Lucco était « spécialiste bien conna L'heure des questions est venue. M' Charles Bonnet, au nom de IL Chaumié M* Le Coq de Kerland, au nom de M. Weiller, obtiennent d'utiles précisions. A son tour, l'avocat général, M. Siramy, prend la parole, et du coup, l'orage éclate. C'est M. Bouilloux-Lafont qu'on interrogeait, c'est M' J.-Ch. Legrand qui répond. Et avec quelle vivacité De quoi nous accusez-vous, monsieur l'avocat général? De faux ou d'usage de faux ? Considérez-vous Bouilloux-Lafont comme l'auteur ou le bénéficiaire des documents apocryphes? II serait vraiment temps de le dire. Il serait vraiment temps de savoir où nous allons!

Mais M. Siramy sourit. II s'expliquera à l'heure du réquisitoire. Puis M" Raymond-Hubert et Pierre Masse prennent à leur tour l'offensive Ainsi, s'étonne le défenseur de M. Bouilloux-Lafont, Lucco devient en quelque sorte l'unique accusateur, le